Projet pour l’automne…

Cher webmestre :

Voici un projet. Pour mettre sur notre site peut-être, tu décideras. Il s’agit d’une ponte fraiche, une jonglerie récente.

Mais d’abord mettre aussi cette facétie de Roland Devos, celui de «  À « quand » le train pour « Caen ? » et : « La mer est démontée ? À quelle heurte, ils la remontreront ? »

Voici :

– L’OUÏE DE L’OIE DE LOUIS-XII A OTÙ 

-ET QU’A DONC OTÙ L’OUÏE DE L’OIE DE CE LOUIS ?

-ELLE A OTÙ CE QUE TOUTE OIE OÏT !

-ET QUOI DONC QUEW C’RE ST QU’OïT L’OIE ?

-TOUTE OIE OÏT, QUAND LE CHIEN ABOIE DANS LES BOIS, DES « OUAh ! OUAh » !  

FOU HEN ?

BON : Corrigeant mon manuscrit « Angela » (sortie cet automne) il me prend une fringale nouvelle, me voilà parti dans un projet fou : un premier ouvrage de « SF », de l’anticipation avec du parascientifique.

Je nagerais dans ces toutes neuves notions apprises ici et là, glanées dans mers lectures diverses récentes. À SAVOIR : Les trous noirs. La physique quantique. Les drones. La biologie-électronique. Le fameux et dangereux Système « HAARP » (attaques climatiques) Ce mystérieux « GAKONA »( voir Google ). ENFIN : l’intelligence artificielle.

Et j’y introduirais ce célèbre MICHAEL TALBOT, aussi cette fameuse voyante-médium : YAGUEL DIDIER.

Tu vois ma soupe ?

De la S.F., te disais-je, oui, et une première expérience chez Jasmin. Ça se passerait en 2055 ? Hum…Je verrai. Ou bien ce sera une série-télé en 8 épisodes, eh !

LE SUJET ? En cours de déroulement, on constate que l’univers, le monde entier, la planète quoi, est devenue une sorte de « SUPER- ONU ». Avec siège à Montréal. Ou à Zurich. Et qui fonctionne cette fois. Bien mieux que l’ONU actuelle.

Fin des patries, des nations (états-nations), il n’y a plus que cette MACHINE-ONU. Avec en partenariats, d’immenses « corporations », gigantesques compagnies qui entretiennent des armées de « MERCENAIRES ».

L’écriture a disparu. Les livres aussi, journaux etc. Il n’y a que l’audio-visuel. Des bandes. Il y aurait une sorte de langue universelle, sorte d’ESPÉRANTO nouveau, avec, par exemple du Chinois certes et beaucoup d’expressions en anglais (des USA).

Parvenu au siège suprême, mon (ou mes) héros conduisant « l’enquête des enquêtes » ( devoir trouver le sujet) découvrira qu’en bout de piste, au sommet des sommets, il n’y a… personne absolument personne !

Il n’y a qu’un super-ordinateur !

Une intelligence artificielle quoi, comme Grand souverain, empereur, roi, président, gouverneur général !

On sait qu’une machine battit le célèbre champion d’échec, Kasparov, en 1997. C’est donc le triomphe total (totalisateur !) de la machine. Avec sa toute petite équipe qui la nourrit, qui obéit, est aux ordres de l’ordinateur suprême !

Et voilà, cher Marco.

Bon… je m’y jetterai quand ? Hum, pas en belle saison, tu le sais je n’écris toujours (mon livre annuel) que octobre ou novembre revenu.

Saluts,

Claude J.

Chapitre dernier, Angela :

Chapitre dernier, Angela :

Notes : enfin un ciel bleu. Enfin le soleil. Ce massacre des caricaturistes continue de remplir les pages des gazettes.
Et, enfin, je lis de graves reproches à ces déboussolés dessinateurs. Le mot « immondes charges  » est publié. Je me sens moins seul. La « rectitude conne » se corrige un peu. Oui; j’ai raison : les excessifs attirent les excessifs ! Certes le TU NE TUERAS POINT reste fondé.
Je conduis mal, le pare-choc (de plastique) de notre Honda s’est arraché, maudit banc de neige avec glace dedans . Dans lequel j’ai foncé…Grand toto », va ! me dit Raymonde. Elle a raison. Je fais tout trop vite.
Je vais rédiger « LE » dernier chapitre. Ce déménagement subit m’est advenu lors de mon « premier amour ». Même choc à revivre…à l’encre, non au clavier d’ordinateur ! .,
J’étais si jeune alors. . Tout réviser ensuite (23 chapitres) maintenant et hop, chez XYZ.
Rester sans projet va me reposer. Mon dernier récit ? Probable.

