NOTRE IMPUISSANCE À TOUS !

Désormais bien, mieux, tellement mieux informés… mais « quosseçadonne » ? Il y a à admirer, ici, maintenant, ces jolis canards voyageurs en pause saisonnière au bout de mon quai… Vouloir agir, aider à corriger des injustices. Mais comment ? Maudite impuissance, non ? Qui a tué cette courageuse journaliste à Moscou qui voulait défendre la cause perdue, oubliée, des Tchéchènes envahis ? Qui sont ses meurtriers ? Ah, ils sont bien beaux ces canards, la tentation de fuir. Qui est au juste ce sénateur Étatsunien, nommé Foley, pédéraste camouflé et prédicateur de vertu et aussi vieux maquereau à petits pages.

Chantons « les canards, les sarcelles, Monoloy disait le vent ». Chantez pour se dé-senrager ?

Anna la journaliste est tuée à Moscou ! Une tuerie écoeurante ? Qu’y faire ? Et ce prof de philo en France qui doit vivre caché désormais, protégé jour et nuit. La parole libre que l’on bafoue ! Ces fanatiques religieux —toujours cette religion dévoyée et trop d’Arabes, ici et partout en Occident, qui se taisent par calcul machiavélique. Ce nouveau venu, M. Ban à l’ONU il devra calculer aussi ? Ce dictateur Kim, en Corée du Nord, affreux despote nationaliste, qui a pourtant bien raison de proclamer : «Et vous, États-Unis, France, vous tous, sur-armés de nucléaire jusqu’aux dents, pourquoi vous ne désarmez pas !» Personne pour, là-dessus, donner raison au pénible tyran !

Chiens soumis aux puissances qui disent : ne faites pas ce que je fais. » J’enrage en effet d’une impuissance maudite. Mais ils sont si mignons mes canards en cours d’exil sur le lac Ronds, non ? Oui, au secours, reviens Yvon Deschamps, brillant philosophe naïf. « Quosseçadonne » de savoir ? Je suis là et si las, bras ballants, mains vides… Notre impuissance maudite ! Un Mario Roy, railleur, visionnant le docu-drama (à la CBC) à propos de M. Cross pris en otage en octobre 1970, parle de nos jeunes desperados du FLQ : « Des pauvres petits cons trop chargés de testotérone ! » Le salaud, ces jeunes gens, très jeunes, agissaient par patriotisme; Jacques Lanctôt comme d’autres, ils n’y ont trouvé aucun profit, ont hypothéqué gravement leur avenir. On peut être en désaccord (comme le fut le patient René Lévesque) avec leurs actions intrépides clandestines mais on n’a pas le droit de leur cracher dessus; pauvre con ce Mario Roy ! M ais comment lui répondre ? Dans quel médium puissant ? Hum ! quotidien ? Impuissance; nous devons assumer ces graves et « historiques » faits comme toute nation adulte sait le faire. En Irlande comme ailleurs. Ô colonialisme puant.

Mes canards nagent au rivage. Admirer placidement leur natation éblouissante ! Anna Politkovskaï s’est fait tuer par action journalistique. Et Pearl, le New-Yorkais exilé chez les Talibans qui se cachent si facilement au Pakistan, qui se fit trancher la tête. On fait un film sur ce célèbre décapité avec grosses vedettes dans un hôtel en Inde ! Un jour on fera un film à gros budget sur Anna l’assassinée ? Ou bien quoi ?, faut pas faire de « pepeine » à la Poutine moscovite, cher et utile allié de l’Occident ? Notre impuissance maudite les bien informés dans nos salons confortables ! Que dire de nos agenouillements en « dégoûtante rectitude » face à nos migrants nostalgiques qui refusent de s’intégrer à nous, le 82 % de la population ? Et notre tolérance de pleutres face à ces écoles archi-religieuses, archi-illégales, subventionnés par notre argent public, pour enfants juifs sur-orthodoxes, victimes innocentes d’endoctrinements passéistes. N’y a-t-il pas la loi qui dit : « refus de secourir personnes (des enfants !) en danger ? » Silence. Frousse de nos gouvernants mous !

Chez Dutrizac comme chez Guy-A Lepage ou chez Martineau, ou chez Dame Bazzo, causons « ma chère » graves problèmes …bien légers. Débats falllacieux d’une mode farcesque fade. Bandes de mondains ! Aux actualités, tiens, v’là autre chose : ces braves Agniers à Oka. Hénaurme gaspillage du fric du peuple pour un poignée de policiers improvisés. Hon ! Mais taisez-vous donc micros, fermez votre œil caméras vicieuses. Silence les médias ! Silence. On va enterrer vite l’affaire, vous verrez, comme on enterrait en 1990, toujours à Oka, la réalité sordide des « warriors » venus de Saint-Régis pour exciter les modestes habitants de cette Réserve, ces nobles guerrier de mes deux…voulaient juste davantage de laxisme pour leurs traffics d’armes, oh cela, oui, de drogues, d’alcool et de cigarettes !

Oka, morne plaine, souvenez-vous, avec ce Boubou timide, ses sbires accourus. Le silence sur tout cela car on veut la paix chez nos mauviettes gouvernantes !

Statue de bronze à Boubou aux pelouses des pleutres, Québec, honneur sur green parlementaire pour ce chef qui s’est tenu debout 24 heures en 24 ans de politique, un 24 juin, l’accord avorté, tombé ! N’est-ce pas. Silence. Taisons-nous ? Un jour, qui se rapproche, le peuple « si bien informé désormais » va se lever, car « tu penses qu’on s’en aperçoit pas »… de vos magouilles. Chante mon Vigneault avant ton ACV bien à toi ! Et puis il y a ces canards qui s’en vont pour continuer leur exil vers les chaudes contrées. Ne restez pas ici, pauvres bêtes, c’est laid à voir l’impuissance des nôtres. Partez, partez…

TROP TARD POUR REMERCIER ?

(LU EN ONDES À RADIO-BOOMER, 1570 a.m. le LUNDI 10 OCTOBRE : fête de l’Action de Grâce.)
Pour écouter le conte, CLIQUER ICI

