DEMAIN JUILLET, DÉJÀ ?

Eh oui, juin s’en va. C’était le 24 et, d’une oreille, j’entendais à la télé festive un Guy Lepage qui déraillait souvent, je regardais le vieux surdoué de Morin-Heights (Robert Charlebois) s’égosillant : « Ça arrive dans les manufactures, les deux yeux farmés bin durs… ». D’une autre oreille, par les fenêtres ouvertes de ce soir humide, entendre  les pif, paf, pouf du ciel illuminé derrière la plage publique. Voir les zébrures colorées entre mes hauts sapins. Adieu aussi —un peu fastidieux— feux d’artifice, toujours semblables partout.

Et adieu donc juin, tu peux t’en aller va.

Oh, ce jour tout récent : ce combat archi violent qui éclate si soudainement, ma Raymonde sursaute. Notre majestueux monarque fourré de pourpre, chat de Voisine Blondinette, vient de bondir sous la fondrière —la canopée— de mes hauts sapins. La proie ? Un roux suisse fou de peur. Broussailles agitées, course éperdue avec jets de vent, ça remuait fort dans l’ombre.

La chasse toujours !

Revenant de mon indispensable Calumet (journaux, magazines) qui aperçois-je déambulant d’un pas lent dans une lumière matinale éblouissante. Silhouette squelettique dans la rue Valiquette. Un ermite ? Un sage ? Il est sans âge précis ! Un anachorète sorti d’une secrète grotte adèloise ? Dos voûté, poitrine tordue, comme jeune de visage, inquiétant mais radieux. Fantôme d’un draveur mort ressuscité ? Le spectre d’un exilé (Un Canadien errant ?).

Je l’aperçois parfois, rarement, qui regarde nulle part et partout, avec sa besace (contenant quoi ?) usée, ses vieilles savates élimées. Il va où ? Autour de lui —anachronismes—  glissent les voitures modernes, vaquent les gens pressés et bien mis. Cette sorte de vagabond ne ressemble pas aux itinérants familiers de la métropole. Une sorte de dignité les rend presque imposants. L’aura d’une espèce de… prophète ? Ou d’artisan au métier disparu. Qu’en sais-je ?

Oui, juin qui débarrasse déjà… hum, c’est le signal : l’été va filer, comme toujours, trop vite. Déjà le fougueux quarteron de tondeurs de pelouses est encore pour raser l’herbe trop chevelu ! Hydrothérapie pour ma cuisse opérée, je me jette à l’eau et je fais la planche au soleil. Ce jour-là et passent, comme robots, deux nageurs de fond. Bizarres marsouins au souffle prodigieux qui traversent —crawl lent, bien rythmé— tout le lac. Surgit un vaste pédalo citron d’une forme inédite. Progrès ? Deux rameurs —à quatre pales bien noires—  dans un bien rouge kayak. Soudain  tournoient au dessus de ma tête, de vibrantes libellules. Mini hélicoptères aux ailes très énervés. Deux grosses bien accrochées une à l’autre zigzaguent l’air. Enfants, dans le champ vacant, pas loin de la Casa Italia, nous disions :  « Regarde, un mariage! »

Quel beau jour de paix mais, je sais, je sais, ça va mal pour les travailleurs de la Poste Royale et pour ceux Air Canada. Bien plus mal encore pour les Libyens révoltés et, en Syrie on abat les émeutiers dans les rues. La mort partout et notre impuissance. Pauvres Palestiniens de Gaza blocusé… et quoi encore ?

Ici ? Faits divers : une vieille dame solitaire, exilée d’Écosse, trouvée assassinée. Mais l’inondation en Richelieu s’achève enfin. La vie en notre occident paisible s’avance en paix. Mais… ce mariage de libellules qui vient virevolter juste au dessus de ma tête ! J’aime pas. Comme tous les enfouis dans le petit bonheur, je me suis dit : si c’était vrai ?,  si c’était vrai que ce sont… de vilains crève yeux ? J’ai plié ma chaise, j’ai quitté le rivage.

 

 

VU EN BAS DE LA CÔTE MORIN, FALARDEAU !

Il est vivant ! « Z » écrivait sur les murs l’ insoumis en Grèce sous les colonels-dictacteurs. Ah oui, rue Valiquette,  « Z » à Pierre Falardeau, la grande gueule, le perpétuel militant nationaliste,  enthousiaste et entraînant. Le cinéaste révolté, l’homme sans langue de bois, l’homme détestant la rectitude des hypocrites. Allez-y vite, car, oui, on peut le revoir vivre. Il est invité en images bien rythmées, rue Valiquette, dans une des salles de notre ami Tom Farmanian.

Ce  n’est pas un film cul-cul-la-praline, l’équipe  du long-métrage a rassemblé des tas de pellicules et de ruban-vidéo et en a fait une formidable courtepointe vivante, chaleureuse, sensible, douloureuse, aussi. Dépêchez-vous d’aller le saluer, ami lecteurs, de rendre hommage à un homme libre, aussi un  gaillard parfois très effronté et qui, à l’occasion, sacrait pour rien. C’était plus fort que lui, ex-p’tit gamin pauvre de St Henri-les-Tanneries.

