ÉMIGRER, S’EXPATRIER ?

 

 

Un loustic m’aborde ? « On vous entend pas trop l’ancien grognard ? » On connaît ce : « … devenu vieux, le diable se fait ermite. » J’ai trouvé la paix ici. Comme tout le monde, j’ai gagné de l’âge (ô Lapalice !) en vieillissant. Jeune, on ne prend pas toujours le temps de relativiser. À trente ans, échauffé de peu parfois, je grimpais dans le premier wagon de feu.

Exemple, si je n’avais pas grandi et mûri, je dirais comme Michaud : «  Les émigrants mécontents, retournez-vous en donc d’où vous venez ! » Yves Michaud n’est plus très jeune ? Je sais trop que l’expatriation non volontaire est le pire des sorts. B’en d’accord camarade Dostoïevski. Me voilà encore en désaccord avec Yves Michaud. Ce vieux grincheux resté vert, qui se méfie des « arrangements » à tout crin.

Quoi encore ? « Il faut jeter le Bloc. Adieu au Bloc. Au feu ce Bloc fondé par un Bouchard quittant ce risque (oui) du « beau risque » des Lévesque-Mulroney ! La fédérastie « du NEUF CONTRE UN » corrigée, atténuée par le Bloc nuirait à l’indépendance. Oui. Elle améliorait le régime fédéral ? Vite, dit Michaud, jetons la patente nommé Bloc. Les Communes à Ottawa ( avec Rouges ou Bleus, Harper ou Trudeau) doivent se montrer vrais. Cela sans le Bloc maudit comme pion-surveillant…qui les rend hypocrites, menteurs, au moins prudents. Michaud : «  Le Bloc doit débarrasser la place ! » Et puis les temps changent : désormais sans l’aide des Québécois, une majorité « anglo-anglo » peut se constituer à Ottawa. Plus de rôle pour le Bloc.

Okay, fini d’améliorer la fédérérastie canayenne, machine à nous diluer. Ce 1867 fut un appareil vicieux organisé sans notre franc accord. Une année maudite. Vouloir en célébrer les anniversaires relèveraient du masochisme. Donc, l’indispensable Robin-des-Banques, affirme : faut jeter le Bloc ! Et du même souffle —ce preux chevalier des petits épargnants— recommande (faisant hurler les racistes à la Mordecaï Richler du journal The Gazette) que… nos émigrants « à religions variées », qui refusent de s’intégrer, n’ont qu’à décamper. Rentrer au pays de leurs origines. » Bang !

Propos de bon sens, non ? Qui nous change des « ceuxze » qui coupent des cheveux en quatre. Michaud contre la langue de bois. Tenez, venez à Paris, petit portrait, en mai 1981 et voyez un Michaud brillant de culture-à-citations, un peu cuistre. J’y suis l’invité d’honneur pour « Prix France-Québec » ( La Sablière). Chic appartement du digne et noble Grand Délégué qu’il est. On dirait un ambassadeur. Mon Yves, grand’prêtre des cérémonies, garroche ses assertions. Impertinentes ou non. Un marquis à Versailles ! Avec ma Raymonde, ouvrant grands les yeux, je me sentais loin des ruelles de Villeray.

Ce patriote émérite, rencontre plus tard un gouffre écoeurant. Une infamie grossière, cogitée par Lulu-la-Canne, va le cogner, l’insulter. Lucien Bouchard —quoi le piquait, quel rancoeur sombre et secrète ?— va dénigrer en chambre un Michaud « antisémite » ! Pour d’ironiques vagues facéties sur « sa chaise de barbier », le vote est pris et l’homme est déchu ! Malgré —plus tard— les excuses des députés bornés, Michaud ne s’en remettra pas. Avec raison. Ces moutons de Panurge m’avaient dégoûtés.

Je voulais, ici, pour l’édification des Laurentidiens, saluer un esprit libre. Hélas, son courage n’est pas d’un diplomate. « Adieu le Bloc » et « expatrions nos nouveaux-venus » si la « Chartre-Drainville » les rebute…Aïe, cher Yves, à quel âge vieillirez-vous ?

 

OÙ EST-CE QU’ON IRAIT B’EN ?

Désormais, à Los Angeles ou à Paris, à Montréal ou à Sainte-Adèle….le jeune oisif ( en congé des Fêtes ou en congé des vacances) n’a qu’à presser des boutons sur une manette et il trouve de quoi se divertir. Sans oublier la navigation « universelle » ma foi, sur les innombrables réseaux d’Internet.