Un conte inédit de CLAUDE JASMIN

Mesdames, messieurs, c’est le désarroi, la panique, aujourd’hui en cette Fête de l’action de Grâce. Drôle de fête ! Vous avez entendu le bulletin de notre Jacques ! Vous le savez déjà sans doute un bombe a éclaté au milieu de la ville à Montréal. Aux dernières nouvelles, il s’agirait d’un engin complexe d’ordre nucléaire. L’on parle, selon les premiers rapports, d’une bombe achetée sur un certain marché noir depuis l’effondrement de l’URSS en 1990. On parle d’une mafia sophistiquée. Qui a trouvé une clientèle idéale pour écouler ces armes effroyables. Bien entendu, on a pu voir et entendre le communiqué, triomphal et montré, remontré, à une chaîne de télé arabe bien connu, c’est signé : Al-Quarzoui, ce chef de guerre de l’islamisme radical. Je cite : « C’est un avertissement aux croisés décadents enragés de l’Occident. Il y a Montréal, en Amérique du Nord mais, dit ce communiqué, il y aura d’autres cibles encore plus importantes».
Mesdames, messieurs, les aéroports d’Amérique sont fermés. Le nouveau Président des États-Unis a fait connaître sa révulsion de « ce terrorisme à Montréal, absolument écoeurant », ce sont ses mots. De tous les pays du monde occidental nous parviennent des témoignages de sympathie et, des grandes puissances, des promesses de châtier sévèrement ces jeunes déséquilibrés militants qui ne font que dévoyer le Coran, religion pourtant autant respectable que les autres monothéismes. Je suis, comme tant d’autres, rivé à mon micro et, dans ce studio, j’ai le regard fixé sur les images de télé. Ce fut donc un carnage impossible à décrire. Cet engin nucléaire a réduit en cendres encore fumantes, ici, à Montréal, tout un quartier. Cela s’adonne que c’est Villeray, le quartier de ma jeunesse Adieu petite patrie chérie. Voici donc un jour de fête tourné en un fatal chantier de débris. Les dégâts vont de la Gare Jean Talon à l’ouest jusqu’à Saint-Léonard et Ville St-Michel à l’est. Au nord, on rapporte que l’Église St-Vincent Ferrier, rue Jarry n’est que décombres, au sud, cette église « vendue en condos », St-Jean de la Croix est aussi un amas de ruines. Le 11 septembre 2001 à New York paraît un accident grave mais mineur par rapport a l’explosion de Montréal de ce jour, les morts du métro de Londres, de celui de Madrid, sont eux aussi ramenés à des attentats d’une moindre gravité. Oh comme tout est relatif ! Un jour d’action de Grâces ! Jour caricaturé par la haine des fanatiques.
On ne compte plus, dit-on, les ambulance qui sillonnent les alentours de ce macabre charnier. En vain car dit-on il n’y a pas de survivants. Les pompiers ne sont pas moins futiles, et les sapeurs n’éteignent aucun feu, ils sont transformés en funèbres brancardiers. Civières remplies de tas d’os noircis ! La police, venant de partout, tente de garder à bonne distance les citoyens accourus vers les lieux du désespoir. Ainsi, nous, Montréalais, Québécois, peuple pacifique, sommes devenus à notre tour la proie du fanatisme Mahométan fou de ce début de siècle. On ne retrouvera jamais les jeunes kamikazes parmi tous ces restes humains carbonisés, impossibles à identifier. L’explosion a eu lieu ce matin, tôt. Je venais à ce micro comme toujours descendant de nos collines laurentiennes en « feux sang et or », si jolis en octobre. Je n’avais pas mis la radio dans ma Beetle ce matin, quand, aussitôt arrivé, je découvris la catastrophe. Étrange Fête de l’Action de Grâces ? Il y a cinq ans, c’était, ici, une gentille fête pour inaugurer notre « Radio-Boomer », c’était en 2005, jour de réjouissances. Ici, à Laval, au bord de la 440, comme ailleurs maintenant c’est funèbre, l’athmosphère dans les parages. Il semble faire nuit en plein jour. Et c’est, sans cesse, le flot des noires image, sur tous les canaux de télé du monde, atroces images d’un Montréal bombardé. Ainsi nous vivions insouciants, nous croyions posséder cette bonne paix des petits pays tranquilles et crac ! la mort s’installe, en quelques secondes. Ce jour d’action de Gâces, n’en doutons pas une seconde, va poser une pierre noire sur le calendrier des jours qui s’écoulaient jadis en douceur. L’automne du Parc Jarry au couleurs flamboyantes vient de se changer à un paysage pitoyable. Un pré de cendres grises ! Des parents en larmes, des amis, s’effondrent, on en voit en ce moment à genoux dans les rues des alentours du volcan maudit qui prient le ciel. Trop tard ?
Mais oui, nous vivons la plupart sans soucis très graves, nous allions au boulot sereinement et soudainement c’est l’apocalypse-à-Montréal ! La fin du monde là dans ce quartier central. On rapporte qu’on se réfugie en foules tout au haut du mont Royal, d’autres se rassemblent au Parc Lafontaine ou au Jardin Botanique. Beaucoup fuient à l’ouest vers Vaudreuil ou à l’est, vers Repentigny ou encore vers la Rive Sud . Tous les ponts sont surchargés. Rien ne garantit qu’il n’y aura pas une deuxième bombe nucléaire. Ces sales engins mal remisés étaient si nombreuses du temps de l’URSS. Ces ex-soviétiques devenus de maffieux vendeurs d’armes nucléaires, ces mafiosi russes recyclés en spéculateurs avec l’Enfer, ils sont à maudire. On a pu voir le visage de jocrisse de Ben Laden dans sa cachette pakistanaise, caverne du diable, tout souriant de cette funeste semence de mort à Montréal.
Des jeunes soldats d’ici sont là-bas justement dont mon neveu Pierre-Luc. Pierre-Luc ? tue la bête, étrangle la bête ! Tout l’Occident est ravagé aujourd’hui. Montréal a cent et mille alliés désormais. L’occident est épouvantablement angoissé. À qui le tour…? où ? Il n’y a plus de sécurité nulle part, se disent les foules atterrées. Jamais cette Fête d’Action de Grâces ne fut plus mal nommée que dans ce Montréal gravement percé, troué. Est-il…trop tard pour prendre une résolution ?, Pour mieux savoir apprécier la vie ici. Ainsi nulle pace dans le monde entier n’est donc à l’abri d’un sort aussi fatalement mortuaire ? Ainsi, nous aurions dû mieux fêter L’Action de Grâce, en 2005. En 2006, en 2007, etc. Mieux apprécier notre paix qui a régné si longtemps. Combien de jours d’Action de Grâces passés innocemment, fermés à double tour sur nos égoïsmes ? Répondre sincèrement. Sans remercier la Providence pour notre paix durable… si longtemps avant aujourd’hui. Grâces jamais dites pour une vie à l’abri des conflits de la terre, de la terrifiante pauvreté africaine. Ou celle d’Amérique du sud. Nous avions tout, nous profitions de tout, nous déambulions torse bombé : nous ne devions rien à personne. Quoi rendre grâces ?, remercier qui ? « personne », nous disions-nous. Nous venons d’apprendre que l’Action de Grâces aurait pu avoir un sens, que nous aurions été sages d’être reconnaissants, de remercier le ciel, le Créateur ou Allah, ou Jéhovah. Ou Dieu si on y croit, pour tant de confort, tant de paix.
Bon. J’irai maintenant en ville, tenter de savoir si les miens, mes sœurs de Rosemont, sont saines et sauves. Mon frères à Ahuntsic est-il bien vivant ? Le vieil oncle Léo, alité à l’hôpital Jean-Talon, ne doit plus exister, misère ! Cette tante vendeuse au kiosque à journaux du métro Jean-Talon ? pulvérisée. Sans doute. Revoir des nièces, ce cousin gentil serveur à la CASA ITALIA. Mes vieux parents sont morts en 1987, mon Dieu, ils auraient pu se faire anéantir, péter en mille morceaux sur leur balcon de la rue St-Denis. Papa, maman, pris vifs dans cette fournaise atomique « made in URSS ». Tant mieux : ils ne verront pas leur quartier bien-aimé en ruines, leur cher marché Jean Talon disparu à jamais, leur pratique Plaza St-Hubert envolée, leur église Ste-Cécile rentrée dans la terre, et, rue De Gaspé, rue Henri-Julien, nos écoles d’enfance… en fumées parties. Ils ne verront pas leurs voisins en squelettes broyés, ils ne verront pas les rues en cratères, les maisons rasées. Retraités à Marie-Rollet, ils n’entendront pas ces descriptions anxieuses que font en ce moment même tous les reporters.
Oui, il y a cinq ans, en octobre 2005, j’étais venu enregistrer un gentil conte pour illustrer cette fête d’octobre. La vie était belle en ce temps-là. Jamais je n’aurais cru devoir vite aller enquêter dans Villeray « mort et enterré ». Je m’imaginais, je suis comme tout le monde, que notre existence en ce coin du monde était sous une garantie-sans-conditions. Du bon vieux Maytag ! Celle d’une vie calme et douce. Quoi ajouter ? Rendre grâces pour ma sauvegarde. Diable, avant-hier, j’étais là, rue Christophe Colomb au Centre Le Prévost, je faisais joyeusement ma causerie dans la coquette bibliothèque, je racontais justement cette belle jeunesse des années 1940, des années 1950. Bonheur candide. Voici que mon récit est devenu caduc. Voici que c’est « la fin du monde » dans mes souvenirs. Rendre grâces aujourd’hui même, en ce jour qui s’est maquillé en mini-Hiroshima, en petit Nagasaki, ce n’est pas facile du tout. Quoi qu’il en soit, avant de descendre à ce vaste cimetière bombardé oui, murmurer au moins : merci. Merci pour la vie. Ne plus jamais oublier, au moins une fois par année, en début d’octobre, de rendre grâces si on a la chance d’être encore du monde des vivants. Bon. J’y vais. Allons voir les traces démoniaques d’une poignée qui ont la haine au cœur, quand, ici, le ciel est si beau, les couleurs des érables, oui, luisent de sang et d’or. D’un sang végétal innocent qui n’a tué personne. La nature donnant le bon exemple sur une planète dont l’Orient contient des jeunesses mal prêchées par des imans-prêtres dégénérés. Salut amis, courage camarades en cette fête d’Action de grâces bien singulière.

Fin

De retour à Plein-Art + Édouard Jasmin au Musée du Québec

Sans doute satisfaits de mes efforts pour 2004, les organisateurs québécois de l’expo sur les métiers d’art nommée « Plein art » viennent de me réengager comme porte-parole officiel de la dite Expo qui se tient chaque année dans le vieux Québec (au début du mois d’août).

Plein art regroupe environ 100 artisans québécois et des invités en provenance du Canada, de l’Europe, des États-Unis et de l’Afrique.Établi depuis 24 ans et accrédité par le Conseil des métiers d’art du Québec, l’association professionnelle des artisans du Québec, cet événement estival est le plus important du genre à se tenir en plein air au Canada. Plein Art propose une grande variété de produits originaux et de qualité.


« CET HOMME MODESTE, MON PÈRE, CE MARCHAND DE BIBELOTS CHINOIS PUIS QUI VENDAIT DANS SA GARGOTTE DE LA PETITE PATRIE (HOT DOG, HAMBURGER, SANDWICHE EN TOS GENRES, SUNDAY) DES FRIANDISES À BON MARCHÉ, VIENT D’ENTRER AU PRESTIGIGIEX « MUSÉE DES BEAUX ARTS » DE LA VILLE DE QUÉBEC DANS LA GRANDE ALLÉE » !

EN EFFET, LE MUSÉE VIENT TOUT JUSTE DE SE PROCURER, POUR SES COLLECTIONS PERMAMENTES, UNE QUINZAINE DES CÉRAMIQUES (DITES NAÏVES) D’ÉDOUARD JASMiN. DEVENU LE RETRAITÉ DE CE COMMERCE TANT ILLUSTRÉ DANS LES 75 ÉPISODES DE LA PETITE PATRIE À TÉLÉVISION (DE 1974 à 1976), SE FIT, APRÈS « PEINTRE-DU-DIMANCHE, POTIER PRIMITF. SANS AUCUNE INITIATION, AVEC UN TALENT ÉTONNANT, CET EX-PETIT-RESTAURATEUR DE LA RUE SAINT-DENIS, ÉDOUARD JASMIN, DEVENAIT RAPIDEMENT LA COQUELUCHE DES COLECTIONNEURS, À MONTRÉAL D’ABORD MAIS AUSSI À TORONTO ET AUX ÉTATS-UNIS.

L’ÉMINENT GALÉRISTE GART CLARK EXPOSA (1987) SES OUVRAGES D’ARGILE MODELÉE À SES GALERIES PRESTIGIEUSES DE NEW-YORK ET DE LOS ANGELES. C’EST SON DÉCOUVREUR, ET DÉFENDEUR ZÉLÉ, LE PROFESSEUR LÉOPOLD FOULEM, UN COLLECTIONNEUR ÉMÉRITE DES ÉDOUARD JASMIN, QUI A ARRANGÉ CETTE RÉCENTE TRANSACTION AVEC LE MUSÉE DE QUÉBEC. UN COIN D’ESCALIER PRESTIGIEUX MONTRERA AU GRAND PUBLIC CES PLATS DE TERRE CUITE OUVRAGÉE ILLUSTRANT DES SCÈNES COCASSES D’UN EXOTISME SAVOUREUX. ON EN REPARLERA.

