OÙ EST-CE QU’ON IRAIT B’EN ?

Désormais, à Los Angeles ou à Paris, à Montréal ou à Sainte-Adèle….le jeune oisif ( en congé des Fêtes ou en congé des vacances) n’a qu’à presser des boutons sur une manette et il trouve de quoi se divertir. Sans oublier la navigation « universelle » ma foi, sur les innombrables réseaux d’Internet.

Je suis devenu ado après la guerre de 1945, c’était le désert. Les samedis —mais souvent à quinze ans on détenait un p’tt job mal payé— les dimanches surtout dans ma bande c’était un lamento, l’antienne inévitable avec les mains au fond des poches (jamais bien garnies de sous ) : «  Qu’est-ce qu’on ferait b’in ? Où est-ce qu’on irait, donc ? »

Alors, nous allions au cinéma. On nous laissait entrer —« les interdits »— par exemple là où c’est un magasin de meubles, au p’tit Boiler ( on y bout, hein tit-Yves?) sur Saint-Laurent, coin Beaubien. En s’y rendant, à ses vitrines, on admirait les légers vélos importés d’Italie chez Baggio (qui vient de fermer). Ou bien on se rendait au cinéma Empire —le gérant « Passez vite »— juste en arrière de la Gare Jean-Talon.

Chanceux, en belle saison, nous avions souvent ces concerts de musique « live » —de fanfare, de cirque aussi. Bancs offerts tout autour du kiosque du cher Parc Jarry; avec bonnes brises souvent et, pas moins souvent, à fleureter, bien jolies filles de Villeray !

« Qu’est-ce qu’on ferait ? » C’était un si beau si chaud samedi de juin ! Sauvé ! Voici encore une troupe de baladins, pour un show gratis au milieu de la cour de l’orphelinat St-Arsène, rue Christophe-Colomb (et devenu le Patro-Le-Prévost). Grande joie de voir tant de trapèzes, de cerceaux en feu, d’échelles mobiles, de bêtes sauvages, de fouets agités, d’anneaux suspendus et tant de costumes bigarrés.

Bien entendu, il y avait parfois …flâner. Rien faire. Traîner. Nos mères : «  Vos leçons sont bien apprises, vos devoirs…? » Merde, cette scie ! Zut, ces remontrances ! Comment, fuir ces mégères ? Sans hâte, retourner voir les rares animaux empaillés, les vitrines d’insectes —toute cette mort animale— plus que modeste « musée naturaliste » des Clercs de Saint Viateur. Au grenier de l’Édifice pour « Les sourds et muets », rue St-Laurent et De Castelnau; depuis peu devenu un bloc de condos neufs.

Parfois on tentait —vainement— d’entrer au Rivoli (devenu un Jean-Coutu), au Château, au Plaza (devenu studio de télé), au Ritz ou au Beaubien. Difficile : la peur des inspecteurs chez les gérants froussards, que nous maudissions. La biblio publique, hélas, restait fermé les dimanches, point de B-D. Où aller ? Aller sneequer aux funérailles grandiloquentes fréquentes —orphéons bruyants, pleureuses— de nos Italiens du quartier nous lassait. Fiole de rouge pas cher à la neuve Casa Italia ! Y étions « personna non grata » ! Cette Casa voisine de l’église « orthodoxe » où se rendait notre camarade René Angélil (de St-Vincent-Ferrier). Nouvelles tentatives à cette Casa où Mussolini trônait en immense médaillon doré à l’entrée mais le maître d’hôtel bloquait le passage arrière : « Pas de vino, non ! No, les tits-culs et ouste ! »

Maudit verrat où aller ? Redire qu’en ce temps-là, ni web, ni net, pas même de télé Rien !Tiens, « egg-rolls » en vente chez « Vénus » sur la Plaza (pas encore baptisée). En y allant, apercevoir dans la vitrine du libraire Raffin —en 2014, Raffin y est toujours— un nouvel album : « Lucky Luke ». Achat en bande et départ pour lire ça sur le balcon à l’étage chez Tit-Yves. On se retrouve comme dans les branches d’un peuplier géant, forêt au dessus de chez l’actrice Melle. Theasdale qu’on entend à la radio.

 

 

 

AH ! LE TEMPS DES FÊTES

Albina Prud’homme-Jasmin, ma mémé ( côté paternel) nous attendait toute la tralée. Elle habitait Villeray comme nous. Trois coins de rue. C’était une bien « vieille » fée mais nous avions hâte de nous y rendre pour son grand repas décoré du Jour de l’An. Surtout pour les belles étrennes qu’elle nous ferait encore « la môman, (une veuve riche) de pôpa « . La seule authentique « bourgeoise » de nos modestes familles ouvrières.

