JANINE LA PAS FINE ?

Mon ex-voisine, Janine (Huard), est pas fine aux yeux des ses odieux tortureurs : elle ose encore se révolter contre l’horreur venue d’Ottawa et de Washington, via la CIA. Avec l’acoquinement funeste de Mc-Gill-University, son chic hôpital « Royal Vic’s » et sa réputée succursale, le Allen Memorial.

Imaginez maintenant un peu le topo : un coquet lotissement à deux coins de rue de la prison de Bordeaux avec des arbres et des fleurs, des pelouses proprettes. Derrières les cottages et les bungalows, ce vaste champ vacant de l’Hydro-Québec en un immense sauvage terrain de jeux…Des familles tranquilles, des enfants qui jouent dans la rue puisqu’elle est une impasse. Zotique-Racicot, tragique « impasse » en effet pour Janine !

À trois maisons de la mienne, une jolie jeune maman blonde qui part souvent pour des séjours en clinique. Légère dépression, Lafontaine : « ce mal qui… Ils n’en mouraient pas tous … ». La confiance règne n’est-ce pas ? Les bons docteurs, les gentils, les savants médecins veillent sur notre santé, n’est-ce pas ? Or, il y a aussi des docteurs cinglés, des fous raides !Il y avait là, pour ma voisine, ce salaud de docteur Cameron, hélas ! Subventionné par Ottawa et Washington-CIA, le bon docteur Ewen Cameron, Écossais immigré, se livrait sur ses malades à des expériences extrêmement dangereuses. Voilà notre Janine, et tant d’autres, devenus sans qu’ils le sachent, de simples « chairs à expérimentations ».

Lavages de cerveaux, et, c’est connu maintenant, drogué. Avec ce puissant « LSD », cher aux Timothy Leary et Jacques Languirand, du temps de leur inconscient « trip » d’un psychédélisme douteux. Languirand s’est bien assagi depuis. Somnifères, électro-chocs parfois, écoute en continu de messages subliminaux pour Janine, une simple « patiente » (!) toute confiante et pourtant bafouée. Jours et nuits ces « voix » enregistrées ! Un tripotage parapsychologique dégueulasse ! Le « savant fou », Cameron, encouragé par la CIA payante, soutenu par le ministère de la Défense d’Ottawa, tentait de programmer et de déprogrammer ces simples dépressifs. Pourquoi ? Pour savoir s’il était possible un jour de « zombinifier » des soldats, des prisonniers, etc. On osera dire : « Quoi, les méchants soviets faisaient de semblables recherches en URSS ! »

Les petits amis de ma fille et de mon fils, les enfants de Janine, continuaient à jouer dans les champs pendant que cette mère de famille était livrée à ce bandit, docteur en médecine ! On ne s’incline pas devant ces faits atroces par respect mais par envie de vomir. Quand le chat noir sortit du sac, beaucoup plus tard, ce sera les normales poursuites avocassières, comme il se doit. La CIA honteuse cracha du fric en 1988 pour ces horreurs médicales des années 1960. Pas moins honteusement, Ottawa avec notre argent public, versa des centaines et des centaines de milliers de dollars aux victimes. Pas à toutes, pas également, Janine Huard réclame sa vraie part et aussi celle de ses infortunés compagnons via le recours collectif.

On sait bien qu’il est impossible de bien chiffrer une existence bousillée. Les dommages sont irréparables. Une vie bouleversée n’a pas de prix, ne connaît aucune consolation, hélas. « Je n’ai rien vu à Hiroshima », disait l’actrice Emmanuelle Riva dans le célèbre film de Duras, moi aussi, je n’ai rien vu rue Zotique-Racicot, rien d’autre qu’une malchanceuse jeune maman aux prises avec une dépression. Innocent ? Mais comment imaginer que des autorités médicales pouvaient se transformer en Docteur Frankenstein ? En serviles domestiques d’un plan de guerre inimaginable ? Un cinéma d’horreur, près de chez moi, se déroulait. Du « Top secret » !

Je n’en reviendrai jamais : ma voisine vivait un cauchemar sordide. Janine certes semblait mal s’en sortir et sa vieille maman s’amena dans notre rue joyeuse pour la garde de ses enfants. Robert, propriétaire de buanderettes, son mari accablé, veillait aussi du mieux qu’il pouvait; les enfants n’avaient plus de maman normale. C’est un conte noir ? Oui, d’u noir absolu. À l’ombre des vieux et beaux arbres, Avenue des Pins, au pied du mont Royal, des gens en sarraus blancs s’activaient en suivant le protocole aliénant du fou-Cameron et notre voisine se faisait tripoter la cervelle. Non, je n’en reviendrai jamais. En ce moment même, en ce bel été de 2007, quel autre cobaye est l’objet de recherches infâmes ? A-t-on le droit d’être méfiant encore ? Certainement.

Bon courage Janine-la-pas-fine, continue à te battre, à ne pas être « fine » aux yeux des lâches « canadians » qui acceptaient ce sale argent US de la Cia pour ruiner des jeunes vies. Oui, il faut du courage pour admettre publiquement cette fracture imposée, cette déchéance planifiée.

«MAHOMET EST PROPHÈTE DU TRÈS GRAND ALLAH !»

Mes grandes sœurs chantaient cet air-là sur le trottoir avec leur corde-à-danser. Avant ou après « Ma p’tite vache a mal aux pattes, tirons-la par la queue… ». Enfants, nous savions mal qui était ce Mahomet. Une encyclopédie populaire venant en fascicules avec nos céréales, nous renseigna un brin. En 1980, souvenir de ces lectures enfantines, je tirai « La sablière ». Jean Beaudin en fit « Mario », un film tourné loin des déserts arabes aux belles Îles de la Madeleine. Depuis 2001 et les « tours bombardés », soudain le monde entier se renseignait vite sur l’Islam, sur Mahomet, le Coran, et sur ces fanatisés kamikazes dans le ciel de Manhattan.
Voici maintenant, en dessins copenhaguois, de vulgaires sarcasmes graphiques sur Mahomet, ce « Jésus des musulmans ». Dans le monde présent, stupeur, indignation et appel à la censure par des millions de mahométans. En face, l’on dresse l’oriflamme facile marqué : « Liberté pour la presse ». Des sophistes, un peu cuistres, défendent le « toupet » de ces dessinateurs disant : « En Occident, on a pu voir des affronts au « bon Dieu » et à « Jésus le Christ », le crucifié ressuscité ». L’on tait que, chaque fois, des chrétiens en eurent mal et se taisaient; j’en éprouvais du malaise moi aussi avec ces Marie-Magdelena en prostituée enceinte de Jésus, (Code Da Vinci) ou ce « Jésus en dernière tentation », cinéma contesté. Ces charges nous irritaient. Mais silence ! Peureux ? Tolérance niaise ? Les croyants du Coran, eux, protestent et leur clergé, intéressé certes, excite au « Mettez le feu aux ambassades ». L’Iran des chef antisémites en profite !
Ici, quand on insultait la religion « de mon père », la religion « de ma jeunesse », j’en fus donc choqué. Poète Éluard : liberté, liberté, que de conneries en ton nom ! Licence : ennemi de la vrai liberté responsable. Licence : stimulatrice des censeurs. Bien signaler que depuis les attentats de 2001, tous les Arabes de la planète devenaient de vils suspects, un immense mépris raciste s’installait. Méfiance agressive aux aéroports, aux frontières de l’Occident tout entier. Un racisme gigantesque ! Compréhensible alors la réaction des araboïdes, jusqu’à ces jeunes pyromanes des ghettos maghrébins à Paris récemment. Tenez, allez voir ce film intrigant, « Caché », signal sur le racisme mou, inconscient, d’un enfant égoïste qui, devenu chic animateur de télé, en est pourtant culpabilisé à jamais.
En 2006, mes sœurs ont abandonné depuis longtemps leur corde-à-danser. Vieillis, nous avons fini par apprendre que ces peuples jugés arriérés furent des traducteurs indispensables, par exemple, des anciens penseurs, les transmetteurs précieux des premiers philosophes Grecs. Qu’ils furent aussi de savants pionniers. En mathématiques. En astronomie. En architecture, en chimie et en médecine. Plus experts en tous ces domaines que les barbares chrétiens des premiers temps du christianisme. À Poitiers, bien avant l’an mille, cette prodigieuse civilisation de tous le rivages de la Méditerranée, montée d’Espagne, fut stoppée net par la victoire en armes du fameux Charles Martel. La France a donc failli profiter de tant de progrès éblouissants. Victorieux à Poitiers, l’Europe en aurait été changé.
S’amènera l’étranglement de cette fascinante civilisation, via, (hélas pour les Arabes) la découverte espagnole (circa 1500) du passage par mer vers la Chine (par l’Afrique-du-sud). Plus besoin désormais de ces encombrants arabes. Bon débarras de ces « passeurs », de ces « maudits » trafiquants des richesses de l’Orient. Début historique de leur appauvrissement. Qui va durer des siècles… jusqu’au…pétrole. On tournait donc le dos carrément à leur civilisation et pouvaient s’installer l’intolérance, les tueries de « nos » fanatiques à nous, les inquisiteurs-tortureurs catholiques. Revenons à nos moutons noirs danois et parlons vrai : dans les journaux, le dessinateur veut rallier le plus grand public. Chaque matin, il tente d’exprimer visuellement « du sentiment commun », de l’adhésion générale. Il cherche de « la fabrication de consentement » selon Illich. Comme tout chroniqueur, le caricaturiste ne dessine pas pour son plaisir égoïste, il est engagé pour faire rire le plus grand nombre. Il est démagogue sans le vouloir, il doit au moins faire sourire, sinon ricaner. Et, parfois, insulter certains. Parlons vrai : chaque jour, ils tentent de deviner l’accord de tous. Ainsi, ils s’imagineront que tous les lecteurs détestent —comme en secret— ce monde arabe, le Coran, Mahomet et Allah compris. Ils pondent des insultes, préjugeant l’unanimité. « Ras le bol » des fanatisés, n’est-ce pas et au lieu de tirer sur les intégristes, ils vont s’en prendre au « Jésus-des-Mahométans. Alors, feu, feu partout ! Bonjour les dégâts, défilés d’indignés. Même à Montréal ? De sérieux directeurs de journaux sont congédiés, des chefs d’État se dépêchent excuses, même l‘ONU s’énerve ! À partir de quoi ? De dessins qui fessèrent de travers, de petits cons éditorialistes qui laissaient passer les bavures. Menaces sans cesse et les polices partout. À la télé vues imprenables sur un monde en colère, torches brandies ! Voilà qu’ au pays de Voltaire-le-mécréant, un hebdo satirique (Charlie-hebdo) vient d’en remettre abondamment. Ça se vend bien ! Suivons les actualités.
Québécois, si, comme moi, vous avez été gêné, souvent mal à votre aise, embarrassé, parfois choqué lorsqu’on insultait « la religion de vos ancêtres », celle « de votre mère », de « votre enfance », vous pouvez alors comprendre « l’enragement » actuel.

