JANETTE BERTRAND EN DÉRAPAGE !

Sommes-nous nombreux à avoir été choqué comme je le fus face aux attaques virulentes, de Janette Bertrand à l’émission de Guy-A. Lepage ? La « vieille dame indigne » s’emporte : « toutes les religions sont des machines à dénigrer la femme » ! Quelle inculture sur le plan historique. Jadis, avant les religions, la chrétienne en particulier, le sort des femmes était autrement dégradé. Certes, des chefs religieux ont commis de graves erreurs dont les horribles feux de L’inquisition. Il n’en reste pas moins que « la » religion —quel qu’elle soit— fut d’abord et avant tout un progrès. Une sortie des barbaries. Pour les hommes et pour les femmes.

Crier devant caméras et micros, comme Janette, que tous les prêtres méprisent les femmes est une triste niaiserie, pauvre et ignare Janette. Un mensonge grossier. La laïcité sans fanatisme respecte les religions. Surtout la chrétienne qui a été tout au long de l’Histoire salutaires aux femmes et même occasion fréquente de progrès. Un féminisme débridé n’a rien à gagner en crachant sur les religions. À « Tout le monde en parle », Janette —qui dit craindre l’infirmière voilée lui raccourcissant (!) sa fin de vie, déconnait gravement.

Mais non, consolations indispensable, la religion restera indispensable à bien du monde, respectons cela. Parler de  « poison mortel pour la femme » relève d’un militantisme athée très dépassé en 2013, d’un athéisme infantile. Moi, l’écrivain agnostique —croyant sans adhérer à aucun dogme religieux— j’affirme : ma « bonne vieille religion catholique » défendait et valorisait la femme, la protégeait aussi. Chère Janette, profiter du « débat sur la laïcité » pour proférer à la radio et à la télé —agressivement— une telle sottise est d’un anticléricalisme puéril totalement écoeurant. Plus grave, c’est une injustice.

C’est sans doute le bon moment ici, de dénoncer tant de « grandes gueules » —chroniqueurs variés— qui sont mal équipés intellectuellement. C’est encombrant, aux tribunes d’opinions et l’espace public résonne de mille inepties. Ces incultes —et voyez tant de ces columnists improvisés sur les réseaux de l’Internet— comme madame Bertrand, répandent des fadaises et des foutaises insupportables. Les religions, la bonne vieille romaine catholique en particulier, a collaboré (à travers ses erreurs) au respect des femmes et à ses droits aussi. Alors, combien avons-nous été, comme moi, gênés d’entendre « la Janette nationale » diffamer et si brutalement la religion de notre jeunesse ? Ce dimanche soir là, c’était embarrassant pour qui connaît l’histoire le moindrement, cela que l’on soit devenu incroyant ou que l’on soit resté croyant. Janette, dans un hôpital, une musulmane —une femme voilée— respecte comme tout être humain, « la fin de vie » parvenue au bout d’une existence. Craindre le contraire, ma pauvre Janette, relève d’un racisme niais.

Et puis cracher et baver sur ses anciennes croyances, même si c’était souvent « religiosité candide », fait voir au fond, une sorte d’auto-mépris déplorable. Cela m’a gêné vraiment à « Tout le monde en parle » et cela m’a navré venant d’une femme courageuse sur tant d’autres plans.

 

 

DE LA SÉDUCTION SEXUELLE

       Des féministes bornées -et autres énervés des deux genres- parlent ces temps-ci d’une théorie (!) néfaste : la séduction juvénile chez des adolescentes. Allons, il ne s’agit pas d’une théorie, il s’agit d’un vieux besoin, d’un instinct : attirer, séduire le mâle. Cela vient du fond des âges, des débuts des civilisations. C’est tout entendu, ce très antique instinct a mué. Oh oui ! Les temps modernes y ont mis bien du piquant. Les temps actuels connaissent même du dérapage. Des exagérations qui offusquent les gens de bon sens. On n’a pas tort de mettre en garde de jeunes fillettes déguisées bien tôt en aguicheuses de garçons.

      Il y a le monde du commerce aux attrayants colifichets variées qui collabore, Qui contribue volontiers, il y va de son intérêt financier, aux pétaradantes modes en cours. Reste que « plaire », « séduire » sont des besoins fondamentaux. On perdrait son temps à souhaiter le retour de la retenue d’antan, de la modestie, du bon goût, de l’intelligence. Notre époque veut confondre « sex appeal » et appâts de jeunes « grues ». Les allures de putes amusent une couche de la population, la plus fragile, la moins instruite et, conséquence, la plus vulnérable. On verra donc de ces très jeunes filles soumises aux commandements folichons d’une séduction vulgaire. Clinquante. Se transformer en simples « objets » à collectionner, à « user » vite fait. Plus tard, on les  entendra, vieillies, solitaires, se lamenter : « Pas d’amour, jamais, nulle part ! » 

         Nos joyeux jeunes drilles de 2008 auront 50 ans un jour et il y aura « le retour du réel ». Inévitable. Pour avoir voulu vider la sexualité de tout sentiment, de la moindre émotion humaine, ce sera un goût de cendres aux bouches siliconées ridées, la défaite et l’échec regretté. Des cendrillons anciennes aux maquillages défaits pourront pleurer, il sera tard. Trop. Les humains doivent rester des humains. Jouer la bestialité, l’arrogance des unions d’un seul soir -sacrifice consenti aux dieux de la consommation- juste des frictions d’organes en chaleur… c’est se mépriser.

        Une réforme doit désormais s’enseigner dans les familles. Et dans les écoles ! Car les familles dont si souvent des lieux (non plus d’éducation sociale ) mais de passages rapides -bonjour-bonsoir !- pour bouffer vitement, regarder la télé et l’ordi et puis dormir. Le répéter à ces enfants trompées, à ces lolita ignares : que ces contacts sans but humain se font sans cesse au sein du règne animal. Là où se joue la commande de reproduction naturaliste et multi-millénaire. Les jeux érotiques et amoureux n’y ont guère d’espace. Avec de rares exceptions : certains oiseaux à parade exotique avec plumages aux colorés. Toujours, au fond, la quête de reproduction.

      Deux vaches qui s’accouplent ne songent pas au bonheur durable, ni à l’enrichissement ou à l’épanouissement d’un couple. Un but : se multiplier. Point final. Le chien ou le chat, le lapin ou le rat c’est « on se renifle deux instants et hop » !

Le Conseil du statut de la femme a mille fois raison d’y voir (la mode fillettes-en-putes) une dégradation. Le mot morale est tabou, on le sait, il s’agit de bien davantage, de bien plus grave, il s’agit d’abrutissement collectif. Joint au silence froussard complice ( inconscience !) des laxistes que sont les parents déboussolés, ce mutisme pour ne pas paraître scrupuleux, prudes, « anciens », est un crime. Ils vont payer très cher cet aveuglement. Pascale Navarro, l’auteure, a bien fait d’alerter un féminisme niais, trop empressé de condamner les méchants hommes. Elle insistait : les garçons sont jetés dans ce même moule trompeur du devoir con de séduire vite et à tout prix. De performer. Des industries, avec les médias qui veulent des annonceurs, font en sorte que cette course occidentale au plaisir (faute de bonheur durable), font mousser sans vergogne cette crise. L’argent coule. L’Inde comme la Chine vont y venir dans moins de temps qu’on pense. Le gâchis sociale sera alors vraiment universel et les dégâts -pire que l’environnement menacé- seront planétaires.

      L’écologie importe, importe aussi de réagir : réformons, crions d’insatisfaction, osons punir, dégageons nos fillettes de ce joug pernicieux. À  bas le laxisme des lâches. Agissons chacun dans notre secteur.  Il y a urgence. Il en va d’un avenir neuf, d’une humanité délabrée. toute entière.        

         

