Le dimanche Ier décembre 2002

1-
Quoi? Déjà ? Décembre débute. Me reste donc huit journées nettes à noter sur calepin. Trois ou quatre entrées finales. Le 8 j’écrirai : « youpi, je l’ai fait. Toute une années (365 jours de notations) de journal ». Content de moi.
Après ce sera « Poing… », un hebdo d’un autre genre, je le veux, que je veux plus « poignant »(?), plus « poing » brandi. Plus minimaliste aussi. Fini de m’étendre en considérations diverses sur…l’État du Monde. Un journal elliptique. Recouvrer de la liberté. Je ne noterai plus rien. Ce sera ce qui submergera vraiment. Juste la mémoire. Me débarrasser des éphémérides vains quoi. Un poing pour faire le point sur on existence une seule fois la semaine. Un « poing net » de coq à l’âne multiple. Y arriverais-je ? Je verrai bien.
Aile a lu hier soir, avant de venir me retrouver dans notre vaste couchette —lit king-chose—, mon essai —le premier chapitre de mon « Exilé ». (Devrais-je le « soumettre » sur le site, Marco ?). Ses questions : 1- « Ça se passe où au juste, on sait pas. 2- Ça se passe quand, on sait pas trop. 3- Ce jeune missionnaire refusant la femme offerte, est-ce plausible de nos jours ? 4- Ces villageois, des sauvages, des vrais primitif ou quoi ? Ce maire guettant un site à touristes semble moderne, non » ?
Je dis : « Oui, je vais y penser ». Mais… bigre, je tente justement (me défaire de l’ancien romancier réaliste) de jouer la carte de l’ambiguïté. Situer mon histoire (que je ne connais pas encore, que je raconte au fond) sans un espace géographique précis, sans temps trop défini, dans un monde exotique pour mon jeune héros. Un seul pan, flou, parler de quête spirituelle. Mon « petit prince » est un jeune adulte. Il sera aux prises entre sa foi religieuse et un monde réel. Je souhaite arriver à le confronter : l’exil —fuite, cachette, abri anti-monde— qu’il s’est imaginé sera une très difficile aventure intérieure. J’ai peur. C’est correct, souhaitable. Sans cette frayeur —risquer un échec— devant le projet, aucun intérêt de poursuivre ma chimère. J’aime mon défi. J’ai tout décembre —tout janvier aussi ?— pour triompher (?), écrire sur un thème impopulaire, sur un sujet hors-mode. Ce serait mon premier roman…philosophique. Non, pas ce mot. Simplement un roman différent de tout ce que j’ai fait jadis. Vouloir une mue. En avoir besoin. M’imaginer, bien entendu, une métamorphose complète. J’ai très peur. C’est excitant. Aurais-je la volonté de tenir bon. Le terminer coûte que coûte ce récit sur… les valeurs.
Il y a qu’avec le journal, j’ai pris conscience du temps qui fuit, de mon âge. Il me reste bien peu de temps maintenant. Ne plus publier des histoires ordinaires. Ambition ? Estimation de soi inflationniste ? Ça se peut. J’ai bien le droit de croire que je peux laisser un ouvrage qui aurait du sens. Qui aurait le pouvoir de faire réfléchir. Je ressens le besoin d’écrire —ce qui me tenaille depuis si longtemps au fond et qui est la question essentielle : ne pas être au monde en vain. Laisser une trace une bonne fois qui en vaut la peine. Pour ceux qui viennent ? Oui. Par exemple, entre autres, pour mes petits-fils que je vois s’en aller vers ces réalités folichonne qui nous submergent ici, en Occident-le-repu.
Assez, le faire maintenant, continuer à trouver l’énergie —le goût, l’envie, le désir, oh le désir !, de poursuivre. J’ai peur. J’aime ça. Croisons les doigts. Que les dieux de l’inspiration collaborent !
2-
Aile a loué « Atanarjuat ». Premier film d’un Inuit, tourné dans sa patrie arctique. Étonnant récit. Nous qui sommes fasciné par ces austères paysages du Grand nord, servis ! C’est le monde « esquimau » de nos enfances. Ça se déroule certainement au temps d’avant les motoneiges, les moteurs « Evinrude », les maisons préfabriquées d’aujourd’hui là-haut. Tribus sauvages, petits clans à querelles, primitifs vêtus de peaux, recul au temps des cavernes (igloos). Un univers d’hommes préhistoriques qui survivaient, il y a 50 ans, loin au-dessus de nos modernes terrains organisés. Un film —malgré des longueurs, tout va si lentement entre glaces et neiges— épatant. L’hiver, si long là-haut, sans repères, sans horizon aucun (vues effarantes) quand le ciel se confond avec cette toundra blanchie.
Me suis vu hier soir à « Tablo », canal Artv. Pas fameux mon bref segment. N’en reviens pas encore :tant d’heures avec caméra et huit petites minutes pour l’écran. Généreuse, l’amie Françoise (Faucher) me téléphone ses louanges. « Votre plume à l’encre, Claude, si vive, si décidée, oh, bravo » ! Leur choix de peintres, des « pros », formidable dans cette série rare. Hier encore. Découverte sans cesse de talents inconnus de moi, très forts. Pour cela :vive la série « Tablo » !
3-
Article insolite dans cahier-culturel de La Presse, sur un bizarre d’Étatsunien, exilé, devenu prof à l’université de Chicoutimi, R. Dole. Jeune, il fut interné (en 1960) en hôpital psychiatrique pour… homosexualité ! Étudiant à Harvard, « sioupla », où il se déniche un père spirituel, le théologien protestant allemand, Paul Tillich, « un Sartre » dit-il à Suzanne Giguère. Secoué jeune par les révélations des camps nazis et « pour fuir les images de la guerre au Vietnam » ce bizarre futur « chicoutimien », Robert Dole, s’exile…Où ?, en Allemagne ! Curieux non ? Il y trouve le bonheur complet, dit-il ! Bon. Il y enseignera. Germanophile total. Il publie « Mon Allemagne » ces jours-ci, un mince 115 pages, chez Leméac éditeur. Le fameux Stephan Zweig, deuxième père spirituel, l’aide à passer « au delà- des ténèbres nazis » ! Très curieux cheminement intellectuel !
Pour Dole, il semble se réconcilier avec cette Allemagne (qui l’avait tant choqué jeune) via sa culture. Comme si les célèbres littérateurs (et philosophes et musiciens) allemands pouvaient occulter le nazisme allemand ? Cela fait songer aux défenseurs d’un Israël « naziste » en recourrant à la fabuleuse pensée biblique (Thora) ! Non mais… e qui est déroutant c’est bien justement de constater qu’une culture « hénaurme » n’a pas empêché un peuple de sombrer dans le fascisme odieux le plus horrible jamais vu sur terre. Inquiétant non ? Une culture riche, universellement reconnue, ne protège absolument pas des pires dérives nationales ? Une idée accablante, c’est certain.
Dole s’avoue volontiers schizophrénique. Quel prof ! On songe au film « A beautiful mind ». Il lit la Bible tous les jours, dit-il. On se demande comment il s’arrange avec les condamnations incessantes des affreux sodomites ! Sa foi ? C’est « une consolation » dit-il, la religion. Aïe ! Voilà un rapetissement étonnant sur la foi. Dole vante le pacifisme sur-actif des Allemands mais quoi ?, est-ce pour eux, là-bas, une compensation ( les remords ?) pour les horreurs innommables commises par leurs pères ou grands-pères ? On est en droit de nous questionner sur ce vif amour « allemand » pour la paix. Écrire m’sieur Dole ? « Une thérapie » dit-il, ça prouve que je suis sin d’esprit ». Oh Seigneur , non ! On connaît, tous, des écrivains à l’esprit énormément tordu, complètement déboussolé. Un sacré prof, je vous jure.
4-
J’avais aimé illustré (chez Guérin éditeur) un livre du prof Réginald Hamel sur Alexandre Dumas…Le grand Alexandre, que l’on vient d’installer en grandes pompes au Panthéon des grands hommes à Paris, et cela avec un faste jamais vu —défilé, fanfares, spectacles de rue— dans aucun autre pays du monde. J’aime la France pour cela aussi. Hamel —qui se promenait un temps à bord d’une grosse moto, fortement cylindré, était un diable d’homme : il colligeait tout, vraiment tout, sur nos écrits québécois pour ses archives dans la haute tour de son université sur le mont Royal. Le voilà invité parmi les connoisseurs en « mousquetairies » à Paris. Honneur mérité car Hamel sait tout sur ce petit-fils de nègre-esclave en Dominique. On ne sait pas assez qu’il y a —dans nos murs— des Québécois très savants et cela dans mille domaines.
Grave bémol de Martel pour le récent roman de Bourguignon et…toc : trois étoiles ! Dany Laferrière s’étonne ce matin —propos étonnants sur théâtre etc.— de ces étoiles (comme à la petite école) pour les livres. Il a bien raison. C’est puéril. Comme il s’étonne des « coups de cœur » qu’une chaîne de librairies plaque sur de tas de bouquins. Les livres comme des jambons avec étiquettes : « quality one » ! Des bémols pas moins fréquents pour le film « Séraphin ». Le jeune historien Champagne (brillant à Historia) chez Le Bigot ce matin. Il raconte Grignon : né et mort ici à Sainte-Adèle (il y fut maire), à quatre portes de chez nous, jeune décrocheur du collège Saint-Laurent, reporter un peu partout dont à « L’Avenir du Nord, puis pamphlétaire, un jour à gauche, plus souvent à droite, admirateur du réactionnaire Léon Daudet (fils indigne du merveilleux Alphonse). En 1933, le roman de son Alceste-Arnolphe-Avare (moliéresque tragique). Six ans plus tard, hélas, débute l’exploration et l’exploitation —il faut le dire— de son Séraphin qui n’avait rien d’un séraphin.
Champagne n’a rien dit du terrible papa de Grignon, médecin changé en dur agent immobilier, rapace (ma-t-on dit), âpre aux gains des spéculations douteuses. Contentieux grave de ce père « avaricieux » (?) qui eut le tort de se remarier. Il y eut même une petite maison construite (on peut la voir , rénovée, peinte en bleue derrière la fleuriste Hudon (ex-logis du père honni) derrière le vaste logis paternel où vivait la belle-mère haïe. Un tunnel-tambour (on en voit les traces) permettait les visites aux garçons rebelles ! L’auteur, devenu célèbre, gommait cette histoire. Freud —et Malraux— parlèrent du « devoir tuer le père ». Classique. Eh oui ! Je tuais le mien (ultramontain) en affichant mes convictions anticléricales, socialistes et séparatistes. Pour qu’il s’étrangle, je piétinais volontiers ses dieux : le pape, Duplessis, Salazar, Olivera, Franco. Devenu adulte, je comprenais ses peurs, son hérédité et je fis la paix avec lui.
5-
Le Marsolais « bon chien » chez « Power-Gesca-La Presse », parle de « redites » lisant « le tome 2 » de Normand Lester sur le Canada bien noir. Écorcher l’encombrant messager. Nuire au divulgateur : nos anglos en nettoyeur ethniques « coast to coast ! Dans l’Ouest, revêtus des sordides soutanes du KKK, orangistes enragés, haine viscérale des émigrants et des Canayens-français-cathos, des Chinois surtout, cela jusqu’au bout de l’Est (Newfoundland) où ils génocident radicalement les Amérindiens du lieu. Je suis toujours dans son tome un, je déguste. Ça ne cesse pas ces révélations sur « l’autre nation » montré avec documentation précise en racistes vraiment haineux. Ça renverse les propos répandus depuis si longtemps faisant de nous des fascistes indécrottables. Lecture indispensable pas pour moi le converti, pour nos endormis qui « dorment au gaz », oh oui, à offrir en cadeau aux nôtres, durablement complices fédérats ignares.
Aile me racontait hier un Guy A. Lepage plutôt incohérent en face de Martineau (magnéto). Il a donné en exemple les Américains « si solidaires entre eux malgré les dissidence occasionnelles ». Il aurait dit : « Il faut mieux nous tenir ici ». Ajoutant : « je veux pas forcer nos anglos —et émigrants— au français, juste qu’ils soient solidaires comme les Américains, qu’ils se proclament des Québécois, avec nous ». Non mais… Justement, aux USA :une seule langue. Pas ici, pauvre tit-Guy. C’est le lien essentiel qui manque exactement. Tout est là. Tout est dit. Il y a deux nations et ceux qui se campent « hors français » se diront toujours des Canadians ! Point final. Sacré Lepage !
Lepage a vanté « sa totale liberté » comme scripteur-concepteur à Radio-Canada. Oui, sur le plan social, on sait qu’il n’y a plus aucune sorte de censure, hélas, dans du spectacle qui entre chez les gens. Que mon cher Tit-Guy tente de noircir Ottawa, le fédéralisme, par un de ses deux personnages dans un de ses sketches, il va voir sévir Dame Censure et vite en p’tit Jésus… pas de plâtre, d’acier. L’innocent !
Avec mon « Exilé », si publié, serais-je un des invités au prestigieux quinzième Salon du livre de Guadalajara au Mexique l’an prochain ? Ce sera notre tour. Les écrivains cubains y sont à l’honneur ces jours-ci. Leur année de fête. Délicate opération. Il y a les auteurs interdits, exilés, en prison. Eh la la ! Oh ! La diplomatie se fait aller. On marche sur des œufs. Comique spectacle habituel. Connu. Langues de bois à l’ouvrage. Le Pen Club —Émile Martel (père ou oncle du Yann anglaisé ?) préside pour Québec-Canada— y est avec un « silencieux » pratique. Je ris de voir cette gymnastique foireuse aux Foires internationales de tout acabit.
6-
Le cinéaste gueulard —« on est tous des lâches et de mous, des endormis »— Falardeau lira sans doute l’Odile-devoiresque de samedi dernier: « Falardeau gueule contre « une population de « piscines à ph » et de « Reers » à protéger. Mais lui ? Il fait des piastres en masse avec ses pénibles films sauce « Elvis Gratton ». Ça va rétorquer je pense, gagez-vous ?
Le gras producteur Guy Cloutier surveillerait les invités de sa fifille Véronik à la série pop « La fureur ». Radio-Can co-diffuse avec la radio CKOI, furieux —en fureur ?— Cloutier aurait rayé d la liste d’invités faite un humoriste qui a osé quitter CKOI pour CKMF. Dehors ! Hon ! Questionnée Brigitte Lemonde, patronne à la SRC : « nous, on se mêle pas des listes d’invités, souvent changées, pour cette « Fureur ». Des Pilate-au-lavabo. Sans cesse.
Déchiquetage total du Denis Marteau théâtreux dans La Presse. À l’Usine C : « on dort » ! Le titre du Marleau : « Quelqu’un va-t-il venir »? de Jon Fosse. Titre de la descente en flammes : « Quelqu’un va-t-y y aller » ? Oyioille ! Juste pour cette année, Il y a 36 nouveaux textes québécois offerts rue Saint-Urbain, au CEAD. Marleau choisit ce Jon Fosse. Ces jours-ci, il y aura 10 lectures de pièces québécoises inédites, ira-y-il faire un tour le Marleau ? Les tablettes croulent au CEAD. Ils sont maintenant 2,000 auteurs en attente au CEAD. Merde, y doit bien avoir deux ou trois bons textes dans l’immense stock, jamais je croirai…
Vive la liberté ? Oui, oh oui. À leurs frais à tous ces « marloux déracinés »…pas avec l’argent public des citoyens d’ici. Toujours le racisme inverti :les autres sont les seuls bons.
7-
« Pu, capab », encore ! Cette Marie-Christine Blais, à la radio de Cbf-fm, (qui ne déconne pas) avec ses déplacements de l’accent tonique sans cesse. Inécoutable ! Est vivante, lyrique même, mais toutes ces voix d’adolescentes nubiles le nez bouché :assez !
Dans les gazettes, de solides placards en cahgies-culture chez tant d’éditeurs encore, hier et ce matin. Pour mon livre tout neuf : pas une ligne, rien ! Ma manie de me choisir des pauvres aussi. Ai-je ma leçon ?
Démolition totale du Tachereau nouveau par Cornellier. « Un grossier ramassis de niaiseries » ! Et bedang ! Le Brûlé éditeur doit fumer chez ses « Intouchables » ! Je touche et… je tue » : du Dumas ! Bémol grave sur le Lalonde récent où il romance à propos de la drapée Yourcenar. « On ne sait pas qui parle », Lalonde ou sa Marguerite réfugiée au Maine avec son égérie lesbianiste. dit la critique. Oh la la ! Au fait : peur pour mon journal. Ces temps-ci ça cogne dur !
« Aile, je dis, avoir cette plume à gel, « Cross Ion », suspendue au cou sans cesse ». Annonce lue. Comme un cow-boy dormait avec son revolver ». Cadeau de Noël : 29, 95 $ Elle sourit la mosusse !
8-
Lisez bien : « La mafia ou notre gouvernement : choisir ». Hen, quoi ? C’est que le publicitaire, J.J. Stréliski qui l’affirme en regrettant l’abandon subit par Loto-Québec de sa pub (payée cher). « Si l’État était pas là (le vice du jeu), la mafia s’y mettrait aussitôt ». Ah ben… Beau programme non ? Ça dit : vous souffrez d’une manie vicieuse ? Pas question d’interdire, rien désormais, « cé pas à mode man ». On va faire avec…Tranquillisez-vous, l’État va y voir. « Les bandits, la pègre, c’est nous autres: Loto-Machin ». Belle mentalité hein ?
Magnéto : on a revu « Double identité » avec le formidable John Cage et Travolta. Le sujet ? C’est bin la seule patente qu’on avait pas dans la mythologie gréco-romaine qui contient tant de métamorphoses cocasses ! Deux méchants petits dieux qui auraient échangé leurs visages. Forte idée hein ? Pour confondre les mortels. C’est cela le sujet du film titré « Double identité ». Fascinant. Hélas, c’est du tow tow et du bing bang ! Cent mille balles sont tirées et nos deux compères se relevaient sans cesse. Sauce connue. Une formidable idée (futuriste), avec savant chirurgien plastique de mèche avec la police de Los Angeles. Le brave flic (Travolta) avec le visage du bandit (Cage) …Et vogue la galère. En fin de compte, on éclatait de rire Aile et moi tant le scénario était mal ficelé. À la fin, famille nucléaire réunie :papa, maman et l’enfant mignon. « The end ». Beau dommage.
9-
La jeune Brazeau (sympathique jeune camarade à CJMS) se suicide en ondes à TQS, entourée, encombrée, de godemichés en plastique et autres épices débilitantes. Une fois pressée —un an, deux ans ?— ce citron en jupon n’aura plus aucune crédibilité, elle l’avait déjà (débutante) pas trop bien installée. Je trouve cela si triste…envie de l’avertir par une note amicale. Aile : «Mêle-toi donc pas de ce qui ne te regarde pas ». Bon.
L’affaire du gros nez d’Ottawa dans nos affaires de santé ? Landry frappe juste : Romanow en peint en bureaucrate soviétique fédéraste ! Si Mario-ADQ, John Charest surtout, avaient du courage, logiques fédérastes, ils oseraient un « Oui, oui, Ottawa verse du fric et veut que ça reste dans la Santé. Nous acceptons. Ils ont raison. » Au lieu de ça, ces hypocrites se la ferment : la peur électorale. La frousse : « Tout d’un coup que les Québécois seraient contre… ». Calculateurs infâmes. Pouah , ça pue.
Plate à lire ce spécial « Nouvel Obs » sur Nietzsche si vous n’êtes pas familier du jargon philo. Assommant. Ratiocinations imbuvables de spécialistes. Ça vase en nuances ésotériques sur un mot, deux phrases, trois extraits du Grand homme ! Déception.
À Canal Historia, encore un vétéran (Jean Vernier), fantôme de Dieppe. De 1942. À 15 ans, ça rêve action. À 18 ans, voici le petit chômeur, volontaire, bien con il a voulu de l’action, il en a eu un bref moment, il se fait écrabouiller sur un rivage normand. Durant 65 ans, médaille au collet, il va, une fois l’an, bavarder à en plus finir sur ces jours de grande noirceur. Privations terribles. Peur. Menaces. Odieuse prison allemande et cie. Triste leçon.
10-
Ce Dufort bien criard (en « Infoman ») me tombe vite sur les nerfs. Pas toujours amusant. Cette semaine : des platitudes rares. Il gigote en vain, girouette perdue. Il gueule comme si nous étions tous sourds (il n’y a que moi !). Non, on l’a assez vu. Qu’il décolle du petit écran maintenant.
Fou ? Ai eu envie de revoir, avant-hier, le ruban où je racontais le peintre, pionnier, décolonisateur premier de l’imagerie italianiste au Québec : Cornélius Krieghoff. Pas mal du tout. C’est moi qui vos le dit. Vous ne le verrez jamais. Refus d’ARTV. Je ne me console pas de ce rejet. Je voulais tant un nouvel essai avec le récit sur MAF, Marc-Aurèle Fortin, que j’aime tant. Le producteur et ami Dubois ne m’invite plus à ces essais. Me consoler un jour ? Il le faut bien.
Effrayant ce jeune témoin « en faveur de l’assassin en cour. Il est le fils grandi d’un tueur, Hotte, un agent de la RCMP. Pauvre garçon. Effondrement visible. Larmes. On le sent secoué. Sincère. « Mon père a tué mais… » Aile émue. Moi itou d’abord. Puis j’ai songé : dans cette cour, bien installer, en face du tueur et de ces bons témoins, les survivants de la tuerie. Il y a le fils —certes désespéré— du père assassin…Il verrait, droit devant lui, les autres désespérés, le fils du (ou de la) tué(e). Son père ou sa mère, ses sœurs ou frères. Pourrait-il continuer à parler en faveur d’un père assassin enragé un soir en bordure de la route Métropolitaine ? Un voix intime : « Claude, Claude, il y a le pardon…Il y a la compassion… » Je sais plus quoi dire. Se taire.
Avant-hier soir, je revenais le bras chargé de l’École hôtelière : poissons, de l’agneau et des calmars, 20 tomates ! Viande à chien que c’est pas cher ! Aile contente. Il y avait aussi du bon frais chocolat. Ai fui ! Sans me retourner. Quel brave gaillard va !
11-
À la gauche de mon clavier, encore plein de coupures, souvent étonnantes, faites dans mes gazettes du jour. Non. Résister. Un journal c’est pas trop de journaux ! Ça ira dans un grand sac au pied d’un placard avec le reste. Pour…pour rien !
Mardi en ville pour T.LM., mardi interview avec ce jeune Dohohue de « L’Express d’Outre Mont », mercredi grand pow-wow de Noël à Radio-Can, buffet promis, avec les anciens et les actuels travailleurs de télé. Aile et moi : envie de revoir d’anciens complices du réseau français…
De retour ici, jeudi, au journal…pour en finir avec le journal ?
En y pensant, pincement au cœur alors, c’est fou.
Me répéter : il y a cet « Exilé » à pondre. Songer : mettre ça sur mon site, chapitre après chapitre, les corrigés aussi…un « work » en progrès ? Montrer les efforts, les ratures, les virages, les déchets…Ça captiverait qui ? Doute ! Pas une bien bonne idée. Marco, tiens, va me conseiller.

