J’AI FAIT UN RÊVE !

 

Pour nos assimilés, volontiers aliénés, servites de la déferlante et envahissante culture pop-USA, louanger notre culture pop à nous, est un signe d’égocentrisme. Quelle attitude de colonisé. Pour ces suiveurs-USA, vous sombrez dans le « régionalistes » étroit et ces dominés-contents s’exclament : « Sois « international », « universel », sors de ton cocon (le pays n’est qu’un cocon). « USA » ou rien » ! En effet, aucune information à propos sur des cultures populaires. Sur le Mexique (pourtant un voisin !) la Scandinavie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, etc.

Tous en dociles publicitaires-des-USA dans presse-radio-télé, tous en piteuses courroies de transmission. Lisez, par exemple, La Presse spectacles, les Cormier, Cassivi, souvent Sarfati (aux voyages payés) et surtout Hugo Dumas. Tel le Cormier au Devoir.

Il n’y a à signaler dans tout l’univers que Los Angeles ou New York.

L’Europe entière ? Bouche cousue ! Autres continents de la planète ? Pas un mot. À moins qu’un créateur étranger soit fêté aux USA ! Ainsi le Québécois est transformé en écornifleur de ce qu’écorniflent les USA ! Tout le monde par ici accepte volontiers ce contrôle « all-american », dociles valets consentants du « suprématisme », moutons de l’Impérialisme-USA.

Or, j’ai fait un rêve, j’ai imaginé que, par seul exemple, tout le Massachusetts au 19 ième siècle, aurait pu être envahi d’énormes masses d’émigrants venus, disons, d’Italie. Et qu’ils furent des « résistants », comme nous au Québec. Alors, siècle après siècle, s’installe à nos frontières, la culture italienne ! Maine, Vermont, New Hampshire et New-York state compris; voyez-vous ça ? Nous tous, touristes, visiteurs plongés dans cette vaste « Nouvelle Italie », quel bonheur !

Imaginable certes; un autre beau rêve : imaginez des hordes immenses d’émigrants qui, dès 1700, venus d’Espagne et s’installant partout à nos frontières. Comprenant même le New Jersey, Connecticut, Maryland et Pennsylvanie. Avec la Virginie ? Oui, « New Spania ». En automobile nous nous retrouverions plongés en culture espagnole, sa musique, ses chansons, théâtres, films, et cette si jolie langue !

À bas l’uniformité wasp et, comme tous ces touristes du sud qui estiment notre « vie française », ce serait « Viva Nuovo Spania ». Bon, il est permis de faire un rêve ?

Allons plus avant dans ces hypothèse de migrations massives. Les Allemands en Pennsylvanie ? Ailleurs, les Polonais ou les Grecs, ou les Portugais, cela serait stimulant, formidable ? Adieu rouleau compresseur « only » anglo-saxon. Adieu immense lot d’uniformités avec toutes ces villes semblables, comme formatées, à « Colonel-Machin », à « Hamburgers-McDo », erc. Que vous soyez à Los Angeles ou à Boston, à Boston ou à Miami, au Texas ou au Colorado, c’est les mêmes « us et coutumes » et, partant, l’ennuie, un territoire en assommoir.

Rêvons même d’une grande « Nouvelle Europe » à nos portes. Un vaste « Domino » de lieux très divers. Aux cultures diverses. Oui, de l’universel et en vrai avec las fin de l’idiot-consommateur ! Nos Cormier, Sarfati, Cassivi, Dumas et coetera, pourraient varier leurs éloges. Terminée enfin la monotonie de ces publicitaires avachis, leur agenouillement sous l’actuel impérialisme-USA.

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QUEL EXIL À OTTAWA ?

 

CLAUDE JASMIN

Étrange réflexion du fédéraliste Laforest (à Laval) à propos d’un « Québec qui serait en exil (!) de lui-même à Ottawa » , aux éditions Québec-Amérique). On a lu ça et on reste perplexe. Son pressant appel « à la jeunesse d’ici » de « mieux participer à la vie politique fédérale » est un aveu de Laforest face à l’indifférence des jeunes. Il en est fort marri. Avec nos luttes ( de Jean Lesage à René Lévesque et Parizeau ), avec la puissance gagné du Québec actuel, oui, pour les jeunesses « on l’a notre pays !, c’est un fait. Et ils ont raison par rapport à cet ancien Québec, petite province timorée de jadis !.

Une photographie du renégat, G.-É. Cartier illustrait son article, j’y reviens, Cartier que le régime-Harper veut nous voir fêter, qui fut l’adjoint (toutou docile) du Grand Manitou, Macdonald. Jeune Cartier fut un des fiers Patriotes de 1837-38. Vieilli, il défroque et se fait un des « pépères » de la machine à diluer notre nation, cet engin pernicieux nommé Confédération. Cartier donc fut un vire-capot, on dira un infâme « collabo »de notre noyade. De notre minorisation.

