Le dimanche 10 mars 2002

Le dimanche 10 mars 2002
1-
La peur. Après une nuit de bourrasques terribles, ce matin, vent fort et au début de cet après-midi, tempête brève mais énervante. L’électricité menacée ! Ça clignote ! Songe à éteindre l’ordi mais…ça passe. Hier, lu un courriel acidulé du fils Daniel qui se questionne quand j’ose refuser une promenade avec Aile pour continuer mes Journées Nettes, ici. Reproches forts ! Il a raison. Je regrette mon « assis sur chaise », ma défection. Promis de ne pas récidiver. Voici donc le fis qui joue au père du père ! Je me souviens d’avoir tenu ce rôle parfois auprès du mien. Sa surprise. Son sourire chaque fois. Je souris ! Mo n fils va jusqu’à me questionner : »pourquoi au fond ce journal. Une vanité u peu futile, non ? ? » Boum ! J’y réfléchis. J’aime le tenir, c’est certain, pourtant certains jours comme un… « devoir » (?) et de l’accablement.
Hier, stimulé par Buissonneau —vu, je l’ai mentionné, au lancement de « Debout les comiques » qui passait hier soir au Canal D, je l’ignorais— si enthousiaste pour les deux tomes de mon vieux journal (1987-88), j’ai lu (au lit) plus d’une centaine de pages sur 1988. J’y ai pris un plaisir fécond, revivant des éphémérides cocasses. Dont ce passage hilarant (fait cocasse oublié) quand mes petits-fils exigeaient que je passe la nuit chez eux,couchant avec leur gardienne, Lucille. On explique que c’est impossible, que nous ne sommes mari et épouse et ils s’écrient : « Qu’est ce que ça fait ça, c’est pas important ça, le lit de nos parents est grand ! » Je remémore l’incident à Aile et nous avons bien ri. Un des rôles du journal :faire rire ?
2-
Vendredi soir, belle brève visite de ma fille avec son Marco, ils revenaient du ski à Morin-Eights, pour mon cher Gabriel, le benjamin de la rue Chambord et son grand ami, Raphaël Drolet. Un jeune géant fort attachant, déluré, l’esprit en éveil, poli et curieux. J’amène ces deux ados à mon atelier-cave. Ils admirent un dessin gouaché du David À Marc À Bernard, venu séjourner ici à la mi-février. David et moi partions du même accident coloré, David me battait, faisant une meilleure réussite graphique. Ainsi le non-initié, libre de toute enseignement, peut battre un pro, par son audace. Je ferai encadrer sa ponte. Je veux les amener au four et à la glaise mais, vu un temps de verglacement (j’aime néologiser) les parents décident de vite, vite, renter à Ahuntsic. On a remis à Éliane deux plats préparés par l’École hôtelière. Pour son papa, qui m’a si bien donner à bien manger jadis, j’ai offert à Raphaël Drolet un petit graphique (vert, blanc, rouge) sur « Roma », « l’italianisant » compère en radio l’aimera-t-il ?
Achat du « Paris-Match » l’autre matin et bonne lecture de trois ou quatre articles bien torchés. Sur l’Amen, film de Costa-Gravas. Sur Israël et Palestiniens. Avec, comme toujours, des photos inédites. Après, feuilletant le dernier numéro de « L’Actualité », ça m’a paru bien pâle, peu excitant. Notre magazine « national » manque de…de quoi donc ? de nerfs ? C’est trop souvent mou, avec des sujets plats. Peu…québécois ? C’est cela. On sent qu’avec le boss de Toronto, la rédaction évite « l’enquébécoiserie » dynamique et solide ! Hélas ! Les contenus, trop souvent, offrent une sauce « pancanadienne » peu ragoûtante ! S’excuseront-ils en disant qu’ils ont des abonnés à Winnipeg et à Vancouver. Foutaise. Leur lectorat doit être du Québec à 90 %
3-
Martine Bédard (courriel) se cherche un …chantre pour sa famille, les Saint-Louis, fondeurs du Carré célèbre du même nom à Montréal. Elle veut mon aide. Quoi faire ? Pas le temps de rédiger des monographies de vieille famille ou…paroissiales. Ouvrages qui me plaisent bien pourtant, telle celle sur la famille-Jarry —et son parc dans Villeray— lu récemment.
Autre message d’appel à l’aide : de Jocelyn Bruneau qui installera un site qu’il veut baptiser non pas « Heart Attak » mais « Artattak ». Il veut m’installer, weebant (j’aime néologiser, vous disais-je), comme son tout premier « portrait d’artiste ». Il a adoré, dans le temps, mon feuilleton télévisé, « La petite patrie ». Il veut « piquer » (hon!) des photos de mon site. J’ai dis :oui.
Le jeune Cardin, lui, me remercie de nouveau pour mon soutien (pas bien fort pourtant vu mes ouvrages pressants) pour son projet d’écriture : son Ahuntsic natal en « petite patrie » bien à lui. J’ai tant souhaité, en 1975, un tas de récits publiés sur tous les quartiers de Montréal. Ça vient ?
Ma chère Aile toute fière hier soir quand je lui dis que l’agneau des « élèves en cuisine » ne peut être comparé au sien, si rose, si tendre, si juteux… La vérité. Elle en est comme emmiellée !
4-
Lu tantôt le cahier « Livres » dans « La (grosse) Presse », si maigre le jour du Seigneur ! Encore la « une » sans couverture des livres qui se font ici. Salmigondis, sauce cosmopolitaine à la mode. Platitudes « convenues ». Paraître « universaliste», n’est-ce pas ? Martel, vénérable fidèle des écrivains livres québécois, mis dans un petit coin, louange Gravel et sa modestie scripturaire avec raison. Il se faisant aussi l’écho de Suzanne Jacob dans son « Écrire » à elle, vantant en chorus les talents de véritable écrivain de Foglia. Comme il a raison. Martel dit que ce Foglia affirmant « aimer chroniquer sur rien surtout », chronique alors avec art. Vérité.
Si le jeune nouveau critique, Stanley Péan, continue de s’insérer « corps et âme » dans ses articles il deviendra le seul passionnant chroniqueur de livres. C’est le tort des Martel et Chartrand (Le Devoir) de rester en dehors d’eux-mêmes, de rédiger froidement, un « devoir » scolaire strict, parfois sur un ton professoral, glacial à l’occasion, en brave pion attentif, correcteur zélé, liseur comme anonyme. Le public d’un journal n’est pas celui d’une revue littéraire, il aime que ses « montreurs de talents » s’impliquent, se racontent un peu, laisse voir de leur …quoi donc ?, naturel. Feu Jean-Éthier Blais le faisait fréquemment et nous l’appréciions fort, peu importe ses louanges ou ses descentes.
5-
Éliane, ma fille, dans le portique l’autre soir, ici : « Mon amie t’a vu chez Lisa à Radio-Canada discutant « homoparentalité ». Elle m’a dit que tu étais bouche bée, muet, désarmé quand, soudain, un psy t’a sorti des études prouvant la non-dangerosité des parents homosexuels ! » J’en reste…bouche bée. J’avais rétorqué que peu importe les sondages —où les sondés peuvent mentir par rectitude attendue— il y avait ce témoignage livré tout frais, là, à deux pas de notre table ronde, de cette jeune Annick, fait en studio où elle a parlé courageusement de « sa honte » d’avoir une mère lesbienne, de ses mensonges obligés, de ses malaise à l’école, dans le quartier, de ses cachettes, de son silence. Il me semblait que le psy en question n’avait pas écouté (et compris) le désarroi terrible de ce témoin de chair et d’os à nos cotés !
Ce matin, Paul-Maurice Asselin exprime (mes chères « lettres ouvertes ») publiquement que « dans notre société si « distincte » il est essentiel de rester à l’avant-garde du changement pour le changement… » Ce Asselin jasait sur « mariage officiel de deux hommes ou de deux femmes ». En effet, tant de braves citoyens stupéfaits devant les caricatures, par besoin de mimétisme, mais bien silencieux de peur de sembler « ancien ». Crainte farouche de se faire cataloguer « rétro », « nostalgique », faut avoir l’air dans le vent, absolument moderne, en piétinant ses convictions s’il le faut. Le vent…
Et le vent les emportera, cher Rabelais !
Ainsi j’étais donc décontenancé, bouche bée ? Chacun peut interpréter subjectivement une attitude, une portion d’émission, le cours d’un débat. Rien à faire et je le sais depuis très longtemps. : « T’as été parfait ! T’as été en dessous de tout !
Au collège, le « tot sensus, tot capita », illustrait une règle de latin, cela illustre aussi que, oui, tant il y a de têtes (capita) , tant il y a d’opinons (sensus). Eh oui !
Je répète : »Un tableau de génie regardé par un crétin devient un tableau de crétin », et je répète pour m’amuser : Un tableau de crétin vu par un génie… Hum! Aux élèves des écoles où je suis invité parfois, je vais répétant aux jeunesses : « Tenez-vous avec plus brillants que vous, plus intelligents, mieux cultivé. C’est souvent un peu humiliant, fatigant aussi, mais vous en sortirez améliorés, grandis, stimulés par eux. Pas en vous collant aux gnochons, aux voyous « populaires » !
Silence dans la salle quand je fais ce sermon. On sait la « mise à part » du « bolé », la discrimination active face aux « brillants » dans un groupe, une classe, hélas !
6-
Aile, hier soir, avait loué « Legally blonde » en version française. Nous avions lu des louanges de cette comédie toute amerloque. Et nous avons bien rigolé. Récit pétaradant, fable comique. Un conte de fée « arrangé par le gars des vues ». L’héroïne, étudiante dans un collège californien pour futurs mannequins, avec « concentration » sur cosmétiques et modes, follement amoureuse d’un bel ambitieux qui la laisse tomber espérant une « blonde » à famille prestigieuse. Le beau « salaud’ file vers l’Est, vers Boston, vers l’école prestigieuse de l’université d’Harvard pour devenir avocat.
« Legally blonde » fonce alors dans une suite de séquences drolatiques. La belle poupée languissante abandonne son école de modes, fonce vers Harvard, réussit à y entrer, bûche comme diable, se retrouvera assistante d’un très célèbre plaideur…
Je ne vous en dis pas davantage. C’est comique et facile. Un de ce films à l’intrigue guère plausible — que d’amusants imbroglios— dans son intrigue mais un récit cocasse mené. Tambour battant. Un « happy end » savoureux, proclamant : « Une poupée Barbie a le droit d’être brillante, intuitive, humaine. » Et aussi : « Quand on est mue par l’amour, tout peut arriver. » La leçon finale :Une blondinette peut en cacher une autre. » Vraiment désopilant.
Le penseur grec Aristote aurait dit : « Le droit c’est la raison pure de passion. » Une prof de Harvard commente l’assertion millénaire et la minette de « Legally blonde » saura le contredire montrant qu’avec intuition, passion même, le droit…retrouve tous ses droits. J’ai songé un instant au bonhomme Trudeau pour qui c’était la règle de vie que cette « raison sans passion » et qui échoua complètement à vouloir détruire le patriotisme passionné des nôtres ! Samedi soir, un film de divertissement, si comique, me conduisait par accident à mon ennemi viscéral, le « raisonnable » pourfendeur du souhait normal d’une patrie normale , feu-Trudeau. Quel détour !
7-
À Londres, chez « The observer », Peter Beaumont, chef des nouvelles internationales en a plein son casque : « Plus moyen de critiquer Ariel Sharon, le va-t-en-guerre, et son gouvernement, sans nous faire accuser d’antisémite. » Il affirme que les attaques, plus nombreuses, contre des synagogues ou des cimetières juifs, partout en Europe, n’ont rien à voir avec la haine raciale mais sont le fait de jeunes émigrants arabes, mal intégrés, —et aussi mal acceptés par un racisme hypocrite en Europe, tient-il à souligner— qui s’ont une sorte d’écho de solidarité de l’Intifada palestinien. Heureusement, en Israël, de 80% de popularité, la cote du Sharon —prometteur de paix à son arrivée— est tombé à un peu moins de 50% maintenant !
Stéphane Laporte signe, très souvent, un très bon « portrait de société québécoise » dans « La presse. Quel don ! Ce matin, sa cabane à sucre immangeable, ses « oreilles de christ » qui le scandalise, enfant, et ses « pets de sœur » dont il ne veut rien savoir, tout le reste de son « Le bonheur est dans la tire… » illustre bien ses talents d’humoriste. Fort. Il est bon. Plaisir de le lire le plus souvent et je le lui ai déjà dit à la terrasse de « La Moulerie », rue Bernard, sa voisine. Difficile l’humour réussi —pas le lourd lot farcesque de pipi-caca-cul— essayez-vous, vous verrez bien.
8-
Si, comme moi, vous aimez les enfants, combien êtes-vous, depuis quelques années, à être étonnés, renversés, éberlués, vraiment choqués, consternés, du gros lot de pédés chez les curés et autres pasteurs ?
Le loustic : « Vite, le mariage permis pour eux à l’avenir. » Comme si cette tare, ce vice, cette effroyable maladie pouvait se guérir en prenant une épouse ! Cette homosexualité d’un ordre particulier, pervers, n’a rien à voir avec le mariage.
Voilà que ce matin —cerise pourrie de plus sur ce sundae exécrable— nous lisons dans les gazettes que l’évêque de Palm Beach, en Floride, a fait son ravage écœurant et, enfin, se fait dégommé. Trop tard ! Le mal est fait et il se faisait sous les apparence d’un doux, aimé et révéré bon pasteur des jeunes âmes ! L’exemplaire et pieux « monseigneur » O’Connell faisait donc partie intégrante du troupeau de brebis bien noires.
Sous couvert de charité, de belles paroles évangéliques, il est un autre haut gradé, drapé dans l’incarnat et la pourpre, crosse en l’air, mitre à rubans dorés au vent, soyeux gants violets aux mains —avec bague cabochonne luisant à embrasser à genoux— vicaire zélé de Rome qui se livrait à la corruption des jeunes. Gestes qui engendrent un déséquilibre pour la vie chez la plupart des jeunes victimes.
J’espère que des malheureux du Québec —tel, à 40 ans, ce Christopher Dixon (spolié à 13 ans)— même devenus adultes à cheveux gris, trouveront toujours le courage (en retard ou non) de dénoncer ces abuseurs —crapules en soutanes rouges ou en « clergyman » gris ou bleu poudre, en chandail mauve ou en jeans usagés, avec le crucifix au cou. Juste avant la nomination du rat O’Connell, il y eut le cochon Keith Symons, autre évêque pédéraste. Une lignée ! Vraiment ! Grossier acheteur de silence, complice dégeulasse, l’archevêché avait payé Dixon, à l’époque, 125,000 $
Le front de cette église catholique…qui installe ses pédés en satin moiré un après l’autre. Un autre abbé-à-petits-garçons, —nous en avons eu des paquets de cette vermine au Québec cléricaliste triomphant — John Geoghan, œuvrait à ses œuvres, pas bonnes, « basses ». A Boston, Il vient de prendre 10 ans de prison, lui. Bagatelle ! Il fera quoi, trois ans ? Moins ?
Il y a aussi d’autres coups de pied au cul à donner. Aux « rongeurs de balustre » aveuglés, aux « grenouilles de bénitier » complaisants, bedeaux candides, marguilliers écervelés, imaginez cela, ces braves paroissiens supplient l’O’Connell misérable de rester. Oui, oui ! Ils baissent les yeux : « Quoi ? Il faut-y pas pardonner les offenses ? C’est dans nos prières ! » Le « Palmbeachéen », Seamus Murtagh : « Quoi ? À tout péché miséricorde, non ? » C’est-y pas beau hein la charité chrétienne ? Aux portes de l’éternité, un Créateur décidera, lui, s’il y a lieu d’être miséricordieux, nom de dieux !
9-
Dies ira… poltergeist… neige incohérente, le lac soulevé de bourrasques, les murs vibrent, l’aluminium aussi, les vitres des fenêtres grondent, les chaises bougent, mon fleurdelisé tremble, le vent beugle et meugle…Apolcalypse now ! À la quasi-mi-mars ? Me mettre dans le ciboulot que l’ hiver n’est pas fini !
Gilles Derome, ex-réalisateur redevenu excellent potier à Laval, fait publier souvent, en lettres ouvertes, des…invectives ? Non. Des réflexions quasi philosophiques. C’est lui qui —jeune compagnon de l’atelier de céramique du 42 Avenue des Pins— m’excitait à une sorte de concours de « rapportage de livres » des bibliothèques publiques, de Montréal ou de Saint-Sulpice. Derome vu en boulimique liseur, cela m’encouragea à l’imiter. Bien m’en pris. Début février, mon Gilles y va d’un « Fanatismes », sorte de billet, à sa façon habituelle, ambigu. Son tableau dépeint W. Bush comme un nouvel Hitler. Rien de moins. Il s’aide dans sa démonstration des écrits de Béguin, Corti et Claude David. Pas vraiment cuistre mais volontiers étalagiste de ses lectures, mon Derome estime beaucoup les citations. Bush, valet servile du FMI, veut exterminer les vendeurs de pavot de l’Afghanistan avant tout, et, vite, y installer son pipe-line pour se défaire du joug des Arabes (?). Ce serait un politique qui va nous coûter cher mais qui nous rapportera gros à tous « nations chrétiennes ». Un fanatique selon Derome, que dire des kamikazes intégristes, fous d’Allah, cher Gilles ? « Ce Bush ressemble de plus en plus à Staline, le plus grand criminel de l’histoire », termine-t-il.
Mais Staline, si je me souviens bien, n’avait pas à rendre de compte à des électeurs. À personne. Le dictateur, « petit père des peuples soviétisés », n’avait pas à aller en élections libres, lui.
Ce Bush démonisé à l’excès me laisse perplexe un peu, Gilles.
Avant Bush, il y eut jadis Nixon. Élu, lui aussi. Les archives nationale des USA viennent de publier 500 heures de ses conversations de bureau. Oval, comme on sait. 1972. Tenez-vous. Nixon attaque des Juifs notoires, fait répandre des rumeurs sur Ted Kennedy, via sa zélée secrétaire car il l’attelle à la rédaction de lettre anonymes pour salir ce Ted encombrant. Ou à un journaliste désobéissant : des insultes grossières. Sous un faux nom. Devant un Henry Kissinger —énervé—, Nixon songe à la bombe atomique pour en finir avec les nationalistes du Vietnam. « Ce serait trop, lui dit Henry, il y aurait des victimes civiles ». Nixon répondit : « Je m’en fous. » Sur le fameux « agent orange » (utilisé e 1973) pour défolier les cachettes feuillus des « résistants » vietnamiens, Nixon ne veut rien savoir des « effets secondaires ». 30 ans plus tard, on vient de le révéler : le taux de dioxine (TCDD, ou tétrachlorodibenzo, un poison) est deux cent fois (200 !) supérieur au taux normal.
Qu’est-ce que mon ex-petit compagnon, Derome, écrira s’il tombe sur ce paquet-là ?
10-
Je juge la boxe une barbarie et , soudain, je m’intéresse à ce garçon de Sainte-Lucie, Éric Lucas. Il a battu Vinny Paz. Un gros morceau !C’est un champion. Me voilà oubliant que la boxe devrait être un sport banni, interdit complètement. Fou hein ? Chauvinisme maudit ? Oui. Le voilà donc co-proprio d’une « Cage aux sports » à Granby. C’est un début ? Le jeune Éric vient d’empocher 300,000$ juste pour ce combat contre Paz. Lucas, meilleur des super moyens (chez les mi-lourds ?), dit qu’il ne battra plus passé 40 ans. Plein de gérants, autour, l’encourage à continuer.
On veut le confronter à des Mitchell (association WBA), à Calzaghe (du WBO), à Ottke (du IBF). Il s’agit de diverses associations de combattants à gants de cuir, je suppose. Ses patrons chez « InterBox » ont intérêt à le voir grimper au pavois des pavois…
Et moi, je regarde aller le bonhomme de Sainte-Lucie, village laurentien voisin au nord-est de Sainte-Adèle, où je fus invité un jour pour une jolie et modeste fête littéraire. Me voilà donc tout fier, avec, comme à regret, au bout du compte, cette horreur de la boxe, une folie sadomaso. Je voudrais l’encourager, comme nos autres boxeurs, s’ils ne risquaient pas, tous, de se faire écrabouiller, et pour la vie, comme le pauvre infirme, Cassius Clay, alias Mohamed Ali… Au fait…dont je veux voir le film que l’on vante partout. Maudit voyeurisme, instinct de mort excité, qui nous rameute autour de ces arènes horribles. Spectacle inhumain. Ah je vous dis les contradictions des hommes, moi comme les autres. Ouais !
Marie-Claude Malboeuf (La Presse) fait souvent de bons reportages. La voilà inspectant enfants, profs et gardiens dans l’est de la ville. Son seul et final verdict : « les enfants se cherchent de l’affection…à l’école. Ils s’accrochent littéralement aux maîtresses. Une pitié. On lit les détails de son séjour et on comprend rapidement qu’il n’y a, au fond des choses, que cela :un besoin effarant de tendresse, d’affection. Un sentiment de petit être délaissé envahit corridors, classes et salles de récréation comme cantines. C’est terrible, non ?
Maman n’est plus à la maison. Me taire là-dessus. Les filles admises avec bon sens aux études supérieures, ne veulent pas rester à la maison pour faire cuire des beignets, laver des murs et tout le reste…et donner de l’affection au petit ou aux deux petits. Là, c’est la douleur ! Culpabilisées, elles ne savent plus comment réparer ce trou béant, ce ma, ce désespoir muet, qu’elle voient aussi bien que ces maîtresses d’école débordées.
Justice ! Si elles ont un diplôme, même modeste, elles veulent en profiter. L’État en est bien content de ces « deux au boulot », tu parles ! Plus de mazoune au fisc. Alors, on offre des dollars aux garderies et on promet d’en ouvrir d’autres. Beaucoup. Mais l’affection bordel ? Maman l’instruite reste bien mal en point, n’en doutons pas. Elle sait. Elle devine. Elle constate. Et lâchez-moi « la qualité » du temps de présence, cette farce ! Un enfant a besoin soudainement de tendresse, d’attention, de réconfort et cela ne se révèle pas « de telle heure à telle heure » .Elle a mal, cette mère partie de 8 h. à 18 h. Que les maîtresses n’en reviennent pas de ces abandons est une phrase creuse, elles aussi, souvent, ont des enfants ailleurs. C’est clair chez Malboeuf qui a tout vu :les petits sont en manque. Maman c’est de 18 h. et demi à 21 heures. Après, dodo, l’école demain.
Je voudrais juger sévèrement…. Moi qui a eu la chance, dans mon enfance, comme tant de ma génération d’avoir, chez moi, sans cesse, la présence… mais… Non ! Ep ! Me taire. Comment dire « rester donc avec vos petits ? » Si l’État voulait donner des sous, un vrai bon salaire, à ces filles qui veulent bien élever une famille…Ça changerait les choses ? Ne sais plus.
En tous cas, il y a dénatalité grave par dessus le marché, il y danger de vider le pays. On a les émigrants, sinon, ce serait une catastrophe nationale disent les démographes patentés. Alors ? C’est, les enfants, ben plus important qu’eau, électricité, forêts et tout le reste. C’est la ressource naturelle prioritaire. Essentielle. Vitale. Et on fait quoi ? 5$ par jour la place en garderie ? Oui, un salaire, un vrai, un bon et des femmes qui diraient : « Bien, c’est un métier à plein temps, je vais rester à la maison. Mon choix. Pas pour un ou deux, pour 4 ou 5 enfants, une famille qui compte vraiment, avec 4 ou 5 enfants ! Un salaire décent pour un métier délicat et vital, harassant et peu gratifiant souvent..
Ma fille, Éliane, diplômée d’université, capable d’avoir signé une série de télé pour enfants (« Les antipodes ») numéro deux après « Bobino » et ses stocks faciles de dessins animés, faisait ce choix. Ses trois garçons ne se sont jamais accrochés pathétiquement aux jupes des maîtresses. Elle était là pour l’affection normale. Je lui ai levé souvent mon chapeau !
Problème insoluble ? Reste une seule affligeante constatation : aux écoles, les enfants s’accrochent aux gardiennes, au gardiens, aux institutrices et quêtent ostensiblement un peu de tendresse. Pas du tout seulement apprendre le calcul ou la grammaire et cela n’est pas normal. C’est long, très long 10 heures (parfois un peu plus) dans l’école. Nous autres, au temps des mères « trop occupées pour travailler » selon Deschamps, tous les midis, il y avait sa soupe chaude, le repas chaud et surtout, surtout, sa présence. Maman écoutait nos chagrins, nos chicanes de cour, nos ambitions minimes, nos rêves et nos ambitions, nos projets dérisoires, notre simple papotage d’enfant. Ma mère était présente tous les midis ! Je lisais l’enquête de Malboeuf et j’avais mal. Très mal. C’est sordide. Quoi faire ?

