JEUX INTERDITS ?

 

Joli dimanche au soleil tamisé et suis amusé d’observer tous ces enfants au rivage du lac gelé. La beauté et la gaieté dominicale avec ces glissades : tant de traîneaux, de luges. Et de patinage. Bonheur brut de l’enfance. Que de modernes « machins de glisse » divers. De ces objets gonflables colorés des temps nouveaux si inventifs.

Parmi mes chroniqueurs préférés, il y a Stéphane Laporte quand il narre des péripéties de son enfance. Il stimule, fait nous souvenir. Il y a 30 ans ?, allant visiter mes deux « vieux » bien aimés et dont je m’ennuie tant, une envie me prend : sortir pour revoir, 25 ans plus tard, ma ruelle, là où j’ai joué durant tant d’années, hivers comme étés (Bélanger et Jean-Talon). J’y vais. Personne ? Pas un chat et pas un bruit ! On ne tire plus ni ne tue ! Pas même une ombre qui court, qui tombe, qui saigne aux genoux. Ou qui frappe une balle, une rondelle. Qui casse une vitre, qui fuit la police dans l’entretoit des Vincelette !

Étonné, je rentre : « Maman ! Il y a plus d’enfants dans notre ruelle ? » Les temps changeaient ou il y avait tellement moins d’enfants ? Je sais : il y a eu de ces moniteurs salariés dans les parcs, des excursions organisés. Et mes petits fils allèrent à ces « camps d’été ». Totale liberté là ? Comme dans nos libres et sauvages ruelles ? Hum ! Comme Laporte ma stupéfaction quand je lis que des « vieux » plaignants font détruire une patinoire d’enfants dans une ruelle ! Faut publier le nom du fonctionnaire imbécile obéissant aux chialeurs, non ?

Ah ces empêcheurs d’enfance ! Tel notre « M’sieur Turcotte », vêtu de sa noire redingote, qui nous imposait, au milieu de notre ruelle, cent pieds de silence absolu. Les petits cow-boys, durant deux minutes, se changeaient en anges muets le long de ses salons mortuaires. Dès les premiers cris et « tow-tow » d’un funeste combat « western », mamzelle Laramée rentrait son chat de haut pedigree et le populaire gros docteur Mancuso rentrait vite dans sa cour ses débordantes poubelles… d’urine, de sang… et autres fluides. La belle noiraude Sylvana sortait gruger du raisin, toute décolletée, langoureusement pendue à sa barrière de jardin, offre d’une énamourée ! Pur gaspillage ! Un jeune guérillero du far west n’a pas une minute à perdre à contempler une fille !

J’ai été jusqu’ à 12 ans un petit voyou, un fracasseur de carreaux chez Colliza, chez Ambrogi, au hangar de la veuve Décarie. À 13 ans ? Illusion paternelle : je devais faire un prêtre et on a jeté le vivant voyou chez les « Messieurs de Saint Sulpice » (nommés : les supliciens  ), au Grasset. Fin des jeux sauvages e t, vu les congés à des jours différents, la lourdeur des devoirs, ce sera la fin de mes amis et de la ruelle. Adieu donc à mes fidèles, Deveau, Moineau, Malbeuf (leurs vrais noms). Ici, dans mes collines, en mon village sans ruelle, où donc crient et jouent les gamins insolents ?

 

 

 

 

DES RAISONS DE VIVRE PAR ICI ?

 

 

 

1-Moins de bruits, matins comme soirs, c’est certain.

2-Fin des rues achalandés, impassables et bouchonnantes.

3-À portée de…pieds : que de beaux sentiers enneigés.

4-Choix vaste de restaurants et souvent coquets.

5-Une École Hôtelière aux offres parfois raffinés.

et

6-Deux sérieux hôpitaux moins encombrés.

7-Dénicher un lac proche et s’y promener au soleil.

8-De grands marchés aux denrées si diversifiées.

9-De solides cliniques avec personnels compétents.

10-Plus facile de « socialiser » entre voisins.

et

11-Facteur, déneigeur, éboueur, on peut parler avec.

12-Moins de stress, pas « d’heures de pointe » énervantes.

13-Pas de collants et encombrants colporteurs à nos portes.

14-Vues sans cesse stimulantes en pays de collines.

15-Architectures moins monotones et plus libres.

16-Moins de bruitage métropolitain, leurs stridentes sirènes.

17-Pour, à Val Morin, le petit théâtre au menu varié.

18- pour les nombreux écrans du cinéma Pine.

19-pour les expos parfois audacieuses de Val David.

et

20-pour le bon vieux « Patriote » de Sainte-Agathe.

21-pour le faste parvis d’animations saint-sauverien.

22-pour. Là, la féérie hivernale des lumières des côtes.

23- pour, là et à Ste Adèle, les théâtres gais, l’été.

24-pour mon cardinal, colibris et jolis geais bleus…

et

25-pour mon couple serein de tristes tourterelles.

26-pour, sous la galerie, ma marmotte cachottière.

27-pour mes beaux rats sous le quai, , bien musqués.

28-pour la chatte, pourprée ça et là, de ma voisine.

29-pour l’ours bleu du Sommet Brun, non, l’inverse !