Je vous en prie, je vous en supplie, amenez-y vos jeunes. Qu’ils sachent qui a été celui à qui, un jour, on dédiera une salle de cinéma. Ou un pont ! Ni Champlain, ni Jacques Cartier ne furent des ponts, n’est-ce pas ? Vous serez fascinés comme moi —et amusés aussi— de voir nos grands questionneurs à l’ouvrage pour lui percer la carapace au Pierre—Grande—Gueule.  Le Richard Martineau qui se fait rabrouer et raide et qui en restera muet, désarçonné. Ma chère Denise Bombardier tentant de rapporter la honte de maman-Falardeau qu’elle dit avoir rencontrée, le cinéaste de « 13 FÉVRIER 1837 », rigole et la traite de menteuse. Voyez aussi mon cher Paul Arcand qui ose: « Ce personnage que vous jouez… », Falardeau éclate d’indignation. Enfin, voyez madame Péladeau, Julie (co-financière du film courageux , qui s’écroule de surprise entendant Pierre-le-culotté avouer : « J’suis venu ici pour le fric à gagner facile. » Le sommet de ce court bloc-entrevues ? L’illustre Bernard Pivot —Apostrophes— voyant le mépris du pusillanime, archi prudent et carriériste J. Gobbout, lira alors un solide texte de Pierre et s’en épatera. Un extrait de « La liberté n’est juste pas une marque de Yogourt. »

Il nous est permis aussi, rue Valiquette, d’entrer chez lui. D’admirer sa jolie épouse ( sa collaboratrice souvent), ses trois beaux enfants— Jérémie qui pleure sachant le cancer s’attaquant à son père—, lui, Pierre, en marcheur à bâton, en skis, bref, de voir un homme qui avait sa vie ordinaire comme tous et chacun. À mon avis, ses parodies du pénible colonisé d’ici avec son « Elvis Gratton », n’aidaient pas la désaliénation collective, trop exagérée, nos colonisés ne s’y identifiaient nullement. Mais on voit la belle Céline Dion en avion, avec René Angélil, qui nous révèle qu’elle en rigole et volontiers. Un sacré bon moment de cinéma. Une histoire extrêmement triste à la fin, mourir à 62 ans, mourir avant d’avoir vu naître ce pays pour lequel il se battait sans cesse.

À STE AGATHE : « NO DOGS, NO JEWS » !

J’ai vu, reproduite, cette pancarte placardant la plage municipale de Ste Agathe. Antisémitisme coutumier d’un océan à l’autre dans ces années d’avant la guerre de 1939-1945. Actualités : récente attaque juive d’un traversier turc qui filait vers Gaza, bourré de militants pro-palestiniens. L’anti-juif actuel, celui de 2010, gueule : «  Sales juifs, vous avez vu ça dans la Méditerranée, des secouristes des palestiniens de Gaza, et surgissent du ciel, ces salauds de Juifs armés ! »

L’antisémite refuse  de reconnaître la réalité. Israël est entouré de pays arabes et ils se sentent seuls, très seuls, au beau milieu de cet océan araboïde, vaste continent antisémite qui les cerne. Tout un monde de pays divers. On y trouve des richards (là où l’on construit des « plus hautes tours du monde ») et des bien moins nantis. La Jordanie. Unis, ils effaceraient rapidement Israël. Divisé (comme nous, Chrétiens), plein de conflits religieux au sein de cette « mahométane » mosaïque; il y a pas si longtemps, Irak et Iran ne se bombardaient–ils pas ? Uni, ce vaste monde, Égypte, Turquie, Syrie, Iran, etc, etc., ferait une bouchée du minuscule état juif. Ces jours-ci, plein d’antisémites souhaiteraient cette invasion de Tel Aviv par les « descendants d’Ismaël », avec le « rejet à la mer » de ces maudits Juifs ! Ô Ste Agathe !

Culpabilisé par l’immonde Allemagne (1933-1945), par l’horreur indicible au pays des génies pourtant, de Bach, à Beethoven aux immenses philosophe) l’Occident applaudissait en 1948 : « Vive la renaissance de l’antique patrie ! » Et la diaspora mondiale juive collaborait à cette installation, de New York à Paris et à Londres évidemment, de partout, vont affluer les soutiens. Est donc re-née Israël l’écrasée. Nation au courage inouï. Ces jours-ci, ça bave : « Honte à ces sales youpins ! » Sont-ils pris d’un complexe de persécution, devenus des paranos ? Je défie n’importe quelle nation de cette planète, ayant subi le meurtrier fanatisme allemand, de ne pas sombrer dans la méfiance. Ici, pacifiquement, les Québécois sont encerclés par une vastitude faite de « blancs, anglo-saxons, protestants »; immensité  de plus de  trois cent millions d’habitants. Rien à voir avec les arabies autour d’Israël, mais un bloc menaçant, le plus puissant de la terre. Les États-Unis naturellement alliés des Canadians qui nous assiègent chaque jour, nous envahissent. Pas de fours à gaz, ni « Hamas » si agressif, ni Al-Qaeda, rien, non, seulement leur culture populaire. Qui servira à nous faire disparaître. Observez bien la lâcheté environnante (dans nos médias) qui vante sans cesse et publicise volontiers leurs télés, leurs musiques, leurs films, leurs  chansons. C’est l’assimilation évidente des jeunesses actuelles. Pas de cette vaillance du peuple juif, hélas ! Plein d’écrivains à la Jacques Godbout ( lucides ou fatalistes ?) osent prédire notre disparition à brève échéance. ( Pour 2028.) Là-bas, la planète araboïde, n’a pas cette « arme » étatsunienne. Qui tue, elle aussi. Notre « mort annoncée » sera-t-elle contredite, une indispensable « résistance » va-t-elle enfin s’organiser… j’espère. En attendant, vive Israël !

