DES ÉCUREUILS NOIRS À GAZA ? ?

Toujours un livre à la main, étendu dans ma longue chaise dépliante, j’observe un écureuil d’une agilité folle. Il navigue, saute, vole, crapahute, se raratatine ou se déploie dans les arbustes sous mon balcon. En suis émerveillé. Tantôt, à la radio du midi, ce matin dans mes quotidiens, chaque soir tard à la télé : il y a l’horreur ! Enfants arabes ensanglantés, des femmes, des vieux, morts ou à peine un peu vifs. Innocents frappés par les bombes venus du puissant nord, du riche pays d’à côté.

J’entends de plus en plus autour de moi : « ces maudits juifs ! » C’est vite dit, vite jugé. Ça soulage vraiment ces violentes imprécations ? En tous cas c’est exactement le but poursuivi par les antisémites du mouvement HAMAS, des militants anti-Israël. C’est ça : «  Maudissez les juifs, mes dames et messieurs de tout l’Occident ! Ce sont des monstres, voyez les images des innocents ! » Stephen Harper dit vrai. C’est classique, c’est une stratégie connue, un des deux camps (le moins bien armé, le plus pauvre) installe de cibles innocentes (enfants, femmes, vieillards, civils quoi) tout autour, et même en dedans, des caches d’armes. Allez-y frappez monstres ! Au téléjournal : des écoliers les bras arrachés, les jambes coupés ! Alors fusent les : « Maudits juifs en marde ». Les badauds épouvantés avec raison vont gueuler : «  Sales juifs démoniaques ! » Le Hamas a gagné, il gagne : amener de plus en plus de monde à détester ce pays neuf. Pays que les anglo-américains ont offert à cette très vieille nation éparpillée partout. Victime du « pire des génocides » depuis le commencement du monde. Ce fut fait avec l’accord de l’ONU.

Un jour, il y aura union de tous les pays arabes ? Un jour il y aura la battue finale…pour rejeter à la mer (méditerranée) le juif maudit ? L’observateur pas trop bien informé se gratte le crâne. Partout on se réunit pour trouver une sortie honorable à ce singulier conflit. Ces Palestiniens révoltés font face à une vraie puissance et fort armé, Gaza, cette appendice d’Israël —appendicite éclatée maintenant— ils osent lancer leurs rares obus sur un tout petit territoire qui est une sorte de « succursale » des USA ! Mais oui, « d’annexe » du plus puissant pays les USA ! Désespérés, ces terroristes arabes ( les terroristes sont toujours des désespérés) risquent l’hécatombe des hécatombes.

Je jongle et vois mon noir écureuil sauter vers un sapin géant, il gambade, il ignore le monde des conflits aux rivages de Moyen-Orient. Contrée dont on rêvait, jeune, lisant cette trop belle Shéhérazade, ses merveilleux contes des mille et une nuit. Shéhérazade est morte, a été tuée, à jamais, à New York, le 11 septembre 2001. Ses tueurs venaient de Hambourg en Allemagne, étaient nés en Arabie Saoudite ! À la source des horreurs, la même affaire : Israël et ses occupations, ses colonies. Mes chères petites bêtes —tiens, voici un rouge-gorge, deux, puis voici un papillon-vitrail, puis une libellule très excitée, une mésange bec ouvert— elles vivent dans la paix, des bêtes. Pour elles toutes, jamais de garçonnet comme celui vu au téléjournal tout le visage en une bouillie effrayante, cette face de bombardé teinte en rouge de mort !

Partout, des autorités s’activent. Organiser une nouvelle trêve. Moi ? Je ne dis rien, je ne dis pas « maudits juifs ! », ni « maudits Palestiniens ! » Mais n’ai plus le coeur de me réjouir des bonds prodigieux de mon noir écureuil. Un deuil quoi.

PARLER CHINOIS RUE MORIN ?

 

Quoi, des langues disparaissent ? Êtes-vous au courant que l’Empire des Romains a sombré ? Que celui, tout aussi puissant, des Grecs anciens aussi ? Que la Perse connut la puissance et la perdit ? Que dire de l’Angleterre, puissance toute rétrécie et que dire de cette France puissante colonialiste jetée à terre ? Pensons aux Arabes musulmans, puissants envahisseurs d’Afrique, installés jusqu’en Espagne.

Ainsi, furent réduits, démolis des empires fabuleux, l’un après l’autre. Les petits pays (Québec) dominés, accrochés à ces puissances, se retrouvent-ils chaque fois plus libres ? Un célèbre penseur Allemand, Stephan Zweig, visita le Québec en 1911. Dès son retour, il confia au journal de Francfort, son admiration : « Ces Français d’Amérique du nord sont admirables de ténacité. Ils mènent une lutte héroïque. » Zweig ajouta : « On doit prévoir qu’ils seront assimilés par la culture anglo-saxonne qui est dominante sur tout le continent. » Bang !

En 2014, on peut dire que ça y est, que ça vient et vite. Observez bien la galopante attirance pour la culture populaire toute puissante, musique pop, variétés, télé et cinémas. Pas vrai ? Observez la jeunesse livrée volontariste à cette sauce impériale-USA. Cent ans plus tard, la terrifiante prédiction de Zweig va s’accomplir. À moins d’un sursaut (improbable) on peut compter les années avant l’assimilation aux USA (et ses satellites, Australie, Nouvelle Zélande, Angleterre, Canada-anglais. Le français est méprisé, bafoué en métropole, sous le séduisant joug d’un « vouloir vivre » à la sauce USA ! Résistance ? Nenni et plein de journalistes publicisent et louangent cet univers du puissant voisin. Si tu protestes, ces demi-assimilés diront « vieux schnock ».

Mais attention: les Américains ne sont pas coupables et méchas, non, non, « ils sont ». Jusqu’à leur chute, comme Grecs, Romains, Perses, Arabes, etc. Nos mollusques, carpettes et demi assimilés —les Cormier, Brunet, Elkouri, Cassivi, Dumas, etc, etc.— publicitaires serviles servent de simples « courroies de transmission » à l’actuelle puissance, hélas voisine, USA. L’assimilation est enclenchée et la fatale prédiction du Zweig se concrétisera. Attention : pas de panique, personne ne va en mourir ! Juste une tristesse infinie. « Toutes les civilisations sont mortelles », a dit Paul Valéry.

Lâche et molle comme Montréal, à Paris aussi on se vautre allégrement dans « l’anglo-way-of-life », parlant franglais avec complaisance, pâmé des produits made in USA. Tout comme ici, résistance zéro. Consentement joyeux, une sotte vanité, idiote acceptation. Un signe ? Voyez les Najari, les cinéastes du tout récent film titré ARWAD (une ville en Syrie). Arwad fait voir la détresse de l’assimilation. Dont, je le répète, on ne meurt pas. On y voit : Des parents exilés ayant conservé leur culture, leurs enfants qui parlent à peine leur langue et les petits enfants ? Ah, c’est fini. Douleur d’une grand-mère (en visite) qui ne peut plus communiquer avec les siens ! Ça va nous arriver collectivement. Une question de temps. Certains se moquaient d’un film (saboté) de Lise Payette au thème dérangeant : « Disparaître ». Rire jaune garanti. Dans peu de temps. Ce sera la victoire de nos « collabos », Brunet, Hugo Dumas, etc. Écoutez ce jargon mou des jeunes, voyez le web des « réseaux » dits sociaux, pénible créole. Avec des expressions « in english », mode illustré par un Marc-Labrèche. Alors, en quelle année l’extinction complète, je ne serai plus là.

