« POING À LA LIGNE » …

À LIRE POUR PAS MOURIR IDIOT

 

« POING À LA LIGNE » …est un bouquin captivant du Norman Lester ( Intouchables, éditeur) Vous lirez :

1-que le juge Gomery n’a fait mettre en prison AUCUN politicien libéral pourtant mêlé aux « Commandites »; pas un seul

2-que les « Truthers-à-complots » affirment les chefs de la CIA ont versé 700 millions ($) à Al Qaïda pour septembre 2001

3- que nos policiers dirigent souvent une entreprise privée en plus de leur job de flic

4- qu’il y a « une maffia amérindienne » à Akwasasne, nous privant de 2 millions et demi ($) de revenus en impôts

5- qu’un demi-million de francos hors-Québec ne font rien pour combattre à nos côtés (pour le français en péril)

6-qu’au Pentagone —où l’on aurait  initié l’Internet et le GPS— des scientistes planchent sur un avion capable aussi de naviguer sous la mer, aussi à « comment réussir à hiberner »,  avec essais actuels sur des cochons

7- que l’on taisait qu’il y a quatre ans, le frère de Mitterrand, africaniste, Jean-Christophe fit 90 jours de prison pour fraudes

8- que ces Grecs paressent et détestent payer des impôts, victimes « gâtés-pourris » de la longue domination par les Ottomans,

9- qu’Israël, jadis, vendait des armes ($) aux racistes de l’Afrique du Sud solidifiant ainsi leur racisme

10-que l’Ontario (et la Colombie) deviennent bilingues… mais « Anglais-Chinois ! »

11- que des 20 villes les plus polluées,16 sont en Chine

12- que les Mohawks d’Oka, originaires du nord de New York, n’ont pas de « terre ancestrale », installés là par les Messieurs de Saint-Sulpice

13- qu’il y a une milice armée Mohawk, les Warriors, des vétérans du Viêt-Nam souvent et que la population les déteste

14- qu’à Outremont on trouve vingt synagogues juives (20 !) et que seule la ville de  Jérusalem en aurait autant

15- que désormais la police peut vous espionner à volonté via les Blackberry et Cie, ces machins comme centrale d’écoute

16- qu’une fois les Marines partis en Irak—après un demi million de civils tués— il y aura alliance ( des Chiites) avec l’Iran; ainsi la ruineuse « guerre de Bush « …un gaspillage favorisant l’Islamisme

17- que Lise Payette a commis une énorme bêtise en 1978  avec sa « no fault law », des tueurs » au volant riches se retrouvent avec rien à payer en dommages

18- qu’au Rwanda, le protégé des USA, Kagamé, a lui aussi commis un génocide avec l’aide de Congolais

19- que le reporter Bob Woodward (Affaire Watergate) révèle dans son livre « VEIL » :  dès 1984, sous Reagan, la CIA enseigna le terrorisme anti-Urss à de futurs Talibans

Ah oui, lisez ce « Poing à la ligne » révélateur et vive Norman Lester qui fut congédié de Radio Canada quand il fit éclater le scandale des « Minutes du Patrimoine » propagande avec Guy-R. Scully. Ajoutons : cher Pierre-Karl Péladeau, la CBC-SRC mérite du questionnement, c’est plus de 999 millions ($) par année de notre fric public.

 

Il était une fois…

Je ne suis pas tout à fait, à Sainte Adèle,  «un enfant du pays » même c’est par ici que j’ai habité le plus longtemps dans mon existence. Désormais, j’en sus venu à aimer cette contrée de collines et de brefs vallons. D’une sorte d’affection…absolument immense ! Oui, immense. Aussi je reconnais que c’est un très vif plaisir de rencontrer pour jaser du passé d’ici des « vieux de la vielle » et des « vieilles du vieux ».

Chez mon coiffeur émérite (hum, facile avec si peu de poils sur le coco !), Racette, l’autre midi, une rencontre inopinéee, un certain  Jacques Patry.  C’est un sosie du comédien Claude Blanchard et il a aussi sa bonhomie, sa faconde. On sent chez Patry, comme chez le célèbre cabaretier Blanchard, un « fun vert » à ..causer. C’est ainsi qu’en ce jour de tonte et de taille de barbe, j’ai eu la chance de recevoir de M. Patry, deux imprimés. Un :  « L’histoire de Sainte Adèle », rédigée parcimonieusement —un vrai notaire !— par un bon et brave prêtre. Qui verse volontiers sans l’écriture euphorique et  catholique. De l’hagiographie, ce qu veut dire « tout le monde il est beau, tout le monde il est bon ».

C’est, disons, candide, propagandiste et, ma foi, un tantinet embarrassant. Il évoque, par exemple,  le fameux caractère acariâtre et emporté du Curé « politicien » Labelle mais comme en s’excusant d’oser le révéler. Je souriais souvent.

Il n’y avait donc dans ces laborieux et durs commencements de nos villages laurentidiens (sic) que des âmes pieuses, toutes dévouées aux autres, des travailleurs au zèle incommensurable ! Bref, de très exemplaires « bons catholiques » selon l’expression de jadis.  C’est un livre d’avant nos progrès, notre modernité, nos conforts (et nos désordres certes ) avec ce que tout cela peu comporté d’aveuglement. Silence de convenance donc sur les graves misères, qui furent sans doute réelles, et qui sont évoqués rapidement (comme en passant et avec lyrisme) ici et là. L’auteur en soutane —il écrit dans un bon style, ancien et très correct— tente de gommer le plus possible les labeurs surhumains —agriculture maigre, foresterie harassante car sans engins modernes— de nos premiers colons du Nord. N’empêche on lit ce court 150 pages —allez à la biblio— avec grand contentement. Merci M. Patry ! On imagine que partout dans le monde, à toutes les époques, les débuts d’un village, d’une colonie, voire d’un simple hameau devait exiger tous ces sacrifices parfois extravagants. Souvent,  épouvantables.

Le deuxième bouquin est un album. Que des photographies du village, plusieurs captivantes, essentielles mais, hélas  beaucoup d’autres plus banales et, ici et là, carrément insignifiantes. Choix trop mince ou amateurisme ? Comment savoir. Cet album —avec de trop rares photos hors du commun— a été imprimé et publié il y a quelques années seulement et pourtant il n’a rien de bien moderne dans sa confection. Les « légendes » explicatives sous les clichés anciens sont écrites sans grand talent, ici et là, parfois même accablantes d’ineptie, racoleurs à l’occasion.

Je suis reconnaissant à ce voisin du Barbier des sportifs, Chemin Pierre-Péladeau, de ses deux prêts. J’en suis sorti heureux. De cette monographie surtout, de l’album un peu moins. Cette littérature bon enfant m’a fait me souvenir de ces pieux livres de « prix de fin d’année »,  à l’école ou au collège. Un stock bien censuré et bien autorisé par ce haut clergé qui accordait —en latin du Vatican— et pas toujours, l’imprimatur. Ce « nihil obstat », qu’on voit en page de garde dans « L’histoire de Sainte Adèle ». Alias : droit d’imprimer sans se faire excommunier !

