SOGIDES VENDU ? PIS APRÈS ?

Permettez-moi un brin de réflexion sur la vente du géant Sogides à Quebecor. Un point de vue de littéraire. Il y a un fait têtu : « le monde ne lit pas notre littérature ». Point final ! Il y a une réalité embarrassante et qui n’a rien à voir avec un empire ou avec l’achat d’une grosse compagnie québécoise (Sogides) par une plus grosse entreprise québécoise (Quebecor).
« Les gens ne lisent pas notre littérature ». Point final.
J’ai signé plus de cinquante bouquins depuis 1960, j’ai confié mes ouvrages à une dizaine d’éditeurs. La fin de années soixante marquait la fin d’un engouement réel pour « la littérature d’ici. À cela il y a des causes nombreuses. Dubois chante : « Le monde a changé, tit-Loup ». Il a changé mal ! Le plus souvent, j’ai pu constater « sur le terrain » la bonne volonté, la fougue, une foi candide, merveilleuse, un désir ardent d’obtenir des succès de librairie. Mais un jour Alain Stanké, mon éditeur fidèle un temps, si farouche défenseur de nos livres, baissait les bras et vendait sa maison. D’autres aussitôt en firent autant. J’ai vu à l’ouvrage un dévoué Jean Royer, un dynamique Yves Dubé, un Pierre Fillion, je pourrais les nommer tous ces intrépides éditeurs : tôt ou tard, ils abandonnaient. La vraie catastrophe à propos de notre littérature est là : peu de monde se procure nos livres. En vérité Quebecor vient d’acheter —surtout— un immense et efficace réseau de distribution, ADP, pour le joindre au sien, Dynamique. Flottes de camions bourdonnante.
Mais pour la parade —la frime—, on parle avec fierté des auteurs, ceux de L’Hexagone ou de Typo (où j’ai « Pleure pas Germaine » et « La petite patrie »), on plastronne Gaston Miron ou Roland Giguère. Allons donc. De temps à autre, c’est plus que rare, certains livres d’ici se gagnent un grand public, exemples, les mémoires de Janette Bertrand ou le bon roman de Gilles Courtemanche. Oui, ils sont des exceptions hélas. Avec des tirages tout de même qui n’ont rien à voir avec l’exceptionnelle série enfantine des Harry Potter ou le « Code Machin ». Je lis très souvent des jeunes auteurs, filles ou garçons et je découvre parfois d’excellents romans, vraiment étonnants. Eh bien, ils en écouleront moins de mille hélas !
Le monde ne lit pas !
Le doué Lalonde vient de le dire dans une interview avec effarement : « Mes élève ? Ils ne lisent pas ». Voilà qui est parlé franc. Et c’est infiniment triste. Nous voyons d’honnêtes efforts pour remédier à ce mal, ils font illusion : par exemple les salons du livre subventionnés, les prix nombreux, subventionnés aussi, et quoi encore ? Brouillage de la réalité têtue.
Les gens ne lisent pas nos livres. Certains désespérés souhaitent des « salons du livre » uniquement consacrés à la littérature québécoise, Seigneur !, ils ne feraient qu’empirer le mal, il y aurait juste un peu moins de monde aux tourniquets si on élimine les prestigieux parisiens Grasset-Seuil-Gallimard et allii.
Récemment, Jacques Lanctôt se vendait aux « Intouchables », un jour ce dernier passera-t-il armes et bagages chez Québécor ? Qui peut dire : non, jamais ? Je mentionne Lanctôt (où j’ai cinq bouquins) car il était un modèle de « cabane » modeste de « petite maison » suractivée dans son étroit sous-sol de la rue Ducharme, un vaillant, allumé, inspiré. Bilan maigrichon, bénéfices invisibles et hop, « à vendre » ! Mon éditeur actuel, Beaulieu, avec sa petite maison en région, à Trois-Pistoles, qui n’a ni relationnisme, ni moyens de placarder, aucune marge de profits pour la promotion, joindra-t-il un jour l’empire-Péladeau ? J’en doute, l’ empire » est intéressé à grandir, grossir et V.-L. B. se faisait distribuer par ADP. Donc il fait partie, qu’il le veuille ou non, de Quebecor lui aussi !
Des fonctionnaires se penchent sans doute sur ce problème : « Comment faire lire nos livres davantage ? » Mon Dieu, « vaste problème », dirait un Général ! Résumons-nous : ces énormes stocks d’invendus de note littérature québécoise peuvent-ils éviter le Jean Coutu « à une piastre » ou, pire, les machines à broyer du papier ? Nos enfants, tellement mieux instruits, vachement diplômés, ayant le goût d’enrichir notre littérature, doivent donc, en partant, se convaincre que leurs romans vont vers la maudite déchiqueteuse. Et cela à très court terme. Fait têtu gênant ? Oui. Alors, finissons-en, ce géant qu avale un autre géant fait voir tout simplement une meilleure organisation des machines à remplir des étagères, celles des chaînes à la Renaud-Bray, à la Archambault, cela de Rouyn à Sherbrooke, de Rimouski à Gatineau. Et « La marche à l’amour » de Miron va rester une belle prose, magnifique, ignorée par toux ceux qui ne lisent pas notre littérature. Ils sont la majorité.

(30)

Visite à un Buckingham Palace ! (envoyé spécial à St-Hyppolite)

Je voulais voir ça une fois : plein de raides gardiens en uniformes frais repassés, médailles et guirlandes de rubans dorés aux épaules. Jardins bien jolis. Sentiers très fleuris. Grande maison champêtre. Plein d’invités. De blanches navettes vont et viennent entre les parkings et le site royal. Immense tente centrale. La représentante de la Reine d’Angleterre au Québec, patiente, trône à sa porte. Chacun, d’une longue file d’attente, à tour de rôle, bien encadré, va la saluer pieusement. Photographie aussitôt et « au suivant ». Mille fois (1,000 !), son bon sourire, quatre mots et « allez vous promener dans les jardins autour ». Saint Hyppolite flamboie au soleil de ce dimanche midi radieux.
Une princesse de Buckingham ( cette Diana morte) était une Janus, dieu à deux visages, face à jet-set de playboys richissimes et face à œuvres de charité. Le Prince Charles est accusé de gaspillage frénétique ces jours-ci ? Que penser, à Ottawa, de Dame Clarkson gaspilleuse de notre argent : voyage supra ruineux en scandinavie, rénovation ultra onéreuse de sa demeure.
À St-Hyppolite, Lise Thibault, Lieutenant-gouverneur du Québec , n’a plus de jambes valides et pourtant se déplace partout et sans cesse, dévouée à mille causes caritatives. Je l’admire. Sur les pelouses, tableaux et sculptures autour de la tente géante car il y aura « encan dit silencieux » en fin de journée. Images peintes convenues, ici et là, rare, du talent fort dont celui de cette Lachance-Legault qui, ma surprise, dit : « J’étais une de vos élèves en 1963 aux Arts Appliqués ». Des VIP défilent, examinant ces pontes beauxartiennes, commentent. Ici, le vieil acteur René Caron, là, Robert-Guy Scully bien vieilli, l’ex-patron de TVA, Robert L’Herbier, octogénaire encore vaillant, le Pierre Bruneau « champion en journaux télévisés » présidera l’encan. D’autres « notoriétés ». Accolades, poignées de main sans cesse.
À l’heure du buffet : aucun alcool, que des jus ! Aucune viande, que des légumes et des fruits ! Des militaires retraités, très galonnés, veillent discrètement à l’harmonie déambulatoire de cette foule. Fêté au 50 ième anniversaire du collège Grasset, avouant mon inconduite (qui me valut « la porte » en versification), Lise Thibault se soulevait de son fauteuil roulant pour déclarer : « On doit garder aux études les turbulents comme lui, on ne sait jamais ce qui en sortira ». Nous avions ri. De là, je suppose, le carton embossé avec son invitation en lettres dorées. Vient l’heure du spectacle et l’handicapée admirable joua, avec gaieté, le MC-au-micro : « L’Ensemble Amati », beaux moments, Barbara Araya, une grasse Noire très allumée, Audrey-Mélanie Boily, espoir d’avenir, l’opératique Corneliu Montano, frais sorti de Star Académie, et, apothéose de trépidation, la vivante chorale de ce vibrant Gregory Charles, lui en soliste déchaîné.
À l’entracte, rencontres fortuites : ça va des populistes Alice Robi, Lucille Dumont, Jen Roger aux célèbres, Ginette Reno. qui n’apprécie donc pas que les Hells, et Cie. En somme un « chiard » modeste si je le compare aux annuels « pow-wow » électrisants (à ses frais) de feu-Pierre Péladeau à son domaine adèlois. Dans ce vaste décor champêtre, je songeais aux « Jardins des Finzi-Conti », un film inoubliable, je songeais aux jardins de Westmount, chez les riches Papachristidis, quand ces richards invitaient les jeunes gens du TNM, troubadours stipendiés pour divertir les crésus, aussi à ma visite comme pauvre jeune marionnettistes chez les Beaubien d’Outremont. Où l’on nous fit dîner en vitesse chez les domestiques. Alors j’observais les serveuses et waiters de la dévouée Lieutenante-Gouverneure. Jeunes précaires travailleurs soumis qui, avec des plateaux, allaient et venaient dans les allées en silencieux valets dociles. Je me disais : l’un (ou l’une) d’entre eux racontera un jour cette fête galante, en fera l’épisode d’un monologue cruel d’humour, ou d’un film, d’un récit, d’un roman, dira : « C’était du temps que j’étais un jeune nobody servile, obéissant ».

TURGEON, HELAS, S’EST ÉTEINT !

Éteint ! L’expression, vieillotte, rend bien l’idée d’une lumière qui s’en va. Serge Turgeon, acteur, a joué un dernier rôle. Dans une station de police. Où il s’offrait de témoigner volontairement dans une curieuse affaire de meurtre d’une prof du collège Saint-Laurent.
Il s’est affaissé subitement. Le coeur, qu’il avait faible, a flanché. Nous nos sommes croisés souvent. Il était de tant de batailles culturelles et aussi souverainistes. Il en gagné une fameuse pour améliorer le statut de l’artiste (sous le régime Bourassa, via Lisa Frulla) à titre de président (et un solide) de sa chère Union des artistes.
Jeune, vivant à Sainte-Thérèse, sa mère, Nélida Turgeon, fut jadis la secrétaire du Grignon de « Séraphin ». Elle fut aussi ma patronne quand Péladeau-père m’offrit un rôle de columnist au Journal de Montréal en 1971. Une cheftaine cultivée et fort aimable. Serge était fière de cette sorte de mère-courage.
En mai 1981, à Paris, hôtel des Saints-Pères rue du Bac, Serge m’apparut soudainement dans le petit hall, micro à la main. Ma surprise ! Il « couvrait » tout le champ culturel pour la radio de Jean-Pierre Coallier (CFGL). Il y fut un zélé courriériste, fouinant partout dans Paris.
On sait que ce comédien —longtemps dans le feuilleton « Entre chien et loup »— a joué adéquatement les Marc Laurendeau à TVA, le matin. Désormais, ayant séduit la terrible « boss » Mercédes Palomino, il dirigeait le théâtre du Rideau Vert et ne « jouait » plus guère.
Il tentait d’y amener de la dramaturgie québécoise. Mandat pas facile. Clientèle conservatrice à l’époque. Par exemple, Il fit ressusciter un Pierre Perrault… et avec un fort succès. Serge était un petit bonhomme rondouillard, aux allures de notaire de province et pourtant, énergique, il était allumé constamment, ne craignant jamais de s’engager. Pour un Québec souverain si souvent. Oui, vrai dans son cas : Serge Turgeon s’est éteint, hélas !
Paix à ses cendres !

Mettre fin à mes jours ?

Mettre fin à mes jours ? Hon ! Oui, adieu mes journées annotés. Mes éphémérides ne faisant plus le poids quand j’observe le déroulement du monde : ici —élections dans deux semaines— ou, loin —l’Irak sous les bombes de W. Bush. Un bloc-notes est encore un journal.

L’Irak craque ! Cela devient très clair, lumineux. Ce sera un « deuxième Vietnam ». Quand —c’est parti— on verra revenir « at homeland » les cercueils trop nombreux, il y aura un effrayant « backlasch ». Scénario empoisonnant l’existence d’un Lyndon Johnson, d’un Nixon, l’Histoire bégaie. On verra un nouveau 1968 : caucus à Paris. « Traité de paix ». L’opinion publique américaine ayant virée de bord. On se souvient des hélicos en catastrophe à Saïgon rembarquant les « boys » paniqués. En Irak, même déconfiture prévue déjà par maints observateurs. Dans l’ex-Indochine, les communistes s’installaient. À Bagdad, ce sera qui ? Un Islam intégriste ? Sans doute. Nihil nove sub sole !

Bush-le-fou, désastre consommé, sera-t-il battu aux élections prochaines ? À n’en pas douter. 30 ans plus tard, le calme dans la pauvreté et « bienvenue aux sous du tourisme international » ! 2033 ? Plein de vétérans, quinquagénaires, iront visiter les funestes zones de combats, ceux de 2004, de 2005.. Saddam Hussein-le-fou sera oublié comme tous ces jeunes garçons envoyés à cette « busherie », juste leurs noms sur du granit au « Arlington National Cemetery » de Washington. Que de veuves et d’orphelins !