Papa —endimanché, son long manteau de drap gris, son chapeau de feutre, ses belles guêtres, son foulard de soie blanche, ses gants de « kid »— sortait de la « shed » la grande « sleigt » toute blanche sur ses glisses hautes de tubes métalliques courbés. Un luxe pour les plus jeunes, Raynald et Nicole. Hâte d’abord de revoir le fabuleux grand sapin de « mémeille-la-riche. Pas peureuse comme son fils, Édouard, mon père, les lumières abondaient. Vrai éblouissement dans la fenêtre à vitraux de ion salon. Salon à la cheminée foyer artificiel — où roulait une lumière rouge sous des charbons de verre bleu ! On se pâmait face son arbre archi-décoré : boules de fantaisie, glaçons sans nombre, guirlandes variées, et un ange tenant une lumineuse étoile (de Betléem) au faîte du haut sapin. Fête visuelle ravissante pour mômes pauvres.

Au pied de l’arbre —imaginez nos regards anxieux— immenses boîtes bien scellées, aux papiers métalliques reluisants, aux rubans de soie, avec pompons fleuris. Mystère des cadeaux, toujours fabuleux chez Grand’maman Albina. Elle habitait avec son « vieux » benjamin, l’oncle Léo, cantinier au CiPiAr (C.P.R.), avec la tante Rose-Alba, statuesque —du Maillol— bonne femme. Aussi les deux rejetons, cousine Marthe-la-timide et Jacques, cousin-mutique. Dans sa salle à manger décorée de jolis rubans, c’était…un véritable banquet de gourmets. À la fin, offre de pâtisseries exotiques, inédites pour nous chaque Jour de l’an.

Alors venait un petit moment douloureux pour nous, les enfants, la maudite récitation apprise par coeur à nos écoles. Avec écoute obligatoire des adultes, les pauvres. Au boudoir comme au salon, la soirée se terminera par les inévitables « chansons à répondre » du temps. Ovila le « helper » de l’oncle-des-trains, bouffon dynamique ( sosie du maigre dans « Laurel et Hardy ») chantait (gueulait !). Il s’accompagnait avec son « ruine-babines ». Aussi sa « bombarde, une guinbarde. Oncle Léo osait des histoires un peu cochonnes, mémé fronçait les sourcils: « Voyons Léo ! Les enfants !  » Tard, endormis, on espérait rentrer car on avait hâte à demain et jouer avec ces étrennes. Moi, avec ( une année) ma longue luge (traîne sauvage) de six pieds au beau coussin vert !

Quand cette généreuse « mémeille » mourut, en 1942, le Jour de l’An sera différent, bien plus sobre, « sans arbre illuminé  » à notre logis. Et quand nous seront des « enfants partis », mariés la plupart, on parlera encore de ces fêtes chez grand-maman-la-riche. Ô nostalgie ! Maintenant ? Songer à tous les gens très âgés et solitaires parfois. Souvent « placés’ dans un HCLSD, ou quelque abri-hospice-résidence. Ils guettent une visite…qui ne viendra pas toujours ! Devoir rester seul ce jour-là à contempler des photos, à se souvenir ou à murmurer avec la radio des airs archi-connus. N’oublions pas les anciens. Certains iront à une sainte « messe », ils écouteront les cantiques usés. Ils jonglent celles et ceux (salut Jacques Brel) « qui vont et viennent, du fauteuil au lit et puis du lit au fauteuil » ? J’ai souvent illustré cette mémé-Albina, parler de nos morts c’est les faire revivre. Les ressusciter. Je m’ennuie de cette « vieille fée » ! Du temps achevé à jamais où on se faufilait entre les nombreux tramways,Du temps où on l’embrasait (en grimaçant) cette veuve « en moyens ».

Albina morte, nous avions eu droit à un chalet d’été, avec une grande balançoire, à une chaloupe « verchère » —transformée en voilier avec les draps volés à maman pour explorer les îles au large du Lac des Deux-Montagnes. J’ai pondu 80 demi-heures sur cet héritage ; « Boogie-woogie ». Une série de télé où un élève sortant de Lionel-Groulx, Marc Labrèche, incarnait avec talent « bibi », Ado rêveur. Je me questionne : « Pourquoi Radio-Canada ne passe jamais (en rafale), ce feuilleton qui raconte ces étés à ces « chalets garnis de moustiquaires anti-maringouins » et ces mères « veuves-d’été ? Fameux cadeau des Fêtes, voulez-vous écrire à la SRC ? Je vous dis «  merci », d’avance.

 

AIMONS L’HIVER ?

Daniel, mon fils le valdavidien, à qui je dis  : « Pas jaloux de ta sœur, partie six mois à Palm Beach ? », me dit : « J’aime bien l’hiver, moi, pour la beauté des paysages, pour le ski dans nos collines, pour ses airs de fêtes, pour cette variété saisonnière illuminante. »

Je lui sonne raison. Daniel est en meilleure santé que ma fille un peu fragile, Éliane. Que dorlote son Marco qui est mon webmestre.