VU EN BAS DE LA CÔTE MORIN, FALARDEAU !

Il est vivant ! « Z » écrivait sur les murs l’ insoumis en Grèce sous les colonels-dictacteurs. Ah oui, rue Valiquette,  « Z » à Pierre Falardeau, la grande gueule, le perpétuel militant nationaliste,  enthousiaste et entraînant. Le cinéaste révolté, l’homme sans langue de bois, l’homme détestant la rectitude des hypocrites. Allez-y vite, car, oui, on peut le revoir vivre. Il est invité en images bien rythmées, rue Valiquette, dans une des salles de notre ami Tom Farmanian.

Ce  n’est pas un film cul-cul-la-praline, l’équipe  du long-métrage a rassemblé des tas de pellicules et de ruban-vidéo et en a fait une formidable courtepointe vivante, chaleureuse, sensible, douloureuse, aussi. Dépêchez-vous d’aller le saluer, ami lecteurs, de rendre hommage à un homme libre, aussi un  gaillard parfois très effronté et qui, à l’occasion, sacrait pour rien. C’était plus fort que lui, ex-p’tit gamin pauvre de St Henri-les-Tanneries.

Je vous en prie, je vous en supplie, amenez-y vos jeunes. Qu’ils sachent qui a été celui à qui, un jour, on dédiera une salle de cinéma. Ou un pont ! Ni Champlain, ni Jacques Cartier ne furent des ponts, n’est-ce pas ? Vous serez fascinés comme moi —et amusés aussi— de voir nos grands questionneurs à l’ouvrage pour lui percer la carapace au Pierre—Grande—Gueule.  Le Richard Martineau qui se fait rabrouer et raide et qui en restera muet, désarçonné. Ma chère Denise Bombardier tentant de rapporter la honte de maman-Falardeau qu’elle dit avoir rencontrée, le cinéaste de « 13 FÉVRIER 1837 », rigole et la traite de menteuse. Voyez aussi mon cher Paul Arcand qui ose: « Ce personnage que vous jouez… », Falardeau éclate d’indignation. Enfin, voyez madame Péladeau, Julie (co-financière du film courageux , qui s’écroule de surprise entendant Pierre-le-culotté avouer : « J’suis venu ici pour le fric à gagner facile. » Le sommet de ce court bloc-entrevues ? L’illustre Bernard Pivot —Apostrophes— voyant le mépris du pusillanime, archi prudent et carriériste J. Gobbout, lira alors un solide texte de Pierre et s’en épatera. Un extrait de « La liberté n’est juste pas une marque de Yogourt. »

Il nous est permis aussi, rue Valiquette, d’entrer chez lui. D’admirer sa jolie épouse ( sa collaboratrice souvent), ses trois beaux enfants— Jérémie qui pleure sachant le cancer s’attaquant à son père—, lui, Pierre, en marcheur à bâton, en skis, bref, de voir un homme qui avait sa vie ordinaire comme tous et chacun. À mon avis, ses parodies du pénible colonisé d’ici avec son « Elvis Gratton », n’aidaient pas la désaliénation collective, trop exagérée, nos colonisés ne s’y identifiaient nullement. Mais on voit la belle Céline Dion en avion, avec René Angélil, qui nous révèle qu’elle en rigole et volontiers. Un sacré bon moment de cinéma. Une histoire extrêmement triste à la fin, mourir à 62 ans, mourir avant d’avoir vu naître ce pays pour lequel il se battait sans cesse.

SMOKE MEAT, TYMBALES ET CADEAUX

Il y a peu, ces beaux jours en guise d’été indien en retard. La rue Bernard pleine de dîneurs aux tables de ses terrasses. Bonheur des yeux. On y alla, Raymonde et moi, un midi, pour le croque-monsieur de la Moulerie, un autre midi, pour le cher smoked meat de Lester, ses cornichons à l’aneth. Invités à souper à Mont-Royal sur Simcoe Circle chez l’ex-cynique, grand sec d’Orléans, André Dubois, mon amoureuse cherche un présent à offrir à Mimi divine cook. Elle file vers ce magasin de cadeaux pas loin de chez Lester. Que d’offres cocasses là ! Un lieu féerique. Un caverne d’Ali Baba ?

Le soleil donc. Partout. Courses…au marché si varié des Cinq-Saisons puis à la banque. Aussi à cet autre magasin-à-cadeaux, sosie du Mille-Feuilles de la Laurier, une papeterie inouïe côté sud de Bernard. Encore là, vaste choix aux rayons garnis d’inventions légères pour cadeaux divers. Dont un des  jeux de société de mon designer de fils, Daniel.  Des tablettes débordantes aux joyeuses inutilités bien agréables. Embarras du choix toujours et toujours, dehors, ce soleil d’été étonnant !

Qui va là, square Madeleine-Ferron ? Est-ce bien mon Tit-Louis, lui qui était avec nous tous au 42 Avenue des Pins en 1948, l’annexe de l’École du Meuble. Où il tambourinait sans cesse. Sur tout et sur tous. En maniaque fervent des rythmes. Eh bien, prévisible, Louis deviendra « le » célèbre timbalier —éméritus— de l’OSM. Louis Charbonneau, aujourd’hui retraité, a gardé même visage et même sourires. Je passerai acheter magazines et journaux chez l’aimable maghrébin-québécois en sous-sol du Manoir d’Outremont. Je donnerai de mes livres à Claude, la bibliothécaire du lieu et aussi on petit-déjeunera avec mon cher beauf’ Jacques, tous ravis de ce répit à jours chauds.

Outremont comme un village. Lieu familier où l’on est bien, d’où nous vient ce bon petit bonheur ? Urbi bene ibi patria, disait les pages roses du Larousse : où on est bien, là est la patrie. Ah nos petites patries en cours de vie ! Je me suis souvenu —vacances d’antan— les si belles longues blanches plages du New Jersey, jusqu’au Cap May, et, pourtant, au retour, le contentement très profond de retrouver sa petite géographie familière. Aller à Paris, métropole si fourmillante visuellement, si riche en décors historiques et puis, au retour, éprouver le bon grand bonheur de retrouver son monde, ses vues, ses familiers contours du quartier où l’on vit, adopté. Même chose si tu vas à Londres, tu as vu les berceaux de tant d’histoires nous concernant souvent tant de monuments célèbres mais, revenu chez toi, c’est la très grande satisfaction. À Rome aussi, tu peux voir les antiques sites du temps d’un vaste Empire disparu, des trésors architecturaux fabuleux, et, revenu at home, tu te sens si bien, si heureux.

