« Angela, ma Petite-Italie » le plus récent Jasmin en librairie

Vous, habitués au blogue de Claude Jasmin, en avez lu le premier jet au fur et à mesure de sa rédaction. Vous voudrez lire la version finale. Bien imprimé, sur du beau papier ou en version numérique, le voilà! « Angela ma Petite-Italie » est maintenant en librairie.

Le webmestre

Je veux revoir cette apparition. Je cours prendre ma bicyclette, je serai rue Drolet dans deux minutes. Je pédale à toute vitesse, contourne la rue Bélanger, au coin, derrière le cinéma Château, le buandier chinois sort de sa boutique avec un grand sac de toile. Je file vers Jean-Talon tout rempli d’espoir. Mon Dieu, merci! J’ai de la chance, elle est sur le trottoir devant chez elle. Ses longs cheveux soyeux tombent sur ses épaules, elle se penche sur une voiturette de poupon. Je ralentis, m’approche lentement, très lentement. Comment l’aborder? Comment bien paraître, surtout ne pas passer pour un voyou effronté? Quoi lui dire? Comment ne pas l’effaroucher? Je ralentis encore, stoppe ma bécane, pose un pied sur le bord de son trottoir.
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Après Anita, une fille numérotée, puis Élyse, la fille de sa mère, Claude Jasmin termine sa trilogie sur ses amours de jeunesse. Le jeune Claude va avoir dix-sept ans, mais qu’il lui tarde de pouvoir mener sa vie comme il l’entend!

Et surtout ses amours…
Une nouvelle famille emménage dans le quartier. Claude voit avec ravissement l’arrivée de ces nouveaux voisins, surtout leur plus grande fille qui a le même âge que lui. C’est le coup de foudre! Mais il a du mal à s’approcher de sa belle, surveillée de près par son père, un Italien qui fera tout pour éloigner le soupirant. On menace même l’amoureux de faire intervenir la mafia! Et Claude a beau fanfaronner en disant à ses copains que tout est sous contrôle, au fond, il n’en mène pas large.

Mais qu’est-ce qui lui fait le plus peur? La mafia ou Germaine, sa mère, qui se mêle de prévenir la petite voisine que son fils est un don Juan de ruelle?

Projet pour l’automne…

Cher webmestre :

Voici un projet. Pour mettre sur notre site peut-être, tu décideras. Il s’agit d’une ponte fraiche, une jonglerie récente.

Mais d’abord mettre aussi cette facétie de Roland Devos, celui de «  À « quand » le train pour « Caen ? » et : « La mer est démontée ? À quelle heurte, ils la remontreront ? »

Voici :

– L’OUÏE DE L’OIE DE LOUIS-XII A OTÙ 

-ET QU’A DONC OTÙ L’OUÏE DE L’OIE DE CE LOUIS ?

-ELLE A OTÙ CE QUE TOUTE OIE OÏT !

-ET QUOI DONC QUEW C’RE ST QU’OïT L’OIE ?

-TOUTE OIE OÏT, QUAND LE CHIEN ABOIE DANS LES BOIS, DES « OUAh ! OUAh » !  

FOU HEN ?

BON : Corrigeant mon manuscrit « Angela » (sortie cet automne) il me prend une fringale nouvelle, me voilà parti dans un projet fou : un premier ouvrage de « SF », de l’anticipation avec du parascientifique.

Je nagerais dans ces toutes neuves notions apprises ici et là, glanées dans mers lectures diverses récentes. À SAVOIR : Les trous noirs. La physique quantique. Les drones. La biologie-électronique. Le fameux et dangereux Système « HAARP » (attaques climatiques) Ce mystérieux « GAKONA »( voir Google ). ENFIN : l’intelligence artificielle.

Et j’y introduirais ce célèbre MICHAEL TALBOT, aussi cette fameuse voyante-médium : YAGUEL DIDIER.

Tu vois ma soupe ?

De la S.F., te disais-je, oui, et une première expérience chez Jasmin. Ça se passerait en 2055 ? Hum…Je verrai. Ou bien ce sera une série-télé en 8 épisodes, eh !

