J’AI FAIT UN RÊVE !

 

Pour nos assimilés, volontiers aliénés, servites de la déferlante et envahissante culture pop-USA, louanger notre culture pop à nous, est un signe d’égocentrisme. Quelle attitude de colonisé. Pour ces suiveurs-USA, vous sombrez dans le « régionalistes » étroit et ces dominés-contents s’exclament : « Sois « international », « universel », sors de ton cocon (le pays n’est qu’un cocon). « USA » ou rien » ! En effet, aucune information à propos sur des cultures populaires. Sur le Mexique (pourtant un voisin !) la Scandinavie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, etc.

Tous en dociles publicitaires-des-USA dans presse-radio-télé, tous en piteuses courroies de transmission. Lisez, par exemple, La Presse spectacles, les Cormier, Cassivi, souvent Sarfati (aux voyages payés) et surtout Hugo Dumas. Tel le Cormier au Devoir.

Il n’y a à signaler dans tout l’univers que Los Angeles ou New York.

L’Europe entière ? Bouche cousue ! Autres continents de la planète ? Pas un mot. À moins qu’un créateur étranger soit fêté aux USA ! Ainsi le Québécois est transformé en écornifleur de ce qu’écorniflent les USA ! Tout le monde par ici accepte volontiers ce contrôle « all-american », dociles valets consentants du « suprématisme », moutons de l’Impérialisme-USA.

Or, j’ai fait un rêve, j’ai imaginé que, par seul exemple, tout le Massachusetts au 19 ième siècle, aurait pu être envahi d’énormes masses d’émigrants venus, disons, d’Italie. Et qu’ils furent des « résistants », comme nous au Québec. Alors, siècle après siècle, s’installe à nos frontières, la culture italienne ! Maine, Vermont, New Hampshire et New-York state compris; voyez-vous ça ? Nous tous, touristes, visiteurs plongés dans cette vaste « Nouvelle Italie », quel bonheur !

Imaginable certes; un autre beau rêve : imaginez des hordes immenses d’émigrants qui, dès 1700, venus d’Espagne et s’installant partout à nos frontières. Comprenant même le New Jersey, Connecticut, Maryland et Pennsylvanie. Avec la Virginie ? Oui, « New Spania ». En automobile nous nous retrouverions plongés en culture espagnole, sa musique, ses chansons, théâtres, films, et cette si jolie langue !

À bas l’uniformité wasp et, comme tous ces touristes du sud qui estiment notre « vie française », ce serait « Viva Nuovo Spania ». Bon, il est permis de faire un rêve ?

Allons plus avant dans ces hypothèse de migrations massives. Les Allemands en Pennsylvanie ? Ailleurs, les Polonais ou les Grecs, ou les Portugais, cela serait stimulant, formidable ? Adieu rouleau compresseur « only » anglo-saxon. Adieu immense lot d’uniformités avec toutes ces villes semblables, comme formatées, à « Colonel-Machin », à « Hamburgers-McDo », erc. Que vous soyez à Los Angeles ou à Boston, à Boston ou à Miami, au Texas ou au Colorado, c’est les mêmes « us et coutumes » et, partant, l’ennuie, un territoire en assommoir.

Rêvons même d’une grande « Nouvelle Europe » à nos portes. Un vaste « Domino » de lieux très divers. Aux cultures diverses. Oui, de l’universel et en vrai avec las fin de l’idiot-consommateur ! Nos Cormier, Sarfati, Cassivi, Dumas et coetera, pourraient varier leurs éloges. Terminée enfin la monotonie de ces publicitaires avachis, leur agenouillement sous l’actuel impérialisme-USA.