Moi ? Je balance Tenté de m’exiler car il y a mon grand âge. Suis pas trop friand froidures. M’envoler alors avec nos oiseaux, hum, ma Raymonde ? Une totale aversion de l’avion. Mon gendre nous parle de « mettre l’auto sur un train », ce qu’il fait, lui. Il y a aussi la crainte de certaines privations, us et coutumes d’ici, s’en passer six mois ? De 1978 à 1988, nous allions en Floride, le temps des Fêtes. Vite, on s’ennuyait, nous étions contents de « remonter ». Pourquoi ? Ma radio, ma télé, mes chers journaux et magazines —d’ici et de France. Avec raison, Marco rétorque : « Désormais il y a l’ordinateur qui apporte tout ça et en quelques clics ». Mais chez nous, l’ordinateur… pas top ! Francophiles ardents nous avions songé à « l’hiver en France-du sud ». Mais des connaisseurs du « midi » disaient : « Où ça ? À Menton, proche de Nice ? Pas bien chaud », là où des adèlois de nos connaissances hivernent. Nous songions au sud-ouest, Cacassonne, Perpignan ? Ces connaisseurs : « Ne rêvez pas. Il faut se couvrir d’une bonne grosse « laine » dès la mi-après-midi. Il y a aussi ce terrible « mistral. Frais et assourdissant ! » Il y avait aussi cette peur atroce de l’avion chez ma dulcinée. Bon, faire aveu :depuis une décennie, nous ne craignons plus l’hiver.

« Avec le temps », cher Léo Ferré, l’hiver ne nous semble plus si long, est « endurable ». Il doit y avoir pas mal de monde qui ne déteste pas l’hiver québécois, non ?

« Hier encore… »…cher Aznavour, j’admirais ce luisant soleil faisant reluire, étincelantes, nos région laurentidiennes. Et on sait bien désormais se vêtir chaudement. Ce matin, j’écoute, stimulé, ravi, sonner de ces « Jingle bell » et tant de bien jolies chorales nous égaient. Entendant au 98, 5, —salut à toi, l’ ex-camarade Paul Arcand !— l’inévitable « a-des-té-fi-dé-les », j’ai chanté avec ma radio et me suis souvenu de ma mère qui, au logis de ma rue St Denis, suspendant haut son fer-à-repasser, écoute les yeux mouillés « La Charlotte prie Notre-Dame », incroyable mélo larmoyant de Marie Dubas (écoutez ça à google).

« Ma bonne mère », cher Pagnol, malgré sa trâlée d’enfants, chantait toujours, oui, Fabien Thibault ! Ma Germaine n’avait pas le droit de songer à la chaude Florida, vissée qu’elle était à son modeste logis.

En passant, suis ébahi (un enfant ?) de tant de lumières multicolores dans nos arbres —merci m’sieur l’maire !— aux façades des commerces, de nos demeures. En 1940, rue St Denis, m’sieur le riche notaire Décarie avait, lui seul, dans son parterre un bel arbre de lumières ! Je me suis rappelé aussi, à Miami, à Fort Lauderdale, de ces fausses neiges de plastique aux fenêtres avec leurs « joyeux Noël », en français. Ô nostalgie cocasse de nos exilés!

En profiter chers lectorat pour vous souhaiter un très beau jour de Noël !

MES «’TITES » BÊTES ET LES LUMIÈRES NOËLLESQUES

Avec les premières neiges sont tombées, on découvre parfois des pistes. Allant couper des branches (de cèdre) apercevoir des traces fraîches… on se sent redevenir chasseur, coureur des bois, sauvages à l’affût. J’en vois partant du dessous du long escalier qui s’allongent sur notre terrain vers le vieux saule du rivage. Ma marmotte ? Elle dort pas alors ? Mystère. Ou est-ce le passage d’un lièvre, d’un renardeau ?

L’autre matin allant vers nos boites postales de la rue Richer, encore des pistes filant de ma rue Morin ( nommée jadis « Route Rurale No.Un »), vue de pistes chez Simony ! Ma mouffette ? Pourtant disparue de sous le perron d’en avant ? Tout jeune et amant tant écrire, j’avais composé une nouvelle :« Où vont les « ch’faux » la nuit ? » Je suis d’un temps, cher Azanavour, que les jeunes de moins de 20 ans ne peuvent comprendre » car il y avait des tas de chevaux. Laitier, boulanger, épiciers, etc. Tout se livrait avec un cheval !

