NOUS : TÉLÉSPECTATEURS MÉPRISÉS !

De plus en plus, la télévision devient un tonitruant magasin. À Ottawa, Il n’y a plus aucun contrôle des commerçants et notre télé est devenue un souk criard, un centre commercial à gueulardes insupportables. « Brault et Martineau » est en tête de cette fanfare démagogique. Le directeur qui devrait modérer ces abus, M. Blais, est le grand complice de ce dévergondage. Le CRTC ne « surveille » plus rien. Il dort.
Nous tous, citoyens qu’on veut abrutir, devons riposter et ma protestation est une invitation : tous ceux qui s’indignent de ce « laisser aller » du CRTC, doivent exprimer leur indignation. Les « ondes publiques » sont la propriété de tous les citoyens. J’invite à protester par tous les moyens, tribunes diverses ou via les réseaux sociaux. S’imaginant « qu’on s’en aperçoit pas », le CRTC est devenu un mollusque et les grossiers cris des vendeurs de produits divers se multiplient avec les années.
Monsieur Jean-Pierre Blais, président du CRTC ultra tolérant, sachez que nous avons la nette impression qu’on en arrive à organiser une télévision où les émissions (souvent fort captivantes) servent de bouche-trous, insultes grossières à tous les créateurs, M. Blais. Aux producteurs, auteurs, comédiens et artisans surdoués souvent. Il faut espérer qu’on va maintenant y mettre un frein, du moins légiférer. Assez de ces serrés bombardement abrutissants !
Nous ne sommes pas bêtement contre toute information commerciale, utile et bien faite, montrée à un rythme modéré. Mais les incessantes sauvages interruptions actuelles sont une grimace aux auditoires populaires. Ce mépris flagrant doit absolument cesser, M. Blais. L’État a un rôle à jouer, des règlements de civilité à établir. Ce CRTC endormi doit stopper cet insupportable carnaval visuel et sonore —aux décibels mis en mode « compression » pour obtenir davantage de bruit marchands. C’est connu. Ce grossier tintamarre, toléré par le CRTC, doit être combattu. Le public de la télé n’est pas constitué d’abrutis.
Levons-nous tous, je supplie ceux qui me lisent de s’ajouter à ma protestation. Le CRTC a comme mission de discipliner tous ces interrupteurs compulsifs qui défigurent le bel ouvrage de nos créateurs. Soyons infectieux : priez vos parents, ami, voisins, de protester partout. Il en va de notre bnne santé…télégénique, non ?
Si, comme moi, vous appréciez les talents inouïs de la sauveurienne, Fabienne Larouche (« 30 Vies, Trauma »), les talents des « femmes en prison », des avocasseries de « Toute la vérité », ou du superbe « O » avec Nadon le superbe, des policiers Bossé et Legault, de « Mémoires… » et j’en oublie… vite, écrivez à ce chef endormi, M. Blais, chef du CRTC, à Ottawa. Cela sans le timbre obligatoire !

ÉMU DANS UNE SALLE OBSCURE

 

Rue Valiquette, les yeux dans l’eau, mais oui, je compatissais aux malheurs des « misérables » de Victor Hugo, mon illustre camarade. Bilan d’un cinéphile, octogénaire : ai-je vu 3000 films dans ma vie ? Ou bien 5000 ? Ou encore 10 000 ? Je ne sais pas. Chez moi, jeune, il n’y avait comme lecture que des annales pieuses, « L’almanach du peuple » de Beauchemin et les exploits des « comics » achetés cinq cennes la brochure. La culture pour les gens de mon époque, de mon quartier, c’était… les « vues ». Gamins, au coin de ma rue Bélanger et St Denis —c’était avant l’air conditionné— on se faufilait (à la barbe des placeurs) par les sorties d’urgence. Sans payer. La belle vie : savourer les films made in France (au Château), ou made in USA, au Rivoli.

Le cinéma a nourri ma jeune imagination et quand j’ai publié mes premiers romans ( Et puis tout est silence, La Corde au cou, Délivrez-nous du mal, Éthel et le terroriste) nos critiques littéraires décrétaient : « Jasmin fait une littérature avant tout cinématographique. » Bien vrai. Tout ça pour dire mon plaisir quand je descend « d’en haut » vers nos salles, rue Morin, rue Valiquette et dire aussi mon bonheur de pouvoir, à 5 minutes de chez moi, « aller aux vues », comme quand j’étais resquilleur.