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DANGER : GHETTO MUSULMAN

Dévoué longtemps à « Médecins sans frontière », un humanitaire belge, Alain Destexte, publie : « des quartiers entiers sont devenus des « zones ». Des lieux à éviter avec attaques de toutes sortes à toutes heures du jour. Dont des outrages racistes aux juifs belges !
Verra-t-on cela à Montréal un jour ? Non ? Alors il faut contrôler les ghettos. Pas facile car dès que des migrants trouvent logis, on fait venir des parents, des proches, des amis. Viendront les castes, les rejets d’ordre identitaire, l’invivable « zone ».
Dans ces quartiers de Bruxelles, incessantes attaques aux policiers. Chasse à « femmes osant se dévoiler ». Homophobie criante. Intimidateurs encouragées. Antisémitisme actif et l’enseignement sur la Shoah est refusé.
En France, ça va pas mieux, les ghettos pullulent. Un magazine parisien vient de publier un reportage sur une « enclave salafiste ». Où ? À Avignon, là où un grand nombre d’adultes (comme d’adolescents) sont fous d’Allah et ivres du Coran ». Des islamistes radicaux, sans doute pas vraiment antipathique aux terroristes.
Avignon est devenue « La cité d’Allah », constate un barman; comment c’est arrivé ? Trois causes : naïveté, complaisance et aveuglement », dit-on. Le « Figaro », et « Marianne » aussi, signalent des travailleurs refusant de prendre un ordre d’une femme ! Dans des aéroports, on ouvre des mosquées clandestines ! Des « Frères musulmans » surveillent les cafétérias, cantines, restos : 100% halal » sinon…
Les « accommodements » vont se multipliant et cette sorte de communautarisme (religieux) est toléré par les syndicats, pourtant laïcistes de vocation.
Le tour de Montréal ? À quand… ?

Claude Jasmin
Écrivain
Ste-Adèle

À DIX SANS, VOULOIR COMBATTRE ?

À cette époque, souvent, je racontais à David, l’ainé de mes cinq petit-fils, la guerre en ex-Yougoslavie. Il en était captivé, il avait 10 ans, par là et je lui racontais ces effrayants snippers, —planqués dans les collines— qui mitraillaient les combattants d’en bas, dans Sarajevo. David en était tout démonté et, scandalisé, s’écria : « Si tu savais papi comme je voudrais y aller, tu sais, avec mon avion, je tirerais sur ces « écoeurants » de snippers ! » Amusé, je dis : « Mais ces snippers te fusilleraient mon David ! » Mon intrépide djihadiste s’écria : « À quoi tu penses, j’aurais mon siège éjectable et mon parachute, papi ! » David, les yeux luisants, les poings fermés, triomphait avec un regard illuminé. Courage enfantin.

Ainsi, de très jeunes gens, des adolescents souvent, filent aux aéroports, rêvant d’aller s’entrainer en Syrie. Un idéalisme candide ? Je me suis souvenu encore, à 12 ans, de mon vif désir d’aller combattre les affreux nazis. Pouvoir me rendre un bateau vers la France muselé. Plus tard, 14 ou 15 ans, c’était de m’engager (soldat-enfant ?) pour tuer ces terribles fascistes Japonais ! Fatale attraction infantile ? Jouer les fiers chevaliers. Au Grasset, avec des amis collégiens, nous fomentions —un de notre trio possédait un révolver hérité de son parrain— un complot. Braves libérateurs, nous monterions clandestinement en train vers Québec pour assassiner ce dictateur infâme, ce maudit despote, ce dictateur conspué sans cesse par nos intellectuels (Filion, Laurendeau et Cie). On rêvait d’aller tuer Duplessis !

Voilà, le désir d’action, jeunes. De jeunes cégépiens Québécois et aussi de nombreux enfants d’émigrants musulmans pourtant nés au Québec, ont ce juvénile désir classique. Une quête d’idéal, un besoin… chevaleresque ? Naïve jeunesse qui ignore qu’en débarquant là-bas, ils pourraient bien servir de « chair à canon » aux mains des djihadistes enragés. Vite, mieux les renseigner !

 

V.- L. BEAULIEU, UN VOLEUR ?

Lu ( le 9 janvier) avec grand intérêt l’article de Cloutier révélant l’inconduite grave de V.L.B. L’éditeur de Trois-Pistoles y fut dénoncé, avec raison, par plusieurs écrivains spoliés. On l’accuse —l’étonnant et surdoué romancier— de ne pas verser les droits de ses édités et il est montré comme un voleur.

