LUISEZ BELLES AURORES BORÉALES !

Une rôdeuse matinale me remet un article du quotidien raciste, The Gazette, machine francophobe (très phobe). Croyez-le ou non, des nôtres, masochistes insoignables, achètent cette pourriture. Attention : ce quotidien contient d’excellents journalistes et leurs articles sont solides mais il y a ses éditeurs, chroniqueurs et même caricaturiste. Ainsi, Aislin, dessinateur émérite, a déjà publié un bonhomme se léchant l’anus (!) et mis en légende: « The patriot ! »

Ma courageuse anonyme m’offrait donc un texte sur « cinq colonnes », pissé par ce fieffé Conservateur né (et élevé) dans l’ancien ghetto « bloke » de Shawinigan Fall, un certain Peter Blaikie. Ce dernier reprend son « antienne sur l’air : « Pour les indépendantistes, c’est clair, les anglophones et les allophones ne voteront jamais en faveur d’un Québec souverain. » Grosse nouvelle hein ? Ou Blaikie joue un rôle ou bien c’est un imbécile. Ce que je ne crois pas. Tous ses reproches à Pauline Marois ( massacreuse d’anglais, n’est-ce pas ?), dette grandissante, surtaxes, bureaucratie comme lierre, attitude anti mines, Montréal tant négligé, etc.) s’appliquerait autant à Charest qu’à (ma foi) Bourassa ! Frileux sur la Loi 101, il vante (faux louangeur !) le bilinguisme merveilleux des Lévesque, Parizeau, Bouchard et même de J.-F. Lisée.

Ce braqué de Blaikie termine l’étalement par : « la langue devient obsessionnelle avec les Marie Malavoix et Cie, voici la sotte Loi 14, la folie des manuels d’histoire nationalistes, etc . » Paniqué, (même s’ils sont 300 millions sur le continent et nous 2 ?) le Hérault de The Gazete crie : « Anglos, ne nous laissons pas manger la laine sur le dos ! » On lit ce raciste et puis on va se laver, patauger dans le Rond et je revois, ce midi, sur les troncs des pins et des saules du rivage, des reflets mouvants, sorte d’aurores boréales.

C’est l’eau du lac, remué par la brise, qui m’offre ce spectacle cinétique tout à fait envoûtant. Ça repose les yeux de ces lectures francophobes. Je n’ai aucune carte d’aucun pari politique. N’en ai jamais eu. Sauf durant 15 jours, car obligé, voulant jouer le député mais des frileux à « cette grande gueule de Jasmin », pépères Parizeau, Royer, Boileau, chassèrent l’« esprit libre ». Je n’ai pas de « parti » donc, qu’une cause. Elle est naturelle. Mondialement répandue. Il y a plus de 150 nations à l’Onu. Je combattrai jusqu’à ma mort pour que notre nation aie une patrie. Mais je comprend ce que notre histoire —depuis « La défaite » (1763), la domination anglaise, les tentatives d’assimilation— a fait des aînés. Des citoyens ultra prudents, colonisés et aliénés.

J’ai grande foi en ceux qui viennent. La jeunesse québécoise ne traîne plus ces chaînes historiques, ces boulets héréditaires regrettables. Pour me détendre de ce nécessaire combat, je lis, je ris, je souris aux chansons nouvelles comme aux musiques actuelles et, hier, je ralentis rue Archambault, pour ce chat aux bizarres zébrures pourpres dont je vous ai parlé. Nous nous regardons longuement dans le fond des yeux. Je m’imagine qu’il veut me miauler : « Mon pauvre vieux patriote, tu vas mourir bientôt et tu ne verras pas ça une patrie pour les tiens. » Ça me fait de la peine et je file vers —récent cadeau au vieux papa— mon cher « Kindle » tout neuf. Où m’attendent des récits, des classiques et des nouveautés, à en oublier ces aveugles bienheureux, anglos « en ghetto », lisant ce torchon nommé « The Gazette ». Mais vous, aurores boréales qui entortillez les saules, luisez, luisez !

 

MOI, L’HANDICAPÉ SOCIAL !

       Vous avez bien lu ce titre. Et, le pire, c’est que je ne le savais pas. Devrais-je remercier de ce « diagnostic » de Gendron  un p’tit maire à grande gueule (ce qui ne me déplaît pas, en étant une autre !). Donc je serais un handicapé social ? Ce savant pseudo-sociologue, aussi élu maire d’Hundington (et chassé du Canal V), déclare —urbi et orbi, tel un pape— que : « Les Québécois qui ne parlent pas couramment la langue des Étatsuniens sont tous des handicapés sociaux ». B’en du monde à messe, je ne me sens pas trop seul.

Ce handicap ne m’affecte pas du tout.  L’inverse tient-il la route, bonhomme Gendron ? Tous ceux qui ne parlent pas français aux USA sont-il des handicapés ? « Ah b’en non », dira ce coco : « Eux, ils sont une majorité ». Nous sommes majoritaires au Québec, plus de 80 % ! Le bilinguisme « institué » dans un pays, c’est la porte grande ouverte à l’assimilation. Avant l’adoption de l’indispensable loi 101, ici c’était parti. « Une loi raciste »,  tonne le fou d’Hundington, aussi amateur de nécromancie. Ce maire exhibe un cercueil dan son salon !

Certes je baragouine l’anglais quand je vais me baigner dans le Maine. Or, j’ai survécu à mon handicap social, je n’ai  parlé que le français durant « mes » carrières —un demi siècle— et n’en ai aucunement souffert. C’est même ma fierté, et ma normale francophilie fait que je ne m’intéresse pas du tout à la culture populaire des USA, ce gros machin à poutines rock. Que La Presse promeut sans cesse dans ses cahiers-spectacles, hélas ! Chauvinisme disent des Gendron ? Non, je regrette infiniment le peu d’intérêt de nos médias pour la culture hors-USA, allemande, espagnole, italienne, etc.

Ma (relative) notoriété, je l’ai acquise « avec » mon handicap social, toto-Gendron. On peut certainement apprendre l’anglais s’il y a besoin urgent. Chez Berlltz ou ailleurs, en peu de temps, n’importe qui (pour un job intéressant par exemple), saura la parler correctement. Perte de précieuses heures scolaires que ce projet idiot du régime Charest : l’anglais intensif dès la deuxième année, l’immersion en sixième année. De savants pédagogues l’affirment.

Les gens de ma génération a connu ces cours d’anglais,. Onze années de cours avec un résultat nul. Sauf l’empiration, pardonnez ce néologisme, des anglicismes. En onzième année (après je suis allé dans une école technique), je ne savais pas du tout parler la belle langue de William Shakespeare. Pas plus belle que celle de l’immortel Cervantès ou du génial Aliguieri Dante. Hypocrites, les Gendron font mine de ne pas voir l’attraction fatale du gros-puisant-riche voisin du sud. Déraciné, déculturé, ce monde-là se complait dans l’assimilation lente; voyez le désastre actuel dans Montréal-Centre-Ville !

L’indifférence face à a perte de leur identité profonde est un mépris, de soi, une lâcheté. Français d’Amériqe, notre identité « différente » est indispensable à l’épanouissement de la jeunesse québécoise. Imbécile-Gendron : vive les différences et vive la diversité ! La Chine devenant la « deuxième puissance » du monde, imposera-t-elle partout le mandarin ? Mais non. À Rome, ne craignez rien italophiles comme moi, on gardera l’italien. Et à Berlin, l’allemand. Ceux qui auront besoin de parler comme les Chinois —pour un job intéressantiront chez un Berlitz. Mon vrai handicap est ma demi surdité, ça me suffit, maire Gendron-le-tit-coune,le bozo,le baluet, le demi assimilé.

 

 

ÎLE FLOTTANTE !

 

Compiègne battue ? Je vous raconte. Un soir, à Compiègne, l’offre d’un dessert jamais goûté : île flottante ! J’avais obtenu  le France-Québec pour « La Sablière, Mario ! », roman tourné en film par Beaudin (voir sur Google). Décor ? Aux belles Îles de la Madeleine (pas flottantes, elles !). Ce prix m’a permis un mois à travers la France. Un soir à Compiègne donc : la statue de Jeanne d’Arc, notre hôtel proche du Château où Bonaparte accueillit son « Autrichienne ». Au souper, offre d’une  « île flottante » ! Un délice jamais retrouvées depuis mai ? Eh bien, un jeudi soir avec Louis Lalande (âme de l’ex-théâtre du Chantecler ) et Jean-Marc  —« la familiarité engendre le mépris »  dit le proverbe— à La Vanoise, l’accorte patronne, Brigitte, nous offre, oui, une île flottante, façon Didier. Bonne ?  Battue Compiègne !

Écrions-nous : « VIVE LE CANADA LIBRE » et vive Québec en…belle île flottante. Au large de la tricheuse fédération. Voyez : des observateurs critiquaient Duceppe qui s’époumonait pour améliorer le Canada, on lui reprochait de se faire aller la margoulette aux Communes pour rendre Ottawa moins  « centralisateur. Bêtise, disait-on, illogisme pour un indépendantiste car, par stratégie, il fallait un Bloc qui  encourage ce Canada centralisateur. Voyez le bloquiste Plamondon, les baguettes en l’air pour accabler un unilingue promu Grand conseiller du Harper, Persichiel. Il fallait applaudir et rigoler. Savoir mieux dire « adieu » à cette ancienne lubie d’Elliott-Trudeau, la jeunesse saura dire adieu à ce fédéraste  pacte de 1867 et fin de notre dilution.