VAILLANT TIT-LOUIS QUI COGNE ET FRAPPE !

Pouvez-vous imaginer un journaliste qui craint pas de « fesser dans le dash » ? Besoin, non pas d’un pare-brise avec lui mais d’un coupe-ouragans tant il a du nerf. Cogner et frapper sur un tas de ses collègues, faut le faire. Eh bien, il existe cet olibrius, type rare en ce temps de complaisance corporative. Louis Cornellier gagne sa vie comme jeune enseignant dans un collège (Joliette) et, tous les samedis, à pleines pages, il critique des livres d’opinions (les essais) dans un chic quotidien de la rue de Bleury. Voulez-vous des exemples tirés de son —tout frais édité— livre titré : « Lire le Québec… » (éditions Varia) ?
À propos de feu Pierre Bourgault ? « Imbu de lui-même », « coups de gueule baclés », « redondances » ! Cornellier dit l’aimer, seigneur !, qu’est-ce que ce serait… Sur Franco Nuovo ? « Un mondain » et « pas transparent comme Pierre Bourgault », « pas tranchant comme Foglia ». Lise Payette du même quotidien de la rue Frontenac ? « Des textes sans saveur » et « d’un « humanisme banal ». Bang ! Cournoyer ? Des « chroniques ennuyantes ». La Marie Plourde ? « Un style primaire à jeux de mots insignifiants ». Re-bang ! Hein, ça nous change du silence « entre tits’namis » ? Le jeune auteur de « Lire le Québec… » publie donc une brillante analyse, subjective mais impartiale, de nos trois quotidiens montréalais.
Lecteur animé car il aime vraiment le journalisme quotidien, cela se sent malgré horions et piques, Cornellier plonge ensuite sa machine virile dans La Presse. D’abord pour faire les éloges du célèbre Foglia, qu’il nomme « un humaniste vulgaire » et qui « méduse, mélange et confond » car un esprit libre. Nathalie Petrovsky ? Elle ne fait que « surfer », n’a « pas d’idées de fond » et « pas de personnalité », avance-t-il. Tow ! Sur Lysiane Gagnon ? Avec le temps, écrit-il, « elle a rejoint la cohorte du soi-disant gros bon sens, ce qui ne veut rien dire ». Et paf ! Quand vient le tour de décrire la cohorte des « penseurs » (André Pratte, Alain Dubuc, Mario Roy, etc.), tout en vantant l’alerte du style de certains, Cornellier les fustige :des vendus ! Il n’utilise pas le mot mais les traite comme les souples scripteurs d’un honteux mercenariat, dociles aux ordres des riches propriétaire, les « Paul-et-Paul »… Desmarais. Tous, a bien raison de dire Cornellier : « de droite, anti-social-démocratie, anti-syndicaliste ». Et, surtout crassement « anti-indépendantiste » ! Pour finir, il admoneste même son admiration d’adolescent, Réjean Tremblay :
« un populiste prétentieux, un tit-jean-sait-tout », sur le « dimanchier » humoriste de La Presse, Stéphane Laporte, que je trouve si souvent génial, faraud-Cornellier cogne encore : « nostalgique et au fond inoffensif ! »
Piquant, intelligent, aux jugements raides mais le plus souvent valables, Cornellier ne cesse pas d’inviter le lectorat de ce « petit manuel » —populaire de ton, à mon avis utile aux étudiants— sur la différence entre opinions et information. Comme moi, il n’a rien à redire sur les reporters syndiqués de la boîte. Bien que…et Cornellier fait très bien de l’écrire, ce « rapporteur objectif des faits », le journaliste de la rue Saint-Jacques doit bien sentir l’orientation « droitiste » du plus large de nos trois quotidiens. Instinct de survie. Personne n’a envie de perdre son job. Ce tamis a un nom : l’autocensure. Si l’enquêteur —bien que syndiqué— sait le mépris du boss pour, disons, les voitures du Japon, il ne va bientôt préparer un reportage sur Nissan ou Honda. Est-ce clair comme ça ?
Au dernier tiers de ce bref brillant livre vient le tour de son employeur. Oh oh ! là on craint l’incrédibilité. Non, Le Devoir y goûte à sa véhémente médecine. L’insolent jeune prof fonce : la page éditoriale du Devoir ? « Pas de mordant », « de type traditionnelle »; il en rajoute : « un manque d’allant et de tranchant » ! La bien fofolle Josée Blanchette ? Au fond
« une «guindée » à « esprit petit-bourgeois ». Tow ! Il souligne avec joie et avec raison que Le Devoir et le seul quotidien —sinon péquiste— indépendantiste. Les deux Michel du Devoir ? Le David est un « flou », ajoutant « flou comme le M. C. Auger du J. de Mtl. et le Marissal de La Presse ». L’autre, le Venne ? « Sa pondération déçoit les fervents et les militants». Que penser du chroniqueur Gil Courtemanche ? « Suffisant »,« moraliste ». Pow ! Ce dernier mot est un compliment si je hais les moralisateurs. Denise Bombardier, verveuse que j’aime à TVA ? « Le goût de la pose », lance Cornellier, « comme Gil Courtemanche ». Et quoi encore sur notre Madame B. ? « Un esprit conservateur, antimoderniste » et « une défonceuse —à mentalité bourgeoise— de portes ouvertes à l’occasion ». Ça revole ! Le comique Jean Dion ? « Il finit par tanner à force de cynisme ».
Ainsi tout un florilège de verdicts cruels s’installe et, le plus souvent, on a envie de lui donner raison. À la fin, une vingtaine de pages analysent radio et télé en informations. Bien faites. Je répète donc ce « Lire le Québec… » nous vient d’un sacré iconoclaste, éléphant dans la vieille vaisselle. Adieu vieux consensus puant du « so-so-so… parle pas contre la bande de notre milieu ». Ce « petit manuel » est rafraîchissant, ouvrira les yeux des jeunes trop candides souvent qui confondent « journalisme et objectivité ». Prof Tit-Louis, fier gavroche, n’est pas un couard, ça…

L’UN MEURT, l’AUTRE TRIOMPHE ?

