LA NEIGE ENCORE ?

 

Je sors de ma piscine comme chaque jour et, voyant la neige qui tombe, je m’écrie : « Oh non ! Pas ça, pas encore de la neige ! » Scandale. Autour du porche de l’Excelsior, cris de protestation. Plein de visiteurs venus de Paris me font de gros yeux. ! « Allons, l’ami, c’est si joli. Nous, on est venu justement pour ça, l’abondance de neige ! »

Depuis des années, je m’en suis rendu compte, « un tourisme d’hiver » se développe. On m’explique qu’il faut organiser, c’est couru et apprécié, des forfaits « sports-hiver-québécois ». J’ai appris de mes joyeux parisiens qu’en deux petites journées, ils ont pu se payer une « trotte » de traîneaux à chiens, « ah, mais nous étions dans un roman de Jack London, vous savez ! », aussi un idyllique bourlingage de « ski de fond » sous d’immenses haies de sapins ! Et puis : joie féconde et bonheur total : « On a fait de la motoneige loin de vos villages, en pleine brousse blanche ! »

L’engin —du père-Bombardier—est une vraie « folie » de bonheur pour ces jeunes citadins bobos de la mégapole la plus visitée du monde, Paris. « Ah bin, taberrrnacle (sic) que c’est jouissif votre ski-doo ! » Ça gloussait de « fonne », vous savez. Quand, cette semaine, veille du premier jour du printemps, j’ai vu tomber toute cette (dernière ?) neige, j’ai pensé au grand bonheur de ces « cousins » du vieux continent en visite dans… « nos quelques arpents de neige » selon la maudite expression du maudit Voltaire conseillant à Louis XV de ne pas trop investir en Nouvelle-France menacée par l’Anglo-saxon rapace !

Voyant, quittant le domaine de l’Excelsior, ma « toute excitée » horde de motoneigistes néophytes, si joyeux, vraiment enthousiastes, chevaucher de si belle humeur leurs engins à chenilles, j’ai pensé à nos enfances québécoises. À nos grands plaisirs d’accueillir de nouvelles giboulées. Il y a qu’avec les années, le Québécois finit par se lasser de ces « jolis flocons » qui forment. Hélas, de pesant, de très lourds congères. Qu’il faut pelleter. On doit nous comprendre à Paris.

Ça suffit quoi ! Que vienne le printemps. On est prêts tous à entendre les rauques et stridents cris des noires corneilles. Il y aura ensuite ces si jolis oiseaux familiers dans nos jardins. Il y aura les bougeons qui s’ouvrent. Il y aura le soleil plus fort et le simple petit bonheur de « marcher en souliers. Eh oui! Ça tient à si peu ? Eh oui ! Rappelez-vous, les anciens, grand bonheur tout simple, gratuit, sortir en robes ou en chandails légers, un certain jeudi précédant Pâques. Aller, frénétiques, « faire les sept églises ». Rituel, petit pèlerinage annuel —garçons et filles, pouvoir fleureter en masse— en souvenir des « sept plaies du Christ. Mort en croix et vendredi, l’église endeuillée, musique dramatique à l’orgue, trois prêtres se couchent, lampions et encens, tristes chants de gorge, cagoules violettes aux statues.

Sursun corda… ! La vie ! Avec dans l’air dominical grand concert. Volées des cloches de toutes les églises. Dimanche, la résurrection de Jésus et, pour nous tous, la résurrection de nos pulsions très humaines, bien laïques, bien en chair. À la craie de plâtre, vite, aller tracer en lettres géantes, au coin de la ruelle sur une palissade de vieilles planches : « CLAUDE AIME RAYMONDE ! » On est fou quand on a quinze ans, non ?

« PAS DE CHIENS, PAS DE JUIFS » ! Ce titre ? Jeunesses d’ici, voilà ce qu’on pouvait lire aux plages de nos Laurentides, avant la guerre.

« PAS DE CHIENS, PAS DE JUIFS » !

 

Ce titre ? Jeunesses d’ici, voilà ce qu’on pouvait lire aux plages de nos Laurentides, avant la guerre. Oui des placards antisémites posés par de bons proprios Canadien-français catholiques. Comme tous les nôtres, mon père, détestait les Juifs. « Ils ont tué le Christ », me répétait-il et notre pieux clergé d’approuver. Étudiant, en 1950, je lui annonce être « tombé en amour » avec une jolie Juive de mon École des arts appliqués. Papa ne m’adressa plus la parole. J’ai fini par rompre ave cette jolie Anita Gertler et dans quelques mois, chez XYZ, sera édité mon récit de cet amour lâchement abandonné.