Ma parole, le vieux poète, Louis de Ratisbonne avait donc raison ? On lisait : «  Nulle terre n’est si douce que la terre où nos sommes nés ». Faut le croire ? Et mon grand Dostoïevski, exilé un temps, qui déclarait « qu’il n’y avait pas pire malheur que d’être apatride ». Vrai aussi ? Mon fier camarade, Dany La ferrière —Prix Médicis à la boutonnière— ne cesse-t-il pas de gratter son grave bobo haïtien ? La fuite. Enfin, le soir restant chaud, on s’attable au «plus que parfait » Petit Italien et on a vu Martineau-l’excellent-tireur-fou (et franc) en actualités qui minaudait avec une belle enfant, pas loin, Pierre-Karl Péladeau, lui aussi avec une jolie fillette, et tous les passants, rue Bernard, souriaient à cette inattendue pause d’avant les neige

LE TEMPS ET RIEN D’AUTRE, M’SIEUR AZNAVOUR ?

Soufflant un peu entre des sacs bourrés de feuilles mortes, voilà Barak, écureuil noir du coin faisant l’acrobate agile, Raymonde a suspendu sa mangeoire à graines, il rôde, nos mésanges s’énervent, je le chasse, il revient sans cesse, finit par me cracher : « Serais-tu capable, jasminovitch, d’une chronique entière sans un seul  point ?,  on me connaît, je m’y jette :

d’abord pour signaler un bien goûteux « resto provençal », Chemin Péladeau juste au pied de la SAQ, aussi un autre, aussi bon marché le midi, chez « Luciano », quartier Mont-Rolland, qui me rappelle « La Chaumière », lieu cher disparu, angle Richer, printemps de 1970,  et, sur sa terrasse côté lac Rond, rencontre avec le grand-manitou-des-programmes à TVA, l’ex-crooner Robert L’Herbier qui m’appréciait hénaurmément (!) en écrivain-chroniqueur, le big boss m’avait (très) généreusement offert de me transformer en tout-puissant anchorman à son ultra populaire Canal 10, mais, à quarante ans, père de deux enfants, ma frousse du free lancing, du pigisme, je m’incrustai au Canal 2 en fonctionnaire fédéral, sous haute surveillance comme je le racontais au Canal 4, à Rosette Pipar de Cogeco, je me savais estampillé security risk et hugly separatist par les Trudeau paranoïaques, du genre à foutre en prison-Parthenais le grand poète de Sainte Agathe, Miron, adieu donc à ce pont en or et, sept mois plus tard, ce sera la police chez moi, à une rue de la Prison de Bordeaux, pour vérifier l’état de ma fournaise (hum !), plus tard, les plaques de vélo de mes deux jeunes (hum !), j’étais candidat échevin dans Ahuntsic pour un parti ouvriériste, le FRAP, et, en médias, Jean Marchand, chef syndical défroqué et politicailleur névrosé, criait : « Le FRAP est la façade des terroristes du F.L.Q. », bang ! annulation de toutes nos réunions de cuisine, nos Montréalais vissés aux petits écrans, le Jérôme à Boubou-pas-de-culottes, Choquette, ministre de la Justice en cowboy fou, the gun in the belt, enfermé au Reine-Élysabeth, gueulant : « Faut faire bien attention d’être juste aussi avec la pègre », quelle page d’histoire hein ?, Drapeau le maire mégalo jappait aussi : « Ce FRAP élu, le sang va couler dans les rues ! », Pierre Laporte égorgé rue Armstrong à Saint-Hubert (on a jamais trop su comment) et puis les rats-de-la-cave-de-St-Marc mis en tôle, le calme revint, je ne serai pas échevin —adieu enveloppes brunes, trois ans passent, joli printemps de 1973, ma Raymonde entre un Lautrec-show et quoi encore ?, voit une pancarte « à vendre » à une rue de « La Chaumière », veille modeste maison, centenaire, au déclin de bois bombé, tout bosselé, l’herbe très haute partout, proprios en proie à la maladie, pour 25,00 tomates, Raymonde, jeune réalisateure de télé pas riche, cassa toutes ses tirelires, alla à sa Caisse de Radio-Canada, achetait ce qui sera… notre nid d’amour ! Fin.

« Ça y est, j’ai dit, je l’ai fait, Barak. Pas un point ! » La bête eut l’air satisfait.

PIVOTANT, CUL SUR CHAISE

Jadis, nous avions même peur de son enseigne lumineuse, poteau rouge et blanc à l’axe mobile qui signifiait pour « les pissous » : danger-barbier.

Ah, nos frousses du coupeur de cheveux, bambins, rue De Castelnau ! Mais, je garde bon souvenir du jovialiste aux ciseaux virevoltants, rue Roy. Ici, mon barbier, depuis la retraite des frères Lessard, « tient salon » Chemin-Pierre-Péladeau. Étonnant bonhomme Racette à son Salon des sportifs, entendre « sportifs assis » devant le téléviseur. On entre en son repaire décoré de cossins colorés comme on entre à une taverne familière. Y opère aussi Racette-fils, notre fidèle et fiable échotier au journal.

Si vous allez rue Jean-Talon, angle Drolet, vous verrez un Figaro italiano et, à ses murs, des murales signées par feu mon papa ! Mas chez papa-Racette, c’est de géantes maquettes de terrains sportifs, football, baseball, hockey ! Un musée. Il y en même suspendues au plafond. Des reliques aussi, tels ces sièges peints de numéros, bancs mis à la retraite, dévissés de chez les bleus ou les rouges. Le hockey y a prédominance, c’est entendu et moi qui ne joue à rien, sauf de mon clavier de I-Mac, qui ne sait ni les noms des vedettes millionnaires, ni les noms des villes qui matchent avec ceux des clubs, je m’y sens pourtant à l’aise. C’est que l’intello autodidacte -j’ai un secondaire-5 faible- que je suis a de profondes racines populaires. Cette ambiance décontractée, c’est celle des adorateurs de la sainte flanelle, du temps d’un oncle admirateur  fou de Georges Mantha, du temps qu’un prof de petite école ne jurait que par nos Maroons, du  temps d’un voisin villerayien qui montra ses dons à l’Aréna-Mont-Royal, rue Mont-Royal et Saint-Laurent. Démoli depuis.

UNE ÉGLISE ?

Quand j’entre chez Racette, en son église bleu-blanc-rouge, j’entre en enfance, j’entre en 1940, j’entre dans mon chandail des Habitants du vieux Forum, dans mes gants de cuir salis, dans mes jambières de goaleur, trouvées dans les vidanges, rue Drolet ! Ce Salon des sportifs est fréquenté autant par l’exilé du Royaume, le devenu adélois, Réjean Tremblay que par le bavard de CKAC, l’ex-camarade, verbalisateur incontinent, le drôle Ron-Ron-Ron Fournier.

Chapelle ardente donc, gare aux iconoclastes de mon espèce, aussi je me tais, j’écoute -avec mes mauvaises oreilles- et je m’instruis. Le patron, un provocateur, cherche parfois à tester la solidité de mes gonds…mais bibi -pas fou- n’en sort pas souvent.Je résiste et si, soudain, je m’emporte par distraction, il rit, lève ses peignes en triomphe, coupaille de l’air, cisaille du vent, jouit, glousse, gras chat noiraud avalant sa souris !