Le Québec : wô’ beck ! La vie, ici, continue en attendant la fin

—2005 ? — de cette guerre idiote. Imbécile alors de ne pas s’intéresser à notre avenir québécois ? Oui mais pour qui voter ? Je ne suis pas un militant péquiste — oh non ! — si je reste toujours un souverainiste. Le parti de Jonh (voir son baptistère) Charest, fils de « Red » comme on sait, fait l’unanimité totale chez tous nos Anglos. Et leurs assimilés. Est-ce assez clair ? Pour eux tous, y compris 4 francophones sur 10 —masochistes ou non politisés— le Québec reste une simple « province » et il n’y a pas de nation québécoise. Formons-nous 84 % de la population, oui ou non ? Rien qu’un petit 20 % aux yeux des fédéralistes, une minorité de plus dans la vaste mosaïque canadian. C’est le « diluer pour régner », moto du Elliott-Trudeau et ses suiveurs actuels.

Inutile de tirer sur une ambulance, sur l’Adq du « petit-Mario-de-plâtre ».Ce patineur torontois, cette girouette. Il perdra peut-être chez lui écrasé par le « Rapport » renié par Boubou et bafoué par lui.

Soyons lucides maintenant : un seul but à cette course, le pouvoir, voulant dire administrer nos milliards de « cochons de payeurs ». Aucun vrai « homme d’État » en vue, aucun grand dessein à l’horizon. L’écrivain Beaulieu l’a dit : « des impuissants », nuance entre « pouvoir » et « puissance » (mon pauvre fou de Nietsche !) Tous les chefs se pré-voient en simples administrateurs et distributeurs de nos argents au fisc :tant aux écoles, tant aux hôpitaux, tant aux transports etc. S’il en reste, un « petit tant » à la culture. Ferions mieux de nous installer (à quoi bon les urnes ?) un Coutu, un Beaudouin, un Péladeau, un Dutil, un Lemaire, ils feraient ni mieux, surtout ni pire.

Dans 15 jours donc, nous choisir « un simple gérant ». Parlons franchement :les élus du 14 iront couper des rubans, jouer les mouches de coche, inaugurer des sites —arénas, usines ou parcs publics. Plein de hautains fonctionnaires, non élus et inamovibles —dont nous ignorons même les noms— organiseront les dépenses. Ces mandarins, non élus, répétons-le, étaient tous là en 1985, en 1995, y seront encore en 2004, en 2005, etc. Pauvre nation orpheline d’hommes d’État véritables. Nous votons pour des « coupeux » de rubans qui sont aux ordres de ces « inamovibles », répétons-le, sous-ministres.

Irais-je aux urnes —c’est un devoir— pour annuler mon vote ? Il y a celui qui se rapproche un peu d’un homme d’État. Hélas, il ne combat pas vraiment pour « la puissance », juste pour « le pouvoir ». Cachons les idées, les grands desseins, il a choisi de « suivre » docilement l’électorat aliéné, il se nomme Bernard Landry. « Le moins pire » ? C’est cela. Consolation : il n’en va pas autrement à Londres ou à Madrid, à Rome ou à Paris. Hélas, nous vivons, peuples, une ère de simples « gestionnaires ».

Journal – 19 Février 2003

Jeudi 13 février, je flotte depuis samedi, depuis cette chaude recension dans Le Devoir pour mon « À cœur de jour », journal. Louis Cornellier titrait sa critique par « Le torrentiel Jasmin ». Il finissait ses éloges par : « léger, brouillon et fortifiant ». Bien. Ce sera mon slogan. Ce matin, CKAC (Arcand) m’ouvre son micro (« no 1 » au Québec) via le téléphone. Ensuite, vite, céréales —avec banane et cafés—, puis filer en « causerie» pour une foule d’attentifs. École Multiservice à Sainte-Thérèse. Une Lise Beauchemin —venue du « chebail-du-moine »— toute confiante en mes talents de tribun littéraire. Auditoire enthousiaste. Stimulante jeunesse. Je ne lis plus un texte, j’improvise désormais en un « torrentiel » coq à l’âne. Courte-pointe de propos touffus et qui a fait rigoler profs et écoliers (de tous âges). Je sors très ragaillardi de telles rencontres. J’y joue volontiers le moraliste —moderne— et constate que c’est apprécié.

Samedi 15 février, deux ours —bien léchés— dé-hibernent un brin. Invitation d’Accès d’aller visiter le néo-réalisme du jeune doué Jubinville à « La Maison » de Val-David.

Art actuel inconnu pour ce Frigon-auto-dégommé de la SAQ et qui déteste l’art abstrait. Il achetait —avec notre argent— du faux-réalisme chez Tremblay-faussaire et Cie. Après 15 ans d’abstractions lyriques —et plasticiennes, devenant un art décoratif et académique, lassé, le critique d’art que j’étais (La Presse). Viendra donc ce « nouveau réalisme ». L’art abstrait montra alors son utilité : le réel métamorphosé. Accidents graphiques, dégoulinures, etc. Mais les bornés (les Frigon et Cie) ignoraient cela. Odeurs des pizza-au-four (visible) chez « Grand’ pas », yam !

Mercredi 19 février, encore un « hier » touffu : 1-jaser avec Arcand-Ckac sur télé-réalité d’ici, une peste ?, « ils n’en mourraient pas tous », dixit Lafontaine. Ce « Star Académie », à quelques pas de chez moi chez Péladeau-mort, captive et inquiète à la fois. 2-Défendre ensuite, à « Tous les matins », « les vieux qu’on jette » vite au Québec. 3- Filer à toute vitesse vers deux écoles, Sophie-Barat et Mont Saint-Louis, pour écouter des ados, les fortifier, les rassurer sur…l’avenir !

Ce matin (CKAC), critiquer un ami qui s’en vient samedi en adéloiserie. Oser mettre des bémols sur son populaire bébé « KLH » de TVA. Et l’amitié ? Important de garder sa crédibilité. Dur métier ?

L’amie Monique Miller, ce matin, enragée noir face aux méchantes critiques pour ce « Déluge » au TNM. La directrice —Pintal— va rétorquer, me dit-elle. Moi : « Vu l’éreintement, danger que l’on craigne les créations québécoises ». « La salle toute heureuse, elle », dit Monique. Moi : « Le critique qui n’a pas apprécié devrait toujours souligner cela : l’adhésion d’une salle ».

Il y a pire ? Pas un seul mot dans « La Presse » pour « À cœur ouvert » paru en novembre ! J’ai osé en avertir le boss, Guy Crevier par lettre d’indignation. Pas d’écho encore.

Le Pratte plate, ose ce matin : « Réélu Landry promet une campagne rare pour l’avènement d’une patrie. Pas rassurant » ! Quel mépris pour son lectorat quand 6 sur 10 des lecteurs de La Presse votaient « oui » en 1995. Suicide ? Non : « Police-Power » le surveille. « Chien avec collier ». Mon cher Jean de la Fontaine toujours !