En tous cas, on le sait tous, les chats n’hibernent pas comme les ours, aussi mon joli «  noiraud », vif comme panthère, rôde derrière le IGA-Jasmin. Vagabond frénétique que je frôle —à faillir l’écraser, à, chaque périple —aprèsmidien— vers mes piscines de l’Excelsior. Autour de l’École Hôtelière, d’autre quadrupèdes m’apparaissent comme éclairs poilus : maigre chat gris, obèse marcou tigré, désossée chatte orange toujours enceinte ! Mon somptueux angora, lui, semble me guetter quand je descend vers la 117 de la rue Archambault… Ah cette rue, chaque fois, je tente de me remémorer où habitait le poète et ambassadeur, Robert Choquette, aussi feuilletoniste à la télé (« La pension Velder »). Ce zélé souteneur du « Centre d’art d’été » animé par la fille du docteur Rochon me tutérisait. Y étant engagé, il m’offrait des baignades chez le multimillionnaire Bronfman (toujours parti en croisières). Il avait la précieuse clé du grand bain. Sa précieuse fille s’amourachant de moi, ce fut la fin des baignades. Crainte que sa belle héritière aille trop loin avec ce vulgaire « fils-du-peuple ». Rions-z’en !

Je ris aussi en découvrant que mon amour n’abandonne pas un certain romantisme noëllesque car la voilà qui m’implore : « Sors les décorations de la cave, sors nos jeux d’ampoules multicolores, fais-moi un peu de décoration. » Docile, j’ai installé la couronne à la porte d’entré et puis des jeux de lumières au sapin du jardin. J’ai mis aussi des mini-ampoules dans des maisonnettes d’argile trouée sur un buffet. Enfin, me voyez-vous, à mon grand âge, juché sur un escabeau pour garnir cadres de portes de branches de cèdre munies de ces p’tites lumières ? Il y eut étourdissements et danger de chute —ma hanche opérée se re-casserait ?— mais quand on aime hein ? Avant de monter au dodo, c’est son « Oublie pas mon chou de fermer toutes « tes » lumières ! » Ouaille !

Ce matin, de nouveau, émerveillés tous les deux par cette brillante lumière solaire sur la petite plaine blanche, le lac. Bientôt m’sieur le maire ordonnera à ses services la pose des anneaux circulaires, pour marcheurs, skieurs de fond, aussi les deux patinoires, aussi de ces bancs sur l’eau gelée, pour nous tous, la Secte des adorateurs de l’Astre!

Pas moins romantik-cul-cul q’elle, je me surprend à entonner les sempiternelles musiques du temps des Fêtes : Beau sapin, Petit tambour, Sainte Nuit et je songe à Germaine, ma mère morte, chantonnant « Petit papa Noël » avec son cher Tino Rosi. Chez moi, mon papa, membre du Tiers-Ordre, archi-pieux et peureux, ne permettait aucune lumière : « Danger d’incendie ça ! » Pas l’arbre « des lumières du nouveau solstice », nous n’avions au salon qu’une vaste crèche avec tout le monde nazaréen peinturluré; « Peuple à genoux » et attend ton rédempteur ! »

MON VILLAGE CHÉRI !

J’aurais jamais cru cela : que je m’attacherais —après quelques décennies à Ste Adèle— à ce point; c’est rendu que je déteste retourner à Montréal, la métropole ! Vendredi dernier, bien obligé (mon éditer XYZ) d’aller Au Salon du livre. Je tempêtais dans ma Honda et mon « chauffer privé » —une femme dont je suis fou— en rigolait. Mais je sais qu’elle est comme moi et que de… «  descendre en ville » ne la réjouit plus du tout.

Ce « Saloon… » à la Place Bonaventure, ouf !, quelle belle grande fête hein ? Illusion car les gens lisent de moins en moins, hélas, une sale vérité souvent niée tant on refuse le fait. Il est têtu pourtant : le monde ne lit plus. Les cinq chers petits-fils du « grand écrivain » ( Louis Cornellier dixit) ne sont pas « des gens à livres ». Ils « très » branchés et foin du papier imprimé et relié. C’est : Vive le Web, vive le Net, google, wikipédia et cie ! Vive l’ère de l’électronique, y compris ses jeux. Quand la pub du Saloon dit : 150 000 visiteurs, comprenez bien qu’il s’agit d’un infime minorité de Québécois car de St Jérôme à St Jean Iberville, vivent 3 millions des nôtres !

À mon kiosque XYZ, néanmoins grand plaisir d’y recevoir quelques chaleureux « fans », dont pas mal d’adèlois ! Ces chaleureux sont venus me serrer la pince, bavarder et m’encourager parfois en se procurant ce « chef d’œuvre » dont parlait « Le Devoir » en début de mars: « Anita, une juive numérotée. » À ce propos, dimanche, au Saloon, Place de l’Agora, l’on m’organisait une sorte de débat entre Dame Ravary, ex-convertie aux juifs Hassidims, et l’éditeur et auteur, Vanasse. Ce dernier publie un bouquin de sa généalogie, cela jusqu’à des ancêtres juifs en Hollande (les Van Hasss), même en Pologne ! À la fin, du petit « show », une vieille dame —de confession juive— est venue aux micros pour m’agonir d’injures (si j’en crois une jolie guide qui en riait). Le malentendant que je suis devenu n’a rien compris, voulant savoir, on m’a dit que « la madame » était toute confuse dans ses griefs, peu claire dans ses horions. Mais la chroniqueuse de Journal de Montréal, Dame Ravary, doit savoir quand elle vante les meilleurs rapports désormais entre sa chère secte et nous (à Outremont sinon ici, à Ste Agathe) que je m’en attribue volontiers les mérites. En 1988, il y a 25 ans, quand tous se taisaient, rectitude de cons, j’ai protesté dans l’hebdo d’Outremont face à un vrai racisme juif. Je fustigeais l’écœurant racisme des orthodoxes juifs. La Ravary a raison, leurs chefs ont compris et ils changent assez vite, une des leurs deviendra même candidate aux élections !