Le mardi 5 mars 2002

Le mardi 5 mars 2002
1-
L’arraché du lit, ce matin, tard, très tard ! Bon Dieu que l’on hiberne ces temps-ci ! Il y a le rhume épuisant d’Aile. Il y a aussi que j’ai bouffé trop, beaucoup trop, de la belle morue fraîche avec riz tomaté aux olives noires hier soir. Un bon régal à la Aile ! Tant que je suis allé marché dans le soir. Que de rots sonores en chemin ! Pas grave, pas un chat dans la place. Deux silhouettes seulement en cours de promenade : une dame avec un « énorme » chien, un homme avec un « tout petit » chien. Les chiens font sortir ? J’avais quitté ce « Music-Hall » de Larouche. Au retour, c’est fini. « Pis ? », je questionne. Aile hésite…puis : « Ce bon gros Claude Blanchard, qu’il est fascinant ! Surtout quand il ne dit rien ! » Bizarre cette assertion ! Ce cabaret à danseuses et à musiciens, je n’en imaginais aucun de nos jours. Il n’y a en a plus, aucun. Cela faisait que la crédibilité du lieu élu me semblait factice. Assez, ne l’ai pas vu et Aile semble si réticente. Vu le « Asbestos », merci vidéo ! C’est fort bien parti. Les décors de la mine : oh ! Parfait. A-t-on tourné à Asbestos même ? De la rétro bien faite en tous cas et je suivrai ça.
J’ai quitté « Journées nettes » hier en prédisant la mort encore au Proche-Orient. Ensuite, je parle pas au diable , non, mais aux actualités, oui, de nouveaux tués. Facile à prédire l’ouvrage cruel de ces « enragés » des deux bords, évidemment.
Soleil et temps plus chaud qu’hier. Chez ma « poucheure » de drogue (nicotine) l’alerte veuve Constantineau : « Je vous ai vu aux téléjournal de TVA, hier. C’était bon. Vos petits débats amènent une amusante récréation dans les nouvelles, c’est bien. Et j’e préfère cette Dominique Bertrand à Isabelle Marchal qui fait une peu…quoi ? trop fardée ? » Je rigole, je la remercie. Elle n’en revient pas que pour un cinq minutes, le camion TVA se rende à Sainte-Adèle. Je dis : « Il leur faut battre Mongrain de TQS à tout prix ! » On rit.
Compliments bizarres car Aile m’avait jugé : « Pas trop fort. On aurait dit que tu y mettais aucun cœur. Tu m’avais dit, Claude : « Je vais traiter la question « homme fainéant » (selon un sondage-Léger) au foyer avec « humour », tu n’en as pas trop mis ! » Moi aussi, je m’étais évalué pas bien présent !Bof, la vie en méfias, des hauts et des bas ! « Je ferai mieux la prochaine fois », se dit-on. Il y a aussi que je préférerais polémiquer avec un homme. J’ai été élevé (mal ?) à une sorte de respect, de galanterie avec les dames. Aussi, je suis mal à l’aise quand il faut foncer sur une demoiselle mignonne !
Courriel : un certain Cardin me crie SOS, ce midi. Il m’avait voulu comme « conseiller littéraire » pour son projet, il y a un an. Refusé. Je ne fais jamais ça. On ne l’a jamais fait pour moi. Ce serait si vain. Or, le voilà en panne et il panique, me dit-il. Il me demande « des trucs » pour pouvoir continuer à rédiger « sa petite patrie », Ahuntsic. Il y a aucun truc. Je l’ai secoué, vilipendé, semoncé, fouetté…Mais il n’y a que lui pour pouvoir rallumer sa flamme. Ah « le dur désir de durer »!
Lanctôt me chicane ce midi sur l’Internet : « Quoi, publier ton journal sans que je le lise d’abord, tu veux jouer les prima donna ? » Je lui répondrai : « C’est que je publie depuis 50 ans, cinq ou six livres chez toi, tu sais pas mal de quel encre je me…chauffe. Non ? Lanctôt m’avait dit un jour : « Claude, je veux publier tout ce que tu me pondras. » Il termine son courriel : « Tu choisiras entre Lévy (Beaulieu) et moi »
En vérité il y a que j’apprécie peu qu’il retienne mes versements de royalties, écrivant il y a un mois ou deux : « En attendant ma subvention du Conseil des arts ». Mais ce sera donc toujours la même histoire, merde ! Lanctôt le désargenté sort un livre par semaine ( comme feu Yves Dubé) et « ne crache pas » aux auteurs. Dubé mort et Leméac en faillite, ses auteurs (Maillet, Desrochers, Tremblay et moi) furent « remboursés » par des chèques de l’ex-ministre « mulronéen », Marcel Masse d’Ottawa. Ce fut humiliant et je ne souhaite pas revivre cette situation.
Dans son « Les livres des autres » Beaulieu : « Les éditeurs sont subventionnés, hélas, selon le nombre de leurs publications, c’est mal. »
2-
Encore ? Laurent et Gabriel, fils de Marco et de ma fille, refusent notre invitation à séjourner ici (vacances de neige). Eh ! Je les comprends. Ado, moi aussi, pas question d’aller en vacance chez des vieux. Ils ont des amis. Oh l’importance des amis à cet âge ! Normal. Et, ici, pas de jeux d’ordinateur, ni « play-game-machin ».
Daniel mon fils grisonnant (déjà ?) est souvent intéressé par la philo, la psycho, ce qui me réjouis évidemment. Voilà qu’il m’annonce (enfin ?) ne certaine quête de…spiritualité. Ou bien de quoi ? De sérénité ? Il m’annonce qu’il tripatouille des bouquins du côté Zen des choses, du côté de l’hindouisme, du Bouddha. Bravo ! J’ai souvent voulu quêter de la sagesse de ce côté :
« religion, philo asiatique ». Mais le temps…Daniel m’informera je suppose.
Quand David est venu ici ce fut loin de la philo, il nous entretenait, avec pédagogie, et il a 20 ans, sur l’économisme (matières qu’il étudie à Concordia), sur le fameux Keynes, sur Adam Smith, sur un monde que nous ignorons. L’aîné de mes petits-fils était une sorte de « jeune Jésus au milieu des docteurs » (en communications Aile et moi).
3-
J’ai mis beaucoup de temps, plusieurs livres, avant d’oser mettre « écrivain » sous mon nom. Je lis souvent « écrivain » sous des noms inconnus. Auto-proclamation ? Ce matin, un certain Tassinari, « écrivain », vante des migrants de notoriété publique québécois à titre de « métis. » Il cite le fameux graphiste et affichiste Vittorio ! Stop ! Jamais Vittorio n’a joué de cette « carre de visite » parmi nous. Jamais au grand jamais !, J’ai toujours considéré Vittorio comme un Québécois à par entière.
Ce qu’il est, ce qu’il proclame sans aucun doute. Je déteste cette manière de distinguer, via l’origine ethnique, nos créateurs. Ni un Curzi, ni un Aubert Palascio ne le font. Cette engeance du « multiculs trudeauesque » me fait littéralement…chier ! Pourtant l’auteur (in : Le Devoir) semble dédaigner « le ghetto et ses folklores ». Il parle de deux bouches à la fois ? Ionesco est un dramaturge de France, non ? Picasso est un peintre de France (ou il a vécu toute sa vie). L’Espagne a bien le droit de lui faire une fêtes « post mortem », de lui ouvrir un musée, c’est une sorte de « récupération » intéressée. Pour le tourisme ? Vittorio, cet artiste de génie, est un Québécois et allez au bonhomme « collègue » Tassinari !
4-
Maudite zapette indispensable désormais !
Après souper, avant ce Music-Hall bidon, voyagement cathodique : A- La mafia de jeunes Noirs aux USA. Les « Crips », bandes en réseau. De Los Angeles à New-York. Violence extrême parfois. Commerciaux :je zappe donc et vite —l’horreur indicible de ces vendeurs-à-domicile m’insupporte totalement. B- Émission mensuelle de « Double Je », à TVA-5, avec Pivot. Le lécheculisme aux émigrations réussies, « mon doux Dieu que vous parlez bien notre si belle langue », alors que c’est normal, naturel et nécessaire. L’émigrant en Espagne parlera l’espagnol, et en Allemagne, l’allemand, il n’y a aucune félicitation à faire, c’ est indispensable pour une intégration ordinaire, non? Pouah ! Zappons ! C-Les vendeurs de « flacatoune », les contrebandiers de l’alcool à travers les temps. Ouen ! Zap ! D- Les massacres (Milosevic aux commandes de cet enfer) au Kosovo, les cadavres transportés nuitamment en Serbie ! L’horreur ! Commerciaux encore ! Ouash, fuyons encore !
Bref, pas une vie ! Lassante navigation, comment revenir à temps, et où au juste ! J’ouvre un livre. Ou une revue. Je dis à mon Aile : « Je crois que, bientôt, je ne regarderai plus la télé. Que, parfois, TQ pour ses films sans pauses publicitaires, ou Historia, même raison, ou ARTV pour le dramatiques de jadis. » Elle dit : « Pour demain soir, je loue un film. »
5-
J’ai honte. Un peu. Aile s’en va marcher au soleil sur le lac devenu une immense patinoire bellement ensoleillé. Moi non. Terminer mon journal. Oui, la honte. J’aime tant écrire, une vraie passion. Et je sais qu’au moins un éditeur (à Trois-Pistoles) veut le publier cet automne. Ma santé ? Je m’en repentirai un jour. Je le sais.
L’« affaire-Cornellier » —faire étudier, au collège, d’abord les « jeunes » classiques québécois au lieu des « vieux » classiques de France— s’agrandit. Trois textes ce matin. Un pour le prof Cornellier —qui a publié qu’une meilleure identification « littéraire » viendra des classiques Québécois— et deux contre. Une retraitée prof lance : « Les jeunes trouvent pus facile Balzac que Anne Hébert. » Oh, oh ! Facile, belle pédagogie ! Paule Saint-Hilaire compare Grignon avec Molière sur l’avarice, Camus et André Langevin sur l’absurde ! Je ne voudrais pas être comparer avec Pagnol, ni avec Saint-Exupérit, eille ! Ouow ! Intimidation complète :comment comparer des « gloires françaises » avec les auteurs de notre jeune histoire littéraire ? Raciste invertie, mépris pathétique, cette Paule affirme que l’identité n’a pas « à être « paroissiale » ! Ses termes !
Pierre-Paul Roy se range avec Cornellier mais jargonne. Se dit d’accord avec ce Maurice Dantec qui dit que la France littéraire c’est fini ! Connerie d’une sottise rare ! Ineptie d’un autre exilé français fasciné par New-York. Roy parle d’un « américanisme mental », d’une république mondiale des Lettres », un baratin baroque !
6-
Téléfilm Canada (agitez l’unifolié ici ) va changer : il faut faire des films populaires, il faut que les Canadians aillent les voir, il faut que l’industrie « canadian » se revitalise. Son nouveau président, (jeu de la chaise musicale, cooptation) M. Stursberg, va y voir. Neuf Québécois sur 100 soutiennent leur cinéma, pourquoi donc seulement deux Canadians sur cent ? Je le sais moi : il n’y a pas vraiment une « nation Canadian », à part quelques intellos « nationalistes » des universités, le Canadian est américanisé.
Et …jusqu’à l’os ! Good luck Richard Stursberg !
Jadis, lisant sur l’histoire de l’Angleterre du temps où le français était la langue officielle outre-manche, je me questionnais sur la chère jeune sainte Jeanne D’Arc boutant les « anglois » de France. N’a-t-elle pas empêché —séparant ainsi les deux nationalités, les antagonisant pour de bon— la langue française de devenir une langue internationale autrement hégémonique alors que l’espagnol monte sans cesse. Avec le temps, l’établissement en fière Albion aurait fini sans doute par imposer, par répandre le français dans les îles. Pas sûr mais fort plausible !
Eh bien, d’autres y ont songé comme Henriette Walker, par exemple, qui publie « Honni soit qui mal y pense » (Lafont, éditeur). Cette grande nation parlant français, de Londres à Berlin (ou quasiment), unie, aurait colonisé l’Amériques du nord de fond en comble. Imaginons cela : seulement de ce côté–ci de l’Atlantique, près de 300 millions de francophones ! Ajoutez à ce 300 millions, Angleterre, Écosse, Galles, Irlande probablement !, et, qui sait, tant d’autres pays d’Europe entraînés à cette époque par la force du français. Rêvons, ça ne coûte rien.
7-
Je reviens tout juste, pause obligée, du magasin de 17 h., de l’École hôtelière voisine. J’ai toujours un livre de poche installé dans la file. Ces temps-ci, le polar : « Pars vite, et reviens tard ». Surprise ce mardi, il n’y a que deux dames en attente de bonne bouffe ou… de déceptions disons car, parfois, leur menu est maigre ! Deux bavardes amènes et nous voilà trio jacassant. L’une vient du Plateau, milieu modeste, l’autre vient d’Outremont. Quoi ? Non, non pas de ce « Outremont-ma-chère », cette scie, car il y deux Outremont : le bas, au nord, et le haut au sud, plein de manoirs sur les coteaux du mont Royal. Les portes s’ouvrent et c’est rempli de belles offrandes. Ma nervosité ! Comme toujours, je remplis mon petit panier au grand complet et puis, je distingue, je calcule et je rejette pour les retardataires. Il y a Aile qui me gronde souvent : « Ah non, pas ça, pas ci ! »
Cette fois canard, cailles, potages frais…elle est contente.
Faudrait bien que j’en ponde une de mes dix histoires érotiques promises à l’éditeur Jacques Simard pour le marché français. Mais quand ? Le matin ? Vers 10 h., petit-déj, journaux, courrier postale, parfois travaux de maisonnée. Ensuite, lunch léger vers 14 h. Le soir ? Télé aux côtés de ma tendre Aile (« tendr’aile », mm !) avec les infos et/ou divertissement, surtout des documentaires, et lectures si c’est « plate ». L’après-midi ? De15 h. à 18 h. : Les courriels et mon journal.
Bon, c’est décidé, je couperai la poire en deux : le journal mais seulement après ces dix nouvelles « amoureuses ». Le romancier a des droits, non ? Ouen, me semble que je voulais peindre et ne plus écrire moi ? Un éditeur vous veut et voilà comment on est :on dit « oui ». Écrire, maudite passion !
Carmen M. du J. de M. me ré-expédie, enfin, quelques vieilles photos remises offertes de son interview sur « Je vous dis merci ». Note : « Je prends ma retraite. » Ma vadrouilleuse « mondaine » à l’ancre, comme tant d’autres vétérans, il me restera plus rien de ces fidèles supporteurs de ma prose annuelle. Me semblait que j’écrirais plus… la ferme Jasminovitch !

