un ensoleillé vendredi 19 déc (Angela « rides again ») chap 8 (?)

 

(notes : j’achève « Chroniques martiennes » de Ray Bradbury, jamais lu ce pionnier de S.F., Je saisis sa grande réputation, Bradbury y jette du littéraire, habilement, ces très belles et ses imaginatives descriptions ( les étranges paysages sur mars) et cela sans « faire littéraire », ni cuistre, ni rien. C’est du fort et du bon.

Je lis sans cesse, rejette la télé. Ma liseuse (kindle) s’amaigrit, mon webmestre Marco va y voir.

À 6 h.p.m. ou le lendemain à midi, je m’amuse ferme à revoir à ARTV (au 28 en Laurentides) mes sketchs dramatiques pour « La petite Patrie », quelle candeur en 1945…quelle naïveté en ce temps-là. Frissons, oui, quand je revois ma mère ou mon papa mort en mai 1987, (dont je m’ennuie si souvent), le revoir vivant fantôme dans son caboulot, ce Jacques Galipeau, sosie véritable de papa.

Encore de bien noires nouvelles et toujours sanglantes (Australie, USA, Afrique, et ce Moyen-Orientaux mille misères (religieuses à las base). Et ici aussi…du sang à la une ! Brrrr…Dans mes gazettes, chaque matin, « la mort » toujours.

Quelle bonne paix, et bien peu appréciée, dans nos Laurentides ! Ce matin, encore un vacillement, eh oui, je titube (et bien à jeun ) durant un instant appuyé pourtant sur ma canne, à la porte du Boni Soir. Merde ! J’ai une neuve pataugeoire à eau chaude dans une clinique de physio et à 5 minutes de chez moi. Heureuses baignades de 45 minutes chaque fin d’aprè-midi.

Je note sur un calepin ouvert pour continuer Angela, carnet ouvert sur ma table à café, je ne faisais jamais ça (prendre des notes) quand j’étais jeune. C’est que ce nouveau récit d’auto-fiction m’énerve, une crainte bizarre car je suis bien content jusqu’ici. Mon admirateur précieux du Devoir (le critique des essais et de la non-fiction), Louis Cornellier, publiera-t-il encore : « Chef d’œuvre de Claude Jasmin », comme il l’a fait pour mon « ANITA » ? Je touche du bois…

Bon, à l’ouvrage pépère écrivailleur impénitent ! )

GRAND ALLAH DE MES DEUX FESSES !

Nos chefs politiques sont des peureux politiques, des pleutres dégueulasses, des mauviettes immondes. Ne rien faire face à d’innocents « enfants juifs » victimes des conneries fascistes de groupements Juifs, extrémistes de Jéhovah; dont Sainte Agathe fut infestée. Ces super-hassidims assassins d’âmes d’enfants, leurs leaders juifs, pas moins froussards et lâches, ne condamnent pas non plus ces dérives atroces.
Il en va ainsi des Musulmans. Par une sorte de puante solidarité, c’est aussi le silence face à leurs « fous » d’Allah. On ne les voit pas, on ne les entend pas, se dresser avec bon sens, par santé mentale aussi, pour condamner leurs congénères maniaques et dégénérés. Ces désaxés qui entraînent les jeunes gens —fragiles toujours— dans des actions meurtrières au Moyen-Orient. Quelle horreur pour cette mère de chez nous (La Presse) qui, impuissante, voit son grand gars sombrer dans l’horreur des extrémistes de l’Islam —une religion de paix au départ.
Mon Dieu, mon Dieu, comme je me serais battu furieusement, avec toute la force inimaginable d’un père révulsé, révolté par ces « tabarnacs » de prédicateurs de haine, voyant mon fils —ou un des mes petits-fils— fréquenter (rue Jean-Talon ?) une satanée mosquée extrémiste. Mon garçon , écouter pieusement un ces « kalices » d’immams » fous. Excusez, je sacre quand je suis en colère, hélas ! Je deviendrais fou de douleur, pauvre mère éplorée de La Presse, découvrant mon enfant aux mains de ces maudits religieux radicaux, ces sales « curés d’Allah », déboussolés. Oh mon Dieu, ma totale désolation : voir un des miens vouloir soudain apprendre l’Arabe et pire, le savoir parti pour, par exemple, la Syrie.
Mon fils parti pour tuer au nom de Mahomet, salade d’horreur, pauvres mamans perdues et désolées, ici comme à Berlin ou à Londres, enfant s mal grandis et victimes de ces prédicateurs de haine. Je les maudis tous ! On a eu, jadis, de ces troupes de connards enflammés —la Gilberte Coté- Mercier et ses sbires !—, tous avec drapeau au vent, un saint missel sous l’aisselle. le chapelet vissé aux pinces, portant le béret blanc et cherchant à enrôler d’autres naïfs québécois. Ces bandes disparues, autrement plus zélés que ces Témoins de Jéhovah pacifiques a nos portes le samedi ou dimanche. Tous, alors, nous avons caricaturé, vilipendé et injurié ces affreux zélotes-Bérets-blancs. On a eu ce courage, pas comme les muets et prudents complices « des fous » qui se taisent. Juifs ou musulmans. Triste sordide solidarité. Oui, des pleutres et des lâches. Une religion souvent dé-vie, (hors vie) devient folle. Le christianisme a connu ces horreurs, songeons par exemple au fascisme de l’Inquisition. Aux bûchers assassins partout pour éliminer « les tièdes » ou « les sorcières », une horreur du Vatican d’antan au nom du Dieu catholique.
Agnostique mais croyant, je fuis toute gnose, je me sauve des dogmes. Dogme, cette lie du monde spirituel, ces écrits de qui font du besoin humain de transcendance souvent une ignoble porcherie. Combien de jeunes garçons —les filles sont raisonnables davantage ?— aujourd’hui, au Québec ou aux des États-Unis, en Allemagne ou à Londres (tellement) partent pur le Moyen Orient pour y cueillir un obus, une bombe, une mitraillette. Ici même, à Sainte Adèle, venant d’apprendre l’affreux voyage d’un fils perdu, une mère pleure peut-être…

DES ÉCUREUILS NOIRS À GAZA ? ?

Toujours un livre à la main, étendu dans ma longue chaise dépliante, j’observe un écureuil d’une agilité folle. Il navigue, saute, vole, crapahute, se raratatine ou se déploie dans les arbustes sous mon balcon. En suis émerveillé. Tantôt, à la radio du midi, ce matin dans mes quotidiens, chaque soir tard à la télé : il y a l’horreur ! Enfants arabes ensanglantés, des femmes, des vieux, morts ou à peine un peu vifs. Innocents frappés par les bombes venus du puissant nord, du riche pays d’à côté.

J’entends de plus en plus autour de moi : « ces maudits juifs ! » C’est vite dit, vite jugé. Ça soulage vraiment ces violentes imprécations ? En tous cas c’est exactement le but poursuivi par les antisémites du mouvement HAMAS, des militants anti-Israël. C’est ça : «  Maudissez les juifs, mes dames et messieurs de tout l’Occident ! Ce sont des monstres, voyez les images des innocents ! » Stephen Harper dit vrai. C’est classique, c’est une stratégie connue, un des deux camps (le moins bien armé, le plus pauvre) installe de cibles innocentes (enfants, femmes, vieillards, civils quoi) tout autour, et même en dedans, des caches d’armes. Allez-y frappez monstres ! Au téléjournal : des écoliers les bras arrachés, les jambes coupés ! Alors fusent les : « Maudits juifs en marde ». Les badauds épouvantés avec raison vont gueuler : «  Sales juifs démoniaques ! » Le Hamas a gagné, il gagne : amener de plus en plus de monde à détester ce pays neuf. Pays que les anglo-américains ont offert à cette très vieille nation éparpillée partout. Victime du « pire des génocides » depuis le commencement du monde. Ce fut fait avec l’accord de l’ONU.

