LE VENDREDI 5 décembre – Sur elle toujours Angela

LE VENDREDI 5 décembre
Sur elle toujours Angela :
Difficile de bien mener (continuer) mon récit nouveau. La lecture tous les matins des journaux me dérange. Si troublé par certaines « actualités ». D’ici et du monde entier. La Presse, devenu très « magazine » offre de bons reportages. Sur « le déni » terrible des parents aveugles face à un enfant révolté et dangereux. Cachant mal une arme dans sa chambre. On parle de deux millions de « bénévoles au Québec. Énorme ! Je fus invité à parler avec Paul Arcand, à un immense congrès de ces bénévoles.
J’y avais découvert l’immense chantier de ces « charitables » citoyens. Je lis des dérives.
Moi si inquiet de cette vie qui change.
Relu hier l’étonnant merveilleux premier chapitre du fameux routier et anthropologue, Bouchard ( « Au temps des mamouths laineux », chez Boréal) ) où il fait voir à ses petits-fils éberlués face à son temps à lui. Un monde de différences et il est dix ans plus jeune que moi.
Angoisse ici et là. De terribles pertes…Grande anxiété, et puis « Bof ! « Je me dis : « Oublie ça mon vieux. Tous, ils s’adapteront, pas vrai ?
Me répéter : « Moi, je m’en vais. Ça sera plus très long. Je serai parti bientôt, mon temps s’achève. Ne plus m’en mêler.»
Mourir ? Me retenir de lettres ouvertes vindicatives (mon ancienne manie).

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GRAND ALLAH DE MES DEUX FESSES !

Nos chefs politiques sont des peureux politiques, des pleutres dégueulasses, des mauviettes immondes. Ne rien faire face à d’innocents « enfants juifs » victimes des conneries fascistes de groupements Juifs, extrémistes de Jéhovah; dont Sainte Agathe fut infestée. Ces super-hassidims assassins d’âmes d’enfants, leurs leaders juifs, pas moins froussards et lâches, ne condamnent pas non plus ces dérives atroces.
Il en va ainsi des Musulmans. Par une sorte de puante solidarité, c’est aussi le silence face à leurs « fous » d’Allah. On ne les voit pas, on ne les entend pas, se dresser avec bon sens, par santé mentale aussi, pour condamner leurs congénères maniaques et dégénérés. Ces désaxés qui entraînent les jeunes gens —fragiles toujours— dans des actions meurtrières au Moyen-Orient. Quelle horreur pour cette mère de chez nous (La Presse) qui, impuissante, voit son grand gars sombrer dans l’horreur des extrémistes de l’Islam —une religion de paix au départ.
Mon Dieu, mon Dieu, comme je me serais battu furieusement, avec toute la force inimaginable d’un père révulsé, révolté par ces « tabarnacs » de prédicateurs de haine, voyant mon fils —ou un des mes petits-fils— fréquenter (rue Jean-Talon ?) une satanée mosquée extrémiste. Mon garçon , écouter pieusement un ces « kalices » d’immams » fous. Excusez, je sacre quand je suis en colère, hélas ! Je deviendrais fou de douleur, pauvre mère éplorée de La Presse, découvrant mon enfant aux mains de ces maudits religieux radicaux, ces sales « curés d’Allah », déboussolés. Oh mon Dieu, ma totale désolation : voir un des miens vouloir soudain apprendre l’Arabe et pire, le savoir parti pour, par exemple, la Syrie.
Mon fils parti pour tuer au nom de Mahomet, salade d’horreur, pauvres mamans perdues et désolées, ici comme à Berlin ou à Londres, enfant s mal grandis et victimes de ces prédicateurs de haine. Je les maudis tous ! On a eu, jadis, de ces troupes de connards enflammés —la Gilberte Coté- Mercier et ses sbires !—, tous avec drapeau au vent, un saint missel sous l’aisselle. le chapelet vissé aux pinces, portant le béret blanc et cherchant à enrôler d’autres naïfs québécois. Ces bandes disparues, autrement plus zélés que ces Témoins de Jéhovah pacifiques a nos portes le samedi ou dimanche. Tous, alors, nous avons caricaturé, vilipendé et injurié ces affreux zélotes-Bérets-blancs. On a eu ce courage, pas comme les muets et prudents complices « des fous » qui se taisent. Juifs ou musulmans. Triste sordide solidarité. Oui, des pleutres et des lâches. Une religion souvent dé-vie, (hors vie) devient folle. Le christianisme a connu ces horreurs, songeons par exemple au fascisme de l’Inquisition. Aux bûchers assassins partout pour éliminer « les tièdes » ou « les sorcières », une horreur du Vatican d’antan au nom du Dieu catholique.
Agnostique mais croyant, je fuis toute gnose, je me sauve des dogmes. Dogme, cette lie du monde spirituel, ces écrits de qui font du besoin humain de transcendance souvent une ignoble porcherie. Combien de jeunes garçons —les filles sont raisonnables davantage ?— aujourd’hui, au Québec ou aux des États-Unis, en Allemagne ou à Londres (tellement) partent pur le Moyen Orient pour y cueillir un obus, une bombe, une mitraillette. Ici même, à Sainte Adèle, venant d’apprendre l’affreux voyage d’un fils perdu, une mère pleure peut-être…

