DEUX

 

J’approchais de la rive, un pédalo à quai me cachait la vue. Un choc visuel, je suis soudain saisi, pétrifié. Muet ! Caché par le pédalo des Lagacé, revenant du large, noyé d’eau, soudain, apercevoir si près de mon visage de mon visage, j’aurais pu y toucher— quatre merveilles ! Quatre trésors qui pulsent, quatre rondes têtes nerveuses sur quatre paires d’ailes d’une soie rutilante, quatre boules remuantes on dirait des joyaux, de beaux bijoux à huit pattes aux ergots tendues.

Première fois à être si proche de pareilles merveilles : quatre canards dit colvert. Pourquoi « mon bon m’sieur bon-dieu » ne pas nous avoir donné la chance, pauvres humains, de vivre sans cesse vraiment au beau milieu de toutes ces faunes pittoresques qui habitent notre planète ? Oh la beauté ce jour-là tout récent. ! Je ne bougeais plus d’une oreille, pas même d’un cheveux ! Ils me tournaient le dos, je ne respirais même plus.

Un instant, je voulus —erreur— m’en rapprocher encore un peu…un peu plus… et zut ! Mon quatuor de colverts —calvaire— petipataponne au rebord du quai et plouf, plouf ! Plouf, plouf ! À l’eau canard, fuite pressée, adieu l’écornifleur derrière le pédalo. Bye bye ! À quatre ils rament à fougueuses pattes vers le radeau des Jodoin jamais désert pourtant à cette heure de fin d’après-midi.

Me restait une subite grande solitude, une dévastation, la beauté partie. Ma bête solitude et eux, si fiers. Quoi, se savent-ils si beaux ? J’étais soudain tout nu dans l’eau du lac Rond, privé de quatre Ostensoirs brillants, quatre Saints Sacrements brillants quoi, c’est nos enfances pieuses qui remontent quand on veut évoquer de la richesse. Influence marquante chez les « pas riches » que nous étions tous, humbles paroissiens, pauvres catholiques.

Il y avait donc, il y a un instant, à ma portée et, hélas, inaccessible le trésor d’alibaba, celui d’un émir, d’un fakir, d’un vizir, d’un émir —à la mode réactualisée de l’Islam. Les revoir quand mes idoles à plumes luisantes, dieu, quertzalcoat d’un mexique imaginaire, rêvé !

* * *

Plus tard, quoi ?, il y a là au rivage, sous le myric baumier, ce petit… chat ? …Ou quoi, une grasse grenouille géante et exsangue ? « Ça » nage dans tous les sens. Et « ça » creuse soudain sous le mur de roches rouillées. Curieux animal au pelage tout trempé, lissé, étrapé. Qu’est-ce… ? C’est blanc. C’est pâle. C’est quoi au juste ? L’animal inconnu m’a vu, me fuit, puis me revient, plonge et reste au fond de l’eau longtemps.

Je m’appuie au tronc du très vieux saule penché. La bestiole amphibie, laide, si mouillée, est là sous le mur de pierres, dans un creux. Entre et sort d’un fond de trou boueux. Est-ce un chat infirme, un oiseau aux ailes broyées, mythe égaré, « pet » qu’on a voulu noyer ? « Ça » gigote fort et « Ça » reste au fond de l’eau. J’en ai peur. Est-ce vraiment un félin ? Non, impossible, je vois des pattes vigoureuses et comme palmées mais qu’est-ce que c’est que ce drôle de gras rat blanchâtre ? Non, la nature est pas toujours belle. Un échappé de laboratoire…Y a-t-il un savant fou qui rôde dans Sainte-Adèle ?

Tiens, des yeux…noyés, crevés et sur la tête des moignons cernés de violet, une sale gueule aux dents croches ! J’en ai peur, j’avoue. Veux-t-il se pêcher de ces poissons tropicaux rouge qu’on ose rejeter au lac ? J’ai pris un filet pour en avoir le coeur net mais il se sauve. Revient, gratte la vase. Eau brouillée merde ! Ce n’est ni un chaton, ni un raton, c’est violet sous le ventre, jeune vif au creux oreilles. Je veux mieux voir mais bizarre bête, étrange ectoplasme inédit, soudain, gagne le milieu du lac. Danger pour mes chers marathoniens du milieu du lac qui passent. Une attaque ? Mini-Jaws ? Une mordée dans la figure…! Le revoilà, infâme fourrure trempée mais où suis-je, dans un film de science-fiction, dans un conte d’anticipation ? Raymonde m’appelle. Souper sans appétit ! Mais j’y reviendrai. Promis et je saurai.