LE SUJET ? En cours de déroulement, on constate que l’univers, le monde entier, la planète quoi, est devenue une sorte de « SUPER- ONU ». Avec siège à Montréal. Ou à Zurich. Et qui fonctionne cette fois. Bien mieux que l’ONU actuelle.

Fin des patries, des nations (états-nations), il n’y a plus que cette MACHINE-ONU. Avec en partenariats, d’immenses « corporations », gigantesques compagnies qui entretiennent des armées de « MERCENAIRES ».

L’écriture a disparu. Les livres aussi, journaux etc. Il n’y a que l’audio-visuel. Des bandes. Il y aurait une sorte de langue universelle, sorte d’ESPÉRANTO nouveau, avec, par exemple du Chinois certes et beaucoup d’expressions en anglais (des USA).

Parvenu au siège suprême, mon (ou mes) héros conduisant « l’enquête des enquêtes » ( devoir trouver le sujet) découvrira qu’en bout de piste, au sommet des sommets, il n’y a… personne absolument personne !

Il n’y a qu’un super-ordinateur !

Une intelligence artificielle quoi, comme Grand souverain, empereur, roi, président, gouverneur général !

On sait qu’une machine battit le célèbre champion d’échec, Kasparov, en 1997. C’est donc le triomphe total (totalisateur !) de la machine. Avec sa toute petite équipe qui la nourrit, qui obéit, est aux ordres de l’ordinateur suprême !

Et voilà, cher Marco.

Bon… je m’y jetterai quand ? Hum, pas en belle saison, tu le sais je n’écris toujours (mon livre annuel) que octobre ou novembre revenu.

Saluts,

Claude J.

LE VENDREDI 5 décembre – Sur elle toujours Angela

LE VENDREDI 5 décembre
Sur elle toujours Angela :
Difficile de bien mener (continuer) mon récit nouveau. La lecture tous les matins des journaux me dérange. Si troublé par certaines « actualités ». D’ici et du monde entier. La Presse, devenu très « magazine » offre de bons reportages. Sur « le déni » terrible des parents aveugles face à un enfant révolté et dangereux. Cachant mal une arme dans sa chambre. On parle de deux millions de « bénévoles au Québec. Énorme ! Je fus invité à parler avec Paul Arcand, à un immense congrès de ces bénévoles.
J’y avais découvert l’immense chantier de ces « charitables » citoyens. Je lis des dérives.
Moi si inquiet de cette vie qui change.
Relu hier l’étonnant merveilleux premier chapitre du fameux routier et anthropologue, Bouchard ( « Au temps des mamouths laineux », chez Boréal) ) où il fait voir à ses petits-fils éberlués face à son temps à lui. Un monde de différences et il est dix ans plus jeune que moi.
Angoisse ici et là. De terribles pertes…Grande anxiété, et puis « Bof ! « Je me dis : « Oublie ça mon vieux. Tous, ils s’adapteront, pas vrai ?
Me répéter : « Moi, je m’en vais. Ça sera plus très long. Je serai parti bientôt, mon temps s’achève. Ne plus m’en mêler.»
Mourir ? Me retenir de lettres ouvertes vindicatives (mon ancienne manie).

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PARLER CHINOIS RUE MORIN ?

 

Quoi, des langues disparaissent ? Êtes-vous au courant que l’Empire des Romains a sombré ? Que celui, tout aussi puissant, des Grecs anciens aussi ? Que la Perse connut la puissance et la perdit ? Que dire de l’Angleterre, puissance toute rétrécie et que dire de cette France puissante colonialiste jetée à terre ? Pensons aux Arabes musulmans, puissants envahisseurs d’Afrique, installés jusqu’en Espagne.

Ainsi, furent réduits, démolis des empires fabuleux, l’un après l’autre. Les petits pays (Québec) dominés, accrochés à ces puissances, se retrouvent-ils chaque fois plus libres ? Un célèbre penseur Allemand, Stephan Zweig, visita le Québec en 1911. Dès son retour, il confia au journal de Francfort, son admiration : « Ces Français d’Amérique du nord sont admirables de ténacité. Ils mènent une lutte héroïque. » Zweig ajouta : « On doit prévoir qu’ils seront assimilés par la culture anglo-saxonne qui est dominante sur tout le continent. » Bang !