En passant : ce « Bye-Bye 2012 » à la télé, mode actuelle déplorable, ne fut constitué que de « brefs tableaux ». Parfois « ultra-brefs ». Pourquoi singer les  commerciaux ? Vite, vite, vite, des « flashes », des furtives évocations et refus de bâtir des sketches solides, qui dureraient un peu. Mépris du monde ? « Les gens sont incapables de se concentrer plus d’une minute. » donc sauf un ou deux sketches, parage pressée, défilé d’urgence, policiers qui fessent, mafia et Libéraux corrupteurs, le tout, superficiellement. C’est regrettable quand on constate (et apprécie) les habiletés « inouïes » des créateurs : maquilleurs, perruquiers, prothésistes, costumiers.

Pour fin 2013, prière de revenir, comme souvent jadis, à des tableaux consistants, un peu élaborés. Plus facile de briller par courtes apparitions ? En tos cas le fatras visuel est vite oubliée. Bousculade, cavalcade échevelée. Qui se souvient d’une parodie un peu élaborée ? Qui aurait duré au moins 3 à 4 minutes, sinon 8 ! « Nous, le peuple… » on n’a eu droit qu’à de brillantes caricatures esquissées, aussitôt oubliées,. Mauvais signe cela. L’immortel, anthologique donc, sketch du soldat de la Crise d’octobre, (joué par Guimond), écrit par Gilles Richer, durait plus qu’une minute et demi, non ?

J’y reviens… Redire le plaisir d’aller « aux p’tites vues ». Mon grand bonheur d’être plongé en salle obscure face au grand drap blanc tendu, comme pour une cérémonie chaque fois. Rien à voir avec l’écran de vitre de télé au salon. Voyez ce vaste album à images, « Les misérables ». Très efficace mélodrame hugolien, palpitant récit de la deuxième révolution française, celle de 1848, montrant des gueux galériens, de sombres forêts, une manufacture sordide, un carrefour à putains rivales. Surtout une barricade meurtrière.

À la fin, milliers de figurants, c’est Paris insurgé, affamé, révolté, vues inouïes d’un enterrement solennel (un ministre bien-aimé) qui déclenche l’émeute historique de 1848. « Les misérables », ma foi, c’est pas moins qu’une trentaine de chansons. Jamais vous n’oublierez Jean Valjean chantant en implorant Dieu de laisser vivre le beau Marius blessé. Plus tard, l’audacieux gamin Gavroche. Vous oublierez encore moins Fantine, la voix déchirante de Fantine, misérable (!) mère-célibataire de Cosette. Fascinante Fantine qui agonise en une « chanson criée », pour l’impossible rêve. Courrez-y et apportez vos mouchoirs de papier. Tout autour de moi, les larmes des jeunes filles coulaient à flot. Les jeunes gens, eux, se retenaient. Des gars hein ?

365 BEAUX JOURS ?

 

Tous beaux ? Je nous le souhaite; relativement, c’est faisable par ici où i n’y a pas de guerres. Ô Damas, martyre sous les tirs croisés ! Nous vivons en paix, loin des Syrie. On n’a qu’à lire nos chères gazettes, écouter la radio ou regarder les actualités télévisées, tel le viol, une banalité en Inde ! Tel emprise religieuse en Tunisie ou en Libye. Régions pourtant fraîchement débarrassés des dictateurs. Pays où— ô la politique des Frères musulmans !— l’on milite pour la religion liberticide (anti-féministe, anti-avortements libres, anti-homosexuels, anti-libre-pensée). Monde à Ayatollahs scrupuleux, Iran bafoué, monde à stupides charias !

Alors, facile à prévoir : dans nos régions, ce sera une belle et bonne année, tous mes bons vœux mes très chers lecteurs. Certes il y aura des morts. Il y aura des maladies, des bénignes et des ravageuses hélas. Mais il y aura aussi de grands bons moments avec des succès espérés, des victoires. Des grandes. Aussi des toutes petites : ne plus fumer. Pas si petite chose que d’arriver à nous séparer de cette manie, chez moi, nous ne le savons que trop. Des espérances enfin livrées ? Ce diplôme tant souhaité, cette promotion méritée, ce juste profit chez tant de développeurs, commerçants, industriels honnêtes, droits, travailleurs, oui, oui il y en a.

Dangereux, malgré enquêtes révélatrices indispensables, de ne voir que le monde en noir, nocif, malsain, carrément morbide de s’y couler, de ne voir que les travers des gens, les lascars, filous, malandrins, voleurs, corrupteurs et corrompus. Ne mangez pas de ce pain de désespoir. Fuyez les vision des tordus pour qui le monde n’est que monstres, abuseurs. Le monde est bon, criait un joli chanson de Stéphane Venne. Mais oui, le monde est beau et souvent, chaque jour nous fait voir ce bel aspect de l’humanité modeste, des moments d’humanité ordinaire, ici même, dans nos alentours; voyez celle-ci ou celui-ci, agent précieux et bénévole indispensable, tous ces soignants à cet hôpital laurentidien, à cette clinique débordée, dans ce refuge paisible, à cette institution pour grands aînés. Mille et mille gestes seront posés à chaque jour de cette année nouvelle.

