FABULEUSE RENCONTRE D’UN ESPRIT LIBRE !

Que je vous parle d’un utile nouvel observateur. Vous pourriez l’apercevoir—le printemps s’en vient— à une terrasse d’Outremont où il habite. Avec son fidèle Léo. Il se nomme François Ricard, qui est aussi un prof de littérature; mais sans aucun jargon, au contraire. Ricard est doué d’un regard lucide, avec des mots de tous les jours, aucun patois savant. Ricard a une vision très personnelle sur tout ce qui bouge dans le Québec. Propos savoureux d’une ironie tranchante, d’une sagesse fortifiante. Un bonheur de lecture ! Facile de vérifier la valeur de mon témoignage, ouvrez « Chroniques d’un temps loufoque », chez l’éditeur Boréal, vous allez sans cesse sourire, une joie « vitaminisante ». Que Ricard nous jase du Viagra-à-bander ou du crash d’un avion (à Peggy’s cove), de « Pepsi Cola » installé à l’université, ou encore des « néos-retraités », ados en rallonges, en cheveux gris…c’est une parole décapante. Jusqu’à la cruauté, rare au sein du snobisme environnant.

Se faire « chapitré » par Ricard, c’est un stimulant qui n’a pas de prix. Lisez ça, je vous en prie encor. La rectitude politique en prend pour son grade, voir son chapitre sur nos « Gouverneurs », oh ! Ricard y prédit, après la télégénique Haïtienne, un Gay et marié, puis ce sera une lesbienne Amérindienne, ensuite, plus populaire, dit-il, ce sera le tour d’un lauréat de Loft Story. On rit encore ! Quand il se moque de tous nos festivals —« partout et sans cesse »— ou des poètes étonnamment grégaires subventionnés, troupeaux dociles aux « rencontres » supposément populaires, on plie… de rires ! Je me retiens (ô espace restreint !) de citer ses réflexions tordantes. Par exemple, lire ses commentaires à propos des « sinistrosés » de carrière » (de Cioran, Kundera, au doué Houellbecq), si fort appréciés vu la morosité contemporaine pris de l’accablant « néantiste », fustigé par une Nancy Huston. On rigole. Cet ami de Léo, François, est donc un esprit libre, un philosophe aussi. C’est simple, Ricard a du bon sens. Donc un phénomène en un monde voué aux chercheurs des modes à suivre. Trop d’intellos et d’artistes s’y baignent ! Pas étonnant que ce François Ricard soit l’auteur de « La détresse et l’enchantement », bouquin à très grand succès, qui narre la vie de Gabrielle Roy.

Le mot « loufoque » de son titre revient sans cesse, c’est le bon mot, convenant à souhait à ce qu’observe « cet homme aux terrasses » avec son Léo. Ainsi, même hilarité à propos de sa jolie étudiante qui le veut en « maître » pour faire thèse sur, tenez-vous bien, la défitichisation (sic) de la littérature. Celle des affreux mâles misogynes, tous, dit-elle ! On rit. Ailleurs, Ricard nous rappelle l’école où un ado, invité par la maîtresse à rédactionner très librement, remet sa copie fantasmatique où le candide grand gamin s’imagine en mitrailleur ! L’innocent se retrouvera au poste de police, avec dossier et se fera « sacrer » à la porte » ! Dérive d’un enseignement déboussolé ! Tant de passages qui vous envoûteront, avec flèches acérées. Un gigantesque feu de joie, « le bûcher des sottises ». On sort de « Chroniques d’un temps… » enfin rassuré : il y a quelqu’un, ici et maintenant, qui voit clair. Ce compagnon bien aimé, Léo, est bien chanceux, c’est son chien, oui, et il finira par parler avec un tel guide !

J’insiste, lisez ça, ça vous changera de certains rédacteurs de tant de nos gazettes qui ne révèlent rien. Ricard commente et l’ancienne « Crise du verglas » et l’actuelle Union —« loufoque, dit-il »— des Écrivains, ou bien il « s’épivarde », ricane sur l’inévitable Internet, par exemple, celui des romans-collectifs. C’est un phare indispensable à nos rivages pollués d’idées toutes faites mais ses éclairages enrageront les suiveurs d’affligeantes niaiseries dite « tendances ». Fatras imbéciles commentés volontiers à nos radios, télés, gazettes. Ricard est un actuel Jean de Lafontaine, un vivant La Bruyère, un sacré Sain-Simon, bien vivant, un caricaturiste aux crayons dangereusement aiguisés. Courez chez votre libraire, ou à votre bibliothèque publique, pour ces « Chroniques d’un temps loufoque », un remède sûr si vous vous sentez encombrés, envahis comme moi, par incessamment « pubs et plogues ». Ricard est un purgatif anti-fadaises, anti-mondanités assommantes à la « Sauce Parisienne », à la « Sauce Newyorkaise », tant appréciées par nos reporters-courroies-de-transmission colonisés. « Léo » Ferré —qui se disait « un chien » tiens !— entonnait : « Salut à toi, Dame Bêtise ! Toi dont le règne est infini », avec ses « Chroniques… » c’est le moyen de lui casser son règne à cette Dame; il fait du bien cet empêcheur de stupidités en rond, procurez-vous ce livre, amis lecteurs, je vous le re-redis, c’est une vengeance face aux conneries actuelles.

Fin de partie ? Aussi pour « l’agent » Mark Bourque !

La vie, une partie…un party ? Pas toujours « de plaisir » certes. Samuel Beckett « le-désespéré » — Nancy Huston a raison— en fit un texte ravageur. Hélas, chaque année, nous perdons des « invités » à cette longue partie qu’est l’existence humaine. Il s’agit —le pire— de parents, d’amis ou de bons voisins.
Il s’agit aussi de vifs regrets quand s’en vont —à jamais— de ces êtres chers à toute une collectivité. Mes morts chéris ne sont pas Rainier de Monaco ou le roi Fahd, ni même les écrivains Claude Simon ou John Saul. Ce sont certains « personnages publics » qui meublaient des souvenirs si précieux. Ma courte liste de disparus très chers ?
Mort de Guy Maufette, de sa voix de velours, de sa poésie quotidienne à la radio des soirs « qui penchent ». Maufette faisait du très jeune homme que j’étais un meilleur résistant aux réalités pénibles d’une vie-de-pauvre. Mort aussi de Gisèle Schmidt qui avait su incarner à la télé « ma mère Germaine » de façon absolument inoubliable. Mort d’un autre homme-de-radio ? Oui, celle de Michel Desrochers, qui savait enchanter tant de matins avec sa légèreté d’être, sa perpétuelle ironie, sa faconde intarissable. Que j’avais revu il y a peu, triste, oublié, appauvri, dans un petit studio d’un réseau sans grand public.
Autre parti ? Le médias disent comiquement : nos disparus ! Sol, alias Marc Favreau, dont je n’aimais guère les —laborieux— calembours mais qui a su durer, et tant mieux pour lui. Marc que je découvrais à vingt ans parmi nous tous qui rêvions de faire quelque chose —n’importe quoi— au domaine alors si chétif, si fragile de l’expression artistique. Sorti des beaux-arts d’abord —on l’ignore— Marc, pas encore clown, nous accompagnait aux séances de peinture libre l’été de 1950. À Knowlton au Lac Brome, là ou « maman-Velder de la télé », Lucie de Vienne, tentait de faire école.
Corinne Côté-Lévesque, égérie du petit-grand-René, s’en est allée elle aussi ce année terminée. Je me suis souvenu de notre fortuite rencontre à CKAC où l’on tentait de lui trouver un rôle à cette veuve inconsolable. Trop introvertie, elle n’y réussit pas.