MON VILLAGE CHÉRI !

J’aurais jamais cru cela : que je m’attacherais —après quelques décennies à Ste Adèle— à ce point; c’est rendu que je déteste retourner à Montréal, la métropole ! Vendredi dernier, bien obligé (mon éditer XYZ) d’aller Au Salon du livre. Je tempêtais dans ma Honda et mon « chauffer privé » —une femme dont je suis fou— en rigolait. Mais je sais qu’elle est comme moi et que de… «  descendre en ville » ne la réjouit plus du tout.

Ce « Saloon… » à la Place Bonaventure, ouf !, quelle belle grande fête hein ? Illusion car les gens lisent de moins en moins, hélas, une sale vérité souvent niée tant on refuse le fait. Il est têtu pourtant : le monde ne lit plus. Les cinq chers petits-fils du « grand écrivain » ( Louis Cornellier dixit) ne sont pas « des gens à livres ». Ils « très » branchés et foin du papier imprimé et relié. C’est : Vive le Web, vive le Net, google, wikipédia et cie ! Vive l’ère de l’électronique, y compris ses jeux. Quand la pub du Saloon dit : 150 000 visiteurs, comprenez bien qu’il s’agit d’un infime minorité de Québécois car de St Jérôme à St Jean Iberville, vivent 3 millions des nôtres !

À mon kiosque XYZ, néanmoins grand plaisir d’y recevoir quelques chaleureux « fans », dont pas mal d’adèlois ! Ces chaleureux sont venus me serrer la pince, bavarder et m’encourager parfois en se procurant ce « chef d’œuvre » dont parlait « Le Devoir » en début de mars: « Anita, une juive numérotée. » À ce propos, dimanche, au Saloon, Place de l’Agora, l’on m’organisait une sorte de débat entre Dame Ravary, ex-convertie aux juifs Hassidims, et l’éditeur et auteur, Vanasse. Ce dernier publie un bouquin de sa généalogie, cela jusqu’à des ancêtres juifs en Hollande (les Van Hasss), même en Pologne ! À la fin, du petit « show », une vieille dame —de confession juive— est venue aux micros pour m’agonir d’injures (si j’en crois une jolie guide qui en riait). Le malentendant que je suis devenu n’a rien compris, voulant savoir, on m’a dit que « la madame » était toute confuse dans ses griefs, peu claire dans ses horions. Mais la chroniqueuse de Journal de Montréal, Dame Ravary, doit savoir quand elle vante les meilleurs rapports désormais entre sa chère secte et nous (à Outremont sinon ici, à Ste Agathe) que je m’en attribue volontiers les mérites. En 1988, il y a 25 ans, quand tous se taisaient, rectitude de cons, j’ai protesté dans l’hebdo d’Outremont face à un vrai racisme juif. Je fustigeais l’écœurant racisme des orthodoxes juifs. La Ravary a raison, leurs chefs ont compris et ils changent assez vite, une des leurs deviendra même candidate aux élections !

En ce moment, mardi matin, je vois le lac tout proche qui va se figer. Pour des mois. J’observe de la fenêtre de mon petit bureau une virtuelle glace, c’est de l’ardoise, mi vitre, mi pierre, vaste miroir d’un noir d’enfer, recouvert d’une espèce de glauque pellicule. Ça y est, c’est l’hiver qui entre. Il va vraiment neiger. Alors, spectacle magique réjouissant, sur la glace du lac, les samedis, les dimanches ensoleillés, on viendra nombreux. Les promeneurs sur les anneaux balisés vont venir tourner dans la lumière « la plus belle de toute la planète ». Oui, la science l’affirme : au sud, ils n’ont pas cette beauté lumineuse. Ni en Floride, ni aux Antilles. C’est chez nous, par ici, la luminescence vibrante… vive le boréalisme ! Cette luminosité éclatante s’en vient donc, dire merci alors aux millions de millions de cristaux de neige qui la reflète. Ah oui, on se baignera de lumière très bientôt, accompagnés de belles compagnes. Parfois avec, en laisses, les plus jolis spécimens de la race canine. Enfant, j’aimais l’hiver, ses jeux, forts, labyrinthes, traîneaux, patins et skis— vieillard, j’aime de nouveau l’hiver, pour sa lumière.