LAIDEUR, BEAUTÉ

Un temps de ciel laiteux. Et flâner dans l’eau. Au rivage, sous le myric baumier, ce petit… chat ou ce gros crapaud comme passé à la chaux ? Un ouaouaron géant, exsangue ? « Ça » nage dans tous les sens, « ça » creuse soudain sous le mur de roches rouillées, vivier de mes rats musqués. Mais qu’est donc ce curieux nageur au pelage tout trempe ? C’est blanc, si pâle, quoi au juste ? L’animal inconnu m’a vu, me fuit, me revient, plonge, reste au fond, remonte. Cache-cache ?

Je m’appuie au tronc du vieux saule penché. La bestiole amphibie, laide, si mouillée, est là sous le mur de pierres. Dans un creux. « Ça » entre et sort d’un fond de trou boueux, un chat infirme, un goéland déchiqueté, mouette perdue aux ailes fracturées —mythe égaré— un « pet » payé pas cher et qu’on a voulu noyer ? « Ça » gigote fort et « ça » reste tout au fond, pâle lueur. Pieds nus dans l’eau, la peur. Est-ce vraiment un félin ? Non, je vois des mini-palmes… mais qu’est-ce que c’est que ce drôle blanchâtre ? Sont-ce des pinces? Un blanc homard fantomatique. La nature est pas toujours belle. « Ça », mon cher Stephen King, un échappé de laboratoire ? Y a-t-il un savant fou qui opère pas loin ? Je distingue des yeux de noyé, crevés, sur la tête des moignons violets, une plate gueule à dents croches. Veux-t-il s’harponner de ces poissons tropicaux rouges qu’on ose abandonner à chaque fin de vacances ? J’ai pris un filet, en avoir le coeur net, mais il disparaît. Revient, gratte la vase, eau brouillée merde !

Ce n’est ni un chaton, ni un raton, c’est violet sous le ventre, taches jaunes aux oreilles. Je veux mieux voir mais l’ectoplasme inédit file vers le milieu du lac…oh !, danger pour mes fidèles marathoniens s’entraînant chaque jour : un mini-Jaws. Une mordée fatale dans la figure, oups ! le revoilà, petite fourrure dégoûtante. Suis-je dans un film de science-fiction ? Dans un conte d’anticipation ? Raymonde m’appelle. Souper ! Okay. Mais j’y reviendrai. Promis; je saurai.

Le lendemain :

J’approchais de la rive, un pédalo, à quai, me cachait la vue. Choc visuel : je suis soudain pétrifié. Muet : caché par le pédalo des Lagacé, soudain découvrir si près de mon visage de mon visage, j’aurais pu y toucher— quatre merveilles, quatre trésors vivants, quatre paires d’ailes d’une soie turquoise rutilante, on dirait des joyaux, des bijoux sorties d’une animalerie antique rare. Première fois à être si proche de pareilles merveilles : quatre canards dit colvert.

Pourquoi donc « mon bon-bon-Dieu » ne pas nous avoir donné la chance de vivre au beau milieu, au sein même, vraiment « parmi » toutes nos faunes pittoresques ? Le souffle coupé ce jour-là ! Oh la beauté ! Je ne bougeais plus d’une oreille, pas même d’un cheveux, ils me tournaient le dos et je ne respirais plus. Hélas —erreur—je voulus m’en rapprocher encore un peu… et zut ! Mon quatuor de colverts —calvaire— petipataponne au rebord du quai. Plouf, plouf ! Plouf, plouf ! À l’eau canard, une fuite pressée et adieu l’écornifleur derrière le pédalo. Ils filent rament vers le radeau des voisins Jodoin.

Me restait une étrange solitude avec tant de beauté partie. Eux font les fiers, les libres. Se savent-ils si beaux ? Un tout nu dans l’eau du lac Rond, privé de mes quatre Ostensoirs brillants ! C’est nos pieuses enfances qui remontent quand on veut évoquer du grandiose, non ? Influence marquante chez les « pas riches » que nous n’étions tous que d’humbles paroissiens. J’ai perdu —à ma portée et inaccessible— le trésor d’un émir ou d’un fakir, d’un vizir ou d’un émir —ces vieux mots que l’Islam désendormi réactualise ces temps-ci.

Je rentrai. Demain ou quand, revoir ces idoles à plumes luisantes, dieux palmés, quertzaltcoat d’un mexique imaginaire à Ste-Adèle.

HÉLIOTROPE

Dans Starmania —faible scénario avec chansons géniales de Berger-Plamondon— ça pleure : « Je cherche le soleil… »

Eh bien je suis de ceux-là. Sans cesse. Tous ceux dans mon genre, nous sommes des héliotropes —de hélios, « soleil » en grec ancien. Une vraie folie d’être tout semblable au tournesol. Fleur, tant aimé du peintre Van Gogh, qui se tourne vers l’Astre des astres. Envie de rire un peu de moi encore ? Oui. Dernièrement, je notais quatre moments d’ensoleillement dans un seul jour :

1- Dans mon lit, dès potron-minet, ouvrir le store de ma chambre du coté de l’est et puis nouer le rideau pour mieux recevoir la lumière de l’Astre, énergisante, en plein visage !