En ce moment, mardi matin, je vois le lac tout proche qui va se figer. Pour des mois. J’observe de la fenêtre de mon petit bureau une virtuelle glace, c’est de l’ardoise, mi vitre, mi pierre, vaste miroir d’un noir d’enfer, recouvert d’une espèce de glauque pellicule. Ça y est, c’est l’hiver qui entre. Il va vraiment neiger. Alors, spectacle magique réjouissant, sur la glace du lac, les samedis, les dimanches ensoleillés, on viendra nombreux. Les promeneurs sur les anneaux balisés vont venir tourner dans la lumière « la plus belle de toute la planète ». Oui, la science l’affirme : au sud, ils n’ont pas cette beauté lumineuse. Ni en Floride, ni aux Antilles. C’est chez nous, par ici, la luminescence vibrante… vive le boréalisme ! Cette luminosité éclatante s’en vient donc, dire merci alors aux millions de millions de cristaux de neige qui la reflète. Ah oui, on se baignera de lumière très bientôt, accompagnés de belles compagnes. Parfois avec, en laisses, les plus jolis spécimens de la race canine. Enfant, j’aimais l’hiver, ses jeux, forts, labyrinthes, traîneaux, patins et skis— vieillard, j’aime de nouveau l’hiver, pour sa lumière.

 

 

CHÈRE « TABLE-DE-CUISINE » !

Le lieu par excellence pour communiquer, non? Entre frigo et cuisinière. Ce meuble fut « central » longtemps dans les téléromans. Jeune, nos vies tournaient autour, un, du lit ( oh!, dormir) et, deux, de cette chère table (Ah!, manger). Manger ?, oui et aussi faire nos devoirs, étudier nos leçons. Ne pas oublier : pour jouer en famille les —toujours trop nombreux— jours de pluie. Support à quatre pattes, indispensable, avec ses chaises tout autour.

Cette cuisine, ce lieu comme sacré, si précieux pour nous « tenir » ensemble, la famiglia. Table vénéré pour les congés aux les jours de mauvais temps, tempêtes d’hiver ou jours de pluies —fines ou torrentielles. Horrible empêchement d’aller jouer dehors certains samedis ou ces dimanches tout gris aux nuages menaçants d’ondées, jours à la lumière chétive, rare.

Alors, soudain, maman nous apparaissait —sans son tablier— pour nous inviter à la table-de-cuisine. Elle avait sorti, excitation de tous, les jeux de société. Il y en avait toute une pile au haut du placard de sa chambre.

« Au jeu ! Au jeu, les jeunes ! », s’écriait-elle. Cela nous stimulait, d’abord la vue de ces « jeux de table », aux boites colorées. Ces joutes avec exclamations, cris et rires —rivalités de surface aussi— nous réjouissaient. C’était, assis en rond, des sorties bienvenues, l’échappatoire béni, des heures d’ambiances joyeuses. Vive les jeux aujourd’hui ? Venu à mon magasin de L’École de l’Hôtellerie, rue Lesage, je rencontre un ex-camarade, brillant réalisateur de télé ( Jean-Yves Laforce) et il me confia : « Difficile de réunir les enfants grandis, ce qui nous a aidé ? Les jeux de société. Nous bavardions alors, réunis enfin autour de la table de cuisine. » Laforce ajouta : « Les jeux inventés par ton fils, Daniel, y contribuaient ! » Oh, fier le « pôpa » de l’inventeur de jeux, savez vous ? Oui, je vais en profiter pour faire une annonce commerciale : Ces temps-ci, Daniel Jasmin —en prévision du temps des cadeaux des Fêtes— fait installer en magasins son nouveau jeu « Défi chronologique ». Il me l’a fait testé et j’ose: amusement garanti. Son jeu, « Défi chronologique » est aussi fort instructif et d’un récréatif stimulant.

Il y a un rival : les jeux électroniques ! Qui sont plus stressant et utilisables en solitaires bien souvent, contrairement au jeu de type « Défi chronologique ». Avec ce dernier, pas de pow-pow ni bang, t’es mort ! », nulle agressivité à prévoir à la table-de-cuisine. Juste du bon et agréable espace pour causer, pour rigoler, pour échanger potins et échos, même pour se livrer aux nécessaires confidences.

