AH L’ÉTÉ !

Quelle belle saison ! La plus belle certes. C’est souvent, les beaux jours nombreux, à mes yeux, « un véritable Éden » dans mon alentour. Les fleurs (des hydrangés ?) se multiplient comme à vue d’œil ! Sur notre longue galerie, on peut observer de ces jolies mésanges grises à tête noire. Un couple en particulier, fidèle, qui virevolte avec grâce et qui se taquine sans cesse. Se piquent du bec, se frôlent des ailes. Leur grand bonheur de vivre, apparent est évident et m’est un stimulant. Ils tournoient souvent autour de notre mahonia (en bien mauvaise santé cette année) et s’y agrippent —furtifs, nerveux, aériens— croquent ses bleuets sauvages.

Pauses-bouffes ? Mon couple guilleret ne cesse de venir se nicher aux extrémités de mes stores de bambou, roulés serrés autour de la galerie et j’ai découvert qu’ils y dénichent des fourmis d’un type ultra noironne, les croquent et repartent aussitôt. Je peux examiner à loisir alors leurs allures : ces frêles mésanges si délicates ne cessent pas de tourner la tête. À une vitesse folle. Ont-ils tant d’ennemis ? Une surveillance intempestive ! Cela en est une vraie coquetterie, si jolie, que ces très vifs mouvements à gauche, à droite, en haut, en bas, ah oui, un incessant guet. Qui m’amuse !

Cette année notre cardinal se fait rare, où trotte—il donc, il s’est fait une blonde ?, c’est plutôt un été de colibris. Un bien grand lot. Ils passent en revue, vibrionnants, le bec paré, plusieurs fois par jour, la dizaine des corbeilles fleuries de ma Raymonde. Un défilé de gendarmes-à-hélices ! On dit « oiseau mouche » n’est-ce pas mais c’est « oiseau-hélico », leur vrai vrai nom ! Un comique défilé, je vous jure.

Oh, des voisins ont des visiteurs, des enfants. Bruyants ? Comme tous les enfants au jeu, non ? Alors foison de cris et de rires dans l’air du rivage. On peut entendre des « regardez-moi ». Mon Dieu, je reconnais tous ce cri d’usage ! Du temps —moi retraité et la compagne encore au boulot de la SRC— que je gardais les enfants de mes deux enfants. « Regarde-moi, papi », l’appel rituel et fatal ! L’enfant a besoin qu’on l’admire, il quête l’attention du « grand »ou de la « grande ». De l’adulte. « Regarde-moi » et « j’ai pas peur » : les deux phrases qui meublaient toutes mes heures de gardiennage dans les années 80 et 90.

Je m’approche un peu et je vois une fillette qui n’est pas jolie; sorte de triste « Joconde » —oui, j’ai toujours trouvé laid ce sombre visage du grand Da Vinci ! Elle ne joue pas, reste collée au troc d’un saule. Ma tristesse et comment rasséréner cette fillette défavorisée par la nature ? Un chien s’amène et gambade autour d’elle, le chien ne discrimine pas, lui. La petite fille laide isolée se jette sur lui et le caresse en riant. Elle sourit, en est un peu plus jolie. La vie, la vie… au bord de l’eau.

Plein de libellules luisent dans les bosquets de la rive, pièces de celluloïds vibrantes aux lueurs aveuglantes parfois. Comme « en résidence adèloise », voici mes familiers canards qui s’amènent avant que tombe sur le Rond le crépuscule. Je dis bonjour à la troupe fidèle, famille compacte. Aucun colvert cette fois et j’observe la petite armada, cous raides, culs en l’air fréquents, qui contourne tout. Radeaux, quais, pédalos, chaloupes. . . et aussi me contourne car je nage comme chaque jour presque vers mon voisin, bientôt nonagénaire, placide et bienveillant heureux sénateur. Oui, cher Rivard, « Les pieds pendants au bout de quai » nous parlons de la vie, du bel été, des beaux jours, mon cher Samuel Beckett. Ah, l’été !

UN-JAR-DIN-EX-TRA-OR-DI-NAI-RE ( chanson de Trenet)

C’est une géniale chanson que ce « jardin », un air si enjoué, que je turlutais il y a peu en regardant du balcon, mon jardin. Jardin ? Tout petit domaine, enfin libéré vraiment de l’hiver. On a besoin de pas grand chose au fond pour un peu du bonheur. J’ai eu l’envie subite d’aller inspecter mon « petit arpent du bon Dieu » (bon roman d’Erskine Caldwell). Bien petit jardin, terrain banal au fond, mais, mes voisins confirmeraient : petits lots qui font notre joie !