Nos lecteurs doivent se questionner sur ce que signifie ce : « Un Québec « exilé » dans la fédération » ! Ce prof d’université écrit «  le Québec est un joyau pour le Canada ». Quoi ? Notre pays le Québec, une bébelle ? Un colifichet, une parure ? En réalité, face à l’énorme pays étatsunien, les Canadians (de Toronto à Vancouver) utiliseraient le Québec comme simple « caution » !!! Tous ces anglos, faisant hypocritement mine de « tolérance du français », farcesque, on a vu et on voit : c’est notre « l’assimilation » qui fut en marche, elle l’est encore, partout, pas seulement en Ontario ou en Manitoba.

Ce M. Laforest est-il aveugle : voyez les hordes de migrants, venus d’Asie ou d’ailleurs, s’ajoutant à cette dilution. « A mare ad mare ». En effet professeur, les jeunes sont mieux instruits, clairvoyants même : en 1974, les nouvelles générations sentent qu’ils l’ont déjà leur pays, le Québec, qu’ils forment une nation et, surtout, plus lucides, que le Canada désormais peut se passer de nous, faire élire un chef à leur gout tel M. Harper.

Nos jeunes ne s’intéressent même plus à la vieille bataille des référendums car nous ne sommes plus 30 %, nous serons à Ottawa bientôt un petit 10% ? Donc sans plus aucun pouvoir. Au Québec, nous restons majoritaires, plus de 80 % Alors, quoi cet exil ? Aucun exil, c’est un refus un rejet, même pas, une indifférence et cela crucifie ce cher bon vieux bonze de Laval. Son grave « déni » —d’ordre sentimental ?— est pathétique. Sniff, sniff… on va interdire aux blokes —rednecks ou pas — « leur « bébelle » nommée « joyau ».

Une réalité ? Le Canada n’existent pas à fond, c’est un pays artificiel (Duhamel dixit). Ses gens sont totalement engloutis, envoutés par la populaire culture-USA. Un nation abonnée à… magazines, films, radio et surtout télé, exclusivement étatsuniens ». Un fait patent. Vérifiable. Allez visiter ça un moment, vous le constaterez, Toronto est jumelle, sosie, de Chicago. Ou de Boston. Ce qui désole leurs élites.

Québec, simple « joyau » est vraiment une molle, inefficace parure. Oui, de Toronto à Vancouver, les Canadians ignorent complètement, notre culture. Ne connaissent nullement nos écrivains, notre théâtre, même la riche chanson populaire du Québec. Même nos plus grandes vedettes. Ah non, cette niaiserie des « deux solitudes », assez ! Il y a vraiment deux pays et l’un des deux est totalement colonisé par les USA.

QUEL EXIL À OTTAWA ?

Étrange réflexion du fédéraliste Laforest (à Laval) à propos d’un « Québec qui serait en exil (!) de lui-même à Ottawa » , aux éditions Québec-Amérique). On a lu ça et on reste perplexe. Son pressant appel « à la jeunesse d’ici » de « mieux participer à la vie politique fédérale » est un aveu de Laforest face à l’indifférence des jeunes. Il en est fort marri. Avec nos luttes ( de Jean Lesage à René Lévesque et Parizeau ), avec la puissance gagné du Québec actuel, oui, pour les jeunesses « on l’a notre pays !, c’est un fait. Et ils ont raison par rapport à cet ancien Québec, petite province timorée de jadis !.

Une photographie du renégat, G.-É. Cartier illustrait son article, j’y reviens, Cartier que le régime-Harper veut nous voir fêter, qui fut l’adjoint (toutou docile) du Grand Manitou, Macdonald. Jeune Cartier fut un des fiers Patriotes de 1837-38. Vieilli, il défroque et se fait un des « pépères » de la machine à diluer notre nation, cet engin pernicieux nommé Confédération. Cartier donc fut un vire-capot, on dira un infâme « collabo »de notre noyade. De notre minorisation.

Nos lecteurs doivent se questionner sur ce que signifie ce : « Un Québec « exilé » dans la fédération » ! Ce prof d’université écrit «  le Québec est un joyau pour le Canada ». Quoi ? Notre pays le Québec, une bébelle ? Un colifichet, une parure ? En réalité, face à l’énorme pays étatsunien, les Canadians (de Toronto à Vancouver) utiliseraient le Québec comme simple « caution » !!! Tous ces anglos, faisant hypocritement mine de « tolérance du français », farcesque, on a vu et on voit : c’est notre « l’assimilation » qui fut en marche, elle l’est encore, partout, pas seulement en Ontario ou en Manitoba.