On imagine bien que ce « salon » n’est pas un « salon littéraire ». Poli, le pape Racette, secouant un tablier, me dira : « M’sieur l’écrivain nous mijote quoi ces temps-ci ? ». Mais je vois bien qu’il surveille les images de ses deux grosses télés en quête -chers réseaux-des-sports-d’une nouvelle. Des clients parlent gras ou jasent cru, d’autres restent, intimidés, silencieux comme carpes. On y voit défiler, mon vieux Balzac,  avocat ou notaire, médecin ou ouvrier, député -le ré-élu Cousineau affable, rieur et attentif. Iront le plombier (salut Groulx !) ou l’électricien (salut Filion !), le gras crésus (Lupien, mes saluts !) et le simple déneigeur (Tchao, André !).

À L’ORATOIRE SAINT-RATELLE !

Je garde donc le silence -« qui est de mise aux marquises », cher Brel- je m’instruis via le pieux et dévôt bavardage des passionnés, on est à l’oratoire Saint Racette !  Pas de vitraux, que cette panoplie photographique, tapisserie de regards dont feu Pierre Péladeau-le-fidèle. Autour de P.P. les binettes des héros. Toe Blake ou Elmer Lach, le cher « oublié » de Ron, Butch Bouchard ou Guy Lafleur…chevelu ! Nommez-les, ils y  sont tous, souriants ou feignant la gravité, mâchoires serrées. Pendant la taille mensuelle du blanc barbu que je suis devenu, je saisis que cette église nationale sportive ne va crever bientôt, de génération en génération, il y a une vraie continuation. Des idoles, il n’en va pas autrement chez tous les Figaros, de l’Italie à la France ou l’Espagne. Ces dieux-à-la- petite-semaine servent de compensation à la déception des destins communs. On maudit le perdant et on vénère le vainqueur. Nos cheveux tombent autour des sièges à pivotements et c’est la lueur, l’espoir, « la coupe » est la cible, le saint, graal, le grand but, le phare.

CE CHEMIN PIERRE-PÉLADEAU ?

      Je vois son nom désormais, il a un chemin à son nom. Parler souvent de quelqu’un qui est mort c’est le faire revivre sans cesse. Roulant sur la 117 vers Saint-Jérôme, notre capitale (régionale), je vois des tentes, des ballons. Je songe aussitôt au gros party annuel de l’adélois Pierre Péladeau. Fête géante en été, qu’il aimait organiser pour « son monde ». Que de belles et bonnes heures passées là, au bord de la rivière, invité car « ancien » rédacteur. Comme René Lévesque, Marcel Dubé ou Bourgault etc.

         Quand je lui dis à un de ces fameux pow-wows : « Pierre, vous ne craignez pas la construction de blocs de condos sur votre rivage  d’en face ? Il rigole : « Non, aucun danger, j’ai pris des options sur tous les terrains de cette rive ! » J’entends encore l’éclat de ses rires, sorte de gloussements à l’étouffé, le rire des timides ?, en tous cas gargantuesques ! Je m’ennuie du bonhomme. Un sacré bonhomme.

     J’ai connu ce diable d’homme, culotté courageux, affairiste audacieux, et malin. Rare chez les nôtres, un entreprenant sans vergogne, c’était au temps fou de la Crise d’octobre en 1970. Je me cherchais de l’espace pour chroniquer. Ayant quitté La Presse (1967), ensuite voyant agoniser Québec-Presse (1969)  (les syndicats n’y croyaient, diminuaient le financement)  et puis le Sept-Jours (1970),celui de Bernard Turcot, au bord de la faillite aussi, je souhaitais « le grand public ». Donc  je visais le jeune quotidien de Pierre Péladeau.

 

UNE TRIBUNE POUR LE FUTUR ROI ?

      Rue Papineau, juste en face de L’Immaculée Conception (!), le P.P. d’alors y avait vaste bureau mais en un local tout modeste. Avec tribune surélevée ! Oui, pour le hausser. Besoin de puissance inavouable ? « L’empire » débutait tout doucement, bien lentement. Je lui vante l’idée d’un magazine et lui fait voir « ma » maquette. Lui : « Non merci, les nôtres n’aiment que le journal et tabloïd. Un magazine ? non, ça ne prendra pas par icitte ».   

       Bon. Je rentre dans ma houache de décorateur bien bredouille. J’irai volontiers écrire au « Point de Mire » de Bourgault, je devinais qu’il y aura là aussi, une autre faillite. J’y ponds un long article fustigeant cruellement la légèreté imbécile des « canards » radio-télé de Monsieur P. Mon directeur, Jean Côté (de Point de Mire), avertissait Péladeau qui, discrètement, finançait l’hebdo de Bourgault. P.P. : « Publiez. Pas de censure. Publiez, ça va juste fouetter mes gens ! » Le cher financier fit d’avantage encore : il me convia à son domaine adélois pour rencontrer tous ses rédac-chefs. Grand caucus et c’est lui, P.P., avec tablier sur la bedaine qui prépara et servit lui-même un énorme spaghetti.  Sauce « sans » viande, viande à chien, Donalda ! Point-de-Mire tomba à son tour faute de lectorat. Revenant à sa tribune, rue Papineau, le patron m’offre dare dare deux grandes pages dans son hebdo, alors ultra populaire, Échos-Vedettes. Ensuite, Charron, son jeune employé le quitta, fonda son magazine, connut un vif succès et, jaloux, contrarié, P.P. fondait son magazine, « Montréal ». Qui connut aussitôt l’échec. Le « boss » finira par acheter la publication de Claude Charron.

 

365 CHRONIQUES PAR ANNÉE !

       Et moi -j’avais insisté sans cesse- j’entrerai enfin au Journal de Montréal. Cela de 1971 à 1976. Un FAMEUX HAUT-PARLEUR « de tous les matins » pour communiquer avec les foules laborieuses. J’ÉTAIS RAVI ET ME MOQUAIT BIEN DU SNOBISME DE MES BOUDEURS INTELLOS, RESTANT EUX, SANS AUCUNE TRIBUNE. Ce sera donc mon entrée dans cette famille grouillante et parfois populiste, baptisée Québécor. Cela allait s’agrandir sans cesse avec des achats d’imprimeries.

       Je revoyais un peu plus souvent « cet ami » -qui savait tout de même, art difficile, tenir les gens à bonne distance lors de lancements, de fêtes. À Sainte-Adèle comme en ville.

