Le vendredi 9 août 2002

1-
Beau début d’août québécois !Ça ne fait pas, hélas, grossir mon album d’illustrations. Je consigne des idées , des projets et ne vais pas m’installer à ma table à barbouilles ! Plaisir, une de mon fan-club, m’annonce qu’elle a mis avec joie mon « guenillou » en « fond d’écran ». Vif plaisir ! Daniel vient de « sortir du bois » nordique— sa courte retraite estivale en solitaire chaque année— avec son beau canot blanc. « J’ai visité trois lacs » me dit-il, je songe à Félix chantant : « j’ai deux rivières…trois montages à traverser ».Toujours mes craintes de vieux popa, s’il fallait… ce député dépité, perdu en forêt gatineauienne récemment, sa peur que l’on ne le retrouve jamais !
Hier, jeudi, journée de relaxation après notre soirée très arrosée chez les Dubois. Mimi avec Aile, au téléphone : « On a vidé sept (7) bouteilles ! ». Nous étions six ! C’est trop ! Nous étions si bien dans « ce beau jardIn » (Trenet), ce « jardin aimé » (Clémence). Six heures de jasettes, de farces, de plaisanteries et aussi de souvenirs —des récents et des très vieux quand l’on déterre (douleurs graves souvent) nos enfances.
Mon « grand six pieds » (Gauthier), André, s’interrogeait : Il y a vingt ans, je signe la mini-série « Laurier » —avec Carrier— depuis, à la SRC, pas un seul de mes projets ne fut accepté. Je fuis la paranoïa mais… » Il est satisfait de son « Kmh », à TVA, numéro 1 aux sondages mais… Dubos me révèle une histoire que j’ai trouvé plutôt écœurante : « Un jour, au temps de nos « Vaut mieux en rire », devant le chef des dramatique du temps (Richard Martin), Ubaldo Fasano, mon co-producteur, et moi on développe un projet inédit. Des jeunes équipes de hockey, rivalités terribles, Québec-Montréal, aussi —s’y mêlant— histoire d’amour. Martin en joie : « Hockey et amour, parfait, idée géniale ». Nous écrivons les textes-synopsis (payés) et puis..tout est silence !Or, un peu plus tard, la SRC annonce une série… sur « hockey et amour » ! Auteur : Réjean Tremblay, producteur : Claude Héroux débauchant le même Martin de la SRC, se l’attachant comme producteur-exécutif. Peux-tu imaginer notre stupéfaction, Claude ? Tremblay déclarera en entrevue que « cette idée » traînait dans un fond de tiroir à la SRC ! »
J’en reste baba.
Chaque auteur a-t-il de ces histoires ? Je me retenais de revendiquer pour ne pas sembler surenchérir sur André. Moi itou : abandon par la SRC de 1985 à 1995 (on me questionne si souvent : « vous écrivez plus pour la télé ?) que de projets refusés. Un : Lise Chayer, réalisateure, avait accepté et voulait réaliser mon projet « La petite bourgeoisie », narrer la bourgeoisie en banlieue (Bordeaux) les années 1960 quoi. Échec. Refus. J’offre « Coulisses » le monde des artisans des coulisses d’un théâtre. Avec Daniel , je développe quatre textes (payés). Refus encore. Ensuite ce sera « Douze heures »—un Pinocchio, robot futuriste comique, conçu par Daniel, puis « Le procès Rimbaud-Verlaine », puis «Gens de radio », puis.. Je me souviens plus… Récemment mon « polar » avec un retraité des médias. Non, je ne fais plus de projet-télé, merci. Mon journal et mes illustrations. Ça me suffit.
Ce matin, gazette, Marchand de CKAC : « Le défilé-homos ? « Un show de tapettes », disent mes camarades homos… qui n’y vont pas. Il ajoute : « Certaines « gommes » y paradent volontiers ? Des politichiens, par intérêt électoral ». Les opposants se multiplient. Clair : les homos devraient abandonner cette « parade pour voyeurs hétéros » qui ricanent.
Bizarrerie, même journal : Nicole D.-S. : « J’avais pardonné au tueur (involontaire-alcool et drogue) de ma fille Patricia (affaire-Steve Rousseau libéré récemment) mais un an après, je ne pardonne plus. Comment maintenant pardonner —exonération totale de Rousseau— à cette sorte de honteuse justice ? » La mère éplorée —« une perte, inconsolable, pour la vie entière »— rage scandalisée.
Il y a pire ? En Californie vague de rapts par des vicieux. Deux filles violées, pas longtemps après leur grave mésaventure, vont, volontiers, raconter « on camera » leur affreux drame à la NBC. « Scandaleux », dit le Washington-Post. Le Doublevé en remet, compare ces viols au terrorisme, écrit Hétu, basé aux USA : « Ce W.B. : tout pour stresser davantage la population ». Autre étonnant fait : « Oui, disent les victimes, en effet, cela a installé un lien, à jamais, avec notre violenteur » —capturé depuis et mis en geôle. Téléspectateurs du « genre » complètement rivés alors à l’écran. Quel monde !
Chiffres : sondages, il y aurait 2% d’homos, aux USA comme en Europe. Pas 10% comme l’affirme sans cesse le milieu. Mais 1,8 % en seraient vraiment. (Lesbiennes : 1,2 %.) Bi-sexualité pour le reste. Ah ! 1% de ce 2% veulent le mariage. Ah ! Combien voudront bientôt le divorce si le mariage fonctionne comme avec les jeunes hétéros ? Oh ! Quel monde !
Palestine : l’axe des fous ? Comme Sharon, à une autre échelle certes, P. Eliott-Trudeau —et ses sbires, Lalonde et cie.— voyaient, en octobre 1970, tous les Québécois en virtuels terroristes. Lui aussi, l’armée partout, les mesures de guerre et les rafles imbéciles de dissidents pacifiques. Bégaiements de l’histoire sans cesse.
Ce matin, d’’une oreille enchantée, j’entendais à la radio publique le beaux rires en cascades chaleureuses, communicatifs, de la chanteuse Nathalie Choquette et je lisais Lebel, député du Bloc, qui, révolté, fustigeait les accords avec les Innus (ex-Montagnais) de la Côte-Nord, signés par Landry. « Continuons, excitons tous les autres « autochtones » et il nous restera, comme territoire national, les trottoirs de la rue Saint-Denis et les vieux Remparts à Québec » Ce Lebel n’avale pas du tout le 377 millions à verser, le 3% de partage des profits des ressources à explorer. Enragé noir ! Et nous, les Jasmin, des « arrivés avant » tant de monde au village Saint-Laurent ? Pourrait-on ravoir nos terres devenus centres commerciaux et zones industrielles ? Quoi, moi itou, j’aime bien revendiquer. Avec de bons avocats, bien retors, payés par les taxes de tous, y aurait pas « une passe » à faire, sûr ? Un mot « enphytéoté » m’a frappé comme un roc erratique ! Le monde…que je vous dis.
Denis Gaumond, lui, cogne fort, ce matin, sur les Angeot de McGill et autres universitaires scandalisés par l’attentat à l’Université Hébraïque comme si le autres attentats étaient moins graves. Gaumond me rejoint quand il signale les lâchetés —épouvantables quand on y songe— des universitaires, rappelant qu’en Allemagne des années ’30, les universitaires, les profs, les intellectuels,, les journalistes et toute « l’archigagne » des instruits ne se levèrent pas en bloc pour stopper le fascisme raciste de leur leader, Adolf Hitler. J’y songe souvent à cette dure vérité. Il est bon qu’un Gaumond rappelle que de nobles universitaires travaillent avec acharnement à des plans morbides —il énumère une liste de projets épeurants, d’une fatalité inouïe.
Hier soir, une vie du chanteur et acteur Yves Montand, réalisation de Jean Labib. Une bande-son pourrie. Inaudible. T.Q. achète cela ? Une vie morcelée, fragmentée, avec des redondances et quelques « silences-oublis » curieux. Captivant tout de même de revoir Budapest puis Prague écrasés par les Russes en tanks. Avec ces horreurs débutait la lucidité des intellos en France, finissait le leurre « Paix-via-l’URSS », foutaise adaptée par les Picasso et autres niais, dont Montand. Mais le son…Pouah ! Du dumping pas cher ? Aile, honnissant les « steppettes » ridicules du Montand-en-scène, montait (!)…se coucher avec monsieur Bruckner. J’ai rien dit, pas pipé un seul mot.
Nos amis, les Dubois, s’en vont trois semaines en Europe. Côte d’Azur et la Corse. Maudits riches ! « Vendôme » va si bien, nouveaux projets de télé acceptés récemment. Ma jalousie ? Pas sûr. La frousse des inconvénients du tourisme actuel. Dube n’a pas de chalet au bord d’un lac lui. Ah ! Pour la mi-septembre, projet d’un chalet loué, à six, à Wells Beach, Maine. Aile le veut aussi. Fort. Ah, revoir la mer.
Hier, zappetant, docu sur la (fameuse jadis) céramique beauceronne et j’entends des noms familiers d’artisans connus : Jean Cartier (mort hélas), Garnier (mort aussi ?), Maurice Savoie (vivant lui). « Compagnons des mauvais jours… », chantait, tiens, Montand… La céramique… comme un lancinant souvenir, un regret mal enterré : être devenu céramiste comme le destin semblait l’exiger, mais non, être devenu polygraphe plutôt. Mystère qui m’importune de temps en temps. C’est bête. La conviction qu’un avocat qui voulait faire médecine… qu’un architecte qui voulait faire polytechnique… qu’un plombier viré électricien… Folie, allons, la vie —ses hasards, les circonstances— décide à notre place. Accepter cela en paix.
J’ai plongé, hier midi, dans le « Mistouk » (arbres noyés en amérindien) de Bouchard. Au début, plein de noms, sorte de vaste mographie de paroisse, un peu fastidieux mais, peu à peu, on s’attache à ce Roméo (un Noé !) un « Grand six pieds » (Gauthier !) débrouillard. Sa saga va de 1890… jusqu’à nos jours (m’a dit Aile), le « déluge » saguenayien bien connu. Bouchard signe un de mes vagues projets quand je souhaite raconter les miens, saga jasminienne, avec « le petit soldat », régiment de Repentigny, Aubin, exilé du Poitou, en 1715, s’installant dans la forêt à l’ouest du minuscule village-Saint-Laurent. Sys tenu avec un jeune Méo songeant à s’exiler à Woonsockett, Rhode Island, où de sa patenté ramasse un peu de fric (en usines) pour revenir acheter de la terre publique. C’est bon.
Aile estime —« mais c’est terrifiant »— « Les voleurs de beauté » (Grasset) de Pascal Bruckner, aussi nouveau philosophe médiatisé. Hâte de la suivre dans ce roman, me sens comme à sa remorque et cela m’amuse. Avantage de pouvoir, plus tard, jaser sur les mêmes lectures. Exemple : « le Bouchard met trop de vains détails, non ? C’est un peu lassant ». Aile : « Continue, tu vas voir, sa série sur les quêteux, sa série sur les curés du Lac Saint-Jean, très amusant, continue… » Je continue.
Le ciel se couvre, on dirait…bien, aller enfin à de nouvelles illustrations… Réussir mon petit tableau : « Italiennes aux pissenlits ».

