DANGER : GHETTO MUSULMAN

Dévoué longtemps à « Médecins sans frontière », un humanitaire belge, Alain Destexte, publie : « des quartiers entiers sont devenus des « zones ». Des lieux à éviter avec attaques de toutes sortes à toutes heures du jour. Dont des outrages racistes aux juifs belges !
Verra-t-on cela à Montréal un jour ? Non ? Alors il faut contrôler les ghettos. Pas facile car dès que des migrants trouvent logis, on fait venir des parents, des proches, des amis. Viendront les castes, les rejets d’ordre identitaire, l’invivable « zone ».
Dans ces quartiers de Bruxelles, incessantes attaques aux policiers. Chasse à « femmes osant se dévoiler ». Homophobie criante. Intimidateurs encouragées. Antisémitisme actif et l’enseignement sur la Shoah est refusé.
En France, ça va pas mieux, les ghettos pullulent. Un magazine parisien vient de publier un reportage sur une « enclave salafiste ». Où ? À Avignon, là où un grand nombre d’adultes (comme d’adolescents) sont fous d’Allah et ivres du Coran ». Des islamistes radicaux, sans doute pas vraiment antipathique aux terroristes.
Avignon est devenue « La cité d’Allah », constate un barman; comment c’est arrivé ? Trois causes : naïveté, complaisance et aveuglement », dit-on. Le « Figaro », et « Marianne » aussi, signalent des travailleurs refusant de prendre un ordre d’une femme ! Dans des aéroports, on ouvre des mosquées clandestines ! Des « Frères musulmans » surveillent les cafétérias, cantines, restos : 100% halal » sinon…
Les « accommodements » vont se multipliant et cette sorte de communautarisme (religieux) est toléré par les syndicats, pourtant laïcistes de vocation.
Le tour de Montréal ? À quand… ?

Claude Jasmin
Écrivain
Ste-Adèle

VIVRE « DANS L’ NORD »

 

Jeune collégien, skieur, « le nord » m’était comme un conte de fée. Y aller, l’hiver, c’était comme un immense « terrain de jeux » ! Mais en m’installant à demeure, —juin 1978— je changeai de perspective. Une chanson criait : « Y a des écoles à Las Vegas… Y a des églises à Las Vegas », dans les Laurentides, il y avait tout ça. Depuis très longtemps. Pas juste des côtes de ski, « y a même des itinérants », disait le téléjournal l’autre soir.

Les habitants de nos villages laurentidiens ( le terme  laurentien engloberait toute la vallée du St-Laurent) font tous les métiers; mais oui, les mêmes que les citadins. Alors chantons : y a des menuisiers, des cuisiniers, des notaires, des maçons, des médecins, des plombiers et des pharmaciens.

Dès 1978 donc, je prends vite conscience que « le nord » était un territoire peuplé d’humains variés et pas seulement des moniteurs de ski. Hors les jolies collines, plein de rues avec de vraies demeures pas que des résidences secondaires pour « petits t grands bourgeois » venus de la métropole. 1978 et ce ne fut pas long que je dénichais —pas seulement les excellent restaurants— où logeaient les artisans indispensables à la vie normale; pour acquérir du mobilier commode, pour faire réparer les appareils domestiques, etc. Une place de « vrai monde, de vraie vie », pas juste de lacs jolis, de sites à ski. Peu à peu ceux qui s’installent « dans l’ nord » prennent conscience que ce sont des lieux qui offrent , eh oui !, les mêmes services qu’en ville.

De Saint-Jérôme à Sainte-Agathe —et même Tremblant— « le nord » n’est pas du tout qu’un gigantesque « terrain de jeu », oh que non, à 45 minutes du boulevard Gouin, « le nord » se montre apte à fournir n’importe quel service et mon petit bottin contient les coordonnées de marchands divers, utiles. Y compris celles de compétences plus rares… pour ces prothèses utiles au demi-sourd. Nous avons de nombreux écrans de cinéma et même des salles de spectacles : Le Patriote, à Sainte Agathe, la salle Norbert-Morin, à Sainte Adèle-en-bas, celle du « Marais », à Val Morin.

