« Tombeau pour Paul Buissonneau »

« Tombeau pour Paul Buissonneau »

par Claude Jasmin

Mon cher Paul, Cocteau et Piaf crèvent et, on regardait ta photo, un Paul jeune et maigre, fier et célèbre « Compagnons de la chanson ». Pages du Figaro, de Paris-Match. C’était bien avant ton petit atelier rue Delorimier. Parc Rouen. Là où le vieux gardien, m’sieu Mochon au « brandy nose », est mort. Paul, où as-tu remisé —« Orion le tueur »— ton décor de stores vénitiens peints des deux bords ! Tu m’avais enseigné comment faire péter de la poudre sans danger pour ce « Orion-Jean-Louis Millette ». Jean-Louis , exposé au TNM et qui t’a fait crier: « merde !, c’est la première fois que tu me fais de la peine Jean-Louis ! » Frissons partout dans le mausolée improvisé.

Paul, avant de t’éteindre, tu souvenais-tu souvent des parcs l’été, oasis du populo. « Ton truck à merveilles » stationné de Pointe-Saint-Charles jusqu’au bout du Bout de l’Île. Où rouille-t-il donc ton camion-miracle dans quelle cour à scrap de la municipalité gît ce Tombeau magique, coffre aux trésors des enfants qui n’avaient pas les moyens d’aller en villégiature.

Paul, toi trépassé, est-ce que tu chanteras encore de tes folleries: « Il pleut, il mouille, je suis comme un grenouille?  » Ces inventeurs de jeunesseries télévisées de la SRC, les Doré, Claude Caron, Roy, se font oublier, Paul. Qui ont permis tant de « Picoloteries » , d’Arlequinades. Paul, je te revois si jeune au parc Henri-Julien parler aux enfants sans aucune complaisance, d’égal à égal. Enfant toi-même. un gringalet t’attend pour vêtir ce « Pierre » et ce «  Loup » et les autres, avec sa petite machine à coudre portable, le génial François Barbeau. Oh jeune Paulo !, je te revois  « barguigner  » dur chez ce cordonnier, ton voisin de la rue Rachel, pour quatre paires de godasses. où as-tu remisé tes décors-accordéons, supports à linges, pour ton inoubliable  « Tour Eiffel qui tue ». Claude-Léveillée, blanc comme mort, mime inspiré, traînait ses savates au Gésù ?

Ô Paul, cher guenillou surdoué, précieux regrattier d’imaginaires, vidangeur céleste, brocanteur de rêves, « quêteux » métaphorique, tu inventais sans cesse. De tout. Des « Bande-à-Bonnot » avec ce  triste « Yvon » de Saint-Henri ou avec ce grimaceur « LaTulippe » d’Hochelaga. Paul, je me rappelle tes fous rires, en 1952 au marché Amherst pendant qu’on pissait dans les fioles de l’examen médicale pour aspirants-fonctionnaires chez Claude Robillard.

Paul ? Ne peux mourir celui qui a été l’ami intime de la môme Piaf et qui a chanté avec tes célèbres « Compagnons » à Madrid et à Lauzanne, à Alger et à Tunis, jusqu’au Caire et puis à Los Angeles, Las Vegas, New-York chez Ed Sullivan…alors je te regardais, médusé ; à cause d’une jolie bourgeoise prise comme épouse, te voilà simple bonimenteur, fabriquant de masques dans ce coqueron près du Stadium et je te regardais coudre des oreilles de peluche pour le lion Marcel Sabourin, des moustaches de crin pour la tigresse Clémence, des queues de laine tressée pour le chat Millette, un sacré « Carnaval d’animaux » pour des enfants pauvres étonnés !

Plus vieux, je t’ai surpris au lugubre Centre Campbell sous les fumées de la Molson d’à côté, tu fourrageais dans tes costumiers de friperies pour de pauvres jeunes théâtreux amateurs. Mon voisin de « La petite patrie », Claude Léveillée, n’en revenait pas quand tu me commandais ce décor en cage d’oiseaux, mobile et devant s’ouvrir avec tout le mobilier accroché aux mur pour cet autre fou, bonhomme Marcel Achard et ses « Oiseaux de lune ». Paul, tu sacrais souvent en québécois, tu grognais en brèves colères et soudain tu t’illuminais devant une lessiveuse au tordeur tordu, un vieux carrosse cabossé, un abat-jour éventré, une pompe à bras déglinguée, un cornet de phonographe ébréché ou bien une horloge toute éviscérée. Adieu Paul, « sur-réalisateur  » de vidanges, génial métamorphoseur de rebuts, tu tuais le théâtre-à-papa des Gascon et Cie et tu faisais école sans le savoir, annonçais tous ces Asselin, Maheu, Lepage, Champagne et Cie.  

