RELIGIEUX PÉDOPHILES ET AVOCASSERIES

Entendez-vous l’avocat questionneur ? « On a pas de témoins mais, dis-moi, on t’abusait deux ou cinq fois par semaine  ? » L’ancien enfant abusé :« Dix fois certaines semaines ! » Le plaideur : «  Oh ! ça fait monter le prix ça. Dis-moi, il y avait un seul ou plusieurs religieux qui t’abusaient? »  Le client : « Plusieurs, une bonne demi-douzaine de frères ! »  Le Maître : « Oh, ça aussi, ça fera grossir le montant à réclamer ! » Voyez-vous bien  la situation ?
Cela est embarrassant. C’est comme faire de ces victimes innocentes de simples  prostitués. Involontaires si on veut. On « chiffre » la sordide affaire. Ça ira chercher (en collectif)  dans les millions ! L’avocat pendra combien à la fin d’un procès gagné ? 50 % ? 30 % ? Secret des cabinets d’avocats ? Voilà donc des horreurs innommables qui se travestissent en une sorte de commerce vénal. Compensations ? Ah non, ces « mutilations des âmes » est chose irréparable, on le sait bien.   Donc, un business et fort rétributif  pour ces messieurs —eux aussi en robes noires, tiens ! À partir donc d’anciens faits d’une totale barbarie, verrue purulente au visage des églises, nous voilà pongés dans des avocasseries qui changent la nature de cette gangrène, nommée : « pédophilie-en-soutanes », métamorphosée en calculs comptables. Malaise ! L’ancien-enfant y est montré  en « pute » ? Le vicieux-en-robe-noire en client pervers. Et l‘avocat, lui ? En un marlou, un jules, un barbot, un maquereau. ? Un souteneur ? On peut le voir en effet comme un proxénète qui fixe les prix « après coup ».
Enfin, a-t-on le droit de penser au beau milieu de cette valse de millions arrachés aux communautés (souvent complices et mutiques ) à un « dérive » ? Et d’un ordre rapetissant, oui, à une sorte de « bavure ». D’un matérialisme par trop accommodant ? C’est ce que je pense. Je pense aussi que c’est la prison à vie, la solution. Et, ma foi, avec torture, pour ces monstres en soutanes. Mais ces avocasseries avec monnayages ?
Claude Jasmin
Écrivain Ste-Adèle

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CULTURES ÉTRANGÈRES OU D’ICI

VIANDE HALAL ET LA PISSE DE JÉSUS !

Récemment bombardée de messages injurieux, la journaliste québécoise, Rima Elkouri, avait écrit avec bon sens.  Demandant aux énervés laïcistes fanatiques de se calmer un peu le pompon face à la saignée dite « halal » dans certaines de nos boucheries. Que les animaux que nous mangeons (la majorité) soient tués longtemps avant la saignée ou juste au début de la saignée ( un rite « halal »), ils en meurent tous. L’appel au calme d’Elkouri lui a valu une bordée d’insultes racistes. Position d’une poignée de désaxés incultes. On sait qu’il s’agit d’une tradition musulmane. J’ai du respect pour toutes les traditions, les nôtres et celles des autres (religieuses ou non). Par contre je déteste l’attachement servile à des us et coutumes insignifiants.
Québécois, nous sommes les héritiers d’une culture, au sens large, soyons fiers de notre héritage culturel chrétien, tot comme  celui du catholicisme québécois qui a droit à notre respect. Cela, malgré les excès et les abus du passé, reste un  vaste legs. Il fait parie de notre histoire collective.
Ceux qui bafouent, méprise, renie, leur culture en arrive à mépriser aussi celle des autres. Musulmane ou autres. C’est navrant. Pas besoin de pratiquer tous les rituels de jadis, seulement rester respectueux du patrimoine de nos parents, grands-parents et même ancêtres lointains. Cela se nomme de l’enracinement normal.
J’aime m’instruire sur le grand dieu Hamon en Égypte antique, ou sur Zeus en Grèce ancienne, aussi sur Quetzalcóatl, fabuleux serpent-à-plumes du Mexique ancien.
Je juge lamentable et débilitant le « grand artiste » qui  installe de la « marde de vache » sur une icône mariale, pas moins lamentable ce créateur (!) déboussolé et porté sur le « sensationnalisme » avec, dans une galerie d’art, son ampoule « d’urine de Jésus ». Je trouve pas moins regrettables certaines caricatures sur Mahomet dont celle du « prophète à turban et terroriste fou ». À quand le Bouddha déployant du papier-cul ?
Peu importe la volée d’insultes reçue, en vérité, Rima Elkouri encourageait le respect des héritages culturelles, cela en vraie démocrate.