Ce M. Laforet est-il aveugle : voyez les hordes de migrants, venus d’Asie ou d’ailleurs, s’ajoutant à cette dilution. « A mare ad mare ». En effet professeur, les jeunes sont mieux instruits, clairvoyants même : en 1974, les nouvelles générations sentent qu’ils l’ont déjà leur pays, le Québec, qu’ils forment une nation et, surtout, plus lucides, que le Canada désormais peut se passer de nous, faire élire un chef à leur gout tel M. Harper.

Nos jeunes ne s’intéressent même plus à la vieille bataille des référendums car nous ne sommes plus 30 %, nous serons à Ottawa bientôt un petit 10% ? Donc sans plus aucun pouvoir. Au Québec, nous restons majoritaires, plus de 80 % Alors, quoi cet exil ? Aucun exil, c’est un refus un rejet, même pas, une indifférence et cela crucifie ce cher bon vieux bonze de Laval. Son grave « déni » —d’ordre sentimental ?— est pathétique. Sniff, sniff… on va interdire aux blokes —rednecks ou pas — « leur « bébelle » nommée « joyau ».

Une réalité ? Le Canada n’existent pas à fond, c’est un pays artificiel (Duhamel dixit).Ses gens sont totalement engloutis, envoutés par la populaire culture-USA. Un nation abonnée à… magazines, films, radio et surtout télé, exclusivement étatsuniens ». Un fait patent. Vérifiable. Allez visiter ça un moment, vous le constaterez, Toronto est jumelle, sosie, de Chigago. Ou de Boston. Ce qui désole leurs élites.

Québec, simple « joyau » est vraiment une molle, inefficace parure. Oui, de Toronto à Vancouver, les Canadians ignorent complètement, notre culture. Ne connaissent nullement nos écrivains, notre théâtre, même la riche chanson populaire du Québec. Même nos plus grandes vedettes. Ah non, cette niaiserie des « deux solitudes », assez ! Il y a vraiment deux pays et l’un des deux est totalement colonisé par les USA.

MORT D’UN CINÉMATOGRAPHE PIONNIER : PATRY

Des gens me demandaient où l’ex-cinéaste Patry état allé se cacher ? Mystère. Pierre a été un ferment étonnant. Il n’y avait presque rien comme cinéma québécois en 1960 alors que le tout jeune Pierre Patry quitta « un bon boss et un job steady » à l’ONF. Avec Roy et d’autres camarades audacieux. Patry tenta l’aventure risqué de faire du long métrage de fiction, hors-documentaires. Il fonda Coopératio, loua un modeste local rue St-Hubert coin St-Zotique, accepta volontiers le fric du riche J.A. DeSèves. Il s’activa alors comme démon en eau bénite !

Jeunesses, vous auriez dû le voir se démener avec fougue sur ses plateaux sauvages improvisés. Je me souviens —été de 1965— dans l’église de St-Scholastique, le jeune Pierre dirigeant la surdouée Denise Pelletier, le doyen Jacques Auger, l’imposant Henri Norbert, la si belle Andrée Lachapelle et le prometteur jeune Guy Godin; avec, à la main, mon roman La corde au cou. « Claude, pas besoin de scénario, ton roman en est un ! » On disait que sa belle cape « de réalisateur » avait appartenu à nul autre que le grand Abel Gance, dénichée dans un Marché-aux-puces parisien; légende urbaine ?

Le lendemain, l’église passait au feu ! Surcharge pour les puissants réflecteurs du jeune cinéaste ?, silence et fuyons !

Son mécène radin, le proprio de « France-Film » (qui allait fonder « votre canal 10 », lui prêtait son yacht luxueux, sa maison, n’importe quoi. Premiers films —d’allure un peu bancale souvent— et la critique fut sévère. Ses films n’attiraient pas de grandes foules. « J.-A. » l’abandonna, TVA lui coûtait cher. Patry abandonna sa passion et deviendra, dans l’anonymat, un des actifs directeur d’un vaste Centre-Jeunesse, à Vaudreuil. La jeune industrie du film, hélas, oublia ces pionniers culottés. C’est la dure loi des hommes ! Adieu Pierre Patry, candide et courageux pionnier, tu l’as vu, tu l’as su, notre cinéma existe mieux désormais. Il va bien, enfin, pas trop mal. Tu dois être content.

Claude Jasmin

Écrivain

Ste-Adèle, juin 2014.

DE TOUT ET DE RIEN ?

Par hasard, je viens de lire une bio (Charles Aznavour) et je découvre des tas de faits très intéressants et qui concernaient Linda Lemay ou Diane Tell, Isabelle Boulay ou Garou… des infos captivantes que j’ignorais et dont, hélas, nos journaux ne parlèrent pas ! Nos commentateurs, ces « demi-assimilés » n’aiment que la culture pop des USA.