Mon vieux Paul, en allée, à l’aéroport fatal du temps qui passe, où se sont évadés tant de nos camarades, tu vas jouer le plus sourd que tu n’es et il va vanter devant les portes d’accès .Une voix grésillera dans un triste micro : « Attention, attention : les passagers pour l’au-delà, veuillez vous présenter à la porte invisible. » Mais toi, tu ne mourras plus, même dans cent ans, on te reverra faire des pirouettes dans ce nuageux paradis des pas perdu, avec tes godasses chaplinesques, tes bretelles pendantes sur ton pantalon, jamais Auguste mais clown rouge, tu te ressembleras plus que jamais, petit poulbot dépenaillé de ta rue Mouffetard, gamin qui bafouait les bombardements des nazis au dessus de ta tête, gamin pauvre déjà ouvrier-couvreur. Paul, tu restes en mémoire ce Québécois indispensable ; d’anciens voyous du fond des ruelles et des parcs te redisent merci pour tant de beaux rêves éveillés. Tu nous donnes envie de chanter : « Il y a longtemps que l’on t’aime et jamais, non, jamais, on ne t’oubliera ».

OÙ EST-CE QU’ON IRAIT B’EN ?

Désormais, à Los Angeles ou à Paris, à Montréal ou à Sainte-Adèle….le jeune oisif ( en congé des Fêtes ou en congé des vacances) n’a qu’à presser des boutons sur une manette et il trouve de quoi se divertir. Sans oublier la navigation « universelle » ma foi, sur les innombrables réseaux d’Internet.

Je suis devenu ado après la guerre de 1945, c’était le désert. Les samedis —mais souvent à quinze ans on détenait un p’tt job mal payé— les dimanches surtout dans ma bande c’était un lamento, l’antienne inévitable avec les mains au fond des poches (jamais bien garnies de sous ) : «  Qu’est-ce qu’on ferait b’in ? Où est-ce qu’on irait, donc ? »

Alors, nous allions au cinéma. On nous laissait entrer —« les interdits »— par exemple là où c’est un magasin de meubles, au p’tit Boiler ( on y bout, hein tit-Yves?) sur Saint-Laurent, coin Beaubien. En s’y rendant, à ses vitrines, on admirait les légers vélos importés d’Italie chez Baggio (qui vient de fermer). Ou bien on se rendait au cinéma Empire —le gérant « Passez vite »— juste en arrière de la Gare Jean-Talon.

Chanceux, en belle saison, nous avions souvent ces concerts de musique « live » —de fanfare, de cirque aussi. Bancs offerts tout autour du kiosque du cher Parc Jarry; avec bonnes brises souvent et, pas moins souvent, à fleureter, bien jolies filles de Villeray !

« Qu’est-ce qu’on ferait ? » C’était un si beau si chaud samedi de juin ! Sauvé ! Voici encore une troupe de baladins, pour un show gratis au milieu de la cour de l’orphelinat St-Arsène, rue Christophe-Colomb (et devenu le Patro-Le-Prévost). Grande joie de voir tant de trapèzes, de cerceaux en feu, d’échelles mobiles, de bêtes sauvages, de fouets agités, d’anneaux suspendus et tant de costumes bigarrés.

Bien entendu, il y avait parfois …flâner. Rien faire. Traîner. Nos mères : «  Vos leçons sont bien apprises, vos devoirs…? » Merde, cette scie ! Zut, ces remontrances ! Comment, fuir ces mégères ? Sans hâte, retourner voir les rares animaux empaillés, les vitrines d’insectes —toute cette mort animale— plus que modeste « musée naturaliste » des Clercs de Saint Viateur. Au grenier de l’Édifice pour « Les sourds et muets », rue St-Laurent et De Castelnau; depuis peu devenu un bloc de condos neufs.

Parfois on tentait —vainement— d’entrer au Rivoli (devenu un Jean-Coutu), au Château, au Plaza (devenu studio de télé), au Ritz ou au Beaubien. Difficile : la peur des inspecteurs chez les gérants froussards, que nous maudissions. La biblio publique, hélas, restait fermé les dimanches, point de B-D. Où aller ? Aller sneequer aux funérailles grandiloquentes fréquentes —orphéons bruyants, pleureuses— de nos Italiens du quartier nous lassait. Fiole de rouge pas cher à la neuve Casa Italia ! Y étions « personna non grata » ! Cette Casa voisine de l’église « orthodoxe » où se rendait notre camarade René Angélil (de St-Vincent-Ferrier). Nouvelles tentatives à cette Casa où Mussolini trônait en immense médaillon doré à l’entrée mais le maître d’hôtel bloquait le passage arrière : « Pas de vino, non ! No, les tits-culs et ouste ! »

Maudit verrat où aller ? Redire qu’en ce temps-là, ni web, ni net, pas même de télé Rien !Tiens, « egg-rolls » en vente chez « Vénus » sur la Plaza (pas encore baptisée). En y allant, apercevoir dans la vitrine du libraire Raffin —en 2014, Raffin y est toujours— un nouvel album : « Lucky Luke ». Achat en bande et départ pour lire ça sur le balcon à l’étage chez Tit-Yves. On se retrouve comme dans les branches d’un peuplier géant, forêt au dessus de chez l’actrice Melle. Theasdale qu’on entend à la radio.

