NOS « TROUBLES » ?

Je guette le vrai printemps. Il tarde. Trop de neige sur la terre, non ? Ai-je « un trouble » avec le climat ? Combien sommes-nous à nous impatienter d’un printemps retardataire ? Paraît que l’on nomme « toc » une manie. On disait, jeune, « un toqué » pour parler d’un doux maniaque. On le dit de celui « affublé d’un TOC, souffrant d’un « trouble obsessif compulsif ». Suis-je « toqué » à tant soupirer après le printemps. Je l’avoue, je n’en peux plus tant j’ai hâte d’aller errer, fouiner, vaquer « à ci et à ça », vagabonder quoi, oui, me promener tout bonnement dans mes alentours et en souliers !

En attendant un air plus chaud, de voir disparaître (enfin) tous ces restes de neige, j’en viens à songer « troubles ». Notre bonne vieille peur de l’anormalité. Je raconte dans le premier chapitre de mon « Anita… » (merci lecteurs d’en faire un best-seller) ma peur de la folie. Comme nous avions tous, jadis, une soutane (prêtre, religieux, nonne) dans chaque famille, nous avions souvent « un fou » à St-Jean de Dieu. On en avait… trois !

Désormais, médecine moderne aidant, nos fous ne vivent plus dans des asiles. Merci progrès. Ainsi, il nous arrive désormais, n’est-ce pas ?, de croiser sur notre chemin d’étranges personnes. Ça m’arrive par ici. Parfois les mêmes silhouettes aux mêmes jours, aux mêmes heures, avec un comportement plus ou moins quelque peu erratique. Enfant, dans nos rues de Villeray, dans les années 1930, nous avions une faune bigarrée : un trembleur convulsif, un qui parlait à voix haute et gesticulait, s’engueulant parfois avec des invisibles, un qui, courbé, barbu, trembleur et baveur, tournait la manivelle d’un vieil orgue dit de barbarie au marché Jean-Talon, une romanichel à voile, nez crochu, nous tirait « la bonne aventure » avec un perroquet trieur de cartes. Ou encore un « sans jambes aucune », torse à deux mains dans sa voiture qui se se mouvait à l’aide de deux gros fers à repasser antiques ! Un travesti exhibitionniste tournoyait autour du cinéma du coin. In « ti-coune », drogué montrait un rat vivant, un vétéran, un gazé de 1914, ses images « polissonnes». Aux quatre coins de Jean-Talon. s‘époumonaient en harangues névrotiques « des dérangés », fous de politique fasciste ou de religion ! Eh bien, nos paysages d’enfant en étaient comme… oui, égayés ! Car « le dimanche les enfants s’ennuient » cher Trenet. Mais parfois nous filions sous les jupes de nos mères !

Stop ! Avril 2013. À Ste Adèle et je lis pour voir plus clair. Je me documente. Qui suis-je, qui êtes-vous ? Du genre parano ? Qui se méfient sans cesse ? Peur d’être jugé. Du genre schizoïde ? Détaché de toutes relations sociales, apathique. Du genre narcissique ? Qui se surestime, se voit supérieur. Obsessionnel compulsif ? Voit à l’ordre, le rangement, le contrôle. Personnalité histrionne ? Émotions excessives, quête d’attention et des jugements des autres.

Suffit ! « Toc » pas « toc », devoir vivre avec soi et s’endurer. Se montrer endurable aussi. Sans le déni total, admettre son « récit de vie » :1) le bagage involontaire, l’inné. Et ( 2) l’élevage, l’acquis, l’appris. Et toi, printemps, arrive. Vite !

 

LA PEUR !

Vous verrez jeunes gens, à mesure des ans, viendra une certaine frayeur :perdre la mémoire. Vous arriverez au rond-point où, soudainement, surgissent des êtres chers meurtris, qui glissent inexorablement vers la pire des conditions humaines : ne plus se souvenir. Non pas de grands hauts faits du passé, non, plus sinistre «  à quoi sert, placé devant vos yeux, une poivrière, une salière ! La panique. Vient l’impasse terrible. Égaré total ! Autour, les proches se désolent. La médecine parle de « démence »; précoce parfois. ».

Ce mot ? Alzheimer », comme le mot CANCER, fait frissonner. On voudrait tout faire pour évier cet état épouvantable qui fait qu’un être humain, debout devant sa table ne sait plus à quoi sert…une fourchette, un couteau ! On se jette sur tout ce qui pourrait prévenir ce monstrueux état de non-vie. Ne plus se souvenir ?, c’est abolir la crème, le suc, d’une existence, effacer les joies (petites et grandes), pas seulement les chagrins, les bonheurs ( passés et récents) d’une existence. Alors, on voit un titre comme : « 10 conseils simples pour… » et on saute sur l’ouvrage. C’est le titre d’un récent livre (L’Homme éditeur) du docteur Jean Carper, forcément gériatre.

Pas plus indifférent que quiconque face à ce MAL affreux et répandu (« Ils n’en mourraient pas tous » dirait le fabuliste Lafontaine), je l’ai lu. Eh bien, c’est plate, c’est ordinaire, c’est commun, c’est banal. Le docteur Carper, en résumé, dit comme tous les médecins actuels, trois choses. 1- se remuer, marcher,etc. 2- manger bien, pas de gras, etc. 3- rester actif, social, curieux, ( fouillez dans Wikipédia ou Google !). Certes pour arriver à « ses » 100 conseils, Carper fonce dans la panoplie détaillée sur chacune de ses trois grande assertions. Des surprises : « Oui à la caféine et… à la marijuana ! « Oui » aussi aux Jeux vidéos énervants (tel « Crise of Nations ») ! Aussi : oui, boire du vinaigre, excellent pour combattre aussi le diabète, deux cuillerées par jour, dilué !

Dans l’ensemble, c’est du connu : le thé vert, le chocolat noir, les noix, amandes; des fruits et des légumes ? Bien entendu, attention, aux couleurs foncés ! Dire « adieu » à mes chères petites fèves jaunes beurrées et mieux apprécier brocoli et épinard. Hum !

Et si vous n’aimez pas le vin rouge (ma folie !), buvez du Concord, dit Carper qui est amerloque. Du jus de raison et, évidemment, foncé. Quand Carper arrive aux vitamines (la D, oui, oui !) ou aux niacines, leptines ou statines (que je prend pour le cholestérol) il recommande alors les conseils précis de votre médecin de famille; tout le monde en a un après tout, n’est-ce pas ?