 

 

Ö CANADA, CROTTE DE CHAT !

..et on riait à dix ans dans nos escaliers en tire-bouchon, gueulant : « Terre de nos aïeux, crotte de beu ! Ton front est ceint, crotte de chien ! » On s’amusant de peu. Un voisin est moqué qui arbore notre fleurdelisé, le 24 et puis « l’unifolié » le premier juillet, multi-patriote à pluri- allégeances ? ! Pourquoi pas mettre le « Stars and stripes » le 4 juillet et le tricolore le 14 ? L’étoilé de l’ONU quand ? Or, Fête du Canada, visite à Sainte Adèle-En-Haut de l’un de mes petits-fils, Laurent. Accompagné de trois copains du temps de son UQAM en géographie urbaine. Jordan né en France, sa Paulina , née en Pologne. Et Alex , un célibatant (sic). À six sur la galerie, on cause « ad libitum ». J’en profite pour mieux connaître cette génération dite des « Y ». Lisent-ils ? Vont-ils à leur biblio, en salles de cinéma ou c’est « internet ? » Qui sont leurs équivalents des chers « Vigneault-Charlebois-Léveillée » ? Samian le rappeur, Radio-Radio ?

Les réponses ne fusent pas. Pas trop bavards ou une relative incertitude sur les goûts communs ? Pas d’unanimité, c’est clair. Pendant qu’un trio descend —en maillots— au lac, Jordan reste avec nous et il a de la jasette, se confie volontiers. Fils d’une mère qu’il juge sévèrement —l’abandonnant à deux ans— élevé tant bien que mal par un « père-célibataire » —il voyagera énormément. Bagou abondant. Il vit en basses-laurentides, à Saint-Eustache avec sa Paulina. Très politisé et informé de l’État du monde, ce brillant locuteur se découvre en pessimiste. Lucidité étonnante pour son jeune âge ! Moi, le vieil « optimiste indécrottable », je tenterai de le conforter : « Il y a l’espoir de la science face à la catastrophe écolo annoncée ? » Jordan : « Non. Pas du tout. Ce monde-là est déjà responsable de tant des malheurs actuels du monde ! »

Ce Boulay philosophe de manière articulée, avec un vocabulaire étonnant, c’est, en pire ma foi, Schopenhauer (qui fut le plus pessimiste des grands penseurs). Sa réincarnation sur notre galerie, à Sainte Adèle ! Un « Nostradamus » stoïque, nous affirmant que l’écroulement écologique) ne saurait tarder bien longtemps. Brrr…Puis, le trio baigneur avec mon « grand » Laurent (vrai géant Beaupré !) finit par remonter de la grève. La jaserie se transforme et adieu l’Apocalypse ! Je dis : « En ville, en été, quid de tous ces spectacles gratuits dont nous sommes privés en Laurentides, fameux non ? Laurent : « Bof ! J’y vais parfois ! Mais moi, les grandes foules, rester debout, tous ces haut-parleurs, hum ! » Le sachant travailleur (su site Ex-Shop-Angus) en machins électroniques —qui me dépassent— sachant ses fouilles « géos » dans l’immense grand-nord québécois, je voudrais qu’il retrace cette île parmi des milliers d’autres baptisée (par l’État s.v.p.) « La petite patrie ». Peut-il m’en offrir une photo ? Une commande, Laurent.

La Polonaise —salut Chopin !— nous cause « gagne pain obligé », étant banquière (Royal) à « St-Eustache-la-neuve ». Et ça jase…d’un logement nouveau rue Montcalm (Laurent). Aussi des cafés-terrasses aux « cinquante sortes de bières ». Parmi ce quatuor, un jeune ingénieur (et pilote) Alexandre . Lui aussi « célibatant (sic) » et qui aime pas parler pour ne rien dire », assez mutique ce « beau brummel ». .

Jeunes filles (libres) qui me lisez, pour obtenir les  coordonnées d’Alex et Laurent, adressez-vous à moi, ici, à Pays d’En Haut. « Il y aurait plusse… si affinités ».