Je suis devenu ado après la guerre de 1945, c’était le désert. Les samedis —mais souvent à quinze ans on détenait un p’tt job mal payé— les dimanches surtout dans ma bande c’était un lamento, l’antienne inévitable avec les mains au fond des poches (jamais bien garnies de sous ) : «  Qu’est-ce qu’on ferait b’in ? Où est-ce qu’on irait, donc ? »

Alors, nous allions au cinéma. On nous laissait entrer —« les interdits »— par exemple là où c’est un magasin de meubles, au p’tit Boiler ( on y bout, hein tit-Yves?) sur Saint-Laurent, coin Beaubien. En s’y rendant, à ses vitrines, on admirait les légers vélos importés d’Italie chez Baggio (qui vient de fermer). Ou bien on se rendait au cinéma Empire —le gérant « Passez vite »— juste en arrière de la Gare Jean-Talon.

Chanceux, en belle saison, nous avions souvent ces concerts de musique « live » —de fanfare, de cirque aussi. Bancs offerts tout autour du kiosque du cher Parc Jarry; avec bonnes brises souvent et, pas moins souvent, à fleureter, bien jolies filles de Villeray !

« Qu’est-ce qu’on ferait ? » C’était un si beau si chaud samedi de juin ! Sauvé ! Voici encore une troupe de baladins, pour un show gratis au milieu de la cour de l’orphelinat St-Arsène, rue Christophe-Colomb (et devenu le Patro-Le-Prévost). Grande joie de voir tant de trapèzes, de cerceaux en feu, d’échelles mobiles, de bêtes sauvages, de fouets agités, d’anneaux suspendus et tant de costumes bigarrés.

Bien entendu, il y avait parfois …flâner. Rien faire. Traîner. Nos mères : «  Vos leçons sont bien apprises, vos devoirs…? » Merde, cette scie ! Zut, ces remontrances ! Comment, fuir ces mégères ? Sans hâte, retourner voir les rares animaux empaillés, les vitrines d’insectes —toute cette mort animale— plus que modeste « musée naturaliste » des Clercs de Saint Viateur. Au grenier de l’Édifice pour « Les sourds et muets », rue St-Laurent et De Castelnau; depuis peu devenu un bloc de condos neufs.

Parfois on tentait —vainement— d’entrer au Rivoli (devenu un Jean-Coutu), au Château, au Plaza (devenu studio de télé), au Ritz ou au Beaubien. Difficile : la peur des inspecteurs chez les gérants froussards, que nous maudissions. La biblio publique, hélas, restait fermé les dimanches, point de B-D. Où aller ? Aller sneequer aux funérailles grandiloquentes fréquentes —orphéons bruyants, pleureuses— de nos Italiens du quartier nous lassait. Fiole de rouge pas cher à la neuve Casa Italia ! Y étions « personna non grata » ! Cette Casa voisine de l’église « orthodoxe » où se rendait notre camarade René Angélil (de St-Vincent-Ferrier). Nouvelles tentatives à cette Casa où Mussolini trônait en immense médaillon doré à l’entrée mais le maître d’hôtel bloquait le passage arrière : « Pas de vino, non ! No, les tits-culs et ouste ! »

Maudit verrat où aller ? Redire qu’en ce temps-là, ni web, ni net, pas même de télé Rien !Tiens, « egg-rolls » en vente chez « Vénus » sur la Plaza (pas encore baptisée). En y allant, apercevoir dans la vitrine du libraire Raffin —en 2014, Raffin y est toujours— un nouvel album : « Lucky Luke ». Achat en bande et départ pour lire ça sur le balcon à l’étage chez Tit-Yves. On se retrouve comme dans les branches d’un peuplier géant, forêt au dessus de chez l’actrice Melle. Theasdale qu’on entend à la radio.

 

 

 

J’AI FAIT UN RÊVE ! ( I HAD A DREAM)

Pour les assimilés (volontiers aliénés) à la culture pop des USA, vanter notre culture est toujours un signe d’étroitesse. Pour ces suiveurs-des-USA vous êtes un régionaliste. L’insulte. Ils s’exclament : « Sors de ton cocon, deviens international ! » Ils disent aussi: « universel » Une farce. Pour touts ces dociles publicitaires, courroies de transmission (surtout à La Presse, Gesca-Power), les Cormier, Cassivi, Hugo Dumas, Sarfati (aux voyages payés) et j’en passe, « internatioaliste » c’est USA-only. (Los Angeles, Holywood, New York). Chez eux, jamais d’information sur la culture (pop ou non) de l’Espagne, de l’Italie ou de l’Allemagne. Pas un mot !

