AMBIANCE, AMBIANCE !

 

J’écoute souvent, pour l’ambiance, la radio de Radio-Canada le samedi après-midi. L’acteur Girard y fait jouer les bonnes vieille tounes illustrant l’ancien cinéma. Raymonde et moi aimons écouter… soudain Perry Como ! On sourit. Défilent Sinatra, Dean Martin, Crosby, Judy Garland. Une jeune, Lisa Minelli ! Et je me suis souvenu, ambiance, d’un surlendemain soir de Noël à Miami. Nous entrions à l’hôtel Fontainebleau. Juste y déguster un cocktail en son chic cabaret, y respirer l’ambiance des Sinatra et, tiens, Perry Como ! Nous savions que les stars de la chanson passaient au Fontainebleau à tour de rôle. La vie n’est-elle pas meublé d’ambiances ?

Ô l’incrustation des mélodies musicales ! On a donc revécu, samedi, un autre moment d’ambiance. J’ai songé ensuite à la table de la cuisine, à un album de photos, à tante Maria, sœur de maman, veuve « en moyens ». Ambiance : cette tante à l’aise passait des vacances d’été au bout de monde et nous, modeste trâlée de Germaine, c’était inaccessible. L’hiver venu, Maria, nous montrait ses photos. Pour les prendre, il avait fallu des heures et des heures de train! Où donc ? À Old Orchard !

« Voyez mes enfants ces plages de sable à perte de vue ! » Old Orchard était une villégiature huppée à cette époque —sans tous ces motels à bon marché, tassé. La marmaille jasminienne était épatée par ces vues : un long pier —quai sur pilotis— en plein mer, des kiosques, des homards partout, on ne savait pas ce que ça goûtait. Ici, des autos tamponneuses, là, une Grande roue ! Tante Maria nous offrait des klendakes salés, disant : « c’est fait à l’eau de mer ». On se pâmait ! On en revenait pas de voir, en noir et blanc, à perte de vue ces vagues immenses, voir dans l’océan, notre tante tenir pour nager notre cousine Madeleine : « Mais, ma tante, les requins ! » Maria riait. On admirait ce grand hôtel et son annonce : The Normandy. Y aller un jour, oui, mais pas avant 1960. 25 ans plus tard. « À Old Orchard —Maria prononçait à l’anglaise pour épater— on rencontre beaucoup de canadiens-francais. » Le Maine, c’était si loin et y séjourner et devait coûter « les yeux de la tête », c’était un rêve plus grand que la panse. »

Ambiances ? Jeunes enfants, une autre sœur de maman , Pauline, avait pris pays. Où ? « Dans le grand nord », disions-nous. On l’imaginait proche du pays du père Noël. Elle tenait, avec mon oncle Paulo, « Le Montagnard », hôtel au cœur de Saint-Donat. Jamais nous n’avions grimpé si haut, en 1935, nous imaginions mal ce pays de montagnes. Ambiance. Tante Pauline venait parfois nous visiter certains dimanches. Et elle aussi avait toujours, en noir et blanc, de neuves photos. On était étonné de voir ces grosses motoneiges de Bombardier qui servaient en 1940, de navettes pour les touristes à skis. Je crois que « Le Montagnard » existe toujours, en 1995. Tante Pauline, pour nous presque une Esquimaude, exhibait des ours captifs, des têtes d’orignaux et aussi —nos cris— des portraits d’Indiens du lieu :« Oui, ce sont de vrais sauvages ! Et très gentils ! » Nos films de cowboys tueurs d’Amérindiens en prenaient un coup ! « Oh, ma tante, le père Noël, là-haut, vous ne l’apercevez jamais ? » Elle riait : «  Il a tant d’ouvrage, comprenez-le, les sueurs l’aveuglent ! »

J’ignorais que je deviendrais un adèlois, habitant des collines en 1978, et si heureux d’y vivre auprès de ma blonde, Raymonde.

 

 

COUP DE « POING… À LA LIGNE »

 

Ce bouquin (aux Intouchables)  signé Norman Lester, j’y reviens, est à mettre sous le sapin. Ainsi vous en saurez davantage…

1- sur : les agents de la CIA en Afghanistan au temps des « méchants » Russes, qui enseignaient le terrorisme. Mais oui, à piéger des voitures, à fabriquer des bombes artisanales ! En somme, la « technologie du terrorisme » puis, les Russes partis, ces « initiés » se transforment en « fous-d’-Allah » armés à Kaboul et vont fonder  Al Qaïda ! Tel, en 1993, ce Youssef à Manhattan, viendra ce Mohammed et les DEUX TOURS! L’enfer ! Et la vicieuse « ISI » au Pakistan. Dites merci à la CIA.

2- sur : les militants-Libéraux de Jean Charest ? Un « parti d’anglos-ethniques » avant tout, écrit Lester, et il se dit déçu de son ex-camarade (Radio-Canada), Christine St-Pierre, qui ira s’y creuser une niche.