Jeunes gens soyez prévenus, ça donne un coup. Tu arrives à un certain âge et tu reçois une sorte de sommation de l’État :
« Bravo !, mais votre santé ? Doit-on vous retirer le permis de conduire ? Vite chez le médecin, on veut un rapport. » Ça donne un coup. Une clinique. Saint-Sauveur. Examen par mon « bon » docteur Singer —oui « bon » car il se méfie de la médecine (!), des vaines pilules, de la chimie, etc. Ce qui me plait bien. Ce matin-là, y sont aussi les sœurs Mc Garrigle (orthographe pas sûre), qui chantent si bien « Entre la jeunesse et la vieillesse… » et, justement, l’actualité affiche deux cas : l’un meurt, mon cher Guy Mauffette et un autre, jeune encore, triomphe en France, le cher Yves Jacques.
Oui Aznavour « les moins de vingt ans ne savent pas… » mais l’animateur de radio Guy Mauffette, parti en paradis promis, fut une lumière rare quand le Haut Clergé et leur valet intéressé, Duplessis, « despote éclairé », régnait. Pour les jeunes, ce Maufette nous était un verbe léger, libre, le symbole du bonheur-à-parler, une voix de velours, un ton de gouaille poétique, un timbre alerte, joyeux, des propos aériens, bref, un Arlequin enjoué, si brillant, Mauffette, un « faiseur de mots d’esprit » inouï. Il est mort, merde ! Notre amie (et amie de Mauffette) Françoise Faucher, où bientôt nous irons à son cher Lac Marois fêter encore le 14 juillet, avait songé à m’organiser une rencontre pour me…reprendre. Je lui avais confié ma gêne quand je n’avais osé aborder Mauffette dans la rue Bernard pour le remercier de tant de bonheur. C’était l’hiver, il marchait gaillardement encore encapuchonné dans sa vareuse beige, cheveux blancs, regard perdu « aux horizons rêvés » sans doute. Ma crainte de mal lui dire la joie profonde, adolescent, de découvrir un poète si vivant.
Mauffette, découvreur du fabuleux jeune Félix Leclerc (cet autre magicien exilé de La Tuque) fut d’abord acteur, puis réalisateur et, durant des décennies, un prodigieux animateur de radio (CBF et CKVL). Il a habité longtemps du côté de l’Anse, des Chenaux, de Vaudreuil (lire du Marcel Brouillard là-dessus) parmi toute une colonie d’artistes. Je l’aimais tant. Il vient de partir. À jamais. Trop tard, et comme je le regrette, pour lui dire les émerveillements via ses propos fous et sages devant l’appareil-radio de ma jeunesse. Va-t-on re-montrer à la télé (Canal D, ARTV ?) le bel acteur aux cheveux frisants, ses premiers films dont « Le père Chopin », « Les lumières de ma ville », quand Mauffette faisait l’acteur, bel adonis brun rivalisant avec le séducteur blond, Paul Dupuis ?

 Guy Maufette
Guy Maufette

Au même moment —c’est la vie— la jeunesse talentueuse récolte des éloges unanimes à Paris au théâtre, l’acteur Yves Jacques. Qui joue dans un Lepage de grand cru « La face cachée de la lune. » Fantastiques louanges pour Jacques donc. J’ai connu Yves Jacques à Québec quand feu Louis Bédard (réalisateur de mes sketches autobiographiques pour la série « Boogie Woogie 1947 ») cherchait des jeunes talents dans la Vieille Capitale. Dès que Jacques apparut en audition, ce fut le choc car nous souhaitions dénicher une grand slack bien fendant, mal dans sa peau, à allure dégingandée, à air de veau fainéant malheureux et vaniteux à la fois. Le classique « mal aimé » de notre bande du Pointe-Calumet, fin des années ‘40. Il y fut parfait. Mais, soudain, chanteur aussi, ayant même son « rock band » à Québec, Jacques nous annonce qu’il nous quitte pour aller jouer dans une neuve série à la télé de Québec. Ma peine alors et j’abandonnais à regret « son » personnage. Un jour, courageux, il s’exilait à Paris. Là où la concurrence est féroce. Les talents abondent aux portes des studios. Il obtenait rapidement quelques succès, il est si doué. Cette fois, c’est le triomphe ! Les observateurs parisiens ont la dent très dure, les objets de comparaison sont immensément divers. Il gagne donc cette « grande cagnotte » dans un texte québécois, celui de Lepage, grand génie imagier reconnu dans le monde entier et, désormais, il faut s’attendre à tout, il fera florès et « feu des quatre fers », c’est à n’en pas douter. 2005 est un chiffre à marquer, vous verrez, dans 10 ans, bien avant même ?, Yves Jacques sera une vedette incomparable, je le jurerais. Gardera-t-il cette esquisse que je fis de lui à une table de « La Moulerie » d’Outremont ? Ce petit dessin, nez crochu, long menton, dessin-caricature (sur nappe de papier avec café noir, vin rouge et mine de plomb ! )… alors que je lui reprochais encore en rigolant de nous avoir tous lâché en 1980, l’équipe entière, dont mon jeune « héros », Marc Labrèche en excellent alter ego, son premier rôle de télé. Marc frais sorti d’une école d’art dramatique comme lui, Yves ?
Oui, l’un meurt, adieu donc mon vieux Guy Mauffette, l’autre triomphe : bravo jeune Yves Jacques ! Oui, c’est la vie, sa loi.

ANDRÉE RUFFO, UNE FOLLE ?

J’enrage quand on veut éteindre la lumière. J’enrage quand on agite les codes. Le code de déontologie face aux effrontés, le code d’éthique et tac quand l’énergumène s’ouvre la trappe quelque part. Nous avons entendu les râles des prudents installés. La juge Ruffo ? À la trappe!, vite ! Faisons la taire ! Il en pleut partout de ces bons apôtres en discrétion, corporatistes aux fesses serrées. Moi je l’aime cette folle, les naïfs et les candides dérangent la paix confidentielle des paresseux tranquilles. Des réfugié accroupis (Rimbaud) qui ne tolèrent pas les fervents.
Ils réussissent toujours ces cramponnés aux codes de bonne conduite. « Andrée Ruffo est une folle » : elle a osé protester, se scandaliser des lenteurs de la bureaucratie tortuesque. Celle de son propre clan. Quelle indélicatesse. Hon ! Ça ne se fait pas, cracher dans la soupe, mordre la main nourricière. Arrachez-lui sa toge à cette franche ! « Taisez-vous donc, maudite folle ! » Le ronron bureaucratique, qui ne protège pas l’diable la jeunesse mais engraisse les fonctionnaires chez Dame Justice, ne supporte pas les fous. Ceux qui disent tout haut que le roi-DPJ est tout nu !
J’enrage en observant la célérité des bonzes pour dégommer cette empêcheuse de tourner-en-rond. Je sais bien qu’elle a tort, je sais bien qu’elle aurait mieux fait de la boucler, je devine qu’elle nuit aux augustes procédures —entrelacs, arabesques inouïs— du système… Ah, le système ! Le public n’est pas fou. Il imagine facilement l’embarras face à Andrée Ruffo. Des profs, Garant de l’université Laval, si-ou-pla) ), des collègues, des supérieurs galonnés, tous crient : « elle est folle ! » En des termes savants, bien entendu. « Nous, le peuple », resterons étonnés quand on la jettera. « Quoi, en voilà une qui dénonce publiquement les lenteurs, la paperasserie, les délais, l’injustice faite aux enfants mal protégés …on sort le balai de l’éthique ? Puant ! « Non, non, elle sait pas se taire, on vous le dit c’est une maudite folle ». J’enrage. J’en ai connu des fous (et des folles) merveilleux qui osaient critiquer le sale modus vivendi ici et là. « La porte » ! J’ai vécu de ces expériences, en milieu télévision publique (on m’a montré la porte puis on se ravisait par peur du scandale), en milieu littéraire, journalistique. Chaque fois qu’un « bouffon » ( car les installés affublent de ce mot l’audacieux qui sort-du-rang) parle vrai, on dresse rapport. Le monde des rapports ! Il faut alors poster une anonyme enveloppe brune. Même à Washington, mossieu Nix-con ? « Critiquez mais en cachette, dénoncez mais intra muros ». Sinon extirpation du corps nocif ! Compris ? Non, la folle-Ruffo : « indélicatesses variées durant dix ans » ! Elle récidivise ? On lui montre la sortie. C’est toujours l’actualité du fabuliste génial Lafontaine : le « On le lui fit bien voir » du naïf qui ne craint pas de salir son nid, nid des planqués bien rémunérés, instructeurs du « taire et faire taire ».
J’enrage. J’aime les candides, j’aime la juge Ruffo et ses imprudences. Faut-y être niaise pour tourner le dos à la fructueuse « carrière ». Oh, les carrières « les deux- yeux-farmés-bin-dur » (Ducharme) ! Fermez-la et soyez ambitieux ! Laissez se rouiller les rouages des moutonniers. Elle est vivante Andrée Ruffo, elle refuse le placard des commodes abris. Elle est saine, elle n’a pas peur et « nous, le peuple », on voit bien qu’ils se débarrasseront de cette merveilleuse folle. Ça ira plus vite que de bien réparer les destins fragiles de la planète-délinquance. Le Conseil de la magistrature s’énerve : le juge Therrien a connu cette médecine, la juge Moreau-Bérubé aussi. Être juge comme une statue : interdit de faire une pub Via-Rail, candide niaise piégée, interdit de figurer à un Salon de naturopathie. Une statue, aussi bien dire une morte. Le mot « discipline » s’écrit bâillon ! L’ange en bête ! Inhumanité forcée. Les beaux mots d’impartialité, intégrité, indépendance est une mascarade pour intimider les francs-tireurs. Archi-connu comme tactique. Aimez la soumission, la déontologie. Sodome puriste, vous changera en statue de sel. Silence, la cour en comité : le 29 octobre le Conseil (à magistrats) recommandait la destitution de Ruffo ! J’enrage. Les pompiers-du-désordre-établi ont une hache près de la porte. Qui sera le prochain fou, la prochaine folle ? Dehors ! Dormez en paix citoyens, l’ordre veille…veille sur le désordre organisé. À quand la prochaine occasion d’entendre critiquer les trous-de-justice ? Quand la prochaine, le prochain fou, qui fera passer, avant la carrière, la vérité ? J’enrage…

RAËL OU SCALPEL ?

