Chapitre dernier, Angela :

Chapitre dernier, Angela :

Notes : enfin un ciel bleu. Enfin le soleil. Ce massacre des caricaturistes continue de remplir les pages des gazettes.
Et, enfin, je lis de graves reproches à ces déboussolés dessinateurs. Le mot « immondes charges  » est publié. Je me sens moins seul. La « rectitude conne » se corrige un peu. Oui; j’ai raison : les excessifs attirent les excessifs ! Certes le TU NE TUERAS POINT reste fondé.
Je conduis mal, le pare-choc (de plastique) de notre Honda s’est arraché, maudit banc de neige avec glace dedans . Dans lequel j’ai foncé…Grand toto », va ! me dit Raymonde. Elle a raison. Je fais tout trop vite.
Je vais rédiger « LE » dernier chapitre. Ce déménagement subit m’est advenu lors de mon « premier amour ». Même choc à revivre…à l’encre, non au clavier d’ordinateur ! .,
J’étais si jeune alors. . Tout réviser ensuite (23 chapitres) maintenant et hop, chez XYZ.
Rester sans projet va me reposer. Mon dernier récit ? Probable.

NOTE DU WEBMESTRE:

L’AVENTURE EST TERMINÉE. LES ABONNÉS À CE SITE ONT PU LIRE LE BROUILLON DU RÉCIT AU FIL DE SON ÉCRITURE. LES TEXTES SONT MAINTENANT RETIRÉS AFIN D’EN PERMETTRE LA RÉVISION, LA RÉÉCRITURE ET L’ÉDITION.

29 janvier 2015

Angela. chapitre 21 (dim. 11 janv)

notes : il me reste 2 ou 3 chapitres je crois bien. Je songe à tuer Enzio, je songe à un retour en Italie, la mètre veuve mais acoquinée avec ce el Émilio… Angela…il y a que je ne sais trop ce qu’elle devenue. Il y a qu’un jour, les Fasano déménageraient et que ni Angela et bien sûr ni moi, considérés à cette époque, comme des enfants insignifiants, n’avons rien su du projet parental…Ce sera vrai.
Je jongle, je cherche… je suis dérangé, distrait il y a eu cet attentat des désaxés musulmans à Paris. Je songe à la honte des musulmans. La majorité si correcte. Comme on doit songer à notre honte catholiques quand on saigna tant de gens via les inquisitions. Les croisades cathos où on allait, massacrer Maures et Sarrasins, tous des mécréants.
Cela, ces tueries me dérange. à la télé voir ces ces foules en silence…tristesse. .
Je dis à R : « les excessifs attitrent les excessifs !, elle est pas contente , quoi6, il y avait des grossièretés ignobles dans ce magazine que je n’aimais ;pas du tout.
Vrai ou non. Leur « Histoire de la naissance de Jésus » m’avait écoeuré. Bon, je me tais, Raymonde me gronde. TU NE TUERAS PÄS… Ça, c’est certain. Au récit mon vieux, au récit que j’achève.
Mon éditrice Marie- Pierre Barathon chez XYZ-hier : « Claude, si hâte de lire ça votre ANGELA ! Oh !

Mercredine 31 décembre (ange-là encore…)

Mercredine 31 décembre

(ange-là encore…)

notes : ici, en Laurentides, un ciel bleu ensoleillé mais avec du frette noère ce matin. Lot d’offres de rigolades télévisées (avec piques et horions comme le veut le genre « revue »), facéties (subtiles et grotesques) inévitables à la télé de cette veille du Jour de l’An. Nous ? Paix chaude de deux amoureux perpétuels, de la sérénité et le « home sweet home ».

Pour « les vieux », comme moi et ma chère R., rien, mais oui, que de bonss souvenirs…

Hier soir, à mille kilomètres !, aux tympans heureux du bonhomme de Ste Adèle, la voix d’Éliane, ma fille étendue avec son cell sur sa plage maritime, en Floride et Marco, mon webmestre, pas loin qui jase. Puis c’est celle de leur jeune hôte, mon « archange » Gabriel, le prof de musique à Villa Maria. Bonheur ! Jadis que des lettres (cartes postales) et du long temps avant de les recevoir. Ô progrès !