3- sur : apprendre que Chrétien stoppa net l’enquête sur nos soldats dégueulasses en Somalie (1993), cette sordide affaire révélée par un médecin-soldat écoeuré : nos troupiers torturaient volontiers des prisonniers somaliens. Vite : dissolution de ce  régiment aéroporté et, paf!,  plus d’enquête

4- sur : la francophobie hurlante face au renvoi de 10% de ROMS,là où ils sont un demi-million. C’est 750 millions de gitans dans les Pays de L’Est avec plein de racistes  anti-Romanichels, surtout en Roumanie.

5- sur : le tabou à propos d’un odieux génocide à TerreNeuve.  Amérindiens exterminés, tous, les Béothuks. En 1829, disparaissait le tout dernier Béothuk. Silence. Tabou.

6- sur : l’Angleterre où diminue sans cesse l’historique et vénérable religion «l’Anglicane ». Qui fut d’abord une sorte de secte catholique (!) farouchement anti-papiste. Cette église où des femmes ou des homos peuvent devenir prêtres, agoniserait. Ainsi Tony passa chez les « cathos »

7- sur : le zèle farouche d’une Sheila Coops pour l’arrosage de fric sur tout le Québec —« commandites ». Un zèle approuvé nos anglos et nos demi-assimilés québécois… dont McClean osera publier que ce pourrissement est « génital» ( « ces Québécois ont la corruption dans le sang ».)

8- sur : Ferraras de la RCMP publiant que Trudeau ne craignait nullement le FLQ en octobre 1970 mais une certaine sympathie dans le peuple, effet du manifeste lu à la télé. Lester écrit qu’Ottawa savait —et très bien— qui était le auteurs à chaque enlèvement.

9- sur : le fameux « Lieutenant Casey », va-en-guerre fou, et l’auteur d’un massacre de 50 civils vietnamiens. D’abord la prison puis, après 24 heures de tôle, on changea Casey en héros national qui fut médaillé par Nixon

10- sur : le syndicalisme devenu petit-bourgeois, corporatisme égoïste, les agents inconscients de l’actuelle stagnation. Oh ! C’est le cher Richard Martineau, captivant chroniqueur à LCN et au Journal de Montréal qui va apprécier. 11- sur : son dernier scoop (2001) à Radio-Canada, : « Qui est Gilles Breault alias Mouamar ? ». Norman Lester avait osé raconter ce Beault, payé par la RCMP, qui joua le provocateur (masqué en islamiste) nommé : Joseph Mouamar ! Qui voyage à Khartoum, rencontre, oui, Ben Laden, (1996), va en Afghanistan et au Pakistan, en France aussi. Puis notre Tit-Gilles Breault rentre au Québec, farouche Arabe anti-sémite. Breault va expédier des «menaces à la bombe », par exemple, au Cégep Rosemont, en stations du métro, On veut voir s’amener des illuminés,, il n’en vient aucun ! De Paris, un célèbre traqueur de terroristes vient à Montréal pour le questionner (le célèbre juge Bruguière). Affolée, notre « police à cheval » va le cacher au Motel Universel, rue Sherbrooke. Le scandale éclate, enquête torchée nommée « Châle », un léger blâme à la RCMP, des excuses à Paris et pouf!, affaire étouffée. Ah oui, lisez ce «  Poing à la ligne ».

 

 

 

 

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ENCORE LES POLICES EN BASSES LAURENTIDES, À OKA ?

Oka c’est pas si loin, en basses Laurentides, avec ces si jolies collines et ce lac immense.  Jeune, villégiaturant à Pointe Calumet, voisine d’Oka (qui veut dire en iroquoien : « poisson doré »), c’était ces excursions en vélo…ô champêtre rang Ste Germaine !, vers le St-Benoit de Claude Léveillée. Ou l’achat des fromages des Trappistes, qui puait tant et goûtait si bon). Ados, nous allions louer des vieilles picouilles à une piastre de l’heure, chez les Gabriel. Équitation d’amateurs dans les si beaux sentiers de la vaste pinède. Vaste projet des Sulpiciens du village pour retenir le sable qui déboulait des collines, envahissant les rues d’Oka. Peut-être vers 1800 ?

Premier job d’été ? Là, à Oka, waiter au « Baronet », petit hôtel de luxe. Édifice, disait-on, saisi par l’État vers1940, car la propriété du riche Baron Ampin. Qui avait de fastes projets «  immobiliers »  —après Ste Marguerite—  pour ce coin des Deux-Montagnes et qui fut soupçonné de « collaboration » avec les Nazis maudits.

Bien plus tard, un innocent coco, maire d’Oka, projetait d’agrandir un golf. Un lieu empiétant sur un terrain qu’on disait « amérindien ». La crise éclate. 1990. Moi, quittant TQS, je viens d’entrer avec Paul Arcand sur CJMS-tous-les-matins. Je me dis que Léveillée, Vigneault et surtout Gratien Gélinas vont collaborer à mes commentaires sur les…sauvages de leur région. Non. Pas du tout. Leur silence prudent. Niet ! Rien ! Pas un signe de vie, mon trio ne répondra pas à mes coups de fi. Oh, les vilains artistes peureux !