Désormais —à l’aide des migrations constantes— Québec n’est plus qu’encombrement pour Harper,  la « Canadian nation » domine comme jamais et c’était fatal à dix provinces contre une.  Ce « fait nouveau » impose de nous donner une vraie patrie. Désormais pour régner plus besoin du vote québécois. Un fait brutal qui favorise « un pays québécois ». Il y aura deux nations, deux pays et que vienne un chef NPD-post-le bon Jack unilingue anglo. Hourrah ! Ainsi, tous les souverainistes (et le Bloc) doivent encourager le projet de nommer davantage de députés en Ontario et dans l’Ouest. C’est démocratique. Ça aidera la venue de deux pays (amicaux espérons-le).

Vive le Canada libre, débarrassé de cette province toujours mécontente, récalcitrante, empêcheuse. Notre jeunesse voit mieux clair. Harper, malin, est là pour longtemps, hourrah ! S’en vient un Canada libéré d’un boulet, Québec. Les canadians vont régner en paix, se développant selon ses goûts. Avec une loi pour jeter en prison-écoles-du-crime les jeunes délinquants, Une loi contre l’avortement, une loi anti-homosexuels, la peine de mort rétablie, les armes-à-feu en vente très libre. Et des portraits de la Reine d’Angleterre  partout ! Chacun ses idéaux.  Épilogue enfin du délire-Trudeau au bilinguisme de Halifax à Vancouver. Et nos « quatre Québécois mous sur dix » voteurs de « non », se réveilleront. Se rapproche une séparation « de velours ».  Fin des antipodes. Les Québécois ont cessé net de voter Bloc.L’instinct sûr du peuple. Fin du Bloc en candide « collaborateur » du Parti Libéral. Nous sommes une nation différente, une belle et bonne île flottante. Les jeunes désormais entreprendront la lutte pour un pays. Cher Lionel Groulx, oui, « nous l’aurons notre État français. »

VIVE LE CANADA LIBRE !

 

Au Québec, des observateurs critiquaient Gilles Duceppe quand, paradoxalement, il s’époumonait afin d’améliorer le Canada, lui reprochant de se faire aller la margoulette aux Communes pour rendre Ottawa moins centralisateur. Une bêtise, disait certains, dépourvue de logique stratégique. Par tactique, il aurait fallu que le Bloc, au contraire, encourage et applaudisse ce Canada de plus en plus centralisateur. I

Il y a du vrai. Voyez un Louis Plamondon se faisant aller les baguettes pour accabler ce Persichiel, « bloke » unilingue promu « Grand Conseiller » du Harper. Au lieu de s’en réjouir. Sachons dire « adieu » à cette lubie égalitaire « des deux nations », adieu à 1867 et le bonententisme hypocrite.

Avec les migrations constantes, le vœu pieux a échoué. La nation Canadian est désormais dominante aux Communes. Ce fait nouveau conduit à « notre » patrie, c’est nouveau : pour régner à Ottawa plus besoin des votes québécois. Cette neuve situation favorisera « un pays québécois » car il y a deux nations et deux pays ! Autre exemple : nous devons souhaiter un chef unilingue anglo au NPD devenu veuf du séduisant  Layton. Les péquistes doivent aussi favoriser le projet de nommer davantage de députés en Ontario. Et dans l’Ouest.

Cette domination accrue va aider la séparation, il y aura deux pays et amicaux, espérons-le.

Il va y avoir dans pas  longtemps, un Canada libre. Vous verrez. Un Canada libéré  du boulet nommé Québec. Ce Canada  se développera à sa guise, à ses goûts. Il  pourra s’épanouir en paix avec des portraits de la Reine partout, des lois anti-avortement, anti-homos, avec la peine de mort rétablie, les armes-à-feu en vente libre. Chacun ses idéaux. Le Pet rêvait : fin de son délire du bilinguisme de Halifax à Vancouver. Nos « quatre Québécois sur dix », les voteurs de « non », sont en train de se réveiller et, d’ici une dizaine d’années, vive la rupture pacifique des deux nations aux antipodes.

Les Québécois ont cessé de voter Bloc —l’instinct du peuple. Qui a voulu collaborer avec les anti-conservateurs pour battre le « méchant » Harper. En vain. Ce Bloc agonique n’a plus qu’un seul job (pas d’améliorer le fédéralisme) de favoriser l’aggravation des réalités et mieux montrer que nous somme « différents ». Cher Stef Harper, j’en croise chaque jour, voici plein de jeunes voteurs d’ici, qui, désormais, comprennent la lutte des Québécois. Cher Lionel Groux, oui « nous l’aurons notre État français. »

POUR EN FINIR AVEC UNE FAUSSETÉ !

On est plus en 1867, on est en 2008. Plus on avance dans le temps, plus il va falloir choisir. Il agonise, ce vieux souhait d’un Canada bilingue. Le sait-on bien, ce souhait irréaliste d’un romantisme frelaté, a fait s’engloutir des sommes vraiment faramineuses. La ruineuse Commission « B and B » fut une foutaise tablettée. Les larmes du bon vieux Laurendeau ou-son successeur- celles de Jean-Louis Gagnon : mises au panier de l’histoire ! Allumez les nostalgiques, les temps changent ! C’est l’espagnol, mieux, le mandarin, qui doit être enseigné aux étudiants anglais du Canada. Pas le français. Soyons lucides un petit brin, faudrait savoir, Québécois, ce qu’on veut. Suffit les protestations et, parfois, vains rugissements. Surtout dans deux cas. Un. Ces lamentos -lettres ouvertes- en découvrant : « Hors du Québec, on parle plus français ! » Les niais ! Plein de -souverainistes parfois- nationalistes qui braillent comme des veaux : « C’est-y effrayant, à tel endroit du Canada, plus de français ! »

Rentrons nous cela dans le crâne : le français est la langue des Québécois et les Canadians -demi-amerloques, faux-américains- qui habitent les neuf autres provinces de cette pseudo-fédéréation n’ont nul besoin du français. Un fait têtu. Notre langue est inutile dans toutes ces autres régions. Ça grogne avec raison chez les voisins : « cette langue française nous servira à quoi? À aller jaser au Carnaval de Québec, une fois l’an ? C’est regrettable pour nos minorités francos hors-Québec ? Ils sont devenus des exilés malgré eux ! Rien à faire. Aux USA il n’en va autrement n’est-ce pas ? Pas un mot en français, ni à New York ni à Los Angeles, nulle part. On dit rien, évidemment. Pareil pour ce Canada désormais !

Normal aux USA, eh bien, il en va ainsi, et de plus en plus, en Canada. Le vaste Canada -pays voisin et néanmoins ami-, est un pays anglais, exactement comme les Etats-Unis. On enrage de devoir ouvrir les yeux aux aveuglés des songes d’antan. « Non, cher Abbé Groulx, nous n’irons pas civiliser le Canada coast to coast, oubliez ça ! » Clair ? Pourtant plein de braillards candides: « J’étais à Ottawa pis… J’étais en avion, pis… » Silence bande d’ innocents ! Il faudrait se mettre dans la tête et une bonne fois pour toutes : le Canada est un pays anglo. Avec leur émigrations galopantes, pour seul exemple en Ontario, s’en vient vite un temps où nous serons -les français- de plus en plus minoritaire en Canada, à Ottawa un tout petit groupe sous représenté face aux autres Canadians, M.Harper est entrain d’y voir et c’est tout à fait démocratique. Normal.

C’est ici seulement que nous sommes majoritaires, 85%, C’est ici seulement que nous devons causer (merci à la loi de Laurin !) en français. Partout au Québec, même au centre de notre métropole si peuvent se secouer les lâches du « Conseil » de la langue à Québec, cachottiers mous du régime de pleutres actuel. Non mais…est-ce que cette attitude de chialeurs va s’achever une bonne fois pour toutes.

Deux ? Deux : il est où le problème quand un représentant de notre gouvernement ne parle pas en anglais aux reporters étrangers, ou du Canada, ou de ce « Montreal-Ghetto », « The Gazette » ? Oui ou non, Québec est-il un pays français ? Pauline Marois ne devrait parler publiquement qu’en français. C’est normal partout dans le monde. Qu’est ce c’est que ces horions de « colonisés » si elle ne jase qu’en français à ses conférences de presse. Comme il est normal de voir un élu du Canada -fut-il un frenchy élu à Ottawa- qui cause in english only à une Chamber of commerce ? Fichons la paix à ces élus « canadians ». Le Canada est un pays anglo.

Le bilinguisme officielle, légalisé (qui doit être une affaire personnelle) fut un gaspillage éhonté. Une folie ! Un songe-creux -oh, une business payante aussi- une niaise entreprise fédérastique pour des inaptes à concevoir le réel.Des idéalistes déconnectés de tout. Que ce soit MM. Charest, Dumont ou autre élu québécois, c’est le français qui règne par ici. Pauline Marois aurait intérêt, pour l’agrandissement économique futur du Québec, à apprendre le Chinois. Ou…la langue de l’Inde. !