NOTE DU WEBMESTRE:

L’AVENTURE EST TERMINÉE. LES ABONNÉS À CE SITE ONT PU LIRE LE BROUILLON DU RÉCIT AU FIL DE SON ÉCRITURE. LES TEXTES SONT MAINTENANT RETIRÉS AFIN D’EN PERMETTRE LA RÉVISION, LA RÉÉCRITURE ET L’ÉDITION.

29 janvier 2015

Joli lundi du 29 déc. (suite chap 9(?) (angela-chimère)

Joli lundi du 29 déc.

(suite chap 9(?)

(angela-chimère)

* * *

Notes : Je m’énerve d’avoir voulu raconter cet amour premier…pas facile. Chaque fois que je monte à l’ordinateur, je me dis que je devrais peut-être abandonner ce récit. Trouver une autre histoire vécue. Rédiger sur un amour plutôt romantique et assez platonique à cause de nos âges, me semble un défi. Et puis je m’encourage soudain, ce défi est intéressant. Courage. Ce sera moins banal, en fin de compte, que la narration d’un amour de maturité. J’en viendrai à bout. Je n’ai qu’à bien…mieux, me plonger dans cet âge candide. Si rempli d’espoirs naïfs, de souhaits flous. De vœux fous. Oui, courage, bonhomme écriveur ! En avant…fonce. Souviens-toi mieux, creuse…Creuse…

Notes : Hier soir, on a visionner « IDA », 90 minutes d’une histoire un peu bizarre. On se fiait aux critiques. Une jeune religieuse catholique polonaise, orpheline jeune, cherche les dépouilles de ses parents, découvre qu’elle est juive. Elle veut retrouver les dépouilles de ses parents tués par un antisémite. « IDA », est en noir et blanc, d’un minimalisme total. Pas banal du tout. J’ai eu des nouvelles (courriel) de mon cher David, le poète avant-gardiste, il va enseigner le français à des migrants. Ouf , et enfin car i il est plus que réticent, à 32 ans, à se dénicher un job (Plate forcément ) dans la vie réelle aux offres si souvent dénués d’intérêt. Je le reconnais volontiers. Il a un don très fort pour les mots, je le lui ai dit il y a longtemps et cela lui a-t-il monté à la tête ?

Souper dans le clan des Boucher à Duvernay. Colette : un as aux fourneaux ! Régal.

Denise LaPan, 89 ans, la mère de ma jolie bru Lynn, hier, tombée encore… Ambulance…l’hôpital de St-Jérôme…Merde ! Avant le Jour de l’An ! Merde !

 

AIMONS L’HIVER ?

Daniel, mon fils le valdavidien, à qui je dis  : « Pas jaloux de ta sœur, partie six mois à Palm Beach ? », me dit : « J’aime bien l’hiver, moi, pour la beauté des paysages, pour le ski dans nos collines, pour ses airs de fêtes, pour cette variété saisonnière illuminante. »

Je lui sonne raison. Daniel est en meilleure santé que ma fille un peu fragile, Éliane. Que dorlote son Marco qui est mon webmestre.

Moi ? Je balance Tenté de m’exiler car il y a mon grand âge. Suis pas trop friand froidures. M’envoler alors avec nos oiseaux, hum, ma Raymonde ? Une totale aversion de l’avion. Mon gendre nous parle de « mettre l’auto sur un train », ce qu’il fait, lui. Il y a aussi la crainte de certaines privations, us et coutumes d’ici, s’en passer six mois ? De 1978 à 1988, nous allions en Floride, le temps des Fêtes. Vite, on s’ennuyait, nous étions contents de « remonter ». Pourquoi ? Ma radio, ma télé, mes chers journaux et magazines —d’ici et de France. Avec raison, Marco rétorque : « Désormais il y a l’ordinateur qui apporte tout ça et en quelques clics ». Mais chez nous, l’ordinateur… pas top ! Francophiles ardents nous avions songé à « l’hiver en France-du sud ». Mais des connaisseurs du « midi » disaient : « Où ça ? À Menton, proche de Nice ? Pas bien chaud », là où des adèlois de nos connaissances hivernent. Nous songions au sud-ouest, Cacassonne, Perpignan ? Ces connaisseurs : « Ne rêvez pas. Il faut se couvrir d’une bonne grosse « laine » dès la mi-après-midi. Il y a aussi ce terrible « mistral. Frais et assourdissant ! » Il y avait aussi cette peur atroce de l’avion chez ma dulcinée. Bon, faire aveu :depuis une décennie, nous ne craignons plus l’hiver.