Aussi habiter 52 semaines par année « l’ nord » n’est pas s’isoler. Le monde de Séraphin Poudrier c’était il y a un siècle ! Il y a des galeries d’art, des biblios publiques, des cliniques et deux hôpitaux de bonne renommée avec de bons soins (j’ai fréquenté les deux). On y trouve depuis longtemps de ces grands marchés sous diverses bannières, des boutiques spécialisées (saucisses ou fromages, etc.). De ces très « grandes surfaces », ce qui ne me convient pas cependant. Ma compagne est une assidue d’un tout moderne « gym ». Hélas, aucune librairie, eh !, on ne lit pas davantage par ici qu’en ville. Certes, pour lire en 2014, , il y a l’Internet. Et de ces liseuses électroniques, j’ai mon « Kindle » bien bourré de titres littéraires et documentaires.

Avançant en âge —comme tout le monde— j’en suis arrivé à calculer les mérites d’un déménagement en ville, un jour ? Très vieux et sans le cher « permis de conduire », « la » résidence ? Je ne sais plus. Visitant des « plus ou moins » autonomes, je découvre un « HSLD » tout neuf ou bien une modeste auberge aux chambres « adaptées », des refuges fort bien aménagés. Bon, on verra. Tout ça pour dire bien haut que je me suis trouvé une deuxième « petite patrie » et que je l’aime; quand j’arrivai au rivage du petit « Lac Rond » ce fut le bonheur. Notre logis a plus de cent ans, n’est pas une « bâtiment monstrueux », un gîte que ma compagne dénichait en 1973, pour vraiment « pas cher » par rapport à l’argent actuel.

Bizarre mais quand je dois descendre en métropole, j’y suis pas bien du tout, moi qui y suis né, je n’y suis plus vraiment à l’aise, j’ai toujours hâte de remonter… dans l’nord !

 

 

« SUR LE BOUT DU BANC ! »

Il y eut jadis un texte populaire nommé «  Trente ans sur l’bout du banc ». De Ringuet ? Ah ! nos flâneries sur les bancs d’un parc. La dame était seule et je me suis assis. Saluts brefs ! Muets d’abord, le visage dans les radieuses blancheurs de cette froide saison. Assis au beau milieu d’un lac gelé, nous regardons défiler ce carrousel des humains en congé, manège joyeux où tournent les promeneurs du lac. Au bout des laisses, exposition avec grands et gros frisés, chiens noirauds. Ou « toutous » trépignants blancs. Passe un mini-mini caniche ! Puis un Doberman géant. Spécimens à poils longs, à poils courts, à petites ou grandes oreilles.

Rencontre fortuite sur un banc donc : on jase, visages noyés de lumière, faces haute levées vers l’Astre, heureux de cette luminosité de nos ciels nordiques. Nous aurons deux sujets :1- La « santé », les médecins rares, l’échec ces attentes scandaleuses. 2-« L’éducation », ces écoliers et maîtres « paresseux ». Menu classique. « La madame était pas contente », disait l’autre. 1- Les soins de santé ? Une imposture grave ! Un scandale de notre État incompétent ? 2- Nos écoliers ? Dans des écoles laxistes. Profs cancres comme leurs élèves ! Je vous dis que ça revolait. Ma compagne d’occasion fulminait. Mais moi, l’optimiste indécrottable, je tentais de la rassurer : Quoi ? Les nouveaux jeunes médecins refusent de vivre comme, jadis, ces pauvres médecins aux labeurs de « forçats ». Comme vous, madame, comme moi, ils veulent vivre heureux et rejettent le « bagne » des docteurs d’antan. Du « 60 heures-semaine » de jadis ! Ma voisine de banc refuse mon « sirop de calmant », boude. Quand j’explique que la jeunesse des écoles désire aussi vivre une heureuse, épanouie, pas notre triste existence d’écoliers abusés (par des robes noires). Elle finit par avouer les abus du passé, je songeais à moi dans les année ‘40 au collège Grasset.

Ma commensale —je croquais des noix— ne m’écoutait que d’une oreille. Les pessimistes sont-ils incorrigibles ? Mince influence donc. Ma tendre « compagne de vie » est sévère face aux actuels coutumes scolaires. Qu’elle juge néfastes pour l’avenir des jeunes. Aussi face pour aux soins inadéquats pour les aînés. Alors cette « dame du bout du banc », dit-elle vrai ? Sur le lac luisant de neiges tapées, j’en arrive à me méfier de mon optimisme, mes moments de noirceur ne sont pas fréquents, je suis d’un naturel léger, je fuis le désespoir (pour ma bonne santé mentale ?) Pourtant, « je retiens mon cheval » (Rostand), parfois et « mon épée me démange » (Cyrano de Bergerac). Un ancien fond de pamphlétaire ?

