« POING À LA LIGNE » …

À LIRE POUR PAS MOURIR IDIOT

 

« POING À LA LIGNE » …est un bouquin captivant du Norman Lester ( Intouchables, éditeur) Vous lirez :

1-que le juge Gomery n’a fait mettre en prison AUCUN politicien libéral pourtant mêlé aux « Commandites »; pas un seul

2-que les « Truthers-à-complots » affirment les chefs de la CIA ont versé 700 millions ($) à Al Qaïda pour septembre 2001

3- que nos policiers dirigent souvent une entreprise privée en plus de leur job de flic

4- qu’il y a « une maffia amérindienne » à Akwasasne, nous privant de 2 millions et demi ($) de revenus en impôts

5- qu’un demi-million de francos hors-Québec ne font rien pour combattre à nos côtés (pour le français en péril)

6-qu’au Pentagone —où l’on aurait  initié l’Internet et le GPS— des scientistes planchent sur un avion capable aussi de naviguer sous la mer, aussi à « comment réussir à hiberner »,  avec essais actuels sur des cochons

7- que l’on taisait qu’il y a quatre ans, le frère de Mitterrand, africaniste, Jean-Christophe fit 90 jours de prison pour fraudes

8- que ces Grecs paressent et détestent payer des impôts, victimes « gâtés-pourris » de la longue domination par les Ottomans,

9- qu’Israël, jadis, vendait des armes ($) aux racistes de l’Afrique du Sud solidifiant ainsi leur racisme

10-que l’Ontario (et la Colombie) deviennent bilingues… mais « Anglais-Chinois ! »

11- que des 20 villes les plus polluées,16 sont en Chine

12- que les Mohawks d’Oka, originaires du nord de New York, n’ont pas de « terre ancestrale », installés là par les Messieurs de Saint-Sulpice

13- qu’il y a une milice armée Mohawk, les Warriors, des vétérans du Viêt-Nam souvent et que la population les déteste

14- qu’à Outremont on trouve vingt synagogues juives (20 !) et que seule la ville de  Jérusalem en aurait autant

15- que désormais la police peut vous espionner à volonté via les Blackberry et Cie, ces machins comme centrale d’écoute

16- qu’une fois les Marines partis en Irak—après un demi million de civils tués— il y aura alliance ( des Chiites) avec l’Iran; ainsi la ruineuse « guerre de Bush « …un gaspillage favorisant l’Islamisme

17- que Lise Payette a commis une énorme bêtise en 1978  avec sa « no fault law », des tueurs » au volant riches se retrouvent avec rien à payer en dommages

18- qu’au Rwanda, le protégé des USA, Kagamé, a lui aussi commis un génocide avec l’aide de Congolais

19- que le reporter Bob Woodward (Affaire Watergate) révèle dans son livre « VEIL » :  dès 1984, sous Reagan, la CIA enseigna le terrorisme anti-Urss à de futurs Talibans

Ah oui, lisez ce « Poing à la ligne » révélateur et vive Norman Lester qui fut congédié de Radio Canada quand il fit éclater le scandale des « Minutes du Patrimoine » propagande avec Guy-R. Scully. Ajoutons : cher Pierre-Karl Péladeau, la CBC-SRC mérite du questionnement, c’est plus de 999 millions ($) par année de notre fric public.

 

MÉFIANCE DU 2009 DE L’ IGNARETIEFF ?

         Le chef Libéral fédéral cherchera, en 2009, des appuis ici.

         Ce sera une futile quête pour le ruskoff de noble extraction, aristo dégradé à papi et papa  impérialistes. Avec ses allures à la sauce HARVARD-USA, l’ignare nie ignore la nouvelle réalité d’ici. Il voudra battre les « cons-serviteurs  mais, il ignore que nos votes de frenchies ne sont plus du tout nécessaires. Les Canadians d’un océan à l’autre sont désormais très majoritaires.

        Hélas, Mike-Hell Ignaretieff ne saisit pas qu’il n’y a plus aucun intérêt de nous avoir au fond de ses bras Rouges, de son grand cœur saignant l’unifolié. Allons, un peu de lucidité chers fédérastes nostalgiques. « Wake up ! » La pêche aux votes du Québec, devient futile, du temps, de l’argent perdus. Une façade pour causeries radiocadenassiennes !

 

HALLOW’EEN DU BLOC

         Bientôt nous ne compterons plus que pour des pinottes dans cette confédération fondée en 1867 pour tenir ensemble les deux races fondatrices. Du temps a passé et le Canada est devenu un pays english only.  Confortablement anglophone et c’est très correct. Ouvrez les yeux chers sentimentaux en fédérastie ? Voyez : (1) l’immense vague d’émigration -toute pro-anglo- à Toronto comme à Vancouver, et (2) combiner ça à notre dénatalité. Cric-crac-croc,le Québec est, coast to coast,  un groupe minoritaire sans pouvoir solide aux Communes.

 

PRO-TORTURE, PRO-BUSH-EN-GUERRE et PRO BOUCILER

      Avec le Bloc-à-Duceppe nous faisons « Beuh !», c’est une Halloween pour Big-Brother-Ottawa qui  tolère ce burlesque. Car les Blokes se réveillent : de Vancouver à Halifax, c’est déjà « vos gueules et  mort au chantage » (accusation de l’apatride Elliott-T.). Vous allez voir, nous serons bientôt impuissants aux Communes, sans vrai pouvoir. S’agit plus de veilles rancunes sauce-Plaines d’Abraham. Débarrassons-nous donc du statut de « une  province sur dix ». Urgent. Interrogez n’importe quel démographe : en 1867, nous étions environ 50 % . Cela a fondu à moins 25 %. Au rythme migratoire bloke ce sera 18 %. Puis 15 % Puis…fin des braillards, manière Charest ou façon Marois. Les pèlerins à chialeries ? Un groupuscule encombrant.  