30- pour tant d’écureuils trépignants aux sapins.

Enfin :

31-pour les poissons rouges à la belle plage publique.

32-surtout, pour l’air vif dépolluant et en quatre saisons.

 

UN CONTE DE NOËL


Longtemps, avant de devenir demi-sourd, on m’invitait à lire un conte de Noël à la radio, chez Suzanne Lévesque à CKAC ou chez « mossieu Belair », à CKVL, très longtemps chez Paul Arcand à CJMS, puis à Corus. Certains me suggèrent de les publier mais moi, l’éparpillé, j’ai égaré ces manuscrits. Aussi, je m’excuse si certains se souviendront de ce conte que je vais tenter de reconstruire.

C’était Noël demain et l’hiver de 1950 fut précoce. Déjà en cette veille de Noël, il y avait de la neige partout, parfois en hauts congères dans les rues du village. À l’hôtel où je travaillais, le chef des cuisines, M. Liorel, venait d’engager un jeune cuisinier, Marcel, un type originaire de Marseille… « bonne mère ». J’avais une affection spontanée pour ces migrants européens et j’aimais Marcel puisque j’aimais le bagout, la vivacité, l’esprit et le goût des discussions vives chez tant de Français-de-France. Je m’étais donc lié rapidement avec ce long noiraud, frénétique, maigre de corps, au visage nerveux.

Ce soir-là, il neigeait vraiment très fort et c’était beau à observer à travers les fenêtres du Chantecler. « Tu sais ce qui me plairait Claude ? Aller marcher en forêt sous la neige. Un rêve d’adolescent français quand je lisais Jack London ! » J’avais accepté avec joie. Et puis c’était un fait, moi-même, le citadin, je n’étais jamais allé marcher la nuit, dans un boisé, un soir de neige tombante à gros flocons. «  Oui, mon vieux, on y va, chausse tes neuves bottes ! » Il faisait doux temps, la nuit était belle, le ciel d’une sorte de bleu violacé avec quelques étoiles clignotantes au fond du firmament. Un haut-parleur de l’auberge, dehors, faisait entendre : « Les anges dans nos campagnes… » justement, Marcel était… aux anges !

Au bout de quelques minutes, suivant un sentier mal défini entre deux collines, nous étions seuls, dans la noirceur avec de faibles feulements. Brrr…Des bêtes inconnues ? Nous étions deux pèlerins sans but ni mission, libres, enfoncés dans ces bois de pins et d’épinettes, Marcel, comme moi, s’était fabriqué une canne d’occasion. Nous vivions au fond d’un conte de Jack London, seuls au monde et muets de contentement.

Perdus au fond de nos montagnes, nous imaginions des fantômes, soudaine bizarre lueur qui surgit et disparaît, une ombre mouvante, un orignal ? Marcel imaginait un ours ! Le fier Provençal se glissait derrière moi peureusement. Je n’en menait plus trop large moi-même. Et, une heure plus tard, au bout de nos zigzags aventureux, les oreilles rougies de froid, quand Marcel me parla de rentrer à l’hôtel, je lui avouais être perdu ! C’était du temps ou pas un condo n’avait trouvé sa niche dans ces parages ! Nous tournons en rond et Marcel, silencieux, devinait mon désarroi. Quel exemple, un québécois-de-souche « écarté » !

On a de plus en plus froid, la neige a cessé de tomber, on découvre une sorte d’abri délabré et on y pénètre. Rien, pas même une « truie », dis-je à Marcel, parlant d’un rustique poêle bas, à bois. Pas une bûche donc mais une paillasse déchirée, deux ou trois pots vides,, une fourchette rouillée, un cruchon de vin cassé. Sans rien nous dire, tracassés, abattus, admettons que l’on se sentait désolés et franchement inquiets. Marchons. Sans cette lune souvent débarrassé de ces nuées grises, ce serait le noir absolu. Marchons. Soudain, Marcel pousse un cri ! Au loin, derrière un bosquet touffu de cèdres noirs, une lumière brille ! On y marche allégrement. C’était une maisonnette bancale, l’unique fenêtre rabougrie fait voir un lampe à pétrole brillante. Un peu soulagés, Marcel rit rauque et moi de même : délivrance ? Je frappe à la porte de planches mal clouées et un maigre haut olibrius nous ouvre. Il est en sous-vêtements laineux, porte une tuque sur le crâne et, les dents cassées, nous sourit volontiers : «  Si je m’attendais à de la visite une veille de Noël ? Entrez mes bons amis ! »

Marcel rassuré acceptera de boire de sa liqueur alcoolisée, une « robine » écoeurante. Reconnaissance oblige ? Une fois un peu réchauffés, ce « hobo », qui dit se nommé Rosaire, rigolard, acceptera de nous guider vers un sentier menant à l’hôtel. Ouf !

Très tard, dans le « mess » des employés, j’écoute mon cuistot redevenu joyeux : « Mon vieux, merci mille fois, c’est une nuit de Noël que je n’oublierai jamais de ma vie ! » Je rentrerai vite dans mon atelier-écurie de potier bien soulagé. Au resto de « la grosse madame », rue Morin, ça hurle dans son haut-parleur : «  Dans cet étable, que Jésus est charmant… » FIN.