Le lundi 25 novembre 2002

1-
Ah, bonhomme Galarneau revenu dans notre ciel enfin !Éclairage tonifiant. Ça réjouit le cœur (les yeux d’abord). Je vins de quitter une radio (par téléphone) de Québec. Question avec vox-pop : « Falardeau et les Patriotes, une fête en février (la pendaison de Delorimier), pour ou contre. J’ai voté « contre ». Ai expliqué pourquoi. Sinistre de fêter une pendaison, non ? Me range avec Bernard Landry pour fêter « les Patriotes », Delorimier compris) en mai ( durant le si beau printemps québécois), jour consacré à Dollar des Ormeaux. Qu’il se tasse un peu de sur son pavois le commerçant de fourrures. Le sondage-maison, dit l’animateur Tétreault, donnait un peu « en avance » mon choix de congé national.
Ce matin, Sainte-Adèle dans les gazettes de la métropole. Le maire Cardinal en faveur de vendre le parc du bas de la côte (Morin) pour le réinstaller en haut de la côte. Là où existait l’hôtel « Mont Clair » (et le très populaire dancing « Red Room », très fréquenté par tous les skieurs modestes jadis). De opposants luttent fermement pour empêcher de déménagement. Aile : « Quand je pense que le marché Métro (quittant le centre commercial) s’installera là en bas, cohue augmentée de véhicules sur le boulevard déjà encombré ». Mo ? Je serais pour deux parcs, un en bas (mieux aménagé encore ) et un autre en haut. Y aura jamais assez d’espaces verts dans notre gros village, aux allures de « petite ville » dorénavant. Évidemment , les marchands des alentours aimeraient l’achalandage d’u gros marché (Métro-Chèvrefils) en voisin de leurs modestes boutques. Encore une affaire fleurant les odeurs de « chambre de commerce », je le crains.
Téléphone encore ! Marie-Claude (de Tous les matins). « Ave cette affaire « pénis-Pierre Lalonde, on abandonne notre idée de débattre avec vous, en table ronde, « sexualité chez les jeunes qui ne quittent plus la maison des parents ». Bon. « Oui, accepteriez-vous, demain, de polémiquer sur : « l’actuelle consommation compulsive versus la simplicité volontaire » ? Bien.
2-
Deux rêves samedi : un, bord de mer, ma fille y est, des gravats partout (encore ça ?), y a eu effrayant raz de marée récent, paysage bousculé, tout (à Ogunquit ?) est sans dessus dessous, désolation ambiante, groupe de furieux nous menace, masqués, je reconnais les acteurs Messier, Meunier (?), la peur, Éliane tremble, des « guidounes » grimées se pavanent derrière ces trublions (lecture du Poulin hier ?), on ne sait trop par où les fuir. Je me réveille.,
Deux : une turbulente école de commerce, HEC ?, brillants orateurs à une tribune, débats orageux, y suis-je prof ou étudiant ?, c’est flou. On finit par me sommer de trancher sur une question qui ne m’est pas familière, que je ne sais pas, on m’empoigne pour me hisser sur la tribune des orateurs, mon embarras extrême, je veux me sauver. Je me réveille.
L’épouse de mon neveu musicien (fils de Marcelle, ma sœur) Gilles (Delorme) chante. Depuis longtemps. Galas modestes, mariages, etc. Je l’ai entendue souvent, dernièrement à une fête italienne. J’avais voulu la présenter dans une émission (« Star d’un soir »), hélas, ça n’avait pas fonctionné. Cadeau d’une cassette. J’écoute. Plusieurs fois. Amateur de chansons italiennes, je la trouve extra. Alors, je me questionne : combien de talents de cette sorte tentent de sortir de l’anonymat ? Des centaines, des milliers sans doute. Rien à faire ? Les bureaux de tous les producteurs encombrés sans doute de ces aspirants « à plusse de lumière »? Sans doute !
3-
Lalonde quittant une émission « en direct » : souvenir. Réal Giguère a invité Moreau le jovialiste farfelu. J’y suis. Le Dédé philosophe déclare que la Bible n’est que pornographie. Je sursaute. Je le somme de répéter son assertion. Il le fait, en rajoute, hilare. Je me lève et je quitte le studio. J’avais reçu une tonne de messages d’encouragement, de félicitations. Ce matin, Boisvert et Nat Pétro (La Presse) commentent le geste de Lalonde. Nathalie pour le moquer, attaquer « les vieux » puritains. « Tous ces « vieux » vivent hors réalité actuelle », dit-elle !
Oh là ! Yves Boisvert, lui, explique que tout ce vaste public félicitant Lalonde, (le « pénis à rallonge » de Martineau, commenté les laisse froid) admire avant-tout le fait d’oser faire se rompre le ronron prévu —intimidation environnementale d’un studio— d’invités. Je crois qu’il a raison. Autre souvenir, à « Altitude 755 », à TVA, je me fâche tout rouge contre Dodo qui tente de me faire taire à propos d’un film que je critique vertement. Encore là, paquet de félicitations, éloges dans Le Devoir. On aimait voir un invité « sans gloriole » remettre à sa place une « star » populaire ! Contentement par transfert.
4-
Avons vu, hier soir à ARTV un texte de feu Robert Gravel : « Durocher le milliardaire », déjà vu à sa création rue Fullum. Une rigolade. Le crésus —muni d’une fille nymphomane et d’un fils inverti sexuel harceleur— fort bien incarné par Jacques L’Heureux, répétait que « l’argent seulement fait le bonheur ». Ce prêche à de pauvres artistes de cinéma venus lui quémander une subvention. À la fin, Aile : » Le message de Gravel, c’est quoi au juste ? » Elle rigole. Je dis : « J’sais pas hein ? Absurde. Beckett, Adamov, Ionesco ? Gravel, avant de mourir, a pondu deux autres pièces de cette eau mystifiante dont « Il n’y a plus rien », une charge d’une noirceur absolue. Il y avait donc chez ce dynamique inventeur des « Impros », un ton nihiliste troublant; cet apparent joyeux troubadour, avaleur compulsif de bonnes bières, un fond de désespérance quasi insupportable. Mystère d’une vie.
Vu aussi hier soir un Paul Houde en humoriste à nu, voulant montrer de la profondeur ave une Denise Bombardier jouant, elle, la poupoune fardée, faisant du charme, éclaboussée de lumières flatteuses…Ouengne ! Ça sonnait faux des deux côtés du divan de Denise. Houde —brillant ironiste et imitateur— pas du tout naturel et ne répondant pas vraiment aux questions. Mon tour —« Parlez-moi des femmes »— s’en vient (ruban enregistré cet été) et on verra qu’avec moi, la Bombardier n’a pas joué ce rôle de ratoureuse énamourée. J’aimais mieux.
5-
Ce matin, j’ai ri. Je me lève le premier (c’est rare), je veux éviter le bain mousseux tout coulé pour moi, et, sur la pointe des pieds, je vais me débarbouiller et songe à cet œuf du matin (rare). Soudain, bang !, nez et pied dans la porte, elle est là : « Oublie pas de prendre ton bain, demain ton studio et ton départ à toute épouvante, je te guette mon sacripant » ! Oh, me dis-je, que les enfants d’Aile auraient souffert : une maman épieuse, surveillante, un œil de lynx, une oreille de…Bon. J’ai pris une douche en vitesse.
Bazzo ce matin avec le pianiste émérite Alain Lefebvre : causerie de jet set avec choix de parfums ruineux et colifichets luxueux. Un couple de mondains raffinés. Ouash ! Superficialité qui me désole toujours.
Hier, mon Daniel ici : « Je viens remettre ton ordi comme à neuf, pops, j’en ai pour des heures »! Le gentil fiston. Fier de lui. Ce ne fut pas facile. Voilà qu’il appelle à son secours sa belle-sœur Carole du Sommet Bleu. Je monte voir le duo pitonneur. Oh la la !Ça farfouille dans les icônes ! Problème pour connecter mon imprimante. Sortie du « ivre », des dossiers. Cassette de base insérée dans la fente. Du Chinois pour moi. La soirée à suer à l’étage, les pauvres. À la fin, tard, ils s’en vont, satisfaits. Mille mercis pour le nettoyage !
6-
Buissonneau me disait : « Merde, quand je reviens à Paris, ils disent tous que je suis devenu un vrai canayen, me reconnaissent plus ! Et, ici, je reste un « maudit français ! » Hier soir , docu de télé, des Égypto-québécoises, même rengaine. En Égypte, elles ne sont plus reconnues en vraies égyptiennes ! Ça les enrage. Quoi, l’intégration nécesairee fait cela et c’est inévitable. Oui mais elles diraient : « ici, on passe toujours pour des Égyptiennes ». Eh… Il faut attendre combien de générations, exilés de tous les pays ? Part m’installer ailleurs dans le vaste monde, resterais-je longtemps le « canayen » du lieu ? »
À Canal D : docu sur « machine-gun Kelly », un « wanted live ou dead », aux USA. Ale : »Oui, j’entendais parler de ce type, jeune ». Moi : »ton père sans doute… » Aile : « Oh non, papas ne nous parlait jamais de ce actualités, passées ou récentes, il ne parlait que d’affaires. Et de la bourse où il jouait…et perdait ». Mon père ultramontain : « La bourse, mes petits enfants, c’est un vice, c’est un mal ». Deux pères !
Chez Charrette-du-dimanche :Véronique Cloutier. Images alors en noir (Christiane) et blond (Cloutier). Elle : naturelle intact. Fait plaisir à entendre. Franche, lucide sur son image. Chapleau caricature sa propre image. Bonne santé. Le Saïa, devenu cinéaste (« Les dangereux ») en « ploggueur » timide. Un nouvel humoriste déboule en mots cocasses. Succès durable ? On verra. Dominic Champagne , éreinté raidement par La Presse (« pas de texte dans son show théâtral »), ce matin là, fait face avec son « Vacarmes… » en cours rue Fullum.
7-
Chez Ardisson à Tv-5 : Guy Bedos se laisse fêter. Soudain, algarade, une envoyée des victimes du drame de Toulouse. L’explosion funeste. « Total » qui refuse de payer pour les victimes. Le scandale :un ministre (Borloo) accouru tente de calmer tout le monde. Promesses de réparations. on voit pas ça aux USA, un show de variétés qui vire à la discussion sociale enflammée ! Cher France ! Bedos : « la charité privée, en ai marre. L’État doit régler ces choses. Assez des artistes et des campagnes de charité ponctuelles en cataplasmes ». Bravo ! Il a raison. On y a vu le chanteur Higelin comme une vieille femme dépravée. Bizarre vision. Il bafouille son accord avec la révolte de Toulouse. Malaise en studio. Un revenant cocasse ! Oui, cher France !
À Historia, samedi : « Munich ». Les amants du pacifisme à n’importe quel prix ! Les nazis subventionnent volontiers ces pieux nobles chevaliers innocents « pour la paix ». Tu parles ! Le Chamberlain de Londres (comme Daladier en France) voulant rassurer face à un dictateur fou, Hitler, agressif, gourmand. L’erreur historique. Bon docu sur ce funeste « temporisateur » aveugle. Churchill se lèvera. Pétain se couchera. Que j’aime ces bons « mémos » à Historia. Je ne m’en lasse pas.
Avons beaucoup apprécié (« Thema » à Artv) le « Ruy Blas » de Hugo, ave Depardieu, à ARTV. Acteur toujours si efficace, si surdoué, ce G.D. Bonne histoire sur un manant tombé amoureux de la Reine d’Espagne (Carole Bousquet, froide et fraîche). Drame parfait ! Savoir hélas que tant de monde reste collé aux canaux génériques ordinaires et ratent de si bons morceaux. Triste !
Visite de deux voisins « pour » le parc à abolir en bas… Aile sort ses arguments. Je balance. « Faut un vrai centre-ville ici », dit Jodoin. Maurice approuve. Et moi… Ben.. je sais plus !
Bon, s’en aller pour T.L .M. demain, et revenir ici mercredi en après-midi. Journal jeudi donc. Devoir noter ceci et cela. Allons-y…
Aile s’impatiente.

Le mercredi 20 novembre 2002

1-
Bataille de nuages au firmament ce midi. Le bleu veut triompher du blanc. Issue probable de ce combat éthérique : le blanc blanchira l’adversaire.
Ai pris notes pour ce T.L.M. de mardi prochain : « ma mère chantait toujours et ma mère jouait avec nous toujours. Plus : cette tante Gertrude qui nous gardait et ses fabuleuses ménageries de friandises ». Suis prêt. Peur toujours de n’avoir plus rien à raconter aux Houde-Bertrand et, en fin de compte, je gratte, je me les creuse, je trouve. Ouf ! Oh ! Clignotement à l’imprimante : encre noire qui s’achève. Déjà vide ? Mes rubans de dactylo duraient si longtemps, eux ! Bin tanné de tout noter. Avec ce « Poing comme net » —le mot « poing » pour colères, évacuation d’humeurs— je ne me fierai plus qu’à ma mémoire. À la mi-décembre, n’y aura plus, en hebdo, que les points forts des jours enfuis. Ce que j’oublierai méritera d’être oublié. Ça vient de finir.
J’ai reçu (courriel) des souvenirs bien rédigés d’un vieux médecin (Trois-Rivières), on lui cherche un éditeur. Il y a eu premier refus déjà. On me lance un SOS. C’est du texte précieux, qu’il faut sauvegarder. Je ne sais pas trop quoi faire pour aider à la publication d’un tel savoureux documentaire écrit. J’ai suggéré de demander de l’aide auprès de l’UNEQ. Merde ? Quoi faire ?
2-
Il nous arrive parfois de nous questionner. Ainsi, dans mon « Écrire pour… » : suis-je allé trop fort au sujet de notre colonialisme, de ce racisme inverti ? Eh bin non ! Dans « Voir », c’est une confirmation : une Sergente (Julie) publie fièrement notre aliénation qu’elle approuve la sotte. Lisez : le roman québécois sort (enfin) du terroir (notre patrie n’est, colonel-Sergent, qu’un vil terroir ?), il célèbre (enfin !) l’urbanité, les us d’ailleurs, il s’est internationalisé, il a cessé de ne ressembler qu’à soi (l’automépris des colonisés ?). Édifiante perspective non ? L’hebdo VOIR applaudit à ce reniement, ce serait un net progrès.
Nulle part au monde, dans les « vrais » pays, on ne chanterait cette aliénation culturelle. Pauvres « petits pays » munis de ces chantres du déracinement volontaire. Marie-Claude Fortin s’accote volontiers sur la Sergent-Major. Elle vante à son tour (même numéro de Voir, 14-20 novembre) les bienfaits de cette romancerie se déroulant « ailleurs ».
Et moi ? Avec ce projet de roman exotique qui m’assaille, « Ernesto l’exilé », vais-je obtenir grand succès avec échos louangeurs ? Ce sera une preuve de plus que certains jeunes fous en médias souhaitent oublier le Québec qui s’écrirait. Enfin, Tristan Malavoix-Racine (oh, racines ?), même hebdo, veut fustiger aussi le nombrilisme (son mot) de trop de nos auteurs comme si le « je », l’autofiction, était une lèpre toujours futile. En France (Angot), aux USA, en Allemagne, en Espagne, on trouve de ces livres de questionnement essentiel « sur soi et les autres alentour » et personne ne songe à blâmer ces écrivains. Il ose signer : « l’ère des étiquettes nationalistes achève… Et ce sera la fin des préjugés ». Rien à comprendre sinon ce malaise bizarre (de raciste inverti) face à la québécitude normale de nos auteurs. Il ose donner en exemple « la littérature québécoise d’un Yann Martel »…Martel qui écrit en anglais ! Un vrai con ce Racine déraciné.
3-
Tantôt j’écoutais (Cbf-fm) —j’adore sa toune musicale d’ouverture, sorte de vieux tango— « Autour de Nana » : un grand gars de 18 ans a encore peur de sa môman; ultra-contrôlante, la Nana ! Il revient d’une première coucherie d’ado-homo, dans « une chambre à louer » du Carré Saint-Louis, initié par un anglo averti. « Tu resteras toujours mon enfant », lui répète Nana derrière la porte des toilettes à cet enfant prodigue enfin rentré. Elle donne en exemple le comportement du frère aîné qui, à 32 ans, « ne découche jamais, lui ». Il rétorque : « ce qu’il fait « de jour », personne ne le sait ». Famille d’antan ? Ce « recyclage » intempestif —par Lepage— de pages de Tremblay est pas toujours bien fait, hélas, comme ce matin.
Ce matin, la Nat Pétroleuse de La P. veut louanger « Bunker », est malheureuse du peu de public à l’écoute mais termine par : « C’est dans une bulle étanche ». Alors ? Ceci explique justement cela. La voilà qui découvre —sur un écran de son gym— que le poète d’État (M. Bowings) —à 22,000$ par année à Ottawa— joue courageusement « le fou du roi Chrétien ». Yves Beauchemin dit qu’un poète d’État c’est une farce que « la (vraie) poésie est (toujours) illégale ». Bravo ! La vérité ? Le pouvoir peut fort bien tolérer « en son sein tout puissant » un brave pacifiste à 22,000 $ Pas un pli sur la différence. Un maringouin piquant un dinosaure. On en rira.
La menteuse face à une annulation de dernière minute : Dominique Chalout (relationniste) dit que sa compagnie (Zone-3 ?) appointée par TVA est trop pauvre (!) pour engager, à 1,675 $, cinq (5) zapartistes effrontés au « Grand blond… ». Ils n’y allèrent point malgré la pub faite ! Les mensonges de ce petit monde crasse hein ?
Robert Foisy —et P. Bourgault — contre ces Jeux « gays ». Ça proteste en grande. Le ghetto fabuleux (aux ramifications internationales) défend ce cloisonnement volontaire alors qu’il doit bien y avoir le lot normal d’homos aux Jeux ordinaires. Danger à long terme pour cette minorité active que cette séparation consentie.
4-
Jean-Luc Mongrain chez Bazzo ce matin raconte que ses huit années en enfant-pensionnaire « des bons pères » du cours classique lui firent le plus grand bien. Qu’il a pu y découvrir (dans la cour de récréation, au dortoir comme au réfectoire) ) le vrai monde, les méchancetés des autres gamins, que cela le ramenait à la réalité. Avec sa maman il était, non pas un enfant-roi (trop modeste milieu familal) mais un enfant protégé du monde extérieur. Table ronde avec des « enfants uniques ». Unanimité en studio : madame Dolto, célèbre analyste pour enfants, avait tout faux (?), se trompait gravement : pas vrai que les enfants uniques sont en danger, deviennent des égocentriques, etc.
Heureux jeune Mongrain et moi qui voyait, enfant entouré et aimé, le pensionnat comme une odieuse et terrifiante prison !
En 2003, 25 ans, la mort de mon héros-chanteur Jacques Brel ! 25 ans déjà ? Non il n’est pas mort du tout. Ici et là surgissent fréquemment des témoignages (des jeunes parfois) : ce poète populaire était un génie belge.
Le patron du Dev, B. Descôteaux, ce matin, signe un beau témoignage sur ce « grand-père » merveilleux, André Cailloux, mort dimanche dernier. Il ne va pas publier mon hommage à moi, c’est évident. Tant pis. Plus grave, bien impoli, il ne me répond pas pour cette demande de chronique. Un refus cela se dit, non ? Rue de Bleury, je ne suis plus rien, ma foi du bon yeu.
Appel chez Parent-Forget : « Il y a eu erreur et on va refaire vote prothèse mal ajustée, venez sans faute lundi prochain… ». Je n’en reviens pas. Leur erreur et on me commande d’aller me rasseoir, tel jour, telle heure. Y a qu’à obéir quoi ! J’enrage.
Pu’ capab’, ce Bernard Drainville (ici, Radio-Canada au Guatemala) : Pourri ! Infect ! I-né-cou-table ! Non mais…on engage n’importe qui ?
5-
Vu la fin de la série « Duceppe » hier soir. Quels mauvais dialogues chez dae Wojas ! Quel manque de tonus dramatique au cours de cette série. Duceppe se croira, l’acteur Doucet, talentueux, le dit, « un imposteur ». Duceppe, fin de sa vie, déplore son manque d’instruction, si peu de scolarité, n’avoir pas pu se prévaloir du fameux « cours classique ». Aussitôt Aile éclate : « Ah comme c’est vrai, si tu réussis dans ton domaine et cela sans solide école, oui, tu te crois un imposteur. Je sais bien ce sentiment. Mon père, lui aussi, souffrait de ce complexe ».
Moi aussi, il m’arrivait parfois, autodidacte magané par un critique, de craindre que l’on dévoile publiquement mes manquements culturels évidents, ce « cours classique » interrompu, etc. Bêtise ? Qui s’accentuait avec la venue (années 80-90) des nouveaux jeunes savants-docteurs-en-lettres qui étalaient volontiers les dogmes et les neuves théories littéraires, leurs nombreuses sources d’informations sophistiquées…
Oh la la ! Sol : « pauvre petit moi alors » ! Il m’a fallu un certain temps pour constater que tant de ces nouveaux gloseurs étaient de minables impuissants, réfugiés derrière le gros paravent trompeur du bla bla bla élitiste et totalement infertile.
Jaloux des créateurs féconds, sans diplôme lourd, ces prétentieux arrosaient « les populaires » d’un fiel envieux. Aussitôt, on me connaît, je sortis des épées farouches, des dagues etc des poignards, pour les éventrer comme on ouvre des figurines mécaniques, automates crinqués, …pour voir la petite machine idiote dans le ventre des poupées fardées. Bardées de médailles futiles. Certains attaqués me porsuivent toujoyrs d’une hargne totale. Tant pis pour moi, tant pis pour mes vaillants camarades en autodidacterie ! Anti-intellos, le Jasmin ? Non. Je reconnais volontiers maintenant, calmé, que des « très instruits » savent parfois nous pondre de fameux bouquins, de fort utiles et lumineux articles.
6-
Lu dernièrement : « Notre patrimoine religieux est en péril grave ici et là » ! Bien mais qu’en est-il du péril en Inde, à Cochin, du « patrimoine religieux » acheté par le galeriste Simard (« qu’allait-il faire dans cette galère » ?) pour installation touristique au Saguenay ? Alerté (après La Presse) par une mienne lettre ouverte, non publiée, silence compact toujours au Devoir ! Je chante : « j’attendrai, le jour et la nuit, j’attendrai toujours… » !
Dimanche, enragé et se défoulant dans La Presse, mon éditeur, affirme qu’il a englouti deux centaines de milles piastres, au moins ! Oh diable ! Cachets de ses téléromans pour entretenir —une sacrée danseuse, maîtresse insatiable !— sa passion des livres ? Impasse maintenant. Cul de sac prévisible dans ce « commerce ». Rêvons d’un mécène (Bombardier, Cascades, Jean Coutu, inc., Saint-Hubert BBQ, Péladeau INC ?) surgissant chez le Troispistolien : « Je serai votre baîlleur de fond désormais. Continuez » ! Oui, rêvons !
Laura Bush et ses auteurs invités à La Maison blanche… et Chantal Landry, elle, invitera-t-elle bientôt des écrivains pour causer « affaires culturelles »…et autres affaires… au chic appartement surplombant le chic Château Frontenac de son chum ? Rêvons toujours.
Gazettes du jour : Bush pas confiant en l’ONU. Cacherait-t-il des stocks de gaz mortel dans une mosquée ? Sadame tint salon, il s’en fiche, lui c’est « sa dame autre » qui le turlupine, qui le turliponne. Sa « dame de pique » bien noire, Hussein. Tout le puissant lobby des armements lui fait : « Si tu veux du fric pour ta ré-élélection, vas-y, vas-y ».
7-
Quand, vendredi, au Salon, Lucien Francoeur louangeait mon « Écrire… » je fus lâche et n’ai pas pipé mot sur le sien que je venais de lire. Un ramassis d’estocades d’une rare niaiserie. L’étonnant prophète Jésus de Galilée défini par Francoeur en « enculé » (sic) bien con (!). Et autres aménités diverses. Infantilisme dépassé, à son âge ! Un prof ? Si bébé ! Puérilisme vain. Si facile. Si ado attardé. Un écrit à la va-vite bourré de sentences folichonnes. Ne rien dire donc…et pourquoi ? « Savoir vivre » de pleutre que je regrette toujours, trop tard.
À la radio une tortue lente et savante s’exprime avec difficulté. Aile : « J’ai mes défauts mais jamais je ne m’écoute parler ». Vrai. Je dis : « moi itou, ça ». Aile aussitôt: « Toi ? Non, tu ne t’écoutes pas parler mais tu parles sans écouter trop les autres ». Bang ! J’avale. Je dis : « Ta peur du ridicule t’empêche de trop jaser, non ? Es-tu vaniteuse Aile ? » Réponse ? « Vaniteuse et orgueilleuse, est-ce la même chose ? » J’y réfléchis encore.
Revu cet enfant génial dans « Le sixième sens », courrez louer ce film étonnant… Paquets de pubs incessantes hélas à la télé de TQS. Merde !
8-
On a mis 8 millions de piastres (Can.) à la CBC pour cette série sur Pet, l’idole des anglos, du Roc tout entier. Rien sur sa jeunesse, ça part en 1968 (élections remportées) et ça va jusqu’en 1982 quand le fier Pet alla signer —sans l’accord de tous les élus Québécois— son entente constitutionnelle face à THE QUEEN à Londres, le suiveur énamouré, Chréchien, lui tenait la queue de « mourning-coat ». L’acteur Colm Feere incarne le fier Pet, il était excellent en Glenn Gould. La jeune groupie du nom de Margatet y serait dans maintes séquences. À l’affiche donc de notre télé publique ce soir, in french ! Nos élus du Québec « dans les jambe » du grand fédérateur », y seraient de pâles fantoches, dit-on. Eh b’en !
Je reviens de l’École des « tits » chefs : côtelettes de porc, ouen, soupe aux légumes et sauce à pâtes, et… « Hon ! hon ! », dira Aile, une tarte aux cerises. Durant la demi-heure d’attente, achevé le — cher à Foglia— petit « Manuel…à l’usage des filles » de Mélissa Blank. Je reconnais, ici et là, un beau grand bouquet d’humour sauce juive de New-York, ce qu’est l’héroïne. Elle est en quête perpétuelle d’un « chum steady ». Lectrice junior chez un éditeur puis rédactrice de pub, c’est le vivant portrait du petit monde « bobo » de Greewich Village. Woody Allen veillait sur Blank. Je n’ai guèrte de sympathie pour ces jeunes « vieillissants à regret » se traînant sur les sofas des psys de la Cinqième Avenue. Monde frelaté. L’humour juif c’est toujours du cynisme en fin de compte, de l’autodérision comme… mécanique. On se moque de soi et des autres pour bien illustrer qu’ils sont clairvoyants, que le genre humain est contaminé à fond :succès faciles, ambitions sottes. La caricature pétaradante au poing — un revolver toujours chargé pour épater. Mais c’est écrit sur la guenille qui sort du fusil intello : « Pétard » ! Ou « Boum » ou « Pow »! Oui, l’ennui de cette actuelle société manhattanienne —on vba faire un tour à Paris, on sait qui publie quoi— refusant et acceptant à la fois la jet set aux terrasses des restaus huppés. Cette sorte de supériorité faussement modeste —excusez Sire Foglia— m’afflige, pire, m’ennuie. Assommant, avant ou après le 11 septembre, cette faune de vieux garçons et de vieilles filles (on lui enlèvera un sein et c’est pas si grave) rêvant d’accouplements durables avec ou sans le « manuel ».
9-
Jeudi dernier, à T.Q. Un grave psy cause : « Trouble somatoforme (!) si on refuse d’exprimer ses émotions, voire un grave choc occulté, tu, trop refoulé. À la suite d’un grave chagrin ou déception, l’enterrement de ses sentiments peut provoquer maladie grave, cancer, etc. » C’est dit souvent. Si vrai ? Les psys ont intérêt ($) à mousser cette théorie en tous cas. Qui n’a pas connue une personne ouverte, bien franche, très lucide, soudainement cancéreuse. Malade qui n’a —jamais absolument— rien cacher de es émotions ? Cette scie du « psycho-somatik », tic, tic…ravageur…j’ai des doutes.
Le va-t-en-guerre Charogne en Isarel : les résistants tuent des occupants israéliens. Bien, il ordonne davantage de colonies à installer. Jouer avec ce feu ! Ils sont à Hebron, 600 colons, les Palestiniens : 120,000 !
Horreur pour rire jeudi soir dernier : Aile et moi, très rigolards en voyant (enfin !) ce film-culte bien amateur : « King-Kong ». C’est souvent à mourir de rire. Séquence prémonitoire sauce « Jurassic Park » subitement ! Avec, soudain, en noir et blanc, des effets optiques audacieux pour l’époque (1932) et pas trop mal réussis. Je regrette de n’être pas allé voir le décapant « Bowling Colombine » de Moore en bas de la côte. Paresseux que nous sommes… et les films ne restent pas longtemps au « Pine ». Surtout une telle charge anti-armes !
Aile en a terminé ave son Ferguson, « Train d’enfer » Pis ?
« Bien…c’est très bizarre…Tu liras, c’est pas plate, j’en étais comme
hantée, je tournais les pages sans cesse mais je ne sais quoi en penser ». Ne dis plus rien, belle Aile de mon cœur, c’est le signe indubitable qu’un roman fonctionne. Je le lirai donc.
9-
Raynald, mon frère, retraité comme moi —lui de TVA, moi de la SRC— m’a posté un tableautin de sa blanche main de peintre du dimanche (comme moi). Le cinéma « Château » du coin de notre rue, un tram, un kiosque à journaux. J’avais souhaité un personnage, un humain de jadis. Pour une couverture de livre, c’est plus clair. Je verrai quoi en faire. Il part en énième voyage avec sa Monique. L’Égypte bientôt. Sur sa carte de bons souhaits : « J’aurai presque fait le tour du monde. On stoppe ça. Le dernier ».
J’y reviens car c’est incroyable : lisez ce Lester du « Livre noir.. », s’y trouve un récit fabuleux sur une putain anglo qui se disait la victime sexuelle (enceinte) des prêtres cathos diaboliques du Québec. Un pasteur protestant en fait sa maîtresse et va, aux USA, publier son « conte noir » inventé. Anti-catho. Un best-seller fantastique longtemps là-bas. Dépassant longtemps la Bible ! Ré-éditions. Lester dit qu’avec l’aide de « Patrimoine machin », on peut le lire encore sur Internet. La francophobie (anti-cartho jadis) des Amerloques montrait son vrai visage.
Je lis « Larose n’est pas Larousse » : Castonguay cogne très dur sur la niaise complaisance du « rapport commandé » à l’ex-chef syndical. Le « Tout va bien pour le français désormais » de Larose le fait vomir. Querelle des optimistes et des pessimistes ?, je l’achèverai et en reparlerai. La violente préface de mon éditeur (Beaulieu) est pas piqué des vers, c’est entendu. En matière de férocerie, il est épatant mon Victor.
Allons goûter ces fraîches « chops » de cochon, tiens. On ferme !

