« PAPA A RAISON ! »


 

Débat actuel : Radio Canada à Montréal, trop nombriliste oui ou non ? Ecoutez ça jeunesses : en ce temps-là (on dirait l’évangile ) le bien cher « P.E.T. » d’Ottawa, hystérique, crachait sa haine du Réseau français de Radio Canada). « C’est un nid de séparatistes », vociférait-il ! Les patrons montréalais frissonnaient et le PET en remettait : « On va fermer ça, Radio Canada, on va diffuser des images de vases chinois ! » Le boss de la SRC française voyait son job perdu ! Un personnel tout séparatiste, allons, des machinistes, des techniciens, votaient Caouette et Samson, créditistes anti-souveraineté.

Ce PET riche, héritier des garages Champlain (une chaîne), et du célèbre Parc Belmont, était informé. Vrai, des auteurs, des artistes divers, des réalisateurs militaient, plus ou moins clandestinement, pour un Québec libre. À la section « nouvelles et affaires publiques » feu Marc Thibault, père de Sophie à TVA, grand patron en était constipé et ultra nerveux. Aussi l’on congédia pour l’exemple et intimider, ces Gérald Godin et autres indépendantistes imprudents, comme Louis Bourdon, époux de madame Harel.

Jeunesses, ces années 1970, « C’était un temps déraisonnable », comme chantait Léo Ferré. Or, actuellement, un gang de zélotes « harperriens » s’énerve encore et accuse le Réseau français de Radio-Canada : « Bande d’égoïstes, de nombrilistes ! » Il faudrait, chaque soir, jaser sur toutes les provinces de la fédération et cessez de ne commenter que les affaires québécoises car le Québec ça les ennuie à Halifax et à Vancouver ! Certains sont aveugles, bouchés. Québec n’est pas « une simple province ». Même Harper a été forcé d’en convenir, il y a « nation ».

Un bon paquet de red-necks, blokes ignares, veut revenir au temps où le téléjournal d’ici, faisait un topo d’un faucon piégé à Regina ! Ou d’un vieux cabot égaré dans le port de Sydney. Il y a peu, dans nos gazettes, un M. Théoret, franco ontarien, braillait : « Nous, habitants de Sudbury, Radio Canada français nous ignore ! » A-t-il accompli un ouvrage mémorable ? Non. Rien. Le Réseau français est au service de la majorité, point, barre. Les Québécois francophones vivent à 82 % au Québec. Face à ces braillards les patrons du Réseau Français doivent encore s’énerver. Après Trudeau, la peur des harpéristes —avec menaces de vases « Ming » ? Y a-t-il une critique à faire ? Oui. Bien loin de Vancouver ou Halifax, celle de ne pas assez nous renseigner sur Inde ou Chine, sur ce Brésil qui monte, sur cette Grèce qui descend. Le monde, on en sait si peu sur l’univers des hommes.

À propos de cette panique folle des années 1970, feu Gérald Godin, alors journaliste, me racontait : « Faut voir ce cirque aux infos, observer notre boss, Marc Thibault (le père de Sophie à TVA), pas croyable, le bonhomme Thibault a un chrono vissé aux doigts et joue les Salomon. Peu importe le poids des événements, il gueule : «  Equal time, le petits gars ! Ce mois-ci, les Libéraux ont eu 152 minutes et le P.Q., 154 minutes ! Faut donc vite accorder deux minutes à Robert Bourassa ou à Trudeau. » Quelle bêtise d’avachis terrorisés !

Alors, ces jours-ci, reprise donc des lamentations. Qui se joint à ce concert québéphobe ? Nos demi assimilés, nos anglaisés, nos américanisés. Diable, les Québécois crachent 33% d’impôts pour ce Réseau français, non ?

 

 

 

AIMER LA CHINE POUR « LA PIASTRE » ?


 

Enfant, j’aimais déjà la Chine. À cause des lettres, photos, cartes postales d’Ernest Jasmin, oncle missionnaire là-bas.

Étudiant en céramique, j’ai admiré, extasié, ces poteries ancestrales mirifiques, enfin, professeur d’histoire, j’ai découvert —et fait aimer— une Chine culturelle riche sur tant de plans et dans tellement de domaines. Voyez la Chine bien aimée du « boss » de La Presse, M. André Desmarais. Il la raconte au reporter Howard Green du réseau BNN. Amour extrêmement réducteur : « la piastre ! » Lisez, c’est triste :

 

1- « La Chine constitue une opportunité économique …

Une relation positive sur le plan des affaires ».