Voici donc venir, lectorat aimé, une joyeuse belle grappe de 365 jours. 52 semaines, 12 mois offerts à nos bons soins envers notre prochain. Offerts à nos générosités en toutes dimensions, à défendre valeurs familières. Nouvel an bienvenu que ce naissant 2013 avec les bouquets bienfaisants de mille et mille attentions, pour parents, amis, voisins.

Oui, le monde est bon, jeunes gens, fuyez ces chevaliers-aux-tristes-figures (salut Cervantes !) , ceux qui pissent sans cesse de sombres jets misérabilistes sans cesse appréhendés, on dirait souhaités. Rassemblons-nous, humains de bonne confiance, de bonne volonté, capables d’optimisme. Cette sordide habitude du « monde au noir » ( salut Yourcenar !), maladivement adoptée ici et là, est un poison utile aux médias affamés (jamais de bonnes nouvelles de ce côté !). Le noir est complaisamment adopté pour ces gros « yeux de vitre » sado-macho des cameramen postés à tous les carrefours-de-la-malchance. Résistants à cette complaisance infectieuse, souhaitons-nous, sereins et confiants, une sacrée bonne année !

IL Y AVAIT…

 

Il y avait des illusions, du rêve et du vent, il y avait bien peu, si peu en ce temps-là, il y avait au matin du 25 décembre, des fruits, une orange, du raisin, une banane au fond du bas accroché au pied du lit, il y avait des illusions, des jongleries, par exemple cette riche marraine exilée qui, enfin, me reconnaîtrait et me gâtera un peu; il y avait tous les petits voisins, les enfants des riches, le fils du médecin, les filles du notaire, il y avait le chanceux fils d’avocat et son cadeau de Noël, de grand prix, sa luge avec coussin, heureux l’héritier du député et sa guitare hawaïenne, il y avait quelques privilégiés, il y avait la jalousie, un nouveau Noël et pourtant bien peu d’espoir, foin d’une vie nouvelle : rien ne va se passer, les routines des enfants-du-peuple vont se continuer; il y avait à l’église paroissiale et ce marmot moulé en série, blond, frisé presque nu dans une étable, au fond d’une grotte de papier mâché…

Il y avait eu… en février, la fête de la Saint Valentin avec nos découpés en carton bien rouge, les petits cœurs saignants, les moqueries aux amoureux collés du parc Jarry, des fauteuils du cinéma ou du banc du terrain vague, coin Jean-Talon, il y avait eu la Sainte Catherine et les papillotes de tire sucrée que maman savait si bien étirer, il y avait eu l’Halloween et nos quêtes aux portes allumées, nos sacs bourrés de friandises; là, c’était la fin de l’année presque, la naissance du rédempteur et la chorale de Sainte Cécile qui va entonner «  Peuple à genoux…! »

Il y aura… veille de Noël, l’oncle cantinier du CPR et ses babioles, boîtes à surprise achetées des employés Noirs à sa Gare Windsor, colifichets, gris-gris surprenants, l’oncle riait et vidait lentement sa fiasque de p’tit blanc; il y avait devant le cinéma Plaza, la vieille bohémienne, son perroquet et ses cartes de « bonne aventure », mes grandes sœurs pigent dans la cage, s’esclaffent, amour, toujours, amour !

Il y a… à l’étage chez la voisine, madame Diodatti et son tricot à finir, cadeau unique, il y a aussi, troisième étage, madame Le Houillier et son mari incurable, « le p’tit Jésus va-t-il enfin le guérir? » Il y a, voisin bruyant, monsieur Laroche, Pierre de son prénom, et son Business College fermé pour la semaine des Fêtes, il y a le cordonnier Pasquale Colliza qui parle d’aller visiter sa tante riche à Miami; il y a, rue Bélanger, monsieur DiBlasio, et fleurs de papier pour ses comptoirs de fruits, il y a, rue Drolet, Frank Capra et ses neuves offres de carreaux de porcelaine en couleurs mirifiques; il y avait toujours, chaque hiver, les belles patineuses, champ du Shamrock, à l’ouest les stalles vides en béton du marché Jean Talon; au dessus du poste de pompiers, il y avait ma chère bibliothèque publique rue Saint Dominiqe, passé les usines de Catelli et de Coca-Cola, le Patro Le Prévost et ses équipes organisées pour le ballon-chasseur, le ballon-panier; il y avait le musée des « bêtes empaillés » à l’Institut des Sourds et Muets, rue Saint Laurent. Avenue du Parc, la gare des chemins de fer où l’on ira, Noël après-midi, regarder partir et arriver les voyageurs de toute l’Amérique du Nord; il y a qu’on rêve de partir, de s’en aller très loin, visiter des mondes moins pauvres et qu’on osait pas jouer les hobos, sauter les wagons de marchandise en vrac.