Le vendredi 11 octobre 2002

1-
Radio, la météo ce matin : « la brume cache le soleil, cela va lever… » Quand ? Midi bientôt et ciel mat, gris, uniforme. Ouash ! Hier, revenant de la promenade rituelle tout le tour du lac —refus du vélo— installation pour regarder le couchant. Ciel rubescent. Marchant, Aile et moi, faisons un arrêt admiratif sous chaque érable empourpré. Rêve rouge !On ne se lasse pas de cette beauté insolite.
J’achève ce « Testament d’un tueur des Hells » —chez « Les intouchables »— par Pierre Martineau (rédac-chef de TQS-Québec). Pas fort. Il écrit plutôt mal. Une livre-confession assez sordide, forcément, et trop…mal structuré. Martineau est un débutant ? Le jeune tueur-fou, Serge Quesnel, y est mal expliqué. Pas de vraies révélations psychologues sur ce criminel repenti, devenu le « délateur » le mieux payé (par nous tous) jusqu’ici. Je ne le recommande donc pas à Aile qui a « ses » livres à lire. Ce jeune « narcisse » (19 ans) déboussolé souhaite refaire sa vie à 25 ans. N’ayant qu’un secondaire-3, il veut aller —cours par correspondance de sa cellule, il sortira en 2007— au bac, à la maîtrise et même au doctorat (en administration ). Il était —tueur efficace chez les Hells— fasciné par l’argent, le confort. Là-dessus il reste le même au fond. On lui souhaite de réussir sa deuxième vie.
2-
Bernard Landry —appuyé, « secondé », par tous les partis— fustige le « mépris du Québec » chez Chrétien et son sbire S. Dion. Avec raison. Colère montrée aux actualités hier, bien contrôlée. À froid. Le traître Chrétien est en train de tuer son parti au Québec et s’il y a une alternative —pour les Québécois fédéralistes— du genre « jeune Lord » d’Acadie, Bleu et francophone aux prochaines élections fédérales, c’est clair, le Rouge va disparaître de la carte. Ne restera plus que le « Bloc » et les Conservateurs du jeune chef Lord. Le businessman « Pôlh Martinn » est cuit, rôti, brûlé par Chrétien. Souhait secret, voire inconscient, du démissionnaire « lib’ hérald » sénile ?
Vue à ARTV, hier soir, longue entrevue avec ce Paolo Coelo, devenu « gourou » avec plaisir. Les intellos, et les littéraires purs, méprisent cet auteur aux énormes succès. Traductions nombreuses du fameux Brésilien qui écrit en Portugais. Millions de lecteurs dans le monde. On lui reproche son ton moralisateur. Sauce « …le goéland ». Rien à faire, les gens aiment l’optimisme (bon enfant ou non), une certaine spiritualité, des écrits aux nobles idéaux. C’est un gigantesque lectorat et les « purs » râlent en vain. Coelo, fils de bonne et riche famille brésilienne, mis tout jeune en clinique psychiatrique par ses parents bourgeois, se mettra à écrire tard. Il aura fait le fameux pèlerinage à Compostelle un jour et décidera de « fabriquer » des livres « sincères » où il tente de montrer des « chemins peu fréquentés » à la mode actuelle. L’espérance l’habite et, réinstallé au Brésil, à Rio, très riche de ses redevances, il est le mécène d’une œuvre d’aide aux jeunes paumés de sa région. Il tient le discours d’un Lapierre, autre riche « espérant », humaniste, engagé en « livres » comme dans une mission laïque. Il en faut ! Pleins d’auteurs riches qui en restent à leur « je-me-moi ». Égo inévitable des vedettes de la littérature mondiale : Hemingway ou Henry Miller.
3-
Documentaire mal fait avec des passages émouvants à Télé-Québec hier soir : « Entre pères et fils ». Serge Ferrand —dessinateur de B.D. et cinéaste— a abandonné un fils, Jason —qu’il nomme « Chayzonne » (?)— et sa mère bien entendu. 20 ans plus tard, plein de regrets, cet émigré au Québec invite —en un camping-canotage organisé— le fils oublié. Trop tard ! Ce dernier restera de glace, avec raison. Oui, quelques bons et forts moments —Ferrand et son vieux papa pêchant en France— mais une sorte de « patch-work » mal organisé et qui laisse sur la faim de mieux savoir le vaste problème « père-fils ».
Serge Quesnel, le tueur repenti, fait allusion au divorce de ses parents, semble indiquer que ce fut le début de sa grave délinquance. Fréquente affirmation et cela me laisse très songeur au pays où quasiment « un couple sur deux », avec jeunes enfants, se fracture. Paquet de graves délinquants à nos horizons ? J’espère me tromper. Christiane Olivier —« françoisedoltonniene »— dans le film de Ferrand, affirmait qu’un jeune garçon a absolument besoin de « se constituer » via le père. Miserere !
4-
Manon Arial —courriel—, me reproche aimablement (j’aurais des œillères) mon blâme de « l’anglais dès la première année », vante le choix, l’option ($) « d’envoyer son enfant en école privée bilingue ». Me faudrait tant de pages pour bien expliquer notre situation à nous Québécois à la langue mal contrôlée. Elle est particulière. En France par exemple, la langue structurée y est florissante, sue à la maison, dès le jeune âge, bien assimilée. Ici, l’enfant (d’Arial) parlera mal les deux langues. On sait bien, qu’enseigné mal, l’anglais sera appauvri, déficient et ne fera pas de cette jeune personne un bilingue normal. Il sera une sorte de « bègue bilingue ». Tout juste bon à rester « valet infirme » dans un job banal en Nouvelle-Zélande, à Londres ou en Australie, à Toronto ou à New-York. Pas « d’avenir glorieux », pauvre maman inquiète dont je respecte néanmoins l’anxiété inévitable comme chez tous les parents normaux. Urgence : posséder vraiment sa propre langue d’abord. Savoir penser : donc grammaire, syntaxe. Cela fait, apprendre —mais vraiment— une autre langue sera efficace.
Revu (?pas sûr) hier soir le gras comédien Villeret (ah revoir son « Dîner de cons » !) chez Rapp aux « Feux de la rampe ». Pétillant, amusant et instructif sur ce métier si particulier de faire rire.
5-
Décidément ce folichon Marc Labrèche, à TVA, devient un fameux surréaliste. Il a un front…Dans son heure vespéral, inégale, de forts, très forts et cocasses moments avec une spontanéité peu commune. Admirable bonhomme ! Sa personnification de la Reine Élisabeth numéro 2, fut un caricature désopilante au possible, faisant parler « la vieille » monarque si mal chapeautée avec une vulgarité étonnante qui fit éclater de rire ma chère Aile, pas moins admirative de ce « Grand blond » que moi.
Grande visite demain, samedi, et, ce matin, Aile accueille donc avec reconnaissance, Rita, une femme de ménage habile. Je devrai —le salisseur impétueux— me tenir à carreaux. Oh oui ! Quand Rita s’emparait tantôt de ma chambre-à-écrire…je frissonnai. Mes petits papiers partout … Mon cher désordre. Non, elle ne fera « qu’aspirer » le tapis ocre. Ouf ! Quand il a vu le chapelet —en pierres-du-rhin—de ma mémère Albina, le bénitier et le crucifix (de papa) derrière ma porte…silence ! Reliques qui me sont chères, qui me font signe sur mon enfance d’enfant de chœur pieux, il y a… une éternité.
Hier, avant la promenade de santé : le canot à ranger, la planche à voile itou, le quai à monter sur la rive… L’annonce d’une « mort de l’été ». Tristesse légère.
6-
Quoi? New-York, Paris, Londres, etc, ne sot pas de vraies villes cosmopolites ? Un tableau de La Presse (série de Rima Elkouri) place Toronto en tête et Montréal en 6 ième position après Copenhague. C’est que les grandes cités des grands et vrais pays sont capables, eux, d’intégrer rapidement les émigrants, comme il se doit, comme il le faut. La faute aux complaisances sottes, à cet esprit trudeauiste du multiculs. Je lis qu’une émigrante de L’inde, heureuse du fait, se sent comme à Bombay autour de la gare Jean-Talon, quartier Extension Park. Émigrant à Bombay, serais-je heureux de me sentir à Montréal ? Non. Ce sera ma première polémique à T.L.M. un de ces matins : cette attitude, ces ghettos favorisés. Qui nuiront tellement aux enfants des migrants, ceux-là qui souhaitent devenir…comme les autres qui les entourent. Besoin normal. M’exilant en Italie ou en Allemagne, je voudrais vite voir mes enfants ressembler à leurs concitoyens du pays que j’aurais adopté. Je ne me vois pas à Rome ou à Madrid chercher où est-ce qu’on vend… de la poutine, nom de Dieu ! Elkouri écrit que « les Québécois y sont vus comme des étrangers », tant le ghetto est entretenu. Non mais… Elle poursuit : « Ils ont les pieds ici mais la tête ailleurs… » Comme elle, je remarque chaque fois qu’on monte ici, les antennes paraboliques partout, rue de L’Acadie. Ces nouveaux Québécois ne regardent que la télé USA ?
Ils ne savent rien de notre culture populaire et c’est anormal. Vivre ainsi, enfermé dans sa nostalgie, est malsain. Alain Médam (« Labyrinthes… » chez Fides) parle « d’une utopie qui pourrait se casser la gueule ». Et comment ? Ottawa qui souhaite, depuis toujours, nous diluer, nous réduire à une minorité parmi tant d’autres versent des subventions pour entretenir cet esprit néfaste des ghettos. Si nous les aimons le moindrement, nous devons sonner l’alarme et tout faire pour que ces nouveaux Québécois comprennent que la rapide intégration est l’avenir salutaire de leurs enfants, leur épanouissement. C’est rempli, ici, de racistes invertis qui estiment la non-intégration. Ils s’estiment si mal qu’ils apprécient, eux, de vivre comme en voyage perpétuel dans Le Mile-End ou ailleurs. Des malades de l’esprit, oui un racisme à l’envers.
7-
Ce soir, à Télé-Québec, un docu de Labrecque sur le RIN des D’Allemagne, Bourgault et Ferretti (née Bertrand dans Villeray). Hâte de voir ça. Le Pierrôt du Plateau : « Solange Chaput-Roland ? Une maudite folle », René Lévesque ? Un insignifiant et il fera dire au fondateur du P.Q. : le Président-au-balcon-du-maire-Drapeau ? Un vieux fou ». Eh bin !
Adieu les nuances ? Souvenir : rue Fleury, 1961, mon premier speech pour le RIN, je lis mon texte de dix pages. Après, mon Bourgault : « Lâche-moi ça la lecture, regarde-moi : un seul feuillet, quelques notes, des mots-clés et là… tu pars ! » Il avait raison. Bonne leçon du brillant tribun que j’ai suivie par la suite.
Pétition de gang ce matin : pour défendre l’Académie des Gémeaux en querelle. Certains « sages » avouent qu’ils étaient trop pris en carrière pour s’occuper vraiment de ce machin-télé. Ce bénévolat…bon pour les méconnus ou… les ratés. Ainsi, les trophées sont accordés selon les humeurs et les caprices —et l’incompétence— de ces généreux et aimables bénévoles ( faux pairs !) sans grande réputation qui n’ont rien à faire d’autre que d’aller visionner les produits des membres actifs. Oh ! Voilà où le bat blesse, je l’ai dit souvent. De là les aigreurs, les cris à l’injustice flagrante, aux mauvais jugement. Et les démissions, les chicanes. Comment résoudre cette bête réalité ? Rien à faire.
8-
La Gagnon, hier, déçue de voir le bon docteur des sidéens, Réjean Thomas, dans la « dumonterie » va jusqu’à laisser entendre que l’ex-ministre Castonguay s’affichant aussi avec le Mario-dégraisseur n’est que de l’intérêt pour son monde: les assurances (Groupe la Laurentienne) où il a bossé bien plus longtemps qu’en politique. Bang ! Ça leur apprendra à oser se ranger contre John Charest-le-fédéraliste-clair !
Mon ex-petit- camarade de l’École de céramique, Gilles Derome, y va toujours de citations quand il « lettreouvertise » ! L’autre jour, du Toynbee de 1952. Hier… du Jean-Marie Nadeau de 1965, publié à « Parti-Pris ». À mes yeux, étrange besoin de béquilles lourdes. On ne change guère ? Jeune, il pouvait se farcir dix livre par semaine, je l’en admirais et tentais de l’imiter. Ce qui m’a servi, bien entendu. Mais, Gilles, maintenant que tu es un grand garçon, comme moi, tu pourrais t’ exprimer sans parachute, non ?
André Aucoin, comme moi, est pour des classes séparées dans des écoles mixtes :les gars d’un bord, les fille de l’autre. Bravo ! Il dit une réalité incontournable : Les filles sont deux ans en avance dans leur développement mental et physique, réalité qui affecte les…comparaisons de rendement, nuit à la compétition —normale et souhaitable—des garçons entre eux. Découragement face à leurs sempiternels « derniers rangs », décrochage catastrophique parfois. On va attendre combien d’années avant que le Ministère de L’Éduc, les Commissions scolaires, comprendront ce fait tout simple et corrigeront cet état actuel si nuisible ?
« Quand tu peux l‘faire, tu l’enseignes.. » est un adage « parfois » injuste. Parfois. Claude Cossette, vétéran-expert-en-pub, ose : « La publicité est la pus mauvaise forme de communication ». Il enseignait à un congrès (à Québec) d’affairistes, gros et petits. « Pas de pitoune kioute..,. c’est vulgaire et ringard, non-productif ! Oh les chefs de télé qui engagent tant de « mignardeuses pitounes », pour l’info-spectacles, ou la météo ! À la SRC comme à TVA ! Oh !
9-
Le public —pas fou messieurs les démagogues, les mépriseurs—écoutent les excités névrosés comme André Arthur d’une oreille. Pour le show. Un divertissement. Les monstres attirent la foule depuis le Moyen Âge. Ces démontés fêlés n’ont aucune influence, allons-donc ! Punir si lourdement l’André Arthur est d’une bêtise. Surtout, c’est le signal des censeurs : « continuez à parler fort, cru, franc et les amendes « hénaurmes » vont vous mettre le cul sur la palle ». Il y aura donc prudence extrême et pour s’ être débarrassé d’u bouffon, on verra naître une radio de têteux, de timides prudents, de langues boisées. Dangereux virage ce demi-million de $ à faire cracher à Cogeco ou à Métromédia. Très dangereux pour les esprits libres compétents ! La juger Carole Jean a été une « machine à intimider » les rares radiodiffuseurs courageux. Désormais : craindre une radio plate, sans cesse surveillée, autocensurée à mort ! Franco Nuovo (4 octobre), lui, enrage face à ses lecteurs qui osent défendre « l’hurlurberlu Arthur » et ne voit pas les périls pour la liberté de parole avec cette amende « gargantuesque », hélas !
Avis aux anti-américains primaires : depuis 1001 —à ses débuts— les Prix Nobel vont très souvent aux Étatsuniens. Voici donc le 44 ième « Prix Nobel de physique » chez eux. Deux chercheurs sur les étranges « passe-murailles » que sont les neutrinos. J’ai appris (un peu) de quoi il retournait quand j’ai lu : « Brève histoire du temps » de Hawkings. L’infiniment petit est fascinant. Ces particules du cosmos sont les plus nombreuse, on parle d’un « rayonnement » plus que de vraie matière —qu’ils traversent sans cesse. Ces découvertes qui font mieux comprendre « l’infiniment grand » —soleil, planètes, galaxies, supernovas— changent beaucoup la conception ancienne de l’univers. Rien que ca ! Les amers disent : « oui, mais ce sont souvent des trouveurs émigrés de l’Europe ». Pis ?
10-
Je lis : « Non, nos enfants ne détesteront pas les homos ». Le mouvement GRIS, à est à l’ouvrage. Bien. Cartes postales, affiches par paquets, partout, on dira : « Nos enfants sont peut-être hétéros » » C’est fin, non ? Oui, faut combattre la haine des homos. On souhaite chez Gris présenter la réalité homo dans des manuels scolaires. Ah ? Fini l’« Yvette aux assiettes à laver » ? Exemple, dit Marie Allard (La Presse) : « Voyez, il y a Luc, son chien et …ses deux mamans ». Ou, au foyer, deux fois « papa » ? Dans mon quartier, « apparemment » pas d’homos, à l’école non plus. Au collège, deux ou trous ensoutanés, quelques zélotes du « touche-pipi » de mon âge. Eh non, on les aimait pas. Pas de la haine, plutôt des moqueries.
Un ami me dit : « S’il s’en trouvais un parmi ta bande d’ex-petits mousquetaires, tu réagirais comment » ? Eh b’en oui, je le protégerais le mieux possible, je l’aiderais à fond, je lui expliquerais qu’il n’a pas eu le choix, qu’il est né avec ce chromosome mystérieux en lui, qu’il a bien de la chance d’être né ces années-ci, qu’il n’aura pus à se cacher sans cesse, à mentir, à « épouser » pour la forme et à faire des enfants malheureux quand, à 50 ans, l’homo non assumé, sort du placard. Je lui dirais aussi que sa vie ne sera pas facile, qu’il sera toujours plus ou moins marginalisé, toléré le plus souvent sans plus.
Je lui dirais la vérité quoi. Surtout que ce n’est plus un drame social désormais. Pas du tout. Que les homos ne soient que 5 % ou 10% de la population n’est certainement pas une raison pour, en effet, ne pas combattre cette sordide haine si niaise.
11-
Foglia m’a fait réfléchir avec ses « pauvres tit-pits » l’autre matin. Il dit « foin des filles performantes, les gars sont paresseux et encouragés dans la paresse par l’école trop laxiste ». Folie, foutaise selon lui de vouloir « faire de l’école un lieu qui souigne comme la télé, avec bin du fonne »! L’environnement « trop » féminin et nuisible aux petits pits, il n’y croit pas, lui. Ensuite, du même souffle, le Foglia avance que le féminisme fait fausse route en diffusant que les filles sont meilleures parce qu’elles seraient plus obéissantes, studieuse, plus soumises, plus « moumounes » quoi. Insulte aux fillettes ? Ouaille ! J’y pense et y repense.
Louise Deschatelets lit son courrier du cœur : Marie-Hélène S. s’insurge du fait que l’État n’envisage jamais de verser des gages aux femmes qui décident de garder leurs enfants à la maison, loin de garderies. Cette M.-H. parle de sa voisine qui fait garder cinq jours et qui en travaille trois, qui lui gueule : « comme chuis bin quand ils sont gardés ». Oh la sans-cœur, la dénaturée ! L.D. répond à côté : « Vos mots dépassent votre pensée, les garderies ont du bon etc. »
J’ai croisé le psy Michel Dorais du temps de mon bref talk-show sur les livres. Un jeune homme plein de bon sens. Excellente entrevue avec Dorais (par Micheline Lachance) dans le dernier « L’Actualité ». Le sujet : les pédophiles en soutanes… ou non. Instructif. Me retiens de citer le tout, c’est dire. Exemple : Q. : « Si le mariage était permis aux prêtres » ? R. :« Ça ne changerait rien » répond Dorais. Vrai. La pédophilie n’a rien à voir avec le goût, le besoin des femmes.
Nous méfier des sondages ? Louis Préfontaine le dit avec raison. Exemple de question piégée. « D’accord ou non, les gens en moyens allant à la médecine privée feraient épargner de l’argent qui retournerait au système public » ? 67 % de « Oui ». C’est vrai ? Ces riches refuseraient de payer l’impôt pour les soins publics. Alors ? L.P. dit si on rédige franchement : pour ou contre un système public plus dispendieux, moins efficace, traitant moins de gens… », il y aurait eu 67 % de « Non ». Méfiance des sondages en effet.
Un André Pratte (La Presse) étonnant dit que les médias contribuent à l’installation des langues boisées politiques. Hen ? Pratte attaque le « National Post » qui conspue le John Manley (un « partionniste » écœurant) pour ses propos anti-monarchistes. Hon !
12-
Ce « Testament… » de Quesnel-le-tueur nous en apprend de bien bonnes sur le personnel dans les prisons, il faut le dire. Les pots-de-vin y circulent allégrement. C’est, ici et là, à faire dresser les cheveux sur la tête.
Et moi je suis là avec mon doux clavier, ce ciel calme et si gris, et mon Aile qui dit : « Un bon potage bien chaud, non ? » Oh oui. Je descend. Cliquer : fermer.