Ce « Cent conseils… » est à notre biblio publique, lecture essentielle ? Non. Je répète : grouillez-vous et manger comme du monde intelligent, restez ouvert aux actualités proches ou lointaines et vous vous aiderez à éloigner le « Alz ». J’ai vu ma chère acadienne, Yvonne (Robichaud-Boucher) longtemps indispensable copiste et correctrice qui sombra soudain dans ce « trou noir » terrifiant. Je l’ai vu pleurer d’une détresse totale et puis mourir. Je crains donc, comme tout le monde, ce « spectre » monstrueux qui me ferait oublier qui je suis et qui vous êtes, parents, voisins, amis lecteurs, camarades de ma longue vie alors je sors m’acheter du thé vert, du chocolat noir et j’irai gigoter dans le grand bain bleu de l’Excelsior sous ma mini-mangrove verte !

 

 

 

 

BONNE ANNÉE GRAND NEZ !

Veille de Noël et, si tard, plus un seul sapin à vendre. Nulle part. Dépit. Aller m’en scier un petit en terre-de-la-couronne. Couronne chérie du militariste-royaliste ce con de Harper. Moi en hors-la-loi avec ma sciotte ! Au journal du surlendemain de Noël, journaux, les bilans fastidieux. Les gros événements, en un ordre capricieux. Pour certains, le numéro « un » c’est le  chirurgien fou de jalousie, vaniteux déboussolé de St Jérôme, sa sauvage tuerie d’imbécile d’orgueilleux démentiel. Un  docteur en médecine qui assassine,  sauvage, un papa dénaturé, un boucher (ô chirurgie !) poignardant ses petits enfants (qu’il gardait) ! Dans un certain ordre s’alignent : deux, des Hells, bandits libérés pour cause de trop longue attente de procès, trois, le Rapport-Duchesneau, quatre, le sexooliste parisien Strauss-Khan et sa Noire qu’il assaille dans un Sofitel de Manhattan.
Silence mondial sur ma coupe illégale d’un petit sapin en forêt ! Ouf ! Attendons ce « Bye-Bye 2011», revue annuelle à la télé publique. Autre bilan. Très québécois ? Prévoir qu’il n’y aura rien sur ces étonnantes, surprenantes, révoltes en Afrique du nord. Rien sur les la mort de mon ami mort Gaston L’Heureux ou sur notre brillant cinéaste Villeneuve au bord de gager un Oscar à Hollywood bientôt. Rien sur le tueur fou de Tucson en Arizona ? Rien sur « le skieur Guay » un québécois champion du monde en ski en Allemagne. Et rien sur ce bourgeois millionnaire, François  Legault, son parti politique incolore, prudent ? Rien sur les premiers coups de « Marteau » avec l’arrestation de six fraudeurs dont cette mairesse de Boisbriand, Sylvie St-Jean ? Il faut faire rire d’abord et avant tout. Le Bye-bye une fois de plus ne sera pas une vraie « revue » de l’année 2011 ». Et pas un mot sur ce grand-père « pompette » qui renverse un vaisselier à Duvernay ? Moi. Ma honte. Je ne touchais plus au divin pastis, ma chère liqueur du temps jadis. Chez Pierre Boucher (ex-directeur du Cégep St-Laurent) mon beauf’ qui débouche une neuve fiole de son pastis. Abus. Deux grands verres ! Mon dérapage éthylique au moment de savourer la jolie bûche venue de l’École hôtelière de Ste Adèle, toute inquiète, ma tendre Raymonde qui me jettera sur les épaules « le manteau de Noé ». Devoir quitter Laval (« belle nuit,  sainte nuit…) et abandonner, hélas, les joyeuses  frimousses de quatre petits enfants gigotant au salon, à quatre pattes dans une mer de cadeaux. Le plus beau jouet-cadeau ? Tout simple : des lampes de mineurs fixés au front achetées pas cher à La Cordée. Les voilà, fous comme des balais sillonnant en riant la caverne des noirceurs, c’est à dire tout le logis dans la noirceur vaincue. Ils sont des découvreurs guidés par leurs lueurs miraculeuses. Les rires fusent.
Il est midi, lundi, au café du matin (on se leva tard), notre joie d’apercevoir par les portes-patio les premiers promeneurs de l’hiver. Ils font le tour du lac au soleil luisant ! C’est parti le vrai hiver ! Le voisin Ouellet a fait une mini-patinoire sur son rivage et un mini-feu d’artifices ce soir-là. Il y a l’anniversaire de naissance du premier et plus grand « prophète de l’amour », ce Jésus de Nazareth que les querelleurs de ce temps barbare vont crucifier à mort. Il y a aussi qu’on doit fêter le nouveau solstice, le début des jours qui vont s’allonger. Bonne nouvelle année à mes fidèles lecteurs. Que 2012 soit de paix partout. En Israël comme en Palestine, nouveau pays. Comme partout où l’on fusille dans les rues ces citoyens musulmans, nos frères humains. Qui aspirent à la démocratie.

BONNE ANNÉE GRAND NEZ !