Le mardi 19 novembre 2002

1-
Je commence à comprendre tous ceux de mes entourages qui souriaient quand je disais : « fini la littérature, j’ai fait mes adieux dans « Écrire pour l’argent. Que du journal désormais ». Une idée de roman a fait assaut subit —sur bibi— ce matin. Un envoyé des « Missions étrangères » s’installe dans un pauvre petit village d’Amérindiens quelque part en Amérique du Sud. On a prévenu ce jeune idéaliste : pour ces aborigènes, il lui faudra accepter de vivre avec une femme, sans cela, il ne pourra pas « missionner » car ces primitifs jugent comme étant un crétin, un homme sans intérêt aucun, quelqu’un qui ne réussit pas à avoir une femme chez lui. Ce serait mon seul et premier roman se déroulant hors du pays.
J’avais déjà lu qu’au Vatican —cela ne se sait guère—, on accordait une autorisation « spéciale » dans certains lieux d’évangélisation. D’où me vient cette idée de rédiger un tel récit ? Ce matin, je sortais du studio 83-radio, avant de me rendre —il était 10 h— au 45-télé pour T.L.M. Je venais de confier —au questionneur à Chicoutimi— que, enfant de chœur zélé, je me voyais volontiers en prêtre sauf que, déjà, il y avait les…filles ! Que cela faisait problème —déjà— dans ma tête de petit garçon de dix ans.
Si l’idée de ce roman me taraude, il se fera.
Il a toujours fallu qu’une idée de bouquin me hante pour que je m’y jette, un bon jour. On verra.
Temps doux, mardi gris. Hier soir, envie de bouffer du smoke-meat. Aile et mo, descendus en ville, on s’installe donc chez Lester, rue Bernard, un « snack » aux allures 1950. Éclairage de gargote. « Root-beer ». Mes bons cornichons à l’aneth, moutarde en masse….Yam !
2-
Ce midi, Aile et moi, envie cette fois de junk food : hot-dog, oignons, moutarde, et frites avec vinaigre au Petit chaudron. Je ne compte pour rien ici :pas d’invitation à la première moniale de « Séraphin » au ciné Pine en bas de la rue Morin. Hier soir, face à Bureau-au-beau-bureau, le jeune Deschênes, après « Le point » sortait de la première montréalaise dudit film et patatra : « Ouais ! Pas fort, pas bon, le feuilleton-télé était meilleur. Tant de millions, j’suis déçu ». Notre Bureau tout étonné : »Vous êtes dur…Bravo pour votre courage ! À demain ! » Aile renversée, ce jeune D. d’habitude doux et gentil, servant à « plogguer » complaisamment les produits des industries culturelles. Eh bin ! Ça leur apprendra à négliger l’illustre adèlois pour les « premières ». Je ris. De moi.
« La vallée » (des avalés), hebdo laurentien : oui ou non, y publier ( à leur invitation) un conte de Noël adèlois ? J’y songerai.
Vu au condo du Chemin Bates le denier épisode de « Bunker ». Chiard visuel coûteux (avec grosse part de notre argent public). Pas d’histoire. Gallimatia, salmigondis, charabia…Le filmeur Houde s’est payé la traite comme on dit et René Dionne, l’auteur de cette non-histoire, se fit subjuguer. Triomphe de l’esthétisme sur le contenu. En fin de compote : avec d’excellents acteurs, des artisans doués, une immense platitude sur un sujet —les coulisses du pouvoir politique— qui aurait mérité de bonnes intrigues, compréhensibles.
3-
Vu aussi, hier soir, le film de Binamé sur l’artiste multidisciplaire (80 ans) Pierre Gauvreau. La mode infernale : le cinéaste se régales d’effets visuels dynamique, bande sonore couvrant de trop des propos, images floues très « travaillées », on reste sur sa faim de mieux connaître et le téléromancier et le peintre (sauce ludique à la Alfred Pellan) frénétique. On a su des bribes :un père qui disparaît à sa naissance (!), une mère monoparentale courageuse. De rares —et trop brefs— bons moments, ainsi quand Pierre revient à sa source : le 75 de la rue Sherbrooke, près de Saint-Laurent. Souvenir : j’y allais à dix-neuf ans, dans ce « salon » —soutenu par maman-Gauvreau— avant-gardiste. Expositions d’automatistes inconnus encore, séances de danse exotique. Chantons : la bohème, la bohème…
Rencontres ce matin : un Marc Laurendeau, encore comme mal réveillé, Gilles Gougeon. On jase « enfants de choeur », ce dernier a revisité sa paroisse d’Hochelaga : « Rien n’a changé, sacristie et tout ! J’y étais pour une commémoration nuptiale de mes vieux parents ». Le technicien au son, René, boulot terminé, jase. Lui aussi, fit ce drôle de métier de gamin ensoutané. « Pas n’importe où, me raconte-il, à la « cathédrale ». Il habitait Guy et Notre-Dame. On rigole :il servait des évêques, lui, et c’était 25 cents par messe, par cinq sous comme à Sainte-Cécile.
Un camarade de T.L.M. tout fier de sa plume à l’encre bien noire (que je lui emprunte) . Douce, souple et glissante. Il me recommande d’aller à « Bureau en Gros » pour ce —je note— « stylo Dr. Grip. Gel ». Me dit : Oui, spécifie : gel, c’est fameux et en bleu, c’est beau ».
4-
Je repense à « American beauty » : ah oui, toutes ces armes aux USA dans les foyers. La tentation si ça tourne pas rond. À portée de la main…Solution radicale. Ce fatal coup de revolver de la fin. Le sang comme nappe sur la table, sous la tête de Spacey —le mari docile, révolté, qui quitte 14 ans de conceptions de pubs pour un modeste job chez MacDo—, éclaboussures d’hémoglobines sur le mur. Cet autre papa, un colonel sadique — le meurtrier— se révélant un inverti sexuel qui refoulait sa sexualité via le militarisme — ô discipline, cachette de tordus !— imposé à son fils « poté ». Un effrayant récit filmé.
Le 10, rue Chambord, ma fille, rieuse —et peut-être plus soucieuse qu’elle ne le laissait paraître— de ce fils « du milieu » qui serait amoureux d’une « vieille » de 21 ans alors qu’il a, lui, 19 ans. Je me suis souvenu des inspections —mine de rien— de ma mère, chaque fois que je ramenais à la maison une nouvelle « blonde ». Ses sourcis froncés, son front plissé, sa moue boudeuse, face à cette Gisèle de Saint-Henri, plus âgée que moi. Nos chères mamans…
Je songe encore à ce Bertrand junior au confessional-Maisonneuve de RDI : ses deux millions (2,000,000 $ !) gaspillés en drogues dures ! Quelle caverne horrible, quelle effroyable dérapage et quel courage de tout révéler à l’immense public de la télé. Aile en était toute retournée. Et moi itou. Il a dit : « je sentais, jeune, que je devais « performer », qu’on attendait tout de moi, que je devais occulter mes émotions ». Danger.
Je me félicite de n’avoir pas joué de ces pressions parentales. Je disais à mes enfants : « Vous ferez n’importe quoi, ce que vous voudrez, j’espère seulement que vous soyez tout simplement heureux plus tard ». Je songe à tant de parents qui poussent fort sur leurs rejetons. Par un besoin inconscient de revanche face à leur existence décevante ? Malheur ! Cours de ceci et de cela. Surcharge imbécile. Vies atrophiées. Élèves débordés. La vie ordinaire de « l’enfance à vivre sainement » bousculée. Oui, danger ces attentes d’égocentriques ambitieux pour…leurs « petits génies » adorés, appréhendés. Ce Bertrand tombé si bas —il a songé au suicide, avouait-il— , fils de Premier ministre, s’en sortira-t-il ? Je le lui souhaite de tout cœur.
5-
Allé à l’École Hôtelière tantôt : que des desserts dans les montres ! Revenu aussitôt…malgré moi… moi qui aimerait tant me gaver de leurs bonnes pâtisseries encore chaudes… fraîches sorties des fours chauds. Asch ! Dure la vie, hein ?
Mister Hans Blix, chef-inspecteur pou l’ONU, est maintenant à Bagdad avec son peloton de 20 fouineurs. On croise les doigts. Oh, que tout aille bien ! Sinon…l’excité W. Busch donne le coup de fil fatidique à ses militaires préparés à l’attaque. 58 journalistes (choisis par qui ?) furent entraînés pour la bonne propagande USA lors du débarquement anticipé en Irak…Bonjour les reporters professionnels ! La désinformation organisée se prépare ?
La chronique de Stéphane Laporte dimanche (La Presse) : extraordinaire. Cette « Lettre ouverte à Ben Laden », un fameux texte de l’humoriste. Quel talent !
Qui a obtenu le plus de films sur sa vie ? Jésus ? Non. Napoléon, l’assassin de tant de jeunes garçons. Jésus est deuxième. Ensuite : Lénine ? Oui, Lénine. Un autre Adolph Hitler quoi, on le sait depuis « Le livre noir du communisme ». Ma foi… la machine de propagande soviétique produisait à un rythme infernal. Hollywood battu !
On publie beaucoup sur des personnages de télé enfantine, Fanfreluche, Pirate Maboule, etc. On a oublié quelqu’un, « Monsieur Claire Lamarche », l’animateur-rassembleur Guy Messier fut l’installateur du « Grenier aux images », au théâtre des Compagnons par exemple. Ce fut lui, Messier, le premier organisateur de ces héros tant vantés. La télé lui a tout enlevé dès sa naissance et Guy Messier sombra dans l’anonymat et puis épousa Claire, la grande oreille efficace. Pas juste cela.
6-
Nat Pétro tenait absolument à rencontrer l’épouse, l’ « Aile » de Dany Laferrière, revenu de son long exil à Miami. Photo de La Presse: on voit Maggie, floue, loin derrière l’écrivain Haïtien célébré. Aile : « je peux la comprendre ». À le voir aller, aux Salons de livres, j’imaginais mon Dany en playboy libertaire, moi. Bon, je me trompais. L’infirmière Magie a suivi son bonhomme en Floride en rechignant car, dit-elle, elle s’était parfaitement intégré à son pays d’adoption, le Québec. Dany, le froid, la neige se pointant déprimait, lui. Mais qui prend mari…
Et l’« Aile » de W. Bush ? Sa Laura ridiculise son « homme » devant le écoliers ! Elle a dit : « Il croyait, le cher homme, qu’une bibliographie… c’était la biographie de la Bible » ! Méchante compagne ça ! Laura Bush, nous informe une gazette lue, a une maîtrise en « science du livre ». Ah, c’est une science ? Pas de maîtrise en pédagogie, cela est sûr et certain. Un livre bien aimé ? « Le grand inquisiteur », section des « Frères Karamazov » de Dostoievski. On y voit Jésus revenu sur terre face au grand sadique espagnol, Torquemada. Qui fait jeter au bûcher purificateur, le Christ ressucité ! Une lecture bizarre pour l’épouse d’un inquisiteur agressif, bien ieux outillé que Torquemada, cherchant l’Axe du mal. Cette Laura tient « salon littéraire » à l’occasion dans son Aile (eh !) de l’est (« eastwing ») à la Maison blanche et invite des auteurs dissidents (?) de la bushomanie. Seigneur ! Moi, je mettrais la CIA sur ma femme, tiens !
Quand j’ai loué Aile trop fort dernièrement, elle me jette, la langue dans la joue : « Vas-tu cesser tes compliments, je vais me demander ce que je fais avec toi » ! Paf ! Touché !
Justement, appel de on cordon-bleu…On ferme !