      Il aimait mes effronteries -« T’es un voyou, toi,  au fond  non ? »- il me le disait. Il était l’ennemi des façades, des niais salamecs, de la rectitude, des mensonges calculés, des honneurs frelatés, des glorioles imméritées, des  politesses obligées, des faux-grands-airs. Lui -le voyou d’Outremont ?-, le petit « vendeur de sapins de Noël, restait sobre, frugal quand on l’a dit pingre. Par exemple, l’apercevant au vraiment « mini » « Petit resto », rue Valiquette, je lui lance : «Mais Pierre, que faites-vous ici, un riche millionnaire ? » Il rétorqua : « Viarge, c’est simple Jasmin, c’est bon et c’est pas cher ! »

       L’homme collaborait à des œuvres, sans le dire. C’est lu qui offrait, geste généreux, les Feux de la Saint-Jean à mon ami Pierre, le maire Grignon. Ayant su la vente proche d’un petit temple protestant Chemin Sainte-Marguerite, (pas encore « son » chemin) à changer en discothèque, il en fit l’acquisition, y présenta des concerts et des expos.

 

APOLCALYPSE PÉLADEAU ! 

     Parfois, je peux entendre au dessus du lac Rond le fracassant ronronnement d’un hélico ( ô Vietnam !), et je revois les passages de P.P. jadis, pour promener sa « vézite » des dimanches ou quand il allait -ou revenait- à son « château de verre », son «  temple » de la rue Saint-Jacques, à  sa-tour-sans-ivoire », face à celle de l’ex-Bourse, Place Victoria. Il était loin le bureau de la rue Papineau et sa ridicule tribune, loin aussi la nouvelle « centrale », en face d’une poissonnerie estimé, rue Roy.      

         Non, à partir d’un certain temps, Maître Péladeau s’accorda des espaces valorisants, prestigieux, mérités. Le rond petit laideron qui débuta à Rosemont -où il fit ses débuts en hebdos-  québécois rare, nationaliste multimillionnaire,  n’irait plus aux misérables locaux d’Ahuntsic, le long de la track où je livrais mon « papier » quotidien.  Un jour, il fit construire tout au bout de l’Avenue du Mont Royal, en vaste et solide.

      C’est dans « sa » tour moderne que je fis la rencontre de deux de ses « dévoués ». L’un, devenu noble vieillard, était son fidèle de très longtemps et régnait -un peu. P.P. était fidèle à ses premiers encourageurs. L’autre conseiller était un fringant jeune homme, rigolard, -P.P. estimait l’humour. Il lui servait de relationniste, de tamis aussi, on imagine les nuées de quémandeurs pour un « empereur ».

    Un soir, généreux buffet à la brasserie Molson, rue Notre-Dame, le voilà soudain seul et c’était rare, je lui tire la manche : « Que faudrait-il encore pour « le bonheur parfait » à un homme tel que vous ? » Il cligna des yeux comme à son habitude :  « Jasmin, « le bonheur parfait », ça n’existe pas. Je n’y ai jamais cru et mon bonheur ordinaire vient de là. » Il fit trois pas et, vite, il y eut vingt courtisans. Qu’il  n’écoutait que d’une oreille. Comme toujours.

 

TROP ?

Oui, oui, trop ! Comme pour la Finlande ou la Norvège, Québec est un petit pays. Sous la loi universelle dite « des marchés », on offre « trop » et on demande bien peu ! Drame pour les créateurs des petits pays —je parle en termes de population car un « petit » pays peu être grand. Terrible : le manque de public. Entendez-vous les pleurnichages ? La télévision, le cinéma, le théâtre, la danse moderne, la littérature, ça râle : « S.O.S ! On veut des sous, on veut du soutien, on va étouffer ! »

Prenons un gros pays, les États-Unis, ou un moyen-gros, la France. Moins de « chiâlage », moins de quémandeurs perpétuels car ces pays peuplés arrivent à amortir leurs dépenses en télé, cinéma, etc. Prenons au hasard une série télévisée comme « 24 h. chrono » qui doit coûter —au moins des moins— un million US. Télé-Québec l’a obtenu obtiendra à combien ? Pour un petit $ 100,000$ ? Une aubaine imbattable. Là-bas, cette série a été payée et très complètement, elle a rapporté un trésor en publicités. Donc ces « sous » versés des petits pays, c’est du « surplus », un profit pas du tout nécessaire pour les producteurs des USA.

  Ces aubaines inouïes font que la culture populaire étatsunienne se répand comme lierre dans le monde entier, un colonialisme, involontaire, inévitable, qui fait que personne ne sait en quoi consistent les « parfois » excellents produits culturels d’ailleurs en télé, cinéma, etc. Totale ignorance de faits culturels réussis par Finlande, Suède, Danemark, Mexique (un voisin ! ), Portugal, nommez-les. Qui fait aussi que dans ces petits pays —tel le Québec— le public n’est envahi que des créations des gros, des États-Unis avant tout. Colonialisme culturel évident, aliénation malgré nous. On saisit qu’il faudrait des gros sous —et une volonté de diversité, inexistante hélas, pour que les « petits » versent des argents pour la traduction de leurs pairs.

Alors l’ignorance regrettable des uns et des autre règne partout jusqu’aux pays de l’Europe de l’Est. Là aussi il n’ y a de « bon bec » que d’Hollywood ! Navrant vous dîtes ? Et comment !

Ainsi nos lamentations nationales continuent, pas un matin sans devoir lire les pleurnicheurs : « Pitié ! On manque de moyens ! Au secours ! » Un fait têtu, reconnu, existe : le Québec est une formidable creuset producteur de créations diverses.

Que faire ? Une Céline Dion partait à Paris, puis à Las Vegas. Le Cirque du soleil ? Idem. Robert Lepage aussi; nommons-les. C’est donc l’exil imposé aux forts talents. De très grands talents québécois —en danse ou en peinture, etc.— n’ont pas de gérants débrouillards et ambitieux, un Laliberté, un Angélil. N’ont aucun ni contact, ni réseau, aucun moyen sérieux. Ils végètent, piétinent, s’assèchent, se rapetissent et se lassent de batailler. Se retirent carrément. Nous perdons sans doute, chaque année, de prometteurs talents changés en créateurs découragés. Fatalité des petits pays !

De là ce « trop » de mon titre. De là les incessants appels au trésor public pour « davantage de subventions ». Mais un petit pays n’arrive pas à soutenir —malgré la fine pluie des subventions— ce vaste cheptel. Ce mot car on constate tout un troupeau le bec ouvert en vain vers tous nos conseils-des-arts impuissants face au nombre. Voilà que des rouages —voir l’affaire Shaw-Péladeau— se grippent, s’enlisent et des créateurs doués, écartés des subventions, crient à l’injustice. On verra un étonnant « refus de subvention » à un Denys Arcand malgré sa notoriété, ou bien au « grand voyageur » surdoué, Lepage. Au fond des choses : tous prisonniers d’un « petit pays », tous dominés par la machine USA.

