PAPILLONS, CATARACTES ET HOMMES EN NOIR !

 

 

J’ai beaucoup et souvent jasé sur mes petites bêtes (marmotte et cie). Voici le temps des mini-mini animaux. Invasion malheureuse de mouches noires et heureuse de frétillantes libellules minimalistes, de jolis papillons bien énervés et d’abeilles. J’en vois, là, par centaines dans mon mahonia, un arbuste fruitier à feuilles aux corrugations prononcées. Monde lilliputien si vivant. Même monde vendredi dernier rue Sherbrooke, à Notre Dame. Ça grouille. Usine aux pavillons remplis de malades et de soignés ! Fourmillante machine qui fait peur et moi, civière en corridor, en jaquette bleue trouée, qui attend mon tour pour éliminer des cataractes —ô Niagara ! Vraie fourmilière, Notre Dame s’excite. Ça circule autour de ma couchette. Malades, médecins, ces « préposés » de bas et de haut rang, gradés discrets ou à torses bombés. À une passante courbée : «  Oh, madame je suis là depuis deux ans à poireauter ! » » Léger arrêt et regard affolé mais elle passe son chemin. Un bossu usé passe et, jouant le moribond, j’en rajoute : « M’sieur, m’sieur, ça fait 18 ans que j’attends dans ce corridor, on m’a trouvé au 3 ième sous-sol ! » Il me dévisage, hésite à rétorquer et il fuit —hagard comme Lucien Bouchard à Sagard-sur-Luxe, en Charlevoix.

Bon, maintenant n’allez pas croire que le « vieux (moi) qui a vu les séances d’Ovila Légaré et les films de cowboy en noir et blanc au sous-sol de l’Église Sainte Cécile, ignore l’actuel cinéma à effets électroniques. Non, non, j’ai vu et apprécié au cinéma Pine, « Men in Black », troisième mouture, avec Jones et Smih, ce jeune nègre épatant, si vif, si efficace, si surdoué.

Vous êtes là, assis tranquille rue Morin, et surgit Boris l’Animal.

Un motard super-hell’s-angel. Ce mastodonte aux lunettes engoncées dans les orbites, aux bras « gros comme des troncs d’arbre » (je te le dis Raoul Duguay), n’a qu’à ouvrir sa paume pour en faire surgir et s,Envoler un horrible crustacé aux lancettes empoisonnées, Ah oui, allez voir ça, c’est hallucinant, tout comme est renversant ce grouillant resto chinois où des humanoïdes d’un grotesque épeurant se font décapiter. On est loin des mélos d’Ovila, loin des méchants apaches cernant des caravanes bâchées du temps des « petites vues » des révérends frères.

Quel plaisir ! J’aime tant ces truquages inouïs ! Le vieux « in black » Jones y est, revenu et revenant, toujours blasé, l’adjoint dévoué (Smith, en Noir agile) veut le sauver. Un bizarre « ti-coune », sosie de Brière, tuque des Andes sur son crâne évidé, oui, en creux ( sans cerveau), un bonasse qui offre son dévouement. Elfe asexuée venu de planètes-aux-anneaux ? Vous voici soudain, exilé loin de la rue Morin, au coeur même de Manhattan et juché sur le Chrysler Building ! C’est vrai, réel, hallucinant. Plongée du gratte-ciel avec un appareil rétrogradeur. Alors, vous voilà en 1969. A Cap Canaveral. Une fusée va décoller et l’horrible Boris, « The Animal », rôde, être machiavélique. Je vous jure que vous serez au bord de l’Atlantique ! La reconstitution scénographique est mieux que parfaite. On en reste ébahi ! Je vous raconte ce « Men in black », tome trois, pour vous dire qu’on peut voir 81 ans et être absolument épaté par les prodiges d’une cinématographie à truquages. Allez-y voir.

CORNEILLE, CANARD, CHAT ET HIPPOPOTAME !


Une corneille immense rôde sans cesse autour de notre maison. Un sombre présage ? Coups d’ombre si proches de nos caboches. L’oiseau de charbon guette quelles proies ? Des nids de mésanges dans nos cèdres, des petits pics dans nos sapins ? Tellement mieux appréciée, cette demi-centaine — oui, oui— de canards aux parcours capricieux. En « va-et- viens » mystérieux au milieu du lac Rond par ce dimanche à la juillet. Et, même jour, contournant quais, chaloupes et pédalos, un noble couple « aux reflets d’argent », oui, M. Trenet. Lui, fier canard aux atours royaux, elle, plus modeste et qui le suit ou, soudain, le précède. Idyllique vision d’un couple endimanché.

Revenu de voyage, le vieux cocu jaloux —dans « L’école des femmes » de Molière— questionnait sa très jeune fiancée. Elle réplique : «  Quoi de neuf ? Le petit chat est mort ». Rue Morin, une vieille dame (de mon âge quoi) me questionne :

« M’sieur, le petit chat noir est mort, les voitures lui passaient dessus, j’ai rangé sa dépouille près du caniveau, savez-vous à qui il appartenait ? » Je ne savais pas. Mais j’ai souvent contourner ce beau p’tit minou sans instinct aucun hélas ! Vie trépidante à sainte Adèle, hein ? Un peu moins que dans la métropole où (des adultes !) la police des Libéraux (Tremblay-Charest) est payé « temps-double » pour fesser, gazer, matraquer la jeunesse étudiante et certes illusionnée. Ces « hommes-faits » foncent maintenant sur les terrasses des restos, grosses poivrières en main ! La barbarie en 2012 !