Le lundi 4 mars 2002

Le lundi 4 mars 2002
1-
Je me réjouissais trop vite ? Le frette noère est revenu. Ce matin, c’est l’hiver pour vrai. Brrr… Mais cette lumière…ce ciel bleu poudre…C’est stimulant.
Vive l’Internet ! Mon fils Daniel communique souvent avec moi.
Le voilà tout excité :achat d’un « char neu » bientôt ! J’étais inquiet le sachant aux quatre cons du pays pour installer en magasins divers, surtout librairies, ses jeux de société : Bagou, Tabou et Polémiques sa dernière invention, dans un bazou peu fiable. Lui et sa belle Lynn ont choisi une Chevrolet-Tracker. Connais pas ça ! Daniel est fou comme un…ballet ! Se juge « bébé » de tant s’exciter pour une voiture nouvelle.
Je lui ai expliqué que cela est coutumier sans doute et depuis des lustres. Notre ancêtre, lui aussi, devait s’exciter le poil des jambes pour un « joual » neuf, une carriole nouvelle, non ? Dans les gênes mâles ? Comme tant d’autres, il est pris d’un rhume solide depuis des jours et des jours. Aile ne l’a point embrassé dernièrement pourtant. Toussez âmes fragiles !
J’apprend que son benjamin, Thomas, est furieux des maudits « boutons d’ado » qui lui garnissent la boulle ! Je lui ai courriellisé que, des boutons, j’ai connu ça. En masse ! Pour cacher mes damnés « clous » je portais un foulard de soie blanche, mode du temps ! Il m’annonce aussi que son « bolé », Simon, rejette sciences et maths, souhaite s’orienter dans les « sciences molles », expression du frère d’aile, Pierre, pour caricaturer ce monde « mou », lui, qui est prof de physique à Saint-Laurent.
Mon Daniel, lui aussi fort en sciences « dures » au secondaire, bifurquait un jour. J’avais souhaité polytechnique et il s’en alla, vers le cinéma, les communications. Atavisme ? Chromosomes ? Eh ! Quoi faire ? Rien, je suppose. Tant de jeunes doués (surdoué le Simon, lui ), dirait-on, découvre en fin du secondaire que c’est « plate » de tant bosser aux études. Il y a appel du ludisme, du festif, du quoi ? Brillant, Simon était en ce qui se nomme « douance » à Sophie-Barat, au début de l’année il a demandé d’aller en…normal ! C’était le signal !
Devrais-je le rencontrer, le prévenir que sans le diplôme en sciences et maths, l’avenir n’offre plus les mêmes bonnes garanties d’avenir ? Ou me taire ? Je ne sais plus. Daniel décidera comme je le lui ai demandé. Délicat d’intervenir, je ne suis que le papi… Qui ( hélas ?) s’est bien débrouillé (dirait Simon). Daniel, un jour, me disait : « Tu semblais tant d’amuser, tant te divertir et travailler dans la joie, en ce monde des communications, cela a dû m’influencer ! » Merde !
Commet nier, en effet, que le boulot au monde du divertissement est captivant, excitant, toujours nouveau ? Cependant ils y viennent si nombreux et les ouvertures sont si maigres. J’ai peur. En vain ?
2-
Un dénommé Gaboury organise une fête pour les gens de l’Assomption, son patelin, et m’a demandé un texte pour célébrer Léo Jacques, ex-maire du lieu et longtemps camarade décorateur à la SRC. C’est fait. J’ai parlé de ce « pageant » scénographique monté sur la rivière un soir d’été en 1967. Jacques m’avait fourni de la documentation sur l’histoire de sa petite ville et nous avions présenté un spectacle, sons et lumière modestes. J’avais publié, chez « Quinze, éditeur », un bref récit de cette histoire le titrant : « L’outaragassipi », nom amérindien de la rivière L’Assomption.
Ça y est, ce soir encore, le camion à antenne parabolique de TVA viendra bloquer le trottoir une heure devant chez moi. Topo-débat commandé sur « L’homme à la maison, est-ce qu’il aide ? » En rapport avec un sondage-Léger, ce matin, où les femmes (les « feumme », dit Clémence) se plaignent du peu d’assistance des mâles dans le train ménager. Comme vis-à-vis la jolie Miss Bertrand, ex-copine des « copines » de TQS et qui démissionnait d’un talk-show de « fesses » à TVA récemment, par pudeur naturelle. Je suis prêt ! Pas eu le temps d’expliquer ma crainte du « forcing apparent » au boss Fortin qui veut tant de ces mini-débats chez Pierre Bruneau.
L’éditeur et ami Jacques Lanctôt, alerté par l’anxieux, moi, me lance ce midi : « Éditer ton journal ? Bien, faudrait d’abord que je le lise…et je verrai si c’est excitant… » Ouen ! J’ai aussitôt courriellisé : « À Trois-Pistoles, Beaulieu, lui, a totalement confiance et accepterait avec enthousiasme d’éditer ce journal. »
Bang ! Voyez comment ça se joue hein entre « vieux potes » du petit monde de l’édition ! Instruisez-vous, profitez-en ! Échaudé, je sais pas vraiment, à l’automne de 2002, où finira par se nicher mon journal. Tout peut arriver.
3-
Zappant un peu partout comme d’habitude, nos tombons sur un portrait biographique de la fameuse animatrice de télé, Oprah Humphrey. Dont je ne savais rien et qui me laissait très indifférent.
Oh la la ! Effrayant récit de vie ! La fillette, avec sa mère monoparentale assez indisponible et pas très responsable, se fait garrocher, couche dans un coin de véranda et se fera violer à 9 ans ! ! Ensuite c’est l’infernale vie. La voilà vulgaire « objet sexuel »… que l’on se garroche ! Délinquance prévue. Menteuse, tricheuse et voleuse.
Dieu merci, intelligente, vive, aimant lire et raconter en public, « preacher » à 12 ans !, l’enfant meurtrie et évidemment secrète, heureusement, peut se consoler, réfugiée dans ses très bonnes notes à l’école…qu’elle aime !
Un oncle qui la conduit chez son père remarié la violera aussi. Bef, une jeunesse pourrie. Elle le dit. Elle garde le sourire mais a les yeux mouillés. Un caractère d’acier ? Extravertie : elle fait du théâtre amateur. Vient un essai de radio à 15 ans. Succès. On découvre une belle voix. Puis ce sera de la télé…petite ville d’abord puis, vus ses bons talents, devient reporter aux nouvelles. Vite, elle est engagée sur un grand réseau, d’un océan à l’autre. Son triomphe ! Oprah joue des cartes populaires. Elle montre ses émotions, ne crains pas de faire du sentiment quand elle le sent. On va se l’arracher. Criant en ondes sa joie pour un roman : « La couleur pourpre », le célèbre Spielberg la fera jouer dans le (très bon ) film qu’on en tire. Succès encore. Nommée aux Oscars !
Très riche elle s’achètera des maisons, à Chigago bien entrendu, en Floride, en Californie. On apprend qu’elle vaut (ce terme !) un demi milliard de $ US ! Elle a son studio à elle désormais et, ainsi, se produit en toute liberté sans aucun intermédiaire. Un théâtre rénové à Chigago sera son gîte professionnel. Aussi, elle s’ achète une chaîne spécialisée : « Angels ».
Aile et moi, soudainement, étonnés, renversés : Oprah, la plus populaire des animatrices de télé, adore un roman sur l’esclavagisme, «Beloved», se cherche de bons scénaristes et un réalisateur solide (dix ans de préparation et des frais énormes) et elle en fait un film. Résultat ? Zéro, patate, son immense public n’y va pas ! Un échec retentissant ! Dépression terrible. Elle change son tir :fini de vouloir rivaliser avec le populisme, Oprah Humphrey fonce vers (une mode ?) « la quête de spiritualité » et ses ersatz… fera défiler devant « ses » caméras un tas de gourous, de psys, de guérisseurs de tout acabit.
Fillette abusée, terrorisée, elle répètera que la lecture —les livres de la bibliothèque scolaire— la sauvait de ces charognes environnantes. Aussi, on le sait, elle fait campagne éclatante pour la lecture avec une foi totale à ses émissions. Éditeurs, libraires, auteurs la voient comme la Bernard Pivot des USA !
Je découvre qu’elle va inviter bientôt cette auteur —du Cap Breton, habitant à Toronto désormais— MacDOnald pour son drôle de roman-saga si bizarre, « Parfum de cèdre ». Livre qui me fascine, que je lis à petites doses au lit chaque soir !
4-
En zappant librement, n’est-ce pas, on capte des bribes d’émissions. Ainsi, hier soir : on aurait tuer des centaines et des chiens-esquimaux, un temps, pour imposer la sédentarisation des Inuits ! Incroyable. Yeux qui s’écarquillent…L’émission se terminait ! Aile et moi estomaqués ! Est-ce vrai ? Est-ce possible ? Où, comment mieux savoir ?
Suis-je un peu fou… de vouloir croire, coûte que coûte, l’oncle Amédée —père de la cousine célèbre Judith— qui disait que nous decendions des Jasmin berbères de la Kabylie, montés en Espagne (des artisans ?) avec le grand chef de guerre arabe, Aldel Rhaman, puis installés au Poitou du temps de Charles Martel, mort avec le grand chef Arabe lors de l’historique « Bataille de Poitiers ». J’aimerais ça. Romantisme ?
Avant-hier, à Montréal, 60 « cousines et cousins » (!) manifestaient contre ce Président algérien, Bouteflika, militariste et centralisateur. Si on pouvait me prévenir, j’aimerais aller crier « Vive la Kabylie liiii-bre ! » du balcon de …n’importe qui !
Souvenir : en 1980, maman hospitalisée, je lui promet de rapporter de France (elle le voulait) une marque voyante sur les Lefebvre —je suis très Lefebvre, pas juste Berbère— les nôtres venant tous de la région Île de France. Visitant le fameux cimetière du Père Lachaise, bang !, un monument extravagant se dresse devant nous ! Gravé dans la pierre d’un fronton imposant, nous lisons : « LEFEBVRE, MARÉCHAL DE France ». Photo. De retour ici, maman la regarde et me dit : « J’aurais préféré un portrait, une photo, mon petit Claude ! »
« La fille du Maréchal » est morte en novembre 1987 et…. je m’ennuie souvent d’elle.
5-
Dans une salle de McGill, un Juif cherchant la paix à tout prix, , il est né et a vécu venu de Sibérie. « Lui et sa famille, expliquait-il, harmonieusement bien intégrés aux Sibériens, ne connurent aucun racisme que ce soit. » Alors il osa parler d’une seule Palestine uni aux Israéliens, d’un grand Israël uni aux Palestiniens avec des élections générales s’appliquant aux deux nations.
Des Juifs d’ici s’écrièrent : « Mais nous serions dilués, noyés, ce serait la fin de notre jeune patrie…Les Arabes sont bien plus nombreux que nous ». Il se fit donc huer comme bien l’on pense par son auditoire. Des enragés voulurent s’en prendre, physiquement, à ce « traître ». Il a fallu vider la salle. Voilà que le leader de la Libye vient de proposer… la même chose, sous l’égide de l’ONU. Kadhafi déplore le récent plan du prince saoudien, Abdallah ben Abdel Aziz. Le colonel dit qu’avec une réunion de tous en cette contrée —où le sang coule chaque jour depuis la deuxième « intifada »— le retour de tous les réfugiés, des expatriés palestiniens (7 millions), la destruction des armes partout et des élections générales libres, ce sera la paix.
Il blâme tous les arafatistes de tenir à ces enclaves, le Golan, la Bande de Gaza. Jérusalem, dit-il, serait « une ville de la paix, une ville sainte », hors politique quoi !
Rêvons ! Demain, encore un kamikaze désespéré…

Le dimanche 3 mars 2002

Le dimanche 3 mars 2002
1-
Le bonhomme hiver est tellement en beau maudit d’avoir raté sa saison qu’il se venge ce matin. Brume partout. On voit plus rien devant soi. L’autre rive du lac…invisible ! J’aime ces allures de monde disparu, rayé, contours effacés, sol englouti : mon côté romantique ? Achat de croissants ce matin par Aile, envie de varier le menu. C’est bien. Aile, frénétiquement, tousse sans cesse , un rhume étrange ne la quitte pas…elle est tellement attachante ! Des jus et du sommeil…ce matin, il est onze heure quand on quitte notre couche nuptiale ! Une certaine honte !
J’ai oublié le nom d’un grand penseur sage qui affirmait : « tous les jours, deux lectures essentielles, mes vieux testaments (bible) dans une main et dans l’autre, le journal du jour ».
En effet. Sorte de frénésie encre ce midi en ouvrant le journal. Incapable de comprendre ceux qui ne lisent pas le journal du matin, les nouvelles fraîches de la veille quoi. Mais un journal intime ne doit pas qu’être un résumé des nouvelles. Impossible par contre de pas faire écho aux activités dans notre cher monde, planète malmenée.
Pour nos braillards angoissés face aux écoliers québécois, relire (un texte de Jean-François Lizée) ce rapport d’une enquête internationale sur l’éducation (l’instruction plutôt ?) menée par l’OCDE en fin d’année. Trois grands tests depuis 1994 et cela dans 30 pays développés. Eh bien pour les sciences et les mathématiques, les jeunes québécoise se sont classés « les premiers » !
Répétons cela aux anxieux et à ceux qui, racistes invertis, nous jugent collectivement des « poches » en la matière !
« Ouen, mais nos jeunes lisent pas… » Faux encore ! Nous nous classons (lecture) bons seconds. Sur 30 pays avancés hein ?
Au total, on y est les premiers partout. Troisième est notre pire rang. Okay le sinistrosé ? Ces résultats nous installent devant l’Ontario, et, loin, devant les USA. Que nos colonisés patentés montrent sans cesse en bon exemple.
2-
Hier, le billettiste Marc Cassivi : « TQS râle, veut des prix aux Gémeaux…c’est un peu comme si Claude Jasmin exigeait le prix du Gouverneur général pour son dernier roman. » J’ai eu mon lot de « prix », me manquent que ce « General Governor » d’Ottawa (bof !) et le « David » de Québec ! Ce dernier, on finira, tous les écrivains féconds, par l’obtenir. S’agit d’attendre son tour. Un matin, folie qui m’amuse, je rameute —au lieu de prestigieuses signatures de lettrés— mes beaux-frères, ouvriers, et mes sœurs, midinettes, afin qu’ils me recommandent pour le David automnal.
J’avais expédié aux savants jurés du Prix David cette liasse de lettres, certaines écrites presque au son. Cela m’amusait d’imaginer leurs augustes figures se crisper d’horreur devant des témoignages aussi peu littéraires. Je suis un gamin parfois. Pas eu le prix, vous pensez, le jury de « doktors en lettres » et experts-profs en sémiologie et en linguistique devaient s’en torcher que les miens s’écrient que « Tit-Claude était un fameux conteur » .
Un philo-sociologue de France, Lipovetsky, a répondu aux questions de Robitaille (Le Devoir) et il prône la légèreté de l’être. Bravo ! Il reste optimiste, déteste le manichéisme actuel, à la mode, déclare qu’il y a bien plus de conscience sociale et civique chez les possédants que, par exemple, dans les années’30 quand montaient les fascismes. « Le superficiel a sa légitimité » ose-t-il dire. Il éloignerait des totalitarismes (les idéologues graves ?). Il est étonné de constater alors que l’on vante et chante partout le festif, l’hédonisme (pubs du monde marchand, par exemple), l’angoisse lourde de ses élèves dans ses classes.
Il termine son interview en disant : « Agaçants ces intellos qui dénoncent la télé tout en l’hypercritiquant sans cesse (ils la regardent donc). » Et : « Ça n’est pas de la barbarie une société qui marche à la légèreté. » Rafraîchissant bonhomme ce Lipovetsky, non ?
3-
Regardions, hier, le gala des Césars (dans un vieux théâtre merveilleux) pour les films made in France. Parfois bin plate. Amateur souvent . Séance d’école. Improvisation totale souvent. Pourtant une atmosphère de rigolade fait du bien à voir. On disait :« On ne se prend pas au sérieux comme dans ce Hollywood aux « Oscars » où la moindre seconde de show est calculée, où une machinerie impeccable prévoit tout, règne en despote furieux. Le jeune comédien, Edouard Baer, en présentateur, fit le joker. Un rigolo doué. Ainsi, vers la fin, Baer annonça qu’il va faire une grave déclaration, délicate, importune mais essentielle, trémolo dans la voix… Nous guettions une sortie historique et voilà que son laïus tombe à plat… sans sujet aucun. On verra jamais de ces farces aux Oscars si « seurieux ».
Quand un « nommé », un beur, se précipita au micro pour remercier, avant même le décachetage habituelle, ce fut une franche rigolade aussi. À Hollywood deux « videurs », armés, l’auraient sorti illico, non ? Bref, de la légèreté, tiens ! Enfin, un savant montage (et sans infographie à incrustations), vraiment étonnant, d’images d’oiseaux exotiques qui obéissaient à un cinéaste invisible, offrait un morceau d’anthologie. Aile morte de rire comme moi.
La « grande reporter » Oriana Fallaci, jadis célèbre, ose déclarer que le monde islamique est très en retard par rapport à notre civilisation (chrétienne blanche occidentale), que les femmes de ces contrées, habités de machistes dominateurs, devraient se révolter, cesser de tolérer ces jougs antiques… et c’est la stupeur ! L’indignation partout.
Quelle hypocrisie ! Cette crainte niaise de passer pour « impérialiste », pour « paternaliste », réduit au silence les pleutres de l’Occident.
Pas un chat (chrétien blanc) ne voudrait s’expatrier dans les pays (intégristes ou non ) de cet Islam, pas vrai ? Berlusconi, le Président crésus italien et détestable potentat bien capitaliste, osait parler de cette manière et « les gauches » le fusillèrent. Mais elle, la renommée Fallaci, elle ? Oh ! On chuchote : « Elle est malade, elle traverse une crise ». Hypocrites mondes !
4-
Proverbe : « seule la vérité blesse ! »
Réjean Tremblay, ce matin, lance et compte. Tous ces correspondants, dit-il, avancent :« Que ces millionnaires, comme Villeneuve, se la ferment, ils mordent la main qui les nourrit. » Tremblay explique calmement à ses froussards la raison qui fait que le « boss » endure les écarts de langage de leurs petits et chers protégés. « Ils rapportent de l’argent !» C’est tout simple. Je ne cesse plus de lire cette expression: « mordre la main qui nourrit ». On l’utilise pour un cinéaste de l’ONF, pour un téléaste de Radio-Canada (je fus servi là-dessus quand je critiquais la boîte). Pour la majorité celui qui est payé pour son travail doit s’autocensurer, tout laisser passer. Être reconnaissant comme un « bon tit nègre » du temps de l’Oncle Tom ! Avachissement stupide.
Villeneuve a dit que « Pollock, congédié par Bat, a été traité comme du bétail ».
Hon !
Tremblay frappe et cogne : « Jacques Villeneuve rapporte aux marchés de BAT un profit de 1 000 000 018 $ (US), ça vient de finir. À Melbourne, samedi, il y avait que lui et Schumacher comme champions de la F1 sur la piste. On achète pas le silence de ces types. L’argent (21 millions à J.V.) n’achète pas la liberté de penser, de s’exprimer, à moins d’être un trouillard.
5-
Regard à ma fenêtre :pluie oblique. Neigeuse un peu. Tonnerre au loin, eh b’en ! Le lac rempli de flaques d’eau ! Chantons : « Mais où sont les neiges d’antan ? » Chaque fois que la température faisait des siennes, dans les année d’après-guerre, papa disait —sa scie à lui : « Ça, c’est à cause de la bombe atomique mes petits enfants ! » Maintenant j’entends souvent : c’est les gaz, les oxydes de carbone, c’est la couche d’ozone perturbée… » Bon.
Il doit se sentir fragilisée le critique Louis Cornellier du Devoir. Deux collègues ( M.-A. Lamontagne et Odile Tremblay) l’attaquent ce samedi. Il a osé (hon !) dire que les bons vieux classique de France devraient être enseignés aux jeunes collégiens après (b’en oui, après, hon, hon !) une bonne et habile initiation aux écrivains d’ici. Impardonnable position fait le chorus des aristocrates ! On grimpe aux créneaux. Pourtant la pédagogie actuelle est du bord de Cornellier. Et moi itou.
Dans son article, Lamontagne louange les écrits de notre brillant Kérouac à nous, alias Frère (botaniste) Victorin, mais se trouve heurtée quand le génie écrit en patriote sur notre histoire.
Ceci explique cela, elle semble dire : « Reste donc dans ta houache, les plantes. Ne pense pas sur nos malheurs historiques. Pas ta place ! Chacun enfermé dans son créneau, sa cage ! » Belle connerie !
6-
Un certain Pierre Jourde de Paris , bien cuistre, publie « La littérature sans estomac » et il attaque les auteurs qui ont du succès. De Sollers à Angot, de Darrieusecq à Beigbeder, à Ouellebec bien entendu. Donc les liseurs sont des poches ! Ah, faudrait changer le public lecteur n’est-ce pas, comme ce député dépité souhaitait changer de peuple ! Jourde, mitrailleur fou, saurait, lui, rédiger des romans forts, incontournables. S’il peut s’y mettre car qu’allons-nous devenir, tous, s’il ne s’exécute pas ?
La petite Bertrand de la rue Saint-Hubert, alias Andrée Ferretti, était une sacrée « donneuse de leçons » dans les années ’60. Elle publie « La passion de l’engagement » et fustige les indépendantistes qui osent faire face aux « faits têtus » de la réalité. C’est digne. Il en faut. Parizeau ou Landry ? De tristes échangistes ( pacte de l’Alena maudit !). Militante sincère, elle recommande « les mains propres » et on sait ce qu’en disait Sartre de ces « mains jamais sales ».
Sur les sujets ci-haut, je lis R.-M. Sauvé, mon âge, qui dit qu’il a lu la comtesse de Ségur à 11 ans, Jules Verne ensuite, Shakespeare, Scott et Chaucer à l’université, et des littérateurs allemands, et des Américains, surtout Lewis… son témoignage pour dire qu’il faut lire jeune (non?) et de tout (non ?) . Il veut appuyer la dame de France, Guiserix (comme dans Obélix), qui dénonçait la position Cornellier (étudier d’abord les auteurs d’ici), elle aussi. Le racisme inverti toujours !
Pauvre Salman Rushdie, son dernier bouquin, « Furie », un flop ! Récit trop compliqué. Un soufflé raté. En interview, il dit qu’il a voulu offrir « le grand roman américain », qu’il a voulu s’inspirer de la chute de l’Empire romain…rien que ça ! Qu’il a voulu rédiger son « Great Gatsby » à lui. Son « Furie » serait emberlificoté avec trop de pistes ! Eh maudit que c’est pas facile. J’ai tant souhaité, comme tant de mes collègues, faire « le grand roman québécois », maudit que c’est dure le talent, introuvable le génie ! Rushdie s’est essayé. Faut continuer mon cher Salman. Se reprendre. « Mais nous, nous serons morts mes frères » quand apparaîtra ce « livre des livres » sur les Québécois !