En 1989, trente ans plus tard, chez mon dépanneur, je croise un certain Jacques Neufeld, Juif d’une bonhomie énergique. Neufeld me racontera sa vie de clandestin quand il sauvait de la Gestapo des tas de ses compatriotes traqués par la Gestapo et la sordide Milice française. J’avais conduit chez mon éditeur d’alors, Leméac, ce Neufeld qui y publia ses aventures. Il y a peu de temps —ô piscine de L’Excelsior, ô piscine du chic Club du Sanctuaire !— rencontre d’un chimiste emeritus ex-prof à l’U de M. Il m’offre sa traduction d’un récit de Yossi Indig, un camarade baigneur. Un Québécois interné dans un camp nazi : « Adieu à Sihget » (édité à compte d’auteur). Émouvant. Si vous allez à la (grande) Bibliothèque nationale, vous lirez cet « Adieu à Sighet », une autobio qui raconte son brutal « ramassage » au ghetto juif de cette ville Sighet, en Hongrie. Poignant récit (préfacé par Elie Wiesel) d’un jeune garçon chez les nazis avec toute sa famille.

La guerre finie, l’adolescent libéré va choisir Montréal. Qu’il aima vraiment. Après avoir été petit commis « dans la fourrure », débrouillard, il se jeta dans le commerce des vêtements via les « fins de ligne » des manufacturiers. Marié et père de famille, Yossi réussit avec sa boutique à aubaines. Installé (dès 1964) rue Mont-Royal. Au coin de Fabre, rue célébrée par Michel Tremblay. La concierge qui loge à l’étage du « Belle mode », le forcera à fuir le Plateau. Furieuse antisémite. Aux ordres du propriétaire de l’édifice, un certain Adrien Arcand, chef Québécois nazi avant la guerre. Yossi Indig s’en ira rue Ontario coin Valois poursuivre son commerce. Dans son récit, Yossi louange une Micheline Martin, dévouée gérante et « bras droit » durant trois décennies. Il lui reconnaît volontiers ses succès. Là, rue Ontario, un incendie ravageur et il ferme. En 1995, le petit garçon tatoué », numéroté— prend sa retraite des affaires et suit des cours de peinture via la télé. Le voilà peinte et il rédige donc ses mémoires. Ce livre «  La promesse à ma mère », en anglais, en français « Adieu à Sighet » montre un fort courage. Son chapitre narrant un retour à Sighet arrache le cœur. Ici, je veux remercier J.-C. Richer (retraité qui vient de publier une énorme « somme » sur la chimie, un ouvrage unique au monde), de m’avoir offert « Adieu à Sighet ». Il m’a prouvé la volonté exemplaire de la race juive, dans chaque chapitre on retrouve cette force de cohésion, cette union inouïe qui a fait des héritiers du « vieux testament » une nation vraiment « tricotée serrée » et d’une résistance incomparable. Au lieu d’avoir placardé ces « No dogs, no jews » sur nos plages laurentidiennes, nous aurions mieux fait d’imiter cette solidarité raciale à toute épreuve, nous, minorité méprisée et bafouée du temps du mépris raciste des anglos dominateurs de 1939.

 

 

 

 

LA PEUR DE LA FEMME-POLICE !

 

 

Ma jeune voisine (au somptueux chat couleur de pourpres) Blondinette, devenue Noirette, m’invite —vite— à admirer un haut sur pattes héron qui batifolait sur son quai ! Ô la beauté de cet oiseau géant !

Puis mon tour du lac quotidien et découvrir ( rivage en terre humide étatisée) une marmotte… morte ! Plus loin, le cadavre d’un petit castor ! Encore ? Oui, proche du (bon) resto So Thaï, un joli chat noir tacheté de blanc, mort lui aussi ! Bigre, sombres présages ? Oh oui, on découvre cette diplômée de « L’École de police (à Nicolet), enragée démontée, criant sa haine viscérale imbécile des « artistes » ! Incroyable femme « armée » que cette grosse musclée, Stéphanie Bureau. Bastonnant, menottant, étouffant et… blasphémant comme un charretier !

Que vaut donc cette école publique ? Que pense ce genre policier de nos Noirs ou de nos itinérants. Aïe ! Pis que pendre ? J’ai eu affaire, il y a peu, à une jeune patrouilleure de la S.Q. de Sainte Adèle. Une excitée du même genre que la butch Trudeau, vociférante pour avoir oublié de stopper au coin de ma rue Morin. Toute démontée, comme si j’exhibais une bombe, elle criait, répétant à tue-tête :« Ne sortez pas de votre auto ». J’étais chez moi dans mon entrée ! Une diplômée de L’École de Nicole. Son chef alertée par moi, m’écrivit… qu’il « la rencontrerais ». Et puis silence.

