Au balcon du Château!

 C’était connu. Les ados de Villeray en rigolaient et s’en excitaient. Au balcon du cinéma du coin, le Château, il y avait Paulette.

Oui, Paulette Ringuette, une voisine  de la rue « Drolette ». Que de « ette » ! Apprenant sur les manèges « de cette « vraie putain » (leurs mots), nos mères, scandalisées, en furent affreusement offusquées. Cette « démone » des après-midis blottie —ô « 7ième art »—, mal cachée au balcon, exigeaient 25 « cennes » pour un « poignet »,  50 « cennes » pour « un ouvrage de bouche ».

Pareille barbarie en pays catholique ! Nos mômans, puritaines ou non, s’en couvraient la face ! Le règne de Paulette Ringuette de la rue Drolette… ne dura pas très longtemps. Dénoncée, elle se ramassa à « La Lorette » de Laval des Rapides, une prison pour délinquantes graves !

Cette maison sinistre était voisine de chez mon « pépère Prud’Homme », là où nous y allions souvent, toute la sainte famille en visite le dimanche. Or, un jour, brin de foin au bec, me promenant dans un champ, je me trouvai un bon dimanche face à face avec… la démone en personne, Paulette de Lorette, accompagnée d’une gardienne en uniforme ! « Salut tit-cul Jasmin, toujours étudiant oui ?, p’tit voyeur du balcon du Chateau? »

Je riais jaune jouant l’étonné, mon frère cadet Raynald était à mon coté. J’ai osé : « Tu es emprisonnée pour combien de temps p’tite bommesse ? » Elle rit et dit : « Quoi, tu veux revenir hanter le balcon du Château ? ». Sa surveillante en uniforme éclata en rires.

De fait, pas bien longtemps plus tard, notre dévouée Paulette était de retour « au boulot », dans Villeray. Mais le temps du balcon était terminé. On racontait au restaurant de papa qu’avec trois ou quatre délurées, la divine Paulette protégée par un « p’tit mon oncle » vicieux, avait ouvert un discret et populaire bordel officiel, en pleine rue Saint-Hubert, juste au dessus du Steinberg ! Tous les zoot-suits fréquentaient volontiers ce lupanar à bon marché. Un jour d’un beau juillet chaud et très ensoleillé —crac et bang !—,  fermeture —et à jamais— du vilain commerce de Paulette. Le guilleret et grouillant paroissien de Sainte-Cécile, le notaire Despaties, tombé subitement veuf, ne le resta pas quinze jours. Il était devenu le riche respectable mari (devant curé) de cette diffamée jeune Paulette.

Et, bien entendu, grand cocu du petit territoire.

Gamins, quand on le moquait dans ses promenades de santé en agitant nos doigts en forme de « cornes de cocu », il riait tout le premier. Un peu plus tard, ce brave Joseph-Maurice Despaties fut trouvé, cadavre déjà refroidi en un « froid » matin d’hiver. Au fond de son hangar, avec plein de buches-de-bois dans les bras !     

Adieu monde cruel et aux salons de Rémy Allard rue De Castelnau, on y a vu un bon cortège de ses chères et tendres « assistées » sociaux. Car le Despaties avait un coeur grand comme… sa naïveté.

Un soir de veillée, une très grosse dame, vraiment « hénaurme », très frisée et très fardée, vêtue de noirs linges partout,  soudain, s’y  présenta, entourée de trois jeunes bambins. Ce sera surprise et chuchotements ! Priée de s’identifier par le directeur des Salons, elle déclina fièrement : « Je suis la mère, la veuve de ces trois enfants qu’en secret, il adorait ! »     

Silence partout rue De Castelnau ! Fertile, la grande démone du balcon du Château !

Publié dans le ejournal de Rosemont-La Petite Patrie

MA MÈRE SURPRENANTE – Inédit

 

D’abord il y a la benjamine, ma sœur Reine, qui me dit les yeux exorbités : «  J’ai vu maman tantôt, tu me croiras pas Claude, elle entrait au Bain Saint-Hubert ! » Et puis, c’est mon frère Raynald : «  Claude, ça se peut pas ou c’est un sosie, j’ai pas rêvé, je viens d’apercevoir notre mère qui sortait du Bain St-Hubert ! »

Nous étions en plein mois avril, ça ne faisait pas un mois que les dernières neiges de cette année étaient enfin disparues ! Il y avait une canicule terrible. Une chaleur de mois de juillet !