Le vendredi 1er mars 2002

Le vendredi 1er mars 2002
1-
Nous quittons Montréal sous un soleil velléitaire ce vendredi matin et aboutissons dans nos Laurentides sous un ciel tout gris. Zut !
Achat de bons beignets, rue Laurier, comme avant « petit-déj » (allô Paris !) pour patienter en voiture. Miam ! Hier soir, bouffe à La Diva, en face de la SRC avec la « revenante » des J.O. EN Utah et je lui demande : « Vrai Marie-Josée, tel qu’entendu hier à la radio par un commentateur d’ici, que Salt Lake était comme un affreux Camp de concentration ? » Elle dénie : « Non, mais non. À Nagano comme à Atlanta, où j’ai bossé, il y avait aussi plein de fusils et de mitrailleuses. C’est la règle pour la sécurité maximum, c’est tout. On s’y fait vite. On les voit plus. » Cadeaux à Aile et à moi de briquets-bricoles marqués du sigle des J.O. mormoniques.
Pennine « alarabiata », trop épicés, et vin rouge. Puis des nouvelles et potins sur notre ex-boîte : une SRC aux abois, aux trop bas « indices d’écoute », panique amenant de la nervosité dans les murs avec brassage de camarades.
Lors du débat « homoparentalité » chez Liza, il y a peu, rencontre de couloir du Pierre Nadeau. Salutations et Nadeau me dit : « Drôle de te croiser, je sors d’une réunion de production à l’instant et on vient de mettre ton nom sur une liste. Nous préparons une série d’interviews avec le réalisateur Pierre Castonguay. Des causeries sur les années de la Révo tranquille, etc. Tu accepterais de venir à nos caméras et micros, Claude ? » Je dis oui. Ça va de soi, j’aime bien nostalgiser un brin.
Au restau « La Diva » je sortais de TVA, du studio-placard (!) où —quand je suis en ville— on me duplexise avec l’Isabelle Maréchal pour un autre topo-débat —aux nouvelles de Bruneau. Curieux : au dixième étage de TVA, on me maquille vitement puis on m’enferme dans un petit garde-robe (!). Il y a une petite table, un fauteuil et une caméra-robot. Porte refermée, je suis tout seul. Je vois Bruneau en action sur un moniteur. Soudain, oreillette, on me dicte : « Attention, ce sera à vous dans une minute. Ne regardez que la caméra. Stand-by. »
Sensation étrange. Solitude totale pourtant peuplée : voix d’un régisseur, d’un technicien (« vous entendez bien, oui ? »), d’un réalisateur, puis voix de l’animateur Bruneau, voix de Isabelle.
Seul et pas seul vraiment! Hier je réussis à dire deux choses qui m’importent : un, « le racisme inverti » (ma nouvelle marotte et je ne cesserai plus de bien enfoncer ce bon clou) et l’américanisation publicisée sans cesse —nos médias en courroies dociles des produits USA— qui n’a rien à voir avec culture « universellle » ni « internationaliste ». J’ai crié presque : « pourquoi ne jamais rien savoir de ce qui se fait de mieux à Berlin, Tokyo ou Madrid ? ». La Maréchal rétorque : « Ah, en Europe, Claude, oui, vous pourriez obtenir tous les canaux, ici, on est sur le continent nord-américain. » Mon œil ! Il y a des satellites. Et des rubans magnéto, non ? Un feu, un déluge, un accident à Moscou ou à Kaboul et on voit toit, dans l’heure, non ?
Et puis, parlons en « américains » tiens : on sait quoi sur les « meilleurs » talents de Mexico, de Buenos Aires, de Rio de Janeiros ? Rien ! De La Havane ? Rien. Faut pas compter sur les USA pour voir ce qui se fait à Cuba, je crois !
Aile en bonne conseillère me confie : « Danger cette série de topos. Ça surgit dans le bulletin de nouvelles, on ne sait quand, on ne sait trop pourquoi. Il n’y a pas « chronique ». Vos machins-débats, cela peut faire « forcé », « fabriqué », « obligation de polémiques ». Mon chou, méfie-toi. »
Aie, Aile ! Aïoylle ! Elle a raison. Je vais communiquer vite avec le chef-Fortin. Le prévenir. Fonder une chronique et qu’elle soit titrée (« La belle et le bête » ?) et régulière, tel jour, telle heure. Que cesse la manière « cheveu sur la soupe. »
Maints témoignages d’appréciations pour le débat à « Dans la mire »,chez Cazin quand on a discuté couteau « sirpan » à l’école et « intégration des émigrants. Un certain Pascal Beausoleil, jeune animateur de radio (à CIBL je crois) me téléphone hier midi. Des éloges sur la « grande gueule », puis : « J’ai tant aimé, chez Cazin, votre ton direct et votre bon sens. Je vous contacterai à Sainte-Adèle lundi matin, on va parler « rectitude politique » à mon micro. » J’ai accepté, flatté comme le corbeau au fromage face au renard du Fabuliste.
2-
Aile salive ces temps-ci. Tas de neuves séries démarrent à l’horaire de nos télés. Je suis fou du monde des livres, Aile, elle est folle du monde des dramatiques. Normal. 20 ans à travailler là-dedans. Elle examine tout en experte, castings, découpages, montages, éclairages, décors, costumes. Première de « Fortier » hier soir. Appréciation totale. Première de « Tabou », même contentement. Aile est pas peu fière d u « savoir faire » québécois désormais. Je lui donne raison, « Le Collectionneur », film de Beaudin, prouve ce savoir-faire, à la télé, en effet, ces deux émissions nouvelles illustraient hier soir le « bon ouvrage » dans le genre.
Des caméscope, hier, dans des séquences de « Tabou » et je songeais à ce montage de mon Gabriel, cadeau d’anniversaire au papi, où on revoit les petits-fils, gamins, en action chez eux, il y a dix ans et davantage encore. Qu’est-ce que je donnerais pour voir Aile à cinq ans, à douze ans ! Et moi à quatre ans, à quinze ans ! Eh ! Pas de caméscope encore. Ah, voir maman à 40 ans, papa à 30 ans !
3-
Je n’achèterai plus jamais « Le Monde diplomatique ». Le patron, Ramonet, au « salon du livre » de La Havane, en invité d’honneur, ose chanter les vertus du « despotisme heureux ». Oh que ça fait « despote éclairé » de jadis ! Saloperie, dit Mario Roy avec raison, quand le Castro-despote-heureux fait jeter en prison tous les penseurs dissidents. Ménard de « Reporters sans frontière » a eu raison hier de parler de « honte et infamie ». Castro aurait ordonné une édition cubaine augmentée du livre de son louangeur, « Les Propagandes silencieuses ». Roy publie que l’hebdo de Ramonet se titre désormais à Paris :« Le monde diplodocus ». Bin bon !
Aile a reçu ses nouveaux verres hier. Même choix, exactement. Un vrai couple en osmose, non ?. Emblématique en diable. Danger maintenant de nous mélanger de lunettes, au réveil, le matin, en chaussant les bésicles de l’autre ! Vraiment, on en rit. Ce choix fut fait à notre insu. On a donc les mêmes goûts, à 100 %
J’ai craché un peu de fric hier : pour Les Anciens du collège Grasset, pour les Amputés de guerre, pour La cinémathèque et…pour quoi encore ! D’anciennes émissions (de variétés de la SRC) sont à l’affiche de notre télé-cinémathèque pour mars et avril, et Aile y a son nom. Me me semble pas très fière du fait. Quelle modestie chez elle ! Côté donations diverses, Aile est encore bien plus généreuse que moi. Cela doit se savoir car les demandes d’argent se multiplient et parfois elle en vient à rechigner. Est-ce que l’on échange les listes des donateurs en un haut-lieu mystérieux d’entreprises caritatives ? Ça se pourrait-y ? Non ? Hum…
Lecture du « Collectionneur » de Brouillet, en livre de poche, et Aile me dit, honteuse : « C’est bon mais j’ai mieux aimé le film de Beaudin, c’est fou non ? » Non. Ça arrive. Rarement.
4-
Oh la belle et bonne nouvelle, mon ciné du coin « Le Château » est classé patrimoine historique. Ça me fait drôle, je viens d’en chanter la beauté, le mystère, son pouvoir d’attraction sur nous, jeunes de Villeray, dans ce « Écrire» qui est à l’imprimerie en ce moment pour « Trois-Pistoles éditeur ». Curieux ! Le voisin, le Rivoli, devenait, hélas, une pharmacie Coutu, c’était une très belle salle pourtant ! Le beau « Château de mon enfance » ( bonjour Marcel Pagnol !) est donc sauvé d’une semblable hideuse métamorphose commerciale, hourrah !
On a regardé (magnéto béni !) « Lulu sur le pont » film écrit et réalisé par Paul Auster. Du bon et du moins bon. Du « jean-luc-godardisme » bien confus trop souvent. Des moments étonnants.
Ainsi, bien joué par Keitel, le héros du « Lulu… », un jazzman enlevé par des « méchants » anonymes, gardé dans une cave mystérieuse par un docteur-anthopologue, sadique questionneur, évoque Gene Kelly. Voilà son bourreau en complet-veston qui, ravi, déclare : « J’aime les Américains à cause de ce film, il vaut votre déclaration d’indépendance ». On est secoué ! Ce type fermé, se lève et danse ! À la Gene Kelly et chante « I am singing in the rain ». Ah oui, ici et là, des séquences merveilleuses. Hélas, fin obscure et « plate ».
5-
Nous y étions, Aile et moi, chez Victor Hugo en 1980, au numéro 9, Place des Vosges. Il y a vécu 14 ans. La jolie place ! Demeure sombre, bourgeoise. Sa menuiserie (mais oui, bricoleur en plus) bancale, lourde. Quelques belles illustration d’Hugo sur les murs. On revoit soudain ce logis historique à la télé. Le présentateur de TV-5 y offre un film « Le condamné à mort » de Toto à Juliette. Film plutôt plat. Monologue pompeux en voix hors-champ… Zappette chérie par ici !
Avant-hier, Aile part pour l’école des chefs. Rien que des soupes et des sauces, les leçons du jour ! Elle repart, mécontente, pour le marché Métro aussitôt. Le lendemain, même pénurie de plats préparés quand j’y vais. J’achète des viandes crues. Aile est fâchée : « Je t’ai dit, pas de ça, jamais ! » J’ai offert le steak et le foie de veau frais à ma belle bru Lynn qui travaille de l’autre côté de la rue, en face de notre « pied à terre » à Outremont. Voilà que son patron,. Jacques Simard, m’accroche et m’offre une commande. « Maintenant, dit-il, on a un réseau, de bons contacts à Paris. Ça t’intéresse ? On vend beaucoup de nos livres pratiques. Une manne pour Publicor ! » Je lui dis : « Non, moi, les bouquins « pratiques », pas ma tasse de thé ! ». Il rigole et me dit : « On a un marché aussi pour les écrits érotiques. En nouvelles. Ça marche très bien, là-bas. Tu veux t’y essayer ? Tu pourrais utiliser un pseudo si tu veux ! »
Diable…quand on vous veut…Et puis, oui, il me semble que je pourrais pondre du nouveau dans cette veine du « péché de la chair ». Et je m’y connais pas mal. Je lui dis « Oui, ça me tente, ça me changerais de mes écritures habituelles. » Simard semble content : « Je te signe un contrat quand tu veux. »
J’en parle à mon amour. « Ça me tente l’érotisme ! » Voilà une Aile comme inquiète du projet ! Pourquoi donc ? Crainte de voir son Cloclo devenu auteur salace ? Allons, elle devrait bien savoir que je ferai pas le cochon, que la porno m’embête, m’ennuie profondément. Alors ? Oh, j’y pense, peur que je révèle des manières…, des façons… C’est cela, oui, je me comprends. Eh bien qu’elle frisonne ma belle Aile, je le ferai sans doute ce receuil de sensualité débridée. Ça ne traînera pas. « Une dizaine de brèves nouvelles », a dit le Simard. Bon. Ça va revoler, seins, cuisses, fesses, chair rose, chair opale, translucide, ah oui, ma belle Aile, tremble…
Un peu de ce vieux Renoir, (fils du peintre auguste) à la télé et zapping ! « Éléna et les hommes » avec Ingrig Bergman, Marais, etc, scènes cuculs la praline, plein de cocotiers, imaginaire visuel à clichés, musiquettes éculées, princesse polonaise à accent, stéréotypes des années 1900, la soupane antiquisante que je déteste. Oui, vite, on vogue ailleurs. J’espère toujours dénicher du « bon stock, man » chez Historia ou au Canal D. Parfois, oui, ça arrive !
Ma chère Clémence souhaite aller davantage vers le dessin. Tiens ! Comme je la comprends. J’ai vu ces dessins colorés partir de vieille photos de sa jeunesse ou de la jeunesse de sa mère. C’est naïf sans toujours la maladresse (authentique) des vrais peintres du dimanche, hélas. Pas facile l’art dit primitif. Il ne s’agit pas seulement de « mal dessiner », ce serait trop facile. Tout le monde embarquerait. Il y faut une sorte de …vision ! Cela ne se commande pas. Je suis hors-concours là-dessus, j’ai appris (hélas ?) le dessin.
6-
Oh le renversant documentaire à RDI l’autre soir. « Grands reportages » (dumping souvent mais de qualité) illustrait l’ouvrage des espions des USA. Paquet de bavadrs, ex-employés, experts en la matière. Bien rémunérés, on l’imagine, pour témoigner sur les douteux procéés des NSA, CIA… aussi sur CSE, G.C.H.Q et même GRC…
Il y a un immense réseau nommé ECHELON. Très puissante machine américaine. Vaste « soucoupe » parabolique mondiale. On écoute. On vous écoute. On écoute tout le monde. On apprend que ces « oreilles satellisées » indiscrètes se tiennent parfois loin des méchants ennemis virtuels. Ainsi l’espionnage payé par le public, un temps, fouine en France et découvre —clandestinement— que la « Thompson-France » graissait des fonctionnaires brésiliens pour un contrat plantureux (en Amazonie). Les « grandes oreilles » font couler la nouvelle. Scandale partout dans les médias. Recul au Brésil. Prudence. Gêne. Et c’est une compagnie des USA (Sivam), bien informée, utilement alertée par ECHELON qui obtiendra le vaste contrat amazonien (17 milliards de dollars US !). Alliance Pentagone et Département Commerce ! Édifiant, non ?
Les dirigeants de Sivam, eux aussi, graissèrent à leur tour et, connaissant les chiffres des « backshishs », (merci ECHELON) payèrent davantage ! Ainsi on a vu les agences affiliées à ECHELON, NSA, CIA, etc., dans le commerce jusqu’ au cou. Et on a vu le « Clinton-aux-cigares-vulviens » faire sa visite chez ces gens et les féliciter : « Merci pour les emplois obtenus, les boy, good job ! »
Mais ce ECHELON le 11 septembre, kamikazes saoudiens à l’aéroport de Boston ? Non. Pas prévu ? Pas vu venir ? Rien, personne, pas du tout ? Rien, rien, rien ? Trop pris par le monde du business ? Des finances. Trop occuper à filtrer les informations aux oreilles des gros entrepreneurs ? Aux « bums-corporates-bums » ? Volet no. 2 et dernier la semaine prochaine, même canal RDI. Hâte !
7-
Fabienne Larouche, accompagné de l’époux, un jeune psy tranquille, à « Arcand en direct ». Patate ! Chou blanc ! Des fois, un sujet ne lève pas. Que du baratin mou ! Arcand devait s’en mordre les doigts. La même Fabienne rétorque ce matin à un jeune auteur de film qui la malmenait. Philippe Falardeau lui cherchait des poux. Raison ? Larouche retire ses émissions en vue du gala des Gémeaux. Falardeau osait dire que « le niveau de qualité de prix s’en trouverait plus élevé ». C’est pas fin ! Réplique : « son film « Le côté gauche du frigo » ne fut qu’un succès d’estime ! » Et bang ! Les couteaux volent bas !Elle ajoute qu’il joue le complaisant, les tapes dans le dos aux producteurs restés sur le Gala. « Il envie ma renommée », dit-elle et « il méprise mon talent » . Bien. En effet il y avait une attaque « ad hominem » dans la diatribe du jeune cinéaste.
Stimulantes les querelles des créateurs ? Oh oui, mais sans ces attaques personnelles. Il est encore jeune, ce Falardeau. Il se corrigera là-dessus ? Il faut l’espérer.