2- « Il faut voir le développement qui s’y fait au fil du temps…

Cette évolution peut avoir des effets sur une entreprise (Power Corporation ?) ».

3- « Dans toutes leurs entreprises …ils sont si novateurs »…

« On peut avoir du rapport avec les occasions qui s’offrent à nous ».

4- « Ils veulent évoluer sur le plan économique… »…« 8% de croissance annuelle… c’est du bénéfice net pour le Canada ».

5- « Nos ressources naturelles… ce seul marché prospère vite…  L’offre acceptée… ces transactions sont bonnes pour nous… nos intérêts sont satisfaits ».

6- « La Chine dont les 1,4 milliards d’habitants luttent pour l’amélioration économique… »

7- « Ennemi ? Je vois rien que les Chinois aient fait sur le plan politique pour y voir quoi que ce soit… « Pour l’instant (…) le développement de la Chine est pour nous une merveilleuse occasion économique »…Si 1,4 milliards de personnes se sortent de la pauvreté, continuent à avancer vers plus de richesse, c’est pas mauvais pour nous et le monde ».

Business, occasions d’affaires, bénéfices, exploitation, profits et pas un seul mot sur « arts, spectacles, littérature », (passé ou présent) des Chinois. Pire, pas un mot —« rien », dit-il— de reproche à propos des nombreux dissidents chinois en prison. Quel esprit riche hein ?

 

Claude Jasmin

Écrivain, Ste Adèle.

 

 

PAPILLONS, CATARACTES ET HOMMES EN NOIR !

 

 

J’ai beaucoup et souvent jasé sur mes petites bêtes (marmotte et cie). Voici le temps des mini-mini animaux. Invasion malheureuse de mouches noires et heureuse de frétillantes libellules minimalistes, de jolis papillons bien énervés et d’abeilles. J’en vois, là, par centaines dans mon mahonia, un arbuste fruitier à feuilles aux corrugations prononcées. Monde lilliputien si vivant. Même monde vendredi dernier rue Sherbrooke, à Notre Dame. Ça grouille. Usine aux pavillons remplis de malades et de soignés ! Fourmillante machine qui fait peur et moi, civière en corridor, en jaquette bleue trouée, qui attend mon tour pour éliminer des cataractes —ô Niagara ! Vraie fourmilière, Notre Dame s’excite. Ça circule autour de ma couchette. Malades, médecins, ces « préposés » de bas et de haut rang, gradés discrets ou à torses bombés. À une passante courbée : «  Oh, madame je suis là depuis deux ans à poireauter ! » » Léger arrêt et regard affolé mais elle passe son chemin. Un bossu usé passe et, jouant le moribond, j’en rajoute : « M’sieur, m’sieur, ça fait 18 ans que j’attends dans ce corridor, on m’a trouvé au 3 ième sous-sol ! » Il me dévisage, hésite à rétorquer et il fuit —hagard comme Lucien Bouchard à Sagard-sur-Luxe, en Charlevoix.

Bon, maintenant n’allez pas croire que le « vieux (moi) qui a vu les séances d’Ovila Légaré et les films de cowboy en noir et blanc au sous-sol de l’Église Sainte Cécile, ignore l’actuel cinéma à effets électroniques. Non, non, j’ai vu et apprécié au cinéma Pine, « Men in Black », troisième mouture, avec Jones et Smih, ce jeune nègre épatant, si vif, si efficace, si surdoué.

Vous êtes là, assis tranquille rue Morin, et surgit Boris l’Animal.

Un motard super-hell’s-angel. Ce mastodonte aux lunettes engoncées dans les orbites, aux bras « gros comme des troncs d’arbre » (je te le dis Raoul Duguay), n’a qu’à ouvrir sa paume pour en faire surgir et s,Envoler un horrible crustacé aux lancettes empoisonnées, Ah oui, allez voir ça, c’est hallucinant, tout comme est renversant ce grouillant resto chinois où des humanoïdes d’un grotesque épeurant se font décapiter. On est loin des mélos d’Ovila, loin des méchants apaches cernant des caravanes bâchées du temps des « petites vues » des révérends frères.