Il y avait… que, Noël pas Noël, en ce temps-là l’existence était chétive, maigre comme un clou mais qu’on se disait : « Il y a une justice, regardez, même lui, l’enfant Jésus, futur Christ sauveur de l’humanité, couché dans la paille ! Réchauffé par un bœuf et un âne !

 

« PAS DE CHIENS, PAS DE JUIFS » ! Ce titre ? Jeunesses d’ici, voilà ce qu’on pouvait lire aux plages de nos Laurentides, avant la guerre.

« PAS DE CHIENS, PAS DE JUIFS » !

 

Ce titre ? Jeunesses d’ici, voilà ce qu’on pouvait lire aux plages de nos Laurentides, avant la guerre. Oui des placards antisémites posés par de bons proprios Canadien-français catholiques. Comme tous les nôtres, mon père, détestait les Juifs. « Ils ont tué le Christ », me répétait-il et notre pieux clergé d’approuver. Étudiant, en 1950, je lui annonce être « tombé en amour » avec une jolie Juive de mon École des arts appliqués. Papa ne m’adressa plus la parole. J’ai fini par rompre ave cette jolie Anita Gertler et dans quelques mois, chez XYZ, sera édité mon récit de cet amour lâchement abandonné.

En 1989, trente ans plus tard, chez mon dépanneur, je croise un certain Jacques Neufeld, Juif d’une bonhomie énergique. Neufeld me racontera sa vie de clandestin quand il sauvait de la Gestapo des tas de ses compatriotes traqués par la Gestapo et la sordide Milice française. J’avais conduit chez mon éditeur d’alors, Leméac, ce Neufeld qui y publia ses aventures. Il y a peu de temps —ô piscine de L’Excelsior, ô piscine du chic Club du Sanctuaire !— rencontre d’un chimiste emeritus ex-prof à l’U de M. Il m’offre sa traduction d’un récit de Yossi Indig, un camarade baigneur. Un Québécois interné dans un camp nazi : « Adieu à Sihget » (édité à compte d’auteur). Émouvant. Si vous allez à la (grande) Bibliothèque nationale, vous lirez cet « Adieu à Sighet », une autobio qui raconte son brutal « ramassage » au ghetto juif de cette ville Sighet, en Hongrie. Poignant récit (préfacé par Elie Wiesel) d’un jeune garçon chez les nazis avec toute sa famille.

La guerre finie, l’adolescent libéré va choisir Montréal. Qu’il aima vraiment. Après avoir été petit commis « dans la fourrure », débrouillard, il se jeta dans le commerce des vêtements via les « fins de ligne » des manufacturiers. Marié et père de famille, Yossi réussit avec sa boutique à aubaines. Installé (dès 1964) rue Mont-Royal. Au coin de Fabre, rue célébrée par Michel Tremblay. La concierge qui loge à l’étage du « Belle mode », le forcera à fuir le Plateau. Furieuse antisémite. Aux ordres du propriétaire de l’édifice, un certain Adrien Arcand, chef Québécois nazi avant la guerre. Yossi Indig s’en ira rue Ontario coin Valois poursuivre son commerce. Dans son récit, Yossi louange une Micheline Martin, dévouée gérante et « bras droit » durant trois décennies. Il lui reconnaît volontiers ses succès. Là, rue Ontario, un incendie ravageur et il ferme. En 1995, le petit garçon tatoué », numéroté— prend sa retraite des affaires et suit des cours de peinture via la télé. Le voilà peinte et il rédige donc ses mémoires. Ce livre «  La promesse à ma mère », en anglais, en français « Adieu à Sighet » montre un fort courage. Son chapitre narrant un retour à Sighet arrache le cœur. Ici, je veux remercier J.-C. Richer (retraité qui vient de publier une énorme « somme » sur la chimie, un ouvrage unique au monde), de m’avoir offert « Adieu à Sighet ». Il m’a prouvé la volonté exemplaire de la race juive, dans chaque chapitre on retrouve cette force de cohésion, cette union inouïe qui a fait des héritiers du « vieux testament » une nation vraiment « tricotée serrée » et d’une résistance incomparable. Au lieu d’avoir placardé ces « No dogs, no jews » sur nos plages laurentidiennes, nous aurions mieux fait d’imiter cette solidarité raciale à toute épreuve, nous, minorité méprisée et bafouée du temps du mépris raciste des anglos dominateurs de 1939.