 

 

DOUCE TERRE

 

 

Écoliers, nous apprenions : « Aucune terre n’est si douce que la terre où nous sommes nés ». Il y avait des chansons où « les petits mousses » pleuraient leur patrie perdue de vue. Où des matelots « à long cours » étaient tristes sans bon sens. On chantait, la larme à l’oeil : « Un Canadien errant… », chialeur : «  Vas dire à mes amis que je m’ennuie d’eux ! »

Je suis de ces générations, né en 1930, bien sédentaires. Le voyage était un luxe. Sans bourse, point de séjour à Paris ! Le sort de la majorité. À vingt cinq ans, je me croyais bien loin sur un joli cap nommé « Cod » au large de Boston ! Chante mon Dubois : « Le monde a changé tit-loup ! » Oh oui.

Voyez-moi au soleil, au bord du Rond, dimanche, avec un de mes cinq petits-fils, Gabriel. Lui, à vingt-cinq ans, il a bourlingué déjà pas mal : aux Fêtes, il était en Guadeloupe et là, en long congé de prof (il enseigne la musique), il me revient… d’Hawaï !

On a jasé, b’en, lui surtout ! Des beaux flots turquoises polynésiens, des montagnes aux lourdes frondaisons tropicales, des volcans, des vagues énormes de l’océan pacifique, des longues plages de sable blanc : « oui papi, comme du sucre en poudre ». Écolier, ce fils de ma fille, avait vécu, en France, (les échanges d’écoliers) sur une ferme moderne dans le Bordelais. Il y a pris, jeune, les bonnes manières de s’adapter, de s’intégrer.   « Tu sais, papi, ce fut alors « l’initiation » pour apprendre à vivre loin des siens, loin de son chez soi ».

Gabriel garde des souvenirs très heureux des guadeloupéens : « Oh oui, un monde très chaleureux, perpétuels sourires, incessantes salutations partout, offres spontanés de soutien. Que j’ai aimé cette île française. » Il me raconte les expéditions dans la nature tropicale, serpents, tortues, oiseaux, etc., aussi ces perpétuels cris des « coqs-à-combat », les déroutantes expressions en leur créole à eux, la bonne bouffe de ces « français exilés ». Bref, du dépaysement pas mal plus marquant que moi à Provincetown, Mass, en 1960.

Ainsi, je le sais bien, les nouvelles générations se remuent, déménagent à « avion-que-veux-tu » sur le globe. Comme jamais. Un voyageur me disait : «  Aujourd’hui, tu te rends n’importe où dans le monde, vraiment n’importe où, en Islande ou au Laos, et tu peux être certain de croiser un Québécois ! »

Est-ce dans notre ADN avec tant d,Ancêtres explorateurs ?

J’entend parler d’aubaines formidables via le web, de jeunesses qui consultent certain sites de la Toile où on déniche, semble-t-il, des « sauts de puce » (de ville à ville) offerts à vraiment très bon marché. Des billets d’avion à des prix incroyablement bas. Les temps changent, tit-Loup, oui. David, grand frère de Gabriel (et l’autre écrivain de la tribu ), boursier, a séjourné longuement d’abord à Cristobal (Mexique du sud) et puis à Bogotà (Colombie), —il baragouine l’espagnol. Quant à mon Laurent, « l’enfant du milieu », tiens, il rentre de Cuba !

J’avais 50 ans (1980) , moi, quand j’ai traversé l’Atlantique pour la première fois !

Quant aux deux fils de mon fils, Thomas, se trouve en Thaïlande au moment où j’écris mon billet. Là ? Là où se déroula cette lugubre histoire de deux québécoises empoisonnées, aïe, Thomas, touche pas aux cocktails ! Enfin, quoi dire « des voyages de « Gulliver-Simon », Simon, l’aîné ? Tout jeune représentant pour une machine belge (anti-pollution) Simon Jasmin trotte et est en train, ma foi, de faire le tour du monde, du Qatar à l’Argentine, du Brésil au Koweït. Un jour il est à Berlin, un autre il est en Italie ! Je le fais sourire quand je lui dis que ce « cinq heures de route » —Ogunquit-Maine— m’a fatigué !

CHAT, MARMOTTE ET… CORNEILLES!

Ma grosse Donalda-Marmotte file à toute vitesse ce matin-là. Elle rentre sous ma galerie, la queue basse. Un éclair. Fauve. Va à sa chère niche sous les vieilles planches.  Elle revenait de chez le voisin, Monsieur B. Longtemps, on voyait sur leur terrain plusieurs siffleux. Mais ils se cachent où maintenant ?