Comme tout le monde, je me fait gober vif en potins salaces, échos médisants : un gérant abuseur sexuel soupçonné, le chien de la Richard, cet imposteur déguisé en pape laïc fumiste, Dutrisac-les-sacres repentant. Il disent ce beau mot, HUMOUR, mais ce n’est qu’horions mesquins, piques diffamatoires ou bien le règne voyeuriste aux anonymes friands de réalité monnayable. Au chômage les jeunes diplômés en art dramatique ! Le sadisme soft offert aux « veudettes » masos. Et trop peu de publicité à ce qui fonctionne. À ces valeureux cerveaux qui, en ce moment même, se penchent sur des microscopes, chirurgiens habiles qui vous retirent une tumeur, sans anesthésie, hop là boum ! J’ai le chapeau bas à la main : à Sherbrooke, une certaine Géraldine se fait opérer par ce scalpel à rayons gamma (Gamma Knife). « Guérie, miracle », dit La Tribune.
Des bollés étudient sans cesse. Des filles et des gars surdoués que l’on ne verra jamais aux tribunes à gogo, radio ou télé, ni en pages « spectacles ». Cette jolie expression : « l’espérance de vie », voulant dire qu’il est bien fini ce temps maudit où les humains crevaient jeunes. Tel, dans un rang de village Saint-Laurent mon grand-père. Mort tout jeune d’une simple appendicite ! Catastrophes épidémiques de jadis, adieu !
La science, radieuse, s’avance. Avec ses bénéfices, et ses dangers, certainement. Bientôt, la manipulation des gènes. Les peurs appréhendées, l’on corrigera les anomalies des poupons et, aussi, certains voudront une sorte d’eugénisme, j’en ai parlé. Hors ces sentiers-de-la-peur, il y a des progrès indiscutables. Ce scalpel à gamma, par exemple. À part les « cognés durement par un sort funeste » (Balzac), presque tout le monde veut mourir le plus tard possible et en bonne santé. Pas un mot sur ce fameux défilé, discret, sobre, dans les laboratoires des pays industrialisés. Les gens ne lisent pas —moi pas plus que les autres— les revues branchées en science, en médecine. Alors ceux qui ne visionnent même pas « Découvertes » (à la SRC le dimanche) sont des nigauds. Une pauvre petite heure de télé précieuse. Le reste des programmations se vautre dans l’insignifiant. Ne jouons pas l’ange, le divertissement de qualité, a son utile rôle, un devoir de bonne santé mentale. Mais pour la plupart, c’est « rire tout le temps », stupide pitance, goinfrerie d’insatiables, boulimie confinant à l’auto-crétinisation. Ils courent d’une distraction l’autre, jamais repus de bêtises aux radios du matin. L’idiote, comme l’idiot volontaire, un jour, couchée sur la table d’opération guérira puisque la science soigne, aucune discrimination, le taré et l’intelligent. L’imbibé de folichonneries ignore tout du monde scientifique, ne remerciera pas quand il retournera à son stupide programme de vie. L’ignorance des prouesses médicales fait de ces ignares des ingrats. Allez donc brailler en Haïti, ces temps-ci pour voir, impatients chialeurs hypocondriaques en salles d’attente.
Moi, jamais malade (je touche du bois), un dimanche récent, j’ai visité un hôpital en porte-parole —« Petite patrie » oblige— du 50 e anniversaire de Jean-Talon. J’ai découvert un monde, celui dont on ne parle pas aux bulletins stridents des actualités sensationnalistes. J’ai vécu, une initiation (légère) tant à la médecine nucléaire qu’à cette renversante « quincaillerie », aux innombrables prothèses métalliques. Des inventeurs —designers spécialisés— travaillent sans relâche à perfectionner ces inventions étonnantes. On est loin du caca d’une chanteuse, du désarroi d’un animateur culotté et puis congédié, loin du méméring (sempiternellement hollywoodien) bourrant les colonnes du journal. La démagogie s’engraisse :« Quoi ? C’est ça que le monde veut », disent les chef de rédaction. On en donne, auges débordantes, pâtée à chiennerie : « Mangez-en tous… » Ils se frottent les mains, ces gérants en imprimerie de fadaises.
« Pendant ce temps…meanwhile…, comme disaient les panneaux du cinéma muet, des personnes vêtues de blancs sarraus fouillent dans de puissants microscopes, cherchent, trouvent. Les foules s’évachissent sur le mou divan aux croustilles, devant la table à bières pendant que des esprits curieux s’enhardissent, jusqu’à ce qu’ils découvrent… un scalpel à gamma par exemple. Silence, grand silence dans les estrades du cirque. Il est enrageant de constater l’indigence des médias face à la science et ses merveilleuses technologies qui vont permettre aux loustics aliénés, indifférents, une fois soignés, d’avaler longtemps encore les poutines aux divertissements

LA RIALITI

Un principe trop dur ? Ma mère parlait : « Mon p’tit gars, on a des principes dans note famille ! » Je grognais. Il y avait les vertus et les vices, mais quoi ?, des principes ? Rimbaud, le précoce jeune génie de Charleville, écrit : « Je suis rendu à terre avec un dur devoir à étreindre, la réalité. » Et il va s’exiler en marchand au Harrar africain. À jamais. Ces temps-ci, discussions partout sur « payer ou pas payer pour ses accidents, sa santé » ? J’explique souvent à mes petits-fils rêveurs (normaux quoi ) cet inévitable principe, l’emmerdant (?) principe de réalité. Il y a des riches et des pauvres, des plus ou moins intelligents aussi. Il y a inégalité dès la naissance. Maudite réalité.
Lafontaine, génial fabuliste : « Selon que vous serez puissants ou misérables… » Eh ! Vieillir un peu lucidement, acquérir de la maturité, c’est cela : accepter comme incontournable le principe de réalité. Bonjour M. Freud ! Les psychiâtres se débattent avec les névrosés et les psychosés : comment leur inculquer ce sain et terrifiant principe. Oui, oui, les riches, avec utile réseau de contacts, savent où l’on peut « passer vite » en cas de maladie. Scandale que cette autre clinique « pour riches » seulement, avec cartes de crédit nombreuses ? Adieu à leur « carte–soleil » ? C’est bon pour vous et moi, le monde ordinaire. Palabres vains en médias si l’on persiste à ignorer la réalité. J’en sais un bout, jeune gauchiste bon teint, je refusais ce principe, criant partout : « Liberté, égalité ! » Seigneur Dieu, l’égalité ! Si la tendance se maintient : il y aura toujours des privilégiés parmi nous. Les autres, prenez un numéro et attendez. Les travailleurs, les salariés…es « artisses ? ,itou ! Rares sont les « prêtres » en médecine, sacerdoce laïc des temps anciens. Foin de la belle grande vocation humanitaire, la médecine. Hippocrate bafoué ? Du calme : beaucoup y sont pour le fric, en clair, les piastres. La réalité encore. Oui, oui, certains, instruits avec notre argent public, s’exilent même aux USA. J’en connais. Deux petites décennies là-bas, avec les riches malades amerloques, et ils nous disent qu’il retraiteront, at home, au Québec, revenus bourrés de fric. La maudite réalité. La loi du « répondre à la demande… des riches ». La médecine, un commerce, un marché ? Oui. Comme tout le reste de la vie réelle et cela depuis l’aube de la civilisation, depuis Assur, Babylone, bien avant Jésus. Ce premier audacieux prédicateur de l’amour et de la bonté, lui et son sermon dit des « béatitudes », insensées tous ces « Bienheureux les pauvres ». Merde ! Le Nazaréen ? Crucifié-le. Et silence partout !
Je veux que mes petits-fils tiennent compte du principe encombrant : « Le monde est ainsi fait et je dois y faire face ». Ensuite, essayer d’aplanir certaines inégalités, des injustices, cela sans s’abuser car on vient au monde dans l’inégalité. Il y a les héritiers sans mérite, il y a les nés-doués, les intelligents donc les débrouillards et, aussi, des profiteurs.Tous ces chanceux du sort veulent, le plus rapidement possible, posséder tous les atouts de leur chance. Chance :hasard cruel, loterie funeste qui installe partout un favoritisme fâcheux. Ainsi va la vraie vie, la réalité.
Hegel, Marx et Lénine, intelligents, humanistes, voulurent corriger cette « dure réalité », on sait maintenant l’illusion fatale, l’effrayant totalitarisme —obligatoire et involontaire ?— né de ces espoirs. Accouchement de prisons, des goulags soviétiques aux geôles du Cuba de Fidel Castro, terribles « forceps dogmatiques, idéologiques », d’esprits généreux virant en tyrans despotiques. Ignorants, tous, du principe de réalité. Je le dis souvent : il faudrait mettre l’être humain sur un fameux « billard » et l’opérer. Changer l’homme, vaste programme, M. de Gaulle ? En 2004, il n’est plus permis aux démagogues de prédire aux malchanceux du sort « des lendemains qui chantent ». Non, M. Fukuyama, ce n’est pas « La fin de l’Histoire » que la chute de l’URSS en janvier 1991. C’est la continuation, ce fut « le retour brutal du refoulé », n’est-ce pas cher Sygmund Freud.
Nous sommes tous…en Occident comme en Orient, —en Inde et en Chine comme on le voit— rendus à terre avec un dur devoir à étreindre, la réalité. Si le cancer ne l’avait pas tué, le jeune défroqué de poésie géniale, allait s’enrichir davantage, déjà à 35 ans, il recommandait (voir sa correspondance) sans cesse à sa maman, de bien enregistrer ses placements d’économies. Alors, imaginez un Rimbaud, cheveux blancs : de son coquet château parisien, il roule en Hyspano vers va « une clinique pour riches ». Il n’a plus le temps d’attendre dans ces urgences encombrés avec le peuple. La réalité !