J’imagine tous ces gens, plus jeunes que nous, des femmes bien entendu, à leurs cuisines qui fricotent pâtés à viande, « dingue », atocas, etc. Raymonde, pas moins liseuse compulsive que moi, veut aller au Renaud-Bray de St Jérôme… n’a plus rien à lire. Ah ces chers polars scandinaves ! Que 2015 s’amène !

Allons-y, j’ouvre mon calepin d’idées :

..In bô mardi 23 déc.

..In bô mardi 23 déc.

Une excursion.

Notes : je rentre de ma chaude mini-piscine à cette clinique voisine. Hélas fermé le temps de Noël. Quatre jours sans mes chères exercices. Passant devant la voisine et si pratique École Hôtelière du village, le noir, fermé là aussi ! Ma Raymonde devra se remette « la bedaine sur le poêle ». Lu ce matin une autre désolante histoire dans une famille où il se trouve un de ces jeunes illuminés voulant jouer le djiadiste ! Ces « Allah ou akbar » de jeunes gens soudainement convertis au Coran ! Des pauvres parents, émigrés accablés et très surpris de ces jeunes rejetons engagés de l’extrémisme islamiste. Foin des mosquées…, travail devant le net, web pernicieux ?…

(mon ange Angela) CHAPITRE 9 (?) – C’te lundi 22 déc.

Notes : vu hier un navet total : « Le maitre de suspense », une horreur de niaiserie visuelle. Des cons, avec nos économies publiques ont financé cette cochonnerie de scénario débile. Puis un bonheur : jacasser avec ma fille. Comme si j’y étais, au soleil, à un rivage de l’Atlantique, en Floride. Surgit soudain à l’écran de mon ordi, merci la technologie actuelle !,le beau jeune prof de musique, Gabriel, petit-fils bien aimé. Et vu aussi mon webmestre, mon gendre. À la télé, vu hier soir, le beau fracas musical de Dan Bigras, le fils de mon ami, feu l’audacieux psychiatre Julien Bigras, le doc et écrivain Ferron me l’a dit : Bigras osait soigner de très dangereux aliénés qu’aucun toubib n’osait approcher ! Ce fut encore un show au dynamisme total. Mais là, faut revenir à ma première blonde.

Notes : ce temps, dit des Fêtes, m’embarrasse. Des cadeaux à faire. Des repas à organiser ? Oui, non ? Inviter, être invité. Ma chère Raymonde devenue très jongleuse : Jacques Boucher, un de ses deux frères, a été hospitalisé et il va pas mieux. Va être ré-opéré peut-être. Pour ses poumons. Téléphones sans cesse. Il y a Marielle, ma quasi-jumelle, ce matin,on l’a libérée de Hochelaga-Maisonneuve. Annulation subite d’une opération. Remis à on ne sait quand, merde. Son désespoir. D’autres téléphones croisés donc. Une étrange préface à ces Fêtes !

Monique Miller, amie de R., distribue des copies de mon compliment écrit pour son anniversaire. J’en suis flatté. Ne pas oublier d’aller voir en 2015, bientôt quoi, cette grande expo sur la Grèce antique et qui « tournera » après Montréal, dans tous les grands musées aux USA. Je lis la vie de Cohen (Léonard), grand et respecté poète et chanteur, né à Montréal. On ira bientôt à un CHSLD de St-Jérôme, pour une sorte de banquet « des pensionnaires », avec la maman de ma bru, Lynn Lapan. J’aime bien cette Denise qui rit volontiers (bon public !) à toutes mes anecdotes, facéties et potins sur les temps de jadis, son monde enfui à elle aussi.

Mon précieux fils de Val David est encore venu ce matin, lundi, mettre à jour mon ordi. Je me demandais ce qu’il ferait depuis qu’il a abandonné sa carrière ( 29 ans !) de designer (de Jeux de société), vaincu par les maudits Jeux Vidéos), Lynn me souffle : « Papi, votre gars s’est mis à la rédaction d’un roman… Oh, oh !