Mais quoi ?, il n’en va autrement en Allemagne ou en Espagne, dans tous les autres pays du monde. Personne n’exigera autre chose que l’italien chez les élus en Italie ! Finissons-en avec le rêve idiot du coco Trudeau qui n’a pas pu fonctionner, cela crève les yeux en 2008. Tentative naïve, folichonne. Les pleurnicheries des vieux nationalistes, c’est caduque. Monsieur Fraser, pauvre pion stipendié du bilinguisme canadian raté, perd son temps et, plus grave, l’argent public en un énorme gaspillage.

BERNARD LANDRY CONSPUÉ ?

(lettre ouverte)

Bernard Landry insiste à une réunion patriotique pour redire que le Québec n’est ni multiculturel , ni bilingue. Voilà une réalité qui embarrasse certains dévots du « bonententisme » mou. Pourtant, seul territoire français dans la vaste mer continentale anglophone, un Québec français ne doit jamais cesser d’affirmer et de ré-affirmer sa différence fondamentale. Nous serons toujours en danger, fragiles, dans cet océan anglo qui nous environne. Il n’y a rien à craindre pour l’anglais, n’est-ce pas ? Les frileux qui s’énervent de la déclaration publique de Landry sont des hypocrites. Ils font voir le grand danger qui court pour la pauvre langue du grand Shakespeare ! Non mais…

Il n’y a qu’un seul danger : la popularité foudroyante mondialement de la langue des Étatsuniens -en fait du plus puissant pays de la planète actuellement… et tous ses satellites. On devrait trembler : s’il fallait que notre minorité anglaise se sente en péril de perdre l’anglais ! J’en dors mal ! Au temps où on doit batailler sans cesse pour notre résistance (nous ne sommes que 2% sur le continent !), il faudrait que l’on songe au sort pitoyable (!) de notre minorité. Lisant des protestations à ce « Québec ni bilingue ni multiculturel », l’on saisit le soudain et imaginaire cauchemar « ultra-démocratique » des preachers en bilinguisme.

Or il n’y a pas de pays bilingue, il n’y a que des personnes bilingues. Aux USA, l’on affiche « English only » en Californie ! Constatez le progrès anglo actuel au centre ville, le refus obstiné de la pourtant « normale intégration » à la majorité, voyez lucidement l’évident progrès « anglois » en notre métropole. Cela fait peur. Sans compter la fuite-refuge des ados des migrants vers les cégeps anglos. Oui, Landry fait bien de rallumer la flamme pro-française, c’est essentiel au moment où une cour dérape en faveur de cette « première année d’école au privé » pour éviter la maudite langue de la majorité, l’intégration normale. Oui, il y a des coups de pied au cul qui se perdent, je vous le dis.

Journal, Février 2003

Vendredi 21 février, doux temps revenu et, hier, sortant du lac-à-pied, je croise encore « ma » vieille bohémienne aux dents cassées, en joli linge, violet, bleu et vert. Toujours volubile. Elle lit « Accès » avec plaisir, me dit-elle. Jasette ad lib puis je lui récite : « Dans le parc solitaire et glacé… ». Elle : « Embrassez-moi, c’est mon anniversaire et merci pour Verlaine revenant ».

-Mon Languirand, venu aussi de « la petite patrie » —à l’époque dandy, auto-testeur d’hallucinogènes— tentait (1968 ) d’installer un théâtre avec l’argent public (100,000 $)de son ami « le prince machiavélique », Pet. Mégalo innocent, ce sera la faillite et Jacques, écœuré, va muer en bonimenteur-à-vie à la radio d’État. Déprimé, il avait fui à Toronto —avec sa sotte idée de « bilinguisme subventionné— pour afficher son « Man Inc ».

Annonce ce matin qu’on remonte ce machin-multi-média bilingue à Montréal.

-Souvenir :Languirand exilé, mon Hubert Aquin, terroriste d’occasion —sorti de prison et de clinique— tente de reprendre le bidule-languirandesque et m’invite à y collaborer. Je lui rédige une synopsis : un intello romantik (lui) tente d’embarquer dans le FLQ. « Tu devrais jouer ce rôle », spécifiais-je. Me surprenant, Aquin accepte ! De nouveau : « on ferme », faillitte-bis. « C’était un temps déraisonnable » cher Léo Ferré.

Dimanche 23 février, « Ah !Que la neige a neigé».

-Pas familiers les « Allah ou Akbar » en 1980. Mon roman « La sablière » —devenu « Mario » au ciné de Beaudin— en était parsemé quand je racontais les années ’40, les combats épiques de deux frères —à Pointe-Calumet où s’installera « L’Aqua-Club »— en cavaliers arabes montés en France au 7 ième siècle. J’ignorais que dans 20 ans ces « Allah… » seraient la marque de l’islamisme intégriste.

-Demain : faire « une semaine de télé en un seul jour », avec Yves Corbeil du canal « Vox ». Devoir apporter du linge en conséquence et un album de photos, des aquarelles.

-On a publié (Le Devoir) ma « lettre ouverte » sur « Le raciste inverti», celui des mondains qui ne bandent que sur nos ghettos et méprisent ce que nous sommes. Rectitude défié ? 15 jours avant de décider ?

-Obligé de zieuter du téléroman pour Arcand-CKAC je constate :mort des romans-romans. Comme la photographie a purgé la peinture, le téléroman purge le roman. Cioran affirmait : « Un « vrai » roman est celui que ni le ciné ni la télé ne pourrait adapter ». Vrai ? Faudrait en effet un rare courage pour oser le faire avec par exemple le formidable Soucy : « La petite fille qui aimait trop », ou ce déroutant « L’Iguane » de Denis Thériault ou, signé Andrée Michaud, ce troublant « Le ravissement ».

Mais…on sait jamais, le cinéaste Albicoco fit un excellent film du Fournier fameux « Le grand Meaulne ».

Mercredi 26 février, hier soir, pieuvre régalante à « La sirène ». Le midi, lunch-à-projet à « La Moulerie », avec Gigi et Cricri ! Deux actrices du baby-boom, Christine Lamer (la méchante de « L‘Or du temps ») et Gislaine Paradis (de « Quelle famille ») ont une idée de téléroman. Leur ferai une synopsis. Le matin, avec le pétillant Guy Fournier, discussion sur… « la fidélité » à « Tous les matins ». La veille, lundi, faire vite, vite, ce « cinq matins en un jour » pour « Vox ». Je revois l’ex-Pavillon du Canada, pas revu depuis 1967. Ce matin, retour « aux pays d’en haut » au clair soleil, fuyant les congères non ramassés des rues de Montréal. Je me dis : voici mars déjà ? Traversé cet hiver ? Je rêve de nager dans 60 jours (?), le regard perdu dans le bleu du ciel. Je rêve.