Ma lecture de cette bio est un fait patent, une preuve flagrante. Les « échotiers » de nos médias sont à la solde « exclusive » de la culture US, comme dans dollar US. Lisez les cahiers « spectacles-culture » de « La Presse » pour seul exemple : ses chroniqueurs, courroies de transmission dociles, y jouent les scripteurs-esclaves de l’Empire anglo-saxon. Paresse, inconscience. Qui conduit à davantage d’assimilation. Un lècheculisme au mépris de la culture francophone qui nous concerne.

Je me souviens : années ’90, chroniqueur à Verdun (CKVL) je co-animais des « midis-arts-et-spectacles. Y collaborait un aimable bavard blondinet. Girouard. Sans cesse, il ne faisant écho qu’aux potins et nouvelles des USA. Je l’avais dénoncé en ondes : « Pourquoi, Girouard, aucun écho d’Europe, de France, de Paris et toujours seulement Holywood ? Le Girouard en fut enragé, très furieux et me couvrit de bêtises. Cette attitude « masochiste  » participe à l’actuelle et galopante « colonisation » anglo-saxonne. Ce qui est « la tragédie des Anglais d’ici » ( à cause de la langue commune, ces derniers sont étranglés net par USA) est stimulé par tous nos cons finis.

Parler de tout et de rien ? C’est qui ça au juste que ce « mort vivant » —Pierre, Comte de Saint-Germain ? Paraît que ce mort du temps de Versailles (!), revit ici, entre Ste-Lucie et Val David et converse par la bouche d’un certain Pierre Lessard qui s’entoure de zélotes fidèles, dont Guy Corneau, un populaire psy. Ce Lessard grand confident du zombie St-Germain sent la bonne vieille sauce « Esprit-es-tu-là ? Frappe deux coups ! ». Cette soupane a sévi à la télé un temps. Pour se ridiculiser. Parapsycholgie ? « Canalisation ? » Allez à Google pour M. le Compte. S’agit-il d’une sorte de secte ?. Qui questionnera le docteur Corneau, « un professionnel » du monde de la santé ? (En passant, lecture captivante que son récit d’un cancer guéri). Qui voudra nous renseigner sur « le csanal-Lessard ?

Jaser de rien et de tout ? Causer de vivre en paix par ici et entendre des braillards aux futiles lamementations, la bouche et le ventre plein…quand les actualités racontent la pauvre Kiev en flammes, en Ukraine. Ou la Syrie fumante, les quartiers de Damas en feu, les enfants ne sachant plus où se cacher ! Ou au Caire, en Égypte, où les bombes tombent sans cesse, u à Bangkok, en si joli pays asiatique avec ses rues pleines de pièges soudain. Partout l’orage des obus erratiques, des bombes lacry, les bombes sonores et les matraques à casser le os ! Alors lire avec joie ce Simon Lacombe. Il écrit aux journaux qu’il a 47 ans et deux enfants, composte ses restes, loue des films un peu quétaines, tente d’oublier les grandes causes humanitaires, qu’il marchande rue Mont-Royal autour de chez lui et qu’il ignore les Costco et autres Wallmarde…bref, dit qu’il a changé. Ce modeste bobo, avec talent, raconte sa mue mutation : jeune, étudiant en communication, très idéaliste, il crachait sur tout, n’adorait que les avant-gardistes et bavait sur le commun des mortels. Il fit, ironise-t-il, un seul film. Simon s’auto-juge : « C’était bien entendu génial et ce fut ignoré, écarté, oublié. » Désormais plongé dans la masse du monde ordinaire, il jette de francs beaux cris… du cœur. Enfuient tous ces rêves de jeunesse ! Vieilli, on a mal ? Mon Dieu quel hymalaya, que nos révoltes et illusions juvéniles, n’est-ce pas tout le monde ? Lacombe dit « j’accepte ce jovial Maire Coderre et je plains les Bergeron. J’affirme que la belle cité de Brasilia est froide et plate quand « la sale » Rio de Janeiro, qui pue, est si vivante et si chaude. » Ah oui, sa lettre ouverte (La Presse) m’a fait mal et m’a réjoui à la fois. Ah ! nos jeunesses candides.

AMBIANCE, AMBIANCE !

 

J’écoute souvent, pour l’ambiance, la radio de Radio-Canada le samedi après-midi. L’acteur Girard y fait jouer les bonnes vieille tounes illustrant l’ancien cinéma. Raymonde et moi aimons écouter… soudain Perry Como ! On sourit. Défilent Sinatra, Dean Martin, Crosby, Judy Garland. Une jeune, Lisa Minelli ! Et je me suis souvenu, ambiance, d’un surlendemain soir de Noël à Miami. Nous entrions à l’hôtel Fontainebleau. Juste y déguster un cocktail en son chic cabaret, y respirer l’ambiance des Sinatra et, tiens, Perry Como ! Nous savions que les stars de la chanson passaient au Fontainebleau à tour de rôle. La vie n’est-elle pas meublé d’ambiances ?