Qui encore ? Ma crainte d’en oublier. Une mort toute récente, celle d’un gendarme hors du commun, Mark Bourque. Tué « en service » humanitaire en Haïti à 57 ans ! Comme plusieurs, j’avais découvert ce flic hors du commun à l’émission de Paul Arcand à TVA. Retraité, délié de certains secrets, croyait-il, il y fut d’une étrange franchise. Entrevue trop brève comme toujours. On vient de l’enterrer à Québec où il était né, enterré avec tous ses secrets tellement embarrassants pour le pouvoir.
Mon ex-éditeur Lanctôt, acceptant de le rencontrer à son bureau, souhaitait ardemment publier un livre de ses explosives confidences. Cela ne se concrétisera pas, il recula. Ce livre pouvait le tuer, oui, le faire tuer ! Question vitale ? Où sont allés ses documents, son effrayant rapport d’enquête ? Archives ou confettis ? La déchiqueteuse bénie ? Bourque fut l’épine dorsale —zélateur encombrant— de la vaste enquête sur l’argent sale blanchie. À un moment donné, Bourque exigeait un « micro caché » chez un puisant ministre. Oh, oh ! La RCMP, aux ordres, le chassa de son observatoire trop délicat et le nomma —tablette humiliante— garde-du-corps pour VIP ! C’est qu’il fallait enterrer vite une affaire compromettante en diable pour les politiciens au pouvoir.
Lors de son récent décès, la réalisatrice et journaliste Lakshmi Nguon de Sovimage —qui préparait un documentaire avec Bourque— publia dans La Presse : « Ses patrons de la RCMP cessèrent net un jour de l’épauler (…) Mark nous exprimait avec passion sa révolte face à l’immense pouvoir —politique— des criminels ». Retraité, laissant sa femme et ses deux fils à Stoneham, le Bourque-Eliot-Ness partit pour aider à « la paix » en Haïti. Il y retrouva sans doute, c’est connu maintenant, ce puissant pouvoir occulte mais réel des « trafiquants de drogues ». Bien installé là-bas disent lkes connaisseur en la matière. Il y sera assassiné. À ses funérailles récentes figuraient de ses ex-camarades gendarmes, savaient-ils très bien qu’ils accompagnaient la dépouille d’un agent lâché brutalement par leurs patrons —des poltrons, des couards— si facilement intimidables ?
Que toutes ces âmes des défunts reposent en paix.

UN NOUVEAU COLONIALIME : IMPORTATION D’ÉMIGRANTS ?

Être apatride, un malheur ? Oh oui ! Bien vrai ce qu’écrivait le grand écrivain Dostoïevski : « Le pire malheur au monde est d’être apatride » ? Il y a des êtres éprouvant le besoin de se déraciner. Un plaisir même, jeunes, de renier avec superbe leurs racines. Parfois c’est la honte d’un pays sans grand prestige. Il y a l’ambition ? Réussir à Paris, à New-York. Ou à Hollywood. « The OLD AMERICAN DREAM, qui dure encore. Il y a ceux qui jouent les fiers « citoyens du monde ». Cette lubie des « gâtés-pourris » de la jet set. Nigauds, ils diront : « Mon pays c’est la terre entière ». Vieillis, revenus souvent massacrés un exil idéalisé, on les voit souvent rentrer chez eux et fouiller ardemment leurs racines.
Pour le commun des mortels, nous tous, c’est un grand malheur que de devoir abandonner sa patrie. Le doué Dany Laferrière, Haïtien d’origine et Floridien d’occasion, profitant ici de la discrimination —positive bien sûr— avec « voyages subventionnés » sans cesse et installation dans un grand quotidien, ne rédigera pourtant, culpabilisé ?, que sur « sa chère patrie abandonnée ». Pendant des mois ! Les racines sont fortes. Tant de gens, pour survivre parfois, le cœur serré, doivent quitter ce « Aucune terre n’est si douce que celle où l’on est née » , selon Louis de Ratisbonne, oui, la patrie de leurs commencements reste inoubliable. C’est sain, inévitable.
Devoir s’intégrer à une autre nation ne doit pas être chose facile. Pour personne. Je ne réussirais pas mieux que quiconque si je m’étais déraciné. Où que ce soit. Un travail complexe, lent, cahoteux. On le voit sans cesse aux actualités. Comme dans ces ghettos haïs autour de Paris ! L’émigration organisée, disons-le sans langue de bois, franchement, carrément, est devenu la curieuse solution —non plus seulement pour importer de la main d’œuvre à bon marché, pour des taches méprisées, sales besognes ennuyeuses, humiliantes— mais est devenue une sotte façon de corriger la dénatalité des pays occidentaux riches.
Ici, où se répand le règne du niais consumérisme, de l’égoïsme hédonisme, tout cela qui fait que l’on refuse la venue des enfants ! Une solution crasse : l’émigration. Devenant un nouveau —pas moins méprisable— colonialisme, ne craignons pas le mot ni le fait : un colonialisme masqué. Mais pas moins dégueulasse que « le colonialisme » de jadis. Un colonialisme « inverti » qui dit : « On ira plus dominer et exploiter les pauvres (la France, l’Angleterre si longtemps ), on va dorénavant les importer. Marchandisation des humains, amenant le piétinement des racines. Tout aussi dégoûtant colonialisme, avec victimes innombrables désormais et des résistances prévisibles à l’intégration, avec, si souvent, l’engendrement de la délinquance en ces ghettos nocifs.
Il aurait fallu —après la guerre de 39-45— ces ignobles colonies tombées, nous des nations développées, aillions aussitôt aider tous ces pays mal pris. Nous sacrifier. Partager vraiment les savoirs, nous appauvrir carrément et apporter très généreusement la technologie, les progrès, de l’aide vitale. Non pas les amener à s’expatrier tous ces démunis de la terre.
Voilà le grand malheur actuel: l’arrachement favorisé. Paresseuse recette des nantis, solution de fainéants repus que nous sommes.
L’exil, vanté, publicisé —« full colors »— dans les ambassades et consulats « pour les pauvres de la terre » n’est pas une solution humaine. Ces réfugiés, volontaires ou non, sont tristes, souvent vont mal. De là tant de situations fatales en « leurs nouveaux pays ». Nous en profitions lâchement via ce cheap labor. Quoi faire ? Stopper ces flux fous d’immigration ? Oui. Aller —ceux du G-8 et allii— vers eux, chez eux avec des moyens efficaces, solides, très sérieux. Partout, en Afrique, au Maghreb, en Amérique du Sud, en Asie ex-coloniale, collaborer vigoureusement à ce qu’ils s’en sortent. Ainsi : fin de ce sale néo-colonialisme actuel qui est l’IMPORTATION ENCOURAGÉE DES PERSONNES HUMAINES. Une honte !
N’est-ce pas le pire des colonialismes ? Comment stopper, et au plus vite, ces déracinements odieux qui assassinent des âmes ? Qui font que l’on entend toujours le même lamento:  » ON NE VEUT PAS DE NOUS ! », les : « Je suis incapable de m’intégrer. On me refuse. C’est trop difficile, ce racisme rampant chez vous », etc. »
Qui partagera mon opinion ? Déraciner des personnes en les amenant à immigrer c’est les tuer. Dans leur âme ! Oui ou non ? Petite lueur d’espoir : il se peut que —à Paris comme à Montréal-Nord ou Côte des Neiges— les enfants des enfants des émigrants un jour s’intègrent harmonieusement —pas s’assimilent. Il faut l’espérer puisque le mal est fait.
Et notre dénatalité à régler ?
Si une nation ne se reproduit pas normalement —les Canadians ou les Québécois— qu’elle crève ! Tant pis pour elle ! Elle et son hédonisme égocentrique. Qu’elle disparaisse, la décadente, c’est tout ce qu’elle mérite. Car c’est une solution extrêmement malsaine que d’inviter à s’expatrier « les misérables de la terre ». Détestable camouflage que cette « question dénatalité » avec une dégoûtante invitation : les inciter à abandonner leur culture, leur langue souvent, les us et coutumes chéris, les parentés. Ces déracinements les rendent malheureux, « normalement » nostalgiques. Expatrié, je serais malheureux moi aussi. Il avait bien raison Dostoïevski exilé se lamentant : « Le plus grand des malheurs est d’être apatride ! »

