QUAND TU VIELLIS !

Quoi donc peut lancer vers une chronique ? Je lis : vieillis, c’est le désert quand vient le grand âge. » Vrai et c’est assez pour me faire rédiger. Oui, terrifiant, vous verrez jeunes gens. Un jour vous prenez conscience d’être devenu une sorte de « survivant ». Pas moyen d’éviter ça en lisant les nécrologie. Des amis partis ! Un ami d’enfance ou de mon adolescence. un qui riait avec vous… Soudain :« finita la comoedia ». La cruelle Camargue fauche, fauche.

MORT DE ROLAND : Roland Devaux venait de m’inviter à séjourner chez lui, dans son nouveau « home » la belle île au bord du Pacifique.Victoria, il avait gagné à la loterie et riait au téléphone, ragaillardi par un si beau sort en fin de vie. J’avais promis mais une semaine plus tard, nouveau coup de fil. Mort subite ! Roland, c’était toute mon enfance dans Villeray, il y était le chef de notre petite bande, batailleur de mes ruelles avec manches de moppes, lance et épées de bois. Contre les « maudits blokes », Gordon, Collin, voyous irlandais des rues Faillon, Berri, Lajeunesse (de Holy Family). Roland : beau plongeur audacieux au bain public de la rue St-Hubert. Aussi soupirant de ma soeur Marcelle. Il m’avait enseigné la boxe dans son hangar, coin Jean-Talon, aussi la levée d’altères, avec poids de ciment coulé dans des chaudières !

MORT DE JUJU : Julien, dit Juju, voisin rue Jarry d’un René Angelil s’égosillant sur son balcon comme un Roméo. Juju qui, pour se payer ses études en droit, vendait des glaces (20 essences !) chez « Robil », rue Lajeunesse. Qui fit carrière chez Bell. Julien, ado parmi les ados, était un fou de théâtre. Étudiant à Ste-Marie-les-jésuites, il fera le metteur en scène aux côtés de Monique Miller pour le premier Dubé : « De l’autre côté du mur ». À cause de ses encouragements, je rêvais à 17 ans de devenir un acteur fameux.

MORT DE JEAN LÉVEILLÉ : Jean, décorateur efficace, qui signa mes décors pour une dramatique signé Paul Blouin (mort lui aussi) : « Blues pour un homme averti », défendu par un Jacques Godin brillant. Léveillé était mon voisin de cagibi à Radio-Canada. Grand frère de Claude-le-poète-chanteur (mort lui aussi), né rue Drolet avec un papa chantre et une maman pianiste. Jean restera le discret, le timide confident précieux. À une rencontre de « vétérans de la SRC », Jean et moi découvrons avec peine de ces retraités amoindris, un avec cannes, un autre avec béquilles, un avec déambulateur et pris d’alzeimer. Un en fauteuil roulant. Même un camarade avec une jambe coupée !

MORT D’UBALDO FASANO : mon plus cher ami. Ubaldo, le « rital », cruelle perte car c’était un vrai fou de musque, le compositeur-arrangeur du célèbre JAUNE de Ferland. Tout jeune, il pianotait aux « mariages d’Italiens » et fit le pianiste des pianos-bars. Ainsi, mon Baldo aidait sa famille de la rue Papineau; La RCMP avait flanqué en camp de concentration (à Petawawa) son maçon de papa, injustement soupçonné de « mussolinisme fasciste ». Quand je voulus organiser une demande d’excuses d’Ottawa, Ubaldo m’en empêcha : «  non, non, Claude, c’est le passé, faut vivre le présent. » C’était tout Ubaldo, pacifiste calme, philosophe souriant. Que de rieuses vacances nous avons passé avec lui (et sa douce France Bergeron) dans les stations balnéaires du New Jersey et du Maine. Amateur de « farces et attrapes », Ubaldo avait inventé une prodigieuse « machine à péter ! » qui avait fait paniquer une Monique Duceppe candide à Nantuckett Island un soir d’agapes joyeuses. Je pense à lui souvent et je souris. Mais ce maudit désert…

THÉÂTRE, Ô CHER THÉÂTRE !

Comme tant d’autres aspirants— aspirant-quoi ?— dans ma cour, enfant, je montais des « séances ». Ah, se déguiser, improviser, mimer la vie par des clowneries ! Un virus car devenu jeune homme, j’écrivais pour le « Téléthéâtre » e Radio-Canada, 1- « La mort dans l’âme » sur un jeune drogué (François Tassé si bon), 2- «  Blues pour un homme averti » sur un « bum » mythomane (Jacques Godin si parfait), 3- « Tuez le veau gras » sur un « revenu de Paris » tout tiraillé (excellent Benoît Girard).