On a fini par se saluer et se quitter. Je lisais un fond de bonheur sur son visage, à cause de l’éclat stimulant de notre nature boréale ? Sa luminosité renversante. Est-ce que le vif éclat dans l’air du lac abolit, diminue, efface ou améliore, adoucit… les funestes inquiétudes de cette compagne de hasard car, au moment de nous quitter, il y eut un radieux sourire. Elle dira : « Oui, malgré tout, oui, la vie et belle. » C’est souvent vrai, non ?

PAPILLONS, CATARACTES ET HOMMES EN NOIR !

 

 

J’ai beaucoup et souvent jasé sur mes petites bêtes (marmotte et cie). Voici le temps des mini-mini animaux. Invasion malheureuse de mouches noires et heureuse de frétillantes libellules minimalistes, de jolis papillons bien énervés et d’abeilles. J’en vois, là, par centaines dans mon mahonia, un arbuste fruitier à feuilles aux corrugations prononcées. Monde lilliputien si vivant. Même monde vendredi dernier rue Sherbrooke, à Notre Dame. Ça grouille. Usine aux pavillons remplis de malades et de soignés ! Fourmillante machine qui fait peur et moi, civière en corridor, en jaquette bleue trouée, qui attend mon tour pour éliminer des cataractes —ô Niagara ! Vraie fourmilière, Notre Dame s’excite. Ça circule autour de ma couchette. Malades, médecins, ces « préposés » de bas et de haut rang, gradés discrets ou à torses bombés. À une passante courbée : «  Oh, madame je suis là depuis deux ans à poireauter ! » » Léger arrêt et regard affolé mais elle passe son chemin. Un bossu usé passe et, jouant le moribond, j’en rajoute : « M’sieur, m’sieur, ça fait 18 ans que j’attends dans ce corridor, on m’a trouvé au 3 ième sous-sol ! » Il me dévisage, hésite à rétorquer et il fuit —hagard comme Lucien Bouchard à Sagard-sur-Luxe, en Charlevoix.

Bon, maintenant n’allez pas croire que le « vieux (moi) qui a vu les séances d’Ovila Légaré et les films de cowboy en noir et blanc au sous-sol de l’Église Sainte Cécile, ignore l’actuel cinéma à effets électroniques. Non, non, j’ai vu et apprécié au cinéma Pine, « Men in Black », troisième mouture, avec Jones et Smih, ce jeune nègre épatant, si vif, si efficace, si surdoué.

Vous êtes là, assis tranquille rue Morin, et surgit Boris l’Animal.

Un motard super-hell’s-angel. Ce mastodonte aux lunettes engoncées dans les orbites, aux bras « gros comme des troncs d’arbre » (je te le dis Raoul Duguay), n’a qu’à ouvrir sa paume pour en faire surgir et s,Envoler un horrible crustacé aux lancettes empoisonnées, Ah oui, allez voir ça, c’est hallucinant, tout comme est renversant ce grouillant resto chinois où des humanoïdes d’un grotesque épeurant se font décapiter. On est loin des mélos d’Ovila, loin des méchants apaches cernant des caravanes bâchées du temps des « petites vues » des révérends frères.

Quel plaisir ! J’aime tant ces truquages inouïs ! Le vieux « in black » Jones y est, revenu et revenant, toujours blasé, l’adjoint dévoué (Smith, en Noir agile) veut le sauver. Un bizarre « ti-coune », sosie de Brière, tuque des Andes sur son crâne évidé, oui, en creux ( sans cerveau), un bonasse qui offre son dévouement. Elfe asexuée venu de planètes-aux-anneaux ? Vous voici soudain, exilé loin de la rue Morin, au coeur même de Manhattan et juché sur le Chrysler Building ! C’est vrai, réel, hallucinant. Plongée du gratte-ciel avec un appareil rétrogradeur. Alors, vous voilà en 1969. A Cap Canaveral. Une fusée va décoller et l’horrible Boris, « The Animal », rôde, être machiavélique. Je vous jure que vous serez au bord de l’Atlantique ! La reconstitution scénographique est mieux que parfaite. On en reste ébahi ! Je vous raconte ce « Men in black », tome trois, pour vous dire qu’on peut voir 81 ans et être absolument épaté par les prodiges d’une cinématographie à truquages. Allez-y voir.