2- Puis, dévorant céréales et/ou rôties, deux cafés, lisant mes gazettes, j’allume ma lampe solaire sur la table pour pallier ce côté sombre, ce ciel d’ouest. Bien bon soleil artificiel.

3- Ensuite, devoir vaquer aux travaux du jour, mais, en après-midi, pouvoir (vive avril !) aller m’allonger une heure ou deux, en transat sur la galerie, avec l’Astre encore en pleine gueule. Vitamines !

4- Et puis, quand s’approche la fin du beau jour, je cours retrouver mon cher dieu, sous le joli palétuvier à ma piscine de l’auberge Excelsior. Sautiller, trépigner, nager avec mon cher soleil en pleine face ! Entendez-vous gueuler le ténor ? « Oh, lèves-toi soleil ! Tu fais pâlir l’horizon ! » Ainsi —les beaux jours— matin, après-midi, avant crépuscule, moi l’héliotrope se laisse dévisager par « mon grand amour qui est au ciel » !

D’où nous vient, à certains —à plusieurs ?— cette affection, cette vraie dévotion ? Pour mon cas j’ai une hypothèse : dès l’âge de dix ans la découverte d’une plage lors de notre premier été à la campagne, une petite grève de sable importé le long du quai. En face de la modeste église de Saint Placide; là où vit notre plus grand chanteur-poète, Gilles Vigneault.

C’était pari pour la jasminerie et de 1941 à 1951, à nous les rivages de sable du côté ouest du lac des Deux-Montagnes. Longue presqu’île, lieu fameux du nom de Pointe Calumet, beau lieu d’avant les pollutions. Milliers d’après-midis ludiques donc avec ce cher Hélios ! Puis, la pousse des herbiers, algues maudites, d’abord l’immense barrage à Carillon. Jusque vers 1960-70, quelle belle époque. Si bien profitable aux humbles familles ouvrières qui louaient de ces « camps » rudimentaires. « Sur hauts pilotis » car terrains bas et inondables au printemps. Cela pour, souvent, moins de cent dollars pour tout un été !

« Oh les beaux jours », oui Samuel Beckett, du matin jusqu’au souper, c’était baignades sur baignades, concours de plongeons, bronzer sur des radeaux un peu partout, les longs quais de bois, oui, des kilomètres de sable doux et, en prime, deux sablières avec ses petits lacs. Eh bien, pas loin de chez moi, j’entends encore qui résonnent à mes oreilles nostalgiques (comme une cour d’école rempli, vous savez ) de ces joyeux cris des enfants, de rires fous, d’appels entrecroisés. A soleil. Ah, le bon plaisir du « vieil homme » face à ce paysage rieur fait de ces jeunesses en maillots de bains. Futurs héliotropes ?

Cette sonorité si familière me saute aux oreilles avec grand plaisir quand je m’approche de la jolie petite plage, ici, à l’extrémité « est » de notre lac Rond. Même concert gai qui nous arrive parfois de la blonde plage —bondée l’été— du domaine du Chantecler, en face. L’été, à chaque une de ces occasion, eh bien, paf !, j’ai dix ans, je suis au rivage du lac au « camp sur pilotis » avec maman et la trâlée. « Enfance au soleil » ineffaçable chez les héliotropes.

 

VIVRE « DANS L’ NORD »

 

Jeune collégien, skieur, « le nord » m’était comme un conte de fée. Y aller, l’hiver, c’était comme un immense « terrain de jeux » ! Mais en m’installant à demeure, —juin 1978— je changeai de perspective. Une chanson criait : « Y a des écoles à Las Vegas… Y a des églises à Las Vegas », dans les Laurentides, il y avait tout ça. Depuis très longtemps. Pas juste des côtes de ski, « y a même des itinérants », disait le téléjournal l’autre soir.

Les habitants de nos villages laurentidiens ( le terme  laurentien engloberait toute la vallée du St-Laurent) font tous les métiers; mais oui, les mêmes que les citadins. Alors chantons : y a des menuisiers, des cuisiniers, des notaires, des maçons, des médecins, des plombiers et des pharmaciens.

Dès 1978 donc, je prends vite conscience que « le nord » était un territoire peuplé d’humains variés et pas seulement des moniteurs de ski. Hors les jolies collines, plein de rues avec de vraies demeures pas que des résidences secondaires pour « petits t grands bourgeois » venus de la métropole. 1978 et ce ne fut pas long que je dénichais —pas seulement les excellent restaurants— où logeaient les artisans indispensables à la vie normale; pour acquérir du mobilier commode, pour faire réparer les appareils domestiques, etc. Une place de « vrai monde, de vraie vie », pas juste de lacs jolis, de sites à ski. Peu à peu ceux qui s’installent « dans l’ nord » prennent conscience que ce sont des lieux qui offrent , eh oui !, les mêmes services qu’en ville.