Le 85 % de Canadians nous dira avec raison : «  shut up, Kwaybec, respect democracy » à chaque foi qu’Ottawa commandera le vote. Sur des lois qui pourraient nous être nuisibles. En 2009, Mike-Hell Ignaretieff ne devrait plus parader de Rouyn à Gaspé, de Chicoutimi au fond de la Beauce.  Plus besoin des députés québécois.

       Attention, cela signifie que « réunie », car on se sépare pas mais on se rassemble, nous formons sachons-le mieux, une formidable majorité, maîtresse de son destin. Rien à voir avec les chicanes sauce-Abbé Groulx. Oui, nous sommes une nation et elle est majoritaire ici. Plus de 80 % ! Mettons donc fin aux quêteuseries.

      Que l’Ignaretieff en prenne note et qu’il ménage le pétrole en 2009. , qu’il économise en 2009. Qu’il évite le vain pèlerinage en provinces québécoises et fin, bon sens,  des niaises bloqueries. Annulons nos bulletins en 2008. Dans  une décennie, pas même deux, ce sera réglé, vous verrez. Enfin il y aura un Canada normal pouvant voter à sa guise, « tous-Bleus » ou « tous-Rouges » avec  un zest de socialistes-caviar. Plus quelques écolos bien verts, my God !

      Le Tzar de ces Libéraux, Seigneur Ignare-Tieff, fieffé cabot dans les deux langues, ne devrait pas présenter un vieux film trop vu, ni tenter de nous séduire, nous faire oublier son « parti-des-voleurs-à-commandites » ? Il y a pire que l’Harper ?

Notez ces 4 points : 

1-Qui veut d’un type qui déclara : « un intello peut bien proférer des idées fausses ou futiles ». 5 août 2007

2- Qui veut d’un type qui, en 2003, a appuyé l’envoi-de-la-mort à Bagdad par le cow-boy, W. Bush ?

3- Qui veut…de celui qui publie  dans le « Prospect » de 2006 : « Il ne faut pas trop simplifier la question de la torture » ?

4- Qui… juste (avant de virer politicien et quitter sa sinécure étatsunienne et ses rédactions dandyesque à Londres) appuyait le « mondialement provocant » bouclier antimissiles made in USA. Qui? Cet intello loufoque, léger, est un canon lousse dangereux.

NATIONALISME : BIENFAITS ET MÉFAITS

 Un correspondant à claudejasmin.com me relance car il a en horreur le nationalisme, à cause des dictateurs (Mussolini, Hitler etc.) en Europe (comme en Amérique du sud et ailleurs) qui utilisaient le nationalisme pour asseoir leur despotisme parfois écœurant. Une vérité irréfutable. Je me souviens de Gérard Pelletier, vieux camarade et mon patron à La Presse, brillant gauchiste catholique (il y en a), changé en « colombe de Pet » et qui était d’une méfiance extrême face à notre nationalisme, à cause du tyranneau conservateur Duplessis. Pourtant, on vit Pelletier défendre à fond la noble cause de l’Algérie algérienne. Selon lui, leur nationalisme était vital ! Il y a eu tous les nationalismes louangés dans les pays se décolonisant. Ces luttes amenèrent a aussi au pouvoir des despotes fous, je songe à « l’Afrique libérée ».

Une chose est sûre : en soi, le nationalisme peut être l’outil indispensable pour conduire une nation à la liberté. Des adversaires crient au devoir d’imiter les grandes nations : « il serait petit et chétif de parler encore « nation » au moment de la mondialisation. » Ils oublient le puissant nationalisme des États-Unis. Ou de la France. Les drapeaux sortis, la main sur les cœurs, les trémolos aux hymnes, dès qu’il y a menace en la patrie, octobre 2001 par exemple ou bien ce LePen soudain se rapprochant du pouvoir.

Il y a ici six Québécois sur dix, d’avantage probablement, qui sont nationalistes. C’est essentiel, nécessaire, à mon avis, c’est normal aussi. De farouches anti-liberté nationale osent dirent : « Restons liés aux Canadians car il faut être gros (be big estie !) pour mieux réussir. Je dis toujours à ces aveuglés : « Alors pourquoi ne pas nous joindre aux USA, nos puissants voisins d’en dessous ? » Silence, chaque fois !

La menace d’un despote, d’un tyran est toujours un risque. Pour le Québec, le Canada ou les USA. J’ai confiance en la démocratie, en la saine résistance des nôtres, si un tel manipulateur s’amenait. Voyez, au sud, la montée des Démocrates face au régime Républicain abusif sous la gouverne erratique du va-t-en-guerre, W. Bush. Qui achève.

Nous formons une toute petite nation —2 % sur le continent— qui a le droit selon la chartre de l’ONU de se gouverner elle-même. Librement. Sinon, bientôt nous serons une sorte d’ethnie parmi toutes les autres dans ce Canada qui grossit en population sans cesse. Quelle force, quel atout politique aurons-nous alors un jour si nous devenons un 15 % de la population canadienne ? Or, nous sommes plus de 80% au Québec, nous sommes une majorité.

Comment comprendre les batailleurs du fédéralisme? Il y a « la peur de la liberté », selon le sociologue brillant Cyrulnic. Oui, « une peur », car la liberté, disait-il, est la fin des protections « de l’autre », de la tutelle infantilisante, la fin d’une autorité aliénante mais bien confortable. J’ai des amis fédéralistes, nous discutons souvent, je veux toujours le faire avec calme, en toute chaleur humaine. En 1970, mon propre père craignait, détestait les propos nationalistes d’un René Lévesque et ses alliés. Dont j’étais.

