DE PAUVRES CONS !

(Écrit pour l’hebdo « LE QUÉBÉCOIS »)

Il y a des bornés qui voudraient faire taire tous ceux qui ont pas eu la chance de s’instruire. Seules, nos élites « ben éduquées » auraient le droit d’être passionnés. Tu parles Charles ! Ainsi, des mercenaires stipendiés par des richards fidèles à la fédérastie canayenne, -suivez mon regard… vers Charlevoix au dessus de Saint-Irénée, domaine clôturé où vont se balader les Sarkosi-de-l’heure- parlent d’un paradoxe : « Ils défendent la langue et ils la parlent mal ». Hon !

Selon ces adversaires acharnés du nationalisme, seuls les favorisés du sort peuvent être des patriotes ! Les cons ! Non mais…« Parlez et écrivez sans faire de fautes sinon… gardez le silence. » Ce serait un paradoxe selon ces bons-chiens-couchés de défendre la patrie québécoise et d’ignorer l’orthographe, la syntaxe et la grammaire.

EFFETS DE CAUSES CONNUES

Un paradoxe ? Les cons. Il s’agit d’un effet. L’effet d’une cause que ces valets protégés font mine d’ignorer. « Le mal parler et le mal écrire » est l’effet d’une cause connue. Quelle cause, dira le cave, l’innocent, le bouché des quatre bouts. Réponse : l’abandon par Louis no. 15, la fuite des istallés, des forts, des bien munis, le ré-embarquement pour Paris, la Défaite donc (ne jamais dire la Conquête), puis les tentatives d’assimilation (Durham et allii), la lutte farouche faite au français, partout, la domination dure : pas d’instruction publique durant presque qu‘un siècle, mon grand père signait d’un X. Ajoutons : aucun droit de toucher aux affaires, commerce et industries en chasse-gardée par les Anglais. Contentez-vous, habitants ignares, de semer et récolter pour nous nourrir, sales chiens de Français-du-Canada !

Notre aliénation, notre colonisation, voilà, non pas « un paradoxe », m’sieur Pratte-le-valet, mais « un effet ». Avec ses répercussions, même en 2008, qui font que, collectivement, une majorité des nôtres ne possède pas la maîtrise de notre langue. Et il y a maintenant, obstacle terrible, la faveur mondiale de l’english speaking. Voyez Paris, masochiste, tombé en anglophilie imbécile ! C’est la langue des dominants, la langue de la mondialisation, pour nous, ici, la langue de nos 300 millions de voisins, héritiers d’une puissance planétaire.

Même en lointaine Palestine, c’est, dehors, le visage de « l’omniprésense » de l’American Pop Culture (restos, musique, cinéma, séries-télé) ! Je viens de lire cela chez S. Amar, à Jérusalem. C’est dire !

LA LANGUE DE PAUL McCARTNEY

Un prof du cégep Marie-Victorin, Michel Pruneau, ironise là-dessus avec talent et prédit que le Vietnam commémorant les 450 tonnes de bombes et napalm USA, s’achètera une star-USA : Marah Carey ! Que l’Afrique commémorant son colonialisme, va se payer les Rolling Stones ! Que le Choeur de l’Armée Rouge sera invité en Lettonie, en Lituanie et en Estonie ! Que ce sera Johny Halliday l’invité pour fêter à Alger, la liberté ! Enfin, pour commémorer la fin de l’Occupation des nazis, on va inviter, dit Pruneau, à Paris le groupe de Berlin, « Rammstein ».

J’ai ri. Jaune. Les managers-à-la-Gélinas, sans tripes, sans aucune fibre nationale, sont des businessmen. Point. Un Cassivi, et tant d’autres, cependant, ont remarqué la chose : la gigantesque « pub » dans tant de médias du monde, vient des contestataires et non pas du concert du jeune-vieux Beatle. Ah bon ! Le maire bien complaisant, à Québec, devra-il récompenser les Curzi et Cie pour cette formidable promotion, géante, de la vieille capitale ?

AVEZ-VOUS DE L’IMAGINATION ?