Ô l’incrustation des mélodies musicales ! On a donc revécu, samedi, un autre moment d’ambiance. J’ai songé ensuite à la table de la cuisine, à un album de photos, à tante Maria, sœur de maman, veuve « en moyens ». Ambiance : cette tante à l’aise passait des vacances d’été au bout de monde et nous, modeste trâlée de Germaine, c’était inaccessible. L’hiver venu, Maria, nous montrait ses photos. Pour les prendre, il avait fallu des heures et des heures de train! Où donc ? À Old Orchard !

« Voyez mes enfants ces plages de sable à perte de vue ! » Old Orchard était une villégiature huppée à cette époque —sans tous ces motels à bon marché, tassé. La marmaille jasminienne était épatée par ces vues : un long pier —quai sur pilotis— en plein mer, des kiosques, des homards partout, on ne savait pas ce que ça goûtait. Ici, des autos tamponneuses, là, une Grande roue ! Tante Maria nous offrait des klendakes salés, disant : « c’est fait à l’eau de mer ». On se pâmait ! On en revenait pas de voir, en noir et blanc, à perte de vue ces vagues immenses, voir dans l’océan, notre tante tenir pour nager notre cousine Madeleine : « Mais, ma tante, les requins ! » Maria riait. On admirait ce grand hôtel et son annonce : The Normandy. Y aller un jour, oui, mais pas avant 1960. 25 ans plus tard. « À Old Orchard —Maria prononçait à l’anglaise pour épater— on rencontre beaucoup de canadiens-francais. » Le Maine, c’était si loin et y séjourner et devait coûter « les yeux de la tête », c’était un rêve plus grand que la panse. »

Ambiances ? Jeunes enfants, une autre sœur de maman , Pauline, avait pris pays. Où ? « Dans le grand nord », disions-nous. On l’imaginait proche du pays du père Noël. Elle tenait, avec mon oncle Paulo, « Le Montagnard », hôtel au cœur de Saint-Donat. Jamais nous n’avions grimpé si haut, en 1935, nous imaginions mal ce pays de montagnes. Ambiance. Tante Pauline venait parfois nous visiter certains dimanches. Et elle aussi avait toujours, en noir et blanc, de neuves photos. On était étonné de voir ces grosses motoneiges de Bombardier qui servaient en 1940, de navettes pour les touristes à skis. Je crois que « Le Montagnard » existe toujours, en 1995. Tante Pauline, pour nous presque une Esquimaude, exhibait des ours captifs, des têtes d’orignaux et aussi —nos cris— des portraits d’Indiens du lieu :« Oui, ce sont de vrais sauvages ! Et très gentils ! » Nos films de cowboys tueurs d’Amérindiens en prenaient un coup ! « Oh, ma tante, le père Noël, là-haut, vous ne l’apercevez jamais ? » Elle riait : «  Il a tant d’ouvrage, comprenez-le, les sueurs l’aveuglent ! »

J’ignorais que je deviendrais un adèlois, habitant des collines en 1978, et si heureux d’y vivre auprès de ma blonde, Raymonde.

 

 

ÉMU DANS UNE SALLE OBSCURE

 

Rue Valiquette, les yeux dans l’eau, mais oui, je compatissais aux malheurs des « misérables » de Victor Hugo, mon illustre camarade. Bilan d’un cinéphile, octogénaire : ai-je vu 3000 films dans ma vie ? Ou bien 5000 ? Ou encore 10 000 ? Je ne sais pas. Chez moi, jeune, il n’y avait comme lecture que des annales pieuses, « L’almanach du peuple » de Beauchemin et les exploits des « comics » achetés cinq cennes la brochure. La culture pour les gens de mon époque, de mon quartier, c’était… les « vues ». Gamins, au coin de ma rue Bélanger et St Denis —c’était avant l’air conditionné— on se faufilait (à la barbe des placeurs) par les sorties d’urgence. Sans payer. La belle vie : savourer les films made in France (au Château), ou made in USA, au Rivoli.

Le cinéma a nourri ma jeune imagination et quand j’ai publié mes premiers romans ( Et puis tout est silence, La Corde au cou, Délivrez-nous du mal, Éthel et le terroriste) nos critiques littéraires décrétaient : « Jasmin fait une littérature avant tout cinématographique. » Bien vrai. Tout ça pour dire mon plaisir quand je descend « d’en haut » vers nos salles, rue Morin, rue Valiquette et dire aussi mon bonheur de pouvoir, à 5 minutes de chez moi, « aller aux vues », comme quand j’étais resquilleur.