Boubou-le-mou et son ministre « Chiachia », va dialoguer volontiers avec de louches meneurs. Qui se disent des Warriors. Avec, oui, des encagoulés ! Quand à moi aux micros du matin, j’ai vite bien compris que furent manipulés et trompés et entraînés, de braves, bons et gentlls  Amérindiens d’Oka ! Victoire de la « pègre Rouge », que l’armée froussarde —et la police-SQ peureuse— laissera fuir. Profitant du coco maire, ils organisèrent le soulèvement. Venus, tous, de Saint- Régis, cette « réserve » qui fait encore les manchettes des temps-ci, qui est  commodément à cheval sur trois frontières ( Québec, Ontario et surtout USA) pour leur payant commerce des armes, du tabac, des alcools et de  la drogue.

Plein d’artistes de mon UNION, sensiblards et nuls en questions politiques, se firent les complices de ces dangereux pégrieux, allant même en défilé à Oka-la-martryre, André Lachapelle en tête de ce stupide  cortège, pour porter du maïs aux « pauvres » otages ! Je rigolais ferme. Les nobles machines internationalistes (du genre aveugle). Le Noir « monseignor » Tutu, en tata inouï, garni de pourpre joignait cette racaille de Rouges. Une farce ! Nous étions en 1990 tous devenus des affreux Québécois, des racistes immondes. Les médias anglophones s’y jetèrent comme toujours. Ne pas oublier :  en 1990, à Saint Régis, les maffieux Rouges devaient se taper sur les cuisses !  Une bonne part du populo avait tout compris mais pas nos lâches gouvernants culpabilisés par le passé encombrant. Aujourd’hui, en 2011, on a compris enfin qu’il y a des autochtones citoyens tranquilles et de ces « sauvages » intéressés aux trafics clandestins et illégaux : armes, drogue, alcools, tabac. Seul, en 1990, le reporter Robin Philpot avait vu clair. Allez chercher à votre bibio : « Oka, dernier alibi ».

MES JOLIS RATS !

Arrivants à Sainte-Adèle en 1973,  constatation d’un recoin de terrain inondé. Même en été. La cause ? Les maudits remblayage des voisins. Jadis. C’est moins tolérés, en 2010,  ces nuisances pour ceux qui ne se haussaient point ! Mes voisins à l’ouest, les joailliers Saint-Jean, avaient « remonté » leur terrain, et tant pis pour les autres ! L’eau de leur berge, ainsi refoulée, forma chez nous une « fausse-baie », stagnante,  marécageuse; rien à voir avec ces naturelles terres basses, inondables, qui servent de tamis, de filtres. Nous avions donc des eaux mortes puantes et des quenouilles (médicaments chez les Amérindiens !). Un met apprécié des rats musqués et des  castors. Bienvenue alors aux grenouilles. Que de crapauds qui chantaient la liberté, cher Félix Leclerc. Que de têtards au rivage chaque année !

Aveu : on a fait combler ce faux marais. Dompages de terre et puis problème écologique. Collectivement, nous tous, bons bourgeois proprios, étions des ignares. L’écologie élémentaire condamne ces égocentriques allongements de terrains riverains. Autrefois c’était la mode conne des rivages clairs et nets, tout nus, sans arbres surtout. Des murs de béton au ciment peint en blanc, parfois garnis de fausses pierres décoratives ! Visitez ces horreurs le long des lacs et rivières. Mode désormais combattue avec ordre de remettre en l’état, quand les élus mettent leurs culottes ! On voit même des courts de tennis (chez Laniel), ou bien une piscine ! Anarchie, égotisme, tristes époques niaises, saloperie d’ignares que nous étions.

Désormais : nouveaux règlements, rivages des lacs  « à rendre à la nature . Va-t-on obliger la démolition des tennis et piscines ? Observons ça. On est donc venu chez moi avec affichettes : défense de tondre ! Expropriation ? Oui. Loi rétroactive ?, oui, ce qui est illégal ? Nous nous sommes inclinés par amour du petit lac Rond pas mal abîmé, qu’il faut tenter de régénérer. Chez moi, la Ville viendra-t-elle boucher « son » égout pluvial déversant les déchets de la rue Morin dans le lac ? Observons ça. En tous cas ça bougonne ici et là mais « la loa c’é la loa », cher Séraphin Poudrier. Va-t-on  jouer la carte des « privilèges acquis » ? Aveu donc : en 1980, on a fait jeter de la terre sur notre « fausse baie »; les quenouilles arrachées disparurent. Moins de croassements, moins de castors, de rats musqués. Au printemps pourtant, c’est le retour de l’eau. Punition ! Autre aveu, j’aimais, qui venaient nous narguer avec leurs rameaux de saule au bec, ces chers rats moustachus…

… mais, autre chose, hier, sous notre haute galerie, funeste vision ! Qui va là, qui creuse farouchement son terrier, elle, Donalda, notre grasse marmotte avec, sur le dos, une horrible plaie ! Quoi ça ? La nuit, quel féroce combat est livré ? Un mystère !

DEUX GRAVES CONNERIES

La première ? Les (perpétuelles) excuses envers nos indigènes. Peu pour moi. Et vous ? On a pas à s’excuser, gens de 2008, pour des cochonneries commises jadis, par des gens en place, de pouvoir, et très stupides. Pour des saloperies commises il y a des centaines d’années ou… il y a 50 ans.  Point à la ligne.