De Saint-Jérôme à Sainte-Agathe —et même Tremblant— « le nord » n’est pas du tout qu’un gigantesque « terrain de jeu », oh que non, à 45 minutes du boulevard Gouin, « le nord » se montre apte à fournir n’importe quel service et mon petit bottin contient les coordonnées de marchands divers, utiles. Y compris celles de compétences plus rares… pour ces prothèses utiles au demi-sourd. Nous avons de nombreux écrans de cinéma et même des salles de spectacles : Le Patriote, à Sainte Agathe, la salle Norbert-Morin, à Sainte Adèle-en-bas, celle du « Marais », à Val Morin.

Aussi habiter 52 semaines par année « l’ nord » n’est pas s’isoler. Le monde de Séraphin Poudrier c’était il y a un siècle ! Il y a des galeries d’art, des biblios publiques, des cliniques et deux hôpitaux de bonne renommée avec de bons soins (j’ai fréquenté les deux). On y trouve depuis longtemps de ces grands marchés sous diverses bannières, des boutiques spécialisées (saucisses ou fromages, etc.). De ces très « grandes surfaces », ce qui ne me convient pas cependant. Ma compagne est une assidue d’un tout moderne « gym ». Hélas, aucune librairie, eh !, on ne lit pas davantage par ici qu’en ville. Certes, pour lire en 2014, , il y a l’Internet. Et de ces liseuses électroniques, j’ai mon « Kindle » bien bourré de titres littéraires et documentaires.

Avançant en âge —comme tout le monde— j’en suis arrivé à calculer les mérites d’un déménagement en ville, un jour ? Très vieux et sans le cher « permis de conduire », « la » résidence ? Je ne sais plus. Visitant des « plus ou moins » autonomes, je découvre un « HSLD » tout neuf ou bien une modeste auberge aux chambres « adaptées », des refuges fort bien aménagés. Bon, on verra. Tout ça pour dire bien haut que je me suis trouvé une deuxième « petite patrie » et que je l’aime; quand j’arrivai au rivage du petit « Lac Rond » ce fut le bonheur. Notre logis a plus de cent ans, n’est pas une « bâtiment monstrueux », un gîte que ma compagne dénichait en 1973, pour vraiment « pas cher » par rapport à l’argent actuel.

Bizarre mais quand je dois descendre en métropole, j’y suis pas bien du tout, moi qui y suis né, je n’y suis plus vraiment à l’aise, j’ai toujours hâte de remonter… dans l’nord !

 

 

MANGER AUJOURD’HUI

 

 

D’abord dire que mes 30 bonnes raisons de vivre par ici m’attirent des reproches : « Vous avez omis la fantastique piste du « P’tit train du Nord », « Vous avez négligé votre Excelsior, et sa mini-mangrove au chlore, votre palétuvier chéri », « Vous avez oublié notre chère Bibliothèque publique du centre commercial ! » Bon, bon. Vrai. Et je pourrais en ajouter, mais pardon, je suis bien vieux et, comme on apprenait au collège : « Mémoria diminuitur nisi eam exerceas ! » Traduction : « la mémoire diminue si on ne l’exerce pas ». Tiens, parlons bouffer, manger, autrefois et maintenant.

Jeunesses, sachez le bien, c’est assez récent le goût développé, les raffinements car,jadis, « manger au resto », c’était pour un hot-dog (rôti ou stimé), un hamburger, une soucoupe de frites. Parfois du luxe : un club-sandwich ! Ou bien un « chips and fish », notre régal rue Bélanger.

Mon père, importateur de « chinoiseries » failli, a tenu très longtemps une modeste gargote au sous-sol de notre demeure. Cuisine élémentaire ! Les jeunes clients (beaucoup de zazous) revenus des deux cinémas du coin se payaient la traite. Hum… Simples sandwiches, jambon ou poulet, de la soupe Cambell, un banal « grill cheese ». Voyez-vous le menu chez « au caboulot ». Quand papa récompensait un beau bulletin du mois —« et papa nous aimait bien », cher Léveillé— il façonnait, la langue sortie, un beau Sunday (sorbet). Avec du caramel, du chocolat en masse, de la goûteuse guimauve et… oups ! une belle cerise dans son jus !

Seuls les grands bourgeois, les artistes célèbres, allaient bouffer dans nos rares « grand » restaurants, tel « Chez son père », « Au quatre cent ». Notre jeunesse, dans l’après-guerre, c’était l’ignorance totale de la cuisine raffinée et il n’y avait pas d’école dite hôtelière. À Pointe Calumet dans Avenue Lamothe, l’actrice Juliette Huot passait pour un cordon bleu juste pour ses « sphaghetti italiens », une gibelotte ou une fricassées improvisées.