Un vieux con ?

Vite dit. Ce souverain pontife actuel a étonné le monde. On le tient historiquement pour un Polonais audacieux, un pape rare ( son « n’ayez pas peur ! ») pour le déclencheur de la chute de la totalitaire fédération- URSS. Ce n’est pas rien.
On l’a vu demander pardon pour l’antisémitisme catholique et il ne reste pas « encabané » dans son prestigieux Vatican, calculateur, mesquin, comme un certain pape du temps du massacre antisémite.
Il voyage sans cesse. Et il y a des risques. Mais il n’a pas peur. Il a reçu des « pruneaux » mortels d’un jeune Turc fou, entraîné, enrôlé dans la haine. Il a pardonné… dans un tête à tête étonnant avec son assassin ! Il va visiter le monde entier et dans des régions bien peu « papistes » parfois.
On écoute plein de mécréants qui l’exhortent à devenir un bon libéral, qui le supplient de changer son conservatisme. Comme si ces agnostiques allaient se précipiter aux sacrements, à la messe du dimanche, si ce pape —intransigeant, à cheval sur les vieux et historiques principes catholiques— devenait moins rigide.
Faites-moi pas rire.
Les attaques pleuvent. Moi, agnostique, non-pratiquant mais croyant —pas athée— j’ai abandonné, il y a bien longtemps, la religion de mon père. Qu’ils fassent comme moi ces criards acharnés contre lui et qu’ils lui fichent la paix. Ce pape est un catholique intégriste ? Sans doute car il reste fidèle, farouchement, aux vieux enseignements, aux « antiques pères de l’Église ». À un Richard Martineau énervé (aux « Francs-tireurs »), je disais : « Son dogmatisme, ce n’est pas un buffet où l’on pourrait choisir ce qu’on veut, l’Église de ce pape honni ». Il me rétorque : « Bien, mais ça ne sera pas long que son Église va devenir un jour, un groupuscule, ils ne seront plus qu’ une petite poignée de fidèles ». C’est ignorer que cette Église n’est pas un club de popularité, une organisation de divertissements, un commerce. C’est bien terminé le « crois ou meurt », la sordide Inquisition. Aucun Torquemada ne menace qui que ce soit du bûcher catho en 2004.
D’accord, ils deviendront, comme au temps des catacombes romaines, une communauté détestée, quasi clandestine. Qui s’en soucie vraiment ? Certains réformistes en profiteront (des églises protestantes), ils joueront la carte de la totale permissivité, du laxisme religieux à gogo, accueillant, sanctifiant tout le monde. Un jour ( pour grossir leurs rangs ?) bénissant même les pervers, les désaxés, dans une complaisante charité douteuse.
Aux actualité, encore un tout récent coup : une maman menacée de mort, condamnée par la médecine —si elle ose garder son bébé— décide qu’elle n’avortera pas. Elle meurt ! Et Voilà que Jean-Paul-2 vient tout juste d’en faire une sainte toute fraîche. Un modèle d’abnégation maternelle. Pis ?
Scandale ? Pour moi oui, mais, je l’ai dit, je n’adhère plus à cette religion, alors je me tais.