Voilà donc presqu’un siècle (depuis 1961 et le RIN) que je lutte pour notre liberté. Voici maintenant que le parti politique qui porte « ma » cause est réduit à bien peu. On me questionne depuis le 26 mars : « Pas découragé ? » Mais non. La Grèce, pour prendre un exemple, a combattu presque 10 fois cent ans pour enfin obtenir sa souveraineté entière, pas vrai ?

Je ne crois pas du tout à une aussi longue attente pour le Québec. Je suis sûr et très certain que cela va advenir. Quand ? Ça ! Je respecte ce (trop long) délai, je sais la fragilité d’un peuple abusé, d’une nation —reconnue par un Harper— à qui l’on prêche les vertus d’une domination soft. C’est un autre fait très têtu : l’assujettissement des nôtres est tissé de compromis selon les saisons politiques. Il n’y a pas « en face » de pouvoir dur, raciste avoué, de lois cruelles. Chaque fois qu’il y a une poussée grave de nationalisme, on voit les adversaires lâcher un peu pus de corde. C’est tout cela qui rend la batille indépendantiste si difficile à livrer.

Lors du référendum (volé) en 1995, ce sera pourtant la panique, ce sera l’incommensurable gaspillage d’argent —Option-Canada et « les commandites »— par Ottawa. Quand je me dis pourquoi donc, comment cela se fait-il qu’il n’y a pas de supporteurs de la liberté québécoise chez les intellectuels anglos ? Je n’ai pas une autre réponse que celle-ci : « Ce Canada sans le Québec deviedrait rapidement une simple annexe étatsunienne. Un fait têtu cela aussi. Car hors des minces chapelles « nationalists » (à Toronto) le peuple canadian tout entier est « américanisé » et jusqu’à l’os. La culture —populaire, magazines, cinéma, télé, etc.— est absolument « All-american » Questionnez les lucides hors-Québec, ils vont vous l’avouer, admetre cete « colonisation galopante » Alors c’est : « Faut garder Québec pour nous différencier ». Vérité embarrassante je le sais mais réalité.

BOMBE ATOMIQUE CHEZ VOUS ?

(Lettre ouverte au Devoir, de Claude Jasmin)

BOMBE ATOMIQUE CHEZ VOUS ?

M. l’éditeur,

J’ai lu avec grand intérêt l’article de François Brouseau parlant d’une bombe atomique tombée sur New-York… Ou Chigago, ou Montéal ? Il a bien raison, l’Iran ou la Corée du Nord, la possédant un jour, pourraient se contenter en effet de rejouer le jeu de l’Équilibre de la Terreur comme jadis URSS vs USA. Il dit vrai : le danger pourrait venir d’un groupe de fanatiques mettant la man sur un peu d’uranium ou de plutonium. Ni Brousseau ni moi ne souhaitons stimuler les ardeurs des Bush et augmenter la psychose « bardons-nous de gardiens et barrières » mais…

En 1975, j’avais lu « La bombe chez vous » du physicien atomiste Teller Teller (qui fut actif à Los Alamos). Repenti, plein de culpabilité, Teller publiait donc un récit documenté sur un fait : « n’importe qui se rendant dans une biblio importante dénicherait comment se fabriquer une bombe atomique, chose devenue quasiment une « recette » et facile d’emploi. Ce qu’il craignait ? La facilité à voler de l’uranium ou du Plutonium. Teller avait fait son enquête soignée sur les stocks bien mal gardés, sur les fréquents voyages en camion de ce matériau hautement dangereux. Il en était scandalisé. Son bouquin me fit rédiger un roman : « Revoir Éthel » où, en 1976, un révolté-de-carrière souhaitait faire sauter le stade aux J.O. de Montréal.

Faible en science, je comprenais tout de même qu’avec un bol à salade et quelques ingrédients bien choisis, une minuterie et bang ! 70, 000 spectateurs seraient morts irradiés ! Aussi l’hypothèse de votre journaliste Brousseau évoquant un fou-de-Allah, ou tout autre illuminé, muni d’une telle bombe atomique qu’il lâcherait sur une mégapole des USA est donc absolument plausible.

Hélas !

Claude Jasmin

Écrivain, Ste-Adèle.

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« GRANDES GUEULES » RECHERCHÉES

Il y a un manque tant on slaque vite à la télé les tribuns désaxés. Un matin, j’ai dit « non » par téléphone à un nouvel appel de la télé de TQS, encore une fois l’on m’invitait à « gueuler » en ces débats d’après les nouvelles. « Non merci ! », car j’y voyais de l’artificialité. Amateur de polémiques depuis très longtemps, je me sentais installé sur une liste-maison à « grandes gueules » Ma peur ? Celle de devenir un autre gueulard « automatique » et peu importe le sujet, le vrai fond d’une querelle. J’avais assez donné. Toujours, je me souviendrai de cette recherchiste —pour TVA chez Cazin peut-être?— qui osa me dire : « M. Jasmin, un p’tit effort, je suis mal prise, j’ai personne pour débattre le « contre », soyez donc si-ou-pla, « contre l’avortement ».

Mon refus net d’y aller, bien entendu. À la radio, les Pasco et Proulx —moins criards et plus mesurés que les sinistres Arthur et Filion de Québec, aujourd’hui congédiés des ondes publiques— furent des pionniers en cette matière. La télé s’y est mis depuis quelques années. Je tiens comme absolument essentielles deux valeurs : l’indignation et l’admiration. Or, au domaine des querelleurs « de service » il n’y a que « l’indignation de « commande »; je ne mange plus de ce pain-là. Denise Bombardier a raison certes, la faculté de s’indigner manque trop en notre population frileuse et craintive face à ses droits.