BLANCHES GIBOULÉES

La Jocelyne « météo » Blouin était heureuse ce mercredi soir : «  demain ?, tempête ! » Elle nargue parfois son Pat Roy à l’heure des nouvelle, le soir. On jurerais qu’elle aime les CIEUX (oui, comme dans « Notre Père qui êtes…) qui  surprennent. « Demain, ça va tomber  » et elle en a les dents sorties. Cette pythonisse doit habiter en condo dans un bloc, la  démone, pas de pelle à manier !

« Mais où sont nos neiges d’antan? » Silence les Ronsard, les Villon, on les a eu !  En fin de février et de ces giboulées-de-mars. Ce jeudi laurentidien tout enfoui de lourde ouate. Nos paysages en immaculée conception ! La veille, tu montes à ta chambre pour tenter de t’endormir —malgré ce « 24 h. chrono » qui énerve— coup d’œil dans la nuit et, oh ! sous les réverbères, la belle beauté ! À l’aube, ce sera époustouflant. Il n’y a plus de bas et de haut, ni firmament, ni sol !

Gigantesques meringues. Ma mini sapinière qui s’affaisse sous une charge de blanc-manger ! D’une fenêtre —qui encadre— le tableau d’une fabuleuse ancienne gravure japonaise ou un tableau du cher Yéronimus Bosch, vous savez bien, « Le Jardin des délices ». Lautrec chantait : « Le soleil est parti… », il reviendra ? Quand ? On fige devant le troupeau de ces blanches hermines et belettes et martres, mille milliers de blanches fourrures suspendues ! Voici Dieu à son haut-parleur : « Oyez l’Humanité, c’est  votre dernière vision d’hiver ! » Hum,  avant l’arrivée d’avril on ne sait jamais.

Cette beauté…  toujours, il y a avers et revers : la voiture enlisée et appel désespéré de ma dulcinée avec sa liste d’épicerie entre les dents. Chère Clémence : la feummmme ! Prise de pelle et … Aïe mes reins ! Oui, mon Ferland, on sue au nord parfois ! Char calé dans sa  bouillasse, gadoue maudite et pose des crampons de fer. Ma-dame-au-volant avance, recule, bis et re-bis, enfin, la Jetta délivrée. Pépère ? Racké !  Dire que j’applaudissais au lever. Bon, cafés bus, gazettes lues, suis remonté à l’ordi pour peaufiner des paragraphes. Publication bientôt sur « feu mon drôle de papa ». Et sonne le cellulaire tout neuf. Dulcinéa encore toi ? « Oui Cloclo, de nouveau mal prise , j’ai le sac de la commande, merci la voirie adèloise !, il y a un énorme congère dans l’entrée ! » J’y court, pelletage encore. Ma dame-de-cœur repart pour son quotidien cher Interclub. Son souffle rationné, la pelle lui est interdite. Je retourne composer des mots de haine et d’amour sur mon père trop pieux… 1970, on cherche les otages du FLQ et papa ferme enfin son restaurant de La petite patrie, il se trouve un job de cook à la cafétéria de l’Oratoire ! Synchronisme ? j’écoute les médias causant d’un portier-de-collège à sanctifier !

Pause. Je lève les yeux, même ciel mat, vents légers, et, oui !, nouveaux flocons. Voir alors du temps comme suspendu, des limbes, des funérailles en blanc pour enfants morts (ou massacrés par un con de  père jaloux à Piedmont, docteur en médecine !). Non, assez, soyons gais, ce pays tout blanc comme aux noces d’une jolie vierge. Ma petite sœur Nicole, tu te souviens ?  Oui, la nature en belle robe à traîne blanche, avec voilette, bas, souliers et jarretelles en blanc. Longs gants, gâteau et fleurs… en blanc ! Jacques Blanchet chantait : Le ciel se marie avec la mer, jeudi, le ciel se mariait avec nos collines !

BEAU PRINTEMPS, TU VIENS ?

      Matin. La compagne aimée fait le café. Aller aux journaux. Couloir, attendre  l’ascenseur et regarder dehors. Au delà du viaduc le MacDo du coin offre son jaune signal, l’araignée courbée. Au loin, sur Crémazie, silhouettes des édifices de la FTQ, là où les économies des travailleurs se gaspillent, leurs dirigeants jouent les princes saoudiens. Très loin, les Laurentides font un horizon bossu. Clochette de l’ascenseur.     

      Mars va s’achever, tu viens beau printemps, oui ? Sur le  trottoir du Phénix, ex-usine Kraft, des moineaux se tiraillent un croûton. Descendu de l’apic voisin, un chat surgit ! Fuite de la gent ailée. Un Labrador noir tire son maître vers le parc canin au carrefour. Allez acheter mes « nouvelles » bonnes et mauvaises. Cher marchand dans son abri sous le « Manoir d’Outremont» à côté du tout neuf « L’Image d’Outremont ». Jeu de blocs pour abriter chaudement, joliment, nos fins de vie. Devoir m’y installer bientôt et bien calculer où. Oui. Forcément.