« Avec le temps », cher Léo Ferré, l’hiver ne nous semble plus si long, est « endurable ». Il doit y avoir pas mal de monde qui ne déteste pas l’hiver québécois, non ?

« Hier encore… »…cher Aznavour, j’admirais ce luisant soleil faisant reluire, étincelantes, nos région laurentidiennes. Et on sait bien désormais se vêtir chaudement. Ce matin, j’écoute, stimulé, ravi, sonner de ces « Jingle bell » et tant de bien jolies chorales nous égaient. Entendant au 98, 5, —salut à toi, l’ ex-camarade Paul Arcand !— l’inévitable « a-des-té-fi-dé-les », j’ai chanté avec ma radio et me suis souvenu de ma mère qui, au logis de ma rue St Denis, suspendant haut son fer-à-repasser, écoute les yeux mouillés « La Charlotte prie Notre-Dame », incroyable mélo larmoyant de Marie Dubas (écoutez ça à google).

« Ma bonne mère », cher Pagnol, malgré sa trâlée d’enfants, chantait toujours, oui, Fabien Thibault ! Ma Germaine n’avait pas le droit de songer à la chaude Florida, vissée qu’elle était à son modeste logis.

En passant, suis ébahi (un enfant ?) de tant de lumières multicolores dans nos arbres —merci m’sieur l’maire !— aux façades des commerces, de nos demeures. En 1940, rue St Denis, m’sieur le riche notaire Décarie avait, lui seul, dans son parterre un bel arbre de lumières ! Je me suis rappelé aussi, à Miami, à Fort Lauderdale, de ces fausses neiges de plastique aux fenêtres avec leurs « joyeux Noël », en français. Ô nostalgie cocasse de nos exilés!

En profiter chers lectorat pour vous souhaiter un très beau jour de Noël !

« VISA LE BLANC, TUA LE NOIR » (air connu).

J’observe sans jamais me lasser ma familière troupe de huit (oui, 8) canards. D’où sortent-ils ? Plusieurs fois par jour, ils vont, nerveux et enjoués, vers la plage publique, en reviennent, y retournent et… disparaissent? Nichent-ils là où la Ville détient un petit lopin de terre (basse) à fin écologique. À côté du Chantecler ?

Très comique de les voir en promenade qui plongent la tête sous l’eau ici et là. Qu’ont-ils aperçu ? Comiques ces cocasses culs blancs soudain dressés au ciel ! Que mangent-ils, des insectes, bactéries d’algues ?, des ménés ? Il m’arrive de, vite, couper des branches porteuses de cerises de chèvrefeuille et mes chers « 8 » semblent les apprécier, me reviennent aussitôt pour avaler ces baies sauvages. Quelle beauté naturaliste que ces pataugeurs ailés et à la natation rapide comme invisible. Il faut imaginer ces seize pattes palmées, mini-avirons énergiques en diable. Ces huit long cous, chaque jour offre un brin de sauvagerie en un milieu habité, où la nature est peignée, tondue, organisée; contraste excitant !

Ma crainte de ne pas les revoir, l’été revenu, car mes chers « 8 » me réconfortent. Or, voici que depuis deux semaines, un nouveau venu, un canard… nègre ! Plus gros, noir de plumes. Ce solitaire vient rôder mais pas trop au bord du rivage, méfiant; l’orgueilleux « moineau », au port arrogant est un indépendant, en tous cas, si je l’appelle avec mes baies lancées…c’est non, niet et plouc !, chaque fois il plonge aussitôt et…disparaît. Vraiment. Je guette mais ne le vois plus ressortir de l’onde ! Est-il mi-poisson, mi-canard ?

Belle vie hen, eh oui car je suis très libre ayant achevé mon prochain roman. Le titre ? « L’apiculteur », rendu chez mon éditeur, VLB-Quebecor, sorti en 1974. Promettez-moi de le lire. L’histoire ? Un chimiste défiguré par un bain d’acide, vit terré sous terre. Pour sortir il se déguise en apiculteur et le « chapeau à voile » cache l’horreur. Le monstre s’est construit par les nuits un bunker sous un mausolée abandonné du cimetière, au pied du mont Royal ! Mon éditeur, Martin Balthazar (vlb, quebecor), m’a écrit : « Ici, excités de publier votre récit d’un apiculteur mort-vivant et c’est peu dire… »

Ça stimule en grande, hein ?