Reste que la faculté de s’émerveiller n’est pas moins importante. C’est aussi, hélas, la grande absente; les médias s’excitent pour —surtout— ce qui va mal. Essayer de contacter un du monde médias et proposer: « Pourrait-on, en un panel, aller vanter en ondes les grands mérites de X. Ou de Y ? Leur valeur singulière, leur effet positif sur nous tous ? » Ce serait : Niet ! Rarement peut peut-on lire (presse), entendre (la radio), voir (la télé) des éloges à propos d’un progrès formidable. Lisez les « lettres ouvertes », que de farouches revendications de tous ordres. Y compris l’ordre folichon. Un monde de râleurs ? Hélas, oui. Et je ne suis pas sans péché là-dessus mais j’ai fini par mûrir, me lasser de cette position de « gueulard à tout crin ».

La foule aime ce genre de cirque ? Sans doue, il n’y a qu’à voir la tête heureuse d’un Guy Lepage quand lève une chicane en son studio des dimanches, il sait bien que le lundi, la querelle fera des manchettes et, partant, sa publicité. Ainsi on a pu observer l’amertume d’un Gilles Proulx aux « Francs-Tireurs » causant, tout navré, d’avoir été « jeté » par TQS —quand il dérapa à propos d’une jeune victime de viol. Que dire du cas lamentable d’un psy Mailloux, révélant une étude-bidon sur la génétique débilitante des Noirs ? Plus récemment, quoi penser de cet ex-maire de village, Gendron, qui injuriait bassement une jugesse qu’il déteste viscéralement.

En ce domaine des débats publics, il reste, à T.Q, avec Marie-F. Bazzo, ce forum civilisé avec plusieurs voix à ses micros et caméras. Dans l’affaire des « passe-droit » aux migrants à confessions multiples, un Paul Arcand s’entourait, lui aussi, d’une pluralité de voix discordantes. Ce qui fit un « moins bon » show forcément mais qui donnait de l’espace médiatique à tout le monde. Qui osera offrir un spectacle d’idées en disant au producteur (de radio ou de télé) : « Ce serait une table d’invités pour louanger unanimement telle découverte ou tel grand succès, telle réalisation importante ». Au panier et vite ! La foule sentimentale (cher Souchon) aime davantage les monstres, la foire d’empoigne.

Pour une meilleure « crotte d’écoute » il n’y a proclamer : « Ce soir, ne manquez pas à notre antenne, la rencontre explosive de quatre —ou six ou huit— très farouches « anti-Céline Dion », elle ou toute autre vedette incontestable. Les gradins se rempliront rapidement. Ou vous annoncez : « Débat public : pour et contre… », choisissant un sujet ultra hot car la démagogie contient un vaste choix de sujets. Bémol très embarrassant pour ces entrepreneurs en cirques et foires foireuses : très difficile d’embaucher de ces « gueulards candides », c’est ce qui fait que le public voit —et revoit— toujours les même la même dizaine (à peine !) de binettes. Ce court cheptel trop familier achève actuellement d’enfin comprendre : une réputation factice et encombrante. Aux foules abusées, on n’ose pas avouer que cette sorte de clowns se raréfie. Le bouffon des ondes, le canon-lousse, prend conscience, lui, qu’on l’utilise et qu’on le jette comme un vieux mouchoir sali dès sa première dérive.

Je refusai donc de jouer plus longtemps car j’ai le sens du ridicule. On ne me prendra pas, par exemple, à m’exclamer aux côtés de Madame Thibault : « Que le chef élu, André Boisclair, démissionne tout de suite pour avoir osé jouer le coco à la fictive tente de Bush et Harper ». Jadis un dadais, éditorialiste à Québec, écrasé ensuite par le ridicule, fermait sa semonce écrite par : « Et que Kroutchef se le tienne pour dit ! »

Pour moi : e finita la comedia !

RUMSFELD FUIT ET CASTRO MEURT ?

Pour ne pas mourir idiot, je lis des cahiers « affaires », bien ficelés le plus souvent et j’y glane des informations étonnantes, éclairantes, me faisant découvrir « la dure réalité à étreindre », selon l’expression du poète Rimbaud qui —adieu poésie— s’en alla brasser des « affaires » en Éthiopie du nord, au Harrar. Mais je lis encore bien davantage sur les actualités. Aux USA, le petit père Rumsfeld se sauve de la White House — la « Rome » contemporaine— la queue entre les jambes, adieu Pentagone chéri ? À l’affiche : « guerre civile » saignante en Irak bientôt. Alors milliards « en argent du peuple » gaspillés en vain.

Ces bombardeurs sur les deux tours de New York en 2001 ? Pas un venu d’Irak, ou de l’Afghanistan, ces kamikazes musulmans, fanatiques instruits, étaient originaires d’Arabie saoudite ou d’Égypte. Et Bush, qui le savait, envahissait l’Irak ! Eh ! 2007 s’annonce mal. L’écrivain-philosophe, BHL, avait publié (son livre sur le journaliste décapité, Pearl) : « Le Pakistan est le nid capital de tout ce qui se brasse. » Alors les clandestins à Le Caire, à Ryad et chez notre « autre ami » qui règne au Pakistan ? « Pas touche et on alla chasser les Talibans qui se regroupent actuellement, l’on partait capturer le dictateur Saddam Hussein ». Silence dans les estrades !