      Bon. Retour au nid, le café de Raymonde sent bon. Rayon solaire lumineux sur la nappe brodée. Drogue : devoir apprendre les misères du monde. Les malheurs. Kaboul ou Alma. Une fugue ? À Laval : infanticides encore ? Une bombe à Jérusalem. Le Darfour cule. Des enfants petits soldats. Photos. Serrer les dents. Un autre enfant a fui au Saguenay. Fiou, le fatras des chaudes actualités. On se fait excommunier, au Brésil par des célibataires froids en robe rouge. Pas de compassion. Re-crucifiez sans cesse Jésus.

      Par nos fenêtres, la nature en attente. Au nord, ce côté « Sico-la-peinture » et, venant du nord, ces véhicules qui filent à l’ouest, au Centre-Ville. Notre Chemin Bates devenu autoroute. J’imagine d’autres embouteillages. À l’est comme à l’ouest, ou, rive-sud, les ponts engorgés. Mêmes matins de semaine d’une métropole. Effluves de gazoline mais, ici, le café est doux et le printemps s’approche. Cette saison si longtemps attendue par les gens des nord. Il aura ses camaïeux de verts sous son soleil revigorant. Outremont va mieux sourire, ses parcs frémir, ses promeneurs apprécier l’existence. Nous retournerons aux terrasses favorites. Oublié vite, l’hiver. On va vivre comme si l’été allait durer cent mois !

       Je vieillis, hier, je cherchais encore un mot, le prénom de l’auteur de « La charge de l’orignal », vu au TNM avec le génie-Pintal et celui de l’acteur-Papineau, incarnant…qui donc ?, ah,  je l’ai : Claude. Gauvreau. Avoir vu aussi le génie de Cyr et celui de la Drapeau au Rideau Vert « anthologisant » une mère névrosée vue par -encore un blanc de mémoire – Zundel ! Craindre le pire, un jour, ce quidam découvrant un noyé du Pont-Jacques-Cartier, et trouvant dans la poche de manteau du un bout de carton : « Mon nom est Claude Jutra, je suis cinéaste. »  Frissons chaque fois que j’y pense. Découvrons le devoir d’être heureux. De louer le printemps à nos portes. « Si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie », cher Malraux ? C’était quoi donc son prénom ?

Lettre ouverte à Pauline Marois

Chère Pauline,

La dernière fois que l’on a pu causer un peu ensemble c’était lors d’une rencontre quand j’animais aux micros d’une radio de Laval (Radio-Boomer). Et ce fut un plaisir. Réciproque je crois. Je vous l’avais dit ondes : je comprenais mal pourquoi tant de gens (et des caricaturistes) vous imaginent remplie de snobisme. C’était -c’est- injuste. Vos paroles et votre attitude démontrent souvent de la chaleur, de la solide humanité. Hélas, voilà qu’aux dernières assises de votre parti, attitude bizarre, vous êtes d’accord pour fustiger et « punir » financièrement de jeunes militants de notre essentiel nationalisme. La raison ? Du verbe coloré et bien effronté, à l’occasion. Parfois carrément agressif.

Allons, chère Pauline, dans tout mouvement de revendication, dans n’importe quelle association de pétition ou d’imploration, on y trouve des tempéraments vifs avec  des tribuns impétueux, voix qui appellent un chat, un chat. Et un salaud, un salaud. Est-ce nécessaire de fustiger ces ardents patriotes -le jeune Patrick Bourgeois ou le vieux-vert Pierre Falardeau ? Le danger ? Vous nourrissez les adversaires de notre cause sacrée, Pauline, vous encouragez les couards, diviser nos troupes, encourager la pleutrerie de trop des nôtres. Vous soutenez malgré vous, chère Pauline, des profiteurs vénaux, ceux de la pax-canadiana-fédérata, les tranquilles amants des compromis, du plat doucereux abandon d’un pays à faire naître à fond. Pauline, nus avons besoin de quelques sages mais aussi de jeunes enthousiastes impatients. Notre lutte s’étend aux générations nouvelles. Qui sont moins molassonnes, moins « chambre-de-commerce-et-du-tourisme ».

Et alors ? Formidable, non ?, cette jeunesse fringante, malpolie, à l’hebdo « Le Québécois ». Où j’ai le bonheur plaisir de collaborer. Ils n’ont pas froid ni aux yeux ni aux lèves, ces cadets mal engueulés sont un apport vital témoignant pour une suite-du-monde-québécois. Observons tes applaudisseurs ? Des rampeurs, des ennemis de notre souveraineté. À ce congrès, tu fus fort mal conseillée, prend vite bonne distance de ces couards. Erreur d’avoir osé appeler au boycottage « économique » du modeste hebdomadaire de Bourgeois. Pas moins grave l’appel du Bloc pour donner suite à ce nocif mouvement. Ô l’odieux monde de la censure, la sale sauce nettoyage soviétique ! Pauline, je t’en supplie, tu dois vite annuler cet appel au boycottage.

Face à notre victoire remportée sur ce projet d’Ottawa, avec  son machin-à-Plaines-commanditées-alla-Juneau, n’ayez qu’un seul regret : devoir constater que le parti que tu diriges fut molassique, archi-prudent. Les jeunes Résistants à cet « Axe anglo-saxon » (ultra-puissant sur tout ce continent) visèrent les masochistes et les marchands à tourisme-de-Nouvelle Angleterre. On ne pouvait parader, costumer, décorer,  festoyer « la » défaite de la Nouvelle France. Pas trop tard pour « raison-garder » et biffe au plus tôt cet ordre abject de crever ce petit journal. Lui couper les vivres est indigne d’une Pauline Marois que je crois connaître. C’est méprisant et infantilisant de commander à ses députés une interdiction d’acheter des placards dans l’hebdomadaire. La liberté c’est la tolérance de toutes les tendances. On peut endurer quelques jeunes (ou vieux) trublions qui « font du bruit » dans le grande espace de l’indépendance à conquérir. Il y a des oeufs pourris qu’il fallait casser. Commémorer cette bataille perdue sur la falaise était un oeuf pourri.