Bon, je paresse mais avec une « bibliothèque portative », mon cher « Kindle ». Je lis en ce moment la biographie d’un effrayant « assassin soviétique », Léon Trotski. Qui sera assassiné (au Mexique) sur ordre d’un autre « assassin soviétique », Staline ! On jase là, mon fidèle lectorat l’a bien vu, c’est un « Journal intime » (que l’on mettra en livre après ma mort ?

Mes canards sauvages donc… à Pointe Calumet, étés de ma jeunesse, point de canards, rien de sauvage, que des hordes de vertes rainettes, parfois un coyote, parfois un renard en haut des plages, loin, derrière les chalets en rangées.

Oh, soudain, « la faim, l’herbe tendre » ( selon Lafontaine), j’imaginai m’en faire rôtir de canard un sur notre BBQ ! Honte à mes gênes d’ex-chasseur ! Mais non, ma carabine (à plomb) restera muette et je mijote un nouveau sujet de livre. Tant aimer écrire ! Folie car publier désormais est une activité qui serait « en voie d’extinction », oui, on dit que la littérature agonise, que monde actuel lit de moins en moins. « Ça gueule : piratages, maudits ordinateurs ! ». Et les journaux ? On dit que le célèbre « Washington Post » pourrait fermer, diable, si « Pays d’en Haut » disparaît où trouverais-je un si bel îlot pour épancher ma passion d’écrire ?

Mes canards ne me consoleront pas. En 2020, solitaire et ridicule, j’irai à l’amphithéâtre de la rue Morin pour réciter mes proses. Des gamins, i-pod aux oreilles, i-pad aux mains, riront de ce vieux saltimbanque et, peut-être, lui lanceront des pierres ?

ALLER AUX VUES ?

 

 

Joie folle, enfant, que nos premiers films montrés au sous-sol de notre église. Quelle évasion ! Bonheur d’aaller à quinze ans, une première fois, au « vrai » cinéma du coin de ma rue, le Château.

Dans notre vaste région de collines, aucun cinéma à partir de Lafontaine, Saint Hyppolite…  Ni à Ste Agathe, ni à St-Sauveur ? Pas un seul grand écran. Rien. Ici, nous sommes chanceux, il y a Tom Farmanian, il y a ses salles de Sainte Adèle ! Quel bonheur pour les cinéphiles. Certes, Tom doit afficher les gros succès populaires. Il a ses frais, tant de factures et de taxes à payer mais, cinéphile lui-même, il offre aussi les meilleurs productions du moment.

Le cinéma Pine est une des bonnes raisons d’aimer vivre par ici. Remercions Tom —qui a été honoré avec justice récemment— son travail acharné nous permet, comme les citadins de la métropole du Québec, de voir le cinéma dont « on parle ». J’y ai vu « L’artiste », gadget très vide —en muet et en noir et blanc et je fais partie de cette minorité (sans doute !) qui a viscéralement détesté ce « navet » (selon notre couple). Mais les p’tits vieux du jury des Prix Oscars, eux, ont été flattés de cet hommage venant des frenchmen voulant saluer (sans scénario structuré) les pionniers d’Hollywood.

Dimanche, au lieu d’aller me balader sur le lac Rond au beau soleil, on a été voir vu le film iranien qui a battu « Monsieur Lazhard ». Je n’ai rien d’un chauvin (aller vérifier) : « La séparation » est un très long et très bavard et très ennuyeux face à face —bien film et bien joué cependant. Un paquet de fieffés menteurs empêtrés dans une querelle bien bête et qui n’en finit pas. L’impression que « La séparation » dure six heures !

Il n’en reste pas moins que malgré des déceptions,  et c’est fatal, nous avons la chance de voir les films « dont on parle ». C’est important. Chaque fois que nous descendons la Côte-Morin pour y aller, on a l’impression, de vacances, l’été, d’aller au ciné Ogunquit dans le Maine, ou en Floride jadis !

Hélas, on me dit que les jeunes visionnent sur le « tout petit » écran de leur ordinateur, connecté souvent au « petit écran » de leur télé, un cinéma, me dit-on, aux centaines de choix. Mais il n’y a rien d’aussi festif que de se rendre à une salle noire, se retrouver solitaires mais solidaires avec les autres. Non ? Hélas, comme la peinture, la musique qui se fait, où la littérature (je le sais trop !) et la danse donc, les créateurs sont méprisés par cette jeunesse rivée à l’ordi. Voilà une masturbation, oui, un onanisme via le web sur le net. On a dit que l’arrivée de la télévision (automne 1952) avait tué les artistes de variété, les cabarets, etc. On peut dire que la venue de l’ordinateur tue aussi. Pourquoi se priver de ces réunions humains où ça tousse, ça remue, ça s’émeut, ça grouille, ça mange du maïs ou de la réglisse, ça vit ensemble, c’est un grand tort. Ne grave erreur. Disons même une forme de déshumanisation —une de plus. De grâce, un effort villageois des alentours, allez au cinéma  Pine. Ceci n’est pas une pause « publicitaire », c’est un appel en faveur d’un minimum de vie grégaire, de vie humaine normale pour une existence un peu communautaire.