Le vendredi 27 septembre 2002

1-
Ciel bouché ce midi. « One passe pas » dit le firmament à l’astre. L’héliotrope enragé en profite pour aller au journal. Randonnée infernale en métropole hier. Aile-de-Aile encore en chauffeur privé. « Tu aimes tant conduire » ? Sa réponse : « C’est que j’aime pas tes façons de conduire. Tes risques ». J’ai fini par m’habituer à ses façons à elle. Prudence extrême. Grands espaces entre elle et le véhicule précédent. Abandon de sa voie aux voitures qui sortent des bretelles. Vitesse commandée très respectée. Bon. C’est bien. Je vais mourir dans mon lit pas sur l’autoroute laurentienne.
Départ d’abord pour le Musée des beaux-arts où il y aura, à 11 h., lancement de la série d’Artv, « Tablo » —où j’ai une participation. Arrêt Chemin Bates. Aile grimpe au condo avec des sacs. Elle prendra sa vieille minoune —une Jetta 1990— dans la cave pour ses courses. Je file aussitôt vers le centre-ville. Remettre au « garage » du Musée mon tableau : « Vert regard », aquarelle et encre de Chine. Il y aura mini-expo tantôt pour « la presse » des participants invités de « Tablo ».
Trouver du parking. Tournage en rond dans le chic quartier.
Je finis par dénicher une place Avenue du Musée et crache neuf « tente sous » dans la fente ! J’allai si souvent à ce bon vieux Musée, du temps du « monsieur le critiqueur d’art de La Presse » (expression de madame-barbier-Villeneuve). J’en profite pour monter visiter l’expo-Riopelle. Le grand canot barbouillé dans l’entrée : pas fort. Salles de ses vastes tableaux barbouillés à Paris dans les années 50 et 60. Ses mosaïques spatulées fameuses. Plusieurs ouvrages d’un dynamisme gesticulatoire unique au monde. Trois ou quatre ouvrages géants (dont « Avalanche ») mériteraient d’être bien cachés dans une cave sombre. Ratages évidents. Sa sculpture, bien lourde, inexpressive, hélas. Quand je dis cela à une jeune femme (de l’équipe Tablo), elle me regardera comme si je disais que Ben Laden est un saint ! Je dis : « Évidemment, il y a son nom, sa grande réputation, on ne doit rien critiquer désormais, tout ce que Riopelle a peint (ou gravé, ou sculpté) est extraordinaire, oui, n’est-ce pas ? » Elle allume et me sourit.
J’en profite pour parcourir les salles d’art « canadien » —les prudents « néo-classiques », Plamondon, Hamel etc.—, sale sur le fameux Laliberté où il y a de misérables objets du culte de « la ruralité » tant vantée à son époque, et puis salle d’esquimauderies —certaines pièces en os de baleine sont extraordinaires— une salle de « quincaillerie sacrée » —calices, ostensoirs, ciboires, etc.— et, enfin, un « magasin » pour le « commerce-Riopelle » : posters, gravures, cartes, médaillons, bébelles diverses quoi.
Redescendu, j’assiste au lancement. Comme pour l’inauguration de « La Maisonnette… » lundi, nombreux laïus, d’ordre inflationniste, par les promoteurs, vidéos, inévitablement, et le reste pour s’attirer de la pub. Et ce matin :rien dans les quotidiens ! Dur, très dur, de capter l’attention des médias tant il y a de produits culturels à vendre, de lancements variés.
Je me sauve (avant le goûter gratuit) pour filer chez « Graveline-Typo-Ville-Marie inc. » , rue La Gauchetière. Pas un chat. Tout le monde est au lunch. Je reprend don, triste et penaud, mon cartable de mes quarante illustrations de « La petite patrie ». J’ai quarante minutes, au mini-condo du Phénix, pour luncher avec Aile.
Je roule sur la 40 vers l’encadreur de Montréal-Nord. Ce monsieur Bambino, supporter-mécène est charmant. Rigolo. La Francine vigoureuse s’amène. On signe une entente-contrat pour mon don des 40 ouvrages. Au crayon de plomb, je signe mes ouvrages et trouve vite, les titres. « Pas certain d’avoir le temps, pour lundi le 14, d’encadrer tout le lot », nous prévient le proprio de la boutique. Francine s’assombrit un brin.
De retour, je fais un arrêt, rue Chambord, pour donner des « sous » —rituelle remise d’argent de poche— à mes petits-fils. Il n’y a que le beau géant Laurent. Brève causette et je me rends chez Publicor pour une enveloppe à ma belle bru, Lynn, —avec des billets pour le 14— destinée à ses deux ados. Ouf ! Il est 15.40
Un fardier à 25 roues colle au train d’Aile sur la 15 en réparations perpétuelles. Elle jure. S’énerve. Un autre fonce, la doublera, manège dangereux. Hier soir, aux nouvelles, on raconte à propos du carambolage du matin à Richelieu, sur la 10, la trop grande vitesse des camionneurs « colleurs ». Aile : « Ah, tu me moques mais tu vois, j’ai raison. Ils sont dangereux ces animaux-là ».
Retour donc et beau soleil bien chaud. Aller au rivage. S’allonger. J’en avais besoin. Coussins. Lecture du « Point » et du « Nouvel Ob » par Aile qui décrètera avec raison : « Le Point », c’est plutôt plate, non » ? Oui. « L’express », c’est mieux. J’hésite à aller nager un 26 septembre. Bang ! Arrivée des nuées et lumière tamisée, chaleur diminuée. Je prend un grattoir et, à quatre pattes sur la pelouse, je cherche cette oreillette électronique —à deux-mille piastres— perdue dimanche. Rien, maudit !
2-
Au fait, Aile —myope et œil de lynx à la fois ! —m’a trouvé ce chapitre 25 de Mathieu dans ma mini-Bible. Ce Dole ne sait pas lire ? Il n’y a qu’une édifiante parabole. Une belle, le « j’étais nu, j’avais soif, j’avais faim… et vous m’avez donné à manger, vous m’avez vêtu… Ce que ferez au plus petit d’entre vous…etc. ». L’américano-québécois Dole, publiant « Mon Allemagne », se trompait-il de « numéro mathieusant » en fabricant son « Jésus parano et schizoïde » ?
Aux nouvelles : anniversaire de l’imposante « Place Ville-Marie » hier. Du Pei —un talentueux chino-amerloque qui fit aussi la pyramide du Louvres— fort audacieux. Souvenir : les dirigeants de Radio-Canada, à cette époque, se… réfugièrent vite là. Envie de prestige ? Se sauver des « horribles travailleurs » (Rimbaud) de la base ? Péter plus haut que le trou ? Le directeur Dugas me fait « parader » pour me reprocher un virulent article dans « Le travail », un journal syndical. Il me dit tout cerné par les grandes vitres du lieu chic : « Nous habitons une maison de verre (!). Ton maudit article-critique contre ton propre employeur…écoute un peu, faut pas garrocher de roche ici, va-tu comprendre ça un jour ? » Menacé de « virage », je lui avais promis d’être « sage comme une image ».
3-
Bouffe au Chrysanthème « ching-ching » de Saint-Sauveur hier soir. Aile, qui n’aime guère ces chinoiseries alimentaires me faisait une fleur ! Aïe : sauce fameuse pour le bœuf à l’orange et… « Pepto bismol », deux fois, cette nuit ! Gargouillis ventraux ultra-sonores à l’aube, peur de réveiller la compagne. Une fois encore, on voit bien que Saint-Sauveur est plus…comment dire?, plus vivant (?) que Sainte-Adèle. Un jour je dis à l’ex-maire Grignon, le filleul de l’auteur célèbre : « Quoi donc au juste qui fait qu’on est moins populaire que Saint-Sauveur, hein ? » Lui : « Tais-toi, faut absolument pas devenir comme ce Saint-Sauveur commercial ! »
Coup de fil de l’apothicaire-éditeur-artisan, le beauceron René Jacob ce matin. Je le remercie de son envoi de ses petits modestes et jolis livres. Je critique raidement les piètres dessins de son Roch Carrier cependant. Il ne dit mot. Il aime « tous » ses enfants ? Puis, par courriel, je lui répète vouloir trouver une bonne idée de petit livre inédit avec sa maison modeste « Les éditions du Lilas ».
Ma file, Éliane, au téléphone : « Papa ? Tout va bien, examens médicaux positifs ». Ouf, je respire. Pleurnichard, je lui raconte mon échec pour l’album chez « Ville-Marie,Typo ». Consolateur, son Marco, mon gendre, s’offrira : « On pourrait, peu à peu, publier vos images sur votre site ? » Je lui parle de ce pharmacien-éditeur René Jacob de Saint-Georges de Beauce……Peut-être…
Hier, Foglia jase cruellement, ave raison, sur un curé qui « bénit des sacs d’école ». Une môman : « Quoi ? Ça pourrait lui apporter des bonnes notes en classe ! » Paganisme toujours vivant ! C’est l’Afrique primitive à Saint-Hilaire ? Bientôt vaudou en sacristie ? Hors de la métropole, pas morts regrettables « dévotionnettes et piéticailleries » infantilisantes de mon enfance ?
4-
Vieux stock redondant que cette « très louangée » (Cousineau et al) « Boîte noire » à RDI hier. La fillette brûlée du Vietnam —napalm « made by CIL-Canada »— vue et revue. J.O. Simpson que les flics n’osent pas intercepter —un footballeur coté se sauvant de Dame Justice en Bronco blanche— sur une autoroute de L.A. Quoi ? « L’innocent » fuyait la police ? Séquences vues et revues dans le temps. Enfin, cet arrogant Trudeau s’entourant de militaires à Ottawa —PET qui disait n’obéir qu’a Boubou et à Drapeau pour protéger le Québec au bord d‘un putch n’est-ce pas ? Vu et revu son « Just watch me ». Oui, une émission-bidon. Et, si souvent, du stock traduit de l’anglais. Dumping fatal !
L’enragé obligatoire, mon correspondant USA, G.Tod Slone, m’attaque raidement avant de m’inviter à « tout effacer »et à m’enfoirer dans « mon confort ». Il n’y a qu’une chose :depuis longtemps j’ai tenté de fuir les échanges « notoriété (méritée ou non ) versus méconnu (mérité ou non). Car je sais qu’il y aura injustice au départ. À moins de soumission conne, exemple connu: ce jeune Yann, inconnu, devenu le fana adorateur de la Duras. Aveuglement et tristesse énorme.
S’il y a des divergences en cours de route, le notoire (méritant ou non) a beau jeu. C’est exactement cela qui me rend réticent quand un (ou une) jeune tente de bâtir un pont avec moi. Il y a forcément injustice du sort. Vaut mieux s’attaquer « entre pairs ».
4-
Mon « boudeur sociologique », G.-T. Slone, n’y va de main morte, ni par quatre chemins pour me répiquer; ce qui n’est pas pour m’effaroucher. J’ai vu neiger. Je suis devenu à ses yeux « un mercantile » en sortant de la marginalité. Seigneur ! On écrit plus « vrai et dur quand on vit à l’aise ». Mon Dieu ! En lisant mes J.N. (journal), il voit bien que je vis sans plus aucun conflit (!). S’il savait… « Je m’enrage, dit-il, si on me critique ». Mais non ! Sa conclusion : « Un vieux schnock », moi. Et lui un « ado ». Oui, attardé. « Ah oui ça c’est vrai », chantait une pub de bière.
Bref, je serais « un salonard » et « un vendu ». En 2002, des salons littéraires ? Où ça ? Vendu ? Membre de l’U des A., —aussi de la Sardec, de la Sacem, de l’Uneq— oui, j’exige que l’on me verse un cachet si on m’invite quelque part en médias. Un mal ? On m’invite pas pour mes beaux yeux, je le suppose.
« Les pouvoirs te laissent gueuler : tu es un divertissement ».
Pardieu, tudieu, bonyeu, par-le-sang-bleu : encore en 2001, les pouvoirs me censureraient tant que j’ai adopté le journal justement pour pouvoir m’exprimer librement. Et, tenez-vous : « C’est tout ça qui tue l’indépendance du Québec ». « Bin là », comme on dit.
Il ajoute : « Ça (qui ce ça ? les salauds de notoires ?) tient trop à leurs sous, leurs contrats, leur invitations payées ». Il termine par : « les journaux (Le Soleil, La Presse, Le Nouvelliste) ne publieraient pas ma charge, censure oblige au Québec ». Ah bon, aux States y a pas de censure ? Là, il se goure complètement, ce rédacteur-en-chef du « The American dissident » (?), on se ferait une joie féroce de publier une vicieuse attaque-à-Jasmin-le-damné-gauchisse-séparatisse dans tous ces canards bien fédéralistes. Et comment ?
À vrai dire, à parler franc, « le vieux schnock » est débarrassé d’un vieil ado romantique. Que ce « sans le sous, sans contrat, sans invitation payée » aille au diable et qu’il sache que je refuse son mot : « hypocrite ». Con, idéaliste, bouché, idiot, rêveur, oui. Mais moi en « hypocrite » ? Va chier G.Tod Slone !
5-
Hier, Michel Tremblay (La Presse) dit que, comme pour Jasmin dont on a adapté son « Pleure pas Germaine » et qui « ne causa aucune controverse », il espère qu’on va accepter que Téléfilm-Canada subventionne sa fascinante comédie dramatique, « Les belles-sœurs ». Tournage dès janvier au Nouveau-Brunswick et en langue anglais (aïe !). Ce sera «très librement adapté » (oh, oh, oh !) par Tim Burns et John Smith, spécifie d’avance Tremblay. C’est « Loft Story »— du « real-tivi »— qui animera sa Germaine (Lauzon) à lui. Fini les timbres Gold-Star.
Ah non ! Pas du tout la même aventure Tremblay et moi. Pas du tout. D’abord pas de subvention d’Ottawa pour le film du jeune Bruxellois, Alain De Halleux avec « Pleure pas Germaine », le film.. Le producteur Eric Van Beuren avait assez aimé « P.P.G. » pour respecter mon histoire totalement. « Alligator Film » a suivi scrupuleusement l’intrigue et les héros de mon roman. Pas question « d’adapter très librement ». Et pas de « six millions » —de notre argent du trésor public— là-bas, à peine un petit million.
6-
Pour une fois —serais-je redevenu « persona grata » depuis que j’ai cotisé à l’uneq ?— je reçois une invitation pour un séjour payé en Flandre. Trente jours ! « Aïe Marik, aïe Marik » ! J’entendais souvent parlé de ces mystérieux « cadeaux » pour initiés. J’ai tout compris.
Ce système de séminaires, colloques, « résidences » à l’étranger, séjours à gogo, c’est pour des auteurs célibataires, sans job, sans contrat, sans enfants et sans avenir, des bohémiens bien libres qui peuvent se taper ces « voyages-de-la- princesse » fricotés, concoctés par les Uneq et affiliés. Québec (toé pis moé) paye le transport (de l’écrivain méconnu) en Flandre. Logé dans « La maison des traducteurs » —en banlieue de Louvain ! Reste à faire le marché du samedi matin :50 piastres. Pour ce « six-mois », ca va dans le mille deux cent tomates (Euros). Oh boy ! Y aura trois jurés anonymes (?) pour élire le tit-joyeux-copain-bohème-bien-libre… qui a publié au moins deux ouvrages. Envoyer demande à l’Uneq avant le 2 octobre, vite !
Regard à ma fenêtre, il pleut et le noir s’avance. Va tomber quoi ? Drapeau du Québec flasque qui attend quoi ? Nos arbres immobiles, qui guettent quoi ? Marie-Sissi (oh !) Labrèche publie de l’autofiction ? C’est jamais clair. Comme pour la pute d’Arcand. Mère folle…elle, folle aussi ? Ça se pourrait. Un journal c’est clair et net. Fou peut-être mais « clair de nœud », pas vrai ? Le titre : « La brèche ». Ah bon ! Tel quel ! Une « tite niaiseuse », étudiante en « lettres » ma chère (c’est plein de niaises en ce milieu ?) s’amourache de son prof marié, 56 ans, père de famille. Attentes vaines et humiliations. « Père absent », il lui en faut un. Et qui vous subjugue. Vieille histoire depuis Sagan et Cie ? Oui. Pour « Voir », Julie Sergent (mon caporal !) l’a rencontrée et il y a moquerie et respect. Sissi pleure quand son texte part pour l’imprimerie. 1 Eh bin ! Comme c’est touchant, non ? Partout, à New-York comme à Paris, à Montréal comme à Londres, la sauce autofiction , « c’tu vrai, c’tu pas vrai », envahit les librairie. Non mais…Mon journal (c’est tout vrai) et la paix. Heureux d’avoir quitté ce cirque. Adieu, adieu litté-rat-turr !
7-
Je veux lire le dernier roman de Serge Kokis, auteur québécois venu du Brésil, psy et peintre expressionniste aussi. Il a lu « L’automne du patriarche » de Marquès, dit-il à Bazzo, et a pondu le récit de vie d’un réel dictateur sud-américain, véritable fou, soutenu par Washington comme il se doit. Il y a de bons « dégeus » et de mauvais, tel Saddam Hussein !
Moi, ayant lu aussi « L’automne… » j’avais publié, en 2000, chez Lanctôt, un Duplessis comico-dramatique : « Le patriarche bleu ». Oui, les livres naissent des livres. Vérité.
Comme jaloux des auteurs, on voit, de plus en plus, des directeurs de scène bousculer le texte. Ainsi René-Daniel Dubois, exemple tout frais. Son « Kean » au TNM, ne fait pas l’unanimité, loin de là. Dumas-Sartre se font bardasser à sa moulinette. Lorent Wanson (chez Denise-Pelletier), venu de Belgique, lui aussi, tripote dans Beckett et arrange « Godot » à
sa sauce ! Il nomme cela : « ne pas craindre de désacraliser les textes ». Qu’ils écrivent leurs propres textes ces déviargeurs ! Dubois le peux. Et la paix !
Libération de Paris. De Gaulle arrive enfin au pouvoir. Son énervement. Les communistes furent farouches et très efficaces dans les maquis. Faut calmer le jeu. Il va donc demander des absolutions. Que l’on passe l’éponge. Assez de « l’épuration » revancharde. Ainsi l’affreux Maurice Papon, nazi notoire, va s’en tirer. Et « se tirer ». À 92 ans, le « très » vieux emprisonné sur le tard, bien tard, vient d’être remis en liberté. Il est un grand et grave malade. Scandale en France ! Faut-il libérer les vieillards grabataires des cellules ? « That is the question » ces temps-ci, là-bas !
8-
Énorme, très énorme succès, à la télé USA des « Sopranos ». Jamais vu encore. Un feuilleton de bandits ! Une clan de mafioso, en famille très très élargie. Ça se questionne au sud. Un sociologue étatsunien (David Simon) : « Les Américains sont pourris jusqu’à la moelle ». Eh bin ! Il poursuit : « Cette série bien-aimée est le symbole de notre violence meurtrière, de nos pathologies nationales, de la corruption économique, de la criminalité transnationale. Le pays tout entier est déliquescent ». Bon. Compris ? Exagération ? Un psy coté (Glen Gabbard) raconte qu’il y a davantage de clients dans les cabinets d’analyse depuis la venue de ce Tony Soprano.
Martineau, dans Voir, condamne les uniformes aux écoples et pisse sur les « anciens ». Son tour viendra vite pourtant. Déjà….……Cassivi (La Presse) fesse aussi sur les vieux à son tour. Tant de hargne ! Il n’y a des vireux cons, des vieux corrects, non ? Comme il y a des jeunes sympas et des jeunes cons, non ? Son billet du 21 dernier fait les éloges du « Bunker » de Dionne, et puis cogne sur les Parizeau ou Paul Martin. Aux yeux de ce jeune, souvent « brillant », c’est le « place aux générations nouvelles »! Seulement ? Ce « tasse-toi mon oncle » est une idiotie.
9-
Depardieu, lui aussi, avance en âge. Il va s’incarner dans Augustin, mon cher saint algérien qui disait : « Aime et fais ce que tu veux ». L’acteur va réciter du Augustin-le-saint dans des églises (e des mosquées !) du monde entier. Il y a deux ans, le gras Gérard rencontrait le pape polonais et ils ont jasé… d’Augustin ! Le chemin de Damas de riche acteur ? Le 23 novembre, en Algérie, début de son pieux périple ! Il dit qu’il n’aura que de bougies pour éclairage. Belle lubie ou conversion d’occasion ? On verra bien.
Sylvie St-Jacques rédige (La Presse) : « Aux lendemains du tourbillon médiatique qui accompagne généralement la parution d’un livre… » Est folle ou quoi ? Le livre ne cause aucun tourbillon en médias. Elle rêve debout ! Réveille Sylvie ! Il y a de tentatives (le dimanche après-midi ?) pour publiciser les bouquins mais c’est peine perdue. La littérature n’a rien de visuel et donc n’est pas bonne matière à faire de l’audience. Vérité incontournable, hélas !
10-
Il fallait écrire Morissette l’autre jour…quand j’ai parlé de cette rédactrice qui vantait le bilinguisme dès la première année à l’école. Qu’ Yves Michaud qui, lui, possède bien sa langue, aille au diable quoi !Je répète qu’il faudrait savoir manier d’abord un peu plus correctement notre langue. Or, c’est un cauchemar.
En 1960, moi, ou Gérald Godin, même Yvon Deschamps, tous, nous avons voulu illustrer la parlure fautive chez nous. Tous, en artistes, on croyait que nous faisions un portrait cruel et en voie d’être dépassé bientôt.
Mais non, hélas, en 2002, ça ne va pas mieux. Nous espérions candidement que ce joual —pouvant donner de beaux effets phonétiques certes— allait disparaître avec les progrès de l’éducation moderne et gratuite, répandue. Qu’est-ce ce qui nous avons de vrillé dans nos chromosomes ? Depuis la Défaite de 1760…depuis la domination anglaise… malgré nos succès collectifs rassurants, nous parlons mal collectivement. Ça ne va pas mieux vraiment.
C’est grave. Dramatique. Lâchez-moi l’anglais en première année ! Écoutez parler un enfant francophone du Maroc ou de Tunisie, un jeune Noir de la Côte d’Ivoire, ou du Sénégal….ça coule de source, c’est beau à entendre, c’est comme un enchantement. Une musique. Ici, c’est graveleux, c’est des borborygmes, inarticulation innée, infâmes grommelages, élocutions d’arriérés mentaux, c’est des « euh..euh… »
C’est la syntaxe à l’envers. La grammaire ravagée. Le vocabulaire minimal. Une plaie, n’est-ce pas. Lâchez-moi l’anglais en première année !Un chauffeur de taxi s’exprime mieux en France que nos docteurs en économie ! Un éboueur, mieux qu’un directeur de banque d’ici ! C’est anormal, non ? Il n’y a qu’à écouter la radio ou la télé avec les entrevues dans la rue. Non mais…Allons-nous un jour nous en sortir de ce handicap extrêmement grave ? Enseigner comment, de quelle manière, en première année, le français ? Comment casser, pulvériser, ce moule honteux ? Ça ne peut plus continuer.
Bien connaître une langue (une seule d’abord) c’est posséder tout, le monde, son avenir, c’est contrôler sa pensée, pouvoir concevoir, articuler son esprit, structurer son jugement. Il m’arrive d’être découragé. Le premier pas pour nous corriger ? Bien le savoir cela : on s’exprime tout croche trop souvent. Cette lucidité est le pas essentiel. Ceux qui disent : « quoi? On se comprend bin comme faut entr’e nous autres », sont des assassins de la nation !
L’anglais (lire le basic american) fait se parler —bien sommairement— un Hongrois qui rencontre un Finlandais en Pologne ! Cet instrument « universel certes » —à cause de l’hyper-puissance USA— n’a rien à voir avec le bilinguisme réel. C’est juste un outil —superficiel— et bien entendu fort commode. Ce sabir pratico-pratique n’a pas besoin d’un long enseignement . On l’attrapera et vite si on en a besoin un jour. Pas besoin d’être un « bolé » pour cela.
11-
Éliane au téléphone. Frais de cours pour Gabriel en collège privé de la rue Sauriol. Je veux, de mon vivant, les faire hériter —tous les cinq petits-fils— de cela :l’instruction. C’est ma part et j’en suis fier ! Ma fille, alerte, de belle humeur, semble bien se remettre de ses maux de cet été quand il a fallu interrompre leurs vacances à la mer du New-Jersey. Tant mieux. Elle me parle du clan LaPan (à Daniel) s’en allant de nouveau à mon cher Ogunquit pour ce week-end-à-congé-national. Brr… L’eau frette ? Il y a l’été de la Saint-Martin. Qu’ils touchent tous du bois…du « drift wood »?
Marco tente d’arranger la prise de photos de mes « graphitis » exposés lundi soir le 14 —Éliane et lui y seront— dans le portique de Saint-Arsène. Il y a les lumières « flash » et les vitres des encadrements. Ouengne ! Rien à faire, je le crains. En parler à mon Daniel? Un bon photographe lui aussi ? Inutile, je pense.
Aile rentre de courses, j’ai vu une boite du vidéo-club du bas de la côte. J’aime ça. C’est comme un paquet-surprise chaque fois. Si je la questionne elle dira justement : « Ah, surprise ! » Ainsi , rôdeur en cuisine, elle me chasse : « Va-t-en. Surprise ! » Je suis un homme… surpris…et heureux de l’être.

Le mercredi 25 septembre 2002

Concert concept 7 arts-scènes Petite Patrie
Président d’honneur: Claude Jasmin
Musique: Luc de Larochelière + Le Grand Choeur Montréal
Expositions des aquarelles de Claude Jasmin
au profit de la Paroisse St-Arsène et la Maisonnette des parents
Le 14 octobre 2002 20h

1-
La météo se fait docile au calendrier. Dès le 22, temps frisquet. Sortie des blousons. Remisage des maillots de bain. L’automne officiel débute. Ce matin, comme hier, beau ciel bleu tout ennuagé et cette froidure dans l’air.
Coup raide sur la tête hier après-midi. Pierre Graveline (un de mes éditeurs) me dit : » non ». On ne fera pas, Claude, cet album espéré avec vos illustrations et la ré-édition de « La petite patrie ». Je ne lui en veux pas tellement. J’ai rêvé de trop ? Graveline m’explique, très aimablement, que leur maison (Sogides, Ville-Marie, Typo, etc.) n’a pas d’expérience en ce type de livre un peu luxueux. Ne croit pas à un bon succès de vente. Ce qui est probable. Qu’en « poche », pas cher donc, le livre fonctionne fort bien et que ça suffit. L’exposition et concert de Francine Ladouceur, lundi le 14, à l’église Saint-Arsène, rue Bélanger va se faire sans que l’on puisse promettre aux acquéreurs que leurs images seront dans un bel album édité ! Eh ! Je téléphone vite ce maudit « pépin » à Francine. Elle garde sa bonne humeur.