Le mardi 26 février 2002

Le mardi 26 février 2002
1-
Suis pas un Esquimau, pardon, un Innuit, pour être capable de vois fournier les nuances entre le gris du lac et celui ciel ce midi. On sait que ces gens de l’Arctique peuvent distinguer pus d’une dizaine de blancs, Il en va de leur survie quand ils chassent l’ours ou le phoque sur les banquises. En té cas c’est blanc !
Ça téléphone au polémiste (de service ?) ce matin. Invitation demain mercredi midi, chez Liza Frulla de la SRC (qui va jouer le néo-gagliano dans Saint-Léonard ?). Le sujet de discussion, à quatre ou cinq débaters,  » pour l’homoparentalité, oui ou non.  »
Je dis au recherchiste : je suis contre. Il dit :  » oui, on le savait bien. » Hum, j’aime pas q’on devine trop vite mes options idéologiques. Demain je dirai que je suis  » pour, c’est un fait, mais que je suis  » contre  » (hélas) cela pour l’épanouissement de ces enfants qui ont tous un besoin de grégarité, de la nécessaire identification au groupe, aux autres, à leur communauté. Réalité encombrante mais inévitable. Ces enfants —de deux mères lesbiennes par exemple— souffriront parmi leurs petits compagnons. Indéniable fait ! Oui, hélas !
On m’invite aussi à discuter —en duplex avec la jolie animatrice Isabelle Maréchal—  » Jeux olympiques et récolte de médailles  » aux nouvelles chez Pierre Bruneau. Le camion va se pointer ici vers 17h. J’ai lu, j’ai réfléchi, j’ai pris des notes sur une page de calepin.  » Prêt  » dit le boy-scout des débats tant aimés.
Aile me dit :  » Avec Isabelle Maréchal ?  » N’ajoute plus rien. Quoi ? Mon Dieu, la jalousie ? Elle me fait marcher ?, moi le vieillard au lunettes neuves et cette enfant post-post baby-boomer ? Allons ! Elle-Aile me nargue.
Télé hier soir : deux téléromans… je lis — » Coffre de cèdre « — au fond de mon fauteuil mais ce  » La vie, la vie  » me captive vite. Je lâche mon bouquin. Image de jeunes  » ados attardés « , velléitaires, qui se déroulent avec une légèreté (très soutenable ?) formant un récit aérien. Bon texte de Bourguignon, bonne réalisation de Saucier. Chapeau ! Voyant le jeune scénariste, pris déjà avec deux soupirants qui s’amourache subitement de la locataire du dessus, je m’exclame :  » Aile ! Non mais…quel branleux !  » Et Aile de dire :  » Tais-toi donc, Cloclo, songe à toi à 28, 29 ans, pas moins balançant !  » Ouasch ! Touché mais c’était avant de la connaître et de me fixer enfin sur cette âme sœur parfaite, elle, Aile. J’ai fermé ma trappe en té cas.
Un correspondant :  » Aimez-vous lire Nat Pétro, oui ou bin non ?  » Sa  » moyenne au bâton  » (métaphore !) est fort bonne. Ce matin, oh oui ! Excellente chronique à propos du  » baveux  » Ardisson (à TV-5, le mardi soir) nous moquant chez l’Arcand de CKAC. Elle a du talent, incontestablement. Nathalie dit fort que lorsqu’on est solide, sûr de son identité, de ce qu’on vaut, on est pas susceptible et on ne grimpe pas aux rideaux face aux incisives moqueries d’un animateur Parisien effronté. Très juste !
2-
Nono, hier à l’École des chefs, j’achète ce qu’il y a —et il y a peu cette fois— du jambon et légumes divers. Aile fâchée :  » Tu sais bien que je viens de faire cuire un beau gros jambon, non ?  » Gros jambon je suis, en effet ! J’ai pris aussi des chocolats et du gâteau… un peu  » passé date « . Aile se moque :  » Tu vas l’avoir la bedaine, continue, continue !  » Non mais… privé de desserts depuis 25 ans, j’ai bin l’droit…. Aile est  » salée, vinaigrée  » mais vrai que c’est cette privation qui m’a gardé du gros bedon !
Le Gala des prix Gémeaux (télé) s’en va chez l’yable ! Il reste SRC, T.Q et des producteurs privés qui branlent dans le manche.
Reproche : des émissions fort estimées du grand public sont éliminés par les (tas de) jurés, des pairs. Ah ces juges ! Épineuse question, questionnez les Salié-Pelletier ! Mon Aile a déjà été conscrite : tout un week-end printanier enfermée dans le noir, à visionner des tas de…navets et quelques réussites. Elle s’est éloignée vite de cette vilaine corvée. Qui accepte alors ces visionnements en chaîne ! Hum…De ratés, des désœuvrés, des  » has been  » floués, des envieux, des élitistes, des  » nez levés « , des snobs ? Comment savoir ? Voilà le fond du problème. Les vrais pairs, les actifs, les doués, les solides, les…Aile, dédaignent de jouer les juges, ou sont trop pris par leurs ouvrages. Alors ?
On entend, à tous ces galas-là, (oh !) des lauréats lucides qui affirment (statuette en mains) que l’art (de quelqu’ordre qu’il soit) n’est pas une affaire de rivalité. Ils méprisent ces concours, disent, avec raison, qu’on ne doit, jamais, comparer les talents si divers. Pourquoi comparer —évaluer, jauger— un créateur à un autre ?
Chacun a sa  » petite musique « . Et c’est vrai. On peut aimer l’ » Amarcord  » de Fellini et  » Cœur perdus en Atlantide  » ( vidéo loué récemment). Si on me dit :  » Auquel des deux films accorderais-tu un trophée ?  » Là, non, je refuse. Foin des comparaisons et sus aux rivalités niaises en matière artistique ! Nous nous comprenons, n’est-ce pas ? Il y a la question  » fric  » Ave raison le producteur Gabriele dit :  » Comparer un  » Omerta  » à presqu’un million l’heure avec  » Caserne 24  » qui coûte, lui, 400,000 $, c’est insensée.  »
Adieu donc ce Gala aux Gémeaux ? Tel qu’il est ,oui. N’y aurait-il pas moyen de fêter, en un dynamique gala, les bonnes productions de l’année écoulée, les vanter, les louanger par des témoignages divers (des populaires et des élitistes), écouter les créateurs expliquer —brièvement— leur démarche (avec anecdotes), tenter de faire remettre en circulation ces louangés tout en se débarrassant des statuettes ? Je dis que oui, moi.
3-
Je songeais à un échange franc avec mon camarade Dany Lafrenière :  » Se sent-on coupable, traître, quand, émigrant, on abandonne sa patrie mal-prise, (Haïti pour Dany) quand on se sauve, soi, d’abord ?  » Je le sais assez lucide et franc pour accepter un tel dialogue. Des intelligents, au Québec, sous ce damné Duplessis, ont fui à Paris. Nombreux. Au lieu de combattre la noirceur en joignant les isolés qui luttaient, ici, contre le conservatisme. Non ?
Je lis un témoignage bizarre d’un Torontois venu du Nigéria.
Il se nomme Ken Wiwa. Son père, tué, assassiné apparemment, expédiait Ken, adolescent, à Londres. Ce papa vénérait les valeurs des britanniques. Bien. Or, Wiwa déclare qu’à cause de leur impérialisme récent, les Anglais veulent  » assimiler  » les étrangers et craignent terriblement la  » noyade  » culturelle. Tiens, tiens ! Il fuit vers la France, à Cannes. Plagiste, il ressent toujours son déracinement. Cela lui pèse. D’autre part, il refuse  » la politique  » de son papa, homme d’action au Nigéria. Vieux combat père-fils quoi.
Il ira vagabonder ( le papa connu l’aide en cela, avant qu’il soit tué) su divers continents pour finir au Canada, à Toronto. Ken Wiwa découvre qu’ici sera sa nouvelle patrie. Qu’ au Canada il va pouvoir défendre l’esprit de ce père trop longtemps renié, combattu ! Ah ! Conversion donc ! Il consulte sans cesse les livres de son père et les lettres, dont celle, qu’il relit, où papa lui dit de  » toujours promouvoir à l’étranger ses valeurs africaines « .
En somme, ici, pas comme en Angleterre, on ne tente pas
d’assimiler. Quoi ? Ici, on ne s’intègre pas ? Il déclare :  » C’est ma mission, promouvoir mes racines.  » Hum ! Constituer un ghetto nigérien ? Ne jamais vraiment devenir, se sentir un Canadien ? Le déracinement fait cela ? Je me pose de sérieuses questions car moi, il me semble, m’exilant ailleurs, disons en Espagne, je voudrais devenir Espagnol au plus vite, ce libre choix d’une patrie nouvelle m’inviterait à m’ intégrer rapidement, que mes enfants soient des Espagnols et au plus tôt. Non ? Ken Wiwa semble refuser cette intégration normale et il fait erreur à mon avis. Que penser de nos émigrants Français de l’après-guerre qui envoyaient —guettoïdes— leurs rejetons à Stanislas, ou à Marie-Rose, qui ne se mélangeait pas trop aux nôtres ? Nous refusant un enrichissement estimable !  » Vaste question « , aurait dit De Gaulle ?
4-
Je suis en train de lire un succès de librairie :  » Pars vite et reviens tard  » de Fred Vargas. Le  » Coffre de cèdre  » de madame MacDonald, c’est pour lecture de chevet, au lit. Ce  » Pars vite…  » m’agace déjà. Un : c’est très franchouillard, du San Antonio sans, et tant mieux, l’  » argomanie  » et les  » calembours lourds  » de Frédéric Dard, cette  » merde des sots  » qui m’exaspère même chez Réjean Ducharme. Deux : le pas très plausible héros qui s’est fait  » crieur de petites nouvelles et d’avis de recherche  » proche de la gare de Lyon, dans l’est. Trois : le dialogues nombreux pour briller, dialogues qui, dans un roman, sont une facilité, offrant une sorte de faux-scénario de film ou de télé.  » Pars vite..  » est construit avec le genre  » meanwhile back to the ranch « …vous savez, la conduite de deux complot (intrigues) en parallèle. Faiblesse. Ouen ! Suis pas sûr du tout de poursuivre cette lecture vargasienne.
La franchouillardise, c’est quoi ? Avec Annie Arnaux, ou même avec Angot ( » Inceste « ), on ne subit pas ce parisianisme affligeant. Le Shlink de  » Le liseur  » (oh, comme c’est un bon roman !) ne fait pas dans l’exotisme berlinois ou allemand. Ni ce  » Coffre de cèdre  » se déroulant au bout du Cap Breton.
L’amie Marie-Josée B., scripte experte, rentre de Salt Lake City. Détour de son avion vers le sud, avec escale donc et fouilles après fouilles. Puis un avion pour Montréal. Attentes un peu partout. Au téléphone Aile, qui a lu la mère Cousineau de La Presse, lui apprend qu’elle vient de perdre sa  » boss « . Cette dernière, directrice des dramatiques à la SRC, démissionne en disant :  » Trop de gestion, de papelards administratifs et pas assez de fervents contacts avec la création « . Dans cette boîte (j’y fus trois décennies) les employés apprennent souvent les nouvelles fraîches par les journaux ! Du Kafka ? Oui.
5-
J’y reviens, dans Westmount… pour le complot filmé (vidéotisé ?), le projet d’assassiner le  » vieux  » despote au pouvoir, Mugabe. Élections dans 15 jours au Zimbabwe. L’agence  » D. et M.  » serait douteuse selon  » Associated Press  » parle de Montréal.
Eille, Montréal est encore  » sur la carte !  »
La cassette montrant les  » assassins virtuels  » à l’agence (de consultants politiques) d’Ari Ben-Menashe, (le PDG de ce  » Dickens et Mason, à Westmount) serait trafiquée. Bon !  » Traître  » ce Morgan Tsvangirai, proclament les gens de Mugabe.
À suivre. J’en parle car me voilà tout étonné (candide ?) de voir l’Afrique lointaine rôdant dans nos murs ! De constater que des activistes Noirs ont, ici, des liens…des contacts. Non mais…quelles drôles de ficelles (économiques ?) se tissent jusque chez nous ? Ainsi, même surprise chez moi lorsqu’on arrêtait, à Québec, (étudiant en sciences politiques, à Laval !) un dangereux exciteur démago, officiel enragé en faveur du génocide atroce des Tutsis du Rwanda.
’Coute-donc, ça sera-t-y vrai que nos frontières sont des passoires (accusation de W. Bush) ? Serions-nous des ingénues plorines, des caves bien cons, des niaiseux ? Ou bien, au contraire, nos  » énarques  » se frottent volontiers à  » la lie de la terre  » que constituent tous ces réseaux d’agitateurs au Tiers-Monde… et d’ailleurs ?
6-
André Pratte, chef édito à  » La Presse « , commente ce matin :
 » Nos politiciens (sondages) aussi mal aimés que les vendeurs retors de chars usagés.  » Oh ! Pratte parle du John Charest virant de bord sur les défusions, du Gerry Tremblay, le maire tout neuf déjà embourbé dans le favoritisme crasse avec son plantureux contrat à son ex-institution, IPSE, des Bréard, Baril, Gagliano…. La méfiance grandit. Aussi le danger ! En démocratie quand la confiance s’en va…le pire peut advenir : le  » chacun-pour-soi « , l’individualisme à outrance.
Je l’aimais, enfant, sans le connaître, ce dessinateur de films d’animation, notre si grande joie enfant. Merci, merci M. Jones qui vient de partir à 89 ans.  » Sylvester le chat « ,  » Bugs Bunny  » …le vilain renard ne va plus courir après Road Runner…bip, bip ! Salut vieil amuseur de nos jeunesses pauvres, nous adorions voir les plus faibles gagner sur les plus gros ! Adieu Chuck Jones !
Des disciples de Mahomet —leur Jésus à eux monté armé et à cheval au paradis— lancent des roches à Satan…et aussi à Safiva Husaini (36 ans).  » Lapidation à mort « , le corps enterré préalablement (!),  » crime d’État  » (parole de Hugo) prévue pour le 18 mars, en public. Ça lui apprendra à accoucher d’un enfant hors des liens sacrés de la…polygamie! On rit pas avec les madames Bovary, Desqueyroux ou les Anna Karénine au Nigéria (encore !). Le ministre d’État Denis Paradis tente de s’opposer à cette exécution à coup de cailloux. Non mais… la religion des fois.
7-
Le chroniqueur Fugère, tant moqué par Lévesque (Robert), salivait d’aise à  » Cent titres  » pour du journal ! Bon présage si jamais  » Cent titres  » m’invite (ce sera une première) à la parution de mes Journées Nettes ? Pas sûr. Ce  » Mausolée des amants « , serait le journal intime de Guibert, mort du sida. L’amant de ce mausolée-journal en est mort aussi, Thierry qui avait une compagne, Christine. C’est Christine qui publie l’ouvrage posthume. On y lirait la haine viscérale de Guibert pour sa mère et son père. Bon. Cela manque ici, vous le savez bien ! Ça parle aussi, dit Fugère, sur son besoin de porno ! Merde, ça aussi, inexistant ici ! Son amant mort, un Thierry bi-machin, aurait mis au monde deux enfants élevés par sa zélote Christine ! Ce Guibert faisait de la photographie aussi, on en voit dans son journal.
J’avais lu son  » À l’ami…  » qui bavassait sur le cropophagie honteuse du fameux philo-socio-psycho, Foucault, en séjour californien ! Édifiante amitié ! Thierry donc mort du sida, le Guibert épousa son épousera la dévouée Christine ! Non mais…Fugère, épaté, ému,, apprécie grandement, lui !
Si j’ajoutais à ce journal de ces  » épices « , juste pour rire, juste pour voir ? Quoi donc ? Aile, la nuit, sort et va aux boisés voisins, mont Loup-Garou, pour copuler avec des ours noirs !
Non ? C’est pas assez ? Euh, attendez, à l’aube, je me déguise en putain et je vais chier sur le porche de l’église de Saint-Adèle. Non ? Plus fort ? Ah pis zut ! Je reste ce que je suis, un ennuyeux petit bourgeois !
8-
Un vrai méchant ? Un homme jeune, 28 ans, aux USA, proprio d’un crématorium, trichait ses clients endeuillés. Il donnait des urnes funéraires contenant des fausses cendres (de bois). On découvre des tas des dépouilles dans son champ vacant : 139 cadavres ! Il dit qu’il n’ avait plus d’argent pour opérer correctement. Stupéfaction des survivants, on peut l’imaginer. Douleurs effroyables. Drôle de  » cassé « , non ?
Oh ! On sonne ! V’là le truck de TVA pour me duplexer avec le Bruneau des nouvelles, je gage.