Plus tard, règne-USA exclus, entendra-t-on rue Sainte-Catherine —ou rue Morin à Ste Ad— parler mandarin chinois ? N’en doutez pas car viendra le tour de la Puissance-Chine.

« ROYALIST » HARPER », SA GUERRE !

Ottawa veut fêter ça en grand. Quoi donc ? Une bataille bizarre qui n’a rien de bien « canadienne ». En 1812, le Canada n’est qu’une autre colonie de la Grande Bretagne, Québec compris. Depuis 1776, les colons du sud se sont décolonisés, eux. Je ne sais pas si les Laurentides étaient développés assez, si, à la porte de l’église de Sainte Adèle et de Saint Sauveur, on a cloué de ces affiches rédigées par nos voisins libérés de la Monarchie parasitaire. « Tout neuf peuple souverain, ces braves  Étatsuniens nous invitaient à nous joindre à leur révolution. Mais on a pas osé. En 1776 nos braves petits curés, modeste « bas clergé »,  défièrent notre Haut Clergé et acceptèrent de placarder ces appels « Bostonnais ». Curés pionniers de l’indépendantisme.  Une trentaine d’années plus tard, en1812, quelques Américains en armes se pointent de nouveau. Nos gouverneurs monarchistes (non-élus) affolés vont les combattre et De Salaberry, soldat de métier, ira au front. Défendons nos bons maîtres ! Salaberry gagna la bataille. Maintenant Harper, valet de la Reine, souhaite en faire une fête nationale. Une bataille de « colonisés soumis ». 1812 n’a rien d’un glorieux « fait d’armes», n’a rien d’un  fier emblème fédéral-national.
Mais, soyons honnêtes, que serons devenus advenant la victoire de ces indépendantistes des jeunes USA ? Un état de plus ? Serions-nous demeurés des « Français d’Amérique » ? Aurions-nous subi une assimilation,  la fin de notre singularité  sur ce continent. Le sinistre  réalisant voeu de Lord Durham, enquêteur envoyé de Londres qui prévoyait notre disparition et la mort lente de « cette petite nation faite de gens sans histoire et sans culture », a-t-il écrit. On peut énumérer les nombreuses tentatives d’Ottawa pour nous assimiler, c’est cette frayeur des USA qui nous a fait gagner des points, arrachés un à un. Et « l’élégant salaud » Elliot-Trudeau, lui, nous dépeindra en
« lamentable peuple de maîtres-chanteurs » Londres en 1832, en 1867, nous fera des concessions. Pas par vertu. À cause de cette peur des maudits voisins décolonisés.
Autre chose ? Éric Bédard du Journal de Montréal publie des déclarations parues dans Québec-Rock en 1981, propos du populaire chanteur Daniel Lavoie, alors demi assimilé arrivant du Manitoba : « Le Québec français sera submergé un jour, je ne trouve pas ça négatif. La langue française, îlot dans un océan d’Anglais, est une fausse fierté, notre culture n’en sera que plus diffusable. Débarrassons-nous des fausses fiertés. » Édifiant ?  Plus tard, en 1982, dans Le Lundi, désormais il craint l’assimilation : «  Ce serait dommage. Le Québec apporte quelque chose de beau, de valable à la vie des humains sur la terre. » Seuls les fous ne changent jamais d’idées. Janvier 2012, stupides en majorité, des amateurs de hockey bavent sur les patriotes qui protestent aux portes du Centre Bell : « Quoi, le français ? Pourvu que le club gagne. C’est toute ce qui compte ! » Tristesse infinie.  Ironique, Gilles Proulx publie : « Dépêchons-nous d’enlever l’accent aigu français sur les mots Québec et Montréal, ça choque ! »
On rit pour ne pas pleurer.

LES YEUX DANS LES YEUX

À ma quotidienne saucette hydrothérapique, à cette auberge L’Excelsior, une fin d’après-midi : un face à face rare. Je cuisais en homard dans les tourbillons de la ronde cuvette et qui j’aperçois par une bow window ? Un raton laveur bien grassouillet qui gratte dans la vitre. Je sors du bain et je cours vers lui. Je me penche et, les yeux dans les yeux, nous avons échangé. Monsieur Raton Laveur avait son fatal loup  noir, masque vénitien sobre, comme baissé sur les joues, on aurait dit qu’il avait les yeux comme un peu sortis de la tête. Lassé de ne pas pouvoir me gruger les doigts que je lui tendais volontiers, il se détourna du vieil homme en maillot de bain  pour aller et venir dans la neige juché sur un podium ce service où se voyait une poubelle au couvercle branlant. Hélas pour lui, vide !

Rentré, je fouille dans les coupures que m’expédie Marielle, ma sœur et documentaliste. Seigneur ! Patrick Lagacé —de l’Empire convergent La Presse-Desmarais— patauge en « citoyen du monde », vous savez cette niaiserie à façade mondialiste pour s’engluer au fond dans le monde anglo-américain —qui est $$$, tout puissant. Lagacé joue le surpris quand la SSJB —Luc Savard, patron— affirme que « Arcade Fire », groupe anglo qui vit et enregistre à Montréal (louangé à Los Angeles et à Londres) ne serait pas accepté au spectacle national du 24 juin. Bébé-Pat est très choqué. Tous les connaisseurs de ce milieu « rock-pop-rap-etc » savent que, désormais, ce groupe va filer vers les grandes messes sauce anglo-américain. Et tant mieux pour eux. Tout le monde sait bien aussi  que le 24 juin fête la résistance française sur ce continent de 350 millions d’anglo-américains.

C’est clair mais le Lagacé, déguisé en mondialiste à gogo,   préfère singer le grand étonné et  sort « maudite ceinture fléchée ». Il sermonne des gens simplement logiques, raisonnables. Lagacé —un franc-farceur— va jusqu’à comparer la SSJB avec le racisme anglo qui nous jetait jadis « Speak white ». C’est tout simple et normale que la fête soit française le 24 juin. À 100 %. Ces tarlais, ces bêtas de la tolérance « zozo »  et de l’accommodement « toto » me font ch… suer.

Même Empire-Gesca : Alain Brunet avance que notre gala québécois  —ADISQ—  n’est qu’un spectacle de paroisse qui nie la réalité « cosmo » de Montréal. Paul Arcand le regrette aussi, dit Brunet-Courroie-USA. Ce docile publiciste des amerloques en devient un raciste inverti. Il se méprise. Le reporter Émilie Côté —même Empire—  flatte ce cultural businessman à « branding commercial », Simon Brault,  qui jouit de ce  « Montréal, ville cosmopolite ouverte. » Faux : rien des autres cultures du monde, c’est toujours l’aliénante foire anglo-saxonne. « Cosmopolite » mes deux fesses !

Ajoutons ce petit boss colonisé aux lettres ouvertes de La Presse —il pense qu’on s’en aperçoit pas, cher Vigneault— qui publie surtout les aliénés, place aux Michel Lebel ( des Laurentides hélas) affirmant qu’on est « tous des  xénophobes déguisés ». On dirait le québéphobe Mordecaï Richler. Lire un  certain J.F. « Imitons nos émigrants et parlons notre langue en famille ». Tel quel ! On s’incline pas par respect mais par envie de vomir !

LE SANG COULE…

Pour une distraction, depuis longtemps, plein de gens lisent du roman policier, des « polars ». Quand j’étais plus jeune du prolifique (six par année !) Georges Simenon et son sympathique et goguenard et brillant « inspecteur Maigret », si placide. Dans les années 1980, j’en ai publié cinq ou six avec mon Maigret à moi, Charles Asselin. Mon premier ? « Le crucifié du Sommet Bleu ». Un genre (le polar)  qui m’a vite ennuyé. Au départ, il faut installer et calculer tout le plan du récit (la fin surtout !). Ouash, moi qui aime bien me surprendre en cours de création.