LA PEUR !

Vous verrez jeunes gens, à mesure des ans, viendra une certaine frayeur :perdre la mémoire. Vous arriverez au rond-point où, soudainement, surgissent des êtres chers meurtris, qui glissent inexorablement vers la pire des conditions humaines : ne plus se souvenir. Non pas de grands hauts faits du passé, non, plus sinistre «  à quoi sert, placé devant vos yeux, une poivrière, une salière ! La panique. Vient l’impasse terrible. Égaré total ! Autour, les proches se désolent. La médecine parle de « démence »; précoce parfois. ».

Ce mot ? Alzheimer », comme le mot CANCER, fait frissonner. On voudrait tout faire pour évier cet état épouvantable qui fait qu’un être humain, debout devant sa table ne sait plus à quoi sert…une fourchette, un couteau ! On se jette sur tout ce qui pourrait prévenir ce monstrueux état de non-vie. Ne plus se souvenir ?, c’est abolir la crème, le suc, d’une existence, effacer les joies (petites et grandes), pas seulement les chagrins, les bonheurs ( passés et récents) d’une existence. Alors, on voit un titre comme : « 10 conseils simples pour… » et on saute sur l’ouvrage. C’est le titre d’un récent livre (L’Homme éditeur) du docteur Jean Carper, forcément gériatre.

Pas plus indifférent que quiconque face à ce MAL affreux et répandu (« Ils n’en mourraient pas tous » dirait le fabuliste Lafontaine), je l’ai lu. Eh bien, c’est plate, c’est ordinaire, c’est commun, c’est banal. Le docteur Carper, en résumé, dit comme tous les médecins actuels, trois choses. 1- se remuer, marcher,etc. 2- manger bien, pas de gras, etc. 3- rester actif, social, curieux, ( fouillez dans Wikipédia ou Google !). Certes pour arriver à « ses » 100 conseils, Carper fonce dans la panoplie détaillée sur chacune de ses trois grande assertions. Des surprises : « Oui à la caféine et… à la marijuana ! « Oui » aussi aux Jeux vidéos énervants (tel « Crise of Nations ») ! Aussi : oui, boire du vinaigre, excellent pour combattre aussi le diabète, deux cuillerées par jour, dilué !

Dans l’ensemble, c’est du connu : le thé vert, le chocolat noir, les noix, amandes; des fruits et des légumes ? Bien entendu, attention, aux couleurs foncés ! Dire « adieu » à mes chères petites fèves jaunes beurrées et mieux apprécier brocoli et épinard. Hum !

Et si vous n’aimez pas le vin rouge (ma folie !), buvez du Concord, dit Carper qui est amerloque. Du jus de raison et, évidemment, foncé. Quand Carper arrive aux vitamines (la D, oui, oui !) ou aux niacines, leptines ou statines (que je prend pour le cholestérol) il recommande alors les conseils précis de votre médecin de famille; tout le monde en a un après tout, n’est-ce pas ?

Ce « Cent conseils… » est à notre biblio publique, lecture essentielle ? Non. Je répète : grouillez-vous et manger comme du monde intelligent, restez ouvert aux actualités proches ou lointaines et vous vous aiderez à éloigner le « Alz ». J’ai vu ma chère acadienne, Yvonne (Robichaud-Boucher) longtemps indispensable copiste et correctrice qui sombra soudain dans ce « trou noir » terrifiant. Je l’ai vu pleurer d’une détresse totale et puis mourir. Je crains donc, comme tout le monde, ce « spectre » monstrueux qui me ferait oublier qui je suis et qui vous êtes, parents, voisins, amis lecteurs, camarades de ma longue vie alors je sors m’acheter du thé vert, du chocolat noir et j’irai gigoter dans le grand bain bleu de l’Excelsior sous ma mini-mangrove verte !