Le lundi 25 février 2002

Le lundi 25 février 2002
1-
Quelle douceur dehors ce matin. Un 25 février ! Rare cela ! Saison touristique bousillée à jamais, hélas, pour nos affairistes. Et les jobs tout autour. Hier, subitement, plus un chat sur les pistes autour du lac ! Ah, le hockey s’amenait aux J.O. Tout le monde aux écrans ! Me voilà redevenu le gamin surveillant le match au Forum, via la radio, quand j’avais 15 ans ! Surpris le premier de m’exciter tant à chaque but compté par ce club de jeunes millionnaires Canadians (et quelques frenchies ). Aile fort amusée de me cris, de mes avis, de mes bons conseils, de mes jurons, de ma verve de « gérant d’estrade ». Je m’amusais bien. Notre Étonnement à tous deux de ce soudain patriotisme singulier. C’est cela les J.O ? Dans les « canards » l’on s’insurge de ce patriotisme ou bien on l’approuve carrément. Oui : C’est donc aussi cela les J.O. ? Hon ! Les adversaires des nationalismes doivent en baver ! La vérité se trouve concentré derrière cette grande fête universaliste qui cache mal une sorte de chauvinisme inévitable.
J’ai apprécié, beaucoup, au spectacle d’ouverture, cette parade étonnante, faite de personnages gigantesques de chiffon, (nylon ?) ça volait au vent de Salt Lake City. Beauté fantastique ! On y jette des fortunes c’est certain. Hier soir, spectacle de fermeture, c’est lent, long… et vers la fin, de nouveau du spectaculaire inouï ! Ce couple de squelettes de « dinosaures » géant, articulé, fort impressionnant ! Ces figures géantes avec des tissus ultra-légers, encore une parade, un défilé renversant. Ces jets de peinture « garrochés » sur la glace, oh ! Ces silhouettes, immenses marionnettes « à tiges » (création antique des Javanais, disait-on), ces gros ballons blancs qui déboulent du fond des estrades… Oh ! Ces oiseaux blancs manipulés par des gens en noir et ces baguettes (boudins) phosphorescentes, ces spectres mouvants au fluor multicolore, la foule elle-même et ses innombrables lumignons… Oh !
Ah oui, vraiment, ces « chiards » visuels ruineux extravagants offrent un visuel unique chaque fois que les J.O. débutent ou se terminent. L’ex-scénographe en bave de joie, savez-vous. Ainsi de ces étonnantes projections d’images sur les immenses drapeaux rectangulaires… effets optiques merveilleux !
Souvenir : avec des moyens modestes, et en peu de jours, du temps d’ « Âge tendre », télé-jeunesse, je tentais de ces essais visuels avec projections. Nous étions en 1966, un an avant Expo,67, j’en cause abondamment dans un chapitre de mon « Je vous dis merci ». Nos modestes essais de scénographie nouvelle étaient les bons, désormais, ces effets visuels sont la crème des « designers » actuels. À un certain théâtre avant-gardiste (j’ai vu « Le ventriloque » et « La face cachée de la lune »), ils font florès. J’y reviendrai. Ce cinétisme vient des débuts du cinématographe. On tente d’abattre les décors d’antan, on veut un environnement visuel suggestif, moins réaliste (Lepage , Maheu etc.). Mais pour monter, par exemples : « Mort d’un commis voyageur », ou « Ménagerie de verre », ou « Les belles sœurs », peut-on éviter de signaler les lieux réalistes de ces drames prosaïques ? Ça se peut. Il y faut du génie en symbolisme ! On me dit que pour le « Au cœur de la rose », texte réaliste de Perrault, on a eu recours à des images projetées, prises des films de ce Perrault. Bonne idée sans doute.
2-
Nous sommes attachés, Aile et mi, à ce Guillaume Durand qui anime « Campus », le dimanche soir. Merci magnéto enregistreur. « C’est un très bel homme », me redit Aile. Hum, jalousie tue ! Et il est fort habile, brillant même, pour conduire sa bande de questionnés et leurs livres frais sortis des imprimeurs. Le successeur de B. Pivot a sa formule : un, invités (trois ou cinq) pour de neuves publications. Hier :Robert Hossein, l’ex-playboy, la « vedette » converti à Jésus, l’ex-kioute actrice Mylène Demonjeot (très vache dans son livre avec sa belle-mère Simone Signoret, oh !) et un psychanalyste, Serge Tisseron avec « L’intimité surexposé ». Il a jasé sur « presse populaire et presse « de caniveau », oh !.
Donc, à « Campus » il y a « thème » souvent. Hier : la célébrité « quossa donne ! » et le narissisme des « stars » serait un effrayant cul-de-sac, une impasse. Intelligent choix ce « thème limité » car il sort tant de livres, et chaque jour, en France. Deuxième segment du « Campus » ? Des archives visuelles aux images surprenantes parfois. Hier, feu Romy Schneider (hum, ortho ?) au bord des larmes relatant ce paparazzi déguisé en infirmier pour capter le fils mort dans un hôpital.
Trois : débat sur un sujet d’actualité (hier la judéophobie renaissante en France. Hier, le président, un « beur », de « SOS-racisme » qui s’est enragé contre un publiant : « Encore un fois, l’on tente de cibler de façon raciste tout le monde émigrant arabe de Paris ! » En effet, avec ce président israélien Sharon agressif, le chef Arafat interdit de circuler, l’ « intifada » nouveau…on soupçonne —solidarité pro-palestienne— les «araboïdes » français d’agressions, de vandalisme etc. Enfin, quatrième segment de « Campus » : des critiques prestigieux face à des auteurs aux nouvelles pontes. Moments de bonté !
On y trouve aussi des entrevues souvent : hier, c’était un romancier britannique déclarant : « C’est totalement fini le prestige de la France d’hier (du temps des Sartre, Malraux, Camus, spécifie-t-il) chez moi en Grande-Bretagne ! Désormais il se publie tellement de bons livres en anglais. Et il y a les anglos d’Australie, du Canada. »
L’hypocrite passait vite sur l’immense et puissante vague des livres publiés in USA. C’est sans aucun doute vrai. La littérature de Paris « a pris le bord » en Occident ! Hélas ! C’est « l’axe amériano-anglo-germano etc. », un impérialisme culturel. Je parle souvent de cet « axe » envahissant et cela fait sourire ma chère Aile ! Comme si je souffrais d’une fixation. Est-elle, ma foi, aveugle ? Mais oui, il y a un « axe mondialiste » des « anglophiles » avec, tête de proue, la langue américaine toute puissante. Cet axe (non pas du mal, oh non !) du « monde culturel » (avec « dumping » partout, en chansons, cinéma, télé, livres) règne sur tous les continents. Son moteur principal est les États-Unis. Inévitable conséquence de sa puissance économique actuel.
Tout cela, je reviens à « Campus », se déroule à un train d’enfer. « Campus » est fort stimulant mais il faut ouvrir les oreilles, « La fureur » c’est plus facile ! Bernard Pivot semble maintenant un « tit mon oncle » en fauteuil dans ses pantoufles. Reste qu’il y a eu, bien sûr, des rencontres fortes chez « Bouillon de culture ».
3-
Soudain, surgit le fécond auteur Juif-Français, ex-conseiller de Mitterrand, banquier en difficulté à Londres, Jacques Attali. Son « Les Juifs et le monde de l’argent » lui a valu des accusations de favoriser la judéophobie ! J’en au parlé déjà. Sa thèse ? Attali dit : « le monde chrétien comme le monde mahométan interdisait les profits, la spéculation, les rapports très commerciaux entre des mondes divers, la manipulation franche de l’argent. Cet aspect de son livre me fascine. Le reste, moins.
Alors on aurait chargé les Juifs —des nomades comme forcé, obligé ce « exilés » (empêchés de possession du sol )— d’organiser « le commerce de l’argent ». La Thora, dit Attali, n’aurait rien contre l’argent et les intérêts s’y rattachant, ah ? Le monde eut soudain besoin de crédits pour ses immenses projets (exemple : Colomb vers les découvertes, dit-il). Alors gigantesques montages financiers échafaudés par les Juifs ! Ce fut le départ (dès 1534) du Juif-puissant-homme-de-finance, indispensable. Sales besognes ? Pas pour l’israrélite, il,aceptait volontierrs d’être l’intermédiaire « indispensable », l’expert.
Son livre avec ce sujet, l’argent (Hitler en faisait son grief essentiel : l’Allemagne était contrôlé par les banquiers et financiers juif !) énerve évidemment. Attali dira à ce Campus d’hier : « Le juif veut partager la richesse, ce n’est qu’un instrument pour lui. Hum
Tous des altruistes, mon Jacques ? « L’argent ne lui est jamais pas une fin, s’exclamait-il, mais un « moyen » d’aider les autres. » Toujours ? Vision candide, intéressée ? Angélisme douteux ? Il a parlé de Hollywood, machine juive par excellence, (qu’un Marlon Brando a regretté de pointer du doigt ) comme d’un merveilleux « vouloir communiquer » avec le monde ! Succès inespéré, ça ! Il a dit, il y a eu différents Juifs selon le pays, site : Un « Marx » ou un « Rothschild ». En Russie, vu la situation, le Juif ordonnera, participera à la révolution, en Amérique, plein de banquiers juifs prospères, ce fut toute autre chose. Tu parles ! Bref, une entrevue néanmoins captivante.
4-
Ah mon Dieu, je pourrais jacasser (jasminer ? jaspiner ?) sur tant de pages ! Ce journal aurait mille pages aux six mois ! Embêtant pour l’éditeur. Je me retiens.
5-
Téléphone tantôt : Pierre Bruneau de TYVA, me veut ce soir pour « opinionner » sur les J.O. Le camions s’en vient. Joie de pouvoir dire tout le bien que je pense sur les spectacles de ces Jeux. Magoulles, juges vendus ?, oui, oui, il reste que ce grand « pow wow » est une occasion de rencontres entre nations variées pour tant de jeunes volontaristes aux physiques impeccables. Je vais casser ce soir mon image de « chialeux » de « critiqueux, de négatif Youpi ! Re-téléphone : » Ici Anabelle de TVA, merde, on a pas de camion à antenne. On se reprendra. Enfin, je cherche encore ! Je vous recontacterai. » Qu’elle trouve un camion et vite.
Voilà que des adultes faits, « garrochent » des cailloux sur Satan ! Rituel religieux coranique, à Mina, près du Mont Ararat ! J’en reviens pas. En 2002 ? Je pense à cet arbre « méchant », désigné par moi, (un pin qui étouffait de jeunes pousses tout autour) pour que mes petits-fils puissent se défouler au parc Sophie-Barat !Ils fouettaient ce pin avec une vigueur, si heureux ! Mais là-bas, des Arabes adultes ? Folie religieuse infantilisante !
Mon amie la merveilleuse Marguerite Lescop (deux ou trois livre publiés) obtiendra « l’Ordre du Canada » ! Et moi ? Sis-je un chien ? Avec mes livre en hautes piles ! Rien ? Jamais de médaille
Fédérale. Je crache mes impôts la-bas ! Injustice. Quoi ? On sait que je suis un indépendantiste ! Pis ? Répétez-le : Jasmin accepterait toutes les décorations (j’ai jamais eu de médaille à l’école !). Je dirais à Ottawa : « j’accepte volontiers cette reconnaissance d’un pays voisin et ami ! » Quoi ? Ah, c’est cela qu’ils veulent pas entendre. Bon.
Les gazettes du jour : la Royal Bank of Canada. Bénéfices en hausse, 734 m. de $, de profits nets ! L’action a monté de une piastre et quinze cents ! Actionnaires contents ! Qui la bouclent quand on congédie des caissières ! J’en ai parlé.
Foglia hier : « les athlètes sont des « sans le sous ». Seuls gagnent bien les permanents des organisations diverses, les fonctionnaires des fédérations et les reporters en sport. » Ça me fait penser aux écrivains : vivent bien les bureaucrates du « livre », les professeurs de littérature et les chroniqueurs de livres. Pas ceux qui les font ! Eh ! Partout même histoire quoi !
7-
Proche de Syracuse, les indiens de la variété Oneidas, vivent enfin dans un certain le confort. Avec le vice du jeu. Casinos indiens bien installés. Avec hôtels, golfs, etc. Pas d’impôts fonciers à payer. Oh ! Mais ils donnent aux écoles de la région (13 M. de $). 600 jobs ! Ils sont mille ! Quatre millions de visiteurs, 85% de Blancs. Les Mohicans du Wisconsin vont s’y mettre et aussi les Mohegans du Connecticut. Vive le vice !
Jadis, ici, le « jeu » était un grave péché, condamné par les bien-pensants et les curés. Enfant j’entendais dire les ravages de cette manie pour cons candides et « exploités », jouet utilisé, tous victimes, pauvres garés, jouets de leurs faiblesses d’homme. Ici, le vertueux catholicard Jean Drapeau menait campagne contre le jeu (et tant d’autres horreurs telles les stripteaseuses à la « Peache », à la « Lili St-Cyr »). Puis, il sera le premier à installer une loterie publique ! Ce sépulcre blanchi virait capot ! En 2002, c’est une industrie de l’État ! Et « pas à peu près » comme dit le bénéficiaire de la sécurité sociale… qui rêve, se rendant aux comptoirs de « l’État-Mafia », de gagner sans cesse. Une chance sur 13 millions !
8-
Avant-hier, Isabelle Hachey (« La Presse » à Londres) a tenté de nous faire pleurer avec son long article. Imaginez-vous donc, les jeunes Britanniques se contentent de la langue américano-anglaise ! Hon ! Ils risquent de finir le cul sur la paille, écrit-elle ! Il faut craindre pur leur avenir à ces inconscients unilingues anglais !Est folle ! Juges et parties des profs de français à Londres se lamentent de cette insouciance scolaire ! De qui se moque-t-on ? La « lingua franca » triomphe sur tous les continents.
Et si jamais un étudiant londonien se fait offrir un job en Espagne, b’en il ira chez Berlitz, crachanty un peu d’argent, ça prend un petit mois, maximum. Pour l’allemand, pour l’italien…idem. Quelle connerie cet article !
Cela dit, j’aimerais bien apprendre l’italien, j’aime tant cette bella lingua ! L’espagnol me serait plus pratique ? Bon. Je m’y mettrai un bon jour.
9-
Ça vient de paraître : Claude Masson, rédacteur en chef et mon ami de « La Presse », a été tué par un kamikaze. Eh oui !C’est officiel. Washington va le déclarer bientôt. L’enquête est close et en Egypte ça gueule !
Gamil al-Battouti a été un autre « fou d’Allah » comme ceux des deux tours de Manhattan !Il a voulu ce fatal plongeon de son avion dans l’océan. Haïr ces intégristes déboussolés ? Oui, je les hais. J’aimais beaucoup Claude Masson, d’une gérance habile, ferme et à la fois diplomatique, croyant modeste, doux et humble de cœur, généreux, curieux. Masson m’avait permis de dialoguer publiquement dans son « canard », d’abord avec Daniel, mon fils, durant vingt-six semaines. Et puis, plu tard, avec David, mon petit-fils durant tout un été. Un jour, avec l’épouse aimée, il part en vacances pour visiter le patrimoine fantastique de l’Égypte. Ce pathétique islamiste, Gamil al- Battouti fait sa prière coranique et, Allah ou Akbar, fonce dans la mer. Mort de Claude. Masson ne sourira plus jamais, à personne. Je le hais tellement ce Gamil-du-diable ! Comme je hais tous les fondamentalistes accrochés à « la lettre » des écritures antiques des livres qu’ on dit « saints ».
10-
L’imagier Denis Marleau fait de « son » théâtre au musée d’art contemporain, Place des arts. Bien à sa place ! Je m’étais endormi à son « Les trois derniers jours de Pessoa » où Marleau projetait des effets mouvants sur le visage masqué du bon acteur Savoie, immobilisé hélas dans sa couchette d’agonie. Cette foi avec « Les aveugles », Marleau économise aussi, le Savoie et la Bonnier joue douze les rôles.
Nous apprenons que cet inventeur de « gamiques » visuelles a des sources, des inspirateurs. Par exemple, à Bordeaux, Tony Oursler, un vidéaste américain, démontrait ses projections lumineuses su des mannequins ! (J’ai joué de ces effets pour des variétés en 1966, j’en ai parlé. C’est excellent au music-hall). Luc Courchesne, utilisait la machine (1900) de Raoul Grimoin-Sanson.
Lentille de 360 degrés. Écran transparent. Effets de spectres. Cela amènera l’ONF, à Expo’67, à offrir son écran total. Genre : la police cheval dans les Rocheuses. Bon chic, bon genre « kioute », travelogue-pour-tourisme » sur notre grand Canada. Viendront les dix (10) projecteurs en un du IMAX.
Avec son « Les aveugles » inspiré de Maeterlinck, Marleau immobilise ses acteurs, « c’est statique », dit un chroniqueur. Ça doit. En France, Gaston Baty, un du fameux « cartel » de théâtre, dominateur ou lassé des initiatives (normales en équipe) des comédiens finira sa carrière avec… des marionnettes ! Le dictateur, ainsi, est sûr d’être obéi ! J’ai fait des marionnettes (à gaine) jeune, vrai, aucune rouspétance dans ma petite troupe de poupées dociles.
11-
Quatre Acadiens, aux Communes d’Ottawa, pour raison de parti, refusent d’appuyer la demande d’excuses à Londres pour la pire infamie jamais exécutée ici, la déportation des paysans en 1755. L’horreur pourtant ! Faut les pointer du doigt : Leblanc, Castonguay, Thibault et Claudette Bradshaw. Quatre cloches-députés ! Un fier avocat « Cadien », de la Louisiane, a mené ce combat essentiel, une bataille de 12 ans et le député bloquiste, Bergeron le félicite. En Acadie, le vétéran de ces combats, le patriote Chiasson, a repris courage. « Ça prendra 3 ans encore pour que Londres bouge et fasse amende honorable et normale pour cette écoeuranterie historique (commandée par le Lawrence et ses sbires). La « commande » d’excuses est en route ! En 2005, ce sera le 250 ième triste anniversaire du fait odieux. Une commémoration se prépare en grande. Bravo !
400 ans qu’ils se souviennent les spoliés de Port Royal. Vaincus depuis 1710 pourtant, il faudra aux monstres britanniques 45 ans pour mettre à exécution leur « nettoyage ethnique » dégueu. Les agriculteurs qui avaient défriché et tout, victimes de ce « petit » (sic :selon un anglo finfin) génocide ( il y en a des petits et des grands ?) enfin autorisés à revenir dans leur patrie, devenus des « sans terres » depuis ces vols crasseux, se feront pêcheurs par la force des choses.
En 1765, on en laissa rentrer ici au Québec, à l’Assomption ce sera « grande corvée », les Acadiens couchant dans les granges tout un printemps et un été, ainsi naîtra un Saint-Jacques de l’achigan, leur nouvelle « petite patrie ». Ceux que cela captivent peuvent lire mon « Outaragassi » —le nom indien de L’Assomption— publié en 1968 chez Sogides. En 1755, un Milosevic « bloke » commettait la pire affreuseté dans le pays maritime, notre finistère.
12-
Hier, cahier Lectures, mon prochain éditeur n’aurait pas dû « exécuter » le show « Notre-Dame de Paris » de Plamondon. Il y a là amalgame déplacée. L’énorme succès de sa comédie musicale ne voulait qu’évoquer le roman de Hugo. Cela se fait pour toute la littérature « classique » et les contes universels, depuis toujours. « Les gueux du show font ballet-madame Chiriaeff et sont costumés façon Christian Dior », écrit Beaulieu. Vrai mais c’est « la game » en ce domaine et personne ne s’attend à « relire » du Hugo sur cette sorte de scène à couplets, à musique pop, à caracolages gymnastiques.
Dimanche, son : « L’intégrisme inversé face à la tolérance » est de bien meilleur cru. Il fait voir mon influence sur ce cadet. Beaulieu venait de me lire (« Écrire ») sur ma définition du
« racisme inverti » : ce racisme étrange rend admirable tout ce qui vient d’ailleurs et minable tout ce qui est d’ici. J’ai dit ! Riez.
Jeune, j’ai aimé John Steinbeck (« Les raisins de la colère », « À l’est de l’Eden »), le reportage de dimanche (La Presse) illustrait le pèlerinage pour se admirateurs. Monterey. Vastes collines, plaines agricoles, la mer, ruines d’un village-de-compagnie pour ouvriers (en sardines), etc. J’étais jaloux de lui. Moi, un jour, quoi montrer à mes groupes de dévots, en 2080. Pauvre quartier Villeray ben peu exotique ! Riez.
Je marque « riez » car un courriel me montre que mon humour est pas visible parfois. Ma correspondante a cru que j’enviais Michel Tremblay pour son beau site sur Internet !Je blaguais, lui ais-je répondu. J’aime et j’admire Tremblay, il a été un auteur (lui ais-je écrit) essentiel ici !
Ce matin, Chapleau y va franc avec l’Arabe aux mains nus et l’Israélien monté sur son gros char blindé. On lit en légende : « Violence cessante on va se parler d’égal à égal ».
Oh, oh ! Va-t-on l’accuser de judéophobie ?
13-
J’ai toujours bossé (à CJMS, CKVL, à TQS, chez plusieurs éditeurs) sans contrat. Pas de collier pour le loup ! Ainsi, j’étais libre de partir n’importe quand. Et les patrons de me virer si insatisfaits de mon ouvrage. Normal, non ? Cela sans agent, sans gérant, sans avocat, sans manager quoi. Voilà qu’une animatrice, Isabelle Maréchal —qui a tout cela— poursuit CKAC qui l’a virée, pour 300,000 $ ! Diable ! Le monde change. Les jeunes sont durs.
14-
Rions : un célèbre grammairien (j’oublie son nom, merde) siégeait au DIP (ex-faux, ministère de l’éduc) et quand on présentait son manuel scolaire, soupçonné, il affirmait qu’il sortait dans le couloir (!) durant les délibérations de ses bons copains du DIP. Ce fut la risée générale dans nos médias, avec raison. Le ridicule tue, il est mort pas longtemps après ses pieuses protestations. Voici que Daniel Gourd de Radio-Canada nous sert cette farce. Quand son Vincent de fils présente un projet de télé :il sort. Mieux, il repousse le projet de fiston à l’étage au-dessus cher sa collègue Michèle Fortin, son boss.
Pas le premier a s’excuser dans ce sens. « Je me retire dans le corridor, quoi ! » On se souvient de Chrétien…de Béard…de Baril, du frère à John Charest…de qui encore ! Peuple « té toé ».
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Un honorable et responsable citoyenne de Hull découvrant certaines B.D. malsaines (il y en a pas mal, je les recevais un pour recension à La presse) veut que la bibliothèque municipale retire ce stock loin des enfants. Un (auteur inconnu au régiment) Charles Montpetit crie vite, vite à l’affreuse censure et réussit à enrôler mon Union (Uneq) dans sa protestation, hélas !
Dans Voir, un autre « fêlé du coco » (Céline) s’effarouche à son tour sur le même sujet. Ces énervés —alliés objectifs des dessinateurs dépravés— ignorent que les excès des petits fous attirent toujours censure et le reste. Au lieu de pointer ces déboussolés en grossièretés voyeuristes, pointent de valeureuses personnes qui veulent faire la différence entre audace de bonne venue et lubricité bien conne. Des coups de pied se perdent….
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Louis Cornellier, prof de Joliette et excellent critique d’essais, a osé recommander d’enseigner d’abord, avant les Français célèbres, la littérature d’ici, j’en ai parlé. Ce matin, encore une « fraîche » pincée qui le blâme et se réclame de l’universalisme…Toujours l’universalisme des autres, jamais le nôtre ! Un sens unique quoi. Aucun Thériault, ni Ferron, ni Gabrielle Roy dans les études en France, vous voulez gager ? Une dame de France (Mad. Guiserix, une cousine d’Astérix ?) y va de son grain de sel et dira : « Il y a votre beau Maria Chapedelaine, aux côtés de Balzac, Hugo, et Zola… », non mais… C’est un bon roman écrit par… un Français en voyage au Saguenay, Louis Hémon. Mais il est venu un brillant dans ce débat disant : le grand Proust commence par parler de son cher Combray natal pour, ensuite, amener Venise. Vrai.
Un nostalgique, lui, se range pour les livres de France et s’émeut encore de son dynamique prof au collège de l’Assomption, sorti de la Sorbonne, spécifie-t-il, et qui savait tant les remuer avec les manuels « made in Paris. » Je vous le dis, le colonialisme ne cessera pas demain !
17-
Ce matin une « lettre ouverte » admonestant Michèle Ouimet de « La presse « . Micheline Carrier dit « pas de religion (ni voile, ni couteau islamique, ni burga, ni crucifix ) d’aucune sorte à l’école. Que c’est l’affaire des familles et des églises d’enseigner la religion. La réponse ? « Peut-on aller plus vite que les mentalités » ?, et « Le Québec n’est pas prêt ». Eh b’en ! Voilà l’héroïsme des éditorialistes ? Oui, il faut oser militer pour des réformes. Ouimet se range, patiente, va attendre l’évolution des mentalités d’ici. Belle mentalité pour une « réfléchisseuse » payée pour justement discuter de l’état des mentalités, secouer des jougs. Provoquer des changements. Est-ce la soumission à la clientèle (du journal ) qu’il ne faut pas trop brasser…en cas de pertes d’annonces. Du marketing ?
Cette même journaliste fut, il y a peu, clair et net. Ouimet a fustigé ce machin « IPSE », coûteux, inventé avant son élection par le maire Tremblay, l’allié des anglos francophobes (il y en d’autres, Dieu merci) et des défusionneurs (tel John Charest). Elle a détesté le jargon de ces « aristos » copains de Tremblay. Ah si j’utilisais ce dédain terrible de Ouimet pour les « jargonneux » en littérature, est-ce que je m’en ferais des ennemis. Ce sera fait bientôt , vous lirez mon « Écrire » qui s’en vient. Le jargon péteux de broue y goûte !