Veille de Noël et, si tard, plus un seul sapin à vendre. Nulle part. Dépit. Aller m’en scier un petit en terre-de-la-couronne. Couronne chérie du militariste-royaliste ce con de Harper. Moi en hors-la-loi avec ma sciotte ! Au journal du surlendemain de Noël, journaux, les bilans fastidieux. Les gros événements, en un ordre capricieux. Pour certains, le numéro « un » c’est le  chirurgien fou de jalousie, vaniteux déboussolé de St Jérôme, sa sauvage tuerie d’imbécile d’orgueilleux démentiel. Un  docteur en médecine qui assassine,  sauvage, un papa dénaturé, un boucher (ô chirurgie !) poignardant ses petits enfants (qu’il gardait) ! Dans un certain ordre s’alignent : deux, des Hells, bandits libérés pour cause de trop longue attente de procès, trois, le Rapport-Duchesneau, quatre, le sexooliste parisien Strauss-Khan et sa Noire qu’il assaille dans un Sofitel de Manhattan.
Silence mondial sur ma coupe illégale d’un petit sapin en forêt ! Ouf ! Attendons ce « Bye-Bye 2011», revue annuelle à la télé publique. Autre bilan. Très québécois ? Prévoir qu’il n’y aura rien sur ces étonnantes, surprenantes, révoltes en Afrique du nord. Rien sur les la mort de mon ami mort Gaston L’Heureux ou sur notre brillant cinéaste Villeneuve au bord de gager un Oscar à Hollywood bientôt. Rien sur le tueur fou de Tucson en Arizona ? Rien sur « le skieur Guay » un québécois champion du monde en ski en Allemagne. Et rien sur ce bourgeois millionnaire, François  Legault, son parti politique incolore, prudent ? Rien sur les premiers coups de « Marteau » avec l’arrestation de six fraudeurs dont cette mairesse de Boisbriand, Sylvie St-Jean ? Il faut faire rire d’abord et avant tout. Le Bye-bye une fois de plus ne sera pas une vraie « revue » de l’année 2011 ». Et pas un mot sur ce grand-père « pompette » qui renverse un vaisselier à Duvernay ? Moi. Ma honte. Je ne touchais plus au divin pastis, ma chère liqueur du temps jadis. Chez Pierre Boucher (ex-directeur du Cégep St-Laurent) mon beauf’ qui débouche une neuve fiole de son pastis. Abus. Deux grands verres ! Mon dérapage éthylique au moment de savourer la jolie bûche venue de l’École hôtelière de Ste Adèle, toute inquiète, ma tendre Raymonde qui me jettera sur les épaules « le manteau de Noé ». Devoir quitter Laval (« belle nuit,  sainte nuit…) et abandonner, hélas, les joyeuses  frimousses de quatre petits enfants gigotant au salon, à quatre pattes dans une mer de cadeaux. Le plus beau jouet-cadeau ? Tout simple : des lampes de mineurs fixés au front achetées pas cher à La Cordée. Les voilà, fous comme des balais sillonnant en riant la caverne des noirceurs, c’est à dire tout le logis dans la noirceur vaincue. Ils sont des découvreurs guidés par leurs lueurs miraculeuses. Les rires fusent.
Il est midi, lundi, au café du matin (on se leva tard), notre joie d’apercevoir par les portes-patio les premiers promeneurs de l’hiver. Ils font le tour du lac au soleil luisant ! C’est parti le vrai hiver ! Le voisin Ouellet a fait une mini-patinoire sur son rivage et un mini-feu d’artifices ce soir-là. Il y a l’anniversaire de naissance du premier et plus grand « prophète de l’amour », ce Jésus de Nazareth que les querelleurs de ce temps barbare vont crucifier à mort. Il y a aussi qu’on doit fêter le nouveau solstice, le début des jours qui vont s’allonger. Bonne nouvelle année à mes fidèles lecteurs. Que 2012 soit de paix partout. En Israël comme en Palestine, nouveau pays. Comme partout où l’on fusille dans les rues ces citoyens musulmans, nos frères humains. Qui aspirent à la démocratie.

 

Errata: c’est pas Villeneuve (« Incendies »)  mais Falardeau (« M.Lazhar ») qui ira aux Oscars.

UNE TRAGÉDIE GRECQUE

 

C’est Médée (tueuse de ses enfants) en pantalon qui a eu lieu par ici. Imaginez tout un peuple, les mains sur les genoux,  attendant la noirceur dans les estrades de pierres de l’amphithéâtre grec. Imaginez un de ces sombres récits où la mort fait des ravages. Les héros sont des dieux ou des importants héros sortis des contes oraux de ce temps. Des longues torches, de courts s flambeaux, jettent des lueurs sinistres sur les glaives, les poignards, les dagues. Le sang ! Des cris ! La foule fige quand l’effroyable Médée éclate en lamentations. Imaginez maintenant, pas loin d’ici, un joli bourg avec des cottages coquets, cuisines branchées, celliers aux vins luxueux, dehors, beaux jardins de pépiniéristes savants, fleuris, chérantes piscines creusées et des grands bourgeois, des docteurs en médecine qui font rentrer au budget annuel un demi million de beaux dollars. En ce bourg coquet, soudain la tragédie…

Deux parents médecins respectés, dix ans de vie commune, deux beaux enfants gâtés… Mais l’amour, en Grèce d’Euripide ou d’Échyle comme partout ailleurs, l’amour c’est comme le vent, ça souffle où ça veut l’amour. La jeune maman, jolie blonde comme encore dans sa graisse de bébé, a un amant. Entendez-vous les affreux cris de deux bambins qu’on poignarde ? Il n’y a personne dans l’estrade théâtrale de Piémont, il n’y a personne dans le voisinage bourgeois, personne pour voir le cardiologue respectable en train de se venger de l’infidèle. Ô la jalousie du triste héros de cette tragédie laurentidiene ! Se venger. Mettre à mort deux jeunes vies que l’infidèle épouse a mis au monde. Se venger de cette compagne qui l’abandonne.

Cris d’enfants terrorisés, ensanglantés, dans la nuit de nos si jolies collines. Ô misère humaine ! Le misérable dieu, Narcisse, guide méchamment le bras de l’assassin dans les chambres du chic logis de Piémont. Orgueil du trompé. Vanité

Atroce qui exige la punition la plis ignominieuse. Deux jeunes innocents entrent vite dans « la lumière » des Croyants, au paradis promis. Rideau !

Imaginez, jadis, le public qui quitte l’agora, les estrades, les oreilles et les yeux accablés…. Médée en pantalon, vengé, se terre sous son lit. Un enfant gâté avoue qu’il est un imbécile aux policiers accourus dans cette rue quiète du joli bourg tranquille. Rideau ! Un jour, un dramaturge fera le récit de l’horreur de cette nuit d’orgueil fou, c’est certain. Télé ou cinéma. Ou bien au théâtre  de plein air, ici, à Sainte Adèle, rue Morin ? Un jury vient de déclarer que le meurtrier, l’infanticide, ce Médée en pantalon, était fou. Ah oui ? Fou d’orgueil, c’est bien ça ? Rentrons chez nos, braves gens, que l’on éteigne les torches.