Rien à voir avec du « primaire-anti-amerloques ». Une évidence : les créations de l’hyper-puissance sont parmi les meilleures. Il n’en irait pas autrement si nous étions des centaines de millions au pays. Ce succès indiscutable des USA fait tourner la roue nommée « vedettes », « superstars ». Cercle vicieux inévitable. Qui sont les victimes ? Toutes les autres cultures des petits pays. Seuls des talents vraiment hors du commun, exilés, percent. Rares. Plein de jeunes candides aspirants, par hordes, s’en vont au sud pour cogner longtemps aux portes de la célébrité. Cela, avant de devenir waiters dans une pizzeria californienne ou dans un coffe-shop de Manhattan. Qui oserait dire à nos créateurs : stop ? Inventez moins, pas trop, il n’y a pas assez de demande au Québec. Un seul exemple, d’un monde que je connais mieux, la littérature : pour un écrivain édité Paris, dont le stock, imprimé en France reviendra par container s’offrir chez nos libraires, il y a plein d’auteurs qui piaffent d’impatience. Car si on lit moins en France (55 millions) comme partout ailleurs, ce fait mondial fait beaucoup, beaucoup moins, de lecteurs dans un petit pays de 7 millions ! Trop donc ? Oui. Il se publie ici, chaque semaine !, quelques nouveaux romans. À mes débuts dans ce drôle de métier, en 1960, il ne paraissait pas toujours un roman par mois !

RUMSFELD FUIT ET CASTRO MEURT ?

Pour ne pas mourir idiot, je lis des cahiers « affaires », bien ficelés le plus souvent et j’y glane des informations étonnantes, éclairantes, me faisant découvrir « la dure réalité à étreindre », selon l’expression du poète Rimbaud qui —adieu poésie— s’en alla brasser des « affaires » en Éthiopie du nord, au Harrar. Mais je lis encore bien davantage sur les actualités. Aux USA, le petit père Rumsfeld se sauve de la White House — la « Rome » contemporaine— la queue entre les jambes, adieu Pentagone chéri ? À l’affiche : « guerre civile » saignante en Irak bientôt. Alors milliards « en argent du peuple » gaspillés en vain.

Ces bombardeurs sur les deux tours de New York en 2001 ? Pas un venu d’Irak, ou de l’Afghanistan, ces kamikazes musulmans, fanatiques instruits, étaient originaires d’Arabie saoudite ou d’Égypte. Et Bush, qui le savait, envahissait l’Irak ! Eh ! 2007 s’annonce mal. L’écrivain-philosophe, BHL, avait publié (son livre sur le journaliste décapité, Pearl) : « Le Pakistan est le nid capital de tout ce qui se brasse. » Alors les clandestins à Le Caire, à Ryad et chez notre « autre ami » qui règne au Pakistan ? « Pas touche et on alla chasser les Talibans qui se regroupent actuellement, l’on partait capturer le dictateur Saddam Hussein ». Silence dans les estrades !

« Castro se meurt », qu’ils disent à Washington. Wishfull thinking ? Viennent de partir pour La Havane, rencontrer frérot Raoul, 16 parlementaires des USA, des amerloques parlables qui sont anti-embargos, anti-blocus. Plein de Jos Blow pourront aller se faire bronzer aux jolies plages cubaines « à bon marché » bientôt ? Quoi encore ? quoi ?, on jongle chez les conseillers futés de « La » Capitale-d’Occident à faire ami-ami avec la méchante SYRIE et le venimeux IRAN. Eh oui, car il y a « la » question vitale, le nœud gordien de toutes ces chamailles assassines: Israël. Faut donc « slaquer la poulie » aux araboïdes de ce proche Orient, permettre aux « forts » (Iraniens, Syriens) de mener le jeu en paix relative. Mais à Ryad-la-pourrie ça grogne de ce projet, vous pensez bien. Sunnites énervés par l’idée de ces Chiites rassurés, réunis et calmés. Hum…

Ô Palestine, enclaves, religions, factions, murs et colonies…là comme partout : la division. Hamas versus Fatah ! Querelles sans fin ? Eh Seigneur ! Des « frères ennemis ». Classique des classiques. Depuis les débuts du monde, vieilles lamentations depuis les premiers philosophes grecs ! Le monde ne changera donc jamais ? Tenez, rien ne va plus entre mon propre frère et moi, pénible public aveu que je fais là mais qui m’ouvre les yeux. Regardons dans nos cours hein ? L’amour est un beau projet monsieur Jésus le Nazaréen… que l’on fête de nouveau ces temps-ci… sans changer jamais. Ma honte !

Notre cour ? Ici, au Québec, le chef élu, John-fils-de Red Charet, échec total avec ses deux promesses :
1-régler la santé et,
2- diminuer la fiscalité.

Fin de mandat, sa note de bulletin ? Zéro. Pas grave. Faisons des élections en 2007. Et faisons de nouvelles promesses. À Ottawa ? Même affaire, même business, allons en élections en 2007. Et l’autre, le Boisclair, pas clair de noeuds, qui vient de proclamer avant de partir en congé : « Il faut soulager la fiscalité des entreprises ». Hein ? Quoi ? Signe avant-coureur évident quand on veut s’attirer le soutien (indispensable n’est-ce pas ?) des financiers, des développeurs, des entrepreneurs. Des bons gros bourgeois. La grande bonne foule ? Elle n’a même pas les moyens de payer des impots. S’en balance-t-elle de payer « moins » d’impôts. Tu parles, Charles ! Alors voter (vainement) pour Dame David ? Mais oui.

Je vous souhaite une bonne nouvelle année, lectorat bien-aimé. Et Bye-bye 2006 !

« Comment va le monde ? », titrait un auteur. Bin…ça dépend. Un voisin anxieux guette sa… fin, je le connais, l’aime, l’encourage. Moi je sors de la clinique de mon village, du bureau de mon toubib. « Examens positifs. Tout baigne, bravo ! », qu’il me dit ! Des ailes, j’avais ce midi-là dans le Chemin Pierre-Péladeau ! Saint-Pierre, son nom. Un vrai gardien de paradis çà. La santé pour quoi faire ? Pour écrire des chroniques, pour peaufiner ce neuf roman à publier en février (« Chinoiseries » chez VLB), aussi pour lire les bons livres des autres, voir du solide cinoche, de la télé captivante (si rare). ET…aimer mieux encore ma compagne de vie. Surtout cela. Pour aussi, rester informé, oui, ne pas mourir idiot. Enfin, souhaiter me rapprocher de mon frère unique. Je m’y engage. Sinon ? Sinon « farme ta yeule » sur les chicanes de la planète, sur la querelle entre Juifs et Palestiniens.

En primeur les lecteurs de ce blogue peuvent lire le premier chapitre du prochain roman de Claude Jasmin « CHINOISERIES » qui sera publié en février 2007 chez Sogides .
[ RÉSUMÉ: un enfant de six ans rêve d’aller en Chine retrouver un oncle en mission et l’enfant devenu un vieil homme malade se débat aux portes de la mort. ]

NOS JEUNES FELQUISTES : DES REBELLES IGNORÉS ? C’EST ASSEZ, ÇA SUFFIT !