À nos yeux, une vraie mère ne va pas aller s’esbaudir, s’ «évaporer », à un bain public. Les baignades, les nageades, c’était bon pour les enfants et certaines vieilles demoiselles effrontées du quartier. Aussi, hélas, pour nos « pauvres » du coin, démunis de salle de toilette avec bain dans leurs masures, en fait des taudis pitoyables quasiment. Quelle crise bizarre s’était emparée de notre bonne mère ?

Fou : une « mère de famille », se disait-on tous, doit se trouver toujours dans sa cuisine, pas loin de sa cuisinière à quatre ronds. Ou au lavage hebdomadaire, au repassage… au ménage de la demeure quoi ! Non ?

Oui, en effet, quelle bizarrerie : maman dans un bain public !

Prenant mon courage à deux mains, je me plante devant elle qui raccommodait un gilet : « C’est-y vrai ça m’man, que tu serais aller te baigner au Bain Sr-Hubert cet après-midi ? » Elle éprouve une sorte de malaise, de gêne rentrée. Enfin, elle crache : «  Euh…euh…il y a notre réservoir à eau chaude qui m’a eu l’air défectueux…mais c’est revenu là.

J’arrivais pas à imaginer notre si dévouée maman s’amuser avec la foule à ce bain public. Pourquoi ? Un cliché. Une bêtise. Un préjugé. Une « mère de nombreuse famille », elle avait neuf bouches à nourrir, n’a pas sa place dans un tel lieu. Pas sa place à l’item « loisirs ». N’est qu’un dévoué robot utile, une machine à laver, à nettoyer, à frotter, etc.

« Je suis pas rester longtemps, hen ? » Quoi ?, pire maman tentait de minimiser le temps de sa sortie, tentait, ma foi, de s’en excuser ? Quand j’y repense, quel bêtise, quelle époque pudibonde, corsetée, niaise !

Ce pauvre bain, étroit, vraiment pas bien grand, mal aéré, empestant l’eau de javel, guetté par un énorme gardien avec son sifflet nerveux …pauvre maman va ! J’ai pris mon courage à deux mains et enfin : « Si tu veux, on ira ensemble la semaine prochaine, m’man ». J’aurais jamais honte de ma mère, jamais. Je me disais : je passerai pour un petit fifi à sa moman, et tant pis ! Jeune ado, j’en étais enfin arrivé à apprécier cette mère si dévouée. Il était temps.

Mais ma mère n’est jamais retournée rue St-Hubert, au coin de Jean-Talon.

La rue St-Hubert c’était pour les courses aux nombreux magasins entre Beaubien et Jean-Talon, pour les achats de lingeries diverses, pour les besoins de ses filles et de ses deux fils.

Des jours passèrent et ça ne me sortait pas de la tête : ma mère était allé, seule, comme une jeune fille, nager au Bain St-Hubert ! Elle avait trente ans et depuis des mois ! C’était une « femme mariée », une cheffe de famille nombreuse ! Quel culot. Je me mis à l’admirer à la longue et, fin avril, un après-midi de grande chaleur  —elle s’épongeait le cou sans cesse avec une serviette rafraichie : « M’man, écoute, on crève de chaleur, tu es de sueurs, je vais garder les deux p’tits jeunes, si tu allais te baigner rue St-Hubert, non ? » Elle m’a souri. Elle m’a fait un caresse brève : « Non, mon petit garçon, grand-maman, vient de mourir, tu le sais, et ton père a loué un chalet à Saint-Placide. On va passer tout l’été au bord du lac des Deux Montagnes ! Tu es content ? »

Terminé, à jamais, le gardien « bouncer » et son sifflet maudit, fini les maudites fortes odeurs de javel. Oui, j’étais content; départ dans 20 jours, à la St-Jean Baptiste quand on mettra « l’école en feu les maitresses dans le milieu » , comme on le chantait si souvent.

FIN

« Monsieur Fortin est tombé… »

 

C’était un midi plein de soleil. Encore une fois, monsieur Fortin était monté à Sainte-Adèle. Le peintre, encore peu connu, aimait les Laurentides. Il y dénichait ses fameux grands vieux arbres. Ce jour-là, il avait faim, il avait hâte d’ouvrir son lunch et il pédalait, pas mal à bout de souffle, sur le boulevard « d’en bas » de ce temps-là. C’était avant la guerre de 1939-1945. Maintenant cette vieille route populaire est devenu un important chemin royal verts Sainte-Agathe. Il ne sait pas encore que, dans quelques instants, le crue destin, un fatal destin, va foncer dans sa vie d’artiste, va cogner très fort, va frapper durement. Cet accident ! Cette infirmité qui va changer sa vie. Cette jambe gangrenée qu’il faudra lui couper ! Oh ! Lui ! Fortin le marcheur de Sainte-Rose, le pédaleur infatigable ! Oh !