 

 

 

 

« PAPA A RAISON ! »


 

Débat actuel : Radio Canada à Montréal, trop nombriliste oui ou non ? Ecoutez ça jeunesses : en ce temps-là (on dirait l’évangile ) le bien cher « P.E.T. » d’Ottawa, hystérique, crachait sa haine du Réseau français de Radio Canada). « C’est un nid de séparatistes », vociférait-il ! Les patrons montréalais frissonnaient et le PET en remettait : « On va fermer ça, Radio Canada, on va diffuser des images de vases chinois ! » Le boss de la SRC française voyait son job perdu ! Un personnel tout séparatiste, allons, des machinistes, des techniciens, votaient Caouette et Samson, créditistes anti-souveraineté.

Ce PET riche, héritier des garages Champlain (une chaîne), et du célèbre Parc Belmont, était informé. Vrai, des auteurs, des artistes divers, des réalisateurs militaient, plus ou moins clandestinement, pour un Québec libre. À la section « nouvelles et affaires publiques » feu Marc Thibault, père de Sophie à TVA, grand patron en était constipé et ultra nerveux. Aussi l’on congédia pour l’exemple et intimider, ces Gérald Godin et autres indépendantistes imprudents, comme Louis Bourdon, époux de madame Harel.

Jeunesses, ces années 1970, « C’était un temps déraisonnable », comme chantait Léo Ferré. Or, actuellement, un gang de zélotes « harperriens » s’énerve encore et accuse le Réseau français de Radio-Canada : « Bande d’égoïstes, de nombrilistes ! » Il faudrait, chaque soir, jaser sur toutes les provinces de la fédération et cessez de ne commenter que les affaires québécoises car le Québec ça les ennuie à Halifax et à Vancouver ! Certains sont aveugles, bouchés. Québec n’est pas « une simple province ». Même Harper a été forcé d’en convenir, il y a « nation ».

Un bon paquet de red-necks, blokes ignares, veut revenir au temps où le téléjournal d’ici, faisait un topo d’un faucon piégé à Regina ! Ou d’un vieux cabot égaré dans le port de Sydney. Il y a peu, dans nos gazettes, un M. Théoret, franco ontarien, braillait : « Nous, habitants de Sudbury, Radio Canada français nous ignore ! » A-t-il accompli un ouvrage mémorable ? Non. Rien. Le Réseau français est au service de la majorité, point, barre. Les Québécois francophones vivent à 82 % au Québec. Face à ces braillards les patrons du Réseau Français doivent encore s’énerver. Après Trudeau, la peur des harpéristes —avec menaces de vases « Ming » ? Y a-t-il une critique à faire ? Oui. Bien loin de Vancouver ou Halifax, celle de ne pas assez nous renseigner sur Inde ou Chine, sur ce Brésil qui monte, sur cette Grèce qui descend. Le monde, on en sait si peu sur l’univers des hommes.

À propos de cette panique folle des années 1970, feu Gérald Godin, alors journaliste, me racontait : « Faut voir ce cirque aux infos, observer notre boss, Marc Thibault (le père de Sophie à TVA), pas croyable, le bonhomme Thibault a un chrono vissé aux doigts et joue les Salomon. Peu importe le poids des événements, il gueule : «  Equal time, le petits gars ! Ce mois-ci, les Libéraux ont eu 152 minutes et le P.Q., 154 minutes ! Faut donc vite accorder deux minutes à Robert Bourassa ou à Trudeau. » Quelle bêtise d’avachis terrorisés !

Alors, ces jours-ci, reprise donc des lamentations. Qui se joint à ce concert québéphobe ? Nos demi assimilés, nos anglaisés, nos américanisés. Diable, les Québécois crachent 33% d’impôts pour ce Réseau français, non ?

 

 

 

LA PEUR DE LA FEMME-POLICE !

 

 

Ma jeune voisine (au somptueux chat couleur de pourpres) Blondinette, devenue Noirette, m’invite —vite— à admirer un haut sur pattes héron qui batifolait sur son quai ! Ô la beauté de cet oiseau géant !

Puis mon tour du lac quotidien et découvrir ( rivage en terre humide étatisée) une marmotte… morte ! Plus loin, le cadavre d’un petit castor ! Encore ? Oui, proche du (bon) resto So Thaï, un joli chat noir tacheté de blanc, mort lui aussi ! Bigre, sombres présages ? Oh oui, on découvre cette diplômée de « L’École de police (à Nicolet), enragée démontée, criant sa haine viscérale imbécile des « artistes » ! Incroyable femme « armée » que cette grosse musclée, Stéphanie Bureau. Bastonnant, menottant, étouffant et… blasphémant comme un charretier !