Tenez, allez vite voir « POLISSE », un vrai petit chef d’œuvre de madame Maïween qui est aussi excellente actrice dans son film. Un captivant récit sur des faits vécus dans Paris. Récits fascinants avec des jeunes gendarmes, tous excellents acteurs des deux sexes. Voyez une jeunesse vivante ! Merci Tom !

 

 

Pâques dans Villeray

Je connais du monde qui va comme en pèlerinage là où ils ont né. Les uns montent loin, au Saguenay ou en Abitibi. D’autres filent vers l’est, notre Finistère à nous, Québécois, la Gaspésie. Certes, il y a, pour nos migrants, de bien longs voyages, revoir l’Italie ou le lointain Vietnam ! Certains n’ont pas loin à aller : un simple changement de quartier ! Sans parler de ceux qui n’ont pas changé —jamais— de « monde ». Nés là, ils vont mourir là. Il reste un fait : l’être humain éprouve souvent un besoin —comme le saumon— il remonte là où il fut « pondu ».
Risquer parfois la déception : ma cour a rapetissé, ma rue devenue inanimée, cette grande église me semble insignifiante. C’est que le temps transforme nos souvenirs, pas vrai ? Ce « vaste » parc où l’on allait jouer a bien changé, mini tertre de verdure ! À Pâques, invitation à bouffer par deux de mes cinq ex-gamins, petit-fils vieillis (déjà ?). Où ? Dans Villeray, ma petite patrie. On y va avec beau soleil qui décline rue Papineau. L’air est si doux pour revoir ces rues de ma jeunesse aux maisonnettes, sages, bien rangées derrière ces vieux (parfois) arbres. Des rues moins passantes et davantage de voitures stationnées le long des trottoirs. Mon monde familier, ma vie d’antan et, chaque fois que j’y reviens, des émotions indéfinissables m’envahissent. Nous y voici, chère modeste rue Chabot. Quand je retourne en ces zones où j’ai vécu vingt cinq ans, un « bien aise » me recouvre. Le soleil « pascal » penche et sort ses couleurs tamisées sur tout Villeray. Au 6805 rue Chabot (chante Beau-dommage !) Thomas Jasmin, l’étudiant en administration de l’Uqam, est pris par son boulot d’à point (à temps et demi !), on l’attendra et c’est Simon Jasmin qui nous accueille, l’épicurien gastronome. Il sera le « chef » et à l’italienne car il connaît son papi. Amusés, Raymonde et moi, de revoir les anciennes fenestrations, le couloir classique, l’arc de plâtre sous un plafond, les larges chambranles moulurés des portes, les hautes plinthes, décor de nos jeunes années. Ce mini hangar a été aménagé pour des appareils domestiques inconnus de notre temps. On visite la cour, du bois,un patio à BAR-B-Q, n’est-ce pas ? Jadis, manger dehors, oh non, jamais! Thomas s’amènera avec Jade, sa vibrante copine. Je découvrirai qu’une partie du salon, en un autel sacré moderne, contient sur une longue table les instruments électroniques de l’ « ère » à ordinateurs. Sept à table ! Ce sera un vrai banquet. La veille, Simon était allé en Petite Italie. On n’en revient jamais de voir nos petits galopins (d’hier, non ?) devenus des jeunes gens. De plus, quant à moi, installés dans ma patrie d’enfance. Résurrection ? La vie vive nous bouscule et tard, j’en avais comme un point au cœur, devant remonter en collines, là où les maisons sont juchées, ô anarchie visuelle !, comme en quinconce !

LA VIE DEVANT SOI

À ma très chère biblio-Grignon, ma voisine pour un temps, je trouve et je lis « L’espérance de vie ». Une autobiographie  par le fils du fameux Romain Gary, merveileux auteur de « La vie devant soi ». Suicidé. Ce rejeton de Gary a eu pour maman « Joan of Arc » Seberg, actrice suicidée. Un fils mal aimé raconte sa vie de jeune mondain « sexomane ». Tristesse. Lire m’est une vraie passion.  Pas pour ce Éric St-Onge, en 5ième au  collège St-Jean-Vianney, qui affirme ( La Presse) : « Avant, on lisait pour passer le temps, maintenant il y a l’ordinateur (et les sports) et c’est bien mieux ».