Quel plaisir ! J’aime tant ces truquages inouïs ! Le vieux « in black » Jones y est, revenu et revenant, toujours blasé, l’adjoint dévoué (Smith, en Noir agile) veut le sauver. Un bizarre « ti-coune », sosie de Brière, tuque des Andes sur son crâne évidé, oui, en creux ( sans cerveau), un bonasse qui offre son dévouement. Elfe asexuée venu de planètes-aux-anneaux ? Vous voici soudain, exilé loin de la rue Morin, au coeur même de Manhattan et juché sur le Chrysler Building ! C’est vrai, réel, hallucinant. Plongée du gratte-ciel avec un appareil rétrogradeur. Alors, vous voilà en 1969. A Cap Canaveral. Une fusée va décoller et l’horrible Boris, « The Animal », rôde, être machiavélique. Je vous jure que vous serez au bord de l’Atlantique ! La reconstitution scénographique est mieux que parfaite. On en reste ébahi ! Je vous raconte ce « Men in black », tome trois, pour vous dire qu’on peut voir 81 ans et être absolument épaté par les prodiges d’une cinématographie à truquages. Allez-y voir.

MOI, L’HANDICAPÉ SOCIAL !

       Vous avez bien lu ce titre. Et, le pire, c’est que je ne le savais pas. Devrais-je remercier de ce « diagnostic » de Gendron  un p’tit maire à grande gueule (ce qui ne me déplaît pas, en étant une autre !). Donc je serais un handicapé social ? Ce savant pseudo-sociologue, aussi élu maire d’Hundington (et chassé du Canal V), déclare —urbi et orbi, tel un pape— que : « Les Québécois qui ne parlent pas couramment la langue des Étatsuniens sont tous des handicapés sociaux ». B’en du monde à messe, je ne me sens pas trop seul.

Ce handicap ne m’affecte pas du tout.  L’inverse tient-il la route, bonhomme Gendron ? Tous ceux qui ne parlent pas français aux USA sont-il des handicapés ? « Ah b’en non », dira ce coco : « Eux, ils sont une majorité ». Nous sommes majoritaires au Québec, plus de 80 % ! Le bilinguisme « institué » dans un pays, c’est la porte grande ouverte à l’assimilation. Avant l’adoption de l’indispensable loi 101, ici c’était parti. « Une loi raciste »,  tonne le fou d’Hundington, aussi amateur de nécromancie. Ce maire exhibe un cercueil dan son salon !

Certes je baragouine l’anglais quand je vais me baigner dans le Maine. Or, j’ai survécu à mon handicap social, je n’ai  parlé que le français durant « mes » carrières —un demi siècle— et n’en ai aucunement souffert. C’est même ma fierté, et ma normale francophilie fait que je ne m’intéresse pas du tout à la culture populaire des USA, ce gros machin à poutines rock. Que La Presse promeut sans cesse dans ses cahiers-spectacles, hélas ! Chauvinisme disent des Gendron ? Non, je regrette infiniment le peu d’intérêt de nos médias pour la culture hors-USA, allemande, espagnole, italienne, etc.

Ma (relative) notoriété, je l’ai acquise « avec » mon handicap social, toto-Gendron. On peut certainement apprendre l’anglais s’il y a besoin urgent. Chez Berlltz ou ailleurs, en peu de temps, n’importe qui (pour un job intéressant par exemple), saura la parler correctement. Perte de précieuses heures scolaires que ce projet idiot du régime Charest : l’anglais intensif dès la deuxième année, l’immersion en sixième année. De savants pédagogues l’affirment.

Les gens de ma génération a connu ces cours d’anglais,. Onze années de cours avec un résultat nul. Sauf l’empiration, pardonnez ce néologisme, des anglicismes. En onzième année (après je suis allé dans une école technique), je ne savais pas du tout parler la belle langue de William Shakespeare. Pas plus belle que celle de l’immortel Cervantès ou du génial Aliguieri Dante. Hypocrites, les Gendron font mine de ne pas voir l’attraction fatale du gros-puisant-riche voisin du sud. Déraciné, déculturé, ce monde-là se complait dans l’assimilation lente; voyez le désastre actuel dans Montréal-Centre-Ville !