Claude Jasmin (Écrivain, Saint-Adèle )

 

ADIEU CAMARADE FUGÈRE !

Au domaine prestigieux du « Téléthéâtre »,  il n’y avait qu’un (grand) trio de réalisateurs: Carrier, Blouin et, lui qui vient de mourir, Fugère. De 1960 à 1980, ce brillant spectacle télévisé —des jeudis soirs— constitue la gloire passée du réseau public français, l’âme de l’ancien Radio-Canada. À son affiche renommée régnait donc Jean-Paul Fugère, jeune ex-aspirant comédien aux « Compagnons ».

Jean-Paul avait des airs de jeune jésuite fougueux, un visage grêlé, rempli de rides vivaces, il respirait l’énergie et l’entière dévotion aux grands classiques, aussi aux jeunes auteurs québécois. J’ai eu l’honneur d’être parmi ces débutants quand il réalisa mon « La mort dans l’âme » avec un hallucinant François Tassé, héros perdu par la drogue.

Fugère signa cent fois son nom à cette enseigne de haut calibre. Plus tard, le voilà romancier avec un quatuor d’ouvrages, sombres et stimulants récits. Histoires d’une modeste d’écriture, sans afféteries jamais. L’un de ses quatre bouquins racontait la folle quête d’un « habit de noces » chez un tailleur italien de la Plaza Saint-Hubert, quartier d’où il venait (paroisse Saint Ambroise).

C’est lui, le pourtant calme et pondéré Fugère qui sera un des chefs de la célèbre « grève des réalisateurs » en 1958-59. Lui mort, je le revois, au long des années 1960, vaillant bûcheur au grand studio 42, avec ses très précises indications pour les acteurs, les cameramen. Un fameux chef d’orchestre. Sous sa placidité apparente, on devinait une sorte d’urgence. Cela malgré sa voix d’un calme parfait, c’était  « le pilote » d’un navire chargé de « capteurs » aux images, à l’occasion,  éblouissantes. Fugère savait illustrer avec une clarté parfois troublante, les intrigues inventées, ses dramatiques n’étaient jamais ennuyeuses. Il n’y a plus de ces riches téléthéâtres, hélas, il n’y a plus de Jean-Paul Fugère. Que ce paradis promis l’accueille. Adieu camarade d’antan.

 

 

 

 

LES EMPIRES ET MOI ! (une réplique)

J’avais donné « La petite patrie » aux Éditons La Presse, donc à l’Empire-Desmarais, ce fut un franc succès d’édition  et je l’ai pas regretté. En ce temps-là (1972) mon éditeur habituel, l’ancien Leméac (de feu Yves Dubé) négligeait de me verser mes droits. Pour mes chroniques hebdomadaires je fais affaire avec Quebecor, l’Empire-Péladeau et je ne le regrette pas. Chère Josée Pilote, j’ai lu votre verte diatribe où on laisse entendre que ma liberté d’écrire ce que je veux serait en danger à cause de …L’Empire. Lire cela chez un concurrent. « Accès », est fortement prématuré. Une directrice s’évertue à effrayer le public ?  Or, jamais je n’ai pu percevoir la moindre censure, là où je suis publié, j’y jouis d’une totale liberté.

Mettons les choses au clair : Madame Pilote vous menez une guerre commerciale. Soyez plus franche. Il s’agit d’un business, et des prix d’une page de publicité. Ma liberté d’écrivain, comme vous le lassez entendre, n’a absolument rien à voir avec cette bataille des prix des pubs. C’est de l’amalgame niais. Je n’y connaît rien en cette matière des « commerciaux » offerts aux marchands  « pas chers, trop chers ou trop bon marché ». Ça ne me regarde pas. Prière de ne pas mêler le public.

Je sais fort bien que mon roman annuel est offert « pas cher » chez Costco, oui, bien moins cher (hélas !) que chez mon cher petit libraire indépendant habituel. Nous sommes, auteurs, impuissants sur ce sujet. Les créateurs, les écrivains ne sont pas conviés aux affaires de distribution, etc.