Le jeudi 10 octobre 2002

1-
Ciel clair ce matin, nuages déchirés, le brossage fougueux d’un peintre naturaliste ! Fringale du journal depuis que j’ai pris conscience (hier) que cela s’achève ? Oui. Sans doute. Miche de Sherbrooke, courriel, me prie de continuer le journal. Chaud au cœur. Elle dit comprendre cependant ma détestation d’une routine, même agréable et fortifiante. A raison. Elle s’imagine à tort que c’es dur de taper d’un seul index :non, facile et je vais plus vite qu’Aile au dactylo, Aile qui fut secrétaire zélée (section « publicité » à la SRC) avant de devenir scripte et ouis réalisateure. À propos d’Aile : hier, la démone : « Mon sacripan, ton annonce de stopper le journal, c’est-y juste pour t’attirer des protestations, te faire flatter l’égo »? La méchante. Plutôt une délicatesse : prévenir ceux qui m’aiment. Juré, craché.
Mon « va chier », fusée honteuse lundi dernier au Paul Houde de T.L.M. qui me lançait effrontément : « Et toi, Claude, tu dois payer, je suppose, pour avoir des photos de paparazi ? » Ça a sorti trop vite. Aile me le reprochait mais en souriant; elle connaît mon goût de la vitupération spontanée. Je dois mieux me contenir, l’ex-petit voyou des ruelles de Villeray.
Coup de fil tantôt : la Francine Ladouceur petitepatriesque vigoureuse me rassure : « Tous vos tableaux sont encadrés chez M. Bambino, je vais chercher tout le stock dès aujourd’hui ». Bien. Je respire. « M. le Président d’honneur, vous ne parlerez que cinq minutes, lundi soir. Bien compris ? Pour inviter l’auditoire de notre concert (de Larochelière et chœur de chant ) à visiter votre expo dans le portique lors de l’intermission ». Bon. Bien. Je lui dis, gaminerie : « Serons-nous 25 ou 50 ? » Elle : « Sachez qu’on a déjà vendu 250 billets ». elle ajoute : « Fort bon votre communiqué aux gazettes mais c’est jour férié, lundi, il n’y aura pas de journaux ! » Merde, j’avais oublié ! Me reste le brave Journal de Montréal qui, lui, fête pas fête, publie !
Marco m’expédie des données : il y a 200 liseurs du journal internetisé.. Bien. Bon. Mon récit « Enfant de Villeray », vendu à 3000 exemplaires, a donc plus de 6000 lecteurs. Et je ne compte pas les emprunteurs des biblios publiques. Différence énorme. Vive le livre alors ?
2-
Comme je suis reconnaissant à mon fils Daniel pour m’avoir (en 1998) forcé à l’initiation ordinatrice. Un fameux cadeau filial. Ce matin encore, plaisir de recevoir cinq messages. De pouvoir, sur un clic, répondre immédiatement. Jacques Lanctôt (ref :« Enfant de Villeray ») me veut à son kiosque —Salon de novembre à Montréal— à lui entre mes heures de kiosque chez « Trois-Pistoles éditions ». J’ai dit :oui. Une reporter de Rimouski (salon en fin d’octobre ) me fixe un rendez-vous : samedi matin. J’ai dit : « Mais oui ». J’ai envoyé un courriel à Franco Nuovo, de la Petite patrie, rue Saint-Denis lui aussi, pour qu’il annonce à son million de lecteurs ce lundi soir, le 14 à Saint-Arsène ». J’ai mis : « Fais-le en souvenir de ton quartier d’enfance ». Vive le I-Mac !
À la télé hier, à Historia, la bio de Harry Truman. Étonnant parcours. Sans scolarité solide, fils de fermier et ex-fermier déchu du « far ouest », Truman fait la guerre de 14-18 et s’y signale en capitaine bien brave. Iil revient à Kansas City en héros national. Il va — chômeur, sa mercerie-chemiserie en faillite— jouer cette carte du héros-soldat, s’acoquinant avec le gros politicard « organisateur » du coin. Devient député « démocrate », puis sénateur. Un jour, du White House, grand capitaine de forces armées, il dira « oui » à la bombe atomique ! On dit maintenant chez les gauchistes, « horribles crimes de guerre ». On dit « horribles massacre de populations civiles ». On dit aussi : « On a fait des calculs précis, la continuation de la guerre conventionnelle aurait tué énormément plus —les deux bombes stoppaient net le conflit— de soldats et japonais et américains. Qui croire ?
Aile surveillent les feuilletons et moi je lis. « L’express, L’Actualité (bon contenu cette fois), l’Historia. Je commence les confessions (signé Martineau, reporter à TQS) de ce Quesnel, délinquant précoce à Québec, un jeune tueur fou, qui deviendra un délateur fameux. Un livre effrayant offert par Albert, le chum de ma quasi-jumelle, Marielle.
Aile me répète : « J’ai bossé durant vingt ans en feuilletons, j’y suis comme… concernée, attachée, fou hen ? » Je peux la comprendre. Malgré, si souvent, ses insatisfactions, elle ne lâche pas la patate-téléroman.
3-
Suggestion d’Aile : « On se fait un lunch et on part au soleil, en vélo, avec nos blousons ». Bonne idée. Oh, hier soir, chez « Les francs-tireurs »,Martineau questionne très franchement des leaders juifs. Bizarre : tous ont « bin de la misère » avec le français ! Les juifs Ashkénazes (majoritaires) n’aiment pas trop nos juifs sépharades hélas (venus de l’Afrique du Nord) qui, eux, causent français impeccablement… et ceci explique cela ? Donc des réponses bafouillantes à la bonne question : « À cause du massacre nazi, plus moyen de critiquer Israël sans passer pour anti-sémites » ?
Dutrisac, son compère, excellent désormais en questionneur ultra-franc. Bons moments forts avec Ménard, ministre des Transports. Débat vain entre la Navarro (« Voir ») et le Ferrand —parlant « parisien » tous les deux. Chicane mondaine —en riant— sur le thème : « les hommes, les pères, devenus inutiles et bafoués depuis le féminisme agressif d’antan.
Souvenir : en août 1988, je signe, j’en ai déjà parlé, un article dans le Journal d’Outremont (papier refusé partout ailleurs) : « Y a-t-il un racisme juif » ? Oh la la ! Un boucan du yable et tous les autres (prudents) journaux (radio et télé aussi ) s’embarqueront alors dans un vaste champ de tir…Jamais on n’aura tant jasé sur ces isolationnistes, ghettoïstes, les « élus » non-intégrables, les Hassidims du lieu. Cela, souvent, sans m’inviter aux débats, moi qui avait parti le bal ! Un bal si délicat que le P.Q, hésitera à me garder comme candidat dans l’ex-ville. Un an, plus tard, le chef Parizeau n’hésitera pourtant pas à condamner (avec raison) tous ces « ethniques » indifférents au destin collectif du 84 % (nous tous ) de la population. À son tour, Parizeau connut l’horreur des langues de bois ! Je rigolais dans le temps !
4-
Ce matin encore, cette connerie signée André Duchesne (La presse) : « Visite royale : reflet des deux solitudes ». Non, non et non !, il y « deux nations » et pas « deux solitudes » Quand va cesser cette lubie de « solitude » quand il y a « ignorance ».
J’entend des innocents qui croient que le vice-premier ministre, Manley, anti-monarchiste, est un allié en oubliant que ce même Manley fut le criard « partionniste » qui souhaitait que l’on découpe le Québec en morceaux détachés si l’indépendance advenait. Mémoire courte de trop des nôtres.
Aux actualités hier : une ouaitresse ontarienne, cancéreuse pulmonaire en phase terminale, va obtenir beaucoup d’argent. Elle a bossé dans un snack-bar —« C’était « bleu » de fumées de cigarettes » dit-elle joliment— très longtemps. Avocat intéressé (à 50 %) et cause gagnée. Oh, tous les restaurateurs vont jeter dehors les fumeurs, ça va pas tarder ! Autre chose : notre « govern’ment » va cracher des millions de notre argent public pour soutenir (on cherchera des investisseurs) Murdochville (moins d’un millier d’ habitants !). Des millions. Ces gens veulent pourtant (référendum tenu) que l’on ferme la ville…et que l’on crache un bö gros trésor en compensation. Je ne sais quoi en penser. Une ville ouvrière s’installe autour d’une grosse industrie. Cette machine-à-salaire finit d’exploiter les entrailles du site et ferme. Catastrophe ! Miserere !
5-
Je lisais hier soir sur les sectes en France. Les disciple de la « québécoise » patente —à domicile fixe ici avec panneau payé par le gouvernement— « raéliste » font face à quatre accusations en France. Subornations et agressions sexuelles sur des mineures ! Bigre, on dirait que secte ou religion catho d’hier, c’est toujours la même obsession : les enfants comme objets sexuels. L’article (de « L’Express ») souligne la complicité bien tacite des parents (raéliens eux-mêmes) des jeunes abusées. Renversant. Un déboussolage total chez ces brûleurs de croix à la KKK, ces zélateurs loufoques aux portes des écoles. Ne « laissons pas venir à eux les petits enfants », leur évangile est un crachat amoral. Bavures inévitables (?) là où la liberté totale (certes) doit régner. À nous de critiquer sans cesse ces désaxés.
Chez Bazzo, ce matin, ça cause parfums ma chère. J’entends : « thé au Jasmin ». Baptisé Théo, on me nommerait « thé au jasmin ». Excusez-la.
Tiens, je vais envoyer à mon Marcogendre —suis un addict— copie ce cocasse communiqué pour lundi le 14.
Je vois des joueurs de tambours à la télé, dans Villeray. Souvenir : c’était comme Hollywood au coin de ma rue parfois. En 1940, la radio (prestigieuse comme la télé en 1960) venait s’installer sur la scène du cinéma du coin, le Château. Du music-hall gratuit ! Il y avait une file jusque devant chez nous. Nous sortions, Gilles et moi, notre cheval-de-catin et zigzaguions entre les gens en longue queue. Quêtage de sous. Cet été, je n’ai pas réussi mon aquarelle sur ce cheval-de-guenille, hélas !
Comme j’aimais tant Montand roucoulant Prévert : « Ils ont des poids / ronds et carrés / des tambours, des cerceaux dorés / l’ours et le singe / animaux sages / quêtent des sous / à leur passage…. »
Bon, partons la mer est belle…la mer d’air sur nos têtes. Allons vélocipéder sur l’ex-chemin de fer. « Il fait chaud », me dit Aile, revenue de courses. Comme en France, Aile achète les victuailles au jour le jour. « Avec es enfants, ce serait différent, je le sais bien », dit-elle.
Bon, cliquer sur : « éteindre ».

Le vendredi 26 juillet 2002

1-

Ce matin, un ciel lacté. Rubans de jaune, d’orangé. Contraste avec ces derniers beaux jours ensoleillés. Allons au journal donc.

Hier matin, rôties et café sur la terrasse —maintenant ensoleillée depuis l’émondage des grands cèdres—, Aile toute retournée : « Si tu avais vu cela ! Ce matin, à l’aube, c’était le rare spectacle de la brume mobile sur le lac et, en face, le haut des colline illuminées en rose tendre, sortant de l’ombre tout doucement. La beauté, Clo ! » Oui, j’ai déjà vu ce spectacle. On dirait d’antiques gravures japonaises, on dirait de ces vieilles photos d’antan, qui montraient les brumes en Scandinavie, le long des fjords.

Hier, un jeudi de bonheur. Mon fis s’amène après le lunch avec sa si jolie Lynn et les deux beaux ados, Simon et Thomas. Ils ont leur baladeur moderne à portée de main…ne s’en serviront pas. Je fournis des vers et deux lignes à pécher « de 1900 », longues cannes de bois à poignée de liège —trouvées aux rebuts, rue Morin— il n’en sortira que cinq crapets-soleil et pas de truite, pas d’achigan, hélas ! Les parents avaient le canot blanc sur le toit de leur voiture et s’absenteront deux heures. Voguer sur un lac au nord-ouest. Ils canotent depuis très longtemps. Ma fille et mon Marcogendre —téléphone— devaient venir aussi. Nouveau coup de fil. Viendront pas hélas ! Il y a tant de cantonniers -réparateurs sur la 15 —au lieu de 45 minutes, il faut 95 minutes pour monter ici— qu’Éliane, pas en bien bonne santé, abandonne l’idée de se joindre à nous.

Souvenirs : quand Aile bossait encore avec ses chers Jean-Louis Millette —elle avait dîné avec lui quelques jours avant qu’il s’écrase à tout jamais sur un trottoir du Vieux, près de chez lui— et Monique Miler (fin de « Montréal-P.Q. »), Daniel venait me chercher pour m’initier à sa passion du canot. Ensemble, nous avironnions sur la Rouge, entre les îles du Saint-Laurent (vers Sorel), sur la rivière L‘Asomption aussi, un jour. On se retrouve alors comme hors du trafic des humains. C’est inoubliable.

Plongeons et concours « du meilleur souffle » sur le radeau quand ils reviennent de leur excursion. La joie ! Souper —la maman de ma bru, la veuve en santé, Denise, nous arrive de Saint-Sauveur— au « jambon à la Aile » sur la longue galerie, le crépuscule nous éclabousse tant qu’il faut installer le rideau de bambou. La joie toujours. Je fais voir un trésor précieux car j’ai fait un tri des plus jolies « roches chanceuses » que me rapportaient les petits-fils jadis quand ils pensaient à moi le collectionneur de ces roches brillantes. On dirait des agates souvent ! Fabuleux trésor.

J’ai fait voir, inquiet, ma vingtaine d’aquarelles pour l’album en vue et l’expo d’octobre. Daniel, généreux ?, me rassure et élit d’emblée une bonne douzaine de ces essais graphiques. Un regard extérieur, neuf, ainsi, me rend comme plus indulgent envers ma ponte. Eux en allés, Aile, plus sévère réduit « les élus » à neuf !

Des éléments de certaines illustrations, me dit-elle, sont à conserver. Je me reprendrai donc. Il y a « Le guenillou », mon plus récent petit ouvrage, dont je suis très content et qui a rallié tout le monde. Aller vers cette manière de faire davantage donc.

Avant de m’endormir, j’ai remercié la Providence et tous mes défunts chers, d’avoir ces descendants en bonne santé, pleins de vie vive. J’ai prié encore pour que ma fille retrouve sa santé amochée.

2-

Le film loué visionné mardi soir —« Sous le sable » de François Ozon— nous hante encore. Aile surtout…qui m’aime tant ! Cette épouse, si bien jouée par Charlotte Rampling, absolument inconsolable du mari (Bruno Cremer) tant aimé et disparu en mer— mystère du film— sur une plage des Landes était d’une tristesse effrayante. Elle en est devenue comme folle et le voit sans cesse, partout, dans ses vains efforts pour lui survivre.

Vu la fin du téléfilm « Silence, on court » à Artv. Amateur !

Simon Galien (?), Jean Saulnier (?) offre un récit chétif avec Sabourin, Ronfard et l’amie Françoise Faucher. Pas moins amateur, le talk-show de Gildor Roy, aperçu parfois en zappant. De la télé d’élèves du secondaire…non, ils font mieux souvent ! Et c’est les nouvelles de ce mardi :c’est Gaza, le massacre du missile israélien. Un poupon tué. Deux mois ! L’horreur totale. Sharon dira : « On savait pas qu’il y avait des civils pas loin. » Ouen !

Horrifié, un chef palestinien appelle l’ONU comme Arafat. De toute urgence. Des casques bleus bientôt en Israël, pays démocratique et souverain ? Pas question n’est-ce pas ? (Ni en Tchétchènie indépendantiste où l’on souhaite —ses patriotes— sortir de la Fédération russe, n’est-ce pas ?) Un Palestinien dit : « Ce qui est inconcevable c’est l’indifférence totale de nos frères, ceux de tous les pays arabes ». Ignore-t-il que l’Égypte comme la Syrie, l’Arabie saoudite comme la Jordanie ne sont pas libres d’agir face à Israël, allié chouchou, petit protégé de Washington. Encore moins l’Iran (détestée par Bush) et encore beaucoup moins l’Irak (honnie par Busch jr.). Ne parlons pas de la Lybie hein ?

Qu’arriverait-il donc si une (une seule) bombe (d’Égypte ou de Syrie) tombait sur le quartier-général de Tsahal ? La guerre totale le lendemain et W. Bush grimpé sur ses grands chevaux militaristes —installations militaires USA, avec sous-marins nucléaires, paquebots boirrés de G.I.— partout dans le alentours. Immédiatement, prétexte noble enfin, W.B. volerait à la rescousse de son cher allié. La guerre totale, oui.

« Pu capab »… cette Danièle Levasseur postée à Washington pour Radio-Canada. Cet accent bizarre, ce langage déformé, non mais…

Mercredi, autre séance à l’atelier du sous-sol et …Sœur Madeleine Gagnon (« La maisonnette ») me regarde barbouiller, alors, je me force. L’eau colorée —et l’encre de Chine— revole partout. Un gamin joue au drapeau ou au cow-boy, une fillette lèche son cornet à quatre boules, ou sa « pomme de tire »rouge.

Je me creuse les méninges. Ah ! Quatre bambins passent l’Halloween dans de vieux draps blancs, deux trous pour les yeux…

3-

Jeudi matin, vélo. Deux crêpes avec trop de sirop, à Val David ! Lecture du Journal de Montréal offert aux clients. Tabloïd chétif, bourré de pleines pages de pub, « page trois » sur 10 pages !

Nuovo— le crétin de Foglia— voyage d’un sujet ultra-léger, un matin, à un gravissime un autre matin où il fait voir son « bon sens » habituel que j’estime, moi.

Au retour, ce jour-là, tondeuse et puis natation. Je suis content de moi. J’y vais sans la « nouille de plastique » désormais et j’apprécie la liberté de mouvement rendue alors. C’est une sorte de rein cette « nouille » ce « saucisson », Mister Marleau !

Hier, mon fils ramassait nos restes de jambon dans les assiettes et en remplit un petit sac. Pour Zoé restée at home. « Eh oui, je suis sensible au règne animal, moi. On sait bien pour toi, papa, c’est du très « inférieur » et il y a nous, les humains, trônant au dessus de tous les règnes sur terre, c’est bien ça ? » Discussion là-dessus. Il admettra le ridicule des visionnaires intégristes chez les écolos mais tient à espérer les hommes comme « plus capables » de savoir que les bêtes ont des sentiments, des émotions et peuvent souffrir terriblement de leur sujétion, de leur domestication. « Nous devons être « responsables ». Quand je suggère un effet de ses lectures boudhiques, il se cabre : « Ne crains pas de me voir embrigadé dans une religion. Le

bouddhisme me sert comme philosophie avant tout.

Je lui parle du Somerset Maugham (« Un gentleman en Asie ») que je lis et qui, justement, avance que le « Bienheureux » ne souhaitait pas une religion, qu’il faisait de la métaphysique et que ce sont ses disciples …sbires (?) qui dressèrent une théologie tatillonne à partir de ses réflexions philosophiques avant tout. Ainsi de Jésus le Galiléen ? Que de « pépères de l’église » pour greffer à son évangile des discours à charnières concoctés pour étiqueter en commandements et préceptes innombrables (et péchés multiples) le « aime-toi et aime ton prochain ». Comme mon fils, je sais bien qu’il doit y avoir un vaste équilibre entre les règnes (animal, végétal, minéral), qu’il y va de notre survie. Il me dit : « En traitant mieux poulets, cochons et vaches, il y aura un prix à payer. La viande se vendra plus cher car c’est toujours la seule et unique motivation fondamentale de tous ces marchands : produire plus et vendre moins cher ». Je sone à Sorman et j’oublie de lui rétorquer que, déjà, les tiers-mondes ne peuvent pas même se payer ces denrées pas bien chérantes ! Vaste débat dirait De Gaulle ?