Jute ici, aujourd’hui ? Plus de douze places, et fort bien cotés. Ce fut incroyable, cela, en 1940, 1950. Aussi, j’y vais très vite : les bonnes pâtes de « La Chitarra » et de « Spago ». De fameux rouleaux chez « Sothaï », Palais fins, filez à « L’eau à la bouche » ou à l divine « La Vanoise ». Et chez « Garçons », dégustez omelettes baveuses ou croque-monsieur rare. « Aux deux oliviers » ou à « L’Esméralda » on voit le joli Lac Rond. Chez « Milot », ses moules succulentes et chez Grillades Aspria » ou chez « Le Provençal », c’est « oh bonne mère ! » À las mi-côte Morin, goûtez bœuf ou fromages « ébouillantés » au « Chat Noir », enfin, pour « l’osso des ossos, » entrez chez « Juliano ». J’en oublie je gage ? En tous cas, nous, les anciens, on trouve que pour bouffer, les temps ont « bin » changé. Très bien.

 

UN VILLAGE À PART ?

Chaque village a sa marque. Sa note, son ambiance. Il y a un monde entre Saint Sauveur avec sa vraie « rue St-Denis », grouillante de restos, sa rue De la gare et ses boutiques, sa belle église de pierres, son actif centre commercial et, disons, Sainte-Marguerite. Ou Val Morin, Saint Adolphe.

Il y a donc Val David. Ce village où, m’assure-t-on, il y a des tas de créateurs. Modestes artisans ou artistes de divers ordres. Où il y aurait même un ashram hindouiste pour méditer ou jeûner, oui, Val David ne ressemble à aucun autre. Ce fut cette ultra populaire boite à chansons longtemps, feu Le Patriote.

Pas loin de l’église (banale hélas), on y verra un vieux logement tout retapé où l’on présente des expos. Ces temps-ci, deux lots : dans l’entrée, Bernard Chaudron. À ses fours, Chaudron ferraille depuis un demi-siècle en son atelier de Val David. Il a pondu des trésors d’une joaillerie solide, ferme, sans affèteries niaises, jamais.

Dans d’autres salles, surprenantes bêtes géantes ! C’est signé Beaudry et Isabelle. Le mot sculpteur ne convient guère pour ces deux bricoleurs étonnants, le mot modeleur pas davantage. Allez vite voir ce grand rapace aux ailes grandes ouvertes. Ou ce taureau, cornes basses, chargé de chaînettes d’acier, manteau armé, couverture métallique étonnante. À l’étage, voyez ces poissons géants, corps insérés de lucioles aux luminosités troublantes. Ces amusants exhibits ferrugineux relèvent du monde du design et même de la décoration. Ils plaisent, n’ont rien des bidules surréalistes des créateurs « géants » à Venise ou à Frankfurt.

Ces jolies bestioles feraient bel effet en des édifices (ou places) publics. Bien mieux que cette kioute « guidoune » dorée d’un art conventionnel que des malins (aux USA) veulent offrir « gratis » aux candides dirigeants du Parc Olympique. Manœuvre ou astuce commerciale bien louche à 50,000 $ l’installation ! Une pétition circule s’y opposant et je signe volontiers. La Ministre Christine St-Pierre se réveillera-t-elle ?

Aussi, à Val David deux sites rituels : un, la vaste expo de mille et une céramiques, dehors, chaque été et, deux, le site naturaliste en plein boisé du graphiste René Derouin. Voyez ses panneaux peints (naturalistes encore) tout autour des murs du supermarché du lieu. On y voit oiseaux, poissons, bosquets contre des ciels nuageux. Ouvrage rare n’importe où dans le vaste monde. Chapeau ! Oui, Val David ne ressemble ni à Ste-Adèle ni à Ste-Marguerite, patelin « à part » qui a de bonnes raisons d’être fier.

Le divin croque-monsieur, coin Valiquette et Morin, au neuf resto-bar, « Garçons », ce midi-là. Puis, au soleil —non mais quel bel été !— J’entends « pratiquer » des tounes de rock au parc voisin car c’est samedi. Au lac, dix canards —foin de mon hibou-Rona et de la tourniquette dollarama— chient à cul que veux-tu, hélas. Pataugeant, je regarde filer —parfois j’en sursaute— des têtes émergente, des bras comme métronomes, de ces noirs nageurs à souffle inépuisable. Des figures olympiques, c’est « Londres-2012 » au lac Rond. Moi avec ma saucisse de plastique jaune, je croule de honte face à ces athlètes vigoureux. Oh, le poids des ans !

 

CORNEILLE, CANARD, CHAT ET HIPPOPOTAME !