En passant : ce « Bye-Bye 2012 » à la télé, mode actuelle déplorable, ne fut constitué que de « brefs tableaux ». Parfois « ultra-brefs ». Pourquoi singer les  commerciaux ? Vite, vite, vite, des « flashes », des furtives évocations et refus de bâtir des sketches solides, qui dureraient un peu. Mépris du monde ? « Les gens sont incapables de se concentrer plus d’une minute. » donc sauf un ou deux sketches, parage pressée, défilé d’urgence, policiers qui fessent, mafia et Libéraux corrupteurs, le tout, superficiellement. C’est regrettable quand on constate (et apprécie) les habiletés « inouïes » des créateurs : maquilleurs, perruquiers, prothésistes, costumiers.

Pour fin 2013, prière de revenir, comme souvent jadis, à des tableaux consistants, un peu élaborés. Plus facile de briller par courtes apparitions ? En tos cas le fatras visuel est vite oubliée. Bousculade, cavalcade échevelée. Qui se souvient d’une parodie un peu élaborée ? Qui aurait duré au moins 3 à 4 minutes, sinon 8 ! « Nous, le peuple… » on n’a eu droit qu’à de brillantes caricatures esquissées, aussitôt oubliées,. Mauvais signe cela. L’immortel, anthologique donc, sketch du soldat de la Crise d’octobre, (joué par Guimond), écrit par Gilles Richer, durait plus qu’une minute et demi, non ?

J’y reviens… Redire le plaisir d’aller « aux p’tites vues ». Mon grand bonheur d’être plongé en salle obscure face au grand drap blanc tendu, comme pour une cérémonie chaque fois. Rien à voir avec l’écran de vitre de télé au salon. Voyez ce vaste album à images, « Les misérables ». Très efficace mélodrame hugolien, palpitant récit de la deuxième révolution française, celle de 1848, montrant des gueux galériens, de sombres forêts, une manufacture sordide, un carrefour à putains rivales. Surtout une barricade meurtrière.

À la fin, milliers de figurants, c’est Paris insurgé, affamé, révolté, vues inouïes d’un enterrement solennel (un ministre bien-aimé) qui déclenche l’émeute historique de 1848. « Les misérables », ma foi, c’est pas moins qu’une trentaine de chansons. Jamais vous n’oublierez Jean Valjean chantant en implorant Dieu de laisser vivre le beau Marius blessé. Plus tard, l’audacieux gamin Gavroche. Vous oublierez encore moins Fantine, la voix déchirante de Fantine, misérable (!) mère-célibataire de Cosette. Fascinante Fantine qui agonise en une « chanson criée », pour l’impossible rêve. Courrez-y et apportez vos mouchoirs de papier. Tout autour de moi, les larmes des jeunes filles coulaient à flot. Les jeunes gens, eux, se retenaient. Des gars hein ?

NATURE DE SANGS ET D’ORS !


Parlons automne. Ma marche rituelle autour du Rond et halte au joli parc publique de la rue Chantecler : le noir des grands sapins contraste avec le scintillement du lac au soleil et l’étincelant des érables d’octobre, décor de sangs et d’ors ! Admiratif, tu bénis la vie par ici. Et tu puis tu entres pour des rôties avec de la bonne confiture de ma chère École Hôtelière et tu ouvres ton journal puisque « être informé c’est la liberté ». Alors l’horreur reprend son cours : les mauvaises nouvelles, ON CACHE LES BONNES ?, pas ici à Pays d’en haut. Les reportages sur les gourous des Malboeuf et Vailles ( La Presse) : « d’ la vra marde », chanterait la Leblanc ! « Faux curés » (gourous) des détresses humaines, crapules, ici, dans nos collines, à Prévost, à Trembant. Ces «  curés laïcs » parfois charismatiques, existaient jadis. Existeront dans l’avenir. Soudain, mots de la fin, on lit : « Les professionnels de la santé admettent que cela (les bons) peut aider » ! Comment trier les bons des fumistes ! Autre point, Dame Justice (les polices) est impuissante car il y a, hélas, consentement et aucune violence exercée. En 2012, qui sont donc ceux qui gobent ces poutines ? Des gens fragilisés, proies don t la cervelle est comme annihilée ?