À L’EAU CANARDS

Pour vite guérir de cette cuisse arthrosique, qui me fait tant souffrir, je veux recourir à l’hydro-thérapie. Baignades sur baignades donc. Médecine gratuite. Et que vois-je, au large, sur notre radeau ? Deux beaux canards. Côte à côte, le couple se livre à des parades (séduction ?) fort remuantes. Plumes piquées sur l’estomac, cous tendus, sans cesse des coupscde becs en l’air, les ronds corps comme recroquevillés soudain ou alors très extendus ! Ça ne finit pas.
Chaque fois que je m’approche, flouc!, flouc !, vite, à l’eau canards !
Cuissse moins endolorie, m’accrochant à mon « radeau de la méduse » découverte d’un lit touffu de…crottes ! Un dégueu tapis, très intense, de petits cacas bruns. Brun comme mon couple de canards. L’an dernier, c’était le reposoir de quelques goélands et ils crottaient, oui, en blanc les planches de mon radeau ! Quoi ? Si des merles, dit rouges-gorges, s’amènent et s’abonnent à notre radeau, sera-ce du caca orangé ? Si mon cher beau Cardinal s’y installe, des crottes rouges ? Et noirs les excréments des corneilles ? Non mais…
Guérie de ma jambe, je devrai me débarrasser de cette abondante défécation… aviaire ! Merde, c’est le cas de le dire.
Au travers de mes innombrables petits cacas-d’oies brunes, des plumes toutes blanches sont comme greffées sur le bois. Mystère ! Il en résulte un radeau un peu mystérieux. En tous cas, un lieu, une halte, où l’on s’interdit de grimper désormais. C’est, nazi, l’occupation. Or, depuis des jours et des jours, l’on assiste à des promenades bien ordonnées, très sages avec maman en queue de file, d’une nombreuse famille de jeunes canards (10 à 12). J’observe : aucun contact entre mes généreux « chieurs » du radeau et cette famiglia ! Bizarre ! Ils ne se voient pas, dirait-on. Ils s’ignorent ? Mystère !
Ce radeau … Oh oui, dire qu’enfant, au bord du vaste Deux-Montagnes, à Pointe-Calumet., interdiction d’avoir un radeau bien à nous. Mon « papa-peureux » (et pieux comme on le lira dans mon prochain bouquin « Papamadi ») refusait net chaque fois qu’on l »implorait. « Non, et non, mes enfants, jamais, un radeau source de dangers, d’accidents, de noyades ». Pourtant on en voyait un peu partout chez tant de voisins villégiateurs, des grands et des petits, des hauts et des bas. De belles jeunes filles s’y prélassaient, bronzant sous le vent du large. De jeunes adonis s’y déployaient faisant montre d’audace, s’inventant des plongeons inédits.
Compensation ? Pas aussitôt arrivés au Lac Rond, il a donc fallu la construction d’un radeau, objet défendu de ma jeunesse. Passons-nous notre existence d’adulte à colmater ces manques ? Tabous d’antan ? Empêchements à ce que nous croyions « le bonheur » ? Ça se peut. Ainsi, hier, un homme est venu voir le saule géant tombé et scié, devenu un long muret de bûches. Ce mystérieux voisin demande de pouvoir se choisir des morceaux. Il se livre à un artisanat de bols de bois tournés avec art (il m’a montré son album de photos). Retour en jeunesse ? Il m’a avoué qu’avant de devenir un important fonctionnaire fédéral, il avait fait un peu de poterie. On jase et oh, soudain, retour des canards, merde, crottin en vue !

MARS ET VOIR FILER L’EAU VIVE !

Voici le printemps dans dix jours, voici venir le temps des fontes totales et dernières. Sans être obsédé d’ondinisme, avouer le plaisir à prendre d’aller voir l’eau filer, rugir ici, gémir là, courir à toue épouvante, se déchaîner. Aller voir les folles ,le excitées cascades en aval du Lac Raymond, celles Chemin du Mont Sauvage, au bord de la 117,  ou derrière une jolie berge plus au nord, échevelé, folles.

Quelle chance nous avons par ici. Pas loin, proche de la Cabane à Eddy, grimper un peu, deux minutes,  et découvrir ces flots rageurs, toute cette eau énervée. Le bonheur non ? Marcher à l’ouest de Mont Rolland et admirer les fous remous si vivants dans la Doncaster. Ou bien, rouer à l’est, y revoir les flots inouïs, panaches fantastiques, fluides du déchaînement  proche de l’ex-usine Roland. Les oreilles bien remplies des vacarmes des fons, bruits de la délivrance finale. L’eau comme cri de liberté !

Oui, quelle chance. Tant d’endroits sur cette terre où les gens n’ont aucune chance de voir les eaux printanières s’écrier « vive la vie vive » et se jeter, les chevelures blanches dans l’air sur des lits de rochers inégaux. J’aime. Certes il y a l’inestimable Chute Montmorency (plus haut que le Niagara, mais oui) juste à l’est de Québec. Site désormais fort bien aménagé —avec pont, passerelle, parc, escalier— beauté rare qui fut peinte tant de fois par notre premier vrai artiste québécois, l’exilé allemand surdoué Cornélius Krieghoff !

J’ai vu un jour, célèbre dans l’univers, la cataracte sublime du Niagara. Sorte de plaque tectonique fracturée et visible ! Installé sous ses trombes, le visiter, parmi les touristes du monde entier, c’est d’un effet absolument hors de l’ordinaire, vrai ! Vous êtes vivant dans une littérature insensées, du Jules Verne ! C’est un spectacle que l’on n’oublie plus.

Mais vous saurez rêver encore en regardant dans les yeux ces cascades autour d’ici. Elles nous sont intimes, sont nos familières, nos proches quoi, nos  jeunes partenaires, nos voisins délinquants et sauvageons, qui stimulent nos sens. Allez y voir, essayer, vous verrez, il y a contagion. Ça s’attrape ! Oui,  cela se communique, on s’en va ensuite avec, en soi, une charge positive, une dynamo neuve qui s’est greffée à nous,

vous le constaterez avec joie. C’est « si pas loin », la Rivière à Simon ou la rivière aux Mulets, la Doncaster ou La Nord, pas vrai ? Debout paresseux, allez vous y asseoir, quinze,  vingt ou trente  minutes ! Une médecine gratuite efficace ! J’y puise chaque fois une énergie supplémentaire.