Oui, que vaut cette école de Nicolet payée par notre argent public ? Rien, monsieur le directeur Parent aux polis excuses mais seulement après la vidéo à la télé. Diplômes accordés donc à ces prévisibles tueurs et tueuses en uniforme ! Pas fou le peuple d’avoir peur de la police et davantage que des « ritals » maffieux. Une autre école damnée ? Oui si on écoute, chez Dame Charbonneau, juge, qui « bavasse », un certain Z., ex-corrupteur (il l’avoue) qui raconte tous ces ingénieurs —pas des truands hein ?— complètement corrompus. On se dit : mais ces super instruits ont pourtant fréquenté la prestigieuse école universitaire dite « Polytechnique ». Cours difficiles pour des cerveaux aiguisés. Là aussi c’est « zéro » question d’éthique ? Polytechnique enseigne-t-elle la pourriture morale ? Aucun code moral, mais aucun, n’est donc transmis aux élèves, futurs ingénieurs ? Deux tristes lieux : Nicolet et l’U de M. Navrant et très très inquiétant. Les cognés, les frappés, les victimes de tous ces psychosés armés, n’osent porter plainte : la « parole de la police » est sacrée, privilégiée. On le sait trop. Et l’avocat, on le sait bien, fonctionne à haut taux avec leurs minuteries réglés. Surtout, il y aura délais, des mois, parfois des années souvent. « Omertà » prudent alors des citoyens bafoués par « law and order ». Ces fripouilles à la Trudeau frapperont et cogneront de plus belle.

Nous tous, placides habitants de nos jolies collines, méfiance ! Une balle perdue peut vous tuer. À Sainte Marguerite, autre terre à chics résidences, c’est du baseball : « une balle, deux balles…un homme de mort ». Qui ? Encore un « rital ! », Vincente Pietrantonio, déjà condamné comme usurier, joli métier ! Écoeurés ? Voici un agent de la S.Q, incarcéré la semaine dernière pour pornographie juvénile. François Blouin, 47 ans; ô Internet, si utile outil, qui peut servir de bordel à des désaxés en uniformes ! « Dans quel trou m’avez-vous mis, mon Dieu ? », écrivait jadis Réjean Ducharme ! Mais il y a aussi la beauté sang et or des arbres qui, hélas, va s’éteindre bientôt. On gèle comme en janvier ces temps-ci ! La vie est belle ? Oui. Las de marcher, j’ai retrouvé mon palétuvier tout feuillu au dessus de la mini mangrove qu’est la piscine du spa Excelsior; pour ma patte folle opérée rien de mieux que l’hydrothérapie.

 

 

 

 

 

 

 

LA COURTOISIE, L’AFFABILITÉ. OUI ?

 

 

Dans nos existences, on rencontre parfois des « faces de beu », des visages-de-bois, c’est fatal. Par exemple, tout récemment, pour un simple oubli de faire un arrêt (coin de rue paisible à deux pas de chez moi ), va surgir en trombe, avec coup de sirène, dans votre entrée une jeune gendarme toute démontée, très tendue qui sort sa voiture à gyrophare et qui, vraie furie, vous sommera : « Restez dans vote char, svp, compris? Vite, allez vous rasseoir dans votre voiture, vite ! » On aurait cru à l’arrestation du meurtrier du récent assassinat du pharmacien Quenneville survenu au bas de la Côte Morin dont dame Justice ne parle pas.

Or, la courtoise, je la rencontre à chaque fin d’après-midi, au magasin de notre École Hôtelière, rue Lesage. Oui, la bonne humeur a un nom : Serge. Il n’est pas qu’un vendeur, il saura expliquer aux visiteurs certaines denrées parfois sophistiquées. Mon cher Serge de Saint-Donat donne même des conseils appropriés, si on lui demande. Car Serge n’a rien d’un inopportun encombrant, au contraire. Ainsi, de tels individus, socialement bien adaptés, font partie intégrante de la joie de vivre pour le citoyen. Un triste monde, imbue d’une fonction et névrosé, constitué de « chevaliers-à-la-triste-figure », nuit à la simple joie de vivre.