Mon Maugham est Bangkok et il ose dire que toutes ces villes d’Asie n,Ont pas, comme en Europe, de références pour le voyageur. Qu’à Venise ou à Prague, il y a les littérateurs pour nous enrichir en visitant églises, musées, monuments, places publiques. Sacré londonnien de 1923 va ! Il y a, non ?, que les poètes, les musiciens de ces lointaines contrées étaient (sont encore) inconnus des Occidentaux, non ? Je ne sais trop. Maugham semble déplorer que ces pays asiatique n’ont aucune culture écrite, gravée, sculptée, publiée…

Il apprécie les couleurs (des costumes des gens), les pagodes, les temples (teck laqué, pierreries, bouddhas de bronze) cependant. Émerveillé parfois, il décrit habilement ces chatoiements multicolores dans les ruelles et les venelles de Bangkok, ces village sur pilotis, ces marchés sur radeaux, ces cités lacustres du Siam. Je voyage avec lui sans les files d’attente aux aéroports et les mille désagréments des touristes en voyages « organisés ».

4-

À 19h. vu du stock de « Victo Story » avec de jeunes fringants aux imaginations farfelues. Piètre pâté, je vous jure. Encore « Avanti » qui signe cette recherche (hum !) de nouveauté abrutissante (comme pour le Gildor Roy « botché »), avec son Luc Wiseman au gouvernail. Aile, tout autant que moi, déçue. Nous aimerions découvrir de jeunes nouveaux talents. Solides. C’est « cheap ». Production bâclée, amateurisme, insignifiance toujours quand on exagère dans l’humour bien gros, bien gras. Plate quoi !

Aperçue chez Martineau et Cie, T.Q. Raphaella Anderson qui publie « Hard ». Habile questionneur, audacieux souvent, le Martineau la tasse sans cesse. Elle se défend plus ou moins selon les agressions voulues par le bonhomme. »Oui, je fais forcément partie prenante (avec son livre « Hard ») de ce système de « cul et fric ». La belle franchise ! Excuse ? « Quoi, je gagne ma vie ! »

Elle parle de survivre, de subsister. Sans cette veine (simili-porno ou porno hard), elle devrait aller en usine, c’est cela ? Tristesse profonde. Si jeune ! Un moment l’Anderson paraît une petite conne finie, un autre, une lucide froide. Le féminisme, c’est fini. Le lesbianisme, c’est sa tasse de thé. L es gars, tous des dégueus.

« Baise-moi », de son sérail, est une réalité incontournable. Soudain : « Moi, je dois me défendre, hein, je n’ai pas à défendre les autres » ! Elle dit (c9mme elle le fit à « Campus ») que « l’industrie de la porno » (films) est exploiteuse, que ses acteurs sont mal payés. Un projet futur questionne Martineau ? « Oui, avec pédophilie et inceste ». Beau programme de vie à venir ! Soudain vertueuse : « Il y a là des victimes et je veux dénoncer ces salauds qui les exploitent ». On la sent futée et on la sait capable d’exploiter des filons qui reviennent à « cul et fric ». Grande tristesse. « Faut gagner sa vie », répéterait-elle et moi je répète (après Ferrat) : « Y a d’la place en usine, pauvre petite conne ».

5-

Un film bien façonné : « Jonh Q. » signé Cassavetes junior. Les chialeurs québécois (on a trop de « welfare » providence par icitte) y trouveraient un bon motif de se la fermer. Un ouvrier métallurgiste, un Noir (brillant Washington), découvre que, faute d’assurances et donc d’argent, on va renvoyer chez lui son fils condamné à mort (cœur de bœuf). Il décidera de prendre en otage le chirurgien affairiste. Chaos dans l’hôpital et police partout. Négociateur ratoureux (Duvall, excellent). Un bon suspense. À obliger de visionner les John Charest et les Mario Dumont que gênent tant la même médecine pour tous, pauvres ou riches. Hilary Clinton est montrée à la fin, elle qui dut vite battre en retraite (à ce sujet ) face au dur et chic lobby médical toit puissant ici comme aux USA. Ces jours-ci (raisonnable loi Legault), on en voit pas mal qui ne comprendront jamais —ces culs-ronds de bourgeois— que la médecine ne peut pas être un simple « business ». Qu’il faudrait détruire les odieux quotas, le contingentement (corporatisme !) scandaleux aux facultés universitaires. Que les actuels prêteurs de serment (à Hyppocrate) jouent honteusement les « entrepreneurs autonomes » libres. Deux belles lettres de lecteurs de La Presse, ce matin, s’insurgent face à ces « médecins-businessmen ».

Voir « John Q. », malgré son « happy end » hollywoodien facile, fera réfléchir. Aux USA, c’est le docteur qui dit : « T’es pauvre ? Va chier » ! »Jonh Q. » un film certainement pas prioduit et réalisé par des Républicains « buschiens » (sic) mais par des Démocrates convaincus.

6-

Entendu à LC-Tva : « Aux funérailles du syndicaliste Louis Laberge, on a entendu, à la fin de la cérémonie, la chanson de Sinatra « My way ». Connerie ! Encore l’ignorance ! Cette chanson est de —compositeur en France— Claude François. « My way » s’intitulait : « Comme d’habitude », un grand succès. Sinatra, ébloui par l’habile ritournelle, l’avait achetée. Les aînés ont « l’habitude » maintenant d’entendre sans cesse de ces niaiseries en médias, la plate plaine des courtes mémoires. Un jeune contingent de nouveaux venus pourraient un peu mieux se documenter, non ? Hier encore : « L‘épée de Démoclès » ! Da ! Da !

Vu, hier soir, la deuxième émission (avec le même invité, cela arrive chez le Lipton de « Actor’s studio) de « Sous les feux de la rampe » hier soir à ARTV. Patrice Chéreau, metteur en scène coté au théâtre (Nanterre surtout), fait maintenant du cinéma (« La Reine Margot », « Ceux qui m’aiment », « Intimité 2000 », etc.) et l’acteur d’occasion, y brillait de tous les … feux de la rampe, réalisé par Philippe Azoulay. Rationnel, souvent cartésien même, Chéreau expliquait son métier de « chef de troupe » à un Bernard Rapp débordé par sa faconde.

Tournant souvent à Londres —il songe à Pacino pour son projet sur « Napoléon dans l’île Sainte-Hélène—, il a osé : « Les Anglais sont meilleurs acteurs que les Français ». Silence lourd dans la salle pleine d’étudiants…français ! Festival de Cannes ? Il dira : « Nous, cinéastes français, nous traversons prudemment dans les clous, les Américains eux foncent dans le trafic… » Oh ! Ce matin, le gros Depardieu cogne très dur sur le cinéma américain, disant qu’ils contrôlent tout le trafic de la distribution des films, partout !

Chez Bernard Rapp (le jeudi soir), me fait remarquer Aile, on ne s’adresse jamais au public de la salle contrairement à Lipton(le vendredi soir, même canal Artv) qui ne cesse de faire ses appels du pied, de même que ses illustres invités. « C’est comme s’il n’y avait personne devant l’invité » souligne Aile.

7-

Vu le vieillard étonnant Henri Salvador au « Point » hier soir. 85 ans ! Plus vieux que le pape qui retrouve du tonus face aux centaines de milliers de jeunes à Toronto. Rigolard, en forme splendide, Salvator dira : « Le trou s’approche » !, en parlant de des morts de ses alentours. C’est un autre Trenet qui ressuscite.

Tel l’ Adamo revenu à la vie active après une pub de lait dans nos enceintes nationales ! Que de revenants ! Il y a deux ans ou presque, le vieil Henri a pondu un disque sans y croire, « Chambre avec vue ». Succès inattendu et le voilà dans nos murs !

Avant le vieux vert, encore cette Danièle Levasseur en direct de Washington… « Pu cabab » ! J’ai parlé plus haut

d’accent, non, j’aime les accents, même le pointu de Viroli ou l’accent parisien de Michaele Jean. Non, non, elle a carrément un défaut de langue( ou de bouche) ! Elle ne dit pas de niaiserie et pourtant c’est le débit d’une débile ! « J’peux pu » !

8-

Au bulletin de nouvelles, hier : un suicide. Celui d’un magouilleur horrible. Un de moins d’un trio de fripouilles. Un autre est en prison, l’autre servira de « témoin à charge ». Affaire intrigante. Imaginez : des nonnes —des bonnes et pieuses sœurs— (une congrégation religieuse de Québec), avaient un sacré magot : 80 millions de belles piastres ! Viande à chien ! Ça laisse rêveur. Un démarcheur frauduleux —le suicidé— sut les enjoler. Comment ? L’histoire le dit pas. Les dévotes richardes (80 millions de $) s’embarquaient aveuglément dans une supposée juteuse affaire. L’on songeait chez ces ensoutanées non pas à une cathédrale ni à un orphelinat mais à transformer les terrains au nord-est de la rue Crémazie en un juteux marché général bien lucratif.

Dieu, (ou l’Immaculée Conception ?) injuste si souvent, a permis que les braves nonnes virées en spéculateurs immobiliers —à la vue plus grande que la panse— se retrouvent le cul sur la paille, comme des petits Jésus de crêche. Le fric des nonnes, détourné, se faisait « laver » au paradis de fraudeurs, j’ai nommé la Suisse!

Rideau : hier, l’homme expert au tir de pigeons d’argile (et autres pigeonnes bien noirs!), chasseur-touriste assidu de la Colombie, sainte contrée s’il en est, tournait sa chic carabine contre sa tête de tricheur. Miséricordieuses, les religieuses affairistes de Québec vont-elles prier pour le repos de l’âme de leur bandit, détrousseur de grand-chemin-Crémazie, devenue boulevard-autoroute numéro 40 !

9-

Hier, on parlait vieillesse à table, vin rouge coulant généreusement. Lynn et Daniel parlait d’un miroir cruel dans un motel de Sherbrooke ce printemps. Ils se voyaient… plus vraiment des jeunes ! Aile racontait un incident similaire dans une loge d’artistes, un jour. J’avais découvert un midi, soudainement, la vieillesse de papa. Il ne me voyait pas. Il sortait, seul, du marché Bourdon, près de la Casa Italia. Il poussait son caddy à emplettes lentement. Grimaçait. Sa vieille casquette sur le front. Son pas laborieux. Je le percevais enfin comme ce qu’il était : un petit vieux ! Ça me faisait mal. Daniel m’entendant m’avoue : « Moi, aussi, un jour je découvrais que tu étais… vieux. Rue Garnier, je t’avais prêté un vélo et tu pédalais, lentement, vers le Parc Lafontaine… Oui, je te voyais en « vieux » pour la première fois de ma vie. Eh b’en !

Daniel, encouragé par le bon succès de l’un de ses jeux de société « Bagou » —« je viens d’en vendre un millier et demi de plus en France »— est en train de créer Bagou-2. « Moins facile que le premier à installer, car je dois dénicher des difficultés du français qui sont nouvelles par rapport à Bagou-1 mais, bon, j’y arrive ». Le père bien fier du fils !

10-

Quand l’intelligente Lysiane Gagnon quitte son aire de l’anti-patriotisme, elle vise bien parfois. Son « papier » sur Dutoit (chef d’orchestre) et Boilard (juge des motards Hells) qu’on jette vitement est de solide farine. Elle termine sa colonne (de columnist) en parlant de notre grande peur des polémiques. Avec raison elle souligne qu’en médias (électronique) on glisse sans cesse vers le « mou ». On évite les confrontations; surtout, dit-elle dans le sérail des universitaires « canadians ». À la fin, elle fionne : « Canada, gentil Canada, gentille Alouette… »

Boilard ? Trop de tempérament : dehors ! Dutoit, idem, ouste, la porte ! Gagnon dit de quitter la cour si l’on supporte pas les remontrances d’un juge fougueux, bravo ! De quitter un orchestre si on endure pas la critique du chef. Bravo ! elle reprend justement l’adage : « Si vous êtes incapable de supporter la chaleur, sortez de la cuisine ». Bien dit.

Ce n’est pas un nationaliste étroit qui parle, c’est l’ONU. Rapport tout récent intitulé « Rapport-2002 » clamant : « le contrôle des médias par de grande entreprises menace la liberté d’expression dans le monde ». Il faut mettre le monde des informations, dit le rapport, et à l’abri des sociétés gigantesque et à l’abri des États. Vaste programme…encore une fois ! La « droite » Institut Fraser rétorque (naïvement ?): « N’ayons pas peur des grosses compagnies, les sources d’infos varient tellement à notre époque… ». Les cons !

Je suis toujours étonné de certaines révélations. Exemple : un gars jouait au TNM dans « Equus ». Après il fit du théâtre de quartier (dans Villeray, tiens !). Trois décennies passent. En 1986, il incarnait Ignace Bourget, évèque de Montréal. Robert Gendreau a maintenant 53 ans. Un jour, « le Sacré-Cœur lui est apparu » ! Six mois plus tard (!), raconte Perreault de « La presse », Gendreau va à la messe, rue Mont-Royal et se confesse. En cachette de son « milieu », il va à messe durant trois mois et c’rest l’appel. La vocation. Il est curé. Il est à Toronto. Il organise « La voie de la Croix », un spectacle pour les jeunes festivaliers cathos de Toronto. À la fin de l’interview, Gendreau dit : « Les jeunes cherchent un modèle, une force. Ils ont vécu les divorces des parents, connaissent un suicidé proche, l’échec…. ».

Ce théâtreux catho parle du 97% de pratiquants au Québec quand il était tout jeune ! « Du jamais vu et ça ne se verra jamais plus », dit-il.

11-

Les journalistes Cormier (Le Dev.) comme Brunet (La P.) acceptent de n’être que courroies dociles des USA —et affiliés et assimilés— en infos-spectacles, musique, etc. Tristesse, ces minables valets soumis du « petit monde riche » anglo-saxon. Et voilà mon cher « comique » du sport-spectacle, Jean Dion, qui, nous livre ses sources. Variées ? Non. De moult pays ? Non. Non. Lisez : « Sports Illustrated, The San Jose News, Roanoke Times, Virginian-Pilot, Brimingham News, Charlotte Observer, Greenville News, Chronicle of H.E. » Édifiant hein ?

Les Québécois aiment le vaste monde, on dit qu’ils sont accueillants et généreusement ouvert aux autres civilisations. En témoignent parfois des visiteurs de tant de pays étrangers. Or, toute cette valetaille de nos médias n’en a que pour USA et USA et Cie. Pleines pages (souvent payés par les producteurs) consacrées aux activités du puisant voisin. Cinéma compris bien entendu. Jamais d’échos, ni, surtout, de reportages substantiels, sur les héros —vedettes ou nouvelles étoiles) de l’Espagne ou du Mexique, de la Scandinavie ou de Holande, de l’Italie, de la Grèce ou de l’Allemagne. Rien. Une bande de colonisés contents.

12-

Ce matin : rue Laurier, la petite et grouillante librairie Hermès ferme. La libraire, Marchildon, était sympathique. Impossible de survivre. Il y a les chaînes, il y a Cosco-Club Price, là où on vend presque au prix coûtant les nouveautés… littéraires ou non. Gazette de ce matin : « Quebecor-livres congédie 16 personnes ! Oh ! Ma belle bru qui y travaille ? Peur ! Le progrès ça madame ! Mon cher quincaillier (Théoret) finira par baisser les bras ?

Ce matin, rue de Bleury, Rima Elkouri est allée confesser Thérèse (O’Reilly) :on ferme la très antique boutique « Bellefontaine » ! Souvenir : papa finit enfin par fermer son petit restaurant. Maman contente. Il doit avoir 65 ans. Il ira travailler là, chez Bellefontaine. Jouant l’étalagiste autodidacte. Il ira faire « l’étalagiste naïf » chez L.N. Messier après, rue Mont-Royal. Il ira jardiner aux Serres Notre-Dame. À la cantine de l’Oratoire, il jouera les « cooks » d’occasion ! Il sera gardien au par Laurier, au Parc Maisonneuve, chaque été, au Square Dominion (devenu Dorchester) où il y avait expo de plein air et « guingette » à touristes.