GHETTOS MAUDITS ?

Pour les fédéralisants inconscients comme pour certains fier-pet « citoyens du monde », satisfaits d’être apatrides, content de leur auto-déracinement, heureux du reniement de leurs culture, « Québec libre » voudrait dire ghetto. Le mot tabou, le mot maudit. Une haine féroce des rassemblements identitaires. Si souvent nécessaires cette identité aux éxilés, aux émigrants, éparpillés de l’univers. Et aussi aux ex-fédéralistes russiephones. (On l’a vu avec plaisir pour l’Ukraine.) Par contre à Toronto-la-moderne (?), des dirigeants politiques souhaitent favoriser le ghetto ! Ah ! Oui, le ghetto mahométan. En offrant à leur communauté musulmane des tribunaux religieux. Avec cours de justice à part, officiels, aux relents masculinistes-machistes bien connus. Plein de pays ont honte de ce sinistre « Ontario-nigaud », l’avertissent du danger. Ghetto maudit.
Le sinistre courant de la rectitude politique dérape et un racisme accepté, nommé hypocritement « discrimination positive » s’étale. Attitude insultante au fond pour tous ceux qui furent bafoués et sur le dos desquels désormais, on veut se débarrasser de la culpabilité gênante. D’instinct, nous étions nombreux à nous méfier des beaux projets trudeauïstes, de son multicultiralisme, sa vaseuse mosaïque canadian. L’encouragement d’Ottawa des ghettos, leur entretien et leur prolifératon, c’était un moyen de nous diluer, la nation québécoise.
Ghettos maudits ? Oui car c’est un massacre immonde du projet naturel des enfants d’émigrés. Eux ne souhaitent qu’une chose, s’intégrer au plus tôt à leur nouvelle patrie et en toute harmonie. L’enfant déteste viscéralement qu’on le marque (comme au fer !) pour n’étant « pas tout à fait » de son environnement. Il ne souhaite pas du tout voir se perpétuer chez lui, autour de lui, les marques d’une culture étrangère. Étrangère aux gens qui l’entourent, avec qui il va aux écoles, parmi lesquels il voudra grandir, s’épanouir normalement. Hélas, des émigrants angoissés et très autoritaires, des égocentriques innocents?, s’acharnent à ralentir, voire à abolir, ce sain besoin. Un grave méfait pour la jeunesse émigrante et qui empêche cette intégration tant souhaitée. Ghettos maudits !
Certes, dans certains pays arriérés, il peut y avoir une tyrannie de la majorité, c’est un fait têtu. Quand les lois sont démocratiques, le danger est faible. Mais la favorisation des ghettos par Ottawa c’est la volonté non avouée de « dilution d’un peuple ». La désagrégation hypocrite d’une nation. Cette horreur est sans cesse encouragée par les prédicateurs de la multi-ethnicité. « Tentons de ralentir le sain et normal nationalisme québécois », a imaginé Elliott-Trudeau. Et puis ses suiveurs et nos valets stipendiés des Communes. Ils grimpèrent aux créneaux en criant : « Vive les ethnies multiples ! » Voilà, cela peut mener à ces tribunaux spéciaux ontariens pour « affaires musulmanes » !
ll y a longtemps que l’on se bouchait les yeux, par exemple, avec notre argent public versé aux écoles « séparées », ces niaises subventions à des ghettos sont une plaie purulente. Pour Juifs, Arméniens ou qui que ce soit, ces écoles faussement privées se perpétuent et s’agrandissent aux crochets de toute la nation, ils sont des ghettos maudits. Ces lieux d’éducation, de formation, d’apprentissage de la vie enseignent « la séparation », les cloisonnements, la continuation sans vergogne de la non-intégration. Je ne parle pas de bête assimilation ici :la religion et des us et coutumes culturels sont de mise au sein des nations constituées, sont de bon aloi chez tous les amateurs sincères des diversités, j’en suis. On ne parle plus d’être tolérants face au murage compact des partisans de ces ghettos, non, non, on parle de racisme et d’intolérance à la majorité, nous tous : 83 % du Québec. Observez la fermeture serrée de certaines communautés telle, par simple exemple, la « dite Hassidim » à Outremont.
Lisons dans des gazettes récentes :dans le quartier juste à l’ouest de la Petite Italie, Parc Extension, 66% de ses habitants acceptent mal (en 2005 !) la loi 101, le fait français, la langue obligatoire à apprendre à l’école. Non mais… Chiffre inquiétant ! C’est bien pire que navrant. Oui, ghetto maudit ! Là aussi, nous nous aveuglions depuis bien longtemps. Quand une nation forme un pauvre tout petit 2 % sur tout le continent, il aurait fallu ne pas jouer stupidement la porte grande ouverte à tous, aveuglément. Quelle inconscience de nous mettre ainsi en danger grave de dilution à terme. La force d’assimilation des USA (250 millions de parlant anglais ) n’a pas à craindre, elle, ce danger. Il faut, et de toute urgence, n’ouvrir l’accès québécois qu’aux candidats francophonisables, par exemples : aux pays du Maghreb, Tunisie, Algérie, Maroc, avec aussi ses Juifs sépharades francophones si souvent. Haïti certes, et tant de citoyens carrément francophiles comme on en trouve au Liban, en Égypte et, nous dit-on, dans certains pays de l’Est. Une fois installés parmi nous, ne subventionnons plus comme des cons les ghettos maudits, abolissons vite l’argent public aux écoles soi-disantes « privées ».