À  ma chère bibio de Sainte Adèle, rue Morin, la grosse part du budget « achats-de-livres » va à ces histoires de sang et de fics. écrits par des dames souvent désormais. Livres à succès et, donc, fréquentes demandes des lectrices (et lecteurs) d’ici. Frouch !, tout le gros du fric public est investi dans cette sorte de…littérature (hum!). Romans traduits souvent de l’american-english.

Parfois donc j’ai besoin de distraction et, récemment,  me voilà plongé dans du Mankell. Avec son Maigret : l’inspecteur Wallender (vu à la télé ). Aussi, l’an dernier,  plongeon dans les célèbres « Milinénium », avec une punk délabrée adjointe de l’enquêteur. Et voilà que, tout dernièrement, plongée dans le fameux Ellory. Un populaire auteur de polars sophistiqués. Je sors de « Les anonymes », sa récente ponte. Oh la la  ! Ellory s’englue dans cette mode infâme du « complot ». Genre du Bergeron-échevin qui croit que les tours du World Trade Center à Manhattan furent bombardés par des provocateurs américains ! Afin de pouvoir attaquer davantage les musulmans intégristes ! Vous voyez le genre niais, une connerie rare qui amena le cinéaste Oliver Stone à illustrer un autre « complot-CIA » pour faire assassiner JFK (le titre de son film).

Dans « Les anonymes » Ellory déclare : « Il y a que deux fléaux au monde : la puissance de la CIA  et l’argent du Vatican à Rome. » Tel quel ! Ce Robert Miller, Maigret de Washington, traque un tueur en série. Le Jonh R., un agent de la CIA démissionnaire, pris de remords car il a assassiné une cinquantaine de gauchistes communisants (au Nicaragua, à Cuba, au Mexique, en Asie, en Europe de l’Est).  Ce tueur d’État, culpabilisé tue à Washngton de ses anciens compagnons. Une soupane folle, une poutine ridicule. B’en, ça se vend comme pains chauds. Le lectorat serait friand de ces récits à « complots ». Les anonymes » donc, une histoire bien pleine d’invraisemblances et qui se lit malgré tout. La recette ? Des détails piquants, rebondissements et fortes surprises…Bref, on tourne les pages. À la fin, on est déçu gravement. Bof, on y gagne un happy end à la rose sauce Walt Disney. Très cul-cul—la-praline. Le talent des Ellory ? Un don pour tricoter du gros suspense sordide en forçant le réel et on s’en fout, on lit. Un don ? Oui. Une distraction ! Et passe à la caisse, tripoteur des vérités, tu l’as bien mérité va.

POUR EN FINIR AVEC UNE FAUSSETÉ !

On est plus en 1867, on est en 2008. Plus on avance dans le temps, plus il va falloir choisir. Il agonise, ce vieux souhait d’un Canada bilingue. Le sait-on bien, ce souhait irréaliste d’un romantisme frelaté, a fait s’engloutir des sommes vraiment faramineuses. La ruineuse Commission « B and B » fut une foutaise tablettée. Les larmes du bon vieux Laurendeau ou-son successeur- celles de Jean-Louis Gagnon : mises au panier de l’histoire ! Allumez les nostalgiques, les temps changent ! C’est l’espagnol, mieux, le mandarin, qui doit être enseigné aux étudiants anglais du Canada. Pas le français. Soyons lucides un petit brin, faudrait savoir, Québécois, ce qu’on veut. Suffit les protestations et, parfois, vains rugissements. Surtout dans deux cas. Un. Ces lamentos -lettres ouvertes- en découvrant : « Hors du Québec, on parle plus français ! » Les niais ! Plein de -souverainistes parfois- nationalistes qui braillent comme des veaux : « C’est-y effrayant, à tel endroit du Canada, plus de français ! »

Rentrons nous cela dans le crâne : le français est la langue des Québécois et les Canadians -demi-amerloques, faux-américains- qui habitent les neuf autres provinces de cette pseudo-fédéréation n’ont nul besoin du français. Un fait têtu. Notre langue est inutile dans toutes ces autres régions. Ça grogne avec raison chez les voisins : « cette langue française nous servira à quoi? À aller jaser au Carnaval de Québec, une fois l’an ? C’est regrettable pour nos minorités francos hors-Québec ? Ils sont devenus des exilés malgré eux ! Rien à faire. Aux USA il n’en va autrement n’est-ce pas ? Pas un mot en français, ni à New York ni à Los Angeles, nulle part. On dit rien, évidemment. Pareil pour ce Canada désormais !

Normal aux USA, eh bien, il en va ainsi, et de plus en plus, en Canada. Le vaste Canada -pays voisin et néanmoins ami-, est un pays anglais, exactement comme les Etats-Unis. On enrage de devoir ouvrir les yeux aux aveuglés des songes d’antan. « Non, cher Abbé Groulx, nous n’irons pas civiliser le Canada coast to coast, oubliez ça ! » Clair ? Pourtant plein de braillards candides: « J’étais à Ottawa pis… J’étais en avion, pis… » Silence bande d’ innocents ! Il faudrait se mettre dans la tête et une bonne fois pour toutes : le Canada est un pays anglo. Avec leur émigrations galopantes, pour seul exemple en Ontario, s’en vient vite un temps où nous serons -les français- de plus en plus minoritaire en Canada, à Ottawa un tout petit groupe sous représenté face aux autres Canadians, M.Harper est entrain d’y voir et c’est tout à fait démocratique. Normal.

C’est ici seulement que nous sommes majoritaires, 85%, C’est ici seulement que nous devons causer (merci à la loi de Laurin !) en français. Partout au Québec, même au centre de notre métropole si peuvent se secouer les lâches du « Conseil » de la langue à Québec, cachottiers mous du régime de pleutres actuel. Non mais…est-ce que cette attitude de chialeurs va s’achever une bonne fois pour toutes.

Deux ? Deux : il est où le problème quand un représentant de notre gouvernement ne parle pas en anglais aux reporters étrangers, ou du Canada, ou de ce « Montreal-Ghetto », « The Gazette » ? Oui ou non, Québec est-il un pays français ? Pauline Marois ne devrait parler publiquement qu’en français. C’est normal partout dans le monde. Qu’est ce c’est que ces horions de « colonisés » si elle ne jase qu’en français à ses conférences de presse. Comme il est normal de voir un élu du Canada -fut-il un frenchy élu à Ottawa- qui cause in english only à une Chamber of commerce ? Fichons la paix à ces élus « canadians ». Le Canada est un pays anglo.

Le bilinguisme officielle, légalisé (qui doit être une affaire personnelle) fut un gaspillage éhonté. Une folie ! Un songe-creux -oh, une business payante aussi- une niaise entreprise fédérastique pour des inaptes à concevoir le réel.Des idéalistes déconnectés de tout. Que ce soit MM. Charest, Dumont ou autre élu québécois, c’est le français qui règne par ici. Pauline Marois aurait intérêt, pour l’agrandissement économique futur du Québec, à apprendre le Chinois. Ou…la langue de l’Inde. !

Mais quoi ?, il n’en va autrement en Allemagne ou en Espagne, dans tous les autres pays du monde. Personne n’exigera autre chose que l’italien chez les élus en Italie ! Finissons-en avec le rêve idiot du coco Trudeau qui n’a pas pu fonctionner, cela crève les yeux en 2008. Tentative naïve, folichonne. Les pleurnicheries des vieux nationalistes, c’est caduque. Monsieur Fraser, pauvre pion stipendié du bilinguisme canadian raté, perd son temps et, plus grave, l’argent public en un énorme gaspillage.