Le mercredi 20 novembre 2002

1-
Bataille de nuages au firmament ce midi. Le bleu veut triompher du blanc. Issue probable de ce combat éthérique : le blanc blanchira l’adversaire.
Ai pris notes pour ce T.L.M. de mardi prochain : « ma mère chantait toujours et ma mère jouait avec nous toujours. Plus : cette tante Gertrude qui nous gardait et ses fabuleuses ménageries de friandises ». Suis prêt. Peur toujours de n’avoir plus rien à raconter aux Houde-Bertrand et, en fin de compte, je gratte, je me les creuse, je trouve. Ouf ! Oh ! Clignotement à l’imprimante : encre noire qui s’achève. Déjà vide ? Mes rubans de dactylo duraient si longtemps, eux ! Bin tanné de tout noter. Avec ce « Poing comme net » —le mot « poing » pour colères, évacuation d’humeurs— je ne me fierai plus qu’à ma mémoire. À la mi-décembre, n’y aura plus, en hebdo, que les points forts des jours enfuis. Ce que j’oublierai méritera d’être oublié. Ça vient de finir.
J’ai reçu (courriel) des souvenirs bien rédigés d’un vieux médecin (Trois-Rivières), on lui cherche un éditeur. Il y a eu premier refus déjà. On me lance un SOS. C’est du texte précieux, qu’il faut sauvegarder. Je ne sais pas trop quoi faire pour aider à la publication d’un tel savoureux documentaire écrit. J’ai suggéré de demander de l’aide auprès de l’UNEQ. Merde ? Quoi faire ?
2-
Il nous arrive parfois de nous questionner. Ainsi, dans mon « Écrire pour… » : suis-je allé trop fort au sujet de notre colonialisme, de ce racisme inverti ? Eh bin non ! Dans « Voir », c’est une confirmation : une Sergente (Julie) publie fièrement notre aliénation qu’elle approuve la sotte. Lisez : le roman québécois sort (enfin) du terroir (notre patrie n’est, colonel-Sergent, qu’un vil terroir ?), il célèbre (enfin !) l’urbanité, les us d’ailleurs, il s’est internationalisé, il a cessé de ne ressembler qu’à soi (l’automépris des colonisés ?). Édifiante perspective non ? L’hebdo VOIR applaudit à ce reniement, ce serait un net progrès.
Nulle part au monde, dans les « vrais » pays, on ne chanterait cette aliénation culturelle. Pauvres « petits pays » munis de ces chantres du déracinement volontaire. Marie-Claude Fortin s’accote volontiers sur la Sergent-Major. Elle vante à son tour (même numéro de Voir, 14-20 novembre) les bienfaits de cette romancerie se déroulant « ailleurs ».
Et moi ? Avec ce projet de roman exotique qui m’assaille, « Ernesto l’exilé », vais-je obtenir grand succès avec échos louangeurs ? Ce sera une preuve de plus que certains jeunes fous en médias souhaitent oublier le Québec qui s’écrirait. Enfin, Tristan Malavoix-Racine (oh, racines ?), même hebdo, veut fustiger aussi le nombrilisme (son mot) de trop de nos auteurs comme si le « je », l’autofiction, était une lèpre toujours futile. En France (Angot), aux USA, en Allemagne, en Espagne, on trouve de ces livres de questionnement essentiel « sur soi et les autres alentour » et personne ne songe à blâmer ces écrivains. Il ose signer : « l’ère des étiquettes nationalistes achève… Et ce sera la fin des préjugés ». Rien à comprendre sinon ce malaise bizarre (de raciste inverti) face à la québécitude normale de nos auteurs. Il ose donner en exemple « la littérature québécoise d’un Yann Martel »…Martel qui écrit en anglais ! Un vrai con ce Racine déraciné.
3-
Tantôt j’écoutais (Cbf-fm) —j’adore sa toune musicale d’ouverture, sorte de vieux tango— « Autour de Nana » : un grand gars de 18 ans a encore peur de sa môman; ultra-contrôlante, la Nana ! Il revient d’une première coucherie d’ado-homo, dans « une chambre à louer » du Carré Saint-Louis, initié par un anglo averti. « Tu resteras toujours mon enfant », lui répète Nana derrière la porte des toilettes à cet enfant prodigue enfin rentré. Elle donne en exemple le comportement du frère aîné qui, à 32 ans, « ne découche jamais, lui ». Il rétorque : « ce qu’il fait « de jour », personne ne le sait ». Famille d’antan ? Ce « recyclage » intempestif —par Lepage— de pages de Tremblay est pas toujours bien fait, hélas, comme ce matin.
Ce matin, la Nat Pétroleuse de La P. veut louanger « Bunker », est malheureuse du peu de public à l’écoute mais termine par : « C’est dans une bulle étanche ». Alors ? Ceci explique justement cela. La voilà qui découvre —sur un écran de son gym— que le poète d’État (M. Bowings) —à 22,000$ par année à Ottawa— joue courageusement « le fou du roi Chrétien ». Yves Beauchemin dit qu’un poète d’État c’est une farce que « la (vraie) poésie est (toujours) illégale ». Bravo ! La vérité ? Le pouvoir peut fort bien tolérer « en son sein tout puissant » un brave pacifiste à 22,000 $ Pas un pli sur la différence. Un maringouin piquant un dinosaure. On en rira.
La menteuse face à une annulation de dernière minute : Dominique Chalout (relationniste) dit que sa compagnie (Zone-3 ?) appointée par TVA est trop pauvre (!) pour engager, à 1,675 $, cinq (5) zapartistes effrontés au « Grand blond… ». Ils n’y allèrent point malgré la pub faite ! Les mensonges de ce petit monde crasse hein ?
Robert Foisy —et P. Bourgault — contre ces Jeux « gays ». Ça proteste en grande. Le ghetto fabuleux (aux ramifications internationales) défend ce cloisonnement volontaire alors qu’il doit bien y avoir le lot normal d’homos aux Jeux ordinaires. Danger à long terme pour cette minorité active que cette séparation consentie.
4-
Jean-Luc Mongrain chez Bazzo ce matin raconte que ses huit années en enfant-pensionnaire « des bons pères » du cours classique lui firent le plus grand bien. Qu’il a pu y découvrir (dans la cour de récréation, au dortoir comme au réfectoire) ) le vrai monde, les méchancetés des autres gamins, que cela le ramenait à la réalité. Avec sa maman il était, non pas un enfant-roi (trop modeste milieu familal) mais un enfant protégé du monde extérieur. Table ronde avec des « enfants uniques ». Unanimité en studio : madame Dolto, célèbre analyste pour enfants, avait tout faux (?), se trompait gravement : pas vrai que les enfants uniques sont en danger, deviennent des égocentriques, etc.
Heureux jeune Mongrain et moi qui voyait, enfant entouré et aimé, le pensionnat comme une odieuse et terrifiante prison !
En 2003, 25 ans, la mort de mon héros-chanteur Jacques Brel ! 25 ans déjà ? Non il n’est pas mort du tout. Ici et là surgissent fréquemment des témoignages (des jeunes parfois) : ce poète populaire était un génie belge.
Le patron du Dev, B. Descôteaux, ce matin, signe un beau témoignage sur ce « grand-père » merveilleux, André Cailloux, mort dimanche dernier. Il ne va pas publier mon hommage à moi, c’est évident. Tant pis. Plus grave, bien impoli, il ne me répond pas pour cette demande de chronique. Un refus cela se dit, non ? Rue de Bleury, je ne suis plus rien, ma foi du bon yeu.
Appel chez Parent-Forget : « Il y a eu erreur et on va refaire vote prothèse mal ajustée, venez sans faute lundi prochain… ». Je n’en reviens pas. Leur erreur et on me commande d’aller me rasseoir, tel jour, telle heure. Y a qu’à obéir quoi ! J’enrage.
Pu’ capab’, ce Bernard Drainville (ici, Radio-Canada au Guatemala) : Pourri ! Infect ! I-né-cou-table ! Non mais…on engage n’importe qui ?
5-
Vu la fin de la série « Duceppe » hier soir. Quels mauvais dialogues chez dae Wojas ! Quel manque de tonus dramatique au cours de cette série. Duceppe se croira, l’acteur Doucet, talentueux, le dit, « un imposteur ». Duceppe, fin de sa vie, déplore son manque d’instruction, si peu de scolarité, n’avoir pas pu se prévaloir du fameux « cours classique ». Aussitôt Aile éclate : « Ah comme c’est vrai, si tu réussis dans ton domaine et cela sans solide école, oui, tu te crois un imposteur. Je sais bien ce sentiment. Mon père, lui aussi, souffrait de ce complexe ».
Moi aussi, il m’arrivait parfois, autodidacte magané par un critique, de craindre que l’on dévoile publiquement mes manquements culturels évidents, ce « cours classique » interrompu, etc. Bêtise ? Qui s’accentuait avec la venue (années 80-90) des nouveaux jeunes savants-docteurs-en-lettres qui étalaient volontiers les dogmes et les neuves théories littéraires, leurs nombreuses sources d’informations sophistiquées…
Oh la la ! Sol : « pauvre petit moi alors » ! Il m’a fallu un certain temps pour constater que tant de ces nouveaux gloseurs étaient de minables impuissants, réfugiés derrière le gros paravent trompeur du bla bla bla élitiste et totalement infertile.
Jaloux des créateurs féconds, sans diplôme lourd, ces prétentieux arrosaient « les populaires » d’un fiel envieux. Aussitôt, on me connaît, je sortis des épées farouches, des dagues etc des poignards, pour les éventrer comme on ouvre des figurines mécaniques, automates crinqués, …pour voir la petite machine idiote dans le ventre des poupées fardées. Bardées de médailles futiles. Certains attaqués me porsuivent toujoyrs d’une hargne totale. Tant pis pour moi, tant pis pour mes vaillants camarades en autodidacterie ! Anti-intellos, le Jasmin ? Non. Je reconnais volontiers maintenant, calmé, que des « très instruits » savent parfois nous pondre de fameux bouquins, de fort utiles et lumineux articles.
6-
Lu dernièrement : « Notre patrimoine religieux est en péril grave ici et là » ! Bien mais qu’en est-il du péril en Inde, à Cochin, du « patrimoine religieux » acheté par le galeriste Simard (« qu’allait-il faire dans cette galère » ?) pour installation touristique au Saguenay ? Alerté (après La Presse) par une mienne lettre ouverte, non publiée, silence compact toujours au Devoir ! Je chante : « j’attendrai, le jour et la nuit, j’attendrai toujours… » !
Dimanche, enragé et se défoulant dans La Presse, mon éditeur, affirme qu’il a englouti deux centaines de milles piastres, au moins ! Oh diable ! Cachets de ses téléromans pour entretenir —une sacrée danseuse, maîtresse insatiable !— sa passion des livres ? Impasse maintenant. Cul de sac prévisible dans ce « commerce ». Rêvons d’un mécène (Bombardier, Cascades, Jean Coutu, inc., Saint-Hubert BBQ, Péladeau INC ?) surgissant chez le Troispistolien : « Je serai votre baîlleur de fond désormais. Continuez » ! Oui, rêvons !
Laura Bush et ses auteurs invités à La Maison blanche… et Chantal Landry, elle, invitera-t-elle bientôt des écrivains pour causer « affaires culturelles »…et autres affaires… au chic appartement surplombant le chic Château Frontenac de son chum ? Rêvons toujours.
Gazettes du jour : Bush pas confiant en l’ONU. Cacherait-t-il des stocks de gaz mortel dans une mosquée ? Sadame tint salon, il s’en fiche, lui c’est « sa dame autre » qui le turlupine, qui le turliponne. Sa « dame de pique » bien noire, Hussein. Tout le puissant lobby des armements lui fait : « Si tu veux du fric pour ta ré-élélection, vas-y, vas-y ».
7-
Quand, vendredi, au Salon, Lucien Francoeur louangeait mon « Écrire… » je fus lâche et n’ai pas pipé mot sur le sien que je venais de lire. Un ramassis d’estocades d’une rare niaiserie. L’étonnant prophète Jésus de Galilée défini par Francoeur en « enculé » (sic) bien con (!). Et autres aménités diverses. Infantilisme dépassé, à son âge ! Un prof ? Si bébé ! Puérilisme vain. Si facile. Si ado attardé. Un écrit à la va-vite bourré de sentences folichonnes. Ne rien dire donc…et pourquoi ? « Savoir vivre » de pleutre que je regrette toujours, trop tard.
À la radio une tortue lente et savante s’exprime avec difficulté. Aile : « J’ai mes défauts mais jamais je ne m’écoute parler ». Vrai. Je dis : « moi itou, ça ». Aile aussitôt: « Toi ? Non, tu ne t’écoutes pas parler mais tu parles sans écouter trop les autres ». Bang ! J’avale. Je dis : « Ta peur du ridicule t’empêche de trop jaser, non ? Es-tu vaniteuse Aile ? » Réponse ? « Vaniteuse et orgueilleuse, est-ce la même chose ? » J’y réfléchis encore.
Revu cet enfant génial dans « Le sixième sens », courrez louer ce film étonnant… Paquets de pubs incessantes hélas à la télé de TQS. Merde !
8-
On a mis 8 millions de piastres (Can.) à la CBC pour cette série sur Pet, l’idole des anglos, du Roc tout entier. Rien sur sa jeunesse, ça part en 1968 (élections remportées) et ça va jusqu’en 1982 quand le fier Pet alla signer —sans l’accord de tous les élus Québécois— son entente constitutionnelle face à THE QUEEN à Londres, le suiveur énamouré, Chréchien, lui tenait la queue de « mourning-coat ». L’acteur Colm Feere incarne le fier Pet, il était excellent en Glenn Gould. La jeune groupie du nom de Margatet y serait dans maintes séquences. À l’affiche donc de notre télé publique ce soir, in french ! Nos élus du Québec « dans les jambe » du grand fédérateur », y seraient de pâles fantoches, dit-on. Eh b’en !
Je reviens de l’École des « tits » chefs : côtelettes de porc, ouen, soupe aux légumes et sauce à pâtes, et… « Hon ! hon ! », dira Aile, une tarte aux cerises. Durant la demi-heure d’attente, achevé le — cher à Foglia— petit « Manuel…à l’usage des filles » de Mélissa Blank. Je reconnais, ici et là, un beau grand bouquet d’humour sauce juive de New-York, ce qu’est l’héroïne. Elle est en quête perpétuelle d’un « chum steady ». Lectrice junior chez un éditeur puis rédactrice de pub, c’est le vivant portrait du petit monde « bobo » de Greewich Village. Woody Allen veillait sur Blank. Je n’ai guèrte de sympathie pour ces jeunes « vieillissants à regret » se traînant sur les sofas des psys de la Cinqième Avenue. Monde frelaté. L’humour juif c’est toujours du cynisme en fin de compte, de l’autodérision comme… mécanique. On se moque de soi et des autres pour bien illustrer qu’ils sont clairvoyants, que le genre humain est contaminé à fond :succès faciles, ambitions sottes. La caricature pétaradante au poing — un revolver toujours chargé pour épater. Mais c’est écrit sur la guenille qui sort du fusil intello : « Pétard » ! Ou « Boum » ou « Pow »! Oui, l’ennui de cette actuelle société manhattanienne —on vba faire un tour à Paris, on sait qui publie quoi— refusant et acceptant à la fois la jet set aux terrasses des restaus huppés. Cette sorte de supériorité faussement modeste —excusez Sire Foglia— m’afflige, pire, m’ennuie. Assommant, avant ou après le 11 septembre, cette faune de vieux garçons et de vieilles filles (on lui enlèvera un sein et c’est pas si grave) rêvant d’accouplements durables avec ou sans le « manuel ».
9-
Jeudi dernier, à T.Q. Un grave psy cause : « Trouble somatoforme (!) si on refuse d’exprimer ses émotions, voire un grave choc occulté, tu, trop refoulé. À la suite d’un grave chagrin ou déception, l’enterrement de ses sentiments peut provoquer maladie grave, cancer, etc. » C’est dit souvent. Si vrai ? Les psys ont intérêt ($) à mousser cette théorie en tous cas. Qui n’a pas connue une personne ouverte, bien franche, très lucide, soudainement cancéreuse. Malade qui n’a —jamais absolument— rien cacher de es émotions ? Cette scie du « psycho-somatik », tic, tic…ravageur…j’ai des doutes.
Le va-t-en-guerre Charogne en Isarel : les résistants tuent des occupants israéliens. Bien, il ordonne davantage de colonies à installer. Jouer avec ce feu ! Ils sont à Hebron, 600 colons, les Palestiniens : 120,000 !
Horreur pour rire jeudi soir dernier : Aile et moi, très rigolards en voyant (enfin !) ce film-culte bien amateur : « King-Kong ». C’est souvent à mourir de rire. Séquence prémonitoire sauce « Jurassic Park » subitement ! Avec, soudain, en noir et blanc, des effets optiques audacieux pour l’époque (1932) et pas trop mal réussis. Je regrette de n’être pas allé voir le décapant « Bowling Colombine » de Moore en bas de la côte. Paresseux que nous sommes… et les films ne restent pas longtemps au « Pine ». Surtout une telle charge anti-armes !
Aile en a terminé ave son Ferguson, « Train d’enfer » Pis ?
« Bien…c’est très bizarre…Tu liras, c’est pas plate, j’en étais comme
hantée, je tournais les pages sans cesse mais je ne sais quoi en penser ». Ne dis plus rien, belle Aile de mon cœur, c’est le signe indubitable qu’un roman fonctionne. Je le lirai donc.
9-
Raynald, mon frère, retraité comme moi —lui de TVA, moi de la SRC— m’a posté un tableautin de sa blanche main de peintre du dimanche (comme moi). Le cinéma « Château » du coin de notre rue, un tram, un kiosque à journaux. J’avais souhaité un personnage, un humain de jadis. Pour une couverture de livre, c’est plus clair. Je verrai quoi en faire. Il part en énième voyage avec sa Monique. L’Égypte bientôt. Sur sa carte de bons souhaits : « J’aurai presque fait le tour du monde. On stoppe ça. Le dernier ».
J’y reviens car c’est incroyable : lisez ce Lester du « Livre noir.. », s’y trouve un récit fabuleux sur une putain anglo qui se disait la victime sexuelle (enceinte) des prêtres cathos diaboliques du Québec. Un pasteur protestant en fait sa maîtresse et va, aux USA, publier son « conte noir » inventé. Anti-catho. Un best-seller fantastique longtemps là-bas. Dépassant longtemps la Bible ! Ré-éditions. Lester dit qu’avec l’aide de « Patrimoine machin », on peut le lire encore sur Internet. La francophobie (anti-cartho jadis) des Amerloques montrait son vrai visage.
Je lis « Larose n’est pas Larousse » : Castonguay cogne très dur sur la niaise complaisance du « rapport commandé » à l’ex-chef syndical. Le « Tout va bien pour le français désormais » de Larose le fait vomir. Querelle des optimistes et des pessimistes ?, je l’achèverai et en reparlerai. La violente préface de mon éditeur (Beaulieu) est pas piqué des vers, c’est entendu. En matière de férocerie, il est épatant mon Victor.
Allons goûter ces fraîches « chops » de cochon, tiens. On ferme !