Bon. Je reviens d’examiner « sur qui » on écrit maintenant. J’ai vu.
1- « Avec Norm » sur un aliéné total ( Benoït McGinnis fantastique).
2- « Ce samedi, il pleuvait » sur quatre banlieusards amochés.
3- « La Fureur… », avec sept belles érotomanes en cages, incarnant sept Nelly Arcan, une « écrivante » surdouée, trouvée pendue, hélas.

Quand c’est bon, il n’y a rien pour battre cela, le théâtre. Tant pis pour ceux qui n’y vont jamais. Vrai aussi: quand c’est « plate » sur scène, rien de pire. Un navet sur film est moins assommant qu’une pièce ratée.

À la fin de cette « Fureur. au théâtre « Go » dimanche, sentir un terrible embarras. C’est un « show » de la brillante Marie Brassard. Terrifiante sa « cérémonie des adieux » à sept autels vitrés. Un hommage lugubre renversant en sept appartements cloisonnés, sept « cases » d’une BD funèbre pour illustrer l’obsession du « paraître » « jeune et sexy ». Voyez la part hallucinante jouée par la « disloquées » Sophie Cadieux parlant par saccades, comme électrocutée. Inoubliable !

Aller rue Chabot coin Everett, dans ma « Petite patrie », et voir se débattre ce quatuor familial tordue de St-Bruno-banlieue, oh ! Sinistres récitations revanchardes écrites par une surdouée, Annick Lefebvre. C’était un samedi soir et cette bizarre démonstration s’intitulait « Ce samedi, il pleuvait… » !

Il ne pleuvait pas ! Et allons d’abord manger. Oh ! là, à l’ombre de ma bonne vieille église italienne « Madonna della difesa » rue Dante, coin Henri-Julien. Mon bonheur de replonger dans ce quartier de mon enfance. Même rue pour faire halte à la « très » fréquentée « Pizzeria Machin ». Endroit vivant, bruyant et avec un bon chef. Raymonde et moi avons connu ce genre « resto pop », répandu en Italie, à Grosseto, en 1980, on se rapprochait de Rome. Lieu sans chichi, convivial, familial, service à bousculades, des mets servis en criant et sous un éclairage puissant. Ici c’est « apporter votre vin ». Avec « dépanneur » l’autre bord de la rue.

Après, dur pour l’estomac, rue Chabot, aux Zécuries (sic), quatre banlieusards (papa maman et les jumeaux) qui se collent à un immense tableau noir pour, avec des craies de plâtre, se tracer en contours,, comme font en « scène de crime » les policiers ! Théâtre mortifère qui lutte pour vivre. J’ai donc vu « sur qui » on rédige en 2013, par ici : trois textes captivants et je le redis, quand c’est bon au théâtre il n’y a rien pour battre ça,

AMBIANCE, AMBIANCE !

 

J’écoute souvent, pour l’ambiance, la radio de Radio-Canada le samedi après-midi. L’acteur Girard y fait jouer les bonnes vieille tounes illustrant l’ancien cinéma. Raymonde et moi aimons écouter… soudain Perry Como ! On sourit. Défilent Sinatra, Dean Martin, Crosby, Judy Garland. Une jeune, Lisa Minelli ! Et je me suis souvenu, ambiance, d’un surlendemain soir de Noël à Miami. Nous entrions à l’hôtel Fontainebleau. Juste y déguster un cocktail en son chic cabaret, y respirer l’ambiance des Sinatra et, tiens, Perry Como ! Nous savions que les stars de la chanson passaient au Fontainebleau à tour de rôle. La vie n’est-elle pas meublé d’ambiances ?

Ô l’incrustation des mélodies musicales ! On a donc revécu, samedi, un autre moment d’ambiance. J’ai songé ensuite à la table de la cuisine, à un album de photos, à tante Maria, sœur de maman, veuve « en moyens ». Ambiance : cette tante à l’aise passait des vacances d’été au bout de monde et nous, modeste trâlée de Germaine, c’était inaccessible. L’hiver venu, Maria, nous montrait ses photos. Pour les prendre, il avait fallu des heures et des heures de train! Où donc ? À Old Orchard !

