Le dimanche 17 mars 2002

Le dimanche 17 mars 2002
À CŒUR OUVERT (j.n.)
1-
Ciel tout bleu. Vent du nord, brr… Bleu plus clair qu’hier. Frisquet cependant. Appel de TVA : devoir être à « Salut, bonjour! » de Mongrain à 7h.et demi. Hum, c’est bien tôt. Ensuite, devoir aller à LNC (nouvelles… continuement du réseau TVA), pourquoi ? Pour jaser sur le génie de Riopelle. Comme un devoir. Plaisant. Plaisir énorme de découvrir qu’il y a une curiosité inouïe (« Mort, on vous grandit », Hugo) pour le génie décédé. Rare opportunité de parler de peinture. Qu’il faut s’y mettre, tous, pour ouvrir davantage cette curiosité pour le « Grand tachiste » né rue de Lorimier.
Vers 11 h. et demi, devoir filer au studio de radio numéro 19 de la SRC rencontrer Pierre Nadeau pour une heure de causerie ad lib. Ensuite, tenter d’aller saluer la dépouille du Génie disparu à l’église, rue Rachel, de l’ « Immaculée Conception ». Oh, ce lieu pour un type pas du tout « immaculé » qui a tant et tant aimé « maculer » tout ce qu’il touchait. Parfois en vitraux d’une splendeur, quasi indescriptible, oh !la grande beauté lumineuse.
Ainsi, bientôt départ encore pour la ville.
J’éprouve dorénavant une sorte d’arrachement quand il faut nous en aller du village laurentien. C’est que, depuis la retraite d’Aile, c’est que…. c’est ici que nous vivons en majorité du temps. Le pied-à-terre outremontais n’est qu’une sorte de jolie grotte confortable pour passants pressés.
2-
Vu hier soir le deuxième épisode de « Debout les comiques ». Ouais ! Pas fort. Vieux documents souvent et déjà vus. Complaisance. Soudain le burlesque a été paré de toutes les vertus par l’intelligentsia… culpabilisé par son ancien snobisme. Faut dire que c’est un genre bien rempli de facilités et aussi de grossièretés bien démagogiques. Burlesque rime avec grotesque, pour cause. De racolage La vérité. Les voilà à genoux, nos penseurs-spectacles, devant les Poune, Zoune et allii ! Mollesse des analyses à « Debout le comiques ». Mon bon gros J.-C. Germain en propos vains et faciles. Et il rit ! Seul !
Revu ensuite, et sans les maudites pubs, un film bien fait : « Le limier » à T.Q. Souvent on a oublié l’intrigue. C’est plaisant. Des bribes nous reviennent à mesure. Les deux héros sont joués par Peter Fonda et Terence Stramp (ou Stamp ?) . Du solide. Un repris de justice quitte Londres pour savoir qui a tué sa fille exilée en Californie. Un montage complexe et bien mené, pas banal. Film rempli de brefs « retours en arrière ». Jeune père délinquant, on verra souvent sa fillette bien aimée, tant aimée, qui, pour plaisanter, menaçait papa-bandit d’appeler les flics. À la fin de l’excellent suspense, tenant à la pointe de son revolver l’assassin (un caïd de la drogue (Fonda), ce dernier s’explique : « Votre fille, mon amante, menaçait d’appeler les flics et j’ai eu peur. Elle ne plaisantait pas. » Le choc du papa ! Sa propre vie retournée contre lui, un miroir. Fin.
3-
Je repense aux entretiens complaisants de Lachance sur des auteures émigrées d’ici dans « L’Actualité ». Me voyez-vous, exilé, installé en émigrant qui a choisi une autre patrie —à Berlin, ou à Dublin—, publier dans leur « établisement » littéraire, dans leur « appareil éditeur », « Enfant de Villeray » ou « La petite patrie ». Ou « Je vous dis merci » ? Non. Jamais. Je n’oserais pas. ce serait d’un égocentrisme vraiment déplacé. Impoli. Je publierais ce qui m’arrive, ce que je vis, ce que je découvre —à Madrid ou à Rome— comme nouveau citoyen d’adoption. Et si je tenais à raconter « mes » racines, j’enverrais mes manuscrits dans mon pays d’origine, lieu concerté. Il me semble, merde !
4-
Martel (La Presse) ce matin loue « L’iguane » de Denis Thériault et se plaint que l’on ne connaisse pas mieux( deux prix littéraires déjà) son jeune « génie » ! Martel a bien raison. Or la « une » est consacrée à un auteur célébré dans le monde entier (et qui n‘a nul besoin de La Presse),l’Éco de Florence. Le colonialisme stupide continue! Pourtant « Le Monde », à Paris, met de graves bémols sur le dernier Éco. Ah, avoir pu lire une interview sur ce brillant Thériault ! Mais non. On publie un élogieux « papier », bien ennuyeux, sur Éco, le dilettante érudit qui déclarait qu’il était regrettable de voir « les masses de touristes ignares » (quel mépis !) dans les musées et les sites artistiques de haut niveau.
Le cher Roger Drolet, jouant le cuistre face à MaCrotte du canal Vox, disait comment il était scandalisé —dans des voyage guidés— quand il entendait nos « québécois » dire en arrivant sur un de ces sites : « Ousquisontdonlétoélettes » ! Facile mépris partout « des autres », ces malchanceux du sort qui n’ont pas eu la chance de se cultiver, qui, retraités, tentent à bon marché, de faire du rattrapage. Et…qui peuvent avoir envie de pisser en débarquant —à Florence ou au Mont Saint-Michel— de leur autobus nolisé.
5-
La laideur ? Les statuettes pour le « prix Olivier ». Sculpture minable. Le populaire mime merveilleux, Guimond, méritait mieux. Sa silhouette de clochard (son personnage emblématique)est un « gossage » primaire. Qui corrigera cela ?
Il existe un bouquin drôle où l’on voit un Québécois (un frère des école défroqué) découvrir Paris et la France sans francophilie complaisante et sans caricatures facile. Le titre ? « Maman Paris, maman la France », en poche chez Leméac. « Les Français eux aussi ont un accent » se fait démolir ce matin et pas trop subtilement par L.-B. Robitaille, installé à Paris depuis longtemps.
« Clichés éculés, erreurs graves, fausses assertions, ironie convenue, etc. » Il lui sonne les cloches au Jean-Benoît Nadeau—tout en admirant sa verve— le courriériste de La Presse. Oh Yoille ! L’auteur du livre ci-haut recommandé est…votre humble et si modeste serviteur. Je ris. De moi.
Le National Post :Foin de la loi 101, Parizeau comme Bouchard envoyaient leurs rejetons à l’école privée anglaise. Deux beaux salauds, suggèrent l’éditorialiste du « Nazional » Post (toujours anonymes chez les Blokes ces penseurs émérites !) Quoi en penser ? Est-ce vrai ? Nos deux grands décolonisateurs avaient les moyens —faut payer pour l’école anglaise au Québec— de contourner la loi du collègue Camille Laurin. On prétend que 50 % de francophones souhaiteraient imiter les deux « chefs » du nationalisme. Est-ce vrai ? Quoi dire ? Rien ? Sur ce continent ¿et dans tant de régions du monde— c’est la lingua franca, l’américain- anglais, une réalité mais à qui fera-t-on croire qu’il n’y a pas moyen de l’enseigner adéquatement durant onze ans (cours primaire et secondaire) avec de vrais anglais, pas des profs qui baragouinent douze mots d’anglais-américain. La lacune est juste là !
6-
L’État-mafia ? Il faut lire le livre d’un compulsif de Loto-Québec : « Rien ne va plus » (chez Québec-Amérique) . J’y reviens à Raynald Beaupré, diplômé des Hautes Études commerciales. Cet homme d’affaires a connu la déchéance totale via l’État tentateur. Il raconte son auto-hypnotisme maléfique devant les appareils de l’État Maquereau. Le fond du problème dit Beaupré ? C’est 15 000 machines du gouvernement maffieux ! C’est 4,300 lieux pégrieux où trois citoyens sur dix sont des « malades » du jeu. Les autres le deviendront peu à peu.
Ruiné, criblé de dettes, rendu à L’Accueil Bonneau, Beaupré a fini par se réveiller et vouloir crier : réduisez les machine et les lieux ! Il lui a fallu un sacré courage pour révéler sa chute en enfer.
Le mortel radon à Oka ? Source de cancers nombreux !Oui. Et à Pointe-Calumet. Vers 1975, pour installer un mur de béton de plusieurs kilomètres, à pleins camions, on a déversé tout le long des plages (inondées chaque printemps) des millions de tonnes de cette terre infestée prise à la mine d’Oka (abandonné) pas loin. Est-ce qu’il faudrait faire enquête ? Je le jurerais. Pointe Calumet était donc, écologiquement ?, une sorte de vaste marais deltaïque (de mai à juin) du lac des Deux-Montagnes-Rivière Outaouais. Il fallait enterrer tout ça, ça attirait les maringouins n’est-ce pas ? Était-ce au temps (1975) où l’on ignorait totalement l’écologie ? Pas sûr. C’était au temps où il fallait donner des contrats aux entrepreneurs fournisseurs de fonds aux bons amis du régime en place, libéral. René Lévesque n’était pas encore là pour assainir le financement des « zélections ».