Le dimanche 24 février 2002

Le dimanche 24 février 2002
1-
Un dimanche de grisaille. Bon. On va pouvoir terminer de défricher notre paquet de journaux qui traîne dont les Voir, Ici, Nouvel Obs, etc. C’est rare mais ce matin, à huit heures, debout déjà. Aile me croise —les pipis du matin— et fait : « Viens te recoucher, je t’en prie ! » Oh lala ! Qui résisterait à pareille invite ? Pas moi. Retour au lit et après la fête, ablutions de rigueur. Mes céréales, besoin de fibres, du café et, oui, cigarettes maudites, puis les journaux. Rituel. Conformisme. Eh oui ! Envie souvent de casser ce moule. Promesse vague : le printemps venu, foin des canards imprimés et vite dehors ! On verra ça ! Drogue infâme : lire vite les actualités. Chez Aile, constamment, un certain guet des…fatalités. Son besoin bizarre d’événements dramatiques ! Son côté « espagnole », via sa mère, l’Yvonne, un peu De Gartia ( côté maternelle) ! Je déteste la routine et pourtant…
Hier soir, cinéma en bas de la côte Morin. « Le collectionneur ». Excellent film de genre, basé sur un roman de Christine Brouillettte, titre éponyme, du bon boulot Beaudin. Moi qui accus souvent nos critiques de complaisance, cette fois, nous les jugeons trop froids. « Le collectionneur » peut rivaliser avec n’importe quel autre fils « policier », USA compris. Avec un zest d’horreur. L’acteur Luc Picard, une fois de plus, parfait en « tueur en série », en « serial killer » proclame Paris l’anglifiée. Redisions-le, la ville de Québec (le Vieux) est un bijou visuel. Oh les belles images ici et là ! J’oublie le nom du jeune qui exécute à la perfection un ado prostitué (un « commercial ») mêlé au drame de ce détective, inspecteur de police, « limière » (?), en robe, personnage incarné avec un parfait brio par (cette policière Maud Graham, enquêteuse brillante) Maud (ah !) Guérin.
Notre fierté, hier soir, en sortant du « Pine », d’avoir vu un autre produit cinématographique d’ici livré avec un talent formidable. Ce Jean Beaudin peut désormais s’affirmer, sans la moindre hésitation, comme un très solide cinéaste, capable de réaliser n’importe quoi. Avec puissance. Avec efficacité. Chapeau !
2-
En rentrant : visionnement à T.Q. des « Francs tireurs ». Diable ! Un contenu extrêmement fort. En deux temps. Un : Richard Martineau à la cour du « fou » Raël, celui qui a été enlevé vers une planète voisine (eh !) par des extraterrestres et a pu dîné, mais oui, avec Abraham, Moïse, Mahomet et Jésus en personne. Qui a eu une mission de ses « Éloïms » : préparer leur venue prochaine. Le but : améliorer nos existences. Quoi ? Rien que cela ! Martineau l’a cuisiné avec humour et intelligence. L’ex-courseur-automobile et reporter est un fin finaud. Il ne cesse de démolir les « folies » du catholiscisme et affirme que lui et ses « fans » sont du côté moderne, avec la science. Étonnant et divertissant dialogue, je vous jure. Il est habile, sort de bons arguments, mais reste de glace quand R.M. tente de le contredire.
Il y aurait —dit le Grand prêtre tout de blanc vêtu, tel un pape— plus de 50,000 membres du raélisme dans le monde. « Surtout en Asie, notre numéro 1, et en Afrique , qui sera notre territoire numéro 2 sous peu.
L’État québécois —à nos frais— signale officiellement (les écriteaux en bleu et blanc, vous savez comme pour hôtel ou zoo) autour de Valcour, le site de « UFOLAND » (en langue américaine bien entendu). De la télé excitante : on a pas tous les jours l’occasion de rigoler. La patente possède pour 8 millions de fonds. Le pape dira : « Quoi ? C’est tellement, tellement moins que le Vatican, non ? » Décidément il a une fixation anti-romaine ! « Nos livres (leurs « Bibles, leur Thora ») sont distribués par Québécor, dit-il, mais c’est moins cher de se les procurer directement chez nous ! » Un marchand ? Il s’en vante. « Oui, oui, nous aimons l’argent , nous voulons beaucoup d’argent, j’invite mes zélotes à me coucher sur leur testament. L’argent est bien et bon, ce n’est pas un péché l’argent chez nous ! » On aura compris.
Quand Martineau lui dit : « ou vous croyez à tout cela, ou vous n’y croyez pas, si oui, vous êtes, à mes yeux, un fou ! », il dit : « Êtes-vous psychiatre ? Montrez-moi vos diplômes ? Qui êtes-vous pour déclarer « folie » ? Le questionneur ose : « Qui vous a paru le plus intéressant sur cette planète lors de votre voyage ? » Il rétorque et sans rire : « Moïse ! Il a le plus d’humour ! » j’adore la télé, moi, quand elle fait voir pareil hurluberlu. Pas vous ?
Deux : avec Dutrisac en juge, ce deuxième segment des « Francs Tireurs » aborde un : Les banques sont-elles coupables de malhonnêteté? » Ou : les banques sont-elles des services publics corrects comme elles le prétendent dans leurs publicités ? Défilé à la barre des témoins de connaisseurs (dont Michel Girard de « La presse ») en économie et le verdict tombe : « Oui, les banques (et les Caisses Desjardins), congédieurs furibonds, font des profits qui grimpent chaque année et sont des voleuses. »
Un petit 2% d’intérêt pour l’argent déposé et 13 % pour leurs cartes de crédit toujours vantées, 20% (aînés, analphabètes fonctionnels, etc.) des gens sont incapables d’aller aux guichets automatiques —qu’elles recommandent sans cesse pour mieux congédier et toujours diminuer le service offert aux guichets normaux. On a dit :il y a « le gratin » et « le crottin », nous tous ! On a dit : des gangs de bons copains, des salaires faramineux aux PDG (ces vulgaires « dégraisseurs », débaucheurs d’employés !), aux directeurs de C.A. fantastiques émoluments aux « bons amis » (Yves Michaud) Ça revolait !Et bang !
Avec entrain, la démonstration a mis en lumière des secrets mal gardés. Ainsi, on affirmera que toutes les banques (qui comptent) ont des succursales dans ces contrées où l’on peut échapper au fisc, des Îles Caïmans à Monaco. Ainsi le travailleur de la masse est inscrit à 100% aux impôts, le « cachotier » , lui, à 50 % car il a mis son fric à l’abri, lui ! C’est illégal ? Mais non.
Une vaste caste adopte le mode « argent au NOIR » pendant que l’État hypocrite supplie le gagne-petit de cesser ces pratiques à pleines pages des journaux. Une farce !
C’est « légitime », légal, dira un sous-comité du Sénat à des investigateurs curieux. Certes, du même souffle, au Sénat, on a avoué que c’est « immoral », un manque d’éthique social flagrant. Mais…. L’on questionnera : « Bon, j’ai de l’argent et je veux échapper à mes impôt, refusant donc de payer ma juste part de citoyen —pour éducation, santé, routes, recherches et développements— je fais quoi ? »
Réponse : « Simple et facile. Vous allez sur Internet à « abris fiscaux », tout y est, ça vous coûtera un petit 3,000$, vous obtiendrez le « modus » pour cacher vos revenus (achat de « porte », de compagnie bidon, fictive ?), pour ne plus verser votre part dans le trésor communautaire. » Édifiant hein ?
On laisse faire ça ? « Oui, dit un des témoins (le professeur de l’Uqàm, Lauzon), de Mulroney à Lucien Bouchard, de Chrétien (Martin en profite beaucoup ) à Landry, aucun homme public, élu par le peuple abusé, ne veut agir. Les politiciens ne font pas leur job qui serait de protéger les citoyens. »
Bedang ! Clair comme ça ?
J’écoutais tout cela, je voyais des citoyens questionnés, écœurés, indignés aussi et je me disais : « Un jour ça va sauter, ça ne peut pas durer encore bien longtemps, cette hypocrisie politique, il y aura révolte, émeutes. Ça ne se peut pas que le peuple, désormais bien mieux informé, laisse encore longtemps, ici ou ailleurs, se continuer cette perversion dégoûtante du pouvoir démocratique des électeurs. Mais quand ?
Une voix réaliste me chuchote (Aile ! Aile !) : tout le monde a des actions (dans un sens) avec leurs économies (nos Reers, mes Feers), caisses de retraités, etc. et tout le monde veut que son petit pécule rapporte vite le « plusse » d’intérêts possible ! Oh !
3-
Ainsi, faut moins grave, attendez que j’accroche l’ami Jean-Guy Sabourin, un brave gauchiste de ma sorte. Voilà que tous ceux (75 tricheurs !) qui possèdent un terrain et un chalet dans la petite île de Dorval ont ou acheter pour un prix (bidon ) ridicule les infrastructures (traversier, pontons, tuyauteries publiques, piscine et tennis municipaux etc. Pourquoi cette « privatisation » subite ? Pour ne pas être fusionné avec Dorval et éviter ainsi une probable hausse de txes, un partage normal quoi. Hon ! Mon prof de théâtre de l’Uqàm, Sabourin, en « possédant sans cœur », manquant au code d’éthique ordinaire et primordial. Hon ! ? Oui, attendez que je le pince, il va passer un mauvais quart d’heure.
Ce matin, mère Cousineau annonce un Arcand (à CKAC, lundi matin) revenu de Paris pour questionner le populaire animateur de show télé, Ardisson (qui crachait sur « votre accent du temps des Rois XIV, XV »). Rien d’un démocrate, lui, il se dira « monarchiste» à CKAC. Sexoliste (ou sexcoolic?) il serait échangiste, le mode copulatoire bestial. Aussi ex-drogué et ex-plagiaire. « Bof, dira-t-il, 15 pages dans mon livre, c’est pas beaucoup ! » Quel beau personnage public, hein ? Céline Dion serait moche, Julie Snyder, finie, brûlée en France ! Son collègue Drucker ? « Le responsable (coupable ?) de l’invasion des artistes québécois », etc. Hâte de l’entendre lundi matin ce croisé du bon accent !
4-
Seigneur ! On a pris un vote pour le plus attrayant « site » d’écrivain sur la Toile. Le mien n’a pas gagné ! C’est Michel Tremblay le favori des internautes.
On a voté via « www.auteurs.net ». Eh que je suis donc humilié !
Le « http://www.multimania.com/karmina/index.html » serait « génial » Allez tous au diable voteurs de mes deux… Bande d’ingrats ! Hon ! Du calme !
5-
Pierre Thibeault de « Voir » souligne ce que je savais : Ici, jadis, une personne sur vingt était…esclave ! Des Rouges et des Noirs. Vrai sujet de honte ? C’était de mise en ces temps affreux, ici comme ailleurs. Ce 5% de notre population de bons colons catholiques étaient considérés comme des sous-hommes. Jésuites Récollets se taisaient ? Certes les « proprios » étaient des gros commerçants et des professionnels mais aussi des évèques et curés. Ailleurs je lis que le brave et glorifié Georges Washington…b’en lui aussi et des tas de ces esclaves !
6-
Le nihiliste Lévesque (Bob) dans « Ici » : Harold Pinter, 72 ans maintenant, dramaturge britannique doué et vénéré, ivrogne comme son vieux chum l’Irlandais Samuel Beckett, si aveuglémernt anti-USA qu’il se range du côté du tyran épouvantable Milosevic ! Eh oui Lévesque en revient pas ! Moi ? Un brillant poète italien (Erza Pound ?) se fit fasciste avec entrain, plus à droite que Benito encore !Il y a eu mon admirable L.-F. Céline, génie-romancier vitalisant devenu nazi fou ! Non ? Ainsi des artistes parfois divaguent, dérapent, deviennent des monstres idéologiques même. Souvent mal équipé intellectuellement, l’artiste, tel l’odieux « collabo » le surdoué Brasillac, et un « qui » encore ?, il y en a eu plusieurs, glissant dans le déboussolage politique ! À une autre échelle : ici, un André Laurendeau, jeune, aveuglé, antisémite farouche un temps et qui s’en repentira, s’en mordra les doigts !
Oh le bonheur ! Pour une rare fois, page « une » du cahier « Lectures » dévouée à un écrivain d’ici, ce matin. « La Presse » offre ses colonnes à Victor-Lévis B. pour honorer Victor Hugo. Où est-ce qu’on va mettre la croix ? « Pourvou qué ça doure… »