« Castro se meurt », qu’ils disent à Washington. Wishfull thinking ? Viennent de partir pour La Havane, rencontrer frérot Raoul, 16 parlementaires des USA, des amerloques parlables qui sont anti-embargos, anti-blocus. Plein de Jos Blow pourront aller se faire bronzer aux jolies plages cubaines « à bon marché » bientôt ? Quoi encore ? quoi ?, on jongle chez les conseillers futés de « La » Capitale-d’Occident à faire ami-ami avec la méchante SYRIE et le venimeux IRAN. Eh oui, car il y a « la » question vitale, le nœud gordien de toutes ces chamailles assassines: Israël. Faut donc « slaquer la poulie » aux araboïdes de ce proche Orient, permettre aux « forts » (Iraniens, Syriens) de mener le jeu en paix relative. Mais à Ryad-la-pourrie ça grogne de ce projet, vous pensez bien. Sunnites énervés par l’idée de ces Chiites rassurés, réunis et calmés. Hum…

Ô Palestine, enclaves, religions, factions, murs et colonies…là comme partout : la division. Hamas versus Fatah ! Querelles sans fin ? Eh Seigneur ! Des « frères ennemis ». Classique des classiques. Depuis les débuts du monde, vieilles lamentations depuis les premiers philosophes grecs ! Le monde ne changera donc jamais ? Tenez, rien ne va plus entre mon propre frère et moi, pénible public aveu que je fais là mais qui m’ouvre les yeux. Regardons dans nos cours hein ? L’amour est un beau projet monsieur Jésus le Nazaréen… que l’on fête de nouveau ces temps-ci… sans changer jamais. Ma honte !

Notre cour ? Ici, au Québec, le chef élu, John-fils-de Red Charet, échec total avec ses deux promesses :
1-régler la santé et,
2- diminuer la fiscalité.

Fin de mandat, sa note de bulletin ? Zéro. Pas grave. Faisons des élections en 2007. Et faisons de nouvelles promesses. À Ottawa ? Même affaire, même business, allons en élections en 2007. Et l’autre, le Boisclair, pas clair de noeuds, qui vient de proclamer avant de partir en congé : « Il faut soulager la fiscalité des entreprises ». Hein ? Quoi ? Signe avant-coureur évident quand on veut s’attirer le soutien (indispensable n’est-ce pas ?) des financiers, des développeurs, des entrepreneurs. Des bons gros bourgeois. La grande bonne foule ? Elle n’a même pas les moyens de payer des impots. S’en balance-t-elle de payer « moins » d’impôts. Tu parles, Charles ! Alors voter (vainement) pour Dame David ? Mais oui.

Je vous souhaite une bonne nouvelle année, lectorat bien-aimé. Et Bye-bye 2006 !

« Comment va le monde ? », titrait un auteur. Bin…ça dépend. Un voisin anxieux guette sa… fin, je le connais, l’aime, l’encourage. Moi je sors de la clinique de mon village, du bureau de mon toubib. « Examens positifs. Tout baigne, bravo ! », qu’il me dit ! Des ailes, j’avais ce midi-là dans le Chemin Pierre-Péladeau ! Saint-Pierre, son nom. Un vrai gardien de paradis çà. La santé pour quoi faire ? Pour écrire des chroniques, pour peaufiner ce neuf roman à publier en février (« Chinoiseries » chez VLB), aussi pour lire les bons livres des autres, voir du solide cinoche, de la télé captivante (si rare). ET…aimer mieux encore ma compagne de vie. Surtout cela. Pour aussi, rester informé, oui, ne pas mourir idiot. Enfin, souhaiter me rapprocher de mon frère unique. Je m’y engage. Sinon ? Sinon « farme ta yeule » sur les chicanes de la planète, sur la querelle entre Juifs et Palestiniens.

En primeur les lecteurs de ce blogue peuvent lire le premier chapitre du prochain roman de Claude Jasmin « CHINOISERIES » qui sera publié en février 2007 chez Sogides .
[ RÉSUMÉ: un enfant de six ans rêve d’aller en Chine retrouver un oncle en mission et l’enfant devenu un vieil homme malade se débat aux portes de la mort. ]

« SANTA CLAUS-GODBOUT ? »

Fin du Québec français en 2076, dixit un prophète de malheur. Aperçu, rentrant de Paris, mon Jacques Godbout venu entendre l’étonnant Fabrice Lucchini sur Céline (l’autre), il m’a paru en bonne et belle forme. Or, on vient de lire dans « Actualité » qu’il prévoit son prochain tombeau et aussi celui du Québec, il entraîne à son cimetière son interviewer, Vastel. Diable ! Avant de crever, il avertit les populations : « Après moi le déluge ! »

Godbout annonce donc la fin (solution finale) de la québécoiserie et donne même une date précise : 1976 ! Seigneur ! Nous sommes du même âge, Jacques et moi mais voyant tous ces jeunes adhérer à l’indépendantisme avec le jeune chef André Boisclair, voyant aussi —un exemple entre plusieurs autres— la nouvelle fougue patriotique des jeunes rédacteurs du mensuel Le Québécois, son verdict de mort annoncé, comme dirait l’humoriste, «c’est nettement exagéré ». J’ai grande confiance aux jeunes générations pour poursuivre l’essentiel combat d’un coin d’Amérique du nord tout en français. Quelle mouche l’a piqué ?

Camus écrivait: « Il est interdit de décourager les hommes », Godbout —tel le Meursault de « L’étranger » (lecture actuelle de W. Bush)— tue. Il tue l’avenir, il tue l’espérance, il assassine un idéal. Comme Godbout, froid, hautain, indifférent, cynique, le héros de « L‘étranger », Meursault, ne s’explique pas. Quant à l’ex-élève du chic Collège Brébeuf, il avance sans rire que sans le « cher bon vieux cours classique » des curés d’antan, il n’y a plus aucun progrès.

Une nostalgie surprenante pour ce militant de laïcisme. S’agit-il d’une sorte d’égocentrisme ? Tel le grand chef revenu d’exil, un Papineau découragé, amer, qui recommandait en fin de vie de nous annexer tout bonnement aux USA ! Dans le trafic nouveau, on a envie de bousculer certains défaitistes en leur disant : « Move Santa Claus, move ! »

Jadis, Godbout m’a qualifié d’ « excellent baromètre de nos humeurs » et j’ai dit à cette époque qu’il était « un excellent dé finisseur de nos situations ». Le temps a passé. Déçu et serein néanmoins, Godbout palabre légèrement sur les futurs jeunes pèlerins venus à son cimetière. Eh bien, oui mon Jacques, en 2076 il y aura encore des Québécois jeunes et fiers qui iront « cracher » (ô Boris Vian !) sur ta stèle illustrant que le combat continue. La Grèce a attendu de nombreux siècles avant d’obtenir enfin son entière liberté, pas vrai?