 

DEUX

 

J’approchais de la rive, un pédalo à quai me cachait la vue. Un choc visuel, je suis soudain saisi, pétrifié. Muet ! Caché par le pédalo des Lagacé, revenant du large, noyé d’eau, soudain, apercevoir si près de mon visage de mon visage, j’aurais pu y toucher— quatre merveilles ! Quatre trésors qui pulsent, quatre rondes têtes nerveuses sur quatre paires d’ailes d’une soie rutilante, quatre boules remuantes on dirait des joyaux, de beaux bijoux à huit pattes aux ergots tendues.

Première fois à être si proche de pareilles merveilles : quatre canards dit colvert. Pourquoi « mon bon m’sieur bon-dieu » ne pas nous avoir donné la chance, pauvres humains, de vivre sans cesse vraiment au beau milieu de toutes ces faunes pittoresques qui habitent notre planète ? Oh la beauté ce jour-là tout récent. ! Je ne bougeais plus d’une oreille, pas même d’un cheveux ! Ils me tournaient le dos, je ne respirais même plus.

Un instant, je voulus —erreur— m’en rapprocher encore un peu…un peu plus… et zut ! Mon quatuor de colverts —calvaire— petipataponne au rebord du quai et plouf, plouf ! Plouf, plouf ! À l’eau canard, fuite pressée, adieu l’écornifleur derrière le pédalo. Bye bye ! À quatre ils rament à fougueuses pattes vers le radeau des Jodoin jamais désert pourtant à cette heure de fin d’après-midi.

Me restait une subite grande solitude, une dévastation, la beauté partie. Ma bête solitude et eux, si fiers. Quoi, se savent-ils si beaux ? J’étais soudain tout nu dans l’eau du lac Rond, privé de quatre Ostensoirs brillants, quatre Saints Sacrements brillants quoi, c’est nos enfances pieuses qui remontent quand on veut évoquer de la richesse. Influence marquante chez les « pas riches » que nous étions tous, humbles paroissiens, pauvres catholiques.

Il y avait donc, il y a un instant, à ma portée et, hélas, inaccessible le trésor d’alibaba, celui d’un émir, d’un fakir, d’un vizir, d’un émir —à la mode réactualisée de l’Islam. Les revoir quand mes idoles à plumes luisantes, dieu, quertzalcoat d’un mexique imaginaire, rêvé !

* * *

Plus tard, quoi ?, il y a là au rivage, sous le myric baumier, ce petit… chat ? …Ou quoi, une grasse grenouille géante et exsangue ? « Ça » nage dans tous les sens. Et « ça » creuse soudain sous le mur de roches rouillées. Curieux animal au pelage tout trempé, lissé, étrapé. Qu’est-ce… ? C’est blanc. C’est pâle. C’est quoi au juste ? L’animal inconnu m’a vu, me fuit, puis me revient, plonge et reste au fond de l’eau longtemps.

Je m’appuie au tronc du très vieux saule penché. La bestiole amphibie, laide, si mouillée, est là sous le mur de pierres, dans un creux. Entre et sort d’un fond de trou boueux. Est-ce un chat infirme, un oiseau aux ailes broyées, mythe égaré, « pet » qu’on a voulu noyer ? « Ça » gigote fort et « Ça » reste au fond de l’eau. J’en ai peur. Est-ce vraiment un félin ? Non, impossible, je vois des pattes vigoureuses et comme palmées mais qu’est-ce que c’est que ce drôle de gras rat blanchâtre ? Non, la nature est pas toujours belle. Un échappé de laboratoire…Y a-t-il un savant fou qui rôde dans Sainte-Adèle ?