En 2014, on peut dire que ça y est, que ça vient et vite. Observez bien la galopante attirance pour la culture populaire toute puissante, musique pop, variétés, télé et cinémas. Pas vrai ? Observez la jeunesse livrée volontariste à cette sauce impériale-USA. Cent ans plus tard, la terrifiante prédiction de Zweig va s’accomplir. À moins d’un sursaut (improbable) on peut compter les années avant l’assimilation aux USA (et ses satellites, Australie, Nouvelle Zélande, Angleterre, Canada-anglais. Le français est méprisé, bafoué en métropole, sous le séduisant joug d’un « vouloir vivre » à la sauce USA ! Résistance ? Nenni et plein de journalistes publicisent et louangent cet univers du puissant voisin. Si tu protestes, ces demi-assimilés diront « vieux schnock ».

Mais attention: les Américains ne sont pas coupables et méchas, non, non, « ils sont ». Jusqu’à leur chute, comme Grecs, Romains, Perses, Arabes, etc. Nos mollusques, carpettes et demi assimilés —les Cormier, Brunet, Elkouri, Cassivi, Dumas, etc, etc.— publicitaires serviles servent de simples « courroies de transmission » à l’actuelle puissance, hélas voisine, USA. L’assimilation est enclenchée et la fatale prédiction du Zweig se concrétisera. Attention : pas de panique, personne ne va en mourir ! Juste une tristesse infinie. « Toutes les civilisations sont mortelles », a dit Paul Valéry.

Lâche et molle comme Montréal, à Paris aussi on se vautre allégrement dans « l’anglo-way-of-life », parlant franglais avec complaisance, pâmé des produits made in USA. Tout comme ici, résistance zéro. Consentement joyeux, une sotte vanité, idiote acceptation. Un signe ? Voyez les Najari, les cinéastes du tout récent film titré ARWAD (une ville en Syrie). Arwad fait voir la détresse de l’assimilation. Dont, je le répète, on ne meurt pas. On y voit : Des parents exilés ayant conservé leur culture, leurs enfants qui parlent à peine leur langue et les petits enfants ? Ah, c’est fini. Douleur d’une grand-mère (en visite) qui ne peut plus communiquer avec les siens ! Ça va nous arriver collectivement. Une question de temps. Certains se moquaient d’un film (saboté) de Lise Payette au thème dérangeant : « Disparaître ». Rire jaune garanti. Dans peu de temps. Ce sera la victoire de nos « collabos », Brunet, Hugo Dumas, etc. Écoutez ce jargon mou des jeunes, voyez le web des « réseaux » dits sociaux, pénible créole. Avec des expressions « in english », mode illustré par un Marc-Labrèche. Alors, en quelle année l’extinction complète, je ne serai plus là.

Plus tard, règne-USA exclus, entendra-t-on rue Sainte-Catherine —ou rue Morin à Ste Ad— parler mandarin chinois ? N’en doutez pas car viendra le tour de la Puissance-Chine.

CHÈRE « TABLE-DE-CUISINE » !

Le lieu par excellence pour communiquer, non? Entre frigo et cuisinière. Ce meuble fut « central » longtemps dans les téléromans. Jeune, nos vies tournaient autour, un, du lit ( oh!, dormir) et, deux, de cette chère table (Ah!, manger). Manger ?, oui et aussi faire nos devoirs, étudier nos leçons. Ne pas oublier : pour jouer en famille les —toujours trop nombreux— jours de pluie. Support à quatre pattes, indispensable, avec ses chaises tout autour.

Cette cuisine, ce lieu comme sacré, si précieux pour nous « tenir » ensemble, la famiglia. Table vénéré pour les congés aux les jours de mauvais temps, tempêtes d’hiver ou jours de pluies —fines ou torrentielles. Horrible empêchement d’aller jouer dehors certains samedis ou ces dimanches tout gris aux nuages menaçants d’ondées, jours à la lumière chétive, rare.

Alors, soudain, maman nous apparaissait —sans son tablier— pour nous inviter à la table-de-cuisine. Elle avait sorti, excitation de tous, les jeux de société. Il y en avait toute une pile au haut du placard de sa chambre.