Le vendredi 26 juillet 2002

1-

Ce matin, un ciel lacté. Rubans de jaune, d’orangé. Contraste avec ces derniers beaux jours ensoleillés. Allons au journal donc.

Hier matin, rôties et café sur la terrasse —maintenant ensoleillée depuis l’émondage des grands cèdres—, Aile toute retournée : « Si tu avais vu cela ! Ce matin, à l’aube, c’était le rare spectacle de la brume mobile sur le lac et, en face, le haut des colline illuminées en rose tendre, sortant de l’ombre tout doucement. La beauté, Clo ! » Oui, j’ai déjà vu ce spectacle. On dirait d’antiques gravures japonaises, on dirait de ces vieilles photos d’antan, qui montraient les brumes en Scandinavie, le long des fjords.

Hier, un jeudi de bonheur. Mon fis s’amène après le lunch avec sa si jolie Lynn et les deux beaux ados, Simon et Thomas. Ils ont leur baladeur moderne à portée de main…ne s’en serviront pas. Je fournis des vers et deux lignes à pécher « de 1900 », longues cannes de bois à poignée de liège —trouvées aux rebuts, rue Morin— il n’en sortira que cinq crapets-soleil et pas de truite, pas d’achigan, hélas ! Les parents avaient le canot blanc sur le toit de leur voiture et s’absenteront deux heures. Voguer sur un lac au nord-ouest. Ils canotent depuis très longtemps. Ma fille et mon Marcogendre —téléphone— devaient venir aussi. Nouveau coup de fil. Viendront pas hélas ! Il y a tant de cantonniers -réparateurs sur la 15 —au lieu de 45 minutes, il faut 95 minutes pour monter ici— qu’Éliane, pas en bien bonne santé, abandonne l’idée de se joindre à nous.

Souvenirs : quand Aile bossait encore avec ses chers Jean-Louis Millette —elle avait dîné avec lui quelques jours avant qu’il s’écrase à tout jamais sur un trottoir du Vieux, près de chez lui— et Monique Miler (fin de « Montréal-P.Q. »), Daniel venait me chercher pour m’initier à sa passion du canot. Ensemble, nous avironnions sur la Rouge, entre les îles du Saint-Laurent (vers Sorel), sur la rivière L‘Asomption aussi, un jour. On se retrouve alors comme hors du trafic des humains. C’est inoubliable.

Plongeons et concours « du meilleur souffle » sur le radeau quand ils reviennent de leur excursion. La joie ! Souper —la maman de ma bru, la veuve en santé, Denise, nous arrive de Saint-Sauveur— au « jambon à la Aile » sur la longue galerie, le crépuscule nous éclabousse tant qu’il faut installer le rideau de bambou. La joie toujours. Je fais voir un trésor précieux car j’ai fait un tri des plus jolies « roches chanceuses » que me rapportaient les petits-fils jadis quand ils pensaient à moi le collectionneur de ces roches brillantes. On dirait des agates souvent ! Fabuleux trésor.

J’ai fait voir, inquiet, ma vingtaine d’aquarelles pour l’album en vue et l’expo d’octobre. Daniel, généreux ?, me rassure et élit d’emblée une bonne douzaine de ces essais graphiques. Un regard extérieur, neuf, ainsi, me rend comme plus indulgent envers ma ponte. Eux en allés, Aile, plus sévère réduit « les élus » à neuf !

Des éléments de certaines illustrations, me dit-elle, sont à conserver. Je me reprendrai donc. Il y a « Le guenillou », mon plus récent petit ouvrage, dont je suis très content et qui a rallié tout le monde. Aller vers cette manière de faire davantage donc.

Avant de m’endormir, j’ai remercié la Providence et tous mes défunts chers, d’avoir ces descendants en bonne santé, pleins de vie vive. J’ai prié encore pour que ma fille retrouve sa santé amochée.

2-

Le film loué visionné mardi soir —« Sous le sable » de François Ozon— nous hante encore. Aile surtout…qui m’aime tant ! Cette épouse, si bien jouée par Charlotte Rampling, absolument inconsolable du mari (Bruno Cremer) tant aimé et disparu en mer— mystère du film— sur une plage des Landes était d’une tristesse effrayante. Elle en est devenue comme folle et le voit sans cesse, partout, dans ses vains efforts pour lui survivre.

Vu la fin du téléfilm « Silence, on court » à Artv. Amateur !

Simon Galien (?), Jean Saulnier (?) offre un récit chétif avec Sabourin, Ronfard et l’amie Françoise Faucher. Pas moins amateur, le talk-show de Gildor Roy, aperçu parfois en zappant. De la télé d’élèves du secondaire…non, ils font mieux souvent ! Et c’est les nouvelles de ce mardi :c’est Gaza, le massacre du missile israélien. Un poupon tué. Deux mois ! L’horreur totale. Sharon dira : « On savait pas qu’il y avait des civils pas loin. » Ouen !

Horrifié, un chef palestinien appelle l’ONU comme Arafat. De toute urgence. Des casques bleus bientôt en Israël, pays démocratique et souverain ? Pas question n’est-ce pas ? (Ni en Tchétchènie indépendantiste où l’on souhaite —ses patriotes— sortir de la Fédération russe, n’est-ce pas ?) Un Palestinien dit : « Ce qui est inconcevable c’est l’indifférence totale de nos frères, ceux de tous les pays arabes ». Ignore-t-il que l’Égypte comme la Syrie, l’Arabie saoudite comme la Jordanie ne sont pas libres d’agir face à Israël, allié chouchou, petit protégé de Washington. Encore moins l’Iran (détestée par Bush) et encore beaucoup moins l’Irak (honnie par Busch jr.). Ne parlons pas de la Lybie hein ?

Qu’arriverait-il donc si une (une seule) bombe (d’Égypte ou de Syrie) tombait sur le quartier-général de Tsahal ? La guerre totale le lendemain et W. Bush grimpé sur ses grands chevaux militaristes —installations militaires USA, avec sous-marins nucléaires, paquebots boirrés de G.I.— partout dans le alentours. Immédiatement, prétexte noble enfin, W.B. volerait à la rescousse de son cher allié. La guerre totale, oui.

« Pu capab »… cette Danièle Levasseur postée à Washington pour Radio-Canada. Cet accent bizarre, ce langage déformé, non mais…

Mercredi, autre séance à l’atelier du sous-sol et …Sœur Madeleine Gagnon (« La maisonnette ») me regarde barbouiller, alors, je me force. L’eau colorée —et l’encre de Chine— revole partout. Un gamin joue au drapeau ou au cow-boy, une fillette lèche son cornet à quatre boules, ou sa « pomme de tire »rouge.

Je me creuse les méninges. Ah ! Quatre bambins passent l’Halloween dans de vieux draps blancs, deux trous pour les yeux…

3-

Jeudi matin, vélo. Deux crêpes avec trop de sirop, à Val David ! Lecture du Journal de Montréal offert aux clients. Tabloïd chétif, bourré de pleines pages de pub, « page trois » sur 10 pages !

Nuovo— le crétin de Foglia— voyage d’un sujet ultra-léger, un matin, à un gravissime un autre matin où il fait voir son « bon sens » habituel que j’estime, moi.

Au retour, ce jour-là, tondeuse et puis natation. Je suis content de moi. J’y vais sans la « nouille de plastique » désormais et j’apprécie la liberté de mouvement rendue alors. C’est une sorte de rein cette « nouille » ce « saucisson », Mister Marleau !