Si mon hebdo offre « une page de pub » à meilleur compte qu’un autre hebdo, c’est une question qui ne me concerne pas. Il y a telle chose que la liberté de commerce, je suppose. Je me souviens, enfant, de la colère de ma mère chez notre épicier Bourdon (rue Chateaubriand) lui criant que les prix étaient « bien meilleurs » au Steinberg qui venait d’ouvrir rue Jean-Talon. C’était un empire naissant. Qui n’a pas duré. Bourdon est devenu un « Métro ». Juste dire ici que l’industrie (quelle qu’elle soit) mène un jeu purement affairiste hors de notre intérêt et de notre portée.

Que les gros joueurs, les joueurs puissants, évidemment, mènent le bal, c’est vieux depuis les premiers trocs en Assyrie !  Cela dépasse le rédacteur qui rédige une chronique. Vive la liberté madame Pilote ? Si je revois l’ami Pierre-Karl Péladeau à notre resto préféré —« Le petit Italien » de la rue Bernard— je ne vais pas lui « dicter » le prix qu’il doit exiger pour les encarts publicitaires commerciaux dans ses journaux. Tout de même. Par contre s’il m’annonce qu’un sondage maison indique que je suis très peu lu, là, oh !, je vais filer doux et lui faire des promesses d’amélioration.

Bon, bref, cette guéguerre n’autorise personne, madame, à laisser entendre que la liberté des chroniqueurs de Quebecor (Pays d’en Haut) est menacée. Belle foutaise et bête amalgame, arguments fallacieux, pour embellir, anoblir (?) « une simple bataille des prix ». Querelle hors de sujet quant à mon indépendance d’auteur. J’ai été souvent collaborateur de publications modestes et risquées, tel Québec-Presse. Librement. Dans ces modestes journaux, j’y étais ni moins libre, ni plus libre qu’ailleurs; par exemple à La Presse (1960-1965) un temps, ou au Journal de Montréal (1970-1976). Ne mélangeons pas, madame, les serviettes et les torchons, il y a l’écriture en toute liberté et il y a la chamaille ordinaire des espaces à vendre pour la publicité.

À bon entendeur, recevez mes salutations amicales et mes bons voeux de succès à votre hebdo.

 

(30)

 

EN FINIR AVEC LA GROSSIÈRETÉ ?


Il faut réagir. Il y a abus. Une effronterie d’une grossièreté intolérable à la télé : les émissions sont de plus en plus hachurées, découpées, interrompues  par les « MAUDITS COMMERCIAUX ». Attention, je ne suis ni ronchon ni bougon et j’admet qu’il y a parfois d’utiles informations dans les publicités télévisées; quand je songe à m’acheter un BAR-B-Q, une auto (c’est mon cas) ou une tondeuse, je suis content de décoder ces messages. Cependant c’est devenu une plaie toutes ces interruptions. Sans cesse. Le temps  est venu pour le CRTC d’interdire carrément les interruptions intempestives dans le cours d’un feuilleton télévisé. Ou d’un film.

Imagine-t-on que l’on tolérerait des impertinents effrontés qui nous couperaient la parole sans cesse pendant qu’entre parents, amis ou voisins, l’on raconterait une histoire, un récit, un fait survenu dans notre vie ? On remettrait vite à sa place pareil mufle. Que l’on installe toutes ces publicités —regroupées— en début et à la fin d’un émission. Le CRTC doit civiliser la pub, faire cesser cette pluie polluante et incessante des « commerciaux », c’est devenue insupportable tous ces appels à acheter —criards à la Brault-Martineau— qui découpent effrontément, mettent en charpie, un téléroman. Ou un  film.

Une boucherie sans vergogne que ce saucissonnage impétueux des propos d’un(e) créateur. Les contenus des auteurs méritent du respect et, vite, le CRTC doit réglementer cette foire visuelle marchande devenue anarchique. Si le monde commercial ne sait pas vivre, le CRTC, police nécessaire au service des citoyens, doit émettre cette simple  consigne : les annonces à la télé ? Oui, au début et à la fin d’une émission.

     Avant ou après, jamais « pendant ».