PALESTINIENS ! BONNE ANNÉE !

Au début Dieu créa …non, je me trompe, au début, après la guerre, 1945, des militants juifs, justement catastrophés par l’effrayant antisémitisme allemand, décidés à refonder une patrie, écœurés des promesses de la Perfide Albion, passèrent à l’action. Avec terrorisme comme il se devait. L’affaire-État-hébreux-à-ré-inventer déboulait. Pour longtemps dans le cauchemar-actualité. Installé avec précarité sur de bibliques terres, Israël-chasseur ouvrit des camps pour les chassés, les Palestiniens. Comme toutes les nations humaines (tel les Québécois) le monde araboïde en fut fort secoué mais désuni. Jeux d’intérêts à sauvegarder. Pétrole à vendre ! Des Juifs modérés criaient :
« Partageons le territoire, frères sémites ! » Rien à faire : les chefs révoltés de cette Palestine dépecée rageaient : « Il faut rejeter tous ces Juifs sionistes à la mer » !
Voici 2005. Et cette guerre qui ne s’achève pas. À Tel Aviv, les conservateurs (droite religieuse) au pouvoir viennent de pactiser avec les libéraux de gauche pendant que l’on enterrait la figure emblématique du chef des rebelles, Arafat. Espoir ? En Égypte comme en Tunisie, partout, des Arabes observent les activistes palestiniens. L’ex-terrorisme juif a changé de camp. Des jeunes filles (et garçons) se suicident : « Allah où akbar ! » Le monde à l’envers : les juifs-errants de l’Histoire agrandissent leur patrie retrouvée après, pas des siècles, des millénaires ! Guerres gagnées : jusqu’à Jérusalem. Ce nouvel État juif ouvre des rallonges, nommés « colonies », au nom d’une inévitable (?) expansion. Ouvre aussi des abris chétifs, zones-refuges pour les vaincus. À nos gazettes, nous lisons : occupation, bouclages, barrages, démolitions, miradors. Récemment : murs d’enceinte. À nos téléjournaux nous voyons : tanks en patrouilles, barbelés, perquisitions. Et intifada : jeunes David à frondes versus des Goliath en furieux vengeurs, attentats sauce kamikaze, couvre-feu capricieux, harcèlement à postes douaniers, otages, explosions sanguinaires, confiscations, hélicoptères à mitraille, tirs à vue. Quoi ? Pardon ? Vous dîtes qu’Allah est grand. Hum… Bref, c’est le délabrement palestinien. Là-dessus, se répand l’islamisme intégriste et ses fanatismes. Madrid brûle-t-il ? Le Maroc maroquine-t-il ? Bien. Viendront, et vite, ces aviateurs musulmans endoctrinés. À Manhattan. Crésus-Ben-Laden reste introuvable. W. Bush mène la guerre en… Irak. Pourquoi là ? Dictateur à juger ! Et les autres despotes ? Bof !
Voici 2005 ! Haïti coulait hier. Puis l’Indonésie se noyait ! Coups frappés par la nature, l’innocente meurtrière ! « Comment va le monde, mossieu », questionnait un dramaturge ? Cette vive plaie ! Une Palestine aussi rassurée qu’Israël, est-ce que tout ira mieux et fin des étriperies ? Et des jeunes suicidés aux ceinturons de mort ? Voici donc 2005. Voici sans cesse des mots et, pire, des maux :plaques tectoniques remuantes au fond des mers… Mais les plaques politiques se soulevant ? Tous ces Palestiniens déplacés, comme on avait déplacé —pour les gazer par millions— tous ces pieux Juifs errants ? En 1938, à huit ans, à l’école paroissiale, nos billes au fond d’un gousset, nous lisions placidement notre manuel d’histoire. Nous voulions croire que « le mal » était affaire du passé. Non, à dix ans, soudain j’ai entendu le mot fasciste. Et puis le mot nazisme. Ce dernier installa des tas de Palestine : Autriche, Tchékie, Pologne, Pays-bas, France aussi.
L’histoire, ça n’était donc pas terminé ? Il y a moins d’une quinzaine d’années, M. Fukuyama, un Japonais instruit remettait ça. « Fin de l’histoire », qu’il criait quand le soviétisme s’écroula.
Bienvenue 2005 ! De ce funeste tsunami à raz-de-marée, un Victor Hugo aurait fait un gigantesque poème, la poésie se fait rare hélas, c’est la plate télé qui affiche à froid : plus de 50,000 morts ! On est là, assis, tranquille devant le Dieu-Hertzien ! Demain ? Une autre école de jeunes morts en Tchéchénie ?, un aréna en Israël ou bien encore un monde de plagistes noyé ? Un autre Palestinien suicidé en criant :Allah est grand ?, oui, grand à rendre fou tous ceux qui le vénèrent ? Tel Aviv dort mal, toujours nerveux. Tiens, cette fameuse fragile « faille » sous notre fleuve Saint-Laurent, hein ? Me voilà donc infecté par l’eschatologie partout rampante sur la planète-intégriste ? Cette religiosité des désespérés. L’espérance gagne sans cesse chez les têtes heureuses. Résistance toujours ! Je vous souhaite une belle et bonne année nouvelle.
Prudemment.

RAËL OU SCALPEL ?