À moins que de ces créateurs percent. Aux USA. Tous sont des valets-des-amerloques. Moutons de l’Empire-USA.

Or, j’ai fait un rêve ! C’est permis de rêver, non ? J’ai imaginé que Boston, et peu à peu, tout le Massachusetts, quelque part au 19 ième siècle, aurait pu être envahi d’énormes masses d’émigrants. Tous venus de ma chère Italie, et, résistants comme nous au Québec, ces populations installent la culture italienne partout au sud de nos frontières, Maine et New Hampshire compris tiens.

Quelle bon plaisir ! Voyez-vous ça : à quelques heures de route, nous tous en visiteurs plongés dans cette « Nouvelle Italie ». Non plus dans un de ces états semblables aux 55 autres. Pour moi, un bonheur total !

C’est imaginable certes mais ça n’est, hélas, qu’un doux beau rêve ! Imaginez maintenant des hordes d’émigrants venus d’Espagne, foules immenses et qui s’installent un peu plus au sud, disons Connecticut, New Jersey, Maryland. JY compris la Virginie ! Un grand état nommé Nouvelle Espagne ! En une dizaine d’heures d’automobile nous nous retrouverions en visite parmi la formidable culture espagnole et cette autre (avec l’italien) si jolie langue, musique, chants, architecture, théâtre et cinéma. Leurs us et coutumes quoi. Quelle variété et vive la diversité, oui ? À bas l’uniformité si ennuyeuse.

Nous irions souvent. Comme tant de nos touristes du sud nous reviennent, adorant « la vie française » au Québec (il y en a plein). Olé « Novo Spania ». Oui, il est permis de faire un rêve ? Tenez, allons encore plus avant dans cette fabuleuse hypothèse des migrations massives : il serait arrivé le même phénomène pour les Allemands (Pennsylvanie ?), pour les Polonais, pour les Grecs. Pour les Portugais. Cela n’aurait-il pas été formidable ? L’hégémonie « impériale » USA anéantie et adieu aux rouleaux compresseurs de ce gros paquet d’états à peu près tous semblables. Adieu, à tous les carrefours des villes, aux répliques si assommantes, quand on voyage, à tous ces Colonel Machin et Hamburgers-McDo ! Fini les conformités commerciales abrutissantes partout à notre sud, à ce plat territoire culturel sauce « pareil au même ». Car, allez à Philadelphie ou à Chigago, à Miami ou à Tampa, au Texas ou au Colorado, partout c’est « us et coutumes identiques » Partant, l’ennuie, un vaste assommoir. Pour nous amuser, rêvons d’une grande formidable « Nouvelle Europe ». À nos portes. Vastes lieux pour devenir « vraiment » curieux universels. Plus des consommateurs dociles du gros bloc-USA, comme les Sarfati, Cassivi, Hugo Dumas, tant d’autres dociles publicitaires des USA.

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RACISME DE QUATRE SUR DIX QUÉBÉCOIS (ou le racisme inverti)

 

C’est ma trouvaille : « Le Racisme inverti ». Qui signifie un racisme « à l’envers ». Car le raciste est un xénophobe, il hait une autre race. Parfois plusieurs, le xénophobe déteste cohabiter avec des « étrangers ». Le « raciste inverti », lui, hait ses propres concitoyens, déteste les gens de sa race.

Beaucoup de Québécois sont des racistes invertis. Combien ? Des millions, hélas ! Quatre Québécois sur dix. Je me base sur les voteurs de  « non » à leur propre patrie. Si vous ajoutez à ces quatre, les anglos bornés —(qui vivent depuis des générations parmi nous et ne parlent le français. Plusse les assimilés plus ou moins anglaisés, nos émigrants rêvant de « l’american dream », ça fait un sacré bloc. Bloc qui se joint à nos quatre « invertis « . Et voilà le pays à faire advenir qui n’advient pas !

Comment reconnaître un tel type ? Facile : ils n’ont aucune confiance en nous.

Ni en eux, forcément.

Ils méprisent leur propre nation et vont répétant médisances emmêlés aux calomnies.

« Nous autres, les canadiens-frança (sic) on est rien qu’une bande d’incapables ». On est poche, on est des minables, des « pas bons », on vaut rien, on vaut pas cher, on a pas de talent, on a pas ce culture, on a pas de force, pas d’imagination, aucun ressort, on est né pour notre pauvre sort, collectivement nous sommes des perdants, des paresseux, des imbéciles, des insignifiants, un tas d’imbéciles indécrottables, des ploucs, des arriérés, paquet de sans-dessein, un groupe ethnique d’impuissants, dénué de toute initiative, on a aucun sens de l’entreprenariat. Bref, on est des cons bornés, des idiots congénitaux, des mal nés, les trous du cul de la terre !