Le jeudi 3 octobre 2002

1-
Un hier si beau et si chaud…ce matin, ciel bleu à nuages éparpillés, c’est frisquet en yable ! Je reviens du bas de la côte Morin, de chez le tondeur de cheveux (et barbe dans mon cas), Lessard. Passionné de golf, il m’en jase. Je lui dis : « Ah le golf! Ça me tente, on me dit tant que c’est défoulant, reposant, mais j’avais un camarade (J.-C. Rinfret) golfeur emeritus qui m’avait prévenu : « Claude, commence pas ça, je te le dis, ça devient vite une passion. Tu pourras plus t’en passer…etc. » .J’ai suivi son conseil, trouvant si peu de temps pour m,es passions. La lecture. Le cinéma. Et mes petits projets divers.
Monique Miller, avant-hier soir, rue Frontenac, avait choisi de lire d’abord deux textes de mon bouquin « Je vous dis merci », l’un dédié à mon père mort, l’autre à ma mère morte. Je la sentais ému pour papa-mort. Pour ma mère-morte, elle éclate en sanglots ! A du mal à poursuivre sa lecture. Malaise partout. Moi tout bouleversé de la voir si bouleversée. Un moment fort. Pour terminer sur une note plus joyeuse Monique a lu (avec son grand talent qui améliore un texte !) le tout premier chapitre de « Enfant de Villeray » avec le « tit-gars » qui découvre la lune et s’imagine qu’elle vogue dans le noir firmament.
2-
Le cinéaste audacieux Pierre Falardeau, hier, sous le portique de TVA, nous quittions « Dans la mire » : « Tu sais, j’ avais quoi, 15 ans, j’achetais mes « comics-books » américains à une tabagie de mon Saint-Henri et je découvre un jour qu’on y offre la revue de gauche « Parti-Pris » et ton roman « Pleure pas Germaine ». Une découverte qui m’avait marqué ». Il me glisse soudain : « Dis donc, Jasmin, t’es encore plus révolutionnaire que moi, ma foi du bon yeu ! » Pris cela comme un fameux compliment venant de ce dissident enragé.
Envie d’envoyer à ce cinéaste mon « L’Armoire du Pantagruel ». Il aime Rabelais ! Il me semble que Falardeau saurait en tirer un fameux récit filmique. Eh ! Je constate que je n’ai plus de copie. M’adresser vite à Leméac, son éditeur.
3-
Quand je décidais d’offrir mon polar de « fantasy », « La nuit tous les singes sont gris », à Quebecor, j’avais cru à une promotion énorme (journaux, magazines, télé), vu l’immense machine des Péladeau. Mon erreur. L’éditeur Simard (Publicor) m’expliqua, voyant ma déception : « On imagine un empire qui se tient, mais non, chaque branche de l’empire tient à sa liberté. Même qu’il y a méfiance. Et silence. Impossible d’obtenir de la publicité dans une section ou l’autre du « gros jeu de blocs ». Mon « La nuit.. » ne fit donc pas mieux là qu’ailleurs. Les énervés de la « convergence » seront surpris de lire cela ?
J’ai acheté le dernier numéro de la revue « Historia » que mon père estimait fort. Lectures formidables. Article sur le Mussolini fêté avec empressement par le roi d’Italie alors que l’armée aurait pu stopper net la marche sur Rome des fascistes (en chemises noires). Monarque bien con. Et qui regrettera amèrement sa confiance niaise au Duce Benito, dictateur. Article encore plus fascinant sur les capitalistes des USA collaborant volontiers avec les nazis parvenus au pouvoir. Ford, G.M, Shell, ITT, IBM, tous, la main dans la main avec le fou. L’argent à faire. « Business as usual ». Pire encore : après le conflit, ces compagnies ont exigés des millions (du trésor de cocons de payeurs des Étatys-Unis) en réparation. Quoi ? Ils dirent : « nos usines étatsuniennes installées en Allemagne furent bombardés par les USA ! Incroyable mais vrai. C’est à vomir sur ce capitalisme démoniaque. Article étonnant sur cette Suisse, pas si neutre qu’on pense sous Hitler-le-fou. Captivant article sur les assassinats de Présidents, en France.
Bref, un magazine instructif. M’abonner, pensais-je ? Non. Résister. Pas le temps, hélas. J’arrive à peine à lire…ce que j’ai à lire, ici et maintenant. Hélas !
4-
Deux films loués. Un bon et un con. Le con ? Celui de Woody Allen, le pornocrate suborneur de fille adoptive. « Hollywood ending » est un navet. Récit —mal mené— d’un cinéaste déchu qui tourne malgré la cécité subite dont il est victime. Il y a quelques bons « one-line ». J’avais été prévenu mais bon… W.A. a donné jadis de si amusants films. Au début, prologue sur le Canada d’où revient ce triste héros-cinéaste capricieux : « Que de la neige et de la glace. Un pays ennuyeux qui n’inspire absolument rien ». Merci. À la fin, épilogue, son navet (et c’en est un au fictif comme au réel), se fait acclamer à Paris conte toute attente. Lisez, entendez : « les cinéphiles de France sont tous des cons et des abusés ridicules ». Édifiant.
L’autre film : bien fait. Excellente démonstration signée Barbet-Shroeder. Titre : « Meurtre en équation ». On songe au formidable suspense « The rope ». Même thème : des égocentriques dégourdis, forts en sciences et maths, qui se croient au-dessus du monde entier. On songe au « crime gratuit » d’un roman d’André Gide : « poussez un passager hors d’un train en marche, au hasard, n’importe lequel, on ne saura jamais qui a tué ».
« Meurtre en équation » raconte la totale soumission d’un brillant collégien face à un autre « bollé » encore plus machiavélique que lui. Un fils de famille riche et puissante, qui va le séduire « philosophiquement », qui va en faire son complice dans un assassinat « gratuit ». C’est un polar hors du commun. Ces deux grands ados, sans aucune fibre morale, sans humanité aucune, sont joués de façon hallucinante. Je reverrais volontiers ce suspense diabolique.
5-
Vu hier soir —vrai blitz en médias— « le jeune messie » des bourgeois cupides —les détestateurs de la solidarité national— Mario Dumont face à Paul Arcand à TVA. Quoi ? Immense déception ? Non, je le devinais fourbe et calculateur. Si jeune ! Je l’avais vu « patiner et farfiner » chez Miss Dussault à Télé-Québec. C’est un disciple resté fidèle à la manière- Boubou, son ex-mentor. Le gaillard, faux-baveux et, à la fois, empesé, est un danger effroyable. La gauche la moins gauchiste doit vite le dénoncer et partout.
Déjà ratoureux, il refusait carrément de parler vrai, de parler franc avec Arcand, cela sous des dehors de bonhomie, de franchise… frelatée. Ce matin, la Lysiane Gagnon de Power-Gesca-La Presse commente, élogieuse —tout pour nuire aux souverainistes de Landry— cette « fraîcheur rafraîchissante » —mon cul— pour finir par admettre, comme à regret, que ce Dumont est…oui, un simple patineur ! C’est John Charest l’homme de la Power-Gesca! Hélas, les bourgeois cupides le refusent et il reste bien bas en sondages ! Ô Lysiane —défroquée de l’indépendantisme— on devrait changer de peuple, hein ?
6-
La nouvelle série-télé d’Homier-Roy —tournée au vieux cinéma Rialto sans vrai public participant (hélas)— ne lève pas. Après Picard (Luc), Carole Laure —Laure de « Lord », son premier mari, m’expliquait Monique Miller— fit voir un fort tempérament, il faut lui donner ça. Mais… une fois de plus, pas de dossier d’archives, pas d’enfance, pas d’infos sur ses études, sur sa jeunesse, son milieu, ses tout débuts, etc. Fille volontariste, bûcheuse, ambitieuse —comme il se doit en ces carrières— il y a du Monique Miller et de la Sophie Faucher chez cette Carole d’abord mignardisant, se dénudant volontiers, danseuse à gaga, à gogo, chanteuse à voix bien frêle et puis actrice-amateure aux roulements des « r », manière arrière-province. Mais elle captive jouant de sa chevelure rebelle —mieux que Luc Picard— par son entrain et un certain sens de l’humour.
Ce matin, mon vaillant correspondant fidèle, Marleau, me pointe une adresse hypothétique afin que mon album illustré se réalise, un certain Henri Rivard de Contrecœur. Éditeur inconnu ou méconnu ? On ne sait jamais. Je lui écrirai. Est-ce vraiment un riche philanthrope paré à perdre de l’argent ? La grosse millionnaire SOGIDES, via sire Graveline, ne veut pas risquer une maudite cenne noère !
7-
Au Centre culturel Frontenac, mardi soir, deux « rencontres après entretien ». L’une, jeune fille au regard de feu, me veut comme « parrain littéraire » avec le programme de l’UNEQ. Je lui au expliqué : « Fuyez ces niaiseries, genre « atelier d’écriture » de mes deux fesses, etc. Écrivez en solitaire (c’est cela le vrai métier d’écrivaine) et tenez vous loin de tous ces machins-bidons. Cherchez seulement un éditeur qui appréciera vos écrits. Je crois qu’elle a tout compris. L’autre, jeune homme visiblement allumé me donne des poèmes-anarchistes. François Béland rédige des « prières » d’iconoclaste inspiré. Un « Ave maria », un « Credo », un « Pater Noster », provocations bien troussées. Il me semble plein de jus. Il a du talent. Je lui dis, devant m’en aller, de signaler claudejasmin.com… Le fera-t-il?
Messire Lionel Lefebvre me couriellise ses accords : « Oui à l’école séparée, les filles d’un bord et les garçons de l’autre et « oui aussi » aux uniformes…lui qui moque avec raison les « guenilles griffées », chers, avec fond de culotte aux genoux ! Il m’a fait rire. Il juge « Tous les matins » à la SRC un peu trop fourre-tout cependant ! Ah ! N’y peut rien. C’est un magazine. Aile a lu un « Clin d’œil », acheté pour la Marie-Josée à la neuve hanche, et me dira : « un fourre-tout. Ennuyeux ». Je lis « L’Âge d’or » d’octobre (qui va me célébrer en novembre) « fourre-tout » là aussi. Un variété est un variété, une dramatique est une… Un mag-télé…doit être forcément un fourre-tout ? Sais pas.
8-
Au téléphone tantôt : Stéphane T. « On vous invite deux fois, vous venez et lundi qui vient et mardi. Salut ! » Bonne nouvelle ? Y serais-je bientôt « tous les matins » à « Tous les matins » ? Mon Dieu, alors des gages de deux mille tomates par semaine, moi, un pauvre et simple vieux retraité ? Crise d’apoplexie pour tous les G.Tod Slone de ce monde— qui, soit dit en passant, fait des adieux courroucés au « vieux schnock hypocrite » —ses mots. Le talent ? Pouah ! C’est juste que j’ai su enfirouaper ces cons finis de la télé, n’est-ce pas ?, qui sont tous des vendus, des crétins abusés, pas vrai ?
9-
Ici, en Laurentie, il y a trois hebdos « gratuits ». L’un d’eux se nomme « Accès », c’est le plus percutant. On y trouve des « papiers » du prof Lauzon, c’est vous dire ! Frédérique David (sa directrice) y signe un billet hebdomadaiore souvent brillant; et cette fois, c’est une charge valable. Elle s’affirme « snob » puisqu’on taxe de ce sobriquet ceux qui aiment la culture. En effet, une longue vague d’un populisme douteux fait qu’est décriée (décrétée ?) comme « snob » toute personne qui a à coeur de s’instruire, de s’informer, de s’enrichir en fréquentant des institutions qui ont du fond. Bravo à elle !
Le sens des mots : très important. Placarder Harry Kissinger (prix Nobel de la paix en 1973) comme « criminel de guerre » relève de l’inflation verbale niaise. Voir Hitchen et son livre polémique :« Les crimes de M,. Kissinger », Editeur Saint-Simon. Le rôle politique —discutable évidemment— du célèbre conseiller à la Maison blanche l’a conduit à un tas d’erreurs graves mais mettre un Kissinger au même niveau qu’un Pinochet c’est tromper les gens.
L’exagération abusive devient une insignifiance. Ce même Christopher Hitchens, journaliste anglais basé à Washington, a fait bien mieux quand il a loué George Orwell —« 1984 », « La ferme des animaux », etc.— qui fustigeait la gauche britannique de 1940 sombrant dans le défaitisme. Voilà que ce même Hitchens se range du côté « faucon » et appuie le W. Bush ? Stupeur dans la république gauchiste ! Hitchens —allié de Tony Blair— parle de « fascisme islamique » dans la revue de gauche « The nation ». Et vive les esprits libres ?
Regard à ma fenêtre de ma « chambre à écrite » : fin du passage des trains de nuages, ciel tout bleu, malgré le frette automnal… aller lire sur la galerie ? Oui, oui.

Le mercredi 7 août 2002

1-
Comme hier, un beau ciel très chargé de…cumulus, de cyrrus ?
N’y connais rien en nuage sauf que j’ai toujours aimé les barbouillages célestes en blancs et gris variés. Nous y voyons, pas vrai?, des formes molles symbolisant nos rêves fous : architectures indédites, cavalerie floue, animaux absurdes et quoi encore ?
Mon amerloque « concordien » réagit ainsi à mon appel curieux : « T’es sympa de m’encourager à aller de l’avant. » Il enrage d’avoir perdu ses textes ( 3 semaines !) sur son ordi, nous prévient de faire de disquettes de sauvegarde. Oh, s’il fallait…il me fait peur. Je devrais vite aller acheter le bidule en conséquence, mon kioute I-Mac de plastique bleu n’as pas de fente pour…
G. Tod a vécu set ans en France mais préfère le Québec…avec la Bretagne et ses menhirs, etc. Il raconte que des biblios (à Los Angeles ) ont vendu leurs classiques pour installer des tas de « Harry Potter ». Ironique (?) il « m’encourage » —à son tour— à dépasser, par exemple, le furibond cinéaste Falardeau et publier du pamphlet sur les patriotes et nos « vendus ». Par exemple sur ce chef-Papineau qui, en 1837, se sauvait aux USA. Minute. Se sauvait ou se réfugiait ? Sa tête avait été mise à prix et lui, tué, quel progrès pour la cause ? Le génial tribun —qui se pousse aux USA par l’insistance des siens— se disait sans doute qu’il y aurait du travail à…continuer ? Indépendantiste farouche, comme tant d’autres, je ne croyais pas utile de prendre les armes et le maquis du temps des jeunes terroristes felquistes.
Je suis jaloux, gazette de ce matin : le 11 septembre qui approche, on va lire la Déclaration d’indépendance (1775) à Manhattan. Si en 1980 ou en 1995… Si…Entendre notre Déclaration d’indépendance à nous, Place d’Armes…ou Square Dorchester (!). Hélas, hélas… Mais ça viendra. Suis « un indécrottable optimiste » comme je le proclamais chez Nadeau à CBf-FM, il y a peu.
Le « concordien » a apprécié mon dessin d’un « guenillou » sur mon site, dit qu’il va se mettre à l’aquarelle lui aussi. J’ai en tête : les Italiennes cueillant les feuilles de pissenlit au Parc Jarry, deux gamins aux billes (smokes, marbres ?), un tramway bondé, le « p’tit char en or », etc. Que l’esprit de Marc-Aurèle Fortin veille sur moi !