 

 

 

UN (SAINT) SAUVEUR DEMANDÉ ?

Dans un des mes récents récits autobiographiques ( «Branches de Jasmin ») je raconte ma bataille pour mieux comprendre l’univers, son avenir. J’ai moins de mes chers petits animaux. Pollution ? Mes rats musqués ? Disparus. La mouffette sous le perron ? Invisible. Ma marmotte sous l’escalier ne se montre plus. Ce couple de tourterelles, colibri (oiseaux-mouches), le rouge cardinal…disparus. Au rivage, merde, plus de grenouilles, ni papillons ni libellules. Ce mortel réchauffement… Espérons un sauveur savant, l‘invention d’un génie ( le Co 2 changeable ?)

Réunissez les enfants et expliquez le danger. Commençons par racontez aux petits l’âge du monde. Parlez du « Big Bang » et de sa soupe de feux ardents avec l’apparition du temps et de l’espace. Racontez que —depuis l’Observatoire Plank—, nous savons notre âge. 14 milliards d’années ! On veut scruter l’avant-Big-Bang, oh ! Une nouvelle physique naîtra.

Mais où sont partis mes petites bêtes ? On étudie deux choses, l’infiniment petit et l’infiniment grand. Hélas, les humains préfèrent s’informer du dernier truc-machin, ce téléphone dit intelligent. Racontez plutôt l’expansion —incessante— du cosmos. Comment faire visualiser l’univers à nos enfants ? Disposez 14 baguettes (chinoises ou pas) pour illustrer ces 14 milliards d’années. Cette « soupe » originelle. Écarter 9 de ces baguettes, laisser filer le temps des trois particules : hydrogène, hélium et lithium. Faites comprendre ce flottement à l’infini où, enfin, se formeront des galaxies. Combien ? Pas cent, ni un million —tenez-vous bien—10 millions de milliards de billions de galaxies !!!

La nôtre. Avec son étoile, l’indispensable « soleil ». Notre planète encore un amas toxique. Encore une « baguette » (un milliard d’années) et voici les cyanobactéries. Des « bébites » qui bouffent de l’hydrogène et crachent de l’oxygène. Deux autres « baguettes » (deux milliards d’années) et le miracle ! Notre atmosphère. Comblé d’oxygène. Puis surgiront les premières plantes et, dernière baguette, des organismes primitifs. « Édiacariens » et puis ( ère cambrienne), les « trilobites ». Les jeunes seront captivés. Enfin, enfin, sortant des eaux, les premières créatures. Ça se traîne sur terre : insectes et oiseaux, des gros : les dinosaures, voici « Le Parc jurassique » ! Millions d’années qui passent et tombe du ciel un météorite gigantesque, alors l’atroce bande de « Hell’s » préhistoriques… kaput ! Éliminée ! Nouvelle étape, ces amibes plus tard, un temps, voici des singes et certains se redresseront. Ouf ! Merci l’homo erectus. Le genre humain débute, mâles et femelles se reproduiront, inventeront des outils, domineront.

L’astronome Benoît Reeves, fils d’Hubert, est venu à Prévost pour raconter cela, le 24 août dernier. Mieux dominer c’est polluer moins possible répète le papa, Hubert Reeves. Je l’autobiographie de ce savant respecté mondialement, un astrophysicien émérite qui est né à Sainte-Anne de Bellevue. Il dit : « Urgence, si on ne fait rien, en 2050 ou même avant, c’est l’apocalypse ».

Je m’ennuie de mes belles tourterelles !

PAPILLONS, CATARACTES ET HOMMES EN NOIR !

 

 

J’ai beaucoup et souvent jasé sur mes petites bêtes (marmotte et cie). Voici le temps des mini-mini animaux. Invasion malheureuse de mouches noires et heureuse de frétillantes libellules minimalistes, de jolis papillons bien énervés et d’abeilles. J’en vois, là, par centaines dans mon mahonia, un arbuste fruitier à feuilles aux corrugations prononcées. Monde lilliputien si vivant. Même monde vendredi dernier rue Sherbrooke, à Notre Dame. Ça grouille. Usine aux pavillons remplis de malades et de soignés ! Fourmillante machine qui fait peur et moi, civière en corridor, en jaquette bleue trouée, qui attend mon tour pour éliminer des cataractes —ô Niagara ! Vraie fourmilière, Notre Dame s’excite. Ça circule autour de ma couchette. Malades, médecins, ces « préposés » de bas et de haut rang, gradés discrets ou à torses bombés. À une passante courbée : «  Oh, madame je suis là depuis deux ans à poireauter ! » » Léger arrêt et regard affolé mais elle passe son chemin. Un bossu usé passe et, jouant le moribond, j’en rajoute : « M’sieur, m’sieur, ça fait 18 ans que j’attends dans ce corridor, on m’a trouvé au 3 ième sous-sol ! » Il me dévisage, hésite à rétorquer et il fuit —hagard comme Lucien Bouchard à Sagard-sur-Luxe, en Charlevoix.