Nos « racistes invertis » —préférez « autoracistes »?— sont une plaie dans une nation. Il y en a partout. Mais au Québec, ils sont nombreux à cause du passé historique souvent humiliant. La lutte des « six » Québécois sains en est freinée. Nos méprisants font l‘affaire de nos adversaires. Nos autoracistes sont utiles aux ennemis de notre émancipation. En cas de consultation cette mince cohorte s’associe aux saboteurs de notre liberté nationale. Si chacun de nous arrive à soigner un seul de ces malades —le racisme est une maladie— oui, un seul ramené à la raison et tout changera. Notre avenir nous appartiendra, comme pour les 250 nations de cette planète. Allez-y doucement, ce sont des fragiles. Essayez en parlant du Cirque du Soleil, de Céline Dion, de Riopelle, de Tremblay et d’Antonine Maillet (Prix Goncourt). De nos cinéastes, designers, modistes. Parlez de nos entrepreneurs à succès —jusqu’en Chine— de M. Bombardier à M. Pierre Péladeau, de Cascades à Lavalin, le choix est vaste désormais. Au boulot : un, juste un, et « à la prochaine fois » ce sera la victoire. S’il vous dit : « nationalisme-égale-chauvinisme », répondez : Norman Braitwaithe, Grégory Charles, Kavanagh, Diouf, Corneille, Mumbara ! Il en aura le sale bec d’inverti bien cos !

 

 

ÎLE FLOTTANTE !

 

Compiègne battue ? Je vous raconte. Un soir, à Compiègne, l’offre d’un dessert jamais goûté : île flottante ! J’avais obtenu  le France-Québec pour « La Sablière, Mario ! », roman tourné en film par Beaudin (voir sur Google). Décor ? Aux belles Îles de la Madeleine (pas flottantes, elles !). Ce prix m’a permis un mois à travers la France. Un soir à Compiègne donc : la statue de Jeanne d’Arc, notre hôtel proche du Château où Bonaparte accueillit son « Autrichienne ». Au souper, offre d’une  « île flottante » ! Un délice jamais retrouvées depuis mai ? Eh bien, un jeudi soir avec Louis Lalande (âme de l’ex-théâtre du Chantecler ) et Jean-Marc  —« la familiarité engendre le mépris »  dit le proverbe— à La Vanoise, l’accorte patronne, Brigitte, nous offre, oui, une île flottante, façon Didier. Bonne ?  Battue Compiègne !

Écrions-nous : « VIVE LE CANADA LIBRE » et vive Québec en…belle île flottante. Au large de la tricheuse fédération. Voyez : des observateurs critiquaient Duceppe qui s’époumonait pour améliorer le Canada, on lui reprochait de se faire aller la margoulette aux Communes pour rendre Ottawa moins  « centralisateur. Bêtise, disait-on, illogisme pour un indépendantiste car, par stratégie, il fallait un Bloc qui  encourage ce Canada centralisateur. Voyez le bloquiste Plamondon, les baguettes en l’air pour accabler un unilingue promu Grand conseiller du Harper, Persichiel. Il fallait applaudir et rigoler. Savoir mieux dire « adieu » à cette ancienne lubie d’Elliott-Trudeau, la jeunesse saura dire adieu à ce fédéraste  pacte de 1867 et fin de notre dilution.

Désormais —à l’aide des migrations constantes— Québec n’est plus qu’encombrement pour Harper,  la « Canadian nation » domine comme jamais et c’était fatal à dix provinces contre une.  Ce « fait nouveau » impose de nous donner une vraie patrie. Désormais pour régner plus besoin du vote québécois. Un fait brutal qui favorise « un pays québécois ». Il y aura deux nations, deux pays et que vienne un chef NPD-post-le bon Jack unilingue anglo. Hourrah ! Ainsi, tous les souverainistes (et le Bloc) doivent encourager le projet de nommer davantage de députés en Ontario et dans l’Ouest. C’est démocratique. Ça aidera la venue de deux pays (amicaux espérons-le).