Une corneille immense rôde sans cesse autour de notre maison. Un sombre présage ? Coups d’ombre si proches de nos caboches. L’oiseau de charbon guette quelles proies ? Des nids de mésanges dans nos cèdres, des petits pics dans nos sapins ? Tellement mieux appréciée, cette demi-centaine — oui, oui— de canards aux parcours capricieux. En « va-et- viens » mystérieux au milieu du lac Rond par ce dimanche à la juillet. Et, même jour, contournant quais, chaloupes et pédalos, un noble couple « aux reflets d’argent », oui, M. Trenet. Lui, fier canard aux atours royaux, elle, plus modeste et qui le suit ou, soudain, le précède. Idyllique vision d’un couple endimanché.

Revenu de voyage, le vieux cocu jaloux —dans « L’école des femmes » de Molière— questionnait sa très jeune fiancée. Elle réplique : «  Quoi de neuf ? Le petit chat est mort ». Rue Morin, une vieille dame (de mon âge quoi) me questionne :

« M’sieur, le petit chat noir est mort, les voitures lui passaient dessus, j’ai rangé sa dépouille près du caniveau, savez-vous à qui il appartenait ? » Je ne savais pas. Mais j’ai souvent contourner ce beau p’tit minou sans instinct aucun hélas ! Vie trépidante à sainte Adèle, hein ? Un peu moins que dans la métropole où (des adultes !) la police des Libéraux (Tremblay-Charest) est payé « temps-double » pour fesser, gazer, matraquer la jeunesse étudiante et certes illusionnée. Ces « hommes-faits » foncent maintenant sur les terrasses des restos, grosses poivrières en main ! La barbarie en 2012 !

Parlons culture tiens. Trois femmes d’exception, trois actrices, au « Rideau Vert », au « Go » et ici, au « Pine » (loin des « batteurs d’enfants ». J’ai vu un trio de talents féminins époustouflant en la même semaine. (1) Geneviève Charest dans « Une vie…normale », torturée de psychose vu la mort précoce de son fils. Qui marchera (en d’envoûtantes chansons, Yorkey et Kitt) vers sa fatale…lobotomie. Ne ratez pas cette « comédie tragique » d’une vitalité musicale entraînante. Y a-t-il un seul temps mort ? Non. Mise en scène de « la » surdouée Filiatrault ! (2) Trop tard (des reprises un jour ?) pour voir jouer Violette Chauveau dans « Une vie pour deux. » Violette Chauveau dans son monologue de la fin, haletant, comme « expiré » (à la lettre) montre du génie et je pèse le mot. Enfin, (3) ici, en bas de la côte, pathétique débat d’une jeune épouse au mari soudain «  travesti » ! Ce jeune transsexuel est joué à la perfection. Dans «  Laurence anyways », Suzanne Clément s’empare de sa poseuse gesticulante névrosée « Sophie Paquin » (célèbre série télé) pour en extraire cette femme bafouée en détresse totale souvent face au singulier destin de son couple rompu. Troisième film du jeune Dolan, vous verrez un stimulant (un peu trop long) essai. De nombreuses éblouissantes séquences, pas moins fantastiques que les meilleures du regretté Michel-Angelo Fellini.

Je termine en riant : une vieille (comme moi) résidente dans la « Collins » du boulevard Gouin-est, souffrant de maux de ventre, guérie, expliquera aux siens : « C’est à cause de l’hippopotame dans Rivière des Prairies ». Stupeur de tous ! Hein, quoi ? Elle va partout annonçant le phénomène inusité, jusqu’à temps que les parents apprennent qu’on lui aurait dit : « Vos maux c’est à cause de « l’eau pas potable » dans Rivières de Prairies. » L’eau pas potable » alias : « lhip-po-po-tame. » Souriez.

 

 

ALLER AUX VUES ?

 

 

Joie folle, enfant, que nos premiers films montrés au sous-sol de notre église. Quelle évasion ! Bonheur d’aaller à quinze ans, une première fois, au « vrai » cinéma du coin de ma rue, le Château.

Dans notre vaste région de collines, aucun cinéma à partir de Lafontaine, Saint Hyppolite…  Ni à Ste Agathe, ni à St-Sauveur ? Pas un seul grand écran. Rien. Ici, nous sommes chanceux, il y a Tom Farmanian, il y a ses salles de Sainte Adèle ! Quel bonheur pour les cinéphiles. Certes, Tom doit afficher les gros succès populaires. Il a ses frais, tant de factures et de taxes à payer mais, cinéphile lui-même, il offre aussi les meilleurs productions du moment.

Le cinéma Pine est une des bonnes raisons d’aimer vivre par ici. Remercions Tom —qui a été honoré avec justice récemment— son travail acharné nous permet, comme les citadins de la métropole du Québec, de voir le cinéma dont « on parle ». J’y ai vu « L’artiste », gadget très vide —en muet et en noir et blanc et je fais partie de cette minorité (sans doute !) qui a viscéralement détesté ce « navet » (selon notre couple). Mais les p’tits vieux du jury des Prix Oscars, eux, ont été flattés de cet hommage venant des frenchmen voulant saluer (sans scénario structuré) les pionniers d’Hollywood.