Bon, maintenant n’allez pas croire que le « vieux (moi) qui a vu les séances d’Ovila Légaré et les films de cowboy en noir et blanc au sous-sol de l’Église Sainte Cécile, ignore l’actuel cinéma à effets électroniques. Non, non, j’ai vu et apprécié au cinéma Pine, « Men in Black », troisième mouture, avec Jones et Smih, ce jeune nègre épatant, si vif, si efficace, si surdoué.

Vous êtes là, assis tranquille rue Morin, et surgit Boris l’Animal.

Un motard super-hell’s-angel. Ce mastodonte aux lunettes engoncées dans les orbites, aux bras « gros comme des troncs d’arbre » (je te le dis Raoul Duguay), n’a qu’à ouvrir sa paume pour en faire surgir et s,Envoler un horrible crustacé aux lancettes empoisonnées, Ah oui, allez voir ça, c’est hallucinant, tout comme est renversant ce grouillant resto chinois où des humanoïdes d’un grotesque épeurant se font décapiter. On est loin des mélos d’Ovila, loin des méchants apaches cernant des caravanes bâchées du temps des « petites vues » des révérends frères.

Quel plaisir ! J’aime tant ces truquages inouïs ! Le vieux « in black » Jones y est, revenu et revenant, toujours blasé, l’adjoint dévoué (Smith, en Noir agile) veut le sauver. Un bizarre « ti-coune », sosie de Brière, tuque des Andes sur son crâne évidé, oui, en creux ( sans cerveau), un bonasse qui offre son dévouement. Elfe asexuée venu de planètes-aux-anneaux ? Vous voici soudain, exilé loin de la rue Morin, au coeur même de Manhattan et juché sur le Chrysler Building ! C’est vrai, réel, hallucinant. Plongée du gratte-ciel avec un appareil rétrogradeur. Alors, vous voilà en 1969. A Cap Canaveral. Une fusée va décoller et l’horrible Boris, « The Animal », rôde, être machiavélique. Je vous jure que vous serez au bord de l’Atlantique ! La reconstitution scénographique est mieux que parfaite. On en reste ébahi ! Je vous raconte ce « Men in black », tome trois, pour vous dire qu’on peut voir 81 ans et être absolument épaté par les prodiges d’une cinématographie à truquages. Allez-y voir.

CULTURES ÉTRANGÈRES OU D’ICI

VIANDE HALAL ET LA PISSE DE JÉSUS !

Récemment bombardée de messages injurieux, la journaliste québécoise, Rima Elkouri, avait écrit avec bon sens.  Demandant aux énervés laïcistes fanatiques de se calmer un peu le pompon face à la saignée dite « halal » dans certaines de nos boucheries. Que les animaux que nous mangeons (la majorité) soient tués longtemps avant la saignée ou juste au début de la saignée ( un rite « halal »), ils en meurent tous. L’appel au calme d’Elkouri lui a valu une bordée d’insultes racistes. Position d’une poignée de désaxés incultes. On sait qu’il s’agit d’une tradition musulmane. J’ai du respect pour toutes les traditions, les nôtres et celles des autres (religieuses ou non). Par contre je déteste l’attachement servile à des us et coutumes insignifiants.
Québécois, nous sommes les héritiers d’une culture, au sens large, soyons fiers de notre héritage culturel chrétien, tot comme  celui du catholicisme québécois qui a droit à notre respect. Cela, malgré les excès et les abus du passé, reste un  vaste legs. Il fait parie de notre histoire collective.
Ceux qui bafouent, méprise, renie, leur culture en arrive à mépriser aussi celle des autres. Musulmane ou autres. C’est navrant. Pas besoin de pratiquer tous les rituels de jadis, seulement rester respectueux du patrimoine de nos parents, grands-parents et même ancêtres lointains. Cela se nomme de l’enracinement normal.
J’aime m’instruire sur le grand dieu Hamon en Égypte antique, ou sur Zeus en Grèce ancienne, aussi sur Quetzalcóatl, fabuleux serpent-à-plumes du Mexique ancien.
Je juge lamentable et débilitant le « grand artiste » qui  installe de la « marde de vache » sur une icône mariale, pas moins lamentable ce créateur (!) déboussolé et porté sur le « sensationnalisme » avec, dans une galerie d’art, son ampoule « d’urine de Jésus ». Je trouve pas moins regrettables certaines caricatures sur Mahomet dont celle du « prophète à turban et terroriste fou ». À quand le Bouddha déployant du papier-cul ?
Peu importe la volée d’insultes reçue, en vérité, Rima Elkouri encourageait le respect des héritages culturelles, cela en vraie démocrate.