À la fin, longtemps, au petit Musée-galerie sur le Mont-Royal. Il y était heureux se prenant pour un galériste, un guide indispensable. Un vrai « Jack of all trades »! Là aussi, un jour, il avait quoi, 72 ans ? …on lui dira : « On ferme la galerie municipale ». Alors, lui qui avait toujours aimé dessiner et peindre, il se métamorphose en « céramiste primitif » dans le salon-double des enfants… partis depuis longtemps.

Hier, il m’est venu une histoire, une intrigue pas piquée de vers et l’envie de raconter cela ici. Se retenir ? C’est que Somerset Maugham (« Un gentleman.. »), lui, soudain, y va d’un conte, une bonne histoire, au beau milieu de son récit de voyage. Si —mauvais exemple ?— je me mettais à livrer des historiettes de mon cru dans mon journal. Je vais y réfléchir. Danger ?

13-

Prenez le cahier « spectacles de La Presse d’aujourd’hui : farci de nouvelles à la sauce USA et alliés. Une honte. Huit « papiers » sur Uncle Sam et ses produits « Kultu-cucul-rels » —dont un gros reportage illustré sur Austin Powers (on s’en crisse-t-y d’Austin Powers, pauvre M.A. Lussier ! Parfois le « Voir », qui coûte rien, fonce (Olivier Lalande-en-courroie) dans cette propagande commerciale à sens unique :USA.

C’est cela jouer les courroies de transmission dociles. Un tout petit coin pour raconter que Sorokine —romancier Russe né en 1955 et très connu là-bas, traduit parfois— a pondu un roman (« Le Lard bleu ») où Staline et Khroutchev sont… deux pédés. Subtil non ? Procès. Amende et risque de deux ans de tôle ! L’ex-coco voulait « tester les limites du Kremlin », dit-il. Finesse du raisonnement !

À la mi-juillet, le vétéran-reporter, Gérald LeBlanc (natif de l’Acadie), faisait ses adieux au métier sur cinq colonnes. Hélas, LeBlanc parlait de notre indiférence (Québécois) au sort fragile de ses frères Acadiens. Doit-on sauver aussi la Lousiane ? Quel dadais, quel grand tarlais, quel innocent ! Il faut militer sans cesse pour sauver un Québec que tant d’adversaires voudraient diluer en melting-pot sauce mosaïque multiethniques (et cela avec les millions d’Ottawa pour cette dilution organisée).

LeBlanc, un jour nationaliste prudent (comme Cormier jadis à La Presse), un jour, trembleur devant le « patron Desmarais », le gendre de Jean Chréchien, André. Je l’observais. Il naviguait à vue. Il calculait. Une sortie audacieuse un matin, un retraite de pleutre l’autre matin. Au service des infos (et des Affaires publiques) il y avait, longtemps, plein de ces patriotes sous surveillance (un Jean Lebel par exemple), une émission bravait l’Establishmentd’en hait )elle-même sous haute surveillance et constante du « Siège » à Ottawa, une autre émission les rassurait.

J’ai observé. Ce cirque de ma table à dessin durant 30 ans. Nous nous amusions, à gauche et indépendantistes, à commenter ce jeu de bascule radio-canadien. Balançoire lancinante. Le petit boss montréalais, Marc Thibault, masqué en salomon tout tiraillé entre ses serments à la Reine (une tradition longtemps quand on entrait à la CBC) et ses convictions cachées. Lui aussi, le poète-bureaucrate, Paul-Marie Lapointe, veillait au grain. À coup de méchants « mémos » sinistres, tous ces pions-fonctionnarisés souvent à bout de nerfs. La peur des vases chinois, la peur de Trudeau. Une vraie farce. Alors, tannés de calculer, de veiller à pas trop écoeurer les fédérats dans la place, quand un Bourdon ou un Gérald Godin alla trop loin —« pour tester les limites » ?— ce fut : « La porte, Bourdon ! Il se fit député péquiste. Dehors, Godin ! Il se fit député péquiste ».

Hen, c’est plaisant d’être vieux, on peut en raconter des affaires (publiques).

Il pleut. P’tite pluie fine, quasi invisible. Aile, débrouillarde, a pris sur elle d’acheter un machin de plastique et, ainsi, de remplacer un tirette brisée pour la cuvette des toilettes. Je la félicite chaudement , c’est bien fini l’homme à tout faire, le seul capable, en matière de plomberie. Les temps changent. Le progrès je vous disais pauvre libraire….

Le jeudi 9 mai 2002

Le jeudi 9 mai 2002

1-
Non mais… brume encore un 9 mai ? Bof ! Faire mine de s’en foutre. Hier, avec Galarneau à son poste au zénith, première balade avec nos vélos. Le bonheur retrouvé. Le vélo c’est toute ma jeunesse. Fraîcheur de l’avant-midi dès la sortie de la Jetta au parking de Sainte-Adèle est, Chemin-Pierre-Péladeau. Nous avions des blousons. Portions des pantalons. « Des pantalons longs » disions-nous jadis. Drôle non ? Sur l’ex-chemin de fer, certains y allaient de la pédale en shorts. Brrr…Plaintes d’un bon gros ! Les imprévoyants.
Petit-déjeuner au bout des premiers efforts, comme en guise de récompense. Cela, cette petite bouffe du matin, comme l’an dernier, au Van Houtte de Val David. Yum ! Œufs, rôtis, confiture et…fruits. Aile : œufs avec viandes (bacon, saucisses) et patates ! La gourmande ! Depuis qu’elle ne fume plus du tout, elle a des envies de dévorer… de tout ! J’ai peur. Je tiens à ma peau. Moi, j’en fume une après chaque repas.
À ce restau du coin de la « track », les flâneurs habituels, des retraités rieurs, d’autres cyclistes comme nous. La serveuse-chef avec un bel accent du…Chili, Bolivie, Pérou ? : « Ah ! C’est donc vous ! Je vous ai entendu à TVA chez monsieur Bruneau. Je suis de tout cœur avec vous : on ne peut tout réussir, carrière et vie familiale. Moi, j‘ai dit non. À beaucoup. Je viens du sud et j’ai dit « oui » à mon homme, un Québécois. Et ainsi, j’ai tourné le dos à une carrière dans mon pays. Ici, cela a été autre chose mais je ne regrette rien. »
Elle est enjouée, efficace, fait plaisir à voir. Je me dis :pourquoi devoir ainsi couper, retrancher, pourquoi donc ne pas pouvoir tout avoir ? Je ris de ma réflexion sachant bien, le premier, que j’ai été obligé de renoncer à ceci voulant sauver cela. Ce trajet le long de la Nord, jusqu’à Val David, est merveilleux. Le silence d’abord. Total. Les vues sur la forêt. Les cascades rugissantes juste avant d’arriver au lac Raymond, à Val Morin. Ces rochers, monuments célestes, sur des hauteurs ou bien dans des ravins, tombeaux muets et anonymes. Ici on ne voit pas, comme au village, dix ou vingt sapins mais des grappes de centaines et de centaines d’arbres, sapins, oui, mais aussi mélèzes, érables, pins, bouleaux. Bouleaux qui sont d’un blanc si éclatant avant la pousse de leurs feuillages.
Chaque fois c’est un bain naturaliste qui nous stimule. Sommes si heureux maintenant de pouvoir de nouveau rouler dans cette large piste du « petit train du nord. » Avant de rentrer Aile décide de mettre mon vieux vélo « Québec-tours » (acheté en 1985) chez le…huileur et graisseur à sa boutique de la gare de Mont-Roland. Hen, quoi ? Ce sera 40 tomates ! Et elle m’a dit : « Tu cracheras un peu, Séraphin Poudrier ! » Non mais…
2-
Revenus, heureux, satisfaits, de l’excursion bicyclitale rituelle, prise de soleil sur balcon. Bronzons un peu. Des corneilles , sans cesse, tournent autour de notre mangeoire à mésanges et à pics. .Aile, furieuse, tape dans ses mains. En vain. Elles reviennent toujours ces noires bestioles ! Un racisme spéciale, non ?
Pour me changer un peu du Hervé Guibert obsédé en son triste mausolée de sodomites, envie de lire le récent Jean D’Ormesson : « Voyez comme on danse ». Bizarre, je m’en trouve comme tout heureux, tout ravi, léger. Au septième ciel ! Des mots joyeux. Des phrases longues mais si souples. Tournures anciennes certes mais bonne santé des propos dès les premières pages. Bien éloigné de certains mâles parisiens invertis et si fiers de l’être.
J’avais croisé, en 1981, l’Académiste fameux, abonné chez Pivot, lors d’un lancement pour mon prix France-Québec (« La Sablière »), à la Maison du Québec à Paris. Arrivant rue du Bac, mon éditeur me dit soudain : « Oh, chanceux ! Jean D’Ormesson est là ! C’est important, c’est un bonze du « Figaro », il est très influent ce mondain mais il ne va pas partout. » Présentation. Échange bref de propos vides entre deux verres …de cidre. Michaud (Yves) présidait à tout à la québécoise ! Je me moque un peu cruellement de cette cérémonie dans « Maman-Paris, Maman-la-France », surnommant D’Ormesson, De L’Hameçon.
Je lis donc son « Voyez… », en effet, c’est un homme d’autrefois et il est d’humeur égale, joviale, adore les potins, semble déférent, distant avec politesse (son vif regard d’un bleu de cobalt vise un point lointain entre le plafond et le haut de votre crane) ! L’homme est d’une politesse antique, tout cela rend agréable toute rencontre avec ce romancier bien nostalgique. Et avec ses mots.
Que de nostalgie encore avec son dernier livre. « Voyez comme on danse » est, hélas ?, un roman déguisé en livre d’histoire. Ou vice versa. Un cimetière, on attend un convoi funèbre. Un ami décédé. Beau, séduisant, brillant, iconoclaste, célèbre à force de ne rien faire ! Qu’on aimait et qu’on jalousait.
Petite foule des amis, même des rivaux, dont le narrateur—visiblement D’Ormesson à peine déguisé. Pour chaque « tête » de cette lugubre fête, un récitatf récapitulatoire ! Retrouvailles délicates parfois : ex-amoureuses, etc., Il part donc en cent, mille brefs récits rétros. Ses souvenirs illustrent un milieu chic, très « 16 ième arrondissement ». Vaste galerie d’aristocrates et aussi d’aventuriers, des chanceux se sortant de la basse extraction de roturiers….On sourit de ce Paris aux vieux sangs bleus.
Je lis, je lis…et bientôt je me lasse…ce monde dérisoire, hors- temps, aux origines de privilégiés blasés, ils m’assommeront sous peu, je le sens. Alors, je vais à un livre de Messadié, pris à notre bibilo par Aile. Titre : « 25 rue Solmar Pacha ». Ma surprise ! C’est le même lieu (Le Caire), le même temps (1950) du « Jasmin sur barbelés » : le roi déchu, frappé, Nasser au pouvoir, guerre aux portes, la fuite des bourgeois étrangers d’Égypte, la chasse aux juifs. Entre le « Jasmin sur barbelés » (un modeste récit véridique) et ce livre de Messadié, il y aura sans doute un monde. Encore un roman-histoire ! Je lirai au moins certains chapitres (vus en table des matières) car je n’aime pas lire un roman qui n’est que prétexte à donner un cours d’histoire. Je préfère les vrais livres d’histoire sans récit romanesque pour faire avaler les faits, la vérité. C’est ce que ce livre de Messadié doit être, je le crains.
3-
Avons vu un film, en vidéocassette, avec Robert Redford (« Le dernier château ») et avons eu envie de rire à la fin avec ce patriotisme, fort « patriotard », sauce USA bien connue. Le drapeau au vent, la main sur le coeur et la morale sauve : « Oui, les soldats révoltés qui cassent tout en cette prison militaire en avaient le droit car…ils étaient des martyrs d’un directeur cinglé. Récit souvent utilisé, on le sait. Mais film si bien mené, au suspense si bien ordonné, qu’il en devient une autre démonstration du savoir-faire brillant américain. L’ensemble, avec un Redford extrêmement convainquant en ex-général déchu —qui, désobéissant à Washington, commit une erreur fatal en Somalie— fait d’un tel film mineur une excellente occasion de divertissement.
4-
« Groupaction », agence à lobbying de Montréal, devrait être baptisé « Groupàfédérat ». La firme de publicitaires, favorisés par les Libéraux, est engouffrée dans une merde médiatique. Merde engendrée par le gaspillage éhonté —« politico-patroneux »— que l’Opposition dénonce sans cesse. « Groupàfédérat » est embarrassée maintenant par la condamnation de « l’examinatrice » officielle d’Ottawa, hier.
Ils « communiquent » ce matin : « On a sauvé un Canada en grand danger, suite au dangereux « 50-50 » du référendum de 1995. » Un messie quoi, un sauveur des fédérats, via les annonces, fanions, écriteaux, drapeaux, enseignes, bannières, bandes d’arénas, drapeaux, guenilles et torchons rouges, placards partout. Partout !
Chréchien, audacieux, applaudit. L’enquête étant confiée à la RCMP ! Quand on sait que cette police fédérale peut 1-rédiger de faux communiqués du FLQ, 2-mettre le feu à des granges, 3-voler des listes électorales, 4-installer des bombes (chez Steinberg), etc…On peut avoir confiance comme le chef Chréchien. Non ? La RCVMP va conclure : « ouiaille, toutes ces magouilles, ces gaspillages scandaleux, c’était pour la belle cause « anti-patrie » québécoise ! » Fermez la boîte de pandore. Okay ? Compris ? Notre peuple québÉcois est pas fou. Un jour, tout cela éclatera, et notre pays normal, notre nation normal l’aura. Regardez bien ce que je dis, maintenant, en mai 2002. Je verrai cela avant de mourir, moi qui attend cela deouis1960. Cela adviendra. J’en suis convaincu. Je verrai ce jour merveilleux en serrant dans mes bras mes petits-fils devenus adultes et qui, comme ceux de leur génération, ne toléreront plus la folle mascarade fédrate. De cela je suis sûr et certain.
Le Dion-à-moustache de Chapleau, distrait, affirmait avant-hier : « Mais non, la pub ça sert à rien ! ». Puis , hier, se reprenait : « Peut-être bin que oui. » On sait en tous cas des choses clairs sur ce fatras d’argent public dépensé avec les bons copains : c’est cher, très cher. On a payé un prix fou dans cet « Almanach du peuple », devenu prostitué ouvertement. Vous y lisez un long reportage sur, par exemple, Trudeau. Vous apprenez qu’on a pris votre argent pour vous faire lire ce « publi-reportage ». Et beaucoup ! Tarifs exorbitants ! Un scandale de plus. Bof ! C’est 40 millions par année cette pub fédérate ! Argent public. Et cela, depuis 1996. Calculez : c’ »est donc 300 millions de nos dollars, à ce jour, de taxes et d’impôts —pour nous et ceux du ROC. Et l’autre avec son : « La pub, la commandite, ça sert à rien ». Le traître stipendié, le renégat à notre patrie balbutie, bafouille, il achève de ronger son fromage.
5-
Le Roger Drolet chez Marc Labrèche avant-hier soir: « Le féminisme est une invention des hommes pour mieux rouer les femmes. » Rires dans la salle et salve de « hourras » des filles présentes. Pauvre Simone, pauvre Kate et Cie. Ignorance ou facétie pour faire rigoler —droletter— l’auditoire ? On sait jamais. « La femme est soumise à l’homme et heureuse de l’être », continue notre héros en litotes variées.
Le gaillard des dimanches soirs de CKAC semblaient s’amuser ferme de ce « grand blond » jouant volontiers le tit-clin, le tit-coune qui saisit pas trop vite ! Labrèche excelle dans ce rôle du niais limité. Il me fait rire. Aile encore davantage. Ses grimaces de candeur sont efficaces en diable. Un bon acteur, le Marc.
Ça y était. C’était parti. Pas de confrontation, et bravo, tant mieux, ce n’est ni l’heure ni le lieu. Nous étions en contrée du divertissement de bon aloi. Drolet a l’intelligence de le comprendre. Aussi il joue de son fleuret gaillard en rigolant, sans se prendre au sérieux. Du music-hall quoi pas une chaire en Sorbonne hein ? Mutt and Jeff volontaires ! Laurel et Hardy de bon coeur ! Je riais et Aile aussi. Un bon moment de télé, faut le dire.
Plus jeune, mon Roger Drolet pourrait très légitimement songer à devenir un « stand up » comique d’autorité. Il y ferait florès. Il est doué. C’est un comédien peut-être amateur mais qui a du rythme et c’est l’essentiel. Il joue de silences calculées avec art, et aussi de fortes affirmations étonnantes avec un très bon sens du « timing », ce vétéran des stations de radio. À 19 ans, il « facétiait » déjà, à la radio de Joliette, pratiquant le genre « canulars de téléphone » sans vergogne. Et le premier hein ? Bien avant les Tex Lecor.
Chapeau à lui ! Pour le public sérieux c’est un bonhomme qui vogue de généralités en généralités. Le « cas par cas », mon Roger, il connaît pas ! Le grand public en est friand, lassé par tant de ratiocinations confuses. Jos Bleau et tante Armandine écoutent, rassurés, les élucubrations « claires » de l’oracle du cinéma Château : « Tous les hommes sont des cochons, des sensuels sans sentiment. Toutes les femmes sont sentimentales, généreuses et abusée. » Ça revole ! Au pays des nuances, Drolet n’existe pas. Et puis, là, la salle est vide. C’est plate. Il aime le pays des forts contrastes. La foule aime les monstres. Il en est un et si gentil, si poli. Malin et roublard. Rien à voir avec la réalité mais cela peut être tellement plus divertissant. Moi, j’aime les bouffons, le cirque, le vaudeville, oh ! les mélodrames aussi, je le prouve parfois.
6-
J’oubliais : au Van Houtte de Val David, un garçonnet près de notre table, avec son père, je l’aborde et lui fait mon vieux coup du pouce coupé en deux. Il m’observe. Il tente de m’imiter mais je lui dis : « Écoute, c’est long, tu pratiqueras chez toi et on se reverra un jour, peut-être ici. Il tente de m’imiter encore et s’éloigne. Il me revient bientôt résolu, me défiant. Joue avec ses mains comme moi, et me montre, lui, deux doigts disparus. Il les cache tout simplement. « Hein, hein ? Qu’est-ce que t’en penses, qu’est-ce que tu dis de ça ? », fait-il, fier comme Artaban. Aussitôt Je joue l’étonné, le renversé et le félicite : « Deux doigts, deux ! » L’enfant exhulte et aussitôt, le ventre en l’air, il éclate de rires si cristallins, si cristallins, que tout le petit bistrot s’en trouve comme embelli, les clients sourient, en sont allégés on dirait. Le blond gamin est ravi de ce public. Il s’en va, s’autocongratulant, avec son papa qui me fait un clin d’œil. Dans la porte ouverte du Van Houtte, le gamin lâche : « Tu pratiqueras ça pour quand on se reverra ! »
Un enfant de six ans triomphait d’un vieil adulte.
Et puis, ses rires si clairs, si clairs, ce matin-là, ah ! ma journée était faite ! Aile semblait ravie de ce vieux jeu du papi et de l’enfant, elle y est habituée, me dira encor : « Que tu as le tour, mon vinyenne, avec les enfants ».
Mon secret ? Je les aime.
7-
Hier soir, Aile, nerveuse, qui ne fume plus, dit qu’elle a besoin de salé-sucré. Je sais ce qu’elle veut. Je pars au dépanneur « bleu » de la rue Valiquette lui acheter croustilles et tablette de chocolat, son cher « Oh henry ». Ouf ! C’était son anniversaire hier, à mon taureau d’amour, —mon fils, le 13— les coups de fil ne cessaient plus. On ne s’achète jamais de cadeaux. Ni à Noël ou au Jour de l’An. Jamais. C’est entendu entre nous depuis longtemps. On dit en riant que nous sommes « un cadeau de tous les jours, l’un pour l’autre. À force de nous le dire…nous nous sommes crus !Et puis on n’aime pas trop sombrer dans les manèges usuels.