LETTRE À PIERRE FOGLIA

J’ai souvent vanté, publiquement, vos bons talents de chroniqueur de la vie quotidienne. Foglia, votre immense public est garant de cette amusante faculté de jacasser avec esprit. Mais voilà qu’un bon matin récent, purisme étonnant chez vous, vous joignez le peloton des affligés de notre français québécois.

Maudit verrat qu’on parle mal ! Tautologie ? Évidence ? Personne d’un peu instruit ne va vous contredire, j’en suis. Bon, on parle pas bien pantoute. L’élève et aussi sa maîtresse d’école et les parents aussi bien sûr. On est bien d’accord. Mais c’est bien court, de l’ordre du simple constat. Ça crève les… oreilles. Mais oui. Je viens pourtant vous implorer de ne jamais oublier les racines de ce mal-parler, de ce mal-écrire aussi. On lit là-dessus que ça va mal aussi aux États-Unis, en France aussi. Partout alors? Mais, ici, au Québec, il y a des faits têtus qui ne font qu’augmenter, encombrer, cette situation apparemment universelle : les jeunes s’expriment mal.

Ne jamais l’oublier : le français au Québec a été durant des siècles une langue « secondaire », sans importance. Diminuée et méprisée. L’outil des pauvres, des dominés, de ceux qui ne contrôlaient rien. En dehors des rares esprits forts – les Buies, Asselin, Fournier, etc. – le peuple de colonisés que nous étions n’était jamais stimulé sur le sujet de la langue française. Pierre Foglia, vous avez bien que nous venons d’une majorité de paysans pauvres, de cultivateurs archimodestes, d’ouvriers souvent illettrés quand ce n’était pas des analphabètes.

Les temps ont changé, c’est vrai, mais nous traînons ce vilain héritage et très visiblement. Mon père, fils d’habitant, disait toé pis moé. Je ne reprocherai à personne de vouloir corriger nos lacunes ou de souhaiter du changement. Je reprocherai toujours à ces surveillants bien intentionnés de jouer les amnésiques. Dès la défaite (prière de ne plus dire la conquête) de la Nouvelle-France, notre langue française était condamnée. Sans la très grande peur de nos conquérants face aux patriotes « indépendantistes américains » qui rôdaient à nos frontières, les victorieux Anglais nous auraient menés, et rapidement, à la totale assimilation, cela est sûr et certain. Fini le français en Amérique du Nord! Nous parlerions tous l’anglais aujourd’hui. Donc, le peuple Québécois parle français, un certain français, réalisé. Ce « miracle » étonne absolument les visiteurs de l’Europe, surtout de la France mais… il n’est pas pur. Il serait étonnant qu’il en soit autrement, Pierre Foglia. Vous, fils d’émigrant italien exilé en France, qui vivez au Québec depuis si longtemps, je vous implore de ne pas oublier cette histoire lourde, difficile, fragilisante. Les racines de notre mal.

Sans cesse il y a eu des tentatives de nous diminuer, de nous diluer; je gage que vous connaissez bien ces épisodes de racisme, ces efforts de francophobie pure. Tout cela ne faisait rien pour valoriser le français. Tant des nôtres se sont carrément assimilés, hors les frontières québécoises et aussi à l’intérieur du pays. Le speak white d’il n’y a pas si longtemps dans le grand Montréal -où vit la moitié des Québécois- fut perçu par plusieurs non pas comme une insulte mais comme une simple et fatale réalité. Triste vérité !

Il y a eu progrès depuis la vitale loi de Camille Laurin et bien plus nombreux qu’on pense sont ceux, mieux instruits désormais, qui s’amusent simplement du jargon des « Têtes à claques », une parlure qui fait rigoler la France. Ainsi, notre pauvre langue maternelle, le joual, devient, mais oui, comme un exotisme que nous chérissons! Eh oui, nous gardons une sorte d’affection pour ce patois. Patois que, en passant, vous faites bien d’utiliser vous-même à l’occasion, une couleur ajoutée fort sympathique! Tout cela dit, cessons l’accablement et le masochisme, évitons de jouer un noir fatalisme à la mode du jour. À mesure que, collectivement, nous reprenons confiance en nous, il y a nette amélioration.

Déjà, il arrive assez souvent, lunettes noires enlevées, que nous nous surprenons d’entendre un peu partout, dans la rue ou dans une cour d’école, un bon niveau de français parlé et écrit; cela même dans le modeste monde des ouvriers. Facile de vérifier, de comparer et d’apprécier les progrès si on examine des documents d’archives -sonores et visuels.

Nous émergeons davantage chaque jour de la noirceur culturelle historique. Celle d’un triste passé relativement récent. D’avant 1960. Époque bien connue quand tous les Canadiens de langue française étaient perçus par nos bons maîtres anglos en porteurs d’eau et scieurs de bois. Allons, admettons-le. Même s’il y a certainement place pour davantage de progrès. Vive l’espoir! Sus au pessimisme ambiant ces temps-ci.

L’AUTRE MONDE ?

Depuis « ado » que je me consacrais à « arts et spectacles » seulement. Tout autour de moi comme pour tous mes camarades « zartistes », il y avait, il y a toujours, « un autre monde ». Depuis quelques temps, ne voulant pas mourir idiot, tel un navigateur sur un continent inconnu, je lis sur cet « autre monde », celui des affaires. En ce moment une nouvelle de la Presse Canadienne. J’y viens.       30 années donc à travailler -aux décors- à Radio-Canada en ignorant un immense mur nous séparant : celui d’un secteur fort actif, d’un monde « à part », celui dit « commercial ». Aucun contact, aucune rencontre entre les « vendeurs de temps publicitaire » et nous, les créateurs de divers ordres. Étais-ce normal ce séparatisme ? Ma compagne de vie y fut toute jeune secrétaire en ce grouillant secteur commercial, elle était donc alors « de l’autre côté du mur », calculait les espaces en studio pour les cigarettes « PLayer’s » durant « Les Plouffe », par exemple. Rien à voir avec ce qu’elle deviendra un jour en « calculant » désormais ses prises de vue pour des textes de V.-L. Beaulieu !

En ce moment, ici, à mon hebdo, des gens cherchent des annonceurs indispensables à la survie du journal. Mais je vais d’étonnement en surprise avec cet article de la P.C. Un prof aux USA déclare dans une étude pour le Conference Board, que le Canada (commercial) fait très mal sa promotion (commerciale) aux States depuis que le Congrès détient le pouvoir. Ah bin ! Le Canada (et le Québec donc), se ferait damer le pion, même par le Mexique et le Chili ! Pourquoi ? Ils ne savent pas faire pression et influencer le Congrès, majoritairement « Démocrate » désormais. Pourtant dit l’étude en question, c’est le Canada le plus fort partenaire en commerce avec nos puissants voisins du sud. Une anomalie regrettable paraît-il. « Il faut une petite poussée souvent », dit l’étude. Nos entreprises ne cibleraient pas bien les entrepreneurs américains d’un secteur commun qui ont une influence et les élus (Démocrates). Je m’instruis ! Je lis deux choses : 1- Que les Démocrates vont freiner la folle cadence en accords de Libre-échange dans le vaste monde et le Canada va donc pouvoir souffler. 2- Que La Chine nouvelle est en voie de devancer le Canada en importations aux USA ! Ils sont un milliard d’habitants, ils travaillent à très bon marché, alors, pas de surprise là ! Certes il y a litige USA-Chine mais Pékin (Bejing) est sommé de « libéraliser » son marché. Le Canada en profiterait dit l’étude, les prix s’ajustant davantage. Bref, j’apprenais qu’il y a « lutte perpétuelle des marchés » mais qui l’ignore ? Dire franchement que j’ai de l’admiration pour les intrépides audacieux entrepreneurs; ils donnent des jobs, ça n’est pas rien. J’ai moins d’admiration pour les financiers, les banques, prêteurs d’argent qui spéculent sans cesse. Argent dont les entrepreneurs ont besoin, ça va de soi. Le financier n’a rien d’un être social capable de solidarité, il vit pour le fric à contrôler « à la hausse » car si c’est pas « très » rentable les actionnaires iront ailleurs. Même le modeste « petit bourgeois », avec ses Reers chez Desjardins ne souhaite pas de minces profits. Sommes-nous tous complices du système ? Oui.