Il me reste quoi ? Cet artisan-éditeur, René Jacob, pharmacien et auteur, de Saint-Georges-de-Beauce. Il veut travailler avec moi. Il a édité des livres illlustrés de Clémence Desrochers. Il m’a fait parvenir hier des exemplaires ici. C’est joli. Bien modeste. Il n’a visiblement pas les moyens d’un Sogides, géant des livres ici. Je vais lui écrire.
Folie ? J’avais cru à une sorte d’hommage, de généreux « salut » à bibi, de la part de Sogides en me disant « oui » à mon album rêvé; après tout, « La petite patrie » comme « Pleure pas Germaine », rapportent bien des sous au… géant et depuis des années ! Tant pis ! Je me consolerai. Pas mon genre, de passer par dessus le directeur Graveline et d’aller brailler, protester, insister chez le PDG, Pierre Lespérance : « Sans coeur, vous me devez bien ça, etc. » Non. Je me consolerai.
2-
Demain matin, être au Musée des Beaux-arts avec un de mes tableaux et assister au lancement de la série télévisée : « Tablo » pour ARTV. Après filer avec Francine chez l’encadreur « un macaroni merveilleux », M. Bambino, à Montréal-Nord, avec mon portefeuille géant des 40 illustrations —à reprendre penaud, piteux, chez Graveline— de « La petite patrie » pour cette expo-concert du 14.
En fin d’après-midi, ne peux me rendre à l’UNEQ, rue Laval, pour le lancement des « Mardis-Fugère ». Hâte de passer sous cses fourches (caudines?) au Centre culutrel Frontenac, rue Ontario, est bientôt. Hâte aussi d’entendre la « divine Miller », notre Sarah à nous, lire mes textes.
Coup de fil au poète-graphiste Robert DesRoches, travailleur pour de « Les éditions Trois-Pistoles », à Montréal. « Ah, Caude, sais-tu qu’on va faire deux tomes avec ton journal. 800, pages en un seul volume, ça tient mal en reliure ». Bon, bon. Deux tmes…Hum, le lecteur va-t-il marcher là-dedans ? Ça ira dans le 40 piastres (20 tomates chaque brique !), je suppose pour mon « À cœur de jour ». Brrr….Peur !
Le mag « Âge d’or » me revient. Encore d’autres photos. Celle de la couverture du journal. Un « donquichotte » comique ! Des photos de mes tableaux…Ça m’énerve. Fixer des dates. Une heure. Prise de sang urgente pour voir si mon méchant cholestérol diminue. Denturologue bientôt. Ouf !
3-
Mon Marlou-Marleau me couriellise :il m’a vu faire le comique ave Paul Houde chez « Tous les matins », vendredi. Il s’est bidonné. Il joue l’épaté. Veut me rédiger des textes de « stand up comic », dit que j’ai (encore) de l’avenir. Il me nomme : « polémicomique » ! Ô le tannant amusant !
Hier, rentrés de Montréal, Aile et moi, au soleil intermittent, sur la galerie, défrichons des journaux en retard ! Une tonne. Dans « Voir » Martineau cogne et s’enrage sur ceux qui, comme moi, souhaitent l’uniforme dans les écoles. Il est dans les patates avec ses « l’injustice est là pour rester, l’uniforme ne cachera pas l’injustice (enfants riches et enfants pauvres) des classes sociales »; à la fin, en jeuniste odieux, il tonne… « que les vieux voient à leurs dentiers et fichent la paix aux riches parents de jeunes écoliers ! » Puant ! Tout le monde vieillit et il lui faudra, à lui aussi, des prothèses …comme les miennes ! Cependant, plus haut, il dit que les parents ne savent pas dire « non » aux caprices des petits gâtés-pourris. Là-dessus, je le suis à plein ! La peur idiote de ne pas se faire aimer de ses mômes est néfaste. L’enfant a besoin de cette sévérité pour se construire, savoir au pus tôt qu’il devra se débattre sans cesse dans la vie réelle pour assouvir ses…caprices. C’est formateur.
Hier midi, visite chez mon audioprothésiste (ô prothèse maudites, nauvrage du temps, vieillir !), rue Fleury. Prise de moule de mon creux d’oreille. Quoi ? Ce sera 2,000 piastres, viande à chien ! Hier après-midi, Aile : « T’as pas envie de fouiller de nouveau le rivage pour retrouver ton bidule, non ? » Non ! Téléphone le matin de la « Great-West », assurances de la CBC-SRC : « On vous donnera 250 tomates pour cette perte ». Merci bin ! « Maudite marde », disait Angèle Coutu devant son ostin-de-beu d’époux.
4-
Lundi, un « 5 à 7 » bien lourd rue Saint-Laurent dans ma chère Petite Italie. Inauguration du presbytère (ex-Saint-Jean della croce) pour « La maisonnette… » de Sœur Gagnon. Plein d’officiels. Échevins, députés etc. 15 discours en ligne ! Ouash ! Magnifique local pour les démunis (mères et enfants) de « La petite patrie ». Dire que quelques célibataires en robe noire disposaient d’un tel vaste chic manoir ! Honteux ! Le lendemain de ce pesant cérémonial, studio avec Houde et Bertrand. Je raconte le faux trésor de pirates imaginaires enfoui au parc de la Visitation. David, l’aîné de mnes cinq petits mousquetaires, me dira en riant, il a maintenant 20 ans : « Ô papi, tous les mensonges que tu nous a raconté, ô ! » Toute l’équipe vient me féliciter par la suite. Un jeune chroniqueur (spots) se colle, se penche sa tête sur mon épaule :il me veut en papi menteur ! Il attend un enfant et me dit : « vous venez de mettre de la grosse pression sur mon père, futur papi ! » On a ri. Croisé : Jacques Boulanger, vieilli et rsté jeune, France Cael, toujot de belle humeur, Louise Forestier. Elle fera « les livres ». Ayant donné dans ce domaine, je lui donne un conseil : « Ne jase pas trop du contenu d’un livre que personne n’a lu encore. Parle de l’auteur, pique la curiosité et ensuite, tu « plogues » son livre récent ». Le public de la télé n’est pas librairomane forcément. Contente de mon avis, semble-t-il.
Mardi prochain je veux raconter le grands bonheur des « farces et attrapes » sur les enfants.
La bonne petite bavette saignante, aux échalottes, à La Moulerie hier soir. Ils ont installé de gros becs à gaz dehors ! Réchauffement garanti de leur terrasse.
5-
Quand je promène nos visiteurs, je montre l’ex-demeure du papa de Claude-Henri Grignon, mon ex-voisin. Aussi, en arrière, la maison pour les garçons qui ne s’entendaient pas du tout avec la belle-mère. Le tunnel pour communiquer avec le père du « père des Belles-Histoires », un puissant agent des terres (comme Séraphin !), gros marchand dans l’immobilier. C’est devenu « Hudon-fleuriste ». Boutique utile fameuse que je ne fréquente pas assez. Pauvre Aile ! Mon voisin Maurice a transformé, lui, l’ex-maison du notaire du Docteur Grignon (Le potiron), conservant les pièces montées sur mortier.
Chez Lattès éditeur, lu un livre vivant sur la mort vue de près. « Pompier de Manhattan » de Richard Piocchiotto, est le récit candide (et bien patriotard) d’un rescapé miraculeux de l’effondrement que l’on sait. Lecture étonnante. Instructive sur un « simple » new-yorkais ordinaire. Hier soir, chez Thierry Ardisson, un autre rescapé —businessman venu de France— du 11 septembre, parlait du même sauvetage. Effrayant voyage au bout de la nuit ! Il a cru devenir fou ce matin-là. Il en a fait un livre : « 47 ième étage ». On a revu Marc Labrèche faire sa fausse « fausse-entrée » en studio Et on a pu constater la censure du bonhomme Ardisson. Plus de « j’ai de trop grosse fesses », plus de « ah, vous baisez moins qu’avant monsieur Ardisson ? », etc. Tripotage du ruban !
Des choses vues nous hantent. Ainsi, je repense à Claude Jutra. Brillant « fils à maman ». Père médecin. Mère aimée mais veut s’accaparer entièrement du son fils prodige. Homosexuel non assumé. Le film de Baillargeon, télévisé, y faisait des allusions claires. Un jour, accident grave, « en vespa », dommage collatéral à venir ? On ne sait trop.
Cette mère « dérangée », Rachel, rencontrée jadis. J’avais vingt ans. Elle m’achetait un joli « service de terre cuite » —carafe et des gobelets en grès bellement émaillé—, un premier achat pour l’élève qui achève son cours de céramique. C’était à la galerie —prestigieuse— d’Agnès Lefort, rue Sherbrooke près de Guy. J’étais pas peu fier. Les Jutras étaient reconnus comme « collectionneurs d’art » réputés. Pourtant, je regrettais cette vente car j’ aimais mon service à liqueur fine. On ne parle jamais de l’attachement du créateur à ses produits. Cela existe bel et bien, vous savez. Fou non ? J’aurais bien voulu le garder pour moi.
À cette même (1950) époque, les designers (exilés de France) de la rue McKay, Guenters et Villon, m’encouragèrent aussi en m’achetant quelques pièces de céramique. Je me disais : « ça va marcher mon affaire. J’aurai des tas de gros clients un jour. » J’ai déchanté et vite. L’échec de l’écurie-atelier de Sainte-Adèle (1951). Sans « La Roulottte » de Buissonneau (1952), serai-je devenu un de ces nombreux artisans-quêteux ! Longtemps ? Ne sais pas.
Jutra, lui, est un « gosse de riche » donc. Mais faire un film c’est autre chose que faire une poterie. Il y faut des fortunes. Ce sera donc les demandes de subventions et les attentes, les refus, à la fin, les échecs. Ce sera un homme encore jeune, atteint d’une maladie épouvantable : ne plus même se souvenir comment tracer un 8 ! Un jour, désespéré, le bourgeois-bohémien du Carré Saint-Louis s’achète une fiole de cognac et s’en va voir l’eau couler sous le pont Jacques-Cartier. L’appel du… large. Du vide. De l’oubli total. De l’éternité. Le cinéaste « décoté » va sauter. Fin. Triste, très triste histoire !
6-
Vu, à TQS, « Tension ». Pacino et De Niro :un flic et un bandit. Deux hénaurmes vedettes réunies. Bonne histoire. Bien ficelée. En 1995, Michael Mann réussit ce « face à face » qui fera florès évidemment. Héla, paquets de pubs criardes. À un rythme grandissant une fois le public bien appâté n’est-ce pas. Une honte !Grossier modus vivendi. Intolérable. Ouvrage charcuté donc. Les cinéastes du monde entier devraient agir. S’unir. Changer la donne. La réclame au début et à la fin d’un ouvrage cohérent. Refuser la charcuterie immonde. Faire stopper ce carnage.
Foglia, cette semaine, clame sa haine des (si jeunes) hommes-bombes de la Palestine et aussi l’empiètement des « colonies » juives. Bourgault, avant-hier, même détestation. L’ONU bafouée ! Que faire ? En ce moment, hyper-suspense : Arafat isolé dans son bunker démoli. Étonnant, en septembre 2002, tout le monde désormais ne sait plus vers quel bord pencher. Deux nations :l’une bien armée, riche, défendue, soutenue par USA et alliés, l’autre, perdue, découragée, vouée aux assassinats de civils innocents, aux portes de l’auto-suicide ! Misère humaine ! D’heure en heure, télé guettée, nous surveillons cette affaire affligeante : exil ou mort d’Arafat !
Dire une chose embarrassante : v rai que l’ on et nombreux (intellos, écrivains, etc.) à nous taire. À nous retenir. Il y a la « cause sacrée ». Ne pas nuire à la naissance d’une patrie. Oh oui, s’empêcher de critiquer parfois. C’est très difficile. Nous avons hâte d’ être libérés. C’est une position intenable à l’occasion. Quand on se veut un esprit libre. Une fois le pays installé, hâte de redevenir ces critiques de tous les pouvoirs abusifs. Est-ce que je retrouverai cette liberté entière avant de mourir ? J’en doute certains matins. Mais bon, la Grèce, par exemple, colonisée, dominée sans cesse, a dû attendre six fois cent ans pour obtenir sa liberté. Patientia ! Ce qui est surprenant ? Nos Grecs d’ici —comme nos Israélites— ne soutiennent pas le diable notre combat depuis 1960.
Vrai que le public a été très mal informé —affaire Concordia dans tous les médias— sur le personnage Nethanyaou, contre les accodrs de paix sans cesse. Un adversaire farouche, agressif—pire encore qu’Ariel Sharon (!)— des Palestiniens. Alors, tous de s’écrier : « honte à ces manifestants, empêcheurs de démocratie » ! Les Juifs d’ici le visage voilé hypocritement ! À 18 h. propos éclairants d’un jeune politisé à « Ce soir ». À 22 h. le Téléjournal et…disparu ce témoignage gênant ! Censure organisée ! Peur du lobby bien puissant des Juifs ? Clair. Oui, très clair. Ma honte parfois de mon « alma mater ».
7-
Une Moricette, bien nonoune, samedi, dans La Presse se vante, sur quatre longues colonnes, d’être bilingue (pourtant pas de quoi se péter les bretelles !) — ou même quadrilingue— et approuve à 100% pour 100% le plan —libéral— d’enseigner l’anglais —entendez l’américain— dès la première année. Bouthillier de la SSJB l’a remis à sa place hier matin, avec raison. Quand ces zélateurs de l’ « amerloque linguage » vont-ils saisir les nuances ? Ici, aux portes de l’hyper-puissance, ce n’est pas comme apprendre l’english à Paris, à Rome ou à Berlin, ici, le français est fragile, (7 millions d’habitants) en voie de rétrécissement. Les jeunes ont du mal à bien savoir leur propre langue, pollués qu’ils sont sans cesse par la culture populaire gigantesque du voisin géant (280 millions d’habitants).
Plein d’experts linguistes qui affirment qu’une « langue autre » ne peut pas bien s’enseigner (et s’apprendre) si on ne possède pas bien d’abord sa langue à soi. Cela fera des baragouineurs mous de deux langues différentes. Cette infirmité fera que sans pouvoir penser, inventer, calculer, clairement dans une langue, le handicapé va foirer dans tous les domaines ! Clair, non ?
Après ce pathétique portrait de Jutra, on jasait cinéma, Aile : « Jamais, jamais je ne pourrai oublier cette scène muette dans « Faut sauver le soldat Ryan », une mère campagnarde voit arriver des voitures du gouvernement sur le chemin de terre. Elle devine, sait tout, son fils s’est fait tuer au front. Elle s’écroule en silence sur sa galerie. Pas un seul mot. C’était fantastique. » Elle a raison, je trouve. La force de cette séquence : extraordinaire. Pas une seule parole.
8-
Robert Dole, né à Washington, 25 ans au Québec, signe : « Mon Allemagne », (il y a eu « Mon Afrique » de Miss Paré ) où il a vécu. Il dit : « Lisez Mathieu 25 :Jésus y est délirant et parano ! » Eh bin ! Je monte chercher ma mini-Bible (dite de Jérusalem). Je trouve le 24…et pas de 25 !!! Bizarre ! Censure ? Je chercherai ailleurs ! Dole jase schizophrénie, « Jésus en aurait souffert » ! Il parle aussi de bi-sexualité. Cout’ donc, naître à Washington trouble le cerveau ou quoi ?
Aile : « Ce Le Bigot des samedis et dimanches matins, la radio à son meilleure ! » Vrai qu’il y a un rythme d’enfer. Vrai que l’aimateur y est disons… directif en diable. Faut absolument ?
Aile vendredi soir. « Cloclo, faut la trouver même s’il fait noir ». Quoi donc ? Une de nos tomates. Je la vois. Vas-y. Va me la chercher. Je descend l’escalier de la galerie. Toute petite tomate chétive. Rongée. Racoon errant ? Écureuil grandi… venu peut-être de la troupe printanière du plafond ? Bon chien, je ramène le fruit gringalet. Est contente. Je l’aime. Elle voit le trou dedans. « Ouash, jette ça ! » Non. Je coupe le bout ravagé et je me suis fait un sandwich. Avec arrière-goût d’écureuil, je veux dire de pinotte ! J’aime arroser :une fois dehors, à la noirceur, j’ai arrosé un peu partout. On dit qu’il faut de l’eau avant les gels de l’hiver. Il y en aura. Ça me calme, ce jet de boyau…Non, faut dire de tuyau, paraît.
L’excellent acteur, Luc Picard, pas bien fort chez Homier-Roy, première de « Viens voir les comédiens ». Table montrée vainement en contre-plongée pour faire posat-moderne, éclairage affreux sur l’animateur le transformant en Méphisto-Dracula. Le son déficient. Pas de chronologie captivante. Picard verbalise pas trop bien sur son métier. Aile : « C’est le gros pépère Lipton à « Inside Actors Studio », mon meilleur ! » Elle a raison jusqu’ici. On verra avec le temps.
Téléphone de Francine : « me faut une page de votre plume pour le « programme » du lundi 14 au soir. Et votre photo. Demain, cher l’encadreur Bambino, apportez-moi ça. Pis, pas trop magané par ce refus de votre album ? Il fait beau soleil, non »? Je grogne faiblement. Et ce soleil, je sors le dévisager un peu avant le souper.