Hier, mon fils ramassait nos restes de jambon dans les assiettes et en remplit un petit sac. Pour Zoé restée at home. « Eh oui, je suis sensible au règne animal, moi. On sait bien pour toi, papa, c’est du très « inférieur » et il y a nous, les humains, trônant au dessus de tous les règnes sur terre, c’est bien ça ? » Discussion là-dessus. Il admettra le ridicule des visionnaires intégristes chez les écolos mais tient à espérer les hommes comme « plus capables » de savoir que les bêtes ont des sentiments, des émotions et peuvent souffrir terriblement de leur sujétion, de leur domestication. « Nous devons être « responsables ». Quand je suggère un effet de ses lectures boudhiques, il se cabre : « Ne crains pas de me voir embrigadé dans une religion. Le

bouddhisme me sert comme philosophie avant tout.

Je lui parle du Somerset Maugham (« Un gentleman en Asie ») que je lis et qui, justement, avance que le « Bienheureux » ne souhaitait pas une religion, qu’il faisait de la métaphysique et que ce sont ses disciples …sbires (?) qui dressèrent une théologie tatillonne à partir de ses réflexions philosophiques avant tout. Ainsi de Jésus le Galiléen ? Que de « pépères de l’église » pour greffer à son évangile des discours à charnières concoctés pour étiqueter en commandements et préceptes innombrables (et péchés multiples) le « aime-toi et aime ton prochain ». Comme mon fils, je sais bien qu’il doit y avoir un vaste équilibre entre les règnes (animal, végétal, minéral), qu’il y va de notre survie. Il me dit : « En traitant mieux poulets, cochons et vaches, il y aura un prix à payer. La viande se vendra plus cher car c’est toujours la seule et unique motivation fondamentale de tous ces marchands : produire plus et vendre moins cher ». Je sone à Sorman et j’oublie de lui rétorquer que, déjà, les tiers-mondes ne peuvent pas même se payer ces denrées pas bien chérantes ! Vaste débat dirait De Gaulle ?

Mon Maugham est Bangkok et il ose dire que toutes ces villes d’Asie n,Ont pas, comme en Europe, de références pour le voyageur. Qu’à Venise ou à Prague, il y a les littérateurs pour nous enrichir en visitant églises, musées, monuments, places publiques. Sacré londonnien de 1923 va ! Il y a, non ?, que les poètes, les musiciens de ces lointaines contrées étaient (sont encore) inconnus des Occidentaux, non ? Je ne sais trop. Maugham semble déplorer que ces pays asiatique n’ont aucune culture écrite, gravée, sculptée, publiée…

Il apprécie les couleurs (des costumes des gens), les pagodes, les temples (teck laqué, pierreries, bouddhas de bronze) cependant. Émerveillé parfois, il décrit habilement ces chatoiements multicolores dans les ruelles et les venelles de Bangkok, ces village sur pilotis, ces marchés sur radeaux, ces cités lacustres du Siam. Je voyage avec lui sans les files d’attente aux aéroports et les mille désagréments des touristes en voyages « organisés ».

4-

À 19h. vu du stock de « Victo Story » avec de jeunes fringants aux imaginations farfelues. Piètre pâté, je vous jure. Encore « Avanti » qui signe cette recherche (hum !) de nouveauté abrutissante (comme pour le Gildor Roy « botché »), avec son Luc Wiseman au gouvernail. Aile, tout autant que moi, déçue. Nous aimerions découvrir de jeunes nouveaux talents. Solides. C’est « cheap ». Production bâclée, amateurisme, insignifiance toujours quand on exagère dans l’humour bien gros, bien gras. Plate quoi !

Aperçue chez Martineau et Cie, T.Q. Raphaella Anderson qui publie « Hard ». Habile questionneur, audacieux souvent, le Martineau la tasse sans cesse. Elle se défend plus ou moins selon les agressions voulues par le bonhomme. »Oui, je fais forcément partie prenante (avec son livre « Hard ») de ce système de « cul et fric ». La belle franchise ! Excuse ? « Quoi, je gagne ma vie ! »

Elle parle de survivre, de subsister. Sans cette veine (simili-porno ou porno hard), elle devrait aller en usine, c’est cela ? Tristesse profonde. Si jeune ! Un moment l’Anderson paraît une petite conne finie, un autre, une lucide froide. Le féminisme, c’est fini. Le lesbianisme, c’est sa tasse de thé. L es gars, tous des dégueus.

« Baise-moi », de son sérail, est une réalité incontournable. Soudain : « Moi, je dois me défendre, hein, je n’ai pas à défendre les autres » ! Elle dit (c9mme elle le fit à « Campus ») que « l’industrie de la porno » (films) est exploiteuse, que ses acteurs sont mal payés. Un projet futur questionne Martineau ? « Oui, avec pédophilie et inceste ». Beau programme de vie à venir ! Soudain vertueuse : « Il y a là des victimes et je veux dénoncer ces salauds qui les exploitent ». On la sent futée et on la sait capable d’exploiter des filons qui reviennent à « cul et fric ». Grande tristesse. « Faut gagner sa vie », répéterait-elle et moi je répète (après Ferrat) : « Y a d’la place en usine, pauvre petite conne ».

5-

Un film bien façonné : « Jonh Q. » signé Cassavetes junior. Les chialeurs québécois (on a trop de « welfare » providence par icitte) y trouveraient un bon motif de se la fermer. Un ouvrier métallurgiste, un Noir (brillant Washington), découvre que, faute d’assurances et donc d’argent, on va renvoyer chez lui son fils condamné à mort (cœur de bœuf). Il décidera de prendre en otage le chirurgien affairiste. Chaos dans l’hôpital et police partout. Négociateur ratoureux (Duvall, excellent). Un bon suspense. À obliger de visionner les John Charest et les Mario Dumont que gênent tant la même médecine pour tous, pauvres ou riches. Hilary Clinton est montrée à la fin, elle qui dut vite battre en retraite (à ce sujet ) face au dur et chic lobby médical toit puissant ici comme aux USA. Ces jours-ci (raisonnable loi Legault), on en voit pas mal qui ne comprendront jamais —ces culs-ronds de bourgeois— que la médecine ne peut pas être un simple « business ». Qu’il faudrait détruire les odieux quotas, le contingentement (corporatisme !) scandaleux aux facultés universitaires. Que les actuels prêteurs de serment (à Hyppocrate) jouent honteusement les « entrepreneurs autonomes » libres. Deux belles lettres de lecteurs de La Presse, ce matin, s’insurgent face à ces « médecins-businessmen ».

Voir « John Q. », malgré son « happy end » hollywoodien facile, fera réfléchir. Aux USA, c’est le docteur qui dit : « T’es pauvre ? Va chier » ! »Jonh Q. » un film certainement pas prioduit et réalisé par des Républicains « buschiens » (sic) mais par des Démocrates convaincus.

6-

Entendu à LC-Tva : « Aux funérailles du syndicaliste Louis Laberge, on a entendu, à la fin de la cérémonie, la chanson de Sinatra « My way ». Connerie ! Encore l’ignorance ! Cette chanson est de —compositeur en France— Claude François. « My way » s’intitulait : « Comme d’habitude », un grand succès. Sinatra, ébloui par l’habile ritournelle, l’avait achetée. Les aînés ont « l’habitude » maintenant d’entendre sans cesse de ces niaiseries en médias, la plate plaine des courtes mémoires. Un jeune contingent de nouveaux venus pourraient un peu mieux se documenter, non ? Hier encore : « L‘épée de Démoclès » ! Da ! Da !

Vu, hier soir, la deuxième émission (avec le même invité, cela arrive chez le Lipton de « Actor’s studio) de « Sous les feux de la rampe » hier soir à ARTV. Patrice Chéreau, metteur en scène coté au théâtre (Nanterre surtout), fait maintenant du cinéma (« La Reine Margot », « Ceux qui m’aiment », « Intimité 2000 », etc.) et l’acteur d’occasion, y brillait de tous les … feux de la rampe, réalisé par Philippe Azoulay. Rationnel, souvent cartésien même, Chéreau expliquait son métier de « chef de troupe » à un Bernard Rapp débordé par sa faconde.

Tournant souvent à Londres —il songe à Pacino pour son projet sur « Napoléon dans l’île Sainte-Hélène—, il a osé : « Les Anglais sont meilleurs acteurs que les Français ». Silence lourd dans la salle pleine d’étudiants…français ! Festival de Cannes ? Il dira : « Nous, cinéastes français, nous traversons prudemment dans les clous, les Américains eux foncent dans le trafic… » Oh ! Ce matin, le gros Depardieu cogne très dur sur le cinéma américain, disant qu’ils contrôlent tout le trafic de la distribution des films, partout !

Chez Bernard Rapp (le jeudi soir), me fait remarquer Aile, on ne s’adresse jamais au public de la salle contrairement à Lipton(le vendredi soir, même canal Artv) qui ne cesse de faire ses appels du pied, de même que ses illustres invités. « C’est comme s’il n’y avait personne devant l’invité » souligne Aile.

7-

Vu le vieillard étonnant Henri Salvador au « Point » hier soir. 85 ans ! Plus vieux que le pape qui retrouve du tonus face aux centaines de milliers de jeunes à Toronto. Rigolard, en forme splendide, Salvator dira : « Le trou s’approche » !, en parlant de des morts de ses alentours. C’est un autre Trenet qui ressuscite.

Tel l’ Adamo revenu à la vie active après une pub de lait dans nos enceintes nationales ! Que de revenants ! Il y a deux ans ou presque, le vieil Henri a pondu un disque sans y croire, « Chambre avec vue ». Succès inattendu et le voilà dans nos murs !