Cet article… bien compris les affairistes ? De toute urgence installer à Washington d’habiles démarcheurs (lobbyistes) auprès des collègues étatsuniens, aussi auprès des gens du Congrès à Washington. Moi, dans ma candeur « d’artissse », je croyais jadis que : « Tu présentes un bon produit et, bingo, il gagne le marché. » Pauvre nono ! Non, non, il faut donc faire anti-chambre, il faut faire jouer des cartes qui n’ont pas grand chose à voir avec la qualité d’une marchandise offerte ! Je vous le dis « une autre planète ». Ce n’est donc pas comme pour des tableaux ou des romans ? La concurrence n’est pas « ordinaire » en ce monde-là ? On vient me détromper : « Pauvre rêveur, même l’artiste, le fameux, le renommé, lui aussi, cherche les bons contacts, s’acoquine avec « des importants » de son milieu, se démène comme diable en eau bénite pour d’avantage de notoriété et fréquente volontiers « qui il faut ». Le talent seul ne suffit donc pas ? Il y a réseau, il y a une voie rapide pour la consécration, pavée de calculs très concrets. C’est noté.

Oui, j’aime désormais lire sur « le monde des affaires ». Ma découverte d’une grande part du monde réel. Et me reviennent en mémoire ces lignes du génie Arthur Rimbaud juste avant qu’il s’exile en Éthiopie pour « brasser des affaires : « Me voici au sol, avec un dur devoir, étreindre la réalité ». Le poète défroqué ira jusqu’à vendre des fusils (pour le roi Ménélik) importés pas chers de Belgique. Et des esclaves, recommandant à sa terrible mère, de « savoir bien placer mes argents » qu’il lui expédie du Harar. À 37 ans, Rimbaud reviendra en ses Ardennes, se fera couper la jambe et ira mourir désespéré dans un hôpital de Marseille !

Résumons : Les businessmen du Canada se font damer le pion et on ne leur demande pas d’améliorer leurs produits, on recommande d’engager des malins à Washington pour mousser leurs business ! Que cela vous plaise ou vous fasse grimacer, voilà la dure loi des marchands. Bonne chance aux organisateurs de fins repas, de parties de golf intéressées, de croisières luxueuses en yatch, moi je m’en vais tout bonnement rédiger un nouveau bouquin racontant dix ans d’excursions d’un papi étonné avec ses cinq petits-fils, 1985-1995 et cela sans aucun démarcheur.

RECHERCHÉE : VIE INTENSE

Falloujah en Irak et Jackass à Québec ? Outrages à cadavres, en rigolant, morts suspendus, grillés, à un pont. On a voyeurisé ça à la télé. Des jeunes gens, joyeux eux aussi, voyeurisent des sados-masos aux mutilations volontaires avec lumières et musique sur scène. Or, samedi matin, un prof (de français) du New-York State University m’invitait à jacasser (sic) avec son groupe d’étudiants. Je bavarde ad lib. Les fait rire aussi, c’est important. Période des questions : sujets libres : l’un (35 ans) me déclare (je causais Falloujah-Jackass et Bush : « On nous perçoit comme des ultra-nationalistes-impérialistes. Une fausseté. Les Américains —ils refusaient le mot Étatsuniens, comme si, du sud de l’Argentine au nord du Québec nous n’étions pas en Amérique— sont des individualistes, sur tout le territoire, c’est le chacun pour soi : soi-même et les membres de sa famille. Le reste de la planète ne les intéresse pas ».
Tous, ils regrettaient le fait, plaignaient les jeunes de partout. L’un (40 ans) : « La vie représentée via pubs, clips, télé, ciné, fait voir sans cesse de la vie trépidante. et c’est de l’irréel. Ils se retrouvent dans la vraie vie et c’est tellement moins excitant. De là les dérives : drogues, jackass, etc. L’écrivain réfléchit alors et sans complaisance. Dans mon récit, « Enfant de Villeray », j’ai osé raconter : la fois que l’on fit éclater nos pétards sur un dadais démuni, les sauts périlleux des garages avec un vieux parapluie, le gardien bossu de la patinoire incendié dans sa cabane, jeux d’imbéciles voltigeurs de balcon en balcon dans ces célèbres escaliers en tire-bouchon, sauts dans cinq pieds de neige des troisièmes étages, au soleil, brûlures insupportables au soleil sur la peau avec une loupe, etc.
Lisant des interviews, on découvre des V.-L. Beaulieu, Dany Laferrière, Michel Tremblay, Robert Lepage, etc., en gentils petits « fifis » qui ne jouaient ni au hockey ni au base-ball dans nos ruelles sales, ni ne se livraient à nos folies de garçonnets qui s’ennuient. Ils lisaient ! La maman pas bien loin. Ou grand-maman Da. L’ennuie : les « Maudit que cé plate ! Quess’ qu’on fera bin, les gars » ! Vouloir vivre intensément ! Foglia, ce même samedi : « J’ai vu Falloujah, une ville tranquille, normale, ordinaire ». Quoi, là où on a vu des garnements rieurs frapper deux morts à coups de pelle ? « Des animaux », dit l’occidental repu. N’insultons pas les animaux. Et ces débiles voyeurs des jackass ? L’animal ne se mutile jamais délibérément.
Mais fouillons la psyché humaine, observons us et coutumes des jeunesses actuelles, tenez : examinons bien « la lente douceur » des jeux électroniques. Hum ! Pour ma part, à quatorze ans, je découvrais, tard, la succursale de la bibliothèque municipale au Marché Jean-Talon. Fin des conneries, par les livres, des existence narrées prenaient mlle et un sens, couleurs, formes. Le salut ! Un reporter ira questionner les 20-30 ans aux portes des Jackass ? « Ce temps-ci, que lisez-vous » ?
Oh que j’ai hâte de lire les réponses !