Le mardi 27 août 2002

1-
Je n’en pouvais plus. Tant de jours sans journaliser. Il a fait si beau. Ce matin, même lumière avec un grand vent —froid— du nord. Mon « flag » me le montre. Ainsi diariser m’est agréable, c’est clair. Je sors des trois vieux volumes de journal, cadeau de Manon A. Je n’en reviens pas. Tant Mauriac que Julien Green, c’est le questionnement spirituel continu. C’est impressionnant certes. Du vrai journal ? Non. Mauriac ne date même pas ses entrées ! Il en résulte un tas de réflexions graves, avec des trouvailles riches, des moments « métaphysiques » bien trouvés. Mais on ne sais rien
De concret sur leurs existences disons « terre à terre ». Ils flottent dans une quête acharnée —un peu répétitive parfois— pour le salut de l’âme. Je ne m’en moque pas du tout. Les deux bons écrivains semblent vivre en dehors des réalités, des « contingences » pour prendre le mot de Sartre. Ils font réfléchir croyants et incroyants. Il y a comme en leitmotiv la mort et le chemin ardu pour la sanctification.
Je pourrais transcrire des lots de passages édifiants, mieux que cela, essentiels. Mais mon journal ne doit pas servir à citer longuement les autres.
Ces lectures me fortifiaient. Et m’agaçaient ici et là. Cette « hauteur de vue » n’a plus rien à voir ave un journal, il me semble. Pourquoi ne pas oublier des essais alors ? Mystère. Les trois livres sont très salis de centaines de mes notes. J’y reviendrai sans doute, ici-même.
2-
Hier matin, coup de fil de Stéphane Tremblay : on me veut comme chroniqueur à une nouvelle émission de télé. « Tous les matins ». J’y serais une fois par semaine. Comme quoi ? Comme « ancien » ? Comme sage sénateur ? Comme un papi ? Pas trop clair. Bon cachet et j’ai dit « oui ». Jeudi après-midi, devoir aller à un premier contact —« screen test » écrit T.— à Radio-Canada. Hâte.
Tantôt : message du Marleau ironique si amusant. Il m’a fait grand plaisir en me disant qu’il avait acheté une cassette de mon « Pleure pas Germaine », version belge. 5,95$ Il lit le journal :qu’il sache que j’irais boire volontiers un café fort avec lui s’il vient dans mes parages laurentiens comme il le souhaite. Au Van Houtte de Val David, avec nos vélos ? Il en est un adepte de la « petite reine ». Marleau s’amuse de sa trouvaille : moi en aquarelleur, mer titre-t-il, contraction avec « querelleur ». J’ai ri.
Il y a aussi mon G.Tod de Concord. Il revient, hélas, sur sa querelle avortée avec ce « Festival de la poésie universelle » à Trois-Rivières (ouf !). Ne sait-il pas que c’est un non-événement ? Perte de temps, sa colère ? Mais il a raison de mijoter un pamphlet sur le parasitisme-artistes-subventionnés —collier du chien de Lafontaine !— par l’État. Il tient à me re-redire qu’il n’est pas toujours à l’unisson avec mes déclarations. Pis ? Non mais… L’unanimité m’importe peu et depuis longtemps. Ce jeune homme, imprécateur imprévisible, « afficheur qui hurle » (Chamberland), aussi pondeur de b.d. prof aux USA, sa patrie, reste quoi ? Un dissident. De tout ? Sais pas. J’aime les dissidents, mes frères.
Actualités du jour : la télé-TVA veut avaler la radio-CKAC et affiliés. Pas une nouvelle. C’est la mode convergence un peu monopolisante et un peu beaucoup en vue de contrôle des annonceurs. Ces « clients » pourraient payer cher pour devoir s’enrégimenter avec un vaste réseau « journaux-télés-radios » avec un seul et même proprio qui dira : Jean-Coutu, Wall-mart, St-Hubert BBQ, branchez-vous, vous venez dans notre immense « parc à pubs » sinon…
3-
Ma fille et mon Marcogendre s’en vont, quatre jours, louer un gîte à Ogunquit. Mi-prix après la fête du Travail. Les chanceux. Je veux revoir la mer ? Quand ? Avec mon « oui » à Radio-Canada-matins…hum ! Pogné ? Contaminé par Aile —heureuse chômeuse volontaire— j’ai hésité avant de dire ce « oui ». S. Tremblay, le chef-recherchiste, en témoignerait. .
Le ministre Simard, un docteur en lettres, doit améliorer le système public mais il enverra ses enfants au « privé ». Ça gronde en médias. Contradiction ? J’aide —en subventionnant— ce système : Mont St-Louis, Regina Asumpta… etc. Là où étudient mes petits-fils. Décision —que je n’avais pas à discuter— de mes enfants. Sauf pour Simon Jasmin qui fut accepté en « douance » (!) à Sophie-Barat. Que rétorquera le Ministre ? À suivre !
Hier soir, télé : autre épisode des « Misérables » de Toto (Juliette, sa maîtresse, le nommait ainsi, comme Aile avec ses Cloclo !). Malcovitch y est fascinant en policier Javert qui, obsédé, « voit dans sa soupe » l’ex-bagnard Jean Valjean joué par Depardieu-la-bedaine. Du mélo étonnant du père Hugo. Paris est tout petit car les protagonistes se croisent sans cesse ! Invraisemblances qui dérangent pas trop quand les rebondissements pleuvent. La télé tasse le long roman ! Ça revole ! Une grosse machine visuelle ($) captivante.
Vu aussi une bio du canal D —c’était son tour— avec un Guy Fournier d’une candeur déconcertante qui se peint —involontairement— parfois en « sale con ». Nous apprenons, médusés, que sa mère était une sorte de déséquilibrée et, plus grave, qu’il se vengeait, vieux libidineux empêché, d’une toute jeune actrice qu’il…convoitait, en lui fabriquant un rôle de très méchante guidoune ! Aveu renversant. Franchise exagérée ? Fournier, fécond créateur, n’a donc pas de boussole ? Tient-il de cette mère si peu pédagogique ? Une longue séquence de télé montre Fournier au bain fruité avec sa compagne de l’époque (Deschatelets) et ça vire au burlesque d’un grotesque rare. Non, pas de boussole !
4-
Vu la deuxième partie —avant-dernière ce soir— de « Thomas Mann et les siens ». Ce triptyque fort bien filmé nous raconte, non pas le grand écrivain allemand exilé sous le nazisme et ses œuvres mais « sa vie privée ». Rien pour nous familiariser avec ses talents d’auteur. Un voyeurisme atroce. Épouse aveugle et muette, homosexualité larvée et non assumée du « grand homme » nobélisé en 1929, romancier « enfermé », froid, frustré —il aime les jeunes garçons comme dans son « Mort à Venise »— distant, hautain. Écrivain dur et trouble à la fois, bien joué par l’acteur fameux qui incarnait le héros de « La liste de… » de Spielberg). Un grand frère communisant, auteur lui aussi, accroché à une jeune danseuse « taxi-girl ». Klaus, son fils incestueux et inverti drogué, Érica, sa fille, lesbienne pas moins à la dérive. L’avant-guerre aux mœurs à la « Cabaret », le film culte. Un petit caporal fasciste, l’Autrichien Adolf Hitler va y mettre bon ordre, n’est-ce pas ? 1933 : le pouvoir aux nazis et l’exil des Mann.
Cette bizarre entreprise —« voyez, vastes publics du monde entier, Mann, le fameux Prix Nobel, fut indifférent à la noyade familiale »—donne le frisson. On y a mis, avec talent, des tas de vrais documents (d’époque) et l’ensemble en devient une sorte de fascinant documentaire. On reste rivé à son fauteuil. On a pourtant honte d’être transformé en voyeur dans les trous des serrures de ces riches. On ne voit jamais, pas une seconde, le peuple allemand. Le populo. Les gens ordinaires. La misère horrible dans cette Allemagne ruinée (après 1918) pour la majorité. Les caméras restent braqués sur ces bourgeois. Manoir, jardins, bagnoles de luxe, etc.
Au lit, je dis à Aile : « Dans « Les jardins des Finzi-Conti » je fus très bouleversé. Pourquoi suis-je resté froid face à ces « malheurs de riches » ? Aile : « Les Mann s’échappent (en Suisse puis aux USA). Les juifs italiens, les Finzi-Conti, s’en allèrent, eux, aux camps de la mort ». Vrai. Très hâte de voir la fin de « Mann et les siens » ce soir à ARTV.
5-
Ma joie ce matin :voir deux hommes « de couleur » en « grey flannel suit » à la une ! Impensable jadis. L’un vient de l’Inde, l’autre est d’Afrique du sud. Ils président le « Sommet de la terre » qui s’ouvre à Johannesburg. Thabo Mbeki et Niti Ndisan, c’est la revanche des « esclaves », des « colonisés ». Ils représentent plus d’un milliard d’humains. De deux continents bafoués si longtemps. Joie, oui !
Guy Bouthillier, président de la SSJB, me contacte pour mon appui : donner le nom de Camille Laurin à la future « Grande biblio » de Montréal. Je le lui donne volontiers et l’aide à dénicher d’autre appuis d’écrivains car l’Union des écrivains serait « contre », voudrait un nom d’écrivain : Anne Hébert (inconnue hélas du grand public), Gabrielle Roy (l’exilée du Manitoba détestant la cause indépendantiste, Gaston Miron, le poète animateur d’un seul receuil. Sans sa courageuse « Chartre de la langue française », sans Laurin, nous serions moins écrivain en fin de compte. Son coup de barre audacieux —René Lévesque hésitait, craignait— historique, nous rendait la « fierté d’être québécois français ». Mais… une lettre ouverte de ce matin recommandait de dire : « La grande bibliothèque », tout simplement et je crois qu’il a raison.
« Je me regarde jamais la télé » ! Encore ça ? De ce Richard Chartier (La presse) qui déclarait « nul » un comédien de la tempe de Robert de Niro ! Qu’il est donc coco. La télé offre des heures (rares certes) inoubliables. Il s’agit de lire les télé horaires, Trop fatiguant, pauvre nono ?
Mon fils Daniel, ex-prof démissionnaire, avait donc raison ? Je l’avais jugé bien impatient dans le temps. Ce matin encore (Marie Allard de La Presse) un témoignage fortement accablant de profs vite écœurés de l’enseignement comme il le fut. « Grosse vache »…fillette enceintes effrontées, jeunes dealers de dope, Marie-Êve, 25 ans, a vite quitté l’école Père-Marquette. On ne sait plus trop quoi faire. On parle d’un prime ($) pour garder ces profs éprouvés. Misère humaine !
6-
Mon fascisme ordinaire : quand je lis tant de drames dans des familles en décomposition aux jeunes enfants innocents écrabouillés : « interdiction de se reproduire » si on n’a pas un certain « quotient intellectuel ». Hon ! Oui, j’ai honte. Mais… Tant de filles et garçons ignares, perdus, incapables en tout, qui pondent des rejetons —« cé not’ seul’ richesse hein »— pour les élever comme (pire) chiens et cochons… Oui, stérilisation. Interdiction d’enfanter ! Oui, mon fascisme ordinaire. Quand il m’apparaît, je tente de lui clouer la gueule mais… Julien Green, inquiet de trop en dire parfois dans son journal : « Tenter, malgré ma réticence, de dire la vérité, la mienne, sans cesse. » C’est ça qu’il faut faire mon Julien. Bravo !
Vu aussi à la chaîne Historia, hier, début de la série sur nos ascendants. Hier, un Marsolet. Un « truchement », voulant dire un voyageur en forêt, apprenant la langue huronne, organisant le troc pour les prudents marchands restés au village naissant. Il y eut la « morue pour tous » —avant même Cartier. Il y aura désormais les fourrures. Échanges pour du fer et du cuivre (haches, chaudrons, couteaux etc.), du verre ( pauvres bijoux recherchés, miroirs), de la lingerie (aux couleurs si vives). Ces « coureurs des bois » fornicateurs libres avec les sauvagesses, seront condamnés par les Jésuites qui s’en viennent —avec une autre sorte de troc. Ils vont fustiger ces jeunes « intégrés » trop libertins !
Bon récit avec utiles commentaires (historiens et alliés) sauf ces damnées « reconstitutions ». Du bidon d’amateur ! Des séances d’école. Et ces putains de pubs incessantes. Et un peu de « tétage » (lècheculisme) sur « les tous bons et tous braves » amérindiens. Même lècheculisme dans les pubs télévisées du 25 e anniversaire de la « Chartre-Loi- 101 » avec gros quota gonflé—artificiel— d’ethniques. Nous sommes 83 % de la population. Huit sur dix quoi. Or, on montre, bien téteux, 50-50 en ethnies colorés dans ces images. Mensonge vain. Fausser les faits par une complaisance niaise et futile.
7-
J’oubliais : les fils de G. Fournier parlaient du « cliquetis » perpétuel du père à sa machine à écrire. Ma fille Éliane, Daniel aussi, me parlaient de ce « cliquetis » typographique —typewriteriste (!), de leur jeunesse. Même tard le soir ! Eh oui !
Le docteur Guay de Trois-Rivières m’écrit chaudement, venant de Villeray. Il aime ses souvenirs. Ce n’est pas si fréquent qu’on pense. Il admire aussi mes insolences. Se dit parent en la matière. Je lui ai rédigé de gros mercis.
Ça cause « uniforme » pour tous… dans écoles (et cégeps?). Souvenir : au Grasset, éléments latins et port obligatoire d’un pantalon gris et d’un « blazer » bleu. Maman court chez Greenberg. Je compare pour ma veste, je vois bien de belles étoffes pour plusieurs, ety de ces pantalons d’une flanelle de qualité, bien supérieure. Pas de ce linge qui se froisse si vite ! Payés de meilleurs prix. Ma honte niaise. Et l’écusson à devise du collège qu’il faut payer, broderie dorée. Non, pas pour moi. Trop cher. L’uniforme ne réglerait rien dit un letttreouvertiste de ce matin : « non pas d’uniforme, plutôt un code des vêtements. Pas trop de fantaisies libertaires « chic and souel », c’est tout ». Il a raison.
Amusant de lire cela hier matin : Normand Brathwait (venu de La petite patrie, rue Bellechasse) se souvient de son « dédain très hargneux à l’École de théâtre pour le monde commercial ». Il en rit maintenant, lui, qui prête son nom et son allure à tant de publicités (pas juste Réno-Dépôt). La jeunesse et la pureté. À méditer !
Faut que je me grouille : organiser une protestation unanime, publicisée, de tous les créateurs du monde (cinéma, télé etc.) —commencer par Québec— en vue d’un slogan rassembleur : « TERMINÉ LE CHARCUTAGE »! Rallier les « gros noms ». Comuniquer (ô Internet !) avec ceux des autres pays de la terre. Pourquoi un tel mouvement ne viendrait pas du Québec ? Y aller avec patience (oh mon Dieu !) , même si le résultat devra attendre cinq ans, dix ans s’il le faut. Assez c’est assez. Les réclames (dont les auto-publicités hein), tant qu’ on voudra, on serait pas « contre », mais au début et à la fin de l’œuvre. Oui, un jour, fini le charcutage.
J’oubliais : Thomas Mann, voix hors-champ : « On ne devrait pas faire d’enfant, les gens comme moi ». Oh la la ! Je sais bien ce qu’il voulait dire. Hier, un Fournier ose dire parlant de ce père absent : « Mon père, sa passion c’était de rédiger, pas nous, ses enfants » » Oh, oh ! Constat effrayant ? Eh ! Moi qui ne me suis jamais consacré totalement aux démons de la création, moi qui ai obtenu tant de joies, tant de bonheurs, tant de plaisirs (petits, moyens et grands) à voir vivre, grandir, s’épanouir, vivre mes deux enfants, je sais le prix à payer. Jamais d’œuvre impérissable. Jamais de prix. Jamais de Nobel. J’accepte ce prix à payer. J’en suis fier, heureux, content.
Green parle —dans son journal— de cette vaine « poursuite du chef d’œuvre contre la vie elle-même », se pose de graves questions. Fournier, moment rare hier, dit qu’au chevet de Judith Jasmin, il l’a entendu lui confier qu’elle ne regrettait surtout pas « le temps perdu ». Cela l’a tant marqué en retard et il se surprend à consacrer une heure de promenade en boisé (temps perdu) chaque matin. Le diable devenu vieux…
8-
Aile dimanche soir revoit son émission avec Donald Lautrec dit : « Et que j’étais bonne là-dedans ! » En effet, c’était souignant en yabl’ ! Frisson ici quand on voit son nom au générique. Le temps passe vite ! Aile s’en alla, à jamais, vers les dramatiques pourtant. Et ne le regretta pas.
Que de jeunes chanteuses et chanteurs, vedettes d’une saison ou deux, ensevelis profondément dans des limbes bizarres ! On en a jasé revoyant ce vieux « variété-jeunesse ». Le temps file…Que de romanciers disparus…Durer, durer, le bel idéal.
Je repense souvent à la magistrale interprétation d’Hélène Loiselle dans « En pièces détachées ». Elle concentrait toutes les pénibles mères miséreuses, les écrasées du destin, les démunies de la terre, mères désarmées face à la vie qui bat fermement. Inoubliable Loiselle !
À « Découvertes » dimanche, étranges machins virtuels du temps des bêtes anciennes et des hommes des cavernes, Aile et moi très étonnés. L’infograohie et ses trucs montrés comme des lapins magiques sortis de chapeaux technologiques ahurissants. Oh la la !
La romancière (brillante) Monique Proulx revenue de Chine (à nos frais ) rédige son rapport dans La Presse. Soudain, elle parle de la langue anglaise (américaine au fond) que les jeunes apprennent là-bas à toute vitesse et dit : « on devrait faire comme eux, il y aurait moins de paranoïaques par ici ». Pas verbatim. Une saloperie! Comment comparer la Chine —plus d’un milliard d’habitants— son immense histoire, sa culture écrasante et nous, nous, chétif 2% de « parlant français, » héroïques résistants —peinturés par la jeune Proulx en malades paranos. Un tout petit 2% sur ce vaste continent à vouloir « être », menacés par tout ce tout- puissant bloc anglophone à nos portes —285 millions de « speaking english ».
Coups de pied au derrière de madame Proulx —schizophrène, elle ? — qui se perdent. Une « Monique-couche-toi-là » ? Vrai : parfois les voyages (payés par Ottawa) ne forment pas du tout la jeunesse ! Le reste de son article était bien fait, souvent étonnant de constatations originales.
L’écrivain péruvien Llosa : aristo, il désigne comme complices les pauvres gens qui voient s’installer une dictature chez eux ! Eh b’en ! C’est vite aller en… jugement. sommaire. Il publie, sur ce sujet, « La fête du bouc » narrant la montée de la dictature en République Dominicaine, jadis. Culpabilisons les pauvres manipulés quoi !
Green m’influence ? Envie de remercier en me levant chaque matin… Mais qui ? Mon refus de voir Dieu comme un papa, un pater, un humanoïde. Le percevoir comme une « lumière ». Je remercie donc…la Providence. Ah les mots ! J’ai bien vu que c’est Jésus et les évangiles qui fascinent Green dans son journal. Dieu ? B’en, c’est trop abstrait pour ce sensuel puritain qui n’assume pas bien ses attractions pour la beauté… toujours masculine (Ah Thomas Mann encore ?). Qui ne reçoit jamais les femmes dans son antre !
Converti aux cathos, il reste un protestant dans l’âme. La Bible sans cesse à son chevet. Il estime beaucoup le célèbre « que le premier sans péché lance la première pierre… » du Galiléen Jésus. Il se disculpe ? Il joue au chat et à la souris avec le péché de la chair et c’est fascinant de le voir…écrire.
Le soleil brille sur le lac. Y descendre jusqu’à la venue du crépuscule. Oui. J’y vais. Tenter de lire du Eco un peu plus…

Le dimanche 18 août 2002

1-
Désormais j’aime tant tenir ce journal que je me suis réjoui quand le temps est mauvais. Comme ce matin. Faibles lueurs dans un firmament de gris bleuté. Fou, non ? Un écrivain écrit pour être lu. Lapalissade ? Mais non. En m’installant au clavier je sais qu’il y aura, tout de suite, dans les cinq cent fouineurs sympathiques, selon mon webmaestro, Marco. Au départ, ce fut une centaine d’internauphiles puis, vite, deux centaines. Progrès non ?
Mes romans les moins populaires m’amenaient combien ? Cinq mille liseurs (en comptant les bibliothècophiles) ? Mon « adieu » à la littérature de fiction, publié l’automne dernier — in « Pour l’argent et la gloire »— m’a plongé dans un monde différent. Ici plus besoin de plan, de composition, de recherche de style, d’action à élaborer, de personnages à structurer, non. Noter seulement —avec des fions, on reste un littérateur— le temps qui passe. Vive le journal jusqu’à la fin ? Ma fin. Je sais plus trop… car je me vois mal en diariste ad vitam aeternam. La peur d’être comme rivé à un boulot, une tâche, un… devoir.
J’appréhende les démons de la rédaction « imaginaire »…Ils rôdent tant sur mes épaules chaque jour. Des tas d’idées m’assaillent. Y résister ? Oui et non. Aile hier soir raconte un fait et puis me dit : « Je te vois encore noter. C’est pas pour ton journal. Tout ce que je te dis n’est pas pour ton journal ». Puis, la langue dans la joue, elle ajoute (joue) : « Va falloir que tu en révises tout un coup, hen ? » La démone !
Excellente fable folichonne du Stéphane Laporte ce matin. À partir des pommes cirées, toxiques peut-être. J’aime le talent. Il en a. Il me stimule. Je suis allé trop loin, récemment, en disant que je manquais de stimuli… Je découvre sans cesse du talent québécois stimulant­. Un peu partout. Je trempais dans un moment de noirceur. Spleen ?
2-
Le Vennat (de La Presse), ce matin et pour une troisième fois d’affilée, se soulage face à son jeune papa « perdu » sur les plages de Dieppe le 19 août 1942. Fiasco, débarquement prématuré ? Sang gaspillé en vain ? Erreur prévisible et masochiste pour contenter L’Armée Rouge de Staline aux abois ? Certainement une boucherie. 50 ans plus tard, on trente d’organiser des cérémonies consolatrices pour panser « la » plaie ? J’avais onze ans, je me souviens de la rage des nationalistes grondeurs : « On se sert de nous, misérable « chair à canon », pour tester les forces alliées. Une saloperie des Britanniques ». L’encre coulera encore longtemps là-dessus ?
Lu : le stress —une annonce de produit bio-actif (!)— grand et unique coupable de tous nos maux physiques (du Lafontaine !). Hans Sélié a écrit sur —pourtant— le « bon » et le « mauvais » stress ! Qu’en est-il? Le stress,
nommé jadis « nerfs à vif, énervement »— réduit nos défenses immunitaires, oxyde (rouille) nos « radicaux libres ». « Faites de l’exercice et avalez nos vitamines X » ! Allez aux comptoirs des pharmacies, les stressés ! Simple comme bonjour.
Cahier « été » de La Presse d’à matin. Avec des livres d’ailleurs et pas un seul article sur un livre d’ici ! Un 18 août, alors que certains de nos éditeurs publient des nouveautés. Toujours ce « racisme inverti ». Comme au cahier-livres du Devoir d’ hier : prestigieux papiers sur un Espagnol (Montalban) et sur un Grec (Kasantzakis). Loin, en page 4 : Cornellier écrit sur un essai d’ici. Sur un militant anti-rationalisme, en faveur du « spirituel, de l’absolu, du mystère (à la sauce Berdiaeff). « Tensions de l’errance » (édité par PAL) du philosophe André Désilets qui avance que le social, le politique, détruisent le sacré, le transcendantal. Ouf ! Il est fustigé : « réactionnaire, imposteur, aristocrate ». Il cogne dur, fesse fort, le L.C. Avec raison. En effet, pourquoi séparer drastiquement les composantes inhérentes à toute vie humaine ? Le « Qui fait l’ange… », toujours vrai !
3-
Ma liseuse Manon A., de Saint-Etienne-de-Lauzon. a déjà quitté ma petite ville qu’elle a trouvée « magnifique ». « Veni, vidi, vinci »? Discrète, elle n’a pas donné son coup de fil. Me courriellise qu’elle a pédalé sur le lac Rond avec son Ti-Mine (!), vu mon drapeau sur la berge, la maison, les persiennes…noires, a « tourbilonné » à « L’Excelsior », bouffé au « Petit chaudron » y jasant avec la jolie veuve, madame Aveline, la proprio « qui connaît bien M. Jasmin ». Moi en agent de tourisme laurentien ?
Hier soir, Aile a mis la main —enfin— sur l’unique copie de « Je rentre à la maison » — film de Manuelo Oliviera— avec l’admirable Michel Piccoli (devenu sosie de feu Gérard Pelletier). Hélas il est bon mais pogné dans un récit bien maigre, dans un rôle bien chétif. La minceur du propos —un acteur en fin de carrière, épuisé, abandonne un téléfim— nous laissait sur notre faim en face du comédien pourtant chevronné. Sarfati, complaisante, y collait quatre étoiles. C’était trop ! À qui se fier, répète-je.
Ensuite ? Fallait nous voir, excités, dans la nuit sur la galerie. Aile à ses jumelles, moi à mon téléscope bien bon-marché. Patate ! Pas de ce météorite en chute libre ! Cri d’Aile soudain : « Je le vois » ! Non, c’était un avion (vers Mirabel ?) et ses clignotants. Déception.
Je lis « les lèvres des Laurentides ». On parle de Saint-Jérôme ! Je m’étouffe dans mon café. Où sont le cou, le poitrail, la bedaine et le… trou du cul des Laurentides. Mont-Tremblant ou Mont-Laurier ? Je retiens mon… cheval.
4-
L’auteure des tomes sur « Julie Papineau », un franc succès de librairie, Micheline Lachance (ma petite camarade du temps de Québec-Presse) baptisait son chien « Papineau ». Eh bin ? Aucun respect du mari de son héroïne ? Avec Godin (ex-reporter devenu biographe bien coté), hippisme tardif, il y eut tentative de jouer « les citadins exiléss en campagnards-cultivateurs. Des tomates. Un fiasco, dit-elle. J’ai songé au peintre Mousseau (Saint-Hilaire) et ses déboires « en patates », au dramaturge Rémillard et ses fromages ratés (Saint-Eustache), aux citrouilles bin maganées de V.-L. Beaulieu (Rawdon ?). Et puis la mode passa. On ne s’improvise pas cultivateur, on l’avait oublié. Ces « retours à la terre » modernes —bien après le prêche des romanciers du début du siècle tel Ringuet— relevaient d’un utopisme sympathique.
Tantôt, céréales avec fraises « ailiennes », café sur café… soudain, violent vroum au-dessus d’une oreille. Je sursaute : un joli colibri m’a frôlé. Hélicoptère myope ? Maintenant plantureuses, la dizaine de corbeilles à fleurs d’Aile est leurs jardins. Plus curieux encore ? Aile et moi cette nuit : rêves de… tromperie ? Ensemble et chacun pour soi. Moi avec un Louise Turcot, rajeunie, qui me harcèle langoureusement. Aile, de son bord du lit, flattée mais prudente, éloigne poliment un Pierre Nadeau la draguant allégrement. « Dans mon rêve, tu étais décédé et j’en étais inconsolable », me dit-elle. Moment de silence. Je me (pré)vois pas mort et à veille d’être cocu posthumément. Orgueil.
La fille de Monique Leyrac, Gyronnay, publie sur des rééditions des longs reportages d’ Albert Londres, un chroniqueur très apprécié du public jadis. Et très méprisé par les collègues-journalistes de son temps. « La littérature » est, hélas, un ingrédient honni en matière de reportages journalistiques chez les puristes du métier. Gyronnay applaudit à fond la nouvelle édition de ses enquêtes lointaines (Chine, etc.). Souvenir : un jour de 1969, Jacques Guay —alors directeur de l’hebdo Québec-Presse—m’expédie en écrivain-journaliste pour un gros congrès politique. J’étais content car il voulait du reportage « impressionniste ». L’espace manquant, hélas, il ne publia que de courtes lignes sur mon séjour en aréna surchauffé. Gyronay sur Albert Londres dira : « d’accord, pas « très documenté » parfois mais jamais, jamais, ennuyeux ». « Et c’est ce qui compte », conclut-elle. Bravo, bravo ! On ne fait jamais appel dans nos joirnaux —on le fait en Europe (Gunther Grass par exemple) et aux USA (Norman Miller par exemple) aux écrivais québécois pour de tels « papiers », et c’est une grave erreur. « Look who’s talking »? Bin oui.
5-
Je vis avec un ange (ailé) ? Vendredi soir, rue du Chantecler, moi à ma bavette aux échalottes,, Aile a ses pâtes aux crevettes et pétoncles —chez « Délices de Provence », du chef Claude— les titres pour mon journal revolent. Ce « À cœur ouvert », m’ont averti des amis, ça ferait un peu tremblayesque avec son « Cœur découvert »à lui. À la télé bientôt. Bon. On change ça. Aile, généreuse, studieuse comme toujours, en devient un torrent de mots (de titres). Je veux aussi consulter les suggestions de mes liseurs. Notre méfiance des titres pouvant être ridiculisés par la critique. Exemple : « Incorrigible ». Je réfléchis qu’Aile, ne lisant jamais mes pontes, manifeste au fond une confiance énorme. Elle a bien raison, non ? Le loustic, dans la rue, l’autre jour, présentation et lui, tout rieur qui y va d’un : « Ah, c’est donc vous ça, Aile ? » Brr…
Saumon revenu ? Anguille retourné aux lieux de ses origines ? Le pape à Cracovie. Il se racontait hier, volontiers, humain à fond, en jeune travailleur d’usine, sabots de bois aux pieds. Lu que des gens tentent actuellement de trouver un boulot dans la contrée de leur enfance. Besoin impérieux ? Tant de monde le font. Force terrible. D’autres, que je connais, ont mis une croix, à jamais, sur ce que Saint-Exupérit nommait : « le vrai et seul pays ». Il a dit : « On est de son enfance comme d’un pays. » J’avais mis ça en exergue à « La petite patrie ». Vérité. Certains, familles démunies, déménageaient sans cesse et n’ont pas de ce lieu précis. D’autres vécurent une enfance si noire qu’ils ont biffé la racine-de-vie « maudite ». Comprendre alors.
Hier au nouvelles, découverte d’une Michaële Jean… défrisée hélas, devenant banale, un air « guidoune » vaguement et l’accent plus « parigot » que jamais ! Dresde en Saxe noyé d’eau : « Florence du Nord devenu Venise », dit l’actualité. Prague ramasse ses boues. En Asie aussi : pluies torrentielles. Ici ? Sécheresse totale dans l’Ouest, ballots de foin —des maritimes et du Québec— à pleins trains de marchandise. La météo en sujet capital partout. Menaces d’ouragan dans le Sud. Aile remonte de ses courses au centre-village : « Clo, c’est d’une humidité insupportable en bas » ! Le lac, petite plaine, amène du bon vent d’ouest « en haut ».
6-
J’ai retrouvé une Bible reliée en cuir noir souple, toute petite et l’ai mis entre Rimbaud et Verlaine à mon chevet. Désir de lire parfois de très vieux écrits, les premiers, à propos des hommes et du destin. Avant les penseurs grecs, avant ceux de Rome, avant Augustin et autres « pères » antiques, il y a eu ce livre. « Le » livre. Aux nouvelles, hier, une Aile bouleversée : « Mais c’est affreux, une maîtresse d’école, jeune, et un concierge d’école, jeune, en Angleterre. Ces deux jeunes enfants assassinés par eux ! À qui se fier ? Incroyable affaire, non ? » Mon trouble à moi aussi. Lire la Bible ? Les premiers sangs innocents versés, racontés.
Quoi ? Aux actualités : Napoléon-le-tueur absent de son tombeau ? Souvenir : visite en 1980 des Invalides. Le chic tombeau de porphyre du « caïd des banquiers » (selon Guillemin) recouvrant d’autres cercueils. Maréchaux en niches de marbre ! Drapeaux pendants aux murs de la noble crypte. Des « vitrines » aux éclairages de « window display », flamboyants. Étonnement d’Aile et moi. Un panthéon pour l’homme de l’impérialisme français. Et il serait à Westminster ? Son valet de pie dormirait dans le porphyre ? J’imaginais, Chemin Bates, son idolâtre montréalais, Ben Weider, bondissant à cette nouvelle !
Ce parisien toqué, Messyan, qui se fit rabrouer partout avec son « complot du 11 septembre » (« Aucun avion de kamikaze tombé sur le Pentagone », etc.) veut aller en cour contre « Paris-Match » qui le diffamerait ! Non mais…
Fabienne Larouche, scripteure et producteure de télé, moque « les corbeaux » —son qualificatif des jurés et ees organisateurs du Gala des Prix Gémeaux. Son ex-compagnon, Tremblay (Réjean), lui aussi, boude le Gala et grogne. Il souhaite que seuls les indices d’auditoire soient le gage « des vertus »pour les lauréats-télé. Oh la la ! Primes aux démagogues ? Aux exploiteurs des goûts les plus vulgaires dans le public ?
La vérité ? Il n’y a pas vraiment jugement des vrais pairs. Les gens doués sont trop pris, suractifs et n’ont pas le temps d’aller s’enfermer et visionner les innombrables produits des camarades. Qui acceptent ce joug pesant ? Le plus souvent des ratés, des semi-ignares, des gens de métier sous-doués —amers, jaloux, ulcérés et mesquins forcément — qui sont en perpétuel chômage par manque de talents transcendants justement. Résultat : déceptions de tous, des oublis graves, des rejets mystérieux, des récompenses imméritées. Abolissons ces niaises « distributions de prix » subventionnées. Le talent vrai n’a pas à être comparé. Jamais. Chaque bonne production est un prototype, unique donc, et ne doit jamais être évalué par rapport à d’autres créations. Il en va de même pour les jurys de Prix littéraires, pour ceux des les bourses et subventions aux écrivains. Une vieille farce.
7-
Esturgeons menacés par cette vaste rivière Rupert —au sud de la Baie James— dont on veut (Hydro-État) harnacher les vifs courants. Souvenir : j’aperçois des poissons longs comme des requins qui sautent hors de l’eau au large de Pointe-Calumet ! Renversé, ébloui, je suis. La mer en eau douce. J’en parle à Paul Arcand aux micros de CJMS. Je m’attire quolibets et moqueries. Je me tais. Ais-je eu la berlue ! Trop de soleil dans les yeux, sur la tête ? Plus tard, je lirai : « Il y a d’énormes esturgeons —« deux mètres et parfois plus »— en eau douce autour de Montréal. Ah ! Mais oui, il y a des esturgeons géants en eau douce. Je n’avais pas rêvé dans ma chaloupe à moteur et ne fus point pas la proie d’un mirage.
Une non-nouvelle : sondage, les Étatsuniens (ils écrivent Américains!) voyagent très majoritairement en pays… anglophones ! Eh ! Leur nombrilisme bien connu. La langue « de césar » en ces contrées. Un chauvinisme culturel ? Xénophobie ?
Trio fatal autour du « bush », le W : Donald Rumsfeld, Condolezza Rice, Dick Cheney. Des va-t-en-guerre (en Irak) dociles, militants ! Colin Powell se méfie de cette… croisade, lui. Des opposants du dictateur Hussein —capable de gazer des Kurdes— hantent Washington, grouillent, calculent, ces temps-ci. 69% des étatsuniens sont pour u-la « force »selon un sondage. Europe et pays arabes sont « contre ». À suivre…suivez « le trio des faucons », ils se préparent, dit-on, pour janvier 2003. CNN salive ! « La guerre comme un divertissement », dit Linus Torvalds.
Mon Dieu, ais-je exposé mes deux enfants aux dangers de l’électromagnétisme ( via les tours de fer d’Hydro-État) en ne déménageant pas vite du Vieux Bordeaux dans les années ‘60 ? De nouveaux chercheurs disent : « Oui, cancer » ! Seigneur, « si j’ara su j’ara pas venu » dans cette impasse Zotique-Racicot… et cela durant plus de 15 ans !
8-
C’était d’un bleu saturé étonnant, samedi : un ciel pur avec d’énormes sculptures mobiles d’une blancheur immaculée. Beauté. Et du fort vent !
Carpe diem, oui, chaque jour suffit sa peine (son bonheur aussi). Lu : « idiot de ramer quand le courant t‘emporte ». Sagesse d’orient ! Je viens de parcourir (on passe de larges pans tant c’est gnan-gnan) un petit livre —son pus récent— de Marc Fisher, alias Marc-André Poissant. Ce jeune cinquantenaire a tenu à nous narrer par le détail, et c’est long, un cheminement spiritualiste à sauce orientale durant la fin de son adolescence. Sept ans d’expériences quasi mystiques. Visions, concentrations la tëte au pored, le jambes au plafonsd et , à la fin, rencontre d’une voyante qui lui baragouine en français approximatif un passé prestigieux dans des vies antérieures. J’ai pouffé de rire souvent. L’auteur de « Le millionaire » un ouvrage qui a connu un succès fort (traduit souvent), passant de Poissant à Fisher, affirme que c’est son testament, son livre important C’est édité chez « Un monde différent, éditeur ». Tu parles ! On se demande s’il veut blaguer en certains passages. Ou s’il veut joindre une (maintenant) vieille vague nommée « nouvel âge » ? Titre : « L’Ascension de l’âme » (grand A hein ?) À quand L’Assomption de Fisher ? Pour faire un monde, faut de tout…Le gaillard est sympathique, je l’ai croisé en Salon du livre, il me semble sain d’esprit et tout… avec cette « ascenseur égotiste » je doute maintenant.
Téléphone : « Venez, École de théâtre, lundi à 17h. On va fêter Buissonneau et sa Roulotte » Encore une fois ? Mystère ? J’irai. Pour Paul. Téléphone : « C’est pour madame Bombardier, pour le studio du trois septembre, je veux vous pré-confesser sur vos amours de jeunesse…Vous voulez bien ? » Je voulais. On a ri. Téléphone : C’est le cousin de maman, Paul Lefebvre. Son opinion est faite en tout. Il va voter Martin à Ottawa et Dumont à Québec. Suffit du P.Q., me grogne-t-il. Il est très inquiet. Il regrette que « Bourgault n’aie jamais pu réunir, réussir jadis… » Sur un ton grave, mon Tit-Paul —du Bout de l’Île— m’annonce en vrai Nostradamus : « Mon Claude, une crise économique effrayante, comme en 1929, va fondre sur nous tous, regarde bien ce que je te dis là. C’est pour très bientôt. » Bon, bon. Je ouatche !
Lu : « tout homme regrette le passé et craint l’avenir ». Hen ? Pas moi. Ni l’un, ni l’autre. Suis-je anormal ?
Corrections : Fantine et non Fanzine chez le Hugo télévisé. Jabert et non Jalbert. Vu de la suite. Mélo total. Et toujours des pubs incessantes. Oui, mépris et des auteurs et du public à Radio-Canada (comme ailleurs). C’est absolument intolérable. « Advil » gueule…oui : « Advil contre la douleur… »,la douleur d’être arrosé de crieurs infâmes. Le ministre de la police (Intérieur) à Jabert : « C’est plus grave de penser que de voler. Oublier ce Valjean, faut plutôt surveiller les étudiants républicanistes, monsieur. » Du bon Hugo là !
Colonisation : Ginette Reno déclare qu’elle est plus à l’aise en anglais que…dans sa langue ! La peur de faire de erreurs. Terrifiant aveu non ? Claire et candide illustration de l’aliénation ici. Tristesse d’entendre cela, grande tristesse.
Hâte de jaser avec ma fille dès mardi midi. Aile : « Vrai, avec les enfants autour, c’est pas facile. Oui, on va pouvoir converser tranquilles ». Sur les enfants, sur l’éducation moderne ? Je nous connais.