Depuis des décennies que je m’y frotte, que je redresse ceci ou cela, que je dégage un arbre nain ou que je déménage au soleil un bosquet contrarié. En y arrivant —juin 1973— il n’y avait dessus qu’un érable au pied de la galerie. Un mini prunier, bizarrement stérile après sa floraison; aussi très un vieux pommier à mi-côte. Sur la berge, deux vieux saules (pas pleureurs du tout). J’y descend : tout de suite le cher lot de lilas et devoir émonder, éliminer les parties comme tombées au sol depuis une certaine tempête. Ensuite éclaircir cet « arbres à bleuets » dont le nom m’échappe toujours et qui nous est une volière fantastique, la mangeoire appréciée d’oiseaux divers.

Aller marcher à gauche et craindre la pousse rapide des cèdres, songer à un barbier drastique. Et puis marcher vers le fantôme du beau bouleau, hélas, tombé malade, puis admirer le sorbier pétant de santé et marcher sous la mini sapinière —mini-épinettière— du milieu du jardin. Mini-boisé de haut et sombre bouquet éclairé d’érables —si colorés en octobre ! Voir des flèches, des clochers, nichoirs de geais bleus. Aussi hélas de criardes corneilles ces temps-ci ! Revoir en pensée notre si vieux pommier (Claude-Henri Grignon, gamin, y grimpait) tombé raide mort l’an dernier ? Revoir aussi toute cette zone du jardin mis en jachère de force, par ordre de la municipalité. À « fin écologique » ? Y planter quoi ? Des « sauvageries », consulter un jardinier expert, mon neveu Sylvain V. l’expert  de Saintt Eustache ?

Dans les haies du bord de l’eau, revoir de ces jeunes érables camouflés sous le myrics baumier. Arracher ? Craindre le lac bientôt caché à notre vue ? Oui. N’oublier jamais —à chaque printemps— d’étêter tous ces chèvrefeuilles, un lierre connu, utile et commun—aux baies jolies à l’automne. Une vulgaire végétation synonyme de « clôture », de « barrière ».

Je passe à l’autre coté de notre modeste jardin et c’est soudain forêt avec tous mes sapins plantés en 1973, devenus des géants. Une joie des yeux et ma fierté candide. Ces arbrisseaux, nains résineux, arrachés au domaine public. À présent des « pattes d’éléphants » gigantesques ! Aussi des fournisseurs d’ombres —appréciés durant les canicules.

Par ici, sous ces pachydermes, c’est « adieu pelouses » ! C’est devenu un tapis acide de mini épingles et aiguilles. Entre ces colonnes de gris, tronc en colonnes naturalistes, sont apparus de grasses jolies fougères. Qui font accroire à un coin de forêt ! Bon : examen ici, d’un rocher tout moussu, là, de quelques roches veinés. Immobiles monuments anonymes, symboles de nos ingrates terres-à-cailloux, de nos Laurentides. Pour finir, examen des parterres. À cueillir, de gros sacs au bord du chemin. « Fin du ramassage » des cadavres moches : branches tombées, feuilles mortes oubliées, cartons, bouts de papier ou de toile. Restes effilochés de plastique, canettes jetées, le jeune vaillant Jean-François a collaboré et voici donc un jardin, oui bonhomme Trenet : extraordinaire. Jardin banal pour le passant mais c’est le nôtre, alors il n’est pas ordinaire. Anciens citadins, nous voilà fiers comme Artaban, heureux, comblés… pour un simple « carré » de nature, pas beaucoup plus grand qu’une placette, qu’un square en centre-ville… mais qui nous paraît bien vaste, si vaste !

« SUR LE BOUT DU BANC ! »

Il y eut jadis un texte populaire nommé «  Trente ans sur l’bout du banc ». De Ringuet ? Ah ! nos flâneries sur les bancs d’un parc. La dame était seule et je me suis assis. Saluts brefs ! Muets d’abord, le visage dans les radieuses blancheurs de cette froide saison. Assis au beau milieu d’un lac gelé, nous regardons défiler ce carrousel des humains en congé, manège joyeux où tournent les promeneurs du lac. Au bout des laisses, exposition avec grands et gros frisés, chiens noirauds. Ou « toutous » trépignants blancs. Passe un mini-mini caniche ! Puis un Doberman géant. Spécimens à poils longs, à poils courts, à petites ou grandes oreilles.

Rencontre fortuite sur un banc donc : on jase, visages noyés de lumière, faces haute levées vers l’Astre, heureux de cette luminosité de nos ciels nordiques. Nous aurons deux sujets :1- La « santé », les médecins rares, l’échec ces attentes scandaleuses. 2-« L’éducation », ces écoliers et maîtres « paresseux ». Menu classique. « La madame était pas contente », disait l’autre. 1- Les soins de santé ? Une imposture grave ! Un scandale de notre État incompétent ? 2- Nos écoliers ? Dans des écoles laxistes. Profs cancres comme leurs élèves ! Je vous dis que ça revolait. Ma compagne d’occasion fulminait. Mais moi, l’optimiste indécrottable, je tentais de la rassurer : Quoi ? Les nouveaux jeunes médecins refusent de vivre comme, jadis, ces pauvres médecins aux labeurs de « forçats ». Comme vous, madame, comme moi, ils veulent vivre heureux et rejettent le « bagne » des docteurs d’antan. Du « 60 heures-semaine » de jadis ! Ma voisine de banc refuse mon « sirop de calmant », boude. Quand j’explique que la jeunesse des écoles désire aussi vivre une heureuse, épanouie, pas notre triste existence d’écoliers abusés (par des robes noires). Elle finit par avouer les abus du passé, je songeais à moi dans les année ‘40 au collège Grasset.