Ce midi-là, monsieur Fortin y était arrivé, à ce pays de collines qui l’enchante, de Prévost à Val David. Arrivé à ce carrefour bien connu de Sainte-Adèle, il allait s’installer comme chaque fois, dans ce vaste tertre plein d’arbustes. Ce lieu boisé sera un jour nommé « Parc de la famille ».

Le méconnu barbouilleur, aux pinceaux fixés sur sa barre de vélo, aux toiles blanches attachées dans son dos, aux tubes de couleur dans ses deux mallettes accrochées au cadre, le reconnu « tard » génie des arbres peints, veut tourner à sa gauche. Il n’a pas, qui fonce, silencieuse machine, cette grosses voiture d’un gros touriste distrait…et bang !

Monsieur Fortin est tombé, renversé, couché sur le bitume. Il grimace. Il sent une douleur lancinante dans une de ses jambes. On ramasse sa bécane, heureusement intact. Ses toiles gisent sur le pavé de la 117. Nommée la 11 en ce temps-là. Il a mal, pas un mal grave lui semble-t-il, il se dit qu’il a été chanceux. il voit mal ce ciel si bleu. Il entend mal, il y a eu des cris, des bruits, on court pour ramasser tout, cet homme barbu, cet attirail défait, toiles, brosses et le reste. Son lunch aussi ! Vite, l’aider, si il le peut, à se relever, on lui offre de le conduire à un bureau de médecin, d’appeler la police. Il refuse et dit qu’il n’a rien.. Ou alors une ambulance pour l’hôpital de Saint-Jérôme. «  Non, non, laissez-moi tranquille, je n’ai rien ! » C’est tout lui. Se débrouiller seul. Ne gêner personne. Déjà il y a tout un attroupement. Marc-Aurèle, le génie reconnu bien tard, tente de rassurer, de calmer ces braves gens. Il insiste, il répète qu’il n’a rien. Et marche à côté de sa bicyclette vers le chemin qui mène à Sainte-Marguerite et où se trouve une station à essence. Aller s’assoir sur ce vieux banc bancal dehors, retrouver son calme et, enfin, …rentrer à Sainte-Rose.

Ce grand garçon, viré bohème, ce fils qui déçoit un chic « docteur » de la place natale, celui qui deviendra pourtant un « rare trésor national », aux tableaux collectionnés, recherchés, hors de prix —pour un vingt piastres, il vous en donnait deux— celui qui deviendra une gloire unique, une étoile vive de notre patrimoine artistique commun, ce célèbre génie des couleurs, au naturalisme unique, au dessin inouï, remonte, ce jour-là, sur son vélo et rentre prudemment chez lui.

On sait la suite, il y a gangrène, on lui coupera comme à Rimbaud, une jambe. Plus tard, l’autre. On a vu au dans un excellent film —Jacques Godin le personnifie avec grand talent— l’homme renversé de Sainte-Adèle ! Ce cul-de-jatte malheureux, ce pauvre infirme, peindra encore, couché dans son pauvre lit, avec, autour de lui, et même sous son drap, ses chers pinceaux.

Allez regarder ses grands arbres fantasmés (Google),vous reverrez une lumière absolument unique !

 

Texte publié originellement  dans le magazine  Traces

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« Angela, ma Petite-Italie » le plus récent Jasmin en librairie

Vous, habitués au blogue de Claude Jasmin, en avez lu le premier jet au fur et à mesure de sa rédaction. Vous voudrez lire la version finale. Bien imprimé, sur du beau papier ou en version numérique, le voilà! « Angela ma Petite-Italie » est maintenant en librairie.