 

 

 

IL Y AVAIT…

 

Il y avait des illusions, du rêve et du vent, il y avait bien peu, si peu en ce temps-là, il y avait au matin du 25 décembre, des fruits, une orange, du raisin, une banane au fond du bas accroché au pied du lit, il y avait des illusions, des jongleries, par exemple cette riche marraine exilée qui, enfin, me reconnaîtrait et me gâtera un peu; il y avait tous les petits voisins, les enfants des riches, le fils du médecin, les filles du notaire, il y avait le chanceux fils d’avocat et son cadeau de Noël, de grand prix, sa luge avec coussin, heureux l’héritier du député et sa guitare hawaïenne, il y avait quelques privilégiés, il y avait la jalousie, un nouveau Noël et pourtant bien peu d’espoir, foin d’une vie nouvelle : rien ne va se passer, les routines des enfants-du-peuple vont se continuer; il y avait à l’église paroissiale et ce marmot moulé en série, blond, frisé presque nu dans une étable, au fond d’une grotte de papier mâché…

Il y avait eu… en février, la fête de la Saint Valentin avec nos découpés en carton bien rouge, les petits cœurs saignants, les moqueries aux amoureux collés du parc Jarry, des fauteuils du cinéma ou du banc du terrain vague, coin Jean-Talon, il y avait eu la Sainte Catherine et les papillotes de tire sucrée que maman savait si bien étirer, il y avait eu l’Halloween et nos quêtes aux portes allumées, nos sacs bourrés de friandises; là, c’était la fin de l’année presque, la naissance du rédempteur et la chorale de Sainte Cécile qui va entonner «  Peuple à genoux…! »

Il y aura… veille de Noël, l’oncle cantinier du CPR et ses babioles, boîtes à surprise achetées des employés Noirs à sa Gare Windsor, colifichets, gris-gris surprenants, l’oncle riait et vidait lentement sa fiasque de p’tit blanc; il y avait devant le cinéma Plaza, la vieille bohémienne, son perroquet et ses cartes de « bonne aventure », mes grandes sœurs pigent dans la cage, s’esclaffent, amour, toujours, amour !

Il y a… à l’étage chez la voisine, madame Diodatti et son tricot à finir, cadeau unique, il y a aussi, troisième étage, madame Le Houillier et son mari incurable, « le p’tit Jésus va-t-il enfin le guérir? » Il y a, voisin bruyant, monsieur Laroche, Pierre de son prénom, et son Business College fermé pour la semaine des Fêtes, il y a le cordonnier Pasquale Colliza qui parle d’aller visiter sa tante riche à Miami; il y a, rue Bélanger, monsieur DiBlasio, et fleurs de papier pour ses comptoirs de fruits, il y a, rue Drolet, Frank Capra et ses neuves offres de carreaux de porcelaine en couleurs mirifiques; il y avait toujours, chaque hiver, les belles patineuses, champ du Shamrock, à l’ouest les stalles vides en béton du marché Jean Talon; au dessus du poste de pompiers, il y avait ma chère bibliothèque publique rue Saint Dominiqe, passé les usines de Catelli et de Coca-Cola, le Patro Le Prévost et ses équipes organisées pour le ballon-chasseur, le ballon-panier; il y avait le musée des « bêtes empaillés » à l’Institut des Sourds et Muets, rue Saint Laurent. Avenue du Parc, la gare des chemins de fer où l’on ira, Noël après-midi, regarder partir et arriver les voyageurs de toute l’Amérique du Nord; il y a qu’on rêve de partir, de s’en aller très loin, visiter des mondes moins pauvres et qu’on osait pas jouer les hobos, sauter les wagons de marchandise en vrac.

Il y avait… que, Noël pas Noël, en ce temps-là l’existence était chétive, maigre comme un clou mais qu’on se disait : « Il y a une justice, regardez, même lui, l’enfant Jésus, futur Christ sauveur de l’humanité, couché dans la paille ! Réchauffé par un bœuf et un âne !

 

« PRENEZ UN KAYAK »


Eh oui, première neige déposée durant la nuit. Au matin une poudre légère partout, maquillage avant-coureur de ce qui s’en vient ? Café à la main, soudain, je me frotte les yeux : qui file sur le lac ? Un jeune homme en kayak. Silhouette sombre et gracieuse : un humain tout encastré dans sa frêle barque pointue, sa rame à deux branches s’agitait en régulières saccades contre un firmament d’un beu marial. Il vente fort sur le lac et cet accoutrement tricoté serré —figure quasi mythique— disparaît vite de notre vue. Ce fut comme une fugitive vision d’un été soudain… attardé, revenu ! Image qui m’a surpris tant notre familier plan est devenu si désert en fin de novembre. Plus un chat, comme on dit, plus le moindre navigateur, le voisin Ouellet a rentré depuis longtemps son étrange voilier, Marie-ma-voisine ne se sauce plus à l’aube, ni elle, ni mon vieux Jean-Paul Jodoin, son paternel. Pas même Pauline-la-beauté pourtant pas frileuse, ni le fils de feu le juge Boissonneau, athlète à fort souffle pour qui le tour complet du lac est une randonnée légère, dirait-on.