Ce plaisir vient de loin : de « l’eau-de-pâques » quand mon pieux papa me réveillait aux aurores et que nous partions en tram avec 4 fioles vides pour aller cueillir l’eau vive sous le Pont Viau, au bout de la rue Saint-Denis au rivage de la Des Prairies; j’aimais déjà l’eau qui court débarrassée des glaces enfin.

BLANCHES GIBOULÉES

La Jocelyne « météo » Blouin était heureuse ce mercredi soir : «  demain ?, tempête ! » Elle nargue parfois son Pat Roy à l’heure des nouvelle, le soir. On jurerais qu’elle aime les CIEUX (oui, comme dans « Notre Père qui êtes…) qui  surprennent. « Demain, ça va tomber  » et elle en a les dents sorties. Cette pythonisse doit habiter en condo dans un bloc, la  démone, pas de pelle à manier !

« Mais où sont nos neiges d’antan? » Silence les Ronsard, les Villon, on les a eu !  En fin de février et de ces giboulées-de-mars. Ce jeudi laurentidien tout enfoui de lourde ouate. Nos paysages en immaculée conception ! La veille, tu montes à ta chambre pour tenter de t’endormir —malgré ce « 24 h. chrono » qui énerve— coup d’œil dans la nuit et, oh ! sous les réverbères, la belle beauté ! À l’aube, ce sera époustouflant. Il n’y a plus de bas et de haut, ni firmament, ni sol !

Gigantesques meringues. Ma mini sapinière qui s’affaisse sous une charge de blanc-manger ! D’une fenêtre —qui encadre— le tableau d’une fabuleuse ancienne gravure japonaise ou un tableau du cher Yéronimus Bosch, vous savez bien, « Le Jardin des délices ». Lautrec chantait : « Le soleil est parti… », il reviendra ? Quand ? On fige devant le troupeau de ces blanches hermines et belettes et martres, mille milliers de blanches fourrures suspendues ! Voici Dieu à son haut-parleur : « Oyez l’Humanité, c’est  votre dernière vision d’hiver ! » Hum,  avant l’arrivée d’avril on ne sait jamais.

Cette beauté…  toujours, il y a avers et revers : la voiture enlisée et appel désespéré de ma dulcinée avec sa liste d’épicerie entre les dents. Chère Clémence : la feummmme ! Prise de pelle et … Aïe mes reins ! Oui, mon Ferland, on sue au nord parfois ! Char calé dans sa  bouillasse, gadoue maudite et pose des crampons de fer. Ma-dame-au-volant avance, recule, bis et re-bis, enfin, la Jetta délivrée. Pépère ? Racké !  Dire que j’applaudissais au lever. Bon, cafés bus, gazettes lues, suis remonté à l’ordi pour peaufiner des paragraphes. Publication bientôt sur « feu mon drôle de papa ». Et sonne le cellulaire tout neuf. Dulcinéa encore toi ? « Oui Cloclo, de nouveau mal prise , j’ai le sac de la commande, merci la voirie adèloise !, il y a un énorme congère dans l’entrée ! » J’y court, pelletage encore. Ma dame-de-cœur repart pour son quotidien cher Interclub. Son souffle rationné, la pelle lui est interdite. Je retourne composer des mots de haine et d’amour sur mon père trop pieux… 1970, on cherche les otages du FLQ et papa ferme enfin son restaurant de La petite patrie, il se trouve un job de cook à la cafétéria de l’Oratoire ! Synchronisme ? j’écoute les médias causant d’un portier-de-collège à sanctifier !

Pause. Je lève les yeux, même ciel mat, vents légers, et, oui !, nouveaux flocons. Voir alors du temps comme suspendu, des limbes, des funérailles en blanc pour enfants morts (ou massacrés par un con de  père jaloux à Piedmont, docteur en médecine !). Non, assez, soyons gais, ce pays tout blanc comme aux noces d’une jolie vierge. Ma petite sœur Nicole, tu te souviens ?  Oui, la nature en belle robe à traîne blanche, avec voilette, bas, souliers et jarretelles en blanc. Longs gants, gâteau et fleurs… en blanc ! Jacques Blanchet chantait : Le ciel se marie avec la mer, jeudi, le ciel se mariait avec nos collines !

FINIR MA VIE À OUTREMONT ?

     Il y a ce chalet au bord du petit lac Rond. Il y a vieillir. Devenu « très très » vieux, sans automobile, me déplaçant avec difficulté, où aimerais-je finir ma vie ? ». On y songe parfois ma tendre Raymonde et moi et le plus souvent la réponse est : «  Rue Bernard, à Outremont. » En mai 1985 je zieutai ce logis outremontais, au 360 de la rue Querbes. Et nous quitterons ce mignon 551 rue Cherrier soulagés, il y avait plus moyen de stationner. Rue Querbes :  « entrée de garage » (comme on dit) garantie. Jour et nuit !

     Fin de ces années 1990, ça suffisait les entretiens variés, une seule grande maison, à Ste Ad, c’était bien assez. Mise en vente du 360 avec déménagement à ce « Phénix » -bloc d’appartements construit sur une usine de Kraft- du Chemin Bates. Phénix ou sans cesse renaître de ses cendres. Ce neuf condo c’était comme vivre à l’hôtel, avec conciergerie, plus de neige à pelleter, plus de gazon à tondre quoi, pas de « chassis-doubles » à changer, la bonne paix.

      J’ai eu 78 ans, il y a pas longtemps, Bécaud chantait : « Et maintenant, que vais-je faire ? » J’aurai 80 piges bientôt, puis 85 berges en 2015 et la vue qui baissera davantage. Fin du permis de conduire peut-être ? Songer alors à une installation, -une station- dernière. Une voix gueulera : « Terminus ! Tout le monde débarque ! » Aïe !  Lecteur, tu seras vieux un jour, tu y penseras à « où planter sa dernière tente », ô voyageurs du temps présent. Là, rue Bernard, là où on va si souvent voir le monde bien vivant. En ville; pourquoi la ville ? La peur. Oui, sans doute. Grande ville où on trouve les grands hôpitaux avec les spécialistes en tous genres, mécaniciens en ces garages des derniers espoirs.