Parlons culture tiens. Trois femmes d’exception, trois actrices, au « Rideau Vert », au « Go » et ici, au « Pine » (loin des « batteurs d’enfants ». J’ai vu un trio de talents féminins époustouflant en la même semaine. (1) Geneviève Charest dans « Une vie…normale », torturée de psychose vu la mort précoce de son fils. Qui marchera (en d’envoûtantes chansons, Yorkey et Kitt) vers sa fatale…lobotomie. Ne ratez pas cette « comédie tragique » d’une vitalité musicale entraînante. Y a-t-il un seul temps mort ? Non. Mise en scène de « la » surdouée Filiatrault ! (2) Trop tard (des reprises un jour ?) pour voir jouer Violette Chauveau dans « Une vie pour deux. » Violette Chauveau dans son monologue de la fin, haletant, comme « expiré » (à la lettre) montre du génie et je pèse le mot. Enfin, (3) ici, en bas de la côte, pathétique débat d’une jeune épouse au mari soudain «  travesti » ! Ce jeune transsexuel est joué à la perfection. Dans «  Laurence anyways », Suzanne Clément s’empare de sa poseuse gesticulante névrosée « Sophie Paquin » (célèbre série télé) pour en extraire cette femme bafouée en détresse totale souvent face au singulier destin de son couple rompu. Troisième film du jeune Dolan, vous verrez un stimulant (un peu trop long) essai. De nombreuses éblouissantes séquences, pas moins fantastiques que les meilleures du regretté Michel-Angelo Fellini.

Je termine en riant : une vieille (comme moi) résidente dans la « Collins » du boulevard Gouin-est, souffrant de maux de ventre, guérie, expliquera aux siens : « C’est à cause de l’hippopotame dans Rivière des Prairies ». Stupeur de tous ! Hein, quoi ? Elle va partout annonçant le phénomène inusité, jusqu’à temps que les parents apprennent qu’on lui aurait dit : « Vos maux c’est à cause de « l’eau pas potable » dans Rivières de Prairies. » L’eau pas potable » alias : « lhip-po-po-tame. » Souriez.

 

 

CROIRE ET MOURIR

La salle était remplie ! Voir un film illustrant « la petite vie » bien ordinaire de « curés » de France exilés en Algérie.

Plusieurs millions de Français sont allés voir une histoire vécue.  J’en suis sorti samedi très embrouillé. C’est un récit à propos d’une poignée de prêtres catholiques —condamnés à mort par des fanatiques d’Allah armés— dans un monastère en Algérie. Un pays arabe de religion musulmane, comme on sait. Sont-ils un reste du colonialisme tant haï en Algérie ? On va le leur dire carrément. Ces moines dévoués aux villageois de leurs alentours sont donc prévenus et par le autorités en France, et aussi par celles, militaires, du régime actuel (Bouteflica)  à Alger. C’est toute l’histoire : croire et puis mourir.

Le cinéaste, lentement, très calmement, fait voir la vie de ces « fanatiques de Jésus », vie édifiante : on soigne les malades, on fabrique du miel pour le marché, on laboure quelques hectares de terre. Bref, pas de zèle religieux, ni grand-messe, ni pèlerinage, rien car ils prient entre eux, ce sont des moines. Vite, on voit des guérilleros aux menaces graves, puis les avertissements : « Vous serez tués si vous ne rentrez pas chez vous, en France ! ».Voilà donc le sujet du film. Un choix démocratique, ils sont décidés à mourir, car il est clair leur destin : la mort.

Le code civil dit : « Sera poursuivi toute personne refusant  de secourir personne en danger ». La loi interdit aussi et le suicide et l’aide-à-suicide. Le directeur du monastère n’est pas un civil quelconque, c’est un mystique. Je ne crains pas le mot : un kamikaze ! Pacifique certes mais bon, il veut aller en paradis promis. Pas par Mahomet par Jésus. Exactement comme les « fous d’Allah ». Ces « kamikazes catholiques » ne vont tuer personne autour, certes. C’est cette « marche à la mort » —le martyr— qui m’a fait tant jongler à la sortie. J’ai songé aux martyrs québécois en Chine de Mao que j’ai raconté en 2008 ——grâce aux lettres de mon oncle missionnaire— dans mon livre « Chinoiseries ». Et en publiant « PAPAMADI » cette année,  j’ai illustré ma familiarité et mes connaissances avec le monde des voyants mystiques et martyrs. Ainsi ce film remuait en moi bien des choses.

Je suis croyant mais agnostique, j’ai des parents, des amis, mon fils, qui sont des athées. Des « mécréants », dit la cocasse expression.Cet aspect « suicidaire » du  beau film  chez ces moines exilés me dérange. Chef de groupe, moi j’aurais recommandé le déménagement urgent dans un abbaye de France. Je n’aurais pas couru au devant de la mort. Mais bon, mysticisme, un domaine religieux très à part. Ré-entendre « le corps du christ » en distribuant un bout de pain aplati m’a dérangé aussi, on songe à une secte et à des rites secrets, à une sorte de clandestinité. Effet bizarre en 2011.