Un jour, il y aura union de tous les pays arabes ? Un jour il y aura la battue finale…pour rejeter à la mer (méditerranée) le juif maudit ? L’observateur pas trop bien informé se gratte le crâne. Partout on se réunit pour trouver une sortie honorable à ce singulier conflit. Ces Palestiniens révoltés font face à une vraie puissance et fort armé, Gaza, cette appendice d’Israël —appendicite éclatée maintenant— ils osent lancer leurs rares obus sur un tout petit territoire qui est une sorte de « succursale » des USA ! Mais oui, « d’annexe » du plus puissant pays les USA ! Désespérés, ces terroristes arabes ( les terroristes sont toujours des désespérés) risquent l’hécatombe des hécatombes.

Je jongle et vois mon noir écureuil sauter vers un sapin géant, il gambade, il ignore le monde des conflits aux rivages de Moyen-Orient. Contrée dont on rêvait, jeune, lisant cette trop belle Shéhérazade, ses merveilleux contes des mille et une nuit. Shéhérazade est morte, a été tuée, à jamais, à New York, le 11 septembre 2001. Ses tueurs venaient de Hambourg en Allemagne, étaient nés en Arabie Saoudite ! À la source des horreurs, la même affaire : Israël et ses occupations, ses colonies. Mes chères petites bêtes —tiens, voici un rouge-gorge, deux, puis voici un papillon-vitrail, puis une libellule très excitée, une mésange bec ouvert— elles vivent dans la paix, des bêtes. Pour elles toutes, jamais de garçonnet comme celui vu au téléjournal tout le visage en une bouillie effrayante, cette face de bombardé teinte en rouge de mort !

Partout, des autorités s’activent. Organiser une nouvelle trêve. Moi ? Je ne dis rien, je ne dis pas « maudits juifs ! », ni « maudits Palestiniens ! » Mais n’ai plus le coeur de me réjouir des bonds prodigieux de mon noir écureuil. Un deuil quoi.

UN COLONISÉ TRÈS ALIÉNÉ

L’auteur de l’excellente biographie de Jerry Boulet, Mario Roy, ne devrait pas sortir de son champ. Ce scripteur n’est pas bien équipé intellectuellement et il vient de publier une ineptie grave où il pisse sur l’ouvrage de Claude-Henri Grignon, où il chie sur « Mon oncle Antoine », le film de Claude Jutra. Tout    ça vaut pas de la chnoutte selon le coco de La Presse.

« Du folklore », le mot pris dans un sens dérisoire. Selon Roy, la vraie culture vivante vient des pays riches et puissants.. Quel colonisé ! La culture populaire des pays peu peuplés est sans aucune importance, donc, «  Séraphin », c’est lamentable, insignifiant. dérisoire. Attitude d’un aliéné. Pouah ! Si les artistes des pays de taille modeste veulent s’illustrer ça devient du pénible folklore.

Le Mario Roy donne le beau titre d’art aux artistes des grandes contrées puissantes. Les autres ? De la schnoutte. Le créateur de New York ou de Paris est un pondeur important. Mais le créateur de la Norvège ou de la Finlande…ou du Québec », des minables !

Le 29 janvier, le déraciné Mario Roy affirme donc que Grignon —«Les belle histoires des Pays d’En Haut »— c’est rien. Que « Mon oncle Antoine », c’est de la p’tite bière.  Que raconter le hockeyeur « historique » Maurice Richard ou bien cet enfant musicien surdoué, André Mathieu, c’est vétille et broutille. » Non mais…quelle cloche !

Fabriqué à Paris ou à Londres, à Los Angeles ou à New York, c’est du sérieux. Pour ce misérable déraciné les artistes  d’ici ne devaient s’exprimer, comme Moujadi Wouawad, que sur les grands sujets universels, qu’ « Incendies » —tourné par Villeneuve— se déroulant au Moyen-Orient, ça va.  Ce jeune exilé venu de Beyrouth, lui, a le droit de raconter sa petite patrie, si un Québécois le fait, c’est l’ouvrage d’un provincialiste. Les amusants contes de Pellerin (Claxton), c’est quoi pour Roy?,  du « p’tit esprit de village ». Les pondeurs de mythes ne doivent venir que des pays peuplés densément. Il  dit qu’il faut donc avoir honte de cette martyrisée « Aurore ». Plus aliéné que Mario Roy, tu meurs. Filmer la piscine à jet-set à  Kigali au Rwanda, ça c’est du grand art !

Je viens de lire le très ennuyeux roman « L’homme blanc » de Perrine Leblanc. Ça se passe en Russie, à Moscou. Oh, oh, les louanges pleuvaient du milieu colonisé ! C’est un plat navet. C’est bon, c’est si loin des Laurentides, pour les snobs à la Mario Roy, ce coco écrit qu’avant EXPO ’67, il n’y avait rien au pays. Le cave fait mine d’ignorer qu’il y a eu, par exemples patents, Arthur Buis, Olivar Asselin, Jules Fournier, l’ami de Grignon, Olivar Asselin, des géants alors qu’actuellement qui peut les accoter ? L’éditorialiste Mario Roy ? Un pou.

Ne parlons plus de nous, taisons nos existences, ne nous exprimons que sur Moscou, Kigali, Beyrouth et, en certains chics médias on applaudira. Quelle tristesse.

MOI SI J’ÉMIGRAIS…

Minute, marmotte ! Des citoyens d’Outremont, « religieux très pieux », se comportent en racistes ? Oui. Ils ne sont pas des Québécois et c’est ce qu’ils veulent. J’enrage, tais-toi l’écureuil ! Moi, émigrant,disons en Italie, je me transforme vite en Italien. Je fais tout pour que mes enfants puissent se sentir des Italiens, parmi les petits Italiens, au sein des petits Italiens. Ici, plein d’émigrants qui nous méprisent. Ça suffit, pas vrai le rat musqué ? S’intégrer à notre nation, 84 % on est.  Question d’épanouissement, d’intégration indispensable jadis. Je pense à nos Curzi, Nuovo, Corbo, tant d’autres. Ce refus est un raciste. Oui, le raton laveur sur mon bac noir !  dehors ! Si je n’estime pas les Italiens, je n’avais qu’à émigrer ailleurs. Eille, l’Arabe,  en Suisse fais comme les Suisses. Sage et vieil adage partout. Avec minarets ou sans !

En 2009, nous sommes entourés d’émigrants qui se « renferment » en ghettos nostalgiques. Pour s’imperméabiliser au centre-ville à 84 % de la population. Ces ghettos se multiplient, malsain, comportement. Méprisant. On dirait un reproche à ce que nous sommes ! Bizarre. Oui, un racisme, dans « Parc Extension », dans « Côte-des-Neiges », ailleurs.  Une erreur et une attitude insultante. Là, il y a grogne. Réaction, protestation. Les Hammisch, intelligents, colonisent un territoire précis aux USA. Parmi nous, le « ghetto encouragé » (sauce multiculturelle à la Trudeau-le-jetsetter-anational,  qui voulait nous diluer) est un piège à cons, nuisible aux émigrants abusés. Par la mollesse imbécile des chefs politiques actuels. Par notre complaisance de mous. Par la tolérance accommodante des mollusques aux pouvoirs.