Le mercredi 1er mai 2002

Le mercredi 1er mai 2002

1-
Retour de promenade tantôt, découverte au bout de la rue Morin d’un site de neufs pavillons luxueux, dans une colline. Architecture bizarre. Hirsute ! Style vague et de « parvenu ». Voyant des sortes de marguerites jaunes sauvages, j’en arrache un plant et le planterai au pied d’un vinaigrier…pour voir. Aile craint un genre de « pissenlit » mais ne proteste pas trop. J’aime tant…planter. Ce matin, vite, devoir aller porter des chèques chez Desjardins, rue Valiquette, car, aujourd’hui, les voraces du FISC vont gober de nos économies ! Pas loin, le brocanteur. Incapable de ne pas entrer. Autre manie irrépressible. J’y crache pour 60 piastres de… « cossins », dirait Aile. Un voiler de bois, une aiguillère et son bol, un pot à mélasse, et quoi encore ? Rentrant at home : « Ah b’en, non ! pas encore des cochonneries ! Où est-ce qu’on a pouvoir mettre ça ? »
La leçon classique d’une rangeuse : ma belle Aile !
Téléphone de ma fille, Éliane : « Me rappelle, jadis, une excursion ensemble à l’Hôtel-Dieu pour nous faire ôter aux paupières…des sortes de pustules ! Elle me demande si je me souviens du toubib ! Oh non ! Moi, les toubibs, j’oublie les noms…brrr ! Je lui recommande une dermato de Notre-Dame que j’avais apprécié il y a 10 ans. Ira-t-elle ? Elle a vu son frère hier, a vu sa neuve mini-jeep —« oui, une bien jolie voiture »— promenade de Zoé ensemble, c’est le chien de Daniel. Un joli parc, immense, jouxte sa demeure au fils en son domaime Saint-Sulpice. Formidable, non ? Comme ça me fait chaud au cœur de les savoir marchant ensemble au soleil la grande sœur et son frère cadet. Comme je suis content chaque fois !
2-
Ni hier, ni ce matin, « La Presse » n’a jugé intéressant de publier mon petit « requiem » à Sita Riddez. Voilà que l’on annonçait hier la mort précoce et subite d’un chanteur-chansonnier qui ne me plaisait pas beaucoup, Sylvain Lelièvre. Le mièvre ? Je le trouvais un peu « drab », un peu fade. Du blues plutôt endormant. Mon opinion…mais il avait ses fans. Il en reste tout de même deux ou trois bonnes tounes.
Hier, il fallait être au « pied-à-terre », Chemin Bates et TVA me voulait pour un autre mini-débat. Thème : « Le hockey en éliminatoires ! » J’ai parlé d’un féminisme bebête, égalitarisme qui défait les différences nécessaires, ces filles qui singent les gars désormais, des trop nombreux « gros clubs » anonymes, d’argent désignant qui aura pour gagner la Stanley Cup , des joueurs millionnaires paresseux (selon Guy Lafleur lui-même), de la fin d’un certain patriotisme, celui de ma jeunesse.
« Ceinture fléchée », me lancent les deux vis-à-vis —car le Bruneau est un partisan de la Maréchal, ma foi ! Cette « injure » (?)me fait rire. Quand j’ai déclaré, —à mes risques et défiant le chauvinisme ambiant— avoir mieux estimer les patineurs Russes aux J.O. était-je toujours « ceinture fléchée » ? Ah !
L’Isabelle m’apparaîtra en chandail des « Habitants » ! Rouge comme sa chevelure ! On fait le topo, pour cette fois, en studio et aux côtés de Bruneau et je me sens alors bien plus à mon aise. J’ai demandé d’être toujours en studio à l’avenir. Voudra-t-on à TVA ?
3-
Avec l’amie M.-J. —ainsi consolée un brin de mon absence de ce week-end, pauvre misérable orpheline de son homme— Ale est allé voir une pièce (très) recommandée à Sainte-Thérèse. Hum… Pas fort, m’a-t-elle dit. Maudits critiques complaisants encore ? Le lendemain, elles allèrent au cinéma du complexe commercial de Saint-Jérôme; hum, pas fort encore ! Malchance ! Ce matin, éloges encore pour les textes de Tardieu monté par Paul Buissonneau au « Go ». Aile saute sur le téléphone. J’ai confiance. Je n’ai jamais oublier le Tardieu renversant (toujours monté par Paul) vers 1980 au « Quat’_Sous ». « Théâtre de chambre », joué par des élèves en théâtre, fut une splendeur visuelle inoubliable. inégalable. Pause :soupe. Tantôt, à la télé du 1er mai : Le Pen, à Paris, criant sur une estrade : « On a ramassé partout des gens contre moi, des francs-maçons, des communistes, il en reste et……des théâtreux, des intelllos… » Aile, bols de soupe en mains, choqué, comme insultée personnellement. Elle est belle quand elle se fâche !
En revenant de cette randonnée parmi les maisons prétentieuses neuves, rue Morin, rencontre fortuite d’une dame « théâtrale » un peu, disons tendance gitane. « Nanoushska », se présente-elle. Explique que c’est son nom de « plume ». Elle est une Noiret, Boiret, Mordet… Elle machouille certains mots, parle très vite. « C’est un nom de France, vous savez! »
Elle n’en revient pas de me voir « vous, en chair et en os ». Admet volontiers m’admirer et « suivre votre carrière ». Elle écrit « de la poésie. Oh un peu ! Bien peu ». Vient de Montréal, habite les Laurentides, il y a peu Sainte-Agathe, maintenant, Sainte-Adèle. Sort de pétrins. D’un deuil aussi. Rien de trop clair. Sympa, grouillante, hilare et grave par intermittences, très verbeuse. Elle dira : « Ah, vous, c’est donc vous, et qui je vois avec vous ? C’est elle, non ? C’est celle-là, c’est cette Raymonde dont vous parlez si souvent. Vous êtes devant moi, vous, le poète (je proteste à ce mot) vous paraissez plus jeune, en personne, mieux qu’ à la télé. Je vous ai vu encore hier avec Isabelle Maréchal. Vous nous amusez tant. Évidemment, c’est vous que je vois enfin. » Elle en frétille de contentement, montre des trous dans ses dents, touche un bras, ajuste, comique, son grand béret. Aile gênée.
La gitane hilare fuit soudainement avec des « au revoir ». Je dis à une Aile secouée un peu : « Tu vois, tu es profondément, indissolublement, irrémédiablement, ancré dans la littérature québécoise. »
Motte, pas un seul mot. Je sais ce qui la décoiffe, c’est qu’elle n’y peut rien. Qu’elle ne peut inter-agir. Qu’elle se voit comme manipulée par son horrible compagnon bavard et indiscret. Elle souffre ? Je ne crois pas. Elle s’en amuse pas mal. J’espère…
Souper tantôt. Deux poissons frais —sauces appétissantes, pas trop grasses— que j’ai ramené à 17h, tantôt, de l’École-Bouffe. Pas mal bon. Dessert ? Gâteau dit « boston » et je remonte fermer le clavier. Juste dire ceci : comme je suis content, heureux, Aile, livre sur le coin de la table, toute excités : « Tu vos, regarde Cloclo, je l’ai trouvé, ce petit oiseau couleur carotte, c’est un oiseau commun d’ici, le Bruant Hudsonien. Tu vois, la crête carotte, regarde, une mandibule pâle, regarde l’image, l’autre plus foncée. Vois sous le bec, dans le cou, regarde bien la photo, la tache noire ? Tu la vois ? C’est l’« hudsonien ».
Oui, grand bonheur de la voir si heureuse. mon amour qui fait, hélas, ce qui se nomme de la haute pression. Je met cela sur le dos de toutes ces équipées stressantes de réalisation, pour illustrer les textes de Victor. Elle me montre ensuite nos mésanges à tête e noire, autre oiseau commun. Dit : « C’est bien de savoir nommer les oiseaux, pas vrai ? » Vrai. Elle me fait voir ceci et cela, le « quisscal », trop présent dans nos alentours nombreux à son goût, des petites corneilles, puis le geai bleu, enfin, nos chères jolie tourterelles « tristes ».
Aile me montre la tourterelle « rieuse » ! Ah oui, c’est cela le printemps québécois. Dans quelques semaines, je la verrai de nouveau entourée de boîtes, de corbeilles, les poches de bonne terre, ses outils, ses gants, les fleurs étalées à ses pieds. Elle sera si belle encore cette année. Si belle quand elle s’exclamera —comme elle dit— : « Je fais mes fleurs ! »
Suffit. Aile nous a loué le film « Ali ». Ce sport est une folie grave, j’en ai parlé. Mais c’est l’histoire singulière, vraie, d’un gamin de ghetto qui boxe —seule voie de sortie pour les démunis de la négritude à cette époque. Il sera un grand champion historique, cet Américain Noir devenu musulman, changeant son nom de Cassius Clay en Mohammed Ali. Hâte de voir ce film tant vanté, il y a quelques mois.