Avant le vieux vert, encore cette Danièle Levasseur en direct de Washington… « Pu cabab » ! J’ai parlé plus haut

d’accent, non, j’aime les accents, même le pointu de Viroli ou l’accent parisien de Michaele Jean. Non, non, elle a carrément un défaut de langue( ou de bouche) ! Elle ne dit pas de niaiserie et pourtant c’est le débit d’une débile ! « J’peux pu » !

8-

Au bulletin de nouvelles, hier : un suicide. Celui d’un magouilleur horrible. Un de moins d’un trio de fripouilles. Un autre est en prison, l’autre servira de « témoin à charge ». Affaire intrigante. Imaginez : des nonnes —des bonnes et pieuses sœurs— (une congrégation religieuse de Québec), avaient un sacré magot : 80 millions de belles piastres ! Viande à chien ! Ça laisse rêveur. Un démarcheur frauduleux —le suicidé— sut les enjoler. Comment ? L’histoire le dit pas. Les dévotes richardes (80 millions de $) s’embarquaient aveuglément dans une supposée juteuse affaire. L’on songeait chez ces ensoutanées non pas à une cathédrale ni à un orphelinat mais à transformer les terrains au nord-est de la rue Crémazie en un juteux marché général bien lucratif.

Dieu, (ou l’Immaculée Conception ?) injuste si souvent, a permis que les braves nonnes virées en spéculateurs immobiliers —à la vue plus grande que la panse— se retrouvent le cul sur la paille, comme des petits Jésus de crêche. Le fric des nonnes, détourné, se faisait « laver » au paradis de fraudeurs, j’ai nommé la Suisse!

Rideau : hier, l’homme expert au tir de pigeons d’argile (et autres pigeonnes bien noirs!), chasseur-touriste assidu de la Colombie, sainte contrée s’il en est, tournait sa chic carabine contre sa tête de tricheur. Miséricordieuses, les religieuses affairistes de Québec vont-elles prier pour le repos de l’âme de leur bandit, détrousseur de grand-chemin-Crémazie, devenue boulevard-autoroute numéro 40 !

9-

Hier, on parlait vieillesse à table, vin rouge coulant généreusement. Lynn et Daniel parlait d’un miroir cruel dans un motel de Sherbrooke ce printemps. Ils se voyaient… plus vraiment des jeunes ! Aile racontait un incident similaire dans une loge d’artistes, un jour. J’avais découvert un midi, soudainement, la vieillesse de papa. Il ne me voyait pas. Il sortait, seul, du marché Bourdon, près de la Casa Italia. Il poussait son caddy à emplettes lentement. Grimaçait. Sa vieille casquette sur le front. Son pas laborieux. Je le percevais enfin comme ce qu’il était : un petit vieux ! Ça me faisait mal. Daniel m’entendant m’avoue : « Moi, aussi, un jour je découvrais que tu étais… vieux. Rue Garnier, je t’avais prêté un vélo et tu pédalais, lentement, vers le Parc Lafontaine… Oui, je te voyais en « vieux » pour la première fois de ma vie. Eh b’en !

Daniel, encouragé par le bon succès de l’un de ses jeux de société « Bagou » —« je viens d’en vendre un millier et demi de plus en France »— est en train de créer Bagou-2. « Moins facile que le premier à installer, car je dois dénicher des difficultés du français qui sont nouvelles par rapport à Bagou-1 mais, bon, j’y arrive ». Le père bien fier du fils !

10-

Quand l’intelligente Lysiane Gagnon quitte son aire de l’anti-patriotisme, elle vise bien parfois. Son « papier » sur Dutoit (chef d’orchestre) et Boilard (juge des motards Hells) qu’on jette vitement est de solide farine. Elle termine sa colonne (de columnist) en parlant de notre grande peur des polémiques. Avec raison elle souligne qu’en médias (électronique) on glisse sans cesse vers le « mou ». On évite les confrontations; surtout, dit-elle dans le sérail des universitaires « canadians ». À la fin, elle fionne : « Canada, gentil Canada, gentille Alouette… »

Boilard ? Trop de tempérament : dehors ! Dutoit, idem, ouste, la porte ! Gagnon dit de quitter la cour si l’on supporte pas les remontrances d’un juge fougueux, bravo ! De quitter un orchestre si on endure pas la critique du chef. Bravo ! elle reprend justement l’adage : « Si vous êtes incapable de supporter la chaleur, sortez de la cuisine ». Bien dit.

Ce n’est pas un nationaliste étroit qui parle, c’est l’ONU. Rapport tout récent intitulé « Rapport-2002 » clamant : « le contrôle des médias par de grande entreprises menace la liberté d’expression dans le monde ». Il faut mettre le monde des informations, dit le rapport, et à l’abri des sociétés gigantesque et à l’abri des États. Vaste programme…encore une fois ! La « droite » Institut Fraser rétorque (naïvement ?): « N’ayons pas peur des grosses compagnies, les sources d’infos varient tellement à notre époque… ». Les cons !

Je suis toujours étonné de certaines révélations. Exemple : un gars jouait au TNM dans « Equus ». Après il fit du théâtre de quartier (dans Villeray, tiens !). Trois décennies passent. En 1986, il incarnait Ignace Bourget, évèque de Montréal. Robert Gendreau a maintenant 53 ans. Un jour, « le Sacré-Cœur lui est apparu » ! Six mois plus tard (!), raconte Perreault de « La presse », Gendreau va à la messe, rue Mont-Royal et se confesse. En cachette de son « milieu », il va à messe durant trois mois et c’rest l’appel. La vocation. Il est curé. Il est à Toronto. Il organise « La voie de la Croix », un spectacle pour les jeunes festivaliers cathos de Toronto. À la fin de l’interview, Gendreau dit : « Les jeunes cherchent un modèle, une force. Ils ont vécu les divorces des parents, connaissent un suicidé proche, l’échec…. ».

Ce théâtreux catho parle du 97% de pratiquants au Québec quand il était tout jeune ! « Du jamais vu et ça ne se verra jamais plus », dit-il.

11-

Les journalistes Cormier (Le Dev.) comme Brunet (La P.) acceptent de n’être que courroies dociles des USA —et affiliés et assimilés— en infos-spectacles, musique, etc. Tristesse, ces minables valets soumis du « petit monde riche » anglo-saxon. Et voilà mon cher « comique » du sport-spectacle, Jean Dion, qui, nous livre ses sources. Variées ? Non. De moult pays ? Non. Non. Lisez : « Sports Illustrated, The San Jose News, Roanoke Times, Virginian-Pilot, Brimingham News, Charlotte Observer, Greenville News, Chronicle of H.E. » Édifiant hein ?

Les Québécois aiment le vaste monde, on dit qu’ils sont accueillants et généreusement ouvert aux autres civilisations. En témoignent parfois des visiteurs de tant de pays étrangers. Or, toute cette valetaille de nos médias n’en a que pour USA et USA et Cie. Pleines pages (souvent payés par les producteurs) consacrées aux activités du puisant voisin. Cinéma compris bien entendu. Jamais d’échos, ni, surtout, de reportages substantiels, sur les héros —vedettes ou nouvelles étoiles) de l’Espagne ou du Mexique, de la Scandinavie ou de Holande, de l’Italie, de la Grèce ou de l’Allemagne. Rien. Une bande de colonisés contents.

12-

Ce matin : rue Laurier, la petite et grouillante librairie Hermès ferme. La libraire, Marchildon, était sympathique. Impossible de survivre. Il y a les chaînes, il y a Cosco-Club Price, là où on vend presque au prix coûtant les nouveautés… littéraires ou non. Gazette de ce matin : « Quebecor-livres congédie 16 personnes ! Oh ! Ma belle bru qui y travaille ? Peur ! Le progrès ça madame ! Mon cher quincaillier (Théoret) finira par baisser les bras ?

Ce matin, rue de Bleury, Rima Elkouri est allée confesser Thérèse (O’Reilly) :on ferme la très antique boutique « Bellefontaine » ! Souvenir : papa finit enfin par fermer son petit restaurant. Maman contente. Il doit avoir 65 ans. Il ira travailler là, chez Bellefontaine. Jouant l’étalagiste autodidacte. Il ira faire « l’étalagiste naïf » chez L.N. Messier après, rue Mont-Royal. Il ira jardiner aux Serres Notre-Dame. À la cantine de l’Oratoire, il jouera les « cooks » d’occasion ! Il sera gardien au par Laurier, au Parc Maisonneuve, chaque été, au Square Dominion (devenu Dorchester) où il y avait expo de plein air et « guingette » à touristes.

À la fin, longtemps, au petit Musée-galerie sur le Mont-Royal. Il y était heureux se prenant pour un galériste, un guide indispensable. Un vrai « Jack of all trades »! Là aussi, un jour, il avait quoi, 72 ans ? …on lui dira : « On ferme la galerie municipale ». Alors, lui qui avait toujours aimé dessiner et peindre, il se métamorphose en « céramiste primitif » dans le salon-double des enfants… partis depuis longtemps.

Hier, il m’est venu une histoire, une intrigue pas piquée de vers et l’envie de raconter cela ici. Se retenir ? C’est que Somerset Maugham (« Un gentleman.. »), lui, soudain, y va d’un conte, une bonne histoire, au beau milieu de son récit de voyage. Si —mauvais exemple ?— je me mettais à livrer des historiettes de mon cru dans mon journal. Je vais y réfléchir. Danger ?