Le dimanche Ier décembre 2002

1-
Quoi? Déjà ? Décembre débute. Me reste donc huit journées nettes à noter sur calepin. Trois ou quatre entrées finales. Le 8 j’écrirai : « youpi, je l’ai fait. Toute une années (365 jours de notations) de journal ». Content de moi.
Après ce sera « Poing… », un hebdo d’un autre genre, je le veux, que je veux plus « poignant »(?), plus « poing » brandi. Plus minimaliste aussi. Fini de m’étendre en considérations diverses sur…l’État du Monde. Un journal elliptique. Recouvrer de la liberté. Je ne noterai plus rien. Ce sera ce qui submergera vraiment. Juste la mémoire. Me débarrasser des éphémérides vains quoi. Un poing pour faire le point sur on existence une seule fois la semaine. Un « poing net » de coq à l’âne multiple. Y arriverais-je ? Je verrai bien.
Aile a lu hier soir, avant de venir me retrouver dans notre vaste couchette —lit king-chose—, mon essai —le premier chapitre de mon « Exilé ». (Devrais-je le « soumettre » sur le site, Marco ?). Ses questions : 1- « Ça se passe où au juste, on sait pas. 2- Ça se passe quand, on sait pas trop. 3- Ce jeune missionnaire refusant la femme offerte, est-ce plausible de nos jours ? 4- Ces villageois, des sauvages, des vrais primitif ou quoi ? Ce maire guettant un site à touristes semble moderne, non » ?
Je dis : « Oui, je vais y penser ». Mais… bigre, je tente justement (me défaire de l’ancien romancier réaliste) de jouer la carte de l’ambiguïté. Situer mon histoire (que je ne connais pas encore, que je raconte au fond) sans un espace géographique précis, sans temps trop défini, dans un monde exotique pour mon jeune héros. Un seul pan, flou, parler de quête spirituelle. Mon « petit prince » est un jeune adulte. Il sera aux prises entre sa foi religieuse et un monde réel. Je souhaite arriver à le confronter : l’exil —fuite, cachette, abri anti-monde— qu’il s’est imaginé sera une très difficile aventure intérieure. J’ai peur. C’est correct, souhaitable. Sans cette frayeur —risquer un échec— devant le projet, aucun intérêt de poursuivre ma chimère. J’aime mon défi. J’ai tout décembre —tout janvier aussi ?— pour triompher (?), écrire sur un thème impopulaire, sur un sujet hors-mode. Ce serait mon premier roman…philosophique. Non, pas ce mot. Simplement un roman différent de tout ce que j’ai fait jadis. Vouloir une mue. En avoir besoin. M’imaginer, bien entendu, une métamorphose complète. J’ai très peur. C’est excitant. Aurais-je la volonté de tenir bon. Le terminer coûte que coûte ce récit sur… les valeurs.
Il y a qu’avec le journal, j’ai pris conscience du temps qui fuit, de mon âge. Il me reste bien peu de temps maintenant. Ne plus publier des histoires ordinaires. Ambition ? Estimation de soi inflationniste ? Ça se peut. J’ai bien le droit de croire que je peux laisser un ouvrage qui aurait du sens. Qui aurait le pouvoir de faire réfléchir. Je ressens le besoin d’écrire —ce qui me tenaille depuis si longtemps au fond et qui est la question essentielle : ne pas être au monde en vain. Laisser une trace une bonne fois qui en vaut la peine. Pour ceux qui viennent ? Oui. Par exemple, entre autres, pour mes petits-fils que je vois s’en aller vers ces réalités folichonne qui nous submergent ici, en Occident-le-repu.
Assez, le faire maintenant, continuer à trouver l’énergie —le goût, l’envie, le désir, oh le désir !, de poursuivre. J’ai peur. J’aime ça. Croisons les doigts. Que les dieux de l’inspiration collaborent !
2-
Aile a loué « Atanarjuat ». Premier film d’un Inuit, tourné dans sa patrie arctique. Étonnant récit. Nous qui sommes fasciné par ces austères paysages du Grand nord, servis ! C’est le monde « esquimau » de nos enfances. Ça se déroule certainement au temps d’avant les motoneiges, les moteurs « Evinrude », les maisons préfabriquées d’aujourd’hui là-haut. Tribus sauvages, petits clans à querelles, primitifs vêtus de peaux, recul au temps des cavernes (igloos). Un univers d’hommes préhistoriques qui survivaient, il y a 50 ans, loin au-dessus de nos modernes terrains organisés. Un film —malgré des longueurs, tout va si lentement entre glaces et neiges— épatant. L’hiver, si long là-haut, sans repères, sans horizon aucun (vues effarantes) quand le ciel se confond avec cette toundra blanchie.
Me suis vu hier soir à « Tablo », canal Artv. Pas fameux mon bref segment. N’en reviens pas encore :tant d’heures avec caméra et huit petites minutes pour l’écran. Généreuse, l’amie Françoise (Faucher) me téléphone ses louanges. « Votre plume à l’encre, Claude, si vive, si décidée, oh, bravo » ! Leur choix de peintres, des « pros », formidable dans cette série rare. Hier encore. Découverte sans cesse de talents inconnus de moi, très forts. Pour cela :vive la série « Tablo » !
3-
Article insolite dans cahier-culturel de La Presse, sur un bizarre d’Étatsunien, exilé, devenu prof à l’université de Chicoutimi, R. Dole. Jeune, il fut interné (en 1960) en hôpital psychiatrique pour… homosexualité ! Étudiant à Harvard, « sioupla », où il se déniche un père spirituel, le théologien protestant allemand, Paul Tillich, « un Sartre » dit-il à Suzanne Giguère. Secoué jeune par les révélations des camps nazis et « pour fuir les images de la guerre au Vietnam » ce bizarre futur « chicoutimien », Robert Dole, s’exile…Où ?, en Allemagne ! Curieux non ? Il y trouve le bonheur complet, dit-il ! Bon. Il y enseignera. Germanophile total. Il publie « Mon Allemagne » ces jours-ci, un mince 115 pages, chez Leméac éditeur. Le fameux Stephan Zweig, deuxième père spirituel, l’aide à passer « au delà- des ténèbres nazis » ! Très curieux cheminement intellectuel !
Pour Dole, il semble se réconcilier avec cette Allemagne (qui l’avait tant choqué jeune) via sa culture. Comme si les célèbres littérateurs (et philosophes et musiciens) allemands pouvaient occulter le nazisme allemand ? Cela fait songer aux défenseurs d’un Israël « naziste » en recourrant à la fabuleuse pensée biblique (Thora) ! Non mais… e qui est déroutant c’est bien justement de constater qu’une culture « hénaurme » n’a pas empêché un peuple de sombrer dans le fascisme odieux le plus horrible jamais vu sur terre. Inquiétant non ? Une culture riche, universellement reconnue, ne protège absolument pas des pires dérives nationales ? Une idée accablante, c’est certain.
Dole s’avoue volontiers schizophrénique. Quel prof ! On songe au film « A beautiful mind ». Il lit la Bible tous les jours, dit-il. On se demande comment il s’arrange avec les condamnations incessantes des affreux sodomites ! Sa foi ? C’est « une consolation » dit-il, la religion. Aïe ! Voilà un rapetissement étonnant sur la foi. Dole vante le pacifisme sur-actif des Allemands mais quoi ?, est-ce pour eux, là-bas, une compensation ( les remords ?) pour les horreurs innommables commises par leurs pères ou grands-pères ? On est en droit de nous questionner sur ce vif amour « allemand » pour la paix. Écrire m’sieur Dole ? « Une thérapie » dit-il, ça prouve que je suis sin d’esprit ». Oh Seigneur , non ! On connaît, tous, des écrivains à l’esprit énormément tordu, complètement déboussolé. Un sacré prof, je vous jure.