Vive le Canada libre, débarrassé de cette province toujours mécontente, récalcitrante, empêcheuse. Notre jeunesse voit mieux clair. Harper, malin, est là pour longtemps, hourrah ! S’en vient un Canada libéré d’un boulet, Québec. Les canadians vont régner en paix, se développant selon ses goûts. Avec une loi pour jeter en prison-écoles-du-crime les jeunes délinquants, Une loi contre l’avortement, une loi anti-homosexuels, la peine de mort rétablie, les armes-à-feu en vente très libre. Et des portraits de la Reine d’Angleterre  partout ! Chacun ses idéaux.  Épilogue enfin du délire-Trudeau au bilinguisme de Halifax à Vancouver. Et nos « quatre Québécois mous sur dix » voteurs de « non », se réveilleront. Se rapproche une séparation « de velours ».  Fin des antipodes. Les Québécois ont cessé net de voter Bloc.L’instinct sûr du peuple. Fin du Bloc en candide « collaborateur » du Parti Libéral. Nous sommes une nation différente, une belle et bonne île flottante. Les jeunes désormais entreprendront la lutte pour un pays. Cher Lionel Groulx, oui, « nous l’aurons notre État français. »

VIVE LE CANADA LIBRE !

 

Au Québec, des observateurs critiquaient Gilles Duceppe quand, paradoxalement, il s’époumonait afin d’améliorer le Canada, lui reprochant de se faire aller la margoulette aux Communes pour rendre Ottawa moins centralisateur. Une bêtise, disait certains, dépourvue de logique stratégique. Par tactique, il aurait fallu que le Bloc, au contraire, encourage et applaudisse ce Canada de plus en plus centralisateur. I

Il y a du vrai. Voyez un Louis Plamondon se faisant aller les baguettes pour accabler ce Persichiel, « bloke » unilingue promu « Grand Conseiller » du Harper. Au lieu de s’en réjouir. Sachons dire « adieu » à cette lubie égalitaire « des deux nations », adieu à 1867 et le bonententisme hypocrite.

Avec les migrations constantes, le vœu pieux a échoué. La nation Canadian est désormais dominante aux Communes. Ce fait nouveau conduit à « notre » patrie, c’est nouveau : pour régner à Ottawa plus besoin des votes québécois. Cette neuve situation favorisera « un pays québécois » car il y a deux nations et deux pays ! Autre exemple : nous devons souhaiter un chef unilingue anglo au NPD devenu veuf du séduisant  Layton. Les péquistes doivent aussi favoriser le projet de nommer davantage de députés en Ontario. Et dans l’Ouest.

Cette domination accrue va aider la séparation, il y aura deux pays et amicaux, espérons-le.

Il va y avoir dans pas  longtemps, un Canada libre. Vous verrez. Un Canada libéré  du boulet nommé Québec. Ce Canada  se développera à sa guise, à ses goûts. Il  pourra s’épanouir en paix avec des portraits de la Reine partout, des lois anti-avortement, anti-homos, avec la peine de mort rétablie, les armes-à-feu en vente libre. Chacun ses idéaux. Le Pet rêvait : fin de son délire du bilinguisme de Halifax à Vancouver. Nos « quatre Québécois sur dix », les voteurs de « non », sont en train de se réveiller et, d’ici une dizaine d’années, vive la rupture pacifique des deux nations aux antipodes.

Les Québécois ont cessé de voter Bloc —l’instinct du peuple. Qui a voulu collaborer avec les anti-conservateurs pour battre le « méchant » Harper. En vain. Ce Bloc agonique n’a plus qu’un seul job (pas d’améliorer le fédéralisme) de favoriser l’aggravation des réalités et mieux montrer que nous somme « différents ». Cher Stef Harper, j’en croise chaque jour, voici plein de jeunes voteurs d’ici, qui, désormais, comprennent la lutte des Québécois. Cher Lionel Groux, oui « nous l’aurons notre État français. »

L’ERREUR GRAVE DU BLOC ?

Au Québec, de sagaces et intelligents observateurs ont critiqué le Duceppe (d’avant sa chute) quand il s’époumonait à améliorer Le Canada. Se faire aller la margoulette pour supplier le Canada de favoriser le Québec, jouer de vaines tactiques pour rendre Ottawa moins centralisateur, quelle bêtise ! Quel manque de stratégie ! De logique surtout. Le Bloc souhaitait-il donc « juste » une amélioration des conditions « provinciales », un Ottawa « seulement » plus ouvert à nos intérêts provinciaux menacés ?

Voyez Louis Plamondon, ce bloquiste se faisant aller les baguettes pour accabler le nominé unilingue anglais, ex-militant pour la francophobie il y a pas longtemps, devenu grand conseiller aux côté de Harper, un certain monsieur Persichiel. Erreur : Plamondon —et ses compagnons— à Ottawa devrait s’en réjouir et proclamer que c’est exactement cela Ottawa, c’est cela « le Canada de 2011 ».