«  Défi chronologique », c’est du divertissement humain, sans monstres, sans menaçants extra-terrestres, ni mitrailleurs modernistes, ni fantassins pour totale extermination. Le jeu électronique est un redoutable concurrent certes mais il n’offre pas la —si utile, si humaine— convivialité. La chaude réunion pour les jours de mauvais temps —ou de beau temps. Ce dernier-né tout frais de mon fils a été conçu (cette fois pas pour de jeunes enfants) pour de jeunes adultes. Et aussi pour de vieux adultes (comme moi).

Évidemment, pas de comparaison entre ce jeu nouveau « Défi chronologique » et notre chéri tout simple « Parchesi » ! Ou encore avec « Serpents et échelles ». Non, beaucoup d’eau a coulé sous nos ponts depuis nos rires et nos cris de jeunesse, rue St-Denis, à la table de cuisine. Merci table emblématique s’ouvrant avec panneaux pour notre « bande des 9 ». Table magique où maman exhibait des présents à gagner grâce au vieux jeu du « Bingo ». Cadeaux à cinq cennes ! On y gagnait cinq klendakes chinois ou des négresses de réglisse, ou bien des mini outils de chocolat, des boules de coconut. Ou encore des babines, grosse prothèse de cire rouge. Ou à mâcher en gomme-baloune.

 

 

 

VISIONS INOUIES À VAL MORIN !

Certains font 12 heures d’avion pour aller voir ça mais moi, dimanche après-midi, invité par mon Daniel de fils unique, j’ai fait dix minutes de Honda et j’ai vu… Assis —ma canne à la main, chapeau de paille sur le coco nu— dans la chaise offerte par Lynn, ma si jolie bru, au bord de la route à Val Morin, j’étais soudain en Asie du sud ! Que de robes multicolores aux soieries toutes de rouges, d’argent et d’or, textiles d’une richesse folle, que de jupes (aux hommes les pieds nus !), à ce congrès de communautés Tamoules.

Soudain, au milieu des chants et des danses, sur une musique sonnant « araboïde » (!) s’est amené un étonnant char allégorique aux images de déesse hindouistes (?) et qui roule tout doucement, voiture-kiosque couvert de plumes de paon ($), de fleurs inconnues. Mais le sommet de cet très étrange parade : tiré par une camionnette Ford moderne avec une sorte de longue potence où, mimant un oiseau,un Tamoul en pagne, est balancé sans cesse, l’homme est suspendu…oui, oui, par la peau ! Il faut le voir pour le croire !

Quel monde exotique en plein Val Morin ! Les villageois se mêlent volontiers à ces étranges pèlerins venus d’un peu partout à chaque mi-juillet. Ne ratez pas ce cortège l’an prochain. Vous vous retrouverez comme touristes chez vous, un dépaysement garanti ! Le lieu de rassemblement se situe au haut d’une colline et Daniel me soutient pour cet interminable escalier (branlant) qui conduit à un site inconnu de moi. Val Morin contient un vaste « ashram » (?) authentique. Que j’ignorais. Une installation connu des amateurs de yoga, me dit-on où on voit une sorte d’auberge (avec piscine olympique !), divers pavillons. Dont l’un sert d’autel vénérable au fondateur avec, exposé, un petit avion de type cessna fort coloré ! C’est avec son appareil qu’il désigna jadis le lieu pour devenir cette centrale hindouiste.

Le défilé finit par y aboutir avec ses danses et ses cantiques et vous y verrez de très jolies jeunes filles, aussi des dames à cheveux blancs, des hommes recueillis à la peau bistre, aux chevelures d’ébène et tous ces fronts marqués de rectangles d’or ! Vraiment, j’étais très loin : l’Asie du sud au cœur de Val Morin. Souriants, affables, ces visiteurs végétariens (beaucoup venus de Toronto), vous offrent des platées de riz à saveurs inconnues. De joyeux enfants tamouls trottinent, dans un pavillon, il y a une sorte de gras bouddha et file de « receveurs de cendres » (!). Ailleurs encore, un haut parleur diffuse des sermons en langue tamoule. Tout un kiosque sert à remiser vos souliers, vont et viennent les « nus pieds » obligés !

Il m’a fallu redescendre le long escalier en forêt, (ça bat l’Oratoire St-Joseph) et on a perdu ma chaise ! À la terrasse de mon Daniel, bière à la main, j’ai eu envie d’évoquer mes pèlerinages en mars, Chemin de la Reine-Marie, avec mon pieux papa catholique. Nos imposantes processions de la Fête-Dieu d’antan quand toutes nos rues se couvraient de fidèles dévots en marche avec le Saint Sacrement doré, le dais vénérable, le curé catho triomphaliste, et moi dans ma belle soutane rouge d’enfant de cœur, fier comme Artaban. J’avais, dimanche, une certaine nostalgie, j’aime tant les décorums, les rituels. Où sont les défilés religieux d’antan, il n’y a plus rien, mon église a été vendue… en condos !