      Oui donc à ma bonne vieille jolie rue Bernard. Avec nos cannes, voyez ce vieux couple, nous deux, qui traverse pour la chère Moulerie familière, ou Le Petit Italien aux plats si souvent succulents. Il y a tous les autres restos du secteur, la bonne vieille tabagie, le bon pain bien doré, les excellentes brioches des petits matins. « Ma » rue quoi et la librairie Outremont, pas loin, sauce art déco, le vieux théâtre Outremont pour du bon cinéma aussi, des concerts. ET le nerveux, agréable, marché Cinq-Saisons. J’en passe… En effet, c’est bien là, rue Bernard à Outremont, que nous voulons vivre dénicher notre dolce vita. La boucle d’une vie se bouclera, me semble-t-il, car, enfant, on venait patiner au parc Saint-Viateur, pour la musique à valses viennoises, pour « le rond vraiment en rond ». Adolescent, on y revenait, pour ses parcs bien champêtres, -où stationner la coccinelle ?- ses rues aux frondaisons étonnantes, en promenades comme dans « prendre une marche ». Avec la dulcinéa qui étudiait l’art dramatique chez la grande Sita Riddez, rue Durocher; rue où trônait le sur actif éditeur Leméac. Le mien durant presque deux décennies, là on trouve un bon resto désormais.

      Cher Outremont, où, en 1925,  (j’en ai parlé) ma Germaine de mère entraîna, de sa rue Hutcheson à l’église Sainte Madeleine, mon Édouard de père dans le mariage. Boucle bouclée, à la veille de disparaïtre, je sortirai sur mon balcon pour revoir au nord les deux flèches du clocher de Sainte-Cécile dans Villeray. Quoi, qu’est-ce qui m’arrive ? Revoir ma vie, en enfilade -gros magasins de diapositives ?- comme dans un film au moment de mourir. Mais oui, vous verrez, jeune gens, nous viennent ces moments, septuagénaires, où on songe à la funeste camarde ! Vous regardez le bitume de votre rue – oh asphaltage récent, Chemin Bates !- et c’est le noir Styx ! Vous cherchez des yeux le redoutable gardien, Cerbère ? Cherchez bien, il y a ce parc-à-chiens au coin de ma rue ! À votre horizon, voici, aux rames de sa noire galère, lui, le navigateur en brumes, Charon. Conduis-moi au ciel, damné pilote ! Dernier navigateur imprudent de nos fins de vie. J’achève de lire « Les portes de l’Enfer », le bon roman.

     Ne craignez rien, votre chroniqueur est en relative bonne santé, il y a seulement que la mort ne me fait plus peur : vous y pensez plus souvent, vous avez vécu du mieux que vous avez pu, aucun grand péché n’accable votre conscience. C’est pas si grave, vous avez eu 89 ans, ou 99,  vous étiez à la fin d’une matinée ensoleillée de juin, affalé sur une chaise de la terrasse bien aimée, rue Bernard justement et un passant s’est penché sur vous. Il fait médecine à l’université pas loin, il a bien vu, il dit aux badauds  : «  Ce vieillard est mort, j’en suis certain ! » Une ambulance stationne devant La Moulerie. On vous emporte. Adieu Outremont !

TOUBIBS : ATTENDRE, CRAINDRE

J’avais eu affaire à la médecine —la dernière fois— j’avais 13 ans. Sainte-Justine, et urgente chirurgie pour une classique « appendisectomie » ! L’ambulance en plein juillet de Saint-Eustache à la rue Saint-Denis ! La peur !
Et puis presque toute une vie « sans » docteur aucun ! Mais en1990, à 70 ans, bilan de santé et, hélas, cholestérol méchant détecté : devoir me dénicher un toubib. À Saint-Sauveur. Mon père ? Lui itou : toute sa vie sans médecin. Du bois dur de jasmin ? À 84 ans, papa perd quasiment la voix, tousse, et ne voit plus que d’un œil : alors en un très beau jour de mai 1987, dernière balade dans mon Cabrio dans des rues de son cher Villeray. Raynald, mon « petit » frère, et moi, nous le rentrons —un peu malgré lui— à Jean-Talon. Sortie les pieds devant comme on dit. Cancer détecté. La mort 13 jours plus tard ! Merde, la médecine tue ?
Vient un temps —maudite vieillesse-nauvrage !— où on se trouve bien chanceux d’avoir, pas loin, une clinique organisée.
J’y vais parfois, chez Saint Pierre qui, Dieu merci, n’est pas gardien du Paradis promis malgré son nom, ni ne possède le trousseau des clé de l’Éden. Un lieu moderne : on a son numéro à la main comme à la pâtisserie bondée, des revues datées traînent, voici des chaises, voici deux couloirs, des bureaux clos, voici des visages anxieux à divers degrés, des enfants, des éclopés, des malades imaginaires —une bonne part de Québécois est hypocondriaque hélas— aussi, c’est connu. Normal, on y voit pas mal d’aînés. Attendre son tour. Patients disciples d’Hippocrate dans leurs cagibis… pour patients impatients et, à l’occasion angoissés. Très inquiets. Fatum ! « Sort humain », disait un personnage manchot de Mia Ridez à la télé.
Vive la jolie clinique de mon village ! Le toubib moderne ne promène plus sa mallette de cuir noir (portuna) dans nos rangs campagnards. Adieu cheval et voiture du « bon docteur », ou « du gros docteur » de Grignon.
Les temps changent. Le jeune médecin d’aujourd’hui, « à contrat » avec l’État, s’est fédéré à des collègues : il a des buralistes, des locaux pratiques, des assistantes dévouées. Oui, « prenez un numéro » si vous avez su réserver un jour et une heure de rendez-vous bien à l’avance. Plus personne ne souhaite voir revenir les temps durs, les courses à travers la campagne, les appels inattendus. Les retards assassins pour case de tempêtes. Les mauvaises surprises.