LES SUCEURS DE « LIFE SAVERS » !

Dans l’ex-right light, dirais-je exactement où ?, un bonhomme m’a fait rencontrer, vendredi soir dernier, une jeune femme bizarre. France, son nom. Une fille perdue, dont on a vraiment pitié…et qui va sortir de prison bientôt.
Mon gaillard raconte, sans tout révéler, l’existence de cette jeune prisonnière; nous étions nombreux à l’écouter. France a poignardé une autre fille. M. Boucher, c’est le nom de mon conteur, nous a illustré la famille de la meurtrière. Du bon monde ? Comment dire, oui, des bons petits-bourgeois tranquilles : un père plutôt autoritaire, sosie de Michel Dumont, dominateur compulsif à ses heures, autrement, oui, un bon diable vieillissant, avec Doodge Caravan toute neuve, le golf comme passion sacrée et la fuite en Floride l’hiver. Vous voyez le genre ?
Mais sa cadette, France, a tué ! Ce brave et borné bon papa ne saisit pas ce drame, il s’enfouit, autruche, dans le sable. Comme le reste de la famille. On nous a montré le salon-salle-à-manger de la famille de France, coquet home, jolies tentures lumineuses, mobilier moderniste, le confort sécurisant avec une gentille mémé perdue, genre Hélène Loiselle physiquement, très énervée de constater l’attachement de sa « petite-fille », prisonnière en congé-visite. Avec la jeune matrone, assise bien raide, dans un coin de la cuisine. La pétillante et sage grande sœur, on aurait juré Adèle Reinhardt, qui interdira le pop corn à ses enfants gardés !
Qui encore ? Un frère, gras dadais, qui parle pour ne rien dire. S’efforcer de ne rien dire sur ce… meurtre. On a tout vu, tout entendu, les propos insignifiants du genre : « c’est donc bon manger hen ? » La môman dévouée mais au bord de la crise de nerfs, vrai clone de Véronique Le Flaguais. Nous observions donc la banalité : images familières de braves banlieusards qui font silence compact sur l’ignoble délinquante, cette France. À la fin de la démonstration, le groupe réuni avait les larmes aux yeux d’une émotion vive. Car du cagibi des visiteurs à cette prison de Joliette, France soudain lâche à ce père emmuré : « Je t’aime. » « Gros. » Rien que ça, comme un aveu risqué, comme si cette poignardeuse étouffait avec son rouleau de Life savers au fond du poing. Mais le papa golfeur a très hâte de partir pour sa chère Floride, il fige, muet, dépassé. Il va s’en aller sans rien dire.
C’est ce même Serge Boucher qui nous avait « conté » l’atroce « Motel Hélène » et puis l’effrayant « 24 poses, portraits », montré à Télé-Québec. Il a le don de nous fourrer dans des marmites terrifiantes. Il ne s’y passe rien d’extraordinaire, un monde que l’on dit « normal », pas de farfelus « PÔPA ET MöMAN », non, du documentaire hyper-réalisme, extrêmement gênant. Cette pièce, « Les bonbons… », pourraient se situer aux États-Unis ou en France. Partout en Occident, il y a du « bien bon monde » englouti dans le gluant matérialisme actuel. Soudain, secoué tragiquement : un membre du groupe « saute les plombs » et tue ! Réservez vite des billets chez « Duceppe » car, Maud Guérin, le 5 décembre, actrice magnifiquement efficace, surdouée, quittera la défroque de cette fascinante « entôlée » qui assassinait à coups de couteau, soudainement, une autre fille de son milieu, monde d’une brave petite bourgeoisie tranquille, totalement abrutie. C’est une soirée qu’on n’oublie plus.

« ON THE ROAD » AVEC UNE TROMPETTE !

D’abord la peur, l’énervement. Combien de parents, de grands parents, ces jours-ci s’en font pour un enfant parti ? Parfois il (ou elle) a fui sans laisser d’adresse. Fugues maudites. Plus de nouvelles. Ponts coupés. Ça vient de m’arriver. Papi « bin » énervé ! Pas de rupture brutale, non, le cadet des garçons de ma fille, Gabriel, est parti pour tout un été, deux longs mois. Voyage en bus à travers les États-Unis. Son précieux bagage ? Une trompette. C’est un fou de musique, mon petit Gabriel. Il a assisté cet hiver à une sorte de congrès international pour Chrétiens, à Chigago. Formulaires à remplir là-bas pour candidats à un pèlerinage musical. Il le remplit. À sa grande surprise, il est accepté, élu ! Cette organisation(protestante) a formé un ensemble avec chants et orchestrations. Au début de ses vacances, il fait donc sa malle, y jette son instrument et il part. Les adieux à Dorval ! Hop, premier tour d’avion.



Gabriel et son grand-père à Sainte-Adèle

California here I come ! Premier tarmac, premier arrêt. Des répétitions pressés, stressantes, d’abord. L’angoisse de sa maman, ma fille. Et du papi aussi ! Il est parti du home sweet home et pour longtemps. Ce Celebrant Singers débutera donc là-bas, en Californie, puis ira vers le Texas, puis ce sera le Kansas… etc. Il est en Floride maintenant, à Orlando. Hier soir, au téléphone : « Salut Papi ! Ça va très bien. Chaleur intense mais on a une piscine et des palmiers ! On cherche l’ombre, je te jure ! On part bientôt pour le Nicaragua. On verra bien ! » Est-il bien ce petit garnement qu’il n’y a pas si longtemps il me semble, j’amenais jouer dans les parcs ? Il a dix-huit ans, il ne grimpe plus dans les balançoires ! Avec lui, il y a Lisa, la clarinettiste du groupe, Mark, le tromboniste, Caleb à la batterie, Mary, l’« esquimaude » soprano, Mishka née au Niacaragua, Myriam, la pianiste venue de France. Tant d’autres, sans oublier Willie-le-chauffeur dévoué de ce bus itinérant ! Mon cher petit protestant québécois is on the road, rien d’un Kérouac écrivain beatnik névrosé et surdoué. C’est un étrange et long parcours pour de jeunes croyants et mon Gabriel a eu un moment de déprime : tous ces bagages dont il est le surveillant, tous ces claviers à connecter et déconnecter chaque jour. Je lui ai parlé (son père, Marco, aussi) de ces jobs d’été si abrutissants. Sans aucune musique, oh non !

D’Orlando, c’était un Gabriel recrinqué qui me jase de son étonnant pèlerinage musico-religieux et qui me dit : « Je t’achète quoi en souvenir, papi ? » Je les sais tous pas riches et même à court d’argent (un don ? oui, dans son journal sur le Web ). Je lui dis : « Des cartes postales, Gabriel, ton papi les collectionne ». Il promet.

À son âge, je n’étais pas sorti du Québec, j’ignorais même nos belles provinces québécoises et lui, déjà, c’est les USA de part en part, les avions à prendre parfois ! Les temps ont changé, dites-vous ? Oui, beaucoup.
Gabriel Jasmin-Barrière, à son collège Regina Assumpta, jouait de la trompette. C’est toujours son bonheur. Cégepien depuis cette année, il étudie la musique au collège Vanier, rêve à un orchestre un jour, à enseigner la musique plus tard.

Le voilà donc enrôlé dans un petit ensemble, roulant d’un State l’autre et, lundi, volant au dessus du Mexique… quand, moi, à son âge, un été je polissais des sandales de plastique rue La Gauchetière, ou je rangeais des colonnes de caisses à la Seven Up un autre, ou faisais rouler les mobiles remplis de fudgicles, de popsicle, de revels chez Lowney’s, ou encore expédiais les stocks de la Brophey Umbrella, rue Clark.

Un monde nous sépare ! Je lui ai donc raconté toutes ces sueurs estivales lors de son down. Il a compris. Toujours On the road… oui, c’est dur mais valorisant à son âge.

  • Gabriel raconte son voyage dans son site web
  • Le mépris de soi-même.