Comme tout le monde, je me fait gober vif en potins salaces, échos médisants : un gérant abuseur sexuel soupçonné, le chien de la Richard, cet imposteur déguisé en pape laïc fumiste, Dutrisac-les-sacres repentant. Il disent ce beau mot, HUMOUR, mais ce n’est qu’horions mesquins, piques diffamatoires ou bien le règne voyeuriste aux anonymes friands de réalité monnayable. Au chômage les jeunes diplômés en art dramatique ! Le sadisme soft offert aux « veudettes » masos. Et trop peu de publicité à ce qui fonctionne. À ces valeureux cerveaux qui, en ce moment même, se penchent sur des microscopes, chirurgiens habiles qui vous retirent une tumeur, sans anesthésie, hop là boum ! J’ai le chapeau bas à la main : à Sherbrooke, une certaine Géraldine se fait opérer par ce scalpel à rayons gamma (Gamma Knife). « Guérie, miracle », dit La Tribune.
Des bollés étudient sans cesse. Des filles et des gars surdoués que l’on ne verra jamais aux tribunes à gogo, radio ou télé, ni en pages « spectacles ». Cette jolie expression : « l’espérance de vie », voulant dire qu’il est bien fini ce temps maudit où les humains crevaient jeunes. Tel, dans un rang de village Saint-Laurent mon grand-père. Mort tout jeune d’une simple appendicite ! Catastrophes épidémiques de jadis, adieu !
La science, radieuse, s’avance. Avec ses bénéfices, et ses dangers, certainement. Bientôt, la manipulation des gènes. Les peurs appréhendées, l’on corrigera les anomalies des poupons et, aussi, certains voudront une sorte d’eugénisme, j’en ai parlé. Hors ces sentiers-de-la-peur, il y a des progrès indiscutables. Ce scalpel à gamma, par exemple. À part les « cognés durement par un sort funeste » (Balzac), presque tout le monde veut mourir le plus tard possible et en bonne santé. Pas un mot sur ce fameux défilé, discret, sobre, dans les laboratoires des pays industrialisés. Les gens ne lisent pas —moi pas plus que les autres— les revues branchées en science, en médecine. Alors ceux qui ne visionnent même pas « Découvertes » (à la SRC le dimanche) sont des nigauds. Une pauvre petite heure de télé précieuse. Le reste des programmations se vautre dans l’insignifiant. Ne jouons pas l’ange, le divertissement de qualité, a son utile rôle, un devoir de bonne santé mentale. Mais pour la plupart, c’est « rire tout le temps », stupide pitance, goinfrerie d’insatiables, boulimie confinant à l’auto-crétinisation. Ils courent d’une distraction l’autre, jamais repus de bêtises aux radios du matin. L’idiote, comme l’idiot volontaire, un jour, couchée sur la table d’opération guérira puisque la science soigne, aucune discrimination, le taré et l’intelligent. L’imbibé de folichonneries ignore tout du monde scientifique, ne remerciera pas quand il retournera à son stupide programme de vie. L’ignorance des prouesses médicales fait de ces ignares des ingrats. Allez donc brailler en Haïti, ces temps-ci pour voir, impatients chialeurs hypocondriaques en salles d’attente.
Moi, jamais malade (je touche du bois), un dimanche récent, j’ai visité un hôpital en porte-parole —« Petite patrie » oblige— du 50 e anniversaire de Jean-Talon. J’ai découvert un monde, celui dont on ne parle pas aux bulletins stridents des actualités sensationnalistes. J’ai vécu, une initiation (légère) tant à la médecine nucléaire qu’à cette renversante « quincaillerie », aux innombrables prothèses métalliques. Des inventeurs —designers spécialisés— travaillent sans relâche à perfectionner ces inventions étonnantes. On est loin du caca d’une chanteuse, du désarroi d’un animateur culotté et puis congédié, loin du méméring (sempiternellement hollywoodien) bourrant les colonnes du journal. La démagogie s’engraisse :« Quoi ? C’est ça que le monde veut », disent les chef de rédaction. On en donne, auges débordantes, pâtée à chiennerie : « Mangez-en tous… » Ils se frottent les mains, ces gérants en imprimerie de fadaises.
« Pendant ce temps…meanwhile…, comme disaient les panneaux du cinéma muet, des personnes vêtues de blancs sarraus fouillent dans de puissants microscopes, cherchent, trouvent. Les foules s’évachissent sur le mou divan aux croustilles, devant la table à bières pendant que des esprits curieux s’enhardissent, jusqu’à ce qu’ils découvrent… un scalpel à gamma par exemple. Silence, grand silence dans les estrades du cirque. Il est enrageant de constater l’indigence des médias face à la science et ses merveilleuses technologies qui vont permettre aux loustics aliénés, indifférents, une fois soignés, d’avaler longtemps encore les poutines aux divertissements

NOUS, LA MAJORITÉ INVISIBLE !

Impression souvent que, même si nous formons plus de 80% de la population, nous n’existons pas. Foin de cette discrimination (positive, n’est-ce pas ?). En médias comme ailleurs, place seulement aux nouveaux venus. Il en va d’une sorte de fausse culpabilité imbécile. Cette frousse hystérique des « colonisés » de passer pour… xénophobe, raciste, etc. C’est que les « fédérats » adversaires d’un très normal nationalisme nous « garrochent » ces épithètes afin de nous faire taire. L’ère du soupçon (et du mépris) aura-t-elle une fin ? Or, des émigrants s’activent souvent à faire fleurir leur ex-nationalisme (pas moins normal). Exemple visible ? Dany Laferrière. Pas bavard sur sa nouvelle patrie. Il raconte plutôt Haïti, sa patrie abandonnée, profitant de sa chronique dominicale. Place aux… autres ! À observer ce racisme inverti (à l’envers, qui est méfiance de nous-mêmes) l’on en vient à déclarer : nous ? une majorité invisible » ! Tant pis pour les mérites, il faut absolument démontrer que nous sommes très, très tolérants. Les dirigeants, radio, télé, presse, partout, installent aux créneaux les nouveaux arrivants (Québécois à part entière, c’est entendu) par un mécanisme con.
Personne ne va nier le regrettable nombrilisme d’antan. Ces culpabilisés sont satisfaits : trop longtemps ce fut l’ignorance des Noirs, des Latinos, un temps, des Femme et des Homosexuels. Pour corriger ce tir bien bête de jadis, l’on fonce dans un excès contraire. Voyez que je ne crains pas les sujets délicats car qui ose contester ce regrettable « racisme inverti » est vite montré du doigt et re-pleuvent les « Xénophobes, racistes, etc. » Des mots sont tabous désormais et on taxe de « ceinture fléchée » ou de « pure-laine », quiconque ose protester.
Nos néo-Québécois vivent en majorité à Montréal. Souvent au centre-ville. L’observateur constate que l’exposure est montréaliste. exclusivement. Les provinces du Québec ? Qu’ils aillent au diable! Elles ne comptent plus. « Il n’y a de bon bec que Paris », disait-on jadis. Idem pour Montréal maintenant. On se fendra la gueule en pieux sermons pour déclamer qu’on illustrera toutes nos régions. Foutaise chaque fois. Cet auto racisme a comme conséquence : la majorité en devient invisible ! À ceux qui voient très bien ce « racisme inverti » on sort toujours la scie : « il y a des nationalistes chez certains des nouveaux venus ». C’est vrai : une infime minorité, hélas ! Peu de ces valeureux Maka Kotto. Nous sommes plus de 80 % de « descendants de colons », faux de dire « d’émigrants ». L’émigrant profite (et c’est tant mieux) des progrès d’une société devenue progressiste. Le colon, notre ancêtre, défrichait, s’installait, produisait, faisait s’épanouir une campagne, un village, une cité et il n’en allait pas ainsi des Amérindiens, cueilleurs, pêcheurs, chasseurs, nomades pour la plupart; c’était leurs coutumes, fort respectables, mais ils ne « bâtissaient pas pays » pour parler comme Vigneault.
Concluons : au Saguenay comme en Abitibi, en Beauce comme en Gaspésie, la majorité des « nôtres » ne voit plus à tous nos écrans —nos journaux, revues, etc.— que Montréal-centre-ville. Le cosmopolitisme qui excite tant nos déracinés volontaires décideurs en médias est commun à toutes les grandes villes du monde. Avec ses ghettos habituels. L’écrivain Bruno Roy (président de l’UNEQ) vient de condamner courageusement ce multiculturalisme et il s’appuie sur des témoignages d’émigrants (ou fils d’émigrants) lucides qui craignent cette tendance néfaste : Marco Micone, Naim Kattan, Neil Bissondath et Bharati Mukhejee. Ces nouveaux-Québécois dénoncent les dangers du muticulturalisme et ces néfastes ghettos —entretenus par Ottawa pour nous minoriser, nous diluer). Ils retardent la normale, nécessaire, heureuse intégration au 80 % de la population, devenue hélas une majorité invisible.