13-

Prenez le cahier « spectacles de La Presse d’aujourd’hui : farci de nouvelles à la sauce USA et alliés. Une honte. Huit « papiers » sur Uncle Sam et ses produits « Kultu-cucul-rels » —dont un gros reportage illustré sur Austin Powers (on s’en crisse-t-y d’Austin Powers, pauvre M.A. Lussier ! Parfois le « Voir », qui coûte rien, fonce (Olivier Lalande-en-courroie) dans cette propagande commerciale à sens unique :USA.

C’est cela jouer les courroies de transmission dociles. Un tout petit coin pour raconter que Sorokine —romancier Russe né en 1955 et très connu là-bas, traduit parfois— a pondu un roman (« Le Lard bleu ») où Staline et Khroutchev sont… deux pédés. Subtil non ? Procès. Amende et risque de deux ans de tôle ! L’ex-coco voulait « tester les limites du Kremlin », dit-il. Finesse du raisonnement !

À la mi-juillet, le vétéran-reporter, Gérald LeBlanc (natif de l’Acadie), faisait ses adieux au métier sur cinq colonnes. Hélas, LeBlanc parlait de notre indiférence (Québécois) au sort fragile de ses frères Acadiens. Doit-on sauver aussi la Lousiane ? Quel dadais, quel grand tarlais, quel innocent ! Il faut militer sans cesse pour sauver un Québec que tant d’adversaires voudraient diluer en melting-pot sauce mosaïque multiethniques (et cela avec les millions d’Ottawa pour cette dilution organisée).

LeBlanc, un jour nationaliste prudent (comme Cormier jadis à La Presse), un jour, trembleur devant le « patron Desmarais », le gendre de Jean Chréchien, André. Je l’observais. Il naviguait à vue. Il calculait. Une sortie audacieuse un matin, un retraite de pleutre l’autre matin. Au service des infos (et des Affaires publiques) il y avait, longtemps, plein de ces patriotes sous surveillance (un Jean Lebel par exemple), une émission bravait l’Establishmentd’en hait )elle-même sous haute surveillance et constante du « Siège » à Ottawa, une autre émission les rassurait.

J’ai observé. Ce cirque de ma table à dessin durant 30 ans. Nous nous amusions, à gauche et indépendantistes, à commenter ce jeu de bascule radio-canadien. Balançoire lancinante. Le petit boss montréalais, Marc Thibault, masqué en salomon tout tiraillé entre ses serments à la Reine (une tradition longtemps quand on entrait à la CBC) et ses convictions cachées. Lui aussi, le poète-bureaucrate, Paul-Marie Lapointe, veillait au grain. À coup de méchants « mémos » sinistres, tous ces pions-fonctionnarisés souvent à bout de nerfs. La peur des vases chinois, la peur de Trudeau. Une vraie farce. Alors, tannés de calculer, de veiller à pas trop écoeurer les fédérats dans la place, quand un Bourdon ou un Gérald Godin alla trop loin —« pour tester les limites » ?— ce fut : « La porte, Bourdon ! Il se fit député péquiste. Dehors, Godin ! Il se fit député péquiste ».

Hen, c’est plaisant d’être vieux, on peut en raconter des affaires (publiques).

Il pleut. P’tite pluie fine, quasi invisible. Aile, débrouillarde, a pris sur elle d’acheter un machin de plastique et, ainsi, de remplacer un tirette brisée pour la cuvette des toilettes. Je la félicite chaudement , c’est bien fini l’homme à tout faire, le seul capable, en matière de plomberie. Les temps changent. Le progrès je vous disais pauvre libraire….