Le vendredi 8 mars 2002

Le vendredi 8 mars 2002
1-
Un matin gris. Le froid persiste. Bien avoir qu’en mars, il peut y avoir tempêtes de neige. La boucler. Attendre. Patientia! Mais hier, jeudi, rentrés de Montréal, belle sieste dehors au soleil, sur la galerie, bain de soleil ! Cousins sur nos chaises ! Revigorant en diable ! Nous revenions du lancement —salle sinistre du Musée-Rozon rue Saint-Laurent— d’une série d’émissions produite par le Canal D. « Debout les comiques » veut raconter le rire québécois. Bien fait. Ça ratisse large. Je figure —on m’a coupé, beaucoup, c’est la loi dans ces entreprises— dans le premier épisode qui sera diffusée la semaine qui vient. Je parle d’ Ovila Legaré (« Nazaire et Barnabé »), de Gilles Pellerin… Je m’entendais à « Debout les comiques », péremptoire, affirmer : « Faut être intelligent pour jouer l’imbécile. » En voiture sur l’autoroute, Aile et moi discutions là-dessus : « Est-ce qu’il faut être imbécile pour jouer l’intelligent ? » Oh ! Vaste étude non ?
Ce « Musée juste pour rire », façon moderniste actuelle, est vite devenu bien laid. Cette architecture (vogue dépassée j’espère) qui se veut franche, minimaliste, montre ses structures de métal etc. vieillit bien mal, on dirait, déjà, une ancienne construction des années de la Crise ! Même genre pour le TNM, rue Sainte-Catherine. Que de ferventes rencontres hier matin ! Mon cher ex-camarade de « La Roulotte », Buissonneau. On s’embrasse et il me dit aussitôt : « Claude, c’est fou, je viens tout juste de lire ton journal de 1987,1988, j’ai adoré ça. Ce « papotage », ces confidences, R., tes enfants, tes projets, les événements de ce temps, ah !, sais-tu qu’on a intérêt à lire du journal longtemps après publication (!) ? J’ai déniché, mon Claude, des souvenirs. »
Encouragé de tant de bon plaisir pris, je lui parle de mes « J.N. » et du livre qui en sortira (chez Trois-Pistoles ?) l’automne prochain ( janvier à juin). Mon Paul en est amusé. Il nous quittera vite après le visionnement —où l’on revoit son « Picolo » hilarant— car il est plongé dans sa mise-en-scène avec les textes de Tardieu. Je lui rappelle son chef d’œuvre —vraiment— du temps de « Quat’sous » avec le « Théâtre de chambre » du même Tardieu, poète surréaliste. Paul est pris aussi pour un troisième déménagement. Ayant quitté Habitat ’67, il s’installait, avec sa tendre Monique, à Pointe-Saint-Charles, ex-manufacture bien entendu. Cela lui ressemble tellement ! Rendu là, il découvre mieux, vraiment au bord du canal, —« des plafonds à 13 pieds mon vieux » ! Le voilà donc encore dans ses boîtes ! Ce diable d’homme, à 75 ans, rond comme une grosse pomme, déploie une énergie peu commune ! L’imiter.
Plaisir de revoir la Clémence nationale, une « comique debout » elle aussi ( de stand-up comic ?). Après la cérémonie et le buffet —chaud et bon— Clémence me prend les bras : « Tu nous donnerais une de tes aquarelles pour les malades mentaux, oui ? » C’est oui bien entendu. Je lui ai dit que mon David-à-Marco (à Concordia) étudiait la poésie québécoise dont celle de son vieux papa, Alfred Desrochers. Elle en est toute contente. Soudain la critique de télé, Louise Cousineau, me questionne : « Ta compagne, là, c’est quoi déjà son nom de famille ? » J’ai pas osé lui recommander d’écrire : « Aile ». Parmi les invités, Paradis des « Joyeux troubadours », Roger Joubert ( ex-comique de CKAC), Marcel Béliveau, discret, muet, organisateur des canulars de « Surprise sur prise ». Le rondelet Saint-Germain des « Cyniques », et qui encore ? Mon étonnement de bien découvrir que l’humour québécois, depuis « Radio-Carabins », « Carte blanche », « Le beu qui rit », depuis 1940 quoi, —« Zézette », « La poune », « Quelles nouvelles » (de Jovette Bernier),« Tit-Zoune », engendrait tant de folichonneries et, parmi ces farcesques pitreries, tant de « critique sociale » fort décapante. C’est bon signe dans une société, non ?
2-
Mardi soir, veille de notre départ pour la ville, vu, vidéo loué, un film d’anticipation curieux, recommandé chaudement un matin par Homier-Roy : « I.A. » pour « Intelligence artificielle ». Spielberg fait voir son monde obsessif. C’était un projet de Stanley Kubrick, mort avant de le réaliser. « I.A. » sort d’une simple nouvelle donc d’un bref conte. C’est un long —un peu long métrage fascinant souvent. On aurait dû mettre « Sentiment artificiel » puisque c’est le récit d’un robot capable de s’émouvoir, de s’attacher. Nous sommes en l’an 3000.
Le jeune héros de « I.A. », David, un « robot sensible », garçon étonnant pour une machine cybernétique, est joué par l’extraordinaire gamin du merveilleux film « Le sixième sens ». Ce jeune acteur, Haley-Joel Osment, nous séduit, nous envoûte totalement. Il a une bouille qui fait merveille. Pourtant sa mère adoptive (le mari lui offrait ce drôle de jouet, quasi-humain, en compensation pour un fils perdu) ira l’égarer en forêt ! L’autre fils, perdu et retrouvé, développant une féroce jalousie, avec menaces, la maman fait le sacrifice de ce « jouet » hors du commun. On songe au fameux « Petit poucet » de Perrault !
Ce David-robot en sera inconsolable, amoureux fou de cette jolie maman d’adoption. Débute alors vraiment le film de Spielberg, sa sauce habituelle, celle de « E.T, de « Close encounter…», de « Jaws » Travail, famille, patrie : la droite des conservateurs. « Famille, je vous aime » ! Spielberg c’est un Walt Disney, aussi sucré, mais moderniste : moyens neufs, infographie étonnante à plein, effets spéciaux renversants, mais le « gluant » de la sentimentalité : « maman mignonne, bon papa, l’enfant chéri !
C’est très « américain » ? Ou mondial, car ses films ont eu du succès partout. Voici soudain un tuteur, un initiateur, robot-galantin, et on pense à « Oliver Twist » maintenant avec le « vieux » voleur à la tire !. Ce gentil Jos-robot, un « mac » programmé (très bien interprété), va aider le jeune David à retrouver sa cruelle mais chère maman adoptive ! Scène fantastique quand les deux découvrent un immense site clandestin où l’on détruit, devant des foules sur estrades, ces robots humanoïdes qui sont un défi au Créateur. Autres inoubliables images : ce dépotoir de « pièces usagées » où des robots abîmés viennent, la nuit, se changer des pièces, mâchoires fracassées, œil, bras, main, pied. La fantastique montgolfière illuminée ( salut à « Close encounter… ») avec sa nacelle de « tireurs à vue » sur ces clochards bourrés de puces électroniques…Oh ! Étonnant morceau de bravoure par les graphistes du jour.
Donc, plein de clins d’œil aux conte universels. Ainsi David sera un « Pinocchio » futuriste qui n’a qu’un rêve : devenir un garçon comme les autres avec une maman qu’il chérit tant. C’est William Hurt, si bon acteur, qui joue le rôle ingrat du « docteur Frankenstein », le créateur de ce David.
Je ne dirai rien de la suite. Une fin ave clin d’œil au New-York dévasté de « La planète de singes ».
3-
Fait curieux, mon Daniel avait pondu (1990 ?) des textes sur ce sujet. « Douze Heures », son projet de télé m’emballait tant que j’avais tenté, en vain, de collaborer à sa concrétisation. Le metteur en scène surdoué, René-Richard Cyr, —un temps lecteur de projets à TQS, où on avait soumis « Douze heures » à une directrice des programmes, « Madame Legris »— avait voté chaudement en sa faveur, appréciant ce robot humain qui découvre les facettes de la vie réelle.
En vain.
Alors, j’avais offert « Douze heures » —ce titre puisqu’il fallait recharger ce « Pinocchio » à toutes les douze heures, comme, disons, un caméscope— au fils de Jean Lapointe, puis au fils de J.-P. Coallier, ainsi qu’à René Simard, tous trois alors jeunes acteurs fort capables d’incarner ce jeune homme cybernétique, candide et sensible. En vain mon parrainage et j’en suis toujours fort déçu. Mon fils se mettra au design de ses « jeux de société » et avec succès. Je ne sais pas si, lui, y pense encore. Avec son « Douze heurs » pas de Disney attendrissant, pas « maman, papa », mais beaucoup d’humour, des vues sarcastiques sur nos façons de vivre découvertes par une machine humanoïde innocente.
C’est la vie québécoise. Je songe parfois que, mon Daniel citoyen américain, ce projet…. Bon. Me taire.
Actualités : entendre, au sermon de Notre-Dame, l’aumônier tutoyer la veuve (Annick Royer) du policier tué (Benoit L’Écuyer) par une jeune bandit m’énerve. Le ton des maternelles, des garderies pour une adulte ? Le ton des employés en Centres d’accueil. Brrr…mon épée me démange ! Je déteste cette familiarité paternaliste, dominatrice au fond.
Forte chronique de Foglia sur ces funérailles « nationales » pour un gendarme tué « en service ». Qu’il est souvent brillant, quelle chance a « La Presse », en est-elle consciente ? Ce matin,
Le même sujet par…non, pas de nom, une chroniqueuse (même journal) pas mal moins douée que Foglia et qui n’a aucun courage, elle, face à ses correspondants scandalisé de ces grandioses funérailles. Elle publie tous leurs griefs populistes et n’écrit que des « je ne vous suis pas » !C’est cela « en avoir ou pas »…du talent !
4-
On présente (le Lion d’or) « Monologues du vagin », c’est donc subtil. Des féministes applaudissent. Quoi, on parle bin assez du pénis ! Argument con. L’imbécillité passe dans le camp des femmes…qu’il faut désormais respecter, oui, en finir avec la femme-objet et j’en suis. Alors, ces vagins à qui on donne la parole ! Animisme de connards : Disney, cucul la praline, faisait parler les fleurs, les papillons, les gazelles si kioutes…On fera parler un nombril bientôt ! Oui, animisme bien con !
En Belgique, il y a eu un film, initié par feu le bédéiste Topor, assez désaxé merci, où le pénis s’exprimait (celui du marquis obsédé, Sade), film hélas produit par mon ami Van Beuren. Cette humanisation d’un organe spécifique me hérisse.
Pourquoi pas, bientôt : Les monologues d’un rein ? Ou d’un foie? D’un pied ? Du gros orteil ? Le verbe donné, non plus à la pensée, à l’intelligence, mais à un membre, un organe biologique, du corps humain me semble d’un infantilisme total. Niaiserie puérile qui excite les coureurs de fausses audaces toujours en mal d’avancées sur la planète des déboussolés.
Parlant de déboussolage : zapettant, je tombe sur le « preacher » Roger Drolet mal confessé par un Pierre Marcotte jamais bien informé, au canal communautaire Vox. Le drôle Drolet est un jacasseur impénitent. Avec idées courtes et philosophie bonhomme. Pécheur converti, il joue « les directeurs de conscience » populistes, jadis à CKVL, maintenant à CKAC, tard le soir.
Du temps de la radio de CJMS, Paul Arcand m’entraîna manger chez lui à deux reprises. Bonne bouffe de sa jeune, jolie, et charmante épousée qui lui sert de secrétaire zélote. Plaisir de le taquiner férocement. L’homme, plus érudit que cultivé, émet des sentences définitives sur l’état de la société. Face au bon bougre Marcotte, toujours un peu hors-sujet, Drolet se haussa aux combles de l’incohérence car, avec Marcotte, pas de « track » ferme, aucun plan d’interview. Ça roule « au petit bonheur la chance » avec approximations fantaisistes, je le sais, je suis passé sous ses fourches (pas caudines mais) molles du canal 9.
Drolet, qui s’illustre mensuellement sur la scène du cinéma Château, fait voir une misanthropie niaise : « Le monde est fou, il va à sa perte, il n’y a que l’amour de « la femme soumise », etc. »
On se croirait chez un ayatollah de comédie ! Totalement réactionnaire, ce « poujadiste-de-salon » (italianisant), a fini par racoler quelques centaines (500, 800 ?) de frileux —fragiles blessés de l’existence sans doute —qui ne demandent qu’à payer pour entendre ses fatwas. Le Vatican est plus à gauche que lui, ce n’est pas peu dire. À un Marcotte visiblement renversé par ses assertions, mon Roger Drôlet montra les photos —de son ami Proulx, comme lui poujadiste inflationniste— de son bien joli bunker, un ex-petit couvent de nonnes en voie de rénovation.
5-
Mercredi matin, j’ai foncé dans la « commande Simard » et j’ai rédigé une première brève (7 pages) « nouvelle érotique » intitulée : « Rachel au pied de la Trappe d’Oka ». J’ai 21 titres devant moi. Jeudi matin, hier, dépôt du texte, pas loin, en face de chez moi, là où logent (temporairement) les bureaux du Simard et de ma belle bru, Lynn, la relationniste de ces éditions populaires. J’ai dit à la secrétaire que j’allais attendre le verdict de Simard avant de continuer. Au cas où ce dernier souhaiterait des « cochoncetés ». On ne sait jamais…
Hier soir, jeudi, mon « Nouvel Obs » sous le bras, 45 minutes d’attente —je voulais le premier choix absolument— au comptoir de l’École hôtelière. Maintenant je me pose des questions : serions-nous des cobayes au fond ? Y a-t-il un inspecteur en aliments là ? Est-ce qu’ il y a des risques à dévorer les « devoirs » des élèves, leurs chefs fussent-ils ultra-compétents ! C’est qu’il nous vient des digestions fort laborieuses assez souvent avec, pour moi, recours au Pepto-Bismol. Aile : « Il y a leurs riches sauces, ils y vont fort je crois ! C’est bon mais… »
Ça y est TVA et TQS refusent les verdicts des « pairs » (mon œil !) et bouderont carrément le prochain gala Gémeaux. Il y a eu risque…d’entraînement par les producteurs indépendants (mon œil, ils fonctionnent avec notre argent public via Téléfilm). Ces « privés » (mon œil encore !), nous apprend Louise Cousineau ce matin, se sont fait parler dans le creux de l’oreille par un « boss » de Téléfilm Canada, Robert Roy. Ce dernier fut un des co-fondateurs de la patente-à-Gémeaux et aurait insisté : on veut de la ristourne à nos subventions, et le « prestige » —mon œil, c’est le public, pas ces « pairs » anonymes de mes deux…qui fait les succès au fond— du dit gala, c’est de la ristourne. Rêvons.
6-
« On cold blood » encore ! Hier, l’horreur à Laval. La nuit. Rue tranquille. Coup de pied dans l’entrée. Coups et blessures. Baillons et cordes. Un Couple âgé agressé. Vol des portefeuilles. Puis viol d’une visiteuse du couple. Voilà Aile énervée : « Tu te rend compte, ils ont défoncé la porte et bang ! vite, vos cartes de guichets, vos nips. Ça pourrait nous arriver ici, non ? » Que dire ?
Le cinéma, parfois loin de « I.A. », très loin de Spielberg. Une ex-étudiante en scénographie. Vient de faire un film. Il y a « ma tante Mado ». Roland s’est suicidé, époux qui brutalisait, qui buvait comme une éponge et qui s’est tué. Cette nièce, évidemment, a vécu parmi ces gens. Pas besoin de création, pas besoin d’écrivain, d’aucun scénariste. Elle fera un film de famille. Confessions acceptées. Mère veuve, fille cousine, raconter les malheurs et…. peut-être les petits bonheurs malgré l’atmosphère. C’est encore et toujours ts « loft story », reality show, big brother mais la caméra…pas cachée cette fois !
Silence, ma tante, ma cousine, on tourne ! La Fellini, la Arcand du jour va les faire parler. Un docu-vérité de plus. Que l’on finira par voir un de ces jours sans doute, au canal « ché pas quoi ». Je lis le reportage ce matin, on y dit qu’il n’y aura pas de « procès à ce Roland irresponsable » ! Ah bon ! Oui, vous saviez pas, on a trouvé le coupable : « C’est la société ». Écrit en toutes lettres : « La société » ! Moi, cette vague, magique, conne et facile accusation commence à me donner de l’urticaire, pas vous ?
Guy Lafleur, la tête sur les épaules, donne un bon verdict sur le hockey. Trop d’équipes. Partant, trop de joueurs bien « ordinaires ». 30 clubs ça n’a aucun sens, nulle part. Vérité . Le jeu défensif d’aujourd’hui :plate ! Manie d’envoyer sans cesse la rondelle au bout de la patinoire puis de courir après ! Oui, ennuyeux !Si vrai ! Un jeu « plus offensif, plus créatif », dit-il, est indispensable. Il sait : c’est une affaire d’argent, on ne va défaire des clubs, on ne verra pas ça de sitôt, dit « Guy, Guy, Guy » !
Un livre, un autre, raconte sa vie de joueur-étoile. La biographie de Georges-Hébert Germain m’avait paru assez parfaite. Le commerce ? Une affaire d’argent, Guy ?

Le dimanche 3 mars 2002

Le dimanche 3 mars 2002
1-
Le bonhomme hiver est tellement en beau maudit d’avoir raté sa saison qu’il se venge ce matin. Brume partout. On voit plus rien devant soi. L’autre rive du lac…invisible ! J’aime ces allures de monde disparu, rayé, contours effacés, sol englouti : mon côté romantique ? Achat de croissants ce matin par Aile, envie de varier le menu. C’est bien. Aile, frénétiquement, tousse sans cesse , un rhume étrange ne la quitte pas…elle est tellement attachante ! Des jus et du sommeil…ce matin, il est onze heure quand on quitte notre couche nuptiale ! Une certaine honte !
J’ai oublié le nom d’un grand penseur sage qui affirmait : « tous les jours, deux lectures essentielles, mes vieux testaments (bible) dans une main et dans l’autre, le journal du jour ».
En effet. Sorte de frénésie encre ce midi en ouvrant le journal. Incapable de comprendre ceux qui ne lisent pas le journal du matin, les nouvelles fraîches de la veille quoi. Mais un journal intime ne doit pas qu’être un résumé des nouvelles. Impossible par contre de pas faire écho aux activités dans notre cher monde, planète malmenée.
Pour nos braillards angoissés face aux écoliers québécois, relire (un texte de Jean-François Lizée) ce rapport d’une enquête internationale sur l’éducation (l’instruction plutôt ?) menée par l’OCDE en fin d’année. Trois grands tests depuis 1994 et cela dans 30 pays développés. Eh bien pour les sciences et les mathématiques, les jeunes québécoise se sont classés « les premiers » !
Répétons cela aux anxieux et à ceux qui, racistes invertis, nous jugent collectivement des « poches » en la matière !
« Ouen, mais nos jeunes lisent pas… » Faux encore ! Nous nous classons (lecture) bons seconds. Sur 30 pays avancés hein ?
Au total, on y est les premiers partout. Troisième est notre pire rang. Okay le sinistrosé ? Ces résultats nous installent devant l’Ontario, et, loin, devant les USA. Que nos colonisés patentés montrent sans cesse en bon exemple.
2-
Hier, le billettiste Marc Cassivi : « TQS râle, veut des prix aux Gémeaux…c’est un peu comme si Claude Jasmin exigeait le prix du Gouverneur général pour son dernier roman. » J’ai eu mon lot de « prix », me manquent que ce « General Governor » d’Ottawa (bof !) et le « David » de Québec ! Ce dernier, on finira, tous les écrivains féconds, par l’obtenir. S’agit d’attendre son tour. Un matin, folie qui m’amuse, je rameute —au lieu de prestigieuses signatures de lettrés— mes beaux-frères, ouvriers, et mes sœurs, midinettes, afin qu’ils me recommandent pour le David automnal.
J’avais expédié aux savants jurés du Prix David cette liasse de lettres, certaines écrites presque au son. Cela m’amusait d’imaginer leurs augustes figures se crisper d’horreur devant des témoignages aussi peu littéraires. Je suis un gamin parfois. Pas eu le prix, vous pensez, le jury de « doktors en lettres » et experts-profs en sémiologie et en linguistique devaient s’en torcher que les miens s’écrient que « Tit-Claude était un fameux conteur » .
Un philo-sociologue de France, Lipovetsky, a répondu aux questions de Robitaille (Le Devoir) et il prône la légèreté de l’être. Bravo ! Il reste optimiste, déteste le manichéisme actuel, à la mode, déclare qu’il y a bien plus de conscience sociale et civique chez les possédants que, par exemple, dans les années’30 quand montaient les fascismes. « Le superficiel a sa légitimité » ose-t-il dire. Il éloignerait des totalitarismes (les idéologues graves ?). Il est étonné de constater alors que l’on vante et chante partout le festif, l’hédonisme (pubs du monde marchand, par exemple), l’angoisse lourde de ses élèves dans ses classes.
Il termine son interview en disant : « Agaçants ces intellos qui dénoncent la télé tout en l’hypercritiquant sans cesse (ils la regardent donc). » Et : « Ça n’est pas de la barbarie une société qui marche à la légèreté. » Rafraîchissant bonhomme ce Lipovetsky, non ?
3-
Regardions, hier, le gala des Césars (dans un vieux théâtre merveilleux) pour les films made in France. Parfois bin plate. Amateur souvent . Séance d’école. Improvisation totale souvent. Pourtant une atmosphère de rigolade fait du bien à voir. On disait :« On ne se prend pas au sérieux comme dans ce Hollywood aux « Oscars » où la moindre seconde de show est calculée, où une machinerie impeccable prévoit tout, règne en despote furieux. Le jeune comédien, Edouard Baer, en présentateur, fit le joker. Un rigolo doué. Ainsi, vers la fin, Baer annonça qu’il va faire une grave déclaration, délicate, importune mais essentielle, trémolo dans la voix… Nous guettions une sortie historique et voilà que son laïus tombe à plat… sans sujet aucun. On verra jamais de ces farces aux Oscars si « seurieux ».
Quand un « nommé », un beur, se précipita au micro pour remercier, avant même le décachetage habituelle, ce fut une franche rigolade aussi. À Hollywood deux « videurs », armés, l’auraient sorti illico, non ? Bref, de la légèreté, tiens ! Enfin, un savant montage (et sans infographie à incrustations), vraiment étonnant, d’images d’oiseaux exotiques qui obéissaient à un cinéaste invisible, offrait un morceau d’anthologie. Aile morte de rire comme moi.
La « grande reporter » Oriana Fallaci, jadis célèbre, ose déclarer que le monde islamique est très en retard par rapport à notre civilisation (chrétienne blanche occidentale), que les femmes de ces contrées, habités de machistes dominateurs, devraient se révolter, cesser de tolérer ces jougs antiques… et c’est la stupeur ! L’indignation partout.
Quelle hypocrisie ! Cette crainte niaise de passer pour « impérialiste », pour « paternaliste », réduit au silence les pleutres de l’Occident.
Pas un chat (chrétien blanc) ne voudrait s’expatrier dans les pays (intégristes ou non ) de cet Islam, pas vrai ? Berlusconi, le Président crésus italien et détestable potentat bien capitaliste, osait parler de cette manière et « les gauches » le fusillèrent. Mais elle, la renommée Fallaci, elle ? Oh ! On chuchote : « Elle est malade, elle traverse une crise ». Hypocrites mondes !
4-
Proverbe : « seule la vérité blesse ! »
Réjean Tremblay, ce matin, lance et compte. Tous ces correspondants, dit-il, avancent :« Que ces millionnaires, comme Villeneuve, se la ferment, ils mordent la main qui les nourrit. » Tremblay explique calmement à ses froussards la raison qui fait que le « boss » endure les écarts de langage de leurs petits et chers protégés. « Ils rapportent de l’argent !» C’est tout simple. Je ne cesse plus de lire cette expression: « mordre la main qui nourrit ». On l’utilise pour un cinéaste de l’ONF, pour un téléaste de Radio-Canada (je fus servi là-dessus quand je critiquais la boîte). Pour la majorité celui qui est payé pour son travail doit s’autocensurer, tout laisser passer. Être reconnaissant comme un « bon tit nègre » du temps de l’Oncle Tom ! Avachissement stupide.
Villeneuve a dit que « Pollock, congédié par Bat, a été traité comme du bétail ».
Hon !
Tremblay frappe et cogne : « Jacques Villeneuve rapporte aux marchés de BAT un profit de 1 000 000 018 $ (US), ça vient de finir. À Melbourne, samedi, il y avait que lui et Schumacher comme champions de la F1 sur la piste. On achète pas le silence de ces types. L’argent (21 millions à J.V.) n’achète pas la liberté de penser, de s’exprimer, à moins d’être un trouillard.
5-
Regard à ma fenêtre :pluie oblique. Neigeuse un peu. Tonnerre au loin, eh b’en ! Le lac rempli de flaques d’eau ! Chantons : « Mais où sont les neiges d’antan ? » Chaque fois que la température faisait des siennes, dans les année d’après-guerre, papa disait —sa scie à lui : « Ça, c’est à cause de la bombe atomique mes petits enfants ! » Maintenant j’entends souvent : c’est les gaz, les oxydes de carbone, c’est la couche d’ozone perturbée… » Bon.
Il doit se sentir fragilisée le critique Louis Cornellier du Devoir. Deux collègues ( M.-A. Lamontagne et Odile Tremblay) l’attaquent ce samedi. Il a osé (hon !) dire que les bons vieux classique de France devraient être enseignés aux jeunes collégiens après (b’en oui, après, hon, hon !) une bonne et habile initiation aux écrivains d’ici. Impardonnable position fait le chorus des aristocrates ! On grimpe aux créneaux. Pourtant la pédagogie actuelle est du bord de Cornellier. Et moi itou.
Dans son article, Lamontagne louange les écrits de notre brillant Kérouac à nous, alias Frère (botaniste) Victorin, mais se trouve heurtée quand le génie écrit en patriote sur notre histoire.
Ceci explique cela, elle semble dire : « Reste donc dans ta houache, les plantes. Ne pense pas sur nos malheurs historiques. Pas ta place ! Chacun enfermé dans son créneau, sa cage ! » Belle connerie !
6-
Un certain Pierre Jourde de Paris , bien cuistre, publie « La littérature sans estomac » et il attaque les auteurs qui ont du succès. De Sollers à Angot, de Darrieusecq à Beigbeder, à Ouellebec bien entendu. Donc les liseurs sont des poches ! Ah, faudrait changer le public lecteur n’est-ce pas, comme ce député dépité souhaitait changer de peuple ! Jourde, mitrailleur fou, saurait, lui, rédiger des romans forts, incontournables. S’il peut s’y mettre car qu’allons-nous devenir, tous, s’il ne s’exécute pas ?
La petite Bertrand de la rue Saint-Hubert, alias Andrée Ferretti, était une sacrée « donneuse de leçons » dans les années ’60. Elle publie « La passion de l’engagement » et fustige les indépendantistes qui osent faire face aux « faits têtus » de la réalité. C’est digne. Il en faut. Parizeau ou Landry ? De tristes échangistes ( pacte de l’Alena maudit !). Militante sincère, elle recommande « les mains propres » et on sait ce qu’en disait Sartre de ces « mains jamais sales ».
Sur les sujets ci-haut, je lis R.-M. Sauvé, mon âge, qui dit qu’il a lu la comtesse de Ségur à 11 ans, Jules Verne ensuite, Shakespeare, Scott et Chaucer à l’université, et des littérateurs allemands, et des Américains, surtout Lewis… son témoignage pour dire qu’il faut lire jeune (non?) et de tout (non ?) . Il veut appuyer la dame de France, Guiserix (comme dans Obélix), qui dénonçait la position Cornellier (étudier d’abord les auteurs d’ici), elle aussi. Le racisme inverti toujours !
Pauvre Salman Rushdie, son dernier bouquin, « Furie », un flop ! Récit trop compliqué. Un soufflé raté. En interview, il dit qu’il a voulu offrir « le grand roman américain », qu’il a voulu s’inspirer de la chute de l’Empire romain…rien que ça ! Qu’il a voulu rédiger son « Great Gatsby » à lui. Son « Furie » serait emberlificoté avec trop de pistes ! Eh maudit que c’est pas facile. J’ai tant souhaité, comme tant de mes collègues, faire « le grand roman québécois », maudit que c’est dure le talent, introuvable le génie ! Rushdie s’est essayé. Faut continuer mon cher Salman. Se reprendre. « Mais nous, nous serons morts mes frères » quand apparaîtra ce « livre des livres » sur les Québécois !