Le webmestre

Je veux revoir cette apparition. Je cours prendre ma bicyclette, je serai rue Drolet dans deux minutes. Je pédale à toute vitesse, contourne la rue Bélanger, au coin, derrière le cinéma Château, le buandier chinois sort de sa boutique avec un grand sac de toile. Je file vers Jean-Talon tout rempli d’espoir. Mon Dieu, merci! J’ai de la chance, elle est sur le trottoir devant chez elle. Ses longs cheveux soyeux tombent sur ses épaules, elle se penche sur une voiturette de poupon. Je ralentis, m’approche lentement, très lentement. Comment l’aborder? Comment bien paraître, surtout ne pas passer pour un voyou effronté? Quoi lui dire? Comment ne pas l’effaroucher? Je ralentis encore, stoppe ma bécane, pose un pied sur le bord de son trottoir.
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Après Anita, une fille numérotée, puis Élyse, la fille de sa mère, Claude Jasmin termine sa trilogie sur ses amours de jeunesse. Le jeune Claude va avoir dix-sept ans, mais qu’il lui tarde de pouvoir mener sa vie comme il l’entend!

Et surtout ses amours…
Une nouvelle famille emménage dans le quartier. Claude voit avec ravissement l’arrivée de ces nouveaux voisins, surtout leur plus grande fille qui a le même âge que lui. C’est le coup de foudre! Mais il a du mal à s’approcher de sa belle, surveillée de près par son père, un Italien qui fera tout pour éloigner le soupirant. On menace même l’amoureux de faire intervenir la mafia! Et Claude a beau fanfaronner en disant à ses copains que tout est sous contrôle, au fond, il n’en mène pas large.

Mais qu’est-ce qui lui fait le plus peur? La mafia ou Germaine, sa mère, qui se mêle de prévenir la petite voisine que son fils est un don Juan de ruelle?

RESTÉ UN APATRIDE, PARIZEAU S’EN VA

 

Je le croisais plus souvent quand, dans Outremont, son « bureau » me rejeta brutalement en 1994. On a bien fait de craindre un type qui aurait bafoué « la ligne du parti ». Je rencontrais, toujours très animé, inspiré, volubile, à jamais enthousiaste, un vrai chef. On avait envie d’accompagner cet homme dynamique. Le temps passa et sa bonne santé le lâchera. Il y avait chez cet homme « sur instruit », une flamme inextinguible, dirait-on, un feu sacré. En 1995, ce chef des indépendantistes, campagne intelligente, habile, rassurante aussi… obtenait la quasi-victoire. 50, 000 voix (manquantes) et il y aurait eu « une patrie ». Un pays pour cette nation vaillamment résistante depuis plus de deux siècles —seule nation française dans les trois Amériques !

L’homme en mauvaise santé est mort, ce premier soir du mois de juin et nous sommes des millions de québécois en deuil. Jacques Parizeau fut d’abord un jeune élève —brillant des plus « grandes écoles » ( Londres, Paris). Un surdoué, pas un insignifiant « fils à papa », non, un très grand bourgeois, un « fils de famille » comme on dit. Un richard pas comme les autres car, jeune, il fut vite conscientisé, politisé. Et, fait rare, un « altruiste ». Il va prendre des risques, sera incapable de se taire, incapable de ne pas désirer « un pays ». On imagine le lot de ses adversaires, ceux « sans aucune fibre patriotique », les déracinés volontaires du genre « citoyen-du-monde ». Masque qui signifie : béate soumission à l’empire-USA. Ce Parizeau qui savait compter fut donc haï et combattu par nos « énerveurs » économiques de jadis.

Désormais retiré et sage, heureux en ménage, amateur de vignoble, « monsieur » menait une vie calme mais on le verra, dans une entrevue télévisée troublante, grande sombre auguste, silhouette imposante dans une allée d’arbres…Oh ! Dérangeantes images d’un ex-batailleur —de la cause sacrée. Un militant las, visiblement affaibli et… un peu amer. Les images de la toute fin de ce vidéo sont terribles : Parizeau s’enfonce dans son hiver, muet, vouté, seul, si seul ! Ce référendum perdu, 1995, très, très indigeste ! Échec qui lui a fait très mal. Le grand Dostoïevski, un temps exilé, déclara : « Être apatride est le pire des maux sur cette terre. » Pour plusieurs « la patrie » n’est qu’un « Costco » pas loin, avec un « Walmart », un « McDo » et un gros en vue !

Parizeau est mort, allons-nous guetter longtemps encore l’arrivée d’un tel brillant tribun, à la fougue chaleureuse ? Ce jeune Péladeau est une bonne promesse.