Le vendredi 22 mars 2002

Le vendredi 22 mars 2002
1-
Si ça a du bon sens, à mon âge, devoir enlever toute cette neige tombée hier et dans la nuit ! Mes reins ! Le malheur des uns…Daniel, mon fils expert en « ordination », téléphone :
« Youpi ! Quelle merveilleuse neige-surprise ! Lynn a congé et moi, le travailleur autonome, je m’en donne un. On monte à « Avila », à Saint-Sauveur, pour faire du ski. Je peux faire un arrêt chez toi, si tu veux papa. As-tu besoin de mes conseils ? Ton ordi ? Tout baigne ? » Je lui explique que nous descendons en ville après le lunch car je dois, aux aurores samedi, prendre le minibus pour le Salon du livre de l’Outaouais, mon nouveau livre estampillé « éditions Trois-Pistolles »sous le bras !
Occasion de le questionner : « Comme ça, tu as refusé de venir avec ton père chez Lisa Frulla causer « père-fils » ? Il explique : « J’ai pas ton savoir-faire et aller à la télé m’énerve toujours beaucoup. Quand c’est utile pour la promotion de mes jeux de société, j’y fonce. Mais là…En gang, pour trois minutes de micro chacun, j’ai dit « non ». Et puis, ayant cesser de fumer, c’est dur, alors j’évite tout source d’énervement, tu peux me comprendre ? ». Oh oui, je le comprend ! Je l’envie d’avoir pu (lui et sa Lynn) stopper le bonhomme Nicot !
2-
L’amie Josée l’autre jour : « Claude, je t’ai entendu à CKAC, t’étais bon mais ton Riopelle en « petit-gars de la rue de Lorimier », pouah ! On va-t-y lâcher cette expression cucul ? Le tit-gars de Baie-Comeau, le tit-gars de Shawinigan ! Riopelle en tit-gars, Claude, franchement ! » Elle a raison. D’où nous vient cette manie des p’tits-gars ? Me corriger. On devrait cesser de « ne pas en revenir » qu’ un (une) des nôtres se signale dans le monde et nous sentir obligé de spécifier qu’il vient de che-nous, d’un quartier modeste, d’un humble village. Y a plein de tites-filles de Charlemagne qui ne seront jamais des Céline Dion. Pis ? Cette vedette de la pop-musique n’a aucun mérite d’être née là. Il n’y a que ses efforts, son ambition, son travail intense sa farouche volonté…
3-
Terminé ce journal de Françoise Giroud. J’ai aimé écornifler dans son existence de 365 jours d’une année, 1995. J’ai mieux connu une très, très grande bourgeoise, tempérament centre gauche, socialiste de salon, caviar-vison, comme son cher Mitterrand. Elle se livre volontiers sur mille et un sujets, petits, anecdotiques, moyens (les grèves à Paris) et graves (les conflits de cette année-là) : Bosnie, Rwanda, etc.
Journaliste célèbre, —ayant toujours sa chronique vans l’Obs pour la télé— elle doit répondre sans cesse à des demandes d’articles étonnantes, assister à des premières un peu partout, concerts, opéras, théâtres, aller dîner avec des sommités, en médecine, en psychologie, en politique, en littérature. La chanceuse. Elle fait des rencontres stimulantes souvent. Ici, hélas, pour bibi, c’est plutôt le calme plat. En tous cas, vive le journal. Vive les diaristes.
J’ai terminé aussi, lecture en diagonale car des chapitres sont un peu niais, le livre « optimiste à tout crin » de Christiane Collange : « Merci, mon siècle », Fayard éditeur. J’ai pu y glaner du gros bon sens (j’aime tant cela) et saisir une fois de plus les progrès étonnants et merveilleux du siècle dernier. On l’oublie. La liste vous surprendrait. Collange en fait un bilan précis et les gens de mon âge, avec elle, admettent que malgré les deux guerres atroces, des tas de découvertes ont radicalement amélioré nos vies. Ça fait du bien de le constater. Nous revenons, nous tous les 50-70 ans, de très loin, en France comme ici.
Oh, j’oubliais, dans « Chienne d’année » (Seuil, éditeur) la Giroud soudain —entrée du 31 octobre 1995— raconte la quasi-victoire des Québécois indépendantistes. Elle dit « sur 47 millions de voix… », aïe ! C’est 40 millions de trop ! Coquille ? Elle publie : « Il y a quelque chose de romantique, de sentimental dans ce désir d’indépendance. Les Québécois ne sont pas opprimés, colonisés, exploités. Ils sont humiliés. »
Voilà comment nous sommes perçus. Vue de Paris ? Ou de partout ? Giroud —et combien d’étrangers ailleurs ?— ne saisit pas que l’on forme une nation et qu’une nation a besoin d’un pays constitué, peu importe le confort accordé par l’autre nation. C’est triste de constater si souvent que des « cousins » culturels ne voient pas la longue et si difficile lutte de résistance de ce 2% de francophones, isolés dans un océan anglophone tout puissant.
Tenez-vous bien, Giroud nous sert le rituel : « …comment ne serait-on pas sensible à leur attachement au français, qu’ils parlent avec ce drôle d’accent venu du fond de nos terroirs » Oh la la !Sentez-vous le paternalisme parisien ? Sentez-vous la superbe parisianiste ? Ils sont charmants avec ce côté terroir ! De braves paysans quoi ! Non mais…
Je vais rependre maintenant le Kessel-voyageur et, au lit, ce « Parfum de cèdre ». Ensuite, plongeon dans le journal (ah !) d’Hervé Guibert. Lire c’est voyager. Sans cesse. Comment font ceux qui ne lisent pas ? Un masochisme, un mystère profond à mes yeux.
4-
La boxe, cette horreur ! Mais…il y a ce Éric Lucas , voisin laurentien de Sainte-Lucie (un « tit-gars »de… !). Combat probable le 8 juin, à Washington. Dans le cadre du match Tyson-Lewis. Sa main droite amochée guérit, dit « Interbox ». Le champion Lucas doit défendre son titre chez les « super-moyens ». Je n’en démords pas :c’est un sport qui devrait être interdit. On devrait mettre en prison ses organisateurs pour « refus de secourir personne en danger ». Le code pénal s’appliquerait, non ? Et puis, je croise les doigts et marmonne : « pourvu qu’ Éric Lucas gagne à Washington, le 8 avril ! »
On est idiot avec nos contradictions, non ?
5-
J’avais préparé un petit dossier explosif pour démolir les thèses « pro-canadians » du mari de la Vice-de-Reine, John Saul, à propos de son avant-dernier livre sur les « jumeaux » que nous serions malgré nous, anglos et francos. Je m’étais équipé solidement pour le ridiculiser à fond lui et ses oublis pratiques sur tant d’aspects de l’histoire du Québec, sur nos différences fondamentales. Jumeaux de mes deux…
Le temps passe, on est pris par d’autres sujets de controverse et mon Saul l’a échappé belle. Des menaces ? Un vrai « Popeye » hein ! Il y a pas longtemps, à « L’institut du Dominion » (ouash !) l’époux du Vice-de-la-Reine a encore entonné ses antiennes crypto-fédéralistes encore.
Selon Saul, l’état-nation (lisez Québec) est une idée des années 1800, pour ne pas dire des années 1300 (sic). Une approche monolithique, insiste-il. Il admire sans vergogne la « complexité » de son Canada actuel (!). Rectitude politique oblige : Saul prétend que les aborigènes, les autochtones quoi, forment la base solide d’un triangle (incluant francos et anglos). Non mais…
Saul dit qu’on oublie trop cette base… « sauvage ». Il a repris, à Vancouver, avec ses « conférences Lafontaine-Baldwin » son radotage utopique. À savoir : ça va mieux, on reconnaît de plus en plus l’apport des Amérindiens, cela d’un océan à l’autre, incluant le Nunavik. Cela va enfin nous défaire de l’idée, nuisible à ses yeux, que le Canada doit tout aux Européens, nos pionniers. C’est son dada, à bas nos racines en Europe ! C’est « politique ». Avec ses « jumeaux », ses siamois de force, il frappait son vieux clou mou : Français de France ou Britanniques d’Angleterre, ça ne valait pas cher. Les autochtones, eux, surent nous révéler à nous-mêmes. Vraiment ? De là sa marotte des aborigènes en fondateurs d’importance du Canada, socle précieux, indispensables fondateurs à nos côtés.
Ils s’en crissaient-y et pas à peu près du Canada !
Vive ce triangle vanté ! Un rêveur ? Non, mais non, un arrangeur intéressé. Un petit malin, —stipendié— mercenaire fédérat subventionné, qui veut nous berner, surtout nous faire abandonner la lutte pour une patrie québécoise.