Retour de la métropole-aux-casseroles où en quelques jours nous avons assisté encore à des rencontres théâtrales étonnantes. Celles offertes par le Festival trans-Amérique. Nous voyez-vous aux coins des vieilles rues Plessis, Panet et Visitation, dans l’Ancienne usine de confitures —sa haute cheminée résiste— admirant cinquante (50 !) « gesticuleux », déchaînés tournoyant dans une passacaille aliénante ? Étonnante foule sur une scène ! Olivier Choinière réussit à cette Usine-C à illustrer —en steppettes et un chant monotone— la sombre folie d’une foule moutonnière. On rit jaune. Ensuite, dans une ancienne piscine, rue Cherrier ( ex-La Palestre) voyez-nous zieutant un laideron et une minette, « toute dépoitraillée » disaient les anciens. Étrange couple qui court, rampe, s’accroche, se fuit en contorsions (banales ou surprenantes). Elle, toute échevelée, lui, avec une queue de rat comme l’illuminé Raël; c’est Clara Furey (fille de Carole Laure) et Benoit Lachambre, gesticulateurs frénétiques déplaçant sans cesse deux meubles mobiles : un piano droit et un « dummy » de piano à queue. Oh les poses excentriques ! Enfin, rue Henri-Julien, imaginez-nous, elle et moi, mais l’aficionado c’est ma compagne, observant un étrange manège à douze personnages, morbide et très bizarre « réunion de famille. » Une généalogie pourrie dialoguée par Emmanuel Schwartz : « Nathan. » Sorte de sinistre « caucus » où l’on évoquera, sur trois générations, des mufleries graves, des tromperies, des incestes et des crapuleries, enfin des trahisons. Belle famille !

Une parenté tarée, chaîne lugubre où jamais on ne croise un affable « Serge de l’École Hôtelière », c’est à dire pas la moindre petite lueur d’humaine courtoisie. Comme, hélas, avec la gent policière parfois.

 

L’ EXISTENENCE….

 

Ne

Essayons de rester attentif à ce qui nous entoure. Ne pas se laisser distraire de l’essentiel, fait de petites réalités réconfortantes sans qu’on le sache assez bien. Ne pas s’encombrer par les menus tracas ordinaires. Ai-je le droit de philosopher et de conseiller ? Malgré le réel parfois triste —ouvrez un journal.

Garder raison face aux  contradictions incessantes de l’existence. Tenez, store levé tôt, voir par ma fenêtre de chambre le soleil du matin. Une chaleur traverse ma vitre. J’ai l’Astre en pleine gueule, apercevoir un écureuil jouant le sans-filiste coureur sur une ligne de l’Hydro !

Bientôt toute la nature va revivre ! Bon, debout ! Remiser mes bottes, aller « en souliers »,  à mon cher Le Calumet pour ma triste dose d’actualités. Toxique ? Les Syriens mitraillés. La  Chine et la Russie avertissent l’Onu : « Pas touche! » Despote Assad protégé dans quels intérêts ? Ne plus lire sur le monde en chamailles ? Devoir civique, rester bien informé.

Ma petite vie encombrée de meurtres, vols, viols, gabegies, corruption. Ce sinistre « régime-Harper » qui s’avance avec

  1. jeunes délinquants à enfermer prisons,« écoles du crime ».
  2. sus à l’avortement libre,
  3. sus aux homosexuels demandeurs de statut-de-couple »,
  4. fin de « vie privée », polices fouillez les messages du web-net. Vive Big brother ! Etc.

Lire qu’un soldat étatsunien, un sergent, un vétéran de l’Irak, se change en « serial killer » au nord de Kandahar

Lire un Aubin (du Journal de Montréal), publiant « Quoi, la gabegie, la corruption politico-québécoise de nos politiciens ? Assez de notre maladif  besoin d’éthique. De morale. » Eh b’in, mon Aubin ? Conscience ramollie ?

Poison maudit les nouvelles dans ma quiète existence laurentidienne. Je reste un indigné ! C’est notre honneur cette faculté de « s’indigner ». Attention, garder l’autre axe d’une existence saine : la faculté de « s’émerveiller. » Par exemple, admirer par les vitres-de-serres, à ma piscine de L’Excelsior, tous ces sapins. Élégants clochers verts, cônes épointés sur un ciel lumineux. Rue Valiquette, apprécier ce postier à queue de cheval toute grise, qui nous sert avec un zèle souriant. Rencontrer ce jeune habile jobber, Jean-François, si content de  dénicher un emploi stable —en « portes et fenêtres », observer cette jeune étudiante à l’École hôtelière, ses beaux yeux clairs, qui me conseille volontiers sur un choix de leurs plats préparés.