« Voyez mes enfants ces plages de sable à perte de vue ! » Old Orchard était une villégiature huppée à cette époque —sans tous ces motels à bon marché, tassé. La marmaille jasminienne était épatée par ces vues : un long pier —quai sur pilotis— en plein mer, des kiosques, des homards partout, on ne savait pas ce que ça goûtait. Ici, des autos tamponneuses, là, une Grande roue ! Tante Maria nous offrait des klendakes salés, disant : « c’est fait à l’eau de mer ». On se pâmait ! On en revenait pas de voir, en noir et blanc, à perte de vue ces vagues immenses, voir dans l’océan, notre tante tenir pour nager notre cousine Madeleine : « Mais, ma tante, les requins ! » Maria riait. On admirait ce grand hôtel et son annonce : The Normandy. Y aller un jour, oui, mais pas avant 1960. 25 ans plus tard. « À Old Orchard —Maria prononçait à l’anglaise pour épater— on rencontre beaucoup de canadiens-francais. » Le Maine, c’était si loin et y séjourner et devait coûter « les yeux de la tête », c’était un rêve plus grand que la panse. »

Ambiances ? Jeunes enfants, une autre sœur de maman , Pauline, avait pris pays. Où ? « Dans le grand nord », disions-nous. On l’imaginait proche du pays du père Noël. Elle tenait, avec mon oncle Paulo, « Le Montagnard », hôtel au cœur de Saint-Donat. Jamais nous n’avions grimpé si haut, en 1935, nous imaginions mal ce pays de montagnes. Ambiance. Tante Pauline venait parfois nous visiter certains dimanches. Et elle aussi avait toujours, en noir et blanc, de neuves photos. On était étonné de voir ces grosses motoneiges de Bombardier qui servaient en 1940, de navettes pour les touristes à skis. Je crois que « Le Montagnard » existe toujours, en 1995. Tante Pauline, pour nous presque une Esquimaude, exhibait des ours captifs, des têtes d’orignaux et aussi —nos cris— des portraits d’Indiens du lieu :« Oui, ce sont de vrais sauvages ! Et très gentils ! » Nos films de cowboys tueurs d’Amérindiens en prenaient un coup ! « Oh, ma tante, le père Noël, là-haut, vous ne l’apercevez jamais ? » Elle riait : «  Il a tant d’ouvrage, comprenez-le, les sueurs l’aveuglent ! »

J’ignorais que je deviendrais un adèlois, habitant des collines en 1978, et si heureux d’y vivre auprès de ma blonde, Raymonde.

 

 

« PAPA A RAISON ! »


 

Débat actuel : Radio Canada à Montréal, trop nombriliste oui ou non ? Ecoutez ça jeunesses : en ce temps-là (on dirait l’évangile ) le bien cher « P.E.T. » d’Ottawa, hystérique, crachait sa haine du Réseau français de Radio Canada). « C’est un nid de séparatistes », vociférait-il ! Les patrons montréalais frissonnaient et le PET en remettait : « On va fermer ça, Radio Canada, on va diffuser des images de vases chinois ! » Le boss de la SRC française voyait son job perdu ! Un personnel tout séparatiste, allons, des machinistes, des techniciens, votaient Caouette et Samson, créditistes anti-souveraineté.

Ce PET riche, héritier des garages Champlain (une chaîne), et du célèbre Parc Belmont, était informé. Vrai, des auteurs, des artistes divers, des réalisateurs militaient, plus ou moins clandestinement, pour un Québec libre. À la section « nouvelles et affaires publiques » feu Marc Thibault, père de Sophie à TVA, grand patron en était constipé et ultra nerveux. Aussi l’on congédia pour l’exemple et intimider, ces Gérald Godin et autres indépendantistes imprudents, comme Louis Bourdon, époux de madame Harel.

Jeunesses, ces années 1970, « C’était un temps déraisonnable », comme chantait Léo Ferré. Or, actuellement, un gang de zélotes « harperriens » s’énerve encore et accuse le Réseau français de Radio-Canada : « Bande d’égoïstes, de nombrilistes ! » Il faudrait, chaque soir, jaser sur toutes les provinces de la fédération et cessez de ne commenter que les affaires québécoises car le Québec ça les ennuie à Halifax et à Vancouver ! Certains sont aveugles, bouchés. Québec n’est pas « une simple province ». Même Harper a été forcé d’en convenir, il y a « nation ».