Le vendredi 11 octobre 2002

1-
Radio, la météo ce matin : « la brume cache le soleil, cela va lever… » Quand ? Midi bientôt et ciel mat, gris, uniforme. Ouash ! Hier, revenant de la promenade rituelle tout le tour du lac —refus du vélo— installation pour regarder le couchant. Ciel rubescent. Marchant, Aile et moi, faisons un arrêt admiratif sous chaque érable empourpré. Rêve rouge !On ne se lasse pas de cette beauté insolite.
J’achève ce « Testament d’un tueur des Hells » —chez « Les intouchables »— par Pierre Martineau (rédac-chef de TQS-Québec). Pas fort. Il écrit plutôt mal. Une livre-confession assez sordide, forcément, et trop…mal structuré. Martineau est un débutant ? Le jeune tueur-fou, Serge Quesnel, y est mal expliqué. Pas de vraies révélations psychologues sur ce criminel repenti, devenu le « délateur » le mieux payé (par nous tous) jusqu’ici. Je ne le recommande donc pas à Aile qui a « ses » livres à lire. Ce jeune « narcisse » (19 ans) déboussolé souhaite refaire sa vie à 25 ans. N’ayant qu’un secondaire-3, il veut aller —cours par correspondance de sa cellule, il sortira en 2007— au bac, à la maîtrise et même au doctorat (en administration ). Il était —tueur efficace chez les Hells— fasciné par l’argent, le confort. Là-dessus il reste le même au fond. On lui souhaite de réussir sa deuxième vie.
2-
Bernard Landry —appuyé, « secondé », par tous les partis— fustige le « mépris du Québec » chez Chrétien et son sbire S. Dion. Avec raison. Colère montrée aux actualités hier, bien contrôlée. À froid. Le traître Chrétien est en train de tuer son parti au Québec et s’il y a une alternative —pour les Québécois fédéralistes— du genre « jeune Lord » d’Acadie, Bleu et francophone aux prochaines élections fédérales, c’est clair, le Rouge va disparaître de la carte. Ne restera plus que le « Bloc » et les Conservateurs du jeune chef Lord. Le businessman « Pôlh Martinn » est cuit, rôti, brûlé par Chrétien. Souhait secret, voire inconscient, du démissionnaire « lib’ hérald » sénile ?
Vue à ARTV, hier soir, longue entrevue avec ce Paolo Coelo, devenu « gourou » avec plaisir. Les intellos, et les littéraires purs, méprisent cet auteur aux énormes succès. Traductions nombreuses du fameux Brésilien qui écrit en Portugais. Millions de lecteurs dans le monde. On lui reproche son ton moralisateur. Sauce « …le goéland ». Rien à faire, les gens aiment l’optimisme (bon enfant ou non), une certaine spiritualité, des écrits aux nobles idéaux. C’est un gigantesque lectorat et les « purs » râlent en vain. Coelo, fils de bonne et riche famille brésilienne, mis tout jeune en clinique psychiatrique par ses parents bourgeois, se mettra à écrire tard. Il aura fait le fameux pèlerinage à Compostelle un jour et décidera de « fabriquer » des livres « sincères » où il tente de montrer des « chemins peu fréquentés » à la mode actuelle. L’espérance l’habite et, réinstallé au Brésil, à Rio, très riche de ses redevances, il est le mécène d’une œuvre d’aide aux jeunes paumés de sa région. Il tient le discours d’un Lapierre, autre riche « espérant », humaniste, engagé en « livres » comme dans une mission laïque. Il en faut ! Pleins d’auteurs riches qui en restent à leur « je-me-moi ». Égo inévitable des vedettes de la littérature mondiale : Hemingway ou Henry Miller.
3-
Documentaire mal fait avec des passages émouvants à Télé-Québec hier soir : « Entre pères et fils ». Serge Ferrand —dessinateur de B.D. et cinéaste— a abandonné un fils, Jason —qu’il nomme « Chayzonne » (?)— et sa mère bien entendu. 20 ans plus tard, plein de regrets, cet émigré au Québec invite —en un camping-canotage organisé— le fils oublié. Trop tard ! Ce dernier restera de glace, avec raison. Oui, quelques bons et forts moments —Ferrand et son vieux papa pêchant en France— mais une sorte de « patch-work » mal organisé et qui laisse sur la faim de mieux savoir le vaste problème « père-fils ».
Serge Quesnel, le tueur repenti, fait allusion au divorce de ses parents, semble indiquer que ce fut le début de sa grave délinquance. Fréquente affirmation et cela me laisse très songeur au pays où quasiment « un couple sur deux », avec jeunes enfants, se fracture. Paquet de graves délinquants à nos horizons ? J’espère me tromper. Christiane Olivier —« françoisedoltonniene »— dans le film de Ferrand, affirmait qu’un jeune garçon a absolument besoin de « se constituer » via le père. Miserere !
4-
Manon Arial —courriel—, me reproche aimablement (j’aurais des œillères) mon blâme de « l’anglais dès la première année », vante le choix, l’option ($) « d’envoyer son enfant en école privée bilingue ». Me faudrait tant de pages pour bien expliquer notre situation à nous Québécois à la langue mal contrôlée. Elle est particulière. En France par exemple, la langue structurée y est florissante, sue à la maison, dès le jeune âge, bien assimilée. Ici, l’enfant (d’Arial) parlera mal les deux langues. On sait bien, qu’enseigné mal, l’anglais sera appauvri, déficient et ne fera pas de cette jeune personne un bilingue normal. Il sera une sorte de « bègue bilingue ». Tout juste bon à rester « valet infirme » dans un job banal en Nouvelle-Zélande, à Londres ou en Australie, à Toronto ou à New-York. Pas « d’avenir glorieux », pauvre maman inquiète dont je respecte néanmoins l’anxiété inévitable comme chez tous les parents normaux. Urgence : posséder vraiment sa propre langue d’abord. Savoir penser : donc grammaire, syntaxe. Cela fait, apprendre —mais vraiment— une autre langue sera efficace.
Revu (?pas sûr) hier soir le gras comédien Villeret (ah revoir son « Dîner de cons » !) chez Rapp aux « Feux de la rampe ». Pétillant, amusant et instructif sur ce métier si particulier de faire rire.
5-
Décidément ce folichon Marc Labrèche, à TVA, devient un fameux surréaliste. Il a un front…Dans son heure vespéral, inégale, de forts, très forts et cocasses moments avec une spontanéité peu commune. Admirable bonhomme ! Sa personnification de la Reine Élisabeth numéro 2, fut un caricature désopilante au possible, faisant parler « la vieille » monarque si mal chapeautée avec une vulgarité étonnante qui fit éclater de rire ma chère Aile, pas moins admirative de ce « Grand blond » que moi.
Grande visite demain, samedi, et, ce matin, Aile accueille donc avec reconnaissance, Rita, une femme de ménage habile. Je devrai —le salisseur impétueux— me tenir à carreaux. Oh oui ! Quand Rita s’emparait tantôt de ma chambre-à-écrire…je frissonnai. Mes petits papiers partout … Mon cher désordre. Non, elle ne fera « qu’aspirer » le tapis ocre. Ouf ! Quand il a vu le chapelet —en pierres-du-rhin—de ma mémère Albina, le bénitier et le crucifix (de papa) derrière ma porte…silence ! Reliques qui me sont chères, qui me font signe sur mon enfance d’enfant de chœur pieux, il y a… une éternité.
Hier, avant la promenade de santé : le canot à ranger, la planche à voile itou, le quai à monter sur la rive… L’annonce d’une « mort de l’été ». Tristesse légère.
6-
Quoi? New-York, Paris, Londres, etc, ne sot pas de vraies villes cosmopolites ? Un tableau de La Presse (série de Rima Elkouri) place Toronto en tête et Montréal en 6 ième position après Copenhague. C’est que les grandes cités des grands et vrais pays sont capables, eux, d’intégrer rapidement les émigrants, comme il se doit, comme il le faut. La faute aux complaisances sottes, à cet esprit trudeauiste du multiculs. Je lis qu’une émigrante de L’inde, heureuse du fait, se sent comme à Bombay autour de la gare Jean-Talon, quartier Extension Park. Émigrant à Bombay, serais-je heureux de me sentir à Montréal ? Non. Ce sera ma première polémique à T.L.M. un de ces matins : cette attitude, ces ghettos favorisés. Qui nuiront tellement aux enfants des migrants, ceux-là qui souhaitent devenir…comme les autres qui les entourent. Besoin normal. M’exilant en Italie ou en Allemagne, je voudrais vite voir mes enfants ressembler à leurs concitoyens du pays que j’aurais adopté. Je ne me vois pas à Rome ou à Madrid chercher où est-ce qu’on vend… de la poutine, nom de Dieu ! Elkouri écrit que « les Québécois y sont vus comme des étrangers », tant le ghetto est entretenu. Non mais… Elle poursuit : « Ils ont les pieds ici mais la tête ailleurs… » Comme elle, je remarque chaque fois qu’on monte ici, les antennes paraboliques partout, rue de L’Acadie. Ces nouveaux Québécois ne regardent que la télé USA ?
Ils ne savent rien de notre culture populaire et c’est anormal. Vivre ainsi, enfermé dans sa nostalgie, est malsain. Alain Médam (« Labyrinthes… » chez Fides) parle « d’une utopie qui pourrait se casser la gueule ». Et comment ? Ottawa qui souhaite, depuis toujours, nous diluer, nous réduire à une minorité parmi tant d’autres versent des subventions pour entretenir cet esprit néfaste des ghettos. Si nous les aimons le moindrement, nous devons sonner l’alarme et tout faire pour que ces nouveaux Québécois comprennent que la rapide intégration est l’avenir salutaire de leurs enfants, leur épanouissement. C’est rempli, ici, de racistes invertis qui estiment la non-intégration. Ils s’estiment si mal qu’ils apprécient, eux, de vivre comme en voyage perpétuel dans Le Mile-End ou ailleurs. Des malades de l’esprit, oui un racisme à l’envers.
7-
Ce soir, à Télé-Québec, un docu de Labrecque sur le RIN des D’Allemagne, Bourgault et Ferretti (née Bertrand dans Villeray). Hâte de voir ça. Le Pierrôt du Plateau : « Solange Chaput-Roland ? Une maudite folle », René Lévesque ? Un insignifiant et il fera dire au fondateur du P.Q. : le Président-au-balcon-du-maire-Drapeau ? Un vieux fou ». Eh bin !