Je pose ma canne sur le garde-fou et je fouille du regard. Rien. Que le lac comme tremblotant dans la belle lumière des beaux jours récents,  dans sa petite barque modeste un pêcheur —à moteur électrique— trolle patiemment tout autour de nos rivages. Les bourgeons des lilas grandissent comme à vue d’oeil. Ma hâte des beaux mauves !

Pendant mon bref séjour à l’Hôtel-Dieu ma Raymonde me dira; « Ce matin, avant de partir, j’ai vu ton gros vieux matou royal. Valdombre ? Il était grimpé sur une table de la galerie. Il m’a vu et examiné un bon moment puis a sauté paresseusement au sol et est descendu tout doucement l’escalier. Tu as raison : il se prend pour qui celui-là ? »

Ses « maudites » corneilles rôdent désormais. Elle grogne. Un peu. Moi l’estropié, l’handicapé, le « vieux » réduit à ses béquilles, ma Raymonde a engagé un vaillant jeune homme pour les travaux « du printemps » dans le jardin et dans la cour. Et pour le lavage des murs dehors… et les douze  persiennes noires à repeindre… Et le reste. Je me sens devenu une sorte de rentier, aussi une sorte de « p’tit vieux ». J’aime pas trop ça.

Voilà que le seul littéraire de mes cinq petits-fils, David, lit de sa poésie en Colombie, à Bogota ! Il a été choisi par l’Office Québec-Amériques pour la Jeunesse et un réseau animé par les Alliances françaises. Internet fait que l’on garde contact. Photos, affiches, bandes sonores, et tout le reste. Skype compris. Sur une vidéo, on a orthographié son nom JAZMAN ! J’ai ri, au collège Grasset on m’affublait de ce sobriquet ! Moi comme immobilisé et lui, mon dauphin,  vagabondant si loin, si loin; il songe maintenant à y demeurer quelques mois, le coût de la vie est invitant certes.

Je suis un peu fébrile en ce moment, c’est l’inquiétude, Raymonde a passé des radios urgentes et doit recevoir un verdict sur ses bien faibles poumons, en ville. J’ai peur. Voilà des décennies et des décennies d’amour commun, d’amour intense et…peut-être —bien pire qu’une hanche artificielle—ma compagne de vie se fera emprisonnée dans une suite de soins intensifs…Nous fumions, elle et moi,  oh !, comme des engins d’enfer jadis. Elle surtout, captive de ses réalisations de dramatiques, moi à mes simples scénographies, la fumée de cigarette était notre décor permanent. Pire qu’envahissant.  Pour elle, quel sera donc le prix à payer ? J’ai peur et elle va rentrer bientôt. Je sortirai au soleil, une corneille poussera ses laids cris et je lui dirai : « Silence, mon amour s’an vient et elle ne tolère pas. »

 

MUSÉE, DROGUE ET VIEUX MURS

Partir, aller revoir « Les belles soeurs » mais « en chansons ». Découverte que Joliette sur la carte est vis à vis Val Morin et on décide donc de piquer, dès L’Estérel, à travers les petits chemins de campagne. Forêts fauves, lacs mal cachés, beautés sauvages. Ziguezaguant en « montagnes russes » bénignes, on découvre ainsi du pays inconnu. Joie. Le texte de Tremblay  a un peu mal vieilli mais la scène s’anime sans cesse, le bonhomme Cyr y est exper, toute sa troupe pète le feu.

La veille, vue d’une dense fumée noire dans le ciel de l’ouest chez Pierre-Jodoin-l’écolo. Bizarre trombe, celle de la série « Lost » ? « PERDU » en effet, cette colonne mouvante d’un noir bleuté. Ouvrir une enquête ?

L’avant-veille, à mes pieds, découverte «  su’a’gal’rie » d’un mauve chardonneret mort les ailes toutes déployées et le bec gluant. Mort comment ? Fonçant dans la fenêtre ? Agression ? Ouvrir une enquête ? Je vois alors dans les fourches du  mahonia une belle blonde et une belle noire ! Deux beautés d’écureuil guettant les p’tits oiseaux gourmands de nos cerises violettes.

Un peu plus tard, sur une dalle de l’allée, un mulot agonise la queue en l’air. Hum !Qui ? L’écureuil a le dos large ?

Je pratique l’hydrothérapie pour cette hanche droite que l’on va me scier, mon toubib Saint-Pierre (du Paradis) l’a décidé. Quel musée voudra de mon os ? Soudain, une Jane Fonda casquée de blanc traverse le lac athlétiquement. Accroché à mon radeau je la louange et la dame lance : « Facile. Question de pratique ! » Déjà rendue loin, je ne peux lui jaser de mon os à couper !