Le vendredi 27 septembre 2002

1-
Ciel bouché ce midi. « One passe pas » dit le firmament à l’astre. L’héliotrope enragé en profite pour aller au journal. Randonnée infernale en métropole hier. Aile-de-Aile encore en chauffeur privé. « Tu aimes tant conduire » ? Sa réponse : « C’est que j’aime pas tes façons de conduire. Tes risques ». J’ai fini par m’habituer à ses façons à elle. Prudence extrême. Grands espaces entre elle et le véhicule précédent. Abandon de sa voie aux voitures qui sortent des bretelles. Vitesse commandée très respectée. Bon. C’est bien. Je vais mourir dans mon lit pas sur l’autoroute laurentienne.
Départ d’abord pour le Musée des beaux-arts où il y aura, à 11 h., lancement de la série d’Artv, « Tablo » —où j’ai une participation. Arrêt Chemin Bates. Aile grimpe au condo avec des sacs. Elle prendra sa vieille minoune —une Jetta 1990— dans la cave pour ses courses. Je file aussitôt vers le centre-ville. Remettre au « garage » du Musée mon tableau : « Vert regard », aquarelle et encre de Chine. Il y aura mini-expo tantôt pour « la presse » des participants invités de « Tablo ».
Trouver du parking. Tournage en rond dans le chic quartier.
Je finis par dénicher une place Avenue du Musée et crache neuf « tente sous » dans la fente ! J’allai si souvent à ce bon vieux Musée, du temps du « monsieur le critiqueur d’art de La Presse » (expression de madame-barbier-Villeneuve). J’en profite pour monter visiter l’expo-Riopelle. Le grand canot barbouillé dans l’entrée : pas fort. Salles de ses vastes tableaux barbouillés à Paris dans les années 50 et 60. Ses mosaïques spatulées fameuses. Plusieurs ouvrages d’un dynamisme gesticulatoire unique au monde. Trois ou quatre ouvrages géants (dont « Avalanche ») mériteraient d’être bien cachés dans une cave sombre. Ratages évidents. Sa sculpture, bien lourde, inexpressive, hélas. Quand je dis cela à une jeune femme (de l’équipe Tablo), elle me regardera comme si je disais que Ben Laden est un saint ! Je dis : « Évidemment, il y a son nom, sa grande réputation, on ne doit rien critiquer désormais, tout ce que Riopelle a peint (ou gravé, ou sculpté) est extraordinaire, oui, n’est-ce pas ? » Elle allume et me sourit.
J’en profite pour parcourir les salles d’art « canadien » —les prudents « néo-classiques », Plamondon, Hamel etc.—, sale sur le fameux Laliberté où il y a de misérables objets du culte de « la ruralité » tant vantée à son époque, et puis salle d’esquimauderies —certaines pièces en os de baleine sont extraordinaires— une salle de « quincaillerie sacrée » —calices, ostensoirs, ciboires, etc.— et, enfin, un « magasin » pour le « commerce-Riopelle » : posters, gravures, cartes, médaillons, bébelles diverses quoi.
Redescendu, j’assiste au lancement. Comme pour l’inauguration de « La Maisonnette… » lundi, nombreux laïus, d’ordre inflationniste, par les promoteurs, vidéos, inévitablement, et le reste pour s’attirer de la pub. Et ce matin :rien dans les quotidiens ! Dur, très dur, de capter l’attention des médias tant il y a de produits culturels à vendre, de lancements variés.
Je me sauve (avant le goûter gratuit) pour filer chez « Graveline-Typo-Ville-Marie inc. » , rue La Gauchetière. Pas un chat. Tout le monde est au lunch. Je reprend don, triste et penaud, mon cartable de mes quarante illustrations de « La petite patrie ». J’ai quarante minutes, au mini-condo du Phénix, pour luncher avec Aile.
Je roule sur la 40 vers l’encadreur de Montréal-Nord. Ce monsieur Bambino, supporter-mécène est charmant. Rigolo. La Francine vigoureuse s’amène. On signe une entente-contrat pour mon don des 40 ouvrages. Au crayon de plomb, je signe mes ouvrages et trouve vite, les titres. « Pas certain d’avoir le temps, pour lundi le 14, d’encadrer tout le lot », nous prévient le proprio de la boutique. Francine s’assombrit un brin.
De retour, je fais un arrêt, rue Chambord, pour donner des « sous » —rituelle remise d’argent de poche— à mes petits-fils. Il n’y a que le beau géant Laurent. Brève causette et je me rends chez Publicor pour une enveloppe à ma belle bru, Lynn, —avec des billets pour le 14— destinée à ses deux ados. Ouf ! Il est 15.40
Un fardier à 25 roues colle au train d’Aile sur la 15 en réparations perpétuelles. Elle jure. S’énerve. Un autre fonce, la doublera, manège dangereux. Hier soir, aux nouvelles, on raconte à propos du carambolage du matin à Richelieu, sur la 10, la trop grande vitesse des camionneurs « colleurs ». Aile : « Ah, tu me moques mais tu vois, j’ai raison. Ils sont dangereux ces animaux-là ».
Retour donc et beau soleil bien chaud. Aller au rivage. S’allonger. J’en avais besoin. Coussins. Lecture du « Point » et du « Nouvel Ob » par Aile qui décrètera avec raison : « Le Point », c’est plutôt plate, non » ? Oui. « L’express », c’est mieux. J’hésite à aller nager un 26 septembre. Bang ! Arrivée des nuées et lumière tamisée, chaleur diminuée. Je prend un grattoir et, à quatre pattes sur la pelouse, je cherche cette oreillette électronique —à deux-mille piastres— perdue dimanche. Rien, maudit !
2-
Au fait, Aile —myope et œil de lynx à la fois ! —m’a trouvé ce chapitre 25 de Mathieu dans ma mini-Bible. Ce Dole ne sait pas lire ? Il n’y a qu’une édifiante parabole. Une belle, le « j’étais nu, j’avais soif, j’avais faim… et vous m’avez donné à manger, vous m’avez vêtu… Ce que ferez au plus petit d’entre vous…etc. ». L’américano-québécois Dole, publiant « Mon Allemagne », se trompait-il de « numéro mathieusant » en fabricant son « Jésus parano et schizoïde » ?
Aux nouvelles : anniversaire de l’imposante « Place Ville-Marie » hier. Du Pei —un talentueux chino-amerloque qui fit aussi la pyramide du Louvres— fort audacieux. Souvenir : les dirigeants de Radio-Canada, à cette époque, se… réfugièrent vite là. Envie de prestige ? Se sauver des « horribles travailleurs » (Rimbaud) de la base ? Péter plus haut que le trou ? Le directeur Dugas me fait « parader » pour me reprocher un virulent article dans « Le travail », un journal syndical. Il me dit tout cerné par les grandes vitres du lieu chic : « Nous habitons une maison de verre (!). Ton maudit article-critique contre ton propre employeur…écoute un peu, faut pas garrocher de roche ici, va-tu comprendre ça un jour ? » Menacé de « virage », je lui avais promis d’être « sage comme une image ».
3-
Bouffe au Chrysanthème « ching-ching » de Saint-Sauveur hier soir. Aile, qui n’aime guère ces chinoiseries alimentaires me faisait une fleur ! Aïe : sauce fameuse pour le bœuf à l’orange et… « Pepto bismol », deux fois, cette nuit ! Gargouillis ventraux ultra-sonores à l’aube, peur de réveiller la compagne. Une fois encore, on voit bien que Saint-Sauveur est plus…comment dire?, plus vivant (?) que Sainte-Adèle. Un jour je dis à l’ex-maire Grignon, le filleul de l’auteur célèbre : « Quoi donc au juste qui fait qu’on est moins populaire que Saint-Sauveur, hein ? » Lui : « Tais-toi, faut absolument pas devenir comme ce Saint-Sauveur commercial ! »
Coup de fil de l’apothicaire-éditeur-artisan, le beauceron René Jacob ce matin. Je le remercie de son envoi de ses petits modestes et jolis livres. Je critique raidement les piètres dessins de son Roch Carrier cependant. Il ne dit mot. Il aime « tous » ses enfants ? Puis, par courriel, je lui répète vouloir trouver une bonne idée de petit livre inédit avec sa maison modeste « Les éditions du Lilas ».
Ma file, Éliane, au téléphone : « Papa ? Tout va bien, examens médicaux positifs ». Ouf, je respire. Pleurnichard, je lui raconte mon échec pour l’album chez « Ville-Marie,Typo ». Consolateur, son Marco, mon gendre, s’offrira : « On pourrait, peu à peu, publier vos images sur votre site ? » Je lui parle de ce pharmacien-éditeur René Jacob de Saint-Georges de Beauce……Peut-être…