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MÉFIANCE DU 2009 DE L’ IGNARETIEFF ?

         Le chef Libéral fédéral cherchera, en 2009, des appuis ici.

         Ce sera une futile quête pour le ruskoff de noble extraction, aristo dégradé à papi et papa  impérialistes. Avec ses allures à la sauce HARVARD-USA, l’ignare nie ignore la nouvelle réalité d’ici. Il voudra battre les « cons-serviteurs  mais, il ignore que nos votes de frenchies ne sont plus du tout nécessaires. Les Canadians d’un océan à l’autre sont désormais très majoritaires.

        Hélas, Mike-Hell Ignaretieff ne saisit pas qu’il n’y a plus aucun intérêt de nous avoir au fond de ses bras Rouges, de son grand cœur saignant l’unifolié. Allons, un peu de lucidité chers fédérastes nostalgiques. « Wake up ! » La pêche aux votes du Québec, devient futile, du temps, de l’argent perdus. Une façade pour causeries radiocadenassiennes !

 

HALLOW’EEN DU BLOC

         Bientôt nous ne compterons plus que pour des pinottes dans cette confédération fondée en 1867 pour tenir ensemble les deux races fondatrices. Du temps a passé et le Canada est devenu un pays english only.  Confortablement anglophone et c’est très correct. Ouvrez les yeux chers sentimentaux en fédérastie ? Voyez : (1) l’immense vague d’émigration -toute pro-anglo- à Toronto comme à Vancouver, et (2) combiner ça à notre dénatalité. Cric-crac-croc,le Québec est, coast to coast,  un groupe minoritaire sans pouvoir solide aux Communes.

 

PRO-TORTURE, PRO-BUSH-EN-GUERRE et PRO BOUCILER

      Avec le Bloc-à-Duceppe nous faisons « Beuh !», c’est une Halloween pour Big-Brother-Ottawa qui  tolère ce burlesque. Car les Blokes se réveillent : de Vancouver à Halifax, c’est déjà « vos gueules et  mort au chantage » (accusation de l’apatride Elliott-T.). Vous allez voir, nous serons bientôt impuissants aux Communes, sans vrai pouvoir. S’agit plus de veilles rancunes sauce-Plaines d’Abraham. Débarrassons-nous donc du statut de « une  province sur dix ». Urgent. Interrogez n’importe quel démographe : en 1867, nous étions environ 50 % . Cela a fondu à moins 25 %. Au rythme migratoire bloke ce sera 18 %. Puis 15 % Puis…fin des braillards, manière Charest ou façon Marois. Les pèlerins à chialeries ? Un groupuscule encombrant.  

Le 85 % de Canadians nous dira avec raison : «  shut up, Kwaybec, respect democracy » à chaque foi qu’Ottawa commandera le vote. Sur des lois qui pourraient nous être nuisibles. En 2009, Mike-Hell Ignaretieff ne devrait plus parader de Rouyn à Gaspé, de Chicoutimi au fond de la Beauce.  Plus besoin des députés québécois.

       Attention, cela signifie que « réunie », car on se sépare pas mais on se rassemble, nous formons sachons-le mieux, une formidable majorité, maîtresse de son destin. Rien à voir avec les chicanes sauce-Abbé Groulx. Oui, nous sommes une nation et elle est majoritaire ici. Plus de 80 % ! Mettons donc fin aux quêteuseries.

      Que l’Ignaretieff en prenne note et qu’il ménage le pétrole en 2009. , qu’il économise en 2009. Qu’il évite le vain pèlerinage en provinces québécoises et fin, bon sens,  des niaises bloqueries. Annulons nos bulletins en 2008. Dans  une décennie, pas même deux, ce sera réglé, vous verrez. Enfin il y aura un Canada normal pouvant voter à sa guise, « tous-Bleus » ou « tous-Rouges » avec  un zest de socialistes-caviar. Plus quelques écolos bien verts, my God !

      Le Tzar de ces Libéraux, Seigneur Ignare-Tieff, fieffé cabot dans les deux langues, ne devrait pas présenter un vieux film trop vu, ni tenter de nous séduire, nous faire oublier son « parti-des-voleurs-à-commandites » ? Il y a pire que l’Harper ?

Notez ces 4 points : 

1-Qui veut d’un type qui déclara : « un intello peut bien proférer des idées fausses ou futiles ». 5 août 2007

2- Qui veut d’un type qui, en 2003, a appuyé l’envoi-de-la-mort à Bagdad par le cow-boy, W. Bush ?

3- Qui veut…de celui qui publie  dans le « Prospect » de 2006 : « Il ne faut pas trop simplifier la question de la torture » ?

4- Qui… juste (avant de virer politicien et quitter sa sinécure étatsunienne et ses rédactions dandyesque à Londres) appuyait le « mondialement provocant » bouclier antimissiles made in USA. Qui? Cet intello loufoque, léger, est un canon lousse dangereux.

FINIR MA VIE À OUTREMONT ?