L’indifférence face à a perte de leur identité profonde est un mépris, de soi, une lâcheté. Français d’Amériqe, notre identité « différente » est indispensable à l’épanouissement de la jeunesse québécoise. Imbécile-Gendron : vive les différences et vive la diversité ! La Chine devenant la « deuxième puissance » du monde, imposera-t-elle partout le mandarin ? Mais non. À Rome, ne craignez rien italophiles comme moi, on gardera l’italien. Et à Berlin, l’allemand. Ceux qui auront besoin de parler comme les Chinois —pour un job intéressantiront chez un Berlitz. Mon vrai handicap est ma demi surdité, ça me suffit, maire Gendron-le-tit-coune,le bozo,le baluet, le demi assimilé.

 

 

LES TATOUÉS !

Je croise des gentils p’tits vieux (comme moi) qui sont scandalisés, atterrés même, par la mode actuelle de tatouage.

Des plus jeunes aussi (exemple : Sophie Durocher du J.de M. ) qui sont écoeurés face à ces hommes, souvent d’âge mûr, qui  affichent ces incrustations corporelles en vives couleurs.

Mon opinion ? Le plus souvent  j’en suis ravi. Eh oui ! On jurerais que trop  de gens oublient les furieuses condamnations du temps de leur jeunesse. Moi, je me souviens des cris d’horreur de mes parents au temps (1940-1950) où l’on écoutait —et on dansait— le boogie-woogie. Ce jazz infernal, une horreur pour nos « vieux » que cette musique dite de jitterbug et que nous aimions tant !

Évidemment, il y a des tatous de style « Hell’s Angels » mais, moi le fidèle baigneur de l’hôtel Excelsior, je vois aussi de jolis dessins en belles couleurs. Des tatous qui font voir d’esthétique «  entrelacs », rappelant les joliesses du « Modern Art », sauce 1900. Ou une tête de proue échevelée. Ou des images de fées mythiques au surréalisme complexe, ou des dragons chinois étonnants, des sirènes érotiques pour un des Ulysse contemporain. Bedonnant et quasi-chauves, le tatou rajeunit une silhouette. J’ai dit, ici, que cette volonté de « rester jeune » est humaine et n’est pas un péché. À L’Excelsior, je souris sous les feuilles de mon palétuvier en serre !  « De l’art sur la peau » et transportable ! Quand ces tatous sont dépourvus d’agressivité, ces étonnantes « gravures sur deux pattes », font voir du bon talent souvent. Il y a aussi des images tatouées qui relèvent de l’Halloween, hélas ! De sombres gueules comme s’ils étaient des guerriers (Maoris) d’Australie, ou de faux descendants de tribus africaines arriérées. En passant quel émouvant et excellent film que « Les descendants » au cinéma Pine.

« Des goûts et des couleurs… non discutandur », dit un adage bien con. Cœur-de-Pirate, la jeune chanteuse —au français obscur et confus— illustre sans vergogne aucune, cette mode nouvelle. Je conteste farouchement une opinion du psy Miche Dorais —signant néanmoins un excellent livre, « La sexualité »— qui clame : « Des Narcisses d’obsédé par la jeunesse. ». Allons, on se calme, docteur ?

Enfants, nous raffolions du tatouage, simples décalcomanies à bon marché qui, hélas, s’effaçaient au premier lavage ! Mais oui, jadis, le tatouage était la marque des marins, des romanichels de cirque ambulant, aussi des prisonniers à perpète ! Mais les temps changent et ça n’est pas mal plus mal que d’avoir envie de bijoux. Au nez ou aux sourcils. Chantons : « Entre la jeunesse et la vieillesse… » il y a incompréhension.  Oui, nos vieux parents se bouchaient « les oreilles » au son du jazz-swing sauce boogie-woogie, ne nous bouchons pas « les yeux » ! Une mode finit toujours par passer.

UN CANARD PERDU, UN FIER CHAT ET VIEILLIR

Mon cher Jacques Brel chante que… le ciel y est si bas qu’un canard s’est pendu… » Je revois mon canard solitaire, comme perdu, égaré, il rôde, plonge et replonge, disparaît parfois si longtemps sous l’onde… suicidaire ? La Florida —où ma fille Éliane s’en va hiverner—  ne l’attire donc pas ?