Adieu les nuances ? Souvenir : rue Fleury, 1961, mon premier speech pour le RIN, je lis mon texte de dix pages. Après, mon Bourgault : « Lâche-moi ça la lecture, regarde-moi : un seul feuillet, quelques notes, des mots-clés et là… tu pars ! » Il avait raison. Bonne leçon du brillant tribun que j’ai suivie par la suite.
Pétition de gang ce matin : pour défendre l’Académie des Gémeaux en querelle. Certains « sages » avouent qu’ils étaient trop pris en carrière pour s’occuper vraiment de ce machin-télé. Ce bénévolat…bon pour les méconnus ou… les ratés. Ainsi, les trophées sont accordés selon les humeurs et les caprices —et l’incompétence— de ces généreux et aimables bénévoles ( faux pairs !) sans grande réputation qui n’ont rien à faire d’autre que d’aller visionner les produits des membres actifs. Oh ! Voilà où le bat blesse, je l’ai dit souvent. De là les aigreurs, les cris à l’injustice flagrante, aux mauvais jugement. Et les démissions, les chicanes. Comment résoudre cette bête réalité ? Rien à faire.
8-
La Gagnon, hier, déçue de voir le bon docteur des sidéens, Réjean Thomas, dans la « dumonterie » va jusqu’à laisser entendre que l’ex-ministre Castonguay s’affichant aussi avec le Mario-dégraisseur n’est que de l’intérêt pour son monde: les assurances (Groupe la Laurentienne) où il a bossé bien plus longtemps qu’en politique. Bang ! Ça leur apprendra à oser se ranger contre John Charest-le-fédéraliste-clair !
Mon ex-petit- camarade de l’École de céramique, Gilles Derome, y va toujours de citations quand il « lettreouvertise » ! L’autre jour, du Toynbee de 1952. Hier… du Jean-Marie Nadeau de 1965, publié à « Parti-Pris ». À mes yeux, étrange besoin de béquilles lourdes. On ne change guère ? Jeune, il pouvait se farcir dix livre par semaine, je l’en admirais et tentais de l’imiter. Ce qui m’a servi, bien entendu. Mais, Gilles, maintenant que tu es un grand garçon, comme moi, tu pourrais t’ exprimer sans parachute, non ?
André Aucoin, comme moi, est pour des classes séparées dans des écoles mixtes :les gars d’un bord, les fille de l’autre. Bravo ! Il dit une réalité incontournable : Les filles sont deux ans en avance dans leur développement mental et physique, réalité qui affecte les…comparaisons de rendement, nuit à la compétition —normale et souhaitable—des garçons entre eux. Découragement face à leurs sempiternels « derniers rangs », décrochage catastrophique parfois. On va attendre combien d’années avant que le Ministère de L’Éduc, les Commissions scolaires, comprendront ce fait tout simple et corrigeront cet état actuel si nuisible ?
« Quand tu peux l‘faire, tu l’enseignes.. » est un adage « parfois » injuste. Parfois. Claude Cossette, vétéran-expert-en-pub, ose : « La publicité est la pus mauvaise forme de communication ». Il enseignait à un congrès (à Québec) d’affairistes, gros et petits. « Pas de pitoune kioute..,. c’est vulgaire et ringard, non-productif ! Oh les chefs de télé qui engagent tant de « mignardeuses pitounes », pour l’info-spectacles, ou la météo ! À la SRC comme à TVA ! Oh !
9-
Le public —pas fou messieurs les démagogues, les mépriseurs—écoutent les excités névrosés comme André Arthur d’une oreille. Pour le show. Un divertissement. Les monstres attirent la foule depuis le Moyen Âge. Ces démontés fêlés n’ont aucune influence, allons-donc ! Punir si lourdement l’André Arthur est d’une bêtise. Surtout, c’est le signal des censeurs : « continuez à parler fort, cru, franc et les amendes « hénaurmes » vont vous mettre le cul sur la palle ». Il y aura donc prudence extrême et pour s’ être débarrassé d’u bouffon, on verra naître une radio de têteux, de timides prudents, de langues boisées. Dangereux virage ce demi-million de $ à faire cracher à Cogeco ou à Métromédia. Très dangereux pour les esprits libres compétents ! La juger Carole Jean a été une « machine à intimider » les rares radiodiffuseurs courageux. Désormais : craindre une radio plate, sans cesse surveillée, autocensurée à mort ! Franco Nuovo (4 octobre), lui, enrage face à ses lecteurs qui osent défendre « l’hurlurberlu Arthur » et ne voit pas les périls pour la liberté de parole avec cette amende « gargantuesque », hélas !
Avis aux anti-américains primaires : depuis 1001 —à ses débuts— les Prix Nobel vont très souvent aux Étatsuniens. Voici donc le 44 ième « Prix Nobel de physique » chez eux. Deux chercheurs sur les étranges « passe-murailles » que sont les neutrinos. J’ai appris (un peu) de quoi il retournait quand j’ai lu : « Brève histoire du temps » de Hawkings. L’infiniment petit est fascinant. Ces particules du cosmos sont les plus nombreuse, on parle d’un « rayonnement » plus que de vraie matière —qu’ils traversent sans cesse. Ces découvertes qui font mieux comprendre « l’infiniment grand » —soleil, planètes, galaxies, supernovas— changent beaucoup la conception ancienne de l’univers. Rien que ca ! Les amers disent : « oui, mais ce sont souvent des trouveurs émigrés de l’Europe ». Pis ?
10-
Je lis : « Non, nos enfants ne détesteront pas les homos ». Le mouvement GRIS, à est à l’ouvrage. Bien. Cartes postales, affiches par paquets, partout, on dira : « Nos enfants sont peut-être hétéros » » C’est fin, non ? Oui, faut combattre la haine des homos. On souhaite chez Gris présenter la réalité homo dans des manuels scolaires. Ah ? Fini l’« Yvette aux assiettes à laver » ? Exemple, dit Marie Allard (La Presse) : « Voyez, il y a Luc, son chien et …ses deux mamans ». Ou, au foyer, deux fois « papa » ? Dans mon quartier, « apparemment » pas d’homos, à l’école non plus. Au collège, deux ou trous ensoutanés, quelques zélotes du « touche-pipi » de mon âge. Eh non, on les aimait pas. Pas de la haine, plutôt des moqueries.
Un ami me dit : « S’il s’en trouvais un parmi ta bande d’ex-petits mousquetaires, tu réagirais comment » ? Eh b’en oui, je le protégerais le mieux possible, je l’aiderais à fond, je lui expliquerais qu’il n’a pas eu le choix, qu’il est né avec ce chromosome mystérieux en lui, qu’il a bien de la chance d’être né ces années-ci, qu’il n’aura pus à se cacher sans cesse, à mentir, à « épouser » pour la forme et à faire des enfants malheureux quand, à 50 ans, l’homo non assumé, sort du placard. Je lui dirais aussi que sa vie ne sera pas facile, qu’il sera toujours plus ou moins marginalisé, toléré le plus souvent sans plus.
Je lui dirais la vérité quoi. Surtout que ce n’est plus un drame social désormais. Pas du tout. Que les homos ne soient que 5 % ou 10% de la population n’est certainement pas une raison pour, en effet, ne pas combattre cette sordide haine si niaise.
11-
Foglia m’a fait réfléchir avec ses « pauvres tit-pits » l’autre matin. Il dit « foin des filles performantes, les gars sont paresseux et encouragés dans la paresse par l’école trop laxiste ». Folie, foutaise selon lui de vouloir « faire de l’école un lieu qui souigne comme la télé, avec bin du fonne »! L’environnement « trop » féminin et nuisible aux petits pits, il n’y croit pas, lui. Ensuite, du même souffle, le Foglia avance que le féminisme fait fausse route en diffusant que les filles sont meilleures parce qu’elles seraient plus obéissantes, studieuse, plus soumises, plus « moumounes » quoi. Insulte aux fillettes ? Ouaille ! J’y pense et y repense.
Louise Deschatelets lit son courrier du cœur : Marie-Hélène S. s’insurge du fait que l’État n’envisage jamais de verser des gages aux femmes qui décident de garder leurs enfants à la maison, loin de garderies. Cette M.-H. parle de sa voisine qui fait garder cinq jours et qui en travaille trois, qui lui gueule : « comme chuis bin quand ils sont gardés ». Oh la sans-cœur, la dénaturée ! L.D. répond à côté : « Vos mots dépassent votre pensée, les garderies ont du bon etc. »
J’ai croisé le psy Michel Dorais du temps de mon bref talk-show sur les livres. Un jeune homme plein de bon sens. Excellente entrevue avec Dorais (par Micheline Lachance) dans le dernier « L’Actualité ». Le sujet : les pédophiles en soutanes… ou non. Instructif. Me retiens de citer le tout, c’est dire. Exemple : Q. : « Si le mariage était permis aux prêtres » ? R. :« Ça ne changerait rien » répond Dorais. Vrai. La pédophilie n’a rien à voir avec le goût, le besoin des femmes.
Nous méfier des sondages ? Louis Préfontaine le dit avec raison. Exemple de question piégée. « D’accord ou non, les gens en moyens allant à la médecine privée feraient épargner de l’argent qui retournerait au système public » ? 67 % de « Oui ». C’est vrai ? Ces riches refuseraient de payer l’impôt pour les soins publics. Alors ? L.P. dit si on rédige franchement : pour ou contre un système public plus dispendieux, moins efficace, traitant moins de gens… », il y aurait eu 67 % de « Non ». Méfiance des sondages en effet.
Un André Pratte (La Presse) étonnant dit que les médias contribuent à l’installation des langues boisées politiques. Hen ? Pratte attaque le « National Post » qui conspue le John Manley (un « partionniste » écœurant) pour ses propos anti-monarchistes. Hon !
12-
Ce « Testament… » de Quesnel-le-tueur nous en apprend de bien bonnes sur le personnel dans les prisons, il faut le dire. Les pots-de-vin y circulent allégrement. C’est, ici et là, à faire dresser les cheveux sur la tête.
Et moi je suis là avec mon doux clavier, ce ciel calme et si gris, et mon Aile qui dit : « Un bon potage bien chaud, non ? » Oh oui. Je descend. Cliquer : fermer.