Un bon paquet de red-necks, blokes ignares, veut revenir au temps où le téléjournal d’ici, faisait un topo d’un faucon piégé à Regina ! Ou d’un vieux cabot égaré dans le port de Sydney. Il y a peu, dans nos gazettes, un M. Théoret, franco ontarien, braillait : « Nous, habitants de Sudbury, Radio Canada français nous ignore ! » A-t-il accompli un ouvrage mémorable ? Non. Rien. Le Réseau français est au service de la majorité, point, barre. Les Québécois francophones vivent à 82 % au Québec. Face à ces braillards les patrons du Réseau Français doivent encore s’énerver. Après Trudeau, la peur des harpéristes —avec menaces de vases « Ming » ? Y a-t-il une critique à faire ? Oui. Bien loin de Vancouver ou Halifax, celle de ne pas assez nous renseigner sur Inde ou Chine, sur ce Brésil qui monte, sur cette Grèce qui descend. Le monde, on en sait si peu sur l’univers des hommes.

À propos de cette panique folle des années 1970, feu Gérald Godin, alors journaliste, me racontait : « Faut voir ce cirque aux infos, observer notre boss, Marc Thibault (le père de Sophie à TVA), pas croyable, le bonhomme Thibault a un chrono vissé aux doigts et joue les Salomon. Peu importe le poids des événements, il gueule : «  Equal time, le petits gars ! Ce mois-ci, les Libéraux ont eu 152 minutes et le P.Q., 154 minutes ! Faut donc vite accorder deux minutes à Robert Bourassa ou à Trudeau. » Quelle bêtise d’avachis terrorisés !

Alors, ces jours-ci, reprise donc des lamentations. Qui se joint à ce concert québéphobe ? Nos demi assimilés, nos anglaisés, nos américanisés. Diable, les Québécois crachent 33% d’impôts pour ce Réseau français, non ?

 

 

 

ALEXIS, VIANDE À CHIEN !


Grignon, dans sa bien longue saga laurentidienne fit de son Alexis un symbole de liberté, un fier beau gars privé de son égérie, la soumise Donalda, « vendue » par son père. Il y a un autre Alexis, acteur et auteur, un petit bourgeois d’Outremont, élève d’une école avant-gardiste et qui aura bien meilleur destin qu’Alexis Labranche. Cet autre Alexis, questionné par Dame Pétrowski m’en apprenait sur mon petit camarade de la SRC, Louis.

Cet Alexis, pondeur de « Matroni et moi, s’installe dans la maison d’enfance, fouille « le tombeau » du papa disparu; comment faire « le ménage » des archives ? J’ai confiance. Louis fut un journaliste emeritus de la jeune télé publique et son fils devra raconter les débuts de la « Révo dite tranquille ». Hâte de lire cette biographie car n’est-il pas étonnant que notre libération ait eu comme riche source une machine fédéraliste d’Ottawa, Radio-Canada. Le fier Pet Trudeau, d’Outremont lui aussi, voyait notre néo-nationalisme comme « plaie d’Égypte ». Il s’écrira : « On va mettre la clé dans cette boîte, Radio Canada, ce nid de séparatistes ! » Ce fut l’annonce de « radio-cadenas » ! De nos jours, Radio Canada a précarisé tous ses employés et « presque tout » est confié aux « privés ». Rien à craindre. Le Radio Canada de feu Martin fut une efficace machine, essentielle à notre nationalisme nouveau.

Son papa, comme tant d’autres, fut de ceux qui devaient calculer les coups portés. Rivaliser d’astuce pour participer au neuf nationalisme qui n’avait plus rien à voir avec le nationalisme duplessiste, clérical et conservateur. Pauvre Trudeau, le dénommé « Réseau français » était un « foyer actif » de nationalistes. Duplessis était hanté par la haine du socialisme, Trudeau, lui,  par ce fringuant Québec nouveau « Deux frères » au fond, Pet et Maurice ! Alexis racontera ce brillant Louis et en viendra forcément à raconter ce beau cortège libérateur.

Cet Alexis-là, jeune choyé, va se passionner pour le théâtre, existence risquée, il va s’associer avec Robert Gravel, le fondateur de la LNI et puis auteur. Robert n’a pas connu la jeunesse outremontaise, il venait d’Hochelaga Maisonneuve. C’est rue Parthenais, angle Ontario, qu’il installera son toujours excitant théâtre. Alexis, jeune, dit Petrowski, dévorait les écrits de Tolstoï mais Gravel s’adonnait, houblon en main, à ses chers « jeux-de-société ». Mort jeune, Gravel inventera une dramaturgie à l’hyperréalisme étonnant, forts textes.