Le vendredi 19 avril 2002

Le vendredi 19 avril 2002

À CŒUR OUVERT
1-
Pas de soleil ce matin mais toujours cette douceur, ce printemps qui a surgi si subitement qui fait que nous sortons balayer, brosser…nettoyer. Moi, hier, je retire les tapis de coco, je sors deux râteaux, je cache les pelles. J’’installe les deux boyaux d’arrosage, un pour le jardin d’en avant, un pour le terrain d’en arrière. . Oui, un vrai plaisir. Cinq mois au moins à attendre cette saison. Les Québécois nous devenons comme fous quand, enfin, enfin, enfin, revient ce climat de douceur. Le lac —quand? dans la nuit— est redevenu de l’eau !
Je n’aurais pas à aller bien loin si je veux entendre jaser des camarades écrivains dès demain matin, samedi. En effet, juste en face de chez moi, le président de notre « Académie des lettres », le poète Jean Royer, lancera une série de causeries au Chantecler.
Y aller ? Peut-être. Je viens de raconter un terrible canular dans « Écrire. Pour l’argent et la gloire » :invité à un de ces colloques, au Mont-Gabriel cette année-là, j’avais lu un texte-bidon avec des noms d’auteurs fictifs et des citations fictives et…on avait écouté cela sans broncher. Je voulais me moquer des amateurs de citations savantes, celles des cuistres habituels, toujours présents à ces réunions littéraires.
Si j’y vais, porter alors un carton d’identification : « reporter ». Oui, « envoyé spécial ». J’aurai un carnet de notes. Un bloc. Je serais l’envoyé du journal… Le quel ? Bin, le mien. Mon journal. À Aile : « Accompagne-moi demain, tu verras ce monde des littérateurs, ça te changera des acteurs et réalisateurs, non ? et il en viendra d’ailleurs, c’est dans le journal de ce matin. Viens donc ! »
Aile : « Non, non, pas le temps. Et demain, si tu vas là, ne me reviens pas trop tard, on va souper chez les D. J’aurai des courses à faire avant d’aller là. » Voilà comment madame estime les gens de lettres ! Édifiant, non ? Me suis toujours senti un peu « à part » à ces meetings d’écrivains. Pourquoi ? Sais pas trop. J’étais un décorateur de télé qui publiait un roman par année, pourtant. Cadence pourtant rare parmi mes collègues en écritures. Un scénographe de variétés qui a une marotte, un… « hobby » ? Oh ! Cela ou…Sais pas. Je me sentais, au milieu des écrivains, un étranger. Bizarre sentiment. Je voyais des « fous d’écrire », des studieux du « livre », des acharnés, des « graves et seurieux » zigues. Oui, moi, j’écrivais comme par les soirs, les week ends et un mois par année en vérité.
Bientôt donc, dans le journal, c’est probable, des notes sur les invités du colloque littéraire de cette année. Irai-je en pédalo, le lac maintenant fondu ?
2-
Hier, joyeux, j’arrose un peu partout. Aile rigole. Elle sait qu’arroser chez moi, est une sorte de bonheur total. L’eau ! C’est la vérité. C’est dröle, remonté sur la galerie, je lis dans le vieux volume du savant Ellis : « L’ondinisme », dont j’ai parlé il y a peu.
Il y a 270 pages. J’en suis à la page 115. Étrange discours sur la pisse. Les pisseuses. Ellis nous sort les mythes, les légende, les contes, les fables, les statues (dont le célèbre Manequin-Piss de Bruxelles), les tableaux, les décors, antiques ou moins anciens, sur… « uriner ». Étonnante rétrospective qui va du jet d’eau illustré par les fontaines, des concours de jets d’eau par les gamins qui pissent en riant, des postures des femmes qui urinent et cela à travers les âges et selon les contrées. Ellis parle de Noé (l’eau qui monte) et de Moïse, trouvé sur l’eau.
Évidemment, après ses énumérations chronologiques, il en vient à son sujet :l’érotisme uréthral —ou urinaire— et l’érotisme anal qui est autre chose. C’est fou et captivant de lire cette étude. J’avais lu sur le diariste célèbre qui aimait pisser sur sa femme ou qui aimait se faire pisser dessus. Mais avec Ellis, c’est les savantes explications de cette manie. Freud est appel à la barre comme l’on pense bien. Lui et ses disciples dont cet auteur. Des mots s’amèenent : enuresis. Énurèse. Uropoiétique. Amphimixis. Urolagnique. Urolagnie. Anurie. Exhilaration. Exhilarant. Ouf !
En fin de volume, Havelock Ellis parle de cleptolagnie. Un temps, freudien passionné, je cherchais à tout savoir sur le subconscient. J’avais donc accepté ce livre avec plaisir quand le libraire René Ferron me l’offrait vers 1965.
Ondiniste moi-même (!) , je quitte le bonhomme Ellis et retourne arroser les jeunes arbres plantés l’an dernier. Ah oui, ce jet d’eau fait plaisir à voir, à diriger. En fin d’après-midi, avant souper, j’irai même jusqu’à arroser le recouvrement —en déclin de plastique— des murs de la maison. Une crasse grise coule jusqu’au sol. La satisfaction de sortir de l’hiver. La joie d’entrer en printemps, les lieux nets…comme dans « Journées nettes », tiens, le tite du journal sur mon site web.
3-
Paris imitera désormais New-York. Hier soir, une première, à la télé de Artv, de Paris, un long entretien, très captivant, avec Philippe Noiret. « Un cancre total », admettra-t-il. À trois reprises, Noiret se taira subitement, comme étranglé d’émotion, comme en proie à des souvenirs trop riches. De la bonne télé. Mieux qu’avec notre habile Lipton et son « Actors studio » newyorkais car c’est dans notre langue. Hâte déjà de voir, jeudi soir prochain, la deuxième partie de cette interview. Promesses fameuses, on y verra sans doute tous les grands noms en un défilé fascinant. Vive cette sorte de bonne télévision !
J’ai fini de lire mon exemplaire du Nouvel Observateur. Une page sur l’ontarienne célèbre Margaret Atwood —la vis-à-vis de Victor-le-matamore, livre dont j’ai parlé ici— à la toute fin de l’Obs. Son tout récent roman contient des extraterrestres. Oh ! C’est le récit d’un romancier aux prises avec un roman trouvé qui raconte le blocage d’un roman en cours …Ouen ! Je n’aimerais pas lire cela, je le crains ! Je déteste ce narcissisme à la mode. En vieillissant certains auteurs se regardent le nombril (comme font tant de jeune par ailleurs !), ils s’examinent en train d’écrire. Je me méfie de cette soupane égotiste, moi.
On commente un livre sur l’étonnant Augustin, le saint, théologien fameux qui disait : « Aime et fais ce que tu eux », ma devise. Aussi un livre sur cette Simone Weil, morte de tuberculose jeune, juive parisienne anxieuse du destin du monde, convertie en catho, qui se fit ouvrière d’usine, qui s’exila à Londres, qui était une mystique —une hystérique disent les athées bien entendu. Bref, on parle de sujets qu’un magazine comme notre « L’actualité » n’aborde jamais. Ici, racisme inverti, on doit se dire : « tout cela n’intéresse pas nos misérables lecteurs » . N’est-ce pas ? On est tous, les Québécois, des cons abrutis, c’est certain. Alors, hélas, on reste des « jamais stimulés » à cause de ce mépris ambiant des dirigeants en presses diverses. Et, aliénation en mineure, on achète des produits « made in Paris ».
4-
Après le Noiret si bien confessé, nous regadons à ce canal Artv, « Métropolis », un magazine de Berlin illustrant des événements artistiques divers en Allemagne. Ah que cela fait du bien ! Les Québécois ne sont pas frileux, ils aiment les mondes étrangers. Mais il n’y a que les USA, sans cesse et toujours. Aile et moi étions ravis de voir autre chose que New-York et Los Angeles, merde ! Non pas que ce « Métropolis » était si bien ficellé, non, mais il nous changeait de la poutine impérialiste USA. Pouvoir regarder ce qui se brasse (théâtre, danse, peinture, cinéma etc.) en Italie, en Espsagne…Mais où voir cela ? Consultez l’horaire de télé : un peu d’ici, du français sur 6 ou 7 chaînes et 25 canaux et plus d’anglo-américains ! Sur ce sujet, la belle niaiseuse de Maréchal me criait : « Quoi Jasmin, on est en Amérique, on est pas en Europe ! » Oser parler ainsi à l’heure des satellites partout, de l’échangisme mondial, des rubans transportables et rapidement décodifiables ?
Vu aussi, toujours sur Artv, le romancier Philippe Djian. Célébré par son célèbre roman (mis en film) « 37. 2, le matin », il frappera un certain mur par la suite, se livrera alors à de la…porno (!), disant à l’écran que « c’est de la merde ce qu’on trouve dans les sex shops » (!). Ajoutant « qu’il est très difficile de produire de la vraie porno ». Mon Dieu, quelle noble tache mon Philippe D. !
Souvenir : je tentais, en 1985, sur TQS, d’animer un talk show sur les livres et ce jeune célébré, Djian, en studio, boude, joue le désintéressé, me bat très froid quoi. Malaise total alors. J’en garde un cuisant souvenir. Un « p’tit frais chié de Paris. Point final. Plus tard, le Arcand cinéaste —un mauvais jour— lui aussi, affiche des airs de grandeur et de mépris souverain pour l’émission en cours. Djian sépare nettement érotisme et porno. On saura pas les frontières…fines des deux domaines. Le « pas de sentiments » en serait la loi.
L’interview sur Artv se poursuit et ça jase sur l’obsédé Ouellebec (avec « Particules élémentaires » et « Plateforme ») et la copuleuse bestialiste, Catherine Millette. Enfin Djian parle de son petit dernier, « Ardoise », qui raconte sa gratitude envers des auteurs « premiers » chéris : Kérouac, Cendrars, Henry Miller. Il dira : « Voilà, j’avais envers eux tous, « une ardoise », une dette, j’ai payé. Aile me dit alors : « Ah ! comme toi avec ton « Je vous dis merci ». Pas tout à fait, je remercie, moi, non pas des littérateurs qui m’auraient marqué, mais des gens généreux de mes humbles commencements.
5-
Vu « Fortier » hier soir. Aile y tenait. J’aurais pu aller lire à l’étage mais j’aime rester près d’elle. Encore, j’en ai parlé, la démonstration, « farouche » chez Larouche, que 1- « la femme » est la seule brillante parmi le policiers mâles. 2- Et que « la psychologie » est le seul moyen pour solutionner tout. Comique non ? Ce féminisme (inconscient ?) joint à la louange du métier de l’être aimé. Rigolo, oui. Le texte était mal « économisé », confus, sans rythme solide, avec un temps massacré, la réalisation suivait, mollement voyeuyriste, complaisante, sans chronologie claire. En somme un amateurisme bien dissimulé dans une facture (fabrication ?) habile, moderne, aux effets sonores efficaces. Discussion sur « contenant » dynamique et faible « contenu » à l’horizon ? Non . Pas le temps.
Vu aussi la fin de la série « Tabou ». Pour cette saison. Tout revient si tout lasse et tout casse ! Bonjour les accros ! ce « Tabou »,,c’est des allures modestes, pas du tout « gros chiard », pas prétentieux. Louise Portal, Germain Houde, Claude Léveillé —acteur habile souvent— offrant de bons jeux. Visite au Nicaragua ! Téléfilm-Canada —nous tous quoi— est riche. Bof, payé en pesos, non ?
6-
L’autre soir, Paul Arcand, à TVA, tisonne (!) Gabrielle Lavallée, devenue manchote par l’opération à froid du Moïse québécois. Un capoté vicieux, dominateur de filles abusées, G. L. fut une victime d’inceste, enfant. Un dérangé mental mais « qui a un gros quotient intellectuel » affirmera sa proie ! C’est une des nombreuses sottes épouses du polygame, malade mental, Roch Thériault, alias « Moïse ». Inyerné, il sortira de sa prison du Nouveau-Brunswick, c’est probable, un des ces prochains jours ! Malgré ses menaces de mort à l’endroit de cette Gabrielle selon ses dires.
La justice d’ici est ainsi faite. Compassion sans fin pour les désaxés…jusqu’à ce qu’ils récidivent. On en a vu un cas (pédophilique) récemment. Folie ! Une confession télévisée pitoyable. Arcand, stupéfait avec raison, se tait parfois. Il cherche, comme nous tous, à comprendre cette grande niaise qui aurait dû prendre ses jambes à son cou et fuir le monstre. Elle dit : « un grand charisme, il avait ! » Ouen ! Le masochisme est un gros mystère humain !
L’ex-martyre du fou parle vite, a une diction curieuse, affiche un vocabulaire primaire mais, soudain, sort des mots savants. Elle est allée en cure, en thérapie, sans doute, et emprunte maintenant au vocabulaire des psys. Elle avoue une jeunesse de cauchemar, elle sort d’un gouffre, d’un abîme grave, et tout cela vient d’être mis en film. C’était couru. Un cinéma plus ou moins « non-fictif », qu’on verra bientôt avec l’excellent Luc Picard en gourou psychosé.
7-
Je ne fume plus. Aile en bave davantage que moi. La faiblesse de « la » femme ! Je la taquine. Elle ne rit pas. Déception avec cette École-Bouffe parfois. Faisan…viande dure, hum…pigeon, pas de viande du tout, de la peau et des os, leurs « osso-bouco », viande sèche. Aile pas contente ! Moi, énervé. Je dois être prudent et ne m’y connaît pas. Hier, très bonnes bavettes d’aloyau. Bonne sauce. Bon goût. Ouf ! J’ai la permission d’y retourner. Eh oui, c’est la « dragée haute » avec mon Aile, je ne vis pas avec une Gabrielle L. Si j’osais vouloir lui couper… un seul doigt, même le petit…elle m’arracherait les yeux et vite ! J’aime pas les filles masos, alors.
Enfin, rentrée de chèques, hier, de TVA. Pour Jocelyne Cazin et mes topos-débats chez Bruneau. Ça fait du bien. Envie de m’acheter de nouveaux pinceaux. Des gros. Et des litres, oui des litres, d’acrylique, bleu, jaune, rouge, blanc, noir, sortir beurrer (barioler) ces vieux stores qui traînent dans ma cave. Je m’ennuie de peindre. « De la peinture ? », dirait Aile et elle me dira : « Bien. Bon, regarde, tout s’écaille, il y a les balustrades, les planchers des galeries… » Et elle aurait raison. Bientôt, je vais m’y mettre. Dire que je rêvais tantôt de peinture dans le sens riopellien du mot !
Au Salon de Trois-Rivière, dimanche, il y a eu discussion vive à propos de la dictée « à pièges » du golfeur, chanteur et brasseur de malt, le « guadéloupéen » sympa, Robert Charlebois. Des « pour » et des « contre ». On s’agitait sur scène, Jacques Laurin, fier et noble, gardait ses distances. Une sobriété de vieux garçon bien élevé. Moi, le dictées farcies de pièges, je suis « contre » mais j’ai gardé le silence dans la salle.
Une maîtresse d’école (retraitée, elle l’a spécifié) a bondi à un micro libre en écoutant un Léandre Bergeron, boulanger à ses heures, affirmer qu’il faut se méfier des dangers de montrer aux jeunesses que le français c’est un tas de difficultés, des entourloupettes rares, des pièges à cons. Des exceptions folichonnes, etc.. La demoiselle en gris-fer, raide et bien fâchée, était furibarde ! Ensuite, silence de mon Bergeron, prudent et souriant. On ne réplique pas à Jeanne D’Arc. Bravo !
Rêve dans ma chambre d’hôtel rue Hart, samedi. Je suis dans une sorte de club chic, un « Iberostar », quatre étoiles, comme celui connu l’an dernier en République dominicaine. On nous conduit, sages touristes, à un lieu vénérable, c’est marqué « Muséum » dans son fronton de pierre ruinée. Le guide nois mène aux caves. Plein de musiciens. Du jazz, des airs sud-américains aussi. Boisons. Rhum surtout. Je bois un peu. Fumée partout. Lumière rare. Je cherche Auile. Disparue. Enlevée ? L’amie, M.-J., sort d’une pièce et me saute dessus ! Ma surprise totale ! Elle rite, se moque de ma pudeur. De ma retenue. « C’est congé, fête, vacances quoi, dit-elle ». Je reste figé. L’attitude du refuseur digne. Elle tente de m’embrasser. Je me sauve d’elle. Dédale fou dehors. Petites venelles louches. Je suis perdu et soudain, miracle des songes, je retrouve notre « Iberostar ».
Ouf ! Aile est à une terrasse du vaste hall de plein air, elle boit un jus de fruits. Je lui raconte l’incroyable assaut de sa chère et fidèle amie. Elle ne me croit pas. Je me réveille.
Toute cette fumée… mon manque de nicotine…cause de ce petit délire ?
8-
Vu ce Salman Rushdie (à Artv)nparlant de son nouvel exil : Manhattan. Il dit : « attirance et répulsion à la fois ». Une facination, non ? Il dit : « une jalousie universelle sotte envers New-York que toute cette littérature actuelle. » Laquelle ? Celle publiée dans les grottes des taliban ? Il ajoute : « une envie maladive face aux USA ».
Franchement !
Jacques Chirac avait fustigé cet auteur au tempos de son livre illustrant le prophète Mahomet en satyre dégénéré. Moi aussi, je jugeais qu’il était facile de ridiculiser une croyance, un chef religieux reconnu mondialement. De faire des Jésus en homosexuel ou en sado-maso et quoi encore ? Je regardais son visage de…satrape, son faciès de fouine pas clair de nœud —eh oui, juger sur le physique c’est donc pas beau, hein— je continuais à ne pas estimer ce grand voyageur qu’on a montré longtemps comme un « terré », une victime de l’Iran sauvage des intégristes. Rushdie publie une sorte de polar (sauce, peut-être, Umberto Eco ? L’hyper-cuistre qui aime pas voir le populo en musées !) et Salman va guetter les échos. Il s’est exilé au cœur de l’argent et du pouvoir, en nouvelle « Roma », alors ma méfiance augmentée. On verra bien ce que cet arbre, encore une fois déraciné, volontairement, donnera…
8-
Pivot dixit : « la francophonie, ça fait ringard et il y a trop de pays si peu français dans ce vaste club… » Badang ! Dans L’Express, un édito que je résume : « La France, pas unie comme avant, trop de religions, trop de protections spéciales, trop d’ethnies en ghettos, refus de s’intégrer comme jadis, fracturée la France, émiettée, avons nostalgie de la bonne vieille république uniforme de jadis avec ses seuls mots : liberté, égalité, fraternité,… »
Eh b’en ! Rapprochement à faire partout. Ici comme ailleurs. Peur aux USA de l’espagnol qui monte ! Fin des pays univoques, début de tous les brassages. La dictature (!) des majorités, de la multitude, mise à mal désormais ? Nous sommes 84 % au Québec, non, pas vrai ? Et entendre : « pis ça ? » Place aux droits de chacun. Mosaïque totale ? Savoir qu’en France aussi, des hommes de gauche se posent des questions. Ravage des « chartre de droits » —avec, jamais, aucun devoirs collectifs à respecter— oui ou non ?
M’intégrer à la majorité, moi, dit le nouveau venu …Pourquoi ? Votre pieuse et révérée chartre me protège. Je n’émigre pas vraiment. Je reste ce que j’étais…Exil ou non ? Où ai-je mis mon kirpan ? Voyons…
8-
Tu as donné un 5 piastres à un parti politique. Disons un 5, au P.Q. Tu vaux quoi ? Une corporation (de pub) donne 195,000 $, elle. Elle vaut quoi ? Mieux que toi, petit tarlais ! La compagnie fera des profits : un million et demi en bel argin, viande à chien. « Group’Action » c’est de l’argent bien placé. On fait des copies d’un même rapport sur « comment bien tapisser arénas et amphithéâtres de drapeaux unifoliés… »
Et on m ramasse la mazoune. Un scandale. Qui restera lettre morte ? On va bien voir. En réalité, tous les politiciens se tairont peut-être. Et les journalistes aussi. Connivence. Ils sont bons copains aux restaus des parlements. Quoi, c’est la pratique courante. Partout. Au P.Q. comme chez le petit Mario ? Partout. Il y a les gros, les moins gros mais, partout, c’est ce rackett.
C’est passe-moi le sel, je te passerai le poivre. Après ça, on verra des rigolos surpris : Mon Dieu, où va la démocratie, les gens vont plus voter ? Mon Dieu, le public méprise les hommes politiques, c’est malsain ! Gauche, droite, libéral, conservateur, un seul club. Celui des favorisés. Quoi, tu donnais un petit 5 à un petit parti ? Tu vaux rien.
Un scandale actuel ? Récemment, la firme diabolique « Enron », l’enfer des fourbes et des spéculateurs avides, qui trompent les petits spéculateurs niais (ses travailleurs salariés candides), aux USA, montre le scandale des scandales. Avec des « arrosés » au Sénat, à la Maison Blanche.
Effroyable…et le temps passe…Le silence se fait.
Dehors, la clarté. Je vais aller arroser mes bosquets, tiens. Les laver de l’hiver.