Oui, mésanges voletantes, m’exilant au Moyen-Orient, je m’intègre, je lis le Coran, j’étudie les us et coutumes de ma nouvelle patrie, l’histoire de mon nouveau pays, sa culture  ancienne ou populaire. Ce nouveau monde où je décide de refaire ma vie exige ce respect. Ici au Québec ? Pas d’espace pour le bon sens ? Moi, migrant, tout faire pour que les miens ne se sentent pas trop longtemps « des étrangers ». Il est important de me fondre à cette nation où j’aurais décidé de m’installer. Cette simple logique ne fonctionne pas au Québec ?  Nos « carpettes » en autorité encouragent le ghetto maudit, le subventionne (via un cégep traître, Marie-victorin) multiplient les entorses aux lois. Ils font en sorte que les enfants de nos émigrants perdent des chances de devenir des citoyens parmi les autres. Danger car ils hypothèquent leur bonheur. Et si un Richard Martineau dénonce « qu’au Moyen-Orient c’est le rejet total face aux autres cultures et religions », la « nouille » Lysiane Gagnon rétorquera : « De sales dictateurs en ces contrées,rien à faire. » Autrement dit : « Vos gueules, les Martineau et abandonnons tous ces abusés aux mains de ces tyrans despotiques ! » Belle pensée humanitaire. Dire aussi que l’enfermé en ghetto est comme encouragé dans son mépris raciste à notre égard par trop de Québécois américanisés, aliénés (tel Hugo Dumas et Cie), colonisés dominés par la culture « pop and rock » des riches voisins. L’émigrant l’imite, jouant le minoritaire consentant. Ce tout greffé à l’« amerian way of life ». Adieu alors le respect de notre culture et du français au centere-ville. Redressons-nous, debout ! Tiens mon Noireau-Barak, une pinotte pour ta gueule !

LA VÉRITÉ SUR ISRAEL ?

En Israël on les appelle « les nouveaux historiens ». Ils veulent la vérité, ils osent révéler des choses trop longtemps cachées, tues. Y a-t-il eu, oui ou non, une « nettoyage ethnique » (anti-Palestiniens) lors de l’installation de la neuve jeune patrie nationale ?
On va fêter là-bas : 60 ans. Ici, au Québec, c’est 400 ans et on veut aussi mieux savoir le sort fait aux Amérindiens de 1608 à 1760 (année de la Défaite, ne jamais dire la Conquête s.v.p.).
Nous lisons de ces faits cachés grâce à Dominique Vidal via Le Monde dans le journal « Alternatives ». Vrai ou faux que près d’un million de Palestiniens furent déracinés, forcés à l’exil dans des camps de l’Onu, chassés ?
Y a-t-il eu des massacres ? Y a-t-il eu 11 villes palestiniennes vidées et plus de 500 villages ?
Ces courageux « nouveaux historiens » juifs l’affirment.
« C’est une guerre », disait Ben Gourion. Non ! Faux. Ce fut une sorte de génocide, affirment ces historiens nouveaux juifds. Il y avait un fichier, des listes noires, de ceux qui s’opposaient à Israël naissant. Par des soldats juifs encagoulés, ils furent poursuivis et abattus !
Et la Parole qui dit : « Ne fais pas aux autres… ». En 1947, 1948, les Juifs d’Europe —peuple sans patrie— sortaient pourtant (pas tous !) tout juste de l’épouvantable shoa des Allemands nazifiés. Comme en France face à l’Algérie indépendantiste, c’est encore le silence complice sur ces horreurs. Les révélations actuelles sont faites « par devoir » et « pour l’Honneur », disent ces Juifs lucides. La franchise historique, même en retard, embarrasse Tel Aviv et Jérusalem.
Jérusalem qui devait devenir selon l’ONU de 1948, un troisième terre en partage, zone inviolable, consacrée aux Lieux saints. Il y a eu d’étranges complices : la Jordanie, l’Égypte, des pays d’Arabes !, qui gagnaient —en se taisant— des espaces supplémentaires. Tout comme Israël s’agrandissant.
Ces populations palestiniennes expulsées, chassées, font qu’en 2008, la guerre là-bas continue toujours, avec jeunes kamikazes horribles, on le sait trop.
Enfin, on jette à terre de vieux mythes répandus :
1- Un jeune pays nouveau faible, pauvre quand on sait mieux que UTRSS et USA soutenaient volontiers —ventes d’armes modernes, abondants supports militaires techniques— ces exactions épouvantables.
2- Trahison des promesses d’Israël à Lauzanne, en Suisse —« on fera la paix »—, reniement sur reniement par la suite.
3- Dès juillet 1948, chasse-aux-Palestiniens et, carrément, saisies de leurs biens, des propriétés de ces centaines de milliers d’expulsés de force.
Comme si souvent entre pays fragiles, il n’y a pas eu de solidarité entre les peuples arabes. Là où il y avait du pétrole à vendre, ce sera : bouchons-nous les yeux, fermons nos oreilles. « Business as usual » quoi ! Une honte ? Oui. L’humaine condition toujours égocentrique et trop bien connue. Il reste que les valeureux sionistes des débuts n’avaient certainement pas imaginé cet affreux nettoyage ethnique des Palestiniens.
Reste qu’Israël d’aujourd’hui et ses riches complices USA-URSS —sans un révisionnisme astucieux, calculateur et mensonger— par souci de vérité —et de justice— se doit d’admettre ses bavures gigantesques en ses commencements.
Et réparer cette shoa des Palestiniens (sans fours crématoires, Dieu merci). Ca va de soi, bien entendu de ne plus maintenir des colonies hors-territoire; celui accordé par l’ONU. Cet apartheid (avec muraille) a assez duré. Une vraie paix fera cesser tant de conflits chez tant de jeunes fanatisés un peu partout dans cette partie du monde.

OUI, OUI : NOUS SOMMES LA LIBERTÉ !

Ça suffit de tergiverser. Pas besoin d’être pour ou contre M. Harper à Ottawa quand il s’agit de secourir un monde arriéré. Ne craignons pas les mots. Ni les faits têtus. L’Afghanistan est une contrée arriérée où règne une barbarie, une misogynie catastrophique, où des Seigneurs (de mes deux fesses) font la loi, la loi des mâles chauvins. Je suis en faveur d’expédier en ce « moyen-âge-de-2007 » nos soldats.

À Kaboul, libéré (!), ce fut le retour des guerriers anti-URSS, restés des chauvins et anti-féministes crasses,mais… Mais cette neuve démocratie (!) a chassé violemment une femme courageuse, élue, qui interpellait fameusement cette assemblée nationale : « Des brutes épaisses » pour un bon nombre, « Une étable » aux animaux funestes, a-t-elle déclaré. Et plus au sud, se cachent les Talibans maudits, davantage arriérés, enrôlant des gamins fanatisés pour des suicides « patriotiques », enfants-kamikazes, effrayants pour nos soldats exilés.

Je ne suis pas de ces pacifistes tordus. Se souvenir toujours des « pacifistes » candides et bien cons quand le fascisme et le nazisme s’installaient en Europe. Je ne suis pas non plus de ces « citoyens du monde » jouant le déracinement volontaire. Par mépris mondain et honte inavouable de leurs propres patries. Je suis « pour la guerre » en Afghanistan. Pour nos soldats qui partent combattre la Grande noirceur. Je suis pour le combat des exploiteurs. Pour la guerre là-bas où ces seigneurs-de-mon-cul s’emparent des pouvoirs pour maintenir l’ignorance et profiter des subventions venues de l’Occident. Pour encore mieux établir leur main-mise sur des exploités.

J’en vois de ces bons apôtres réclamant le « chacun chez soi ». Le « Mêlons-nous pas de ces situations géo-politiques». Là se situe les égoïsmes bien connus depuis le début des temps. Cette position de « gras durs » indifférents au reste du monde est une honte. D’où vient cette crainte niaise d’assumer la réalité, ce tabou imbécile ? Allons, nous sommes en net progrès -et pas seulement en démocratie- par rapport à tous ces pays du Moyen-orient, cela est une réalité claire.