Rue Parthenais, désormais y officie Alexis. Parfois en pièces exotiques bien éloignées de l’essentielle quête d’identité. Le papa d’Alexis, journaliste hertzien donc, fut un ardent acteur et observateur en nos batailles libératrices là où il y avait plein  de collabos fédérats parmi des valeureux « résistants » et, fort  imprudents, certains se firent congédiés. Brutalement. Gérald Godin, Louis Bourdon, aussi un Norman Lester. Paradoxalement ce Radio Canada d’antan, toujours guettée par l’État fédéral, fit naître l’actuel Québec moderne,  Fier-Pet fut cocufié.

 

 

JE RÊVE D’UN JANVIER TOUT BLANC !

« Longtemps je me sis levé de bonne heure…» en hiver pour le détester. J’ai changé. Suis devenu un amateur de nos blancheurs saisonnières, sa lumière solaire si stimulante. Saison bénie de la jeunesse, des sportifs. À mon grand âge, j’ai la marche. Aussi mon refuge à L’Excelsior, là où on peut admirer le plus beau sapin décoré, me voyez-vous sous une mini-cataracte d’eau vive, pateaugant sous ce petit palutivier de la piscine-serre, aux racines sorties ? Le bonheur !
Lire, entre mes baigneries : que le ministre fédéral Moore va répétant que « Radio-Canada-CBC est avant tout un instrument d’unité nationale ». Menteur ? La CBC est une faillite, gaspillage de 666 millions de $ . Les Canadians n’ont d’yeux que pour la télé des USA. Seul le réseau français fonctionne (333 millions de $). Pas autant que TVA mais…. Nous sommes une nation (Harper dixit), un pays « français », pas mal protègée de cette hégémonie culturelle populaire de notre sud. Sauf chez nos demi-assmilés. Bon, aller à ma piscine.
Lire Hugo Chavez, ex-cancéreux, Président du Vénézuela, parano fou ?, il déclare à la sauce-complot : « Étrange, ce fait : tous nos présidents et nos ex-présidents en Amérique du Sud frappés par le cancer ! » La CIA? Voir ahuris les Koréens du Nord en hystériques sanglots, à la mort du dictateur ! Effet de propagande ! Pas moins cul-cul la praline le magazine Maclean’s nommant un prince et une princesse, (parasites) de Londres « Personnalités de l’an 2011 » Et quoi don ? Notre compatriote doué, Laferrière invite à la télé tous nos écrivains « à sortir du Québec ». D’autres créateurs doivent donc sortir de l’Italie?, de l’Allemagne ?, de l’Espagne ? Quelle connerie! Aussi tordues que nos « nouvelles » citoyennes jurant à Ottawa vêtues de leurs voiles islamiques. Voyez-vous, à Téhéram  de nos demanderesses vêtues de mini-jupes ? Ottawa-connasse ! Aller à mon palétuvier ?
Bravo à Foglia qui cite quelques sales « morviats » anti-québécois signés Mordecaï Richler. Un franco-phobe à qui de nos  caves veulent donner le nom d’une rue. Masochisme stupide ! Et puis, vite, appuyons Marsolais qui voudrait interdire la boxe, un sport —s’assommer jusqu’au coma, exhibition d’arriérés mentaux, la boxe. Ailleurs ? La Presse du 28 décembre : « près de 100,000 tués au nord du Mexique » que dénonce un repenti des trafics, réfugié aux USA. Le Président Calderon serait entouré de corruptions. Va-t-il pogner un cancer, M. Chavez ? Oui, aller nager. Tiens, ce prêtre de Joliette, Raymond Gravel, jeune ex-homosexuel prostitué, qui accuse les ex-abusés sexuels par « en soutanes ». Des avides, acoquinés avec des avocats cupides, dit Gravel et pouvant ruiner les communautés ? En effet ces « hiérarchiques » muets jadis  peuvent ruiner des innocents ! Dura lex sed lex ! Ô vite, ma piscine. Encore ? À l’ouest de Jérusalem, des fanas religieux (Hassidims ?) tourmentent cruellement des écoliers non-orthodoxes ! En finir ? Lafrance, ex-boss à la SRC,  ayant crié « voyou » pour fustiger M. P.-K. Péladeau, nous avons craché 400, 927 de $ de nos économies publiques, en réparation. Pas moins de 5 millions en « fêtes », un demi-million en « conférences » et un autre demi-million en publicité; un tourbillon ! Ah, aller marcher dans la blancheur hivernale.

ADIEU CAMARADE FUGÈRE !

Au domaine prestigieux du « Téléthéâtre »,  il n’y avait qu’un (grand) trio de réalisateurs: Carrier, Blouin et, lui qui vient de mourir, Fugère. De 1960 à 1980, ce brillant spectacle télévisé —des jeudis soirs— constitue la gloire passée du réseau public français, l’âme de l’ancien Radio-Canada. À son affiche renommée régnait donc Jean-Paul Fugère, jeune ex-aspirant comédien aux « Compagnons ».