Les valets fainéants du CRTC à Ottawa, sont d’un service public, sont payés par nos taxes. Vont-ils nous défendre et respecter l’ouvrage du créateur ? Le CRTC est-il au service des marchands, en veule associé et pleutre ? J’ai compté l’autre soir vingt cinq (25) publicités durant une heure d’émission ! Cinquante « spots » (50 ) soi disantes « pauses commerciales» durant un seul film. C’est monstrueux ! Protestez citoyens méprisés, envoyez votre « appel à la civilisation » des ondes, partout, via les sites sociaux du web, aux tribunes libres (radio, télé ou presse). Criez avec moi : « Il faut réglementer la publicité à la télé. » Je le répète, je ne prêche pas pour sa disparition des ondes, non, il y a un intérêt normal à la pub qui  peut renseigner si on cherche une maison, un lave-vaisselle, un divan ou des stores, ces messages —parfois bien conçus, parfois avec humour— doivent être diffusés AVANT ou APRÈS un contenu. Que ce soit un long métrage ou un court métrage de quinze minutes.  C’est clair, simple, normal, poli, raisonnable. On ne coupe pas le sifflet à des gens qui dialoguent, qui conversent, qui causent ensemble racontant un drame ou un bon moment vécu. Ça ne se fait pas, paresseux CRTC.

Ce conseil de surveillance des ondes —domaine appartenant au public—  va-t-il montrer qu’il a une colonne vertébrale ou va-t-il  laisser se continuer l’orgie des messages commerciaux ? Va-t-il encore longtemps autoriser cette grossièreté, chapeauter impunément ces effronteries ? Avant sa mort, scandalisé, excédé lui aussi, Federico Fellini, cinéaste de génie, tenta d’initier un mouvement mondial en ce sens. Hélas, Fellini, devenu vieux,  n’a pas eu l’énergie d’organiser ce boycottage mondial. Et nous tous, si on s’y mettait ? Le Québec pourrait être le lieu de départ du mouvement AAPP, « avant et après, pas pendant ». Solidarité, les bombardés de pubs !

À MON MAUDIT PEUPLE MAUDIT !

(commentaire sur l’actualité)

Ça y est,. Vous avez lu ? C’est publié, nous, le peuple québécois, on coule. Cela sera concret dans vingt ans. Mais moi je serai mort mon frère. Notre langue française est en train de perdre son long combat national. Qui écrira un requiem pour un peuple maudit ?

Tu as voté « non » deux fois (1980 et 1995) à une patrie normale, mon maudit compatriote. Alors ferme ta gueule et crève mon maudit peuple ! Tu as élu des Bourassa, des Johnson et des Charest, ça fait que tu peux manger de la marde mon maudit. Tu as voulu le confort et la (fausse) paix, tu ricanais et moquais les précieux Dumont, Chaput, Bourgault Lévesque, Vadeboncoeur et Falardeau —en « french pea soup ». Tu te cachais face à nos patriotes,  étonnant le monde enter, tu refusais la liberté en 1980 et encore en 1995. À c’t’heure tu peux brailler toutes tes larmes de crocodile, il est trop tard.

Tu croyais pouvoir t’épanouir, en petit con demi assimilé, avec tes yeux et tes oreilles dévoués entièrement à la culture anglo-saxonne. B’en maintenant va chier mon maudit et mange de la marde. Ne viens pas chialer sur cette louisianisation galopante du Québec, sur le triomphe —dès 2030— d’un autre chiac acadien, tel que parlé… dans notre métropole; à Montréal d’abord. On sombre, on coule. Voilà ton sinistre sort et bien mérité mon maudit.

Dans vingt ans ce sera donc le début de la fin, vient de publier l’Office de la langue et les enfants de mes petits enfants vont chanter « Mommy, mommy… », la claire et douloureuse rengaine de Richer.

Jeune homme d’aujourd’hui,  seras-tu alors un de ces vieux cons qui va mimer hypocritement  la surprise ? Vas-tu jouer l’étonné,  mon maudit ?, toi le mou, le flou, le lâche d’aujourd’hui ?

Il n’y aura plus aucun européen —africain ou asiatique— pour s’émerveiller —comme on l’entendais parfois— oui, s’émerveiller de notre prodigieuse résistance en français dans l’océan américanisé environnant.