     Il y a ce chalet au bord du petit lac Rond. Il y a vieillir. Devenu « très très » vieux, sans automobile, me déplaçant avec difficulté, où aimerais-je finir ma vie ? ». On y songe parfois ma tendre Raymonde et moi et le plus souvent la réponse est : «  Rue Bernard, à Outremont. » En mai 1985 je zieutai ce logis outremontais, au 360 de la rue Querbes. Et nous quitterons ce mignon 551 rue Cherrier soulagés, il y avait plus moyen de stationner. Rue Querbes :  « entrée de garage » (comme on dit) garantie. Jour et nuit !

     Fin de ces années 1990, ça suffisait les entretiens variés, une seule grande maison, à Ste Ad, c’était bien assez. Mise en vente du 360 avec déménagement à ce « Phénix » -bloc d’appartements construit sur une usine de Kraft- du Chemin Bates. Phénix ou sans cesse renaître de ses cendres. Ce neuf condo c’était comme vivre à l’hôtel, avec conciergerie, plus de neige à pelleter, plus de gazon à tondre quoi, pas de « chassis-doubles » à changer, la bonne paix.

      J’ai eu 78 ans, il y a pas longtemps, Bécaud chantait : « Et maintenant, que vais-je faire ? » J’aurai 80 piges bientôt, puis 85 berges en 2015 et la vue qui baissera davantage. Fin du permis de conduire peut-être ? Songer alors à une installation, -une station- dernière. Une voix gueulera : « Terminus ! Tout le monde débarque ! » Aïe !  Lecteur, tu seras vieux un jour, tu y penseras à « où planter sa dernière tente », ô voyageurs du temps présent. Là, rue Bernard, là où on va si souvent voir le monde bien vivant. En ville; pourquoi la ville ? La peur. Oui, sans doute. Grande ville où on trouve les grands hôpitaux avec les spécialistes en tous genres, mécaniciens en ces garages des derniers espoirs.

      Oui donc à ma bonne vieille jolie rue Bernard. Avec nos cannes, voyez ce vieux couple, nous deux, qui traverse pour la chère Moulerie familière, ou Le Petit Italien aux plats si souvent succulents. Il y a tous les autres restos du secteur, la bonne vieille tabagie, le bon pain bien doré, les excellentes brioches des petits matins. « Ma » rue quoi et la librairie Outremont, pas loin, sauce art déco, le vieux théâtre Outremont pour du bon cinéma aussi, des concerts. ET le nerveux, agréable, marché Cinq-Saisons. J’en passe… En effet, c’est bien là, rue Bernard à Outremont, que nous voulons vivre dénicher notre dolce vita. La boucle d’une vie se bouclera, me semble-t-il, car, enfant, on venait patiner au parc Saint-Viateur, pour la musique à valses viennoises, pour « le rond vraiment en rond ». Adolescent, on y revenait, pour ses parcs bien champêtres, -où stationner la coccinelle ?- ses rues aux frondaisons étonnantes, en promenades comme dans « prendre une marche ». Avec la dulcinéa qui étudiait l’art dramatique chez la grande Sita Riddez, rue Durocher; rue où trônait le sur actif éditeur Leméac. Le mien durant presque deux décennies, là on trouve un bon resto désormais.

      Cher Outremont, où, en 1925,  (j’en ai parlé) ma Germaine de mère entraîna, de sa rue Hutcheson à l’église Sainte Madeleine, mon Édouard de père dans le mariage. Boucle bouclée, à la veille de disparaïtre, je sortirai sur mon balcon pour revoir au nord les deux flèches du clocher de Sainte-Cécile dans Villeray. Quoi, qu’est-ce qui m’arrive ? Revoir ma vie, en enfilade -gros magasins de diapositives ?- comme dans un film au moment de mourir. Mais oui, vous verrez, jeune gens, nous viennent ces moments, septuagénaires, où on songe à la funeste camarde ! Vous regardez le bitume de votre rue – oh asphaltage récent, Chemin Bates !- et c’est le noir Styx ! Vous cherchez des yeux le redoutable gardien, Cerbère ? Cherchez bien, il y a ce parc-à-chiens au coin de ma rue ! À votre horizon, voici, aux rames de sa noire galère, lui, le navigateur en brumes, Charon. Conduis-moi au ciel, damné pilote ! Dernier navigateur imprudent de nos fins de vie. J’achève de lire « Les portes de l’Enfer », le bon roman.

     Ne craignez rien, votre chroniqueur est en relative bonne santé, il y a seulement que la mort ne me fait plus peur : vous y pensez plus souvent, vous avez vécu du mieux que vous avez pu, aucun grand péché n’accable votre conscience. C’est pas si grave, vous avez eu 89 ans, ou 99,  vous étiez à la fin d’une matinée ensoleillée de juin, affalé sur une chaise de la terrasse bien aimée, rue Bernard justement et un passant s’est penché sur vous. Il fait médecine à l’université pas loin, il a bien vu, il dit aux badauds  : «  Ce vieillard est mort, j’en suis certain ! » Une ambulance stationne devant La Moulerie. On vous emporte. Adieu Outremont !

DÉBATS DE CON ?