Un lutteur hypocrite contre le nationalisme québécois si dérangeant pour la paix « canadian ». Saul en travestisseur de la réalité. Ses moyens : têtage des Rouges d’une complaisance ébouriffante. Le vrai c’est que, on le sait bien, hélas, les colons, les pionniers, —anglais après la Défaite de 1760—, se fichaient complètement de ces nomades démunis d’ici. Un Amherst organisait ses lots de couvertures contaminées, génocide. Évidemment, explorateurs-marchands, navigateurs-commerçants trappeurs, chasseurs —comme leurs prédécesseurs français— ont appris quelques trucs des indigènes. C’est partout pareil, en Afrique comme en Indochine, messieurs les colonisateurs, non ?
Au fond, nos blokes ont tôt fait que cette minorité négligeable soit installé en ghettos maudits, en réserves racistes, les transformant en demi-parias. Saul le sait. Il joue un jeu politique à la solde d’Ottwwa.
Gênante réalité têtue ! C’est cela la vérité. Sa honteuse « récupération » —« ils furent essentiels et blabla bla »— est une façade, un leurre à imbéciles, une astuce de néo-fédéraliste ? John Saul avec sa grosse « gomme à effacer » la réalité n’y changera rien. Sa bataille à retardement pour déguiser, masquer, maquiller stupidement l’histoire est une entreprise candide.
Il déclame dans sa « patente Lafontaine-Baldwin » : oubliez donc, anglos comme francos, vos racines et songez que sans nos « bons » sauvages, le Canada n’existerait pas ! Fort de tabac indien !
Quelle cloche ce Saul ! Son gros jupon dépasse, cachant bien mal sa volonté de nous diluer, de nous noyer —comme les Baldwin, MacDonald et Cie avec la traîtresse complicité des Lafontaine, Cartier, « Sir » Wilfrid Laurier et, aujourd’hui, Stef Dion, oui nous diluer. Empêcher notre patrie française en Amérique anglophone de naître.
Sur son tablier d’artisan en niaiserie, le toutou de la Vice-de-la-Reine d’Angleterre, est brodé un totem de carnaval. On y lit : « accrochons-nous à nos autochtones pour devenir une nation nouvelle ». Ce fou illuminé n’est un gamin gâté à épouse voyageuse, qui va partout déguisé en petit indien, plumes à cinq sous, collier de perles. Il répète : Vive les indiens et son arc du bon sauvage —base-du-triangle canadian ! Du toc de Dollorama ! Ses fléchettes visent ces maudits Québécois qui, eux, forment une vraie nation. Pauvre John, de Toronto à Vancouver, les Canadians, fils de « royalistes », sont maintenant des amerloques « républicains » bien assimilés.
Même les millions de Sheila-la-Cop, de Gagliano, du dauphin Boudria, des copains de « Groupaction-Canian-adverising », n’arriveront pas à nous…diluer. Alors Saul ce petit « prince qu’on sort » et ses conférences « coast to coast », on s’en torche.
6-
Ouf ! Tantôt, après le lunch du midi —que le jambon giroflé d’Aile goûte bon !— coups de pelle pour libérer de sa neige la terrasse du nord, en arrière et le long escalier; Aile à la terrasse du sud en fait autant. Digestion activée ! Pa dedessert ce midi. Ayant revu Montignac à la télé, et sa furieuse condamnation du sucre —plus nuisible que les graisses— approuvé par nos médecins, héroïquement, je n’achète plus les si délicieux gâteaux frais de l’École edes petits chefs. Je suis diablement en manque mais…il me reste les barres de chocolat à 75 %
L’autre soir, en arrivant chez Pierre-Jean « don quichotte » Cuillerier, je dis à Jean-Guy Sabourin —qui joua si bien le saint Jésuite martyrisé jadis dans un film de l’ONF : « Je t’en prie, ne dis pas que tu es mon ami, Jean-Guy. J’aurais si honte. »
Je le taquinais puisqu’il est l’un des grands démocrates de la magouille avant-fusion à l’Île Dorval. Je lui disais : « Quoi, bande de sauvageons, relié à la ville, vous auriez enfin des égouts, un système d’aqueduc, et quoi encore, des réverbères sur votre chemin de ceinture, un beau petit pont toit neuf sans doute. » Mon prof Sabourin s’agite : « Quoi ? Avec plein de visiteurs dans notre île si tranquille ? On veut pas. Vive notre petit bac à moteur pour traverser avec permission pré-arrangée ». Je dis : « Non mais c’est-y laid l’égocentrisme ! » Mon Aile, la Carole à Pierre-Jean et la Diane à Jean-Guy, changèrent de sujet et vite. Maudites femmes ! Toujours pour la paix des ménages et des amitiés !
Je me suis souvenu d’un « plan de nègre » que je tentais de défendre à Pointe-Calumet vers 1975 : étatisation par la municipalité de tous les rivages du lac. Cinquante pieds ? Construction d’une jolie promenade riveraine (en bois traité ?) ouverte à tous, jusqu’à ceux qui logent loin du lac en bordure de la route d’Oka et qui n’ont aucun accès au grand lac. Vous auriez dû entendre les protestations. Les proprios des plages (et du mur de Berlin désormais !) voulaient garder les belles vues pour eux-mêmes. Égotisme toujours !
Qu’est-ce que j’apprend ? À côté d’ici, achat des biens publics « pour des pinottes » par les proprios d’un domaine public nommé, l’Estérel ! Un policier courageux, Pierre Coley, raconte au reporter Cédilot (La Presse) qu’il a vu venir cette opération mains-basses, bien basses ! Il a voulu avertir en temps et lieu. On a fermé les yeux. Mieux — non pire— on l’a harcelé, menacé, même suspendu et puis carrément congédié ! Vinrent même la menace de poursuite judiciaire !Écœurant !
C’est-y assez fort ! Une honte. Pierre Coley s’est ramassé
— dépression nerveuse— sur le B.S. Cela fut fait, bien sûr, avant la fusion avec Sainte-Marguerite. Là aussi, l’achat —prix d’ aubaines— des biens publics et la formation d’un ghetto privé !
A-t-on embarqué Riopelle mourant, qui y avait demeure et atelier, dans cette combine égoïste ? Violette Gauthier, mairesse de Ste.Marguerite —succédant à Jean Charest —parent de Champlain Charest, ami de Riopelle ?— recevait le 6 février la liste des griefs du caporal Coley.
L’ex-maire Charest était le chef d’un groupe de proprios, baptisé « Les amis… de l’Estérel ». Ils s’emparèrent de 57 parcs, du chalet public, d’une plage et des terrains de tennis —prix d’ « amis » de l’Ésterel, c’est le cas de le dire. Le tout valait deux millions et demi (2,500,000 $) mais on a payé 55,000 $ ! Parlez-moi d’un arrangement de cette sorte ! Plus fort : comme à l’Île Dorval, les « ami de… » reçurent une subvention. Ici, de 50,000$
Pierre Coney, le héros de ce sombre feuilleton —une autre des belles histoires des pays d’en haut — informait tout le monde ce ces magouilles : son chef ce police, les ministres (Affaires municipales, Sécurité publique) et… rien ! Corruption dites-vous ? Et comment !
La filière politique est toujours de mèche avec les importants, les « quéqu’uns » comme on disait jeune, les bons gros bourgeois, les tripoteurs du bien public ? Édifiant, à quelques kilomètres de chez moi, vivent des égocentriques d’une espèce rare —ou courante, je ne sais plus !
Peuple debout, aux armes citoyens, réveillez-vous humbles travailleurs surtaxés !Tout ce beau monde-là, bien laid, les Chrétiens-à-auberge ou à golf, les Martin-à-cargos aux pavillons suspects, les Landry, les Charest, les Marois, les Ménard, sont des pourris-gâtés du sort. Ils sont, solidaires en magouilles, tous de la même confrérie. Quand ils vont bouffer sophistiquement et boire des vins millésimés, ils entendent parler de ces collusions et ils se rangent, se taisent , s’accordent comme larrons en foire —tous, tous, tous— avec leurs frères de classe sociale. Ils ferment les yeux, congédient le gêneur, laissent mijoter les plats malodorants des concussions dégueulasses. Ils se tiennent —c’est bien le mot juste— comme cochons. Alors le simple agent de police, syndiqué ou non, se fait mettre à la rue s’il ose l’ouvrir.
Mon ange à une aile, ma fée grise qui me grise, remplit mon sac de voyage, me questionne : « Tu veux tes souliers durs ? Ton « pepto bismol », ton chandail à col tortue ? » Nous partons pour le Chemin Bates. Demain matin, groupe d’écrivassiers en bus et hop, le Salon des écritoires…En face, sur la rive droite, entre deux séances de signatures, aller voir du Riopelle au Musée. Aller aussi faire une prière re reconnaissance au mur du coin nord-est du beau Musée de la civilisation, juste là où Aile est née, proche du pont inter-provincial ? Si j’ai une minute, oui.
En voiture dit Aile ! « All aboard » disait mon oncle Cléo, cantinier du « CiPiAr » quand j’étais son crieur d’eaux gazeuses sur le train Montréal-Québec à 16 ans. Sérieusement, en voiture !