Tiens, des yeux…noyés, crevés et sur la tête des moignons cernés de violet, une sale gueule aux dents croches ! J’en ai peur, j’avoue. Veux-t-il se pêcher de ces poissons tropicaux rouge qu’on ose rejeter au lac ? J’ai pris un filet pour en avoir le coeur net mais il se sauve. Revient, gratte la vase. Eau brouillée merde ! Ce n’est ni un chaton, ni un raton, c’est violet sous le ventre, jeune vif au creux oreilles. Je veux mieux voir mais bizarre bête, étrange ectoplasme inédit, soudain, gagne le milieu du lac. Danger pour mes chers marathoniens du milieu du lac qui passent. Une attaque ? Mini-Jaws ? Une mordée dans la figure…! Le revoilà, infâme fourrure trempée mais où suis-je, dans un film de science-fiction, dans un conte d’anticipation ? Raymonde m’appelle. Souper sans appétit ! Mais j’y reviendrai. Promis et je saurai.

« ANNUS HORRIBILE » !

Nettoyant encore mes paperasses, le vidangeur découvre une année noire : 1987. En un bien beau mois de mai, l’Édouard de ma vie, papa, meurt. 84 ans, mon âge en novembre. Même année, en novembre, c’est ma dévouée Germaine qui s’en va le rejoindre au ciel, que moi je nomme :la lumière des lumières (« lumen de lumine »). 1987 : je viens de prendre ma retraite de scénographe après 30 ans à la télé publique, là où ma compagne de vie, Raymonde, plus jeune, va travailler encore de nombreuses années comme réalisateure. Me voilà donc vieil orphelin et tous les jours, bien seul chez moi.

Bien savoir que dans notre petit marché, un écrivain ne peut tout de même pas publier plus d’un roman par année; et cela me prend un mois seulement, alors 11 mois à faire quoi ? Le temps me sembla bien long en 1987. Je présente en 1987 mon dernier « téléthéâtre », mon dixième, réalisé par feu André Bousquet, il s’intitule « On est tous des orphelins », un combat. Dans une arène, un père en courroux, « un homme de peu de mots », comme tant de nos pères, force son fils à mettre des gants et c’est alors un combat cruel, cet ex-champion boxeur (bien joué par Jacques Godin) s’exaspère d’un fils coureur-automobile en Formule 1, qui refuse de suivre ses traces. À la fin épuisés, ils pleurent ensemble.

Sur son lit de mort à Jean-Talon, en mai 1987, papa me reprochait encore de n’avoir pas fait un prêtre ! Puis, deuxième carrière, me voilà animateur de télé à TQS, un neuf canal. Ensuite la radio. À CKAC avec, disparue !, Suzanne Lévesque. Et ce sera cinq ans à CJMS avec Arcand. Enfin un an avec Serge Bélair, disparu aussi. À la fin, me voilà « débater » polémiste. À TVA avec Bureau. Cette fois ce sera mon « adieu aux armes » cher Hemingway. Devoir descendre à St-Jérôme, tard le soir, et faire face au camion-antenne de TQS au garage de « La porte du nord » À ma piscine du Excelsior : « On voit plus M. Jasmin, nulle part ! »  Oui, stop et fin car, misère humaine, je devenais de plus en plus sourd ! Désormais, consolation, je pris vite conscience que « vraiment retraité », c’était la belle vie. Bon débarras, régisseurs énervés, minutages serrés et devoir trouver des arguments de polémiste. La sainte paix et regarder pousser les fleurs, mes arbres, observer les oiseaux, les écureuils, mes rats musqués. Amusé, guetter les sorties de ma grasse marmotte !

1987 était loin. Les années 2000 promettaient de nouveaux progrès quand, à New York, ces deux avions dans des tours ! Conduites par des jeunes d’Arabie saoudite, étudiants en Floride, fanatisés par des imams illuminés à Hambourg en Allemagne. 2001, oui, vraie « annus horribile » et qui se continue actuellement en Irak du nord : ces décapitations par des fous d’Allah. On regarde ces affreux, confortablement assis au salon. Notre impuissanc.t Tous ces alliés ne sachant trop au fond où, exactement, bombarder ces planqués, des musulmans veulent-ils se conformer à leur « Jésus » à eux, ce Mahomet farouche guerrier à cheval du saint Coran, armé qui serait monté en paradis à cheval et armé; rien à voir avec notre Mahomet à nous, ce certain Jésus, prophète à pied, prêchant paix et amour en Galilée.