À Laval ou à Longueil, de Mont Tremblant à Saint Armand, we will speak english everywhere. Leur « Speak white » aura gagné ma pauvre Michelle Lalonde ! Shut up goddam frenchy ! Mon maudit peuple maudit que je te vois pas jouer la victime larmoyante. « Farme ta yeule  et continue de remplir les stades —Bell et Company— pour la culture du voisin géant, continue de traîner tes savates en consommateur abusé à tous les beaux  comptoirs des amerloques. Zieute, ravi et conquis, tous les envoyés des USA, tout ce qui se montre aux écrans et aux télés made in USA.

Seront morts et Vigneault et Diane Dufresne, Gauthier ou Lapointe; au cimetière de notre ancienne culture, que je te vois pas renifler,  peuple maudit, colonisés volontaires, ni te lamenter au tombeau de Claude Léveillée. Que la presse québécoise se la ferme, elle et ces dociles courroies de transmission des années 2000. Tous ces valets chantres des stars USA.

Speak white please; il sera trop tard pour les regrets mes dames et messieurs à la plume vendue. Aux voyages payés par les majors amerloques. Le temps des remords a passé, misérables serviles publicistes aux crochets d’une fausse mondialisation, écran trompeur du puissant ogre anglo-saxon.

Silence en 2030 ! Silence en 2050 !

Reposera sans paix le défunt sous le monument honteux de la destruction de notre âme collective. Que nos démolisseurs nos fossoyeurs, baignent dans le marécage de leur inaction, de leur passivité. Qu’ils admirent l’ouvrage sordide de certaines de nos élites colonisées. Nous vivions un dernier temps. Celui des aveugles.

Nous allons vivre dorénavant —dès 2030— le temps du pathétique cadavre national french-canadian. Remenber ?  On verra un folklore pénible. Dans un champ vague des Cantons de l’est (East townships ) un nostalgique —descendant de Félix Leclerc— jouera de l’harmonica et puis il chantera « Le petit bonheur », un grand écran montrera les mots en anglais car plus personne ne le comprend.

Quand ça ? En quelle année ?  Vous verrez bien car ça vient, ça vient, mon peuple maudit !

 

Claude Jasmin

Écrivain, Sainte Adèle.

       

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L’ERREUR GRAVE DU BLOC ?

Au Québec, de sagaces et intelligents observateurs ont critiqué le Duceppe (d’avant sa chute) quand il s’époumonait à améliorer Le Canada. Se faire aller la margoulette pour supplier le Canada de favoriser le Québec, jouer de vaines tactiques pour rendre Ottawa moins centralisateur, quelle bêtise ! Quel manque de stratégie ! De logique surtout. Le Bloc souhaitait-il donc « juste » une amélioration des conditions « provinciales », un Ottawa « seulement » plus ouvert à nos intérêts provinciaux menacés ?

Voyez Louis Plamondon, ce bloquiste se faisant aller les baguettes pour accabler le nominé unilingue anglais, ex-militant pour la francophobie il y a pas longtemps, devenu grand conseiller aux côté de Harper, un certain monsieur Persichiel. Erreur : Plamondon —et ses compagnons— à Ottawa devrait s’en réjouir et proclamer que c’est exactement cela Ottawa, c’est cela « le Canada de 2011 ».

Terminés les vieux rêves creux de l’égalité des deux nations de jadis. Alors, faisons nos adieux et décidons-nous à enterrer ce pieux songe, bonententisme à la noix de 1867. Nous ne vivons plus en 1867. Avec les immigrations, ce Canada d’antan a changé, il s’est multiplié et vite. Ils forment mainte nant une autre nation et forte.

Les Plamondon et consorts devraient donc ou se taire, ou saboter ce désir illusoire venu d’un pacte qui a échoué. Ayons du courage, faisons face à cette neuve réalité. Nous ne comptons plus aux abords du Canal Rideau. Plamondon et Compagnie, réjouissez-vous même, la situation favorise votre projet d’un pays québécois. Harper fait « la » job. Ouvrez les yeux, diable !  Collaborer même à ces faits qui démontrent bien une réalité actuelle : il y a deux pays. Mais oui, cette accélération actuelle de notre histoire favorise l’indépendance.  Les votes des Québécois désormais ne sont plus nécessaires pour obtenir le pouvoir fédéral depuis les dernière élections fédérales. C’est un fait politique nouveau tout à fait  inéluctable. Excellemment bien démontré depuis la récente élection fédérale.