Ma commensale —je croquais des noix— ne m’écoutait que d’une oreille. Les pessimistes sont-ils incorrigibles ? Mince influence donc. Ma tendre « compagne de vie » est sévère face aux actuels coutumes scolaires. Qu’elle juge néfastes pour l’avenir des jeunes. Aussi face pour aux soins inadéquats pour les aînés. Alors cette « dame du bout du banc », dit-elle vrai ? Sur le lac luisant de neiges tapées, j’en arrive à me méfier de mon optimisme, mes moments de noirceur ne sont pas fréquents, je suis d’un naturel léger, je fuis le désespoir (pour ma bonne santé mentale ?) Pourtant, « je retiens mon cheval » (Rostand), parfois et « mon épée me démange » (Cyrano de Bergerac). Un ancien fond de pamphlétaire ?

On a fini par se saluer et se quitter. Je lisais un fond de bonheur sur son visage, à cause de l’éclat stimulant de notre nature boréale ? Sa luminosité renversante. Est-ce que le vif éclat dans l’air du lac abolit, diminue, efface ou améliore, adoucit… les funestes inquiétudes de cette compagne de hasard car, au moment de nous quitter, il y eut un radieux sourire. Elle dira : « Oui, malgré tout, oui, la vie et belle. » C’est souvent vrai, non ?

PARLER CHINOIS RUE MORIN ?

 

Quoi, des langues disparaissent ? Êtes-vous au courant que l’Empire des Romains a sombré ? Que celui, tout aussi puissant, des Grecs anciens aussi ? Que la Perse connut la puissance et la perdit ? Que dire de l’Angleterre, puissance toute rétrécie et que dire de cette France puissante colonialiste jetée à terre ? Pensons aux Arabes musulmans, puissants envahisseurs d’Afrique, installés jusqu’en Espagne.

Ainsi, furent réduits, démolis des empires fabuleux, l’un après l’autre. Les petits pays (Québec) dominés, accrochés à ces puissances, se retrouvent-ils chaque fois plus libres ? Un célèbre penseur Allemand, Stephan Zweig, visita le Québec en 1911. Dès son retour, il confia au journal de Francfort, son admiration : « Ces Français d’Amérique du nord sont admirables de ténacité. Ils mènent une lutte héroïque. » Zweig ajouta : « On doit prévoir qu’ils seront assimilés par la culture anglo-saxonne qui est dominante sur tout le continent. » Bang !

En 2014, on peut dire que ça y est, que ça vient et vite. Observez bien la galopante attirance pour la culture populaire toute puissante, musique pop, variétés, télé et cinémas. Pas vrai ? Observez la jeunesse livrée volontariste à cette sauce impériale-USA. Cent ans plus tard, la terrifiante prédiction de Zweig va s’accomplir. À moins d’un sursaut (improbable) on peut compter les années avant l’assimilation aux USA (et ses satellites, Australie, Nouvelle Zélande, Angleterre, Canada-anglais. Le français est méprisé, bafoué en métropole, sous le séduisant joug d’un « vouloir vivre » à la sauce USA ! Résistance ? Nenni et plein de journalistes publicisent et louangent cet univers du puissant voisin. Si tu protestes, ces demi-assimilés diront « vieux schnock ».

Mais attention: les Américains ne sont pas coupables et méchas, non, non, « ils sont ». Jusqu’à leur chute, comme Grecs, Romains, Perses, Arabes, etc. Nos mollusques, carpettes et demi assimilés —les Cormier, Brunet, Elkouri, Cassivi, Dumas, etc, etc.— publicitaires serviles servent de simples « courroies de transmission » à l’actuelle puissance, hélas voisine, USA. L’assimilation est enclenchée et la fatale prédiction du Zweig se concrétisera. Attention : pas de panique, personne ne va en mourir ! Juste une tristesse infinie. « Toutes les civilisations sont mortelles », a dit Paul Valéry.

Lâche et molle comme Montréal, à Paris aussi on se vautre allégrement dans « l’anglo-way-of-life », parlant franglais avec complaisance, pâmé des produits made in USA. Tout comme ici, résistance zéro. Consentement joyeux, une sotte vanité, idiote acceptation. Un signe ? Voyez les Najari, les cinéastes du tout récent film titré ARWAD (une ville en Syrie). Arwad fait voir la détresse de l’assimilation. Dont, je le répète, on ne meurt pas. On y voit : Des parents exilés ayant conservé leur culture, leurs enfants qui parlent à peine leur langue et les petits enfants ? Ah, c’est fini. Douleur d’une grand-mère (en visite) qui ne peut plus communiquer avec les siens ! Ça va nous arriver collectivement. Une question de temps. Certains se moquaient d’un film (saboté) de Lise Payette au thème dérangeant : « Disparaître ». Rire jaune garanti. Dans peu de temps. Ce sera la victoire de nos « collabos », Brunet, Hugo Dumas, etc. Écoutez ce jargon mou des jeunes, voyez le web des « réseaux » dits sociaux, pénible créole. Avec des expressions « in english », mode illustré par un Marc-Labrèche. Alors, en quelle année l’extinction complète, je ne serai plus là.