Lettre à ma petite sœur, Marielle

Quoi?, te voilà enragée contre l’indépendantiste Parizeau ? Tu m’annonces, dans ta « lettre de Rosemont », que tu voteras pas pour Landry à cause de lui. Écoute-moi ma petite sœur, n’étant pas candidat, je suis libre de dire publiquement ce que je veux. Toi comme moi, on connaît des « nouveaux québécois » indépendantistes. Une minorité, hélas. Lundi, « vote ethnique » en vue ? Oui. Encore. Chère ex-minidinette syndiquée, le peuple n’est pas fou —ne le méprise pas— il voit clair et n’a jamais été scandalisé par Parizeau. Ni au référendum de 1995, ni cette semaine. Ceux qui jouent les vierges offensées sont des menteurs, des langues de bois, et tous excitateurs stipendiés par leurs patrons-de-presse, ça les arrange de crier « horreur ».

La vérité, les faits, c’est têtu, Marielle. La majorité des émigrants, et, parmi eux, des gens s’installant au Québec il y a très longtemps— votent contre ce pays à faire naître. En 1995, dans certaines régions, ce fut —comme lundi prochain — la quasi unanimité. Un chef indépendantiste de grand génie, serait à la place de Landry que ces gens venus d’ailleurs voterait en majorité contre son parti. Pour eux, le Québec doit rester une simple province. Et les Québécois, « une minorité » parmi les 25 autres du beau grand Canada. Nous ne formons pas une nation, même on est plus de 80% de la population.

Plus grave, parmi nous, Marielle, il y a 4 personnes sur 10 qui se disent « non » à eux-mêmes et se joignent aux anglos, à leurs assimilés, aux gens des communautés ethniques, retardant la venue du pays normal. Si nous arrivons bientôt à dés-aliéner deux seulement de ces quatre traîtres —le mot est pris objectivement ici— nous gagnerons une patrie, comme toutes les nations du monde y ont droit (ONU dixit). Finirait enfin ce « Québécois-peuple-maître-chanteur », paroles de Trudeau. Finiraient les vains maquignonnages ( Victoria, Meech etc.), les fastidieuses sempiternelles querelles. S’il est vrai que les enfants actuels des émigrants — et vive la Loi 101 !— changent un peu ce vote culturel « fatal », ils ne sont pas bien nombreux encore.

Tu te souviens de 1995 ? Les chefs des associations de communautés —grecques, italiennes, etc.— appelaient à voter « non », à l’unanimité contre notre patrie ? Ce soir où nous découvrions qu’ils ne nous manquaient que quelques milliers de votes pour accéder enfin à un pays, Parizeau a eu tout à fait raison de blâmer deux faits têtus.

Un : « l’argent ». Nos adversaires, faisant fi des lois votées, dépensaient davantage que tout l’argent des deux camps pour cette « foire à unifolié » du Square Dominion.

Deux : « le vote ethnique ». Marielle, le mot chien ne mord pas, ces deux mots pas davantage. Ceux qui se voilent la face sont des poltrons, des mauviettes, des froussards paralysés de « rectitude politique ». Crois-moi, en 1995, le peuple devant son téléviseur —même nos « 4 colonisés sur 10 »— comprenait fort bien le diagnostic de Parizeau. Nous étions à un cheveu de la victoire. Sa déclaration était fondée. Allons, ceux qui avaient voté dans —par seul exemple— « Darcy McGee », comprenaient bien Parizeau eux aussi.

Marielle, à ce débat télévisé, Landry ne pouvait pas parler librement. « Le régiment médiatique des arroseurs d’huile sur feux » guettait. Si Landry avait eu des couilles il aurait déclaré : « Mon cher John, Parizeau parlait de façon vraie et réaliste ». Ma chérie, je te le répète, je ne me présente pas, partant je peux dire ce que je veux. L’on se tait « sur tribune » à cause d’un dévotion niaise à la statue pourrie nommée « La paix des hypocrites ». Pour des raisons variées (économiques, culturelles, sociologiques, historiques) nos émigrants —à part les juifs séréphades et beaucoup d’Haïtiens ?— sont associés à la vie à la mort aux anglos. Et donc à John Charest. Si je n’ai pas réussi à te faire changer d’humeur, au moins lundi qui vient, va pas voter pour la droite du « mariole » dumontier, ni pour « le parti des Blokes », va annuler ton vote.

Claude,

ton grand frère tombé jeune dans « soupe aux lettres » à môman-Germaine.

Journal – 8 Janvier 2003

jeudi, 2 janvier, fin des bouffes-fêtes, digérer désormais; ma chère Aile et moi en promenade sur le bel anneau blanc du lac Rond sous un soleil d’hiver ; le soir, chez l’arméno-québécois tom, vision de « hable con ella », extraordinaire film d’almadovar que ce « parle avec elle » : un infirmier « sublimise » tant sa patiente madrilène comateuse qu’il lui fera un enfant (!), un film inoubliable et, hâte, mon tom nous annonce la venue prochaine du « le pianiste »

vendredi, 3 janvier
, narcisse-raël fait les manchettes, il aura permis les législations s’élaborant partout sur la planète, merci au clown; chère Aile a détesté le dernier Irving « la 4 ième main », « infect », elle lis « la brèche » et dit déjà : « fort bon talent, on dirait de l’autofiction avec une sotte étudiante éprise de son prof bedonnant »; je termine le 3 ième « bouscotte » de mon éditeur actuel, stupéfait de ses charges envers ses collègues feuilletonnistes

samedi, 4 janvier, dernier « bouffe-ouf » chez nicole, la soeurette de rosemont; glouton, j’ai dévoré deux magazines français, stimulants, pourquoi, au québec, n’avons-nous pas une telle sorte de revue; « l’actualité » si peu « actuel », six québécois sur dix votaient « oui » à l’indépendance en 1995 et aucune publication pour soutenir ce lectorat, anomalie