Facile d’aimer la vie ? Oui. Lire qu’à l’université Laval des neurologues avec des physiciens— sont à veille de trouver des manières  —fibre optique, laser, cellules-souches— de soigner et prévenir aussi— le maudit trio : Dépressions, Parkinson, Alzheimer ! Espoir pour les aînés, dont je suis ! Vie belle ? Souvent si vous possédez un tempérament un peu optimiste. Le sinistré  —qui est un indigné désespéré— grognera toujours : « NO FUTURE ! » Laissons mariner dans leur fiel tous ces chevaliers-à-la-triste-figure (Cervantès) Faux : « L’avenir tout en rose », faux « l’avenir tout en noir ». Vrai qu’il y a des « percées de soleil » : rue Richer, une femme rieuse pousse un carrosse où babille un poupon, bien  vu son visage épanoui. Rue Beauchamp, un gamin rigole des cabrioles de son chien. Rue Archambault, une belle vieille guette son petit chat fou, me salue, conducteur qui fait un détour. Rue Grignon, comédie de voir ce joli racoon s’évertuant à ouvrir un bac noir.

Déjà, un peu d’eau sur le lac et l’apparition de bouts de gazon au parc Patry, au parc Grignon, aux alentours du parc-amphithéâtre. Aussi dans mon allée ! Merci, vie belle !

 

DIRE ADIEU ?

Soudain elle a eu les yeux —comme on dit— pleins d’eau. J’étais mal. Je regrettais mes paroles. Il y a que… ça ne cesse pas autour de moi : « Vous ne pouvez pas rester encore bien longtemps ici ». J’en parle. « Raymonde, combien de temps encore ? » Elle : « Tais-toi, je ne veux pas m’en aller d’ici ? » J’ai dit : « On jase là », en Guy Lepage. J’ai songé à toutes ces « vieilles personnes » obligées un jour de « casser maison ». Tout quitter de ce qui fait notre décor quotidien, nos choses à soi, amis, voisins. C’est qu’il y a l’entretien —pelouses l’été, la neige l’hiver. Si vous voyiez ma cave : un capharnaüm !
Quoi, toute vie a ses cruelles échéances. « Sort humain » répétait un personnage de Mia Ridez. Je pense à tant de « déménagés » malgré eux dans tant d’hospices. Notre tour approche : devoir quitter où nous sommes heureux depuis 34 ans. Ne plus revoir certains voisins, tourner le dos à nos commerçants familiers. Devoir oublier nos arbres, plantés souvent de ma main —j’ai eu 45 ans une fois ! Adieu fleurs, oiseaux, écureuils-acrobates fous. Adieu marmotte à qui je jette du pain si souvent. Adieu cocasses rats musqués, adieu si jolie famille de canards. Adieu anneau de neige, cirque archi lumineux au soleil pour balader humains et chiens…
« Écoute, chérie, on s’essouffle à rien, non ? » La compagne proteste, gestes du refus. Nous en aller dans un condo en ville et fin des soucis ménagers. Vivre comme à l’hôtel. Terrasse, piscine, resto. Vie d’ hôtel ! Bientôt faudra vendre « le char », adopter le commode transport-en-commun. Et taxis. Revoir nos stations du métro. « On ira au théâtre plus souvent, toi qui aime tant ça ». Le temps ! Juin 1973 et ma compagne —enfant de la rue Rachel— découverte d’une aubaine, notre maison à 25,000 dollars ! Pour Raymonde, c’est « le chalet » car, la semaine, c’était boulot. Réalisation des Dubois, Chaput-Rolland, Payette, longtemps, de Lévis-Beaulieu. « Le chalet » cette grande cabane en déclin gondolant, cinq chambres à l’étage. Puis, retraitée comme moi, ç’est le « home sweet home », le statut de « villageoise. Alors, tu y  songeras :  nous en aller où il y spectacles divers, cinéma dit de répertoire, mille restos, aller enfin à ces festivals —jazz, humour, films. « Non, jamais de la vie,  impossible. » La voir si triste : « Okay,  on y repensera. » Tenir…Un an ? Deux ans ? Ne plus aller marcher Avenue Chantecler, ni faire « le tour du lac ». Dire adieu à mon « Calumet-journaux-magazines », Ne plus rigoler avec les postières, ni avec le boucher ? Dire adieu à Fusion aux ses appareils modernes, adieu à ma piscine de l’Excelsior ? A mon École Hôtelière, à l’hebdo Pays d’en Haut ? Bon, on oublie ça, on fera appel à des gaillards juvéniles. Le printemps dans… deux mois et on reverra les mésanges, des pics noirs, le rouge cardinal, nos tourterelles tristes. Rester, facile à dire. Rêvons qu’on ne vieillira plus ! L’on s’attache, à ces collines, jolies. Une « petite patrie » ? Exactement cela.

JE RÊVE D’UN JANVIER TOUT BLANC !