Sur notre petite planète bleue, par solidarité humaine, nous avons le devoir de combattre ces diaboliques et délivrer les multitudes, otages des « fous de Dieu ». D’éliminer ces pirates « seigneuriaux » et surtout ces Talibans enrégimentés pour maintenir dans la merde des populations bafouées, ignares. Pourquoi ne pas admettre que nous représentons le progrès ? D’autres avant moi ont souvent conspué cette « humilité », ce masochisme imbécile et ils ont fustigés avec raison notre bizarre besoin de nous peindre en noir absolu.

Ce n’est pas un mensonge, ce n’est pas de la fatuité, ce n’est pas du tout de l’arrogance que d’affirmer notre supériorité, c’est une réalité. L’essentiel « principe de réalité » est une totale inconnue chez ces « pacifistes » à la noix. Nous pouvons secourir, les armes à la main, une misérable humanité, il s’agit de générosité, d’une compassion nécessaire.

Je suis « pour » cette guerre, misérables Rima Elkouri ( voir La Presse 18/7/07) ! Pour le soutien de nos soldats exilés. Pour la délivrance un jour de nos frères et soeurs lointains vivant sous la botte des fieffés souteneurs de la « Noirceur » en Afghanistan. Un fervent indépendantiste québécois ne doit pas se servir de dessein politique -l’anti-Ottawa, l’anti-Harper mécanique- pour attaquer notre secours armé là-bas. Ni pour miner la confiance des combattants, Ni pour humilier leur « geste » héroïque, honorable. Patriotes Québécois l’heure n’est pas à nous servir de nos oppositions, tactiques honteuses, pour condamner les militaires expédiés, en ces contrées dangereuses pour changer des destins pitoyables. Corriger l’injustice effroyable, gigantesque chape de plomb sur des hommes et des femmes primitifs -oui, oui, primitifs- et innocents.

Je suis pour ces combats en Afghanistan. Esprits libres, il ne faut pas craindre, jamais, de lutter contre un sentiment unanime qui, sondage après sondage, fait voir que les Québécois sont « contre ». Ayons le courage de fustiger cette unanimité fadasse, de la dénoncer. Ce pauvre instinct d’un grégarisme douteux joue « la vertu » au moment même où la civilisation « supérieure » -mais oui, supérieure- doit être offerte en partage aux « humiliés et offensés -cher Dostoïevski. La vraie horreur serait de nous confiner avec superbe et lâcheté dans nos splendides conforts, de déclarer : « Qu’ils se débrouillent entre eux ces pauvres cons de mahométans en robes et en sandales» ! Ce sera l’honneur de nos régions prospères, occidentales, de pouvoir dire un jour : « Nous avons contribués à délivrer nos frères orientaux de leur intolérable noirceur ». Au neveu Claude (Boucher) en devoir là-bas, nous te disons : Bon courage !

KIRPAN : L’INTÉGRATION BORDEL !

KIRPAN : L’INTÉGRATION BORDEL !

Pas 56 questions à propos du « canif » religieux des Siks. Une seule :voulons-nous et veulent-ils, nos émigrants, l’intégration au plus tôt ? Dans les pays anglo-saxons —sorte de mépris, de racisme soft— c’est le mode communautarisme. Résultat néfaste à Londres quand l’on découvrait que les terroristes du métro étaient nés en Angleterre ! Prêchés par des imans islamiques fanatiques. Tragique leçon ce communautarisme-séparatiste qui engendre la ghettoïsation. Depuis le fier-pet PET et ses suiveurs, on organisa à Ottawawa, via la Chartre des droits (sans devoirs).

On vient donc de cracher sur nos juges québécois (cour supéreure) qui disaient intelligemment « Non au poignard gainé dans nos écoles québécoises. »

Ce communautarisme tous azimuts fut baptisé au Canada « multiculturalisme »; une tentative de nous diluer. La nation québécoise ne serait plus qu’une autre ethnie parmi tant d’autres. Oh, cette haine viscérale du nationalisme québécois ! Les trudeauistes entretiennent toujours cette haine, un « racisme inverti », une honte de soi. Les 8 super-juges d’Ottawa donc proclament « Oui au kirpan des « séparatistes » Sirkh à l’école ! »

Et l’intégration bordel ? Place dans notre monde enfin laïcisé à toutes les théocraties ? Sur ce sujet, la France, elle, est exemplaire. On me dira : « Les incendies dans les cités ? » Pas vraiment pour cause de racisme, avant tout une question économique, le chômage des jeunes « beurs ».

Un matin, on m’invitait chez Bruneau, aussi à LCN-TVA, pour un débat là-dessus. Soudain mon Bernardin-recherchiste au téléphone : « Annulé ! Ne venez pas, on ne fera pas ce débat. »
La peur !

Bientôt on dira « Oui à la polygamie » ? Quoi, faut de la tolérance. Une seule vraie question : ou des écoles séparées des nôtres (juives, grecques, arméniennes, etc), ou bien l’intégration au plus tôt. Qui est le salut, le bonheur, l’épanouissement des enfants d’émigrants. Nous le savons trop, notre ancienne voie unique fut catastrophique en chassant de nos écoles publiques utra-catholiques et des cours de récréations « tous les autres ». Si je m’exilais, jeune homme, m’installant pour toujours au Moyen-Orient (ou ailleurs) vite, j’étudierais, d’abord la langue, je lirais le Coran, je m’informerais à fond sur leur histoire, leur patrimoine collectif, les us et coutumes de mon nouveau pays. Pour mes enfants surtout, je ferais tout pour m’intégrer le plus tôt possible à ma nouvelle patrie. Ici, une sorte de mépris ?, des émigrants qui sont encouragés à ne pas changer avec ce débile communautarisme à « rectitude » conne.

L’émigrant, Sikh ou Chinois, etc., devrait accepter et étudier notre histoire, notre patrimoine religieux. Trois siècles de catholicité, c’est une réalité incontournable. Nous n’avons pas à retirer les sapins ou les crèches de Noël pour nous aplatir et faire oublier nos sources, nos racines. Chrétiennes forcément. Stupide renoncement, allons devenir une « majorité invisible ?, nous sommes plus de 80 % hors les ghettos du centre-ville montréalais. Ne pas l’oublier. Il n’y a aucune commune mesure entre un coutelas religieux et les symboles de notre longue histoire, devrait-on démantibuler la croix géante du Mont Royal, faire démolir l’Oratoire du frère André ou la si « choquante » vieille église Bonsecours au port ? Niaiseries n’est-ce pas ? La majorité des Québécois, certes non-pratiquante, respecte ce passé historique qui nous a fondé.

Le nouveau venu se doit d’apprendre, d’étudier notre histoire, celle de sa nouvelle patrie. Les 8 juges rouges à hermine s’avancent, inconséquents, avec l’idée que l’émigrant n’a pas vraiment émigré ! ET qu’il peut garder intégralement ses anciens attachements. Sotte tolérance :ce communautarisme favorise toujours le regrettable ghetto. Cela qui sera le malheur des enfants d’émigrants car ils souhaitent devenir « comme le autres autour d’eux ». Vieux principe d’essentielle grégarité, besoin vivace :un enfant ne souhaite qu’une chose, faire partie intégrante avec ses copains, du monde qui l’environne. Il y a eu tant de tristes récits littéraires illustrant ce très profond malaise de n’avoir pas pu, enfants d’émigrants, s’intégrer. Ces parents fanatisés nuisent à ce souhait normal.