Tel un Jacques Parizeau, son interview fait voir sa méfiance des nouveaux venus. Cela avec un zest d’arabophobie. Or, qui ne connaît pas des maghgrébins —par exemple— ayant pris position en faveur d’un Québec libre ? Aimant ce romancier et cinéaste doué, j’ose croire à un moment de déprime et souhaite qu’il s’en sorte au plus vite. Jacques, en 2076, les petits-enfants de tes petits enfants, parleront français, vivront en français, allons, allons !

  • publié dans le Devoir
  • QUI DONC CONSEILLE, ORIENTE CBC-RADIO-CANADA» ?

    À la CBC-SRC, au dessus des directeurs —et autres chefs de service— se trouvent les vrais patrons que sont les administrateurs de la radio-télédiffusion publique. Comme moi, vous imaginiez-vous y voir des créateurs de grande puissance ? Des artistes féconds, des « capables » de penser le présent et l’avenir du monde des « infos et divertissements ». Nenni !

    Ce Conseil (C.A.) est fait de très curieux personnages. Via l’ex-ministre Liza Frulla, on y a mis un « président » pour faire écran, fallait au moins « un » bonhomme connaisseur du métier. Guy Fournier est donc le seul a connaître « pas mal » le métier.

    Les autres ? À Québec, un jeune journaliste, Patrik Bourgeois, a eu la patience —pour son hebdo— de fouiller le passé (les C.V.) des vrais chefs de CBC-SRC. D’abord parlons de M. Rai Sahi ! C’est un brasseur d’affaires valant 2 milliards de piastres, chargé de compagnies diverses et qui loue à la CBC-SRC de ses locaux, rue Queen ! Conflit d’intérêts ? M. Sahi sort dans le corridor au moment où se traitent ces locations ! Fournisseur à la caisse des Libéraux, on peut gager qu’il a su prendre le vent-Harper et vite !

    Il y a aussi Mme. J. Brunet, ex-prof de marketting aux HÉC qui est vice-PDG de « Distraction Formarts », compagnie qui « exportait » « Un gars, une fille », qui « importait » le concept de Ardisson, « Tout le monde… », au Québec. Mme Brunet fut PDG de « Vivavision Inc » où l’ex Chef de cabinet de Boubou, Mario Bertrand siège, elle fut producteure d’émissions-jeunesse dont « Wattatow » à la SRC. Conflit d’intérêts encore ?
    François Macerola, époux de Suzanne Lévesque, y siège aussi, militant Libéral battu dans Vimont, ex-patron de l’ONF, de Téléfilm, c’est lui qui bloquait le projet du film, louangé à l’unanimité, du patriote Pierre Falardeau : « 15 février 1839 ». Comprenez les racines-sources de ce monde d’administrateurs absolument « neutres » politiquement !
    Que je vous présente maintenant Mme. Y. Jivraj , la PDG de « Acrodex », firme d’informatique alliée à « Crimsonlogic » qui, elle, est partenaire de « CITIC ». Ce « Citic » est une très puissante banque (de Hong Kong) qui fait dans le trafic d’armes. Les Desmarais de Power- La Presse-Gesca, récemment, s’y sont associés ! Le président Fournier, « ostindebeu », n’y voit rien de grave. Se disant l’ami de Pet autant que de Tit-Poil, durant la « Crise d’octobre 1970 », avec menottes aux Miron, Godin et al, Guy Fournier, peinard, « conseillait » sur les Fêtes du 100 ième anniversaire de la RCMP, police accusée de… « vous savez quoi ». Pas d’état d’âme pour l’arrivisme « mangeur à tous les rateliers », selon Bourgeois.

    On continue ? Il y a une Irano-Canadienne du nom de Mme. N. Khosrowshani née Irvani. Proprio, avec son mari, de maintes compagnies, dont « Future Shop » avant la vente à « Best Buy ». Via « Inwest Investments », financiers du Parti Libéral en British Columbia, papa-Irvani fut mêlé à pas moins que l’Irangate . À sa Bank « BCCI » —« une entreprise criminelle », selon le Figaro d’août 1991, papa-Irvani trempait dans : « trafic d’armes, drogue, blanchiment d’argent, prostitution, extorsion de fonds, fraudes et financement de terroristes islamiques ». OK ? Cette dame Irvani-Khosroshavi, assise aux côtés de tit-Guy Fournier, paravent « frullien », collaborait donc avec ce père étonnant tout emmêlé aux tractations sordides des Reagan et North ! On sait depuis que cette criminelle « BCCI »-Bank avait corrompu jusqu’à la CIA avant le ménage de l’agence.

    Un autre « administrateur-radio-canadien » ? Il a nom de B. Christmas et il est Chef de bande. « MEMBERTOU » en Nouvelle-Écosse. Lui aussi, visionnaire culturel n’est-ce pas ?, conseille, oriente les programmations de CBC-SRC. Le budget de « Membertou » est de 70 millions de $. C’est un lobby en relations avec des armuriers puissants, avec « Lookhed Martin », tout-puissant armurier, aussi avec le florissant québécois-canadian « SNC-Lavalin ». Et « Boeing », oh boy !, et « Sodexho » et « Clearwater Fine Foods ». Tous ces industriels-armuriers font un fric fou (depuis le Bush-post-septembre-2001) avec « armes ultra sophistiqués, avions de chasse, hélicoptères de combat, etc. ».