« Longtemps je me sis levé de bonne heure…» en hiver pour le détester. J’ai changé. Suis devenu un amateur de nos blancheurs saisonnières, sa lumière solaire si stimulante. Saison bénie de la jeunesse, des sportifs. À mon grand âge, j’ai la marche. Aussi mon refuge à L’Excelsior, là où on peut admirer le plus beau sapin décoré, me voyez-vous sous une mini-cataracte d’eau vive, pateaugant sous ce petit palutivier de la piscine-serre, aux racines sorties ? Le bonheur !
Lire, entre mes baigneries : que le ministre fédéral Moore va répétant que « Radio-Canada-CBC est avant tout un instrument d’unité nationale ». Menteur ? La CBC est une faillite, gaspillage de 666 millions de $ . Les Canadians n’ont d’yeux que pour la télé des USA. Seul le réseau français fonctionne (333 millions de $). Pas autant que TVA mais…. Nous sommes une nation (Harper dixit), un pays « français », pas mal protègée de cette hégémonie culturelle populaire de notre sud. Sauf chez nos demi-assmilés. Bon, aller à ma piscine.
Lire Hugo Chavez, ex-cancéreux, Président du Vénézuela, parano fou ?, il déclare à la sauce-complot : « Étrange, ce fait : tous nos présidents et nos ex-présidents en Amérique du Sud frappés par le cancer ! » La CIA? Voir ahuris les Koréens du Nord en hystériques sanglots, à la mort du dictateur ! Effet de propagande ! Pas moins cul-cul la praline le magazine Maclean’s nommant un prince et une princesse, (parasites) de Londres « Personnalités de l’an 2011 » Et quoi don ? Notre compatriote doué, Laferrière invite à la télé tous nos écrivains « à sortir du Québec ». D’autres créateurs doivent donc sortir de l’Italie?, de l’Allemagne ?, de l’Espagne ? Quelle connerie! Aussi tordues que nos « nouvelles » citoyennes jurant à Ottawa vêtues de leurs voiles islamiques. Voyez-vous, à Téhéram  de nos demanderesses vêtues de mini-jupes ? Ottawa-connasse ! Aller à mon palétuvier ?
Bravo à Foglia qui cite quelques sales « morviats » anti-québécois signés Mordecaï Richler. Un franco-phobe à qui de nos  caves veulent donner le nom d’une rue. Masochisme stupide ! Et puis, vite, appuyons Marsolais qui voudrait interdire la boxe, un sport —s’assommer jusqu’au coma, exhibition d’arriérés mentaux, la boxe. Ailleurs ? La Presse du 28 décembre : « près de 100,000 tués au nord du Mexique » que dénonce un repenti des trafics, réfugié aux USA. Le Président Calderon serait entouré de corruptions. Va-t-il pogner un cancer, M. Chavez ? Oui, aller nager. Tiens, ce prêtre de Joliette, Raymond Gravel, jeune ex-homosexuel prostitué, qui accuse les ex-abusés sexuels par « en soutanes ». Des avides, acoquinés avec des avocats cupides, dit Gravel et pouvant ruiner les communautés ? En effet ces « hiérarchiques » muets jadis  peuvent ruiner des innocents ! Dura lex sed lex ! Ô vite, ma piscine. Encore ? À l’ouest de Jérusalem, des fanas religieux (Hassidims ?) tourmentent cruellement des écoliers non-orthodoxes ! En finir ? Lafrance, ex-boss à la SRC,  ayant crié « voyou » pour fustiger M. P.-K. Péladeau, nous avons craché 400, 927 de $ de nos économies publiques, en réparation. Pas moins de 5 millions en « fêtes », un demi-million en « conférences » et un autre demi-million en publicité; un tourbillon ! Ah, aller marcher dans la blancheur hivernale.

UNE TRAGÉDIE GRECQUE

 

C’est Médée (tueuse de ses enfants) en pantalon qui a eu lieu par ici. Imaginez tout un peuple, les mains sur les genoux,  attendant la noirceur dans les estrades de pierres de l’amphithéâtre grec. Imaginez un de ces sombres récits où la mort fait des ravages. Les héros sont des dieux ou des importants héros sortis des contes oraux de ce temps. Des longues torches, de courts s flambeaux, jettent des lueurs sinistres sur les glaives, les poignards, les dagues. Le sang ! Des cris ! La foule fige quand l’effroyable Médée éclate en lamentations. Imaginez maintenant, pas loin d’ici, un joli bourg avec des cottages coquets, cuisines branchées, celliers aux vins luxueux, dehors, beaux jardins de pépiniéristes savants, fleuris, chérantes piscines creusées et des grands bourgeois, des docteurs en médecine qui font rentrer au budget annuel un demi million de beaux dollars. En ce bourg coquet, soudain la tragédie…