    Les peuples dominés —colonisés— versent dans ce travers : l’auto-mépris, attrapent cette tare si nocive : le racisme envers soi-même. J’ai baptisé ce misérable phénomène : « Le racisme inverti ». Voilà que m’arrive un allié inattendu, le prof de l’UQAM à Chicoutimi, Gérard Bouchard. Voulez-vous un exemple flagrant d’auto-dépréciation affirme Bouchard (in le Devoir )? Notre système de santé est pourri ! Un Denys Arcand colonisé a joué cette carte vendeuse dans son récent film. Or, sur 215 grandes villes analysées, le MHRC (un institut de recherche ben coté), classe Montréal —pas au 200 e rang— au 9 e rang. Ah ! D’autres « racistes invertis » classent Montréal comme une cité sinistrée (l’INRS). Le KPMG, mondialement reconnu, classe Montréal au premier rang ! Ah ! Cela parmi 85 métropoles d’Occident et du Japon.
    Jeune, j’entendais sans cesse : « on est des bons à rien », « on est tous des nuls ». La déprime collective était bien entretenue. Quelle sorte « d’identité collective » c’était pour des jeunes en mal de nécessaire affirmation ? De la même façon on a répété à satiété que « La grande Noirceur » duplessiste était notre lot. Tous les francophobes, Mordecaï Richler et ses suiveurs. entérinaient ce : « Les Québécois ? Un peuple fasciste, au moralisme étouffant, intolérant, anti-modernisme avec élites corrompues ». Bouchard corrige utilement : Tous les peuples de cette époque furent plus ou moins intolérants. Scandinave, Irlande, Autriche, Espagne, Portugal, États-Unis compris.
    « Mésestime de soi ». Et qui dure. Les jeunes historiens commencent à se défaire de cette « mémoire honteuse », cette auto-désolation. Bouchard condamne aussi cette inflation de la Révolution tranquille —qu’il juge méritoire certes— affichant qu’avant 1960, tout ne fut qu’opaques ténèbres. « La mémoire, dit Bouchard, est la mère de l’identité ». Celle d’un passé salie à outrance fait des Québécois un peuple de « bâtards »,le mot est de lui.
    La distorsion infâme du passé entraîne le durable sentiment d’une nation-de-vauriens. Maurice Duplessis, despote, fut-il d’une pingrerie vicieuse ? Sans l’héritage de ses saines finances publiques, il n’aurait jamais pu y avoir les progrès sociaux de 1960. C’est à cause de ce racisme inverti que l’on voit tant de promotion culturelle —partout en médias— des « autres d’abord », publicité volontaire gratuite de la littérature, de la chanson, du cinéma « d’ailleurs », de Los Angeles (USA) à Paris (France), de New York à Londres. Pour l’exceptionnel Cirque du soleil, mille milliers d’articles sur… « only », la culture anglo-saxonne et ses satellites. Nos scribes-valets —courroies de transmission serviles— sont des racistes invertis. Nos talents ? Des médiocres ! Dans le film « Bye Bye Lenine ! », on peut voir la putain entretenue par les USA —l’Allemagne de l’Ouest— une fois le mur tombé, non pas faire jaillir la jadis puissante culture germanique (celle d’avant les deux totalitarismes, fasciste et soviétique). Non, non, on voit l’envahissement de l’Est avec porno, Burger King, Rock-à-bruitages, le ciné-bang-bang. Et Coca-Cola.
    Il y a « les petites nations colonisées », il y a aussi les nations militairement écrasées. À Kaboul, à Bagdad, dans combien de temps partout, la porno, le rock bruyant, McDo et Pepsi ? Lafontaine : « Selon que vous serez puissants ou misérables… votre culture sera louangée ou bafouée ».

    MISCELLANÉES ?

    On nous pose la question, chroniqueurs, d’où vous viennent vos idées ? Suivez-moi bien : comme chacun, on sort, on observe dans la rue, à l’épicerie, on écoute la radio, la télé, on lit (les quotidiens), on note sur un bloc. Tiens : l’ONU l’a calculé : « dans le monde, c’est onze milliards (11,000,000,000 !) —du « bel-argin-viande-à-chien !— que tout ce travail gratuit fourni par les ménagères ». S’il nous fallait payer pour chaque lavage, cuisinage, reprisage, soins aux enfants, etc., l’économie mondiale grimperait de 13…trillions. « Bin des zéros ça » ! Ces Cendrillons à vadrouilles —avant la venue du beau prince— sont indispensables. Qu’elles ne quittent pas la citrouille, ce serait la ruine économique. En 2003, la femme-à-maison ne gagne que 5% des revenus mondiaux —une femme sur trois travaille à l’ extérieur— et ne possède que 1% en immobilier. Alors, j’ y reviens : à quand le salaire (au moins minimum) pour le boulot des épouses à domicile ?

    Pis quoi encore ? À Ottawa, bureau des surveillants en télé ( ce CRTC mollasson) s’inquiète : « Pourquoi donc la télé publique décline ? » Je lis : « C’est que nos téléromans québécois n’illustrent pas assez le multiethnique ». Appel con à la rectitude, au mensonge. Il n’y a que Montréal (son Centre-Ville) qui est vraiment multi-etnique; les odieux et méprisables « de souche » (racistes et fascistes, bien entendu) forment toujours 84 % de la population. « Au Canada-anglais, dit encore ce niais rapport du CRTC, c’est bien plus inquiétant le désintérêt pour leur télé publique ». Bande d’innocents ! Ou d’hypocrites ? C’est qu’il y a une évidence : aucune différence culturelle entre États-Unis et Canada- anglais. À part les intellos universitaires, personne ne distingue une différence culturelle; les masses Canadians ne sont captivées que par la puissante culture populaire des USA. Pourtant la CiBiCi dépense 666 millions d’argent public pour cette mascarade désertée. Coquille vide de public. Le Canadian est vissé sur « magazines, chansons, cinéma et radio-télé étatsuniennes ». Réalité qui crève les yeux. Incontournable. Le CRTC est une autruche pitoyable. Ici, il y a une active culture populaire québécoise (à cause de la langue), et rien d’équivalent en Ontario.

    Pis quoi ? Jacques Noël sortait des chiffres : nous envoyons plus de 38 milliards à Ottawa (chaque année). Ottawa nous en retourne —services publics, péréquation— un peu plus de 30. Clair ? On perd plus de 6 milliards. Ajoutez les frais des dédoublements —deux ministères de ceci et cela— total : 3 milliards, donc perte de 9 milliards. Cher Monsieur « le chef des colonisés », John-fils-de-Red Charest — le « chef des colonisateurs » étant Paul Martin (prononcez Paowl Martinn), c’est des bidoux ! François Legault, ex-ministre, a raison de vouloir chiffrer (récupération de nos 38 milliards d’impôts) le budget d’un Québec décolonisé.

    Et quoi aussi ? Y revenir. Denise Bombardier encore injustement bombardée. Pas intelligent, le patron du Point jette un contrat : fin des débats au Point. Au leu de corriger son erreur de départ :mettre en face à face l’expérimentée polémiqueuse et un… quidam. Ce loustic, Louis Godbout, se fit emboutir carrément. Il fallait inviter deux grandes gueules pour un débat loyal. Il n’en manque pas. Tenez, un Jean Paré, pour seul exemple, ne se serait pas fait rembarrer. Oh que non ! Coups de pied au cul qui se perdent; les sottes Rima Elkouri blâmaient la verveuse et dynamique Bombardier. Les sujets abondent : on louange et, plus souvent, on blâme le téléfilm de Labrecque sur le Bernard-en-campagne. Leçon pour l’avenir : un vrai chef politique devrait se méfier de tous ces encombrants conseillers (avec ou sans neud-papillon), ces gérants d’estrade ! Un chef en campagne devrait ne s’adresser qu’aux foules rassemblées, certes observées par caméras et micros. Éviter, que dis-je, abolir ces vains scrums où des mouches-de-coche s’agglutinent aux points de presse, cherchant la provocation-à-manchette pour l’heure des actualités. « À hauteur d’homme » a fort bien montré ce cirque, hélas consenti niaisement. Ce war room péquiste infect empestait les « tit-jos-connaissants ». Ces soi-disant experts invitent aux calculs, à la négation de ce que l’on est vraiment; ils tuent le vrai le franc, le naturel. Et ce sera l’échec. Bin bon pour lui !

    Causons stress québécois. Des chercheurs lui ont trouvé trois sources : 1- d’abord fin de la religion (1965) . Donc des bons vieux repères, de la quête de transcendance, de spiritualité. Adieu les églises ! Surgit un vide, première cause de stress. 2- Après le refuge-politicien (1975) avec nos bons clercs (nouveau clergé protecteur) de la Révo tranquille, vint « la » grande déception. Patronage ancien et nouveau, fin des croyances en ces nouveaux prêtres-de-l’État-protecteur. Stress amplifié ! Voter —quand on y va— ne donne rien. 3- Plus grave :l’amour perçu désormais comme un élément fragile. Mariages aux orties et vite, couples anéantis, familles éclatées. Anxiété amplifiée et cet actuel stress québécois, disent les observateurs patentés.

    Oui, les sujets pleuvent: « Cessons de subventionner davantage les garderies et augmentons les allocations familiales », dit une Hélène Gagnon. Bonne idée, je trouve. Simon Diotte parle : « Les enfants qui reçoivent sans cesse des parents bourgeois (dons pour une première maison, etc.) deviennent narcissiques, incapables de donner leur tour venu. Avant-tout, les enfants grandis doivent devenir autonomes ». Oh, quoi ? Eh oui, on veut aider et on nuit. Et pis quoi ? Une minorité iroquoisienne ( via son Conseil de bande) réclame : « Ottawa devrait nous acheter le monastère cistercien déserté (la Trappe d’Oka) et nous le donner avec tout son territoire ». Bin quin ! Pour en faire un bingo gigantesque, un casino ? François McCauley s’en insurge et parle du danger d’irresponsabiliser davantage les amérindiens, les traitant en citoyens infantiles. Il a raison, non ?

    Récréation ? Je lis une publicité pour « cours en communication ». Je rigole : 1- Vaincre sa timidité; (ouen !) 2- Susciter de la sympathie ; (ouf !) 3- S’imposer; (hen quoi ?) 4- Pas craindre le ridicule; (« dequécé ») 5- Puissance de voix et de gestes, (aïe !) 6- Être diplomate mais montrer de l’autorité; (hein ?) 7- Mettez-y du vous-même, sortez vos émotions; (hon !) 8- Sachez conclure, donner un cadeau :un sujet à méditer; (ô Seigneur !) Cette annonce parle de « savoir convaincre…un mari, une épouse, un ado via l’oralité et le développement de son charisme ». M’est avis que tu l’as ou pas. Cet offre : trois heures par semaine et durant deux mois. À payer cash. J’avais 15 ans (1945) et il y avait déjà de ces néfastes placards dans les journaux, ça ne changera jamais l’attrape- nigaud.