Le mardi 12 février2002

Le mardi 12 février2002
1-
Hier soir, je dis à Aile, Pierre Gauvreau a, lui, sa Janine C. », une « Aile » toute dévouée, vraie relationniste compétente. Pierre Perreault, lui aussi, avait sa Yolande S., consacrée à sa dévotion, se démenant pour son œuvre sans cesse, mais toi…hum ! Elle rigole. À Canal Historia on invitait le public à faire des suggestions. Deux auteurs de France (racisme inverti toujours ?) venaient d’y « plogguer » leurs écrits. Et moi ? « Aile, au secours, le Claude Charron , si tu me signalais (chez Pixcom), m’inviterait pour causer de mon cher Villeray, non ? » Oh la la ! Aile (je lui donne raison) refuse de se transformer en complaisante servante des ouvrages littéraires de son chum ! Son côté « low profil » fait d’aile une discrète. Et j’en souffre, savez-vous ?
Hier, le beau soleil et notre rituelle balade autour du lac. Ce midi, le gris bien connu de février. Nous repartons encore pour la ville, ce soir, vouloir re-visionner une dramatique de moi à la cinémathèque à 19h. : « Tuez le veau gras ! » réalisé par Carrier.
J’espère un meilleur ruban-vidéo que pour mon « Blues pour un homme averti », un son meilleur. On verra bien.
J’ai lu avec plaisir le court « conte » de Barrico (si louangé) « Soie », l’auteur du « Novecento » narre les voyages d’un bonhomme de Provence, marchand soumis, timide, délégué par son patron en soieries pour acheter… des vers à soie. Il va vers l’Égypte d’abord puis, à plusieurs reprises, au Japon où il rencontre un riche pacha et sa femme mystérieuse, voilée, silencieuse, dont il s’éprend fort placidement. L’ idée est excellente. Le suspense délicieux au début et au milieu du bref livre, mystérieux comme à outrance, on attend un choc renversant. Cela devient redondant et, à la fin, carrément décevant. Pas pour Aile qui a adoré ce « Soie ».
Ce « Novecento » du même Barrico fut mis en film (même titre), un pianiste né sur un paquebot, la mère tabou meurt, il est adopté, élevé par l’équipage et y restera toute sa vie, devenant « l’entertainer » du dancing mondain sur le pont principal. Une forte histoire si vous l’avez vu…aller louer vite la cassette sinon…C’est une merveille du cinéma actuel.
2-
Dimanche, avant d’aller « Aux filles du Roy, fêter Hughette Oligny, un peu de lèche-comptoir chez le Renaud-Bray de l’Avenue du Parc. Je ne vois pas « Je vous dis merci », mon petit dernier. Cache-t-on le livre d’ici ? Il y a, au fond du vaste magasin, « Enfant de Villeray » (nov.2000) et mon « Duplessis, patriarche bleu » (nov. 1999). Louise Colette, à l’anniversaire d’Oligny —producteure de ma « biographie » du Canal D— m’accoste et me répète (j’avais d’abord reçu son courriel loudateur— qu’elle avait éprouvé du grand plaisir, de la stimulation, à lire ce J.V.D.M. « Aux Fêtes, j’étais aux Caraïbes, je sortais du dernier Gilles Archambault si triste, si déprimant. Votre bouquin de gratitude m’a soulagé de son spleen fatidique. » Je tente d’expliquer le tempérament de mon camarde Archamnbault et elle : « Oui, oui, je sais bien, c’est tout lui, mais c’est une lecture accablante, attristante. »
J’ai tenté de lire le dernier tome de journal de Jean-Pierre Guay acheté Avenue du Parc, dimanche. « Le coeur tremblant » c’est un mois et des grenailles seulement dans sa vie. C’est janvier 1993. C’est ce Guay de Beauport, maintenant de Château-Richer, qui me donnait l’envie, le goût, bref qui me fit débuter dans ce genre de littérature : le journal. Je n’aimais pas du tout sa manière. Je voulais faire différent, plus clair, plus simple, plus franc. Le voilà encore râleur perpétuel comme en 1986, à ses débuts de diariste quand cinq tomes furent publiés, sans bon succès, chez Pierre Tisseyre. Sept ou huit ans plus tard c’est donc encore et toujours sa pénible quête d’argent. Ses délires vaseux. Ses obsessions vagues. Ses détestations irrationnelles. Nouveauté, voilà mon Guay converti ! Catholique et pas à gros grain. Il prie sans cesse. Il ne s’adresse plus qu’à Jésus, le tutoyant volontiers, à Dieu, au Saint-Esprit, voire à Sainte-Anne (de Beaurpré). Pourquoi pas ? Or, Guay. Comme au départ de son journal intime parsème ses chapitres de prénoms sans nous fournir jamais les liens pour que nous puissions, lecteurs, les situer par rapport à lui, à sa vie. C’est ennuyeux. Impression d’un piétinement pitoyable. Aucune évolution. Son existence de fainéant, de… quoi au juste? Il n’arrive pas à faire le deuil de son « pitou » un berger allemand, je crois, perdu il y a trois ans ! Il le prie lui aussi, l’imagine au ciel (!) qui l’attend. Il refuse de « gagner sa vie », méprise l’Institution littéraire, crache et bave sur tous les autres créateurs, en général, sans nommer personne. Toujours sa certitude d’être bien au dessus du commun des…littérateurs. Franchement, j’ai cessé vite de tourner les pages vinaigrées et répétitives, encombrantes de regrets insipides. Excédé, ennuyé, j’ai garroché son mince journal sur le divan d’en face. Achat futile !
3-
Hier soir, Aile y tenait : « Regardons un peu de ces J.O. en Utah ». Surf des neiges : spectacle vivifiant. Surprenant. Acrobaties renversantes. Trois jeunes amerloques gagnent !
Luge : pas un sport cela ! Niaiserie! Couloirs étroits et on glisse à toute vitesse. Fumisterie ! Ce matin, Pierre Desjardins, un prof, dans « Le Devoir » dit comme moi, qu’il faudrait débarrasser le sport de ces fausses joutes , telle la luge en corridors, et qui ne laissent rien en héritage aux taxés du site, les appareils seront démontés. Biathlon (!), pas fameux et ces ridicules carabines sur le dos des fondeurs : franchement !
Viennent les patineurs en couples. De la beauté parfois. Des figures répétitives aussi. Il y a un code sans doute. Scandale soudain et Aile grimpe dans les rideaux ! Les deux québécois perdent (la médaille dorée) malgré un « zéro faute » face au couple russe qui, lui, n’est pas sans faute. Je me tais, amusé de ses cris de protestations. En réalité les deux jeunes russes offraient une meilleure énergie, faisaient montre de plus de fantaisie (et leurs costumes de soie au vent !). Je me tais. La paix des ménages… et c’est si excitant de voir sa « douce » montée sur ses grands chevaux. Chauvinisme…Non, non, je me tais !
Ce matin : projet de mettre en téléfilm de 90 minutes ces vieilles « Enquêtes Jobidon » sur lesquelles Raymonde faisait ses débuts de scripte, à Québec. On a fait de même, téléfilm de 90- m., pour « Les Plouffes » de Lemelin, et aussi pour « Sous le signe du lion » de Loranger. Le fera-t-on un jour pour ma « Petite patrie » ? En 90 minutes, un téléfilm montrant mon cher Villeray tout de suite après la guerre. Je songe souvent à une sorte de comédie musicale avec tous ces crieurs, ces marchands ambulants, avec une musique de mon voisin de la rue Drolet, Claude Léveillée. Rêvons à un producteur qui… !
4-
De Berlin, Nat Pétro de La Presse, ce matin, raconte l’histoire effrayante d’une québécoise exilée là. Cette Lysiane Thibodeau : père mort jeune, mère assassinée par son frère, suicide de ce dernier…Elle quitte donc l’enfer. Fuite à Berlin. Choix curieux. Ville déchirée comme elle ? Meurtrie par ce passé nazi accablant ? Elle se fiche des anneaux. Partout. « Piercing » pour percées de toute part ? Par le mauvais sort ? Cheveux bleus et fréquentation de « l’underground » marginal. Flirt avec des paumés ! Cas classiques. Cachette allemande utile ? Voilà qu’elle avoue : elle demeure une non-intégrée, elle ne sera jamais acceptée des Allemands, même si elle parle couramment la langue. Elle songe à un retour…Le saumon revient à son lieu d’origine. À la télé, hier soir, Manet, écrivain cubain exilé, lui aussi, avoue ne pas savoir, ne plus trop saisir, à quel pays il appartient, Cuba ou la France où il publie depuis longtemps. Les déracinés ne s’enracinent pas ? Les enfants de ces émigrants, oui.
J’ai relu un album (édité en 1972) retrouvé dans la cave (aux essais graphiques abandonnés un moment). » L’histoire des Patriotes de Saint-Eustache. Les curés « collabos » des soldats envoyés pour tuer les démocrates anti-monarchistes dans tout Deux-Montagnes. Incendies criminelles. Le pénible Colborne qui laisse faire ses colonels nazis, qui se tait. Le curé aussi. Les Globensky —seigneurs à manoir— en charqe des répressions. Femmes et enfants assassinés. Infamie épouvantable. Des nôtres profiteurs, vandalismes, tueries, vols. Des délateurs bien catholiques, collabos, eux aussi. « Lécheculisme » dépravant tout autour. Pas loin, à Oka, les Iroquois « protestantisés », rangés du bon bord : « English only ». Dénonciations cléricalistes de nos républicanistes, infamie accablante de Saint-Eustache à Saint-Benoit ! Chénier mis en terre des apostats comme un gredin !
On lit tout cela dans cet album illustré et on constate la lâcheté ambiante. Le pire ? L’ignorance de cette partie de notre histoire. L’oubli. « Pardonnons, pardonnons ». Bin oui. Sans, jamais, oublier. Jamais ! Il faudrait des commémorations solides de ce massacre inouï de 1838, en décembre. Comme on en fait, en novembre, à Saint-Denis, ou à Saint-Ours, ou à Saint-Antoine au bord de la Richelieu. Au bord de la Mille-Iles, il y eut l’étouffement féroce des démocrates abandonnés. Par tous ! Cela mériterait une fameuse fête. Une grande. Une courageuse. Quand…
5-
On va fêter Gilles Groulx, cinéaste devenu impotent jeune à la suite d’un funeste accident de la circulation. J’ai connu Gilles à vingt ans. Beau grand blond très sage, aux yeux pâles. Timide. Il étudia la céramique. Un an. Il assistait, muet, impassible, à nos engueulades, il en était comme interdit. Surpris de nous voir tirailler, argumenter, chicaner, le prof Archambault, Patricia Ling, Gilles Derome, moi, et qui encore ? Il se sentait comme hors jeu. Il disparut. Il va nous réapparaître, plus tard, vieilli, cinéaste à l’ONF ! Il semblait si étranger à tout et à tous, à vingt ans, en 1950, si calme, si serein et si discret.
Il sera un cinéaste engagé, un « gueuleur autorisé » plus tard. L’ONF, qui a aidé tant de talents québécois, a été aussi un lieu de censure terrible, de répression subtile, comme au réseau français de Radio-Canada. On le dit ouvertement maintenant que l’on prépare ce documentaire sur Groulx. C’est la vérité. Elle sera embarrassante à mesure des ans pour tous ces « petits patrons » trouillards, fédéralistes zélés, terrorisés par Ottawa. Des noms vont se prononcer et à haute voix. Tremblez les « chieux » qui « contrôlaient la liberté » de ce temps. Il faut l’espérer, cette franchise. Les « empêchés » de jadis, aux cheveux blancs aujouird’hui, vont parler franchement désormais, dévoiler les turpitudes de cette époque, les films mis « sur tablette » par une prudence politicarde qui sent mauvais.
6-
Robert Lévesque, critique chez Homier-Roy, publie une mise à mort d’une saveur assez âcre. Gabriel Arcand (un comédien à part et qui a le droit de se situer à part des autres ) serait une inutilité. Lévesque, dans sa page du « ICI », résume sa carrière et pour l’ensemble de sa pratique, de son art, lui accorde un gros zéro. C’est un sauvage nuisible, un isolé nocif, un égotiste vicieux, une nuisance publique pour tous ses camarades.
Et bang !
On lit cela, cette charge totale, on reste incrédule. Une folie ? Michel Temblay, rétorquant À une de ses foucades, craignait qu’il se donne la mort. En attendant ce précieux analyste de théâtre (jadis), ce cultivé observateur de nos scènes, du théâtre qui se fait, signe un ravage si total sur l’acteur Arcand qu’on serait en droit de craindre pour la santé mentale de ce comédien au talent si singulier. Dépression, fuite en exil ? Mais, calmons-nous, Arcand doit, lui aussi, savoir que le Lévesque de « ICI » est pris dans une impasse. Qu’il traverse une horrible crise…d’identité (?). À lire ce brumeux chapitre anti-acteur-Arcand, on devient jongleur. Se peut-il qu’un esprit vif , qu’un homme si renseigné trouve du plaisir à démolir, à tuer ? Ma foi, cela se peut. Tuer pour ne pas être tué ou se tuer ? Freud ou un des siens devrait venir examiner le cas et publiquement. Signalons 911 pour ce Lévesque matraqueur. C’est urgent docteur !