Plus tard, règne-USA exclus, entendra-t-on rue Sainte-Catherine —ou rue Morin à Ste Ad— parler mandarin chinois ? N’en doutez pas car viendra le tour de la Puissance-Chine.

IL FAIT BLANC JANVIER

Il fait blanc janvier. Voir un jeune du village au coin de ma rue, de beaux grands yeux sombres, sac d’école en bandoulière, éjecté de son bus jaune, il sourit à un matou tigré qui l’attendait. Dehors si blanc janvier avec petit mal à l’âme car je lis la Syrie ensanglantée. Maudit journal du matin, maudit téléjournal du soir. Et puis tousser sans cesse, cracher, grippé horriblement. Alors surgir aux genoux pour implorer le bon grand Saint Pierre…mon toubib à la clinique. Une fiole d’antibiotiks.

Encore, à la radio cette fois, frappes mortelles —chrétiens versus musulmans— cadavres empilés aux terres rouges briques en exotique Afrique ! Celle, désaxé, du centre. Voir des enfants estropiés, Seigneur, on a le cœur en compote. Ces journaux —salut m’sieur Taillon— suis-je masochiste, tous les matins avec ration de sangs. Turquie tiraillé, Tunisie devenue fragile…Des obus au nm d’Allah ! Partout des réfugiés entassés. Assommé encore avant d’aller dormir. Vous aussi ? Où se réfugier ?

Sainte Adèle, bel abri ? Non. Pas assez blindé et les beautés d’ici ne calment pas; telle cette très belle vieille dame, rue Beauchamp, et ce joli poupon rose en carrosse de luxe. Ou ce gras géant et ses rires tonitruants chez IGA. Au Métro, une adolescente danse sur place, sourit au commis dragueur. Mon voisin rétabli sourit à la vie de nouveau. Vive Jodoin ! Quoi, le monde ailleurs… à la page UNE, photos d’enfants syriens dépenaillés qui nous dévisagent, accusateurs. Tristesse. La Birmanie brassée dans des rues violentes. Une envie de fuir. En raquettes au fond de nos bois.

« Dieu », disait l’écrivain, « dans quel trou m’avez-vous mis ? » ( Réjean Ducharme). Il fait mi-janvier déjà, il fait blanc et froid et j’ai mal. Vous aussi ? Marcher à la poste. Des factures. Des publicités. J’ai mal à ce Liban encore mortifié. On a mal au monde. On a mal au cœur. La douleur de ces habitants-sur-pilotis, voir Bangkok-hors-touristes en révoltes. Examiner ces bouches en forme de cris en Irak à kamikazes. Djiadistes fanatiques là aussi ! Somalie ? Poitrines maigrichonnes d’enfants noirs aux écoles fermées.

Regarder ces actualités de maints sangs dans moult querelles et, dehors, beau soleil dans mon village à collines. Besoin de rire aux cabrioles d’un enfant dans des congères démolis. La charrue passe. L’ouvrier crache. Il sort sa pelle. La vie. Pourquoi le mal au monde ? Facile de fermer radio, télé ? Merde ! La misère aussi toute proche ! Ce triste jeune vagabond, rue Valiquette, qui observe une photo de palmiers. Vitrine à touristes. Songer à ma fille fragile exilée au sud. Je reste en ce « pays aux mille collines » —loin du Rwanda— où il fait blanc janvier.

Chemin-Péladeau, un géant attache sa tuque, grimpe dans son camion. Juste un homme qui va filer. En Abitibi. L’autre, son jeune frère, chômeur, reste. Déjà sans domicile fixe. Oui, même ici en jolies collines, une discrète misère. Sur la pointe des pieds. Des voisins ont faim. Rongent des freins. La honte des deux côtés avec l’impuissance. Nos routines : sortir le bac noir hier. Le bac bleu demain. Aube : voir des pistes de raton laveur. Nyctalope comme les chats. Devoir gratter la glace aux vitres de la Honda. Janvier s’en ira-t-il ? L’hiver passera, oui ? Très grippé donc mais nourri, vêtu et bien logé, l’écrivain retraité, chroniqueur de tout et de rien. Encore ça : des enfants en loques à Beyrouth. À Damas. Au Caire. À Bagdad. À Kaboul. Partout. Songer à des parents sur les plages de Palm Beach. Les veinards ! Photos chaudes sur Internet. Le journal lui : cité maganée en beau pays, Haïti, des enfants si beaux les yeux pleins d’eau !