Que vaut donc cette école publique ? Que pense ce genre policier de nos Noirs ou de nos itinérants. Aïe ! Pis que pendre ? J’ai eu affaire, il y a peu, à une jeune patrouilleure de la S.Q. de Sainte Adèle. Une excitée du même genre que la butch Trudeau, vociférante pour avoir oublié de stopper au coin de ma rue Morin. Toute démontée, comme si j’exhibais une bombe, elle criait, répétant à tue-tête :« Ne sortez pas de votre auto ». J’étais chez moi dans mon entrée ! Une diplômée de L’École de Nicole. Son chef alertée par moi, m’écrivit… qu’il « la rencontrerais ». Et puis silence.

Oui, que vaut cette école de Nicolet payée par notre argent public ? Rien, monsieur le directeur Parent aux polis excuses mais seulement après la vidéo à la télé. Diplômes accordés donc à ces prévisibles tueurs et tueuses en uniforme ! Pas fou le peuple d’avoir peur de la police et davantage que des « ritals » maffieux. Une autre école damnée ? Oui si on écoute, chez Dame Charbonneau, juge, qui « bavasse », un certain Z., ex-corrupteur (il l’avoue) qui raconte tous ces ingénieurs —pas des truands hein ?— complètement corrompus. On se dit : mais ces super instruits ont pourtant fréquenté la prestigieuse école universitaire dite « Polytechnique ». Cours difficiles pour des cerveaux aiguisés. Là aussi c’est « zéro » question d’éthique ? Polytechnique enseigne-t-elle la pourriture morale ? Aucun code moral, mais aucun, n’est donc transmis aux élèves, futurs ingénieurs ? Deux tristes lieux : Nicolet et l’U de M. Navrant et très très inquiétant. Les cognés, les frappés, les victimes de tous ces psychosés armés, n’osent porter plainte : la « parole de la police » est sacrée, privilégiée. On le sait trop. Et l’avocat, on le sait bien, fonctionne à haut taux avec leurs minuteries réglés. Surtout, il y aura délais, des mois, parfois des années souvent. « Omertà » prudent alors des citoyens bafoués par « law and order ». Ces fripouilles à la Trudeau frapperont et cogneront de plus belle.

Nous tous, placides habitants de nos jolies collines, méfiance ! Une balle perdue peut vous tuer. À Sainte Marguerite, autre terre à chics résidences, c’est du baseball : « une balle, deux balles…un homme de mort ». Qui ? Encore un « rital ! », Vincente Pietrantonio, déjà condamné comme usurier, joli métier ! Écoeurés ? Voici un agent de la S.Q, incarcéré la semaine dernière pour pornographie juvénile. François Blouin, 47 ans; ô Internet, si utile outil, qui peut servir de bordel à des désaxés en uniformes ! « Dans quel trou m’avez-vous mis, mon Dieu ? », écrivait jadis Réjean Ducharme ! Mais il y a aussi la beauté sang et or des arbres qui, hélas, va s’éteindre bientôt. On gèle comme en janvier ces temps-ci ! La vie est belle ? Oui. Las de marcher, j’ai retrouvé mon palétuvier tout feuillu au dessus de la mini mangrove qu’est la piscine du spa Excelsior; pour ma patte folle opérée rien de mieux que l’hydrothérapie.

 

 

 

 

 

 

 

LA VÉRITÉ ?

 

 

Un « homme des bois », un certain M. Bain, un soir de septembre, quitte son petit domaine des Laurentides, armé jusqu’aux dents. Il va assassiner Pauline Marois ! Va-t-on revivre ce film étatsuniens où le triste héros —« You talk to me ? You talk to me ? »— veut assassiner un chef politique. Intercepté à la « sortie des artistes » du Métropolis par des travailleurs de scène, il en tue un ! En blesse un autre gravement.

Voici deux faits ? Dans La Presse, un ingénieur du « west island », M. Lauzon, analyse l’affaire-Bain et accuse ses voisins anglos qui lui vocifèrent en pleine face des « fucking separatists », d’armer des meurtriers. M. Lauzon de Beaconfield avoue qu’il cache son indépendantiste, n’ose pas sortir son drapeau fleurdelysé à la St-Jean, recommande à ses enfants, écoliers, de taire son choix nationaliste. Il se questionne. « Pourquoi est-ce que j’endure ces répugnants discours intolérants de mes voisins anglos ? » Son article se conclue par : « je crois que leurs répétiifs « fucking P.Q. » méritent d’être dénoncé ». M. Lauzon relie le meurtrier Bain à ces anti-indépendantistes.