Cette sotte mode des agenouillements « historiques », avec publicité organisée, ne réparent rien. Voir les déguisements à plumes et à calumets fumant, est navrant, c’est un folklore dérisoire.

Le coco Harper -et ses larmes de crocodile blanc- devrait-il endosser un costume de 1770 face aux emplumés d’occasion -à la la Chef-Picard et Cie- en ces occasions célébrées ? C’est de la niaise rectitude politique. Des chefs autochtones intelligents devraient refuser ces cérémonies cul-cul à la mode et exiger du « compensatoire », Du solide et du sérieux. Plus important encore, les gens du peuple (vous et moi) ne peuvent accepter de devenir les responsable -par association lointaine -des gestes honnis commis par des aristocrates venus de Londres, des « chefs de guerre non élus », des militaristes haut gradés stupides et racistes, de ces bornés impérialistes en ces époques lointaines, tel cet écoeurant Amherst et ses couvertures à microbes. Ou moins lointaines :ces navrants pensionnats payés par les fédérastes du temps pour déculturer les Indiens, les déraciner à fond. Je n’y suis pour rien. Nous n’y sommes pour rien, peuple Québécois ! Assez de nous embraquer collectivement et rétroactivement dans ces horribles plans (politiques et religieux) de colonisateurs infâmes.

Bref, je ne ferai jamais aucune demande de pardon face aux Amérindiens abusés d’antan. Nous n’avons rien à nous faire pardonner, simples citoyens. Personne parmi les honnêtes travailleurs de ce pays -Canadian ou Québécois- n’a à présenter des excuses.

Deuxième connerie ?

Je lisais à propos du multiculturalisme (cette plaie ) en Hollande que des gens en poste regrettaient de ne pas faire mieux, de ne pas faire plus pour enseigner la langue du pays (le néerlandais) aux émigrants. Non mais… J’ai songé à nos braillards d’ici qui ne cessent de proclamer que le Québec doit dépenser davantage pour enseigner gratuitement à nos émigrants notre langue.

Vraiment incroyable cette attitude. Des personnes ont choisi de migrer au Québec. Bien. C’est à eux de s’intégrer. C’est à eux de s’organiser que leur intégration fonctionne. Moi si je décide de m’exiler en Italie, je vous jure qu’en y arrivant je me jette par tous les moyens possibles pour m’intégrer et pour que mes enfants deviennent rapidement des petits Italiens. Pas vous ?  Donc bien évidemment apprendre l’italien. Même chose si je décidais pour l’Espagne. Je vous garantis que je parlerais l’espagnol et le plus vite possible. Et j’irais pas quémander à l’état espagnol des moyens, les sous des contribuables de ce pays, pour l’étudier. Cette attitude est normal. Arrivant aux USA, depuis des siècles, tous les émigrants se sont débrouillés et la langue anglo-amércaine n’a jamais été enseigné gratuitement aux nouveaux-venus. Allons donc.

Cette attitude de tapis mou, de carpette idiote, a assez duré. Pour réussir son intégration dans un pays nouveau, il n’ a qu’à apprendre la langue du pays choisi. C’est clair. C’est simple. Que les chantres de « l’Ordre du Perpétuel aplatissement » aillent au diable.

P.S. : Aux dernières nouvelles, le ghetto anglo s’agrandissant à Montréal-Centre -en faveur de l’anglais- serait le fait que ceux qui viennent d’Asie (Inde, Chine, Indonésie tc.), ou des pays de l’ex-URRS (slaves ou non), penchent irrémédiablement pour la langue de la Reine ! Alors, c’est clair : n’ouvrir les portes du Québec qu’aux candidats francophonisables.  Seulement eux. Sinon ? Sinon ce Montréal-Centre in english ne fera que s’amplifier. Trop simple cela, très honorable Ministre de l’Émigration ?

LA VÉRITÉ SUR ISRAEL ?