À un de nos feux de feuilles mortes, visite du Souverain pontife chat (de ma voisine). La lourde bête me frôle : pas un seul regard, je l’appelle, ne se retournera pas d’une oreille ni d’une moustache; l’indifférence absolue. Cheminant lentement vers le vieux saule : noblesse ! Pas un chien au monde resterait aussi superbe, les chats sont des princes.

De sa petite rue St-Michel à Val David, mon fils Daniel n’est pas un indifférent et veille sur son géniteur. Le 10 novembre, cadeau d’anniversaire : bouquin du docteur Benetos, gériatre connu, 280 pages pour un « L’ABC DU CENTENAIRE », Laffont éditeur. J’y retrouve le menu connu : pas de tabac, pas d’alcool, faites de l’exercice et méfiez-vous des « recettes-miracles », aussi des gourous et autres gamiques en psycho-pop, enfin des substances « à la mode », chinoises, etc.

L’hérédité ? Lâchez tranquille « popa et moman » : que 20% en garanties et si tu fumes sans bouger, rivé aux écrans, oublie tes parents en grande santé ! La vitamine « D », oui, oui, mais le yaourt, surévalué dit Benetos. Le vin rouge?,  oui. Le blanc, non ! Ni bières, ni alcools, du caca ! Du botox pour madame ? Pourquoi pas ? Du Viagra pour monsieur ? Oui si on a le coeur en forme ! Mais, avant tout : marcher, skier « à fond » et en collines, vélocipédaler aussi, et « crawler ». Nager quoi ! Le gériatre de Nancy insiste : « Faites rire et riez. Le plus souvent possible. Fameux médicament, dit-il, et  gratuit.

Oh : le bref récit de mon camarade Gilles Archambault, lu avant-hier, m’a fait éclater en sanglot dès la page 35. Des deux d’un vieux couple uni, « celui qui reste…vit en enfer », chantait Brel, encore lui, l’immortel. Déception : je reste de glace en lisant ( Prix Renaudot!) la vie de Édouard… « Limonov », signé Carrère. Assommant. D’un ennui grave, Carrère, « fils de famille parisien », s’entiche d’un déboussolé né en Ukraine, filant à Moscou. Une gouape. Ganache à grands coups de gueule d’anarcho-fasciste. Bien long récit (Moscou, New York, Paris) avec du« name droping » éhonté. Potinage mondain. La critique (ici et ailleurs) ? Bien complaisance.

Je rentre maintenant —800 pages— dans une autre vie racontée. Celle de Gaston Miron, animateur —poète parfois—et infatigable prédicateur de notre liberté. Ça débute en Laurentides au temps de la Grande Crise mondiale ! Sainte Agathe commerce. Pierre Nepveu, le raconteur, se montre méticuleux, un travail d’obstiné, soucieux d’exactitude. Son vrai nom « Edgar Migneron » ! Eh oui !, des curés durs de la feuille allant vite en besogne. Sur sa stèle, vous verrez les noms de ses ancêtre tous analphabètes. Miron, laid, généreux, prophète,  ex-religieux enseignant, nous parle encore : « il fait un temps de cheval gris qu’on ne vit plus/ il fait un temps de château très tard dans les braises/ il fait un temps de lune dans les sommeils lointains ». Je suis à la page 40, j’ai le temps.

 

 

* (Gilles Archambault: « Qui de nous deux », récit, 120 pages, Boréal)

VISA LE BLANC, TUA LE NOIR !

Au « Phénix », Chemin Bates à Outremont—où nous avons un mini appartement (pied-à-terre)— m’arrive une Raymonde excitée : « J’ai jamais vu ça, une bestiole blanche comme neige, albinos, un écureuil habillé d’hermine, déguisée « en immaculée conception ! » Suis jaloux; c’est pas à moi —qui aime tant les p’tites bêtes— que ça arriverait. Le surlendemain, rentrant à pied de « Chez Serge », à ma chère École Hôtelière : un écureuil… d’un noir total, une vraie boule de noir-à-chaussure. Il grimpe sur le Sacré-Coeur devant l’église. Tache noironne sur le cœur très sacré ! Puis s’amène une (pas moins) noire… corneille…qui se pose sur le crâne de béton du Jésus (moulé en série). Une noiraude peluche, trépignante, animée !