Oh bonheur ! Mes fleurs sauvages, enfin, enfin, se montrent au pied de l’escalier. Un jeu modeste néanmoins d’une folle gaieté pour les yeux. Oh, ça sonne et voici le voisin Vadeboncoeur, en artisan emeritus, avec son beau bol en mains. Né de notre vieux saule tombé. Cadeau fort apprécié.

Laurent, un de mes cinq petits-fils, se démenait pour que l’on puisse voir les dessins d’illustrations de son cher vieux papi, moi.  Échec à la Grande Biblio , il ira cogner au Musée d’art populaire de Trois-Rivières…bingo ! Un dynamique duo sort d’ici, apparemment des experts en expositions. Comme un p’tit garçon, le vieillard boiteux (eh !) sortait ses pontes, étalait ses beaux efforts graphiques. Le couple semble apprécier mes gribouillis, graffiti et barbouillages et il y aura dès l’an prochain (ça se prépare de longue date !) une expo du romancier connu qui s’amuse à jouer du crayon, du pinceau, d’eaux d’aquarelle et d’encres de Chine, à noircir du papier à dessin.

Les envoyés du musée repartis, courir au lac pour y noyer ma satanée, ma saprée… patte folle qui me fait tant souffrir, qui m’oblige à me droguer pour dormir la nuit (oui, à la codéine de St-Pierre ). Au ciel le cher Galarneau se cache, embarrassé par trop de nuages se poursuivant et, soudain, deux aigles gris aux becs crochus, ailes ouvertes, griffes pendantes, comme un de mes dessins, ça glisse au firmament. Léonard de Vinci disait à ses élèves : « Observez bien le ciel, tout, les vieux murs, vous y verrez d’étranges paysages, d’étranges personnages. » Vrai.

TREMBLEMENT ET NOYADE D’UN CENTENAIRE ?

D’abord parler de la fameuse secousse terrestre venue de l’ouest. Au début, devant mon ordi, j’avais cru à un cortège de ces maudits bruyants camions sur ma vieille « Route rurale numéro I », alias la rue Morin. Non, ça durait, Ça ne finissait plus. La peur ?  J’ai cru ensuite à un long grondement d’un  tonnerre. Mais ça ne finissait pas,  alors oui, terrorisé, vite, vite, je me suis jeté dehors !

Quand ma tendre reviendra de la ville : « Pis? As-tu eu peur ? J’écoutais la radio de l’auto, c’était un tremblement de terre, venu du pays de mon enfance, Claude,  la vallée de la Gatineau ! » Je vis avec « une fille d’Hull ». Vieux gag. J’ai donc vu ce que cela fait, un tremblement des sols. J’étais en Haïti un moment, à Port-au-Prince, avec mon camarade Dany Laferrière et j’ai eu une peur bleue !

De la galerie, terminée la peur, je vois la vie reprendre : un merle foufou (dit rouge-gorge), batifole dans un haut chèvrefeuille à l’ombre des érables. Comme pris d’une joie féroce ! Une attaque aux bourgeons naissants ?

Le dimanche précédant, s’amène « la Fête des pères », s’amène ma fille, le mari, deux petits-fils : « Bonne fête papa-papi ! » Mon fils de Val David, Daniel, lui, visite Barcelone. Escargot bizarre, mon Éliane traîne sur son dos (une voiture Chevrolet), une longue carapace plastifiée. Marco-gendre descend au rivage, d’une seule main, la chose bleue et si légère déniché à son Costco. C’est alors la sinistre découverte ! Haut comme un édifice de quatre étages, gît dans l’eau, mort, notre saule plus que centenaire. Douleur de voir ça, la vraie peine. Ce vieil arbre en a tant vu : depuis 1980, des générations d’adèlois en chaloupe, en canots (à moteurs dans le temps !)  Plus jeune il a vu un voisin Grignon, Claude-Henri  en culottes courtes lui grimpant dessus! Il a vu, beaucoup plus tard, mes petits-fils si heureux, très fiers, dans leur cabanon improvisé entre ses gros bras. Les a vu aussi accrochés au gros câble de nylon jaune (installé par le pasteur protestant Toupin, un ami). Ils étaient de vaillants Tarzans crieurs s’élançant dans le lac. Eh bien, notre vieux saule penché, le voilà mort, noyé. ses branches, toutes,  « le bec à l’eau ».