François Jobin de Brownsbrg ( ref : L’ass. des écrivains laurentiens) me remercie d’avoir si vite répondu à l’appel d’un petit texte pour son petit magazine. Mon secret : ma paresse me fait agir promptement. Ne jamais remettre à demain…
2-
Dufort, amusant fumiste (volontaire) à la télé —« Infoman »— hier matin, à la radio publique : « Je n’ai pas lu deux livres dans ma vie ! » Aïe ! Combien sont-ils de ces générations à négliger la lecture ? Je n’en suis pas du tout scandalisé. Surpris ? Certes. Un monde « autre » s’installe, veux veux pas vieux bonhomme.
J’ai égaré, mystère, une grosse tablette à papier « désacidifié » Achat, hier, de deux petites tablettes à aquarelliser. C’est cher. Bizarre : jadis, mes meilleures pontes se firent pourtant sur du papier banal, « cheap ».Même sur du papier-journal parfois. Je m’intimide facilement (fou non ?) face à du papier de luxe ! Né pour un p’tit pain ?
3-
Aile tourmenté, nous allons fêter Mimi Dubois ce soir, dans son coquet jardin à piscine, à Mont-Royal. « Quoi donc lui acheter ? Aide-moi, Clo ! » Ne sais que dire. Le vieux dilemme. L’épouse de l’ami Dubois (L’ex-grand sec d’Orléans) retraite (du cégep Marie-Victorin et veut (une autre !) s’adonner à l’aquarelle. Chez le papetier du boilevard hier : »Vous auriez pas un ensenble de pinceaux à aquarelles ? La vendeuse : « Ah non »! Eh ! Vivre hors-la-métropole a ses inconvénients.
Hier, tonte radicale du terrain. Ouf ! Essuyant mes sueurs, écrasé dans un transat, j’admire ma bonne besogne. Grande satisfaction une fois de plus. Aile : « Oui, je te comprend, nous éprouvons cela, les femmes, après un bon ménage dans la maison ». Courriel de Manon A. : « J’ai lu votre journal, ces bébites inconnues… Brrr…Peur maintenant d’aller « pédaler » sur votre lac ! » Je ris. Aile a terminé le « Mistouk » saguenayien de Bouchard et me raconte qu’il installe les héros « des autres » dans sa saga de son héros, Noé : Le Survenant, Maria Chapedelaine, Jack Monoloy, etc. Pourquoi pas ? Aile : « À la fin, j’étais émue par ses pionniers valeureux qui ont traversé des temps de misère effroyable. Je vais l’essayer. Un correspondant outremontais souhaite m’enrégimenter —avec lui— dans une controverse. Ne sait-il pas qu’ici, j’ai désormais mon défouloir utile ?
Vu hier à TV-5 « C’est show » avec un gras animateur, très « gogoune », très chevelu et à voix de fausset, franchouilard à la parisien ! Zap ! Avions mis sur ruban —cher magnéto— un film-culte, 40 ans à souhaiter voir ce Stanley Kubrick ancien. Coté numéro : « un » au palmarès. Or c’est un stupide et vain navet que ce « Docteur Folamour » Culte de mes deux fesses ! L’antimilitarisme et le pacifisme méritaient mieux. Aile vraiment stupéfaite. Moi itou. Peter Sellers y a deux rôles bien mince (y est étonnant, si doué). Un scénario alambiqué, obscur, confus. Bref : un film pourri. À coter « 6 ».
4-
J’ai reçu (le 4) et renvoyé, hier, les 178 premières pages du journal à Trois-Pistoles. Dix piastres viande à chien… Le bus du terminus d’en bas ronflait, prêt à emporter ma prose révisée là-bas. La réviseure (fort bonne) y a fait quelques coupures… que j’ai refusé. Elle ne suggérait pas, elle coupait ! Non mais… Sortie du journal —« À coeur ouvert »— m’écrit V.-L. B. à la mi-octobre. Curieux de relire mes éphémérides de décembre, de janvier, tant de neige… Au prochain Festival de M. Losique, fims de 75 pays. Qu’on ne verra pas, personne à part quelques zélés cinéphiles montréalais, à nos écrans voisins ni au club-vidéo hélas ! Place aux produits « made in USA » seulement ! À quand un Canal-films-du-monde ? Sur 400 films, un seul québécois ! Eh !
5-
Lucide Daniel Pinard au sujet du défilé-homos : « Caricatures pour faire rire d’eux pas les hétéros attroupés… » Bravo, bravo ! Les militants du ghetto devrait vite abolir cette parade de tantouses et autres « folles » exhibitionnistes, il se tirent dans le pied.
Crainte ce matin d’un appel de TVA à propos du projet « musulman » (un Centre culturel-temple), à Brossard. Aile : « Fais très attention, si tu es « contre » tu te feras encore cataloguer « intolérant », Clo ». Elle a raison. Comment dire en deux ou trois minutes mon opposition : ces émigrants devraient toujours faire voir un besoin farouche de s’intégrer aux Québécois. Ainsi, ils devraient monter une vraie curiosité pour le pays adopté. Au lieu de faire cela, installer un gros machin musulman, rue de Rome, devient, hélas, une sorte de provocation : « voyez, nous ne somme pas du tout comme vous, nous allons vous le démontrer avec emphase, le prouver, installer ici notre Maison culturo-religieuse, etc. C’est maladroit. Simplement maladroit. Voyez-vous un fort groupe de Québécois, en Inde (ou ailleurs) installer un centre culturo-religieux (catho) ? Exilé, je serais contre. Adoptant une neuve patrie je voudrais que mon groupe d’exilés fasse voir une curiosité totale, fervente, sympathique, agissante, illustrant que cette nouvelle parie nous importe, que ,On souhaite nous intégrer —sans la globale assimilation déracinante — devenir des citoyens à part entière. Étudier la culture de « ma » novelle patrie, ses us et coutumes, sa religion « nationale » fondatrice, son histoire. Le souhait normal, sain, de l’intégration totale. Oui, comment bien dire tout cela en trois 3 minutes ? TVA n’a pas téléphoné, alors silence.
6-
Mes gazettes : des carrière-Miron s’installent en banlieues pas bien lointaines. Loin de notre rue Papineau quoi ! Payant commerce : 33$ le camion ! Pas de frais importants, que des champs vacants. Allez-y : « dompez les gars, dompez vos merdes » ! Des écolos s’inquiètent. L’affreux jus toxique —le lixivat— traverserait vite les toiles —géotextiles— ou la glaise. Nappes d’eau souterraines à jamais polluées alors. Misère : le recyclage coûte cher. Les sophistiquées machines à dépolluer aussi. Agitation utile, à Sainte-Sophie, poche de Saint-Jérôme, par exemple.
« Yves » Yves ! » réclame les animateurs de la radio publique. Il observe le trafic des heures de pointe. Sa voix nasillarde amplifiée par le téléphone grésille. Le surveillant a un tas d’appareils sur son tableau de bord, montre une photo du journal. Oh ! Un jour : « Yves, Yves ? » et pas de réponse. Il se sera fait tué, cellulaires aux mains !
Michelle T. me couriellise sa petite vie. J’aime. Veut retourner bosser. Son C.V. est chez TQS. Mais peur d’un « oui ». Dilemme. Enfants si jeunes. Son « homme » travaille avec Stanké à de nouvelles facéties à « caméra cachée ». Elle viendra « aux couleurs » par ici cet automne. Spectacle naturaliste en effet fascinant. Soudain : « faudrait que je termine mon maudit livre… » Ah ! Une autre écr…evisse (vice) ! Courage Michelle, oui, courage !
Au vu le « making of » de « La planète bleue » à Découvertes. Cinq années de guets terribles, caméras aux poings, des heures pour une minute rare ! Faut du fric. De l’équipement coûteux. Des équipes entières. Pluseurs « commandant Cousteau » quoi, En fin de compte des images qui serviront et cent fois. On les fera voir et revoir dans des décennies, non ? Investissement lucratif ? Aile et moi fascinés vraiment par toutes ces bêtes nageuses —et avaleuses des plus petits— dans les eaux du monde entier. Hélas, que de fréquentes pubs criardes. La grossièreté a un nom :la pub intempestive.
Ce même dimanche : revu « Le parrain », no. 3. Le tueur (Pacino) Michael Corleone (fils de Marlon Brando du numéro !) devenu vieux, voudrait se réhabiliter. Impossible comme on sait. La meute des assassins italiens —Dieu que les Ritals doivent être encombrés par cette réputation de leurs effrayants marginaux !— l’entoure, le rejoigne, lui recommande une suite de meurtres neufs. Puzo, cette fois, y mêle l’affaire sordide de la Loge P.2, de la Banque vaticanesque, de la mort subite (questionnée encore) du pape Jean-Paul premier ! Anti-catholique ou bien informé ? Il laisse entendre une collision effarante entre la papauté (via l’immobilier gigantesque) et la mafia sous Paul numéro 6, mort à 81 ans. C’est embrouillant. Voulu ? Oui. Comme avec « Omerta » de Dionne lu sa récente saga de motards-criminels. Le public captivé par le sang qui ruisselle sans cesse, se dit-on, ne sera pas trop exigeant sur l’embrouillamini, sur les tenants et aboutissants du scénario pas bien clair. Mépris ? Oui. Encore les fréquentes pubs abrutissantes —le CRTC ronfle— bafouant le public qui n’a pas de magnéto. Viendra-t-il le moment où, réunis, les créateurs de films s’opposeront à ce charcutage grotesque ? Il le faut. Fellini avait essayé et il n’y avait pas entente hélas.
7-
J’y reviens : Saint-Germain, excellente questionneuse, regrettait avec Dufort qu’on ne trouve jamais de commentateurs libres aux actualités, comme il y en a dans les imprimés. Ont bien raison. Dufort parle de Montgrain à TQS et de Claude Charron qui s’en va chez Bruneau à TVA… en, peut-être « columnist ».
Raymond Lévesque dans le Dev dit, avec bon sens, que la cigarette est bien moins mortel que voitures et camions. Pourtant pas de capgne avec images horribles…Voyez-vous cela ? Collage obligatoire de « cadavres » sur la bagnole ? Sur les camions ? Aux postes d’essence ? Horribles, dégoûtantes vignettes colorées au sang partout : « Danger : la gazoline tue » ! L’État-maquereau a trop besoin de taxes…
Pierrot Péladeau, lui, déclare que l’on est en route pour se faire gouverner (dans pas bien longtemps) par des puces ! E oui, c’est parti, avec, très bientôt, des puces savantes accrochés à notre carte de ceci et de cela, permis de conduire, santé, etc. Le génial Teilhard de Chardin prophétisait bien avant l’électronique sophistiquée : « Nous vivrons tous dans des cages de verre ». Hier matin, même page de journal, François Beaulé a pondu un excellent article sur conscience versus science, sur rationalité versus spiritualité. Je l’ai lu et relu. Avec contentement, aussi grande inquiétude. Un autre « lettreouvertiste » : si Jésus avait eu deux ou trois femmes parmi ses apôtres ? Il y aurait des tas de prêtres féminins alors ? Car, dit-il, le grand argument vaticanesque (bien sot) est : « Jésus n’a choisi que des hommes comme zélateurs ».
9-
Mardi, « docu-menteur » à la télé de RDI : la vie de Marilyn Monroe. Platitudes et redites. L’orpheline et sa gourmandise de se faire photographier. Prudentes images muettes pour son complexe d’infériorité ? Le mépris de Lawrence Olivier. L’abus de médicaments. Les suicides ratés. Les 13 avortements et… rien sur les Kennedy ? Déception. Curieux, jeune homme, cette actrice de cinéma, si populaire déjà, me laissait de glace. Attitude de jeune intello ? Je me sentais comme à part des autres, du monde ordinaire et normalement grégaire cela m’embêtait un peu. Quand le dramaturge Arthur Miler que nous admirions tant l’épousait, nous nous disions, aspirants-artistes et écrivains, que le gars voulait une popoune, une « star » pour briller niaisement. Notre déception alors. Voyant des flics (à New-York) diriger le trafic des villes, je me suis souvenu des nôtres à Montréal aux importants carrefours, petite pointe de nostalgie. Un être vivant, gesticulant, au lieu des feux synchronisés. Une perte d’humanité ?
Grand plaisir de revoir « The rear window » de Hitchcock (son meilleur, ma foi !). Ce vaste décor d’appartements où les commérages font florès me fascinait encore. J’y retrouvais la cour arrière de ma jeunesse quand les voisines jasaient sur toutes les galeries. Que nous savions tout sur tout le monde. Une chaleur qui me plaisait tant. Que j’ai voulu illustrer (souvent) dans mes livres autobiographiques. Un temps fini. Hélas ? Je ne sais plus.
10-
De Guise dans Le Dev du 6 août dit : foin de ce 11 septembre 2001 ! Qu’il faut plutôt commémorer « le 6 août 1945 », jour du plus grand massacre terroriste de tous les temps, spécifie-t-il. La bombe aux 200,000 morts, pas 3,000 à Manhattan, 200,000 ! Sur la population civile d’Hiroshima. Oh ! Nullement culpabilisé, trois jours pus tard, le 9 août, on remettait ça : Nagasaki. Grand moment de silence chez Aile quand je lui lis ce rappel funeste de De Guise. Perplexe, j’y songe.
Au pays de Dracula, chasse aux sorcières. Des gitanes. La Roumanie veut exterminer ce payant (et hors impôts) commerce de romanichels, une coutume répandue et estimée dans la populace. Mes sœurs midinettes allaient chez une mystérieuse Italienne du voisinage pour se faire « tirer l’avenir » ! Mes parents les grondaient : gaspillage d’argent. Et moi, « fin finaud » du cours classique —payé par leurs pauvres gages d’ouvrières— je les ridiculisais. Honte à moi ! Dans un des mes 78 sketches du feuilleton (La petite patrie) j’avais illustré une telle sorcière : ma petite sœur disparue, le pendule de l’Italienne dans la cuisine, mon père enragé contre elle…
Moins de nuages, ciel plus clair. Soleil brillant. Aller nager. Les aquarelles… ? Qu’elles attendent !