En Israël on les appelle « les nouveaux historiens ». Ils veulent la vérité, ils osent révéler des choses trop longtemps cachées, tues. Y a-t-il eu, oui ou non, une « nettoyage ethnique » (anti-Palestiniens) lors de l’installation de la neuve jeune patrie nationale ?
On va fêter là-bas : 60 ans. Ici, au Québec, c’est 400 ans et on veut aussi mieux savoir le sort fait aux Amérindiens de 1608 à 1760 (année de la Défaite, ne jamais dire la Conquête s.v.p.).
Nous lisons de ces faits cachés grâce à Dominique Vidal via Le Monde dans le journal « Alternatives ». Vrai ou faux que près d’un million de Palestiniens furent déracinés, forcés à l’exil dans des camps de l’Onu, chassés ?
Y a-t-il eu des massacres ? Y a-t-il eu 11 villes palestiniennes vidées et plus de 500 villages ?
Ces courageux « nouveaux historiens » juifs l’affirment.
« C’est une guerre », disait Ben Gourion. Non ! Faux. Ce fut une sorte de génocide, affirment ces historiens nouveaux juifds. Il y avait un fichier, des listes noires, de ceux qui s’opposaient à Israël naissant. Par des soldats juifs encagoulés, ils furent poursuivis et abattus !
Et la Parole qui dit : « Ne fais pas aux autres… ». En 1947, 1948, les Juifs d’Europe —peuple sans patrie— sortaient pourtant (pas tous !) tout juste de l’épouvantable shoa des Allemands nazifiés. Comme en France face à l’Algérie indépendantiste, c’est encore le silence complice sur ces horreurs. Les révélations actuelles sont faites « par devoir » et « pour l’Honneur », disent ces Juifs lucides. La franchise historique, même en retard, embarrasse Tel Aviv et Jérusalem.
Jérusalem qui devait devenir selon l’ONU de 1948, un troisième terre en partage, zone inviolable, consacrée aux Lieux saints. Il y a eu d’étranges complices : la Jordanie, l’Égypte, des pays d’Arabes !, qui gagnaient —en se taisant— des espaces supplémentaires. Tout comme Israël s’agrandissant.
Ces populations palestiniennes expulsées, chassées, font qu’en 2008, la guerre là-bas continue toujours, avec jeunes kamikazes horribles, on le sait trop.
Enfin, on jette à terre de vieux mythes répandus :
1- Un jeune pays nouveau faible, pauvre quand on sait mieux que UTRSS et USA soutenaient volontiers —ventes d’armes modernes, abondants supports militaires techniques— ces exactions épouvantables.
2- Trahison des promesses d’Israël à Lauzanne, en Suisse —« on fera la paix »—, reniement sur reniement par la suite.
3- Dès juillet 1948, chasse-aux-Palestiniens et, carrément, saisies de leurs biens, des propriétés de ces centaines de milliers d’expulsés de force.
Comme si souvent entre pays fragiles, il n’y a pas eu de solidarité entre les peuples arabes. Là où il y avait du pétrole à vendre, ce sera : bouchons-nous les yeux, fermons nos oreilles. « Business as usual » quoi ! Une honte ? Oui. L’humaine condition toujours égocentrique et trop bien connue. Il reste que les valeureux sionistes des débuts n’avaient certainement pas imaginé cet affreux nettoyage ethnique des Palestiniens.
Reste qu’Israël d’aujourd’hui et ses riches complices USA-URSS —sans un révisionnisme astucieux, calculateur et mensonger— par souci de vérité —et de justice— se doit d’admettre ses bavures gigantesques en ses commencements.
Et réparer cette shoa des Palestiniens (sans fours crématoires, Dieu merci). Ca va de soi, bien entendu de ne plus maintenir des colonies hors-territoire; celui accordé par l’ONU. Cet apartheid (avec muraille) a assez duré. Une vraie paix fera cesser tant de conflits chez tant de jeunes fanatisés un peu partout dans cette partie du monde.

Maudits ghettos amérindiens?

Face au Desjardins de Le peuple invisible (film que je viens de voir), à une émission de télé, l’anthropologue Serge Bouchard a dit: «Mais Richard, il y a des changements, des corrections…» Silence du noir poète en studio. Son captivant film se disperse, hélas, dans toutes les directions. On y voit d’étonnants vieux films, des tentes et des canots, puis des cabanes, à la fin, de bien chics bungalows avec de jolies pelouses ! Le chanteur, en voix hors champ, dira pourtant:«Tous sont sur l’aide sociale…»

On a le droit alors de songer à nos colons du temps de la crise, invités à ouvrir des villages là-bas. Un documentaire sur nos chômeurs «expédiés», avec images de nos démunis, ne serait pas moins affligeant. Dans ma parenté, des «revenus d’Abitibi», aigris, me parlaient de leur mésaventure à «misère noire», pas beaucoup moins accablante que celle montrée par Desjardins.

Ces «Indiens»? Des décideurs d’Ottawa décidaient un jour de mettre en réserves les «sauvages»; on peut dire en ghettos. Pour les protéger disaient-ils. De quoi, de qui? De nous, tous «méchants Blancs»? De l’alcool, qu’ils ne supportent pas? Pour la conservation de leur culture? Non, car l’on décidait bientôt d’installer en pensionnats —cathos et protestants— leurs enfants. Cela se fit avec les mêmes abus et méfaits moraux, commis envers tous les petits pensionnaires. Blancs ou Rouges. Un racisme hypocrite.

Depuis longtemps, certains, tout comme moi, tentent d’imaginer ce qui serait arrivé de ces «Premières nations» si les autorités politiques les avaient laissées vivre librement parmi nous. Une «intégration» heureuse? Une «assimilation» totale? La métamorphose advenue à tant d’émigrants abitibiens, russes, polonais, etc.? L’Ukrainien, de Rouyn-Noranda ou de Val-d’Or, voit ses petits-enfants devenus des Québécois comme les autres.

L’Amérindien n’est pas, lui, un émigrant, c’est entendu. Il subissait le méchant sort d’appartenir à une nation minoritaire. Rien à faire, cela aurait été, tôt ou tard, l’assimilation. Dur constat que ce «principe de réalité». Les Canadiens-français partis jadis en vaste Canada, ou en Nouvelle-Angleterre, sont devenus «tout semblables» aux majoritaires les environnant. Leurs enfants et petits-enfants furent assimilés, ne parlent plus notre langue, appartiennent à une autre culture. On n’en meurt pas.