Dimanche, au lieu d’aller me balader sur le lac Rond au beau soleil, on a été voir vu le film iranien qui a battu « Monsieur Lazhard ». Je n’ai rien d’un chauvin (aller vérifier) : « La séparation » est un très long et très bavard et très ennuyeux face à face —bien film et bien joué cependant. Un paquet de fieffés menteurs empêtrés dans une querelle bien bête et qui n’en finit pas. L’impression que « La séparation » dure six heures !

Il n’en reste pas moins que malgré des déceptions,  et c’est fatal, nous avons la chance de voir les films « dont on parle ». C’est important. Chaque fois que nous descendons la Côte-Morin pour y aller, on a l’impression, de vacances, l’été, d’aller au ciné Ogunquit dans le Maine, ou en Floride jadis !

Hélas, on me dit que les jeunes visionnent sur le « tout petit » écran de leur ordinateur, connecté souvent au « petit écran » de leur télé, un cinéma, me dit-on, aux centaines de choix. Mais il n’y a rien d’aussi festif que de se rendre à une salle noire, se retrouver solitaires mais solidaires avec les autres. Non ? Hélas, comme la peinture, la musique qui se fait, où la littérature (je le sais trop !) et la danse donc, les créateurs sont méprisés par cette jeunesse rivée à l’ordi. Voilà une masturbation, oui, un onanisme via le web sur le net. On a dit que l’arrivée de la télévision (automne 1952) avait tué les artistes de variété, les cabarets, etc. On peut dire que la venue de l’ordinateur tue aussi. Pourquoi se priver de ces réunions humains où ça tousse, ça remue, ça s’émeut, ça grouille, ça mange du maïs ou de la réglisse, ça vit ensemble, c’est un grand tort. Ne grave erreur. Disons même une forme de déshumanisation —une de plus. De grâce, un effort villageois des alentours, allez au cinéma  Pine. Ceci n’est pas une pause « publicitaire », c’est un appel en faveur d’un minimum de vie grégaire, de vie humaine normale pour une existence un peu communautaire.

Tenez, allez vite voir « POLISSE », un vrai petit chef d’œuvre de madame Maïween qui est aussi excellente actrice dans son film. Un captivant récit sur des faits vécus dans Paris. Récits fascinants avec des jeunes gendarmes, tous excellents acteurs des deux sexes. Voyez une jeunesse vivante ! Merci Tom !

 

 

Fin d’hiver, suffit !

Il a neigé à Port au Prince ? Oui ? Non ? Ici, il a neigé en plein mois d’avril l’autre matin ! Merde, on veut pas voir ça personne. Que le printemps s’installe plus franchement. Suffit l’hiver ! Il y a pas longtemps, mon Le gros chat madré est venu faire son tour. Pas vu de l’hiver mon mon monarque pourpre, Raminagrobis. Toujours il traîne sa lourde pelisse, toujours il se donne des allures de vieux roi tout puissant. À la blanche balustrade au bout de ma galerie, il s’est avancé le museau et a mis son nez en proue face au vent de l’ouest, il ventait fort sur le lac Rond et j’ai cru l’entendre miauler : «  I am the king of the world »

Un fou ! Un dominateur  la Gbabo en Cöte ivoirienne. Envie de sortir et de lui mettre mon pied au derrière. Pour lui apprendre les bonnes manières… Il me jette soudain un regard, à moi, l’humain en rober de chambre et bien planqué derrière les portes-patio. Il me nargue ? Non mais… Il roule des épaules,  on dirait un de ces videurs, rue Saint-Laurent en 1950, quand je calais, jusqu’à très tard, à dix-neuf ans,  de la Black Horse au Faisan Doré et que Normand chantait : «  j’aime les nuits de Montréal, ça vaut bien la Place Pigalle… » Paroles et musiquette de feue Jean Rafa.

Mon Louis XIV s’est grimpé dans un transat ouvert, s’y recroqueville, une sombre grosse boule fourrée. Cette mauvaise humeur, je le sens ? Il a bien vu ce reste de neige ! En avril ! Son air de dégoût, il ferme les yeux et puis se redresse, d’étire, se secoue le violet pelage, puis s’éjecte hors de ce trône improvisé. Il redescend vers, je le suppose,  sa tanière… qui est, je le gagerais, chez ma voisine Blondinette à la santé de fer et qui est une voisine quasi invisible car elle tient un boulot de nuit.