dimanche, 5 janvier, diffusion de ma visite chez « madame b », pour « parler des femmes », « l’avenir de l’homme » selon le poète aragon, regrets de n’avoir pas dit ceci et cela; dany la ferrière, chronique dominicale de « la presse », raconte son intérêt pour notre histoire et en profite pour conter les libérateurs de son haïti natal… qu’il a fui : lâcheté d’un jeune journaliste ou sauvegarde

lundi, 6 janvier, m’ayant vu bombardé chez miss bombardier, ma « poucheure » de cigarette me gronde vertement : « pas fin de rigoler sur une ex-blonde devenue obèse », le risque des entrevues impromptues; suis allé au magasin de notre « école hôtelière » : bœuf au bleu (!) et fameuse tarte aux poires; j’ai mis sur mon site deux récents débuts de romans avortés, casser l’illusion que c’est facile d’accoucher

mardi, 7 janvier, journée à barbouiller des aquarelles pour un projet d’album illustré de ma « petite patrie », parution chez un artisan-éditeur de beauce, rené jacob, une seule me semble vraiment réussie : trois gamins changés en bonshommes de neige; avons loué « signs »-« signes », un film raté, navet

mercredi, le 8 janvier, oh !, ce matin, frédérique david me dit « oui » pour mon journal dans le sien, « accès » au bonheur, mon ex-voisin, claude-henri grignon, débutait dans un hebdo régional à saint-jérôme, moi itou dans « le progrès de villeray » en 1950, retour au sources ?; ah !, le critique louis cornellier du « devoir » aux courriels : il va lire et commenter « à cœur de jour », mon journal pour 2002, frais paru chez « trois-pistoles, éditeur », il m’a dit : « je dégaine », un vrai cow-boy !

Le jeudi 28 novembre 2002

1-
Ouf et re-ouf ! De retour à ma machine. La Carole-sommet-bleu, après « le nettoyage » de mon fils dimanche dernier, sort (épuisée) de remettre en ordre l’ordi. Mon calepin déborde de notes. Soleil ce jour d’hier quand le triomphe « Alouette-foot » défilait dans la rue Ste-.Cat. Delphis et sa Francine-vendeuse-d’aquarelles sortent d’ici pour retourner à leur lac proche de Lachute. Mon aquarelle du Jésus saignant, « pas vendable » dixit F., m’est revenue. Je la garderai en souvenir de cet été 2002 à barbouiller pour « La Maisonnette » de Soeur Gagnon.
Téléphone hier, Chemin Bates, l’ex-reporter et puis relationniste, Marcel Brouillard:  » Claude ? J’ai lu ton « À coeur de jour ». Oh ! Premier écho. Pis Marcel ?  » Tu es comme un frère tant j’étais d’accord avec toutes tes opinions. Un frère ! » Content de constater qu’un tel journal sert à cela aussi: confronter (ou non) ses humeurs, ses sentiments, ses émotions et les polémiques… avec un autre, celui qui les publie.  » Moi je pourrais pas faire ça, je saurais pas… Ça m’a fait du bien de trouver toute cette concordance, Claude ».
2-
Mon Marcogendre au téléphone, je lui parle du maudit charivari de mon ordi et il persifle: « Ah , c’est ça le i-mac  » ! Oh lui ! Vu hier un docu sur le navigateur-courseur Rouch, « Perdu en mer ». Toujours étonné de voir des hommes, mûrs, risquer tant pour ces courses de voiliers. Risquer la mort ! Sportifs inimaginables pour le sédentaire bonhomme que je suis. J’achève le brûlot « Larose n’est pas… » Deux textes (vers la fin de ce mince bouquin) de Jean-Claude Germain m’épatent. Un ex-dramaturge qui sait fesser ‹sur la peur de s’affirmer‹ et avec brio, politiquement fort bien armé. Chapeau !