Il  y a un an, le voyant la tête si basse, penché à mettre en danger des avironneurs du rivage, on a songé à la scie tronçonnante comme euthanasie. Demande du permis à l’Hôtel de Ville et envoi d’un jeune « savant » qui examine l’auguste « incliné » et décrète : « Refusé. Cet arbre est sain. » Bon. Merci le jeune ! La nuit, veille de la Fête des pères, la chute du vieux témoin ! C’était un duo, des saules-jumeaux, oui, deux frères siamois. Des cousins vieillissent le long de la rive. Du coté de Jodoin-Voisin, il y en a un de  mille ans, ma foi. Tiendra-t-il encore mille ans ?

Nous voilà, les « mal conseillés par la Ville » pris avec l’orphelin survivant. Penché à son tour, le tronc fait voir maintenant une énorme plaie, craque béante. Le brutal arrachement du frère l’a sérieusement amoché !  Le « savant urbaniste » appelé nous dira-t-il encore : « Arbre sain à ne pas couper ? » Bon. La vie continue : à Toronto, les polices ont fait du gros fric, ici, de nouveau, mon merle (rouge de gorge) voltige heureux autour du sorbier et va se cacher dans ce gigantesque amas de branches noyées. ! Bon. J’aime la vie.

À la belle Yolande…

Chère ministre, j’ai lu votre « défense » face à l’accusation : « Vous devriez pas, aux frais des contribuables, enseigner l’anglais aux émigrants. » Vous avez rétorqué que « c’est à cause du contexte québécois ». Réponse maladroite, chère ministre, réductrice. La vérité -munissez-vous en- c’est que la langue des « tout-puissants » étatsuniens -pas vraiment celle de l’Angleterre – est devenue une langue marchande universelle. Rien à voir, Yolande James, avec ce que vous nommez « le contexte québécois ». La langue de « l’actuel » plus puisant des pays du monde c’est l’anglais pour des raisons historiques évidentes ; « USA » veut dire : ex-colonies anglaises émancipées.

Je dis « actuel » car on annonce que -vers 2040- ça va changer. En 2040, enseignera-t-on le chinois gratis, à nos émigrants ? Foin de votre « contexte québécois », il y a partout un immense « désir des USA », une « admiration des USA », une « soumission » intéressé au fric-US ». Partant, à sa culture ; forcément capable de réussites évidentes grâce aux moyens forts, voir son cinéma, sa télévision, sa musique pop et rock. Ça n’est pas par indifférence au suédois ou au portugais qu’une Céline Dion et tant d’autres surdoués avides se sont convertis aux USA. De Vancouver à Moscou, en passant par Berlin ou Bruxelles, c’est consentie. Lâchez-nous « le contexte québécois ». Même à Paris, France, c’est l’américanophilie. Des Français lucides se décident enfin à freiner cette anglomanie galopante. Je rigolais ferme, chez Charrette, en écoutant des Nathalie Pétrovski, des Josée Legault chicanant l’avocat Julius Grey sur « Émigrants trop choyés ». Plein de Québécois jeunes, telle Nathalie P., délaissent nos collèges, s’inscrivent à Concordia. De mes petits-fils y allèrent. Voir les raisons ci-haut.

C’est à cause de cette fatale « attraction mondiale » du géant « actuel » et, en « Chine qui monte », le phénomène se répand. Non madame James, il n’y aucun « contexte québécois », une personne qui veut un bon job ou qui veut brasser la moindre business, à Prague ou à Montréal, qui doit communiquer avec… disons un Hongrois ou un Espagnol, sort son « américain » de base. Qui est, bien sûr, de l’anglais-américain primaire. Pour se comprendre en tant que deux étrangers en rencontre d’affaires.

Rien de québécois là-dedans. Parler comme vous le fîtes, madame, c’est du déni de réalité mondiale. L’émigrant, d’ici, pas moins intelligent que n’importe quel franco qui s’inscrit à Concordia, a compris cela. Pour un job qui compte, un peu satisfaisant, payant comme il faut, il lui faut aussi le english speakig. C’est incontournable « actuellement » à Rio comme à Rome ou à Lisbonne. Humiliant, oui ! Je gage que Vercingétorix, le chef vaillant des Gaulois, avait appris quelques mots de Latin face au puissant César. Fin des armes en 2008, César-de-Washington a des moyens modernes d’assimilation : ciné, télé, musique pop. Plein de « courroies dociles », des masochistes inconscients, se tirent dans le pied. En médias francophones d’ici, ils gèrent la publicité des riches envahisseurs. Gratuitement ou en voyages payés par César, pour cette assimilation. Ces cons de journalistes du Québec, surtout à Montréal, collaborent (comme dans collabos) à leur perte à plus brève échéance qu’ils croient. Leurs jeunes publics prêchés iront bientôt à la source, aux médias-USA. Fin de leur lectorat et ils se feront congédier. Bin bon !