    Ah, la variété des sujets de chronique ? Une Mary Douglas proclame : « Comme il faut les mots pour exprimer la pensée, il faut des rites pour bien vivre en société ». Elle défend tous les rituels dont on voudrait se moquer, se débarrasser. Elle croit aux chandelles qu’on allume pour célébrer un anniversaire comme elle croit aux cartes de bons vœux, etc. Dit : « Animal social, l’homme est donc un animal à rituels. En faire fi par orgueil est un mal. Comme moi, elle aime les cartes postales ou de condoléances. Pour conserver l’amitié il faut recourir aux… signes d’amitié. Aussi : « qu’il n’y a pas de bons rapports sociaux sans ces actes symboliques ». Bravo !

    Il y a aussi des sujets de blocnoter modestes. J’y repense sans cesse : il y a quelques jours, au crépuscule, sur mon petit quai, s’entassent quatre bernaches gigantesques. Et une petite. La belle beauté ! Vison d’ocres sombres et de gris vernis. Ému vraiment; c’était de la vie vive dans la solitude du soir. De la nature jamais tuée. J’avais la beauté à portée de la main. Non Rimbaud : « je ne l’ai pas assisse sur mes genoux » (« Une saison en enfer »). J’étais muet, bouleversé, immobile. Ainsi, un tout petit peu de sauvagerie dans une petite vile et nous voilà tout chaviré ? Tenez : Chemin Bates, ayant quitté le Mc Donald voisin, trois goélands figés, au soleil tombant, têtes à l’ouest toutes, sur les rails du chemin de fer… Projet de voyage ? « Go west young white birds », bon envol !

    Une cauchonnerie – suite

    Pour le Devoir à la suite d’une lettre réponse de Francis Lagacé
    parue dans ce quotidien le 14 août 2003

    voir aussi la lettre publiée la veille Un droit accessible pour les gays et les lesbiennes

    1-NIER LA CULTURE COMMUNE ? (15 août 2003)

    aussi, plus bas MARIAGE-GAY ET PAUL MARTIN : L’ESPOIR ?

    Le 14 août, un M. Lagacé rétorquait —avec raideur mais courtoisie— à ma « lettre ouverte » contre l’avant-projet de loi du ministre de la Justice, Martin Cauchon, favorisant le « mariage entre homosexuels ». Débat en vue : il faudra 151 voix « pour » sur 300 aux Communes à la rentrée. Froidement, faisant fi de la culture religieuse historique, M. Lagaçé dit (définition du mariage) que je m’en tiens à l’article 365 du Code civil du Bas-Canada. Il y aurait eu des modifications depuis. Eh ! Mais ses mots « contraint » et « forcé » démontrent que M. Francis Lagacé accepte « la vie-selon-les-tribunaux ». Selon la Cour. Selon les Chartres de droits.

    Et c’est là que nous nous séparons.

    Les citoyens, selon moi, ont tous les droits de changer les lois. Il y aura donc débat, ce qui est sain. Les députés à Ottawa, représenteront les opinions de leurs commettants à la rentrée. Le peuple est souverain. Il en va d’une saine démocratie.

    Hélas, les Chartres de droits, on le sait bien désormais, sont souvent devenues d’odieuses machines à répandre une plaie néfaste : « la victimisation ». Personne n’est plus responsable, de rien. Exemple : tu fumes?, mais « pas ta faute », c’est la faute des pubs des cies de tabac. Infantilisation à la mode. Fuite de la culpabilité. Et puis, soit dit en passant, à quand une « Chartre des Devoirs ».

    Sa façon de lier la cause homosexuelle aux luttes des féministes, aussi à celle de l’anti-esclavagisme (anti-Noirs) aux USA, me dépeignant comme un réactionnaire demeuré, relève d’un « alliage » —amalgame— carrément puéril. L’égalité (bel idéal ça va de soi), mot passe-partout, est un leurre. Ni les choses, ni les humains sont égaux dans la vie réelle.

    Cela dit, tout le monde est « pour la vertu », bien entendu.

    Les invertis sexuels —le mot chien ne mord pas— s’accouplant devraient bénéficier d’un PACS à la canadienne (Pacte civil de solidarité). Comme en France intelligente où l’on a évité, de cette façon, l’actuel débat faisant fi de la culture commune (religieuse et historique à la fois). Ou encore de l’Union civile (loi-Bégin de juin 2002) améliorée.

    Recourir au « mariage » des homosexuels reste une sorte de vaine provocation. Je le redis, cela risque d’exciter les intolérants homophobes de jadis. Je n’y peux rien, M. Lagacé, si deux personnes de sexe différent, s’épousant reste une cérémonie respectable. Les faits —comme la réalité— sont têtus. On peut s’opposer « aux mariages des gays », niais mimétisme des hétéros, sans être sexiste ou raciste.

    Mais je suis plus artiste qu’intello, je ne pose pas, comme vous, des numéros à mes proses. À l’École du Meuble l’on nous enseignait qu’en menuiserie élémentaire il y avait des tenons et des mortaises. L’un s’ajuste dans l’autre. Rien à faire contre cette réalité. Deux mortaises —ou deux tenons— ne sont pas praticables dans la construction d’un meuble.

    Vive un équivalent du PACS français et vive la québécoise Loi-Bégin (améliorable) et à bas ce projet-de-loi Cauchon.

    Claude Jasmin

    (écrivain)

    P.S. :

    Dans sa diatribe contre moi, M. Lagacé abordait aussi l’homoparentalité, admettant l’état encore critique d’études sur la « famille normale ». Il nous sortait une étude étatsunienne, le site « American Pediatric Ass. », illustrant des enfants épanouis à parents homosexuels. Participant, sur ce sujet, à une émission de Lisa Frulla à Radio-Canada (28 février 2002), une certaine « Annick » aux deux mères lesbiennes, témoignait douloureusement : bafouement de son instinct grégaire, enfance malheureuse, cachette perpétuelle du fait, refus de se faire des amis —« que je ne pouvais amener chez moi »— en cour d’école comme dans son quartier. Je comprends facilement le vif désir de tels couples de vouloir élever un enfant. Vieilli, Arthur Rimbaud, ayant abandonné Verlaine à Bruxelles, s’en lamentait et c’était très émouvant. Mais s’ils aiment profondément, vraiment, les enfants, ils doivent, hélas, abandonner un tel respectable désir. Un fait têtu encore, M. Lagacé ?

    C.J.


    2-MARIAGE-GAY ET PAUL MARTIN : L’ESPOIR ? (21 août 2003)

    Je souhaitais rétorquer à ce correspondant du Devoir qui me peignait en anti-tout parce que je m’oppose au « mariage » des gays. Ceux qui pensent comme moi —dont maints députés libéraux— sont rassurés désormais. Il y a maintenant la formidable déclaration du (fort probable) futur chef à Ottawa, Paul Martin.

    Ce dernier a dit aux médias qu’il faudra façonner une sorte de « loi Bégin » (Union civile) améliorée. Bravo mille fois ! C’est la bonne solution au vilain débat engagé. La France, évitant cette polémique futile, installait le PACS (Pacte civil de solidarité) et ce fut la paix partout et l’économie de querelles niaises.

    Je répète, tenant compte de nos racines, qu’il y allait du respect essentiel pour notre culture religieuse historique. Une fois Jean Chrétien retraité, la polémique s’essoufflant, le dessein de Paul Martin sera le bienvenu, c’est l’excellente la solution aux divisions en cours actuellement. Il faut applaudir à son vœu intelligent d’accorder « tous les droits » aux couples d’homosexuels, aussi, du même souffle, il faut souhaiter que « le mariage » garde son image traditionnelle « d’union d’un homme et d’une femme ». Cela, selon les valeurs, non pas anciennes, mais incrustées dans les traditions vénérables. Et, partant, tout à fait respectables malgré le déboussolage des amateurs d’un progressisme nauséabond.

    Reconnaissons que les efforts du sur-actif « lobby gay » auront servi au moins à cette vision « civile » d’un Paul Martin. Qui devient fort crédible maintenant comme nouveau chef Libéral. Le débat sera clos avec un PACS canadien (cette union civile améliorée). Tout le monde —athées, religieux, croyants ou agnostiques— sera satisfait. Je voterai Paul Martin à l’élection fédérale et bouderai le Bloc qui n’a su que rallier les excités du « mariage banalisé ».

    Claude Jasmin

    Sainte-Adèle


    texte de la lettre de M. Lagacé:


      Libre opinion: Voilà pourquoi votre fille est muette
      Francis Lagacé
      Montréal

      Édition du jeudi 14 août 2003

      Claude Jasmin est bien habile discoureur et, ce qui sauve son texte, c’est la qualité des fleurs de rhétorique, car d’arguments il n’y a point et de connaissance du sujet, encore moins.
      Comme l’ignorance n’est pas criminelle et qu’elle se soigne par l’instruction, voici quelques renseignements à l’usage de notre harangueur.

      1. Le mariage n’est pas l’union d’un homme et d’une femme dans le but de fonder une famille, mais bien l’engagement de deux personnes à la fidélité, au secours mutuel, au respect, à l’assistance et à la vie commune. C’est la définition du Code civil (art. 365 et suivants). La famille (groupe de personnes qui vivent ensemble) est automatiquement constituée par le mariage à cause de l’obligation de vie commune et les enfants n’y sont qu’éventuels. L’inverse n’est pas vrai, c’est-à-dire que toute famille ne présuppose pas un mariage. M. Jasmin en est la preuve lui-même lorsqu’il déclare ne pas être marié et vivre avec la femme de sa vie.