Claude Jasmin (Écrivain, Saint-Adèle )

 

DARWIN, UN ÉCUREUIL ET LA LANGUE

Dans nos pages, la collègue billettiste, Mimi Legault a parlé « animaux ». Avec esprit et chaleur. Avec humour. Elle souhaitait « le paradis »  à nos fidèles compagnons quadrupèdes, les chiens. Comme pour les humains.

Et les animaux selon Darwin ? Son bref texte « L’INSTINCT… » —aller le chercher à notre bilio— est captivant et très étonnant. Soudain le fameux évolutionniste semble douter de sa célèbre —déjà en son temps— théorie. Il observe que des animaux adoptent des comportements fautifs, erratiques par rapport à sa géniale analyse. Cela lui fit constater que la voie de « l’adaptation » et donc de la « préservation » et perpétuation adaptée de tel animal, est parfois bafouée, ignoré, défié. Darwin en resta extrêmement songeur, oui, un grand homme ébranlé. Fallait-il parler d’exceptions ? Ou de quoi donc ? Quoi ? Aucun « instinct de survie » chez certaines bêtes.

Cher Darwin, « disparu » depuis longtemps et resté pourtant si fascinant encore. Ce savant en arrivait à se questionner sans cesse. Nous sommes entourés de gens —tit-Jos-connaissant— si sûrs d’eux, de tout savoir. Exemple : John Charest, vite, immersion dans la langue d’Abraham Lincoln et c’est notre salut ! J’aime que la vie, même pour des chercheurs émérites, surprenne encore. Garde certains secrets. Étonne un cerveau puissamment constitué.

La vie ? Tenez, tôt ce matin, mon ravissement. Couché mais les rideaux tirés, voir cet écureuil qui court à toute vitesse entre les poteaux sur le gros fil noir d’Hydro Québec. Il file  vers l’ouest, revient vers l’est. Un va-et-viens foufou ! Ma fenêtre en devient un castelet, mon plaisir d’observer sa course bizarre, ses aller-retour incessants. Au dessus du boisé d’en face, un soleil brillant rend mon écureuil tout noir. Lui qui doit être un beau blond bien commun.

La vie.

La langue qu’on parle est aussi la vie, notre vie. Est en danger. Plein de contrées où tout le monde parle sans se questionner sur l’avenir de leur langue, partant de leur culture. Bons exemples ?  Les Allemands ? Les Espagnols ? Des chanceux. Ici, au Québec, toujours cette angoisse. Sans cesse cette inquiétude. L’actualité tonne : l’anglais est devenu indispensable, faut l’enseigner dès la fin de  l’école primaire ? Qui pourra nous enseigner ? Y a-t-il ailleurs cette maudite anxiété de voir disparaître sa langue nationale ? En Finlande, ça va ? En Norvège aussi ?  En Suède ou au Danemark, tremble-t-on ? En Lettonie ou en Lituanie, même menace et danger ?

Ici, nous parlons et écrivons un français, hélas, plutôt approximatif. Enseigner à ces enfants fragiles une autre langue serait un désastre, disent les experts. D’autres : L’anglais au moins « basique » est la langue de 350 millions de gens à nos frontières. Le parler promet aux jeunes d’ici un meilleur avenir économique !

Vérité, mensonge ? Dans un aéroport d’Europe ou d’Asie quand un Roumain rencontre un Hongrois, ou un Chinois, un Russe, ils baragouinent l’anglais « basique » s’ils veulent communiquer. Québécois, majorité bafouée et lassés, si on cessait ce combat éternel. Assez de lutter. Collectivement et brusquement, changeons tous de langue, okay ? Une sixième année à baragouiner la langue d’Obama sera une farce inopérante, allons.

 

 

CHANTER SAINTE ADÈLE ?

Le surdoué Luc Plamondon finira bien par nous chanter lu aussi. Il y a eu Ferland avec « À SAINTE ADÈLE P.Q. » mais, avant lui,il y a eu le grand Félix avec son train-fantôme qui roule en fou  et où « il y avait « seulement un passager qui était le conducteur, tchou tchou… ». Ça tournait l’autre matin à la radio publique. Juste avant la voix divine de Monique Leyrac qu a eu un timbre si vibrant, j’écoute :  « Pour cet amour qui vient de toi ». Frissons !