2014, c’est cette nouvelle guerre mondiale. Enfin des musulmans se lèvent condamnant ces coreligionnaires malades mentaux. Il était temps et la sotte Rima Elkouri (La Presse) qui ne saisit pas bien : « Quoi, écrit-elle, nous tous, Araboïdes, on doit dénoncer ? » Oui. Souvenons-nous de cet Allemand qui écrivait : «  Quand on a vu des communistes, on se disait, moi, je suis pas communiste, on bougeait pas, quand on a vu des socialistes, même indifférence et quand les nazis allemands antisémites sont arrivés au pouvoir, il était trop tard pour agir ». « Debout les morts !, criait-on, gamins, debout les prudents muets, ici au Canada, pays maudit par les djiadistes », certains jeunes fous vont rentrer au pays ( d’origine oui d’adoption) revenant —en Syrie surtout— de certains camps idéologiques. Oh, çà pourrait être —métro, gare, place publique— autre annus horribile, l’horreur.

UN NOM MAGIQUE ? SAINTE-ADÈLE

D’abord mes excuses, pas Hyppolite pour Cartier mais Georges-Étienne, merde !) Saint-Sauveur a ses attraits (et ses « critiqueurs » aussi, « trop de monde ». Il y a là grand choix de restos et des boutiques. Ici le petit centre commercial a l’air « périclinant » et puis pour le ski (même la nuit !), c’est champion. Certains, pour leurs raisons affectionnent Sainte-Marguerite, ses lacs, sa tranquillité. D’autres, Saint-Adolphe (lâchez-moi le Howard !). Ou Sainte-Agathe, son côté « urbain », pratique, d’autres chérissent Piedmont ou tous ces bourgs dedans et autour du bien joli Lac Marois.

« Ou bin où encore ? »

Reste qu’il y a comme une « magie-Sainte-Adèle ». Elle tient à quoi ? Mystère. Certes, il y a eu « les mythes cocasses » que le père Grignon étala en longues confitures, via radio et télé. Légendes pittoresques plein ses ( souvent tristes) Belles z’histoires. Sait-on, à ce propos, que le terme Pays d’en haut désignait jadis les vastes territoires bien plus au nord-ouest ? Pays perdu du u temps des trappeurs, des « voyageurs intrépides. On doit ce déplacement aux écrits « feuilletonnesques » du boulimique, ce scripteur infatigable, Grignon.

On a l’impression parfois que tous nos artistes célèbres

Vécurent (au moins un certain temps) à Sainte-Adèle. Tenez, j’ouvre une biographie de Félix Leclerc et, boum!, lui aussi, le géant Félix, a vécu ici ! La liste serait longue. De Jean-Pierre Ferland à qui donc ? Notre voisin, le surdoué Charlebois m’a dit dans le hall du cinéma Pine « aimer lire notre hebdo », l’aimable.

Cette bonne réputation vient de loin. Du grand prestige culturel des années 1950 quand la dynamique Pauline Rochon , fille du docteur, animait « Le Centre d’Art », à teneur culturelle rare avec expos, concerts, théâtre, etc. À cette époque Sainte-Adèle brillait fort et était envahi de maints créateurs, artistes en tous genres. Des foules de métropolitains cultivés grimpaient à Sainte Adèle. Tenez, au curling du Chantecler, se tenait un salon du livre ! Il y eut, audacieuse initiative du brillant caricaturiste qui habitait une rue près de l’église, le réputé Robert LaPalme, qui fit naitre une étonnante fresque peinte par les étudiants sur tout le macadam de la fameuse Côte Morin,. De bas en haut. Une murale si étonnante et qui sera reproduite et vantée partout dans le monde. Photo dans, oui, le « New-York Time » ! M’sieur le maire, je m’engage (pour mai 2015 avec nos écoliers d’ici), à vous fournir, gratis, ma maquette d’une telle fresque. Pas cher, faite avec la « peinture municipale », donc en jaune et blanc (et noire avec le macadam). J’y mettrai des marguerites en masse !