« Au jeu ! Au jeu, les jeunes ! », s’écriait-elle. Cela nous stimulait, d’abord la vue de ces « jeux de table », aux boites colorées. Ces joutes avec exclamations, cris et rires —rivalités de surface aussi— nous réjouissaient. C’était, assis en rond, des sorties bienvenues, l’échappatoire béni, des heures d’ambiances joyeuses. Vive les jeux aujourd’hui ? Venu à mon magasin de L’École de l’Hôtellerie, rue Lesage, je rencontre un ex-camarade, brillant réalisateur de télé ( Jean-Yves Laforce) et il me confia : « Difficile de réunir les enfants grandis, ce qui nous a aidé ? Les jeux de société. Nous bavardions alors, réunis enfin autour de la table de cuisine. » Laforce ajouta : « Les jeux inventés par ton fils, Daniel, y contribuaient ! » Oh, fier le « pôpa » de l’inventeur de jeux, savez vous ? Oui, je vais en profiter pour faire une annonce commerciale : Ces temps-ci, Daniel Jasmin —en prévision du temps des cadeaux des Fêtes— fait installer en magasins son nouveau jeu « Défi chronologique ». Il me l’a fait testé et j’ose: amusement garanti. Son jeu, « Défi chronologique » est aussi fort instructif et d’un récréatif stimulant.

Il y a un rival : les jeux électroniques ! Qui sont plus stressant et utilisables en solitaires bien souvent, contrairement au jeu de type « Défi chronologique ». Avec ce dernier, pas de pow-pow ni bang, t’es mort ! », nulle agressivité à prévoir à la table-de-cuisine. Juste du bon et agréable espace pour causer, pour rigoler, pour échanger potins et échos, même pour se livrer aux nécessaires confidences.

«  Défi chronologique », c’est du divertissement humain, sans monstres, sans menaçants extra-terrestres, ni mitrailleurs modernistes, ni fantassins pour totale extermination. Le jeu électronique est un redoutable concurrent certes mais il n’offre pas la —si utile, si humaine— convivialité. La chaude réunion pour les jours de mauvais temps —ou de beau temps. Ce dernier-né tout frais de mon fils a été conçu (cette fois pas pour de jeunes enfants) pour de jeunes adultes. Et aussi pour de vieux adultes (comme moi).

Évidemment, pas de comparaison entre ce jeu nouveau « Défi chronologique » et notre chéri tout simple « Parchesi » ! Ou encore avec « Serpents et échelles ». Non, beaucoup d’eau a coulé sous nos ponts depuis nos rires et nos cris de jeunesse, rue St-Denis, à la table de cuisine. Merci table emblématique s’ouvrant avec panneaux pour notre « bande des 9 ». Table magique où maman exhibait des présents à gagner grâce au vieux jeu du « Bingo ». Cadeaux à cinq cennes ! On y gagnait cinq klendakes chinois ou des négresses de réglisse, ou bien des mini outils de chocolat, des boules de coconut. Ou encore des babines, grosse prothèse de cire rouge. Ou à mâcher en gomme-baloune.

 

 

 

UN (SAINT) SAUVEUR DEMANDÉ ?

Dans un des mes récents récits autobiographiques ( «Branches de Jasmin ») je raconte ma bataille pour mieux comprendre l’univers, son avenir. J’ai moins de mes chers petits animaux. Pollution ? Mes rats musqués ? Disparus. La mouffette sous le perron ? Invisible. Ma marmotte sous l’escalier ne se montre plus. Ce couple de tourterelles, colibri (oiseaux-mouches), le rouge cardinal…disparus. Au rivage, merde, plus de grenouilles, ni papillons ni libellules. Ce mortel réchauffement… Espérons un sauveur savant, l‘invention d’un génie ( le Co 2 changeable ?)

Réunissez les enfants et expliquez le danger. Commençons par racontez aux petits l’âge du monde. Parlez du « Big Bang » et de sa soupe de feux ardents avec l’apparition du temps et de l’espace. Racontez que —depuis l’Observatoire Plank—, nous savons notre âge. 14 milliards d’années ! On veut scruter l’avant-Big-Bang, oh ! Une nouvelle physique naîtra.