Le mardi 22 janvier 2002

Le mardi 22 janvier 2002
1-Marchant vers j et c, le merveilleux temps doux ! Je chantonnais la toune de Léo Ferré — » C’est le printemps « — le long de mon chemin vers mon dépanneur. Le ciel plein de trous bleus. Du Marc-Aurèle Fortin ! Le cher homme, c’est ici, à Sainte-Adèle, hélas, qu’une voiture le frappa sur son vélo (sur la 117, près du site du Petit Chaudron, dit-on. Il refusa de se faire hospitaliser  » le sauvage, le bougon, le génial peintre. Encore hélas! M.-A. F. en gardera des séquelles énormes et il allait payer bientôt pour ce refus de soins.
J’ai montré à ma chère Aile les six ou sept premiers essais de peinture sur…vieille pages de journal. Je tente de conserver des photos, des titres, des pubs même. Je tricote tout autour. Feutres de couleur, gouaches, marqueurs noirs, aquarelle, taches avec éponges etc. Cela me fait du papier comme froissé. J’aime bien. Aile pas trop certaine d’aimer le papier  » ridé « , mais pour mes gribouillis, ça va, il apprécie ma folie graphique. En tous cas que tout cela aile à la poubelle ou non, je m’amuse comme…un enfant à la maternelle.
Katleen (Hélie) est l’adjointe efficace de Victor-le-matamore de Trois-Pistoles. Elle m’expédie, merci ordinateur !, une photo de ce Ludovic belge venu me mitrailler de mille  » clics  » chez moi samedi, en ville. Le choix est fait, je crois. Assis sur le divan de cuir, au salon, je suis en train de lire le cahier  » spectacles  » de La Presse, j’ai mes bésicles sur le nez, et je semble inquisiteur et grave ! Je me laisse faire en cette matière éditoriale. Je suis pas le  » boss « .
Pour le Stanké, ce  » Je vous dis merci « , Cornellier qui m’a fait des éloges dans  » Le devoir « ,a dit que  » la couverture est très vulgaire , laide, une honte  » et que moi, artiste, j’aurais dû protester…  » Or, c’est moi, pour une fois, qui avait proposé cette couverture…avec une photo d’Aile, moi en  » overall  » avec une  » canne  » de peinture et un gros pinceau…Vulgaire ? Non mais… Mon Stanké a bien rigolé, tordu !
2-La Chine devrait acheter ses avions en France. Ou ailleurs, chez nous, tiens !Quelle idée d’acheter USA. Elle a été  » pognée « . Les micros cachés…et le Busch mal pris…La CIA travaille fort ! Elle vient de gaffer gravement ! Encore !
 » Life savers « , ces bonbons que nous aimions tant déjà dans les années 1930, les enfants suceurs vont se fabriquer à Ville Mont-Royal chez Kraft Co. Icitte ! Okay ! Voilà que malgré les millions (62 M. Can, ou 38 M. US.)offerts pour rénover sa vieille usine de Holland (Michigan),  » Life Savers  » préfère produire où l’argent coûte moins cher. Avantages d’être pauvres ! C’est 750 emplois pour stimuler les caries des enfants du monde!
J’enrage encore : Plamondon titre son nouveau spectacle musical :  » Cindy « . Pas  » Cendrillon « . En France, à Nice. Une jeune beauté a été primée et engagée aussitôt par Plamondon dans sa nouvelle  » patente à tableaux « , cette chanteuse participait à une sorte de concours de beauté, et cela se nommait :  » Star Academy  » ! Non mais, ces gnochons de fascinés par les USA, ces colonisés de Français toujours à genoux face à la langue des amerloques… Assez non ?…Que de coups de pied au cul qui se perdent ! Nous, collés sur eux, nous tentons de résister et eux, au lieu de collaborer à nos efforts, à notre résistance, à la défense du français, glissent dans la mode  » mondialiste « , qui est, au fond, une mode étatsunienne ! Traîtres !
3-
J’ai connu ce ministre Baril à CJMS, 1993-1994. Une queue de veau. Collant. Fouineur. Il se sortait de la drogue et se démenait pour collaborer à une maison de désintox qu’il patronnait. Je le trouvais un peu baveux, il avait des allures de…rastaquouère…Je me retiens tant que je peux de juger les gens sur la mine, le masque, la binette quoi. Pas facile. Comme tout le monde, une tête me revient…ou pas. Bon, le Baril en question a réussi à se faufiler dans un parti politique, il est devenu  » indispensable  » et je le crois suractif et dévoué et tout. Le voilà qui embarrasse son ami Bernard Landry avec son copain André Desroches, un démarcheur qui n’a pas froid aux yeux. Ce  » Desroches à Baril  » organisent des  » fêtes  » avec ministres invités et gens de compagnies de marketing, de pub, pour favoriser…le favoritisme. Hum ! Patate chaude !
Au fond, plein de Gagliano partout dans ces réseaux de contacts politiques, un monde que je fuis comme la peste depuis toujours.
On m’a fait des approches dans le temps que j’avais journal et micro. Tant de journalistes glissent vers ce que je nommerais  » l’attachisme-de-presse  » ! Plein des personnages maniganceurs qui tentent d’arracher des faveurs, des contrats. Un mascarade qui dure depuis toujours. C’ est pour cela que j’ai tant ri en voyant les gens des médias jouer les scandalisé Eux-mêmes mangent avec ces politiciens et leurs bons copains dans les  » cafés  » des parlements. Un Pierre Pasco, à CKAC, jadis, les avait vertement dénoncés. Ils savent bien ce qui se passe. L’un de ces zélés en fait trop,se fait prendre, et voilà nos reporters jouant les surpris ! Non mais…
Déclaration de ce dégueulasse de Dutrou (x) belge en prison : La Justice (en Belgique) ne veut pas s’intéresser aux réseaux de pédophilie…  » Aïe! S’i disait vrai? Il sait de quoi il parle le chien ! En fouillant dans son dossier ( à Dutrou (x) , les chefs politiques pourraient avoir découvert des noms de dignitaires parmi ces pédés dégoûtants. À suivre…ou bien à ne pas pouvoir suivre, les gens bien installés sauront peut-être enterrer et Dutrou (x) et les réseaux affreux où martinent des gens respectables, très respectables !
4-
La Lysiane ce matin : quatre motifs pour ces gens instruits, riches, bien établis, qui vont en politique malgré une baisse de revenus. a) pour leur  » égo  » vaniteux, b) par besoin de changer d’existence, lassitude quoi, c) pour des idées, d) pour  » servir « .
Par deux fois —aspirant-échevin dans Ahuntsic avec le FRAP en octobre 1970, et aspirant-député dans Outremont avec le P.Q. en novembre 1994— j’ai voulu  » servir « . Je me disais que, chanceux dans la vie, je devais remettre cela aux gens. À ma modeste façon. Deux échecs dont je jase dans ce  » Écrire  » que je viens de confier aux éditions Trois-Pistoles.
Après le lunch, —un reste de pâtes réchauffées, j’aime— promenade de santé autour du lac sous un soleil radieux. Aucune rencontre une fois de plus. Plus personne ne marche ? Nous sommes allés dans le sous-sol de l’église pour vérifier le travail récent des  » cadastreurs  » du  » gov’ern’ment « . Aile tenait à voir, de visu, si son terrain avait été arpenté et mesuré de la bonne manière. Eh oui ! Rien n’est changé. Une farce ce gros ouvrage de vérification ? Allons ! On fait cela pour ramener les constructeurs autodidactes (!) aux chalets ou maisons construites sans permis vers les bureaux des taxes…municipales ! Je le crois fermement. Un voisin dans la queue à qui je fais mes confidences de néo-anarchiste opine du bonnet et rigole fort. On est du même clan ?
Je lis  » Le coffre de cèdre « , de madame Mac Donald, un fort succès de librairie. C’est amateur. Ouvrage d’écrivain du dimanche. Dialogues faux. Intrigues mal tricotées, pas d’économie scripturaire habile, punch soudain, accident imprévu, changement étonnant…peu importe…on tourne les pages. Ce long récit, une sorte de saga, se lit avec le sentiment que l’auteure raconte la vraie histoire de sa famille au bout du Cap Breton. Ça sonne vrai ! Aussi je poursuis ma lecture et je comprends bien son succès. Mal fait , mal écrit , peu importe, les événements narrés semblent tout droit sortis de l’album de famille de MacDonald. C’est ce qui comte maintenant : l’autofiction. Comme J.N. ? Comme la vérité.

Le mardi 22 janvier 2002

Le mardi 22 janvier 2002
1-Marchant vers j et c, le merveilleux temps doux ! Je chantonnais la toune de Léo Ferré — » C’est le printemps « — le long de mon chemin vers mon dépanneur. Le ciel plein de trous bleus. Du Marc-Aurèle Fortin! Le cher homme, c’est ici, à Sainte-Adèle, hélas, qu’une voiture le frappa sur son vélo (sur la 117, près du site du Petit Chaudron, dit-on. Il refusa de se faire hospitaliser  » le sauvage, le bougon, le génial peintre. Encore hélas! M.-A. F. en gardera des séquelles énormes et il allait payer bientôt pour ce refus de soins.
J’ai montré à ma chère Aile les six ou sept premiers essais de peinture sur…vieille pages de journal. Je tente de conserver des photos, des titres, des pubs même. Je tricote tout autour. Feutres de couleur, gouaches, marqueurs noirs, aquarelle, taches avec éponges etc. Cela me fait du papier comme froissé. J’aime bien. Aile pas trop certaine d’aimer le papier  » ridé « , mais pour mes gribouillis, ça va, il apprécie ma folie graphique. En tous cas que tout cela aile à la poubelle ou non, je m’amuse comme…un enfant à la maternelle.
Katleen (Hélie) est l’adjointe efficace de Victor-le-matamore de Trois-Pistoles. Elle m’expédie, merci ordinateur !, une photo de ce Ludovic belge venu me mitrailler de mille  » clics  » chez moi samedi, en ville. Le choix est fait, je crois. Assis sur le divan de cuir, au salon, je suis en train de lire le cahier  » spectacles  » de La Presse, j’ai mes bésicles sur le nez, et je semble inquisiteur et grave ! Je me laisse faire en cette matière éditoriale. Je suis pas le  » boss « .
Pour le Stanké, ce  » Je vous dis merci « , Cornellier qui m’a fait des éloges dans  » Le devoir « ,a dit que  » la couverture est très vulgaire , laide, une honte  » et que moi, artiste, j’aurais dû protester…  » Or, c’est moi, pour une fois, qui avait proposé cette couverture…avec une photo d’Aile, moi en  » overall  » avec une  » canne  » de peinture et un gros pinceau…Vulgaire ? Non mais… Mon Stanké a bien rigolé, tordu !
2-La Chine devrait acheter ses avions en France. Ou ailleurs, chez nous, tiens !Quelle idée d’acheter USA. Elle a été  » pognée « . Les micros cachés…et le Busch mal pris…La CIA travaille fort ! Elle vient de gaffer gravement ! Encore !
 » Life savers « , ces bonbons que nous aimions tant déjà dans les années 1930, les enfants suceurs vont se fabriquer à Ville Mont-Royal chez Kraft Co. Icitte ! Okay ! Voilà que malgré les millions (62 M. Can, ou 38 M. US.)offerts pour rénover sa vieille usine de Holland (Michigan),  » Life Savers  » préfère produire où l’argent coûte moins cher. Avantages d’être pauvres ! C’est 750 emplois pour stimuler les caries des enfants du monde!
J’enrage encore : Plamondon titre son nouveau spectacle musical :  » Cindy « . Pas  » Cendrillon « . En France, à Nice. Une jeune beauté a été primée et engagée aussitôt par Plamondon dans sa nouvelle  » patente à tableaux « , cette chanteuse participait à une sorte de concours de beauté, et cela se nommait :  » Star Academy  » ! Non mais, ces gnochons de fascinés par les USA, ces colonisés de Français toujours à genoux face à la langue des amerloques… Assez non ?…Que de coups de pied au cul qui se perdent ! Nous, collés sur eux, nous tentons de résister et eux, au lieu de collaborer à nos efforts, à notre résistance, à la défense du français, glissent dans la mode  » mondialiste « , qui est, au fond, une mode étatsunienne ! Traîtres !
3-
J’ai connu ce ministre Baril à CJMS, 1993-1994. Une queue de veau. Collant. Fouineur. Il se sortait de la drogue et se démenait pour collaborer à une maison de désintox qu’il patronnait. Je le trouvais un peu baveux, il avait des allures de…rastaquouère…Je me retiens tant que je peux de juger les gens sur la mine, le masque, la binette quoi. Pas facile. Comme tout le monde, une tête me revient…ou pas. Bon, le Baril en question a réussi à se faufiler dans un parti politique, il est devenu  » indispensable  » et je le crois suractif et dévoué et tout. Le voilà qui embarrasse son ami Bernard Landry avec son copain André Desroches, un démarcheur qui n’a pas froid aux yeux. Ce  » Desroches à Baril  » organisent des  » fêtes  » avec ministres invités et gens de compagnies de marketing, de pub, pour favoriser…le favoritisme. Hum ! Patate chaude !
Au fond, plein de Gagliano partout dans ces réseaux de contacts politiques, un monde que je fuis comme la peste depuis toujours.
On m’a fait des approches dans le temps que j’avais journal et micro. Tant de journalistes glissent vers ce que je nommerais  » l’attachisme-de-presse  » ! Plein des personnages maniganceurs qui tentent d’arracher des faveurs, des contrats. Un mascarade qui dure depuis toujours. C’ est pour cela que j’ai tant ri en voyant les gens des médias jouer les scandalisé Eux-mêmes mangent avec ces politiciens et leurs bons copains dans les  » cafés  » des parlements. Un Pierre Pasco, à CKAC, jadis, les avait vertement dénoncés. Ils savent bien ce qui se passe. L’un de ces zélés en fait trop,se fait prendre, et voilà nos reporters jouant les surpris ! Non mais…
Déclaration de ce dégueulasse de Dutrou (x) belge en prison : La Justice (en Belgique) ne veut pas s’intéresser aux réseaux de pédophilie…  » Aïe! S’i disait vrai? Il sait de quoi il parle le chien ! En fouillant dans son dossier ( à Dutrou (x) , les chefs politiques pourraient avoir découvert des noms de dignitaires parmi ces pédés dégoûtants. À suivre…ou bien à ne pas pouvoir suivre, les gens bien installés sauront peut-être enterrer et Dutrou (x) et les réseaux affreux où martinent des gens respectables, très respectables !
4-
La Lysiane ce matin : quatre motifs pour ces gens instruits, riches, bien établis, qui vont en politique malgré une baisse de revenus. a) pour leur  » égo  » vaniteux, b) par besoin de changer d’existence, lassitude quoi, c) pour des idées, d) pour  » servir « .
Par deux fois —aspirant-échevin dans Ahuntsic avec le FRAP en octobre 1970, et aspirant-député dans Outremont avec le P.Q. en novembre 1994— j’ai voulu  » servir « . Je me disais que, chanceux dans la vie, je devais remettre cela aux gens. À ma modeste façon. Deux échecs dont je jase dans ce  » Écrire  » que je viens de confier aux éditions Trois-Pistoles.
Après le lunch, —un reste de pâtes réchauffées, j’aime— promenade de santé autour du lac sous un soleil radieux. Aucune rencontre une fois de plus. Plus personne ne marche ? Nous sommes allés dans le sous-sol de l’église pour vérifier le travail récent des  » cadastreurs  » du  » gov’ern’ment « . Aile tenait à voir, de visu, si son terrain avait été arpenté et mesuré de la bonne manière. Eh oui ! Rien n’est changé. Une farce ce gros ouvrage de vérification ? Allons ! On fait cela pour ramener les constructeurs autodidactes (!) aux chalets ou maisons construites sans permis vers les bureaux des taxes…municipales ! Je le crois fermement. Un voisin dans la queue à qui je fais mes confidences de néo-anarchiste opine du bonnet et rigole fort. On est du même clan ?
Je lis  » Le coffre de cèdre « , de madame Mac Donald, un fort succès de librairie. C’est amateur. Ouvrage d’écrivain du dimanche. Dialogues faux. Intrigues mal tricotées, pas d’économie scripturaire habile, punch soudain, accident imprévu, changement étonnant…peu importe…on tourne les pages. Ce long récit, une sorte de saga, se lit avec le sentiment que l’auteure raconte la vraie histoire de sa famille au bout du Cap Breton. Ça sonne vrai ! Aussi je poursuis ma lecture et je comprends bien son succès. Mal fait , mal écrit , peu importe, les événements narrés semblent tout droit sortis de l’album de famille de MacDonald. C’est ce qui comte maintenant : l’autofiction. Comme J.N. ? Comme la vérité.