Sheil-drapeau-Cops verse de l’argent public via Patrimoine-Canada à des éditeurs qui ont imprimé ces livres (très illustrés) subventionnés en Chine. Ou aux USA. Ça gueule en Chambre des..communes ! À Ottawa Doris Boivin, tête de fouine bureaucratisée, rétorque: « Quoi ? Pourvu que ça soit de succès » ! À Québec (Sodec), Louis Dubé, tête de fouine aussi, se défend: « Pourvu que ces livres fonctionnent bien en librairies ». Non mais…
Dans notre cour arrière, le chantier évolue, Chemin Bates. Très puissant portrait des travaux modernes. Impressionnantes structures, Aile et moi regrettons de n’avoir pas pris des photos de ce work in progress. On ditrat d’énormes sculptures éphémères de Christo. L’enveloppement (toiles de plastique opaques) de ces murets, de ces fondations de béton, fait un paysage troublant. Le soir, c’est encore impressionnant quand nous rentrons (de La Moulerie hier) : silhouettes inquiétantes, écorchements austères dans la nature éventrée, éclairage de sécurité avec ombres des arêtes de fer, graphisme violent de tiges d’acier agressives, ce building en élévation constante. « Et plus de soleil le matin quand ce sera tout dressé », se plaint Aile ! Eh !
Dans Hochelaga on se plaint du déménagement d’une structure riopellienne oubliée, abandonnée, mise dans un recoin anonyme derrière le Stade O., que l’on déménage au centre-ville. J’aurais voulu voir cet ouvrage, je n’ai vu que des photos. Pas bien certain d’un bon et solide Riopelle. Bof, on va y paquer des jardinets, du feu permanent, de jolies fontaines, ça devrait bien paraître. Maquillage ? Suis allé, mardi, chercher mon oreillette neuve rue Fleury. 2,300 $ Aïe ! Là, je vais vous entendre 10 sur 10 ! La jeune prothésiste: « Oui, il fallu la refaire, ils (ce « ils ») avaient coulé trop de plastique dans le moule fait ici de votre creux d’oreille… » Hum…Ouen, ouen !
3-
Après ma chère bavette saignante aux oignons de La Moulerie, appel chez ma fille:  » Écoute, pour Noël, au lieu de cette déchiqueteuse offerte …Aile et moi n’avons que deux vieilles serviettes de plage, usées à la trame, alors.. Éliane:  » Ouin, à ce temps-ci de l’année… bon, je vais chercher papa  » ! Appel de mon « ex » « Leméac éditeur » hier midi: « Un éditeur anglo de manuels scolaires, à Toronto, veut un extrait de votre roman « Le loup de Brunswick city », on peut lui dire « oui » ? J’en profite: » Si vous pouviez me dénicher un éditeur à Toronto, j’ai une bonne traduction en anglais de ce « Loup ». Elle: « Ah oui ? On a des contacts là-bas. Je vais voir. Je vous reviens ». Le compagnon de Carole-Sommet-Bleu a fait ce travail, Paul Paltakis. Il va être content.
Téléphone tantôt de la Marie-Tous-Les-Matins:  » Notez bien cela m’sieu du Jasmin: trois topos à préparer pour enregistrer d’avance. Les 6 ( mes bonbons en ménagerie), 13 (un conte de Noël avec enfants en studio et 17, ( un party des fêtes). C’est bien noté. Elle ajoute: « Pour mardi prochain, table ronde avec deux actrices grands-mères: discussion sur ce que « peut » et « doit » faire une mamie. Ou un papi. D’accord » ? Je suis d’accord.
4-
Mercredi visite impromptue au chalet de deux voisins, Jean–Paul et Maurice. Ils viennent nous sonder: pour ou contre la fermeture, la vente, du Parc Grignon, en bas sur la 117. Moi…je balance. Avec l’argent la municipalité va installer un parc tout neuf ‹à l’emplacement de l’ex-hôtel Montclair, j’en ai parlé‹ en haut de la côte Morin. Jean-Paul:  » En bas, c’est plein de jeunes poucheurs de drogues « . Aile:  » Pis ? Quoi, ils vont montrer en haut, c’est tout « . Je grimpe à ma salle à clavier, après tout c’est Aile la proprio du domaine ici, non ? Aile est ‘ »contre » l’installation du gros marché Métro dans ce parc vendu: « Déjà cette 117 est bloquée sans cesse, non  » ? Ça grogne chez les deux mâles. Je rigole. Débat en bas.
Tremblay ne pîpé pas un seul mot. On va faire un film en anglais de ses fameuses « belle soeurs » mais ce sera dans un tout autre monde., À Stéphanie Bérubé Michel a parlé de ma « Germaine » qui est allé pleuré en France et en Espagne. « Ça a donné de très bons résultats « , dit-il. Il a raison. Il sait les changements. Il s’en fiche., Il veut voir son histoire traverser les paramètres du Plateau pauvre des années 50. Il faut bien. En effet, on va bien voir…à la condition qu’on ne démantibule pas complètement son oeuvre tout de même. C’est à suive, à voir.
5-
Nat Pétro, une envie subite ?, refait surgir l’horrible drame familial d’un fils de juge, d’un petit-fils de pionnier valeureux: Alain Montpetit, frère de l’animatrice Francine Montpetit, ex-épouse de Gérard Poirier. Ce Alain se tuait, drogues ! Il est enfin accusé ‹on vient de refermer le dossier à la police new-yorkaise, une fille-témoin a fini par avouer qu’elle avait menti pour protéger ce Alain‹ du meurtre d’une jolie mannequin québécoise à New-York, il y a très longtemps. C’est une histoire qui illustre bien d’ex-colonisés, de ce pitoyable petit monde des « jeunes aspirants candides à la gloire ». D’une grande tristesse. Combien sont-ils, Québécois rêveurs, en ce moment même, à espérer la célébrité, talents mal taillés qui attendent dans des appartements minables que Dieu-Manhattan ouvre ses grands bras dodus ? Plusieurs sans doute qui se joignent à tous ces « chercheurs de carrière » venus des quatre horizons des États-Unis. Une armée de floués…peu d’élus. Si peu.
Dimanche la « une » à Joyce Carol Oates (USA) , par Nat Connard, dans La Presse quand viennent de paraître des dizaines de nouveaux romans ici depuis le Salon du livre et avant. Mépris. Le racisme inverti se poursuit ! Miss Oates cherche ses racines (Hon !) dans ce « I’ll take you there », Collard écrit: « les critiques (là-bas) sont loin d’être dithyrambiques… » Quoi ? C’est assez bon pour la « une » du cahier-livres au Québec, c’est ça ?
Dany Laferrière, nouveau chroniqueur en cahier- spectacles (?) (La Presse) déménage à Montréal. « La vie dans un camion « , dit-il. Oui, un « truck » qui n’arrive pas vite, il attend… sa vie miamienne (Fla) tassée dans une boîte montée sur quatre roues. Même canard, Céline Tessier (de Trois-Rivières) :  » Nous sommes ce que le regard des autres fait de nous « . Elle dit aussi que les mots tuent (sartrienne ?). Vrai et faux à la fois. Personne n’est obligé de rester sous une lumière défavorable, désavantageuse. Ni sous la pluie des mots blessants. Il faut rompre parfois. S’éloigner de ce regard humiliant d’un autre… qui nous rapetisse. Je l’ai fait souvent. Cette Céline trifluvienne recommande « la tolérance », moi, je recommande « la fuite » alors et vite hein !Ceux qui restent là, écrasés, sont des masochistes.
6-
C’est Louise Beaudoin qui a raison. Elle n’éprouve aucune surprise et n’est point scandalisée face à ce Canada « english only » , partout même en stade de foot. Faire la même chose: cesser les Ô CANADA en anglais au Québec. Il y a deux nations, c’est tout. Il faut être des cons ‹comme Trudeau‹ pour s’imaginer bilinguiser tout un continent, allons. Ceux qui grimpèrent aux rideaux dans le « west country » sont de pathétiques rêveurs. À propos de PET, bien faite la série sur lui à la CiBiCi. Bien menée. Fameux talent. Chapeau.
Mémère Simone Cousteau, vraie dirigeante du fameux « Calypso », l’océanographe célèbre, regretterait à présent la négligence de sa famille. Trop tard ! « Les intouchables » publie un livre sur cette « Âme de la Calypso » et Robert Laplante raconte la grand-mère racontée. « Elle regrette d’avoir sacrifié sa famille au profit de sa passion  » Eh ! Grandie au Japon, ancrée maintenant à Monaco, la mémée pleure. Bien content de n’avoir pas vécu une telle passion au détriment des miens. Tant pis, la passion finit en remords, on le sait trop. On pourrait nommer des noms fameux installés sur des ruines lamentables qui ravagent « les fieffés passionnés » devenus vieux.
Une jeune chanteuse, haïtienne adoptée ici, ne voulait rien savoir de ses origines. Bizarre ? Non. Il y en a. Malaise curieux. Préférer ne rien savoir. Mélanie Renaud, bien jolie, talentueuse (vue au Grand blond et au Gala-Sdic), parle volontiers de religion, a même une médaille de Saint-Joseph (offerte par une amie). Porte bonheur, fétiche, paganisme ?, nous serions surpris de savoir chez tant d’artistes de variétés de ces croyances candides. Longtemps scénographe de télé dans ce milieu, j’ai pu obtenir des confidences ‹sur le sujet‹ fort étonnantes. Elle a refusé carrément l’idée d’un prêtre en ombre persistante dans un clip-vidéo « car il y jouait un rôle ambigu. Eh b’en voilà ce que c’est que d’avoir du caractère. Bravo !
Le vieux Faust voulait rajeunir, on le sait, et signait un pacte avec le diable.
Anna Prucnal, actrice et chanteuse, dit qu’elle a toujours 12 ans ! Pouvoir stopper le temps, songe-t-elle. Eh !
Le temps ne me fait plus peur. Jeune, j’ai oublié d’y penser. Devenu vieux, je fais face à l’échéance. Et…en attendant… je descend pour la bouffe du soir. Oh vie suspend…tout ce que tu voudras !