      2. La conception du mariage comme l’union de deux personnes n’est pas une nouveauté dans le Code civil puisque c’était déjà la définition du Code civil du Bas-Canada, laquelle a été transformée lors de l’adoption du code révisé en 1994, sous le ministère de Gilles Rémillard, pour prévoir la différenciation des sexes. On craignait alors que les gais et lesbiennes revendiquent le droit de se marier comme le permettait implicitement le code. Et, en effet, il y avait déjà des revendications à cet égard.

      3. Le ministre Cauchon ne se fait pas couard en voulant modifier la loi, au contraire il prend les devants courageusement plutôt que d’attendre d’être forcé de le faire par les tribunaux. Voilà ce que M. Jasmin ignore, il ne s’agit pas d’un caprice de quelques-uns ni d’un «modernisme imbécile», mais bien de l’application de la Charte des droits et libertés de la personne. Si le législateur n’applique pas sa propre charte, il y sera contraint par les tribunaux. Trois cours provinciales se sont déjà prononcées dans ce sens et l’on ne doute pas que la Cour suprême dira la même chose. Tous les constitutionnalistes que j’ai consultés sur le sujet sont d’accord.

      4. Le rôle primordial de parent fait l’objet d’études, c’est vrai. Toutes les études disponibles sur le sujet montrent en fait que les enfants élevés par des parents gais ou lesbiennes sont semblables aux autres enfants, ni pires ni meilleurs. Voyez le site de l’American Pediatric Association à cet égard.

      5. Si les homosexuels sont égaux en droit, pourrait-on leur donner une institution séparée ? Cela s’appelle la théorie du «separate but equal» et c’est clairement de la discrimination, comme on l’a montré aux États-Unis avec les écoles séparées pour les Noirs. Une telle solution transmet le message que certains sont plus égaux que d’autres, pour reprendre l’expression célèbre.

      6. Pourquoi les gais et lesbiennes veulent-ils se marier alors que plein de couples de sexe différent n’ont rien à faire du mariage ? C’est très simple, ils veulent en avoir le choix. C’est facile de dire qu’on refuse ce à quoi on a droit, c’est autre chose d’être un citoyen de seconde zone, exclu de tout choix. Pour que cette question de M. Jasmin puisse devenir un argument, il faudrait qu’il milite contre le mariage pour les couples de sexe différent sous prétexte que lui n’en veut pas.

      7. M. Jasmin veut savoir combien de couples de même sexe divorceront après mariage. Voici la réponse : la même proportion que dans les couples de sexe différent. Voulez-vous interdire le mariage aux couples de sexe différent sous prétexte qu’ils peuvent divorcer ? Ils peuvent aussi se remarier, vous savez.

      8. M. Jasmin appelle à protester contre la Charte des droits. S’en rend-il compte ?

      Maintenant que nous avons réglé les questions de connaissances, passons à celles plus subtiles des présupposés que contient sa lettre. Il y est question de singerie, de parodie, de mascarade, de caricature, de mimétisme, de colonialisme et d’aborigènes singeant la cour. Deux personnes de sexe différent s’épousent, c’est une cérémonie respectable. Deux personnes de même sexe font pareil, elles font de la singerie. Elles ne sont donc pas de même valeur ? Il y a donc des unions plus respectables que d’autres ?

      L’attitude qu’on décèle dans ces mots-là ressemble à celle des planteurs du Sud qui distinguaient entre les bons nègres, ceux qui se contentent de leur sort, et les mauvais, ceux qui revendiquent.

      On aime bien les homosexuels (toutes les déclarations homophobes commencent par «J’ai des amis qui sont homosexuels») à condition qu’ils ne dérangent pas et qu’on ne les voie pas trop. Le terme même d’invertis sexuels qu’emploie M. Jasmin indique où il prend ses références quant à la société et au jugement qu’il porte sur les gais et lesbiennes : au milieu du XIXe siècle (ah, le Second Empire !) où les choses étaient claires et chacun à sa place.

      «Plein d’homosexuels intelligents observent avec malaise ces clowneries», déclare M. Jasmin. On suppose que les autres ne sont pas intelligents. C’est sûr, vouloir l’égalité, ça dérange. De là à dire que ceux qui ne pensent pas comme les plus favorisés, il n’y a qu’un pas vite franchi. Les suffragettes se faisaient railler de la même façon.

      Les lettres de cette sorte montrent bien qu’il y a encore beaucoup de travail à faire dans la société avant que nous soyons considérés comme de véritables égaux. La lutte contre l’homophobie institutionnelle se situe dans le même plan que la lutte contre le racisme et le sexisme, lesquels font partie de nos torts culturels, pas uniquement de nos attitudes individuelles.

      (30)

    Le jeudi 28 novembre 2002

    1-
    Ouf et re-ouf ! De retour à ma machine. La Carole-sommet-bleu, après « le nettoyage » de mon fils dimanche dernier, sort (épuisée) de remettre en ordre l’ordi. Mon calepin déborde de notes. Soleil ce jour d’hier quand le triomphe « Alouette-foot » défilait dans la rue Ste-.Cat. Delphis et sa Francine-vendeuse-d’aquarelles sortent d’ici pour retourner à leur lac proche de Lachute. Mon aquarelle du Jésus saignant, « pas vendable » dixit F., m’est revenue. Je la garderai en souvenir de cet été 2002 à barbouiller pour « La Maisonnette » de Soeur Gagnon.
    Téléphone hier, Chemin Bates, l’ex-reporter et puis relationniste, Marcel Brouillard:  » Claude ? J’ai lu ton « À coeur de jour ». Oh ! Premier écho. Pis Marcel ?  » Tu es comme un frère tant j’étais d’accord avec toutes tes opinions. Un frère ! » Content de constater qu’un tel journal sert à cela aussi: confronter (ou non) ses humeurs, ses sentiments, ses émotions et les polémiques… avec un autre, celui qui les publie.  » Moi je pourrais pas faire ça, je saurais pas… Ça m’a fait du bien de trouver toute cette concordance, Claude ».
    2-
    Mon Marcogendre au téléphone, je lui parle du maudit charivari de mon ordi et il persifle: « Ah , c’est ça le i-mac  » ! Oh lui ! Vu hier un docu sur le navigateur-courseur Rouch, « Perdu en mer ». Toujours étonné de voir des hommes, mûrs, risquer tant pour ces courses de voiliers. Risquer la mort ! Sportifs inimaginables pour le sédentaire bonhomme que je suis. J’achève le brûlot « Larose n’est pas… » Deux textes (vers la fin de ce mince bouquin) de Jean-Claude Germain m’épatent. Un ex-dramaturge qui sait fesser ‹sur la peur de s’affirmer‹ et avec brio, politiquement fort bien armé. Chapeau !