le vendredi 18 janvier 2002

le vendredi 18 janvier 2002
1-
Ma foi, enfin, le voici, le vrai hiver. On pourrait revirer le paysage à l’envers, ça ne changerait rien. Il neige vraiment ! La vue de ce paysage rendu comme invisible. Sans dessus dessous ! Blanc partout. La beauté, on l’oublie, de l’ouate en fines lamelles déchiquetées qui se laisse choir dan s l’air. Oui c’est beau, je le dis sans aimer vraiment cette saison froide. Mes vieux os…
Avons loué « Pearl Harbor », deux bobines. On regrette de n’être pas allé voir cela sur grand écran. Du bon boulot visuel. Certes, il faut attendre une bonne heure avant que s’enclenche…la guerre contre les Japonais de l’Empire du Soleil levant. Les séquences du pilonnage de la flotte américaine : du cinéma étonnant. Technique moderne impeccable. L’horreur. La surprise totale, un Président Rosevelt sidéré. Insulté. Révolté. Ulcéré.
Des images bouleversantes, morts, noyades, avions de kamikazes fous, Nippons horribles de cruauté, le fanatisme de cette époque… et voilà que ma chère Aile ose : « On comprend mieux les bombes sur Hiroshima et Nagasaki, non ? » Elle me dira, plus tard, retirer ses paroles sachant bien que les volcans atomique sur des civils est un « crime de guerre » inexpiable et impardonnable…dont on ne parle pas assez. « Malheur aux vaincus », le « vae victis ! », de la Rome impériale antique ? C’est dire la conviction qui fait enrager… face à l’authenticité apparente, et documentaire à la fois, installée par des talentueux cinéastes de ce « Pearl Harbor ».. Il y a une jolie romance au sein de cette reconstitution, comme l’exige le commerce, récit très plausible, au cœur de ce récit cauchemardesque. La scène (un fait historique confirmé) quand le Président, infirme condamné comme on sait, réussit à se tenir debout est extraordinairement forte. Un chef militaire japonais étonne : un adjudant lui dit qu’il est intelligent et il rétorque : « si je l’étais j’aurais réussi à empêcher cette guerre. »
2-
Vu le deuxième tome sur Mailer. Insatisfaisant. Son époque y est illustrée. Les trois tués célèbres : les deux Kennedy que Mailer aimaient bien, le Pasteur noir célèbre…Les États-Unis (Mailer dit AMERICA, hélas !) s’en trouveront abattus collectivement, honteux, surtout avec cet enlisement au Vietnam. Il faudra la réussite d’Apollo 11, (la lune !) pour que la communauté redresse la tête enfin. À partir de là, le vieux militant de gauche avoue qu’il a compris : « Je savais enfin qu’un écrivain ne peut changer le monde. » Il avoue sa candeur. Mailer y est souvent con (sur les femmes, niais même, mais très franc, lucide.
3-
Hier après-midi, jeudi mon Buissonneau au téléphone. On jase ad lib. On rigole. On se jure d’aller luncher à quatre, lui et sa Monique, moi et mon Aile. Du poulet ? Je blague ! Mon Paul a des jugements raides. Il n’a rien, comme moi, d’un intellectuel. Il aime. Il déteste. Puis, voyant ses erreurs, il admettra rapidement se errements. Comme moi. Nous sommes de la même farine, lui et moi pourtant un monde sépare nos enfances, lui, gamin-ouvrier en usine, à Paris sous les bombes, moi dans Villeray sur mon vélo fleuretant les filles ! J’aime sa ferveur, ses enthousiasmes. J’aime le fervents. Il va préparer en février qui vient un spectacle au chic TNM, du Tardieu. Inoubliable son « Théâtre de chambre », du même Tardieu à son Théâtre de quat’sous, jadis, oh oui, inoubliable ! « J’arrive pas à cesser le boulot, Claude… », me dit Buissonneau. Moi donc ! « Les femmes, ma Monique, sont bien plus sages que nous quand vient le temps de retraiter, de décrocher, non ? » Oui. Je trouve qu’il a bien raison.
4-
Critique molle du Perrault monté au Rideau-Vert, ce matin. « Au cœur de la rose » contiendrait trop de texte ampoulé, baroque.
La critique dit : « Il y a ce couple qui ne s’entend plus et qui craint, le dernier enfant parti vivre sa vie, de devoir se voir en face en face. » Oh…cela…! Oh la la…! Oui, grave question pour tant de couples qui ne vivent plus (ensemble) que pour les enfants. Le temps fatidique des départs de la progéniture arrive, la maison « familiale » qui se vide…L’heure de vérité sonne fort. Un drame souvent. J’en sais un bout là-dessus ! Ma vie vers 1975, 1976… je quitterai mon ex-couple, « dysfonctionel », en juin 1978, rien à faire.
5-
La fameuse Monica aux cigares dans un film pour s’expliquer : « Non, je ne voulait pas la notoriété et non je ne suis pas une candide stupide. » Bon, bon. Reste qu’une groupie est une groupie et on voit ces « achalantes » collantes toujours dans le sillage d’une vedette. Clinton était une star. Parfois, souvent même , c’est un héros de music pop. Même dégât chez ces suiveuses énamourées et niaises. Exploitées comme torchons. On sait tous de ces histoires. Me taire sur certains parages… c’est trop triste.
J’ai oublié, vu le deuxième épisode du célèbre cinéaste Spielberg chez le Lipton de l’Actor’s studio, canal ARTV. Bon. Dans le premier, un grand moment. Ce questionneur plutôt fat, Lipton, (oui, comme la soupe) lui sort une analyse de son cru qui va qui jeter Stephen S. à l’envers. À la fin de « Close encounter… », lui dit-il, cette musique merveilleuse, c’est votre maman, une bonne musicienne, et la machine extraterrestre inouïe, complexe, c’est votre papa, un mathématicien reconnu, non ? Vous avez voulu les réconcilier, les réunir, ayant tant été meurtri, vous l’avez dit, par leur séparation, enfant ? C’est cela ? »
Oh oh ! Le Stephen, les bras à terre, il va murmurer, ému :
« Merci de me le faire découvrir, vous avez sans aucun doute raison. » Oui, un très grands moment de télé. Un lourd silence en studio. Me voilà tout admiratif pour le Lipton en question, sous ses dehors de despote dominateur, il y a donc ce bonhomme brillant.
Spielberg, jeune ado, avait une caméra 8mm, cancre aux études, et il ne cessait de filmer partout, de monter des « séances » d’un amateurisme qui le fait bien rire maintenant. Refusé à une école sérieuse en cinéma, il deviendra « go for », commis, « traîneux » de coulisses quoi, dans les grands studios d’Hollywood, finira par se faire un bon contact. Il fera de la tété d’abord, du dépannage, et puis viendra son fameux « Duel », ce film étonnant que j’ai aimé, admiré, énormément, cette mystérieuse chasse à l’homme par un fardier de 22 roues, puissant et anonyme. Premier signe d’un talent hors du commun. On sait la suite. Avec des erreur de parcours comme il se doit.
6-
À Cuba : pardon au Padron ! Un reporter, ce Pradon, qui avait traité de « menteur » en ondes, le très démocratique Fidel Castro. La prison ! Tombé malade gravement dans sa geôle infect, les autorités de Cuba vont le libérer. C’est le Pen CLub qui a collaboré à sa libération. Ce club, où des écrivains s’associent avec des détenus politiques, ainsi, finit, à l’occasion, par des réussites merveilleuses.
Hélas, durant la crise d’Oka, été 1989, ceux du Pen Club avec Amnisty et Greenpeace, se rangeaient comme des girouettes connes contre le « méchant Québec raciste », décrié par les gazettes anglos, heureuses, dans cette tourmente, de jeter de l’huile sur ce feu sauvage (oh !) propice à leur francophobie maladive. Ils se portaient à la défense des pauvres petits anges amérindiens, les « warriors », une pègre de Saint-Régis qui voulait seulement davantage de passe-droit pour leurs trafics louches de contrebandiers « hors-taxes ». La mode… ces trois organismes tombaient dans la rectitude aveuglée, –et Mgr. Tutu y alla de sa bouffonnerie— j’avais déchiré mes cartes de membre et engueulé ses représentants. Lisons, relisons, de Robin Philpot,, son « Oka, dernier alibi… » (VLB, éditeur) , il donne l’heure juste, montre des documents, de articles sur le racisme indiscutable des anglos nous désignant collectivement comme « racistes obtus. »
7-
À Télé-Québec, (aux « Franc-Tireurs »)avec les frondeurs incorrects, Martineau et Cie, avoir vu un Chapleau tout étonné. Comme moi, il découvrait soudain un Kaboul avec des édifices importants, une ambassade des USA, un théâtre alors qu’avant la fuite des Talibans, il n’y avait, apparemment, à Kaboul, comme dans le reste de l’Afghanistan, que deux pierres et trois roches, un tas de sable et une clôture arrachée.
Bravo ! En effet, ce fut une révélation soudainement. On a en studio de « manipulation », parlé de cette reporter, « la Galipeau avec son foulard, carré de soie Chanel » disait Chapleau, plaquée devant une ruine déserte… Non mais… Ces mensonges de nos grands réseaux, de nos « envoyés au front ». Quel mépris envers nous tous et que la honte les recouvre ces manipulateurs stipendiés.
Même émission, souvent captivante, une Dominique Michel, franche, frondeuse et qui répondra clairement aux questions piégées du questionneur. Découverte une fois encore que face à une interview bien menée, c’est une autre affaire…Une star, à la réputation moche sur le plan de idées, semblera soudain bien mieux équipée intellectuellement qu’on le croyait. Délivrez les artistes des mignardises des entrevues connes où il n’y a que pub, plogue.
8-
Cette série sur la pègre, sur « La famille » Caruana et Cuntrera se révèle obscur. Les noms volent. Impossible de s’y retrouver. Aile, si brillante en matière trouble, en scénarii complexes (qu’elle s’amuse à m’expliciter après visionnement, la saudite !) eh bien, elle aussi, médusée, toute embrouillée dans ces maillages siciliens, états-uniens et…montréalais. Elle me dit : « Je crois que ces auteurs veulent ces ambiguïtés. Que cela les arrange. Ils savent que le mystère épais donne l’apparence d’intrigues savantes, emberlificotées, lourdes. » On y est perdu comme dans la série (bien filmée, bien actée) avec intrigues « poudre aux yeux, de Dionne, « Omerta ».Même opacité avec « Le parrain, 1 2 et 3. Grand public à cause du sujet, succès fort à cause des vedettes surdoués… et le public se tait qui se dit : « je pourrais passer pour gnochon » ! Un enquêteur de la GRC admet qu’on a stoppé son enquête sur les « blanchisseurs » à Ottawa. Faute de fond, dit-il. Oh yea ? Au beau milieu de « La famille », un important chef déclare : « Faut comprendre. Empêcher le blanchiment des milliards de l’argent sale de drogues, ce serait la catastrophe, l’effondrement totale des économies du mondiales ». Bang ! On se regarde Aile et moi. Effondrés, nous le sommes, en effet ! Dit-il vrai ce haut gradé italien ?
9-
Ainsi, pas si éloigné de mon sujet, nous regardons fidèlement la série télé : « À la maison blanche. Des émissions dynamiques, jouées parfaitement, mais…des intrigues le plus souvent obscures. Pourtant, fin de la dernière —montrée, trop tard le samedi soir— étonnant revirement. Le Président en colère avec son chef de cabinet, qui en assez de toujours devoir calculer ses moindre déclarations, pour protéger les partisans frileux, les fournisseurs de fric, les amis des amis, ô la forte scène, le lobby de ceci ou de cela, et craindre la perte du pouvoir qui déclare subitement —il s’en va en campagne présidentielle—, qu’il va être lui-même et tant pis, justement, pour la perte du pouvoir.
Oh ! Merveilleuse colère.
Je me disais si Bernard Landry pouvait subir une telle tentation de vérité politique, le goût d’être un homme d’État, pas seulement un gestionnaire. S’ il pouvait avoir une semblable attaque de franchise totale. Le peuple québécois le verrait clairement. On a tort, toujours, de mépriser le peuple. S’il pouvait s’exprimer sans ne plus craindre de faire perdre le pouvoir au parti. Ce serait si merveilleux. Emballant. Fabuleux. Oui, il perdrait —peut-être, peut-être— le pouvoir. Et puis après ? On ne meurt pas de séjourner dans l’opposition un certain temps, bien au contraire parfois…
Ce qui serait enthousiasmant et fantastique ce serait justement de voir enfin un chef, un homme au pouvoir, qui dirait ce qu’il pense, ce qu’il veut, ce qu’il va faire, sans tous ce calculs des petits chefs de ses entourages. Ces mouches de coche qui ne protègent que leur job assuré au fond. Un Bernard Landry qui s’exclamerait une bonne fois : « Il nous faut maintenant, absolument, un pays, l’indépendance, les leviers complets. »
Qui dirait, courageux et disposé à partir : « Je ne suis pas intéressé à « gestionner » seulement, j’en ai assez de gouverner une simple province comme les neuf autre. Donnez-moi un pays ou bien voter contre moi, assez de ces « bons gouvernements », de la prudence électoraliste, je m’en irai autrement. Nous attendrons dans l’opposition.
10-
Je rêve de ce leader franc, capable de parler clairement, franchement, offrant de s’en aller sereinement, démontrant sa totale liberté, disant : :« Si vous ne votez pas avec moi pour un État du Québec, complet, normal, en vue d’une nation normale, battez-nous dans les urnes, pas de Landry à la tête d’un sous-pays, plus de Parti québécois déguisé en fédéraliste bougon. Je refuse de jouer l’éternel tirailleur avec Ottawa. Suffit ! On s’en ira. On attendra, un meilleur temps, un temps favorable pour obtenir notre unique et seul rêve. » Ô je rêve ? Ça ne viendra jamais un tel homme libre ?
Après tout, l’ indépendance, la patrie à faire naître, c’est bien et toujours l’article numéro un du programme. Non ?
L’autre soir, il était beau à voir le comédien (Martin Sheen, qui est excellent dans ce rôle) illustrait un homme au pouvoir et qui décide qu’il n’en veut plus du pouvoir s’il doit rester une marionnette utile à tout le monde. Landry a-t-il vu cet épisode dans son fief de Varennes ? Si oui, il a dû réfléchir et fortement. Aile et moi…ébranlés, secoués ! Vraiment !
11-
Fou, je me suis dis :j’écris un mot à mon ex-ami, Roy, (il m’a déjà fait cadeau d’une plume spéciale pour mes gribouillis) qui est le chef-de-cabinet de Landry, je lui raconte…ce que je viens d’écrire…Et on verra bien. Le droit de m’envoyer paître certes et je resterai ce mou patriote, comme tant des nôtres, dépités, désarmés. Dans ce triste décor aux empoignes usées à la corde, il n’y a rien pour nous stimuler.
Bref, comme je me battrais alors pour cet homme libre. Mais lutter avec un simple gestionnaire ordinaire…pouah ! Aucun intérêt. Nous serions surpris, très étonnés de voir comment un tel chef serait capable d’entraîner un peuple à qui, une fois on dirait sa seule et profonde motivation de lutter politiquement.. Bon, me calmer et envoyer cet extrait de J.N., au bureau du député de Varennes. Je le ferai.
Un mot sur « Phylactère Cola », prurit d’un genre folichon qui nous exaspère. Comme l’Infoman quand, trop souvent, il est en panne d’inspiration et offre le vide et le nul. Comme avec ce bonhomme au séchoir automatique… vu à T.Q. je crois.
Amateurisme apprécié par qui ? Par des ados en mal de sketchettes bâclés ? Une « séance » de fond de sous-sol d’église, dans le temps, était plus soignée que ça ! Ah si j’avais encore ma chronique au Journal de Péladeau (1971-1976), ou un micro comme à CJMS (1989-1994). Je fesserais et fort ! J’entends rien, que de complaisance partout ! Avons-nous tort ? Sommes-nous dépassés ? On ne sait pas.