Mais où sont partis mes petites bêtes ? On étudie deux choses, l’infiniment petit et l’infiniment grand. Hélas, les humains préfèrent s’informer du dernier truc-machin, ce téléphone dit intelligent. Racontez plutôt l’expansion —incessante— du cosmos. Comment faire visualiser l’univers à nos enfants ? Disposez 14 baguettes (chinoises ou pas) pour illustrer ces 14 milliards d’années. Cette « soupe » originelle. Écarter 9 de ces baguettes, laisser filer le temps des trois particules : hydrogène, hélium et lithium. Faites comprendre ce flottement à l’infini où, enfin, se formeront des galaxies. Combien ? Pas cent, ni un million —tenez-vous bien—10 millions de milliards de billions de galaxies !!!

La nôtre. Avec son étoile, l’indispensable « soleil ». Notre planète encore un amas toxique. Encore une « baguette » (un milliard d’années) et voici les cyanobactéries. Des « bébites » qui bouffent de l’hydrogène et crachent de l’oxygène. Deux autres « baguettes » (deux milliards d’années) et le miracle ! Notre atmosphère. Comblé d’oxygène. Puis surgiront les premières plantes et, dernière baguette, des organismes primitifs. « Édiacariens » et puis ( ère cambrienne), les « trilobites ». Les jeunes seront captivés. Enfin, enfin, sortant des eaux, les premières créatures. Ça se traîne sur terre : insectes et oiseaux, des gros : les dinosaures, voici « Le Parc jurassique » ! Millions d’années qui passent et tombe du ciel un météorite gigantesque, alors l’atroce bande de « Hell’s » préhistoriques… kaput ! Éliminée ! Nouvelle étape, ces amibes plus tard, un temps, voici des singes et certains se redresseront. Ouf ! Merci l’homo erectus. Le genre humain débute, mâles et femelles se reproduiront, inventeront des outils, domineront.

L’astronome Benoît Reeves, fils d’Hubert, est venu à Prévost pour raconter cela, le 24 août dernier. Mieux dominer c’est polluer moins possible répète le papa, Hubert Reeves. Je l’autobiographie de ce savant respecté mondialement, un astrophysicien émérite qui est né à Sainte-Anne de Bellevue. Il dit : « Urgence, si on ne fait rien, en 2050 ou même avant, c’est l’apocalypse ».

Je m’ennuie de mes belles tourterelles !

LES YEUX DANS LES YEUX

J’étais descendu au rivage du Rond pour tenter de redresser mon quai branlant…et, soudain, bruit de feuillage remué. Une ombre mouvante dans la relative noirceur le long de la clôture végétale. J’aperçois, une bête puante (comme on les nomme familièrement). Quel joli pelage « deux tons » quoiqu’on en ait sur la dangerosité de cette espèce, tant de légendes malodorantes.

Méfiance absolue ! Elle se fige. Je la regarde. Elle me regarde. Deux petits « queneuils » brillants sous les épinettes. Classique scène, en Crise d’Oka, « du warrior pégrieux et du tout jeune soldat »! Quelle indifférence de sa part ?, ma moufette se retourne, adieu le bonhomme curieux, elle file vers le lac…soif urgente, rencontre ? Que savons-nous de solide sur tous ces petits mammifères ? Si peu.

Ainsi, il y a pas longtemps, en plein jour (ce qui est rare) par une fenêtre du salon, voir au balcon une sorte de renard, de gigantesque chat sauvage. Découvrir à proximité, une énorme et intrépide bestiole à quatre pattes, à masque vénitien (!), juchée sur le bac noir, un raton s’acharnant à vouloir jeter par terre deux briques de terre rouge. Quel splendide « laveur » avec une queue gigantesque d’une fourrure magnifique. On l’observe dans son acharnement (vain), tripotant de ses doigts habiles nos briques qui scellent le couvercle du bac à vidange (si puant quand on l’ouvre ).