4-
J’avais aimé illustré (chez Guérin éditeur) un livre du prof Réginald Hamel sur Alexandre Dumas…Le grand Alexandre, que l’on vient d’installer en grandes pompes au Panthéon des grands hommes à Paris, et cela avec un faste jamais vu —défilé, fanfares, spectacles de rue— dans aucun autre pays du monde. J’aime la France pour cela aussi. Hamel —qui se promenait un temps à bord d’une grosse moto, fortement cylindré, était un diable d’homme : il colligeait tout, vraiment tout, sur nos écrits québécois pour ses archives dans la haute tour de son université sur le mont Royal. Le voilà invité parmi les connoisseurs en « mousquetairies » à Paris. Honneur mérité car Hamel sait tout sur ce petit-fils de nègre-esclave en Dominique. On ne sait pas assez qu’il y a —dans nos murs— des Québécois très savants et cela dans mille domaines.
Grave bémol de Martel pour le récent roman de Bourguignon et…toc : trois étoiles ! Dany Laferrière s’étonne ce matin —propos étonnants sur théâtre etc.— de ces étoiles (comme à la petite école) pour les livres. Il a bien raison. C’est puéril. Comme il s’étonne des « coups de cœur » qu’une chaîne de librairies plaque sur de tas de bouquins. Les livres comme des jambons avec étiquettes : « quality one » ! Des bémols pas moins fréquents pour le film « Séraphin ». Le jeune historien Champagne (brillant à Historia) chez Le Bigot ce matin. Il raconte Grignon : né et mort ici à Sainte-Adèle (il y fut maire), à quatre portes de chez nous, jeune décrocheur du collège Saint-Laurent, reporter un peu partout dont à « L’Avenir du Nord, puis pamphlétaire, un jour à gauche, plus souvent à droite, admirateur du réactionnaire Léon Daudet (fils indigne du merveilleux Alphonse). En 1933, le roman de son Alceste-Arnolphe-Avare (moliéresque tragique). Six ans plus tard, hélas, débute l’exploration et l’exploitation —il faut le dire— de son Séraphin qui n’avait rien d’un séraphin.
Champagne n’a rien dit du terrible papa de Grignon, médecin changé en dur agent immobilier, rapace (ma-t-on dit), âpre aux gains des spéculations douteuses. Contentieux grave de ce père « avaricieux » (?) qui eut le tort de se remarier. Il y eut même une petite maison construite (on peut la voir , rénovée, peinte en bleue derrière la fleuriste Hudon (ex-logis du père honni) derrière le vaste logis paternel où vivait la belle-mère haïe. Un tunnel-tambour (on en voit les traces) permettait les visites aux garçons rebelles ! L’auteur, devenu célèbre, gommait cette histoire. Freud —et Malraux— parlèrent du « devoir tuer le père ». Classique. Eh oui ! Je tuais le mien (ultramontain) en affichant mes convictions anticléricales, socialistes et séparatistes. Pour qu’il s’étrangle, je piétinais volontiers ses dieux : le pape, Duplessis, Salazar, Olivera, Franco. Devenu adulte, je comprenais ses peurs, son hérédité et je fis la paix avec lui.
5-
Le Marsolais « bon chien » chez « Power-Gesca-La Presse », parle de « redites » lisant « le tome 2 » de Normand Lester sur le Canada bien noir. Écorcher l’encombrant messager. Nuire au divulgateur : nos anglos en nettoyeur ethniques « coast to coast ! Dans l’Ouest, revêtus des sordides soutanes du KKK, orangistes enragés, haine viscérale des émigrants et des Canayens-français-cathos, des Chinois surtout, cela jusqu’au bout de l’Est (Newfoundland) où ils génocident radicalement les Amérindiens du lieu. Je suis toujours dans son tome un, je déguste. Ça ne cesse pas ces révélations sur « l’autre nation » montré avec documentation précise en racistes vraiment haineux. Ça renverse les propos répandus depuis si longtemps faisant de nous des fascistes indécrottables. Lecture indispensable pas pour moi le converti, pour nos endormis qui « dorment au gaz », oh oui, à offrir en cadeau aux nôtres, durablement complices fédérats ignares.
Aile me racontait hier un Guy A. Lepage plutôt incohérent en face de Martineau (magnéto). Il a donné en exemple les Américains « si solidaires entre eux malgré les dissidence occasionnelles ». Il aurait dit : « Il faut mieux nous tenir ici ». Ajoutant : « je veux pas forcer nos anglos —et émigrants— au français, juste qu’ils soient solidaires comme les Américains, qu’ils se proclament des Québécois, avec nous ». Non mais… Justement, aux USA :une seule langue. Pas ici, pauvre tit-Guy. C’est le lien essentiel qui manque exactement. Tout est là. Tout est dit. Il y a deux nations et ceux qui se campent « hors français » se diront toujours des Canadians ! Point final. Sacré Lepage !
Lepage a vanté « sa totale liberté » comme scripteur-concepteur à Radio-Canada. Oui, sur le plan social, on sait qu’il n’y a plus aucune sorte de censure, hélas, dans du spectacle qui entre chez les gens. Que mon cher Tit-Guy tente de noircir Ottawa, le fédéralisme, par un de ses deux personnages dans un de ses sketches, il va voir sévir Dame Censure et vite en p’tit Jésus… pas de plâtre, d’acier. L’innocent !
Avec mon « Exilé », si publié, serais-je un des invités au prestigieux quinzième Salon du livre de Guadalajara au Mexique l’an prochain ? Ce sera notre tour. Les écrivains cubains y sont à l’honneur ces jours-ci. Leur année de fête. Délicate opération. Il y a les auteurs interdits, exilés, en prison. Eh la la ! Oh ! La diplomatie se fait aller. On marche sur des œufs. Comique spectacle habituel. Connu. Langues de bois à l’ouvrage. Le Pen Club —Émile Martel (père ou oncle du Yann anglaisé ?) préside pour Québec-Canada— y est avec un « silencieux » pratique. Je ris de voir cette gymnastique foireuse aux Foires internationales de tout acabit.
6-
Le cinéaste gueulard —« on est tous des lâches et de mous, des endormis »— Falardeau lira sans doute l’Odile-devoiresque de samedi dernier: « Falardeau gueule contre « une population de « piscines à ph » et de « Reers » à protéger. Mais lui ? Il fait des piastres en masse avec ses pénibles films sauce « Elvis Gratton ». Ça va rétorquer je pense, gagez-vous ?
Le gras producteur Guy Cloutier surveillerait les invités de sa fifille Véronik à la série pop « La fureur ». Radio-Can co-diffuse avec la radio CKOI, furieux —en fureur ?— Cloutier aurait rayé d la liste d’invités faite un humoriste qui a osé quitter CKOI pour CKMF. Dehors ! Hon ! Questionnée Brigitte Lemonde, patronne à la SRC : « nous, on se mêle pas des listes d’invités, souvent changées, pour cette « Fureur ». Des Pilate-au-lavabo. Sans cesse.
Déchiquetage total du Denis Marteau théâtreux dans La Presse. À l’Usine C : « on dort » ! Le titre du Marleau : « Quelqu’un va-t-il venir »? de Jon Fosse. Titre de la descente en flammes : « Quelqu’un va-t-y y aller » ? Oyioille ! Juste pour cette année, Il y a 36 nouveaux textes québécois offerts rue Saint-Urbain, au CEAD. Marleau choisit ce Jon Fosse. Ces jours-ci, il y aura 10 lectures de pièces québécoises inédites, ira-y-il faire un tour le Marleau ? Les tablettes croulent au CEAD. Ils sont maintenant 2,000 auteurs en attente au CEAD. Merde, y doit bien avoir deux ou trois bons textes dans l’immense stock, jamais je croirai…