Jean-Paul avait des airs de jeune jésuite fougueux, un visage grêlé, rempli de rides vivaces, il respirait l’énergie et l’entière dévotion aux grands classiques, aussi aux jeunes auteurs québécois. J’ai eu l’honneur d’être parmi ces débutants quand il réalisa mon « La mort dans l’âme » avec un hallucinant François Tassé, héros perdu par la drogue.

Fugère signa cent fois son nom à cette enseigne de haut calibre. Plus tard, le voilà romancier avec un quatuor d’ouvrages, sombres et stimulants récits. Histoires d’une modeste d’écriture, sans afféteries jamais. L’un de ses quatre bouquins racontait la folle quête d’un « habit de noces » chez un tailleur italien de la Plaza Saint-Hubert, quartier d’où il venait (paroisse Saint Ambroise).

C’est lui, le pourtant calme et pondéré Fugère qui sera un des chefs de la célèbre « grève des réalisateurs » en 1958-59. Lui mort, je le revois, au long des années 1960, vaillant bûcheur au grand studio 42, avec ses très précises indications pour les acteurs, les cameramen. Un fameux chef d’orchestre. Sous sa placidité apparente, on devinait une sorte d’urgence. Cela malgré sa voix d’un calme parfait, c’était  « le pilote » d’un navire chargé de « capteurs » aux images, à l’occasion,  éblouissantes. Fugère savait illustrer avec une clarté parfois troublante, les intrigues inventées, ses dramatiques n’étaient jamais ennuyeuses. Il n’y a plus de ces riches téléthéâtres, hélas, il n’y a plus de Jean-Paul Fugère. Que ce paradis promis l’accueille. Adieu camarade d’antan.

 

 

 

 

VOYAGE AU BOUT DU SOMBRE !

Rouler vers Saint Jérôme, voir cette timide première neige dans l’éclairage d’un réverbère, aussitôt repenser au terrible film, LE VENDEUR. Ne ratez pas ce film effrayant de sombre quand l’excellent Gilbert Sicotte, en veuf triste, joue à la perfection le populaire dealer de chars à Dolbeau-fin-du-monde. Impeccable incarnation d’un homme perdu sur qui va s’abattre un fatum pire encore.

Rouler vendredi matin vers le Marché Jean-Talon et voir, dans la fine neige, cette énorme tache de sang.  Agonique raton frappé ? Repenser à tous ces sangs répandus dans LA PEAU QUE J’HABITE. Un furieux film d’Almodovar relié à Bunuel, à Salvator Dali, à Gaudi-le-fou quand un chirurgien plasticien (excellent Banderas) est un furieux Docteur Frankenstein. Merci cher Tom pour les bons films ! Vendredi matin, me voilà bien ému, entouré de caméras-télé, assis exactement là où je venais patiner le soir pour enjôler des patineuses de quinze ans comme moi. Alors je raconte à Reddy et Bokar Diouf  —« Des Kiwis et des hommes »— la patinoire–des-amours juvéniles et puis les quatre (4 !) églises de mon enfance. Santa Madona della difezia, à deux rues. Holly Family coin Faillon. Saint Cécile, rue de Castelnau, où le génial Claude Léveillée priait, pieux. Enfin celle —orthodoxe copte ?— du jeune René Angélil, Syrien, Libanais ?,  juste à côté de la Casa Italia.

Entrez-y à la Casa : voyez une émouvante expo-photos des « Fils d’Italie », nos voisins ritals, en innocents admirateurs du dictateur El DUCE, Benito Mussolini (qu’on peut voir monté à cheval devant son pape à Madona della difesia. À dix ans, j’étais plongé, rue Jean-Talon,  en pleine guerre mondiale (durée : 20 minutes !). Juché sur le balcon chez Deveau, on observait terrorisés l’attaque armée de la Casa par soldats et polices avec brefs tirs de mitrailleuse ! Eh oui, en 1941. Rouler enfin vers ma nouvelle petite patrie, ici, stopper à Saint Jérôme juste en face de ce si bel ancien Palais de Justice devenu un musée d’art moderne. Allez voir les images inouïes du moderne et surdoué peintre Marc Séguin. Une terrible galerie de fantômes mystérieux avec faisan mort, loup cervier pendu. Ô l’étonnante salle de spectres envoûtants ! L’art en Laurentides se montre enfin ? Certes, allez visiter cette vivante « Maison des arts » à Val David. Et il y a galerie d’art à Saint Sauveur-la-pétillante. À Sainte Adèle ? Trois galeries dans la célèbre Côte Morin : La Galerie 85 —aussi mon encadreur préféré. Il y a la galerie de (ex-sript de Radio-Canada) Nicole Brown et de Vevey, son homme. Toute neuve, voici la jolie galerie Anthracite, tenue par deux rieuses belles filles bien accortes. Mort, Jean-Paul Riopelle au ciel de Sainte Marguerite, sourit aux anges, ses alentours s’ouvrent à l’art actuel !