LE PAUVRE «  BON VIEUX » TEMPS ?
Les temps ont changé, oh oui ! Je ne sais même pas où habite mon dévoué toubib. Dans les années 1930-1940, enfant dans Villeray, nous savions tout de nos voisins-docteurs, rue Saint-Denis, au temps où ce « guérisseur » vachement diplômé vaquait à ses malades dans son salon-double, en avant du logis.
Dans notre seul gros pâté de maisons, il y en avait plusieurs : le discret docteur Lemire, le brave docteur Lebrun, le maigrelet docteur Mancuso, le gras docteur Danna, le mystérieux docteur Mankievitz, l’absent —car grand amateur de chasse— docteur Bédard. De l’autre côté de la rue ? D’autres docteurs encore. Le sévère Irlandais, docteur Mc Lauhty, le rigolard Chapdelaine, le poète rêveur toubib Audet, le dangereux mais surdoué « socialisse » doc Longpré. Qui aida le doc-écrivain, Jacques Ferron —rentrant de Gaspésie— à s’installer rue Saint-Hubert.
Je ne nomme pas les deux dentistes, les trois avocats et le notaire. Non mais quelle sécurité pour néos mères à nombreuse marmaille ! Eh bien, c’était trop cher —deux piastres la visite ! — et pour les maladies ordinaires, nos mamans couraient plutôt consulter l’apothicaire, il y en avait un à chaque coin de rue : Besner, Martineau, Fillion, etc. Une bonne jasette, une description minutieuse du « mal », et hop !, fioles offertes ! Ou boite de comprimés magiques, sirops garantis, pilules éprouvées, onguents miraculeux. Charles Trenet a chanté nos pharmacies où on trouve aussi chocolats, babioles, parfums et autres jolis « cadeaux ». Un certain Jean Coutu réussira à organiser —à la chaîne— ces étranges magasins fourre-tout !

L’HUILE-MAGIQUE DU FRÈRE ANDRÉ
À écouter mon papa bien peux, suffisait l’Huile du Frère André, la montée à genoux du grand escalier de l’Oratoire, le pèlerinage à Chersey chez Dame Curotte, la mystique. Ou bien la neuvaine, les prières inouïes, bien plus efficaces que tous les remèdes du monde.
Mais à Sainte-Adèle, pas loin de la bretelle de l’autoroute 15 —là où un paysage de roc est fabuleux, non ?— notre pharmacie est bien plus sérieuse, pas de babioles là. Et les dévoués —et jolies— apothicairesses (sic), très capables de gaîté, n’offrent guère de bonbons !
Jeunes, oui, on se moque bien des toubibs, mais, devenus vieux, on est bien content d’en avoir un sous la man… Au cas où… n’est-ce pas ?

LES JUIFS DEHORS ?

Je m’étais frotté aux Juifs « pieux » en arrivant dans Outremont en 1988. Ma surprise actuelle ? Habitant les Laurentides la plupart du temps, voilà que je redécouvre ces encombrants Juifs fondamentalistes. Leur racisme tout en douceur ? Les actualités racontent au grand public des incidents en nos collines, parfois bénins, parfois plus graves. Exemple : à Val David, à Val Morin, des incendies douteux chez des Juifs qui installent des synagogues dans des chalets. De la grogne face aux déchets mal ramassés, accumulés, chez ces Juifs imprévoyants.

Ou bien, cette clôture de broche de fer faisant une sorte de « réserve juive » en un domaine récemment acquis, qui fut un ex-hôtel, au bord d’un joli lac. Tout cela finit par exhaler des odeurs d’antisémitisme.

Aïe ! Hier encore, un loustic, bon chrétien blanc, interrogé par une télé dira :« Il y a qu’on les connaît pas bien. Ils auraient avantage à se mieux faire connaître ». Oh, voilà le hic ! Ces « religionnistes » farouches ne tiennent pas du tout à… échanger ! À communiquer avec nous. À se mêler le moindrement « au vain peuple » qui les entoure. Un racisme cela ? Mais oui.

Ces cloisonnages insensées en 2007 entre Québécois sont volontaires. Et très regrettables. Dès 1988, dans un hebdo d’Outremont, j’ai blâmé ce ghetto consenti, j’ai regretté, blâmé publiquement, cette sorte d’apartheid juif. Mon article fit des remous à l’époque. C’était un sujet ultra-tabou en 1988. Maintenant, tiens, « tout le monde en parle ». Évidemment nous parlons d’une sorte de juifs : les fondamentalistes, les « très pieux », qui se traduit par « Hassidim ».

Rien à voir avec mes chers marchands juifs, ashkénazes qui bargouinant le français, ceux de la PLaza Saint-Hubert, enfant, quand ma mère aimait tant aller négocier furieusement chez Greenberg ou Wise Brothers.

Récemment, à la radio du 98,5, j’ai de nouveau recommandé à ces « très pieux » de s’ouvrir une contrée à part, exactement comme firent très intelligemment les « puritains » en Pennsylvanie, les Hammich.

Car il est insupportable d’être entouré par des gens qui ne vous voient pas, qui ne vous parlent pas, qui refusent tout contact humain normal. Des voisins chez qui on décèle aucune sorte de solidarité, pas la moindre trace de convivialité.

Leur refus obstiné de se mêler à nous, 85 % de la population les entourant relevait d’une sorte de dédain, de mépris, en tous cas c’est ainsi que fut perçu ce refus têtu et raciste de s’intégrer le moindrement. N’importe quelle majorité, partout dans le monde, s‘en trouverait carrément insultée, non ?

Mon père, comme « le premier » André Laurendeau, ou le patriote abbé Groulx en son temps, comme tout le monde de cette époque en fait, était antisémite. D’un antisémitisme mou, soft, flou, innocent et sans conséquence grave. Une sorte de consensus plutôt idiot.

« Ils ont tué le Christ », entendait-on. En Europe c’était exactement la même chose. Viendra l’horreur incommensurable du féroce génocide nazi qui a remis bien des pendules à la bonne heure, Dieu merci !

C’était donc, le mépris automatique, irrationnel, du Juif, une ignorance bon enfant donc. En découlera forcément, à l’occasion, des cas graves de racisme. J’ai vu de ces anciennes et effrayantes pancartes, posées pour les plages d’un lieu de villégiature, made in Sainte-Agathe : « NO DOG, NO JEW ». Comme il y a eu aussi l’action politique visiblement, indiscutablement, antisémite. Entreprise ignoble menée par un Adrien Arcand et ses sbires et que finançait Ottawa, oui, oui ! Cela avant et au début de la guerre de 1939.