En 1945, le grand frère de papa rentre de 20 ans de Chine-du-nord. Il apprivoise sur son balcon du couvent de Pont Viau, des écureuils… « noirs », me disant : «Ça nous vient de Belgique, ces noirauds-là ». Je les observais qui mangeaient dans la main du missionnaire retraité (aux curieux : je raconte mon oncle Ernest dans « Chinoiseries », vlb-éditeur). Rue Beauchamp, mon p’tit nègro court sur le balcon d’une maison « toute bleue », la demeure, m’a-t-on dit, d’un adolescent du nom de Claude-Henri Grignon ! Et de ses frères. Leur papa, veuf mais remarié, vivait juste à côté, rue Morin. La cause ? La haine de ses fils pour « sa » deuxième femme. Le « gros docteur » avait fait construire un tambour-passage reliant cette maisonnette bleue à la sienne et on peut aller voir les traces de ce tunnel autour des deux portes, celle de la « bleue » et celle dans la cour, rue Morin. Allez voir, coin Beauchamp, cette longue maison du « papa boudé » avec sa cocasse rangée de cinq (5) pignons au dessus des cinq (5) mini balcons.

Au « P’tit resto’ —devenu un smoked-meat— rue Valiquette, un soir d’été, il y a longtemps, un quasi centenaire, monsieur Lupien (mort il y a peu), me jasait du passé; ô la belle soirée « d’audience » du souverain-conteur; on me connaît, je buvais ses… souvenirs. Mais comment savoir si cet aïeul n’inventait pas ! Un midi, il y a longtemps, je voulus présenter l’ancêtre Lupien au chanteur Claude Dubois mais, en retard, Dubois resta juché sur son Harley-Davidson. La crédulité du monde ? Dubois me confia : « Écoute bin ça, j’ai loué au Sommet Bleu, juste à coté de la croix lumineuse. Je raconte aux gens que, chaque soir, c’est moi qui plogue le crucifix de fer et que, tous les matins, je dois aller tirer la souitche. On me croit ! » Il riait.

      Bon, vas-y, installe-toi bien novembre. Enfin remplis les sacs orange de feuilles mortes. Pas par moi, trop vieux votre chroniqueux, il ne s’échine plus au râteau. « 81 » sonné jeudi dernier.  Humiliation bégnine ! Me reste à guetter « mon écureuil noir » et espérer en voir un tout blanc. Au fait, à quand la première neige ?,  blanche comme l’écureuil du Phénix à Outremont.

SA CHÈRE JOLIE BULLE ?

Par trop de jours pluvieux ces temps-ci, l’auguste félin, Valdombre, roux chat souverain,vient souvent s’asseoir sur le sentier de dalles qui conduit au lac. Il y reste figé regardant le lac. Que guette-t-il ? Mystère automnale. Ainsi, je descendais à pied la rue qui conduit au GIA de Sainte Adèle en Bas,  il pleuvait ce tout récent matin-là et je l’aperçois qui grimpe. Elle. Voir sa silhouette en une sorte de crucifix marchant en ascension ardue. Oui c’est elle. Qui peine à chaque pas sous la pluie battante, sombre sculpture humaine aux bras levés, crucifiée dégoulinante. Je ralentis le pas, gêné. C’est bien elle. Nous rapprochant peu à peu, je distingue —personnage théâtral à tuque baissée sur le front— qu’elle tient sur son dos, les bras levés, ses sacs d’épicerie.

Être sans âge, forme clownesque au pantalon gonflé, tout mou, au blouson rabattu sur la chemise mal rentrée. Elle, cette gitane aux guenilles ruisselantes ce matin-la, que je croise et recroise. Qui fut, m’a-t-on dit, la fille d’un médecin adèlois. Qui fut estampée « pas fine fine ». Elle va et vient, on dirait, sans destination claire. Elle s’est trouvé un compagnon « de fortune », bougon mutique, jobber. Elle me voit. Je dis : « Quel temps hein ? » Elle m’a grogné un borborygme.