Par autre exemple, les souverainistes du Bloc, devraient souhaiter que le nouveau chef du NPD soit un unilingue anglo.    Et mieux encore, le Bloc —ce qui en reste— devrait donc se taire et même favoriser ce projet de nommer de nouvelles circonscriptions,  davantage de députés à l’Ontario et à l’Ouest. Le Bloc ne doit pas s’alarmer devant cette logique toute démocratique bien au contraire.

Il y aura deux pays et amicaux, espérons-le, ce « Canada libre » —libre enfin du boulet-Québec—  pourra enfin se développer en paix. S’épanouir selon ses voeux. Et répandre des portraits d’Élisabeth 2, de « royaliser » les bureaux de poste, l’accrocher avec ses chapeaux dans toutes chambres à coucher. Ce Canada d’Halifax à Vancouver, « normalement », naturellement unilingue anglais  —le Pet Trudeau rêvait en couleurs factices— servira à réveiller le 40% de Québécois encore aveuglés par le fédéralisme. Ce 40% accroché à la majorité du vote des émigrants, 20%, soutient le fédéralisme.

Mais, oui, il y aura vraiment deux pays aux antipodes l’un de l’autre et aux monarchistes coast to coast ! Un jour les Canadians seront enfin débarrassés du carcan québécois. Et nous de même. Les électeurs du Québec,  qui ont cessé de voter Bloc, —l’instinct du peuple ?— ont fini par comprendre tout cela, voulurent aider le socialisant « bon Jack » à battre le réactionnaire de droite, ce méchant Harper.

Le Bloc, ce restant de parti indépendantiste exilé à Ottawa, n’a plus maintenant qu’un seul job : non pas d’appeler à grands cris à « l’amélioration québécoise »,  au contraire, à lutter pour faire s’aggraver une réalité inévitable. Le Canada est un pays à part et nous sommes différents. Bientôt nous formerons un pays, il va naître tôt ou tard ce Québec libre que l’illustre visiteur, De Gaulle,  nous souhaitait en été de 1967.

Dorénavant, on veut voir un Plamondon se lever aux communes pour appuyer, applaudir joyeusement, les démonstrations des Conservateurs qui  illustrent que le Canada n’a plus besoin des votes du Québec. Si nous sommes une majorité indiscutable au Québec —80% de la population— nous deviendrons dans cette fausse confédération un petit 20% sans plus aucun pouvoir. Ou moins encore un jour ? 15 %, 10 % ?

Tous les décolonisés d’ici vont comprendre, seuls les « demi assimilés » québécois, nostalgiques des anciens temps, vont s’en plaindre.

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SHELL, TOTAL, SUNCOR. QUI MÈNE LE MONDE ?

J’aime bien jaser de mes canards qui défilent, auxquels je jette du pain.  Ou, cette année, de la floraison spectaculaire, fantastique, de mon sorbier mais…si on parlait des actualités chaudes ?

Combien d’innocents ignorent la réalité géopolitique. Journaux, radio, télé… les mains sur les genoux, assis, on regarde les Syriens révoltés que l’on assassine. Regarder, muets, impuissants, ce Président, despote barbare. Ce Assad qui, à Damas, ordonne à ses sbires des fusillades en pleines rues. En Libye, l’ONU collabore avec les révoltés anti-dictature. Mais en Syrie ? La Chine et la Russie attendent. Quoi donc,  nom de Dieu ? Le Canada de Harper se tait, ne bouge pas. L’Europe hésite et les USA aussi. Pourquoi donc ? Sachez mieux la réalité ?

D’où vient cette réserve, cette prudence, ce refus de couper les vivres comme ce fut le cas pour la Libye en révolte  du sanguinaire Mouammar Kadhafi ? Ouvrons les yeux : on brasse des affaires en Syrie, de là la sordide prudence.

Il y a SHELL, Europe, qui y est installé là. Il y a  TOTAL, France, avec du Pierre Desmarais (Québec) en gros actionnaire. Il y a le Canada avec SUNCOR et son projet gazier là-bas. Ces puissantes sociétés commerciales sont-ils de mèche avec le tyran Assad. Des peureuses ? « Ne bougeons pas », commandent-elles à leurs gouvernements, tout d’un coup que cet horrible tyran d’Assad gagnerait finalement la partie en cours ?  Une saloperie. On s’incline devant ce « refus de secourir personnes en danger de mort », pas par respect par envie de vomir.