Ainsi, Algonquins ou Abénakis, plein de «sauvages» modernes, ayant refusé le ghetto-réserve, se sont fondus à nous, le 83% de la population québécoise francophone. On ne va pas s’excuser d’exister tout de même, nous, le 2% sur ce continent! La mode actuelle des résistances (désespérées), d’un retour (romantique) aux sources, attire de la sympathie certes, mais fera long feu. Nulle part au monde, on a pu voir des petites minorités résister longtemps au besoin de grégarisme, qui est ce besoin normal d’appartenir au monde qui les entoure. Nous sommes aussi en danger, on le sait. Ce besoin viscéral est de toute éternité, déjà il y a tant «d’américanisés» parmi nous, pas vrai?

Bon: pour le bien des jeunes Rouges, devrait-on dissoudre ces ghettos où, selon Desjardins, «C’est la misère, les suicides et la drogue pour la jeunesse, et tous sur le B.S.» Comment réparer l’erreur tragique des autorités d’antan: avoir installé tous ces ghettos «d’entretenus mal entretenus»? Desjardins ne sait pas quoi répondre, comme nous tous. De là le sentiment d’un documentaire —un de plus— stérile. D’une impasse, D’une invitation à culpabiliser, même si «nous, le peuple», n’a eu rien à dire sur «la question amérindienne».

Enfant, en villégiature tout à côté d’Oka, nous étions silencieux, gênés, en voyant leurs maisons sans peinture aucune, la zone de miséreux apparents, « anglifiés », ces enfants agniers (Mohawks) dépenaillés, enfermés en leur ghetto, privés de nos joyeuses plages. Je n’aimais pas ce séparatisme déjà. Nous savions que nul ne pouvait plus vivre de cueillettes, de pêche et de chasse. Le vieux monsieur Gabriel, sans parler, nous louait des vieilles picouilles, une piastre de l’heure. Pourquoi ce mur, pensions-nous? Comme Desjardins l’avoue volontiers, nous n’avions aucun contact humain. Ces maudits ghettos font ça! Gilles Vigneault, son ghetto de Pointe-Parent pas loin, en fera de tristes chansons. «La Marie-Lou est pour un Blanc». Plein de jeunes Marie-Lou du film de Desjardins nous jettent des regards d’une tristesse infinie, on a mal.

UNE FAUSSETÉ RÉPANDUE ?

Tourbillon futile que l’enquête à propos d’arrangements, commandée pour n’avoir pas voulu courageusement légiférer sur la laïcité de l’État.  Pleutre M. Charest. Parlons d’une  fausseté grave qui se répand,propagée par certains nouveaux venus, aussi par de vieux citoyens d’ici. Et vive le « racisme inverti », qui consiste à n’apprécier que les étrangers, à s’auto- mépriser. C’est très courant par les temps qui courent.

« Racisme inverti », une malade pernicieuse qui consiste, à l’inverse des « racistes ordinaires », à non plus à craindre les émigrants, -xénophobie-, au contraire il est celui, complexé, qui se méfie systématiquement de ses propres compatriotes. « Racisme inverti » est l’expression inventée par feu le solide écrivain, Paul Toupin. Un vice, disons le mot. Il est courant chez les peuples colonisés, longtemps dominés. Un exemple : avant l’indépendance, plein d’Algériens se méprisaient, craignaient leur propre liberté, répandaient des  calomnies sur eux-mêmes : « Incapables, on saura pas faire aussi bien que nos « bons maîtres », les Français. Algériens égalent légions d’imbéciles, nation de vauriens ! Classique attitude méprisable, cela dans toutes les ex-colonies aux moments de lutte pour se libérer du colonisateur.

Eh bien, lisez certains de nos gazetiers, des « collabos » qui nous insultent, en répandant ce fiel pernicieux. « Non à la liberté, on est tous des « pas bons! » Triste en diable. Bon, parlons donc de cette fausseté qui est dans l’ordre du « racisme inverti ». On lit, on entend, par exemple chez Bouchard et son acolyte anglo bilingue, ce « Sommes tous des émigrants ! » C’est faux ! La très grande majorité des Québécois, nous avons pour ancêtres, non pas des émigrants mais des « pionniers », de simples modestes.  Nuance importante. IL NE S’AGIT PAS DE CHICANER FUTILEMENT LES MOTS,  MAIS AFFIRMONS QU’ IL Y A UNE DIFFÉRENCE ÉNORME ENTRE DES GENS QUI S’EXILENT DANS DES PAYS DÉVELOPPÉS COMME TOUS NOS NOUVEAUX VENUS et ceux qui s’expatriaient vers des territoire sauvages, au sens strict et accepté du mot. Nos ancêtres, des courageux « apatrides volontaires », défrichaient, semaient, récoltaient. Fondaient une civilisation. Les honnêtes migrants l’admettent volontiers. Rien à voir avec ceux qui profite -ce n’est pas honteux- d’un lieu développé, d’un pays organisé. D’une ville bien installée, construite, depuis des siècles.