Vrai, plus un seul chat sur le lac, et donc, soudain, cette apparition du matin intitulée : avironneur dans kayak. Deux jours plus tard, nouvelle enveloppe blanche tombée des cieux sur nos terres. Songer à —bientôt ?— ces hordes de joyeux promeneurs qui arpenteront les anneaux aménagés sur le Rond (merci m’sieur le maire Charbonneau !). Vive alors les grands bols d’air d’hiver avec ou sans chiens, avec ou sans poupons, avec ou sans vieillards à canne… Avec ou sans bonheur ? Bien…une joie diffuse, modeste, discrète habite ces habitués de plein air les samedis et dimanches sur la glace. Ils figurent évangéliquement —confiants comme ceux de Tibériade— qui, à Sainte Adèle, marchent sur l’eau ! Hum… à la condition de la savoir ben durcie, bien ferme, à l’abri de toute noyade car Jésus n’est plus guère présent en 2012 !

Je l’ai publié : je ne crains plus l’hiver et je ne me réfugierai pas en Florida, USA. Non, affronter stoïquement ces trois mois avec confiance, je le redis, bien savoir que cette saison si durement diffamée chez les frileux médisants de l’existence, va filer aussi vite que l’été. Alors qu’il vienne. Même si, à mon grand âge, j’ai abandonné depuis très longtemps le ski. Bien savoir que, pas loin d’ici, les collines sont vaporisées des nuits entières à grand coups de ces canons-dits-à-neige. Bombardement pacifique. Plein de passionnés de ce sport se risquent déjà à dévaler des côtes abruptes recouvertes d’une croûte de pâte blanche pas trop abondante pourtant ! Me contenter, moi, de rêvasser à nos expéditions de collégiens (d’André Grasset) au Nymark. Le samedi soir, nos flirts avec de belles étudiantes montréalaises, ces danses pas trop catholiques du « slow » —collés à mort— au Red Room du Montclair à Sainte Adèle. Ou encore, soirs de semaine, nous nos contentions —merci tramway— d’aller glisser en skis sur les timides pentes du mont Royal autour du « monument à l’Ange » —sculpture de Laliberté. Ou, grimpeurs vaillants, tout autour du chalet du sommet. Et dans sa « cuvette », soi-disant bouche du volcan ! Ou, à l’ouest, dans l’alentour du Lac des Castors —plus petit encore que le Rond ! À sa cafétéria, attablés avec une nymphe « à jupon de velours et pompons », la tasse de chocolat bien chaud était élixir ! « Tu habites où ? » et notre crainte que la belle aux longs bas jaunes réponde :

« Pointe aux Trembles. Ou Ville La Salle ». Merde, deux, trois tramways pour aller la reconduire !

 

DEVOIR D’ÊTRE HEUREUX, DE BONHEUR ?

Vive le bel été, ô joie, vive la nature épanouie, ô bon bonheur ! Tous les jours, trois beaux canards (comme dans la chanson) se baignent au rivage. Certains jours, deux, un couple avec le mari coquet et décoré, l’épouse, sobre et terne (!). Certains matins : un seul. Querelle dans un « Ménage à trois »? Est-il un canard « Tanguy » refusant de se construire une vie-bien-à-lui.
Ça mange et c’est comique de les voir, les trois culs blancs en l’air, les six pattes qui pataugent, six becs en plongée. Pour quoi ? Pour des alevins (les p’tits ménés, disait-on). Mon trio, hélas, moments de pauses, va se hisser sur notre radeau, se secoue les ailes, se rapetasse en boules de boulingrin, et… merde ! ( c’est la cas de le dire) décorent la plateforme de multiples morceaux d’un chocolat déféqué et pollueur.
Un matin chez mon « puscher » de nouvelles), Monsieur Taillon-du-Calumet (noble sire) me questionne : « Le lac, là-haut, c’est bon pour la baignade, oui ? » Oh oui et quelle aimable vision quand j’aperçois, au loin, la plage remplie de joyeux baigneurs au soleil. Arrosés et arroseurs, petits cris de plaisir, maillots colorés variées, c’est ça « le plein été » avec juillet qui s’ouvre. On sait que les résidents y ont droit gratuitement et venez voir les neufs jolis aménagements; merci m’sieur l’maire Charbonneau ! Concert de duettistes dans l’air ?, ma foi oui : comme en échos à ces joyeuses clameurs, je vois les baigneurs d’en face, à cet hôtel où, aspirant potier démuni, je lavais la vaisselle en hiver de 1950. Bon. Enfin, preuve du vrai été, le soleil-jean-claude-gauthier, est revenu à sa charrette lumineuse rue Valiquette, ô petits fruits bénis !, et sa perpétuelle belle humeur.
Samedi, soirée magique à Saint-Eustache-la-Neuve, boul Pie X11. Fête surprise pour 50 ans de « vie commune », pour  ma cadette, Nicole. Elle s’amène en toute innocence chez son fils l’horticulteur, Sylvain (qui porte bien son  nom !) et c’est le total étonnement ! Découvrir au jardin une trentaine de convives (parents et amis) qui lui chantent « bonne fête ». Vive motion. Larmes discrètes. Ce sera l’inévitable « album parlé » sur nous tous, avec les deux  clans, les Vézina-Jasmin. Bavardages croisés faits de nos folies de jeunesse, petits bonheurs masquant les petits chagrins, des déceptions. C’est long, un demi-siècle. « Entre la jeunesse et la vieillesse » chantait feu une poète de Morin Heights…samedi, quelques jolies jeunesses : Aube, Fanny, le petit Milo…qui nous sourient examinent ces têtes blanches rigolards de tant de souvenirs, Heureux, parfois tragiques. J’en parle ici pour dire que l’été c’est « le bon temps » pour des rassemblements familiaux. Samedi, au milieu des rires et des cris, des gâteaux et des vins, pas un mot sur cette pauvre Syrie qui saigne en ce moment ou sur le Mali en Afrique-des-désespoirs, toutes ces ténèbres armées ! N’y a-t-il pas un devoir d’être heureux pour ceux qui, comme nous, ont la chance de vivre par ici. Les « faces de carêmes », les « grise mines », les « longues figures », sont des ingrats occidentaux repus. Des inconscients. Chanceux et comblés, oui, il y a devoir de bonheur.