Rentrant du Calumet, armé de mes gazettes, je la reverrai, davantage dégoûtante, proche du « Sô Thaï » , neuf restaurant de mon  carrefour, plus mouillée que chat de gouttière. Ne pas oser lui parler. Par pudeur ? L’égocentrisme actuel ? Notre bulle. Tous on regarde dans la lucarne domestique, pour, ahuris,  voir une enfant de Chine qui se fait heurter, qui tombe au milieu de la chaussée…les passants qui ne s’arrêtent pas pour la secourir.

Ces mêmes jours voir, à Syrte, l’odieux despote libyen lynché, sanguinolent, crevant comme chien galeux. Ne plus savoir quoi penser. Le tyran aurait pu être mené au tribunal pénal international, non? En Chine, la fillette renversée va mourir, on l’a su. Et l’autre, gourou dont j’ai parlé qui souhaite la fin des nationalismes de l’univers (aussi des religions) pour l’obtention du bonheur mondial !

Au fond, ceux qui viennent s’isoleront davantage ! Avec le I-Pod de l’inventeur Steve Jobs, bien vissé aux deux oreilles. David, mon cher petit-fils littéraire se fait voler le sien en plein cœur de Bogotà ! Mon vieux matou fixe toujours l’eau du lac, je songe à la pendue à ses sacs d’épicerie, à la gamine de deux ans couchée dans la rue, au dictateur ensanglanté qu’on assassine à Syrte (où il était né). Réjean Ducharme écrivait : « Mon Dieu dans quel trou m’avez-vous mis ? » Vie quotidienne actuelle contenant aussi la douée Nathalie-à-pétrole ( de La Presse), heureuse de ses « mille chansons » au fond de son sac mais pointant —en Chine tiens— ces usines à I-Pod où un demi—million de mal payés s’échine 60 heures par semaine pour assembler la belle bébelle de feu-Jobs. Revoilà mon Valdombre qui pose son gros cul sur une dalle, s’immobilise face au lac. On dirait un bibelot chinois. Inutile.

« POING À LA LIGNE » …

À LIRE POUR PAS MOURIR IDIOT

 

« POING À LA LIGNE » …est un bouquin captivant du Norman Lester ( Intouchables, éditeur) Vous lirez :

1-que le juge Gomery n’a fait mettre en prison AUCUN politicien libéral pourtant mêlé aux « Commandites »; pas un seul

2-que les « Truthers-à-complots » affirment les chefs de la CIA ont versé 700 millions ($) à Al Qaïda pour septembre 2001

3- que nos policiers dirigent souvent une entreprise privée en plus de leur job de flic

4- qu’il y a « une maffia amérindienne » à Akwasasne, nous privant de 2 millions et demi ($) de revenus en impôts

5- qu’un demi-million de francos hors-Québec ne font rien pour combattre à nos côtés (pour le français en péril)

6-qu’au Pentagone —où l’on aurait  initié l’Internet et le GPS— des scientistes planchent sur un avion capable aussi de naviguer sous la mer, aussi à « comment réussir à hiberner »,  avec essais actuels sur des cochons

7- que l’on taisait qu’il y a quatre ans, le frère de Mitterrand, africaniste, Jean-Christophe fit 90 jours de prison pour fraudes

8- que ces Grecs paressent et détestent payer des impôts, victimes « gâtés-pourris » de la longue domination par les Ottomans,

9- qu’Israël, jadis, vendait des armes ($) aux racistes de l’Afrique du Sud solidifiant ainsi leur racisme

10-que l’Ontario (et la Colombie) deviennent bilingues… mais « Anglais-Chinois ! »

11- que des 20 villes les plus polluées,16 sont en Chine

12- que les Mohawks d’Oka, originaires du nord de New York, n’ont pas de « terre ancestrale », installés là par les Messieurs de Saint-Sulpice

13- qu’il y a une milice armée Mohawk, les Warriors, des vétérans du Viêt-Nam souvent et que la population les déteste

14- qu’à Outremont on trouve vingt synagogues juives (20 !) et que seule la ville de  Jérusalem en aurait autant

15- que désormais la police peut vous espionner à volonté via les Blackberry et Cie, ces machins comme centrale d’écoute

16- qu’une fois les Marines partis en Irak—après un demi million de civils tués— il y aura alliance ( des Chiites) avec l’Iran; ainsi la ruineuse « guerre de Bush « …un gaspillage favorisant l’Islamisme