Marche mon vieux, marche et regarde encore le noir de sapins contrastant avec les scintillantes feuilles en sangs et en ors, le lac étincelant au soleil d’octobre. Le temps s’obscurcit et tu vas au cinéma. Merde: bien peu de public pour « Inch’Allah », de la brillante cinéaste québécoise, Anaïn Barbeau-Lavalette. Un magnifique film illustrant la Palestine murée par Israël. L’histoire d’une kamikaze, avec sa bombe dans son sac à dos, qui commande un café à une terrasse de Tel Aviv et « boum ! » Encore moins de monde pour « Rebelle », un film effrayant sur les enfants-soldats enrôlés pour tuer au Congo ! Lysiane Gagnon (La Presse) en est scandalisée et moi je crains le découragement du proprio du Pine, le cinéphile Tom, à faire venir de tels excellents films ! Oui, nation nigaude et qui me désespère.

Parlant de Lysiane Gagnon : courageuse elle vient d’oser condamner ces Juifs orthodoxes « à natalité galopante » —les Hassidims d’Israël. Majoritaires dans Jérusalem et aussi écoeurants que les fanatiques de l’Islam, pire que ces Salafistes d’Égypte, qui méprisent les femmes. Ces Juifs religieux détraqués (les Haredims) sont un fléau là-bas. Le corps de la femme c’est le mal. Nétanyahou est obligé de composer avec ces « fous furieux de HYAVEH ! Sophie Durocher défend la vaillante reporter du « Journal de Montréal » (Émilie Dubreuil) qui a bien fait de fustiger les écoles juives de Montréal où on oblige les enfants à n’étudier que Thora et Talmud, les destinant à un avenir bouché.

Nos taxes contribuent à payer ces écoles d’embrigadement. Ce con de rabbin, Allan Nader (dans The Gazette) en fut fou de rage. C’est l’intelligent Gershom Gorenberg —historien et journaliste en Israël— qui passe pour un « traître ». Il a osé publier « La démolition d’Israël ». « Des années d’études vaines et nulles, dit-il, qui ne préparent pas à la vraie vie. » Lendemain, faire face au lac scintillant, aux arbres étincelants de sangs et d’or. Je me console de ces sombres actualités.

 

 

 

AOÛT : ÉTÉ QUI FILE ET SAGESSE

 

 

« Ah vous! On vous entend plus gueuler. Terminées le polémiste ? » Ça m’arrive de telles rencontres car on s’étonne de me lire, ici, gentil et affable. Chantre béat de la nature laurentidienne. Il y a eu d’abord cette relative surdité qui m’a frappé il y a une dizaine d’années, forcément, ce sera la fin des invitations en médias de « M’sieur-grande-gueule ».

Il y a eu aussi —ô vieillir— la découverte du bon statut de « sage » (relatif cela). Arrivé à un certain âge, les grands combats, les farouches luttes se relativisent —c’est le mot clé. En vieillissant une personne un peu équilibrée se rend bien compte de la vanité de maintes querelles; du côté « éternel retour » oui, cher Frederich Nietzsche !

Alors, oui, plaisir fécond nouveau chez l’ex-batailleur, la découverte de petites joies bienveillantes, ressourçantes stimulantes aussi. Oui, oui, ce bon bonheur bien vrai de chanter —en chroniques paisibles— les beautés, modestes ou grandioses, de la p’tite vie ordinaire : la nature, les petites gens, les us et coutumes de son entourage quotidien.

Jeunes gens qui manifestez —enragés noirs ou seulement scandalisés— bravo ! Sortez dans la rue et criez, dénoncez, enflammez-vous, c’est un signe de vraie jeunesse, de bonne santé civique. Ne lisez pas ceci : vous aurez 80 ans un jour et vous sourirez de vos emportements. Sans les renier. Une vie comporte des moments, des stades, des tempos mais malheur aux jeunes gens amorphes, indolents, jamais inspirés, jamais fouettés, jamais emportés le moindrement, jamais révoltés, ils auront une fin de vie à la mesure de leur triste désintéressement; ils feront « de vieilles âmes » tristes, mornes, vivant « leurs vieux jours » dans une sorte de limbes, de vie plate, d’existence incolore. Le salaire, la pension des mous !

Le bonhomme Charest a donc osé « jouer aux cartes » en plein été et voilà la nuée des vains commentateurs en liesse.

Ouash !, la redondance effroyable. RDI et LCN, une vraie farce plate où l’on répète jusqu’ à la nausée le moindre pet lâché, le moindre rot, la moindre grimace, le moindre petit mouvement. Quelle pitié. Les citoyens, pas fous, constatent ce vide, ce faux remuement.

La vie actuelle par ici, en pays développés, partout en occident, est une affaire d’administration. Adieu idéologies ! Adieu idées neuves. Une simple affaire de budget, d’impôts et de taxes à contrôler ou non. La nation offerte aux comptables, et, pour colorer le tableau, avec des petits cris, de soudaines accusations, un mot de travers… Mais pas de place pour les idées, alors le socialiste Québec-Solidaire semble obsolète, hors circuit et sympa. Les Libéraux de Québec, empêtrés de corruption, promettent calme et développement, c’est tout entendu. La CAQ de l’ex-péquiste et entrepreneur Legault fait voir « les deux pieds sur terre » et je voterais bien pour eux mais, rien à faire, un vieil indépendantiste comme bibi va chez Marois ou chez le petit nouveau. Une cause est sacrée. Mais le reste c’est la niaise foire. Criailleries qui me dérangent, cirque ennuyeux.