Autre fait. M. Brière, même journal, ingénieur lui aussi ( à Sherbrooke) veut nous révéler : « mon plus grand handicaps dans ma vie est que je parle mal l’anglais ! » Il dit qu’il s’expatria un an à Victoria mais vainement ! Qu’il a envoyé chaque été ses enfants dans un camp du New Hampshire. « Pour qu’ils soient « plus libres que moi ! » Il parle de notre langue nationale comme d’une désastreuse « barrière linguistique. » Diable, avec la mondialisation, enverra-t-il ses enfants apprendre le mandarin en Chine ? Ce M. Brière révèle aussi qu’il fut un militant actif aux côtés de René Lévesque. Il en parle comme « d’un péché » de jeunesse ». Il voulait par son texte nous enfoncer dans la tête que « nous sommes une minorité en Amérique du nord et que nous le demeurons ». Bon Dieu, est-ce un appel à l’assimilation ? Que pense-t-il donc de la minorité anglophone du Québec ?

La vérité, la voici. Depuis des siècles, notre normale (et très exemple qui épate tous les étrangers) résistance à l’assimilation a fait de nous une nation. Même Harper en convient. Cela n’a rien à voir avec le fait d’apprendre volontiers cette « lingua franca », fort utile, en Occident. nous le savons Italiens ou Espagnols, Allemands ou Hongrois. La vérité est que les « Québécois de langue anglaise » doivent s’intégrer. Point final. Que tous ceux qui parlent déjà français ( ils deviennent de plus en plus nombreux) sont, eux seuls, des Québécois à part entière. La réalité vraie est que nos formerons bientôt une seule nation. La nation Québécoise (aussi que ce M. Bain est une malade mental). Qu’un jour cette nation française en Amérique du nord formera un pays normal comme les quelque 250 autres nations à l’ONU. Que s’abolira donc cette « minorité » anglo. Ce « ghetto ». Nos anglos intelligents et lucides le savent bien. Cette vérité énerve seulement « les racistes » qui habitent à Beaconfield. Ou à Morin Heights ou à Shawbridge. Si je m’exilais à Rome, je deviendrais (et vite !) un romain parlant l’italien. À Berlin, un berlinois parlant allemand. Voilà la vérité. Pas une menace, non, la loi humaine. À moins d’être un raciste anti-italien ou anti-allemand.

LA FAUCHEUSE SURGIT, LA MORT !

 

 

Tentative raté d’un tueur et je n’ai rien vu ! Votre vieil homme dormait, lové contre sa blonde au moment même où « un vieux maudit bloke » (venu des Laurentides, merde !) rodait à quelques pas de notre « première Première ministre » fraîchement élue. Ah, sa mitrailleuse défectueuse s‘enraie au dessus de deux employés de coulisses ! Aucun gendarme à la « sortie des artistes » d’un music-hall rue Sainte Catherine ! Soyez tranquilles, la SQ va enquêter sur la SQ ! Aïe ! Hum…

Le lendemain, beau soleil et je regarde un goéland qui fixe mon hibou de plastique, tel ce Warrior pégrieux d’Oka face au petit soldat. Deux canards se secouent les ailes, debout sur l’eau. J’observe, au rivage du Rond, un rat tout poilu qu’on nomme « musqué », qui sort de l’eau et, au pied de ma chaise, vient fouiner dans la pelouse, ultra-nerveux. Et puis surgit ma Raymonde en larmes : « À RDI, Claude, je viens de tout voir. » Elle me parle d’un gras «  agité du bocal », menotté, en peignoir marine, bedonnant et vociférant des « Les Anglais se réveillent! »

« Claude, c’était épeurant. Et nous, on dormait ! ». Me voilà secoué et je monte voir tout ça; sur RDI et les reprises continues ! Québec rallie donc l’Amérique où l’on assassine, ou tente d’assassiner (Reagan), des chefs d’État. Nos gérants d’estrade, à tous les canaux, épiloguent à perdre haleine, ratiocinent en mille hypothèses.

Des amis l’ont remarqué : « On dirait que tout ça te laisse un peu froid ? » Eh bien oui. J’ai donné mais je n’ai plus trente ans. Le monde politique m’excite moins, on dirait. Depuis une décennie je me suis détourné des luttes, des bagarres de mots, des enragements face à ce « peuple de nigauds », nous autres, les Québécois. Ce « peuple de nigauds » sont des mots de Baudelaire. Qui ne se présentait à aucune élection. Qui n’avait donc pas à flatter « des chers électeurs ». Je ne me présente pas, à nulle joute électorale. Je n’ai pas à recourir à la démagogie. Je suis libre. Je peux dire « peuple de nigauds ».

À nos gens, qui veulent surtout la sainte paix, le bon calme plat. Qui aspire à une existence de consommateurs de bébelles et de bidules variées. Qui tournent le dos à sa totale liberté. Qui votent deux fois contre un pays bien à eux. Adieu donc concitoyens mous, électeurs souvent bien cons !