Terminés les vieux rêves creux de l’égalité des deux nations de jadis. Alors, faisons nos adieux et décidons-nous à enterrer ce pieux songe, bonententisme à la noix de 1867. Nous ne vivons plus en 1867. Avec les immigrations, ce Canada d’antan a changé, il s’est multiplié et vite. Ils forment mainte nant une autre nation et forte.

Les Plamondon et consorts devraient donc ou se taire, ou saboter ce désir illusoire venu d’un pacte qui a échoué. Ayons du courage, faisons face à cette neuve réalité. Nous ne comptons plus aux abords du Canal Rideau. Plamondon et Compagnie, réjouissez-vous même, la situation favorise votre projet d’un pays québécois. Harper fait « la » job. Ouvrez les yeux, diable !  Collaborer même à ces faits qui démontrent bien une réalité actuelle : il y a deux pays. Mais oui, cette accélération actuelle de notre histoire favorise l’indépendance.  Les votes des Québécois désormais ne sont plus nécessaires pour obtenir le pouvoir fédéral depuis les dernière élections fédérales. C’est un fait politique nouveau tout à fait  inéluctable. Excellemment bien démontré depuis la récente élection fédérale.

Par autre exemple, les souverainistes du Bloc, devraient souhaiter que le nouveau chef du NPD soit un unilingue anglo.    Et mieux encore, le Bloc —ce qui en reste— devrait donc se taire et même favoriser ce projet de nommer de nouvelles circonscriptions,  davantage de députés à l’Ontario et à l’Ouest. Le Bloc ne doit pas s’alarmer devant cette logique toute démocratique bien au contraire.

Il y aura deux pays et amicaux, espérons-le, ce « Canada libre » —libre enfin du boulet-Québec—  pourra enfin se développer en paix. S’épanouir selon ses voeux. Et répandre des portraits d’Élisabeth 2, de « royaliser » les bureaux de poste, l’accrocher avec ses chapeaux dans toutes chambres à coucher. Ce Canada d’Halifax à Vancouver, « normalement », naturellement unilingue anglais  —le Pet Trudeau rêvait en couleurs factices— servira à réveiller le 40% de Québécois encore aveuglés par le fédéralisme. Ce 40% accroché à la majorité du vote des émigrants, 20%, soutient le fédéralisme.

Mais, oui, il y aura vraiment deux pays aux antipodes l’un de l’autre et aux monarchistes coast to coast ! Un jour les Canadians seront enfin débarrassés du carcan québécois. Et nous de même. Les électeurs du Québec,  qui ont cessé de voter Bloc, —l’instinct du peuple ?— ont fini par comprendre tout cela, voulurent aider le socialisant « bon Jack » à battre le réactionnaire de droite, ce méchant Harper.

Le Bloc, ce restant de parti indépendantiste exilé à Ottawa, n’a plus maintenant qu’un seul job : non pas d’appeler à grands cris à « l’amélioration québécoise »,  au contraire, à lutter pour faire s’aggraver une réalité inévitable. Le Canada est un pays à part et nous sommes différents. Bientôt nous formerons un pays, il va naître tôt ou tard ce Québec libre que l’illustre visiteur, De Gaulle,  nous souhaitait en été de 1967.

Dorénavant, on veut voir un Plamondon se lever aux communes pour appuyer, applaudir joyeusement, les démonstrations des Conservateurs qui  illustrent que le Canada n’a plus besoin des votes du Québec. Si nous sommes une majorité indiscutable au Québec —80% de la population— nous deviendrons dans cette fausse confédération un petit 20% sans plus aucun pouvoir. Ou moins encore un jour ? 15 %, 10 % ?

Tous les décolonisés d’ici vont comprendre, seuls les « demi assimilés » québécois, nostalgiques des anciens temps, vont s’en plaindre.

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LE PASSÉ DE THOMAS MULCAIR ?

Voici une lettre ouverte refusée partout (ou presque). Ni Le Devoir ni La Presse n’ont accepté ma mise en garde. J’ai l’habitude comme vous le savez. Claude.