Je laisse dire. Vive la liberté !

À 9h. tous les matins,  derrière le « Joe’s-vidéo-poker », achat de mes journaux au « Le Calumet ». Essentiels avec le café.  Y lire l’envoyé à Port-au-Prince, Lagacé (La Presse). Le voilà qui accuse le peuple ( ô racisme !) : « C’est de leur faute tous ces malheurs actuels ». Quoi ? Pas de « vie devant soi »,  pas davantage d’avenir pour la pacifiste étasunienne, Rachel Corrie (voyez ça sur le web). Elle fut « écrasée à mort » à Gaza, par un tracteur de l’armée juive. Ne fut pas épargné comme cet étudiant « emblématique » à Pékin, Place Tienanmen.

Lire : Ignatieff-le-rouge, petit-fils d’un royaliste-blanc, se porte  au secours de la folle « bure » islamiste. Macho bien con notre néo-raspoutine? Ou bien francophobe complexé de Paris ? Ce décevant successeur du rat-dioneste (de Chapleau) protège donc l’odieuse tente-perso des femmes dominées. Non mais… Quelle cloche, ce raton-larveur,ma foi, vive Harper-le-bleu

Lire pire ? Ce critique de La Presse, Hugo Dumas. Un colonisé total. En ghetto jeuniste, qui, bienheureux, déclinait : Amy Winehouse, Keesha Rose Sebert, Flo Rida (sic), Ke$ha (re-sic), Taylor Swift, les Q Awards,  Dr Luke, Max Martinn, Kelly Clarkson, Katy Perry, Brit-Brit (?), Hedi Montag. Non mais…

Pauvre Hugo américanisé à l’os ! On est à mile milles du surdoué Pierre Foglia qui publie  : « Je vais mourir et les Israélites continueront à construire des colonies en Cisjordanie »,une encre autre n’est-ce pas ?  Celle de Nathalie Petrowski souligne le racisme soft d’un Léonard Cohen, ex-montréalais cosmopolite unilingue et le e compare avec Kate McGarrigle (sans plus de « vie devant elle »), qui fut full québécoise et fière de l’être. La même raconte aussi un Dany Laferrière longtemps peu lu, souvent découragé et soudain acclamé ! Ah !, Paris le consacre. « Au Salon du livre, on venait pas pour mon livre mais pour avoir « le Prix Médicis ». Sans cesse le colonialisme !

Plus de « vie devant soi » au si joli Lac Marois où j’avais deux amies, Mais ma Françoise Faucher a vendu. Ma Solange Chaput-Rolland est morte après un long séjour (bleu) à Sainte-Marguerite. C’est ma Raymonde qui me fit connaître cette député « rouge » de feu Boubou. Raymonde Boucher avait « mis au monde » sa série-télé à succès :  « Monsieur-le-Ministe ». Avec Michel Dumont. Quasi-sosie de P.-M. Johnson. Nous étions de des adversaires politiques mais nous nous aimions. J’aimais sa charmante « classe » outremontaise, elle disait apprécier « le p’tit voyou de Villeray. » Lire le Devoir où  une Louisiane Gauthier livre des souvenirs de ces Rolland. Et aussi sur feu Bruno Roy, leur protégé. Mon ami Brno, un « orphelin de Duplessis ». Dégueu : des médecins assermentés, les chiens, et un cardinal, cet homme léger, fichèrent comme « enfant fou » mon petit Bruno ! Pour recevoir plusse de piastres d’Ottawa. Et plus aucune vie devant eux ! Vous voyez : comme j’aime les journaux, sauf pour La Vallée, c’est un peu salissant mais lire sur I-machin ou  I-Pad sur un froid écran ordinatisé. Non, jamais !

« LET IT BE »…

Le Québec est situé loin de la France mais tout est relatif. En 2008, la planète se rapetisse. La vitesse par ordinateur. La France, mère-patrie, c’est juste six heures en avion. Je m’approche lentement d’un Paul McCartney qui est venu de Londres pour chanter en anglais sur les Plaines. Là où se célèbre la naissance de la colonie française, il y a 400 ans; attendez, vous allez voir.