Vite, le 4 septembre, Seigneur ! Comptez-vous les « administrateurs » et la paix ! Silence, j’ai mes livres à lire (et à écrire), moi, mes bons films à visionner (Télé-Québec et ARTV). Mes petits bonheurs : oiseaux fous, fleurs folles, canards, tous nos vifs nageurs sillonnant le lac de bord en bord en combinaison noires, vrais Spidermen, Batmen ! En ce moment, on roule, rentrant —rituel annuel— du si bel Atlantique en Maine, j’avais l’ennui de mon village me taraudait.

PAPILLONS, CATARACTES ET HOMMES EN NOIR !

 

 

J’ai beaucoup et souvent jasé sur mes petites bêtes (marmotte et cie). Voici le temps des mini-mini animaux. Invasion malheureuse de mouches noires et heureuse de frétillantes libellules minimalistes, de jolis papillons bien énervés et d’abeilles. J’en vois, là, par centaines dans mon mahonia, un arbuste fruitier à feuilles aux corrugations prononcées. Monde lilliputien si vivant. Même monde vendredi dernier rue Sherbrooke, à Notre Dame. Ça grouille. Usine aux pavillons remplis de malades et de soignés ! Fourmillante machine qui fait peur et moi, civière en corridor, en jaquette bleue trouée, qui attend mon tour pour éliminer des cataractes —ô Niagara ! Vraie fourmilière, Notre Dame s’excite. Ça circule autour de ma couchette. Malades, médecins, ces « préposés » de bas et de haut rang, gradés discrets ou à torses bombés. À une passante courbée : «  Oh, madame je suis là depuis deux ans à poireauter ! » » Léger arrêt et regard affolé mais elle passe son chemin. Un bossu usé passe et, jouant le moribond, j’en rajoute : « M’sieur, m’sieur, ça fait 18 ans que j’attends dans ce corridor, on m’a trouvé au 3 ième sous-sol ! » Il me dévisage, hésite à rétorquer et il fuit —hagard comme Lucien Bouchard à Sagard-sur-Luxe, en Charlevoix.

Bon, maintenant n’allez pas croire que le « vieux (moi) qui a vu les séances d’Ovila Légaré et les films de cowboy en noir et blanc au sous-sol de l’Église Sainte Cécile, ignore l’actuel cinéma à effets électroniques. Non, non, j’ai vu et apprécié au cinéma Pine, « Men in Black », troisième mouture, avec Jones et Smih, ce jeune nègre épatant, si vif, si efficace, si surdoué.

Vous êtes là, assis tranquille rue Morin, et surgit Boris l’Animal.

Un motard super-hell’s-angel. Ce mastodonte aux lunettes engoncées dans les orbites, aux bras « gros comme des troncs d’arbre » (je te le dis Raoul Duguay), n’a qu’à ouvrir sa paume pour en faire surgir et s,Envoler un horrible crustacé aux lancettes empoisonnées, Ah oui, allez voir ça, c’est hallucinant, tout comme est renversant ce grouillant resto chinois où des humanoïdes d’un grotesque épeurant se font décapiter. On est loin des mélos d’Ovila, loin des méchants apaches cernant des caravanes bâchées du temps des « petites vues » des révérends frères.

Quel plaisir ! J’aime tant ces truquages inouïs ! Le vieux « in black » Jones y est, revenu et revenant, toujours blasé, l’adjoint dévoué (Smith, en Noir agile) veut le sauver. Un bizarre « ti-coune », sosie de Brière, tuque des Andes sur son crâne évidé, oui, en creux ( sans cerveau), un bonasse qui offre son dévouement. Elfe asexuée venu de planètes-aux-anneaux ? Vous voici soudain, exilé loin de la rue Morin, au coeur même de Manhattan et juché sur le Chrysler Building ! C’est vrai, réel, hallucinant. Plongée du gratte-ciel avec un appareil rétrogradeur. Alors, vous voilà en 1969. A Cap Canaveral. Une fusée va décoller et l’horrible Boris, « The Animal », rôde, être machiavélique. Je vous jure que vous serez au bord de l’Atlantique ! La reconstitution scénographique est mieux que parfaite. On en reste ébahi ! Je vous raconte ce « Men in black », tome trois, pour vous dire qu’on peut voir 81 ans et être absolument épaté par les prodiges d’une cinématographie à truquages. Allez-y voir.