 

 

 

 

UNE TRAGÉDIE GRECQUE

 

C’est Médée (tueuse de ses enfants) en pantalon qui a eu lieu par ici. Imaginez tout un peuple, les mains sur les genoux,  attendant la noirceur dans les estrades de pierres de l’amphithéâtre grec. Imaginez un de ces sombres récits où la mort fait des ravages. Les héros sont des dieux ou des importants héros sortis des contes oraux de ce temps. Des longues torches, de courts s flambeaux, jettent des lueurs sinistres sur les glaives, les poignards, les dagues. Le sang ! Des cris ! La foule fige quand l’effroyable Médée éclate en lamentations. Imaginez maintenant, pas loin d’ici, un joli bourg avec des cottages coquets, cuisines branchées, celliers aux vins luxueux, dehors, beaux jardins de pépiniéristes savants, fleuris, chérantes piscines creusées et des grands bourgeois, des docteurs en médecine qui font rentrer au budget annuel un demi million de beaux dollars. En ce bourg coquet, soudain la tragédie…

Deux parents médecins respectés, dix ans de vie commune, deux beaux enfants gâtés… Mais l’amour, en Grèce d’Euripide ou d’Échyle comme partout ailleurs, l’amour c’est comme le vent, ça souffle où ça veut l’amour. La jeune maman, jolie blonde comme encore dans sa graisse de bébé, a un amant. Entendez-vous les affreux cris de deux bambins qu’on poignarde ? Il n’y a personne dans l’estrade théâtrale de Piémont, il n’y a personne dans le voisinage bourgeois, personne pour voir le cardiologue respectable en train de se venger de l’infidèle. Ô la jalousie du triste héros de cette tragédie laurentidiene ! Se venger. Mettre à mort deux jeunes vies que l’infidèle épouse a mis au monde. Se venger de cette compagne qui l’abandonne.

Cris d’enfants terrorisés, ensanglantés, dans la nuit de nos si jolies collines. Ô misère humaine ! Le misérable dieu, Narcisse, guide méchamment le bras de l’assassin dans les chambres du chic logis de Piémont. Orgueil du trompé. Vanité

Atroce qui exige la punition la plis ignominieuse. Deux jeunes innocents entrent vite dans « la lumière » des Croyants, au paradis promis. Rideau !

Imaginez, jadis, le public qui quitte l’agora, les estrades, les oreilles et les yeux accablés…. Médée en pantalon, vengé, se terre sous son lit. Un enfant gâté avoue qu’il est un imbécile aux policiers accourus dans cette rue quiète du joli bourg tranquille. Rideau ! Un jour, un dramaturge fera le récit de l’horreur de cette nuit d’orgueil fou, c’est certain. Télé ou cinéma. Ou bien au théâtre  de plein air, ici, à Sainte Adèle, rue Morin ? Un jury vient de déclarer que le meurtrier, l’infanticide, ce Médée en pantalon, était fou. Ah oui ? Fou d’orgueil, c’est bien ça ? Rentrons chez nos, braves gens, que l’on éteigne les torches.

NARCISES, TULIPES, JACYNTHES ET JONQUILLES !

Enfant né en 1930, jamais de fleurs dans mon monde.  Aucune. Nulle part. Des fleurs ?, futilité, « une affaire de luxe », pensaient les petites gens de mon temps. Sauf aux saints autels de nos églises les jours fériés. Que des pissenlits. Si vulgaires… Que les Italiennes de mon quarter allaient cueillir (les feuilles) en vue de laitues qui nous mystifiaient, sotte répugnance.

Dans Villeray, quelques exceptions pourtant, certains parterres, ceux des riches « professionnels », rue Saint-Denis,  notaires, médecins, avocats. Pas tous. Au coin de Jean-Talon, de biais avec La Casa Italia, une dame se fit vendeuse de bouquets. Pour « naissances, mariages et morts ». Elle se nommait en néon rose sur son enseigne : « Madame A. Lafleur, fleuriste ». Boutique pour « gens en moyens » évidemment.

Désormais, et c’est bien, on voit des fleurs partout. Dans des tertres municipaux, sur des poteaux à corbeilles, dans des platebandes, publiques ou privées. C’est souvent accompli avec du fort talent, des arrangements merveilleux parfois. Aussi, chaque printemps, comme ces temps-ci, je revois non sans un certain étonnement, de très fort nombreuses hordes d’acheteurs de fleurs dans des pépinières et j’ai ma favorite à Val Morin. Pour les capricieux il y a ces « bien connues » et très fréquentées serres à Lafontaine, vrai jardin botanique avec multiples offres, pas loin de Saint-Jérôme.