Le jeudi 10 janvier 2002

Le jeudi 10 janvier 2002
1-
Hier, un mercredi (sans J.N.) avec problèmes sur ma vieille machine « Mac ». Oh la la ! Arrivais pas à expédier des J.N., celui du 7 ou du 8 janvier ! Des appels SOS à Daniel et Marco, le fils et le gendre, si habiles, eux, en « ordinations ». Et Aile chez le toubib et à Notre-Dame… « Rien de grave », dit-elle à son retour d’hôpital où elle a croisé un Michel Chartrand, tout sage, en ligne avec tout le monde dans un couloir. On ramasse les victuailles et on remonte à Ste. Ad. Bouffe au St-Hubert « barbàqueue ». La bonne soupe poulet-riz…yum !
Vu le « Bureau-au-si-beau-bureau », « Le Point », avec un monsieur Roy, spécialiste de l’Islam. Conversation éclairante. Clichés « musulmans » mis aux vidanges un après l’autre. Au matin, « in » Le Dev., lu ce Patrick Declerc, un savant psychanalyste ex-Canadien vivant à Paris —longtemps— parmi, oui, au milieu les SDF, itinérants. Encore le cassage des stéréotypes. Parfait ! Je viens de retrouver ce bonhomme dans un article du dernier « Nouvel Obs » acheté au dépanneur sous Le Manoir. P.D. dit : « des fous volontaires. Oui. Une folie. » Il publie un livre sur la question. J’y reviendrai. Il dit que les clochards (clochardes) refusent toute forme de vie sociétale. Leur libre choix. Comme on est loin des sincères (!) démagogues (maire Tremblay et Cie) qui veulent absolument les encadrer, les ramener…à nous !
2-
Ma « voisine » d’en face, de biais si vous voulez, Chemin Bates, est la femme de mon fils. Lynn travaille comme relationniste pour les publications de Quebecor. Quand je ramène j. et c. au Phénix, je passe souvent la saluer. Mardi matin, elle est de belle humeur. On pique une jasette. Elle craint un déménagement. Projet de regroupement à la Maison mère, rue Saint-Jacques, en face de la Tour de la Bourse. Elle dit : « ce sera le métro obligatoire alors, pas de place pour stationner dans ce bas de la ville ! »
Son boss », Simard, n’était pas à son bureau, voisin de celui de Lynn. Ce Simard fut mon éditeur, le monde est donc petit, pour un conte-jeunesse :« Partir à l’aventure, loin… » et de deux autres livres : « Un été trop court », journal d’une saison (l’été de 1994) et un essai sur le mode « fantasy », l’horreur : « La nuit, tous les singes sont gris. »
J’avais cru, candidement, vu leur puissante machine concentrationnaire, à des moyens publicitaires énormes ! Mais non…rien ou pas grand chose en promotion dans leurs revues, journaux etc. Chaque « cabane » de Péladeau tient à garder sa liberté, n’est-ce pas, cela devient l’envers du « productif », les dirigeants se méfient même de leurs produits annexes ! Et puis, on le sait : la familiarité engendre du mépris ! Résultat pour mes trois publications ? « Mévente ». On a mis en charpie mes livres. Je m’envolai alors chez un autre voisin, rue Ducharme, Jacques Lanctôt.
3-
Attendant Aile à ses tests médicaux, j’ai visionné cette Biographie du Canal D : « Claude jasmin, touche à tout », un jack-of-all- trade » ? Je revois mon fils affirmant que… « Mon père ne m’épanche pas facilement, il se garde bien de se confier en profondeur… » Je reste songeur !
L’image que l’on projette sur autrui, sur ses enfants même, est en dehors de votre contrôle.
Il est vrai que j’ai une sorte de curieuse pudeur…surtout envers mes descendants. La crainte de les charger du poids de mes…anxiétés ? Peut-être. Je me suis souvenu d’un vague camarade d’Aile à la SRC, qui, subitement, nous confiait ses problèmes intimes : divorce, délicat partage…etc. Je l’avais vite interrompu à la grande stupeur d’Aile. Explication exigée après son départ : « Bien…Je craignais qu’il regrette, après ses confidences, de s’être livré trop crûment. » Eh oui ! Folie ? Je ne sais trop.
4-
Ce mardi soir, le restau encore. Ma chère « Moulerie », (sauce roquefort ou sauce indienne, miam !) rue Bernard. Rencontre d’une comédienne, madame Martineau, qui « tient salon » à Outremont ! Littérature, musique, chant, poésie etc. Elle me remercie de l’avoir installée dans le livre « Outremont » , l’an dernier. Me menace d’une invitation à son « salon ». Brrr… Je n’ai rien d’un salonnard, moi !
Jeune, l’insulte courante pour tous ces redresseurs de jeunes personnalités en friche, nous : « Maudit achalant, pas de morale hein ! » ou « Fais pas ton moraliste, okay ? » Nous confondions deux mots : moraliste et moralisateur. Il arrive qu’on me fasse le fameux reproche. Eh bien oui, je suis moraliste et très fier de l’être. Ça fait enrager tous ce monde libertaire, désaxé, mou, flou, pour qui , il n’y a de bon que « liberté à gogo ! » Deux grand auteurs, d’une nature pédéraste pourtant, étaient des moralistes solides, André Gide et Henri de Montherlant. Ils avaient leur échelle de valeurs, des critères, des balises. S’il faut haïr les moralisateurs qui se répandent en interdictions futiles, qui ont davantage de peurs idiotes que des valeurs essentielles, il faut soutenir les moralistes.
Je parle de cela car j’ai envoyé encore des messages à mes jeunes mousquetaires, les cinq petits-fils. Je ne cesse de leur recommander « l’estime de soi ». Quand on a de l’estime pour soi on se conduit bien. Les dérives de tant de jeunes viennent, à mon avis, de ce bafouement de soi-même. Je dis à ces adolescents :
« Vous êtes uniques. Vraiment des êtres uniques. Comme tout le monde certes mais trop de monde l’oublie etc c’est alors le glissement vers des modes néfastes, ils deviennent des suiveurs en chutes funestes, drogue etc. Jeune je m’aimais, je m’aime, et je me suis conduit comme quelqu’un qui s’aime, qui croit en lui. J’ai toujours fui à toute vitesse, d’instinct, les « essais » niais juste pour être à la mode, porno, échangisme, communes naïves,
alcools à satiété, expériences « juste pour voir ».
Vous devriez, lecteurs, voir la tête des jeunes quand, aux écoles, je dis : « Soyez différents, ne vous habillez pas tous de la même façon, fondez votre jeune personnalité hors des rangs, ayez le courage de ne pas être moutonnier, combattez ce « grégaire » si rassurant, évitez de vous fondre dans la masse ordinaire des écoliers. Oh oui, leurs têtes alors !
5-
Aile me chicane souvent. Parfois avec raison. Je suis d’un naturel salissant, sauvage, d’une « bohème » malcommode. Elle se fâche fort à l’occasion, en devient moins … Aile —ou ange— que démone. Une diablesse ! Et c’est les altercations comme dans tous les couples où l’on ne peut rouler sempiternellement en douceur. La diablesse, la satane en colère contre son « petit maudit cochon », en a comme des cornes sous sa jolie frange de cheveux, invisibles aux étrangers, un pied de bouc, de biche ?, hon ! un « crow bar »? La tempête passe, je fais des promesses : « ça ne se reproduira plus, je respecterai nappes, tapis, meubles… »
La tempête me fait me réfugier dans la lecture de cet « Été top court », cet été de 1994. J’écris pour moi ? Mas foi, oui, j’aime bien, après presque une décennie, revoir, revivre nos éphémérides. Calmée, Aile écoute, toute souriante, mon rapport des faits et gestes —et pensées— de notre couple voyageant au Saguenay cet été-là, puis nous dorant la peau en lisant au soleil d’août au bord de l’Atlantique du Maine, à Ogunquit. Je recommande à tout le monde de rédiger ainsi des calepins de mémoires. C’est fort divertissant à déchiffrer plus tard, il faut me croire, essayez. Quand je voudrai, je relirai, amusé, étonné parfois, le temps qui filait, de septembre 1987 à février 1988 (« Pour tout vous dire », chez Guérin) ou bien les jours qui passaient de mars 1988 à décembre de cette année-là (« Pour ne rien vous cacher », chez Leméac).
Dés 1984, un an après la mort tragique de la première épouse, bizarre, je publiais, chez Leméac, cinq romans policier. Cinq fois, l’assassin du polar était une femme ! Oui, curieux ! Un psy qui me lit dira-t-il : « Hum, c’est clair, tentative inconsciente de déculpabilisation ? » Eh !
6-
Ce matin, jeudi, ciel uniformément gris. Temps doux hier, mercredi à Montréal et encore aujourd’hui. Hier soir tombait une neige toute molle, fondante. Aile ravie de cet hiver qui ne vient pas vraiment. Cette vieille maison centenaire nous fait des factures en chauffage mirobolantes, époustouflantes…alors…
Actualités du matin : ce terminus où tournoyaient les tramways de ma jeunesse, rue de Fleurimont (disparue, rayée de la carte !) vaut dans les 20 millions de dollars ! Québec, l’acheteur, veut un méga hôpital. À quoi s’opposent certains dont un fameux gynécologue (celui d’Aile). Ce lieu était aussi proche de notre grande frayeur :L’École de réforme (devenu école de théâtre) . Menace de nos parents quand on cassait des carreaux : « on va vois faire renfermer à l’école de réforme ! ». Lieu aussi, plus tard, lieu de regroupement des manufactures de lingerie où mes sœurs ont sué, bossé, où des juifs hassidim —discrets, cachés—faisaient de l’argent; les ordres aux midinettes venant de petits-boss, de sous-patrons, les contremaîtresses honnies par mes sœurs. Pas loin encore, l’hôpital des enfants, Sainte-Justine (déménagée Côte Sainte-Catherine) où l’on m’opérait pour une appendicite à 13 ans, premier séjour hors foyer, éprouvant. Ce CHUM donc où virevolteront, au lieu des trams, des civières par centaines !
Le réalisateur Laforce, sur la piste du « Petit train du nord », nous en contait une bonne : un jour il fait la connaissance de l’acteur Gilles Renaud. Pas vraiment un inconnu ! Sa tante, « vieille fille » midinette, (c’est le lien de ce coq à l’âne !) assise à sa machine à coudre pendant vingt ans face à une autre « catherine-ouvrière » racontait en détails la vie de son cher neveu, le petit Laforce. Et vice-versa. Cette autre tante était celle de l’acteur Renaud ! À Rosemont, à la maison : tout se savait de l’un ou de l’autre sans, évidemment, qu’ils se connaissent !
Étonnant, quand, vieillis, le réalisateur et le comédien travaillèrent ensemble, ils savaient tout l’un de l’autre par ces commérages des deux « ma-tante », trente ans durant !
Cui, cui, cui, cette histoire, cocasse non ?, est finie !
7-
Plein de civières de nouveau dans les couloirs des « Urgences ». La ministre Harel passerait à la Santé, le Trudel, jugé « chancelant », dehors. Aïe ! Ce jeu (bien peu musical) de la chaise honteuse ! Quoi encore ? Le ministre Gagliano soupçonné de nouveau de favoritisme, d’ingérence grave. La farce. Le bon peuple n’est pas dupe et sait fort bien qu’en ces milieux politiques le favoritisme est florissant et cela depuis la nuit des temps, dans tous les échelons de tous les partis « politichiens » quand ils arrivent au pouvoir… ou qu’ils s’y maintiennent.
Qui croit-on étonner ? Allons, c’est connu comme « Barrabas dans la passion ». Un cas éclate au grand jour et voilà les graves « informateurs » patentés, hypocrites, qui crachent manchettes et commentaires, jouent les scandalisés. Combien de journalistes à bons contacts se font vite nommer relationnistes, chefs de cabinet, directeurs de bureau dès l’élection terminée ! Hen ? Oui, une farce. « Tu penses qu’on s’en aperçoit pas », chantait Vigneault ?
Mon Dieu, je me sens depuis ces J.N. comme en 1989 quand j’arrivais pour cinq ans, à la radio de CJMS, avec mon « débater » Arcand, pour gueuler sur les actualités. Je ramassais, découpais, empilait les nouvelles chaque jour. J’aimais ça ! J’aime encore ça et ça se voit hein ?
8-
Je lis des déclarations d’un ex-ministre de l’Éducation qui se fit mettre à la porte pour Jospin quand des foules descendirent dans la rue, contre sa réforme globale. Ce Allègre, à Paris, éclate : deux forces énormes bloquaient mon travail de rénovation :les bureaucrates du ministère en question et les bureaucrates des syndicats installés. Il aurait préféré sonder la population par référendum. Je dis à Aile pour illustrer la vérité d’Allègre : « Tu t’es présentée et tu as été élue, tu es ministre de la culture, mettons. Te voilà dans ton neuf bureau. Aussitôt, sous-ministres, directeurs de ceci et de cela, t’entourent. Eux, ils savent tout. Eux, ils sont informés des dossiers. Pas toi. Eux vont te dire quoi faire, quoi dire, comment manœuvrer, pas vrai ? Et toi, tu deviens quoi ? Tes projets, tes promesses, tes idées neuves , ton envie de changer les choses…Les « permanents », bien installés, inamovibles, vont t’expliquer le réel, comment on peut contourner leurs semblables, la hiérarchie syndicale bien bureaucratisée, elle aussi, qui déteste le moindre changement. Et tu te tairais ? Oui ou non ? À moins d’être forte, indépendante d’esprit en diable, fonceuse…
Aile réfléchit longuement.
9-
Enfant, il y avait deux abbés pédophiles dans Sainte-Cécile, l’un, aux petits garçons, l’abbé B., —le jeune frère d’un ami l’apprit à ses dépens— l’autre aux petites filles, l’abbé F. —une de mes sœurs dut le combattre. Des parents portaient plainte sur plainte chez le curé. C’est long mais ils finirent par partir. On parlait d’une « prison des prêtres » ! Je n’en revenais pas ! Dans le Nord ! Légende urbaine ? Rome vient de recommander, urbi et orbi, que l’on ramène les cas de pédophilie au Vatican. Quoi ? On a plus confiance aux évêques depuis le silence écœurant d’un évêque de France, qui a reçu une peine de prison pour son « cover-up » scandaleux. Voila qu’ici, nos évêques refusent cette loi… écrite en latin. Un code ? Apostat, hérésie ! Non, Rome s’incline : « Vrai que la justice chez vous est bien menée. » Envie de rire…en latin de servant de messe !
Appel de Trois-Pistoles tantôt : V.-L. B. Ne pas oublier mon dessin, la age manuscrite et trouver le titre définitif et envoyer copie avec espaces larges pour les corrections, etc. Le titre ? Ce sera : « ÉCRIRE POUR L’ARGENT ET LA GLOIRE. » Ça fait pas trop littéraire, hein ? Une provocation encore tit-Claude ? Non, jeune, naïf, je croyais vraiment devenir et riche et plein de gloire. J’y songe, n’étais-je pas « cocu » de Beaulieu ? Quand, la nuit souvent, il téléphonait ses longs tiraillements scripturaires pour « L’héritage » ou pour « Montréal P.Q. ». Des heures enlevées à ma compagne quand je l’attendais au lit ! Oui, il me « cocufiait » ma foi du bon yeu ! Aile rit quand je le lui ai dit cela tantôt.
Un soir d’été, on aperçoit le V.-L. B. , éthylique en ce temps-là, écrasé dans l’escalier de son chef et copain, Jean Salvy, rue Hutchison près de chez nous. On fit un détour, craignant une longue diatribe larmoyante. C’était son temps déraisonnable comme il est agréable désormais cde jaser avec l’auteur guéri.
10-
Brume dans le port de Yarmouth, un midi d’été, au bout de la en Nouvelle –Écosse. Aile et moi attendions le bateau pour nous rendre aux USA, à Bar Harbor. Ce matin, l’on parle de pêcheurs de ce port qui vendent aux amerloques complices, sans l’avouer au fisc maudit, des tonnes de homard. Hon ! Souvenir : traversée en bac donc et la pluie qui tombe. À Bas Harbor, aucun motel libre. Nous filons vers Bangor où je souhaite piquer une jase avec Stephen King —il y habite— que nous lisons souvent Aile et moi. Or, à Bangor deux autoroutes sont comme en parallèles et nous y tournons sans arriver à en sortir, malgré les échangeurs, les bretelles…Ah oui, l’horreur ! Oui, du Stephen King vécu dans cette la nuit orageuse. Cette épopée inusitée m’a toujours étonné ! On a fini, tard, trouvant une issue par hasard, par nous réfugier dans un motel, le lendemain, soleil et nous filions vers Mount-Desert voir le site de la grande Yourcenar. L’effrayant King ? Non, on en voulait plus, échaudé par la mésaventure de me plus pouvoir nous dégager des autoroutes emmêlées.
11-
Lire ou regarder ? Choix fait. Offre de seize (oui 16) épisodes de télé sur l’histoire complète des Britanniques. Non !Trop c’est trop. Esclavage ! La lecture, c’est mieux. Nous avons plus appris sur les pays d’Afrique « en chamailles » en lisant le formidable « Ébène » de Capuscinsky que de regarder seize émissions sur ce sujet. J’en suis sûr. Cependant il y a lecture et lecture : je tentais depuis deux jours de lire avec profit une sorte de manuel un brin scolaire sur la science. Merde ! Je me suis senti de nouveau ce collégien quand je ne pigeais rien en mathématiques. Pourtant pas un livre pour initiés ! Ce blocage me déçoit gravement. Aile au souper : : « T’en fais une tête ! Qu’est-ce t’as? Tu sembles abattu ! » Je lui raconte et ajoute : « Comment ont fait tes deux frères ? L’un si doué en chimie, l’autre docteur en physique nucléaire ? » La démoniaque Aile : « Ah, que veux-tu, c’est des Boucher ! Pas bouchés. En rien ! » Pourquoi n’ais-je pas un esprit capable de saisir les choses scientifiques ? Suis-je borné, suis-je intelligent ? J’en doutais hier soir. Heureusement, je cause et Aile ne cesse d’émettre des « Eh maudit que t’es brillant ! » Consolation.
12-
Nath Pétro, ce matin, chronique sur la laideur. Johanne de Bellefeuille cherche désespérément des gens laids pur un « spécial » de télé. Comme dit une chanson : « Gaston… y a le téléphon et y a personne qui répond… » J’avais songé, jadis, à un concours anti-Lise Payette : « Le plus laid homme du Québec. »
Certes, on aurait récompensé le plus laid et, à la fois, le plus charmant. Cela existe si souvent. Je me retiens (hélas ?) de rédiger sur les avantages d’avoir un bon, un beau physique. Avantagé comme je le fus, jeune, je saurais de quoi je parle. Des facilités indéniables pour ceux qui sont plaisants à regarder. J’avais constaté, jeune, les injustices faites à ceux qui sont vraiment pas jolis à voir. Deux mondes terribles, au fond des choses. Un sujet moins léger qu’on croit, plus métaphysique qu’on croit, vous savez. Je songe à l’acteur Lepage, pas avantagé du tout physiquement et qui a su séduire la plus joie actrice de années ’80, Louise Laparée. Ah, il y a le charme, vous voyez bien. Si un laideron et courageux lecteur veut se manifester, à Johanne la désespérée, qu’il compose le (450) 670-3384.
Je lis les « lettres ouvertes’ il y a de fameuses. C’est rare. Ce matin, Claude Poulin, prof de cégep retraité qui maudit Norman Lester et son célèbre « Livre noir… » écrit : « ce sont des Québécois incapables d’accepter le fait que la présence anglaise fut un facteur essentiel (sic) de leur survie (sic) en Amérique,anglophobie… »
Tabarnak, ces cornichons enseignaient à nos enfants ! Je sacre parfois quand je suis révolté. Quel ignare et quel toupet d’ignorer, lui, un prof d’histoire, que l’Anglais conquérant nous laissait des privilèges (religion et langue) dans la mesure où il craignait notre ralliement aux indépendantistes du sud. Les Américains rôdaient à nos frontières souvent. C’était leur grande frousse et nos maîtres imposés regrettèrent tant leur générosité « calculée » que, par la suite, ils ne cessèrent plus de tenter de nous diluer, de nous noyer, de nous faire disparaître : forcing avec l’Ontario, 1841, dilution avec les provinces, 1867, etc. etc. Eh oui, ces caves myopes, enseignaient ! Heureusement ces Poulin, fédérats bornés, maintenant retraités, ne peuvent plus tromper les jeunesses. Nuisance au rancart !
12-
Des clés pour le bonheur ? Il y en a. Ah le bonheur, hein ! Boris Cyrulnik, que j’ai peu lu, est un psy « éthologue », publie et livre une longue entrevue captivante sur le sujet dans le dernier « Nouvel Observateur », no. 1939, première semaine de janvier. Je vous en re-jaserai un peu plus tard dans J.N. En attendant comme c’est intéressant d’en apprendre sur des plus jeunes que soi, Montréalais.