Je me décide à aller au portique, j’ouvre et me livre à mes « pschitt, pschitt » ! Oups, une étoile filante. Je rentre et voyant du mouvement par les portes-patio de la salle à manger, j’examine la terrasse de l’ouest. Qu’est-ce ? Gigotent de véritables ombres chinoises entre les branches des hauts cèdres. Des oiseaux en acrobates, changeant sans cesse de niveau de branchages, un mini cirque bien gai ces objets volants (très identifiables !), qui se sont transforment à contre-jour en petites mécaniques agiles. Spectacle ornithologique fabuleux, gratuit et vrai car (à ma « grotte de Platon » !) il n’y a aucun manipulateur. La vue de ce petit observatoire laisse rêveur : cette vie animale jouit-elle d’une liberté idéale ? Car moi, vite, je dois, aller à « Jardinord », lieu enchanteur sur la 117, pour « plusse de terre », Raymonde a ordonné !

Oh, la dizaine de jolies corbeilles, et le beau gros pot et la longue boite du patio ! Et les « fines herbes » à planter. Et quoi, madame aux gants jaunes, à la rouge gratte dentelée ? Elle en est épanouie. C’est sa routine aimée, sa belle corvée chaque fin de mai. Et moi ? Toujours ravi de n’avoir qu’à les suspendre, me rasseoir dans mon transat de la galerie, jouir des deux yeux. Ô homme ! Il y a aussi dame-nature avec tant de bouquets de lilas, beautés éphémères, des mauves et des violets (dits « double »), des blancs. À pleins vases sur toutes nos tables.

Dans cette beauté, soudain, une crotte ! Le vilain pot après les fleurs ! Souvent, des gens croisés me disent apprécier mes proses. Mais, soudain, un haineux —nommé Marc Desjarlais— me « courriellise ». Que je suis polluant, oui, un « poison » (son mot) laurentien. De tendance violente, Desjarlais affirme que « Pays d’en haut » devrait me chasser et vite ! Vive la démocratie, on lit un tel aimable message personnel (au moins ce n’est pas un couard anonyme!) et on songe à… une bête puante ou bien au puant « bac noir », ouvert par un raton.

JEUNES GENS, LE MONDE EST BON !

« Il était une fois des gens heureux… », dit la belle chanson de Venne pour le film Les Plouffe. Vu le flot de pourriture chez la Juge Charbonneau, des téléspectateurs glissent dans la morosité : « Tout est corrompu! » Une saveur de boue à cochon dans la gorge. Je dis que les médias —journaux, radio, télé— intéressés avant tout par ce qui va mal, ce qui pue, sont coupables de ces foules désespérées. Les bonnes nouvelles —découvertes utiles comme intéressants progrès— n’amènent pas d’importantes audiences. Montrons les pourritures citoyennes et, alors, des lots de belles jeunesses sont dégoûtées.

Non, non, chers jeunes futurs citoyens engagés, résistez à cette image truquée, unidimensionnelle. N’écoutez pas seulement ces noirs tableaux mais oui, au delà des manchettes de sang et de crotte, le monde est beau. Il faut me croire, le monde est bon et il y a des gens heureux. Jeu sordide, nos informateurs n’illustrent que pourritures et turpitudes car « Les monstres attirent la foule ». Le monde des gazetiers ( même via internet !) veut cela, la foule ! Ensuite, vendons nos espaces bourrés aux tonitruants marchands !Ils mettent des nappes imbibée de sang sur leur table d’ignominie, détaillons le dépeçage d’un étudiant chinois par ce dément gravement aliéné, Luka Rocco Magnotta.

Yam,yam !, se pourlèche l’annonceur des désespoirs, des noirceurs, maniaques à gages pour divulgation morbide, pour agrandisseur des images du « mal » ! Au boulot, besogneuses courroies dociles, la Galipeau, le Bruneau, la Thibault, la Nadeau ! Volontariat sordide du « noir », à sa seule affiche le Frankenstein Hannibal Lecter ! Il y aura foule, prévisible. Non, non, jeunes gens, ces moulins aux horreurs sont rares, partout autour, observez bien : le monde est bon, avant-hier, il y a la couturière à mi-côte-Morin, d’un dévouement charmant, hier, ce vendeur itinérant aux frais scampis me fait voir sa joie, ce matin, cette maîtresse d’école en congé aide ses voisins très âgés, mon vendeur d’imprimés au Calumet me sourit chaque jour, Robert de l’École Hôtelière, si serviable, tout dévoué, madame Groulx et sa fille, indispensables auprès des grands « aînés » de ma sorte, Tom du Pine, généreux en infos, son voisin Desjardins, sans cesse courtois, l’héritière du quincaillier Théoret s’offre sans restriction à son magasin, enfin, à ma pharmacie, on s’efforce de concocter remède utile à mon glaucome ! Sachez résister, chères jeunesses. On veut vous noyer au fleuve glauque du « journal » et « téléjournal », dans son courant putride, chargé que d’infos véreuses, Oui, oui, le monde est bon.