Ces gentils agriculteurs à mi-temps, en robes blanches, ces cultivateurs-du-dimanche à la bonté passive (les incessantes cérémonies) et active (la clinique, le marché) sont si éloignés des besoins du monde laïc que, par millions, des gens veulent observer ce microcosme anachronique. C’est la clé du succès ?

Récemment, l’éditeur Marcel Broquet de Saint Sauveur m’a publié « Le rire de Jésus ». J’ai une passion admirative pour ce Nazaréen qui changeait l’histoire du monde, qui, en son temps de guerres perpétuelles, prêchait la paix et l’amour. Cet immense prophète n’a fondé aucune « religion » mais il viendra des exégète et ratiocineurs nombreux pour tout complexifier. Et même attiser de sombres et malsaines pulsions de mort. Tels ces kamikazes, sauce, ici, Brébeuf et Lallemant. Mais ne ratez pas ce fascinant film, vous verrez bien de quoi je veux parler.

 

 

 

 

 

 

Maudits ghettos amérindiens?

Face au Desjardins de Le peuple invisible (film que je viens de voir), à une émission de télé, l’anthropologue Serge Bouchard a dit: «Mais Richard, il y a des changements, des corrections…» Silence du noir poète en studio. Son captivant film se disperse, hélas, dans toutes les directions. On y voit d’étonnants vieux films, des tentes et des canots, puis des cabanes, à la fin, de bien chics bungalows avec de jolies pelouses ! Le chanteur, en voix hors champ, dira pourtant:«Tous sont sur l’aide sociale…»

On a le droit alors de songer à nos colons du temps de la crise, invités à ouvrir des villages là-bas. Un documentaire sur nos chômeurs «expédiés», avec images de nos démunis, ne serait pas moins affligeant. Dans ma parenté, des «revenus d’Abitibi», aigris, me parlaient de leur mésaventure à «misère noire», pas beaucoup moins accablante que celle montrée par Desjardins.

Ces «Indiens»? Des décideurs d’Ottawa décidaient un jour de mettre en réserves les «sauvages»; on peut dire en ghettos. Pour les protéger disaient-ils. De quoi, de qui? De nous, tous «méchants Blancs»? De l’alcool, qu’ils ne supportent pas? Pour la conservation de leur culture? Non, car l’on décidait bientôt d’installer en pensionnats —cathos et protestants— leurs enfants. Cela se fit avec les mêmes abus et méfaits moraux, commis envers tous les petits pensionnaires. Blancs ou Rouges. Un racisme hypocrite.

Depuis longtemps, certains, tout comme moi, tentent d’imaginer ce qui serait arrivé de ces «Premières nations» si les autorités politiques les avaient laissées vivre librement parmi nous. Une «intégration» heureuse? Une «assimilation» totale? La métamorphose advenue à tant d’émigrants abitibiens, russes, polonais, etc.? L’Ukrainien, de Rouyn-Noranda ou de Val-d’Or, voit ses petits-enfants devenus des Québécois comme les autres.

L’Amérindien n’est pas, lui, un émigrant, c’est entendu. Il subissait le méchant sort d’appartenir à une nation minoritaire. Rien à faire, cela aurait été, tôt ou tard, l’assimilation. Dur constat que ce «principe de réalité». Les Canadiens-français partis jadis en vaste Canada, ou en Nouvelle-Angleterre, sont devenus «tout semblables» aux majoritaires les environnant. Leurs enfants et petits-enfants furent assimilés, ne parlent plus notre langue, appartiennent à une autre culture. On n’en meurt pas.

Ainsi, Algonquins ou Abénakis, plein de «sauvages» modernes, ayant refusé le ghetto-réserve, se sont fondus à nous, le 83% de la population québécoise francophone. On ne va pas s’excuser d’exister tout de même, nous, le 2% sur ce continent! La mode actuelle des résistances (désespérées), d’un retour (romantique) aux sources, attire de la sympathie certes, mais fera long feu. Nulle part au monde, on a pu voir des petites minorités résister longtemps au besoin de grégarisme, qui est ce besoin normal d’appartenir au monde qui les entoure. Nous sommes aussi en danger, on le sait. Ce besoin viscéral est de toute éternité, déjà il y a tant «d’américanisés» parmi nous, pas vrai?

Bon: pour le bien des jeunes Rouges, devrait-on dissoudre ces ghettos où, selon Desjardins, «C’est la misère, les suicides et la drogue pour la jeunesse, et tous sur le B.S.» Comment réparer l’erreur tragique des autorités d’antan: avoir installé tous ces ghettos «d’entretenus mal entretenus»? Desjardins ne sait pas quoi répondre, comme nous tous. De là le sentiment d’un documentaire —un de plus— stérile. D’une impasse, D’une invitation à culpabiliser, même si «nous, le peuple», n’a eu rien à dire sur «la question amérindienne».