«NOËL DU CÔTÉ DE LONGUEUIL»

  • conte diffusé sur les ondes de CKAC, Noël 2001

  • À chaque année, à Noël, nous allions chez mémeille Jasmin, à trois coins de rue de chez nous.

    Elle était  » la riche  » de la famille. Elle avait un arbre de Noël géant avec un assortiment de boules compliquées, des guirlandes d’or et d’argent, des lumières multicolores clignotantes. Chez nous, juste une crèche, papa le pieux, papa le peureux craignait trop les incendies.

    Chez mémeille Jasmin, au 7453 St-Denis, la maison nous semblait luxueuse, tapis de Turquie dans le couloir, au boudoir, au salon, dans cette salle à manger avec beau buffet,  » side board « , argentier, vaisselier de bois sculpté. Les murs de sa demeure était en relief, du  » graphtexe « , disions-nous. Il y avait vitraux colorés au dessus des fenêtres,  » foyer  » artificiel avec et une machine lumineuse rotative, faisant rougeoyer les charbons de vitre noire.

    Oh, que nous aimions cette visite de Noël ! Mémeille-la-riche veuve, nous donnait à chacun un gros cadeau, étrennes rares. Le matin de Noël, nous avions dans nos bas suspendus, une orange, une banane, deux bonbons, deux flûtes de papier.
    Habitait chez mémeille, le frère de papa, mon oncl’Cléo, Léo de son vrai nom. Le benjamin de mémeille était cantinier du CiPi Ar, Monréal-Québec, Québec-Montréal. Il me prenait comme  » helper  » parfois. Je l’aidais, avec un harnachement lourd pendu au cou, à vendre ses sandwiches, ses eaux gazeuses. À Québec, nous couchions dans une petite chambre mansardée, rue St-Louis. Je me pensais à Paris chaque fois. Je voyageais, moi !Je voyais du monde, j’avais vu le Château Frontenac avant mon frère et mes soeurs ! J’avais déjà rencontré Monsieur Duplessis, en personne dans ce train. Il fumait son cigare, avait bu de mon jus d’orange, m’avait donné un dix sous de pourboire avant de reprendre ses palabres avec ses sbires au fond de son wagon.

    Mon oncle  » Cléo  » aimait rigoler, pas comme mon père faux franciscain à la triste figure du Tiers-Ordre L’oncle Léo était le parent le plus joyeux de notre tribu. A chaque fête de Noël chez mémeille, mon oncle Cléo invitait Vila, son homme à tout faire, son grand ami  » Vila « , qui se nommait Ovila. Ce Ovila me fascinait. Il jouait des claquettes avec des os de cochon, de son harmonica, véritable ruine babines, aussi de la guimbarde qu’on appelait une  » bombarde « . Ovila, bout en train excentrique, nous faisait danser des gigues, nous entraînait, les enfants dans des chansons à répondre‹ » envoyeille , envoyeille, la tite jument! ou :  » y a des hommes de riens qui y viennent et qui y viennent! « . ‹Un animateur d’une énergie rare l’ami de Léo.

    Chaque Noël, on avait hâte, les enfants, de revoir ce bout en train pourtant décharné, au visage osseux, blanc comme un drap mais si plein de vie. Je vous raconte une découverte à ne jamais oublier en cette veille de Noël de 1940. J’avais 9 ans. Onlce Léo me téléphonait : Mon p’tit Claude, cette année , mon Vila veut pas venir fêter. Y dit qu’il y a de la maladie chez lui, son plus vieux, Amédée. Quoi ? Je découvrais que notre saltimbanque annuel avait une famille et un enfant malade ? Il était donc un papa comme j’en avais un ! J’étais tout surpris. On s’imaginait, ‹l’égocentrisme des enfants‹, que le joyeux drille Ovila, était une sorte de bouffon sorti de nulle part. Un clown descendu du ciel pour le bonheur de la famille chez mémeille Jasmin.

    Oncle Léo ajouta :  » Vila t’aime bien. Tu vas venir avec moi et on va aller le convaincre, on va y secouer les puces, un Noël sans lui, ce serait pas un vrai Noël.  » J’étais d’accord. Mon oncle s’amena dans sa Ford rouge vin et en voiture !
     » Où est-ce qu’il habite, votre ami Ovila ?
     » Je sais pas, j’y suis jamais allé. Regarde, j’ai griffonné son adresse sur mon paquet de Players, c’est de l’autre coté du fleuve. Rive Sud. Près de Longueuil.
    Derrière la banquette de la Ford, il y avait des tas de sacs remplis de vieux journaux.
     » Pourquoi tous ces sacs, mon oncle ?
     » Ah ça, c’est lui qui me demande ça. Mon Vila dit que ça y fait du calfeutrage, mes vieilles gazettes. Il est pas riche, tu sais.
    Cela aussi m’étonnait. Non pas qu’il soit pauvre! mais que cet artiste puisse avoir des besoins si réels. Oui, ce grand désossé n’avait eu jusqu’ici aucune réalité vraie. J’allais rencontrer chez lui le bouffon de nos Noëls rituels, dans un autre cadre, dans sa maison. On traversa le Pont Jacques-Cartier.

    Mon oncle Cléo stoppa à une garage pour demander où se trouvait l’adresse fournie. Le garagiste, la fumée lui sortait de la bouche, se pencha à notre portière:
     » Oh, ça, là, c’est en bas, en arrière de Longueuil, c’est un trou de misère, c’est Jacques-Cartier. Les chômeurs de la ville s’installent là, sans permis ni rien. B’en souvent :y z’ont pas d’égout et pis pas toujours d’aqueduc pour l’eau courante.
    Diable ! Ovila vivait dans la misère ! C’était incompréhensible. Un homme si chaleureux, si gigotant.
     » Combien il a d’enfants Ovila, mon oncle ?.
     » Je sais pas trop, quatre, cinq , je sais pas . Je l’ai connu au  » Ci Pi Ar « , mais il a perdu vite sa job. Il savait rien faire au fond. Moins bon que nos nègres pour porter les valises.  »
    Quoi ? Ovila, un bon à rien ? Lui qui savait si bien raconter des blagues, qui jouait si bien de sa musique à bouche. Qui savait faire danser toute notre tribu, un bon à rien ?

    Je me réveillais raidement.

    Au sud de Longueuil, on a vu une pancarte :  » Ville Jacques-Cartier. Défense de  » dumper  » partout.  » Défilaient des rues de maisons plutôt sinistres. Des murs rafistolés avec des annonces rouillés de Kik,de coke de pepsi, de seven up. Des placages bizarres, des rafistolages inouïs, morceaux de bois vermoulu, restants de prélart, planches décolorés, des portes sans peinture, des fenêtres aux carreaux brisés, aux rideaux de guenille souillée.
    Aux carrefours, des silhouettes louches, courbées, mains aux poches, collets relevés, se faufilaient, semblant fuir des ombres indiscernables. Ma foi, j’étais dans un conte de Charles Dickens !

    Par ici pas de couronnes de guy aux fenêtres, aucun sapin lumineux comme dans notre rue Saint-Denis.

    Enfin, la rue indiquée !Enfin l’adresse, peinturluré sur un bout de plywood noirci. C’était là.
     » Ouaille, dit Oncle Léo, c’est un shack branlant, y a pas à dire.  »
    Le garagiste avait expliqué :
     » Méfiez-vous, c’est plein de monde croche par là, des voleurs, de la  » tite pègre  » vit dans ces baraques « .
    On a stationné. la Ford. Coups de klaxon de mon oncle. Ovila apparaît dans la porte. C’est bien lui, il sourit, tousse, crache.
    Mon oncle gueule :
     » On vient te charcher par la peau du cou « .
    Notre clown, plus blanc que jamais, éclate de rire.
     » Mon Vila, on va se prendre à deux, mon neveu pis moé, pour te convaincre pour Noël, demain. Tu peux pas nous faire ça, Vila !
    Ovila grelotte dans sa vieille veste de laine grise rapiécée, se penche dans la voiture;
     » Ah bin, mon Léo, tu m’as pas oublié.  »
    Il s’empare des sacs de vieux journaux, tout content. On sort, on marche vers sa demeure. Un filet de fumée très noire s’élève dans ce ciel de veille de Noël. Nous entrons. Des odeurs de moisi assaillent nos narines. Il n’y a pas de salon, ici, pas de tapis de Turquie, pas de murs de  » beurlap « , pas de vitraux aux fenêtres. Il y a un espace central, un gros poêle à bois qui boucane, une longue table, des chaises parfois sans dossier, un banc bancal. Au plafond pendent deux guirlandes de papier crêpelé. Une demoiselle à jupette, déguisée en père Noël, tournicote sous la lampe à poulie, elle tient un cierge allumée, dans l’autre main, un cahier à musique, c’est une annonce cartonnée des chocolats Laura Secord. Au fond, dans deux enclaves avec des portière de vieux rideaux en lambeaux, des lits. Dans l’un, cet Amédée malade qui renifle. Une fillette peigne une poupée ruinée, manchote.

    Deux petits garçons, assis sur le prélart délabré, se font un jeu de blocs avec des retailles de bois.

    Gêné comme moi, oncle Cléo disribue des cannes de bâton fort aux enfants, tente de les faire rire en imitant  » Woody Woodpecker « . L’épouse de notre clown merveilleux, traits tirés, cheveux défaits, le tablier taché, est étendue sur un divan crevé, nous fait signe de parler moins fort, indique le coin du Amédée tousseur. Tous nous regardent sans sourire, puis Ovila nous conduit au fond d’une chambre, on découvre dans une caisse d’oranges vide! un bébé naissant !
     » Oui, mes amis, c’est notre nouveau né, c’est notre cadeau de Noël. Il est né à minuit, avant-hier. C’est le docteur Ferron qui est venu délivrer Albina.  »
    La mère aux dents cassées dit :
     » On va le faire baptiser après-demain. Devinez comment on va l’appeler ?
    Ovila prend le poupon dans ses maigres bras et dit :
     » Noël, évidemment, Noël Vironneau. C’est notre petit Jésus.  »
    Je savais plus où me mette. Je n’avais jamais vu la misère, celle dont nous parlait le curé, les frères à l’école. Je m’imaginais qu’il n’y avait que nos petits chinois à dix cents pour connaître tant de pauvreté. Mon oncle s’accroupit près de la caisse d’orange et resta muet un long moment puis, à ma grande surprise il entonna d’une voix enrouée :
     » Il est né le divine enfant, jouez hautbois, résonnez musettes!  » Ovila, lui, chanta :  » Dans cette éta-ble que Jésus est charmant qu’il est aimable, dans son avènement! Il est tout à la fois!  »
    Toute la famille Vironneau entonna le cantique. Je me taisais.
    J’avais plus de voix. C’était une veille de Noël étonnante.
    C’était une drôle de  » crèche de Betléeem  » à Jacques-Cartier, si loin des pays arabes de nos images pieuses. Pas si loin ce chez moi. Je sortis le peu d’argent gagné à servir des messes, le mis près de la caisse d’orange-berceau. Oncle Léo m’imita, il sortit deux cinq, deux deux, des dollars tout fripés.

     » Tiens mon Vila, c’est pour leur acheter des petites douceurs demain à Noël.

    Bien catéchisé, je songeais à Joseph et Marie. Ici, il n’y avait ni boeuf ni âne. Il n’ y avait que deux poules près de leur cabane, et un coq aveugle. Ovila remercia, sortit son harmonica et joua,
    mélancolique,  » Un Canadien errant « . Il fallait partir.

    Rendu dehors, l’oncle Léo dit :  » Demain, tu viendras pas ? C’est définitif ? Si tu viens, tu repartirais pas les mains vides ?  »

    Ovila regarda dans la fenêtre sa femme avec son petit-Jésus nommé Noël dans les bras et finit par dire :
     » Bon, okay, Léo, je vas y aller. Mais pas longemps. Pis merci encore pour tes sacs.  »

    J’avais remarqué les gazettes cloués partout sur les murs contre le froid du dur hiver québécois.

    ***
    Le lendemain, chez mémeille Jasmin, quand Ovila entonna son  » Minuit Chrétiens « , puis :  » Les anges dans nos campagnes!  » et le :  » Ça bergers assemblons-nous!  » j’étais comme ailleurs, en arrière de Longueuil. Je songeais à la crèche-caisse d’orange. Je me disais :
     » Ça peut donc être vrai, un Jésus né dans une étable !  »
    Ovila nous encourageait à entonner en choeur :
     » Il est né le  » divine n’enfant  » !

    Je remarquais qu’il avait les yeux pleins d’eau notre  » joker « , notre bouffon blanc, inconnu jadis, qui avait une famille mal cachée derrière des annonces de coke et de pepsi. Alors, à ce Noël de 1940, j’ai moins mangé de gâteaux, de friandises, j’en cachais partout pour les offrir à Ovila avant qu’il s’en aille vers sa crèche du côté de Longueuil.

    Joyeux Noël à ceux qui ont le ventre plein,  » itou  » aux  » ventres vides  » du mauvais sort !
    FIN.