Ces « nouveaux venus », d’hier ou de 1800, de 1900 ou 2007 ne sont pas du tout des colons, des pionniers. Ils sont des émigrants et bienvenus. Il faut s’enrager d’entendre nos « raciste invertis » car vouloir amalgamer valeureux et audacieux « pionniers » et « émigrants » est une bêtise grave Et doit être dénoncée.

Tout comme il faut abolir la sotte expression de « deux solitudes » au Canada. Il n’y a pas du tout « deux solitudes », il y a deux nations, le Québec est un pays, les Québécois, une nation (pas un simple solitude ), même Harper en convient.

Il y aura toujours des sophiste pour avancer que même Adam et Ève étaient des émigrants quand ils furent chassés de l’Éden. C’est rigolo… mais la farce cesse quand on refuse de distinguer émigrants et colons. Eux qui traversèrent un océan et cela en des temps effroyablement rudes -sans cargos rapides ou avions à jet- pour « faire de la terre » en arrachant les souches à déterrer avec un soc de charrue antique. Tel mon ancêtre en 1700.

L’émigrant doit s’enligner, le pauvre, aux bureaux chics d’Émigration- Canada, doit jurer « fidélité à la Reine d’Angleterre » dans un joli parterre à fanions unifoliés. Un vaste monde les sépare. Les émigrants honnêtes en conviendront. Tant mieux si l’émigrant trouve, dès son arrivée, des aqueducs, des égouts, de l’électricité, des protections sociales organisés avec les fonds publics des générations de Québécois. Ô lampe à l’huile du temps des abatis ! Ô temps durs des valeureux prédécesseurs aux commencements du Québec !

Soi dit en passant, il n’est pas moins ridicule, nocif et semeur de fausses vilaines querelles que ce film (« Peuple invisible ») du chanteur Desjardins.  Sauf pour ces « missions » sulpiciennes, nos ancêtres n’enfermaient pas les autochtones d’ici.  C’était Ottawa -ni Québec, ni le PQ- qui décidait d’attenter à la moindre intégration.  Il installa ces maudites « réserves », ghettos pour les isoler. Ottawa gérait et gèrent encore les « statuts » des première nations. La tentative de « raciste inverti » du chanteur avec son complice cinéaste, est infantile, mal politisée. C’est démagogique de « monter » de pauvres amérindiens contre nous, les Québécois. Un sale job misérable. C’est un autre sujet, j’y reviendrai.

« GO NORTH, YOUNG MAN ! »

Actualités : la Rupert à dompter. Contre péage chérant au autochtones. Des écolos pur et durs y vont de la niaiserie du retour au sauvage, ces « anti-progrès » bêta ! Montent en moi des souvenirs : Fin d’hiver, 1993, l’aéroport de Dorval, à 52 ans, mon premier voyage au Grand Nord. Dire qu’il y a longtemps l’intrépide, le vaillant Québécois, D’Iberville, y voguait toutes voiles dehors. Pourquoi ce séjour ? Là-haut, ce sera bientôt l’inauguration des turbines gigantesques. Dernière chance donc pour voir « les entrailles du monstre » car inondation totale sous peu en ce site de la rivière La Grande.

Notre hâte à toute l’équipe du CJMS-des-matins avec Arcand en jeune anchorman. L’avion fonce dans les nuages, au dessus de Rouyn, reste quoi ?, la distance Montréal-Gaspé. Radisson, tout le monde descend. Un froid vif en ce vaste paysage de toundra arctique. DE chétives collines aux quatre horizons. Des forêts, ici et là, d’épinettes chétives. Vaste silence de cette contrée aux allures sibériennes. Une « familiale » nous conduit au célèbre barrage.

Bientôt, tout recommencera avec le harnachement de la Rupert, il y aura flottes de machineries, dynamitages, travaux gigantesques, une armée de travailleurs y dénichera des emplois.

On nous offre de visiter d’abord un village tout neuf —puisque l’on y a déménagé des amérindiens (Cris) d’une île inondée ! Coups frappés, rideau pour à LG –2. Voir donc Chisasibi : plein de neufs petits cottages avec au seul carrefour, un mini-centre commercial. Un « magasin général » au désordre « général », les fournitures offertes sont en tas, empilages au sol ! Des tablettes restent vides. « Eh ! C’est leur culture, ce bric à brac informe, que voulez-vous ? », dit note guide. Dans les petites cours-arrière, des tentes typiques, inutilisées. « Eh ! Un relent de nostalgie », dit le guide. Peu de gens dans ces quelques rues : « Ils sont tous partis chasser et pêcher, c’est une bonne saison ».

Retour aux bâtiments de la centrale et visite, dehors, de ce très « pharaonique escalier » en paliers pierreux et bétonnés par où vont s’engouffrer les eaux. Je suis bouche bée devant cet ouvrage inédit. Nous descendons sous terre, découverte d’une vaste cathédrale, lieu inouïe ! Examen de ces machines à changer l’énergie en courant électrique. Ce temple gargantuesque sera donc le ventre invisitable du monstre.