Enfant, en villégiature tout à côté d’Oka, nous étions silencieux, gênés, en voyant leurs maisons sans peinture aucune, la zone de miséreux apparents, « anglifiés », ces enfants agniers (Mohawks) dépenaillés, enfermés en leur ghetto, privés de nos joyeuses plages. Je n’aimais pas ce séparatisme déjà. Nous savions que nul ne pouvait plus vivre de cueillettes, de pêche et de chasse. Le vieux monsieur Gabriel, sans parler, nous louait des vieilles picouilles, une piastre de l’heure. Pourquoi ce mur, pensions-nous? Comme Desjardins l’avoue volontiers, nous n’avions aucun contact humain. Ces maudits ghettos font ça! Gilles Vigneault, son ghetto de Pointe-Parent pas loin, en fera de tristes chansons. «La Marie-Lou est pour un Blanc». Plein de jeunes Marie-Lou du film de Desjardins nous jettent des regards d’une tristesse infinie, on a mal.

UN CINÉASTE VIEUX-JEU : ARCAND ?

Sur le cul, je suis ! Sortant contenté du visionnement de « L’Âge des ténèbres », tout de même je n’en revenais pas. En 2007 recommander « le retour à la terre » ? C’est l’abbé Groulx et « vieux lions du Nord » prédicateurs,  de jadis qui vont se trémousser de joie en leurs tombeaux : « Ce cinéaste affirme qu’on avait bien raison, canadiens français retournez à l’agriculture. Nostalgie de nos racines « d’habitant » revenant à la mode ? L’Arcand, venu d’un village (Sainte-Catherine de Fossembault, je crois ), regretterait son exil, son enfance ?       L’excellent acteur, Marc Labrèche, à la fin du film, est montré, calmé enfin, en train de peler des pommes de che-nous, collaborant aux confitures « bios ». On songe aux hippies des années 1960, aux trips souvent foireux à « tomates de Marceau ». Ce bureaucrate cocufié quittera son épouse surmenée -excellente Sylvie Léonard- et ses enfants ingrats pour vivre au grand air sain de la campagne.  Ce Jean-Marc dépressif, y a vu sa guérison : quitter la bruyante cité, sa grosse maison hypothéquée, l’autoroute bondée et le train de banlieue, le métro saturé. Il va vivre proche du fleuve,  à la  campagne dans le « camp » de son « popa » et jouir enfin de la vraie vie !

La comique fable filmique (on rit très souvent) de Denys Arcand est claire, elle étonne. Cette solution est une échappatoire très romantique en 2007. En son refuge idéalisé, -est-ce le peintre Cézanne retourné en Provence, refusant Paris et les appuis de Zola ?- oui, en sa retraite pastorale, il respire enfin. L’on voit, scène familiale finale, la riche épouse abandonnée, ses filles, qui lui apportent du linge propre. Et ses livres. Imperturbable le héros apaisé ira admirer calmement le bucolique paysage, l’horizon fluvial. Fin.

En résumé, un film étonnant. Comme tout le monde, le cinéaste, historien de formation, est encombré, embarrassé par les temps actuels. Ces inévitables téléphones portables -« ô cellulaires ! »- aux oreilles de tant de monde, ses deux rejetons, en sous-sol luxueux à écran large, vissés aux écrans plats pour des jeux vidéos, ces désormais « femmes-au-travail », ambitieuses comme des « hommes », ce maudit routinier job « steady » à sécurité sociale garantie, où s’épanouissent les tabous dont le très maudit tabagisme… tout cela est « la dure réalité d’aujourd’hui. Pour les petits bourgeois désormais instruits, diplômés. C’est la « dégénération » -oh ! cette chanson passéiste !- survenue depuis que les petits-enfants des agriculteurs vont aux universités.  « Maudits progrès » dit le film d’Arcand ? Ténèbres maléfiques ? La critique sophistiquée de Paris a mal pris cette accusation… globale.

En somme ce film pose : « Comment échapper à notre risible, matérialiste civilisation urbaine ? » La réponse d’Arcand : « La campagne ! » Certains jugent, comme moi, que c’est bien court. Arcand aurait-il pu trouver une plus moderne « sortie de secours » pour son héros bafoué ? À cette femme qui gagne plus d’argent que lui, il dira : « Je pourrais te tuer » ! Elle en est stupéfiée. Mais quoi à part l’assassinat ? Un simple divorce ? Un nouvel amour qui l’aurait sorti de sa misère sexuelle, sorti de son cabanon au fond de la cour, derrière sa jolie piscine « pas payée », où, dira-t-il, il va se masturber tel un ado attardé avec des revues porno ? Au bout de sa brillante démonstration en images, toute peuplée de fantasmes éculés, à belles « femmes énamourées », soumises et masochistes, c’est le vide qui surgit. Au bout du pèlerinage visuelle filmé avec un professionnalisme épatant, car Arcand est surdoué, c’est le vide. C’est cette tragique impasse qui enragera tous les  jeunes Cassivi de la presse. Ce néantisme va choquer tous ceux qui réussissent à vivre bien content, bien satisfaits du modus vivendi de 2007.

Le terrifiant diagnostic arcandien est valable, bien mené d’une lucidité justifiée. Mais comme du temps de ce brave Molière, il s’en trouvera pour condamner cette vision. Les avares, les puritains, les précieux ridicules, les donjuanistes, et autres victimes de turpitudes courantes vont s’écrier : éteignez, assez, insupportable, foin du moraliste (jamais moralisateur Arcand). Plusieurs diront : « C’est un cynique » . Allons, on voit bien pire, au théâtre, en littérature, à même la télé parfois. Son lourd constat d’échec ne dérangera que les abrutis.

LA VERTE IRLANDE EN 1920 !