Bientôt, mon bonheur, je reverrai encore ma Raymonde toute souriante, gants aux mains, à ses pieds, maints sacs de terre riche et, dans des barquettes de plastique-mousse plein de ces petits pots aux « pousses » que l’on souhaite prometteuses. De vives couleurs naîtront tout autour de la haute galerie. Elle a le pouce vert, comme on dit. Des papillons, de jolis colibris excités viendront butiner au fond des corolles ouvertes, vibrionnant à leur aises. De la beauté suspendue !

Initiative nouvelle de ma part cette année : j’ai acheté des sacs de fleurs dites « sauvages » car je veux enjoliver cette partie du terrain du bord de l’eau comme « exproprié » par la Ville. À son comptoir, un jardiner de Val Morin m’a garanti les résultats : une joyeuse sauvagerie florale ! Ma hâte ! Ces jours-ci, j’étais donc « L’homme qui plantait des fleurs », cher Giono. Mon ex-prof de dessin quand j’avais seize ans, le célèbre animateur Fred Bach, aurait été fier de moi. Ah, nous revenons de loin, certains d’entre nous. D’un temps pauvre où l’on devait se contenter de dérober du lilas ordinaire dans certains parcs de Montréal ou certains jardins privés. Toujours désargentés, c’était le cadeau-bouquet banal —mais aux odeurs manifestes— à offrir à cette fille aux yeux doux, aux cheveux soyeux. Baiser langoureux en récompense ?

Circulant rue Saint-Denis l’autre midi, voyant tous ces gens radieux buvant du vin ou de la bière aux tables des parterres de tant de cafés, je me demandais pourquoi, jadis, personne ne songeait à installer une terrasse extérieure à son restaurant, à son bar ? Mystère. Était-ce seulement notre relative pauvreté qui nous a privé de fleurs durant tant de décennies ? Ou bien quoi donc ? Un certain puritanisme ambiant ? Une religiosité imbécile ou une sorte d’austérité niaise ? Quoi ? Bon, les temps ont changé, merci Dieu, souvent pour le mieux. Le printemps bien installé, qui n’admire pas jacinthes, jonquilles, tulipes et narcisses ? Qui ?

LA VIE DEVANT SOI

À ma très chère biblio-Grignon, ma voisine pour un temps, je trouve et je lis « L’espérance de vie ». Une autobiographie  par le fils du fameux Romain Gary, merveileux auteur de « La vie devant soi ». Suicidé. Ce rejeton de Gary a eu pour maman « Joan of Arc » Seberg, actrice suicidée. Un fils mal aimé raconte sa vie de jeune mondain « sexomane ». Tristesse. Lire m’est une vraie passion.  Pas pour ce Éric St-Onge, en 5ième au  collège St-Jean-Vianney, qui affirme ( La Presse) : « Avant, on lisait pour passer le temps, maintenant il y a l’ordinateur (et les sports) et c’est bien mieux ».

Je laisse dire. Vive la liberté !

À 9h. tous les matins,  derrière le « Joe’s-vidéo-poker », achat de mes journaux au « Le Calumet ». Essentiels avec le café.  Y lire l’envoyé à Port-au-Prince, Lagacé (La Presse). Le voilà qui accuse le peuple ( ô racisme !) : « C’est de leur faute tous ces malheurs actuels ». Quoi ? Pas de « vie devant soi »,  pas davantage d’avenir pour la pacifiste étasunienne, Rachel Corrie (voyez ça sur le web). Elle fut « écrasée à mort » à Gaza, par un tracteur de l’armée juive. Ne fut pas épargné comme cet étudiant « emblématique » à Pékin, Place Tienanmen.

Lire : Ignatieff-le-rouge, petit-fils d’un royaliste-blanc, se porte  au secours de la folle « bure » islamiste. Macho bien con notre néo-raspoutine? Ou bien francophobe complexé de Paris ? Ce décevant successeur du rat-dioneste (de Chapleau) protège donc l’odieuse tente-perso des femmes dominées. Non mais… Quelle cloche, ce raton-larveur,ma foi, vive Harper-le-bleu

Lire pire ? Ce critique de La Presse, Hugo Dumas. Un colonisé total. En ghetto jeuniste, qui, bienheureux, déclinait : Amy Winehouse, Keesha Rose Sebert, Flo Rida (sic), Ke$ha (re-sic), Taylor Swift, les Q Awards,  Dr Luke, Max Martinn, Kelly Clarkson, Katy Perry, Brit-Brit (?), Hedi Montag. Non mais…