Deux parents médecins respectés, dix ans de vie commune, deux beaux enfants gâtés… Mais l’amour, en Grèce d’Euripide ou d’Échyle comme partout ailleurs, l’amour c’est comme le vent, ça souffle où ça veut l’amour. La jeune maman, jolie blonde comme encore dans sa graisse de bébé, a un amant. Entendez-vous les affreux cris de deux bambins qu’on poignarde ? Il n’y a personne dans l’estrade théâtrale de Piémont, il n’y a personne dans le voisinage bourgeois, personne pour voir le cardiologue respectable en train de se venger de l’infidèle. Ô la jalousie du triste héros de cette tragédie laurentidiene ! Se venger. Mettre à mort deux jeunes vies que l’infidèle épouse a mis au monde. Se venger de cette compagne qui l’abandonne.

Cris d’enfants terrorisés, ensanglantés, dans la nuit de nos si jolies collines. Ô misère humaine ! Le misérable dieu, Narcisse, guide méchamment le bras de l’assassin dans les chambres du chic logis de Piémont. Orgueil du trompé. Vanité

Atroce qui exige la punition la plis ignominieuse. Deux jeunes innocents entrent vite dans « la lumière » des Croyants, au paradis promis. Rideau !

Imaginez, jadis, le public qui quitte l’agora, les estrades, les oreilles et les yeux accablés…. Médée en pantalon, vengé, se terre sous son lit. Un enfant gâté avoue qu’il est un imbécile aux policiers accourus dans cette rue quiète du joli bourg tranquille. Rideau ! Un jour, un dramaturge fera le récit de l’horreur de cette nuit d’orgueil fou, c’est certain. Télé ou cinéma. Ou bien au théâtre  de plein air, ici, à Sainte Adèle, rue Morin ? Un jury vient de déclarer que le meurtrier, l’infanticide, ce Médée en pantalon, était fou. Ah oui ? Fou d’orgueil, c’est bien ça ? Rentrons chez nos, braves gens, que l’on éteigne les torches.

UN COLONISÉ TRÈS ALIÉNÉ

L’auteur de l’excellente biographie de Jerry Boulet, Mario Roy, ne devrait pas sortir de son champ. Ce scripteur n’est pas bien équipé intellectuellement et il vient de publier une ineptie grave où il pisse sur l’ouvrage de Claude-Henri Grignon, où il chie sur « Mon oncle Antoine », le film de Claude Jutra. Tout    ça vaut pas de la chnoutte selon le coco de La Presse.

« Du folklore », le mot pris dans un sens dérisoire. Selon Roy, la vraie culture vivante vient des pays riches et puissants.. Quel colonisé ! La culture populaire des pays peu peuplés est sans aucune importance, donc, «  Séraphin », c’est lamentable, insignifiant. dérisoire. Attitude d’un aliéné. Pouah ! Si les artistes des pays de taille modeste veulent s’illustrer ça devient du pénible folklore.

Le Mario Roy donne le beau titre d’art aux artistes des grandes contrées puissantes. Les autres ? De la schnoutte. Le créateur de New York ou de Paris est un pondeur important. Mais le créateur de la Norvège ou de la Finlande…ou du Québec », des minables !

Le 29 janvier, le déraciné Mario Roy affirme donc que Grignon —«Les belle histoires des Pays d’En Haut »— c’est rien. Que « Mon oncle Antoine », c’est de la p’tite bière.  Que raconter le hockeyeur « historique » Maurice Richard ou bien cet enfant musicien surdoué, André Mathieu, c’est vétille et broutille. » Non mais…quelle cloche !

Fabriqué à Paris ou à Londres, à Los Angeles ou à New York, c’est du sérieux. Pour ce misérable déraciné les artistes  d’ici ne devaient s’exprimer, comme Moujadi Wouawad, que sur les grands sujets universels, qu’ « Incendies » —tourné par Villeneuve— se déroulant au Moyen-Orient, ça va.  Ce jeune exilé venu de Beyrouth, lui, a le droit de raconter sa petite patrie, si un Québécois le fait, c’est l’ouvrage d’un provincialiste. Les amusants contes de Pellerin (Claxton), c’est quoi pour Roy?,  du « p’tit esprit de village ». Les pondeurs de mythes ne doivent venir que des pays peuplés densément. Il  dit qu’il faut donc avoir honte de cette martyrisée « Aurore ». Plus aliéné que Mario Roy, tu meurs. Filmer la piscine à jet-set à  Kigali au Rwanda, ça c’est du grand art !