Faut faire cesser l’odieux : « Retourne-toi-en-donc-dans-ton-pays ». Non ? Je plains cet ado Sikh visiblement manipulé par son père, si effrontément « contre » l’intégration harmonieuse. Un jour, vous verrez, le poignard jeté, il écrira à son tour un récit pour blâmer sévèrement ce « mur » dressé par son papa niais et le brillant avocat Julius Grey, bien payé pour l’éloigner d’une intégration nécessaire en sa nouvelle patrie, le Québec.

Le jeudi 11 avril 2002

Le jeudi 11 avril

À CŒUR OUVERT(?)

(J .N .)

À COEUR DE JOUR (?)
1-
Hier, bain de soleil, oui, oui, sur la galerie d’en arrière. Transats ouverts, le jaune d’aile, mon rouge. Lectures variées sous l’astre !
Moi avec le  » Courrier  » et Aile avec  » L’Actualité « . La belle vie. Enfin de la chaleur. Mes vieux os criant famine ! L’amie Marie-Josée m’achalait de son trottoir de piqueteuse :  » Quand vas-tu fesser le polémiste, notre grève t’intéresse pas c’est ça ?  » Hier avant le souper, bang ! . je me décide, je grimpe à ma salle des machines et je crache une  » lettre ouverte  » pour la grosse  » Presse « , je veux que ce soit lu. Et le Journal de  » Monrial  » ne publie pas de ces polémiques. Lâches qu’ils sont. La foule! ? ils s’en contrecrissent ?  » Business « , 888-8888, et ne pas froisser nos chers clients ! C’est ça ?
Content de ma  » défense et illustration  » de ce Radio-Canada de ma jeunesse ! N’en avais plus rédigée de ces brûlots brefs depuis que je tiens journal ici. Va-t-on la publier ? On verra bien.
Je reçois des courriels chauds, lumineux parfois, mon secret souvent (je me fais des copies pour archives) mais que ces correspondants sachent qu’ils sont un moteur. Ils me font continuer. Car il m’arrive (comme pour tout le monde sans doute) certains jours de me dire :  » à quoi bon ? Cessez tout cela. Ne plus rien faire que lire en paix « . Ces témoignages si gentils font que je sursaute et je fonce de nouveau dans ma manie scripturaire. Continuez donc!
2-
Ce soir aller au petit château-Chambord pour souper avec les garnements ‹si grandis‹ de ma fille, Éliane. Elle est à Québec avec mon gendre l’internaute savant, Marco. Congé d’ados, repos, vacances,  » lune de miel des 50 ans  » ! Je ne sais pas trop ! Pas de mes affaires. Un  » beau-pater  » doit se la fermer  » bin dur  » , non ? Puis, ce soir, aller conduire le benjamin Gabriel chez des Jasmin (Gaétan, de la fesse gauche) à Pierrefonds!
! .et puis demain à 2 h une limousine (yes sir, le Scully sait faire ! ) viendra me prendre pour aller à Ville La Salle jaser pour  » Bibliotheca  » , sur  » La pertite poule d’eau  » et bien d’ autres choses.
Samedi matin, filer en Jetta vers le  » Saloon  » de Trois-Rivières. Un lieu sympathique, davantage que la grosse foire montéalaise de novembre. Revenir à Montréal dimanche soir.
Absent donc du journal pour trois jours et cela, oui, oui, me chagrine. Habitude bien ancrée donc.
La gentille et dévouée Katleen ( » une ourse aux pattes de velours « , lui ai-je courriellisée et elle a pas protesté ! ) de chez Trois-Pistoles me commande un communiqué (hen quoi ?) pour ce journal qui sortira en septembre. Oui, hen ? Quoi? Déjà ? C’est que les distributeurs de livres préparent  » très d’avance  » leurs pubs et commandes aux camions de livraison et aux libraires.
Bon, quoi mettre ? Rédiger du  » fou  » ?  » Claude Jasmin sans aucune pudeur, s’ouvrant de façon innocente à tous, livre tous ses secrets les plus intimes, ses maux de ventre et de coeur, il ose raconter ses manies secrètes!  » Vous voyez le genre. Mensonges libres. Faciles. Mais non., je ne ferai pas ça. Aussi , diable, pourquoi l’éditeur ne fait-il pas ce boulot ? C’est son job. Moi : je risque de minimiser l’importance (hum) du journal ou alors d’exagérer sur son contenu. Menteurs comme on est, les écrivains. Vains. Je ris de moi.
3-
Hier soir, le frère Untel, devenu bin réactionnaire avec l’âge, racontait à canal  » Historia  » les folies furieuses lors de l’installation en vitesse Grands V, des écoles gratuites (désormais) sur tout le territoire. Propos fascinants. Improvisations et corrections qui pleuvent. Jérôme Desbiens, enrégimenté derrière le fameux Rapport Parent a fait ce qu’il a pu. Avec bon sens sans doute. Il y avait, il l’a dit avec une formidable franchise, toutes sortes de freins :politiques, économiques, sociologiques, catholiques, d’affaires, etc.
Il y eut le favoritisme ordinaire : de si grosses bâtisses à couler dans le béton, on imagine architectes, ingénieurs et entrepreneurs autour du fromage gigantesque ! Une honte ? Non, la loi ordinaire en société humaine, hélas. Desbiens a admis des tas d’erreurs. Ces polyvalentes de 3,000 écoliers, par exemple. Le réseau des bus  » jaunes  » à installer partout .
Ah oui, une émission savoureuse. Cette liberté niaise, ce laxisme imbécile des années ‘ 60 où, dit-il, plus personne n’évaluait personne. Chaque prof faisait à sa tête. I y eut les chamailles de 1968. Des grèves sauvages. De la casse. Du vandalisme. Je me souviens bien du milieu  » arts  » en ébullition. La marmite sautait quoi ! Il dit qu’il a vu tout cela, de très près, ouen, enfermé dans le bunker bureaucratique ? Le brave frère Mariste qu’il est resté tente de partager les blâmes. Pas facile, il faut l’admettre….L’inverse du  » free for all  » viendra, aujourd’hui mes  » beauf « , des profs, me le disent, qu’il pleut des formulaires à gogo, des réformes contradictoires à gogo, de Québec, la bureaucratie, pieuvre connue, indispensable lierre, je le sais bien, je n’ai plus 20 ans, s’est installé et avec vigueur. Contrôles partout. Trop ? Eh !
4-
Début hier soir de!  » Les Caruso « , un titre du genre. Canal  » Séries plus « . Bof ! Plate. Toujours la même sauce. On en a assez vu. La maffe classique ou non, et bang bang ! Je te tue, tu me tues. Lunettes fumées. Habits bien coupés. Familles bien aimées malgré le sang versé dans les garages et les parkings. Oh oui, assez, suffit, clichés, stéréotypes. Valise bourrée, fuite, cachette, on en a raz-le-ponpom, non ? Vu, aussi, ainsi,  » Le dernier chapitre. La fin. Plate. Confus. Voyages vides de sens sans cesse Toronto-Montréal. Lassant. Luc Dionne a perdu sa touche-magie du temps de  » Omerta  » ? Assez oui c’est assez. Le sujet est devenu rebattu,. Redondant. Trop de stock partout sur ce sujet. Revenir au bo vieux film  » Le Parain  » des débuts et y rester quoi ! Avec ce Marlon Brando si imposant. C’était du neuf. Puis vint les séquelles! (fatal en cas de succès, avec tous ces pondeurs parasites paresseux)  » suites  » devenues ennuyeuses comme la pluie.
5-
J’ai donc envoyé ma  » lettre ouverte  » sur le Radio-Canada d’antan à La Presse, et je fustige la mode (le mode)  » contractuels  » et  » pigistes  » pour tous ces jeunes diplômés, ballottés sans cesse, incertains de l’avenir. Pourquoi ce temps nouveau ? Pour mieux contrôler, intimider, ces non-syndiqués ? Sans doute ! Si la SRC ne répond pas à mes questions, je le ferai, moi, et ça va cogner en vérités inavouables. Je vais guetter la réaction des patrons. S’il y en a une de réaction. On connaît l’astuce du silence. C’est un classique ! Et puis, à  » La Presse « , voudra-on défendre cette cause des  » permanents  » ? Oh, oh ! Lisez sous les articles : partout,  » collaboration spéciale « . Oh ! Et de plus en plus ! Un bon signe hein ?
Ma honte, hier à l’École-Bouffe, ai pris des beignets. Une pleine boîte Et un sac ce chocolats frais ! Ma grande honte ! Aile souriait, la méchante. L’air de me dire :  » Vilain et méchant garnement va !  » Elle y plongera autant que moi, la démone. Je vais engraisser rare ! Tiens, reviens du lunch, délicieux potage, bisque au homard, iam ! Et Aile :  » Pour ces chocolats et ces beignets, tu apporteras tout ça rue Chambord ce soir !  » Eh ! Pas si démone que je croyais. Si pleine de bon sens, cette femme m’ est indispensable, on le voit bien. Suis remonté au clavier avec un! dernier beignet graisseux ! Petit voleur va ! Môman rit au paradis !