Hier, Foglia jase cruellement, ave raison, sur un curé qui « bénit des sacs d’école ». Une môman : « Quoi ? Ça pourrait lui apporter des bonnes notes en classe ! » Paganisme toujours vivant ! C’est l’Afrique primitive à Saint-Hilaire ? Bientôt vaudou en sacristie ? Hors de la métropole, pas morts regrettables « dévotionnettes et piéticailleries » infantilisantes de mon enfance ?
4-
Vieux stock redondant que cette « très louangée » (Cousineau et al) « Boîte noire » à RDI hier. La fillette brûlée du Vietnam —napalm « made by CIL-Canada »— vue et revue. J.O. Simpson que les flics n’osent pas intercepter —un footballeur coté se sauvant de Dame Justice en Bronco blanche— sur une autoroute de L.A. Quoi ? « L’innocent » fuyait la police ? Séquences vues et revues dans le temps. Enfin, cet arrogant Trudeau s’entourant de militaires à Ottawa —PET qui disait n’obéir qu’a Boubou et à Drapeau pour protéger le Québec au bord d‘un putch n’est-ce pas ? Vu et revu son « Just watch me ». Oui, une émission-bidon. Et, si souvent, du stock traduit de l’anglais. Dumping fatal !
L’enragé obligatoire, mon correspondant USA, G.Tod Slone, m’attaque raidement avant de m’inviter à « tout effacer »et à m’enfoirer dans « mon confort ». Il n’y a qu’une chose :depuis longtemps j’ai tenté de fuir les échanges « notoriété (méritée ou non ) versus méconnu (mérité ou non). Car je sais qu’il y aura injustice au départ. À moins de soumission conne, exemple connu: ce jeune Yann, inconnu, devenu le fana adorateur de la Duras. Aveuglement et tristesse énorme.
S’il y a des divergences en cours de route, le notoire (méritant ou non) a beau jeu. C’est exactement cela qui me rend réticent quand un (ou une) jeune tente de bâtir un pont avec moi. Il y a forcément injustice du sort. Vaut mieux s’attaquer « entre pairs ».
4-
Mon « boudeur sociologique », G.-T. Slone, n’y va de main morte, ni par quatre chemins pour me répiquer; ce qui n’est pas pour m’effaroucher. J’ai vu neiger. Je suis devenu à ses yeux « un mercantile » en sortant de la marginalité. Seigneur ! On écrit plus « vrai et dur quand on vit à l’aise ». Mon Dieu ! En lisant mes J.N. (journal), il voit bien que je vis sans plus aucun conflit (!). S’il savait… « Je m’enrage, dit-il, si on me critique ». Mais non ! Sa conclusion : « Un vieux schnock », moi. Et lui un « ado ». Oui, attardé. « Ah oui ça c’est vrai », chantait une pub de bière.
Bref, je serais « un salonard » et « un vendu ». En 2002, des salons littéraires ? Où ça ? Vendu ? Membre de l’U des A., —aussi de la Sardec, de la Sacem, de l’Uneq— oui, j’exige que l’on me verse un cachet si on m’invite quelque part en médias. Un mal ? On m’invite pas pour mes beaux yeux, je le suppose.
« Les pouvoirs te laissent gueuler : tu es un divertissement ».
Pardieu, tudieu, bonyeu, par-le-sang-bleu : encore en 2001, les pouvoirs me censureraient tant que j’ai adopté le journal justement pour pouvoir m’exprimer librement. Et, tenez-vous : « C’est tout ça qui tue l’indépendance du Québec ». « Bin là », comme on dit.
Il ajoute : « Ça (qui ce ça ? les salauds de notoires ?) tient trop à leurs sous, leurs contrats, leur invitations payées ». Il termine par : « les journaux (Le Soleil, La Presse, Le Nouvelliste) ne publieraient pas ma charge, censure oblige au Québec ». Ah bon, aux States y a pas de censure ? Là, il se goure complètement, ce rédacteur-en-chef du « The American dissident » (?), on se ferait une joie féroce de publier une vicieuse attaque-à-Jasmin-le-damné-gauchisse-séparatisse dans tous ces canards bien fédéralistes. Et comment ?
À vrai dire, à parler franc, « le vieux schnock » est débarrassé d’un vieil ado romantique. Que ce « sans le sous, sans contrat, sans invitation payée » aille au diable et qu’il sache que je refuse son mot : « hypocrite ». Con, idéaliste, bouché, idiot, rêveur, oui. Mais moi en « hypocrite » ? Va chier G.Tod Slone !
5-
Hier, Michel Tremblay (La Presse) dit que, comme pour Jasmin dont on a adapté son « Pleure pas Germaine » et qui « ne causa aucune controverse », il espère qu’on va accepter que Téléfilm-Canada subventionne sa fascinante comédie dramatique, « Les belles-sœurs ». Tournage dès janvier au Nouveau-Brunswick et en langue anglais (aïe !). Ce sera «très librement adapté » (oh, oh, oh !) par Tim Burns et John Smith, spécifie d’avance Tremblay. C’est « Loft Story »— du « real-tivi »— qui animera sa Germaine (Lauzon) à lui. Fini les timbres Gold-Star.
Ah non ! Pas du tout la même aventure Tremblay et moi. Pas du tout. D’abord pas de subvention d’Ottawa pour le film du jeune Bruxellois, Alain De Halleux avec « Pleure pas Germaine », le film.. Le producteur Eric Van Beuren avait assez aimé « P.P.G. » pour respecter mon histoire totalement. « Alligator Film » a suivi scrupuleusement l’intrigue et les héros de mon roman. Pas question « d’adapter très librement ». Et pas de « six millions » —de notre argent du trésor public— là-bas, à peine un petit million.
6-
Pour une fois —serais-je redevenu « persona grata » depuis que j’ai cotisé à l’uneq ?— je reçois une invitation pour un séjour payé en Flandre. Trente jours ! « Aïe Marik, aïe Marik » ! J’entendais souvent parlé de ces mystérieux « cadeaux » pour initiés. J’ai tout compris.
Ce système de séminaires, colloques, « résidences » à l’étranger, séjours à gogo, c’est pour des auteurs célibataires, sans job, sans contrat, sans enfants et sans avenir, des bohémiens bien libres qui peuvent se taper ces « voyages-de-la- princesse » fricotés, concoctés par les Uneq et affiliés. Québec (toé pis moé) paye le transport (de l’écrivain méconnu) en Flandre. Logé dans « La maison des traducteurs » —en banlieue de Louvain ! Reste à faire le marché du samedi matin :50 piastres. Pour ce « six-mois », ca va dans le mille deux cent tomates (Euros). Oh boy ! Y aura trois jurés anonymes (?) pour élire le tit-joyeux-copain-bohème-bien-libre… qui a publié au moins deux ouvrages. Envoyer demande à l’Uneq avant le 2 octobre, vite !
Regard à ma fenêtre, il pleut et le noir s’avance. Va tomber quoi ? Drapeau du Québec flasque qui attend quoi ? Nos arbres immobiles, qui guettent quoi ? Marie-Sissi (oh !) Labrèche publie de l’autofiction ? C’est jamais clair. Comme pour la pute d’Arcand. Mère folle…elle, folle aussi ? Ça se pourrait. Un journal c’est clair et net. Fou peut-être mais « clair de nœud », pas vrai ? Le titre : « La brèche ». Ah bon ! Tel quel ! Une « tite niaiseuse », étudiante en « lettres » ma chère (c’est plein de niaises en ce milieu ?) s’amourache de son prof marié, 56 ans, père de famille. Attentes vaines et humiliations. « Père absent », il lui en faut un. Et qui vous subjugue. Vieille histoire depuis Sagan et Cie ? Oui. Pour « Voir », Julie Sergent (mon caporal !) l’a rencontrée et il y a moquerie et respect. Sissi pleure quand son texte part pour l’imprimerie. 1 Eh bin ! Comme c’est touchant, non ? Partout, à New-York comme à Paris, à Montréal comme à Londres, la sauce autofiction , « c’tu vrai, c’tu pas vrai », envahit les librairie. Non mais…Mon journal (c’est tout vrai) et la paix. Heureux d’avoir quitté ce cirque. Adieu, adieu litté-rat-turr !
7-
Je veux lire le dernier roman de Serge Kokis, auteur québécois venu du Brésil, psy et peintre expressionniste aussi. Il a lu « L’automne du patriarche » de Marquès, dit-il à Bazzo, et a pondu le récit de vie d’un réel dictateur sud-américain, véritable fou, soutenu par Washington comme il se doit. Il y a de bons « dégeus » et de mauvais, tel Saddam Hussein !