Pauvre Hugo américanisé à l’os ! On est à mile milles du surdoué Pierre Foglia qui publie  : « Je vais mourir et les Israélites continueront à construire des colonies en Cisjordanie »,une encre autre n’est-ce pas ?  Celle de Nathalie Petrowski souligne le racisme soft d’un Léonard Cohen, ex-montréalais cosmopolite unilingue et le e compare avec Kate McGarrigle (sans plus de « vie devant elle »), qui fut full québécoise et fière de l’être. La même raconte aussi un Dany Laferrière longtemps peu lu, souvent découragé et soudain acclamé ! Ah !, Paris le consacre. « Au Salon du livre, on venait pas pour mon livre mais pour avoir « le Prix Médicis ». Sans cesse le colonialisme !

Plus de « vie devant soi » au si joli Lac Marois où j’avais deux amies, Mais ma Françoise Faucher a vendu. Ma Solange Chaput-Rolland est morte après un long séjour (bleu) à Sainte-Marguerite. C’est ma Raymonde qui me fit connaître cette député « rouge » de feu Boubou. Raymonde Boucher avait « mis au monde » sa série-télé à succès :  « Monsieur-le-Ministe ». Avec Michel Dumont. Quasi-sosie de P.-M. Johnson. Nous étions de des adversaires politiques mais nous nous aimions. J’aimais sa charmante « classe » outremontaise, elle disait apprécier « le p’tit voyou de Villeray. » Lire le Devoir où  une Louisiane Gauthier livre des souvenirs de ces Rolland. Et aussi sur feu Bruno Roy, leur protégé. Mon ami Brno, un « orphelin de Duplessis ». Dégueu : des médecins assermentés, les chiens, et un cardinal, cet homme léger, fichèrent comme « enfant fou » mon petit Bruno ! Pour recevoir plusse de piastres d’Ottawa. Et plus aucune vie devant eux ! Vous voyez : comme j’aime les journaux, sauf pour La Vallée, c’est un peu salissant mais lire sur I-machin ou  I-Pad sur un froid écran ordinatisé. Non, jamais !

Mort d’un orphelin

On le voyait à la télé, la dernière fois, Bruno Roy avait pas l’air de bonne humeur, son ami Gilles Carle venait de trépasser. Je souligne cela car, à chaque rencontre, mon Bruno montrait un heureux visage de bon vivant et, sans cesse, cette sorte d’optimisme que l’on voit bien accroché à ceux qui font, comme on dit, « une belle vie ».
Mon président d’union (UNEQ) m’a toujours semblé content de son sort, lui, le condamné duplessiste, il avait pu faire mentir les calculateurs sordides de subventions fédérales. Un évêque, un cardinal (bien Léger !) un chef de parti au pouvoir (Maurice-le-Bleu) avec des salauds, oui, oui, des médecins complices, osèrent déclarer des enfants « sans famille » comme des enfants « fous » ! En vue de ramasser plus de fric public qu’avec des enfants normaux. Donc sa belle humeur naturelle au Bruno Roy. J’avais saisi l’affaire, le poète, le parolier, le romancier, revenu de très loin, ayant failli rester collé dans des archives dégueulasses, comprenait qu’il avait eu une formidable chance. Que son destin était béni par des dieux inconnus, sans doute pas très catholiques. Pourtant, solidaire, il milita pour ses compagnons malchanceux, une légion de floués, troupe de malheureux, comme lui, classés « déments ».
Une religieuse l’avait épargné, la sublimation maternaliste (dic) de cette célibataire ensoutanée le sauva. Il fut épargné. Hasard. Ses talents firent le reste. Roy venait de publier sur « les bonnes chansons », rien à voir avec l’album de cet abbé Gadbois, enrichi puis fondateur de la radio-CJMS. Bruno venait de pondre une nouvelle chanson pour la « rousse » de Carle, Chloée. Bruno vivait en paix et, bang !, la fêlure, la chute. La mort. Pourtant Bruno Roy avait bien mérité de vivre longtemps. La dernière fois qu’on se rencontra c’était à la sortie des funérailles du patriote Bourgault, on avait pleuré ensemble. Puis, signal du Pierre farceur ?, la barrière d’un parking proche de la Basilique Notre Dame, se bloqua net. Mon Bruno, faraud, souleva cette jaune clôture, la tint au dessus de sa tête et me cria : « Vas-y, vite, passe mon vieux ! » Je lui dis : « Vas-y à ton tour, passe. Passe au paradis des vaillants orphelins. »

À PIEDMONT, L’AMOUR ET LA MORT !