DIRE ADIEU ?

Soudain elle a eu les yeux —comme on dit— pleins d’eau. J’étais mal. Je regrettais mes paroles. Il y a que… ça ne cesse pas autour de moi : « Vous ne pouvez pas rester encore bien longtemps ici ». J’en parle. « Raymonde, combien de temps encore ? » Elle : « Tais-toi, je ne veux pas m’en aller d’ici ? » J’ai dit : « On jase là », en Guy Lepage. J’ai songé à toutes ces « vieilles personnes » obligées un jour de « casser maison ». Tout quitter de ce qui fait notre décor quotidien, nos choses à soi, amis, voisins. C’est qu’il y a l’entretien —pelouses l’été, la neige l’hiver. Si vous voyiez ma cave : un capharnaüm !
Quoi, toute vie a ses cruelles échéances. « Sort humain » répétait un personnage de Mia Ridez. Je pense à tant de « déménagés » malgré eux dans tant d’hospices. Notre tour approche : devoir quitter où nous sommes heureux depuis 34 ans. Ne plus revoir certains voisins, tourner le dos à nos commerçants familiers. Devoir oublier nos arbres, plantés souvent de ma main —j’ai eu 45 ans une fois ! Adieu fleurs, oiseaux, écureuils-acrobates fous. Adieu marmotte à qui je jette du pain si souvent. Adieu cocasses rats musqués, adieu si jolie famille de canards. Adieu anneau de neige, cirque archi lumineux au soleil pour balader humains et chiens…
« Écoute, chérie, on s’essouffle à rien, non ? » La compagne proteste, gestes du refus. Nous en aller dans un condo en ville et fin des soucis ménagers. Vivre comme à l’hôtel. Terrasse, piscine, resto. Vie d’ hôtel ! Bientôt faudra vendre « le char », adopter le commode transport-en-commun. Et taxis. Revoir nos stations du métro. « On ira au théâtre plus souvent, toi qui aime tant ça ». Le temps ! Juin 1973 et ma compagne —enfant de la rue Rachel— découverte d’une aubaine, notre maison à 25,000 dollars ! Pour Raymonde, c’est « le chalet » car, la semaine, c’était boulot. Réalisation des Dubois, Chaput-Rolland, Payette, longtemps, de Lévis-Beaulieu. « Le chalet » cette grande cabane en déclin gondolant, cinq chambres à l’étage. Puis, retraitée comme moi, ç’est le « home sweet home », le statut de « villageoise. Alors, tu y  songeras :  nous en aller où il y spectacles divers, cinéma dit de répertoire, mille restos, aller enfin à ces festivals —jazz, humour, films. « Non, jamais de la vie,  impossible. » La voir si triste : « Okay,  on y repensera. » Tenir…Un an ? Deux ans ? Ne plus aller marcher Avenue Chantecler, ni faire « le tour du lac ». Dire adieu à mon « Calumet-journaux-magazines », Ne plus rigoler avec les postières, ni avec le boucher ? Dire adieu à Fusion aux ses appareils modernes, adieu à ma piscine de l’Excelsior ? A mon École Hôtelière, à l’hebdo Pays d’en Haut ? Bon, on oublie ça, on fera appel à des gaillards juvéniles. Le printemps dans… deux mois et on reverra les mésanges, des pics noirs, le rouge cardinal, nos tourterelles tristes. Rester, facile à dire. Rêvons qu’on ne vieillira plus ! L’on s’attache, à ces collines, jolies. Une « petite patrie » ? Exactement cela.