Moi, ayant lu aussi « L’automne… » j’avais publié, en 2000, chez Lanctôt, un Duplessis comico-dramatique : « Le patriarche bleu ». Oui, les livres naissent des livres. Vérité.
Comme jaloux des auteurs, on voit, de plus en plus, des directeurs de scène bousculer le texte. Ainsi René-Daniel Dubois, exemple tout frais. Son « Kean » au TNM, ne fait pas l’unanimité, loin de là. Dumas-Sartre se font bardasser à sa moulinette. Lorent Wanson (chez Denise-Pelletier), venu de Belgique, lui aussi, tripote dans Beckett et arrange « Godot » à
sa sauce ! Il nomme cela : « ne pas craindre de désacraliser les textes ». Qu’ils écrivent leurs propres textes ces déviargeurs ! Dubois le peux. Et la paix !
Libération de Paris. De Gaulle arrive enfin au pouvoir. Son énervement. Les communistes furent farouches et très efficaces dans les maquis. Faut calmer le jeu. Il va donc demander des absolutions. Que l’on passe l’éponge. Assez de « l’épuration » revancharde. Ainsi l’affreux Maurice Papon, nazi notoire, va s’en tirer. Et « se tirer ». À 92 ans, le « très » vieux emprisonné sur le tard, bien tard, vient d’être remis en liberté. Il est un grand et grave malade. Scandale en France ! Faut-il libérer les vieillards grabataires des cellules ? « That is the question » ces temps-ci, là-bas !
8-
Énorme, très énorme succès, à la télé USA des « Sopranos ». Jamais vu encore. Un feuilleton de bandits ! Une clan de mafioso, en famille très très élargie. Ça se questionne au sud. Un sociologue étatsunien (David Simon) : « Les Américains sont pourris jusqu’à la moelle ». Eh bin ! Il poursuit : « Cette série bien-aimée est le symbole de notre violence meurtrière, de nos pathologies nationales, de la corruption économique, de la criminalité transnationale. Le pays tout entier est déliquescent ». Bon. Compris ? Exagération ? Un psy coté (Glen Gabbard) raconte qu’il y a davantage de clients dans les cabinets d’analyse depuis la venue de ce Tony Soprano.
Martineau, dans Voir, condamne les uniformes aux écoples et pisse sur les « anciens ». Son tour viendra vite pourtant. Déjà….……Cassivi (La Presse) fesse aussi sur les vieux à son tour. Tant de hargne ! Il n’y a des vireux cons, des vieux corrects, non ? Comme il y a des jeunes sympas et des jeunes cons, non ? Son billet du 21 dernier fait les éloges du « Bunker » de Dionne, et puis cogne sur les Parizeau ou Paul Martin. Aux yeux de ce jeune, souvent « brillant », c’est le « place aux générations nouvelles »! Seulement ? Ce « tasse-toi mon oncle » est une idiotie.
9-
Depardieu, lui aussi, avance en âge. Il va s’incarner dans Augustin, mon cher saint algérien qui disait : « Aime et fais ce que tu veux ». L’acteur va réciter du Augustin-le-saint dans des églises (e des mosquées !) du monde entier. Il y a deux ans, le gras Gérard rencontrait le pape polonais et ils ont jasé… d’Augustin ! Le chemin de Damas de riche acteur ? Le 23 novembre, en Algérie, début de son pieux périple ! Il dit qu’il n’aura que de bougies pour éclairage. Belle lubie ou conversion d’occasion ? On verra bien.
Sylvie St-Jacques rédige (La Presse) : « Aux lendemains du tourbillon médiatique qui accompagne généralement la parution d’un livre… » Est folle ou quoi ? Le livre ne cause aucun tourbillon en médias. Elle rêve debout ! Réveille Sylvie ! Il y a de tentatives (le dimanche après-midi ?) pour publiciser les bouquins mais c’est peine perdue. La littérature n’a rien de visuel et donc n’est pas bonne matière à faire de l’audience. Vérité incontournable, hélas !
10-
Il fallait écrire Morissette l’autre jour…quand j’ai parlé de cette rédactrice qui vantait le bilinguisme dès la première année à l’école. Qu’ Yves Michaud qui, lui, possède bien sa langue, aille au diable quoi !Je répète qu’il faudrait savoir manier d’abord un peu plus correctement notre langue. Or, c’est un cauchemar.
En 1960, moi, ou Gérald Godin, même Yvon Deschamps, tous, nous avons voulu illustrer la parlure fautive chez nous. Tous, en artistes, on croyait que nous faisions un portrait cruel et en voie d’être dépassé bientôt.
Mais non, hélas, en 2002, ça ne va pas mieux. Nous espérions candidement que ce joual —pouvant donner de beaux effets phonétiques certes— allait disparaître avec les progrès de l’éducation moderne et gratuite, répandue. Qu’est-ce ce qui nous avons de vrillé dans nos chromosomes ? Depuis la Défaite de 1760…depuis la domination anglaise… malgré nos succès collectifs rassurants, nous parlons mal collectivement. Ça ne va pas mieux vraiment.
C’est grave. Dramatique. Lâchez-moi l’anglais en première année ! Écoutez parler un enfant francophone du Maroc ou de Tunisie, un jeune Noir de la Côte d’Ivoire, ou du Sénégal….ça coule de source, c’est beau à entendre, c’est comme un enchantement. Une musique. Ici, c’est graveleux, c’est des borborygmes, inarticulation innée, infâmes grommelages, élocutions d’arriérés mentaux, c’est des « euh..euh… »
C’est la syntaxe à l’envers. La grammaire ravagée. Le vocabulaire minimal. Une plaie, n’est-ce pas. Lâchez-moi l’anglais en première année !Un chauffeur de taxi s’exprime mieux en France que nos docteurs en économie ! Un éboueur, mieux qu’un directeur de banque d’ici ! C’est anormal, non ? Il n’y a qu’à écouter la radio ou la télé avec les entrevues dans la rue. Non mais…Allons-nous un jour nous en sortir de ce handicap extrêmement grave ? Enseigner comment, de quelle manière, en première année, le français ? Comment casser, pulvériser, ce moule honteux ? Ça ne peut plus continuer.
Bien connaître une langue (une seule d’abord) c’est posséder tout, le monde, son avenir, c’est contrôler sa pensée, pouvoir concevoir, articuler son esprit, structurer son jugement. Il m’arrive d’être découragé. Le premier pas pour nous corriger ? Bien le savoir cela : on s’exprime tout croche trop souvent. Cette lucidité est le pas essentiel. Ceux qui disent : « quoi? On se comprend bin comme faut entr’e nous autres », sont des assassins de la nation !
L’anglais (lire le basic american) fait se parler —bien sommairement— un Hongrois qui rencontre un Finlandais en Pologne ! Cet instrument « universel certes » —à cause de l’hyper-puissance USA— n’a rien à voir avec le bilinguisme réel. C’est juste un outil —superficiel— et bien entendu fort commode. Ce sabir pratico-pratique n’a pas besoin d’un long enseignement . On l’attrapera et vite si on en a besoin un jour. Pas besoin d’être un « bolé » pour cela.
11-
Éliane au téléphone. Frais de cours pour Gabriel en collège privé de la rue Sauriol. Je veux, de mon vivant, les faire hériter —tous les cinq petits-fils— de cela :l’instruction. C’est ma part et j’en suis fier ! Ma fille, alerte, de belle humeur, semble bien se remettre de ses maux de cet été quand il a fallu interrompre leurs vacances à la mer du New-Jersey. Tant mieux. Elle me parle du clan LaPan (à Daniel) s’en allant de nouveau à mon cher Ogunquit pour ce week-end-à-congé-national. Brr… L’eau frette ? Il y a l’été de la Saint-Martin. Qu’ils touchent tous du bois…du « drift wood »?
Marco tente d’arranger la prise de photos de mes « graphitis » exposés lundi soir le 14 —Éliane et lui y seront— dans le portique de Saint-Arsène. Il y a les lumières « flash » et les vitres des encadrements. Ouengne ! Rien à faire, je le crains. En parler à mon Daniel? Un bon photographe lui aussi ? Inutile, je pense.
Aile rentre de courses, j’ai vu une boite du vidéo-club du bas de la côte. J’aime ça. C’est comme un paquet-surprise chaque fois. Si je la questionne elle dira justement : « Ah, surprise ! » Ainsi , rôdeur en cuisine, elle me chasse : « Va-t-en. Surprise ! » Je suis un homme… surpris…et heureux de l’être.