    Sheil-drapeau-Cops verse de l’argent public via Patrimoine-Canada à des éditeurs qui ont imprimé ces livres (très illustrés) subventionnés en Chine. Ou aux USA. Ça gueule en Chambre des..communes ! À Ottawa Doris Boivin, tête de fouine bureaucratisée, rétorque: « Quoi ? Pourvu que ça soit de succès » ! À Québec (Sodec), Louis Dubé, tête de fouine aussi, se défend: « Pourvu que ces livres fonctionnent bien en librairies ». Non mais…
    Dans notre cour arrière, le chantier évolue, Chemin Bates. Très puissant portrait des travaux modernes. Impressionnantes structures, Aile et moi regrettons de n’avoir pas pris des photos de ce work in progress. On ditrat d’énormes sculptures éphémères de Christo. L’enveloppement (toiles de plastique opaques) de ces murets, de ces fondations de béton, fait un paysage troublant. Le soir, c’est encore impressionnant quand nous rentrons (de La Moulerie hier) : silhouettes inquiétantes, écorchements austères dans la nature éventrée, éclairage de sécurité avec ombres des arêtes de fer, graphisme violent de tiges d’acier agressives, ce building en élévation constante. « Et plus de soleil le matin quand ce sera tout dressé », se plaint Aile ! Eh !
    Dans Hochelaga on se plaint du déménagement d’une structure riopellienne oubliée, abandonnée, mise dans un recoin anonyme derrière le Stade O., que l’on déménage au centre-ville. J’aurais voulu voir cet ouvrage, je n’ai vu que des photos. Pas bien certain d’un bon et solide Riopelle. Bof, on va y paquer des jardinets, du feu permanent, de jolies fontaines, ça devrait bien paraître. Maquillage ? Suis allé, mardi, chercher mon oreillette neuve rue Fleury. 2,300 $ Aïe ! Là, je vais vous entendre 10 sur 10 ! La jeune prothésiste: « Oui, il fallu la refaire, ils (ce « ils ») avaient coulé trop de plastique dans le moule fait ici de votre creux d’oreille… » Hum…Ouen, ouen !
    3-
    Après ma chère bavette saignante aux oignons de La Moulerie, appel chez ma fille:  » Écoute, pour Noël, au lieu de cette déchiqueteuse offerte …Aile et moi n’avons que deux vieilles serviettes de plage, usées à la trame, alors.. Éliane:  » Ouin, à ce temps-ci de l’année… bon, je vais chercher papa  » ! Appel de mon « ex » « Leméac éditeur » hier midi: « Un éditeur anglo de manuels scolaires, à Toronto, veut un extrait de votre roman « Le loup de Brunswick city », on peut lui dire « oui » ? J’en profite: » Si vous pouviez me dénicher un éditeur à Toronto, j’ai une bonne traduction en anglais de ce « Loup ». Elle: « Ah oui ? On a des contacts là-bas. Je vais voir. Je vous reviens ». Le compagnon de Carole-Sommet-Bleu a fait ce travail, Paul Paltakis. Il va être content.
    Téléphone tantôt de la Marie-Tous-Les-Matins:  » Notez bien cela m’sieu du Jasmin: trois topos à préparer pour enregistrer d’avance. Les 6 ( mes bonbons en ménagerie), 13 (un conte de Noël avec enfants en studio et 17, ( un party des fêtes). C’est bien noté. Elle ajoute: « Pour mardi prochain, table ronde avec deux actrices grands-mères: discussion sur ce que « peut » et « doit » faire une mamie. Ou un papi. D’accord » ? Je suis d’accord.
    4-
    Mercredi visite impromptue au chalet de deux voisins, Jean–Paul et Maurice. Ils viennent nous sonder: pour ou contre la fermeture, la vente, du Parc Grignon, en bas sur la 117. Moi…je balance. Avec l’argent la municipalité va installer un parc tout neuf ‹à l’emplacement de l’ex-hôtel Montclair, j’en ai parlé‹ en haut de la côte Morin. Jean-Paul:  » En bas, c’est plein de jeunes poucheurs de drogues « . Aile:  » Pis ? Quoi, ils vont montrer en haut, c’est tout « . Je grimpe à ma salle à clavier, après tout c’est Aile la proprio du domaine ici, non ? Aile est ‘ »contre » l’installation du gros marché Métro dans ce parc vendu: « Déjà cette 117 est bloquée sans cesse, non  » ? Ça grogne chez les deux mâles. Je rigole. Débat en bas.
    Tremblay ne pîpé pas un seul mot. On va faire un film en anglais de ses fameuses « belle soeurs » mais ce sera dans un tout autre monde., À Stéphanie Bérubé Michel a parlé de ma « Germaine » qui est allé pleuré en France et en Espagne. « Ça a donné de très bons résultats « , dit-il. Il a raison. Il sait les changements. Il s’en fiche., Il veut voir son histoire traverser les paramètres du Plateau pauvre des années 50. Il faut bien. En effet, on va bien voir…à la condition qu’on ne démantibule pas complètement son oeuvre tout de même. C’est à suive, à voir.
    5-
    Nat Pétro, une envie subite ?, refait surgir l’horrible drame familial d’un fils de juge, d’un petit-fils de pionnier valeureux: Alain Montpetit, frère de l’animatrice Francine Montpetit, ex-épouse de Gérard Poirier. Ce Alain se tuait, drogues ! Il est enfin accusé ‹on vient de refermer le dossier à la police new-yorkaise, une fille-témoin a fini par avouer qu’elle avait menti pour protéger ce Alain‹ du meurtre d’une jolie mannequin québécoise à New-York, il y a très longtemps. C’est une histoire qui illustre bien d’ex-colonisés, de ce pitoyable petit monde des « jeunes aspirants candides à la gloire ». D’une grande tristesse. Combien sont-ils, Québécois rêveurs, en ce moment même, à espérer la célébrité, talents mal taillés qui attendent dans des appartements minables que Dieu-Manhattan ouvre ses grands bras dodus ? Plusieurs sans doute qui se joignent à tous ces « chercheurs de carrière » venus des quatre horizons des États-Unis. Une armée de floués…peu d’élus. Si peu.
    Dimanche la « une » à Joyce Carol Oates (USA) , par Nat Connard, dans La Presse quand viennent de paraître des dizaines de nouveaux romans ici depuis le Salon du livre et avant. Mépris. Le racisme inverti se poursuit ! Miss Oates cherche ses racines (Hon !) dans ce « I’ll take you there », Collard écrit: « les critiques (là-bas) sont loin d’être dithyrambiques… » Quoi ? C’est assez bon pour la « une » du cahier-livres au Québec, c’est ça ?
    Dany Laferrière, nouveau chroniqueur en cahier- spectacles (?) (La Presse) déménage à Montréal. « La vie dans un camion « , dit-il. Oui, un « truck » qui n’arrive pas vite, il attend… sa vie miamienne (Fla) tassée dans une boîte montée sur quatre roues. Même canard, Céline Tessier (de Trois-Rivières) :  » Nous sommes ce que le regard des autres fait de nous « . Elle dit aussi que les mots tuent (sartrienne ?). Vrai et faux à la fois. Personne n’est obligé de rester sous une lumière défavorable, désavantageuse. Ni sous la pluie des mots blessants. Il faut rompre parfois. S’éloigner de ce regard humiliant d’un autre… qui nous rapetisse. Je l’ai fait souvent. Cette Céline trifluvienne recommande « la tolérance », moi, je recommande « la fuite » alors et vite hein !Ceux qui restent là, écrasés, sont des masochistes.
    6-
    C’est Louise Beaudoin qui a raison. Elle n’éprouve aucune surprise et n’est point scandalisée face à ce Canada « english only » , partout même en stade de foot. Faire la même chose: cesser les Ô CANADA en anglais au Québec. Il y a deux nations, c’est tout. Il faut être des cons ‹comme Trudeau‹ pour s’imaginer bilinguiser tout un continent, allons. Ceux qui grimpèrent aux rideaux dans le « west country » sont de pathétiques rêveurs. À propos de PET, bien faite la série sur lui à la CiBiCi. Bien menée. Fameux talent. Chapeau.
    Mémère Simone Cousteau, vraie dirigeante du fameux « Calypso », l’océanographe célèbre, regretterait à présent la négligence de sa famille. Trop tard ! « Les intouchables » publie un livre sur cette « Âme de la Calypso » et Robert Laplante raconte la grand-mère racontée. « Elle regrette d’avoir sacrifié sa famille au profit de sa passion  » Eh ! Grandie au Japon, ancrée maintenant à Monaco, la mémée pleure. Bien content de n’avoir pas vécu une telle passion au détriment des miens. Tant pis, la passion finit en remords, on le sait trop. On pourrait nommer des noms fameux installés sur des ruines lamentables qui ravagent « les fieffés passionnés » devenus vieux.
    Une jeune chanteuse, haïtienne adoptée ici, ne voulait rien savoir de ses origines. Bizarre ? Non. Il y en a. Malaise curieux. Préférer ne rien savoir. Mélanie Renaud, bien jolie, talentueuse (vue au Grand blond et au Gala-Sdic), parle volontiers de religion, a même une médaille de Saint-Joseph (offerte par une amie). Porte bonheur, fétiche, paganisme ?, nous serions surpris de savoir chez tant d’artistes de variétés de ces croyances candides. Longtemps scénographe de télé dans ce milieu, j’ai pu obtenir des confidences ‹sur le sujet‹ fort étonnantes. Elle a refusé carrément l’idée d’un prêtre en ombre persistante dans un clip-vidéo « car il y jouait un rôle ambigu. Eh b’en voilà ce que c’est que d’avoir du caractère. Bravo !
    Le vieux Faust voulait rajeunir, on le sait, et signait un pacte avec le diable.
    Anna Prucnal, actrice et chanteuse, dit qu’elle a toujours 12 ans ! Pouvoir stopper le temps, songe-t-elle. Eh !
    Le temps ne me fait plus peur. Jeune, j’ai oublié d’y penser. Devenu vieux, je fais face à l’échéance. Et…en attendant… je descend pour la bouffe du soir. Oh vie suspend…tout ce que tu voudras !

    Le jeudi 17 octobre 2002

    STÉPHANE BUREAU:  » Un déménageur de temples  »