 
Thomas Mulcair, que certains Québécois souhaitent comme nouveau chef du NPD, a-t-il des squelettes dans son placard ? Il a attaqué le Bloc, a dit de Gilles Duceppe qu’il n’était qu’un « revanchard ». «  M. Duceppe est contre la paix linguistique et il attise des attitudes revanchardes (… ) le Bloc est né des querelles du temps de l’échec de Meech,  c’est dépassé. »

Cet ancien ministre de Jean Charrette fit partie de « Alliance Quebec », un mouvement, on le sait,  e consacrant à lutter contre le français prédominant, contre la loi 101.  « Qu’il a voulu démolir » —disait la presse du 12 octobre 2007. Mulcair a voulu abattre une loi qui est notre essentielle sauvegarde; loi installée avec courage malgré les réticences de René Lévesque par feu Camille Laurin. Questionné, il répliqua : » J’y suis pas resté longtemps à « Aliance. » Hum…le politicien a senti une soupe chaude mais quelle est le fond de sa pensée ? Hum…

Ironiquement, paradoxalement, Mulcair, ex-député libéral, acceptait plus tard de siéger au Conseil de la langue française.

Devenu démissionnaire du parti libéral fédéraliste et passant carrément au domaine politique d’Ottawa, via le parti NPD-centralisateur, son élection dans Outremont comme député n’effacera pas ses premières amours, premières convictions.

« Bon Jack » Layton, regretté chef du NPD, charismatique et fort jovialiste, guilleret et sautillant, sympathique, tout le monde en convient, est mort et ce Thomas Mulcair serait favori pour lui succéder. Mais « Je me souviens » n’est pas qu’une vaine devise et les Québécois doivent se souvenir d’un Mulcair francophobe qui a milité un temps pour démolir l’indispensable « Charte » de Camille Laurin.

Passé donc à la politique fédérale, notre Thomas affirme encore n’aimer que « la paix » linguistique…  À quel prix ? Il parle de « ponts » entre anglos et francos… À quelle condition ?

Il faut dire aux innocents aveuglés : méfiance.

 

Claude Jasmin

 

(Sainte Adèle)

ADIEU ET BONNE CHANCE CANADA !

Avec les dernières élections fédérales, c’est « le début de la fin » de l’ancien Canada, on devrait en être convaincu. En tous cas, mercredi (10 août), dans La Presse, John (Ibbitson), lui, fait un diagnostique clair qui proclame cette « fin » prévisible désormais. Verdict qui ne vient pas d’un amateur, car mon ami —allié involontaire des patriotes— John, est le « chef de bureau » au « Globe and mail » de Toronto. Il constate « l’isolement » (son mot) : il n’y a plus que cinq (5) députés québécois au pouvoir avec Harper !

Sa deuxième clé ? « Déclin constant à Ottawa du Québec ». Il a tout à fait raison. Il voit clair. Sa lucidité est l’annonce impitoyable de cette « fin de l’ancien Canada », en effet notre « nation » ( notion clairvoyante, venue de M. Harper) n’aura très bientôt aucune importance. Aucun poids politique. Aucun sens réel dans ce Canada en train de se dessiner.

Audacieux, John concluait qu’aux prochaines élections fédérales, les Québécois demanderont pourquoi ils font (encore) partie de ce pays (fédératif). « Que répondra le reste du pays ? » dit John.Tout est dit et bien dit, avec courage, avec franchise. Nos bons vieux demi assimilés québécois vont devoir faire face à la réalité. Ici, au Québec, notre seule patrie, nous sommes majoritaires et « maîtres de notre destin » —Bourassa dixit un soir d’échec mulroneyen.

Nous formons toujours plus de 80 % de la population dans notre seule patrie, le Québec. Il n’y a donc ni isolement ni déclin, très cher John…qui soulignait qu’au sein du Canada, nous sommes passés de 30% à 20 %. Il affirme que notre « insignifiance » politique à Ottawa va s’accroître avec les nouveaux sièges accordés sous peu aux provinces anglaises, en toute justice  démocratique.

Nos vieux nostalgiques du temps du quatuor des demi assimilés, Laurier, Saint-Laurent, Trudeau et Chrétien doivent, tout comme John, regarder en face cette fin de notre importance à Ottawa. Si jamais (une ou) des lois anti-québécoises sont présentés aux Communes, « on est faite » comme dit l’expression populaire. Les Québécois, sans  nostalgie du passé, comprennent maintenant que c’est vraiment le début de la fin et qu’il doit, tout naturellement, y avoir l’indépendance de Québec puisque ici on reste une majorité «  libre de ses choix » —encore Bourassa.