Clic, j’ai plongé. « Monsieur mon passé »… eh oui, encore et toujours. Image de la belle Leyrac qui, un jour, me saute dan les bras se laissant choir en souriant d’une des plateformes —trop haute— de mon décor inventé pour elle. L’idole au fond de mes bras, aïe !  Frissons, j’avais vingt-cinq ans. Cette plongée : me donne envie raconter comment Félix Leclerc était un joyeux drille.  Aussi un sacré menteur. J’étais en réunion de production, nous attendions le poète qui résidait à Vaudreuil. Jacques Normand —animateur de « En habit du dimanche— me dit : « Ça peut être long, le problème avec notre gars né à La Tuque c’est-que-c’est… un très grand marcheur. Encore une fois, il sera venu à pied de son village, partant aux petites heures. » Je regarde Jacques Blouin le réalisateur et il opine du bonnet : « Eh oui, un grand marcheur ! Moi, je n’en reviens pas. Quand, enfin, s’amènera rue St Luc —devenue Maisonneuve— le troubadour bien-aimé, je le questionne : « Venir à pied ? De Vaudreuil ? » Lui : « Non, non, pas cette fois. J’avais une émission de radio à CKVL à Verdun ça fa que…j’ai marché ça à ici ».

Toute une trotte, me dis-je. La « répète » terminée, la scripte me dit : « Quel menteur, regarde dans la cour, c’est sa petite  coccinelle que tu vois. »

Un farceur aussi. Normand me raconte : « Félix, louangé en Europe, est devant un micro de l’ORTF à Orly, France. Le questionneur s’amène, obséquieux, complaisant « genre », et  lui susurre : « Ô grand Félix-Le-Canadien, vous venez de quitter vos grands espaces, vos immenses espaces, vos bâtiments avec tous vos animaux, dur, non ? » Félix fatigué dit : « J’ai laissé ma chatte chez une cousine. J’ai confié mon chien au voisin. » Et il s’en va.

Normand toujours : « Une autre fois, il est à une radio de Nice, un animateur radio ose lui dire : «  M. Leclerc, on nous entend d’ici au Québec parfois, alors aimeriez-vous saluer un ami. Ou une amie ? » Blagueur cruel, mon Félix s’empare du miro et salue un par un, tous ses voisins de Vaudreuil en les nommant et en précisant « un bon menuisier, boulanger,un fameux, mon indispensable épicier. ET cela dura presque une demi-heure. Le gars s’arrachait le cheveux. Félix jubilait. »

Au coin de la rue Guy, ce jour-là, la coccinelle de Félix tournait et le docteur Norman Béthune me dévisageait monté sur sa statue.Ce célèbre médecin montréalais, ami et confident de Mao, le Grand Timonier, Béthune avait habité Ste Adèle. Et Félix aussi, c’est dans sa bio. Sainte Adèle a été un temps un fameux lieu de culture. Théâtre de répertoire dont « La mégère apprivoisée, un ciné-club, des concerts —oui,oui— des cours de peinture, de poterie, de sculpture. Gratuits pour les enfants de la place ! De son logis du bas de la côte Morin —devenu une crêperie— Pauline, la dynamique fille du vieux doc Rochon, animait tout. Peut-on rêver qu’un de ces jours, on puisse revoir cette vitalité culturelle adèloise ? Sait-on jamais.

RAIE À LUNETTES ET MACAREUX TRÉPIGNEURS ?

Une envie subite : visiter des animaux. Où ? En ville ? Oui. Mais si, rue De Coubertin, métro Pie IX, tu voyages en une centaine de minutes (ou plus)  de la forêt humide de l’Amazonie jusqu’aux glaciers de l’Antarctique ! Oui, oui. C’est une promenade fascinante si, comme ma Raymonde et moi, vous aimez les films docus de bêtes à la télé. À l’arrivée, accablante chaleur moite et vues imprenables sur de grouillants  paresseux, singes à poils fauves orangés, voici des cascades d’eau, voilà des troncs d’arbres morts, toute une végétation touffue installée dans un ex-vélodrome. Au départ, climat tropical et, moins de deux heure plus tard, tu fais tes adieux à d’enjoués manchots glisseurs-sur-neige, tu vins de surprendre deux amoureux macareux aux trépignements durables en une fringale génitale  !

Ce musée, collé près du stade olympique, est une fort agréable promenade naturaliste. Faut voir la joie des écoliers admirant certains oiseaux exotiques sortis de leur territoire, à portée de la main et de l’appareil-photo. Joie ! Faut parfois avoir le regard perspicace et attentif : ici, un lynx se cachait dans la fourche d’un arbre, là, un caïman se dissimulait dans les rochers de béton peinturlurés. Notre étonnement d’apercevoir un porc-épic (hérisson ?) dormant paisiblement juché au faite d’un arbre bien maigre !