Un film, signé du cinéaste doué Ken Loach raconte. Que sait-on des Irlandais jadis soumis, envahis au nord —Ulster purulent— par les « goddam blokes » ? Peu de choses en général. L’empire britannique, plus puissant à l’époque que l’empire Étasunien actuel, contrôlait avec maintes astuces —« ô perfide Albion »— ses colonies. Cela sur tous les continents du monde. Jusqu’à nos portes on le sait trop. L’Irlande, sa voisine, île moins développée que l’Angleterre, était sa colonie la plus proche quand on excepte le pays de Galles et l’Écosse. Des Écossais tentent actuellement d’obtenir leur souveraineté totale. Il y a, là aussi, les « collabos » et plein d’Écossais nerveux, peureux, qui doutent d’eux, qui sous-estiment leur capacités, comme ici, qui s’auto méprisent.

J’ai parlé souvent du « racisme inversé ». Il s’agit d’un pénible manque de confiance en soi. Ce « racisme inverti » se nourrit des petites gens, des citoyens des classes moyennes, qui continuent toujours à craindre « la liberté ». Oui, plein de Québécois qui ont pu s’en sortir, qui parviennent à une sorte d’épanouissement personnel, disent : « Ne touchons à rien, ne brassons pas la cage. » Et adieu le patriotisme ! Un film raconte, « Le vent se lève », son titre en français et son réalisateur, Loach, un Anglais mais à l’esprit libre, se fait férocement tabasser par les gens de droite. Ces conservateurs menteurs à Londres. Où l’on veut, bien entendu, faire passer Ken Loach pour un traître.

Le film parle d’un vent de 1920 (« The Wind that Shakes the Barlwey » en anglais) qui est un violent courant d’air pour la lutte en faveur d’une Irlande sans tutelle aucune. On sait la fin heureuse de l’histoire aujourd’hui, nous connaissons la bonne prospérité de cette ex-colonie. Que j’aime ces pages d’histoire en images. Elles donnent toujours envie de se mieux renseigner et je cherche des livres sur cette fabuleuse longue bataille irlandaise. Rien à faire, un film est limité dans le temps. Une longue saga, une télé série ne suffirait pas à narrer adéquatement ces longues années pour gagner la liberté. Un film reste cependant un efficace et fort moyen pour informer les masses. Le cinéma est un art populaire. Partant, un cinéaste est pris par ce métier de…résumer, de couper les coins carrés. Inévitable cela. L’historien chevronné haussera les épaules, aura, avec raison, des reproches à faire.

Il n’empêche que ce « Le vent se lève » est un album de « photos animées » fort bien fait. Je défie tout spectateur de ne pas être chaviré par la force aveugle, brutale, déployée par la soldatesque britannique afin de tuer dans l’œuf l’action libératrice des révolutionnaires de la «verte erin ». Des scènes illustrent la modestie des ames des patriotes face aux moyens puissants mis en œuvre pour assassiner la jeune liberté irlandaise. Une sauvagerie s’y déchaîne. La réponse irlandaise aux sauvages assauts anglais contient aussi d’atroces images. Il n’y a pas combat à la loyale, la colonie n’a pas son armée de métier. On y voit donc du terrorisme. Comme il y a eu du terrorisme chez les Juifs voulant fonder Israël, ou en France quand les Résistants combattaient les occupants nazis. Rien à voir avec le terrorisme des intégristes « fous d’Allah » car la sauvagerie des islamistes de Ben Laden n’expédiait pas des avertissements aux New Yorkais avant septembre 2001 !

La sauvagerie des libérateurs irlandais n’en fit pas moins des carnages sur son territoire « à libérer » et on ne sera pas surpris de voir des nationalistes irlandais prudents et calculateurs capables de semer la pagaille. Ce sera la classique opposition entre les pactiseurs bons ententistes et les révoltés. Avec l’affreuse conséquence (à la fin du film) d’un frère contre son frère ! De là des scènes déchirantes, l’amorce d’une guerre civile, ce qui fait bien l’affaire (les affaires) des dominateurs de Londres. Évidemment que le Québécois de 2007 fera des rapprochements. Mais, en 2007, aucun danger d’explosifs, de pièges d’une fatalité totale, de tueries calculées. Dieu merci, pour obtenir la fin de notre subtil assujettissement, il y a les élections libres et un parti-patriote bien organisé. La lutte des indépendantistes québécois n’a absolument plus rien à voir avec cette Irlande de 1920. De nos jours, l’adversaire de notre liberté québécoise se sert non pas de mitrailleuses mais des connivences des possédants, vénaux, entrepreneurs en tous genre, gros commerçants intéressés, médias aux proprios « collabos », enfin de la riche publicité négative très moderne. Aussi : le vol organisé, scandaleux, avec l’argent du trésor public comme on le sait.

Personne ne regrettera ces époques de sang répandu, des images du film de Loach sont quasiment insoutenables. Tout le monde est heureux de constater que notre bataille se livrera via la démocratie et les voix dans les urnes. Mais en 1920, l’Empire ne tolérait pas la démocratie. Au critique Lussier, Ken Loach a parlé de lui comme d’un Résistant et il a dit ce mot en français. Il souligna que « la vérité a des droits », que cela plaise ou non aux amateurs de « déni » Ici, de la même façon, les aveuglés de notre relative colonisation (domination confortable certes ) sombrent dans le déni. Il s’aveuglent en continuant de croire que les Canadians qui, majoritairement, siègent à Ottawa finiront pas céder du terrain. Par accepter une vraie confédération. Allons, nous serons bientôt sans pouvoir aucun (un 18 % puis un 12 % de la population canadienne) alors que nous sommes 94 % au Québec.