La grève menace au J. de Mtl, rue Frontenac. Une autre. Des souvenirs montent quand je vois les lignes de piquetage boulevard René-Lévesque. C’est la  » petite  » guerre de 1959. C’est la peur. Crainte de voir s’éterniser un conflit. La frousse que le chef syndical ne soit pas assez lucide, ou pas assez courageux ou, au contraire, trop vantard. Aveugle. Ou bien menteur. Ratoureux. Démagogue. Des dos qui se tournent. Pertes d’amis scabs. Sales jaunes ! La solitude. Réunions où l’on tente de nous stimuler. Enfantillages souvent.  » Pep talk  » bien con ! Soupe populaire où j’étais l’aide-chef d’un régisseur habile. Marches dans le matin froid. Pancartes injurieuses. Janvier passe. Février passe. La peur du chômage pour longtemps. Les rumeurs folles. Les déformations. Les communiqués patronaux pour intimider les grévistes. Les réponses qui crânent. Des cris de rage. Des chevaux de la police. Un peu de coups. Vandalisme de nuit. La faim qui grimpe. Le loyer pas payé rue Saint-Denis. Mon père, pas riche, très mécontent. Oui, la grève c’est la guerre.
J’ai entendu : « le soufisme est une religion de mendiant !  » Ah ! Comme je sais peu sur les  » autres  » religions. M’instruire un bon jour. Ces temps-ci mon fils s’est mis à l’étude du bouddhisme. Il m’apprendra des choses ? J’ai hâte. Religions de mendiant ? Quelle affaire ? Des  » Mendiants  » ? Et les franciscains, oui ? Les capucins ? Non ? Les Dominicains ? Pas du tout ? Et nos Jésuites ? Longue histoire que toutes ces  » communes « . d’hommes et de femmes. Les Sulpiciens de Paris qui se font offrir toute l’Île de Montréal ! Pas trop mendiant dans le genre ? Lire sur tout cela. Oui, quand ? Mais quand ? Ces querelles, les Récollets tassés, méprisés et chassés de ce Québec, bigot et pieux. Avant, les Jésuites bannis par Rome.  » Quid  » au juste ? Et puis repris, remis en honneur. C’est quoi toutes ces tractations para-religieuses ? Je n’en sais que des bribes. Ah oui, vouloir trouver du temps pour apprendre mieux. Ainsi, à partir d’un terme entendu à la télé :  » ordres mendiants  » l’envie de me jeter dans des lectures qui pourraient m’éclairer. Je ne le ferai pas. Cela aussi!  » pas le temps  » ! On dit toujours ça, tous, et on reste des ignorants.
6-
Coup de fil de TVA :  » Bonjour m’sieur Jasmin, on cherche qui viendrait jaser sur nos ondes à propos du chef d’orchestre (Dutoit) qui claque la porte découvrant de la gronde anti-chef à l’OSM.  »
Eh b’en ! Je recommande à cette recherchiste de TVA de dénicher un musicien qui a vécu les coulisses de la Place des arts. Pas moi, c’est certain. Je ne sais rien. Est-il un dictateur, un tyran horrible, un despote effroyable ? Comment savoir ? Même un critique comme Claude Gingras n’en sait rien. À part les racontars de corridors de la part! de musiciens! paresseux, fainéants graves, ou, au contraire, éc¦urés d’être traités comme valets, comme des  » moins que rien « . Comment savoir ?
Le Thierry Ardisson l’autre soir à canal TV-5 :  » Pour des morts comme Marilyn, comme J.F. Kennedy,  » la fille secrète  » Mazarine, comme d’autres  » affaires  » encore, on a fini par apprendre qu’il n’y avait pas de  » fumée sans feu « , et accepter l’apparence grave de complot, n’est-ce pas ?  » Ardisson parle au chef de l’OBS, Joffrin, qui est en studio. Il continue :  » Alors, vous fustigez ce livre (de Messien ?) qui parle d’un complot-Cia-Pentagone pour Manhattan bombardé, le 11 septembre, mais, ‹dit le Thierry avec sa face à claque et sa tête de lascar‹ dans vingt ans ou moins encor, on apprendra des choses, comme on a appris pour Kennedy, pour Marilyn. Alors, faut-il faire taire l’auteur qui dit  » complot « .
Puis, il avance qu’on aurait dit très publiquement dans une satation de province au Moyen-Orient :  » il y a eu un cortège de 150 voiture quand Ben Laden a dû quitter la frontière Afghan-pakistanaise !
Ardisson : « Comment ça se fait que cette nouvelle a été abandonnée ? J’ai contacté toutes les rédactions et on n’a pas trop su quoi me répondre. Le Ben Laden, oui ou non, serait-il protégé par ses anciens supporters et amis, les USA ?  » Sil4nce en studio puis le rédac-chef de l’Obs, la mine faussement contrite, rétorque :  » Je vais voir ça , c’est promis !  » Un bon moment.
Vaste question! mais d’abord pour Marilyn et Kennedy, il s’agit toujours, en 2002, de rumeurs et d’hypothèses. Et la jeune bâtarde de Mitterrand c’est du  » pipi de chat  » face à l’histoire ! Il mélange tout. Ardisson sombre ainsi dans le journalisme pour amateurs de fantaisies niaises. Décevant.
Même  » show « , car c’en est un : le Finkelkraut (?) lance soudain au Thierry, pour son juron favori :  » Tabernacle  » ! Sursaut en la demeure ! Il dit qu’il a appris cela en venant au Québec. Surprise amusée chez nous ! On sourit : une reconnaissance par nos sacres ? Mieux que rien. Puis il récite, de sa voix caverneuse qui porte, sa version novelle de la fable de Lafontaine :  » Le renard et le corbeau  » où il moque une certaine féminisation des mots fort! gaga. Excellente version en effet ! Et quand l’Ardisson lui dit :  » Vous fûtes maoiïste, oui ?  » Il répond rieur :  » Mais oui, oh oui, trois semaines environ, et j’étais bien jeune !  »
Bref, vous voyez, on est un peu éloigné de la télé puérile et bruyante de  » La fureur  » ou de je ne sais que quizz débile. En fin de compte, toutes ces chaînes dites spécialisées ont sauvé du naufrage total ce médium ‹bien aimé désormais‹ que je m’apprêtais à détruire à jamais.
Envie de lire Charles Péguy en écoutant le même philosophe invité chez Ardisson-fourre-tout. Il a dit qu’on avait défiguré le poète le plus important de son époque, qu’on l’avait effrontément amalgamé, après sa mort, avec la droite catho, les Maurras et Cie. Les pétainistes, hélas, s’en firent un héros. Enfin, il a recommandé de lire Péguy sans ces diffamateurs conscients. Mais je le trouverai où ? En biblio ? Ici, à Ste. Adèle ? Gros doutes mais sait-on jamais. Souvent, je regrette de vivre ici à cause de cela, la minceur de la biblio !
7-
J’ai vraiment pas aimé le milieu et la fin  » L’iguane  » du jeune Thériault et ça me chicote. Cette mère violée. Ce curé moralisateur. Ce père ivrogne, batteur. Que de clichés rebattus sous un amas verbiageux. Des mots rres, très rares ! Danger cela. Ça fait cuistre. Gide ou Simenon, tous disaient :méfiance, on doit fuir ce tic. C’est nuisible en littérature. Vanité de jeune flo ? Sa photo en 4 ième de couverture nous montre  » un plus très jeune  » auteur pourtant !
D’où vient ce mode d’écrire des sortes de  » contes  » plus ou moins plausibles. Influence d’un cinéma pour ados, à cauchemars vite fabriqués et vite résolus ? J’en ai bien peur ! L’autre Thériault (Yves) ‹et Beaulieu dans  » Un loup nommé!  » a bien raison là-dessus‹ savait trousser cette manière de conte. Souvent ces brefs romans sont, justement, comme des légendes. Yves T. fut souvent un trait d’union, puissant, étonnant, avec tous nos vieux  » conteurs  » d’ici, ceux du 18 ième et surtout du 19 ième siècle. Héritage très respectable, non ? Je le relirai, il le faut. J’ai tant aimé  » Ashini  » par exempole, jeune, et les autres livres, ceux de ses débuts. Plus tard, je le négligeais, trop pris par toutes mes propres pontes à moi. Égocentrisme ? Oui, oui.
8-
Film loué en vidéo ‹et loué à Berlin et à Toronto ! Jouons avec les mots‹, que l’on regrettait d’avoir raté au cinéma d’en bas. Cette  » Ange de goudron « , film d’ici : déception encore. Pourtant une histoire forte. Ces émigrants algériens émouvants, ce vieil anarcho-gogauchiste (Raymond Cloutier esquisse bien un rôle hélas esquissé), ce jeune d’Alger déjà révolté, écolo, ou quoi au juste! C’est bien flou. Randonnée touristique en motoneiges. La nuit. La cachette vague. Le propos incohérent encore. Paquet de passeports à faire brûler ? Aéroport du grand nord ( ! ) où l’on va rapatrier ces sans-papier du Maghreb. Police féroce et douaniers, piège. Tuerie sauvage et peu crédible du jeune révolté. Un récit incohérent hélas. C’est regrettable. Un peu mieux! un peu plus! et c’était une réussite. Bref, un film pas ennuyeux mais décevant.