Le vendredi 16 août 2002

1-
Temps de grisaille comme hier. Humidité lourde. Avec, youpi, du vent dans les branches des érables. Content au fond. Irai à mes aquarelles tantôt. Projets : une pelle « à stime » et le rouleau à vapeur. Monstre pour l’enfant tout de même émerveillé. Ai fait appel à Lanctôt pour le sonder voyant la tiédeur chez Sogides pour mon projet d’un album illustré de La petite patrie. Sa réponse : « non, ai pas les moyens, va voir Marcel Broquet….» Ouen. Il y a aussi ART GLOBAL, rue Laurier. Souhaite que les Graveline et Soucy (Sogides-Ville-Marie-Typo) embarquent vraiment dans le « oui à l’album ».
Ce rouleau à vapeur… il me vient d’un vif souvenir. Il figurait, imposant, gigantesque, dans une illustration d’un tome de « L’Encyclopédie de la jeunesse », seuls livres chez moi quand j’avais 10 ans. Je contemplais longuement cette image fascinante. Je me rappelle encore de cette Françoise Faucher (pour « Biblios-jeunesse ») encore émue et qui examinait les illustrations laborieuses d’un livre des contes de Grimm. Je songe à mes illustrations joyeuses, légères, si claires, dépouillées, pour l’album projeté, bien éloignées de ces gravures fouillées, pleines de mystères, d’ombres maléfiques. Devrais-je, comme jadis, tout reprendre, faire des dessins mystérieux, avec des détails partout ? L’enfant (l’adulte aussi !) rêve-t-il davantage en voyant de ces illustrations complexes, sombres, aux signaux touffus. Mon Dieu… quoi faire ? Bof ! Non. Le paresseux dit : autre temps autre manière d’illustrer.
2-
Hier soir, la comédienne étonnante Catherine Frot chez Rapp à « Les feux de la rampe. Canal Artv. Belle heure. Comment se fait-il qu’aucune chronique-télé ne daigne annoncer (à « Choix d’émissons ») cette série qui est riche le plus souvent ? Connerie, non ? Hier parlant de Linus Torvalds enfant, j’ai mis « barnicleux ». Frot disait hier : une binoclarde. On dira donc pour Harry Potter :un binoclard. J’aime bien. Elle a dit pour son rôle de « nounoune » dans « Un air de famille » —formidable film et fameux rôle pour elle— j’avais un personnage « nunuchoix ». De nunuche. De nounoune aussi ? J’aime les mots d’argot. De partout.
On parle du Ghislain Lebel, frais démissionnaire du Bloc, comme d’un « imprévisible » aux actualités. J’ai bien senti le péjoratif du terme. Pourtant, j’aime tant rester « imprévisible », le qualificatif qu’Aile me colle bien souvent. Ah oui, surprendre, me pointer (en paroles ou en actes) là où on ne m’attendait pas :ma joie. Les bénis-oui-oui des pouvoirs occultes, discrets et calculateurs diront : « Un canon lousse ». Qu’ils aillent au diable ! Craindre tant les préjugés, les classeurs, les étiqueteurs. Faire mentir les catalogueurs à mon sujet. Les dérouter. Ne jamais me laisser enfermer. Surprendre sans cesse.
3-
Hier, Daniel, mon fils « unique », en brève visite. Il avait laissé ses deux garçons dans les cascades d’eau de Saint-Sauveur et est allé, seul, en vélo, rôder dans les chemins vicinaux de Val David et de Val Morin. Il est en pleine forme, fait plaisir à voir, bronzé, beau comme un dieu (le papa parle). Comme il l’exige, il est monté à ma chambre à écrire pour examiner l’ordi du paternel. Il a rectifié des « polices » Il m’aide, lui, mon initiateur électronique (malgré moi, au début !).
Parti reprendre ses deux baigneurs, Aile me dit : « Ton gars me fait penser parfois à ton père, Édouard :indépendant d’esprit, un peu sauvage, un peu secret, farouche individualiste ». Vrai ? Je me suis souvenu de papa disant : « Germaine, la paix, j’irai pas travailler à l’extérieur, oublie ça, je n’ai personne au-dessus de ma tête, je suis libre, mon propre patron dans mon restaurant. » Au dessus de sa tête il y avait pourtant ma mère-boss… et comment ? Comme papa, je n’ai jamais voulu avoir de patron juché sur mes épaules. Trente années scénographe de variétés, j’étais le « boss » de mes pontes. Daniel, l’ex-prof et journaliste, créateur de jeux de société, est donc —comme son grand-père et son père— son propre patron. Il travaille à « Bagou-2 » et a un projet nouveau en marche : « Top Secret ». Un jeu de société inédit où les joueurs fonceront dans… aveux et confidences. « Mais là, avec ces chaleurs, je travaille au ralenti », nous a-t-il avoué en rigolant.
Hier aux nouvelles, la reporter Michelle Levasseur « aux inondations ». Accent tonique absent, débit de débile légère… Non, « pu capab » !
4-
Merci ô magnéto ! Nous avons visionné hier soir le Tremblay renversant d’ « En pièces détachées », fameuse réalisation de feu Paul Blouin. 1970. Cette pièce n’est pas construite aussi solidement que tant de Tremblay. Pourtant on y trouve de formidables, inoubliables, morceaux de bravoure. Tremblay a une oreille géniale. Absolument géniale pour avoir su si efficacement transcrire ce langage effrayant, celui des misérables d’un quartier populaire (avant que le Plateau se « gentrifie » !).
Hélas, il est devenu un demi-sourd, quelle cruelle ironie du sort ! J’en parle pas… mais je sais ce que c’est. Nous vivons comme en marge parfois. Chaque fois qu’il y a « groupe ». Devenons des isolés involontaires au milieu des autres quand ça jacasse en gang. Une souffrance, croyez-moi. Nous perdons la majorité des propos échangés. Nous captons des bribes. C’est plate, très plate. Handicapé, nous nous taisons. Le cours des échanges nous est souvent borborygmes. Douleur alors ! On fait semblant de comprendre. Orgueil ! On refuse de toujours faire répéter et alors on fait celui (celle) qui a tout saisi. Soudain, je fais « non » et je découvre qu’on attendait un « oui ».
J’ai vu souvent des interlocuteurs hésiter à poursuivre avec moi un propos…Ils se détournent et ça fait mal. Maudite vanité aussi ! Aile, sans cesse : « Claude, en groupe, tu dois vite dire aux gens que tu entends mal, qu’ils doivent te parler fort… » Je refuse. Saudit orgueil !
Hier soir, j’ai songé à « Rear window », son chaud décor, en découvrant ce voisinage de méchantes commères dans un fond de cour du « En pièces détachées ». À la fin, j’ai songé —l’ambulance qui va amener à l’asile Marcel-le-fou— à la conclusion similaire dans « Un tramway nommé Désir » de Williams qui influençait tous les auteurs comme Dubé fut influencé par le Miller de « Mort d’un commis voyageur ». La forte littérature étatsunienne est si proche de nous, Américains du Nord. Ma mère, snob bizarre, répétait que c’était —les gens du Plateau des années 40 et 50— du « monde très commun ». Notre « fond de cour » à nous, rue Saint-Denis, dans Villeray : on avait à gauche, mossieu Laroche, un savant prof, à droite le notaire Décarie, la famille du docteur Lemire —un médecin, pensez donc ! À un étage, le journaliste Provost (de Radiomonde). Eille chose ! Okay ? On rit pu ! La Germaine s’enflait la caboche, au téléphone, je l’entendais dire : « Viens nous rendre visite, chère, nous habitons le « boulevard » Saint-Denis ». Papa, « habitant », fils de fermier, ricanait. De l’épouse née à Pointe Saint-Charles.
Il y avait du vrai. Tremblay n’a pas illustré « les professionnels » du Plateau, il devait y en avoir. Il a illustré du « pôvr’monde » et, avec sa pièce, il a voulu raconter très courageusement la misère profonde, désespérante. La détresse accablante de son entourage. Ces colonisés (de partout). Ces bafoués de l’existence. Temblay a été extrêmement utile pour faire voir la gangrène morale effroyable qui rongeait les nôtres en majorité. Il alla bien plus loin que Gélinas et Dubé. Le choc terrifiant de sa dramaturgie des débuts a fait de lui « le » dramaturge et son talent immense de dramaturge l’a propulsé sur des tas de scènes étrangères puisque « la vie minée » se vit aussi à New-York comme à Londres, à Sydney comme à Berlin.
Ce « En pièces détachées », qu’on reverra encore c’est certain, était défendu par d’hallucinantes actrices : Hélène Loiselle en « mater dolorosa » au « joual » poignant, marmottages difficultueux, mots chétifs qu’elle s’arrachait d’une bouche tordue. Ah, quelle comédienne ! Luce Guilbeault, Thérèse, inoubliable grossière ouaitresse déchue… et tant d’autres. Cette fresque grotesque aux couleurs violemment saturées —comme d’un Georges Rouault égaré sur nos rives— assomme net. Le burlesque de cette famille québécoise avachie se haussait souvent au niveau de la tragédie classique avec un « fatum » comme fatal, inévitable. On a compris mon admiration pour ce Tremblay-là et je ne tente pas de corriger le tir pour ses « Bonbons assortis », d’une prose plutôt facile.
5-
Chez le maraîcher du coin de la Caisse Desjardins :achat ce matin de fraises. Comme pour obliger Aile à faire de la confiture nouvelle. Revenu, elle me tend un bol et un couteau : « Faut équeuter maintenant, vas-y ! » J’ai croisé, rue Valiquette (la Catherine du village !), Jean-Marie Léger, un « ancien » du Grasset. Il me semble un peu mal en point —me trompe-je ?— comme vieilli précocement, rapetissé, zézayant quelque peu : « Tu viendras à la fête chez la présidente (Ass. des écrivains laurentiens) Vincent, oui ? » J’ai dit « oui » mais… Je cotise à la SARTEC, à l’UDA, à L’UNEQ… alors ce groupement laurentien …quelle utilité ? Les Laurentides ne forment pas vraiment « une région », c’est la banlieue —à peine lointaine— de la métropole québécoise. Son vaste terrain de jeux et loisirs. Un parc d’amusement ?
Aile s’est remis à Marcel Proust. Je dis : « Bon courtage ! »
Avec « Les patriotes » de Max Gallo, je lis : « Ami, entends-tu \ Le vol noir des corbeaux…Ohé, les tueurs \ À la balle et au couteau \ Tuez vite…
Sifflez, compagnons \ Dans la nuit, la liberté \ Nous écoute… Au Saint-Denis comme au Château, à vingt ans, nous allions voir tous ces films illustrant les Résistants d’une France sous la botte hitlérienne. Ces histoires de saboteurs-Partisans clandestins me soulevaient, m’excitaient. Ce chant me bouleversait. Je tente encore en 2002 d’en mémoriser les paroles.
Séchan a titré l’hagiographie fraternelle (à Renaud) « Bouquin d’enfer », allusion à « Boucan d’enfer », une toune de son frérot célèbre. Toujours une sorte de gêne quand on voit « le frère ou la sœur » d’une notoriété s’accrocher en wagon… derrière.
6-
Pour en finir avec ce Linus Torvalds, le « généreux » Finlandais —Finlande où il n’y a pas que le célèbre portable « Norquia »— donateur de son système (Linux) devenu multi-millionnaire californien comme malgré lui (ouen !), papa de trois fillettes, avance que (attachons nos tuques ) « la race humaine lui importe moins que l’évolution ».
Tel quel !
Verbatim !
Ce technicien de haut calibre, un génie, se veut carrément un non-penseur. Forcément j’ai sursauté en lisant son dernier propos venant de publier « Pour l’argent et la gloire », lisez : « Soyons francs, tout le monde rêve d’être célèbre et riche. Jeune, je voulais devenir Einstein, en mieux ». Il dit que ce sont de fieffés hypocrites ceux qui parlent « du poids de la gloire ». Mensonge et louche condescendance, affirme Linus Torvalds qui, à la fin de son interview-livre, s’est acheté un immense manoir et une BMW du type « maxima ». Le gamin binoclard (je l’ai placé !) d’Heklsinski, le petit « fort en maths » ballotté entre mère et père (séparés) et les grands-parents semble un bienheureux exilé. Grand bien lui fasse.
Pourtant j’ai songé au fou « Docteur Folamour », un matheux fasciste … Combien sont-ils ces scientifiques qui ne s’encombrent jamais d’aucune moralité ? Einstein, tiens, n’est-il pas mort de regrets au sujet du « secret atomique » qu’il révélait dans une lettre au Président Truman et qui assassinera des centaines de milliers de civils japonais en 1945. Einstein, lui, avait de la conscience. Au collège on nous répétrait : « Science sans conscience… Je reste du côté humain des choses. Un vieux schnock ?
7-
Sans la radio de Radio-Canada aurions-nous de ces longues et éclairantes entrevues du matin —où Anne-Marie Dussault s’améliore sans cesse, je tiens à le dire— oui ou non ? Ce matin, la fille d’Andrée Lachapelle, Catherine Gadouas, une musicienne de nos scènes, raconte les horreurs d’être choisi sur un jury dans un gros procès (les Hells du sieur sinistre « Mom » ). Le « cirque » insupportable des avocats l’a complètement dégoûtée du système judiciaire. « Odieux et ruineux », dit-elle. Elle parle très franchement et ce fuit, ce matin, un plaisir fécond de l’entendre.
Ainsi, même importance, à la même émission de Dussault, Pauline Marois, ex-relationniste de Parizeau, qui a vu le « Bunker » (télé à venir) de Luc Dionne, lui aussi ex-relationniste de politiciens (!). Marois en est sortie insultée, dégoûtée, scandalisée. Elle en éprouve « un vrai haut-le-cœur » dit-elle. « Toute la classe politique est jetée dans un même sac ». Un sac d’ordures, apparemment. Ce « Bunker » dionnesque : « reçu comme une gifle », dit Marois. On a lu les textes chez Téléfilm, chez le producteur, chez l’acheteur-diffuseur. Un tas d’imbéciles ? Un paquet d’innocents ? Matois exagère ? On verra bien.
Il y a un danger : Dionne, de cette cavalière manière, ferait voir que toute personne songeant à l’action politique n’est qu’un arriviste, un sale ambitieux égocentrique. Cela peut miner la « si fragile » démocratie. « Le moins pire des systèmes », disait Churchill. Les cyniques, les malchanceux du sort, vont souscrire volontiers —les brillants « gérants » en tavernes— à cette noirceur totalisante. Le redire : quelle radio offrira de ces émissions importantes si le Parlement (c’est pas l’envie qui manque à Ottawa) vendait la SRC ? Je critique « l’ex-auguste Société » à satiété, il n’en reste pas moins qu’elle sert utilement et souvent. « À la Maison blanche », série de télé USA, l’on fait voir des noirceurs crasses mais aussi des gens généreux, exemplaires. Les deux. Ici, au Québec, on fonce souvent dans les extrêmes. Effets d’un peuple colonisé ? Y penser.
8-
Ma fille, Éliane, viendra, en vraies vacances,» ici, lundi. Hâte de ce rapprochement inattendu. Je dois changer. Je la voix comme ma « petite fille » et elle aura bientôt cinquante ans ! Un père s’aveugle, n’ouvre pas les yeux sur cette réalité incontournable. Si elle vieillit, je vieillis encore davantage. Eh ! Cela l’arrange ? Oui.
Hier fête de L’Assomption de Marie, mère monoparentale d’un Jésus-Messie. Souvenir : août 1945. Hitler —on a tant prié pour la paix au Québec— va se suicider. En face du chalet familial, se dresse « une haute croix de chemin » avec les outils de fer sur la potence sacrée, la petite échelle, la niche-à-statuette pieuse. La « vieille » Proulx organise une neuvaine chaque été, même heure, même parterre (le sien). Maman nous fait traverser la rue et c’est la récitation d’un chapelet et prières mariales adéquates. Sept fois… jusqu’au 15 août. À la fin, nous chantons « J’irai la voir un jour, un jour dans sa patrie-i-e… » La piété partout en ce temps-là même en ce lieu « d’épivardage », Pointe-Calumet, où l’on passait nos journées en maillot de bain sur les plages, sur les radeaux et les quais du grand Lac des Deux-Montagnes. À chasser les grenouilles dans les bois d’en haut. À glisser dans la sablière-Pomerleau —assomptions naturalistes près de la gare du CiPiAr— son clair lac naturel devenu maintenant l’ « Aquascade » fréquenté du site.
J’aurais voulu prévenir— par charité pour le créateur du « Si les hommes vivaient d ‘amour ». Lanctôt m’avait parlé de mettre en livre les « lettres ouvertes » du chansonnier Raymond Lévesque. Mal équipé intellectuellement, impulsif déboussolé à ses heures, le chanteur glissait parfois dans un réactionnarisme lamentablement déliquescent. Honteux. Trop tard. Et Louis Cornellier lui sonnait les cloches durement samedi dernier dans sa chronique des essais. « À bon entendeur, salut »? « De la démagogie, une rhétorique de droite, anti-syndicalisme primaire, misanthropie vociférante », fesse L.C. Ce même samedi (le 10), Le Devoir consacre sa « une » et à V.S. Naipaul (par André Major)qui s’exile de son pays d’adoption (Trinidad) pour fuir le racisme et l’ignorance (!) et au poète devenu fasciste fou, Gabriele D’Annunzio (par Guilaine Massoutre). Les auteurs québécois ? Christine Brouillette est reléguée en page 5. C’est bien assez non ? Le « racisme inverti » traverse une crise rue de Bleury et cela depuis un bon bout de temps.
Ce matin Ménard-ministre cogne sur le juge Boilard : « un vaniteux ». Il est seul. Tous les chroniqueurs s’accordaient à dire que le « comité des juges-jugeant », bien con, a commis une bourde d’une niaiserie profonde en blâmant Boilard au moment où il était en train de juger une gigantesque cause, bien compliquée, très délicate. Sacré Ménard va. Seul, il a donc le bon pas ?
9-
Un certain Laurent Audar, lui aussi, est révolté par les publicités incessantes à Radio-Canada-télé qui montre « Les misérables » de Hugo. « Aucun respect ni pour les œuvre ni pour le public », dit-il. Vérité. Bravo !
Mon ex-petit-camarade en céramique, Gilles Derome, est aussi un servant en « lettres ouvertes ». Mercredi, Gilles, lecteur de Chomsky, nous révèle qu’il instruit un petit-fils sur les « vraies tours tombées » aux USA. Pas celles du 11 septembre. Toujours un peu sibyllin (on ne change guère, Gilles ?), Derome fait sans doute allusion aux « tours de magie » des C.A. des Enron et Cie. Sans doute ? B’en…pas trop clair une fois de plus.
Ce matin Rima Elkouri (La Presse) relate un fait divers… la concernant. Les journalistes vivent parmi nous, pas vrai ? Évocation maudite d’un percepteur de tickets au métro. Le guichetier zélé, à l’évidence, est un zélé sourd, aveugle et muet. Un malade. Conclusion : téléphone de plainte de Rima et la direction de la STM dira : « Rédigez–nous (journaliste !) un rapport complet et circonstancié dudit billet refusé et on vous enverra l’argent dudit billet ».
Non mais…
10-
Lu dans un « Nouvel Obs » : le grand matheux, Laurent Schwartz, admirait énormément le système universitaire des Etats-Unis. Il admettait « la sélection », craignait « la gratuité » (!), et…détestait « l’impérialisme » des USA cependant. Viudal-Naquet, auteur de la note posthume —et aussi de « La torture dans la République » (L’Algérie maganée de 19860)— souligne que Schartz n’aimait pas que les calculs savantissimes, il était féru de la Grèce antique et rédigea, jeune, une brillante grammaire de grec ancien. Je lis. Je me dis :pourquoi, ici, jamais ne sont publiés de tels articles lumineux. Que j’aurais dû fuir (comme Naipaul a fui à Londres), à vingt ans, en France. Je le voulais tant. Je serais autrement mieux stimulé. Bien plus souvent. Misère… Même magazine : d’Anne Crignon, un bon « papier » sur Alain Fournier (« Le grand Meaulnes »).Sur « Le capitalisme qui a perdu la tête » par J.E. Stiglitz, prix Nobel, ex-conseiller de Clinton. Enfin, tout un dossier, fascinant, sur les mensonges de la Bible. Tissus admirable de légendes. Il n’y a pas de Mont Sinaï, ni Murs de Jéricho, ni déluge-à-Noé, ni roi Salomon, ni Reine de Saba… Des archéologues n’en finissent pus de donner l’heure juste. Il en reste quoi ? « Des empires fabuleux n’ont jamais pu constituer un tel considérable livre de spiritualité et de mythologie, ce qui est unique. Aussi : Destruction du paganisme délirant et invention d’ un seul dieu, Yaveh. Aussi : « Rien de scandaleux face aux recherches modernes car la Bible ne doit pas être pris comme « un livre d’histoire » mais il peut contenir de l’histoire (Renan), c’est bien davantage. « C’est un livre de beauté et il est génial », Renan
Oui, dans nos murs, la pauvreté. Parfois on me fait le trop grand honneur de me dire que mes modestes écrits stimulent… mais moi aussi, comme tout le monde, j’ai besoin d’être stimulé. Je déniche de vœux livres mais il est bon aussi de lire « de l’actuel » et en profondeur. « L’Actualité » me semble souvent léger, léger, léger. Pourquoi donc cela ?
Regard à ma fenêtre. Le ciel s’illumine. L’horizon au dessus des collines s’éclaircit. Il y a eu de petites averses. Le vent lève davantage. Aller à l’atelier, découper du carton blanc, mouiller les cubes de pâte de couleurs, fermer les yeux, me souvenir du « rouleau à vapeur », de la pelle « à stime », reprendre mes yeux de gamin poltron dans Villeray… Ne plus avoir peur ! J’y vais.