Vive la liberté ? Oui, oh oui. À leurs frais à tous ces « marloux déracinés »…pas avec l’argent public des citoyens d’ici. Toujours le racisme inverti :les autres sont les seuls bons.
7-
« Pu, capab », encore ! Cette Marie-Christine Blais, à la radio de Cbf-fm, (qui ne déconne pas) avec ses déplacements de l’accent tonique sans cesse. Inécoutable ! Est vivante, lyrique même, mais toutes ces voix d’adolescentes nubiles le nez bouché :assez !
Dans les gazettes, de solides placards en cahgies-culture chez tant d’éditeurs encore, hier et ce matin. Pour mon livre tout neuf : pas une ligne, rien ! Ma manie de me choisir des pauvres aussi. Ai-je ma leçon ?
Démolition totale du Tachereau nouveau par Cornellier. « Un grossier ramassis de niaiseries » ! Et bedang ! Le Brûlé éditeur doit fumer chez ses « Intouchables » ! Je touche et… je tue » : du Dumas ! Bémol grave sur le Lalonde récent où il romance à propos de la drapée Yourcenar. « On ne sait pas qui parle », Lalonde ou sa Marguerite réfugiée au Maine avec son égérie lesbianiste. dit la critique. Oh la la ! Au fait : peur pour mon journal. Ces temps-ci ça cogne dur !
« Aile, je dis, avoir cette plume à gel, « Cross Ion », suspendue au cou sans cesse ». Annonce lue. Comme un cow-boy dormait avec son revolver ». Cadeau de Noël : 29, 95 $ Elle sourit la mosusse !
8-
Lisez bien : « La mafia ou notre gouvernement : choisir ». Hen, quoi ? C’est que le publicitaire, J.J. Stréliski qui l’affirme en regrettant l’abandon subit par Loto-Québec de sa pub (payée cher). « Si l’État était pas là (le vice du jeu), la mafia s’y mettrait aussitôt ». Ah ben… Beau programme non ? Ça dit : vous souffrez d’une manie vicieuse ? Pas question d’interdire, rien désormais, « cé pas à mode man ». On va faire avec…Tranquillisez-vous, l’État va y voir. « Les bandits, la pègre, c’est nous autres: Loto-Machin ». Belle mentalité hein ?
Magnéto : on a revu « Double identité » avec le formidable John Cage et Travolta. Le sujet ? C’est bin la seule patente qu’on avait pas dans la mythologie gréco-romaine qui contient tant de métamorphoses cocasses ! Deux méchants petits dieux qui auraient échangé leurs visages. Forte idée hein ? Pour confondre les mortels. C’est cela le sujet du film titré « Double identité ». Fascinant. Hélas, c’est du tow tow et du bing bang ! Cent mille balles sont tirées et nos deux compères se relevaient sans cesse. Sauce connue. Une formidable idée (futuriste), avec savant chirurgien plastique de mèche avec la police de Los Angeles. Le brave flic (Travolta) avec le visage du bandit (Cage) …Et vogue la galère. En fin de compte, on éclatait de rire Aile et moi tant le scénario était mal ficelé. À la fin, famille nucléaire réunie :papa, maman et l’enfant mignon. « The end ». Beau dommage.
9-
La jeune Brazeau (sympathique jeune camarade à CJMS) se suicide en ondes à TQS, entourée, encombrée, de godemichés en plastique et autres épices débilitantes. Une fois pressée —un an, deux ans ?— ce citron en jupon n’aura plus aucune crédibilité, elle l’avait déjà (débutante) pas trop bien installée. Je trouve cela si triste…envie de l’avertir par une note amicale. Aile : «Mêle-toi donc pas de ce qui ne te regarde pas ». Bon.
L’affaire du gros nez d’Ottawa dans nos affaires de santé ? Landry frappe juste : Romanow en peint en bureaucrate soviétique fédéraste ! Si Mario-ADQ, John Charest surtout, avaient du courage, logiques fédérastes, ils oseraient un « Oui, oui, Ottawa verse du fric et veut que ça reste dans la Santé. Nous acceptons. Ils ont raison. » Au lieu de ça, ces hypocrites se la ferment : la peur électorale. La frousse : « Tout d’un coup que les Québécois seraient contre… ». Calculateurs infâmes. Pouah , ça pue.
Plate à lire ce spécial « Nouvel Obs » sur Nietzsche si vous n’êtes pas familier du jargon philo. Assommant. Ratiocinations imbuvables de spécialistes. Ça vase en nuances ésotériques sur un mot, deux phrases, trois extraits du Grand homme ! Déception.
À Canal Historia, encore un vétéran (Jean Vernier), fantôme de Dieppe. De 1942. À 15 ans, ça rêve action. À 18 ans, voici le petit chômeur, volontaire, bien con il a voulu de l’action, il en a eu un bref moment, il se fait écrabouiller sur un rivage normand. Durant 65 ans, médaille au collet, il va, une fois l’an, bavarder à en plus finir sur ces jours de grande noirceur. Privations terribles. Peur. Menaces. Odieuse prison allemande et cie. Triste leçon.
10-
Ce Dufort bien criard (en « Infoman ») me tombe vite sur les nerfs. Pas toujours amusant. Cette semaine : des platitudes rares. Il gigote en vain, girouette perdue. Il gueule comme si nous étions tous sourds (il n’y a que moi !). Non, on l’a assez vu. Qu’il décolle du petit écran maintenant.
Fou ? Ai eu envie de revoir, avant-hier, le ruban où je racontais le peintre, pionnier, décolonisateur premier de l’imagerie italianiste au Québec : Cornélius Krieghoff. Pas mal du tout. C’est moi qui vos le dit. Vous ne le verrez jamais. Refus d’ARTV. Je ne me console pas de ce rejet. Je voulais tant un nouvel essai avec le récit sur MAF, Marc-Aurèle Fortin, que j’aime tant. Le producteur et ami Dubois ne m’invite plus à ces essais. Me consoler un jour ? Il le faut bien.
Effrayant ce jeune témoin « en faveur de l’assassin en cour. Il est le fils grandi d’un tueur, Hotte, un agent de la RCMP. Pauvre garçon. Effondrement visible. Larmes. On le sent secoué. Sincère. « Mon père a tué mais… » Aile émue. Moi itou d’abord. Puis j’ai songé : dans cette cour, bien installer, en face du tueur et de ces bons témoins, les survivants de la tuerie. Il y a le fils —certes désespéré— du père assassin…Il verrait, droit devant lui, les autres désespérés, le fils du (ou de la) tué(e). Son père ou sa mère, ses sœurs ou frères. Pourrait-il continuer à parler en faveur d’un père assassin enragé un soir en bordure de la route Métropolitaine ? Un voix intime : « Claude, Claude, il y a le pardon…Il y a la compassion… » Je sais plus quoi dire. Se taire.
Avant-hier soir, je revenais le bras chargé de l’École hôtelière : poissons, de l’agneau et des calmars, 20 tomates ! Viande à chien que c’est pas cher ! Aile contente. Il y avait aussi du bon frais chocolat. Ai fui ! Sans me retourner. Quel brave gaillard va !
11-
À la gauche de mon clavier, encore plein de coupures, souvent étonnantes, faites dans mes gazettes du jour. Non. Résister. Un journal c’est pas trop de journaux ! Ça ira dans un grand sac au pied d’un placard avec le reste. Pour…pour rien !
Mardi en ville pour T.LM., mardi interview avec ce jeune Dohohue de « L’Express d’Outre Mont », mercredi grand pow-wow de Noël à Radio-Can, buffet promis, avec les anciens et les actuels travailleurs de télé. Aile et moi : envie de revoir d’anciens complices du réseau français…
De retour ici, jeudi, au journal…pour en finir avec le journal ?
En y pensant, pincement au cœur alors, c’est fou.
Me répéter : il y a cet « Exilé » à pondre. Songer : mettre ça sur mon site, chapitre après chapitre, les corrigés aussi…un « work » en progrès ? Montrer les efforts, les ratures, les virages, les déchets…Ça captiverait qui ? Doute ! Pas une bien bonne idée. Marco, tiens, va me conseiller.