J’ai été, un bref temps —pour des tomes de Journal intime et un roman, « Rachel et l’orignal… »— parmi ces écrivains « volés ». C’est très frustrant et je l’ai quitté très écoeuré.

Certes ce cher V.L.B est coupable et indéfendable. Cependant je viens dire que le célèbre barbu du Bas-du-Fleuve qu’il devrait s’en tenir à ses écrits. À ses pontes souvent surprenantes. Le métier d’éditer (« aux frais nombreux », dit-il) n’est pas pour lui.

V.L.B. n’est pas malhonnête, encore moins un brigand, non, il est incompétent (ses livres sont toujours beaux typographiquement ) mais mon ami Beaulieu n’a aucun talent d’administrateur.

Déjà bien maigres (le monde ne lit guère !) les petits profits de nos royalties en littérature doivent être versés évidemment très scrupuleusement.

Je serais tout aussi gnochon que lui, n’ayant aucun talent pour ce très difficile emploi. Il y a bien longtemps, quittant « Le Jour » du brillant Jacques Hébert où il fut initié à ce métier, voilà notre jeune bonhomme écrivant —quelle mouche le piquait ?— mordu de jouer aussi à l’éditeur. Le voilà aujourd’hui épinglé en un honteux « voleur de droits », c’est vrai, j’en témoigne et c’est triste. L’adage : « À chacun son métier » se vérifie. En ce moment le voici en « quêteux » du fric pour un monument scripturaire « autoédité » pour raconter « son » Nietzsche. $300,00 l’exemplaire ! Se versera-t-il honnêtement les droits ?

Claude Jasmin

(Sainte-Adèle)

LA PETITE PATRIE, « AVEC LE TEMPS, VA… »

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Jeunes d’aujourd’hui (et moins jeunes ?) rendez-vous à 18 h., tous les jours, (avec reprises à midi, le lendemain) au canal ARTV. Dès lundi prochain 15 décembre, je veux vous raconter la modeste existence d’un collégien du quartier Villeray. On va rediffuser (en rafale) mon feuilleton, une autobiographie, illustrant la « petite bourgeoisie » de cette époque. Dite « d’après-guerre ». La vie d’un monde de condition modeste : mes parents, l’excellent Jacques Galipeau en papa, petit restaurateur et maman avec l’inoubliable feu-Gisèle Schmidt. Aussi mes sœurs, Louise Laparé, Christiane Pasquier et la très drôle « benjamine », incarnée magistralement par » Louise Rinfret. Ce sera aussi les portraits hilarants des voisins, rue St-Denis, aussi mes « blondes », des « zoots-zoots », des camarades du collège aux prises avec les sévères Sulpiciens. J’avais pris grand plaisir, en 1975, à peindre ce florilège (1948-49) et j’espère un plaisir partagé. Vous allez découvrir des « us et coutumes » disparus. Ces images furent composées avec grand soin par feu-Florent Forget. Je me souviens des recherches (des costumiers) dans de vieux catalogues de chez Eaton ! Le jeune Vincent Bilodeau, frais diplômé, s’est plu à me ré-incarner en grand dadais vaguement rebelle à la recherche de flirts. Bilodeau s’amusa à rencontrer mes « vieux », à jouer dans mes anciens décors.

Ma série fut rediffusée avec succès d’abord en 1980 et une autre fois en 1990. Cette troisième rediffusion par Radio-Canada (que le régime conservateur de M.Harper veut amaigrir) fait bien comprendre le côté « documentaire ». En effet, ce marchand de glace criard —« Glace en haut ? Glace en bas ?— , ce maraicher ambulant de ruelles —« On a des carottes, des radis, de la belle rhubarbe » !— ce cordonnier de la rue Drolet (Pascale Colliza), ce petit épicier (M. Bourdon, toujours là, rue Chateaubriand), etc., forment une fresque désopilante des petites gens d’un monde aujourd’hui disparu.

À lundi donc. À six heures comme on disait jadis ?