Le dimanche 28 juillet 2002

1-
Effondréééé…. le diariste :quatre heures de clavier chez le yabl’, j’ai cliqué à tort et l’icône insolite apparut, je clique « Non », toujours, quand ces insolites surgissent. Merdre ! J’ai perdu une dizaine d’entrées ! Je rage. Je téléphone au fils imacien comme moi. « Ah, je te l’ai dit souvent , tu « saves » pas. Misérable père distrait ! Trop tard. Ton long texte est tombé dans les enfers ordinateures. » Je sonne chez Carole l’experte, elle aussi : « Rien à faire. Faut ré-écrire tout cela. Je regrette ». J’en bave. J’avais mis quelques « lumières » ici et là. Bon, au clavier, courage et ne fuyions pas.
Un dimanche matin de brume. Exactement comme samedi, hier. L’impression, au lever du lit, de vivre sur une île ! Îlot. Le terrain émerge mais tout autour ce sfumato blanc ! Une petite planète. Pas de perspective aucune. Pas de haut ni bas, une verticalité étonnante. Blanche. Décor surréaliste chaque fois. Un temps pour…diarer donc. J’y monte.
Samedi soir, deux fesses. Roses. Chez le Claude des « Délices.. », rue du Chantecler. Yam ! Correction : « Silence on court » est un titre générique à T.Q. (pour toute une série) et pas celui du film si « amateur » vu vendredi soir à Artv. L’acteur De Niro, revu avec Lipton. Quel fabuleux comédien. Il pleut. Corrections : j’ai mis Hyppocrate, c’est Hippocrate. J’ai mis guingette, c’est guinguette. « Ortograf », mon démon maudit. Juste un peu « moins pire » qu’au collège quand on me fichait (ma détresse) des « zéro sur vingt » à cause de l’orthographe, à moi le gnochon, qui aimait tant déjà composer de belle rédactions françaises. Paresseux aussi :j’ai, sur mon I-Mac, ce correcteur pourtant. Paresseux vicieux va !
Ce JMJ à Toronto : tout divisé, tout tiraillé. Aile ma belle pleureuse braille soudain. Ce vieux papa malade la bouleverse. Moi ? Aussi ému en fin de compte. Une idole. Paganisme involontaire. Un seul Dieu tu aimeras…. C’est lui « la » personnalité au charisme indéniable qui aimante tant de foules, lui seul. Le vieux Polonais mort, y aura-t-il pareilles rassemblements ? Permis d’en douter. C’est le fond de la question. Et aussi mon scepticisme sur un catholicisme vraiment renouvelé. La curaille (en violet, en mauve, en ceinturons variés), en profite, installe des confessionnaux, ouvre le catéchisme vulgarisé… En vain ? On verra bien si dimanche prochain nos églises cathos seront remplies de jeunesses ! Doutons-en n’est-ce pas ?
2-
Pas top inquiet pour la patronne virée (en réalité, selon tant de rumeurs) de la SRC. Michèle Fortin ira jouer de « la chaise honteuse », ce tout petit cirque des cooptations. On a vu cela pour les autres dégommés. Un club sélect.
J’y repense : nous aurions une belle photo du pape polonais et moi, à Paris en 1980. Aile à l’appareil photo, moi, dans le bon angle sur un boulevard aux passants disséminés, il s’en venait pas loin, saluant la toute petite foule. Je me disais :c’est papa le pieux qu sera content, son fils —« défroqué »— salué par le Pontife de Rome ! Patatra ! Aile, démone, avait mal chargé la pellicule et… pas de photo historique !
Fou de sa succulente confiture-maison, Aile cherche des fraises. N’y a plus que des framboises. Elle se ramène avec des … fleurs pour me consoler ! Je l’aime. Je n’ai pas osé lui raconter ce rêve fou, d’un érotisme curieux, où deux beautés lascives, dénudées, se collaient, frénétiques …Silence !
Voyant un Jésus très efféminé, puceau glabre doucereux dans une gazette, je veux faire des aquarelles sur la religion de ma jeunesse en vue de cet album-petite-patriesque illustré (édition chez Ville-Marie en 2003). À une vente de garage, proche de Lachute, je vois un Christ sanguinolent à l’espagnole-jésuistique. Je dis à la vendeuse : « Combien pour ce cadre ? » Elle dit : »Deux piastres » et arrache la gravure sanglante et la froisse certaine que je veux le cadre et sa vitre. Je saute sur la pieuse image, la défroisse, peiné. Elle en est étonnée. Ce barbu aime Jésus ? J’ai encore cette image de sang et de sueurs. Elle va m’inspirer. Je barbouillerai une Fête-Dieu et quoi encore ? Une procession de la Saint-Antoine, devant l’église Santa Madona della difesia, voisine de chez nous. J’ai hâte.
À la radio du samedi matin, Jean Bissonnette, retraité, gérant de « Bye Bye » audacieux : « Ça serait plus faisable maintenant. Il y a tant de pression (le puissant lobby droitiste, les marchands). Un de RBO ensuite : « Impossible en 2002. Nos charges féroces sur des publicités quétaines …non, il y aurait un veto, c’est certain. » C’est beau le progrès hein ?
Aile et moi délibérément francophones. Nous ignorons complètement la culture pop des amerloques. Trop des nôtres s’y collent en colonisés inconscients. Une Monique Miller, l’autre solr, comparait les mérites des Jay Leno et des Leiterman… On les a jamais vu, les connaît pas ! Elle en est étonnée, nous regarde de travers un peu. Lussier dans « La Presse » recommande souvent des show « made in USA ». Ce monde tout-puisant a-yt-il besoin de ces publicitaires innocents ? Il fonctionne sans nous. Les fans du « way of life USA » n’attendent pas son « choix » quotidien. Ils s’y plongent en petits »toutous » fascinés par les gros Crésus de « l’entertainement ». Pourquoi jouer ce jeu ? La mère Cousineau s’y complaît bien moins.
Le « milieu » des artistes —je ne cesse pas de dénombrer ces colonisés inconscients— est farci de ces candides et bizarres nationalistes : ils gueulent pour les différences culturelles et se vautrent néanmoins dans les gnochonneries étatsuniennes télévisées. Attraction fatale et, hélas, mondiale.
On nous sert : « tas de « bas-de-laineux » ou « gang de ceintures fléchées »! Erreur. Combien sommes-nous qui souhaitent voir les meilleures émissions de Chine ou du Japon ? Du Brésil ou du Mexique, nos voisins continentaux. Ce serait vraiment international. Assez de « seulement les USA » ! Les Québécois, c’est dit et redit si souvent par des visiteurs étrangers, sont très curieux des autres nations. Non, bienvenue au dumping USA. C’est pas cher, les amortissements se font vite chez ces plus de deux cent millions de consommateurs de ce gras show-business outre-quarante cinquième. On obtient cela pour des pinottes, alors on fonce dans ce rétrécissement culturel chez les programmeurs de télé. Horreur ! Horizon culturel « one track ».
Nous regardons les nôtres, aussi, très souvent, TV-5 pour la Suisse, la Belgique et la France. Il faudrait des canaux divers. Cogeco (ici) nous offre des tas, un florilège touffu, de canaux Usa. Qu’on regarde jamais. Maladie infantile du « satellisme » « one way » ? À bas cette univocité plate, non ?
J’ai rédigé, hier, ma lettre mensuelle en écho à celle de ma quasi-jumelle, Marielle. Bulletin de nouvelles du clan. Actualités de la tribu ? Oui. Une coutume chérie. Par écrit, c’est merveilleux, tellement mieux qu’au téléphone.
Tiraillement samedi soir entre Fellini de Rome et Jean-Paul de Rome à Toronto. Zapette que l’on s’arrache. Aile envoûtée par ce vieillard charismatique. Avec raison mais…mon cher Fellini. Quand nous voguons entre « Juliette des esprits » et le festival jeunesse torontos, même ambiance visuelle ! Notre stupeur. Même climat atmosphérique :grilles métalliques, réflecteurs puissants, foule en ombres chinoises…Bizarre surprise, je vos jure.
La saga des Molson : 1790, vingt ans après l’abandon de la France, toute prise qu’elle était par sa guerre sur son continent. John Molson, orphelin, a ris un vieux bateau dangereux et s’en vient à 19 ans avec un petit pécule. La nuit, enfin parvenu sur le Saint-Laurent, de canots surgissent dans la nuit, cris des « sauvages », avec des « halloooo » en guise de salutations sonores dans la totale obscurité.
Sachant les rudiments de ce métier, le voilà au pied « Courant Sainte-Marie », installant une malterie pionnière. Hier, aux nouvelles, je voyais de la Molson à Toronto et je lisais sur son installation récente au Brésil ! John, à 19 ans, initiait donc toute une future famille au houblon, à la levure, au brassage de l’orge « canadien ». Son client principal : les « occupants » armés qui nous sueveikllent encore et qui « watchent » les patriotes des jeunes USA —libérés de Londres-monarchiste— il y a 15 ans et zieutant ce Canada à avaler.
La soldatesque (mercenaires compris) a droit à ses six « pintes » par jour ! Rue Notre-Dame, hors les fortifications donc, le fermier Monarque (seul C.-F. mentionné !) vend ses terres peu à peu car Molson s’agrandit. Ce débrouillard idusriel sera aussi marchand de bois, hôtelier, proprio de « batteaux » à vapeur et même banquier. Je poursuis cette lecture où je redécouvre qu’avec 10 % de la population, les blokes (Écossais surtout) détiennent 50% et plus des richesses montréalaises ! Dire qu’un jeune con d’ historien affirmait chez Charron (à Historia) que la Défaite (pas la Conquête hein ?) avait été bénéfique aux nôtres ! Sic ! Malade !
Au restau samedi, Aile me parle longuement de son papa mort —du cancer de la gorge— jeune, à 64 ans,. Ses regrets. Son gros chagrin de ne pas l’avoir mieux aimé, écouté, questionné, etc. « On est imbéciles, Clo, quand on est jeune, non ? » Oui. J’ai aussi d’immenses regrets de n’avoir pas mieux fréquenté mon vieux papa. Jeunes on est tout pogné par nos propres intérêts. Je lis les regrets de cette même sorte chez la célèbre actrice, Jane Fonda qui, vieillie, se reproche de n’avoir vu qu’à sa carrière et pas assez aux siens. Enfants négligés, vieille histoire classique ?