Certains recoins sont de vastes aquariums et dans l’un on y a vu la sale gueule d’un laid piranha. Brrr… Des sortes de senties invitent à guetter …la vie. Le bonheur ! Le vif plaisir bien visible sur tous les visages des gens, ce midi-là, un beau jeudi ensoleillé. Soudain, on détecte un vison bien noir qui dort dans une vitrine discrète. Soudain,  un jeune requin surgit d’entre ses voisins nageurs. Cris d’un enfant ! Sortant d’on ne sait jamais trop ou, une raie bondissante, avec son bec boudeur et son bizarre regard comme muni de lunettes à monture blanche ! Avançons lentement, aux aguets, des yeux tout le tour de la tête quoi ! Ce Biodôme nous mène d’étonnement grave en surprise inattendue. Oui, le bonheur.

Soudain, un bassin, des étoiles de mer, des petites bêtes variées dans de vastes lits de galets polis,  l’étalage d’une abondance maritime étonnante. Levons les yeux, marchons, traversons un petit pont, un vaste ciel peint, illusion totale et,  au dessus de nos têtes, voir voler des mouettes, des goélands. Leurs cris vivants sous ces serres géantes, oh ! Entre des rochers mal noyés, des canards, bruns, blancs, noirs,  paressent, indifférents. Allez- faire un tour. C’est un fameux régal visuel. Un bon remède. Une excursion si facile, pas de bagages à faire, aucun avion à prendre, en pleine ville, voici des hérons, des truites, des serpents (un boa ?), voici la région tempéré avec nos arbres des Laurentides…

…et, revenu au village, voici mon Jambe-de-bois-écureuil qui me nargue sur le toit du voisin. Puis, ma grasse Donald fuyant dans la cédraie voisine ! Entre deux paquets de bouleaux, n’est-ce pas moufette-Laberge ? Puis, la nuit venue, bruits à ma fenêtre, je vois au clair de lune le Arsène Lupin, son loup noir sur les yeux. Le chapardeur de déchets  grimpe sur le bac à vidanges. Le biodôme se poursuivait ?

LES COUS VERTS !

Il y a donc des canards de ce nom : colvert. Au cou vert. Comme il y avait pour les humains « les jarrets noirs », pour les Jasmin, maraîchers penchés du Village Saint-Laurent « les dos blancs. » Mercredi midi, dernier feu de broussailles sans doute, apparition de quatre insolites nageurs dans la demi brume novembrienne sur le lac. Deux couples de colverts. Toujours étonnant ! Sont raides, comme immobiles de photo Marc Barrièrecorps, pourtant déplacements ultra rapides. Leurs palmes (pattes de grenouilles invisibles!) s’activent avec une rare force motrice. Ils zigzaguent autour du rivage, avec mouvements de culs en l’air !Ils avalent dieu-sait-quoi sous l’onde. Jean-Paul-Voisin, qui dort bien moins que moi, me parle de visions d’aubes avec outardes et huards, « Terribles, non, leurs cris plaintifs, me dit-il. » C’est vrai. Nourrissant mon feu, je ne me lasse pas d’admirer ces cous —et têtes— d’un vert flamboyant. Si métallique. Qui luisent au soleil de ce mercredi.

Souvenir : à chaque année entre 1940 et 1950, papa m’amenait avec lui, en bus, au « camp ». Pour clouer des persiennes (car brigandages parfois), couper l’eau, rentrer les chaises, désamorcer la pompe. Souvent devoir enduire de goudron (veux balai coupé comme pinceau ) le toit. Qui coulait sans cesse ici et là. Corvée rituelle pour l’hiver qui s’en venait Avenue Proulx à Pointe Calumet.

Oh comme j’aimais « avoir » mon père bien à moi !Être seul avec lui. Tout ce jour de novembre, Germaine, ma pauvre mère, devait « garder » le restaurant du sous-sol, dans notre « petite patrie ». On entendait à l’ouest de la Pointe, des salves répétés : coups de carabines des chasseurs de canards (colverts compris). Bien camouflés dans leurs barques garnies de branchages de cèdres. Ces disciples de Saint- Hubert s’installaient tout au long de la « Grande Baie » et des vastes plages « sulpiciennes », devenues le Parc Paul-Sauvé. S’étaient tues pour l’hiver les machines de Miron-le-cimentier qui siphonnaient du sable tout l’été. À la Fête du Travail, Pointe Calumet cessait de vivre. Retour de la vie le 24 juin suivant ! Notre paix ? Sans cesse fracturée par les incessantes décharges de chevrotine, ces tueurs de canards d’Oka, de St-Benoit, de St-Scholastique ( nommé Mirabel), de Ste-Monique et de St-Augustin, de La Fresnière, troublait mon père. En rangeant des effets dans notre cabanon, je le voyais grimacer, durcir les mâchoires, se scandaliser. Il m’avait dit : « Ils peuvent donc pas laisser vivre en paix les animaux de la nature, non ? » Papa était un doux, un pacifiste, un membre du Tiers-Ordre de Saint François, comme on sait, ami de tous les oiseaux, colverts inclus !