Ö CANADA, CROTTE DE CHAT !

..et on riait à dix ans dans nos escaliers en tire-bouchon, gueulant : « Terre de nos aïeux, crotte de beu ! Ton front est ceint, crotte de chien ! » On s’amusant de peu. Un voisin est moqué qui arbore notre fleurdelisé, le 24 et puis « l’unifolié » le premier juillet, multi-patriote à pluri- allégeances ? ! Pourquoi pas mettre le « Stars and stripes » le 4 juillet et le tricolore le 14 ? L’étoilé de l’ONU quand ? Or, Fête du Canada, visite à Sainte Adèle-En-Haut de l’un de mes petits-fils, Laurent. Accompagné de trois copains du temps de son UQAM en géographie urbaine. Jordan né en France, sa Paulina , née en Pologne. Et Alex , un célibatant (sic). À six sur la galerie, on cause « ad libitum ». J’en profite pour mieux connaître cette génération dite des « Y ». Lisent-ils ? Vont-ils à leur biblio, en salles de cinéma ou c’est « internet ? » Qui sont leurs équivalents des chers « Vigneault-Charlebois-Léveillée » ? Samian le rappeur, Radio-Radio ?

Les réponses ne fusent pas. Pas trop bavards ou une relative incertitude sur les goûts communs ? Pas d’unanimité, c’est clair. Pendant qu’un trio descend —en maillots— au lac, Jordan reste avec nous et il a de la jasette, se confie volontiers. Fils d’une mère qu’il juge sévèrement —l’abandonnant à deux ans— élevé tant bien que mal par un « père-célibataire » —il voyagera énormément. Bagou abondant. Il vit en basses-laurentides, à Saint-Eustache avec sa Paulina. Très politisé et informé de l’État du monde, ce brillant locuteur se découvre en pessimiste. Lucidité étonnante pour son jeune âge ! Moi, le vieil « optimiste indécrottable », je tenterai de le conforter : « Il y a l’espoir de la science face à la catastrophe écolo annoncée ? » Jordan : « Non. Pas du tout. Ce monde-là est déjà responsable de tant des malheurs actuels du monde ! »

Ce Boulay philosophe de manière articulée, avec un vocabulaire étonnant, c’est, en pire ma foi, Schopenhauer (qui fut le plus pessimiste des grands penseurs). Sa réincarnation sur notre galerie, à Sainte Adèle ! Un « Nostradamus » stoïque, nous affirmant que l’écroulement écologique) ne saurait tarder bien longtemps. Brrr…Puis, le trio baigneur avec mon « grand » Laurent (vrai géant Beaupré !) finit par remonter de la grève. La jaserie se transforme et adieu l’Apocalypse ! Je dis : « En ville, en été, quid de tous ces spectacles gratuits dont nous sommes privés en Laurentides, fameux non ? Laurent : « Bof ! J’y vais parfois ! Mais moi, les grandes foules, rester debout, tous ces haut-parleurs, hum ! » Le sachant travailleur (su site Ex-Shop-Angus) en machins électroniques —qui me dépassent— sachant ses fouilles « géos » dans l’immense grand-nord québécois, je voudrais qu’il retrace cette île parmi des milliers d’autres baptisée (par l’État s.v.p.) « La petite patrie ». Peut-il m’en offrir une photo ? Une commande, Laurent.

La Polonaise —salut Chopin !— nous cause « gagne pain obligé », étant banquière (Royal) à « St-Eustache-la-neuve ». Et ça jase…d’un logement nouveau rue Montcalm (Laurent). Aussi des cafés-terrasses aux « cinquante sortes de bières ». Parmi ce quatuor, un jeune ingénieur (et pilote) Alexandre . Lui aussi « célibatant (sic) » et qui aime pas parler pour ne rien dire », assez mutique ce « beau brummel ». .

Jeunes filles (libres) qui me lisez, pour obtenir les  coordonnées d’Alex et Laurent, adressez-vous à moi, ici, à Pays d’En Haut. « Il y aurait plusse… si affinités ».