Faut vivre malgré tout et sortir au soleil sur l’anneau du lac, y admirer un chien fou, foufou, d’un beau brun bruant. Dehors, il fait blanc janvier.

MES «’TITES » BÊTES ET LES LUMIÈRES NOËLLESQUES

Avec les premières neiges sont tombées, on découvre parfois des pistes. Allant couper des branches (de cèdre) apercevoir des traces fraîches… on se sent redevenir chasseur, coureur des bois, sauvages à l’affût. J’en vois partant du dessous du long escalier qui s’allongent sur notre terrain vers le vieux saule du rivage. Ma marmotte ? Elle dort pas alors ? Mystère. Ou est-ce le passage d’un lièvre, d’un renardeau ?

L’autre matin allant vers nos boites postales de la rue Richer, encore des pistes filant de ma rue Morin ( nommée jadis « Route Rurale No.Un »), vue de pistes chez Simony ! Ma mouffette ? Pourtant disparue de sous le perron d’en avant ? Tout jeune et amant tant écrire, j’avais composé une nouvelle :« Où vont les « ch’faux » la nuit ? » Je suis d’un temps, cher Azanavour, que les jeunes de moins de 20 ans ne peuvent comprendre » car il y avait des tas de chevaux. Laitier, boulanger, épiciers, etc. Tout se livrait avec un cheval !

En tous cas, on le sait tous, les chats n’hibernent pas comme les ours, aussi mon joli «  noiraud », vif comme panthère, rôde derrière le IGA-Jasmin. Vagabond frénétique que je frôle —à faillir l’écraser, à, chaque périple —aprèsmidien— vers mes piscines de l’Excelsior. Autour de l’École Hôtelière, d’autre quadrupèdes m’apparaissent comme éclairs poilus : maigre chat gris, obèse marcou tigré, désossée chatte orange toujours enceinte ! Mon somptueux angora, lui, semble me guetter quand je descend vers la 117 de la rue Archambault… Ah cette rue, chaque fois, je tente de me remémorer où habitait le poète et ambassadeur, Robert Choquette, aussi feuilletoniste à la télé (« La pension Velder »). Ce zélé souteneur du « Centre d’art d’été » animé par la fille du docteur Rochon me tutérisait. Y étant engagé, il m’offrait des baignades chez le multimillionnaire Bronfman (toujours parti en croisières). Il avait la précieuse clé du grand bain. Sa précieuse fille s’amourachant de moi, ce fut la fin des baignades. Crainte que sa belle héritière aille trop loin avec ce vulgaire « fils-du-peuple ». Rions-z’en !

Je ris aussi en découvrant que mon amour n’abandonne pas un certain romantisme noëllesque car la voilà qui m’implore : « Sors les décorations de la cave, sors nos jeux d’ampoules multicolores, fais-moi un peu de décoration. » Docile, j’ai installé la couronne à la porte d’entré et puis des jeux de lumières au sapin du jardin. J’ai mis aussi des mini-ampoules dans des maisonnettes d’argile trouée sur un buffet. Enfin, me voyez-vous, à mon grand âge, juché sur un escabeau pour garnir cadres de portes de branches de cèdre munies de ces p’tites lumières ? Il y eut étourdissements et danger de chute —ma hanche opérée se re-casserait ?— mais quand on aime hein ? Avant de monter au dodo, c’est son « Oublie pas mon chou de fermer toutes « tes » lumières ! » Ouaille !

Ce matin, de nouveau, émerveillés tous les deux par cette brillante lumière solaire sur la petite plaine blanche, le lac. Bientôt m’sieur le maire ordonnera à ses services la pose des anneaux circulaires, pour marcheurs, skieurs de fond, aussi les deux patinoires, aussi de ces bancs sur l’eau gelée, pour nous tous, la Secte des adorateurs de l’Astre!

Pas moins romantik-cul-cul q’elle, je me surprend à entonner les sempiternelles musiques du temps des Fêtes : Beau sapin, Petit tambour, Sainte Nuit et je songe à Germaine, ma mère morte, chantonnant « Petit papa Noël » avec son cher Tino Rosi. Chez moi, mon papa, membre du Tiers-Ordre, archi-pieux et peureux, ne permettait aucune lumière : « Danger d’incendie ça ! » Pas l’arbre « des lumières du nouveau solstice », nous n’avions au salon qu’une vaste crèche avec tout le monde nazaréen peinturluré; « Peuple à genoux » et attend ton rédempteur ! »

MON VILLAGE CHÉRI !

J’aurais jamais cru cela : que je m’attacherais —après quelques décennies à Ste Adèle— à ce point; c’est rendu que je déteste retourner à Montréal, la métropole ! Vendredi dernier, bien obligé (mon éditer XYZ) d’aller Au Salon du livre. Je tempêtais dans ma Honda et mon « chauffer privé » —une femme dont je suis fou— en rigolait. Mais je sais qu’elle est comme moi et que de… «  descendre en ville » ne la réjouit plus du tout.