    1-
    Ce matin, pas de cette pluie crachine comme hier mais un ciel d’une lumière lactée niaise.
    J’ai vu le début d’une biographie sur Jean Duceppe mardi soir. Un acteur très populaire, et parfois populiste, —coureur de jupons invétéré, jeune— hélas disparu, de notre vie culturelle, c’était un bouillant « opinioniste », très coloré et suractif, converti tard au nationalisme indépendantiste. C’est la promesse d’une série télé bien terne. Un dialogue creux et mal écrit, sans vrai naturel (bons sites, bons décors cependant). Cela faisait « séance paroissiale » —Aile n’est pas du tout d’accord avec moi. On peut raconter une histoire ancienne avec un style, sinon moderne, actuel. Claire Wojas et Robert Simard (le réalisateur) se sont englués dans une sorte de reproduction (reconstitution ?) lente, pépère, sans allant aucun. Cet acteur étonnant, Paul Doucet, a su imiter le ton particulier de Duceppe (bouleur, avaleur de mots) et il a une bouille étonnamment semblable à celle de son héros mort trop tôt hélas. La sympathie que le public avait pour Duceppe rendra tout le monde complaisant face à cette manière pourtant sans dynamisme. Et les paquets de pubs criardes n’aident pas ! L’effronterie marchande s’installe à Télé-Québec, réseau public, de plus en plus ? Ignominie, mépris des spectateurs.
    2-
    J’aperçois Élie Wiesel (Prix Nobel) à « Cent titres » (avec son animatrice…excessive un peu…) mais Aile, une fois de plus, avait la zapette au creux de la main (cette tiraillerie pour le zappetisme !) et je dois zieuter ses chères « nouvelles ». Indispensables moments graves de ses jours. J’y entends de nouveau la misérable Danielle Levasseur ( à Bali) et son horrible façon de jaser actualités étrangères. Pénible, pénible ! Moi, je préfère lire les « nouvelles » le matin dans les journaux, moins pressés, moins bousculés par les sujets entassés et les maudites « pubs ».
    Puis, on zappe chez Labrèche. Aile : « Regarde, une tête d’oiseau, celle l’autruche, non » ? Moi : « Regarde c’est le bec à rictus du « Joker » dans Batman, non » ? Ce laideron blond est désopilant en diable et souvent audacieux dans ses approches de sujets (« Les p’tites vites ») ou d’invités. Évidemment les forts moments sont rares et il faut endurer des passages ennuyeux, le salaire —inévitable— d’une quotidienne quoi !
    Reçu par la poste le magazine « Le bel âge » qui contient l’entretien accordé à madame Stanton cet été. On n’annonce point l’interview en couverture. À quoi bon. Un écrivain hein ? Vous jacasser à cœur libre deux heures avec une journaliste et puis vous lisez un « papier » pas bien profond, pas bien stimulant. C’est la loi. Je me souviens de mes rencontres avec carnet de notes bourré pour « Québec-Presse » —avec Geneviève Bujold ou Monique Miller— et devoir pondre que trois feuillets. Et lire mon article « plate ». Oui, la loi des imprimés.
    3-
    Appel à l’instant de mon éditeur « troispistolants ». « Oui, oui, Claude, ton journal sera là et pour le Salon de Rimouski dans 10 jours et pour celui de Montréal bientôt. Ta couverture avec ton quichotte est belle, tu verras. J’ai coupé du journal ici et là, besoin de pas trop de pages !, mais j’ai rétabli des entrées coupée par ma réviseure. Tu te répétais parfois et je sais bien que c’est fatal dans un journal, mais à l’occasion non, c’était trop redondant. » Moi : « Tu as toute ma confiance, Vic. Hâte de te voir à Rimouski ».
    Je reviens de chez mon toubib. 60 minutes d’attente. Merde ! Sur chaise dure, finir de lire sur Modigliani dans « Paris-Mastch ». Je l’aime ce macaroni ivrogne ! Singer, lisant des résultats de prise de jus, semble heureux : « Vous étiez à 8.2, vous voilà à 6.2 Bravo ! Continuez à mieux vous nourrir ». Ouen :légumes, poulet, poissons… Ouash !
    Revenu, ma quasi-jumelle et sa meilleure amie, Micheline avec sa grande et joie fille, m’attendaient à la porte. Jasette au salon. Bière et thé. Pas grand moyen de placer un mot tant Marielle et sa Micheline jacassent. Deux pies. La pie claudiusjasminus obligé de se taire pour une fois !
    J’arrive de l’École Bouffe. Aile encore grondeuse, l’œil sévère dans mon sac : « Quoi ? De leur pizza ? Hon ! Ton doc Singer va le savoir » !
    Vu hier soir un merveilleux film de Bergman fils : « Tous le dimanches » (ou « Les enfants du dimanche ») à ARTV. Fameux ! Le récit autobiographique —scénario du papa fameux, Ingmar— racontant son père le pasteur luthérien soupe au lait, peu bavard. À la fin terrible face à face muet d’Ingmar vieux avec son père qui achève sa vie. Terrible confrontation silencieuse. Terrible ! Le père lisant le journal intime de son épouse décédée avant lui : « Ma vie, en somme, a été un fiasco » » Il ne peut pas comprendre ce verdict accablant. Le fils le lui explique. Terrible, oui ! Des séquences fantastiques comme l’horloger du village suicidé, pendu et se balançant sous les arbres. Ce fantôme répond à la question de l’enfant « quand vais-je mourir ? » Le spectre lui gueule : « À chaque jour, à chaque jour » ! Le bon film, sans la crisse de pub. Qui nous change des machines à « pow, pow » made in Hollywood.
    Dans ce beau film, un gamin ave des petits soldats de plomb comme dans mon jeune temps. Souvenir :un petit voisin, Desbarrats, habitant un deuxième étage. Il avait une fameuse collection de ces figurines de plomb. Je l’invitais sur la galerie d’en avant, chez nous. On jouait des heures. C’était en 1936-37. Un jour de mai : Roland Desbarrats déménageait. Ma grande peine. Mes parents n’avaient pas les moyens de m’acheter une aussi formidable collection.
    4-
    Francine L. au téléphone ce matin : « Craignez pas, Claude Jasmin, je vais vendre le reste de vos images à des gens importants. C’est commencé d’ailleurs, le tramway, le guenillou, etc. ». Je lui dis : « Même la bannière au Christ sanguinolent ? » Elle : « Ah çelui-là, pas sûr » ! Moi : « Bien, vous me le gardez. Un souvenir, oui » ? Elle : « Bien, je vous le garde ».
    Mon marlou Marleau m’a expédié une photo couleurs du choeur illuminé du lundi de Saint-Arsène. Le gentil. Toujours moqueur il ricane de mon tirage « au sort » qui tombait sur ma sœur, Marielle. Le prix gagné ? Cinq heures de bain de boue et autres recettes corporelles à « L’Excelsior » du village, ici. Marielle, sans auto, a donné sa passe à ma fille Éliane qui dispose de la Caravan Doodge, elle. Daniel M. dit : « Si j’avais eu mon chéquier, lundi soir, j’achetais une de vos aquarelles… » Le menteur, le Pinochio marlouesque ! Que le nez lui rallonge…à mort !
    Raynald Bergeron a raconté publiquement (La Presse) qu’il n’est pas bois (pas Pinocchio quoi) ! Que les jolie ados aux nombrils à l’air peuvent le distraire de son job de prof. J’ai ri d’abord. Ce matin Claude Charrette de Saint-Placide (La Presse toujours ) le plaint et, comme moi, regrette « la mode » chez ces grandes élèves exhibitionnistes. Recommande que les directions —complaisantes, laxistes— d’écoles mettent leurs culottes ! Vrai ! Oui, dit-il, vive l’uniforme ! Il a raison tout de même, lui et le prof distrait.
    5-
    Francophonie : le club refuserait d’embarquer Israël et « c’est injuste » dit un lecteur de gazette. Raison clandestine : faut pas heurter, choquer les pays du club remplis d’araboïdes francophones ! Un autre signale que la France, contrairement au Québec, à la Belgique et à la Suisse, n’admet guère d’étudiants étrangers (francophones) dans ses université. Ah ! Est-ce un reproche fondé ? Sais pas. Ce que je sais : on y fourre des pays où l’anglais (au Liban) galope désormais, où le français ne tient que par un fil et bien aristocratique. C’est triste.
    Ce Jean Ziegler, un Suisse malcommode (auteur de « La Suisse lave plus blanc… » a refusé le « Prix Kadhafi pour le droits de l’Homme ». Il publie : « Les nouveaux maîtres du monde… » Il dit : « La seconde guerre mondiale, en six ans, a tué moins de monde que la situation actuelle via la mondialisation ». Cybolac ! « L a terre pourrait nourrir 12 milliards d’êtres humains mais les maîtres de l’économie refusent de le faire ». Pour sauvegarder leurs profits. Ils sont, selon Ziegler, des assassins. « Ils (oligarques et leurs mercenaires) veulent privatiser la planète entière, spécifie-t-il. Cela écœure.
    Je m’imaginais que les Arabes étaient les seuls importants en matière de pétrole. Or je lis que c’est le Canada le premier fournisseur de pétrole aux États-Unis. Ah bon ! Le Vénézuela est le numéro 2 ! Et le Mexique, le no. 3. Vient ensuite l’Arabie Saoudite avec 1,411 millions de bpj. Les USA ont eu besoin de 9,514 millions de bpj pour seulement le mois d’août ! Et ça grimpe sans cesse, dit Reuters.
    6-
    À Lachute, vieille église en ruines, placardée, et vente de vitraux (aussi luminaires, vieux bancs, etc.) par qui ? Par l’Église de Saint-Jérôme ! « Un scandale, dit Ernest Champagne —le fils de l’architecte de Saint-Julien— on ne protège que les églises de Montréal ou de Québec. Injustice ». Claude Turmel —directeur du Comité d’art sacré du diocèse de Montréal— déclare : « À Montréal, ces ventes sont interdites en effet ». Exemple : Le Musée de beaux-arts va acquérir l’église « Erskine and American » au coin de la rue Sherbrooke, voisine du MBAM. Un monsieur Carrière (aux finances « religieuses» de Saint-Jérôme) avoue qu’il y a eu ventes : « On ne pouvait faire autrement » ! Coups de pied au cul qui se perdent encore.
    Irresponsabilités totales ? Je mange mal, qui est le coupable. Je chauffe un gros bazou, qui est responsable ? Vite, un avocat à 50-50 % si on gagne. Je me bourre de bonbons variés, qui faut-il poursuivre ? Un businessman cigarettier, invité à Montréal, vient d’avertir son monde, ça n’est qu’un début d’avocasseries (industrie payante pour les gens de toge) ce qui nous arrive avec le tabac… » Il va y avoir procès sur procès et pour tout ce qui grouille : les faiseurs de bonbons, de bouffe rapide, de chars pollueurs, etc, etc. « Méfiez-vous mes bons amis » ! Je réfléchis.
    Je viens de terminer le mince tome 2 de ce Alain Rémond dont j’avais tant aimé le premier livre sur sa jeunesse. Surprise, le voici à Sainte-Agathe-des-Monts (!) , à 19 ans, chez les novices des Pères de Sainte-Croix ! Il décrit nos quatre saisons avec une joie réelle. Ce « Un jeune homme passait est bien moins émouvant et moins captivant que l’autre récit. On y relit des choses du premier. Rémond ira à Rome, en apprenti-curé, puis en Algérie (pour le service militaire) et enfin, défroque de sa vocation. Le voilà en « commune» en plein Paris, après mai 1968, vivotant de petits jobs. C’est bon mais… « Chaque jour est un adieu » était si bouleversant. Déception donc.
    Dehors, coup d’œil à ma fenêtre, la noirceur s’installe et vite, la neige de ce matin, notre première, a fondu, en face, sur l’autre rive, l’éclairage aux condos du Chantecler fait ses faisceaux, on dirait le château de Chenonceau-des-pauvres ! Traces jaunâtres sur le lac jusqu’à notre grève. Aile fait mijoter des choses…On ferme, j’ai faim !