Mon tour. J’ai avalé mes céréales et café à la main, je sors. Humer avril ?  Toute la fin de mars, tout le « tout début » d’avril le fond de l’air fut frais, très frais même certains jours. Enfin ce jour-là une certaine douceur dans l’atmosphère. Ça fait du bien. Bruit de planches remuées sous l,Escalier ! Je me penche, je finis par apercevoir le fessier de Donalda, ma chère marmotte. Ah, ah, aménagement, rénovation, déplacement saisonnier…quoi, ce bruit ? Elle disparaît. Bon. Elle est toujours vivante. Vit-elle toujours seule ? Y a-t-il un coloc ? Un Alexis ? Ou un méchant Séraphin ? A-t-elle eu un ou deux rejetons. Me voilà de bonne humeur, je verrai sans doute mes rats musqués quand le lac va caller, très bientôt, et qui encore ? La famille-canard ? Des mouettes vont tacheter le ciel de lignages blancs,

Un bébé castor égaré va passer en nageant férocement, peureux ? Des poissons rouges réapparaître comme l’an dernier, reverrais-je bientôt mes deux tourterelles de chamois au chant si triste ? Vies-t-en donc au plus vite  printemps, viens mieux. Gonflez-vous bourgeons des lilas, poussez petites fleurs sauvages précoces audacieuses.

On ne me trouve pas de place à Saint-Jérôme encore pour me remplacer la hanche, tous ces mois à attendre et cette douleur sans cesse …bof, j’attendrai bien plus patiemment si la nature se déploie, je geindrai bien moins, mon amour !

 

 

 

À L’EAU CANARDS

Pour vite guérir de cette cuisse arthrosique, qui me fait tant souffrir, je veux recourir à l’hydro-thérapie. Baignades sur baignades donc. Médecine gratuite. Et que vois-je, au large, sur notre radeau ? Deux beaux canards. Côte à côte, le couple se livre à des parades (séduction ?) fort remuantes. Plumes piquées sur l’estomac, cous tendus, sans cesse des coupscde becs en l’air, les ronds corps comme recroquevillés soudain ou alors très extendus ! Ça ne finit pas.
Chaque fois que je m’approche, flouc!, flouc !, vite, à l’eau canards !
Cuissse moins endolorie, m’accrochant à mon « radeau de la méduse » découverte d’un lit touffu de…crottes ! Un dégueu tapis, très intense, de petits cacas bruns. Brun comme mon couple de canards. L’an dernier, c’était le reposoir de quelques goélands et ils crottaient, oui, en blanc les planches de mon radeau ! Quoi ? Si des merles, dit rouges-gorges, s’amènent et s’abonnent à notre radeau, sera-ce du caca orangé ? Si mon cher beau Cardinal s’y installe, des crottes rouges ? Et noirs les excréments des corneilles ? Non mais…
Guérie de ma jambe, je devrai me débarrasser de cette abondante défécation… aviaire ! Merde, c’est le cas de le dire.
Au travers de mes innombrables petits cacas-d’oies brunes, des plumes toutes blanches sont comme greffées sur le bois. Mystère ! Il en résulte un radeau un peu mystérieux. En tous cas, un lieu, une halte, où l’on s’interdit de grimper désormais. C’est, nazi, l’occupation. Or, depuis des jours et des jours, l’on assiste à des promenades bien ordonnées, très sages avec maman en queue de file, d’une nombreuse famille de jeunes canards (10 à 12). J’observe : aucun contact entre mes généreux « chieurs » du radeau et cette famiglia ! Bizarre ! Ils ne se voient pas, dirait-on. Ils s’ignorent ? Mystère !
Ce radeau … Oh oui, dire qu’enfant, au bord du vaste Deux-Montagnes, à Pointe-Calumet., interdiction d’avoir un radeau bien à nous. Mon « papa-peureux » (et pieux comme on le lira dans mon prochain bouquin « Papamadi ») refusait net chaque fois qu’on l »implorait. « Non, et non, mes enfants, jamais, un radeau source de dangers, d’accidents, de noyades ». Pourtant on en voyait un peu partout chez tant de voisins villégiateurs, des grands et des petits, des hauts et des bas. De belles jeunes filles s’y prélassaient, bronzant sous le vent du large. De jeunes adonis s’y déployaient faisant montre d’audace, s’inventant des plongeons inédits.
Compensation ? Pas aussitôt arrivés au Lac Rond, il a donc fallu la construction d’un radeau, objet défendu de ma jeunesse. Passons-nous notre existence d’adulte à colmater ces manques ? Tabous d’antan ? Empêchements à ce que nous croyions « le bonheur » ? Ça se peut. Ainsi, hier, un homme est venu voir le saule géant tombé et scié, devenu un long muret de bûches. Ce mystérieux voisin demande de pouvoir se choisir des morceaux. Il se livre à un artisanat de bols de bois tournés avec art (il m’a montré son album de photos). Retour en jeunesse ? Il m’a avoué qu’avant de devenir un important fonctionnaire fédéral, il avait fait un peu de poterie. On jase et oh, soudain, retour des canards, merde, crottin en vue !