vendredi, 14 décembre 2001

1-
Pas de brume dans le Nord en ce vendredi des  » aveilles  » de Noël. Stries de bleu au ciel. Temps doux pour une mi-décembre. Ce qui n’arrange pas les affairistes des centres de ski. La neige fabriquée qui fond ! Ouash ! En ville, on craint les neiges, ici, dans les Laurentides c’est la promesse d’une meilleur viecommerciale.
Hier soir donc, je file au  » magasin  » de nos écoliers-en-cuisine. Pâtes fraîches ? J’en prends toujours et Raymonde gronde :  » Tu vas mourir totalement empâté, mon pauvre gars !  » Je rigole. Pris aussi des desserts frais du jour.  » Hum, pas bon pour ton mauvais cholestérol ça, mon gars !  » Pris, oui, du pâté chinois :  » viande, blé d’inde, patate « , disait  » La p’tite vie « . Juste pour voir s’il sera aussi parfait que celui de R. Qu’elle fait bien crémeux, comme je l’aime. Pris aussi des côtelettes d’agneau. Le tout pour une douzaine de piastres, viande à chien mon Séraphin que c’est pas cher.
 » Au cas où « , dit Raymonde, car il y a des soirs où il y a peu, elle avait fait cuire une langue de  » beu « , une grosse, avec sa recette d’oeufs à la mayonnaise. (Pas trop.) J’avais mon dessert frais . Elle en fait rarement, n’aime pas les sucreries, ma tendre Ray. Ni de soupe ou potage.
Bon. Suffit de parler du  » manger « .
2-
Ce matin dans La Presse, je vois mon titre : JOURNÉES NETTES. En gros caractères dans la chronique  » web et cie « . Déception, on a pris mon titre ! Mais non, on y annonçait l’existence de ma nouvelle entreprise littéraire, ici. Ouf ! Je lis aussi qu’un punk, ex-drogué, itinérant, a fait une vidéocassette sur son existence de marginal. Éric dit  » roach  » Denis.Ouvrage qui l’aurait sauvé !
J’y médite. Partout, bientôt, tout le monde avec caméscope qui enregistre tout le monde. Nouvel évangile :  » Filmez-vous les uns, les autres!  » Je te traque, tu me traques. Un monde non ? On filmera du présent aussitôt transformé en passé! Mille milliards de documents dans les demeures, dans les abris ! Une nouvelle conjugaison, le mode du  » présent-passé  » !
Va-t-on vivre juste pour mettre en boîte ce qu’on vient de vivre ?
3-
Parlant punk, vu hier soir le film  » EDWIG « . Un machin curieux. Le récit, syncopé et muni des bruits  » rock  » adéquats, d’un ( une ?) berlinois, côté  » communiste « , un gras papa incestueux, abuseur, une maman affolée de sentir la nature invertie du garçon. Un mur très berlinois est installé entre eux. Ce Edwig, c’est le titre du film, se devine, s’appréhende, se sent, se sait une  » fille « . Un G.I. rôde ! Un gros soldat Noir homo. Il désire (aime-t-il ?) ce-cette Edwig blond-blonde. Flirt primaire
Mariage après une opération désastreuse, ratée, de castration à Berlin. L’exil dans une ville perdue aux USA avec ce soldat qui le-la trompe avec un plus jeune. Solitude. Edwig garde des enfants pour survivre. Musique de garage. Rock and roll, bien entendu.Groupe d’amateurs. Agente intéressée. Voici une liaison bizarre : elle a 30 ans, il a dix sept ans et est bien mignon. Il aime, comme sa-son Edwig, le rock and roll. Musique à composer. Un  » band  » se forme où la-le Edwig, perruqué-e, raconte en chansons, swing-punk-rock, sa vie allemande, ‹on verra le  » mur  » qui trombe‹ ses déboires autobiographiques et misérabilistes, vieille sauce allemande, en couplets bruyants.
Bon
Raymonde, télé éteinte, avoue un malaise. Moi aussi. Pourquoi ? Simplement parce que ce récit d’hermaphrodisme est narré sur un mode caricatural avec un aspect joyeux, ironique. Ce détachement est un mensonge. Il y a un drame. Une vie ruinée. Et on file de  » toune  » en  » toune « , de bars minables en  » trous  » de province, ignorant, abandonnant le désastre d’un demi-trans-sexuel, travestie malheureux, battu, bafoué. Tableaux d’un malheur effroyable mais avec images léchées, à l’esthétisme punk. Le récit est accablant et le film, lui, virevolte avec complaisance dans le visuel à la mode.
 » Edwig  » est donc un film raté avec de séquences menées sur un train d’enfer.
La Presse : les seins de la punk enrichie, Madonna, valent une fortune chez les assureurs !
Je me souviens pas du nom d’un grand écrivain britannique affirmant :  » Deux choses me sont indispensables, la Bible et le journal du jour.  » Vrai que le quotidien est riche d’enseignements sur le monde tel qu’il va. Qu’il tourne.
4-
Vidéo aux nouvelles ‹on n’en sort pas‹ du Bin Laden, dans son refuge, tout content (Allah ou akbar) des morts de New-York. Au nom de leur Dieu, et du prophète, leur Jésus, l’araboïde Mahomet. Un cynisme qui donne froid dans le dos.
Washington-Bush, voudrait que l’univers se dise :  » Ainsi en va-t-il pour tous ces actuels Palestiniens en kamikazes.  »  » Qu’Israël frappe, tue tous ces gens-là « . Raccourci utile. Amir Khadir, ex-candidat péquiste battu dans Outremont, ose exprimer des vérités embarrassantes ce matin, dans La Presse. Il dit que ce Bin Laden (ben ou bin ?) est un allié  » objectif  » des intérêts américains au Moyen-Orient. Oh ! Et il n’a pas tort. Sans ce fanatique fou  » espéré  » pas moyen de défendre les affaires pétrolières qui, seules, captivent la  » famille Bush  » avance Khadir. Il rappelle les liens amicaux récents des Bush avec les Laden il y a pas si longtemps ! Ouille !
5-