D’une part donc on est « assez loin » de la France (et de la Belgique franco, Suisse romane et Afrique-du-nord) mais on est proche de New York, de Boston, pas bien loin de Chigago. On est le voisin nordique d’un immense pays, riche, puissant, les USA. Répandant -partout sur la planète- son influence. Clair ? Ce Québec de 7 millions d’habitants francophones fait face, qu’il le veuille ou non, à 300 millions d’anglophones. C’est disproportionné ? Oui. Des visiteurs de France n’en reviennent pas, sont sous le choc -ils le disent, le publient-  quand ils débarquent ici et découvrent la relative bonne santé linguistique de ce petit îlot français. 2% sur ce continent. Nous oublions ce fait singulier. J’ai connu des Français éprouvant une émotion géante face à notre incroyable résistance. Quasiment une anomalie, c’était imprévisible. J’y arrive à Sir Paul.

Donc, s’amène 2008 et « l’anniversaire ». Avec l’idée qu’il faut fêter ça « en grande ». Qui faire venir ? Des artistes consacrés d’ici, une Céline Dion. Cela s’imposait. Qui encore ? le voyageur Robert Lepage, étonnant imagier-artificier surdoué. Le Cirque du Soleil ? Bonne idée. Qui encore ? B’en, des étrangers célèbres aussi, pourquoi non ? Le budget prévu a de gros moyens. On a jonglé longtemps ? Je ne sais pas. C’est ici qu’ on doit revenir aux faits têtus : l’Empire-USA. Une méga puissance dans l’axe anglo-saxon. Or Elvis est mort, Frank Sinatra aussi. Madonna ? Y a-t-on songé ?  Il s’agit pas de montrer « du talent français », s’agit de faire voir qu’on doit inviter un artiste « huge », venant d’ailleurs. D’où ? De Chine ? Non. De l’Inde ? Non. D’Allemagne, d’Espagne, d’Italie ? Non. Songez « empire anglo-saxon ». Pas de ce Johnny Hallyday, p’tit frenchy !  Revenons à… « ci-haut » : nous sommes sur le continent nord-américain. Les touristes « en moyens » viennent des USA. Tout ce monde-là, eh b’en, il cause in english. Alors ? Un jeune gérant-potentat a eu l’idée de faire venir un anglophone émérite, non pas étatsunien, mais britannique. Un des héros de la pop-music devenu jeune vieillard pimpant et qui fait commerce -une industrie payante- de nostalgie. Revenant de Kiev en Ukraine -imaginez-vous le gros sac de fric offert- la vieille idole a dit : « Yes, Kouaybec City, here I come ! »

Il y a très longtemps, le comité aurait invité les célébrissimes, disons, Ballets Russes. Les temps ont changé. Fin des salles de concert pour élites, on ouvre de vastes prairies (Woodstock), on y sème des « dame pipi » en cabanes,  on pose des écrans géants, des colonnes de haut-parleurs. En avant la zizique ! Oubliez Mozart, Seigneur ! Le ballet est un art réservé aux aficionados. L’époque actuelle fonce de tapages en tapages. De bruitages en bruitages. Boum-boum, le rythme est roi. L’ex-star Sir Paul, aux si jolies chansons -que j’aimais-  fait moins de bruitage que tant d’autres, cela a éliminé les voyous -music’s holligans-du show. Se frottant les mains, les  organisateurs ont imaginé les foules d’adultes, jeunes et moins jeunes, qui ont les moyens d’acheter de grands gobelets de bière. Et des cossins variés !

Bien compris tout le monde ? Ce dimanche-là : Champlain devenait un show, pas une cérémonie de prestige ou un événement historico-culturel. Il y en a eu. Avec de jolies médailles, des diplomates invités dans des salons à dorures. L’anniversaire 1608, c’est aussi un business. Mes amis Curzi ou Falardeau doivent saisir que le patriotisme au sein de ces chiards devient hors-sujet. Doivent se rentrer dans la tête que Québec est en nord-amérique où il y a 300 millions de têtes-de-pipe à écus sonnants et trébuchants. Que Céline, aussi businesswoman, chante dans la lange d’Elvis, sans trop d’accent. Que la sauce internationale est always anglo-saxonne. Le poète  Vigneault, connu et apprécié en francophonie, est un inconnu aux states. Ces continentaux, nos voisins, sont en majorité, des xénophobes et sont embarrassés par la variété des cultures du monde, se contentent de leur « vaste » enfermement.

MORT D’UNE P’TITE BÊTE !