UN ANGE EN SKI, UN SOIR

Du haut d’une colline, par temps clair, un bel après-midi récent, je voyais au loin de minces  silhouettes mobiles qui sillonnaient le paysage saintsauverien, dévalant des côtes toutes blanches et j’ai pensé….
Adolescent, citadin de Villeray, nous allions skier aux Hirondelles, bien modeste site à colline du nord de Montréal, à quinze minutes de chez moi en tramway. Que d’efforts épuisants là où il n’y avait nul remonte-pente. Plein-air souhaité par tant de jeunes collégiens désargentés, épuisés de latin et de grec ancien à maîtriser.
Notre autre grand pôle d’attraction ? Évidemment, le mont Royal. On s’y rendait sans cesse l’hiver, les mardis et jeudis après-midi de congé (Collège Grasset oblige). Prendre le tram St Denis, au coin de la rue Bélanger, heureux, munis de nos lourds longs skis de bois —avec stell edges— les attaches à lourds fermoirs à spring, nos pauvres bottines usagées, nos lunettes googles plastifiées, la tuque de laine tricotée par nos mères. Point de ces casques sophistiqués modernes des enfants d’aujourd’hui. Au sommet, proche du grand chalet —dix sous le chocolat chaud— au dessus du Montréal de bas de la ville, nous nous jetions dans la cuvette. On nous disait « vestige d’un ancien volcan » ! Nous risquions —l’audace des jeunes— de nous rompre les os dans les golleys (le petit et le grand). Active recherche de pentes plus raides encore, ô les casse-cous intrépides à quinze ans !
Des enfants choyés, dont les pères possédaient des autos,  nous parlaient de vraies splendides excursions en ski…dans les Laurentides. Lointaines en ce temps-là. J’écoutais ces chanceux autour du petit Lac des Castors, là où il y avait un rude câble en guise de remonte-pente. Au chalet de ce bassin artificiel il y avait aussi du chocolat à dix cennes le grand gobelet.
Longtemps, par la fenêtre de mon bureau, j’ai admiré les mouvantes silhouettes de jeunes aux joyeux habits de ski d’un multicolore ardent. Un jour le Chantecler fermait hélas à jamais cette partie skiable aux pentes douces— d’en face de chez moi.
À quinze ans, les filles commencent à nous envoûter. Ayant su qu’il s’en trouvait de bien jolies sur les pentes douces du « pied du mont Royal », de la rue mont Royal à l’Avenue des Pins, je décidai d’y aller fleureter. Un beau soir sous la magie des lampadaires : la féerie des jeunes demoizelles glissantes dans la nuit douce de fin février. Je ne serai pas déçu. Ayant élu une ravissante skieuse dans sa combinaison moulantes aux tons de roses, je m’y attachai. Bout de conversation innocente  —« il fait doux hein ? C’est beau la nuit hein ? J’aime les couleurs des pompons de ta tuque ! Quel est ton nom ? Tu étudies où ? — et je la suis partout. Voici qu’une lente neige à flocons immaculés se met à tomber, nous admirons les rideaux d’une voilure romantique dans les lueurs des réverbères. Nos coeurs en émoi s’agitent. Elle a enlevé ses mitaines et va s’asseoir sur un rocher, je veux toucher ses doigts, elle consent et nos visages se rapprochent. Premiers baisers, c’est si bon, je vois la beauté d’un ange. Tellement plus vivant que l’ange de bronze du monument voisin. Une quasi voisine car elle habite rue Saint Valier, 6970, chanterait Beau Dommage. Deux cœurs en fête iront prendre le même tramway.

JE RÊVE D’UN JANVIER TOUT BLANC !