    M. Cristmas joue aussi sa carte de lobbyiste autochtone avec Boeing en vue du fameux « bouclier », que, tiens !, favorise le conservateur Harper. Chrétien envolé, Martin disparu, c’est business as usual. À lire le magazine « Affaires » d’avril 2003, M. Christmas a eu l’assurance que Membertou serait bon premier sur la liste des « reconstructeurs » de l’Irak démoli.

    Ainsi, bien loin du monde des créateurs, tout cet aréopage d’affairistes incultes veille à ce que Radio-Canada (et la CBC) radio-télédiffuse —avec notre argent de contribuables— des émissions publiques instructives, politiquement neutres et, n’est-ce pas ?, enrichissantes culturellement. Merci Patrick Bourgeois pour votre recherche, c’est édifiant. Notre Guy Fournier, honnête homme, va démissionner dans les heures, ou les jours, qui viennent. Quoi « non » ? Le prenez-vous pour un vil matérialiste ?

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    LE CHAR DU PAPE. SOUVENIRS.

    Je lisais que la limousine du pape (mort) vient d’être vendue —encan au Brésil— pour 690 000 $. Pas des pinottes ça M’sieur Tout Blanc (Léo Ferré). Le fondateur Jésus doit se retourner dans…son paradis. Mon père, lui, il était fier des richesses du Vatican. Pour lui et tant des nôtres en ce temps-là, le pape —et ses fastes à dorures montrés partout— était notre roi vénérable. Un monarque bien à nous les cathos québécois, pionniers pieux descendants du royaume de France. C’est que nous étions collectivement un petit peuple français orphelin de la maman-patrie, celle de ce maudit Louis no.15, si mal conseillé par Voltaire l’horrible, Versaillais lâche et dénaturé « abandonneur» de 1760. Nous étions donc coupés de toute monarchie « bien à nous ». Et la monarchie à Londres ? Nous la maudissions discrètement devant, par exemple, apprendre par cœur —en 1942— le goddam « God save the King ». Pas d’hier que nos méprisions aussi ces z’honorables gouverneurs-valets serviles; thème d’actualité, non ?
    Le vaniteux maire-Drapeau parlait de cette nostalgie que nous aurions, disons dans le sang. Par le sang-bleu ! Mégalo- Drapeau tenta longtemps de jouer le digne monarque montréaliste. Avec un bon succès. Et puis l’on sait notre manie royaliste avec, naguère, tous nos « Roi de la patate ». Ou du tapis, du hot-dog, des meubles, des « bas prix » tel les magasins-Faucher rue Beaubien. Sans oublier ces « reines », et duchesses, du Carnaval à Québec. Papa restait à genoux devant notre gros radio Marconi, aux ondes variées, quand il réussissait aux temps des Fêtes à syntoniser le Vatican. « Venez vite, les enfants, écoutez bien ! C’est le pape en personne qui nous parle ». Il devenait l’humble dévot féal, tout soumis, heureux de l’être. Oui, papa était un ultramontain, de là un terrible contentieux entre nous deux avec de fameuses querelles, moi devenant farouche anticlérical. Il fut tant scandalisé mon pauvre père : son grand garçon —qui refusa le sacerdoce— devenait un anticlérical ! Sa honte, socialissse ! Ses peurs, séparatissse !Tout cela qui gâcha une partie de ma jeunesse. Ceux que l’on nomme aux USA les néo-puritans dorénavant, auraient apprécié le conservatisme religieux de mon père.
    Et notre icône, André Malraux, qui nous conseillait freudiennement : « Il faut tuer le père ». Faut-il donc approuver le héros du neuf —et captivant— roman de Gil Courtemanche titré « Une belle mort » —que je viens de lire— quinquagénaire qui tue son vieux papa gravement malade. En le faisant boire et manger à son gré, à ses caprices malgré les sérieux avertissements des médicaux. « Une belle mort », le récit palpitant d’un suicide assisté. Avec mon frère Raynald, en mai 1987, nous avons amené malgré lui « le père », cancéreux sans le avoir, à l’hôpital du quartier Villeray, rue Jean-Talon. Vers les savants médecins. Qui le tuèrent, vite fait, en 13 jours. Oh mes remords alors ! Quand la télé toute neuve (1954 ?) diffusa la messe de minuit de Saint-Pierre de Rome, papa cessa d’aller à l’église paroissiale puisqu’il avait enfin un contact direct avec son adoré « palais royal » avec sa pieuse monarchie toute ensoutanée. Souvenir ? Découvrir avec « la femme de ma vie » en mai 1981, en plein chœur de l’église de l’apôtre Pierre, ce flamboyant bronze sculpté. Montrant quoi ? Une… chaise ! Un siège à vénérer comme dieu ? Paganisme qui me renversa. 1981, voici le pape en visite à Paris et moi qui se désarticule au coin d’un boulevard pour une photo « de nous deux ». Moi accroché à un lampadaire, lui en papomobile. Pour faire plaisir à papa réconcilié, vieux et malade. Destin ? La photo fut ratée. La pellicule serait allergique aux mécréants ? On riait.
    Autre souvenir du même ordre à propos du luxueux char du pape. 1965, je donne des cours de poterie, par les soirs, dans un local d’un syndicat de midinettes, derrière le Gésù. La fameuse et si dévouée cheftaine Yvette Charpentier qui m’emploie et que je taquine : « C’est une vraie honte, votre grand chef syndical et son fabuleux cottage, sa belle piscine. Et son gros char chromé. » Yvette de m’expliquer : « Vous autres intellectuels ne comprenez jamais rien. Nous étions très fières les petites filles syndiquées en sueurs derrière nos machines à coudre. Notre chef à nous pouvait discuter d’égal à égal avec le gros « boss » puisque lui aussi il avait la grosse cabane, la piscine et le gros char. » J’apprenais.
    Alors, le char du pape vendue… La limousine actuelle du Benoît no.16 ou 18, je sais plus, quoi ? Quoi ? Le roi-des-cathos peut discuter d’égal à égal avec les Blair, Chirac et autres Bush de cette vallée de larmes. Une leçon simple, nette et claire… à faire enrager les marxistes ou les agnostiques comme moi et les athées de ce monde ! Moi le roi-des-écrivains-populaires… dans une simple VW ? Je fais honte à mes afionados qui vont accourir à mon kiosque (no 351) du « Salon du livre » s’ouvrant le 17, Place Bonaventure, non ?