Un jour, notre amie et hôte, (qui joua si souvent ici) osa nous dire : «  C’est devenu « Morte t’Adèle », ici, maintenant ! ». Raymonde et moi, nous avions protesté. Allons, une certaine magie persiste encore, non ? Il y a des galeries d’art rue Morin, un théâtre dit d’été, et, désormais, cette Maison des citoyens, pas vrai ? Je frotte mon épée-canne : « Que la magie soit toujours avec toi ma belle Adèle, mon cher village !

AH L’ÉTÉ !

Quelle belle saison ! La plus belle certes. C’est souvent, les beaux jours nombreux, à mes yeux, « un véritable Éden » dans mon alentour. Les fleurs (des hydrangés ?) se multiplient comme à vue d’œil ! Sur notre longue galerie, on peut observer de ces jolies mésanges grises à tête noire. Un couple en particulier, fidèle, qui virevolte avec grâce et qui se taquine sans cesse. Se piquent du bec, se frôlent des ailes. Leur grand bonheur de vivre, apparent est évident et m’est un stimulant. Ils tournoient souvent autour de notre mahonia (en bien mauvaise santé cette année) et s’y agrippent —furtifs, nerveux, aériens— croquent ses bleuets sauvages.

Pauses-bouffes ? Mon couple guilleret ne cesse de venir se nicher aux extrémités de mes stores de bambou, roulés serrés autour de la galerie et j’ai découvert qu’ils y dénichent des fourmis d’un type ultra noironne, les croquent et repartent aussitôt. Je peux examiner à loisir alors leurs allures : ces frêles mésanges si délicates ne cessent pas de tourner la tête. À une vitesse folle. Ont-ils tant d’ennemis ? Une surveillance intempestive ! Cela en est une vraie coquetterie, si jolie, que ces très vifs mouvements à gauche, à droite, en haut, en bas, ah oui, un incessant guet. Qui m’amuse !

Cette année notre cardinal se fait rare, où trotte—il donc, il s’est fait une blonde ?, c’est plutôt un été de colibris. Un bien grand lot. Ils passent en revue, vibrionnants, le bec paré, plusieurs fois par jour, la dizaine des corbeilles fleuries de ma Raymonde. Un défilé de gendarmes-à-hélices ! On dit « oiseau mouche » n’est-ce pas mais c’est « oiseau-hélico », leur vrai vrai nom ! Un comique défilé, je vous jure.

Oh, des voisins ont des visiteurs, des enfants. Bruyants ? Comme tous les enfants au jeu, non ? Alors foison de cris et de rires dans l’air du rivage. On peut entendre des « regardez-moi ». Mon Dieu, je reconnais tous ce cri d’usage ! Du temps —moi retraité et la compagne encore au boulot de la SRC— que je gardais les enfants de mes deux enfants. « Regarde-moi, papi », l’appel rituel et fatal ! L’enfant a besoin qu’on l’admire, il quête l’attention du « grand »ou de la « grande ». De l’adulte. « Regarde-moi » et « j’ai pas peur » : les deux phrases qui meublaient toutes mes heures de gardiennage dans les années 80 et 90.

Je m’approche un peu et je vois une fillette qui n’est pas jolie; sorte de triste « Joconde » —oui, j’ai toujours trouvé laid ce sombre visage du grand Da Vinci ! Elle ne joue pas, reste collée au troc d’un saule. Ma tristesse et comment rasséréner cette fillette défavorisée par la nature ? Un chien s’amène et gambade autour d’elle, le chien ne discrimine pas, lui. La petite fille laide isolée se jette sur lui et le caresse en riant. Elle sourit, en est un peu plus jolie. La vie, la vie… au bord de l’eau.