Merci John. Une sagesse populaire a fait un mouvement intelligent en rompant d’instinct avec les indépendantistes obsolètes —et un peu vains— du Bloc d’Ottawa. Encore un pas en avant et nous nous voterons l’indépendance bientôt. C’est nécessaire, c’est la seule bonne et pacifique solution nationale. À moins d’accepter niaisement, suicidairement, de n’être À Ottawa, qu’une infime « parcelle de peuple » sans aucun pouvoir réel —tel les Ukrainiens ou les Chinois du Canada. Oui, une infime minorité —folklorique— au beau milieu de la vaste mosaïque canadian. John, souhaitez-nous « bonne chance ». Enfin, enfin, débarrassé de notre encombrant patriotisme, je souhaite « bonne chance » à ce prochain Canada, pays voisin et ami.

Claude Jasmin

(Sainte Adèle)

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MÉPRIS, RACISME, POISSONS ROUGES !

Beau matin encore, si beau soleil et découvrir le noir mépris envers nous tous, Québécois, quand un émigrant libanais d’ici, devenu, ici, un auteur choyé et bien installé s’ouvre le cœur, en France, à une émission culturelle. Le confus mais doué dramaturge, le Mouawad, nous fustige tous en nous décrivant à cette télé comme une nation d’arriérés mentaux qui crache sur les intellos, la pensée, les idées et le reste. C’est aussi dégueulasse que les écoeuranteries colportées sur nous tous par Mordecaï Richler ! Ça fait mal mais me voilà un peu calmé, en canot avec ma mie («  envoyons de l’avant nos gens »)  découvrant plein de jolis poissons rouges tant du côté est proche de la plage publique qu’à l’ouest face au Chantecler. Belles taches mouvantes d’une lumière érubescente et qui console un peu des noirceurs colportés par l’auteur tant fêté, devenu raciste.

Un samedi magnifique, souhaiter montrer ces soucoupes rouges joyeuses à un Antoine, deux ans et demi, et voir une barbotte soudain à ses petits pieds. « Il nage pas vie hein ? » Non, ce poisson noir, tout lent,  va crever c’est évident. Le capturer puis le mettre dans une chaudière. Antoine admire sa prise facile. Et puis… « il va pas bien, il faut le libérer, hen ? ». Oui. Remise à l’eau, la barbotte s’éloigne de nous bien péniblement. Dans les eaux grecques, on ramène à quai, de force, des défenseurs de Gaza, ennemis du blocus. Ce territoire palestinien très surveillé par Israël sa riche voisine menacée. Dans « la bande » il y a ce Hamas aux enragés antisionistes et antisémites. Faction qui détient tout un peuple araboïde innocent comme otage !

Comme toujours nous vivons partagés : d’un bord, notre paix, notre bonheur, nos doux conforts; on a envie de rire et de remercier la Providence, mais, de l’autre bord, ces actualités : la laide bave « théâtrale » de Mouawab, les innocents secouriste en bateaux retenus militairement au port d’Athènes. Pas loin d’ici, à l’heure où j’écris, un jeune assassin, un savant médecin,  meurtrier de ses deux enfants innocents, attend… un sort effrayant. À Paris, une jeune reporter-auteure se décide à faire payer en cour de justice un « vrai chimpanzé en rut » (dit-elle) qui voulait la « sauter » …il y a huit ans ! Soudain, revoir le gros chat pourpre, Valdombre,  qui s’étale en rond,  paressant au soleil sur la table de pique-nique. Ma Raymonde qui fait des balounes —avec un petit calumet— pour amuser Antoine.

Antoine parti chez lui à Fabreville, au petit matin, mon flotteur de foam autour du cou, apercevoir de nouveau, émerveillé, ces rouges poissons d’une telle si luminosité, quasi translucides !  Merci de cet ensemencement, merci pour la beauté sans-cœur qui videz votre aquarium au moment de déménager chaque fin d’été ! Mais Pauline ma voisine, une incroyable jeunesse de 85 ans :  « Claude, est-ce bon ça ? Dangereux peut-être pour notre faune aquatique ? » Toujours se questionner. Est-ce vrai ces fêtes sexolistes de prêtres homos échangistes au Vatican ? Bien vraies ces tueries en pleines rues de Damas la Syrienne ? Vrai, l’artiste Mouawab en cracheur d’un venin furieusement anti-Québécois, dit Patrick Lagacé. Envie de se boucher les oreilles mais pas les yeux car, rue Richer, un tout jeune raton-laveur grignote avec tant de véhémence un bout de bois… qu’on dirait un castor ! L’effrayant despote Kadhafi sera-t-il un jour traîné au tribunal des tyrans ? La vie est si belle l’été. Une envie de fermer la radio, la télé, de ne plus lire les gazettes, tiens !