Je viens de lire le très ennuyeux roman « L’homme blanc » de Perrine Leblanc. Ça se passe en Russie, à Moscou. Oh, oh, les louanges pleuvaient du milieu colonisé ! C’est un plat navet. C’est bon, c’est si loin des Laurentides, pour les snobs à la Mario Roy, ce coco écrit qu’avant EXPO ’67, il n’y avait rien au pays. Le cave fait mine d’ignorer qu’il y a eu, par exemples patents, Arthur Buis, Olivar Asselin, Jules Fournier, l’ami de Grignon, Olivar Asselin, des géants alors qu’actuellement qui peut les accoter ? L’éditorialiste Mario Roy ? Un pou.

Ne parlons plus de nous, taisons nos existences, ne nous exprimons que sur Moscou, Kigali, Beyrouth et, en certains chics médias on applaudira. Quelle tristesse.

LE SOMMEIL DES TRUITES !

Il faisait beau soleil et voici donc un colibri, si vif, si hélico, qui fonce sur notre oiseau de bois émaillé rouge acheté « une piasse » chez Dolarama ! Il affronte ce leurre et puis, déçu, il fuit. On rit. Voulait-il s’accoupler à un cardinal de bois ? Hon ! Celui de Québec, l’insensible Ouelette, en aurait sorti sa bulle ! Puis voici que ma Raymonde rentrant de son Hyperclub de Piedmont, me répète tout le mal dit sur le dos de la marmotte. « Un vilaine rongeuse de graines en semis, très nuisible. » Bof, on n’a pas de potager ! Je descend trois marches voulant apercevoir ma grosse Donalda, rien. Faire un ménage dans mon tas de vieilles planches et l’en déloger. Non, j’y suis trop attaché. Fou hen ?

« Hier encore » (Aznavour) le vieux chat jaune-orange, bien assis, fixait ce coin secret du siffleux-terrassier derrière de vieilles persiennes remisées. Ma Donalda y allait aux toasts ! La terre volait sur un temps riche. Agrandissement ? Naissances ? On voit rien encore. Mais j’ai bien vu, une première !, un papillon d’un beige enluminé de symétriques ornements gothiques (oui, oui) se poser sur un garde-fou et, oui,  choir sur le côté ! S’immobiliser « penché » les pattes en l’air. Quoi ça ? Trop gavé ? Il pulsait fortement. Papillon ivre-mort ? Je l’observais et calculai : ses grandes ailes, ce serait comme si nous supportions, attachés à notre dos, des voiles de 40 ou 50 pieds de haut ! Alors, épuisement ou trop de sucs bus ?

L’ami Jacques Allard m’autorise à me baigner chez lui. Il possède un coquet spa-auberge, le Excelsior, passé le grand domaine skiable du Chantecler. L’une de ses piscines s’orne d’un immense arbuste, sorte d’admirable palétuvier avec ses branches feuillues décorant la serre tout autour du bain et qui  fait ma joie. En rentrant de nage, avant-hier, la Rivière aux Mulets venant frôler la 117, se montra d’un bleu à la clarté totale. Mon étonnement ! Un bleu bien loin de ce gris-brun de la Nord. Rivière encore vue en voiture quand nous sommes rentrés du Val David « d’en arrière ». À l’ouest. Nous apprenons que ce chemin qui aboutit, via le Mont Sauvage, à un carrefour adèlois, était la très ancienne route. On y découvre toute une campagne comme secrète et y nichent ici et là de rares vieilles belles maisons. Et des « modernes », bien moins jolies.

Arrivage d’écureuils ces temps-ci. On avait cru les avoir tous déportés l’an dernier avec la cage de Maurice-Voisin. Non. Gare à la douzaine de nos jolies jardinières suspendues ! Quoi faire ?  Emprunter de nouveau le malin appareil-à-trappes avec nouvelles « déportations » sauce acadienne ? Triste. Ah, chaque fin de mai ou début de juin selon les climats, voir ma « tendre fidèle », mettre ses gants fleuris, réunir ses outils et ses bouquets de Botanix, inventer ses arrangements floraux, la joie pour moi !

Vente du pédalo et achat à Saint-Agathe d’un canot-chaloupe. Pour pêcher. Poids ? 48 livres ! Mise à l’eau et soudain surgit un couple de fiers canards. On dirait qu’ils ne nous voient pas ! Allure d’indépendance totale, c’est ça la belle souveraineté, amis lecteurs. Ça  se promène le cou (très) en l’air, la mine noble, non mais… On nous a dit (des gens-grenouilles) qu’un grand nombre d’énormes paresseuses truites roupillaient au fond du lac. Au pied de l’hôtel du lieu et pas loin des condos de la Villa Major. À nous deux les paresseuses ! J’aime l’été.