Le jeudi 17 janvier 2002

Le jeudi 17 janvier 2002
1- Ouf ! L’avare de Molière, paniqué, crie : « ma cassette, ma cassette ! », je criais « mon journal, mon journal ! » Ça y est, le texte final a été envoyé, hier, à Trois-Pistoles où une Katleen dévouée, efficace, veille à la bonne marche des éditions victolévybeaulienne ! Ô corrections maudites, ô ordinateur maudit qui autorise sans cesse le peaufinage…!
Bon : matin à ciel opale pour le grand net…nettoyage des jours enfuis. Hier à l’heure où Aile part examiner les mets du jour à l’école des petits chefs, deux camions de télé s’installent, les roues sur le trottoir, devant la maison. TVA veut, par satellite, savoir pourquoi le romancier autorise la fessée aux enfants.
Réflecteur dans le salon, parasol réfléchissant, gros kodak, on tourne ! Pierre Bruneau vous m’ entendez ? Tantôt, à j. et c., les deux sœurs de la rue Morin : « Hier soir, on vous a vu aux nouvelles du canal 10, bravo ! On est d’accord, il y a es enfants qui doivent être fessés ! » Bon, offrez-moi un livre et je ferai mille et une nuances. À la télé c’est toujours, faites ça vite, vous avez trois minutes. Résumons : l’enfant-roi ? Nous suivions les préceptes des Neil, Montessori et le célèbre docteur Spock. À la veille de mourir, Spock, notre guide, déclare; « J’ai fait erreur. Les enfants sous le laxisme total, ne s’épanouissent guère, deviennent des déboussolés. Il faut davantage de discipline. » Eh b’ en ! Ma génération écœuré de son virage.
Aussi , désormais, ma méfiance des psys. J’écoute davantage les sociologues car ils travaillent sur le terrain des faits, des compilations, des observations ponctuelles. Les enfants fessés et aimés s’épanouiraient mieux que les non-fessés mais pas vraiment aimés. La grande loi bénéfique : aimer ses enfants et quelques bonnes tapes sur les fesses si ces chers petits deviennent hystériques pour un jouet ou un cornet de glace refusé.
2-
Accrochez-vous, revue des derniers jours :
pas de place et temps pour raconter ma séduction d’une fillette dans le couloir de l’école des petits chefs. On n’ ouvre le portes qu’à 17 h, pas une minute avant. Attente en ligne. La jolie fillette s’ennuie. Va et viens, examine les grands patients. Elle compte les « atttendeurs ». Je l’aide. Elle rit. Elle a six ans. Se trompe, s’excuse en pouffant. Recommence. Je la questionne. Oui, elle sait ses chiffres. Elle compte très vite, jusqu’à vingt cinq, toute essoufflée mais si fière. Ses yeux brillent. . Les grand parents rigolent. Les lettres ? Oui, défilé à toute vitesse de l’alphabet. Nous parlons dessin, couleurs, ses images préférées…les portes du magasin s’ouvrent, et là voilà qui me suivra comme un bon toutou entre les vitrines. Elle me questionne sur mes choix. Je joue l’ignare en cuisine. Elle ri, se moque, me conseille. Six ans ! Quand je dois partir, triste pour rire, elle me tend la main. J’avais une nouvelle petite amie. Les merveilleux enfants, quand on s’intéresse un petit peu à eux, deviennent chaleureux, drôles,
émouvants dans leur naturelle propension à se monter fins pis intelligents.
De toutes ces années passées à amuser mes cinq petits-fils, je ne retiens que deux phrases : « Regarde-moi, regarde-moi ! » et « On est capables ! » Besoin vital, absolu, de grandir et de prouver que l’on devient quelqu’un d’intéressant.
3-
Samedi dernier, halte du « véellbiste » manuscrit à peaufiner, j’ai lu le premier roman d’Amélie Nothomb, petite bourgeoise belge, fille de diplomate, exilée au Japon longtemps, se délectant en studio de télé de fruits pourris, yeux sombres clignotants en face d’un Marc Labrèche, amusante par ses propos insolites. « L’hygiène de l’assassin », raconte les ultimes interviews de reporters déroutés face à un très obèse « Prix Nobel de littérature » qui est atteint d’un cancer rare et en phase terminale. Il avouera avoir assassiné, adolescent, sa cousine adorée. Sujet noir mais prose guillerette, un contraste fascinant. On tourne les pages et vite, la fin, hélas, s’enlise. Pas trop grave, on a eu du plaisir « pendant »…
4-
Gazette de vendredi : Petite bombe : faire comme on fait, à Paris, où les éditeurs québécois n’ont qu’un petit coin tout modeste. Notre « Salon du livre » en novembre 2002, devrait installer les gros éditeurs de Paris… dans un petit coin. Qui ose dire cela ? Un éditeur culotté, Aimé Guérin. Une idée farfelu ? Non, en finir avec le colonialisme d’ici. Ce « Salon… », très subventionné par notre argent public, a-t-il tant besoin du fric des géants parisiens. Le fameux trio de crésus-du-livre :« Galligrasseuil ». Place Bonaventure, chaque année, ils occupent, à prix fort n’en doutons pas, les meilleurs emplacements, tapis, lumières réglées, kiosques d’acajou ! Une fatalité ? Silence compacte, une gêne ?, à l’appel public de Guérin !
5-
Ce bandit, admirable (!) Stéphane Labrie, s’échappant de son fourgon —prouesse rare—se fait coffrer : il était chez sa petite amie dans Hochelaga ! Suivez la femme ! Ma déception. Mon tiraillement… moral. Eh oui, face à ces lascars désespérés réussissant de tels évasions spectaculaires. Romantisme douteux. Certes, certes ! « Quelle âme est sans défaut », mon vieux Rimbaud ?
Le dramaturge surdoué, Berthold Brecht : « Quoi est pus grave, le hold up d’une banque ou la fondation d’une banque ? » Oh le vilain marxiste !
Âme sans défaut ? TVA, hier soir, mercredi, face à face, l’ami Arcand le populaire « psy-radio », l’unijambiste barbu Mailloux, déclare : « Non, moi je serais incapable d’obéir, de supporter une femme comme patron ! »
Oh la la ! Aile a bondi de son fauteuil. Misogynie crasse chez un docteur en médecine psychiatrique ? En 2002 ? Décorateur de télé, j’ai eu à obéir souvent aux diktats de réalisatrices. Douées, tout va bien. Connes, non. Il y a des femmes connes et des intelligentes, bonhomme Mailloux, pépère ancien va !
6-
Avant-hier, mon fils, Daniel, ex-prof devenu inventeur de jeux de société, publie (Le Devoir et La Presse) une lettre ouverte condamnant toutes les gloses religieuses, sources de conflits armés si souvent. Ma fierté. C’est bien envoyé, bien rédigé. Aile est questionnée : « T’as lu Daniel ? C’est bien fait, hein ? » Réponse « ailée », née en mai comme mon fils : « Que veux-tu, c’est ça, les taureaux ! » Je rugis : « Et nous, scorpions ? On est quoi, des « pas bons » ? » On rit.
7-
Épouse du Yves Michaud au bord de la dépression, dit-il, en entendant les accusations de racisme antisémite d’un prof de Mc Gill, Marc Angenot. Procès à ce Angenot, pour diffamation, en marche !Depuis « l’infernal geste » des nazis, l’holocauste effroyable en Allemagne catholique et protestante, le moindre mot de travers sur les juifs et c’est la mort de votre réputation. Payons —pour des siècles et des siècles— chrétiens de toutes les sauces ! Payons les conséquences de ce meurtre collectif, le plus écœurant de toute l’histoire universelle. À Outremont, en septembre 1988, dans l’hebdo local, j’avertissais —amicalement— que les juifs intégristes, secte hassidim, devraient s’intégrer un petit peu à la majorité qui les entourait, nous, les « goys » ou aller s’installer en ghetto, comme les Hammisch de la Pennsylvanie ! Oh merde ! Ce ne fut pas long —la Ouimet de La Presse, le Cauchon du Devoir— que l’on me collait l’étiquette infamante : Jasmin Antisémite ! Encore aujourd’hui, on me taquine ou, carrément, on me soupçonne. Parfois pour blaguer, parfois avec… ce doute derrière la tête… Je n’en suis pas mort mais il n’existe pas de décapant pour cette sorte de tache. Dieu merci, ceux qui me connaissent bien savent que j’aime et que j’admire les juifs et… que je ne me prive pas de les blâmer —des juifs le font aussi— pour trop de colonies envahissantes en Palestine; un esprit libre, c’est comme ça.
8-
Le vendredi 11, à TVA, m’amusent ces « gérants d’estrade » farfelus, le pédant-Larocque, le « je suis partout » Michel Vastel et Léger-le-sondeur : ils disent, doctes et sagaces clairvoyants, ce que devraient faire les chefs péquistes. Ils savent, eux ! Se cherchent-ils des jobs de conseillers stipendiés ? On dirait.
À propos d’itinérance, des sans abri ? Ce même vendredi, Rioux, (correspondant à Paris) cite feu Foucault : « Foin de la république du bien, et son souci bourgeois de mettre en bon ordre le monde de la misère ». Vérité embarrassante ? Il y a plus embarrassant : feu Guibert, ami du grand homme, révélait la scatologie —les bains d’excréments en Californie !— dudit Foucault ! Un esprit si brillant aux prises, dans sa vie privée, avec un vice répugnant. Dans le temps, une lecture ravageuse du grand penseur !
9-
Quoi : stock de pseudodéphrine… ça mange quoi en hiver. Scandale, en réseau pharmacologique, c’est, les médicaments, une industrie gigantesque, un lobby tout puissant, ici comme aux USA, comme partout. Favoritisme, « patronage » éhonté ! Alphonso G. s’en va au Danemark pour nous représenter ! En bon macaroni —ce que Chrétien n’est pas— l’Alphonso doit payer pour ses vantardises, son manque de discrétion, ses allures de « parrain » goguenard. Les Chrétiens et Cie, plus « white-anglo-protestant » d’allure, vont continuer les tripotages politicien. Leçon pour tous à Ottawa comme à Québec : « favorisez vos bons copains mais arrangez-vous donc pour qu’on n’en parle pas publiquement.
10-
Déception vive de ce trois heures de télé, sur ARTV, :un Picasso réduit. Une bande sonore infect. Du dumping ? Une vie bien mal racontée. L’épisode du Picasso viré en dévoué stalinien, devenant une simple anecdote. Oh non ! Le terrible naufrage au large de Rimouski : notre Titanic à nous. Récit mal narré encore une fois, canal Historia. Quand on en sait plus long que les documentaristes, ces documents visuels sont menteurs, ou rapetisseurs, sont « poudre aux yeux » mais pour celui qui ne sait rien sur Picasso ou sur ce paquebot noyé, c’est « la » vérité. Je veux dire ici que les livres informent tellement mieux que cette télé toujours pressée. Coq à l’âne, un bon film fait cela : je pense souvent à l’acteur Crowe incarnant le Nobel Nash, malade mental de génie. J’entendais, enfant , le génie et la folie, mon petit gars, ça se touche ! Je pensais qu’on disait une… ânerie. Aussi tant de contes, tant de films, montraient de ces savants fous, des Frankenstein, des docteurs Mabuse, Cagliari, Jeckill, je remerciais le ciel, candide, de n’être pas un génie. Un fou. Ce film ave Crowe se mérite deux étoiles, celui ave Brad Pitt dans le fabuleux vol de trois casinos de Las Vegas, que j’ai vu comme un simple divertissement, trois étoiles ! Injustice !
L’heure du lunch, ciel tamisé par une neige légère. C’est beau. Pause pour du jambon frais cloué d’épices.
J.N.
SUITE-biss :le jeudi 17 janvier 2002
1-
Je continue à…nettoyer mes journées de cette mi-janvier.
Quatorze heure de l’après-midi, même jeudi et, oh ! la belle beauté par la fenêtre ! Une neige qui compte ! Descente des flocons comme au ralenti : « Regardez-moi bien tomber les humains ! » Pas vu cela depuis si longtemps avec cet hiver exceptionnel, que l’on nous dit « un phénomène depuis le début du siècle dernier ». Dehors, grande douceur, agréable de sortir. Les directeurs de centres de ski doivent se frotter les mains de contentement.
2-
Dimanche dernier, cahiers littéraires des quotidiens favoris sur la table. On comprendra que, pour un auteur, c’est le régal anticipé. Souvent, la déception. Le café fume peu. Le réchaud, c’est pas vargeux ! La cigarette, elle, fume. Maudit poison bien aimé, dont on arrive pas, ni Aile ni moi, à nous débarrasser. Lutte vaine depuis des mois. Essais dérisoires : on tient une semaine puis…rechute dans le vice du tabagisme. « Quand est-ce que ça débutait cette sale manie, Aile ? Réponse :« J’ai seize ans, j’entre comme sténodactylo au Service commercial » de Radio-Canada, ex-hôtel Ford, boulevard Dorchester. Je m’achète une cigarette à la fois, payée à des « grandes »… qui semblent tellement heureuses de fumer ! L’exemple, tu vois ! « Je serai une grande moi aussi, il n’y a qu’ à fumer. S’intégrer à un groupe complètement quoi. Bête. Et toi ? »
Je répond : « Moi, oublie-le pas, il y a plein de paquets dans la cave chez nous, où se trouve la gargote de papa. De toutes les marques. Je me sers. Petit voleur, va. Offrir des cigarettes aux petits copains, un geste pour avoir encore plus d’amis. Et rien à payer. J’ai treize ans, je crois. Fumer en cachette un peu partout. Comme tu disais : imiter les grands. Fumer comme les acteurs au cinéma. Devenir vite un homme urgent ! » Connerie de cette époque. On savait pas trop rien sur tabac et santé, faut dire. C’était valorisant, publicités partout. On changeait de marque de temps en temps. Mystère. Des Buckingham, Turrets, Winchester,
Philip Morris, longtemps. Des Gauloises, des Gitanes, pour faire l’européen ? Des Exports, Matinée, Benson and Hedge, Players Maintenant des More, longues, elles durent plus longtemps, il me semble. Hon !
3-
Ces cahiers donc. Comme j’aimerais lire sur la jeune auteur du « Ravissement » que j’ai tant aimé. Ou sur ce jeune Senécal qui m’intrigue. Mais non, cahier « Lectures », comme si souvent, pleine page, illustrée d’une photo énorme, sur un parisien, Benoit Duteurtre.
À Paris, n’est-ce pas, ce dimanche, on consacre à un écrivain du Québec le même espace ! Hum ! Satané colonialisme des médias snobs d’ici ! Ce Duteurtre, questionné, dit qu’il est allé plusieurs fois à New-York avant de se décider à venir nous voir. Bien aimable. Oh, cette fascination totale pour les USA en France.
Chacun son colonialisme quoi. Un groupe d’ici (Les jardiniers…?) aurait mis en musique son texte :« Sometimes I’m happy ». Autre mode du colonisé, l’english, pardon l’american way of thinking and writting ! Coups de pied au cul, oui, qui se perdent.
4-
Nous perdons, créateurs, tous nos droits 50 ans après la mort. Ou 70 ans, dans certains domaines. Je lis que reste à jamais :le droit moral. Interdiction de déformer, de « dévisager » l’ouvrage d’un mort. Procès possibles. On voit ça :pour Hergé et « Tintin », pour Jules Verne, fdes descendants lointains font des crises. Luc Plamondon a-t-il trahi le « Notre-Dame » de Hugo ? Il est mieux de se guetter ? Pas de danger avec Charles Perrault ? L.P. prépare une « Cendrillon », alias « Cindy », à a mode américaine ? La fille bafouée se fait « lifter », modernisée, mais ce Perrault pigeait chez Grimm… qui pigeait où, lui ? Molière pigeait souvent en Espagne : Don Juan. Corneille et « Le Cid ». Reste un fait : des metteurs en scène tripotent, raccourcissent, déplacent des scènes, changent des pièces. Le Pierre Perrault au Rideau Vert ? J’ai lu que Marleau y a fait des coupes. Silence partout ! Le « droit moral » qui s’en soucie au fond ?
La soupe est servie, ça sent les poireaux, je vais descendre en vitesse.