Ce « Saloon… » à la Place Bonaventure, ouf !, quelle belle grande fête hein ? Illusion car les gens lisent de moins en moins, hélas, une sale vérité souvent niée tant on refuse le fait. Il est têtu pourtant : le monde ne lit plus. Les cinq chers petits-fils du « grand écrivain » ( Louis Cornellier dixit) ne sont pas « des gens à livres ». Ils « très » branchés et foin du papier imprimé et relié. C’est : Vive le Web, vive le Net, google, wikipédia et cie ! Vive l’ère de l’électronique, y compris ses jeux. Quand la pub du Saloon dit : 150 000 visiteurs, comprenez bien qu’il s’agit d’un infime minorité de Québécois car de St Jérôme à St Jean Iberville, vivent 3 millions des nôtres !

À mon kiosque XYZ, néanmoins grand plaisir d’y recevoir quelques chaleureux « fans », dont pas mal d’adèlois ! Ces chaleureux sont venus me serrer la pince, bavarder et m’encourager parfois en se procurant ce « chef d’œuvre » dont parlait « Le Devoir » en début de mars: « Anita, une juive numérotée. » À ce propos, dimanche, au Saloon, Place de l’Agora, l’on m’organisait une sorte de débat entre Dame Ravary, ex-convertie aux juifs Hassidims, et l’éditeur et auteur, Vanasse. Ce dernier publie un bouquin de sa généalogie, cela jusqu’à des ancêtres juifs en Hollande (les Van Hasss), même en Pologne ! À la fin, du petit « show », une vieille dame —de confession juive— est venue aux micros pour m’agonir d’injures (si j’en crois une jolie guide qui en riait). Le malentendant que je suis devenu n’a rien compris, voulant savoir, on m’a dit que « la madame » était toute confuse dans ses griefs, peu claire dans ses horions. Mais la chroniqueuse de Journal de Montréal, Dame Ravary, doit savoir quand elle vante les meilleurs rapports désormais entre sa chère secte et nous (à Outremont sinon ici, à Ste Agathe) que je m’en attribue volontiers les mérites. En 1988, il y a 25 ans, quand tous se taisaient, rectitude de cons, j’ai protesté dans l’hebdo d’Outremont face à un vrai racisme juif. Je fustigeais l’écœurant racisme des orthodoxes juifs. La Ravary a raison, leurs chefs ont compris et ils changent assez vite, une des leurs deviendra même candidate aux élections !

En ce moment, mardi matin, je vois le lac tout proche qui va se figer. Pour des mois. J’observe de la fenêtre de mon petit bureau une virtuelle glace, c’est de l’ardoise, mi vitre, mi pierre, vaste miroir d’un noir d’enfer, recouvert d’une espèce de glauque pellicule. Ça y est, c’est l’hiver qui entre. Il va vraiment neiger. Alors, spectacle magique réjouissant, sur la glace du lac, les samedis, les dimanches ensoleillés, on viendra nombreux. Les promeneurs sur les anneaux balisés vont venir tourner dans la lumière « la plus belle de toute la planète ». Oui, la science l’affirme : au sud, ils n’ont pas cette beauté lumineuse. Ni en Floride, ni aux Antilles. C’est chez nous, par ici, la luminescence vibrante… vive le boréalisme ! Cette luminosité éclatante s’en vient donc, dire merci alors aux millions de millions de cristaux de neige qui la reflète. Ah oui, on se baignera de lumière très bientôt, accompagnés de belles compagnes. Parfois avec, en laisses, les plus jolis spécimens de la race canine. Enfant, j’aimais l’hiver, ses jeux, forts, labyrinthes, traîneaux, patins et skis— vieillard, j’aime de nouveau l’hiver, pour sa lumière.

 

 

MAINS ANGÉLIQUES SUR MON CORPS

 

Cela ne m’est jamais arrivé et à mon grand âge, ce sera une première que cette découverte de bons soins…dirais-je digitaux ? Pratique pourtant venue, je gagerais, d’un peu avant le « Homo Sapiens-Sapiens »; j’imagine que de rudes caresses de Grosse-Moignonne s’abattaient sur son mari, le Gros-Mognon. On m’offre un massage ! Par une professionnelle. J’ai osé accepter ce cadeau (pour mon anniversaire) des Allard à L’ « Excelsior ». Hésitation d’abord : scrupules, réticences d’un homme de l’âge de… pierre (moi) ? Et, cadeau accepté, je consens à m’aventurer dans une des caves de l’auberge où, chaque jour, je vais « sautiller » —c’est ma camarade-auteur, Marie-France-la-Sauterelle qui m’a appris.

Sombre couloir, en robe-de-ratine, je marche sous les torchères vers une loggia calfatée; des silhouettes blanches circulent, en blanc, sveltes « manipulatrices ». Règne une discrétion de catacombe (sans chrétienté aucune). On me guide. Une porte s’ouvre, et une vive Lucie m’accueille toute souriante : « Allongez-vous !». Je m’allonge.