    « LA FERME » LES ARTISTES ET GUY A. LEPAGE ?

    Les z’artisses sont des têtes de linotte, pensent certains. Ils sont doués pour divertir, point final, « pas pour donner des opinions », s’écrient des « sérieux ». Une vedette du rock (Clapton) reproche aux Bono et autres Geldof de se mêler de politique. André Pratte, éditorialiste, affirme sa révulsion face à un Guy A. Lepage « sommant » M. Charest d’accepter un tabouret à son vaste et frénétique kiosque populaire du dimanche soir. À ses yeux M.Charest aurait eu tort de s’incliner « comme malgré lui » le 11 septembre. Ainsi, des critiques « graves » ricanaient d’une sensible Céline Dion s’énervant, pleurant même, face aux lenteurs, au manque d’action du Président W. Bush en Louisiane inondée. Non mais… de quoi se mêlent-ils ces saltimbanques ? Sous-entendu : ces gentils crétins, ces écervelés ! Chante et « la ferme », pauvre clown !
    Les artistes ne sont pas des élus-en-élections, c’est un fait. Ils sont pourtant des élus du peuple quand on observe les hauts sommets de popularité, non ? Étrange comportement chez ces commentateurs à public confidentiel, à mon avis. N’oublions pas, jamais, qu’une majorité d’artistes et de créateurs doués se taisent. Que c’est un calcul. Ainsi, ces muets compacts ne risquent pas de se mettre à dos la moindre parcelle du public. Ils n’ont pas d’avis. Ils sont ni pour ni contre. Ils voguent ce de cette prudente façon sur la bonne et douce vague de bien vagues consensus. Oh les malins ! Et dans les domaines artistiques pas trop populaires, peinture et littérature, etc., ces « entretenus » par l’argent public, via les Conseils des arts, eh bien l’engagement nuirait à l’obtention de subventions, bourses, voyages à colloques et à séminaires. Nous nous comprenons, oui ?
    Lepage explique que son « show de variétés » peut bien se transformer, à l’occasion, en émission d’affaires publiques. Et bravo ! Pourquoi non ? Chez son aller-égo parisien, le strident Thierry Ardisson, il arrive que le show devienne soudain une entrevue sérieuse, un débat fort captivant, par exemple avec un Nouveau philosophe, n’est-ce pas ? Chaque fois un public vaste découvre des questions importantes, un problème moderne dans la société, s’instruit davantage, pas vrai ? Pratte reconnaît la grande influence des « stars » et il parle de leur responsabilité, il se questionne à savoir « si ils en sont bien conscients ». Il recommande aux « gentils bouffons » ultra-populaires de ne pas parler « à travers leur chapeau ». Ses mots. Cela sent le préjugé.
    Personne ne va nier que des artistes reconnus massivement peuvent parfois déconner. C’est le jeu. C’est le risque. Mais c’est mépriser le peuple que de s’imaginer que ces incartades ne se découvriront pas, le monde n’est pas idiot. Partout, et pas seulement à « Tout le monde en parle », les artistes font bien de livrer leurs impressions face à un conflit, à un débat qu’il soit « chaud » ou qu’il soit délicat ». Quand Pratte ose affirmer « qu’un chanteur rock, sans mandat électif, ne doit pas faire la leçon à un élu », c’est très con. Il n’y aurait que les profonds éditorialistes de sa rare espèce qui auraient droit de parole ? Foutaise. Quel mandat public a-t-il, lui ? À quelle élection participative a-t-il donc pris part pour siéger en auguste faiseur d’opinions ? Allons, allons, tout électeur, tout payeur de taxes et impôts, le plus humble des citoyens, peut bien donner son avis, sa critique, ses opinions librement, et cela partout, à l’usine ou au bureau, à la taverne ou dans un bar, à un micro offert dans la rue, dans des lettres ouvertes, en tribune téléphonique de toutes les stations de radio et aux questionneurs des sondages, non ? Pourquoi pas ? À plus forte raison si ce citoyen est un fier talentueux applaudi par les foules, qu’il a réussi à faire preuve de talents uniques dans son domaine.
    La « vedette », de télé, chansons, cinéma, etc., a tous les droits. De militer pour une cause. D’appuyer une option politique. D’être « contre » une idéologie. Ou « pour » une bataille sociétale. La superstar Geldof a osé déclarer que « M. Martin n’était pas le bienvenu au G-8 tenu en Écosse », son avis et Pratte publia : « indécent » et « il n’a pas le droit de… » Franchement ! Avant Martin, il était là, après Martin, il sera là encore. Finissons-en : invité chez Lepage, le brillant artiste pourrait ne voir qu’à sa promotion en égocentrique businessman (le ploguage, l’assommante « cassette ») et la fermer. Sur tout sujet à controverse. Je suis heureux, moi, (et vous ?) de constater que des créateurs, à divers niveaux certes, acceptent volontiers de grimper dans l’arène des chaudes actualités et d’oser proclamer, défendre son point de vue. Oser ? Oui, car il y a des risques, oh oui ! Répétons-le, c’est bien plus commode et malin de se la fermer, de se taire prudemment.