Le samedi 16 mars 2002

Le samedi 16 mars 2002
À CŒUR OUVERT
1-
Merveilleux moment chez Rioux-Cuillierier hier soir, rue Hutcheson, quand le couple a déployé devant nous une longue reproduction du « Rosa Luxembourg » de Riopelle qui vient de trépasser ! Je voulais démonter que ce n’est pas du tout une murale mais une juxtaposition de tableaux sur un même thème.
Grande beauté tout de même, suspendue aux quatre mains de os hôtes dans la salle à manger. Ces oies blanches aux contours soufflés, évanescents, par bombes… aérosols nous disaient : il est mort maintenant ! Un « in memoriam » de circonstance dans l’appartement chaud de Pierre-Jean. Chaud car encombré, bohémien, pas « design » du tout, Dieu merci, avec souvenirs aux murs sur des tables, caravansérail, foutoir visuel qui me convient tout comme chez les Sabourin, rue Clark, —présents hier soir, Diane et Jean-Guy S. furent entraînés dans un débat fou. Aile présidait notre débat. Thème survenu je ne sais plus comment : l’homosexualité, inné ou acquis ? Gène ou effet de culture ? Carole R., une psy, thérapeute émérite, se mit en frais de démolir, à Aile et moi, notre conviction que l’inversion sexuelle viendrait du bagage génétique, (pas une orientation due à la mère « qui voulait une fille », ou au père désirant aussi « une fille » et, encore moins, un choix), mais une fatalité de naissance.
Les arguments volaient dans l’odeur du bon café… après les bons jarrets de veau —recette de « calcination modéré » exotique— et rizoto avalés, arrosage de gorgotons avec bons vins rouges.
La présidente autoproclamée, Aile, plongeait volontiers dans le débat. Mon bonheur, on sait comme j’aime la polémique ! On s’enflamme. Trois pour l’ « inné » (Diane, Aile et moi ), trois pour « l’acquis » (P.Jean, Jean-Guy et le « docteur-Carole ») ! P.-J., volontiers « basique » court cherche un dico. Le ton monte. Injures en bordure. Frontière d’intolérance verbale. Des cris ! Piques et horions! Moi et le « Spooner » on finit par dire : « peut-être ». Voilà la bonne position. Si les chercheurs (CALIFORNIENS) en chromosomes déclarent bientôt: eureka !, c’est un gène l’homosexualité, on s’inclinera tous les deux. Si l’on conclut :c’est de l’acquis, c’est culturel, on s’inclinera aussi. Chercheurs cherchez !
En fin de soirée, les trois couples racontent la crainte des visites des voleurs : à l’Île Dorval (Oh !), les Sabourin, dans un rang au sud de Sutton, les Cuièllerier, à Sainte-Adèle, Aile et moi. Des petits bourgeois « à résidence secondaire » quoi, et qui craignent les vandales.
2-
Jeudi soir, bouffe à « La sirène » avec Josée, revenue de Salt Lake City sans compagnon… mormon et qui s’inquiète beaucoup d’une grève menaçante à la SRC (vote samedi, aujourd’hui). « J’ai besoin de tout mon salaire ! » C’est un vaste restau aux lumières à pleines salles (comme en Italie, ce qui nous surprenait, Aile et moi, en ’80) ! Proprios ? Des Grecs. Fruits de mer variés ! Pas trop chérant, rue Jean-Talon, à l’ouest de Rockland, —tout proche de notre pied à terre du Chemin Bates— ce « La sirène » offre de la pieuvre. Miam ! Un régal ! Mieux que les calmars, moins caoutchouté ! Clientèle de Ville Mont-Royal, beaucoup d’Israélites, Syriens, Grecs, Libanais, etc. Beaucoup de vieillards, femmes et hommes, silhouettes de richards calculateurs…Des enfants en masse. Un lieu animé, je vous jure. La fédéraste Lysiane Gagnon de La Presse s’amène. Raideur. Josée et Aile : « vous vous saluez pas, rien ? » Non. Ça pourrait mal tourner.
Un voisin de table fume, comme moi, des More au menthol, paquet vert, clin d’œil de connivence. Puis, debout, le fumeur : « Content de vous voir. J’admire votre franc parler. Bravo ! » Autre voisin : le riche Pédégé de Sogides, Pierre Lespérance. Nous causons un brin près du péristyle en rotonde à la décoraton « flashy » greco-moderniste. Souvenir :sa soeur , S., béguin fou, baisers volés —La jolie S. va à l’école de cet hurluberlu de « monsieur Tudon » (voir « Je vous dis merci »)— caresses derrière la gargote de papa. Nouvelle flamme quoi…—me voyez-vous beau-frère du Pédégé-Crésus aujourd’hui, éditeur important— et l’idée de changer de « blonde » mais la « fiancée » du moment surviendra : « Je suis enceinte, je sors de la pharmacie. » Oh ! Enterrement rapide du béguin en gestation, éloignement de cette …sirène… et réservation d’une date de mariage et vite !
3-
Avant « La sirène », suis allé dans le nouveau-Rosemont visiter ma quasi-jumelle, Marielle. Un plein sac de livres lus. Son contentement. Son Albert —sors-moé donc Albert— en forme. On croque des rouleaux de chou chinois, un Pernod, mon ancien « drink » familier, on regarde des photos du « Picola » où l’on fêtait Marielle en janvier. Offre d’un classeur à quatre tiroirs. Deux heures de jasette ad lib. Aile est à ses courses ave sa vieille Jetta.
Quand je quitte leur rue Ephrem-Longpré, l’horreur : miroir dans l’escalier, sur le trottoir, dans la rue, glace sur les autos, verglas partout. Gratte, gratte, gratte, et je finis par repartir vers « La sirène ».
Jeudi midi, courriel du Cardin qui veut raconter « son » Ahuntsic, il a découvert les J.N., l’« à coeur de jour » :
« Des parcelle de vie charmantes, l’impression d’être votre voisin, votre ami, quelqu’un qui partage votre vie » Justement ce que je voulais, ce que je souhaite. Content. Cardin me remercie encore de l’avoir secoué, encouragé, fouetté ( pas méchamment) et lui qui s’était dit « en panne », voilà qu’il m’imagine maintenant présent à son lancement. Parlez-moi de ça ! Une dame Tremblay, journaliste et mère de famille, voudrait mon aide en vue d’un bouquin où elle va défendre le beau rôle des femmes qui décident de « rester à la maison », d’élever des enfants. Je lui explique que je déteste jouer ce rôle de tuteur des écrits d’un autre, que je n’y crois pas du tout. On a le « virus » d’écrire ou on l’a pas. Il faut se jeter à l’eau. Riopelle, le fou de lumières (de couleurs, c’est la même chose )déclarait : « Un virus, la peinture, une maladie, on attrape ça et on n’y peut plus rien » . Vérité.
4-
J’ai débuté, excité, la lecture du « Journal » de Françoise Giroud, l’année 1995. Déception. La célèbre journaliste parisienne ne s’y révèle nullement. De jour en jour, elle ne fait que commenter les actualités lus dans les gazettes. Et rien d’autre. B’en ! Cela devient un livre de réflexions, d’essais brefs. Ce n’est pas cela un vrai journal. Il doit y avoir aussi des « entrées » où le diariste doit nous faire voir sa vie ordinaire, les éphémérides de son existence sinon c’est autre chose. Pas un « journal ».
Vu un autre épisode de « Tabou ». Portal et Houde y jouent fort bien. Mais…il n’y a qu’une seule intrigue, cette mètre qui est obsédée par sa fille portée disparue il y a sept ans. Alors ça piétine, c’est redondant , c’est répétitif. Excellent sujet pour « une » émission, un film. Pas pour un machin à épisodes !
Vu aussi un épisode nouveau de « Fortier », série à enquêtes policières où un limier féminin est aussi psy. Cette femme, apparemment un peu bêta, gourde, trouve toujours, seule, les tenants et les aboutissants des crimes en cours. Elle est la seule brillante de la station de police. Les camarades du détective Fortier —l’intuitive géniale—sont tous des hommes plutôt bornés.
Farouche Fabienne, ainsi, sublime son féminisme ?
Et aussi la psychologie !
Son compagnon de vie, c’est très publicisé —par exemple, elle l’a amené, chez Arcand— est un psy ! Ça me fait rigoler, savez-vous !
Sa dernière histoire, celle d’une fausse timide, infirmière ou laborantine, frêle d’allure, grande maigre quoi, névrosée, psychosée même, qui tue plusieurs femmes enceintes, —quelle vigueur !— qui arrachent les fœtus des ventres, est tarabiscotée en diable ! Du Stephen King dévoyé ! « Monsieur Larouche », le psy, la conseille-t-il bien ?
5-
Un certain « ex-gambler » repenti, Raynald Beaupré, se soignant de son « vice du jeu », écrit partout qu’il est inquiet de ce nouveau patron de Loto-Québec. L’ex-pédégé de la Régie des alcools, passé de la « dive bouteille » au vice du jeu étatisé, annonce qu’il veut diminuer les offres au « gambling », qu’il va réduire le nombre de machines maudites, qu’il va donner plus de secours aux compulsifs… et autres vœux pieux face à cette organisation maléfique, scandaleuse, qui rapporte plus d’un milliard de belles piastres aux coffres de l’État. Hypocrisie rare !Il n’y a qu’une vérité : l’État profite de cette « maladie ». 30% des profits venus de 2% des « gambleurs » maladifs. Point final. C’est un État-mafieu. Point re-final. C’est l’État maquereau. Une maquerelle publique qui veut se travestit avec des allures de bonne dame « patronesse » digne ! Allons !
Conte bref, intitulé : « Donnez-moi de l’Oxygène ! » Claude Roquet (de Investissement Quebec) avertissait la ministre Marois : « méfiez-vous des démarcheurs chez « Oxygène 9 ». Là où régnait un ex-petit-copain du pouvoir, un ami intime du ministre « pleureuse », le Gilles Baril démissionnaire en larmes ! Questionnée à l’assemblée nationale, Marois ne confirme ni n’infirme ! Oh la la ! Un conte noir. Les amateurs de subventionnite aiguë —avec % aux démarcheurs— doivent rire sous cape.
Et voilà le maire Gérald Tremblay, ex-défusionneur— élu par les blokes effrayés, pris encore (déjà !) dans un deuxième tipatouillage-à-favoritisme ! Ensuite on entendra : « Danger pour la précieuse démocratie ! Les gens n’ont plus aucun respect, aucune estime pour les élus ! » Ben !
Comme on entendra : « Faut pas attaquer le monde religieux. C’est important dans une société la spiritualité, vous savez ! »
Ensuite ? On lit qu’un juge californien (Sans Francisco), David Garcia, remet en liberté un prêtre catho accusé de 224 accusations de pédophilie. « Ça fait si longtemps de ça (1965-1980) », dit mossieu le juge Garcia. Le révérend abbé Patrick O’Shea, 69 ans, sortira donc de sa prison où il attendait la « clémence » depuis deux ans. C’est aussi un escroc : vol de 150,000 $ à l’Église catho. La procureure, écoeurée, Linda Klee, déclare que cette libération pourra autoriser l’abandon de 13 autres causes de pédophilie. Elle veut aller « en appel ». On suivra ça !
6-
Un samedi ensoleillé : installation sur nos transat signés « Lafuma », dehors. Je lis le dernier numéro de « l’Actualité ». Un long reportage de Micheline Lafrance. Interviews avec quatre ou cinq auteurs d’origine diverses. Toutes, absolument toutes, ne parlent que de leur pays d’origine, ont publié des histoires de leurs anciennes patries abandonnées, écriront de nouveau sur leurs contrées d’origine, ont des projets pour faire revivre leurs souvenirs de leurs pays d’origine. Une face grotesque. Micheline L. de « l’Actualité » n’y voit rien d’anormal, de bizarre. Pas un seul petit commentaire à ses questionnées, ou questionnement du genre : « Mais ici, maintenant, avez-vous envie d’écrire sur ce que nous sommes, nous, vos nouveaux concitoyens, rien sur le pays québécois où vous allez devoir vous intégrer, veut veut pas,, les chocs, les accords, les découvertes, les harmonies, les différences, les difficultés, les hostilités ou les accommodements, les rencontres fertiles.
Sinistre, lamentable, très attristant paquet d’entrevues. Instructifs aussi : on ne vient pas s’installer parmi nous pour échanger, nous mieux connaître. Mais non, on vient pour mieux vivifier le choc des ruptures. Examiner les blessures de l’exil. Point final. Nous n’existons pas (83% de la population !) pour les Aki, Tecia, Elena, Sonia et Abla ! On se fait subventionner (via les éditeurs aussi) pour raconter par les détails, le territoire fui, abandonné, quitté !
Quelle pénible farce ! Bulgare, Chinoise, Japonaise, Georgienne…toutes, elles pourrait s’interroger dans leurs ouvrages sur « qu’est ce que c’est Québec » ? Non ! Rien ! Pas une seule n’a envie d’écrire sur leur patrie d’adoption, le Québec. Lamentables et « racistes » comportements nostalgiques. Moi, écrivain m’installant disons en Espagne, je tenterais d’écrire surtout, d’abord et au plus tôt sur mon nouveau pays, l’Espagne. Ma patrie d’adoption.
Mais non, les subventionneurs encouragent ces écrivaines émigrées à gratter les vieilles plaies, à ne rien oublier de leurs anciennes racines, et à refuser de s’intégrer. Je dénonce ce cosmopolitanisme vicieux à la mode, oui, je parle de cette sinistre fascination —en médias— à sauce internationaliste. De cette émerveillement de « colonisé. » dans le « Écrire » qui va paraître sous peu. Je craignais que « la chose » soit en train de se corriger et que je serais « hors propos. Non, le long article complaisant et sucré de Micheline Lafrance de « l’Actualité », me prouve que je frapperai dans le mille. Personne pour dire aux Aki Shimazaki, Tecia Werbowski, Sonia Kaleva, Abla Farhoud que nous serions normalement curieux de lire sur leur adaptation québécoise, leurs « arrangements » depuis leurs « dérangements » obligés.
Voilà à quoi on a fini par aboutir avec cette politique —initié par Trudeau le centralisateur qui voulait nous diluer, manigances poursuivies par les fédérats— la propagande du « lécheculisme » multiculturel.