Voilà la vérité.

Chaque jour désormais coulent des informations ténébreuses —via ces leaks (fuites) du pirate Assange. Le citoyen attentif, bien informé, découvre, scandalisé, les magouilles inouïes des honorables diplomates. En Syrie ou ailleurs. Les ambassadeurs et les consuls sont d’abord au service des affairistes et des boursicoteurs d’un pays. Ces zélotes manipulés —payés pourtant par notre argent public— sont au service des grosses compagnies, des grands affairistes égoïstes et pas du tout au service du pays et de ses citoyens.

Voyez par exemple notre élu-du-peuple, Charest en Chine pas pour nous représenter son peuple, pas du tout, pour soutenir des entrepreneurs d’ici qi, en réalté  n’ont aucu besoi n de ce secours. Ils ont leurs réseaux efficaces là-bas, n’endotons pas. Et notre argent public se dépense en vain.

Réveillons-nous, bon sens !

Une seule exception ? Oui, Robert Ford, un diplomate américain en audacieux désobéissant au despote syrien, Assad. Washington va le rappeler quand s’il continue ? Ford a osé dénoncer ce sanguinaire tyran sur le réseau ABC.

Mais notre ambassadeur —au service de SUNCOR ?— M.Glenn Davidson, se tait. Un couard. Un pleutre, une honte ! Il se fiche bien des prisonniers d’Assad, torturés, mutilés, estropiés par les valets armés d’Assad. Davidson se fiche des tirs criminels dans la foule des citoyens rebelles désarmés.

Il n’y a que le business à protéger pour ce genre de chien. En Libye libéré, plein de pays occidentaux, actuellement,  libèrent des sommes astronomiques —venant des argents gelés du fuyard Kadhafi. Fabuleuses sommes pour soutenir les libérateurs libyens vainqueurs. En vue de quoi ? La hâte de rependre le cours des affaires, les ré-ouvertures des puits de pétrole ? Nous y voilà ! Le pétrole !

Et « pauvre petit moi » ( dirait Marc Favreau) là-dedans ? Je nourris mes jolis canards. Je pollue le lac. Quoi ? Un jour, ma ville installait un égout pluvial à travers mon terrain. Les saloperies de sédiments (pollueurs) coulent de la rue vers ma grève par tuyau géant. Qu’y puis-je ? Je vois les jaunâtres masses limoneuses au bout de ce drain énorme dans l’eau du rivage. J’ai protesté une fois et silence à l’Hôtel de Ville.

Je lis —dans Les Pays d’en haut— qu’au grand lac des Sables (Sainte Agathe), il reste une vingtaine de ces égouts pluviaux pollueurs. Que d’installer une « trappe à sédiments » coûte les yeux de la tête. On a exigé la protection des bandes riveraines chez moi et mes voisins, c’est correct. Mais cet égout pluvial, monsieur le Maire, vous agirez quand ?

LE PASSÉ DE THOMAS MULCAIR ?

Voici une lettre ouverte refusée partout (ou presque). Ni Le Devoir ni La Presse n’ont accepté ma mise en garde. J’ai l’habitude comme vous le savez. Claude.

 
Thomas Mulcair, que certains Québécois souhaitent comme nouveau chef du NPD, a-t-il des squelettes dans son placard ? Il a attaqué le Bloc, a dit de Gilles Duceppe qu’il n’était qu’un « revanchard ». «  M. Duceppe est contre la paix linguistique et il attise des attitudes revanchardes (… ) le Bloc est né des querelles du temps de l’échec de Meech,  c’est dépassé. »

Cet ancien ministre de Jean Charrette fit partie de « Alliance Quebec », un mouvement, on le sait,  e consacrant à lutter contre le français prédominant, contre la loi 101.  « Qu’il a voulu démolir » —disait la presse du 12 octobre 2007. Mulcair a voulu abattre une loi qui est notre essentielle sauvegarde; loi installée avec courage malgré les réticences de René Lévesque par feu Camille Laurin. Questionné, il répliqua : » J’y suis pas resté longtemps à « Aliance. » Hum…le politicien a senti une soupe chaude mais quelle est le fond de sa pensée ? Hum…

Ironiquement, paradoxalement, Mulcair, ex-député libéral, acceptait plus tard de siéger au Conseil de la langue française.