Le lundi 22 juillet 2002

1-
Bel après-midi. Prélassement total, chaises longues matelassées, baignades, lecture du « Nouvel Obs » —sur la vérité et les mensonges dans la Bible—, Aile lit « L’Express », je repars nager vers le radeau et, coucou, passage du rat musqué familier, au large un canard, solitaire !, visions de poissons rouges énormes (venus de bocal renversé?), carpes capables de s’adapter au lac d’ici donc ? Mon ignorance. Soudain : adieu soleil, adieu chaleur, le ciel virant au gris sombre, vent plus violent, on monte vitement vers la maison. Le temps d’aller au journal est venu.
Tout un week-end passé avec une terrible pie bavarde dans mon genre, la comédienne émérite Monique (Miller). Elle et son fils Patrice (Gascon) sont repartis ce midi. Taquinage dès samedi midi (à son arrivée) avec cette « nouvel officier de l’Ordre du Canada ». Elle ira bientôt chercher sa médaille, logée, nourrie, à Vancouver, billets d’avions payés ! On a rigolé. Je lui ai répété qu’elle devait dire : « J’accepte cet honneur d’un pays étranger mais néanmoins ami ». « Laisse-moi tranquille, on a pas le droit de parler. Okay ? » Comment ça se fait ça qu’ à moi, Ottawa ne m‘offre jamais rien, ni médaille, ni ruban? Monique : « Pis j’suis p’us séparatist’ Jasmin ! Depuis tu sais quand ».
J’ai lu le prof, auteur-éditeur Brochu ce matin dans la « une » du Devoir. Il narre avec cruauté l’état piteux de l’idée nationaliste de nos jours. Oh la la ! L’académicien y va d’une lucidité remarquable mais atroce. Le lot des déçus, des découragés grossit vite ma foi du diable ! Moi ? Je serais le dernier, le seul, à lutter pour notre indépendance, je continuerais à la proclamer. Toujours. Jusqu’à ma mort. Nos compatriotes (quatre sur dix !), pour des raisons connues, craignent le changement. Ce fait têtu ne change pas une conviction, il me semble. Je reste optimiste.
Dimanche, visite avec nos deux invités à Val David pour les « 1,001 pots » (de céramique). La qualité baisse. Vaste fourre-d’argiles diverses tout bien démocratique mais… Déception légère de tous. À l’aller, vision sur la 117 de troupes assemblées. Police, ralentissement. Val Morin reçoit pour un cérémonial de type indou mais on ne sait trop de quoi il retourne. Ce matin, nous apprenons qu’il s’agissait d’un vaste pow-wow religieux, Tamoul. Ça ne devait pas trop causer en français !
Un bonhomme (reportage de ce matin) installé longtemps aux USA revient tout heureux à Montréal. Il vante la place. Ça fait chaud au cœur de lire son grand plaisir. Dira-t-il qu’il veut s’intégrer à nous, qu’il avait besoin de nous ? Non. Pas du tout. Il ne vante que l’aspect cosmopolite de Montréal. Pour lui, c’est le suc de l’existence. Le 84 % des nôtres le laisse de glace. Il dit qu’à Montréal, il ne perçoit pas l’homogénéité raciale qu’il devait endurer à Atlanta !Ils sont nombreux ces zigues (dont certains des nôtres). Le Québec ils s’en crissent ! Notre culture, nos us et coutumes, notre histoire, notre avenir incertain, nos combats de résistance ( 2% au milieu de la vastitude anglo-saxonne) c’est de la schnoutte ! Ils n’aiment que la mosaïque de ghettos du centre-ville. Une sorte de racisme. C’est bien clair.
Tout autour de ce centre-ville à ethnies « variables » (tant s’exilent vers Toronto tôt ou tard), vivent les nôtres, à Longueuil comme à Laval, à Saint-Hubert, à Saint-Jean comme à Sainte-Thérèse et à Saint-Eustache… des millions des nôtres, rien à faire. Toutes ces foules ne comptent pas, non, ce qu’il estiment c’est le carnaval des ethnies. Un racisme, oui.
2-
Le tonnerre gronde maintenant, on passe de la grisaille à l’ardoise dehors. Le vent a viré de l’ouest vers un nordet énervant. Ça sent l’eau qui va tomber en trombes…On verra. Monique nous a beaucoup parlé de sa tournée en Europe avec « Je suis une Mouette… », le captivant spectacle monté par Denoncourt. Un franc succès de Marseille à Berlin, à Munich, etc. Cette fille possède une énergie renversante. Je ne me voyais pas trop, (on a à eu près le même âge) dans mes valises, changeant d’avion, de train, de ville… Mais non, Monique, elle, raconte ses périples avec joie, fait voir tout cela comme une expédition agréable. Facile, ce lot de représentations à l’étranger ? C’est qu’elle adore son métier, je suppose.
Aile, Monique sur la route, semble toute essoufflée…d’avoir vu encore cet engin inouï, Monique, qui cause, qui brille, qui se souvient de tout, de tous, qui est une mémoire absolument prodigieuse. Tant que je lui dis : « Tu veux pas que je te rédige un bouquin, tout ce que tu sais, pourrait se perdre, non ? » Elle rit. Me fait comprendre sans doute qu’elle se sent encore trop jeune pour se mettre au livre de ses souvenirs. Hélas ?
Rêve de vendredi. Un cauchemar. Des enfants sadiques, avec des poignard, qui cherchent dans nos rues des victimes. Je me cache comme tout le monde face à ces petits sorciers, bandits, qui règlent je ne sais trop quels comptes ! Des amis sont blessés et râlent. Je reconnais des camardes de travail de jadis (Roussel, Picard, Valade). Puis, il y a une réunion. Salle vaste. Un gymnase ? Des moniteurs nous conseillent. Un caucus savant, bavard, futile. Je me sauve. Aile me retient. « Il y va de notre survie » ! Je sors, je me moque, plus une seule voiture en ville. Les jeunes rôdeurs juvéniles sont disparus. Méfiance de cette accalmie. Une sorte d’Harry Potter pleure, seul, assis dans un caniveau. Je me sauve. La peur. Je me réveille.
D’où ça peut venir. Lectures récentes. Sur l’excision en Afrique. À la télé, des enfants installanbt une machine pour faire dérailler un train. Les 118 assassinats du sordide docteur en Angleterre. J’avais songé à ma bande, dans « Enfant de Villeray », martyrisant les chats de ruelle. Mystère des songes noirs.
3-
Jeudi soir, film loué, bien fait. « The Hart’s war ». Un Bruce Willis solide. Un camp de prisonniers au nord de l’Allemagne. Même ambiance que pour « Le caïd », autre film bien fait mais se déroulant dans un camp tenu par des Japonais. Un récit effrayant, encore sur cette guerre de ‘39-’45. Gregory Hoblit est un réalisateur compétent.
Actualités : Une parodie du mariage ? Deux homos. 29 ans de vie commune harmonieuse. Désir tenace d’une union officielle. Rien du genre névrosé, des « homos à sauna », pour des secousses anonymes et brèves. Un beau couple, cela est évident. Trouver un nom nouveau pour ce type d’union …maritale ? Oui. Aile enfin y consent. Je dois me dénicher un papier attestant que je suis bien un veuf et le curé du village, Michel Forget, dit qu’il nous organisera un mariage. À trois coins de rue d’ici. Régler cela pour septembre. Fin du concubinage. Ce mot ! Vendredi, voyage-éclair en ville. Courrier, Aile pour son cher poulet mariné du Adonis, rue Sauvé. Entrer-sortir quoi. Vendre ce mini-condo en ville, non ? Aile, desperados espagnolisante : « Non, non, Clo. S’il fallait que l’un ce nos deux tombe gravement malade…Nous voit-y voyager tout ça pour le visites à l’hôpital à Montréal ? » Bon. Pas vendre. Mon correspondant de Concord (qu est en Mass, pas au New-Hamshire, dit-il) : « record Guiness ? j’ai touché 8 dollars US de royautés pour mon « Total Chaos ». Eh ! Je reçois parfois un chèque de 8, ou de 13 piastres, pour un vieux livre publié qui trouve quelques lecteurs. Pour un livre nouveau, oui, c’est rude. Ça fait mal. Ça stimule pas une miette. Ce G. Tod pourrait sombrer dans la parano car il avance que si un littérateur critique trop fort, ne respectant pas les tabous….—et cela par un inconnu ou un méconnu— c’est l’enterrement rapide.
5-
Ce vendredi-là, anniversaire de ma fille. Téléphone du popa. Elle a reçu mon cadeau. Elle devra rencontrer bientôt deux ou trois médecins. Spécialiste de ceci et de cela. Ma peine. Elle qui fut si forte si…en bonne santé jadis, enfant , ado. J’invoque mes chers défunts à son sujet : que la santé lui soit rendue.
Les spéculateurs se méfient. Les mensonges aux boursificateurs des patrons. La cupidité rongeuse de confiance. La bourse en alarme. Crise, Congédiements en cascades. L’économie des USA chambranlante. Dans un magazine de Paris : prévisions de catastrophe aux États-Unis. L’Euro grimpe. Des jargonneurs s’en mêlent. Pour l’un, rien à craindre, pour l’autre, un tremblement de terre économique chez nos gras voisins. Qui croire ? Nortel valait 120 piastres l’action. Chute vertigineuse et c’est 2 dollars l’action maintenant. Du chinois pour moi. Word- machin s’écroule…faillite à l’horizon ! Manchettes premières sur tout cela au télé-journal. Aile : « Desjardins m’a prévenu pour mes REERS, je vais perdre dans le 3,000$ Et toi » ? « Moi ? Je lis pas ces paperasses codées chez Desjardins ».
Petit écran, petit écran, que vois-tu venir ? Misère en Angola. Guerres civiles. Du sang en Israël. Du feu…des inondations…Le sida-ravage. Et, enfin, le pape, en ce moment dans son avion jaune et blanc, surgira à Toronto et des foules jeunes attendent ce petit vieux malade, tremblant, étonnant pontife d’une religion à laquelle la même jeunesse ne souscrit en rien ! Mystère ?
Ce pape veut mourir à l’ouvrage, en pèlerin. « Mort d’un commis-voyageur évangéliste ! À Toronto peut-être ? Ou au Mexique, où il s’en va après ? Monique Miller : « Oui Claude , comme Molière, il veut mourir en action ! ».
Fête de l’amie Mimi Dubois, dimanche. Promesse d’un petit mot. Je le fais. Courriel au mari organisateur de la « cérémonie ». l’ami André Dubois. Pendant que le jardin de Mont-Royal festoyait (40 invités !), nous, ici, dimanche, nous bavardions à perdre haleine, conversations à bâtons casés sur les faits divers en « colonie artistique ». La revue générale des « gens de la balle » quoi !
J’ai repris mes pinceaux une fois encore, vendredi. Hum… Essais, essais ! Fort marchand de glace et de charbon. Vieux à la pipe sur le balcon. Une mouman et se quatre fillettes au panier de tomates….Pas fort encore ! Au bord du découragement ? Oui et non. Fou, je me dis que, soudain, je trouverai la bonne veine et que paf ! ça va jaillir, couler comme source. Tête heureuse va !
Vendredi soir, entretien télévisé à « Inside Actor’s studio » avec Kim Basinger. Bonne télévision d’ARTV. Une actrice aux antipodes de la fraîche manipulatrice Sharon Tate vue il y a peu. Avec Basinger de la bonne franchise, des aveux frais, de l’expérience offerte généreusement aux élèves de l’école de New-York et…à tout le monde aux écrans.
Oh ! La bonne rencontre chez Claude, vendredi soir, rue du Chantecler où l’on bouffe trop gras mais… quelle formidable régalante bouffe ! À une table voisine : une directrice-adjointe de la SRC, aux dramatiques, Claudine Cyr. Je suis ravi car voilà qu’elle offre à Aile de donner un cours (« sur l’image ») à l‘alma-mater. Aile refuse. Rendue à la maison : « N’empêche ça fait du bien. On me veut, on pense encore à moi. On a toujours confiance en moi. C’est vitalisant. » Moi bien fier d’elle.
6-
Un bon groupe de soldats en Israël refuse d’aller servir dans ces territoires occupés. Ouf ! Vent frais nécessaire. Ils iront en prison. Honorable incarcération. L’honneur de ce pays est sauvé par eux. Beau courage. Ces objecteurs de conscience d’aujourd’hui sont la nécessaire « réparation » d’une réputation « bin maganée » là-bas. État, menacé certes, mais qui doit comprendre qu’il faut aussi un état aux Palestiniens. Sinon…du sang versé (de civils innocents) et pour longtemps encore.
Un lecteur laurentien s’insurge avec raison dans l’hebdo « Succès ». Par ici, Cogeco (comme à Montréal ?) n’offre pas la télé française de l’ontario, TFO. C’est scandaleux. Sylvio LeBlanc est révolté. Comme moi, il dit qu’il se fiche carrément du gros paquet de canaux USA offerts gratuitement. Il y a si peu de chaînes francophones. Comme LeBlanc, je voudrais bien obtenir TFO. Et au plus sacrant. Je dois trouver un bon moyen de dénoncer ce COGECO aux mains pleines d’Amériquétaineries ! Ça suffit !
7-
Je viens de lire (courriel) un jeune (Robert Mercier) qui est monteur pour l’entrevue accordée récemment ici. Il me remercie pour mes propos. Rares compliments chez un technicien… le monde change, les temps changent. Il m’a donné confiance. On se jette à l’eau, face à la caméra, on sait pas trop si notre baratin a de la gueule ou si c’est du vasage et voilà qu’un modeste monteur vous dit : « c’est bon, merci, c’est des propos riches ». Merci jeune homme !
Si jamais mon fils ou ma fille décidait de rédiger un bouquin sur « moi, en père »… que dire ? que faire ? Ouaille ! Dangereux. La fille du très célèbre reclus, l’ermite de Cornisch, New Hampshire, J.D. Salinger —auteur de « L’attrape cœur », relu récemment, livre-culte, roman d’initiation— fait éditer « L’attrape rêves ». Nil, éditeur, 512 pages. « Nihil obstat » ? Margaret Salinger étale la vie secrète de papa. Un illuminé, qui navigue de religion en religion, parle des langues inventées (de l’au-delà), boit sa pisse…Franchement ! Est-il vraiment sénile ? Si oui, vite, « le manteau de Noé », madame. Sinon… quoi ? Pour du fric ? Par besoin de casser une camisole qui l’a fait souffrir ? Mon Dieu…la vie, la vie à l‘ombre des gloires littéraires made in USA !
Normand Rousseau explique clairement aux lecteurs de La presse que c’est une fausseté de répandre qu’au Québec le citoyen croule sous les taxes et impôts. Aux Usa, où tout doit se payer, le coût de la vie revient autrement plus cher. Y vivre peut être la ruine en cas de malheurs (de santé entre autres). Ces bobards servent à diffamer le Québec un peu social-démocrate. Ils sont repris par les bons valets John Charest ou Mario Dumont. « On va couper tout cela et puis vous débourserez de votre poche si vous tombez malade ». Une mode dangereuse s’annonce.
La vogue néo-libéraliste (sauce Reagan, Tatcher, Harris-Ontario) est dénonçée désormais et il était temps. Pendant ce temps… des affairistes, —tel M.Léon Courvile— se coulissent chez l’ADQ dumontiste ! Eh !
8-
Dame Clarkston —la femme à Saül— (Vice-de-la-Reine) dans « L’Actualité » dit que la CBC engage souvent des francophones mais, hélas, pas le réseau français de Radio-Canada —pour ses chers pauvres petits anglos. Petite niaiseuse va ! Les nôtres sont toujours les seuls bilingues…voilà pourquoi ils peuvent bosser à CBC ou ailleurs ! Et pas les anglos toujours unilingues anglais, eux. Non mais…quelle sotte vice-royaliste ! Comme d’habitude, l’interviewer ne réplique pas, rien. Faut être poli face à la General Governor ? Hon, pas de médaille jamais pour moi, là, c’est certain.
Je lis sur Napoléon Bonaparte : « Il a fait un pays de veuves et d’orphelins » J’applaudis et tant pis pour les cocos à la Ben Weder, ces idolâtres ce « petit caïd des banquiers (Guillemin).
Mon éditeur, bon ami du Ben Weder, racontera « L’homme fort du Québec », le très célèbre jadis, Louis Cyr. En six épisodes, Beaulieu montrera que le leveur de poids prodigieux, connu dans toute l’Amérique du nord, était aussi danseur (!) et musicien et…. politisé à fond ! Hâte de voir cela.
Robitaille, qui vit à Paris dit qu’il a étudié les Augustes de l’Académie « comme une tribu d’Amazonie ». Il publie en septembre « Le Salon des Immortels… ». Il parle de médiocrité totale depuis qu’on y trouve plus des Bossuet, Racine, Lafontaine et…Valery, Péguy, Mauriac…Robitaille avance que cette Institution anachronique sert de compensation subconsciente depuis que l’on a osé trancher la tête du cou du gras roi Louis numéro 16. Lecture amusante (Denoël, éditeur) bientôt.
9-
Monique Miller a eu l’occasion (chanceuse !) de voir le fameux transformiste italien Brachetti. Hier, ici, elle ne tarissait pas d’éloges. Elle est certaine qu’il va triompher partout aux USA où il s’en va maintenant. On a raté cela.
Nous tous, via notre Caisse public (des dépôts) soutenons Péladeau Junior —qui énerve bien du monde par ses acahats audacieux. Quebecor Media c’est quoi ? C’est 180 journaux désormais, de tailles diverses certes dont le Journal de Montréal. C’est Vidéotron : un million et demi d’abonnés. C’est TVA et LCN. C’est Canoé et Netgraphe. C’est 170 magasins SuperClub, des magazines « people » et des hebdos pop. Un empire. Un colosse made in Québec ! Nos économies (à tous) sont bien à l’abri de magouilles style Enron, Nortel et Cie ? Touchons du bois.
Francophobie qui pointe aux USA « La France serait un terrain d’antisémitisme virulent ! Un ambassadeur y rétorque. Dans le Washington Post. Titre : La France calomiée. » Bujjon L’Estang contre-attaque : « Les Usa ont rejeté Lieberman comme candidat, en France, Blum et Mendès-France, juifs, furent élus ! Les actes anti-juifs sont le fait d’une jeunesse nord-africaine mal intégrée, il n’y aurait jamais eu de KKK anti-Noirs en France, jamais. Depuis un certain silence se serait installé au sud de Lacolle !
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La « Presse Canadienne » se l’ouvre : dépenses royales des politichiens fédéraux aux Olympiques chez les Mormons ! Une fédération de jeunes sportifs à Salt Lake city recevait 15,000 $ pour s’exercer. Madame « Drapeau Copps » payait 3,475 $ pour chacque nuit à son chic hôtel ! La ministre de la « Kulture Canadian a acheté pour 57,000 $ de billets « de faveur ». Elle a versé pour des babioles et du beau linge « unifoliant » pour 60,000$ Pour des petits fours et du vin mousseux de l’Ontario :14,000$
Clair ? Les politichiens avaient le gros du fric et des pinottes pour les jeunesses sportives. Apprenant tout cela, on entend « Ça me dégoûte ». Déclaration d’ une skieuse, Sara Renner. Pas seulement vous mademoiselle !