« Longtemps je me sis levé de bonne heure…» en hiver pour le détester. J’ai changé. Suis devenu un amateur de nos blancheurs saisonnières, sa lumière solaire si stimulante. Saison bénie de la jeunesse, des sportifs. À mon grand âge, j’ai la marche. Aussi mon refuge à L’Excelsior, là où on peut admirer le plus beau sapin décoré, me voyez-vous sous une mini-cataracte d’eau vive, pateaugant sous ce petit palutivier de la piscine-serre, aux racines sorties ? Le bonheur !
Lire, entre mes baigneries : que le ministre fédéral Moore va répétant que « Radio-Canada-CBC est avant tout un instrument d’unité nationale ». Menteur ? La CBC est une faillite, gaspillage de 666 millions de $ . Les Canadians n’ont d’yeux que pour la télé des USA. Seul le réseau français fonctionne (333 millions de $). Pas autant que TVA mais…. Nous sommes une nation (Harper dixit), un pays « français », pas mal protègée de cette hégémonie culturelle populaire de notre sud. Sauf chez nos demi-assmilés. Bon, aller à ma piscine.
Lire Hugo Chavez, ex-cancéreux, Président du Vénézuela, parano fou ?, il déclare à la sauce-complot : « Étrange, ce fait : tous nos présidents et nos ex-présidents en Amérique du Sud frappés par le cancer ! » La CIA? Voir ahuris les Koréens du Nord en hystériques sanglots, à la mort du dictateur ! Effet de propagande ! Pas moins cul-cul la praline le magazine Maclean’s nommant un prince et une princesse, (parasites) de Londres « Personnalités de l’an 2011 » Et quoi don ? Notre compatriote doué, Laferrière invite à la télé tous nos écrivains « à sortir du Québec ». D’autres créateurs doivent donc sortir de l’Italie?, de l’Allemagne ?, de l’Espagne ? Quelle connerie! Aussi tordues que nos « nouvelles » citoyennes jurant à Ottawa vêtues de leurs voiles islamiques. Voyez-vous, à Téhéram  de nos demanderesses vêtues de mini-jupes ? Ottawa-connasse ! Aller à mon palétuvier ?
Bravo à Foglia qui cite quelques sales « morviats » anti-québécois signés Mordecaï Richler. Un franco-phobe à qui de nos  caves veulent donner le nom d’une rue. Masochisme stupide ! Et puis, vite, appuyons Marsolais qui voudrait interdire la boxe, un sport —s’assommer jusqu’au coma, exhibition d’arriérés mentaux, la boxe. Ailleurs ? La Presse du 28 décembre : « près de 100,000 tués au nord du Mexique » que dénonce un repenti des trafics, réfugié aux USA. Le Président Calderon serait entouré de corruptions. Va-t-il pogner un cancer, M. Chavez ? Oui, aller nager. Tiens, ce prêtre de Joliette, Raymond Gravel, jeune ex-homosexuel prostitué, qui accuse les ex-abusés sexuels par « en soutanes ». Des avides, acoquinés avec des avocats cupides, dit Gravel et pouvant ruiner les communautés ? En effet ces « hiérarchiques » muets jadis  peuvent ruiner des innocents ! Dura lex sed lex ! Ô vite, ma piscine. Encore ? À l’ouest de Jérusalem, des fanas religieux (Hassidims ?) tourmentent cruellement des écoliers non-orthodoxes ! En finir ? Lafrance, ex-boss à la SRC,  ayant crié « voyou » pour fustiger M. P.-K. Péladeau, nous avons craché 400, 927 de $ de nos économies publiques, en réparation. Pas moins de 5 millions en « fêtes », un demi-million en « conférences » et un autre demi-million en publicité; un tourbillon ! Ah, aller marcher dans la blancheur hivernale.

BONNE ANNÉE GRAND NEZ !

Veille de Noël et, si tard, plus un seul sapin à vendre. Nulle part. Dépit. Aller m’en scier un petit en terre-de-la-couronne. Couronne chérie du militariste-royaliste ce con de Harper. Moi en hors-la-loi avec ma sciotte ! Au journal du surlendemain de Noël, journaux, les bilans fastidieux. Les gros événements, en un ordre capricieux. Pour certains, le numéro « un » c’est le  chirurgien fou de jalousie, vaniteux déboussolé de St Jérôme, sa sauvage tuerie d’imbécile d’orgueilleux démentiel. Un  docteur en médecine qui assassine,  sauvage, un papa dénaturé, un boucher (ô chirurgie !) poignardant ses petits enfants (qu’il gardait) ! Dans un certain ordre s’alignent : deux, des Hells, bandits libérés pour cause de trop longue attente de procès, trois, le Rapport-Duchesneau, quatre, le sexooliste parisien Strauss-Khan et sa Noire qu’il assaille dans un Sofitel de Manhattan.
Silence mondial sur ma coupe illégale d’un petit sapin en forêt ! Ouf ! Attendons ce « Bye-Bye 2011», revue annuelle à la télé publique. Autre bilan. Très québécois ? Prévoir qu’il n’y aura rien sur ces étonnantes, surprenantes, révoltes en Afrique du nord. Rien sur les la mort de mon ami mort Gaston L’Heureux ou sur notre brillant cinéaste Villeneuve au bord de gager un Oscar à Hollywood bientôt. Rien sur le tueur fou de Tucson en Arizona ? Rien sur « le skieur Guay » un québécois champion du monde en ski en Allemagne. Et rien sur ce bourgeois millionnaire, François  Legault, son parti politique incolore, prudent ? Rien sur les premiers coups de « Marteau » avec l’arrestation de six fraudeurs dont cette mairesse de Boisbriand, Sylvie St-Jean ? Il faut faire rire d’abord et avant tout. Le Bye-bye une fois de plus ne sera pas une vraie « revue » de l’année 2011 ». Et pas un mot sur ce grand-père « pompette » qui renverse un vaisselier à Duvernay ? Moi. Ma honte. Je ne touchais plus au divin pastis, ma chère liqueur du temps jadis. Chez Pierre Boucher (ex-directeur du Cégep St-Laurent) mon beauf’ qui débouche une neuve fiole de son pastis. Abus. Deux grands verres ! Mon dérapage éthylique au moment de savourer la jolie bûche venue de l’École hôtelière de Ste Adèle, toute inquiète, ma tendre Raymonde qui me jettera sur les épaules « le manteau de Noé ». Devoir quitter Laval (« belle nuit,  sainte nuit…) et abandonner, hélas, les joyeuses  frimousses de quatre petits enfants gigotant au salon, à quatre pattes dans une mer de cadeaux. Le plus beau jouet-cadeau ? Tout simple : des lampes de mineurs fixés au front achetées pas cher à La Cordée. Les voilà, fous comme des balais sillonnant en riant la caverne des noirceurs, c’est à dire tout le logis dans la noirceur vaincue. Ils sont des découvreurs guidés par leurs lueurs miraculeuses. Les rires fusent.
Il est midi, lundi, au café du matin (on se leva tard), notre joie d’apercevoir par les portes-patio les premiers promeneurs de l’hiver. Ils font le tour du lac au soleil luisant ! C’est parti le vrai hiver ! Le voisin Ouellet a fait une mini-patinoire sur son rivage et un mini-feu d’artifices ce soir-là. Il y a l’anniversaire de naissance du premier et plus grand « prophète de l’amour », ce Jésus de Nazareth que les querelleurs de ce temps barbare vont crucifier à mort. Il y a aussi qu’on doit fêter le nouveau solstice, le début des jours qui vont s’allonger. Bonne nouvelle année à mes fidèles lecteurs. Que 2012 soit de paix partout. En Israël comme en Palestine, nouveau pays. Comme partout où l’on fusille dans les rues ces citoyens musulmans, nos frères humains. Qui aspirent à la démocratie.