Je n’ose écrire que je fus bien plus attentif. À cela, seuls peuvent répondre adéquatement mes deux enfants, n’est-ce pas ? Pourtant, oui, il me semble… Père-modèle ? Non, ça n’existe pas bien entendu.
Baignades samedi, fréquentes. Avec moi, au rivage, le Molson (1890) du temps des lampes à l’huile de baleine, enmpuanteuses, des égouts à l’air libre, du quai quémandé en vain, de l’eau potable vendue à la criée, des malades partout, des morts d’enfants sans cesse, des rares bourgeois (tous anglos ou presque) en calèches sur des rues mal pavées, et mon confort moderne.
Monique et son fils nous vantaient le four micro-ondes… Je balance. Aile n’en veut pas. Pas davantage du portable (cellulaire). Moi itou ! M. Molson, lui, aurait dit « oui « à tout cela, je suppose car il part pour Londres acheter les derniers modèles d’outils pour sa jeune brasserie, des moteurs modernes pour ses deux barques de luxe qui font Montréal-Québec en 23 heures !
Samedi soir, « Casanova » suivait « Juliette… » avec Sutherland, jeune, laideron facétieux comme un Marc Labrèche. J’avais détesté ce Fellini (fait rare), j’ai encore pas du tout aimé ce film. On ferme et dodo alors, avec, chevet, le livre des Molson. Plus tôt, en zappant, cocasserie, on voit la petuie Juliette sur un grill de théâtre prête à rôtir pour sauver son âme. Giuletta Massina —si vraie fameuse en épouse cocue dans « Juliette.. »—
sera délivrée par son papi athée et on voit aussitôt une séance niaise de chants plats avec chorégraphettes insipides sur l’estrade. Gestuelle désincarnée qui m’assomme chaque fois. Se continuait ainsi (avec Fellini moqueur) une religiosité soi-disant spectaculaire et très navrante. Tel ce Chemin de croix (de Gendreau) dans les rues torontoises. Images d’Épinal navrante. Un Jésus en hyppie, bel adonis, un Acadien, aux allures Woodstock ?
Mépris ou démagogie ? On a eu peur de faire entendre à cette jeunesse la si remuante musique grégorienne, ses chants si beaux ? Ouen… l’on préfère les battements de nains à la sauce néo-africaine des raves pasteurs évangéliques du Sud des USA. Oh Lord, oh Lord ! Alleluia, amen ! Ce mot « Lord » que je honnis, faisant des fidèles des quoi ?, des domestiques ?, des cerfs bien dociles ? Un esclavagiste : Jésus en « bon Maître missieu » ! Vaste Case d’Uncle Tom ?
Mes coupures gazettières ? En vrac. La Ouimet encourage le Ministre Cauchon d’ « Ottwawa » d’avoir le courage —il médite ce week-end— d’imiter la Hollande et…. Québec pour légaliser le mariage des homos. Parodie des hétéros ? Contrat légal entre conjoints de fait — homos ou non— mais oui. Cérémonie nuptiale loufoque, non. Ce petit et actif lobby, devenu puissant, sert bien la rectitude politique. Cette minorité accapare la une des journaux. La marginalité fait vendre de la copie, meuble les petits écrans mais rien ne changera la réalité qui a fait dire à l’animateur Pinard qu’il se serait empressé d’avaler un comprimé, s’il avait existé, pour quitter son état d’homo.
Dix images comme une b.d. illustre le code secret des gestes des Hells et Cie. Cocasse. Gestes clandestins pour voler, ou drogues en vue, surveiler, messe-caucus, police pas loin, pour un kilo de coke, pour… tuer ! Oh ! Omerta sinistre alors !
La Lysiane de La Presse, hier, reprend sa Mission Gesca-Power. Le Ministre Legault qui fera cesser l’odieux « médecin-businessman » n’est qu’un matamore et sot. Les tribunes libres (radio-journaux) montrent souvent l’accord des « clients » d’hôpitaux. Tous des sots, Lysiane ?
Casivi, lui, avec raison, fesse sur les organisateurs de spectacles qui gardent les bons billets pour la chapelle intime, la coterie, les VIP, le gang de bons amis. Il dénonce ce favoritisme. Souvenir : au Festival du film (1968 ?), je vois une rangée de fauteuils libres, je m’y installe. Des gorilles surgissent : « Quittez vite, ces places sont pour Monsieur Péladeau et ses invités. Mon refus. Gérant accouru, les baguettes en l’air. Je ne bouge pas. Raminagrobis P. s’amène, je dis : « Bonsoir, je voulais absolument être à vos côtés. » Il rigole et me serre la main. Fin des énervés « men in black ».
Ce matin, dimanche, l’archiviste captivant de La Presse, Vennat, me cite —sans me nommer— pour mon interview du peintre Alfred Pellan le 14 juillet 1962. Souvenir encore : Pellan qui rebondit sur le terrain paternel à Pointe-Calumet, arrivant de son Sainte-Rose (Auteuil maintenant), le crayon rouge aux doigts. Il veut nuancer ses propos. Je dis : « Mais c’est trop tard, c’est publié. » Lui : « Non, non. En cas, pour plus tard… » Sacré Pellan : son art surchargé de signaux visuels chambranlait face au triomphe de l’abstraction lyrique. L’art tachiste incandescent de Riopelle régnait, Borduas et ses avatars aussi —Borduas, rival que Pellan détestait vu son anti-dogmatisme total. Pellan aurait pu mieux utiliser sa veine « primitiviste », naïve, être notre Chagall. Il a brossé des tas de tableaux étonnants cependant, des éclatements très graphiques, chaudement colorés, uniques.
Un farouche athée, Réjean Bergeron, y va d’un long papier anti-JMC à Toronto. Pour lui c’est un carnaval pitoyable, des dévotionnettes lamentables à « un humain hors du commun ». Vedettariat risible. Croyant, je ne suis pas choqué. Vive la liberté de parole! Je suis agnostique. Je crois pas à un « Notre père », celui de la belle prière rédigée (texte apocryphe ?) par des évangélistes zélotes. Je crois à une Lumière éternelle pour les esprits (âmes si on veut) puisque l’esprit est indestructible, imputrescible, comme les ondes ( Stephen Hawkings dirait aussi cela). Nous nous retrouverons, tous ceux qui ont vécu un peu en humanistes —après la mort physique de nos carcasses— dans cette Lumière paradisiaque… et j’invoque tous mes défunts souvent…chaque fois que l’angoisse métaphysique me hante. Non, les êtres humains, M. Bergeron, ne sont pas seuls. Non.
Sur quatre longues colonnes, La Presse étale les orientations de la série « Sex and the City », Non mais… on s’en sacre-t-y ? Un chef de pupitre participe ainsi à davantage de colonialisme USA. Coup de pied au derrière qui se perdent partout.
Vincent Arseneau dans l’excellente page « À votre tour », du quotidien (dominical) de la rue Saint-Jacques s’insurge avec raison contre les téléphoneuses du télé-marketting, le soir. Le plus souvent, comme Arseneau, je les envoie paître. Parfois je songe que les jobs sont rares, qu’il faut bien gagner sa vie. Aussi, il m’arrive de jouer l’amusant interlocuteur et pour distraire un peu ces filles enchaînées, je blague. Récréation ? Complaisance nigaude ? Non, certaines me remercient de mes blagues.
Les touristes des USA, (marché de 265 millions !) sans devoir prendre l’avion, pourrait découvrir un vrai pays différent, le Québec. Non, nos marchands sont trop bêtes pour saisir cette manne commerciale. Ou trop racistes ? Ou trop francophobes ? Titres des bars, discos etc. Lisez : Angels, Bed Room, Blizzarts, Bily Kun, Blue Dog, Bourbon Street West, Club One, Cream Night Club, Funhouse, Groove Society, Hurley’s Irish Pub, Llume Room, Jupiter Room, Jingxi, Laika Club, Living, Medley, Pub Sky, Rainbows, Sky Club, Square Dorchester, Swimming. Tiffany, Tokyo, The Tunnel, Unity 2, Upstairs … Se tirer dans le pied (à profits commerciaux) c’est cela !
Cinq colonnes — La Presse encore— pour nous raconter que la Chine actuelle s’américanise rapidement. Qu’en pense son auteur, Ludovic H. ? Rien. Motte ! Aucune opinion. « Facts only », dit un vicieux réglement —implicite— chez American Press. Oui, il y a un « Bourbon Street » en Chine moderne comme à Saint-Sauveur. Le reporter nous jase un brin d’un homo de Montréal (Mark) qui se fait suivre, à Shangaï, d’un aréopage de « minets chinois ». Grande nouvelle hen ? Mark est le gigolo d’un petit vieux australien. Comme c’est intéressant , hen ?Benoit Braud déclare : « les Chinoises fondent pour les Occidentaux plus gentils que les Chinois avec les femmes ». Eh ! « Si j’ara su, j’ara venu ». Ce journalisme de mémère exilée fait pitié. Non ?
Qurtelle vaine : sortez les vélos du trafic. L’un dira : « Jeunes et pas riches, on a aucun autre moyen de transport ». L’autre : « Tous des têtes de linottes dangereuses » ! Cher vélo de ma jeunesse, rivé à moi, pour aller au collège de la lointaine rue Crémazie quand le tickett coûtait 3 cents noires ! Quand je promenais la belle Irlandaise, Marion Hall, sous les stalles désertes du Marché Jean-Talon, ou autour de la Gare Jean-Talon, la belle Italienne, Angela Capra. Cher vélo inoubliable.
Mort d’Évita (Peron) il y a 50 ans en 1952 ! À 33 ans. Un film pas bien fort. La vedette : Madonna, en dame peronniste toute zélée. Charitable, se souvenant d’où elle sortait. Surnommée Evita, elle sera la Bien aimée du populo candide et snobbé par les élites argentines. Une légende vraie : une pauvresse bien jolie sauvée par le grand homme, ex-colonel, malin et ambitieux, démagogue, ce Juan Domingo Peron. Un dictateur « soft » d’un pays en chicanes civiles perpétuelles. Mort, funérailles nationales. Une belle chanson : « Don’t cry for me Argentina ».
La pluie a cessé, une fin d’après-midi ensoleillé. Descendre me baigner avec le père Molson sous le bras. Allons-y.