       L’auteure Lise Payette, devenue columnist au Devoir, râlait dans sa colonne sur la platitude de ces débats télévisés. Elle a raconté son pépé qui la conduit, toute jeune, au Marché Atwater, proche de son Saint-Henri, natal. Là où elle a pu admirer un vrai tribun. Un orateur fougueux, emporté, au verbe incisif. C’était le cher bon gros maire (ardent nationaliste) de Montréal. Houde. Qui fut floué par le malin Duplessis. Camiiien Houde. En 1940, emprisonné en camp de concentration (eh oui !) en Ontario. Pour avoir encouragé nos gens à ne pas s’inscrire sur une liste « de conscrits » en devenir. Lise Payette a dit qu’elle avait appris, « drès là », rue Atwater, ce que c’était qu’un vrai tribun, un orateur sur hustings dynamique. Elle a raison, que d’ennuyeux discoureurs lors de ces ennuyeux débats télédiffusés ! On s’ennuie du verbe, par exemple,  hautain et tranchant, cruel et mordant d’un Trudeau, ou de la parole nerveuse, chaude, lyrique, d’un René Lévesque. Sans parler du «  roi des tribuns », feu Pierre Bourgault.

       Désormais que de tristes et ennuyeux baratineurs qui font ronfler. Cela du monocorde et nasillard Duceppe au sinistre « bonhomme sous Valium » (merci Chapleau !)  Stephen Harper, ou encore ce plate « prof tournesol », S. Dion, jusqu’à cette  écolo toutoune « green lady »,  massacrant notre langue. Oh l’écorche-oreille insupportable ce soir-là ! « Débats-télévisés-des-chefs »  ?, ces mots signifient : « mort de la parole alerte », vive, captivante. Il y a eu « Dîner de con », il y a débat de con avec un arbitre, modérateur métronomique, qui calcule les minutes et les secondes, qui joue, la langue dans la joue,  le père fouetteur ( S. Bureau ou un autre). Arbitre froid qui fait que ces machins égalitaires, ce equal time de mes deux…,  ne lèvent jamais. On reverra tout cela bientôt puisque le rouge John Charest (fils de Red Charest) semble vouloir des élections québécoises dans… pas longtemps !  Souffrance, disait Fridolin-Gratien-Gélinas !

       Ces sermonnages, sans cesse interrompus, artificiellement soutenus  – à une table ou devant lutrins-, sont d’un soporifique : pas de coup de sang, coup de gueule. Aucune émotion. Aucune humaine vindicte. C’est bla-bla-bla froid. Zzzzzzzzz… dit le phylactère de B. D. La peste de ces débats vains ! Cette sortie fort bien faite par Madame Payette face à un maire-Houde, m’a fait me souvenir d’un autre marché public, le Jean-Talon. Vers 11 ans, en 1942, papa m’amena entendre les orateurs nationalistes du « Bloc populaire ». Un « bloc » d’avant Bouchard, celui de Maxime Raymond, sénateur nationaliste, fondateur et financier. J’entendis discourir à peine un André Laurendeau. Il parlait éraillé et avec son tout petit filet de voix. Et puis, se leva le célèbre patriote Bourrassa (qui n’est pas qu’un boulevard ou une station du Métro, les jeunes), Henri, par Robert qui se tint debout en 1990 (après l’échec de Meech) 24 heures en 24 ans de vie politique. Ce Bourassa avait prononcé quelques belles paroles, on l’entendait à peine car en 1942 il était devenu un petit vieillard maigrelet. Il m’avait semblé avoir cent vingt ans. Ces réunions à débats publics n’étaient pas faites pour les enfant, ça va de soi. Je n’étais pas précoce comme Lise ! Vint pourtant un moment qui m’excita : un des invités « s’empara du crachoir ». Clameurs soudaines et réveil du gamin distrait, le bonhomme (qui était-ce, diable ?) avec une gestuelle d’enflammé, des propos aux sarcasmes bien envoyés, des appels à la révolte, des cris calculés, des silences pas moins bien calculés, bref, un orateur parlait, un tribun, un vrai. Je ne  revivrai cela qu’en 1961, je n’avais plus dix ans mais 30. Quel spectacle excitant, salle louée rue Fleury, en écoutant feu Pierre Bourgault débattre sur l’indépendance.

      Bon, il est entendu que la télé supporterait mal l’emballé d’antan. Le vibrant postillonneur comme je le vis au marché Jean-Talon. Mais, merde, il y a moyen de parler en débat d’idées avec un peu de fouge, avec un  minimum d’âme. Il doit y avoir un petit moyen de causer politique, ses rêves, ses espoirs, avec ferveur. Avec un brin d’emportement. À cette même télé, il y a « La joute » -même animateur-Bureau- aux forts bons moments. On en voit souvent, à Télé Québec, de ces brefs débats bien excitants chez Marie-France Bazzo. Pourquoi à  chaque élection ces débats d’un morne ?  Trop de règles. Aucun espace libre. Corsetés, intimidés, par le maudit collier-protocole, les débatteurs se tiennent « à carreau ». Ils sentent  une intolérance totale à la vie, au mouvement, à la sortie vive, à l’humeur. Cela relève de la rectitude sotte, la peur niaise  des dérapages. Cela qui fait le sel et le suc de telles rencontres. Aux débats prochains -et ça viendra vite suggèrent des Libéraux à Québec- comment pourrions-nous échapper au genre actuel ? À ces encadrements stricts et à ces thèmes choisis. À ce : « À bas toute subite inspiration, liberté et improvisation », oui, comment abolir ces menus imposés, prédigérés par les patrons (en consortium) de ces dortoirs ? Il est très clair que le public démocratique apprécierait ces débats. Les audiences le prouvent mais, hélas, on n’affiche plus ce qui se nommait jadis « l’indice de satisfaction ».Trop gênant ? Ce serait marqué : zéro !