Votre vieil homme, retraité, guettent des canards, des rats musqués sous sa chaise. Ou ce chien bien laid vu rue Morin, hier, qui me regardait penaud, hésitant, cherchant un ami ? Le penne aribiata, du bien joli resto « Juliano », était bien parfait l’autre soir et sa large vue sur « Ski Chantecler » est époustouflante. Des verts variés. Puis, coin Durant et Chamonix, un chat gris s’allonge au milieu de la chaussée ! Veut-il mourir ? Pauline, ce soir de petite victoire, ne veut pas mourir. Pas du tout. À elle l’action, à moi, la nature laurentidienne. À Cartierville, mon amie Denise Lapan (86 ans), est tombée en pleine face en revenant de voter. Ambulance. Hôpital.

Ça m’arriver un jour, bientôt ? J’ai un peu peur. En attendant, me réjouir et de peu. D’admirer au bord de la galerie, un érable se vêtir, déjà ?, de magnifiques couleurs. Okay, viens donc mirifique automne laurentidien ! Pauline Marois n’a pas été fusillé et va se débattre contre une majorité à l’Assemblée nationale, tous ceux qui croient encore à ce Canada sous Harper-le-con. Oh !, c’est comique, mes canards revenus, culs en l’air, cherchent des petits ménés.

 

 

LA MER RESPIRE VOUS SAVEZ

Ma chanceuse de fille me parle de beaux gros homards à très bon marché. Où ? À Cap Lumière, son camping chéri acadien. Éliane au téléphone : « Papa, ici, plein de homards vraiment pas cher, dans le 5 tomates, achetés frais péchés au quai de Richibucto. » Je lui révélais qu’au Maine, on crache 20 piastres (viande à chien) pour une bestiole à pincettes d’une livre et quart ! L’an prochain j’irai manger à ce Cap Lumière au pays de ma chère Sagouine.

Portrait d’Ogunquit ? Ce village « nouvelle Angleterre » était déjà populaire il y a longtemps. L’adonis Rudolf Valentino le fréquentait. Et Mary Pickford. Et Mae West. Cette station balnéaire —à la plage fascinante— eut la visite de fameux artistes dont Picasso et Matisse. S’y tenait une course automobile prestigieuse et de vieilles photos au HuckelBerry, (resto « style 1920 ») sur Beach Road illustrent ce lieu en vogue. À Ogunquit, plage inouïe qui, au rythme des marées, s’allonge sur plus de deux milles pieds ! Que de promenades dans l’air salin et iodé sur tout ce sable bien tapé, hypnotisé par la vue à la périphérie bleue embrassant des cieux infinis et cette mer au vert illimité et tout ce sable aux cent beiges sous les flots de parasols multicolores. Des vers de Rimbaud chantant « des plages de foules en joie » me hantaient. À Ogunquit on croise de nos compatriotes dans tous les coins, bien loin du Old Orchard commercial à motels entassés.

Vers 1988, j’ai publié (biblio publique) « Une Duchesse à Ogunquit » pour raconter et le crime d’une duchesse (de carnaval) et aussi pour décrire ce pimpant village. Dont ce célèbre Marginal Way, sentier écolo qui surplombe de jolies falaises et qui prend fin à Perkin’s Cove, lagune remplie de baraques d’artisans, aussi mini-port aux barques-à-homards dansantes.

Il faut le voir pour le croire. Tous les soirs, une cohue humaine défile comme en liesse entre cafés, restos, un cinéma, magasin de glaces, de « toffee », des boutiques, une multitude bruyante sur Shore Road, des deux cotés du carrefour, là où la Route No.1, rencontre les autres chemins et, oui, oui, où il n’y a aucun feu de circulation ! Courtoisie obligatoire ! Sur le quai de Wells le bon homard. Cher. Au sud, vers Kittery, il y a —comme jadis rue Amherst à Montréal « La grange à Séraphin »— « The Barn », où on se régale —à bon marché— de gargantuesques pièces de viande rouge.

Un midi, une compatriote : « ‘Coutez donc vous, là, êtes-vous celui qu’on pense que vous êtes, mes amies pis moi ? » J’ai acquiescé. Dans l’écume du rivage, des gamins jouent d’adresse sur des planches de bois, des ados sur des planches de plastique dans l’écume du large. Sur la plage —après cinq heures— de jeunes surfmen s’ébrouent. Les goélands quittent le toit du Norseman (sorte de « motel-paquebot » échoué), les sand-pipers s’étourdissent. Deux Hemingway installent une canne géante avec sardine en appât. Je verrai, tour à tour, la sortie frétillante de deux grosses prises. « C’est du 20 livres, ça m’sieur ! », me dit un loustic épaté.

Du matin au soir, de jolis bus rouges, déguisés en tramways, font des navettes incessantes. Partout un peuple estival, jeunesses et vieillesses mêlées, font voir le bonheur de l’été. Revenu, je m’ennuie déjà de la respiration océane. Car la mer respire et l’entendre m’est une joie.