Devenu démissionnaire du parti libéral fédéraliste et passant carrément au domaine politique d’Ottawa, via le parti NPD-centralisateur, son élection dans Outremont comme député n’effacera pas ses premières amours, premières convictions.

« Bon Jack » Layton, regretté chef du NPD, charismatique et fort jovialiste, guilleret et sautillant, sympathique, tout le monde en convient, est mort et ce Thomas Mulcair serait favori pour lui succéder. Mais « Je me souviens » n’est pas qu’une vaine devise et les Québécois doivent se souvenir d’un Mulcair francophobe qui a milité un temps pour démolir l’indispensable « Charte » de Camille Laurin.

Passé donc à la politique fédérale, notre Thomas affirme encore n’aimer que « la paix » linguistique…  À quel prix ? Il parle de « ponts » entre anglos et francos… À quelle condition ?

Il faut dire aux innocents aveuglés : méfiance.

 

Claude Jasmin

 

(Sainte Adèle)

ADIEU ET BONNE CHANCE CANADA !

Avec les dernières élections fédérales, c’est « le début de la fin » de l’ancien Canada, on devrait en être convaincu. En tous cas, mercredi (10 août), dans La Presse, John (Ibbitson), lui, fait un diagnostique clair qui proclame cette « fin » prévisible désormais. Verdict qui ne vient pas d’un amateur, car mon ami —allié involontaire des patriotes— John, est le « chef de bureau » au « Globe and mail » de Toronto. Il constate « l’isolement » (son mot) : il n’y a plus que cinq (5) députés québécois au pouvoir avec Harper !

Sa deuxième clé ? « Déclin constant à Ottawa du Québec ». Il a tout à fait raison. Il voit clair. Sa lucidité est l’annonce impitoyable de cette « fin de l’ancien Canada », en effet notre « nation » ( notion clairvoyante, venue de M. Harper) n’aura très bientôt aucune importance. Aucun poids politique. Aucun sens réel dans ce Canada en train de se dessiner.

Audacieux, John concluait qu’aux prochaines élections fédérales, les Québécois demanderont pourquoi ils font (encore) partie de ce pays (fédératif). « Que répondra le reste du pays ? » dit John.Tout est dit et bien dit, avec courage, avec franchise. Nos bons vieux demi assimilés québécois vont devoir faire face à la réalité. Ici, au Québec, notre seule patrie, nous sommes majoritaires et « maîtres de notre destin » —Bourassa dixit un soir d’échec mulroneyen.

Nous formons toujours plus de 80 % de la population dans notre seule patrie, le Québec. Il n’y a donc ni isolement ni déclin, très cher John…qui soulignait qu’au sein du Canada, nous sommes passés de 30% à 20 %. Il affirme que notre « insignifiance » politique à Ottawa va s’accroître avec les nouveaux sièges accordés sous peu aux provinces anglaises, en toute justice  démocratique.

Nos vieux nostalgiques du temps du quatuor des demi assimilés, Laurier, Saint-Laurent, Trudeau et Chrétien doivent, tout comme John, regarder en face cette fin de notre importance à Ottawa. Si jamais (une ou) des lois anti-québécoises sont présentés aux Communes, « on est faite » comme dit l’expression populaire. Les Québécois, sans  nostalgie du passé, comprennent maintenant que c’est vraiment le début de la fin et qu’il doit, tout naturellement, y avoir l’indépendance de Québec puisque ici on reste une majorité «  libre de ses choix » —encore Bourassa.

Merci John. Une sagesse populaire a fait un mouvement intelligent en rompant d’instinct avec les indépendantistes obsolètes —et un peu vains— du Bloc d’Ottawa. Encore un pas en avant et nous nous voterons l’indépendance bientôt. C’est nécessaire, c’est la seule bonne et pacifique solution nationale. À moins d’accepter niaisement, suicidairement, de n’être À Ottawa, qu’une infime « parcelle de peuple » sans aucun pouvoir réel —tel les Ukrainiens ou les Chinois du Canada. Oui, une infime minorité —folklorique— au beau milieu de la vaste mosaïque canadian. John, souhaitez-nous « bonne chance ». Enfin, enfin, débarrassé de notre encombrant patriotisme, je souhaite « bonne chance » à ce prochain Canada, pays voisin et ami.

Claude Jasmin

(Sainte Adèle)

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