Le mardi 14 mai 2002

Le mardi 14 mai 2002

1-
Hier soir, en ville, hockey, la dégelée hors de l’ordinaire, une raclée étonnante, totale, pour le club Canadiens et ce matin, la neige à la mi-mai, à plein ciel. Ailleurs, l’agressif Sharon faisant face à pire que lui : « Il n’y aura jamais, jamais, de pays nommé Palestine ! » proclament des énervés d’Israël, Bon. Que dire ? La déprime partout !
Comme pour nous divertir, à midi, foin du lunch à sandwiches, nous somme allés, sous cette neige maudite, « dévorer » la bonne soupe —habituelle du « Petit chaudron »— et des hot-dogs, oignons-moutarde, à cette chère gargote au pied de la côte. Avec frites. Avec vinaigre. Et café-déca, expresso. Dessert ? Une cigarette. Aile m’épate, se délecte du dessert-maison —crêpe au sirop d’érable— et résiste à prendre « sa » poffe ! Rencontre : Cyrille Beaulieu, ex-camarade d’Aile. Bonheur de rencontrer un ex-compagnon de travail —chef d’orchestre— du temps qu’Aile faisait « du variété ». Sa compagne, institutrice, va prendre sa retraite. Le couple a acheté, il y a pas longtemps, une maison au bord du lac, pas loin de notre rue. Qu’ils veulent rénover. Un « work in progress » qui sera lent », dit le musicien retraité.
J’ai parcouru en diagonale ce récent roman de Messadié. Je déteste toujours cette sorte de roman où se mèle de faits réelsde l’Histoire. Chute du roi de l’ Égypte coloniale, Farouk, venue du nationaliste indépendantiste Nasser. Ces dialogues…inventés, comme si l’auteur-narrateur y était. Pouah ! J’Ai mieux aimé, je l’ai dit, le petit récit de Esther Gidar : « Jasmin sur barbelés » sur ce même sujet. Messadié cite soudainement Cioran : « S’exiler c’est accepter de perdre son identité. »
Le fameux Cioran (un de personnages de M.) parle de son temps quand les « chartres de droits » n’encourageait pas du tout à la non-intégration des exilés. Désormais c’est le ghetto subventionné, l’encouragement —bien démocratique ?— à conserver tous ses folklores, quoi. Citation aussi de Guénon : « Le révolutionnaire est condamné à mener une vie d’esclave ! » Aïe !
Avons — après ce hockey humiliant— visionné un ancien film de Casavette (« Gloria ») . Pénible plutôt. Histoire abracadabrante d’un petit garçon abandonné par sa famille qu’on vient d’éliminer (pègre) et qui s’accroche désespérément à une ex-maîtresse de mafieux, une voisine délurée (jouée par madame Casavettes) et bien rapide sur la gachette. C’est long. C’est lent. C’est assez assommant d’invraisemblances…voulues.
Ce matin, chez Paul Arcand —que félicite Foglia dans sa chronique d’aujourd’hui— le chef de l’éducation, un étonnant Sylvain Simard qui va déclarer soudain que depuis le rapatriement de la Constitution, ce sont « les juges qui gouvernent » et non plus les élus du peuple. » Ça causait du kirpan à l’école ! C’est cela « une société de droits » et il faut obéir aux tribunaux. Bien ! Mais qui sont ces juges de toutes ces cours et d’où viennent-ils exactement ? Quel pouvoir avons-nous face à ces non-élus. Peut-on les « débarquer » s’ils errent ? Eh !
2-
J’ai toujours apprécié la lucidité du dramaturge le plus illustre du Québec, Michel Tremblay. Il vient de déclarer que ce fameux succès remporté hier soir à San Francisco avec « Encore une fois… » tient à la notoriété de la fabuleuse comédienne Olympia Dukakis… « puisque l’on ne sait rien de moi, là-bas ». Reste que ce triomphe pourrait lui ouvrir des portes importantes aux Usa. Rêvons : après les Tennessee Williams et autres Arthur Miller, pourquoi pas le Québécois Tremblay en dramaturge nouveau acclamé par tous les des Américains ? Ça ne m’étonnerait pas, moi.
Je lis dans mes gazettes que Baril « le député-patroneux déchu » se fera tabletter (dans un job chromé) sans que le chef libéral Jean Charest n’y trouve rien à redire. Ce serait un bon copain, quoi ! Voit-on mieux la vaste « chapelle » des copains comme cochons ? On se jette des injures pour la galerie. Dans les coulisses c’est un « club » uni, solidaire. Jadis, des observateurs de ces « ententes clandestines louches », un De Virieux, un Pierre Pascau, dénoncèrent cette situation incestueuse. Vainement. Pauvres gnochons d’électeurs que nous sommes qui s’imaginons voir des opposants radicaux quand il s’agit d’un bonne vieille confrérie de cochons-de-copains.
Anne Thivierge —lettre ouverte— publie ce matin : « Le gouvernement doit garder un contrôle sur tous les aspects de la vie en société. » Sainte-Vierge ! Non, non ! Jamais de la vie. Or je n’ai aucune confiance aux capitalistes, aux prêcheurs du « privé partout »,pas davantage en cette droite —à la Mario Dumont— avec le « moins de gouvernement possible ». Qui suis-je alors ? Combien sommes-nous ? Comment, où, nous inscrire ? Sous la rubrique : anarchistes ? Je sais pas hen ?
Stephen Harper, élu hier soir, chef de « L’alliance… ». Il cause français. Il fut installé, toit jeune, en « immersion française » par ses parents dont il ose dire (courageux ?) « qu’ils l’ont fait probablement pour se débarrasser de lui !!! Aïe ! Le Stephen affirme qu’il n’a pas eu à le pratiquer souvent puisque le Canada n’est pas du toit un pays bilingue.
Lucide, bravo !
On lit ce matin (Le Devoir) son speech contre le bilinguisme à la Trudeau — un rêveur romantique le Pet qui affirmait pourtant préférer la raison aux émotions ! Donc, un échec total avance Harper. Un non-sens. Une connerie, une folie qui a fait crouler des montagnes d’ argent public stupidement. « C’est un pays unilingue, le Canada », il le dit, il le sait. C’est la vérité. D’une même bouche, hélas, bouché et borné, ce chef Harper déteste la loi 101 qui protège (un peu) la langue du 2% de francos en Amérique du nord et il voudrait abolir ce bilinguisme officiel. Stupide en effet.. Et, entre nous, qui a fait reculer, qui a retardé la venue de notre indépendance (« objectivement », je le proclame). On sait plus s’il faut l’encourager ou le fustiger.
J’encourage mon petit-fils David qui étudie à Concordia, le félicite, il sera bilingue bientôt. Partout dans le monde, il y a des personnes bilingues —trilingues c’est encore mieux. Il n’y a pas de pays bilingue, allons, pauvre Pet mort, c’est une aberration.
3-
Mon adversaire idéologique, Lysiane Gagnon, frappe dans le mille ce matin en ridiculisant le récent questionnaire des sondeurs chez SOM. « Malhonnête », dit-elle. Vérité. Elle détaille la manière que l’on a rédigé les questions. Du biaisage éhonté, dit Gagnon. Et des commentateurs myopes y allaient, y vont de propos sérieux, d’analyses graves ! Des farceurs ? Des innocents ? C’est une farce qui a fait plaisir évidemment à Mario-le-privatiseur, à John Charest-le-défusionneur. Ne pas croire que je souffre pour un Landry en pente douce. Oh non !Rien de mieux qu’un bon séjour dans l’opposition pour ce parti tout embourgeoisé.
Un écrivain s’engage ? C’est si rare au pays des « écrivains d’État », tous entretenus comme des guidounes. Subventionnés. Noël Audet (« L’ombre de l’épervier ») attaque furieusement les patrons de Radio-Canada qui oublient qu’ils ne sont pas des proprios des ondes publiques mais que des petits valets en gestion, qu’il ne sont que « nos » employés, les « cracheurs d’impôts ».
4-
Un congrès chasse l’autre ces temps-ci. À Mont-Tremblant, un tas de ministres en justice veut trouver les bons moyens de « nettoyer le net » des vicieux pédés à mômes. À Montréal, congrès de l’ACFAS. Ça jase accent, français international, national…On y voit des Suisses et de Belges. Colonialisme ? Les délégués du Québec seraient seuls à proclamer la supériorité du Français de Paris ! Discussion sur…le sexe des anges : il y aurait le patois, le vocabulaire exotique, les trouvailles valables…ou non, la langue régionale et… aussi la diction, entendre la prononciation…
En effet, un cultivateur —je pense à feu Ubald Proux, pomiculteur de Saint-Joseph— parlant mal (selon les critères des puristes) avec un accent « d’habitant » formidable, reste un locuteur merveilleux. On ne ratait pas, avec mon Ubald, un seul mot. Il articulait, le bonhomme. Il prononçait ses phrases inventées par lui avec un éclat confondant. Le reste ? Broutilles !
Il sortira de ce caucus un beau rapport et une liste effarante de « notes de frais », factures plantureuses signées par ces délégués chéris, auto-proclamés « experts » et cooptés. Tout ce chiard de ratiocination à nos frais de cochons-de-payeurs –de-taxes. Comme toujours ! Fermez vite les bars et les bonnes tables, Seigneur !
Une étude (congrès autre !) signale : un suicide rendu public, celui d’une notoriété quoi, peut entraîner d’autres suicides. Est-ce bien vrai ? Oui, dit un rapport parmi d’autre rapports. Non pas que le suicidé (tel celui, jadis, d’ une Marylin Monroe ou, ici. un Gaétan Girouard, reporter célèbre de TVA) engendre des cas nouveaux, non, mais cette publicité fait se décider ceux qui y pensaient, qui, alors, sortent de leur état de velléitaires. Eh b’en ! Silence donc ? Comme on fait, dit-on, pour ceux (plus fréquents qu’on pense ?) de notre Métro. Est-ce bien vrai?
Il y a pas longtemps, on pouvait lire : « Citoyens d’ici, n’allez surtout pas en Algérie, danger ». Ce matin : Marois, la ministre, de retour de ce pays en régime militaro-dictatorial fait appel aux Québécois : » Allez en Algérie faire des affaires, c’est le bon temps ». ‘Cout donc ! Est-ce dangereux, oui ou non ? Des réfugiés d’Alger, à Montréal, pourraient aller raconter à Mme. Marois comment le gouvernement (promoteur de si beaux projets) agit face à ses dissidents. Des contes qui n’ont rien à voir avec ceux des « Mille et une nuit », elle devrait bien s’en douter.
5-
J’expédie —lentement, trop—du journal pour la pré-production du bouquin automnal aux Trois-Pistoles. Amusant, surprenant parfois, de relire en vitesse, des faits survenus en janvier ou en février, il y a quoi ?, deux ou trois mois seulement. Le temps file, des « entrés » me surprennent. Tout change, se métamorphose si vite. Des riens s’agrandissent, des « bizarreries » s’atténuent. Comme c’est fascinant !
Hâte d’étrenner mon beau vélo à 700 piastres ! Cette satanée neige ! Puis-je continuer à jouer le frugal avec ma bécane de luxe ? Dire que j’ai déjà moqué le Foglia qui jasait sur sa monture à mille piastres. Silence désormais. Honte ? Pourquoi ? D’où ca me vient… Cette manie de conserver le pus longtemps possible mes vieilles affaires. Mon enragement un peu puéril quand mon Daniel, ado normalement impétueux, brisait mon vieux vélo de jeunesse ou une vieille machine à diapositives ou une vieille ciné-caméra payée 30 tomates pour du film 8mm.
Édouard, mon vieux père mort, réparait sans cesse ses bébelles. Maman détestait ses rafistolages fous. Un barreau de chaise devenait une rampe épaisse par les mains maladroites de ce bricoleur indigne ! Papa fuyait les magasins, tous, il détestait acheter du neuf. Hérédité ?
Bon, départ maintenant pour Monrial, théâtre. Celui de Tardieu vu et corrigé par l’ami Buissonneau. Je devine déjà des visions surréalistes renversantes. Hâte pour une fois… pas de cette crainte habituelle quand Aile loue, un peu malgré moi, ses deux fauteuils…de théâtreuse invétérée. On y va ! J’en reparlerai.