 

Claude Jasmin, écrivain, Ste-Adèle

 

Pour plus d’information sur cette rediffusion de La Petite Patrie, cliquez ici

MIKE MORT ?

 

 

 

C’est fou, je l’imaginais immortel ce vagabond céleste, de l’Avenue du Parc, Mike. Un « guenillou » pédaleur étonnant, un chiffonnier en vélo et toujours accompagné de son pauvre chien dans le panier, y ajoutant un chat ou deux à l’occasion ! Mike est mort dans la nuit du 11 février, merci à votre chroniqueure d’en faire un événement, merci Rima Elkouri. « Un trou dans le cœur » disent ceux qui l’aimaient. Dès mon installation dans la rue Querbes, à mes courses, j’avais bien remarqué ce maigre nabot ineffable triporteur. La peau et les os. Mike sillonnait sans cesse le quartier à la recherche de poubelles généreuses, des rues du grand Parc Jeanne-Mance jusqu’au bout du Mile End à l’est. J’ai voulu mieux le connaître, impossible. Deux, trois mots, deux fois, et Mike — Domenico Meduri— se sauvait ! Un sauvage ? Elkouri a appris qu’il fut surnommé, à McGill, Socrate. Qu’il fut jadis boulanger et qu’une « fiancée » avait rompu cruellement. Qu’il avait fui à jamais.

En 1987, je décide de produire une émission pour l’entendre philosopher en patrouilleur des misères, excité, je rêve de faire parler ce voltigeur en pauvreté. C’est Richard Martin —cet inoubliable super actif chef-des-dramatiques à Radio-Canada— qui me donne carte-blanche. Budget adéquat et je fonce à sa familière station-service, coin Mont–Royal, son abri, son refuge. Patatras !, je découvre que Mike baragouine à peine le français, quelques borborygmes ! Dépit et abandon du projet forcément. Adieu le rital en vélo, —à chien et à chats— dans l’Avenue du Parc. Adieu !

 

Claude Jasmin

Écrivain, Ste Adèle.

 

DES ÉCRANS AU TNM ? (une maudite mode)

En janvier, au TNM, il y aura, hélas, des « vues » aussi ! Vous avez lu l’article-annonce de la venue, en janvier, d’un nouvel « Icare ». Où ? Au cher vieux théâtre de la rue Sainte- Catherine. Pas encore ça ? Oui, il y aura sur la noble scène des Gascon-Roux-Groulx, des écrans de projection. Une maudite mode et, « littéralement », déplacée. Hue et sus !

Ohé, les Pilon et Lemieux de ce monde : allez donc faire du cinéma ! Débarrassez le théâtre ! Le théâtre est « le » lieu de la pensée et de la parole.

À l’aide de ces écrans, sorte de cinéma (mineur) « décoratif », ce genre de créateur —pas à sa place— montre qu’il méprise l’imagination des spectateurs. Installant son écran sur les planches théâtrales, il fait voir, impose, « son » imaginaire à lui. De tels créateurs, prétentieux et dominateurs, empêchent le libre imaginaire du public, qu’ils bafouent au fond.

Vous jouez dans la mauvaise cour, vous tous, les Lemieux et Pilon. Verrait-on, s’étant rendu dans un salle de cinéma, surgir soudain un pan de décor réel, des acteurs en chair et en os venus se mêler aux propos tombés d’un écran aux images ? Une bêtise, non ?

 

Claude Jasmin,

Écrivain, Sainte-Adèle

LETTRE OUVERTE À LA BELLE PAULINE

Avez-vous lu, Pauline, la chronique d’Yves Boisvert un matin ( La Presse) ? Il nous sort un musulman de ses entourages, type bien intégré. Boisvert (faux candide ?), est tout content de sa trouvaille : « Il y a aucun problème avec nos musulmans ! » Ajoute : « pourquoi une « chartre de nos valeurs » ? Même quotidien, chère Pauline, publication d’un billet d’un M. Gaumond. L’inverse. Cet ex-prof nous sort deux cas odieux de musulmans fondamentalistes. L’un a égorgé sa fille à Mississauga en décembre 2007 et un autre, bon-papa-Shafia qui, dans un canal ontarien, assassina par noyades. Il conclue : musulmans tous des tueurs virtuels, une chartre !