Un temps, je le voyais souvent « ce grand mort » dans son resto favori, au nord de la rue St-Laurent, entouré des fervents et fou de bonheur comme un vieux gamin. Certains jours en prêcheur de philosophie, militant respectueux entier en faveur de la démocratie. Oui, certains adversaires l’aimaient et me le disaient. Je l’ai vu aussi, les yeux trempés de larmes à la « Centrale » de la rue St-Hubert, abattu, déçu, accablé. À la mort de sa première compagne de vie —ma camarade écrivaine, Alice Pozsnenska— j’ai pu un homme très digne, plié de détresse, tête basse, avec le regard perdu au cimetière. Le temps passait et trop vite. Parizeau est donc parti encore et toujours apatride. En 1995, si proche d’une victoire, hélas, il démissionnait; peut-être qu’il a regretté cette grave erreur rendu si proche d’une patrie bien à nous !

Paix à ses cendres !

Claude Jasmin

écrivain, Ste-Adèle

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Chapitre dernier, Angela :

Chapitre dernier, Angela :

Notes : enfin un ciel bleu. Enfin le soleil. Ce massacre des caricaturistes continue de remplir les pages des gazettes.
Et, enfin, je lis de graves reproches à ces déboussolés dessinateurs. Le mot « immondes charges  » est publié. Je me sens moins seul. La « rectitude conne » se corrige un peu. Oui; j’ai raison : les excessifs attirent les excessifs ! Certes le TU NE TUERAS POINT reste fondé.
Je conduis mal, le pare-choc (de plastique) de notre Honda s’est arraché, maudit banc de neige avec glace dedans . Dans lequel j’ai foncé…Grand toto », va ! me dit Raymonde. Elle a raison. Je fais tout trop vite.
Je vais rédiger « LE » dernier chapitre. Ce déménagement subit m’est advenu lors de mon « premier amour ». Même choc à revivre…à l’encre, non au clavier d’ordinateur ! .,
J’étais si jeune alors. . Tout réviser ensuite (23 chapitres) maintenant et hop, chez XYZ.
Rester sans projet va me reposer. Mon dernier récit ? Probable.

NOTE DU WEBMESTRE:

L’AVENTURE EST TERMINÉE. LES ABONNÉS À CE SITE ONT PU LIRE LE BROUILLON DU RÉCIT AU FIL DE SON ÉCRITURE. LES TEXTES SONT MAINTENANT RETIRÉS AFIN D’EN PERMETTRE LA RÉVISION, LA RÉÉCRITURE ET L’ÉDITION.

29 janvier 2015

Angela. chapitre 21 (dim. 11 janv)

notes : il me reste 2 ou 3 chapitres je crois bien. Je songe à tuer Enzio, je songe à un retour en Italie, la mètre veuve mais acoquinée avec ce el Émilio… Angela…il y a que je ne sais trop ce qu’elle devenue. Il y a qu’un jour, les Fasano déménageraient et que ni Angela et bien sûr ni moi, considérés à cette époque, comme des enfants insignifiants, n’avons rien su du projet parental…Ce sera vrai.
Je jongle, je cherche… je suis dérangé, distrait il y a eu cet attentat des désaxés musulmans à Paris. Je songe à la honte des musulmans. La majorité si correcte. Comme on doit songer à notre honte catholiques quand on saigna tant de gens via les inquisitions. Les croisades cathos où on allait, massacrer Maures et Sarrasins, tous des mécréants.
Cela, ces tueries me dérange. à la télé voir ces ces foules en silence…tristesse. .
Je dis à R : « les excessifs attitrent les excessifs !, elle est pas contente , quoi6, il y avait des grossièretés ignobles dans ce magazine que je n’aimais ;pas du tout.
Vrai ou non. Leur « Histoire de la naissance de Jésus » m’avait écoeuré. Bon, je me tais, Raymonde me gronde. TU NE TUERAS PÄS… Ça, c’est certain. Au récit mon vieux, au récit que j’achève.
Mon éditrice Marie- Pierre Barathon chez XYZ-hier : « Claude, si hâte de lire ça votre ANGELA ! Oh !

..In bô mardi 23 déc.

..In bô mardi 23 déc.

Une excursion.

Notes : je rentre de ma chaude mini-piscine à cette clinique voisine. Hélas fermé le temps de Noël. Quatre jours sans mes chères exercices. Passant devant la voisine et si pratique École Hôtelière du village, le noir, fermé là aussi ! Ma Raymonde devra se remette « la bedaine sur le poêle ». Lu ce matin une autre désolante histoire dans une famille où il se trouve un de ces jeunes illuminés voulant jouer le djiadiste ! Ces « Allah ou akbar » de jeunes gens soudainement convertis au Coran ! Des pauvres parents, émigrés accablés et très surpris de ces jeunes rejetons engagés de l’extrémisme islamiste. Foin des mosquées…, travail devant le net, web pernicieux ?…

(mon ange Angela) CHAPITRE 9 (?) – C’te lundi 22 déc.