GIROUETTE, VIRE-CAPOT ?

Chroniqueur chez Gesca-Power, au Saguenay, voici un indépendantiste,  ex-ministre, qui revire son capot de bord. « N’y a que les fous pour ne jamais changer d’idée », disait un dicton populaire. M. Brassard peint en couleurs ridicules un monde qu’il aimait il y a pas si longtemps.

Quoi ? On a vu dans notre histoire un abbé zélé, diplômé en théologie du Grand Séminaire si-ou-pla, un prêtre catholique bruyant, farouche et populaire prédicateur « anti-alcool » qui, un jour, vira de bord et se fit l’adversaire de SA vieille religion pour servir avec un zèle intempestif  la vaste et facile « cause toute nord-américaine, le Protestantisme; mais ce dernier resta pourtant méfiant à son égard. Chiniquy, son nom.

Brassard, lui, reste dans le monde laïc ? Oui, mais sa véhémente sortie anti-Bloc, anti-Duceppe, montrait un aspect quasi religieux. Dans ces affaires politiques  « nationalistes », hélas, le ton employé -pour ou contre- a tendance à verser dans l’absolutisme, dans le « crois ou meurs ». Je ne suis pas sans péché. On comprendra que mes amis -il m’en reste) « fédéralistes » furent ravis de ce mouvement « girouettatoire ». Si le vire-capot a fait enrager ses anciens compagnons de lutte, il a fait la joie des nouveaux adeptes.   Or, le Jacques Brassard en question n’a pas trop montré pour quel bord il allait combattre. Harper, Dion, Layton ? Il ne pipe pas mot, il a voulu avant tout fustiger, selon lui, une « vieille picouille » gauchiste, le Bloc de 2008.  La campagne électorale montre déjà des cahots et on va en voir encore davantage. C’est bien parti. Déjà, ici et là, il y a grosses bourbes, des déclarations embarrassantes. Des religieux fondamentalistes cachés. Déterrage de vieille sottises que l’on croyait oubliées. Des regrets sincères ou pas s’expriment. Des excuses arrachées ou consenties se balbutient. Le Harper se voile la face : ce gros sale « caca » sur l’épaule du chef fédéraliste rouge : une vraie honte ! « Pardon camarade, excuse confrère, on le fera plus ». Ouin ! En réalité, tout pour, sans cesse, mettre des bâtons dans les roues du char de l’adversaire quoi.  Car c’est une guerre, une course au pouvoir. On veut tuer et des mots, parfois, tuent. Les partis -riches ou s’endettant- dépensent des fortunes, en placards comme en messages de radio ou de télé. « On nous aime, on veut note bien, on nous adore ! » Voire… Félix chantait « Le lendemain des élections, il sait même plus ton nom ». Pas fous, les citoyens le savent. Il y a peu de vrais travailleurs d’élections, c’est une toute petite minorité, sachons-le bien. Une réalité trône : le marais, depuis toujours, un vaste domaine où vit le monde ordinaire. C’est eux que les rares militants -bénévoles ou stipendiés- cherchent à captiver. À séduire tellles des guidounes sur la Main Street.

Ces foules d’indécis c’est du gros travail. Pour tenter de capter un peu de leur attention,  les aspirants, anciens ou nouveaux venus, ex-élus ou éternels rêveurs, se démènent comme diables en eau bénite. Grimpent des escaliers, sonnent aux portes, commi-voyageurs du vide parfois, colporteurs sans vrai programme souvent. Ils hantent les centres commerciaux, serrent les mains de parfaits inconnus, embrassent des poupons, sourient sur l’automatique, jurent  la main sur le cœur qu’ils nous veulent du bien, qu’ils nous aiment. Hum….

Des pelures de bananes apparaissent au beau milieu des parcours. Ainsi, soudain, un Brassard crache dans son ancienne soupe. Il a certainement son droit à changer de monture. Il a fait voir du même « coup de gueule » sa tendance au conservatisme « bleu-Harper » et son côté « va-t-en-guerre ». Mais, soyez-en certains, les militants s’en fichent. Brassard ne convertira personne. Ni à droite ni à gauche. Les jeux des vrais politicailleurs sont faits, sachez-le bien. Il reste les jeux de ce maudit marais, le côté « loterie » de ces chasses-aux-votes. Comment va voter l’ indécis ? « That is the question », cher Shakespeare !  Ces gens, jamais girouettes, jamais vire-capots car peu politisés et peu informés, vont cocher X ou Y ou Z selon des critères capricieux : la bonne mine, un ton de voix rassurant, une attitude corporelle plaisante. Ses sourires ou ses airs sérieux. Ou un très vilain méchant dessin de Serge Chapleau. Une phrase qui a touché les cœurs…des cris de protestation bien sentis… L’indécis du vaste marais -vert ou bleu, rouge ou Bloc- va voter dans ce monde mou et flou selon : «  il m’a paru solide en débats…il m’a semblé si serein… elle a une bonne figure… Ou : « Il a une sale gueule, je ne vote pas pour Cassandre ! » Bref, les gens de conviction vont ignorer les Brassard et les gens d’intérêts savent où trouver le beurre des épinards, n’est-ce pas ? Les majorités humaines hors magouilles et favoritismes, votent à l’humeur. Suis-je en train de dénigrer la démocratie ? Non, non, le bonhomme Churchill avait raison : « Le moins pire des systèmes ». Bien dit Winston !