Ce sera la découverte inouïe du pouvoir de mains humaines métamorphosées en mains d’ange —huilées— expertes. Ce sera « palpation » tout en douceur pour les coins et recoins de ma vieille peau, ma carcasse qui, croyez-moi, a du vécu.

Mais…c’est merveilleux.

D’autant plus merveilleux que je sortais d’une sombre querelle (rue Papineau, en face du théâtre de Latulippe). D’une soirée à La Licorne, parmi une faune décadente », une machine théâtrale. L’auteur, Steve Gagnon, illustre une querelle entre deux frères —« le beau et le laid », Aussi une « mamma » possessive, deux belles ballottée. Spectacle avec blasphèmes —une mode. Des coups résonnants dans un pavillon de banlieue démantibulée ! Le « laid » se transforme en monstre. Que l’auteur nomme « Néron » Ah, tiens ! Le « beau » se nomme Britannicus, la môman : Agrippine ! L’ex-collégien du vieux cours classique plaint M. Racine tout tripoté car Gagnon y va aux toastes, il doit « se virer et se revirer » dans sa tombe.

Pire, avant massage, je rentrais de New York, du « Met-ma-chère, où j’avais vu pleurer et se tuer la belle « Tosca ». Excellente Patricia Racette. Que de cris et tumultes. Oui, le demi-sourd apprécie l’opéra désormais. Merci Tom Fermanian pour ton cinéma « Pine » branché au satellite.

Tout ça pour vous dire : ce massage m’apaisa en diable et la « Lucie-caressante » n’avait rien, elle, ni d’une farouche Tosca, ni de cette Agrippine ( surdouée Marie-Josée Bastien). Au « local-des-bras-fermes » de l’ « Excelsior », ce fut l’Éden.

Un paradis-terrestre et je guettais l’Ange armé qui viendrait me chassant. Il ne vint point. Me relevant relaxé, léger, j’allai « sautiller » dans mon immense bain. Quel cadeau, ces mains-miracles remuant de la moindre vertèbre du cou… jusqu’aux petits orteils. Avec une huile (du Frère André ?), deux mains, dix doigts, vous parcourent des talons jusqu’aux —le croirez-vous ?— arcades sourcilières. Remué de face comme de dos. Hélas : « Maman c’est fini » ! Fin de la douce musique. Adieu donc cymbales et timbales de la belle (grasse) suicidaire Tosca. Je quitterai à regrets cette atmosphère… monacale, ces caresses apaisantes de sorcière et ma peau (de 83 ans, depuis le 10 novembre), toute émue de ces doux soins soupirait des « merci, merci ! ».

 

AU MILIEU DES BÊTES !

Autre « tour de machine », donc. On roule sur la 50 à partir de Mirabel et on file d’abord vers Lachute. Ensuite, région de Montebello, on arrive à cet étonnant zoo naturaliste. Zoo sans aucune cage. Vouloir circuler dans les sentiers boisés d’OMEGA. On y est donc et, mais oui, on ne sortira pas de « la machine ».

Courrez-y, l’automne achève, ça fait du bien de se plonger une centaine de minutes au moins dans la sauvage nature, au milieu des cerfs. Des daims, des paons ?, que sais-je? Des grands élans et autres bêtes de notre patrie. En ce temps de la chasse, combien de « disciples de Saint Hubert », vont revenir en ville « bredouillards », sans même avoir pu apercevoir un chevreuil ? Alors qu’ici, à Omega, dès le premier passage-grillagé, vous attendent tout de suite un lot de cerfs, parents et rejetons. Tous friands de vos…carottes ! On peut en acheter au « chalet central » —on a mangé de bons hot-dogs italiens !— à l’entrée du site; achat aussi de ces « kodaks » jetables.

Ce sera ensuite le défilé toujours impressionnant, comme majestueux, de ces habitants à poils : chevreuils aux gabarits variés, gros orignaux plus rares, boucs sauvages aux cornes étonnantes, un grand nombre de gras sangliers, des oiseaux sauvages autour de mini-lacs et puis plusieurs loups d’un beau blanc, à la fin, des ours noirs en quantité appréciable. Le parc Omega se divise en une vingtaine de sites. On y suit des cartons fléchés, c’est partout la beauté forestière, ce calme qui réconcilie avec la vie vive.

La guichetière nous avait prévenu : c’est le temps du rut, n’ouvrez pas trop grandement, les fenêtres de votre voiture. Des orignaux surtout pourraient devenir encombrants ». Nous étions prudents et l’ouverture des fenêtres était calculée. Laisser passer une seule …carotte…et puis une autre. Calculs et frissons. Oh les goulues bêtes avec leurs grands et sombres et si doux yeux ! Les noirs museaux tout mouillés, les langues si rouges. La beauté sauvage, la nature et ces intenses plaisirs des proximités.