Le lundi 22 juillet 2002

1-
Bel après-midi. Prélassement total, chaises longues matelassées, baignades, lecture du « Nouvel Obs » —sur la vérité et les mensonges dans la Bible—, Aile lit « L’Express », je repars nager vers le radeau et, coucou, passage du rat musqué familier, au large un canard, solitaire !, visions de poissons rouges énormes (venus de bocal renversé?), carpes capables de s’adapter au lac d’ici donc ? Mon ignorance. Soudain : adieu soleil, adieu chaleur, le ciel virant au gris sombre, vent plus violent, on monte vitement vers la maison. Le temps d’aller au journal est venu.
Tout un week-end passé avec une terrible pie bavarde dans mon genre, la comédienne émérite Monique (Miller). Elle et son fils Patrice (Gascon) sont repartis ce midi. Taquinage dès samedi midi (à son arrivée) avec cette « nouvel officier de l’Ordre du Canada ». Elle ira bientôt chercher sa médaille, logée, nourrie, à Vancouver, billets d’avions payés ! On a rigolé. Je lui ai répété qu’elle devait dire : « J’accepte cet honneur d’un pays étranger mais néanmoins ami ». « Laisse-moi tranquille, on a pas le droit de parler. Okay ? » Comment ça se fait ça qu’ à moi, Ottawa ne m‘offre jamais rien, ni médaille, ni ruban? Monique : « Pis j’suis p’us séparatist’ Jasmin ! Depuis tu sais quand ».
J’ai lu le prof, auteur-éditeur Brochu ce matin dans la « une » du Devoir. Il narre avec cruauté l’état piteux de l’idée nationaliste de nos jours. Oh la la ! L’académicien y va d’une lucidité remarquable mais atroce. Le lot des déçus, des découragés grossit vite ma foi du diable ! Moi ? Je serais le dernier, le seul, à lutter pour notre indépendance, je continuerais à la proclamer. Toujours. Jusqu’à ma mort. Nos compatriotes (quatre sur dix !), pour des raisons connues, craignent le changement. Ce fait têtu ne change pas une conviction, il me semble. Je reste optimiste.
Dimanche, visite avec nos deux invités à Val David pour les « 1,001 pots » (de céramique). La qualité baisse. Vaste fourre-d’argiles diverses tout bien démocratique mais… Déception légère de tous. À l’aller, vision sur la 117 de troupes assemblées. Police, ralentissement. Val Morin reçoit pour un cérémonial de type indou mais on ne sait trop de quoi il retourne. Ce matin, nous apprenons qu’il s’agissait d’un vaste pow-wow religieux, Tamoul. Ça ne devait pas trop causer en français !
Un bonhomme (reportage de ce matin) installé longtemps aux USA revient tout heureux à Montréal. Il vante la place. Ça fait chaud au cœur de lire son grand plaisir. Dira-t-il qu’il veut s’intégrer à nous, qu’il avait besoin de nous ? Non. Pas du tout. Il ne vante que l’aspect cosmopolite de Montréal. Pour lui, c’est le suc de l’existence. Le 84 % des nôtres le laisse de glace. Il dit qu’à Montréal, il ne perçoit pas l’homogénéité raciale qu’il devait endurer à Atlanta !Ils sont nombreux ces zigues (dont certains des nôtres). Le Québec ils s’en crissent ! Notre culture, nos us et coutumes, notre histoire, notre avenir incertain, nos combats de résistance ( 2% au milieu de la vastitude anglo-saxonne) c’est de la schnoutte ! Ils n’aiment que la mosaïque de ghettos du centre-ville. Une sorte de racisme. C’est bien clair.
Tout autour de ce centre-ville à ethnies « variables » (tant s’exilent vers Toronto tôt ou tard), vivent les nôtres, à Longueuil comme à Laval, à Saint-Hubert, à Saint-Jean comme à Sainte-Thérèse et à Saint-Eustache… des millions des nôtres, rien à faire. Toutes ces foules ne comptent pas, non, ce qu’il estiment c’est le carnaval des ethnies. Un racisme, oui.
2-
Le tonnerre gronde maintenant, on passe de la grisaille à l’ardoise dehors. Le vent a viré de l’ouest vers un nordet énervant. Ça sent l’eau qui va tomber en trombes…On verra. Monique nous a beaucoup parlé de sa tournée en Europe avec « Je suis une Mouette… », le captivant spectacle monté par Denoncourt. Un franc succès de Marseille à Berlin, à Munich, etc. Cette fille possède une énergie renversante. Je ne me voyais pas trop, (on a à eu près le même âge) dans mes valises, changeant d’avion, de train, de ville… Mais non, Monique, elle, raconte ses périples avec joie, fait voir tout cela comme une expédition agréable. Facile, ce lot de représentations à l’étranger ? C’est qu’elle adore son métier, je suppose.
Aile, Monique sur la route, semble toute essoufflée…d’avoir vu encore cet engin inouï, Monique, qui cause, qui brille, qui se souvient de tout, de tous, qui est une mémoire absolument prodigieuse. Tant que je lui dis : « Tu veux pas que je te rédige un bouquin, tout ce que tu sais, pourrait se perdre, non ? » Elle rit. Me fait comprendre sans doute qu’elle se sent encore trop jeune pour se mettre au livre de ses souvenirs. Hélas ?
Rêve de vendredi. Un cauchemar. Des enfants sadiques, avec des poignard, qui cherchent dans nos rues des victimes. Je me cache comme tout le monde face à ces petits sorciers, bandits, qui règlent je ne sais trop quels comptes ! Des amis sont blessés et râlent. Je reconnais des camardes de travail de jadis (Roussel, Picard, Valade). Puis, il y a une réunion. Salle vaste. Un gymnase ? Des moniteurs nous conseillent. Un caucus savant, bavard, futile. Je me sauve. Aile me retient. « Il y va de notre survie » ! Je sors, je me moque, plus une seule voiture en ville. Les jeunes rôdeurs juvéniles sont disparus. Méfiance de cette accalmie. Une sorte d’Harry Potter pleure, seul, assis dans un caniveau. Je me sauve. La peur. Je me réveille.
D’où ça peut venir. Lectures récentes. Sur l’excision en Afrique. À la télé, des enfants installanbt une machine pour faire dérailler un train. Les 118 assassinats du sordide docteur en Angleterre. J’avais songé à ma bande, dans « Enfant de Villeray », martyrisant les chats de ruelle. Mystère des songes noirs.
3-
Jeudi soir, film loué, bien fait. « The Hart’s war ». Un Bruce Willis solide. Un camp de prisonniers au nord de l’Allemagne. Même ambiance que pour « Le caïd », autre film bien fait mais se déroulant dans un camp tenu par des Japonais. Un récit effrayant, encore sur cette guerre de ‘39-’45. Gregory Hoblit est un réalisateur compétent.
Actualités : Une parodie du mariage ? Deux homos. 29 ans de vie commune harmonieuse. Désir tenace d’une union officielle. Rien du genre névrosé, des « homos à sauna », pour des secousses anonymes et brèves. Un beau couple, cela est évident. Trouver un nom nouveau pour ce type d’union …maritale ? Oui. Aile enfin y consent. Je dois me dénicher un papier attestant que je suis bien un veuf et le curé du village, Michel Forget, dit qu’il nous organisera un mariage. À trois coins de rue d’ici. Régler cela pour septembre. Fin du concubinage. Ce mot ! Vendredi, voyage-éclair en ville. Courrier, Aile pour son cher poulet mariné du Adonis, rue Sauvé. Entrer-sortir quoi. Vendre ce mini-condo en ville, non ? Aile, desperados espagnolisante : « Non, non, Clo. S’il fallait que l’un ce nos deux tombe gravement malade…Nous voit-y voyager tout ça pour le visites à l’hôpital à Montréal ? » Bon. Pas vendre. Mon correspondant de Concord (qu est en Mass, pas au New-Hamshire, dit-il) : « record Guiness ? j’ai touché 8 dollars US de royautés pour mon « Total Chaos ». Eh ! Je reçois parfois un chèque de 8, ou de 13 piastres, pour un vieux livre publié qui trouve quelques lecteurs. Pour un livre nouveau, oui, c’est rude. Ça fait mal. Ça stimule pas une miette. Ce G. Tod pourrait sombrer dans la parano car il avance que si un littérateur critique trop fort, ne respectant pas les tabous….—et cela par un inconnu ou un méconnu— c’est l’enterrement rapide.
5-
Ce vendredi-là, anniversaire de ma fille. Téléphone du popa. Elle a reçu mon cadeau. Elle devra rencontrer bientôt deux ou trois médecins. Spécialiste de ceci et de cela. Ma peine. Elle qui fut si forte si…en bonne santé jadis, enfant , ado. J’invoque mes chers défunts à son sujet : que la santé lui soit rendue.
Les spéculateurs se méfient. Les mensonges aux boursificateurs des patrons. La cupidité rongeuse de confiance. La bourse en alarme. Crise, Congédiements en cascades. L’économie des USA chambranlante. Dans un magazine de Paris : prévisions de catastrophe aux États-Unis. L’Euro grimpe. Des jargonneurs s’en mêlent. Pour l’un, rien à craindre, pour l’autre, un tremblement de terre économique chez nos gras voisins. Qui croire ? Nortel valait 120 piastres l’action. Chute vertigineuse et c’est 2 dollars l’action maintenant. Du chinois pour moi. Word- machin s’écroule…faillite à l’horizon ! Manchettes premières sur tout cela au télé-journal. Aile : « Desjardins m’a prévenu pour mes REERS, je vais perdre dans le 3,000$ Et toi » ? « Moi ? Je lis pas ces paperasses codées chez Desjardins ».
Petit écran, petit écran, que vois-tu venir ? Misère en Angola. Guerres civiles. Du sang en Israël. Du feu…des inondations…Le sida-ravage. Et, enfin, le pape, en ce moment dans son avion jaune et blanc, surgira à Toronto et des foules jeunes attendent ce petit vieux malade, tremblant, étonnant pontife d’une religion à laquelle la même jeunesse ne souscrit en rien ! Mystère ?
Ce pape veut mourir à l’ouvrage, en pèlerin. « Mort d’un commis-voyageur évangéliste ! À Toronto peut-être ? Ou au Mexique, où il s’en va après ? Monique Miller : « Oui Claude , comme Molière, il veut mourir en action ! ».
Fête de l’amie Mimi Dubois, dimanche. Promesse d’un petit mot. Je le fais. Courriel au mari organisateur de la « cérémonie ». l’ami André Dubois. Pendant que le jardin de Mont-Royal festoyait (40 invités !), nous, ici, dimanche, nous bavardions à perdre haleine, conversations à bâtons casés sur les faits divers en « colonie artistique ». La revue générale des « gens de la balle » quoi !
J’ai repris mes pinceaux une fois encore, vendredi. Hum… Essais, essais ! Fort marchand de glace et de charbon. Vieux à la pipe sur le balcon. Une mouman et se quatre fillettes au panier de tomates….Pas fort encore ! Au bord du découragement ? Oui et non. Fou, je me dis que, soudain, je trouverai la bonne veine et que paf ! ça va jaillir, couler comme source. Tête heureuse va !
Vendredi soir, entretien télévisé à « Inside Actor’s studio » avec Kim Basinger. Bonne télévision d’ARTV. Une actrice aux antipodes de la fraîche manipulatrice Sharon Tate vue il y a peu. Avec Basinger de la bonne franchise, des aveux frais, de l’expérience offerte généreusement aux élèves de l’école de New-York et…à tout le monde aux écrans.
Oh ! La bonne rencontre chez Claude, vendredi soir, rue du Chantecler où l’on bouffe trop gras mais… quelle formidable régalante bouffe ! À une table voisine : une directrice-adjointe de la SRC, aux dramatiques, Claudine Cyr. Je suis ravi car voilà qu’elle offre à Aile de donner un cours (« sur l’image ») à l‘alma-mater. Aile refuse. Rendue à la maison : « N’empêche ça fait du bien. On me veut, on pense encore à moi. On a toujours confiance en moi. C’est vitalisant. » Moi bien fier d’elle.
6-
Un bon groupe de soldats en Israël refuse d’aller servir dans ces territoires occupés. Ouf ! Vent frais nécessaire. Ils iront en prison. Honorable incarcération. L’honneur de ce pays est sauvé par eux. Beau courage. Ces objecteurs de conscience d’aujourd’hui sont la nécessaire « réparation » d’une réputation « bin maganée » là-bas. État, menacé certes, mais qui doit comprendre qu’il faut aussi un état aux Palestiniens. Sinon…du sang versé (de civils innocents) et pour longtemps encore.
Un lecteur laurentien s’insurge avec raison dans l’hebdo « Succès ». Par ici, Cogeco (comme à Montréal ?) n’offre pas la télé française de l’ontario, TFO. C’est scandaleux. Sylvio LeBlanc est révolté. Comme moi, il dit qu’il se fiche carrément du gros paquet de canaux USA offerts gratuitement. Il y a si peu de chaînes francophones. Comme LeBlanc, je voudrais bien obtenir TFO. Et au plus sacrant. Je dois trouver un bon moyen de dénoncer ce COGECO aux mains pleines d’Amériquétaineries ! Ça suffit !
7-
Je viens de lire (courriel) un jeune (Robert Mercier) qui est monteur pour l’entrevue accordée récemment ici. Il me remercie pour mes propos. Rares compliments chez un technicien… le monde change, les temps changent. Il m’a donné confiance. On se jette à l’eau, face à la caméra, on sait pas trop si notre baratin a de la gueule ou si c’est du vasage et voilà qu’un modeste monteur vous dit : « c’est bon, merci, c’est des propos riches ». Merci jeune homme !
Si jamais mon fils ou ma fille décidait de rédiger un bouquin sur « moi, en père »… que dire ? que faire ? Ouaille ! Dangereux. La fille du très célèbre reclus, l’ermite de Cornisch, New Hampshire, J.D. Salinger —auteur de « L’attrape cœur », relu récemment, livre-culte, roman d’initiation— fait éditer « L’attrape rêves ». Nil, éditeur, 512 pages. « Nihil obstat » ? Margaret Salinger étale la vie secrète de papa. Un illuminé, qui navigue de religion en religion, parle des langues inventées (de l’au-delà), boit sa pisse…Franchement ! Est-il vraiment sénile ? Si oui, vite, « le manteau de Noé », madame. Sinon… quoi ? Pour du fric ? Par besoin de casser une camisole qui l’a fait souffrir ? Mon Dieu…la vie, la vie à l‘ombre des gloires littéraires made in USA !
Normand Rousseau explique clairement aux lecteurs de La presse que c’est une fausseté de répandre qu’au Québec le citoyen croule sous les taxes et impôts. Aux Usa, où tout doit se payer, le coût de la vie revient autrement plus cher. Y vivre peut être la ruine en cas de malheurs (de santé entre autres). Ces bobards servent à diffamer le Québec un peu social-démocrate. Ils sont repris par les bons valets John Charest ou Mario Dumont. « On va couper tout cela et puis vous débourserez de votre poche si vous tombez malade ». Une mode dangereuse s’annonce.
La vogue néo-libéraliste (sauce Reagan, Tatcher, Harris-Ontario) est dénonçée désormais et il était temps. Pendant ce temps… des affairistes, —tel M.Léon Courvile— se coulissent chez l’ADQ dumontiste ! Eh !
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Dame Clarkston —la femme à Saül— (Vice-de-la-Reine) dans « L’Actualité » dit que la CBC engage souvent des francophones mais, hélas, pas le réseau français de Radio-Canada —pour ses chers pauvres petits anglos. Petite niaiseuse va ! Les nôtres sont toujours les seuls bilingues…voilà pourquoi ils peuvent bosser à CBC ou ailleurs ! Et pas les anglos toujours unilingues anglais, eux. Non mais…quelle sotte vice-royaliste ! Comme d’habitude, l’interviewer ne réplique pas, rien. Faut être poli face à la General Governor ? Hon, pas de médaille jamais pour moi, là, c’est certain.
Je lis sur Napoléon Bonaparte : « Il a fait un pays de veuves et d’orphelins » J’applaudis et tant pis pour les cocos à la Ben Weder, ces idolâtres ce « petit caïd des banquiers (Guillemin).
Mon éditeur, bon ami du Ben Weder, racontera « L’homme fort du Québec », le très célèbre jadis, Louis Cyr. En six épisodes, Beaulieu montrera que le leveur de poids prodigieux, connu dans toute l’Amérique du nord, était aussi danseur (!) et musicien et…. politisé à fond ! Hâte de voir cela.
Robitaille, qui vit à Paris dit qu’il a étudié les Augustes de l’Académie « comme une tribu d’Amazonie ». Il publie en septembre « Le Salon des Immortels… ». Il parle de médiocrité totale depuis qu’on y trouve plus des Bossuet, Racine, Lafontaine et…Valery, Péguy, Mauriac…Robitaille avance que cette Institution anachronique sert de compensation subconsciente depuis que l’on a osé trancher la tête du cou du gras roi Louis numéro 16. Lecture amusante (Denoël, éditeur) bientôt.
9-
Monique Miller a eu l’occasion (chanceuse !) de voir le fameux transformiste italien Brachetti. Hier, ici, elle ne tarissait pas d’éloges. Elle est certaine qu’il va triompher partout aux USA où il s’en va maintenant. On a raté cela.
Nous tous, via notre Caisse public (des dépôts) soutenons Péladeau Junior —qui énerve bien du monde par ses acahats audacieux. Quebecor Media c’est quoi ? C’est 180 journaux désormais, de tailles diverses certes dont le Journal de Montréal. C’est Vidéotron : un million et demi d’abonnés. C’est TVA et LCN. C’est Canoé et Netgraphe. C’est 170 magasins SuperClub, des magazines « people » et des hebdos pop. Un empire. Un colosse made in Québec ! Nos économies (à tous) sont bien à l’abri de magouilles style Enron, Nortel et Cie ? Touchons du bois.
Francophobie qui pointe aux USA « La France serait un terrain d’antisémitisme virulent ! Un ambassadeur y rétorque. Dans le Washington Post. Titre : La France calomiée. » Bujjon L’Estang contre-attaque : « Les Usa ont rejeté Lieberman comme candidat, en France, Blum et Mendès-France, juifs, furent élus ! Les actes anti-juifs sont le fait d’une jeunesse nord-africaine mal intégrée, il n’y aurait jamais eu de KKK anti-Noirs en France, jamais. Depuis un certain silence se serait installé au sud de Lacolle !
10-
La « Presse Canadienne » se l’ouvre : dépenses royales des politichiens fédéraux aux Olympiques chez les Mormons ! Une fédération de jeunes sportifs à Salt Lake city recevait 15,000 $ pour s’exercer. Madame « Drapeau Copps » payait 3,475 $ pour chacque nuit à son chic hôtel ! La ministre de la « Kulture Canadian a acheté pour 57,000 $ de billets « de faveur ». Elle a versé pour des babioles et du beau linge « unifoliant » pour 60,000$ Pour des petits fours et du vin mousseux de l’Ontario :14,000$
Clair ? Les politichiens avaient le gros du fric et des pinottes pour les jeunesses sportives. Apprenant tout cela, on entend « Ça me dégoûte ». Déclaration d’ une skieuse, Sara Renner. Pas seulement vous mademoiselle !