J’avais rencontré dans ses bureaux du Chemin Bates, en 1980, le vendeur de poids et haltères, millionnaire, Ben Weider. Pour un projet de film vague, pour son très cher Napoléon, son idole. Amusé d’y avoir vu partout des tableaux du Corse, objets de culte,  » son vrai blaireau « , corridor, hall, dans tout l’environnement de Weider. Voilà que des chercheurs lui donnent raison :  » l’Empereur déchu, exilé, fut empoisonné par du cyanure de potassium. Un meurtre lent « . On dit (Cocteau) que des bustes du Bonaparte se trouvaient même dans des chaumières en Angleterre ! Incroyable non ? Je dis, avec certains historiens, que ce Bonaparte fut le Adolphe Hitler du début des années 1800, pas autre chose. Un fou furieux. Millions de jeunes soldats morts à son bilan. Millions !
6-
J’ai déjà vu une reproduction d’affiche dans le Saint-Agathe des années ‘30 :  » No dog, no jew « . En anglais hein ! L’horreur. L’ex-montréalais, arrêté cette semaine en Californie, Irving Rubin, affirme avoir été une cible des racistes, à Montréal. Antisémitisme s’élaborant pourtant partout en Occident. Pas juste à Montréal.
Nous avions nos chemises brunes, cet hitlérien Adrien Arcand, nazi avoué et  » subventionné par le pouvoir du temps à Ottawa « , publie Norman Lester. Au Canada anglais il y avait aussi des chemises  » brunes « , et des  » noires « , des « bleus « ; gros paquets de racistes anglos, très nombreux au-delà de l’Outaouais.
Le francophobe enragé, Galganov, jeune, fut de cette revancharde  » Ligue de défense juive « . Il l’admet ce matin, lire Louise Leduc. Le sociologue Yves Claudé nous dit que ces  » ligueurs juifs « , organisateurs de  » milices « , ne sont pas seulement anti-arabes, qu’ils sont très actifs encore à Montréal, qu’ils sont antifrancophones et antiquébécois. Enfin, qu’on les trouve à McGill, à Concordia et dans des milieux d’affaires  »
Eh b’en ! Instructif.
7-
Arafat, jugé incapable d’enrayer la terreur palestinienne, se trouve isolé, rayé comme interlocuteur. Il devra donc retourner se terrer en Tunisie. Retour donc à la case zéro. Retour à la guerre totale. La puissante armée des Hébreux face de nouveau aux clandestins, comme du temps de l’après-victoire, la fameuse  » guerre de sept jours  » en 1967. Encourageant.
8-
J’ai terminé ce  » Journal  » du Cocteau du temps de la France nazifiée. Pis ? B’enoui, il était snob, souvent méprisant des masses, du peuple. Il reste un créateur étincelant, un imagier fascinant. Dernier chapitre : son film est prêt à être tourné ,  » La belle et la bête  » mais convocation du  » maître  » chez ses producteurs :  » Regrets, on refuse d’embarquer, trop risqué. Trop chers vos devis.  » Cocteau dégoûté, écrasé. Arrêt de son journal. Le film se fera cent vingt jours plus tard. Une note de bas de page dit :  » Cocteau reprendra son journal, celui du film en cours. Le premier qu’il signe seul. Viendra un autre film signé Cocteau, que, jeunes, nous admirions tant,  » Orphée « .
Ici, arrêt pour le lunch. Descendons réchauffer les  » chinoiseries  » achetées hier soir.
9-
Bon. Retour au clavier. Musique :  » Impressions  » d’André Gagnon avec la philharmonique de Londres.
Je tape : Jean-Pierre Léaud, l’acteur fétiche et alter ego du cinéaste surdoué François Truffault, annonce  » Le pornocrate  » qui serait l’histoire d’un cinéaste de porno qui veut maintenant tourner un film de ce genre mais en y mettant des sentiments. Rebuffades des producteurs. L’Odile du Devoir a aimé mais entendu à la radio bazzoienne :  » Affreux, Léaud bredouille, on ne comprend absolument rien. Inaudible ! « . Ne plus savoir à qui se fier désormais. J’aime l’inunanimité, la critique divisée, mais on ne connaît pas assez bien les personnalités de nos critiques.
Les critiques jouent les  » objectifs « , se veulent des machines à juger. Jadis, des critiques se livraient davantage et on finissait par bien les connaître. Alors  » un  » qui détestait nous servait d’encouragement à y aller (théâtre, livre, films). Un  » autre  » qui aimait nous prévenait de ne pas y aller. Exemple : Jean Béraud de La Presse, années’60, nous avions appris ‹il parlait de lui, de ses goûts‹ qu’il haïssait les modernes, alors quand ll démolissait furieusement un Beckett, un Adamov ou un Ionesco, nous savions qu’il fallait voir ça. Même chose au domaine du livre pour un Éthier-Blais. Sa chronique du samedi était pleine de ses humeurs, de ses sentiments, il n’était pas la soi-disant machine  » objective  » qui décrète. Connerie des critiques de ce temps se voulant des robots infaillibles.
10-
Reçu plus tôt un courriel des Trois-Pistoles. Mon Victor ne peut me répondre pour ce brûlot À signer ensemble. Il est tout pris par ses textes télévisuels pour un projet de futur téléroman. Sa secrétaire, Katleen ‹il en une, lui ? ‹ m’annonce qu’il me reviendra ce week-end. Mais je ne sais plus si c’est vraiment le bon moment ‹maudit 11 septembre‹ pour mon appel en faveur de nos felquistes d’antan, pour qu’on leur reconnaisse un rôle historique adéquat. Mmm
Le pâté chinois de  » l’école de Sainte-Adèle  » ? Très bon.
Raymonde me montre toutes ses corrections faites hier pour mon petit livre  » Écrire  » à paraître chez V.-L. Beaulieu. Toujours forte, cette chère  » première de classe « . Bon, corrigeons, corrigeons; que l’aspirant écrivain le sache : ça ne finit pas. Travail plate et indispensable néanmoins, cette prose pour JOURNÉES NETTES n’est pas révisée par Raymonde et ça doit paraître.