Page d’histoire à rétablir

NOS JEUNES FELQUISTES : DES REBELLES IGNORÉS ? C’EST ASSEZ, ÇA SUFFIT !
CLAUDE JASMIN
Le Québécois, octobre 2005

Après presque un demi-siècle, persiste encore une sorte de honte niaise. On continue, hélas, hélas, hélas, le silence total sur des garçons qui hypothéquaient courageusement leur avenir, qui agirent absolument librement et sans aucun profit appréhendé. Qui résistèrent quoi, armés de manière artisanale tout à fait comme ceux de Saint-Denis ou de Saint-Eustache au temps de la guerre anticoloniale des débuts du XIX siècle.

Ces « jeunes gens en colère », qui entrèrent dans la clandestinité, ceux des débuts de 1960 comme ceux de 1970, sont des inconnus pour les jeunes générations. Ils méritent de la lumière, non ? Ils montraient du courage, une audace terrible tant somnolaient la majorité des nôtres, sauf au RIN de Pierre Bourgault. Ils prenaient, oh oui, des risques énormes. Ils allèrent, la plupart en prison, quelques-uns pour longtemps, et en exil, tel Richard Bizier. Ils furent vendus.pour de vrais « 30 deniers », bien sonnants et bien trébuchants, furent trahis par des Judas-Jacques-Lanciault ou bien capturés par une puissante machine de répression militaro-policière avec immense filet mis en action par les agents zélés du fédéralisme canadian et par leurs inféodés au Québec même.

Les rebelles de 1837-1838, ces magnifiques « Patriotes » sont au calendrier et fêtés chaque novembre. Conspués par le haut-clergé froussard face aux « bons maîtres », interdits de sépulture chrétienne, ils sont devenus, le temps passant, des héros incontestables. Plus d’un siècle a passé, c’est bien ça ? On grave leurs noms sur des socles, on rend de justes hommages à ces héros antimonarchistes armés. Qui tuèrent parfois. Pour la cause sacrée. Pour les jeunes membres du FLQ rien, c’est un silence qui a assez duré. De jeunes historiens québécois devraient désormais enquêter et publier sur eux. On découvrira, me dit-on, des « qui-ont-mal-tourné », et après ? Dans n’importe quel groupe de libération, toujours, il y a eu des héros qui ont mal vieilli. Durant la Résistance en France comme parmi les batailleurs de l’Irlande-nord. Pas vrai ? Nul patriote n’est tenu de mener une vie exemplaire après le temps des combats. Et vive la liberté! C’est banal, normal, prévisible que certains comportements héroïques ne s’accomplissent que dans l’urgence d’un moment d’histoire, non ? Il s’agit de faire cesser un mutisme louche. De cesser d’intérioriser de façon fort malsaine la vision haineuse de nos desperados selon les vues forcément rapetissantes des ennemis de notre patrie. Je souhaite – et j’ose croire n’être pas le seul – mieux savoir qui étaient ces jeunes gens qui firent trembler pendant des mois, certaines années, les puissants et les assistants passifs de notre DILUTION ORGANISÉE. Tenez ces deux mots. Ils résument clairement ce qu’est l’Histoire du Canada. Cela depuis le goddam Durham jusqu’à la maudite tromperie faussement nommée : confédération.

Au temps des premiers bombardements felquistes, travaillant comme scénographe au « réseau français » (réseau tant craint par PET) de la CBC, je me souviens fort bien des mines d’enterrement de la riche English section de la dite Boadcasting Corporation, boulevard Dorchester à Montréal. Crispations partout. Énervements subits. Suspicions virant à la plus folle des paranos dans les couloirs, les bureaux et les salles de réunion. On peut imaginer les semblables désarrois ailleurs, à Ottawa comme à Toronto. Noyautage du personnel par des agents de la Police Montée déguisés en cadres. « Le cadre », petit, moyen, supérieur, c’est si pratique comme camouflage policier.

Ce fut un temps de panique, d’agitation bureaucratique allumée par ces quelques jeunes résistants impatients. Bombes donc ici et là ! Posées par qui ne croyaient plus aux faveurs d’une bien lente démocratisation entre les « deux solitudes ». Ainsi le Big Brother (et Big Boss) ce sinistre bloke, Gordon, proclamait scandaleusement que les Québécois, tous, n’étaient pas assez compétents pour obtenir la moindre promotion dans les grandes compagnies, publiques ou semi-publiques. Ainsi, soudainement, voici que des bombes éclataient, sans cesse, et voilà que nous pouvions lire (dans La Presse comme dans Le Devoir) des « avis de promotion » inouïs. Tiens, tiens ! Subitement les Québécois avaient des talents ! Brave et bonne conseillère, la violence ?

Quand les felquistes furent mis en cellules pas un seul de tous ces « frais promus » eut l’idée normale d’envoyer au moins des oranges ou des chocolats à ces très jeunes hommes enfermés en pénitenciers ! Oh, les ingrats. C’était de leurs actions intrépides, de la peur, que survenaient leurs neuves fonctions importantes, leurs nouvelles grosses gages. Ces jeunes garçons du FLQ avaient réveillé ces racistes francophobes, bonzes à clubs privés interdits aux nôtres, bonzes du Golden Mile, mandarins racistes des establishements. C’était donc la frousse-au-cul de ces damm blokes qui venait de permettre – à nos compatriotes doués – la fin du mépris raciste anglo et d’avoir droit à des postes de directeurs, de gérants, de surintendants, de directeurs, de vice-présidents. Ah oui, une belle bande d’ingrats ! Ou bien ils étaient tous des innocents, des mal-politisés, des aliénés à plaindre, des désinformés, des polis esclaves habitués aux reconnaisances très tardives. Eh oui, pas une seule orange donc dans ce temps-là. et, en 2005, pas encore un seul nom de ces résistants armés, nulle part, dans aucun manuel scolaire d’histoire, pas une seule mention à aucun anniversaire . anniversaire qui pourrait souligner « un tout-petit-peu-au-moins » les bénéfices cueillis à cette époque par les nôtres.

« Oui mais il y a eu des victimes innocentes », me dit-on aussi. Inévitablement. On n’a qu’à lire un peu à propos de tout mouvement d’émancipation, de révolte. Au Mexique des Zapata, des Bolivar comme aux jeunes Etats-Unis de 1776, il y eut des victimes, on peut citer mille villes et/ou pays, n’est-ce pas ? Il faut être d’une candeur rare pour imaginer une lutte, un combat armé et souhaiter qu’on n’y trouve aucun sang versé. Oui, il y a eu, hélas, cette dévouée simple secrétaire chez La Grenade Shoes, cet étudiant, kamikaze sans le vouloir, jeune et maladroit porteur de bombes sous Vallières et Gagnon, l’étudiant Corbo, 18 ans. Et cet agent de police devenu hélas handicapé, hélas aussi ce malheureux concierge, M.O’Neil, gardien d’une caserne militaire une certaine nuit de bombe. Et puis, il y a 25 ans maintenant, événement traumatisant, un député-ministre libéral, Pierre Laporte.