Toi, fout le camp, sombre novembre. Installe-toi décembre et, avec la neige à venir, quand le soleil reviendra, n’oubliez pas : nous avons ici la plus belle lumière du monde ( disent les experts). Vite, la grande patinoire sur le Rond ! J’ai dit à ma fille qui s’en va à West Palm Beach avec Marco, mon webmestre : « Chaleur oui mais piètre lumière, ma pauvre Éliane ! ». Elle rit, me dit, jouant sa Corneau : « Père jaloux, fille épanouie ! »

Non mais…

 

COUP DE « POING… À LA LIGNE »

 

Ce bouquin (aux Intouchables)  signé Norman Lester, j’y reviens, est à mettre sous le sapin. Ainsi vous en saurez davantage…

1- sur : les agents de la CIA en Afghanistan au temps des « méchants » Russes, qui enseignaient le terrorisme. Mais oui, à piéger des voitures, à fabriquer des bombes artisanales ! En somme, la « technologie du terrorisme » puis, les Russes partis, ces « initiés » se transforment en « fous-d’-Allah » armés à Kaboul et vont fonder  Al Qaïda ! Tel, en 1993, ce Youssef à Manhattan, viendra ce Mohammed et les DEUX TOURS! L’enfer ! Et la vicieuse « ISI » au Pakistan. Dites merci à la CIA.

2- sur : les militants-Libéraux de Jean Charest ? Un « parti d’anglos-ethniques » avant tout, écrit Lester, et il se dit déçu de son ex-camarade (Radio-Canada), Christine St-Pierre, qui ira s’y creuser une niche.

3- sur : apprendre que Chrétien stoppa net l’enquête sur nos soldats dégueulasses en Somalie (1993), cette sordide affaire révélée par un médecin-soldat écoeuré : nos troupiers torturaient volontiers des prisonniers somaliens. Vite : dissolution de ce  régiment aéroporté et, paf!,  plus d’enquête

4- sur : la francophobie hurlante face au renvoi de 10% de ROMS,là où ils sont un demi-million. C’est 750 millions de gitans dans les Pays de L’Est avec plein de racistes  anti-Romanichels, surtout en Roumanie.

5- sur : le tabou à propos d’un odieux génocide à TerreNeuve.  Amérindiens exterminés, tous, les Béothuks. En 1829, disparaissait le tout dernier Béothuk. Silence. Tabou.

6- sur : l’Angleterre où diminue sans cesse l’historique et vénérable religion «l’Anglicane ». Qui fut d’abord une sorte de secte catholique (!) farouchement anti-papiste. Cette église où des femmes ou des homos peuvent devenir prêtres, agoniserait. Ainsi Tony passa chez les « cathos »

7- sur : le zèle farouche d’une Sheila Coops pour l’arrosage de fric sur tout le Québec —« commandites ». Un zèle approuvé nos anglos et nos demi-assimilés québécois… dont McClean osera publier que ce pourrissement est « génital» ( « ces Québécois ont la corruption dans le sang ».)

8- sur : Ferraras de la RCMP publiant que Trudeau ne craignait nullement le FLQ en octobre 1970 mais une certaine sympathie dans le peuple, effet du manifeste lu à la télé. Lester écrit qu’Ottawa savait —et très bien— qui était le auteurs à chaque enlèvement.