On nous montra de l’index collectivement chez des adversaires du nationalisme, du patriotisme. « Sales Canadiens-Français », déclarèrent hypocritement nos charmants voisins du Canada! Mais des documents déterrés ont fait, vite et bien, voir que des antisémites virulents se multipliaient aussi partout chez nos « purs » anglois, en Ontario comme partout ailleurs dans la chère Confédération. Un premier ministre, King, dira « None is to many » quand des réfugiés du nazisme cherchaient désespérément à nos frontières des ports d’accueil. Le Canada restait verrouillé !

Or, face à ces dérapages -parfois à cause des provocations involontaires de Juifs- en Laurentie, voilà que l’on peut entendre ces temps-ci, de nouveau, nos adversaires « historiques » répandre l’accusation classique : intolérance de ces goddam frenchmen.

Foutaise oiseuse, il est arrivé que désormais les nôtres ont fini par prendre conscience de faits ordinaires et normaux : nous sommes « chez nous », nous sommes une majorité, nous avons un pays, le Québec, et nous formons, oui, oui, oui, une nation.

Les assimilés ou demi-assimilés -comme on dit les demi-civilisés », cher Harvey- enragent. Ce redressement national si salutaire, indispensable, fait que des ghettos fermés et embarrés font figure de « résistants bornés » à une réalité très claire. Ghettos juifs hassidim compris ! Des citoyens lucides voient clairement qu’il y a quoi donc ?, un rejet et c’est insultant ce refus; c’est un refus qui se nomme très justement « intolérance ».

Ce qui se passe actuellement par exemple, à Saint-Adolphe d’Howard, illustre parfaitement la nouvelle donne. Ces « très pieux », collés « à la lettre » à la thora et au talmud, ré-éditent leur maudite « fermeture » aux autres, nous tous.

Essayant d’amoindrir cette situation « raciste », on vient de voir un aimable et doux rabbin s’expliquant lourdement face à un reporter francophone (on est au Québec !) en anglais ! Voilà où le bat blesse davantage. Impossible donc de trouver un porte-parole parlant la langue de la majorité pour un réseau public d’ici ? C’est pire qu’une incongruité, c’est une gifle. Ces Juifs sont sourds, en 1998, j’avais appelé à un leader de cette vaste secte religieuse pour qu’il nous éclaire et éclaire surtout les siens. Quoi ? 20 ans plus tard rien n’a changé.

C’est une désolante comédie, une farce de pleutres, de voir les responsables des médias qui marchent sur des œufs, qui tremblent, qui se taisent ou qui minimisent les responsabilités juives. Ils sont dangereux pour les Juifs eux-mêrmes. Cachant leurs torts évidents, au foind des choses, ces « chieux » nuisent aux Juifs. Ils mentent, ils camouflent la réalité, entretenant ainsi un énorme mensonge.

Il en va de même chez tous les chefs politiques actuels. Cette peur ignoble montre quoi ? De la lâcheté. Elle fait voir une sorte de prudence qui pue. Ces attitudes de fieffés couards ne feront rien, rien du tout, pour réveiller les juifs « racistes » et leur intolérance. On a vu des attaques immondes par des organismes pro-Juifs -et qui nuisent tant aux Juifs- pour quelques phrases claires chez un Falardeau, feu-Bourgault, un Pierre Foglia ou un Richard Martineau -et tant d’autres- chaque fois c’était l’accusation facile « anti-sémite ». J’ai goûté à cette médecine empoisonnée en 1988. Nous ripostons au racisme car, chez ces francs parleurs, on connaît très bien la saveur surie du racisme et de l’intolérance, si longtemps nous avons été, Québécois, les victimes du racisme anglo, ce 10% de notre population quand nous étions à 90 % une majorité, à leurs yeux, invisible, non ? Ils jouaient les maîtres.

Oui, nous somme en un territoire hélas familier, ce temps n’est pas si loin, rappelez-vous. Sachez messieurs les Hasidim que nous reniflons très vite l’intolérance, cet aveuglement qui veut nous nier.

J’y reviens, il y a eu les nazis. Depuis cette injustice effroyable le Juif est devenu complètement paranoïaque. Il y avait de quoi, je m’empresse de le dire, car si les Québécois -bien pire encore que l’écoeuranterie de 1775 en Acadie- avaient subi l’innommable holocauste, nous serions paranoïaques nous aussi. Tous ! Et pour longtemps encore. « Pipi de chat » alors cette résistance des nôtres à leur ignorance si détestable, cette très volontaire ghettoïsation des Juifs à Val Morin ou à Saint-Adolphe ? Non, avertissement salutaire. Si vois n’aimez pas le Québec, quittez-le. En effet. Ça vaut pour ces 99 % qui votaient dans McGee congtre notre patrie à faire advenir. Ça vaut pour Côte « St-Luke » et environs.

Prenez bien garde, Juifs pieux, soyez un peu lucides, ce racisme en ces petits villages laurentiens ne vient pas de leurs habitants quiets, il vient de vous.

In english or in french… comprenez bien qu’il est devenu impossible en 2007 de vivre au sein d’une population donnée sans vous y intégrer le moindrement, au moins à un certain degré. Cela se nomme vivre en harmonie, cela se nomme humanisme normal, cela se nomme paix sociale, cela se nomme n’importe quoi mais nous ne voulons pas de ce « refus-cloturé ».

Mon ami Abitbol, un juif sépharade francophone, mon ami Jacques Neufeld, un Juif ashkénaze, tous me confiaient : « Que veux-tu, mon vieux, vous avez bien eu vos Bérets blancs fanatisés, un temps, pas vrai ? » Non, faux !, disais-je, chaque fois, ces ultra-pieux bérets blancs anachroniques, cette nostalgie vicieuse des « Gilberte », catholiques fondamentalistes comiquement anachroniques, eh bien, nous les combattions à maintes tribunes. Nous les fustigions. Nous nous en moquions allégrement. Nous les caricaturions et sans cesse.

Or, on ne voit guère de Juifs raisonnables -pas même ce plaideur juif brillant, Julius Grey- pour élever la moindre protestation face à ces orthodoxes a-sociaux.

Continuez de vous taire les hypocrites « B’naï and Brith » et Compagnie, cela rend un fort mauvais service à vos (faux) amis; vos compatriotes religieux se font bafouer en fin de compte, abuser par vos condamnations loufoques à notre endroit.

Cela fera qu’un jour, il pourrait y avoir explosion.

Ce que je regretterai comme tant d’autres.

Vous me relirez alors ? Il sera trop tard.