 

 

Petite histoire derrière « Anita, une fille numérotée »

Une jolie jeune fille (Sarah), vive, piquante, intelligente, une bonne amie de mon petit-fils Gabriel, se trouve à une fête au beau jardin d’Éliane, ma fille, un dimanche à Ahuntsic. Ce fut un choc !, et la voyant s’animer, observant chez elle tant de grâce et de bagout…je me suis souvenu d’il y a plusieurs décennies, d’une autre jolie jeune Juive, Anita fille numerotee_C1Anita. Ma « première blonde », une camarade de cours en céramique.
J’y pense comme ça parfois, car j’éprouve des remords de l’avoir rejetée.
Elle état juive elle aussi, et, bien plus grave, réchappée du premier et du plus grand camp nazi polonais, Auschwitz
Je l’aimais très fort et elle aussi m’aimait, cela dura une dizaine de mois —j’étais interdit d’entrer chez elle, rue Clark et St-Viateur, mystère.
D’autre part tout mon entourage (parents, voisins, amis) me déconseillait de la fréquenter. Race, religion.
À cette époque (1948) un antisémitisme « soft » régnait au Québec comme ailleurs.
J’ai coupé avec elle. Bêtement.
Lâchement même.
Mon livre, « Anita, une fille numérotée » me sert de honte avouée, de défouloir, de regrets. De confession aussi sur ce temps maudit.
J’en ai profité pour narrer « la bohème » de ces années d’avant la Révo Tranquille.
Aussi pour faire connaître cet art méconnu, la céramique. Pourtant métier vieux comme le monde.

 


IL Y AVAIT…

 

Il y avait des illusions, du rêve et du vent, il y avait bien peu, si peu en ce temps-là, il y avait au matin du 25 décembre, des fruits, une orange, du raisin, une banane au fond du bas accroché au pied du lit, il y avait des illusions, des jongleries, par exemple cette riche marraine exilée qui, enfin, me reconnaîtrait et me gâtera un peu; il y avait tous les petits voisins, les enfants des riches, le fils du médecin, les filles du notaire, il y avait le chanceux fils d’avocat et son cadeau de Noël, de grand prix, sa luge avec coussin, heureux l’héritier du député et sa guitare hawaïenne, il y avait quelques privilégiés, il y avait la jalousie, un nouveau Noël et pourtant bien peu d’espoir, foin d’une vie nouvelle : rien ne va se passer, les routines des enfants-du-peuple vont se continuer; il y avait à l’église paroissiale et ce marmot moulé en série, blond, frisé presque nu dans une étable, au fond d’une grotte de papier mâché…

Il y avait eu… en février, la fête de la Saint Valentin avec nos découpés en carton bien rouge, les petits cœurs saignants, les moqueries aux amoureux collés du parc Jarry, des fauteuils du cinéma ou du banc du terrain vague, coin Jean-Talon, il y avait eu la Sainte Catherine et les papillotes de tire sucrée que maman savait si bien étirer, il y avait eu l’Halloween et nos quêtes aux portes allumées, nos sacs bourrés de friandises; là, c’était la fin de l’année presque, la naissance du rédempteur et la chorale de Sainte Cécile qui va entonner «  Peuple à genoux…! »

Il y aura… veille de Noël, l’oncle cantinier du CPR et ses babioles, boîtes à surprise achetées des employés Noirs à sa Gare Windsor, colifichets, gris-gris surprenants, l’oncle riait et vidait lentement sa fiasque de p’tit blanc; il y avait devant le cinéma Plaza, la vieille bohémienne, son perroquet et ses cartes de « bonne aventure », mes grandes sœurs pigent dans la cage, s’esclaffent, amour, toujours, amour !

Il y a… à l’étage chez la voisine, madame Diodatti et son tricot à finir, cadeau unique, il y a aussi, troisième étage, madame Le Houillier et son mari incurable, « le p’tit Jésus va-t-il enfin le guérir? » Il y a, voisin bruyant, monsieur Laroche, Pierre de son prénom, et son Business College fermé pour la semaine des Fêtes, il y a le cordonnier Pasquale Colliza qui parle d’aller visiter sa tante riche à Miami; il y a, rue Bélanger, monsieur DiBlasio, et fleurs de papier pour ses comptoirs de fruits, il y a, rue Drolet, Frank Capra et ses neuves offres de carreaux de porcelaine en couleurs mirifiques; il y avait toujours, chaque hiver, les belles patineuses, champ du Shamrock, à l’ouest les stalles vides en béton du marché Jean Talon; au dessus du poste de pompiers, il y avait ma chère bibliothèque publique rue Saint Dominiqe, passé les usines de Catelli et de Coca-Cola, le Patro Le Prévost et ses équipes organisées pour le ballon-chasseur, le ballon-panier; il y avait le musée des « bêtes empaillés » à l’Institut des Sourds et Muets, rue Saint Laurent. Avenue du Parc, la gare des chemins de fer où l’on ira, Noël après-midi, regarder partir et arriver les voyageurs de toute l’Amérique du Nord; il y a qu’on rêve de partir, de s’en aller très loin, visiter des mondes moins pauvres et qu’on osait pas jouer les hobos, sauter les wagons de marchandise en vrac.

Il y avait… que, Noël pas Noël, en ce temps-là l’existence était chétive, maigre comme un clou mais qu’on se disait : « Il y a une justice, regardez, même lui, l’enfant Jésus, futur Christ sauveur de l’humanité, couché dans la paille ! Réchauffé par un bœuf et un âne !