17- que Lise Payette a commis une énorme bêtise en 1978  avec sa « no fault law », des tueurs » au volant riches se retrouvent avec rien à payer en dommages

18- qu’au Rwanda, le protégé des USA, Kagamé, a lui aussi commis un génocide avec l’aide de Congolais

19- que le reporter Bob Woodward (Affaire Watergate) révèle dans son livre « VEIL » :  dès 1984, sous Reagan, la CIA enseigna le terrorisme anti-Urss à de futurs Talibans

Ah oui, lisez ce « Poing à la ligne » révélateur et vive Norman Lester qui fut congédié de Radio Canada quand il fit éclater le scandale des « Minutes du Patrimoine » propagande avec Guy-R. Scully. Ajoutons : cher Pierre-Karl Péladeau, la CBC-SRC mérite du questionnement, c’est plus de 999 millions ($) par année de notre fric public.

 

ADIEU ET BONNE CHANCE CANADA !

Avec les dernières élections fédérales, c’est « le début de la fin » de l’ancien Canada, on devrait en être convaincu. En tous cas, mercredi (10 août), dans La Presse, John (Ibbitson), lui, fait un diagnostique clair qui proclame cette « fin » prévisible désormais. Verdict qui ne vient pas d’un amateur, car mon ami —allié involontaire des patriotes— John, est le « chef de bureau » au « Globe and mail » de Toronto. Il constate « l’isolement » (son mot) : il n’y a plus que cinq (5) députés québécois au pouvoir avec Harper !

Sa deuxième clé ? « Déclin constant à Ottawa du Québec ». Il a tout à fait raison. Il voit clair. Sa lucidité est l’annonce impitoyable de cette « fin de l’ancien Canada », en effet notre « nation » ( notion clairvoyante, venue de M. Harper) n’aura très bientôt aucune importance. Aucun poids politique. Aucun sens réel dans ce Canada en train de se dessiner.

Audacieux, John concluait qu’aux prochaines élections fédérales, les Québécois demanderont pourquoi ils font (encore) partie de ce pays (fédératif). « Que répondra le reste du pays ? » dit John.Tout est dit et bien dit, avec courage, avec franchise. Nos bons vieux demi assimilés québécois vont devoir faire face à la réalité. Ici, au Québec, notre seule patrie, nous sommes majoritaires et « maîtres de notre destin » —Bourassa dixit un soir d’échec mulroneyen.

Nous formons toujours plus de 80 % de la population dans notre seule patrie, le Québec. Il n’y a donc ni isolement ni déclin, très cher John…qui soulignait qu’au sein du Canada, nous sommes passés de 30% à 20 %. Il affirme que notre « insignifiance » politique à Ottawa va s’accroître avec les nouveaux sièges accordés sous peu aux provinces anglaises, en toute justice  démocratique.

Nos vieux nostalgiques du temps du quatuor des demi assimilés, Laurier, Saint-Laurent, Trudeau et Chrétien doivent, tout comme John, regarder en face cette fin de notre importance à Ottawa. Si jamais (une ou) des lois anti-québécoises sont présentés aux Communes, « on est faite » comme dit l’expression populaire. Les Québécois, sans  nostalgie du passé, comprennent maintenant que c’est vraiment le début de la fin et qu’il doit, tout naturellement, y avoir l’indépendance de Québec puisque ici on reste une majorité «  libre de ses choix » —encore Bourassa.

Merci John. Une sagesse populaire a fait un mouvement intelligent en rompant d’instinct avec les indépendantistes obsolètes —et un peu vains— du Bloc d’Ottawa. Encore un pas en avant et nous nous voterons l’indépendance bientôt. C’est nécessaire, c’est la seule bonne et pacifique solution nationale. À moins d’accepter niaisement, suicidairement, de n’être À Ottawa, qu’une infime « parcelle de peuple » sans aucun pouvoir réel —tel les Ukrainiens ou les Chinois du Canada. Oui, une infime minorité —folklorique— au beau milieu de la vaste mosaïque canadian. John, souhaitez-nous « bonne chance ». Enfin, enfin, débarrassé de notre encombrant patriotisme, je souhaite « bonne chance » à ce prochain Canada, pays voisin et ami.

Claude Jasmin

(Sainte Adèle)

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