Nous formons la seule nation française en ce continent. La seule. Nous avons besoin —et droit selon l’ONU— à nous gérer nous-mêmes. En 1960, on a vu des jeunes patriotes impatientés entrer en clandestinité et faire exploser des bombes. Un demi-siècle plus tard bien des choses ont changés, l’insécurité s’est amoindri un peu et nous ne verrons jamais, tant mieux, ce « vent qui se lève » avec ses torturés, ses cadavres, ses meurtres et, bouleversant, ce frère qui fait tirer à bout portant ce frère attaché au poteau des colonisateurs. Il faut s’en réjouir.

J’ai croisé un grand bandit !

À la télé, ça jasait d’un projet de film sur un bandit québécois notoire, un homme recherché dans toutes les Amériques, l’ennemi numéro un. C’était avant le fameux Lucien Rivard, qui fut un très actif agent politique des Libéraux des années 1960. Sur Rivard, un film se prépare aussi (M. Binamé). Pour ce Lemay, l’écran de ma mémoire s’est allumé : c’était le début d’un bel été, j’avais 20 ans, on m’avait embauché pour décorer un « Salon du livre » estival dans le curling d’un hôtel laurentien. Une fin d’après-midi, pause et une chic « dame patronnesse » m’invitait, avec d’autres bénévoles : « Allons faire une visite chez un de nos généreux donateurs qui est mon ami ». Ma coccinelle dans ce petit cortège, et, arrivant à un ponton, arrêt à un carrefour modeste pour une obole à jeter dans un « tronc » fixé à un Sacré-Cœur de béton, géant ! Ma chic dame aux cheveux bleus riait : « C’est un rituel pour entrer dans cet Îlot de Mont-Rolland ».

Nous parvenons ensuite à un chalet à la rusticité très confortable, cheminée énorme, grand salon. Grogs alcoolisés, canapés goûteux, sofas accueillants. Soudain, séance de cinéma porno et je déguerpis, allergique au stupide onanisme du voyeurisme. Dame Fausse-Blondeur m’avait présenté au Sieur-en-L’Île : « Voici notre artiste-décorateur pour le Salon ». L’hôte ? Un certain Businessman. Comment savoir que cet aimable « souteneur culturel » allait monter bientôt l’arnaques des arnaques. Où ça ? Dans le Vieux-Montréal, la stupéfaction, la voûte d’une importante banque totalement vidée. Ce mossieu se signala comme le cerveau du « grand hold-up désarmé » de cette époque. Valeur ? Environ sept millions… difficile à évaluer car les coffres secrets furent aussi mis à sac.

Notre « héros » avait d’abord loué un logement en face de la banque pour de l’observation indispensable et ses plans à étaler. Fin du reluquage un vendredi soir tard, début d’un ouvrage inouï. Des taupes pour un souterrain traversant la rue et aboutissant sous le plancher de la voûte. La porte blindée sautait et ouvrez les sacs ! La police fut littéralement dévastée. Le populo balançait entre condamnation et admiration. De Tokio à Paris, on pouvait lire dans les gazettes : « À Montréal, un coup digne du fameux « vol du train postal » en Angleterre ! »

Hélas, on trouva l’empreinte de l’un… des fidèles. Délation obligée et le « héros du tunnel », orphelin de père, fils unique d’une riche agente immobilière, en eut sa binette épinglée sur les pare-soleil de toutes les voitures de police. Peine perdue, il fut introuvable ! La sœur de son avocat, un célèbre criminaliste, fut la première épouse de ce prodigieux Fantomas, une jolie « Miss Beauté. Manchette un jour : elle fut « portée disparue » au pays de Michel Tremblay, des keys floridiens.

Le fuyard, avec son pactole, se fit une nouvelle « blonde » pour vivre « en paix » à Fort Lauderdale lieu à canaux, à cachettes. Son « home » ? Un yatch de grand luxe. On ne savait pas qu’il avait soutenu un Salon du livre un temps ! Il finit par lever l’ancre et, en Cadillac, fila en Californie, se baptisant M. Palmer. Déguisé en bon papa, il reconduisait sa fillette à son école privée. Pour son malheur, joueur, il déménagea encore, où ? dans la ville estimée du gérant de Céliiiiine. Du « Cirque du Soleil » dorénavant. Ô Casino ! C’est là qu’un simple quidam d’ici reconnut le héros de jadis et signala la police !

Ce fut un retour menotté, au Québec, et grand procès. Notre brillant « maître-creuseur » se ramassa pensionnaire au « collège Leclerc », le pénitencier. Il y joua les princes graisseurs de pattes; c’était avant la syndicalisation sécurisante de la « gardiennerie » en uniforme. L’avez-vous vu, Canal D, vieilli, sorti de « l’hôpital », comme le racontait filialement l’ex-fillette ? Elle en jasait, encore émerveillée, au Canal D ? La suite ? Peine purgée, libéré, « l’homme au fabuleux tunnel », fort incorrigible, fit l’installation, au bord de la rivière des Prairies, d’un laboratoire clandestin. Dont les produits « hallucinants » devaient lui amener bien davantage de fric que son tunnel génial. Mais la police, surveillant l’entrepôt, y renifla de bizarres odeurs ! De nouveau, il fut pris la main dans… les éprouvettes de ses alambics et ce sera le retour au « pensionnat ».