Ici, nos colverts ont la paix, cher papa ! Ils vont et viennent comme excités par cette bouffe invisible du fond du lac. Pas question d’abattre ces jolies proies luisantes, aux cous et têtes d’une joaillerie étincelante. Sont-ce les derniers signaux de la beauté naturaliste avant le blanc partout ? L’hermine répandue dans toutes nos collines ? La beauté ? Allant à l’École-Bouffe, plus tard, la beauté de nouveau ! Oui, sous une laide tente-garage, rue Grignon, qui me cligne des yeux ? Belle grosse tête toute blonde ? Félin d’un blond émouvant, à la fois énorme et svelte qui se dandine, cherche où s’asseoir, trouve, se gratte une oreille fougueusement, sursaute, me re-redécouvre et puis baille énormément, ma foi, c’est l’enseigne du lion-MGM, en mini. Une belle journée donc. De vert hypnotique et de blondeur fauve.

DEUX ÉCUREUILS ET TROIS GAMINS !

Ne le répétez à personne, ma femme partie aux courses chèvrefilsiennes, -me voyez-vous ?- je me couche au plancher le long des portes-patio pour observer un gros écureuil. Très  noir. L’alerte acrobate de jadis (Jambe de bois) a changé d’ère (circassiennne). On le voyait plus. Nos suisses agités ? Pareil. Donc, il y a ce couple -père et mère sans doute- deux noirauds, grasses mais vives machines et, c’est comique à voir, totalement indifférents aux nombreux petits oiseaux qui tournoient autour d’eux !

Quand ces bestioles ailées se cherchent des graines tombées de nos deux « magasins » suspendus, quand ils se touchent quasiment, nulle agressivité, pas de chasse, aucun inconvénient. J’ai même vu le père-noiraud se tasser devant deux légères parulines ! Quel mystère et quel naturaliste patenté m’expliquera cet étonnant phénomène ?

Donc ce matin-là, voyant Gras-Noir picosser le long des portes, je me couche pour mieux l’observer. La bête se fige en découvrant ma ronde boule de billard à sa proximité. Elle me fixe et je la fixe. Face à face durable. Ça n’est pas ma première expérience. Ce regard des bêtes ! Si étonnant, comme humain ma foi du bon yeu ! J’en ai une sorte d’émotion, choc de deux natures si éloignées et portant proches parents par l’échange -justement- des regards.

« Les yeux sont le  miroir de l’âme », nous disait-on naguère, enfants aux petites écoles. Vérité, ma foi ! J’ai vécu cela, ce choc avec un quasi-malaise, pour des chiens. Des chats aussi, parfois face à un cheval ou une vache, souvent, pour des singes dans des films montrés à la télé. Oui, une parenté. Plus  insistante, troublante même avec les singes, ça c’est certain, monsieur Darwin sieur De L’Évolution.

Alors, oui, le regard de cet écureuil. Rien pour l’effrayer. Il me dévisage les pattes en l’air comme si on se connaissait quoi. L’expression, comme si on avait gardé les cochons ensemble ! Soudain un Geai bleu surgit et va s’accrocher au rebord de la mangeoire principale dans des images d’ailes énervées. Cela suffit pour que mon écureuil de charbon me délaisse et, peureux ?,  change de posture.

Bon, suffit, je me relève, je vaque à mes travaux du jour. Me reste, comme collé au cerveau, le noir regard du noir rongeur. Bizarre, j’y voyais une trace de…De quo ? De solidarité, oui, de fraternité même. Que c’est regrettable tout ce monde des animaux incapables de communiquer vraiment avec nous tous. Nous verriez-vous?, matins ou soirs, parcourant praires, vallons ou collines et devisant joyeusement avec ces compagnons de vie ? Quels propos échanger avec le monde animal. Hum, on imagine une participation minimum sans aucune complexité, nous causerons comme avec d’éternels poupons, de sempiternels bambins.

Vaisselle rincée et rangée, je retourne aux portes de la galerie, qui je vois ? Lui, Noiraud, le museau dans la vitre. Il m’aperçoit et, aussitôt, se dresse sur ses pattes arrière, alors,  je ramasse un croûton et j’ouvre doucement. Aucune peur, encore les yeux dans les yeux. Mais quand je lui lance le pain, froutch ! Le maudit Geai bleu a foncé, l’enfourche à son bec et repart aussitôt dans son beau fracas bleu et blanc. L’écureuil me jette un coup d’oeil -courroucé, je jurerais- j’y vois de la déception mais, hélas, je n’ai plus de pain.

La belle vie même en froid février ? Oh oui, ce soir-là, à ARTV, ma joie quand défilent les images d’une nature primitive, africaine. Un documentaire sur lions, éléphants, gnous, hyènes. Mes émissions préférés ? Oui, si j’excepte « Les Parent »avec ces trois gamins au naturel absolument renversant.

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