Je ne favorise pas l’autruche, oh non, c’est essentiel de tout savoir mais je conspue l’abus et le sens unique, le silence sur « ce qui fonctionne bien ». Je l’ai proclamé publiquement : s’il y a 7 % de pédophiles dans le clergé, il y a donc 93 % de gens de bien et dont on ne dit…rien, justement. C’est la même exploitation des foules au cinéma, le choix est touffu. À la télé, au menu sensationnaliste varié. Au théâtre, voir « Les morbydes », au 4-Sous. Ça vient de loin, Quoi pour remplir les amphis chez les anciens Grecs ? Meurtres, assassinats. Cher Sophocle. Au TNM, Reine Jocaste crie :« Te crève pas les yeux Œdipe, mon fils, mon amour ! » Les monstres attirent les foules. Bon le monde ? Près de moi, j’ai vu Lynn, Murray, Claire et Daniel, tout faire pour ma Denise —vieille comme moi— lui installer un nouveau foyer à Saint Jérôme, loin de sa demeure abandonnée rue Saint Évariste. Que de soucis et de bons soins…le monde est bon ?

 

 

MANGER AUJOURD’HUI

 

 

D’abord dire que mes 30 bonnes raisons de vivre par ici m’attirent des reproches : « Vous avez omis la fantastique piste du « P’tit train du Nord », « Vous avez négligé votre Excelsior, et sa mini-mangrove au chlore, votre palétuvier chéri », « Vous avez oublié notre chère Bibliothèque publique du centre commercial ! » Bon, bon. Vrai. Et je pourrais en ajouter, mais pardon, je suis bien vieux et, comme on apprenait au collège : « Mémoria diminuitur nisi eam exerceas ! » Traduction : « la mémoire diminue si on ne l’exerce pas ». Tiens, parlons bouffer, manger, autrefois et maintenant.

Jeunesses, sachez le bien, c’est assez récent le goût développé, les raffinements car,jadis, « manger au resto », c’était pour un hot-dog (rôti ou stimé), un hamburger, une soucoupe de frites. Parfois du luxe : un club-sandwich ! Ou bien un « chips and fish », notre régal rue Bélanger.

Mon père, importateur de « chinoiseries » failli, a tenu très longtemps une modeste gargote au sous-sol de notre demeure. Cuisine élémentaire ! Les jeunes clients (beaucoup de zazous) revenus des deux cinémas du coin se payaient la traite. Hum… Simples sandwiches, jambon ou poulet, de la soupe Cambell, un banal « grill cheese ». Voyez-vous le menu chez « au caboulot ». Quand papa récompensait un beau bulletin du mois —« et papa nous aimait bien », cher Léveillé— il façonnait, la langue sortie, un beau Sunday (sorbet). Avec du caramel, du chocolat en masse, de la goûteuse guimauve et… oups ! une belle cerise dans son jus !

Seuls les grands bourgeois, les artistes célèbres, allaient bouffer dans nos rares « grand » restaurants, tel « Chez son père », « Au quatre cent ». Notre jeunesse, dans l’après-guerre, c’était l’ignorance totale de la cuisine raffinée et il n’y avait pas d’école dite hôtelière. À Pointe Calumet dans Avenue Lamothe, l’actrice Juliette Huot passait pour un cordon bleu juste pour ses « sphaghetti italiens », une gibelotte ou une fricassées improvisées.