Étonnant aussi de voir tant de volières naturelles —des bernaches ?— oiseaux de grisailles variées, géants grignotant quoi ? Larves, vers, coquilles ?, en divers marais ou vastes étangs. Soudain, un orignal détale, mystère. Soudain des cerfs jumeaux refusent de dégager notre sentier; attente acceptée. Ici, des loups dorment dans leur blancheur immaculée, là, un énorme sanglier, mufle bas, cochon velu et si gris, trottine en vitesse collé à notre carrosse ! Kodak : clic, clic ! Debout, un des noirauds, ours géant, exécute des figures d’un « cirque du soleil improvisé ». Vive Omega !

Le surlendemain, envie de revoir à l’ouest de Mont Rolland, notre si jolie Doncaster. Le site aménagé est gratuit d’accès aux résidents des lieux. Youpi, hein, les « séraphins? » Elle est toujours là et nous marchons le long de sa vivante coulée, couple enchanté d’un si beau soleil. On y a revu ses cascades bruyantes et on a grimpé sa lente montée toute en douceur, nous aimons ce site de paix rupestre. Des pique-niqueurs se redressent, nettoient leur table, remballent restes de vivres et…petits galopins. On s’agite car une rumeur grandit : on vient de voir un ours noir et il « valserait » du coté de « La cabane à Eddy ». « Raymonde, on y va voir ? » Non ? Ce temps de rut ! Chez feu-Eddy, la Doncaster se jette vibrante de rapides dans les bras de la Nord, tout au flanc du « P’tit tain ». Le bonhomme «  Galarneau » tombe à l’horizon, on rentre.

 

FAIRE « UN TOUR DE MACHINE » ?

 

On employait cette expression, jadis. « Mais maman disait : «  Refusez si un inconnu vous offre un tour de machine ». Cependant, quand l’oncle Léo —le seul de notre parenté à posséder une auto— s’amenait et criait : «  Voulez-vous venir faire un tour de machine ? », c’était nos cris de joie ! L’autre jour, Raymonde et moi, une envie de faire « un tour de machine». Juste voir la « nature tout en sang », les couleurs en octobre ! On dit qu’il nous vient des admirateurs du Japon. Touristes en joie face à cette incandescence, ces incendies fictifs. Chaque matin, le store levé, j’admire octobre, ces « bosquets fleuris » gigantesques. Mes collines : au nord la Chantecler, à l’ouest, la Loup-Garou, au sud, la DePasslié et, à l’est, la Sommet Bleu. Mieux : sous mes fenêtres, mes érables —plantés il y a 30 ans— devenus « métallisés ». En 1973, il n’y avait qu’un vieux pommier. C’est aussi, octobre, l’époque des crépuscules dorés et, oui, mauves et je revois ce tableau du peintre de St-Hilaire, Ozias Leduc : « L’Heure mauve ».

Départ donc pour nulle part. Rouler vers le nord-est. Dépasser le Chemin Péladeau, vagabonder autour des nombreux plans d’eau derrière Sainte Marguerite. Un éparpillement de chemins avec des baies, des anses, oh !, le beau « tour de machine ». Apercevoir ce bel hôtel tout blanc (L’Estérel), les jolies rives, les embarcations en attente des dernières excursions; rouler sans carte, sans plan. À travers les fenêtres de la voiture, défilent des fresques colorées, de vastes murales aux cent sortes de jaunes, l’agonie de l’automne avant les neiges qui, on le sait bien, vont durer des mois.

On en vient à ne plus trop savoir où l’on roule, se serrent et se desserrent les innombrables collines laurentidiennes. Une affichette ! « Rang numéro Un ». Pas âme qui vive. Un chemin mal pavé, trous, bosses, prés sauvages en jachère, série de pentes douces, et, soudain, des très raides, ici, un bœuf maigre nous regarde passer, là, une bâtisse effondrée, ruine d’un passé désolé; au haut d’une côte, un joli lac si bleu, des boisés comme vitraux, et puis de belles prairies. Un placard timide : Sainte-Lucie, un peu de civilisation, une rue modeste, noyau d’humbles maisons. On rentre d’un beau « tour de machine » via la « 117 ». Val David et aller vider un gobelet rue St-Michel, chez le cher héritier, un certain Daniel Jasmin.

Le surlendemain, nouveau « tout de machine », à l’opposé, vers le nord-ouest. Chemins vicinaux, inconnus, parvenir au Lac des 14 (ou 16 ?) îles et luncher dehors, au soleil, à une terrasse au dessus de la marina. Rouler encore, chemins en lacets, courbes étonnantes, côtes sur côtes, arriver à Huberdeau-la-jamais-vue. Arrêt. Monter vers Tremblant, ce Lac Supérieur, invisible, cette mine —de M. Gauthier— qui crache de ses pierres dynamitées dans un jardin privé !!! Et puis rentrer. Carte sur les genoux, se promettre un « tour » vers la Gatineau pour visiter ce zoo inconnu : « Oméga » en haut de Montebello. Je vous raconterai ça.