DEDANS LA VIE…

Je file, sortant de  la clinique, pour mes journaux du matin, au garage Ultramar. Pas même un kilomètre n’est-ce pas ? Bang ! Un policer en voiture surgit : « Pas de ceinture bouclée m’sieur ? »  Ce sera 120 « tomates » d’amendes ! Eh b’en ! Arnaque ? Cette ceinture à boucler…pas dans nos moeurs, nous, les aînés. On l’oublie. Mes petits-fils, eux, ne l’oublient jamais et, toujours, ils la bouclent ! Je rentre. Je lis dans le journal qu’en ville, c’est le même HAUT prix si tu lances ton mégot dans le caniveau ! Eh b’in, par ici le fric ! Gomme, baloune ou non, même amende ! On manque sans cesse de fric chez nos gouvernants ? Ainsi, le motocycliste -qui n’est pas toujours un motard criminalisé- en crache un coup pour son « faible », le deux-roues ! Bon, belle vision pour me calmer : au rivage du lac, je vois un couple de fiers nageurs, lui, coloré de vert, elle, moins. Jolis canards ! Oublier la facture policière.

Une compagne folle des actrices et des acteurs ( une ex-réalisateure de feuilletons télévisés) et me voilà entraîné aux théâtres. C’est cher. Grosses « amendes » là-aussi et pas de billets pour les pauvres. Les jeunes ? Oui, rabais « étudiants ». On a vu le Quat-sous tout neuf, Avenue des Pins, où se lisaient des poèmes comme « à tour de rôle ». Un simple récital régi par Louis Maufette. Ouenge ! Puis au TNM, un mélo simpliste se déroulant en Asie. Ce « Dragon bleu » du célèbre Lepage… est d’un vide peu commun mais présenté dans des habits scéniques à gadgets séduisants. Ouaille !

Et puis, au Conservatoire (tout neuf là-aussi) , sur le Plateau, une prétentieuse pochade de l’Autrichien Thomas Bernardt, une courte fable tarabiscoté, suralimentée par (encore) les gadgets à projections du révérend père Marleau. Enfin, dans une ex-usine (Raymond-Confiture) du bas de la ville  -« C »- une bande de joyeux drilles venus de Riga, ville de la Baltique, sans un seul mot, pantomime grouillamment pour illustrer une jeunesse communiste d’avant la chute de l’URSS (1990), totalement « colonisée » par les tounes d’un fameux duo de rockeurs-USA, Simon et Garfunkel. Ouen !

Je m’ennuyais ferme de mes siffleux sous la galerie et de mes rats musqués sous l’quai, de la moufette sous l’perron même. Hélas, j’en tombe, rue Henri-Julien, -ô trottoir cassé aux arètes démoniaques- en aurai le majeure gauche fendu. Et saignant ! Visite à une apothicaire-Coutu, puis, le lendemain, pissant encore le sang, visite à l’hôpital juif. Pas loin de l’Oratoire -où j’aurais dû aller ? Foules d’estropiés juifs et non-juifs, c’est l’enfer d’Alighieri Dante ! Avec promesse d’attente de 12 heures, alors, rabattons-nous chez un « privé » au bout de mon cher Chemin Bates, de l’autre bord de la track !  Enseigne sobre : «  M D » mais factures pas sobres ! Pire que « de pas boucler sa ceinture ». Mais pas d’attente. C’est chic « and swell » en ce désert médico-design.

Je m’ennuie vraiment de mes chats errants, même des criardes noiraudes, nos sombres corneilles qui imitent le clair cerf-volant. Ô ciel adèlois ! Dedans ma vie, ces jours derniers, il y a donc eu tout ceci et cela. Aussi une visite dans l’ex-Centre Paul Sauvé, devenu un hospice public (mot tabou) agréable et luxueux pourtant pas cher. Là où ma grande sœur Marcelle me semble vieillir relativement joyeuse. Autre visite ? Dans Saint-Léonard de Port-Maurice, jais un village où nous allions en 1940 en couple. « Sleigt ride » à une piastre. Chez Nicole, logis coquet, on a goûté un fameux pâté-au-poulet alla « ma petite sœur », avec du beau gâteau à bougies colorées pour souligner l’anniversaire de ma blonde. Mai ? Oui, signé Taureau donc pour fitter avec le scorpion que je suis. Deux signes s’entendant à merveille répètent les coquines colonnes à astrologie pop.