Nous sommes tous très silencieux, l’ouvrage humain de ces ingénieurs québécois force le respect. Allons manger : immense cafétéria pleine de travailleurs de tous rangs, je songe à Marc Barrière, mon gendre et webmestre ( claudejasmin.com) jadis « ouvrier d’occasion » ici, lors des travaux premiers. Je songe aussi à la formidable chanson de Georges Dor, classique inoubliable : « Si tu savais comme on s’ennuie… »

Nous constatons une gaieté brute chez ces hommes. Une sorte de joie brouillonne se ressent au-dessus de toutes ces têtes… en train de manger, des cris fusent, de joyeuses interpellations, des rires gras, l’impression d’un camp de robustes scouts au dynamisme palpable. L’impression d’un boulot accompli dans un plaisir palpable par ces « exilés », heureux du gagne-pain, providentiel sans doute pour plusieurs, la promesse tenue de feu-Robert Bourassa !

Nous dormirons dans des sortes de maisons mobiles étroites mais pourtant garnis de toutes les commodités ordinaires. En fin de journée, excursion —cannes à pêcher fournies— sur la rivière, en canots automobiles avec faciles prises de truites pour la plupart ; ce fut comme un fable évangélique : ça mord sans cesse. Nous mangerons ces poissons frais, à faire frire le même jour, à la cafétéria. Il y a, voisin, un grand bar-café, musique tonitruante, hélas, comme partout désormais et encore leurs cris et leurs rires. Très peu de femmes de ce côté du monde, elles sont courtisées, fleuretées, appréciées et… tiraillées. Tant de mâles !

Au petit matin, tribune ouverte, nos micros, haut-parleurs installés, l’équipe d’Arcand diffuse pour les montréalais et les commentaires en ondes pleuvent. J’y vais d’une ode descriptive emphatique. Ampoulée ?, inévitablement, vu ces inhumaines installations en une contrée exotique pour nous. Ce fou bouleversement —dire aussi « « bousculement »—, « anti-naturaliste » forcément et si loin, bien loin de nos « navigateurs en fourrures », ces pionniers.

Voyage terminé, retour à Radisson. Beaucoup de Cris, ils voyagent beaucoup dorénavant. C’est notre retour vers notre civilisation, ordinaire. avec, dans mon cœur, les souvenirs gravés à jamais de ce Grand Nord. là où les hommes venus des grandes villes osent mettre la sauvagerie au service du sud, de nos conforts urbains. C’est en imaginant la Rupert endiguée, —domptée à son tour— que m’est revenu en mémoire cet album d’images ineffaçables.

« ART ET ARGENT » : CORRECTIONS

  • JASMIN SE DÉFEND.
    COMMUNIQUÉ ENVOYÉ AU DEVOIR.
  • « ART ET ARGENT » : CORRECTIONS

    M. le rédacteur,
    « Robert Yergeau, un savant prof d’Ottawa te cite abondamment (me dit un ami) dans sa neuve brique titrée « Art, argent, arrangement ». J’y suis vite allé voir. Manque de rigueur ou parti pris ? J’espère qu’il n’en va pas de même pour les autres « cités ».
    Quatre bévues graves.
    UN : en 1951, diplômé de l’École du Meuble, je fis une demande de bourse pour Paris, on me la refusa et je fais de l’humour sur ce premier refus dans mon « Écrire ». M. Yergeau en fait tout un plat, affirmant que j’en suis encore « traumatisé », « brisé », « acte manqué me hantant ! » Fort de café, docteur Freud !
    DEUX : Yergeau ricane : à un moment, je me vante des éloges rédigés pour mes premiers romans par feu Éthier-Blais, à un autre moment, je le conspue pour son silence sur « Pleure pas, Germaine », mon cinquième roman. Eh, pas un paradoxe cela !
    TROIS : je dénonce les boursiers perpétuels, « ces incapables de se constituer au moins un petit public » et j’ai osé demander une bourse en 1980. Cette demande fut faite au MAC pas pour un roman mais pour prendre l’avion afin d’aller (invité à l’Université de Nice) parler de littérature québécoise ! Nuance importante.
    QUATRE enfin : Yergeau, fouilleur d’archives, découvre, 1964-1965, que « Jasmin a demandé une bourse au MAC ». Cette fois encore, pas pour un roman ! Pour un projet de manuel scolaire qui aurait illustré mes cours d’histoire de l’art à l’IAA. Je reliais à l’art moderne les arts primitifs anciens : Asie pour les Impressionnistes, Afrique et Océanie, pour les Cubistes, Mexique, Amérindiens pour les Surréalistes. Refus encore.
    Que « David », éditeur à Ottawa, laisse imprimer que je suis « donquichottesque », « septuagénaire gavroche », « railleur des gendelettres » et même « outrancier maître de l’esbroufe », ne me dérange pas, m’amuse. Mas il ne faut pas me chercher des poux compulsivement parce qu’un fait demeure M. Yergeau : je n’ai jamais, au grand jamais, demandé d’argent public pour rédiger un roman. Jamais ! Cela gêne-t-il un de ces profs
    « perpétuels boursiers » ?
    Claude Jasmin, Sainte-Adèle.