    Le mercredi 19 décembre 2001

    Le mercredi 19 décembre 2001
    1- Mort de Bécaud hier. Coqueluche dès 1955 par ici. Leçon d’énergie. Il criait :  » Hé! Les baladins ! Amenez-moi..  » Ils l’ont amené pour de bon. Disparu. Scénographe de variétés, j’ai travaillé souvent pour Bécaud. Je lui tenais son bol de cognac, une fois. Lampée énergisante indispensable tant sa dépense était fantastique ‹je me dissimulais sous la caméra-grue‹ entre les segments de son récital au grand studio 42, il avalait et repartait sous les réflecteurs, en sueurs, les mains comme des oiseaux.
    Avec le réalisateur Letarte, nous étions allés à son hôtel,  » suite somptueuse à  » le Bonaventure « , pour lui présenter la maquette de son décor. Il est accompagné d’une  » beauté  » juvénile ! Eh ! On avait vu ça aussi pour le mari de Simone Signoret, ‹cocue comme l’autre Simone de Beauvoir, une féministe bien tolérante)‹ même groupie bien tournée aux semelles de la star Montand. Bécaud, joyeux, alerte, jeta un regard intéressé à son décor, accepte le design, se frotte les mains :  » Vous allez voir, je pète le feu ces temps-ci, ça va rouler !  » et nous offrit un  » drink « . Soleil sur la terrasse, piscine rutilante, la groupie en bikini surgit et lui :  » Vas-y mon petit, je te rejoindrai. »
    Le mort d’hier fait un signal :  » j’ai eu une belle vie !  » Des poètes populaires ‹Delanoé surtout‹ se sont servis de cette machine humaine flamboyante pour s’exprimer. C’est beaucoup. C’est utile. Que le dieu des félicités terrestres ait son âme !
    2- Avons visionné, hier, un film curieux :  » À la verticale de l’été « , étrange récit se déroulant à Hanoï. Trois vietnamiennes aux prises avec l’amour. Hélas on voit pas le pays, ni cette ville longtemps colonie de Paris. Plein de belles images :fleurs, plantes vertes, chants d’oiseaux sans cesse vues de la fameuse Baie d’Along (orthographe pas certain), appartements ensoleillés, resto cocasse, Aile et moi aimons examiner des  » ailleurs « . Comme pour ce film à Prague (sous les nazis), impossible de voyager vraiment à l’étranger. Une rue, une maison et c’est tout. Beau dommage ! On voit tant Montréal, Paris ou New-York dans les films tournés là. Question de budget ! Nos étions perdus : tout le monde se ressemble ! Connerie ? Comme pour les Noirs si souvent. Question : est-ce que les Noirs, les Jaunes, nous trouvent tous trop semblables eux aussi, nous, les Blancs ? Donc un beau film, d’un visuel si lumineux mais une histoire incompréhensible pour nous.
    3- Message, hier, de mon fils, son étonnement , sa fierté de m’avoir initié (de force, je l’avoue ) à l’ordinateur. Il m’écrit qu’il entend Thomas, son fils, parler avec sa mère de moi, le papi, puis son appel téléphonique, ensuite, Daniel va à son écran et trouve les mots de Thomas dans mon J.N. Il dit :  » Étonnant, en trois heures, la vie vécue se retrouve dans ton journal « . Eh oui ! Étonnant en effet, vive l’ordi, vive internet ! Il se moque de moi :  » Me semblait que tu allais cesser d’écrire, que tu allais aquarelliser ? Ce journal ?  » Eh oui, il a raison. Marc, mon installateur  » de site  » me taraudait :  » Vous devriez, beau-père, faire un roman sur écran, par épisodes Etc.  » Moi :  » Non, c’est fini la littérature avec mon  » Je vous dis merci  » frais publié. Je termine  » Écrire  » pour V.-L. B. et je reviens à l’art pastique. Mais Soudain l’idée d’un journal.
    4- À la mort du francophobe  » Mauditkakaille  » Richler, caméra de télé chez moi, face au lac. J’avais loué ses talents de romancier ( » le monde de Barney  » est fameux) et fustigé son racisme à notre égard. Ses odieuses calomnies, nous illustrant ‹mettant en péril les anglos ‹ collectivement, en fascistes enragés et dangereux (ils sont 300 millions d’anglophones tout autour, grave péril hein ? !) alors que nous sommes un petit peuple, minoritaire sur ce continent, héroïque, résistant à l’ américanobulldozer « . La Vice-Reine Clarkston et son  » suiveur  » Saul, vont bientôt accrocher à la dépouille du raciste la médaille de L’Ordre du Canada. On s’incline ‹comme je dis souvent‹ devant cela, pas par respect, par envie de vomir !
    5- Ce matin, lu chez Cousineau-télé : La petite Brazeau, ma jeune  » ancienne camarade  » de CJMS, accepte de présider la voyeuriste émission de TVA :  » Je regarde  » Dominique Bertrand démissionnait, elle, de ce  » piège à cons « , Marie Plourde aussi, refuse de jouer à ce jeu sordide. Lu aussi, ailleurs, que Miss Brazeau, mère de famille (deux jeunes ados), était entouré de porono chez elle,  » at home  » hein, pour se documenter. Belle ambiance pour les enfants ! Franchement, on a envie souvent de s’écrier comme le philosophe primitif et naïf, Yvon Deschamps :  » US qu’on s’en va ?  » Ne me voyez pas en puritain prude SVP.
    L’érotisme est de bon aloi. Le voyeurisme c’est le chemin vers la solitude, vers l’onanisme.
    Je ne dirai pas que la masturbation rend sourd elle rend triste ses adeptes, tôt ou tard. Il faut pour garder vivant  » le désir  » ne pas craindre les fréquentes allusions à la sexualité, les caresses opportunes ou non, les  » appels  » enjoués quoi. Il faut semer l’atmosphère érotique autour de l’autre. Bref, il faut de l’imaginaire, des fantasmes. Je crois que les voyeurs (voyeuses) sont des gens bougrement paresseux, sans imagination. Qu’ils ne savent pas installer un climat érotique normal, indispensable. Pleins de maris, d’épouses, qui ne font jamais rien pour le moment où l’on ira au lit. N’en parlent pas, ne lisent rien d’érotique, ne regardent rien d’érotique, ne forment pas d’images sexuels dans leur tête  » n’imagine pas « , voilà ! Des couples, même jeunes, s’assèchent sans cesse alors, par leur faute.
    Ils iront  » voir  » ailleurs :la nouveauté c’est plus facile ! Paresseux ! Pire, se feront voyeurs des ébats mécaniques avec  » sound track  » exagéré, des inconnus ‹l’  » actage  » fausse-passion physique‹ de ces poussifs copulateurs stipendiés ‹et plus ou moins drogués‹ pour forniquer  » on camera « . J’en vois qui se procurent au vidéo-club du coin, de ces cassettes  » XXX « , gênés, embarrassés, les yeux à terre. Oui, des super-paresseux. On peut trouver des images érotiques merveilleuses, dans des livres merveilleux ‹sans la nudité niaise inutile souvent, l’explicite étant anti-érotique‹ cette iconographie collaborant au désir. Vulves et pénis exhibitionnistes ‹magazines chirurgicaux‹ images explicites vaines quand on veut sexualité et sentiments humains réunis. Ne comptez pas sur  » Je regarde à TVA ou à TQS, tard, pour conserver longtemps l’amour dans votre couple. Je me souviens d’un scénographe, compagnon obligé, qui pris las pente voyeuriste. Films en 8,mm, on est en 1956, images salopes, collections de vulgarités, photos de son cru avec putes payées, au bout de quelques années, on découvrit mon compagnon mort dans sa baignoire un samedi matin. Bonne chance Miss Brazeau !
    6- Ce matin, les quotidiens : Lepage, ce génie imagier de la Vieille Capitale et reconnu dans l’univers, fera un nouveau film :
     » Tourism « , titre de l’anglomanie sauce mondialiste.
    Dès ses premiers  » shows  » de théâtre, je disais  » c’est un cinéaste « .  » Le Confessional « , et puis  » Le polygraphe « , le prouvèrent efficacement. Vint ses autre films,  » Nö  » et  » Possible worlds « , hum, moins forts. C’est que le surdoué Lepage se déconcentrait volontairement par trop d’activités parallèles. Hélas. Lepage pourrait devenir notre Fellini québécois. Oui, aussi bon, meilleur un jour peut-être !
    Le hasard, la pauvreté aussi, l’a fait  » théâtreux « . J’ai aimé énormément, récemment, sa  » Face cachée de la lune  » au théâtre mais y ai bien vu ce qu’il aurait pu réaliser avec un film en utilisant ses étonnantes trouvailles sur scène pour cette  » Face  »
    Bon, il a du succès de Tokyo à Londres, en passant par Paris et Moscou. Il ne m’écoutera donc pas. Je ne vais pas écrire un  » Que Staline se le tienne pour dit ! », comme le cave éditorialiste de  » L’Action  » à Québec, jadis. Mais, cette fois, je sais que j’ai absolument raison pour Lepage. Cela dit, il fera du théâtre tant qu’il voudra, ses machines restent pourtant la négation du théâtre qui est, avant tout, et doit rester un art de  » parole « . Lepage c’est le super génie des formes, de l’image. Ah, pis oui, je l’écris :  » Que Lepage se le tienne pour dit !  » Et bonne chance pour son  » Tourism « .
    7- Un journal c’est marquer ce : Beau soleil, ici, de temps en temps aujourd’hui ! La petite plaine du lac brille. Symbole ?, mon fleurdelisé sur le rivage s’effiloche au vent du nord chaque début d’hiver ! Daniel, hier :  » on va tout savoir avec ce J.N. , comme ça : les steaks pas trop les sur-cuire ?  » Le vilain moqueur. C’est quoi un journal ? Mon avis quoi. J’en ai lu pas mal.

    1-D’abord ne pas s’en servir que pour ses idées, en somme ne pas en faire un cahier d’essais. À l’occasion, oui, comme je viens de le faire sur  » porno et éros  » ou sur Lepage et cinéma, le journalier (!) peut s’étendre un brin. Pas trop souvent ? Promis.
    2- Ne pas faire télégraphique. J’en ai lu des :  » Vu hier Paul Claudel chez Gallimard.  » Ou :  » Rencontré, jeudi midi, Mauriac  » Et point final. Non pas de ces  » Vu, à la Moulerie, ma chère Louise Rémy.  » Et  » bonsoir les amis  » ! Le diariste (ce mot, pouah !) doit bien refléter la vie qui passe. Sa vie. Le temps qui s’écoule, jour après jour, illustrant les éphémérides incontournables dans toute existence humaine.

    8- Chez Bazzo ce matin, débat sur la liberté d’écrire avec le Maisonneuve de RDI et le Boisvert de La Presse. Miss Bazzo, bien bavarde, plutôt silencieuse cette fois. Prudence  » radiocadenacienne « . Autocensure, salut ! On a laissé entendre que Norman Lester (son  » Livre noir des anglos « ) agissait en devinant qu’on le  » jetterait  » ensuite de son job de reporter enquêteur à la SRC.
    Comme un Charron voleur de blouson chez Eaton.
    Comme Robert Lévesque tripotant les ordinateurs du Devoir.
    Ouen
    Ah la LIBERTÉ ! Chez Lisa, un matin récent, face à N. Connard affirmant se sentir  » libre  » à La Presse. Mon envie de rire. Qu’elle matraque un peu les fédérats d’Ottawa et elle verra les limites de sa liberté chez Gesca-Power Corp. Y était aussi Michèle Bazin, devenu relationniste dans une patente affiliée au MAC. Elle aussi :  » je suis libre, je suis libre  » sur l’air de  » Je suis belle dans ce miroir « , une Castafiore abusée ! Non mais il n’y a pas de relationniste libre. C’est impossible, activité inconciliable avec la fonction de  » porte-parole « , allons. Antipodes. Métier pas toujours déshonorant bien sûr. Certains se donnent l’illusion d’être libre ! Moi ? Ici, ah oui, un journal totalement libre.
    9- Ai rédigé, en deux heures à peine, hier, mon conte pour CKAC, chez Arcand vendredi matin. À la fin, doute, frayeur. Si mon héros, ce Ovila véridique, peint sous des couleurs misérabilistes puisqu’il était si démuni, a des enfants qui écouteront ce triste souvenir de 1940 ? Pourraient-ils protester ? Les risques du métier d’écrire de l’autobiographie. Eh !
    Washington hier :  » Danger de mort pour tout pays qui oserait abriter Ben Laden.  » Eh ! En effet quel pays oserait ? J’ai songé : Haïti. Mais oui, pays de désolation, le plus pauvre de note hémisphère. Abandonné car il n’y a pas de pétrole là. Laden s’y fait donc accueillir, bombardement du gros voisin, Uncle Sam, traque et découverte du Ben dans un trou noir
    Après ? Bienfaisante pluie diluvienne des secours de toutes sortes, orage d’aide, et, enfin, espoir de rétablissement économique en cette contrée de malheur.
    10- Connaissez-vous Tit-Gilles ? Qui ? Tit-Gilles Breault ? Il habitait en haut du Parc Lafontaine. L’autre jour, via le reporter Noël de La Presse, son histoire en long et en large. Il a 59 ans maintenant. Il se nomme aussi Joussef Mouamar. Oui, conversion à Mahomet. Son droit, non ?
    Un instant : Tit-Gilles est le protégé du ‹notre FBI-CIA‹ SCRS, une police secrète installée ici après que la GRC enquêtée nous fit comprendre qu’elle était pourrie jusqu’à l’os avec ses illégalités anti-indépendantistes des années ‘70 et ‘80.
    Protégé Gilles Breault ? Pire que ça. Notre Tit-Gilles du Parc Lafontaine reçoit 7,000 dollars par mois, plus dépenses de voyage, frais de  » représentation « , Le (la ?) SCRS est riche! Le Breault-Mouamar voyagera dans 20 pays ! Oui, 20 ! À nos frais ! Okay ?
    Le pieux converti à Allah est entretenu par nous pour quoi faire ? Pour rédiger des menaces ‹et des pas piqués des vers‹ aux infidèles de l’islamisme, nous tous ! Tit-Gilles recommande la mort, partout, dans le métro de Montréal même.
    B’en tabarnouche, c’est le boute du boute , non ?
    Notre police secrète laisse faire son chouchou ? Oui. Pour tenter d’attirer vers Tit-Gilles les crack-pots ! Car Tit-Gilles B. est une  » balance « , un infiltré, un délateur, un  » stool « , un indic !
    Clair cela ? Quoi, que dites-vous ? Que ça ressemble aux provocateurs de la GRC, installés à la CSN (bombe au Manoir Richelieu) , au P.Q. (bombes, faux FLQ, incendies criminelles, vols).
    Oui. Tout à fait. Tout à faut écoeurant, ce manège. Comme les flics déguisés en putes. Or, notre Tit-Gilles  » Mouamar-mon-cul  » est un zélé. Il en fait beaucoup trop, le Coran sous le bras, dans écoles, collèges, métro, et à CJMS un temps !  » Preacher  » musulman d’un bord, amateur de fausses bombes de l’autre. On portera plainte ? Perte de temps ! Pas d’arrestation : c’est le chouchou de la police secrète. La S.Q et la police de la CUM enrage. Cela a un nom : incitation à la violence. C’est dans le code, c’est interdit. Mais, Tit-Gilles, lui, est au-dessus de la loi, protégé par le SCRS, qui nous coûte 196 millions de notre argent public, qui compte 2,000 membres ! On croit rêver!
    Qui veut interroger Chantal Lapalme, la porte-parole de ce foutoir? Elle répond au reporter :  » pas de commentaires « . Pauvre fille, fait bien gagner sa vie quelque part hein !
    C’est pas tout : écoeuré par ce canard de bois qui est un  » appelant  » aux désordres meurtriers, un juge français, menacé de mort par Tit-Gilles s’amène ici pour le questionner. Avec mandat international. Fini les folies de Breault ? Non. La police d’Ottawa va le cacher au  » Motel Universel « , proche du stade olympique ! Rêvons ! Francophobie habituelle des fédérats ?
    C’est trop dégoûtant, parlons de Cécile Brosseau de La Presse, qui vient de mourir. Elle aimait vraiment les artistes. Faisait des reportages sur eux sans cesse. Dévouée, avec un brin de complaisance, trop bonne. Je l’aimais. Modeste, efficace si on avait besoin d’un coup de pouce pour une expo, un livre, un film, une pièce de théâtre. Paix à ses cendres !
    11- Nouveau vaste décor, rutilant, nouveau riche, parvenu, pour les nouvelles à Radio-Can. Ça  » flashe. hein ?Acier brossé, scintillant, aluminium poli aveuglant, colonnes en faisceaux (fascistes !) métalliques éblouissants : un hall de tour du World Trade Center ? Quelle erreur ! À nos frais, un  » marketing  » de luxe dangereux. La télé publique devrait donner le signal d’être  » au service  » des citoyens cochons de payeurs de taxes, offrir le signal de la modestie et de l’efficacité. Les patrons auraient dû exiger des designers un nouvel abri illustrant et la solidité, ‹pas le  » magasin de bebelles des fêtes « ‹ et l’aspect tout dévoué aux citoyens.
    Quelle manque de flair ! D’intelligence de son rôle ! Quelle connerie ce chiard intimidant, impérialiste, dominateur. Il fallait, dès l’ouverture filmé, revampée elle aussi, non pas montrer un cité gothique lumineuse prise en plongée, mais non, au contraire, mettre la caméra au niveau du citoyen. De la rue. Donner la note  » identificatrice  » : nous voulons vous aider à tout apprendre, à tout comprendre sur tout. Être  » avec  » lui, le spectateur. Pas au-dessus ! Quels cornichons les dirigeants actuels en information. Ce n’est pas un quizz à tirage millionnaire, les nouvelles, ni un music-hall. Tout de même. Imbéciles !
    12- Surprise, message de Trois-Pistoles. Pour mon projet d’un petit manifeste commun sur  » Ne serait-il pas temps, en 2002, d’assumer l’action de nos felquistes en toute maturité et gratitude « , je venais de lui signifier ‹bon conseil d’Aile‹ de remettre cela à plus tard, vu le 11 septembre à New-York. Oui, surprise :  » non, non, Claude, c’est justement le bon moment  » m’expédie V.-L. B. Ajoutant,  » je te reviens après le fêtes  » Il est plongé dans ses textes pour son projet de nouveau feuilleton. Qui a raison : Aile ou mon jeune camarade Vic ?. Me voilà tout ébranlé.
    Oh, je lis : Henriette Major, auteure pour la jeunesse, fréquentée jadis, passerait ses hivers dans le sud de la France. Un de mes rêves. Je vais tenter de la rejoindre. Où ça ? Pas trop frette, pas de ce mistral ! Où ? Où ? Fermer tout, le journal ? non, j’écrirais de là-bas. Trop vieux pour ces trois mois de frette noère.
    On recommande (Homel de La Presse) la nouvelle biographie de l’illustre James Joyce. Me souviens n’avoir pu terminer  » Gens de Dublin  » ou quoi de lui encore ! Même chose pour le célèbre Marcel Proust. Trop touffu, illisible pour moi. On est du côté de Céline ( » Voyage au bout de la nuit « ,  » Mort à crédit  » ) ou du côté des touffus ! Je sais pas ! Je n’ai pas honte de mes choix, je suis pas snob.
    Ai vu  » Renoir  » à ARTV. Mon projet offert et avorté à ce canal ARTV. Mon Édouard Manet, mon Krieghoff : refusés. Pour ce  » Renoir « , oui, pas d’animateur à l’écran, comme l’exige la  » boss  » chez ARTV, juste une voix hors champ, un narrateur avec une voix, hum vous savez, celle des annonces de télé pour  » Canadian Tires « , rauque, appuyée, de gorge, bien convaincante, t’sé, que je hais.
    L’information ‹bonne‹était du même degré que pour mes deux essais refusés. Je m’étais dit : On écoutera, ici,  » quelqu’un que l’on connaît bien « , raconter la vie d’un peintre. Un Italien connu fera bien cet ouvrage chez lui , ou un Allemand en Allemagne mais non, c’est  » non merci.  » Je m’en console un peu mal j’ai le journal, une chance ! J’adore cela, vous savez. Ai-je des lecteurs ? Oh ça, je vais attendre, à la mi-janvier ?, le rapport mensuel de mon gendre là-dessus !
    Gilles Groulx, ( » Où êtes-vous donc bande de câlisses ? « ) cinéaste mort trop jeune, va être fêté à la cinémathèque. L’ai connu, étudiant la céramique (un an) avec moi à l’École du Meuble. Timide, discret, si doux, blond, les yeux pâles, la voix feutrée, souriant sans cesse Je n’avais pas deviné du tout qu’un jour, quittant les argiles à modeler comme moi, il se ferait cinéaste, quand moi je devenais saltimbanque sur La Roulotte puis scénographe. La vie !
     » Ohé, les baladins amenez-moi pas je suis pas prêt !  »