Le dimanche 15 septembre 2002

1-
Pluies abondantes cette nuit, c’est certain, j’ai vu la bouche d’égout, ce matin, recouverte de détritus (descendus du Sommet Bleu ! Ciel fait de miscellanées ce dimanche : nuages, du bleu, du gris translucide et des blancheurs opaques !
Jeudi matin, on file vers cet examen des intestins du bonhomme. J’avais avalé la veille une fiole de laxatif spécial. Trois visites, mercredi soir, chez Oncle Charlie ! Le matin, à l’aube, réveil et autre fiole à avaler. Trois autres visites jeudi tôt chez Charlie ! Rendu là à Sainte-Agathe…ma peur. Mon trop faible seuil de tolérance pour la douleur physique. La douleur morale, nous autres, les mâles, amenez-en…mais la physique, oh brr ! Une infirmière à qui je dis cela rétorque : « Oh oui, ça, les braillards en pantalon, nous le savons bien » !
Alors, comme toujours, je multiplie les blagues dès le bureau d’accueil de l’hôpital. Trois préposés rient bien fort de mes facéties. À la fin du protocole à paperasses : « Et je veux être incinéré, notez cela ! »
Aile rigole derrière moi. Me dira : « Tu as été d’un drôle rare ! » Oui, la frayeur m’inspire. Pour compenser je fais le clown. On me rassure : « Vous aurez du valium et aussi de la morphine ». Quoi ? Mais c’est une piquerie Sainte-Agathe ? Tout se passa bien malgré l’heure de retard, mon toubib appelé à l’urgence. Aile qui veille sur son grand homme (!), ira lire son journal —fumer dehors— avaler un café à la cantine. Retour et elle lit un rapport médical : « Chanceux, pas un seul polype ! »
Mais c’est écrit aussi : « Coeur anormal » ! Ah ! C’était —ces palpitations— la peur de souffrir, j’en suis certain. Mon doc-Singer, quand il lira ce rapport, va vouloir m’envoyer à un vaste examen du cœur, je le suppose. On en sort jamais quand on accepte de mettre un doigt dans l’engrenage à médecine. Je déteste ces examens.
2-
Hier soir, « cinéma du samedi », comme jadis plus jeune, en bas de la côte. « 8 femmes » de François Rozon. Sorte de parodie des mélos et des polars. Avec des morceaux chants. Entendre la « vieille » Danielle Darieux, entonner le Brassens de « Il n’y a pas d’amour heureux » est une chose à voir absolument. Ozon a organisé avec ses « vedettes » —Fanny Ardant, Isabelle Huppert (fort amusante, on venait de la quitter, à Artv, jouant « Médée » à Avignon), la jeune Ledoyen (vue en Cosette dans « Les Misérables », d’autres « stars »— une sorte de music-hall avec des moments d’un humour total. Bon divertissement.
Ce matin, sortie encore (des cartables) de mes pontes pour la Francine de Villeray qui doit venir faire son tour en fin d’après-midi. « Avec une surprise pour vous », me dit-elle au téléphone ce matin. Eh ! J’ai mis des cordes à linge ici et là, comme une sorte de lien visuel. J’ai arrangé ma « tête de Christ saignante » en une bannière géante et ai ajouté, en bas, deux porteurs, fiers ligueurs t du Sacré-Cœur ». Content, content. Qu’elle vienne !
Étonnant « Forest Gump » (Hanks) chez Lipton à Actors Studio. visionné (retour des « 8 femmes »), hier soir. Un comédien tonnant qui fit florès dans « Sauvons le soldat Ryan ». Fascinant entretien. La Cousineau (La Presse) juge René-Homier Roy à son zénith avec notre série du même genre…qui s’en vient (avec Luc Picard le surdoué). Hâte !
Avons vu aussi Lindon-le-tiqueur chez Rapp, Artv, à « Feux de la rampe. » Fascinant aussi. Découverte que nous estimons grandement, Aile et moi, ces conversations libres avec des comédiens fameux. G. Tod dirait : « Tous des vendus ! » Qu’il aille au diable cet amer-loque ! Le plus souvent, c’est très bon, très instructif aussi.
3-
Vendredi soir immense déception à la première de « La preuve » chez Duceppe. Pénible. Un gros succès à Broadway. Les chercheurs y vont (à New-York ou à Londres n’est-ce pas ?) , constatent le succès là-bas et s’imaginent, les paresseux, qu’il n’y a qu’à reprendre cela à Montréal. Oui, paresse insigne ! Ça ne marche pas toujours. Quatre bons acteurs mais… cette histoire plate m’a assommé. Le public debout à la fin, l’ovation comme pour se faire valoir, un rituel niais, automatique chez nous. Une générosité mécanique insignifiante. Dire qu’au CEAD (pour auteurs non montés), grand lot de textes québécois qui attendent. Du tas, il doit bien y avoir plusieurs bons textes, non ? Colonialisme courant. Avec la paresse, la prudence conne. Racisme inverti toujours.
Chez Duceppe, le brillant caméraman de télé, Claude Bérard, tout content d’avoir appris, sur une plage de Pointe-Calumet, que je l’avais cité (avec un Robert Low) chez le Derome des fêtes de la SRC. Honneur au mérite. Tous ces gens —des coulisses— inventaient sans jamais obtenir la lumière méritée, hélas !
Samedi matin, redécouverte du trou derrière notre condo. Vaste « ground zéro », ça fait peur. Machines à l’ouvrage. Monstres avides ! Le roc que l’on case sans cesse. Le vacarme. Vite fuir au chalet !
J’ai envoyé deux « donquichotte » —farfelus, avec la plume au poing— à Trois-Pistoles pour la couverture du journal. Victor choisira. Suis un peu inquiet de ne plus recevoir les épreuves du texte… J’avais courriellisé à Beaulieu : « Votre réviseure : pas couper sans me prévenir, gardez les météos —mon trade mark quand j’ouvre une entrée. Et puis laissez les mots anglais « au son ». À part ça, pas besoin de me faire relire ma copie. Pris au mot ou quoi ? Sortira-t-il à la mi-octobre tel que promis ? Doutes !
4-
Francine Ladouceur —concert et expo à Saint-Arsène pour son projet de « La petite patrie »— sort d’ici avec son cher Delphis. Elle a vu mes ouvrages graphiques. En silence. Pas son genre de « belle peinture » peut-être ? Tout baigne cependant mais elle est pas en bonne santé. A semblé apprécier assez mes « barbeaux »… Je choisirai une quarantaine d’élus, il y en 75 dans mon grand cartable noir. Ça devrait aller. Confiance obligée bien que… Francine semble se buter sur de tas de pépins. Eh ! J’en organise-t-y moi de tombolas, des soirées artistiques, tic, tic ? Non. Je sais trop ce que cela représente d’ennuis divers. Je la trouve bien vaillante. Ma crainte de voir, au bout de tous ce bénévolats, une sorte de fiasco. Tant pis. J’aurai ramasser des images pour l’album accepté chez Sogides.
Vu « Justice » de Durivage à la SRC. Sa première. Très bon travail. Horribles découvertes sur… Dame justice ! C’est noir.
J’ai commencé à lire un bouquin un peu bizarre. Un récit vécu par une reporter, Lucie Pagé. « Mon Afrique » raconte sa vie en Afrique-du-Sud, séparée de son jeune fils, Léandre qu’elle adore, car l’amour l’a frappé. Un subit coup de foudre à Johannesburg. Avec un beau chef syndical d’origine indienne. Un tribun connu là-bas. Un militant farouche, pas très disponible, ami de Nelson Mendela, le grand chef libérateur respecté. Tiraillement. Elle se juge « mauvaise mère », sombre dans la dépression, Ne sais plus si elle doit abandonner cette aventure romantique si loin de son petit Léandre. Je crois bien que je vais y découvrir des tas de faits sur « la vie quotidienne à l’étranger » quand on veut et garder un amour et travailler en reporter pour une télé ou une radio d’ici. Intéressant.
5-
Aile débute le « Music Hall ! » de Soucy. Je ne dis rien. On va jaser après lecture, ça…
Le cheuf de « Tous les matins » à la SRC, Stéphane Tremblay : « Soyez en studio Claude, mardi à 9 h. Vous continuez votre récit sur les garçons démasculinisés… Comme un feuilleton ». J’ai pris des notes. Vendredi soir, pizza au four chez « Grand Pa » à Val David avec des voisins, les J. Rires nombreux autour de la table et Pauline J. en avait bien besoin elle qui a la santé bin maganée ces temps-ci. J’ai encore remis à Jean –Paul J. ma copie du « Couac ». Il aime la satire.
J’oubliais : Vincent Lindon avec Rapp : « Des gens me rencontrent et me disent : « Quoi, vous vous souvenez pas de moi ? Je fus figurant à vos côtés dans tel film, il y a dix ans ! » Il dira : « On ne semble pas comprendre que, depuis, j’ai croisé plus de mille personnes ! » À mon échelle (réduite, je ne suis pas un acteur connu), cela m’arrive. Comme disait Lindon : « On dit , ah oui, je vous reconnais maintenant », par politesse ! »
6-
Fameux deux heures chez «Zone libre » encore. Un documentaire sur les « fous d’Allah » signé Hynes, par la BBC. Genre d’émission rare, hélas. Qu’on ne voit pas ailleurs sur les autres chaînes francophones. Pourquoi donc ? L’achat de forts documents, faits en des pays étrangers riches (de monde ), ne coûte pourtant pas si cher !
L’émission montrait clairement que l’on achète la paix. ET la guerre aussi ! Des alliés douteux. Promesses dangereuses. Calculs mesquins aussi. Offres d’armes bien souvent ! (Oman, Pakistan, etc. ) Le monde de l’orient en pauvres gueux qui quémandent des subventions sans cesse si on veut les voir se ranger de votre bord (USA).
Morale tragique ? Le populo qui trépigne… dans les rues mulsulmanes, qui est scandalisé par ce alignements subits ! Des chefs qui font des marchés assez sordides. Tractations immenses, louches, d’une vénalité horrible. Montage politique branlant alors. La Maison Blanche tient les guides. L’hyper-puissance (Washington) force la main… Manèges honteux mais c’est de la « realpolitik » je suppose. Le contrôle des fougueux Chefs de guerre de l’Alliance du Nord, en Afghanistan, est un casse-tête délicat. Kaboul avec la majorité (Patchoum) était l’enjeu.
Je voyais clairement la fragilité de toutes ces tribus en rivalités perpétuelles et qu’il faut absolument tenir à l’œil. Une farce ? Ou bien une comédie ? Non, une tragédie terrible.
7-
Je repense souvent à « La sagesse de l’amour », l’essai de Finkielkraut. Je le relirai. Il fait mal. Il me fait repenser à des notions trop vitement ignorées. Sur l’amour. Que c’est « fatiquant »…repenser ce que l’on croyait classé, acquis, hein ?
Dans un grand ciel blanc, soudain le soleil se trouve un passage. Tout s’illumine. Envie d’aller calculer ce manège dehors. À plus tard donc, ces commentaires sur d’étonnants courriels reçus.