Scénographe salarié pendant 30 ans, en 1985 je devenais soudain un travailleur autonome. Donc libre de tout horaire strict. Je ne monte jamais à mon bureau pour travailler le soir. Jamais ! Comme un principe. Mais, tout récemment, correction urgente, je monte à l’étage. J’entre dans mon bureau. Qu’est-ce que je vois, au beau milieu du tapis gris, une toute petite boule poilue, très exactement du même gris que mon tapis. Elle remue légèrement, ne craint pas mon arrivée et ne se sauve pas ! Souris hors du commun, anormale ! Une souris plus vivante que l’autre souris celle de la famille des instruments indispensables à tout internaute.

Comme tout le monde, j’en ai vu de ces petits rongeurs. Que de trappes à ressort -de type victoria- furent installées dans cette maison plus que centenaire, que de pièges-à- fromage. Dans la cave et dans la cuisine. À l’étage ? Une première ! Si kioute ! C’est du Walt Disney ma foi. Ma bestiole égarée m’offre un ben charmant aspect, d’un naturalisme déplacé ici. Qu’elle est ronde ! Si mignonne ! Bel « échantillon de beauté » et j’hésite à la tuer, que fait-elle donc ici, immobile, insolite au milieu du tapis ? Il n’y a rien à ronger par ici !

Combattant mon admiration, d’instinct -avec une petite gêne- je retire une de mes pantoufles et… Paf ! (comme dirait Steph Dion). Un spasme d’agonie et ma boule de laine grise passe de vie à trépas. J’éteins l’imprimante et, faisant pipi dans la pièce voisine, je réfléchis. À comment m’en débarrasser ? Devoir redescendre, ouvrir la porte, la jeter dans la nuit froide, pour mon matou Valdombre qui rôde peut-être ? Vessie vidée, je reviens au cadavre miniature. Miracle ? Ma p’tite boule est redressé sur ses pattes et remue de la queue ! Une vitalité étonnante car il me semble bien que j’avais frappé très fort.

PAPILLONS, SAUTERELLES ET CRAPAUDS

Elle vit ! Est-ce que je rêve, suis-je couché, endormi dans la chambre voisine, est-ce que je vis un songe ? Ma foi, je doute du réel. Cette souris était trop jolie aussi, trop ronde, trop du même gris que mon tapis. Une vision ? Me suis-je drogué au souper avec un aliment périmé ? Je n’en reviens pas de cette apparition à l’esthétique inouïe. Éveillé ou non, je persiste : tout humain normal, n’est-ce pas, ne peut tolérer que vivent inopinément des souris dans sa demeure. Alors, de nouveau j’enlève très vite ma pantoufle et re-paf ! Plus rien ne bouge, cette fois le coup opère. La mort ! De nouveau, j’éprouve cette petite gêne. Soupçon de remord. C’est que ma boule n’avait rien d’un vulgaire mulot, d’un rongeur anonyme. « La beauté », vous dis-je.

On ne change guère ? Petit enfant, je fus de ceux qui répugnent à écraser une sauterelle. À tuer les fourmis. À éteindre la frêle existence d’un papillon pourtant capturé. À écrapoutir une grenouille. Ou le crapaud galeux qu’on venait, gamins cruels, de faire fumer ! Contemplant ma victime, je tentais d’imaginer ce que j’aurais pu faire. D’où venait cette si jolie bibitte, de quel trou de mur, de quelle fissure des vieux planchers, de quel cachette au plafond du faux grenier ?

SARBACANE, FRONDE ET ARC À FLÈCHES

Debout au pied de ma grise prise inerte, je me demandais : comment fait le chasseur face à une admirable bête -chevreuil, orignal- qui le dévisage ? Suis-je un vrai mâle ? Gamin, la seule arme que j’ai détenu était une sarbacane à cinq sous, tire-pois inoffensif. Ou cet arc-à-flèche de mes dix ans, outil inefficace en diable. Quoi encore ? Cette fronde à dix cennes, pour tirer les moineaux. Me souvenir aussi-il la voulait tant !- de l’achat d’une carabine-à-plomb pour mon fils, ce sera la crainte incessante que mon Daniel blesse quelqu’un.

Non, je ne suis pas du contingent des amateurs de chasse. Évidence. Bon, ça suffit ! Je dois agir, poser le dernier geste : effacer complètement la rencontre d’une souris bien jolie avec un drôle de pistolet trop sensible ? Je ramasse donc ma p’tite boule fourrée et je vais carrément la jeter dans la cuvette des toilettes. Mais voilà que, plongée dans l’eau, je la vois qui remue encore ! Pincement au cœur, un « petit meurtre ». Je tire la chasse, c’est fini. La bête souris plastifiée de mon ordinateur, elle, n’a rien vu !