9- sur : le fameux « Lieutenant Casey », va-en-guerre fou, et l’auteur d’un massacre de 50 civils vietnamiens. D’abord la prison puis, après 24 heures de tôle, on changea Casey en héros national qui fut médaillé par Nixon

10- sur : le syndicalisme devenu petit-bourgeois, corporatisme égoïste, les agents inconscients de l’actuelle stagnation. Oh ! C’est le cher Richard Martineau, captivant chroniqueur à LCN et au Journal de Montréal qui va apprécier. 11- sur : son dernier scoop (2001) à Radio-Canada, : « Qui est Gilles Breault alias Mouamar ? ». Norman Lester avait osé raconter ce Beault, payé par la RCMP, qui joua le provocateur (masqué en islamiste) nommé : Joseph Mouamar ! Qui voyage à Khartoum, rencontre, oui, Ben Laden, (1996), va en Afghanistan et au Pakistan, en France aussi. Puis notre Tit-Gilles Breault rentre au Québec, farouche Arabe anti-sémite. Breault va expédier des «menaces à la bombe », par exemple, au Cégep Rosemont, en stations du métro, On veut voir s’amener des illuminés,, il n’en vient aucun ! De Paris, un célèbre traqueur de terroristes vient à Montréal pour le questionner (le célèbre juge Bruguière). Affolée, notre « police à cheval » va le cacher au Motel Universel, rue Sherbrooke. Le scandale éclate, enquête torchée nommée « Châle », un léger blâme à la RCMP, des excuses à Paris et pouf!, affaire étouffée. Ah oui, lisez ce «  Poing à la ligne ».

 

 

 

 

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Ô LAC ! (Lamartine)

Se baigner jusqu’en octobre ? L’eau moins froide qu’à Ogunquit en juillet. Un canard plonge et replonge, mais toujours le bec vide, son œil comme désespéré. Ô lac, merci de tes eaux « bonnes ». Parmi mes lecteurs, André Hébert (une ex-Grande Voix de Radio-Can) qui me lance : « Toi et tes chères petites bêtes ! », me dit avoir préféré ma dénonciation d’un Radio-Canada censeur, abolisseur de promotions. Mais quoi, j’aime le défilé canardien, j’aime mon spectaculaire sorbier qui ploie, j’aime mes sittelles et mésanges en farouches videurs du mahonia.

Bon. Parlons des actualités. Des innocents ignorent des réalités géopolitiques? Soit le « fond des choses » du courageux Duchesneau. Ou une Syrie en sang ( où on tortura Omar Khadr) . Plaignons les rebelles abattus comme pigeons piégés. Silence complice à l’ONU ? À Tripoli ( ou à Syrte) l’on collabore avec les dissidents. La Syrie ? Rien. Europe, USA, Chine et Russie attendent, le Canada harpérisé ne bouge pas.

C’est quoi ce refus d’appuyer ce printemps arabe syrien ? En Tunisie, en Égypte, en Libye aussi : tout l’Occident appuie les dissidents. Pas en Syrie ? Là, c’est good business as usual ! Qui mène le monde ? Réponse : les magnats du commerce. Pas nos élus. Au pays du dictateur Assad, il y a SHELL, Hollande et Angleterre, il y a TOTAL, la France), aussi le Québec, Sire Paul  Desmarais y est un important actionnaire. Le Canada ? Il y SUNCOR, son beau grand projet gazier là-bas.

Ô lac innocent qui m’offre ta douce houle.. Qui mène le monde ? Qui ménage le tyran despotique nommé Assad ? « Tout d’un coup que le despote gagnerait ? » On s’incline devant ce « refus de secourir »,  pas par respect, par envie de vomir. Écoeuré, on peut préférer admirer les pics-à-tête-noire, en gais froufrous dans les chèvrefeuilles. Magouilles de nos ambassadeurs à la solde des spéculateurs, peu importe le sang versé, nos « domestiques » ne nous représentent pas, citoyens. Ils sont au service des spéculateurs-boursicateurs. Des cupides Suncor, Total et Shell. De tant d’autres compagnies. Le Assad crie «« feu » à ses miliciens.

Voyez notre Charest à dépenses somptuaires revenant de Chine. Pour nous représenter, peuple ? Non. Pour soutenir nos entrepreneurs qui n’ont nul besoin d’un tel pitre. La gent des « avides » possède en Chine depuis longtemps réseaux, et contacts, allons ! Ô lac… cher Lamartine. Mais que ta beauté ne nous empêche pas de voir clair. En ce marécage syrien, un exceptionnel Robert Ford ( diplomate étatsunien) a osé dénoncer sur le puissant réseau ABC le Assad. Est-ce que M. Prudence-Obama et Mad. Calcul-Clinton vont le rappeler ? Ici, notre Davidson-ambassadeur ne pipe pas mot se fichant des syriens désarmés mitraillés. Pourquoi alors voler au secours des libyens (avec du fric des avoirs gelés du Kadhafi fuyard) ? La hâte de voir la réouverture des puits ? Ah, le pétrole !

Et moi, « pauvre petit moi » ( Marc Favreau) me plonger dans le lac, nourrir de croûtons ce canard affamé ?