Y monta-t-il un mini Salon du livre ? Sa carrière s’achevait… libération de nouveau, et l’on perdit sa trace. Et aussi le souvenir de cet historique tunnel dans le Vieux. Écoutant, en reprise, les souvenirs de l’ex-fillette docile et innocente, je me suis souvenu du bizarre mécène qui vivait dans une île laurentienne, là où il fallait verser un écot sonnant et trébuchant au Sacré-Coeur de béton ! En cet été de 1958, je ne savais pas encore que je ferais des romans. J’aurais pris des notes, car, sans le savoir, je croisais un super-héros de polar alors que j’étais un simple et modeste étalagiste.

voir aussi ce texte de 2002 (point 2)

DU CINÉMA VIVANT : C.R.A.Z.Y

Un cinéaste, Vallée, subventionné par notre argent publique comme tous les autres, écoute son copain, Boulay qui lui raconte sa jeunesse difficile quand, malheur de malheur !, il se découvre homo ! Lire ses aveux dans Voir. Sa famille, de classe modeste, en est fort secouée. Sa maman sans le comprendre vraiment —« Mais qu’est ce que j’ai pu faire de croche ? »— sent que son cher petit, Zacharie, aura des difficultés. À l’école, dans la rue, auprès de ses grands frères aussi. Elle va donc tenter de le protéger sans pouvoir y arriver. Son père, brave gaillard salarié, boite à lunch, gros char américain, va vivre au bord des apoplexies, de la syncope permanente, tant l’inversion sexuelle lui semble une injure. Une tare horrible. Un véritable affront à la « la nature » naturelle.


Ce conflit est presque banal au fond. Et prévisibles sont les réactions des alentours dans ce milieu pas vraiment cultivé. La question est sur-exploitée au cinéma, à la télé (aussi au théâtre). Une mode que ce milieu et l’intolérance aux différences. Eh bien, son talent comme en jachère depuis 10 ans (le noir polar « Pouvoir intime »), Vallée en sort un récit sociologique fort efficace. Moi, j’en suis sorti mélangé. On y trouve des illustrations bien connues, (les festivités de Noël) des faits réels (la mère aux grill-cheese). Vérifiables si on vient de ce milieu comme moi. On y trouve également des saillies bizarres. Déroutantes même. Des inventions surprenantes. Vallée et ses collaborateurs naviguent parfois dans le réalisme bien en aplat mais aussi, hélas, dans une sorte d’imaginaire qui sort d’on ne sait trop où !
Le récit de C.R.A.Z.Y. part au temps de l’Expo, 1967, l’action centrale, elle, se déroule à la fin des années ’80. Pas trop clair cette chronologie ici et là, pas vraiment des anachronismes mais des glissements symboliques disons « louches », des attitudes d’un « arriérisme » qui sonne plutôt faux. Malgré bien des agacements donc, des zones floues, on sort de C.R.A.Z.Y. très satisfait. De quoi ? Du puissant rythme de Vallée, de ses cadrages, toujours efficaces, de son style nerveux sans afféteries, sorte de très vive manière d’entrer et de sortir dans ce bungalow modeste où une famille s’incruste dans sa culture vulgaire et joyeuse à la fois.
Il n’y a, au fond, que deux (jeunes) personnages hélas. Celui que la drogue assassinera. Et ce héros, le cadet, le « fifi » pathétique —au don de stopper les hémorragies (!)— musicien de garage, de sous-sol, à la jeune sexualité indécise. Et qui se révélera, s’avouera sa nature invertie —devinez-où ?— à Jérusalem, lieu mythique, rêvée, de sa chère « moman » pieuse.
Chapeautant ce demi bouillon-de-culture familiale (les autres enfants n’existent pas), l’actrice Danielle Proulx, mère troublée, et Michel Côté, père enragé et débordé par son rejeton efféminé, les deux forment un couple fameux, leur apport extrêmement professionnel nous fait avaler bon nombre de lacunes. J’ai vécu des années (‘60 et ’70) en milieu relativement modeste parmi des familles d’un voisinage de classe populaire, et, surtout, j’ai vu de très près les familles ouvrières de mes cinq beaux-frères, tous des ouvriers, de là tous mes moments de gène face au récit filmique de Vallée.
Mais ne boudons pas notre plaisir, malgré ce scénario disons…troué, le film de Vallée file à vitesse forte. Il n’ennuie absolument jamais, pas une seule minute. Ce talent —« de caméra ?— » est incontestable et les prodigieux talents de Proulx et Côté sont d’une immense incarnation, ô quel fabuleux naturel ! Leur formidable jeu achève de fournir à C.R.A.Z.Y. le tonus fort. Ce dynamisme de Vallée, enlevant, fait d’images vraiment cinétiques, fait un cinéma ultra vivant. Allez-y vérifier ça, vous verrez bien.
Oublions la candeur de ceux qui croient que la pensée (magique !) évolutive fera disparaître les avatars —en famille— de la question homosexuelle. C.R.A.Z.Y se déroule en 1980-1990 mais même en 2050, la venu dans une famille d’un garçon inverti sexuellement fera encore, hélas, de violents remous. On peut gager ce qu’on voudra. La tolérance —ou faire comme si ce n’était rien !— à ce phénomène (éducationnel-à-acquérir non, inné) minoritaire (et c’est exactement pour cela que c’est difficile) est un souhait naïf. Un bon vœu pieux. Un idéal certes, le co-scénariste de Vallée, l’autobiographe Boulay, doit bien le savoir.