En fin d’après-midi, en attendant l’ouverture de ma chère École Hôtelière, où Serge-sourire louange sans vergogne les plats du jour, je lis « L’Orestie », celui des sombres drames grecs, dans un « poche » payé une piastre. Que de sang versé, me disais-je, que de meurtres, que d’enfants égorgés ou empoisonnés ! Et ici ? C’est la paix dans nos collines, non ?

Non.

J’émerge, enfin enfin, d’une sorte de paralysie; on sait mon grand amour des enfants et voici un papa devenu fou d’une peine d’amour qui se venge et sort un couteau et tue !  Dans une coquette maison de Piedmont, un père, mon cher Eschyle, poignarde à mort ses deux enfants.

Stupéfiés, scandalisés nous apprenons : « un couple de deux médecins, un séparation, deux innocents tués ». C’est bref d’abord. Pas de ce « Temple solaire » comme à Morin Heights, ni dépravé pédophile, non, rien de dégueulasse, on nous répète : un médecin. Un spécialiste. Silence dans nos chaumières : une sorte d’intimidation. Quoi ? Ni voyou, ni  drogué ! Deux assassinats par un instruit « monsieur-le-docteur ! »

Un soir Il y a 400 ans avant Jésus-Christ, des gens s’assoient dans des arènes aux sièges de pierre. Ils sont venus entendre claquer la mort, écouter les pleurs, les cris, les larme de sang. L’Orestie à Piedmont, les drames sanglants du dramaturge grec Eschyle. Voyez ses mânes, ou ceux de Sophocle, se réincarnant avec des papyrus aux doigts, gémissant : « Février 2009, infanticides à Piedmont ».

Le funeste criminel n’aura plus besoin d’afficher ses beaux diplômes, il a beaucoup tué, ses enfants et l’épouse amoureuse en allée, aussi ses vieux parents, ses camarades de travail à l’hôpital de  St Jérôme, désorientés, ses amis incrédules, ses voisins étonnés. La mort ! Il est, son serment d’Hippocrate mis en torchon («  à tout prix,  conserver la vie » ). La mère doit fuir un futile poison : la culpabilité. Pas facile mais essentielle affaire. Lu seul est responsable du lâche assassinat de… de  nos convictions primordiales car «  On ne tue pas », m’sieur Moïse, n’est-ce pas ? Surtout pas ses enfants !

Il nous est si nécessaires de nous croire bons et humains, pas vrai ? Il a tué pour un temps l’espoir dont on a tous besoin en cette « vallée » larmoyante, si décevante à l’occasion. On veut croire au bons sens, aux sentiments équilibrés, à la bonté, à une compassion minimum. Non ? Ce soir-là, il y a des siècles, dans l’amphithéâtre sous les étoiles, l’écrivain Eschyle fait frissonner d’horreur tout un peuple, jour atroce se lamente un invisible chœur, ai-je vu des fantômes dans notre désert théâtre de verdure rue Morin et à Piedmont ? Une vanité éperdue, toute puissante, un orgueil démesuré du jeune mâle bourgeois, va aveugler totalement un coeur. Le glacer. L’armer d’un couteau. Cher Eschyle, on est encore en 2009 au bord des larmes et il n’y a plus aucune étoile dans le ciel laurentien. Nous nous taisons, Ce tueur-à-sarreau-immaculé nous fait éprouver une certaine honte.

Homo lupus homini ?

Oui, mais des enfants ? J’émerge enfin, enfin, lentement. On s’est senti comme sali par ce médecin fou qui ira longtemps en prison, c’est prévisible. Nous ? On ira se laver où de ça. On sortira de nouveau, le cœur gros, il faut bien nous raisonner, nous consoler. Aujourd’hui encore, partout, des gens prennent soin des petits. Dans des maisons, des garderies, dans des écoles, des cours de récréation. Un peu partout, il y a des gens qui savent et se souviennent, pour toujours, qu’on ne tue pas des enfants innocents. Jamais, m’sieur le docteur, surtout pas pour se venger d’une compagne en allée.