Le dimanche 17 février 2002

Le dimanche 17 février 2002
1-
Un dimanche midi lumineux. Pas de soleil franc mais « galarneau » n’est pas loin et doit guetter un trou pour s’y faufiler et faire mieux qu’illuminer notre terre laurentienne. J’attendrai…Je guette !
Terminée hier, au lit, « Inceste » de cette dame Angot au petit visage dur, cheveux à la garçonne, tel que vu chez Pivot, jadis et sur la couverture de ce bref récit en « livre de poche ».
Avant de sombrer chez Morphée, à Aile : « Voilà le genre de littérature —du domine du vécu interdit— qui repousse encore plus loin le monde de l’imaginaire. Une auteure parle de son père qui la sodomisera durant cinq ans, de 12 à 16 ans. Après ce genre de…confession…quoi écrire pour capter l’attention des lecteurs ? Eh ! Et quelle hypocrite, quelle manipulatrice que cette pitoyable névrosée ( entre deux psychanalystes !) quand elle écrit, page 149 : » » Ça m’arrache d’en parler ( à savoir de ce papa affreusement dégueulasse). Vous ne voudrez plus me lire. » Hen, quoi ? Comment ? Vilaine menteuse cette pitoyable victime d’un père totalement dénaturé, miss Angot. Elle sait fort bien qu’avec un tel sujet, si scabreux, le lectorat est accroché, vissé à son misérable récit de vie. Personne n’aura envie de décrocher de ses aveux scandaleux, allons ! Elle connaît ses hameçons, allons ! Ah oui, quelle hypocrite !
Cette ténébreuse « affaire très privée » relève de la police. Il n’y en aura pas de…police ! Tous se taisent. L’honneur de la famille ! Coup classique. Or, lisant « Inceste » la police devrait dresser un acte d’accusation « après les faits ». Traîner ce misérable père en coir. Ce dernier est un homme cultivé et instruit, il parle quatre ou cinq langues. Sa vaste culture ne l’empêchera pas de traîner s petite fille dans le confessionnal d’une vieille église provinciale (classée « monument historique » sans doute !) qu’il admire pour une fellation impromptue avec son jeune enfant, elle, Christine Angot. Vous voyez le genre d’écrit ?
Sans aucune fibre morale, vraiment pervers, sans doute hédoniste et sans aucun doute égotiste fini, le lecteur d’ « Inceste » voit donc, une fois de plus, que le monstre pédophile n’est pas toujours un abruti, un analphabète, un monstre mal dégrossi. On a affaire avec ce père déboussolé, Pierre Angot, à un gentleman, à un aristocrate qui sait tout des bonnes et belles manières et les enseigne volontiers à sa fillette dont il abuse en la sodomisant sans vergogne. Prendre conscience une fois de plus que l’intelligence, la culture, n’empêche pas le manque de jugement flagrant. Quelle leçon !
Angot, au départ de son récit joue dans l’incohérence verbale, (allô Freud !) les mots en syncopes, télescopages d’images à soubresauts voulus, (un zest de Lacan, ma chère )un style illisible volontairement, des balbutiements, la crise —sans cesse— de nerfs, homosexualité féminine sans aucune harmonie, griefs voilés envers cette Marie-Christine, femme médecin, détestée et aimée chaotiquement . Angot, écrivain notoire, donneuse de « lectures » sérieuses, se dit-elle, joue donc la folie avec complaisance, la déséquilibrée avec brève aventure lesbienne à déchirement continu. Querelles provoquées, menaces, « auto-gifflage », beaucoup de masochisme et un peu de sadisme (allô psychosé marquis de Sade !). Sa petite fille de six ans (Léonore) se fait trimbale —pauvre petit paquet de linge— entre papa enfui (on peut le comprendre) et cette mère psychosée.
Enfin, enfin, au milieu du livre, le coupable de sa misère psychologique s’installe : ce monstre enculeur, papa !
On comprendra l’énorme succès de librairie d’un tel témoignage, son passage très attendu à Pivot.
Et l’autre qui affirmait : « Les bons sentiments ne font pas la bonne littérature ! » Et comment pépère Gide ! L’écrivain qui n’a pas dans sa besace une enfance aussi éprouvante, ravagée, polluée dramatiquement, racontera ses petits bonheurs —dans Villeray à Montréal par exemple— et le voyeurisme misérabiliste (nous tous ?) l’abandonnera, non pas à son triste sort, mais à son merveilleux sort. Ainsi va la vie des livres en ce début de siècle. Eh !
2-
J’achève de dévorer les chocolats valentiniens de Laura S. offerts par ma chère Aile. (Chère Aile, ouen !) Mes roses s’ouvrent totalement dans le vase de verre. Je pige sans cesse dans la boîte de gâteaux de L’école-des-chefs. Je vais grossir cet hiver, oh oui !
Au printemps, bientôt !, je m’activerai. Je maigrirai. On dit toujours ça. Mon David-à-Éliane s’en vient passer quelques jours ici, un long congé à Concordia University !). Je voudrais l’initier au tachisme surréel dans l’atelier de la cave. Lui faire apprécier les accidents graphiques, parfois inouïs, quand on presse ensemble des papiers coloriés de gouaches fraîches, et qu’on marque de liens à l’encre de Chine. Il y a des siècles, l’art surréaliste n’existait pas, Léonardo da Vinci disait à ses élèves italiens : « Observez bien les vieux murs, vous y verrez des paysages étonnants ! »
Paul Arcand de CKAC ne m’a pas invité, le 14, pour un conte saint-valentinien ! Mon dépit et puis je découvre qu’il s’est envolé à Paris pour enregistrer cinq émissions d’« Arcand en direct » pour TVA, là-bas. Je me console donc.
Tas de photos pris à la pharmacie d’en bas : photos de fêtes, avec Marielle à « La piccola », avec Marco et Éliane et les miens chez « Giorgio-du Vieux », chez l’ami Jean-Guy Sabourin, chez ma fille Éliane à Noël, chez nous, ici, au Jour de l’an. Gros paquet réjouissant des visages souriants. Distribuer les copies et grossir les albums précieux. Dans vingt ans ou trente ans, on regardera ces « jeunes vieillis ». Et nous… « Mais nous, nous serons morts mes frères ! » chantait Lévesque (Raymond).
3-
Citadins pris, nous avions encore enregistré deux émissions. Aile est forte là-dedans, « clac, clic », elle vous pitonne l’engin, oh ! Pas moi ! Un : chez le « prétentieux sympa » Lipton du « Actors studio » à ARTV, interview avec Laureen Bacall. Une célèbre actrice aux allures volontaristes. Voix grave. Intonations basses, une certaine vulgarité. À la fin, elle réclame qu’on la fasse encore jouer. Terrible besoin. Deux : « Violette Nozière », un vieux film de Chabrol, effrayant. Terrifiant. Isabelle Huppert toujours efficace dans ses rôles. Ici, en jeune fille perturbée qui empoisonnera maman et papa. Un fait divers infernal historique vécu. Violette sera condamnée à la guillotine et puis graciée par De Gaulle.
Hier soir, vue la biographie de l’amie Françoise Fauche au Canal D. C’était son tour avec justice. Et encore, en chorus avec Bacall, ce : « Je veux continuer. Encore ! Encore! » Les mêmes mots que la « vielle » Laureen d’Hollywood ! Troublante notre crainte à nous, artistes de toutes disciplines, quand grimpent aux pavois tant de jeunes gens doués… cette frayeur et nos appels pathétiques : « Ne nous oubliez pas ! De grâce, ne nous abandonnez pas ! » Triste sentiment, en vieillissant qu’on va nous jeter, encore bien vivants, aux rebuts ! Pour faire de la place.
4-
Parlons magouilles ! Ce matin, le drôle Stephan Laporte, dans « La presse » comme tous les dimanches, en jase tout au long de sa chronique si souvent savoureuse. Je voulais, depuis toutes ces « affaires » de démarchage-favoritisme, expliquer des faits, des réalités. Il est évident que des affairistes vont se fier à des parents, à des amis. À diverses échelles. Ça n’est pas toujours scandaleux. Le favoritisme existe et dans tous les milieux, c’est connu. À la bio de F. Faucher, on a parlé de son mari, mon ami le réalisateur Jean, « qui engageait trop souvent l’épouse ». C’était tout de même une fameuse de bonne actrice. Pas une inconnue sans talent que l’on emploie injustement, qui enlève un rôle à une « meilleure » comédienne. Alors ? C’est du népotisme ? Eh oui !
J’ai aidé mon frère à se faire employer au canal 10 au début des années ’60. On cherchait du monde, ça débutait rue Alexandre-de-Sève. Normal de recommander à mon ami Ladouceur d’ « essayer » mon jeune frère. Non ? Raynald, aujourd’hui retraité comme moi, y resta 35 ans et, ses talents démontrés, deviendra chef de services scéniques.
Laporte, l’ironiste, parle de « contacts ». Je lis à propos de nos auteurs joués hors du Québec qu’il s’agit souvent de bons « contacts ». Eh oui ! C’est donc le « dis-moi qui tu connais et… » Inévitable ? Je ne sais pas. Si un ami, un parent, est incapable de remplir la tache qu’il a obtenu par népotisme, il ne restera pas à son poste bien longtemps. Si on le garde par favoritisme, on verra éclater les problèmes.
« C’est injuste », dira telle jeune personne sans aucun contact. Oui. La vie est injuste. Par contre le « sauvage », enfermé chez lui, qui refuse tout lien social n’aura qu’à s’en prendre à lui-même, à son a-sociabilité. Pas vrai ? Bon, cela dit, les magouilles politiciennes sont et restent vicieuses, c’est certain.
Laporte, pour conclure publie : « Faux, c’est pas le cul (sic) qui mène le monde, c’est les magouilles ». Vite dit !
En profiter ici pour maudire ceux qui comme Laporte (et Foglia et tant d’autres), utiliser le mot « cul » pour vouloir dire « sexe ». Ce n’est pas synonyme. Je ne le fais jamais. Jamais ! Le cul n’est pas le sexe, féminin ou masculin. Pourquoi cette manie. D’où vient-elle ? Le « cul » c’est pour les sodomites qui, eux, confondent sexe et anus. Sont-ce les disciples de « la courte jaquette » qui répandent cette mode inepte ? Marre !
5-
Victor-Lévy B. au téléphone tantôt : « Tu vas recevoir les épreuves de ton « Écrire » par bus. Si tu corriges encore, fait attention, il y a notre mise en page à préserver. Sinon les coûts grimpent… » Je connais la question et je ferais attention. Il n’accepte pas mes notes biographiques en guise de bibliographie. « Écoute, on a réussi à débroussailler la foule de tes écrits. Il y aura 82 entrées et ça va former une dizaine de pages. » Fiouf ! Ouash…J’aime donc pas étaler ces listes de mes titres. Il me semble que ça décourage le nouveau lecteur qui aurait envie de lire des jasminades. Bon, tant pis, va pur les 82 entrées. « Tu vérifieras cela hein, ton stock ? » Mmm… ! S’il savait le cher Éditeur de Trois-Pistoles. Faite avec exactitude, cette recherche aurait amener plus de cent entrées. Je ne dirai rien.
Nous revenons de la promenade rituelle. Il a fait si doux que le lac fait voir des flaques d’eau. On a rebroussé chemin, Aile toute nerveuse, craintive à l’excès, si inquiète et n’ayant pas envie de voir craquer la glace en l’engloutissant…glou, glou,glou ! J’ai ri.
J’ai marché, rue Lesage, vers l’église et ce « Manoir Sainte-Adèle », réduction du vaste « Manoir Outremont » proche de notre petit condo. Pas de vieux retraités dehors ! Un gros chat blond traverse la rue, hésite, s’asseoit au milieu de la chaussée, me regarde passer comme un pacha royal. Un couple m’apparaît. Ils marchent, très emmitouflés, prudent, en un lent petitpatapon sur le trottoir les yeux plein de soleil. On fait ça en ,mar d’jqabitude pas avant : installation de deux chaises à coussins sur la galerie. Une heure et demi à sentir l’air doux et la chaleur (relative) du bonhomme « galarneau ». Formidable pour une mi-février.
6-
Ai tenté de reprendre « La part de l’autre » de Schmidt. Refermé le roman. Impossible avec ce Adolf Hitler en rupin, bohémien, rendu à New-York et à Paris, à Montmarte, peintre angoissé…Non, je déteste vraiment, je le redis, cette sorte de concoction littéraire (plutôt putain) où on se sert comme appât d’un nom archi-connu (Hitler) pour broder de la fantaisie incongrue. Trop facile.
De temps à autre Aile veut absolument voir ce qui se passe à Salt Lake machin. Conneries que ces tunnels de plastique avec des luges qui filent…Ou est le sport là-dedans ? Et ce Salo suédois, excellent gardien de buts au hockey, a bien servi à mettre K.O. le club des canadiens ! On en jase partout dans nos gazettes : « pas de solidarité, pas de cohésion, nos joueurs évoluant sans « esprit d’équipe », blablabla… Le baratin habituel des chroniqueurs « sportifs », bien assis, ces « gérants d’estrade ». Lassitude chez moi.
Ce matin deux nouvelles terribles : le Vatican recule. On laissera pas fouiller les papiers du pape Pie numéro 12. On imagine la passe. Des curés tripotent les archives, éloignent les archives papales de l’ex-ambassadeur allemand, ce Pie No. 12. Histoires par trop compromettantes. Quelle saloperie !
Deux : ça y est, on s grouille, la police d’ici va enquêter sur le complot « filmé » à Westmount, dans un bureau de démarcheurs- relationnistes (ces gouapes parfois !) pour faire assassiner Mugabe le président zimbabwéen. Les « Affaires étrangères » d’Ottawa fonceraient vers ce Morgan Tsvangirai, le commanditaire du meurtre. On se souvient : une demi-million de belles piastres !
Le con ignorait que la firme de Montréal, avait le « vieux » Mugabe comme client. De là la caméra cachée. Coucou, souriez Morgan, vous êtres aux insolences !
Qui a dit : « Le christianisme, lui, envoie son fils se faire tuer pour nous. L’islamiste, lui, envoie son fils se faire tuer pour lui. » Inch Allah ! Choc terrible chez les araboïdes des Etats-Unis car ces propos viennent de nul autre que le sérieux Procureur général de Washington, John Aschcroft. Va-t-il ravaler sa diatribe ce ministre de la justice ? À suivre !
Pétrole : L’Iran et le Vénézuela en ont en masse. Ils sont associés. Demain, réunion au sommet à Caracas. L’Iran en « grande belle visite » au sud des USA, l’Iran qui est dans « l’axe du mal », selon W. Celui qui ne répond par à l’Arabie « saudite » qui veut ravoir ses 100 citoyens détenus au sud de Cuba comme méchants Taliban. (Pas de « s », comme on sait maintenant.)Lui, W. il partait pour la « Corée-du-bien », celle du sud. L’autre, au nord, c’est celle du « mal », un des trois « états-voyous » dans la mire du belliqueux W. (le no. 3 c’est l’Irak). En tous cas, la CIA va se démener à Caracas, c’est entendu !
Ratoureur le père Renaud de « notre » vaste chaîne de librairies ( organisée et payée avec notre argent public). Le chroniqueur Stanley Péan publiait sa liste des meilleurs livres de l’année passée. Le « boss » l’invite plus tard à examiner ses livres de chiffres. Péan humilié, pas une de ses recommandations (à la radio comme dans son journal) ne gagne des points. En somme, le bonhomme Renaud semble lui dire : « Péan, pauvre cloche, tu écris, tu valorises, pour rien; personne, le lectorat québécois tout entier, ne t’écoute. Perds pas ton temps. » Pas trop démonté le Péan en arrive à conclure : « la viabilité commerciale de nos livres…pas fort ! » Péan rapporte, ce matin, les propos de ses correspondants : « Assez du nationalisme littéraire ! Trop de navets québécois ! Nos « polars » valent pas ceux des USA ! Il y a trop de subventions gouvernementales ici. »
Édifiant, non ! Colonisés, oui ?
Péan dit que nos liseurs veulent des « stars » étrangères. Anciennes ou actuelles et il achève son papier —repentant, battu, soumis— par d’énormes éloges pour un auteur chilien, Jorge Edwards (« L’origine du monde ») qui publie…au Québec ! Pas loin, à ses côtés, David Homel, auteur et « ex-draft dodger » réfugié ici, fuyant la guerre au Vietnam, est chargé d’illustrer les livres de nos « voisins ».Il publicise ce matin sur Jean-Yves Loude, un auteur de France —qui cite Homel dans sa ponte !— venu « en résidence », un échangisme a-sexuel— venu séjourner tout un automne à l’hôtel Rigaud, en face du Carré Saint-Louis. Il aime bien le quartier chinois, le quartier italien, etc. Autres colonnes : Ève Dumas publie que « l’exportation de nos ouvrage dramatiques est une question de survie pour nos jeunes dramaturges ! » Ça va bien hein ? En somme, voilà où nous conduit le colonialisme que je nomme le « racisme inverti », ou, si vous préférez, « le racisme à l’envers », ou si vous aimez mieux, « le racisme retourné ».
Comme vous voudrez, servez-vous.

Le samedi 16 février2002

Le samedi 16 février2002
1-
La noirceur roule vers l’ouest. De ma fenêtre du bleu mauve qui s’éteint. On revient de notre marche autour du lac. Redoux qui dure. On aime bien. On aura eu un hiver d’une clémence rare en fin de compte. Pst devant l’ex-demeure de Grigon tantôt, on s’est souvenu, à la fête d’Hughette Oligny, une apparition renversante. Un mystère; Mia Riddez en chair et en os, devant nous ! Pas morte du tout ! Stupéfaction. Elle se présente. C’était sa fille. Un clone ! Rieuse, mignonne, portrait vivant de sa défunte maman.
Son parrain ? Lui, Claude-Henri « Grognon » que Louis Morricet, son père, et donc le mari de Mia, admirait tant comme pamphlétaire. Les jeunes ignorent le fait : le scripteur des populaires (radio puis télé) « Belles histoires des pays d’en haut » Grignon fit des écrits polémiques un temps et signait « Le lion du Nord ». « J’ai reçu un dix piastres (viande à chien !) un jour d’anniversaire de ce parrain distant ! », nous dit le sosie de Mia en riant. « Un homme et son péché », je l’ai relu, est un très solide bref roman. Rien à voir avec les « rallonges » à n’en plus finir des feuilletons. On va en faire un film nouveau qui sortira bientôt.
Un jeune viéaste-cinéate, Hogue, veut mon aide pour réaliser un document visuel sur un peintre d’ici, moderne, feu-Serge Lemoyne. J’ai signé une lettre de recommandation. Lemoyne fut le premier à présenter du « happening » à Montréal. C’était désopilant, singulier, fou braque.
À la radio, un ex-réalisateur, Bouchard, prépare de longues heures sur Lévesque. Chez Le Bigot ( ah ! le « piqueur » de vin à la SAQ. Le déchu Picotte me perdait avec son allusion à ce « fait divers » chez Bruneau de TVA, l’autre soir. Je me souvenais pas. Entre une fiole et un Gagliano, il y a un monde !) ce Bouchard rappelait l’apostrophe de René L. face à un Pierre Bourgault venu le questionner en mai 1970. Il lui aurait déclaré : « Rentrez chez vous et n’en sortez plus si vous voulez aider à l’indépendance du Québec ! » Ouow ! D’où pouvait bien venir cette détestation viscérale du tribun populaire chez Lévesque ? Mystère.
2-
On devrait, oui, faire un jour férié du calendrier ave ce 15 février. La SSJB le propose. D’autres aussi. Jour des »pendus » patriotes rue Delorimier, au « Pied du courant ». Ou fêter le 14, « la veille » des exécutions ignobles. Ce serait la Saint-Valentin des Québécois. Nous fêterions l’amour…l’amour de la liberté. C’est cela que défendaient les vaillants pionniers anti-monarchistes que l’on exécutait comme des malfrats.
« Baader » un film allemand. Une forfanterie-cinéma. Oui. Nat Pétro, à Berlin, n’en revient pas. Imaginez : on verrait René Lévesque, dans un film en son nom, poignardé par des felquistes enragés. Ou bien nous verrions Trudeau mitraillé par des « red necks » furieux dans une venelle de Westmount ? Ou encore, Monica-la-Mitraille noyée vive dans un poste de police !
N’importe quoi ! Andreas Baader, chef des terroristes allemands bien connus… dans le film à son nom, se fait mitrailler par la police. Or, c’est faux. Baader est mort, cinq ans après son arrestation par la police, dans sa prison. Le cinéaste Cristopher Rotrh, à Berlin, se fait huer violemment par la presse présente au Festival de Berlin. On le hue copieusement. Il ment effrontément. Il rétorquera : « Je suis cinéaste pas un historien! » Quel con ! Non mais.. Ces falsificateurs sont des escrocs. Fumisterie grave. Imposteur. Ils font les malins, s’approprient un sujet archi-connu, un personnage célèbre et…hop !, on fait n’importe quoi. « La foule va venir puisque l’ on jase sur un fait historique, un héros, ou un mec archi-connu. D’un commercial puant non ?
Je déteste « l’Histoire romancée » pour cela aussi. Voilà qu’on fait « causer », mille répliques, une Madame Papineau… ou qui vous voudrez, comme si l’auteur y était. Je trouve cela insupportable.
Moi, « Grand héros » n’est-ce pas ?, je sortirai de ma tombe et cognerai à mort sur celle ou celui qui me fera dire, dans un livre ou un film posthume, des paroles que je n’aurais jamais prononcées. Bien compris les fabulateurs, les imposteurs, les fumistes ?
3-
Ce matin, tant Lysiane Gagnon que Gilles Courtemanche donnent leurs avis sur « les affaires » de magouilleurrs soi-disant démarcheurs officiels. Aucun des deux, comme moi, ne condamnent vraiment ce faux métier des « copains comme cochons ». Un projet (de quoi que ce soit) devrait être jugé, si on veut des subventions —de « notre » argent de cochons de payeurs de taxes et d’impôts— à ses mérites, selon son utilité. Point final. Horreur que ces banquets, cocktails organisés pour que l’entrepreneur puisse rencontrer tel ou tel ministre. Horreur que ces ex-ministres —défroqués en démarcheurs vénaux— qui font d’amicale pressions mondaines pour « favoriser » ! Odieux « patronage ». C’est une honte ! Voilà que les Landry et Cie tentent de civiliser, de réglementer, cette merdique façon de faire. Je n’en reviens pas. Un bon gras machiniste de studio, à la SRC, allait et venait en grognant sans cesse « Jasmin ! La vie c’est qui tu connais. C’est toute. » Je me fâchais, je lui disais avoir été sans piston, sans copinage aucun , m’être fait seul, sans l’aide de personne. Mais maintenant, vieilli, je me pose des questions. Tant de réussites (celle des Rozon et al) viennent sans doute de ce « qui tu connais ». Immoral !
Louis Cornellier du Devoir, qu me fit tant d’éloges pour mon dernier bouquin (Je vous dis merci) se fait…ironiser (?) par le zélote de Gabrielle Roy, le prof de McGill, François Ricard. Cornellier, lui-même, prof de Cégep à Joliette, y allait d’un « enseignons aux jeunes d’abord notre littérature au lieu des classiques français d’antan comme on le fait, ce qui les ennuie prodigieusement. Après, oui, ce jeune cégepien pourra mieux embarquer et apprécier les grands auteurs célèbres, ayant pu s’identifier mieux en découvrant nos livres qui lui parlent de nous. »
Je trouvais ça plein de bon sens. Mais, ce matin, le Ricard monte aux créneaux et achève sa rodomontade par un clair : C’est ça, pourquoi pas la littérature d’une région selon le Cégep, les livres des auteurs de Joliette pour les cégépiens de Joliette ? Enseignons la lttérature de chaque village selon l’origine de l’élève.
Bien moqueur le Ricard non ? N’empêche : j’aime tant la polémique que je guette la réponse du Louis dans le prochain Devoir. Je le devine, Cornellier ne laissera pas passer cette ironique protestation, oh non !