CINÉMA D’OBOMSAWIN : QUÉBÉCOIS TOUS RACISTES !

Il y a une cinéaste d’origine amérindienne, Alanis Obomsawin, qui se fit inviter à Paris —elle ira où après ? Berlin, Rome ou Madrid ?— avec ses bobines de films, tournées via l’ONF (alias : Office FÉDÉRALISTE du film). La saudite Obomsawin nous illustre tous en racistes —aux frais des contribuables ?— avec, par exemple, son « Kanesatake, résistance », ou bien son autre film : « Pluies de pierres à Kahnawake ».
Ça colle, ça fontionne! L’occidental maudit courant de rectitude politique aidant, on la croit sur parole, sur images, cette salope de diffamatrice et le sérieux « LE MONDE » raconte à son lectorat prestigieux : qu’à Créteil, au « Festival des films de femmes », l’abénakise du Québec Alanis Obomsawin fait voir chez nos cousins de langue française une mentalité de raciste et de mépriseur envers les Indiens d’Amérique, une hystérie coercitive envers les peuples autochtones ».
Charmant non ? L’objective documentaliste dit : « Je ne fais que montrer la réalité telle qu’elle est ! » Non mais… Doutons que l’Obomsawin renseigne sur la sordide récupération par une pègre « rouge » qui accourait à Oka-Kanesatake, gang de contrebandiers (d’alcools, de cigarettes, de drogues et d’armes), venus de St-Régis, et bien moins captivés par ce « con-de-maire-paroissial » que par le désir d’agrandir leurs privilèges de maffieux. Doutons aussi que l’Obomsawin raconte, rive-sud, le vital pont Mercier très longtemps, très complètement bloqué aux centaines de milliers de modestes travailleurs et que, la débandade s’amenant, une poignée de Blancs frustrés s’excitèrent avec des cailloux aux portières des fuyards rouges qui, l’armée à l’ouvrage, cessaient très subitement d’appuyer leurs chers warriors.
Le pire ? Gageons que cette menteuse d’Obomsawin est subventionnée par Ottawa pour colporter en Europe ses sympathiques projections sur « ces salauds de Québécois racistes ». Incrédules, lisant donc Le Monde, on s’approche de l’évier… pas pour se laver les yeux mais par envie de vomir !
Si on reste sur ce sujet, on dira que Josée Boileau (du Devoir) a trouvé le mot juste en parlant de ce qui se passe à Oka. Dans son éditorial elle peint le ministre Jacques Dupuis (autre mollasson à la Sécurité publique du régime Charest) d’un mot efficace : L’OTAGE. En effet ! À Kanasatake, des canailles rouges, la « Watch Team », fait sa loi et chasse la SQ comme des gamins malfaisants, on a pu voir ça, l’INCROYABLE !, à l’émission « Enjeux ».
Essayez de résister, vous, aux agents de l’ordre : ça va pas durer deux minutes, pas même une seule, ce sera, vite fait, la fouille, les menottes et bang !, la cellule rue Partenais. Pas vrai ?
Récemment des collégiens ont vu, et comment !, la raideur des bastonnades pour simple motif de rassemblement. Ce ministre Dupuis, nous prenant tous pour des imbéciles, déclare à l’Assemblée nationale que c’est pas la communauté okaïenne qui est prise en otage par cette poigné de miliciens, non, non, c’est nous ! » Non mais… Le chef James Gabriel, une fois sa maison incendiée par ceux du « Watch Team », découvre davantage à mesure que le temps passe que ce Québec-sous-Charest est un gouvernement de pleutres, de lâches. Nos policiers (et ceux de la bande), paralysés, aux ordres des Mous-Dupuis (« n’intervenez pas, ne bougez pas » ) moqués, bafoués par ces quelques bandits rouges en sont évidemment humiliés.
L’intimidation par des hors-la-loi est encouragée par le régime libéral actuel. Dupuis ira jusqu’à affirmer sans rire qu’il faut pour de l’efficacité policière qu’une population donnée se sente bien à l’aise avec un corps de police. » Incroyable ! Une invitation à l’anarchie, à plus grand désordre ! Les semeurs de troubles, les casseurs, se défendront : « Quoi ? On se sentait pas à l’aise avec la police ». Le con !
Il y a dans ce petit ghetto des bords du lac des Deux-Montagnes des gens tranquilles, aussi, hélas, quelques fripouilles encanaillés et voilà que c’est l’impuissance crasse qui perdure. La maudite bien conne « rectitude politique » ( ces pôvres indiens !) fait ses ravages face à des Dupuis-poltrons. Alors, chantons tous : « Gens de Charest, c’est à ton tour, de nous parler de frousse idiote. » À la porte et vite ce Dupuis-minus-ministre !