Oh !, ma chère radieuse Pauline, la question laïciste s’affole mais entre l’intégration des uns et le refus de nos valeurs des autres, il y a un vaste spectre. Charte pas chartre, il n’y a pas de loi efficace, ma pauvre Pauline, pour le comportement des exilés, réfugiés, ou apatrides de diverses sortes. Rendus à Rome, c’est bête , mais certains refusent de « faire comme les Romains ». Il y aura toujours parmi nous des migrants déboussolés qui, hélas, assassineront et d’autres nouveaux venus qui savent harmonieusement s’intégrer. Pour leurs enfants c’est indispensable. Futile de rédiger une liste de « ceci oui, ceci, non ». De « cela se fait, cela ne se fait pas », Vite, expédie ce projet de loi aux calendes grecques. Quelle mouche piqua le sieur Drainville, vit-il sur la planète « réalité » tu aurais bien fait de l’envoyer étudier « les insectes intégrateurs sur la vaste Côte Nord » car voilà que nos adversaires pissent leur vinaigre de « colonisés » depuis cette annonce sur « nos » valeurs. Les mercenaires, de vilains  « Collabos », s’empressent d’exciter les aveuglés en « tolérance totale ». Ainsi du « trio » habituel, lècheculistes fédérastes, les Dubuc, Gagnon, Pratte, pisseurs de copie pour nuire aux gros méchants souverainistes.

Pauline, j’ai passé trente ans de ma vie active (25 à 55 ans) parmi des émigrants. 30 ans de bonne paix, de joyeuse entraide, d’amitiés durables. Tout un étage de Radio-Canada vivait de bonne entente. Parmi 30 scénographes, on trouvait 15 néos-québécois, c’était l’ONU. Deux Allemands, un Suisse, un Hongrois, deux Russes, un Roumain, un Polonais, un Lithuanien, etc. Tous s’exprimaient évidemment dans un bon français et tous avaient leurs valeurs personnelles, bien à eux. Alors, au diable les chartres ! On étaient unis dans le but d’apporter du bon « design », une scénographie imaginative pour une télévision qui débutait. Je puis donc témoigner d’une époque pas si lointaine —1955-1985— où les « valeurs » des uns et des autres ne subissaient aucun choc, aucune discorde.

Pauline : des « valeurs » cela se « dévalorisent » vite au gré du temps, tu le sais bien, tu te souviens : on vénérait des valeurs aujourd’hui toutes disparues et farouchement reniées. N’est-ce pas la vérité ?

 

JE SUIS FIER DE MA RACE

Je suis fier de ma race. Moi, modeste greffe de tant de glorieux et modestes héros, je suis très fier de ma race. Moi, simple descendant de tant de nos pionniers français. Tous ces valeureux exilés remplis d’espoir. Je suis fier de descendre de ces courageux voyageurs venus de France et de les continuer. De poursuivre l’immense collectif ouvrage, îlot miraculeux dans un océan anglo-saxon. Je suis fier d’encore participer, avec tous les miens, à cette fantastique installation française qui dure depuis des siècles.

Oh oui, soyons fiers, tous ensemble, d’avoir su résister et organiser cette fabuleuse édification. Solide implantation, solide et fragile à la fois, en Amérique du nord. Sans aucune honte, montrons-nous une nation déterminée à exister, à durer, à s’épanouir en français. Des visiteurs du monde entier sont étonnés et admiratif de notre détermination d’exister, de durer, de nous épanouir en français.

Ma race n’est supérieure à aucune autre, ma race n’est inférieure à aucune autre. Ma race a son histoire qui est unique dans notre univers et, à la fois, semblable à tant d’autres sur tant de continents. Son histoire est une singulière épopée : résister. Durer. Se continuer malgré tant de tentatives de nos assimiler. Nous sommes toujours debout !