LE MYSTÈRE TRUDEAU

En tant qu’adversaire idéologique j’ai voulu attendre l’enterrement de Trudeau (ce que « l’espion alternatif » Claude Morin aurait pu faire, lui aussi) avant de publier mon sentiment sur le « grand homme » des Chrétien, Lalonde, Joyal et Cie. Il s’agit d’une question de bienséance élémentaire face à ses proches en deuil. Jeune auteur, je le croisais souvent (festivals de cinéma des Juneau-Demers, ciné-clubs, lancements et vernissages), plus régulièrement aux formidables séances publiques (1958-1963) de l’ICAP (Institut canadien d’affaires publiques). Il était un richard gauchiste (ça existe!), dandy engagé (ça existe!), indépendant, séduisant. Le regard farouche qu’il nous lança (comme son ami Sauvé et d’autres fédéralistes) quand, dans les salles d’hôtels des Laurentides, nous proclamions, indépendantistes infiltrés, qu’il fallait changer le sigle de l’ICAP par IQAP, Institut québécois des affaires publiques.
Plus tard, grèviste de Radio-Canada,1958-59, j’ai côtoyé et j’ai vu un Jean Marchand, ami de Trudeau, intelligent tribun, à peine inquiet quand il vit René Lévesque se muer en nationaliste. Plus tard encore, travaillant sous la direction de Gérard Pelletier à La Presse (1961-1966), je voyais un patron pas trop nerveux face à la montée de l’indépendantisme de quelques uns de ses collaborateurs. Des observateurs mieux informés nous expliqueront-ils clairement d’où pouvait bien venir la méfiance viscérale, dès 1963, de Trudeau, cette haine qui relevait de la passion (dont il disait pourtant tant se méfier), d’un patriotisme pourtant progressiste, gauchiste même, qui n’avait rien à voir pourtant avec le vieux nationalisme cléricaliste et obscurantiste du duplessisme moribond. Ces trois brillants esprits (Marchand, Pelletier, Trudeau) auraient pu donner un sérieux coup de main au nouveau et jeune nationalisme aux couleurs de la sociale-démocratie, tendance pourtant appréciée chez Trudeau.
Aujourd’hui, nous savons que Trudeau, en jeune nationaliste, fit campagne, au début de la guerre de ’39-’45, contre l’appel aux armes fédéraliste, impérialiste et monarchiste du temps de la « ‘Conscription », que Trudeau était à la même tribune, par exemple, qu’un ex-confrère du collège Brébeuf, Michel Chartrand. Nous avons aussi appris qu’il soutenait les ouvriers québécois en grève, qu’il en appelait même à la révolte armée et qu’il se fit calmer et gronder par le chef syndical Jean Marchand.
Quand Duplessis meurt à l’automne de 1959, quand Jean Lesage s’installe à la formidable roue de la révolution « tranquille », Trudeau au lieu de s’y joindre, au moins d’applaudir ces changements qu’il avait tant souhaités, parle soudainement de s’y opposer, d’y faire « contrepoids ». Mais pourquoi donc? Quel contrepoids? Contrepoids à quoi? Contre quoi au juste? Ah oui, un mystère opaque!

TRUDEAU EN CHEF NATIONALISTE QUÉBÉCOIS?
Désemparé, René Lévesque, en 1980, commit la bourde de faire une méchante et mesquine allusion à sa mère Grace Elliott. C’était un peu court, gros, et montrait la peur de Trudeau, sentiment prémonitoire puisque, oui, Trudeau gagna sur Lévesque en 1980. Indubitablement. Mais le mystère reste entier. On a donc le droit d’imaginer un Trudeau virulent réformiste qui aurait accepté naturellement de batailler pour la modernisation, voire pour l’indépendance nationale. Lui qui applaudissait, dans son « Cité libre », l’Algérie algérienne et une patrie pour les Israéliens. en ce temps-là! Un Trudeau que Jean Lesage aurait réussi à enrôler à ses côtés.
Est-il inimaginable de songer à un Trudeau devenant, un jour, chef du nouveau nationalisme québécois? Pourquoi pas? Qu’est-ce que c’est que « sa » théorie de « faire contrepoids »? Une improvisation vaseuse, peu crédible, non? Ca ne tient pas debout. « Les circonstances, il le disait, font un destin ». Il aurait donc pu dire « oui » au formidable mouvement libéral québécois, étant un héritier naturel des penseurs libéraux d’ici, Nadeau et Lapalme. Trudeau aurait pu devenir par la suite un leader souverainiste décidé, plus agressif, plus habile aussi, et, osons le dire, plus « victorieux » que René Lévesque, calculateur velléitaire, pusillanime souvent, soupeseur de risques, fabriquant de questions référendaires ambiguës, à l’occasion. Mais trêve de supputations et reparlons du « mystère Trudeau ». Car, « cages à homard » ou question alambiquée à un référendum, ces « astuces » font surtout voir le désir de s’accrocher au pouvoir, coûte que coûte.
Donc les « circonstances » ayant propulsé Trudeau ‹après de longues hésitations de sa part, confesse-t-il‹ en chef politique fédéraliste, il va constater qu’il y est fort bien installé pour poursuivre son étrange ‹et haineux‹ combat contre les nouveaux nationalistes québécois. Trudeau, mauvaise conscience?, va tenter d’imposer à toute la fédération le bilinguisme officiel. Se venge-t-il en somme d’un racisme « outre-outaouais » qu’il a constaté et vécu plus tôt quand il y était grand commis? Ce Trudeau annonce aux Québécois valseurs, timorés, archiprudents (pour des raisons culturelles et politiques bien connues), oui, il annonce, promet aux nationalistes prudents que « son » Canada va changer, se transformer: »nouis meetons nos szièges en jkeu là-dessus! Pourtant son initiateur de jadis, Marchand, lui, a fini par fuir Ottawa écoeuré par la francophobie. Enfin lucide, Marchand constate l’incorrigible francophobie du ROC, lors de la lutte pour le français chez « Les gens de l’air ».
On sait la suite, sont arrivés la vague bleue, l’affairiste Brian Mulroney et son alliance avec le René Lévesque du « beau risque » et « le retour dans l’honneur » bouchardien, ce qui transformera Trudeau en vieillard précoce, rongeant un os amer, demi retraité, veilleur entêté, saboteur de deux projets d’entente (dont Meech). Bref, l’idéaliste du pays aux cent ethnies, l’équarrisseur aveuglé ‹ »il n’y a pas de nation québécoise », ce n’est qu’une « tribu »‹ s’enfermera dans son utopie pendant que les partis indépendantistes (Parti Québécois ici et Bloc à Ottawa) se feront élire par une majorité des nôtres. L’échec de son rêve est total! N’empêche, il reste le mystère-Trudeau, celui du rédacteur de 1963 à Cité libre: « Adonques que je me rase quand j’entends l’engeance nationaliste », celui de « Genoux tremblants, coeurs saignants… just watch me! » de 1970.

DÉDOUBLEMENT DE PERSONNALITÉ?
Résumons: un Québécois d’Outremont, fils de millionnaire, orphelin de père jeune, voyageur indépendant de fortune, à la fois séducteur et solitaire sauvage à la haute scolarité, fainéant intelligent et parfois bûcheur, timide et arrogant à la fois, pingre et généreux à la fois, playboy longtemps et puis époux-sur-le-tard, chef politique et par conséquent vieux « papa manquant », a été nationaliste ardent d’abord puis anti-duplessiste comme tous les nationalistes de gauche et finira, en octobre 1970, comme instigateur de rumeur ‹ »une insurrection appréhendée » folichonne‹ et emprisonneur de centaines et de centaines de pacifistes gauchistes en accord avec les excités (face au parti municipal populiste naissant, le FRAP) Côté-Saulnier-Drapeau, L’action noire d’un Trudeau déboussolé par la « persistance » indépendantiste? Ce Trudeau, ancien dissident d’ici, délinquant de classe, emprisonné en Palestine, lui qui se mu en super police répressive? Ah oui, il y a un mystère-Trudeau!
Dans l’excellente série télévisée du réalisateur Pierre Castonguay et du questionneur J.-F. Lépine (que l’on rediffuse), Trudeau se désole de son rôle de « bouffon », de « pitre » (ses propres mots), il parle carrément d’un dédoublement de personnalité. Il avoue ingénument qu’il s’observait, quasiment incrédule, en matamore à pirouettes. Il nous signale donc deux personnages, l’un en naturaliste nostalgique et l’autre en politicien cabotin. Trudeau nous le dit: « je jouais comme un personnage », « je ne me reconnaissais pas ». Hélas, ce « double », aquinesque, malfaisant, retardait la naissance officielle (car il existe en réalité) d’un pays pour les Québécois.
C’est le docteur Jeckill et Mr. Hyde! Cette schizophrénie, (doublé à l’occasion d’un paranoïde) avouée devant la caméra quelques années avant sa mort démontre une névrose indiscutablement. Une psychose, diront ses pires adversaires. Trudeau devait savoir, intelligent comme il l’était, qu’il servait de « lieutenant émérite » du Canada anglophone, sauce Louis – Hyppolite LaFontaine, sauce Georges-Étienne Cartier, sauce Ernest Lapointe, sauce Louis-Stephen Saint-Laurent. Comme Ottawa a su en tolérer avant et depuis 1867. Alors, le mercenaire, le serviteur du statu quo, pour compenser, pour pouvoir se regarder dans le miroir, a pu brasser certaines cages d’intolérance anglophobe. Ainsi l’ex-jeune adversaire nationaliste et syndicaliste a réussi tout de même à faire de la rénovation, du « ravalement » de façades du côté d’Ottawa.
Si Jean Lesage (en 1960) n’avait pas eu tant peur du formidable populiste Jean Marchand, ce dernier y aurait sans doute entraîné Trudeau et Pelletier, si Lesage ne s’était pas contenté d’inviter seulement le communicateur-vedette du petit écran, René Lévesque ‹indépendantiste timoré et frileux‹, rien de tout ce cauchemar furieusement fédéraliste ne serait advenu. Au delà des hagiographes récents, inévitables, un psycho- historien, écrira-t-il, ici, à son tour, sur le « mystère-Trudeau », afin de dépasser mes intuitions? Je le souhaite.

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