J’en oublie ? C’est possible. Encore une fois, cette partie de NOTRE histoire, gênante pour les timorés, qui est tue, cachée, doit désormais trouver de l’éclairage. Ces batailles, rarement meurtrières, devraient faire partie des manuels scolaires, sans aucune espèce de honte, avec vérité. En montrer avantages et désavantages, oui, ces graves inconvénients via la répression. Blocages de promotions pourtant méritée, mon cas à trois reprises à la SRC quand j’étais security risk n’est-ce pas, comme Gérald Godin, ou un Norman Lester, il y a pas longtemps. N’oublions jamais les ordres « implicites » de PET à la RCMP d’où vols des listes du PQ, (vraies) bombes, (faux) communiqués felquistes, incendiât de grange.

Oui, il est urgent maintenant qu’un chercheur sorte de l’ombre ces vaillants jeunes défenseurs des nôtres injustement enterrés vifs. Nous souhaitons ce (ou cette) amant de lucidité, de franchise. Que ce sain travail d’histoire normale se fasse dès à présent, presque 50 ans après les premiers gestes du FLQ. Ils sont des faits notoires. Facile à dénicher cette part d’histoire dans les archives des journaux. Maintenant pour rendre justice mais aussi pour faire enrager et nos adversaires néo-rodhésiens (1) et néo-chiens-couchant. Qu’ils en bavent ceux qui, salauds finis, inventent la nocivité et l’inutilité des actes terroristes en vue de notre liberté totale. Personne n’insulte la mémoire de M. Begin qui fut, lui aussi jeune, un fort actif terroriste aux aurores de l’installation de la patrie juive.

L’autre qui me dit aussi : « Oui mais le raciste Speak white montréalais des Square Heads, si insultant, on ne l’entend plus. Tout a changé maintenant, non ? » Je répond : raison de plus de revaloriser les premiers jeunes combattants de notre lutte d’émancipation. Ils furent héroïques, il ne faut plus craindre de le dire, de vanter ces gars-là, de narrer leurs actions illégales mais non « illégitimes », dans nos livres d’histoire. Seul le regard méprisant de nos vieux agents d’assimilation, celui des foremen de nos pères soumis, nous empêchant de crier : « Honneur à vous premiers combattants du milieu du 20ième siècle ! ». Et l’autre mal-décolonisé, aliéné qui me dit encore : « En 2005, pourquoi reparler de ces années noires ? » Parce que « je me souviens », parce que relater ce passé récent, c’est exactement le rôle de l’historien. Justement, en 2005, il faut en parler, il faut inscrire les faits, la courageuse action entreprise quand il y avait encore, malgré les promesses des quatre « L » (Lesage, Lévesque, Lajoie, Laporte) trop peu de progrès, et, partant, trop peu d’espoir. Les âmes délicates, les bons-ententistes à tout prix, les effaceurs des faits gênants, les révisionnistes patentés, tous ces cornichons frileux et hypocrites, ces carpettes de l’axe anglo-américain, ces lamentables cocus-contents, vous verrez, vont se pincer le nez, l’auriculaire en l’air, « Quelle horreur ! Ces bombes, pouah ! » Ce qui va ravir les anciens patrons blokes et leurs courroies dociles en fédérastie.

Au moment où le vaiseau coule, au moment où les rongeurs fédérats (afflublés du beau mot de créatifs publicitaires) se sauvent, se cachent.c’est bien, non ?, le bon moment de louanger des jeunes gens impétueux, d’un courage édifiant, et, je le répète, qui hypothéquaient leur avenir complètement. Agissant pas pour gagner des sous ô Juges Gomery de la terre, mais pour effrayer des racistes sourds à 85 % de la population les environnant; ce qui était un racisme québécois à la sauce « Afrique du sud » !

À partir de maintenant, de cet appel, j’ose espérer la rédaction généreuse d’une personne du monde des historiens. Justice sera enfin rendue. Un malodorant silence enfin brisé. Un tabou bien con enfin démoli. Tout un pan de notre histoire, celle de nos jeunes felquistes, n’a absolument rien de honteux.

Cette honte que la gent bien-pensante, languedebois-parlante, nous ordonne de nous taire sans le dire, elle fait exactement le jeu de nos dominateurs. Y compris le jeu de la horde des méprisables libéraux à commanditaires stupides, à vagues de pavillons unifoliés. Et le jeu des valets ottawaïens, des rois-nègres serviles, à la Georges-Étienne Cartier, le vire-capot, ou à la Louis St-Laurent, le tergiversationnaliste, ou encore à la PET-Trudeau, le jetsetter apatride et déraciné, enfin à la Jean Chrétien, cet ignoble Janus (à deux et quatre faces) le pire de notre histoire.

Eux tous et bien entendu de mèche avec nos adversaires les noyeurs intéressés de nations souveraines, les installateurs zélés de mosaïques et du multi-cul. instrument si pratique pour nous diluer au plus tôt : qui ?

Nous : les trop longtemps endormis Québécois bafoués, nous, la trop patiente naguère MAJORITÉ INVISIBLE, nous, les anciens mollassons « moutons », nous les ancien favorisateurs des ghettos, nous les jadis racistes invertis (nous n’étions que des crétins, c’est entendu.)., c’est terminé en 2005, enfin ! Combat essentiel en 2005 ! Eux, les à-abattre » électoralement désormais avec tous leurs parasites vénaux, des Chuck Guité graisseurs compulsifs jusqu’au « prophète indépendantiste » loufoque, le pourri revenant shakespearien du Danemark, l’Alphonso.

Je sais, je sens, que l’on va venir corriger cette part de notre histoire en 2005 et le vieil homme que je suis devenu en est si content, si léger, si fier. Je dis déjà merci à cette personne courageuse. J’ai déjà hâte à cette lumière. J’ai hâte déjà à toute la vérité. Comme je le fis, en 1965 en page de garde de mon roman populaire (ce qui enragea les abbés Marcotte de tout le territoire! ), « Pleure pas Germaine », je veux dédier ce petit pamphlet à (et peu m’importe s’ils ont bien ou mal tourné – et c’est quoi au juste « mal tourné » – ) à MM. Mario Bachand, Alain Brouillard, Richard Bizier (que je revois parfois), François Gagnon, Jacques Giroux, Gabriel Hudon (condamné 20 fois à la « perpétuité » et à qui, en 1980, je confiai mon « Contes du Sommet bleu » chez Quebecor), Yves Labonté, Denis Lamoureux (aidé à sa sortie de pénitencier par Pierre Péladeau), Eugénio Pilote, Gilles Pruneaux (rencontré à la célèbre « Taverne Royal Pub » en 1961), Pierre Schneider (aidé aussi chez Péladeau), Georges Schoeters, (émigrant du pays de Brel), Roger Tétreault, Raymond Villeneuve (encore actif chez les radicaux de la cause).

Vive TOUTE l’histoire !

CLAUDE JASMIN

(1 : « rodhésien » est l’infamante épithète publiquement utilisée pour nos racistes par René Lévesque face au racisme francophobe des anglos de son temps. C.J. ).