D’autres races de l’humanité ont une histoire bien à elles. Défaites et victoires. Atroces guerres, luttes injustes, grands combats héroïques. Ma race a traversé à l’occasion des temps difficiles et des temps heureux, on a été parfois fragilisés, au bord de perdre notre identité. Notre race a su triompher a duré. Et elle dure encore, je suis donc fier de ma race.

D’autres races ont de bonnes raisons d’être fiers, des motifs de grande fierté, aussi des raisons d’être assombris, quelques regrets. Chaque histoire nationale a sa fierté.

Je suis fier de ma race et d’applaudir nos créateurs,tous nos travailleurs, nos chercheurs et nos trouveurs, inventeurs parfois aux talents inouïs. Je suis fier de tous nos frères et sœurs en travaux inédits comme en simples ouvrages utiles pour nos continuités, la perpétuation pour ceux qui vont venir. Je suis fier de notre immense labeur — ordinaire ou providentiel.

Certains craignent le mot race et crachent dessus, ce sont les sans âme, les déracinés contents, allergiques aux contes, aux légendes et aux grands et petits faits historiques, des renieurs et contempteurs de notre avenir national. Ils sont masochistes écervelés et fiers de vivre sans histoire. Nous vous plaignons, froussards déguisés en « mondialistes ». Ils sont des forcenés de « l’équarrissage pour tous » et se disent « citoyens du monde ». Mais ils sont de simples consommateurs sans identité. Ah bas le déni, l’autocensure, la « rectitude politique », le mot race ne mord pas plus que le mot chien. Proclamons-nous fiers de notre race française en Amérique du nord, tout comme nous sommes fiers de tous ceux qui sortent de toutes les autres races de cette terre humaine pour venir nous joindre et nous continuer.

 

TEXTE PUBLIÉ DANS LE DEVOIR

AIMER LA CHINE POUR « LA PIASTRE » ?


 

Enfant, j’aimais déjà la Chine. À cause des lettres, photos, cartes postales d’Ernest Jasmin, oncle missionnaire là-bas.

Étudiant en céramique, j’ai admiré, extasié, ces poteries ancestrales mirifiques, enfin, professeur d’histoire, j’ai découvert —et fait aimer— une Chine culturelle riche sur tant de plans et dans tellement de domaines. Voyez la Chine bien aimée du « boss » de La Presse, M. André Desmarais. Il la raconte au reporter Howard Green du réseau BNN. Amour extrêmement réducteur : « la piastre ! » Lisez, c’est triste :

 

1- « La Chine constitue une opportunité économique …

Une relation positive sur le plan des affaires ».

2- « Il faut voir le développement qui s’y fait au fil du temps…

Cette évolution peut avoir des effets sur une entreprise (Power Corporation ?) ».

3- « Dans toutes leurs entreprises …ils sont si novateurs »…

« On peut avoir du rapport avec les occasions qui s’offrent à nous ».

4- « Ils veulent évoluer sur le plan économique… »…« 8% de croissance annuelle… c’est du bénéfice net pour le Canada ».

5- « Nos ressources naturelles… ce seul marché prospère vite…  L’offre acceptée… ces transactions sont bonnes pour nous… nos intérêts sont satisfaits ».

6- « La Chine dont les 1,4 milliards d’habitants luttent pour l’amélioration économique… »

7- « Ennemi ? Je vois rien que les Chinois aient fait sur le plan politique pour y voir quoi que ce soit… « Pour l’instant (…) le développement de la Chine est pour nous une merveilleuse occasion économique »…Si 1,4 milliards de personnes se sortent de la pauvreté, continuent à avancer vers plus de richesse, c’est pas mauvais pour nous et le monde ».

Business, occasions d’affaires, bénéfices, exploitation, profits et pas un seul mot sur « arts, spectacles, littérature », (passé ou présent) des Chinois. Pire, pas un mot —« rien », dit-il— de reproche à propos des nombreux dissidents chinois en prison. Quel esprit riche hein ?

 

Claude Jasmin

Écrivain, Ste Adèle.