Jute ici, aujourd’hui ? Plus de douze places, et fort bien cotés. Ce fut incroyable, cela, en 1940, 1950. Aussi, j’y vais très vite : les bonnes pâtes de « La Chitarra » et de « Spago ». De fameux rouleaux chez « Sothaï », Palais fins, filez à « L’eau à la bouche » ou à l divine « La Vanoise ». Et chez « Garçons », dégustez omelettes baveuses ou croque-monsieur rare. « Aux deux oliviers » ou à « L’Esméralda » on voit le joli Lac Rond. Chez « Milot », ses moules succulentes et chez Grillades Aspria » ou chez « Le Provençal », c’est « oh bonne mère ! » À las mi-côte Morin, goûtez bœuf ou fromages « ébouillantés » au « Chat Noir », enfin, pour « l’osso des ossos, » entrez chez « Juliano ». J’en oublie je gage ? En tous cas, nous, les anciens, on trouve que pour bouffer, les temps ont « bin » changé. Très bien.

 

LOIN DES OBUS EN LAURENTIDES !


 

Voir des savants, diplômés de Polytechnique, des ingénieurs, travestis en voleurs de notre argent public laisse pantois. Adieu la moindre éthique. Découvrir à la tribune du juge Charbonneau, tant de nos Italiens-Québécois qui s’accumulent dans ces égouts de la corruption devrait énerver les chefs de file de cette communauté. C’est leur étrange silence qui dérange. Complicité ? Fatalité : c’est dans les chromosomes de cette nation ?

Mais toute cette merde municipale n’est rien. Ces jours-ci sordide combat au fin fond de la mer méditerranée. On y tue des femmes, des enfants…Les chefs du mouvement « Hamas » (constitué de palestiniens militarisés) jouent les provocateurs diaboliques et se fichent bien des Palestiniens, ne veulent que semer le chaos à Gaza, espèrent l’hécatombe et puis, le sang palestinien coulé à flots, espérer l’intervention des « puissants », de l’ONU, des Barack, Xi, Poutine, Harper… Ils multiplient les roquettes sur Israël; petit pays sur-armé, protégé des anglos-saxons du globe : USA, Canada, Australie, etc. Hier, score fatal de cette joute ? « 100 à un » ! À vomir bien assis en face de son écran hertzien à couleurs sordides !

Ici ? Ici, une cancéreuse désespérée raconte qu’elle préfèrerait aller mourir chez elle avec les siens. Frais : zéro piastre ! Mais que l’actuel État québécois, inorganisée en soins à domicile, tient à la garder hospitalisé (HSDL). Frais : $6,000.00 ! Et que dire d’un certain monsieur Talent, un exilé du Congo, à l’existence massacrée et qui a « le talent » de se débattre pour un accueil un peu humain après avoir vécu un sort inouï.

Chroniqueur ici, suis-je une honte pour les écrivains ? Jacques Godbout ( « Salut Galarneau ! »), invité à rédiger un articles (pour un quotidien connu) lève le nez et pisse de dédain sur l’occasion. Selon le p’tit-fils d’Adélard Godbout, on ne s’abaisse pas à ce vil métier ! Un auteur des Basses-Laurentides, François Jobin, l’a plaqué conte la bande de sa noble patinoire, lui a parlé « d’écrivains-journalistes » fameux. Dont Hemingway. Bien fait.

C’est confirmé, la Chine vers 2015 surpassera les USA comme puissance commerciale et économique. Dire qu’on crachait dix cennes pour un p’tit Chinois aux écoles de ma jeunesse; que mon oncle Ernest, le missionnaire, nous écrivait de longues lettres nous narrant leur misère totale ! Les temps changent ! Le brillant Jean Barbe (J de Mtl), pas bégueule, est gêné par les écrivains soixantenaires virés en cochons libidineux. Barbe démolit ce « OH » de Phillipe Djian, aussi la ponte libidino-névrotique de Philip Roth (New York). On songe à Lolita ( à l’écriture lumineuse) de Nabukov ou à l’éthylique vieux californiquien Bukovsky.

Matraqué le 1er mai à Montréal, le jeune G. D. poursuit la police pour …une demi-million ! $$$ «  J’ai des mots de tête et je dois renoncer à écrire ma poésie ». Envie de rire. Cassivi (La Presse) est pas d’accord mais c’estlLe brillant Éric Duhaime ( J de Mtl) qui a raison : « Trop de pseudo-artistes s’accrochent aux subventions ! » Vrai : l’État devrait subventionner et promouvoir : 1- Tous les consacrés par le public, 2- Tous les débutants. Ceux, vieillis, qui n’arrivent jamais à captiver le moindre public ? Bang, fermeture des robinets !