Notes : vu hier un navet total : « Le maitre de suspense », une horreur de niaiserie visuelle. Des cons, avec nos économies publiques ont financé cette cochonnerie de scénario débile. Puis un bonheur : jacasser avec ma fille. Comme si j’y étais, au soleil, à un rivage de l’Atlantique, en Floride. Surgit soudain à l’écran de mon ordi, merci la technologie actuelle !,le beau jeune prof de musique, Gabriel, petit-fils bien aimé. Et vu aussi mon webmestre, mon gendre. À la télé, vu hier soir, le beau fracas musical de Dan Bigras, le fils de mon ami, feu l’audacieux psychiatre Julien Bigras, le doc et écrivain Ferron me l’a dit : Bigras osait soigner de très dangereux aliénés qu’aucun toubib n’osait approcher ! Ce fut encore un show au dynamisme total. Mais là, faut revenir à ma première blonde.

Notes : ce temps, dit des Fêtes, m’embarrasse. Des cadeaux à faire. Des repas à organiser ? Oui, non ? Inviter, être invité. Ma chère Raymonde devenue très jongleuse : Jacques Boucher, un de ses deux frères, a été hospitalisé et il va pas mieux. Va être ré-opéré peut-être. Pour ses poumons. Téléphones sans cesse. Il y a Marielle, ma quasi-jumelle, ce matin,on l’a libérée de Hochelaga-Maisonneuve. Annulation subite d’une opération. Remis à on ne sait quand, merde. Son désespoir. D’autres téléphones croisés donc. Une étrange préface à ces Fêtes !

Monique Miller, amie de R., distribue des copies de mon compliment écrit pour son anniversaire. J’en suis flatté. Ne pas oublier d’aller voir en 2015, bientôt quoi, cette grande expo sur la Grèce antique et qui « tournera » après Montréal, dans tous les grands musées aux USA. Je lis la vie de Cohen (Léonard), grand et respecté poète et chanteur, né à Montréal. On ira bientôt à un CHSLD de St-Jérôme, pour une sorte de banquet « des pensionnaires », avec la maman de ma bru, Lynn Lapan. J’aime bien cette Denise qui rit volontiers (bon public !) à toutes mes anecdotes, facéties et potins sur les temps de jadis, son monde enfui à elle aussi.

Mon précieux fils de Val David est encore venu ce matin, lundi, mettre à jour mon ordi. Je me demandais ce qu’il ferait depuis qu’il a abandonné sa carrière ( 29 ans !) de designer (de Jeux de société), vaincu par les maudits Jeux Vidéos), Lynn me souffle : « Papi, votre gars s’est mis à la rédaction d’un roman… Oh, oh !

 

LE VENDREDI 5 décembre – Sur elle toujours Angela

LE VENDREDI 5 décembre
Sur elle toujours Angela :
Difficile de bien mener (continuer) mon récit nouveau. La lecture tous les matins des journaux me dérange. Si troublé par certaines « actualités ». D’ici et du monde entier. La Presse, devenu très « magazine » offre de bons reportages. Sur « le déni » terrible des parents aveugles face à un enfant révolté et dangereux. Cachant mal une arme dans sa chambre. On parle de deux millions de « bénévoles au Québec. Énorme ! Je fus invité à parler avec Paul Arcand, à un immense congrès de ces bénévoles.
J’y avais découvert l’immense chantier de ces « charitables » citoyens. Je lis des dérives.
Moi si inquiet de cette vie qui change.
Relu hier l’étonnant merveilleux premier chapitre du fameux routier et anthropologue, Bouchard ( « Au temps des mamouths laineux », chez Boréal) ) où il fait voir à ses petits-fils éberlués face à son temps à lui. Un monde de différences et il est dix ans plus jeune que moi.
Angoisse ici et là. De terribles pertes…Grande anxiété, et puis « Bof ! « Je me dis : « Oublie ça mon vieux. Tous, ils s’adapteront, pas vrai ?
Me répéter : « Moi, je m’en vais. Ça sera plus très long. Je serai parti bientôt, mon temps s’achève. Ne plus m’en mêler.»
Mourir ? Me retenir de lettres ouvertes vindicatives (mon ancienne manie).

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