Imaginez maintenant, le Vermont, ou l’Iowa peu importe, un des états des USA qui serait, pour des raisons historiques, « tout italien ». Avec une solide « loi 101 » protégeant sa culture italienne. Imaginons l’aide de l’Italie à cet état « unique » dans l’empire US ! C’est notre cas, état français dans un « océan » de plus de 300 millions d’anglos-saxons et assimilés. Avec lcet hypothétique état italien, vaillant résistant, foin de ce concept archi prudent et insignifiant de « non-ingérence » n’est-ce pas ? Et pour fêter sa singularité en Amériqe du Nord, cet état italien n’irait-il pas chercher un Italien de grand renom au domaine de la chanson populaire. Non ? Oui, n’est-ce pas ?

Jugez alors de notre colonialisme imbécile. Ou de l’emprise d’un simple businessman bien con, M. Gélinas. Un déraciné qui se pète les bretelles, au cash avec le Labaume (sic), maire béni-oui, oui, ces temps-ci.

DEVOIR MAINTENANT RÉMUNÉRER LES CURZI ?

Tout se tient dans notre histoire nationale : le mépris arrogant des Pratte envers ceux des nôtres qui parlent et écrivent « pas bien » et ces crachats empressés aux Curzi et tos ceux qui se posent des questions valables.

Ces attitudes de « colons frileux » nous font nous souvenir d’un snob et imbécile personnage (bien joué par Hélène Loiselle en 1965) dans « Les Belles Sœurs » de Tremblay. Une superbe conne, une imbécile dénaturée et déracinée, une maudite « fraîche », revenant de Paris, qui a honte -tellement honte- de ces simples ménagères qui « perlent bien mal ». Elle, la bouche en cul de poule avec son langage pointue à la parisienne, dérisoire, montrait la totale aliénation, une Pratte en jupons.

LE MALHEUR DE L’EXIL

Pour terminer sur une note grave ? À Avignon, au célèbre Festival d’Avignon, le doué dramaturge exilé du Liban, W. Mouawab, triste et franc, déclarait : « Je ne suis pas poète car lui, il écrit dans sa langue maternelle et moi je ne sais plus parler l’arabe. » Son désarroi palpable !

Dostoïevski, réfugié en Suisse, l’a déclaré : «Être Apatride, il n’y a pas pire malheur au monde ! » Ici, pleins de Québécois sots, jouant les « citoyens du monde », qui crachent sur leurs commencements, qui bavent sur le patriotisme. Ils se croient au dessus des bienfaits « des origines ». Mouawab, lucide et franc, avoue sa « solitude », admet une « déchirure », une « perte » (ses mots). Il admet volontiers que de créer lui est un exorciste.

DES FRAIS CHIÉS !

Quelle leçon pour nos frais-chiés qui veulent vivre en « mondialistes » explotables et corvéables à merci…, sans passé, sans histoire, sans patrie. Des ignares, non ? En un Québec aliéné encore, menacé sans cesse par l’immensité culturelle étatsunienne, hélas, nombreux sont les nôtres qui bafouent volontiers tout cela qui est si précieux comme nous l’affirme un jeune dramaturge « déplanté ». W. Mouawad se sent malheureux et perdu. Il creuse avec ses images, ses tableaux, pour un peu « d’enchantement » (son mot), malgré tout.

Nos exilés (économiques ou non), et nos concitoyens réfugiés (des guerres ou des famines), adultes conscients, doivent, avec raison, mépriser les adversaires du primordial « devoir de mémoire ». Ces nouveaux-venus, qui nous ont choisi, doivent espérer que leurs enfants à eux, nés ici, deviennent de bons patriotes. Patriotes de leur nouvelle patrie et cela malgré nos colons cocus et contents.

QU’IL CRÈVENT !

Souhaitons qu’ils crèvent l’un après l’autre, ces renégats, ces traîtres à la patrie québécoise. Et surtout qu’ils ne se renouvellent pas, qu’ils soit stériles ! Ou bien que leurs enfants, grandis, les renient et éprouvent un jour une honte salutaire de tels géniteurs « étripés », parents « peu adultes » qui consentent à tolérer et même à entretenir -sadiques que nous vouons aux diables- nos aliénations collectives. Au fond de sombres brutes bien masochistes et qui prennent jouissance à lécher leurs vieilles plaies de colonisés.