BONNE ANNÉE GRAND NEZ !

Veille de Noël et, si tard, plus un seul sapin à vendre. Nulle part. Dépit. Aller m’en scier un petit en terre-de-la-couronne. Couronne chérie du militariste-royaliste ce con de Harper. Moi en hors-la-loi avec ma sciotte ! Au journal du surlendemain de Noël, journaux, les bilans fastidieux. Les gros événements, en un ordre capricieux. Pour certains, le numéro « un » c’est le  chirurgien fou de jalousie, vaniteux déboussolé de St Jérôme, sa sauvage tuerie d’imbécile d’orgueilleux démentiel. Un  docteur en médecine qui assassine,  sauvage, un papa dénaturé, un boucher (ô chirurgie !) poignardant ses petits enfants (qu’il gardait) ! Dans un certain ordre s’alignent : deux, des Hells, bandits libérés pour cause de trop longue attente de procès, trois, le Rapport-Duchesneau, quatre, le sexooliste parisien Strauss-Khan et sa Noire qu’il assaille dans un Sofitel de Manhattan.
Silence mondial sur ma coupe illégale d’un petit sapin en forêt ! Ouf ! Attendons ce « Bye-Bye 2011», revue annuelle à la télé publique. Autre bilan. Très québécois ? Prévoir qu’il n’y aura rien sur ces étonnantes, surprenantes, révoltes en Afrique du nord. Rien sur les la mort de mon ami mort Gaston L’Heureux ou sur notre brillant cinéaste Villeneuve au bord de gager un Oscar à Hollywood bientôt. Rien sur le tueur fou de Tucson en Arizona ? Rien sur « le skieur Guay » un québécois champion du monde en ski en Allemagne. Et rien sur ce bourgeois millionnaire, François  Legault, son parti politique incolore, prudent ? Rien sur les premiers coups de « Marteau » avec l’arrestation de six fraudeurs dont cette mairesse de Boisbriand, Sylvie St-Jean ? Il faut faire rire d’abord et avant tout. Le Bye-bye une fois de plus ne sera pas une vraie « revue » de l’année 2011 ». Et pas un mot sur ce grand-père « pompette » qui renverse un vaisselier à Duvernay ? Moi. Ma honte. Je ne touchais plus au divin pastis, ma chère liqueur du temps jadis. Chez Pierre Boucher (ex-directeur du Cégep St-Laurent) mon beauf’ qui débouche une neuve fiole de son pastis. Abus. Deux grands verres ! Mon dérapage éthylique au moment de savourer la jolie bûche venue de l’École hôtelière de Ste Adèle, toute inquiète, ma tendre Raymonde qui me jettera sur les épaules « le manteau de Noé ». Devoir quitter Laval (« belle nuit,  sainte nuit…) et abandonner, hélas, les joyeuses  frimousses de quatre petits enfants gigotant au salon, à quatre pattes dans une mer de cadeaux. Le plus beau jouet-cadeau ? Tout simple : des lampes de mineurs fixés au front achetées pas cher à La Cordée. Les voilà, fous comme des balais sillonnant en riant la caverne des noirceurs, c’est à dire tout le logis dans la noirceur vaincue. Ils sont des découvreurs guidés par leurs lueurs miraculeuses. Les rires fusent.
Il est midi, lundi, au café du matin (on se leva tard), notre joie d’apercevoir par les portes-patio les premiers promeneurs de l’hiver. Ils font le tour du lac au soleil luisant ! C’est parti le vrai hiver ! Le voisin Ouellet a fait une mini-patinoire sur son rivage et un mini-feu d’artifices ce soir-là. Il y a l’anniversaire de naissance du premier et plus grand « prophète de l’amour », ce Jésus de Nazareth que les querelleurs de ce temps barbare vont crucifier à mort. Il y a aussi qu’on doit fêter le nouveau solstice, le début des jours qui vont s’allonger. Bonne nouvelle année à mes fidèles lecteurs. Que 2012 soit de paix partout. En Israël comme en Palestine, nouveau pays. Comme partout où l’on fusille dans les rues ces citoyens musulmans, nos frères humains. Qui aspirent à la démocratie.

 

Errata: c’est pas Villeneuve (« Incendies »)  mais Falardeau (« M.Lazhar ») qui ira aux Oscars.