Plein de libellules luisent dans les bosquets de la rive, pièces de celluloïds vibrantes aux lueurs aveuglantes parfois. Comme « en résidence adèloise », voici mes familiers canards qui s’amènent avant que tombe sur le Rond le crépuscule. Je dis bonjour à la troupe fidèle, famille compacte. Aucun colvert cette fois et j’observe la petite armada, cous raides, culs en l’air fréquents, qui contourne tout. Radeaux, quais, pédalos, chaloupes. . . et aussi me contourne car je nage comme chaque jour presque vers mon voisin, bientôt nonagénaire, placide et bienveillant heureux sénateur. Oui, cher Rivard, « Les pieds pendants au bout de quai » nous parlons de la vie, du bel été, des beaux jours, mon cher Samuel Beckett. Ah, l’été !

BALEINES ET BELLES RELIQUES

C’était comique à observer. Nous tous, dociles touristes sur ce bateau, courant à gauche, à droite, en avant, en arrière. On écoutait les annonces du guide. Les baleines circulaient. Tous, il en vient de partout : Scandinaves, beaucoup de Français, Belges, Japonais, Brésiliens et Argentins, les « oh » fusaient à chaque apparition. Parois taches blanches, des bélugas. Que l’on nomme « marsouin » par ici. Nous étions, petite troupe plein d’espoir, partis de bon matin. Des barques (zodiacs?) vont plutôt dans le fjord, d’autre comme nous avec notre grosse embarcation, sommes allés traquer ces intimidants « fauves marins  » au large du fleuve. À la fin du voyage (de deux heures et demi) surgissait une troupe bien dense de « loups marins », étonnant gang de phoques.
Une des baleines ( bleue, à bosse ?) décidait de nous suivre, avec des cabrioles étonnantes. « Elles ont une sorte de sonar, ne craignez rien, il n’y aura aucune collision », explique le guide. Bref, une excursion en mer pour ravir ma Raymonde, la grande amateure de baleines.
Évidemment, pour s’y rendre (Tadoussac), il faut se taper des heures et des heures en voiture. Dimanche matin, nous avions décidé d’y aller en mode « voyageur pas pressé ». Par la vielle route, la charmante « 138 », on ne l’a pas regretté. Que de cris de belles surprises en route. Il y a entre Québec et Tadoussac des sites qui arrachent des cris de surprise. Des beautés ! Belle exemple ? « Baie Saint-Paul ». Vraiment, au détour entre, les montagnes, soudain ce fut une vision édénique ! Un magnifique paysage, d’une beauté vibrante, immense, grandiose, rare. Nous sommes descendus au coeur du noyau de ce village adorable où il règne quelques rues villageoises remplies de joie palpable, de bonheur réel —une étonnante ambiance de fête, à l’atmosphère renversante. C’est absolument un endroit mieux que charmant, c’est, Baie St-Paul, un lieu de conte féerique !
Eh bien, oui, ces soudaines et si belles visions campagnardes, renversantes, vont s’offrir une demis douzaine de fois en cours de trajet. Nous étions vraiment comblés. Enchantés.
Au bout du chemin, en arrivant à Baie Ste-Catherine, dans le fjord du Saguenay, c’est un amusant fracas un jeu de ponts qu’on relève qu’on abaisse, c’est l’embarquement (avec aussi des camions de routiers à 25 roues !) pour ce traversier vers la belle Tadoussac. Au bout du compte, nous avons « navigué » sur le fleuve 5 fois ! Cela en comptant, à notre retour, le traversier, oui, de Sorel ! On avait pris goût à ces chalands un peu vieillots, faut-il croire !
Donc, après avoir salué nos « sœurs les baleines » (cher François d’Assise), ce fut le retour à Ste-Adèle. Encore une fois, nous décidons de rentrer sans hâte aucune et nous avons pris la belle et bonne vieille « 132 ». Oh la bonne idée ! Que de villages sympathiques ! Et un étonnant pèlerinage aux architectures authentiques « québécoises ». Parfois : très anciennes. Certes il y a des « adaptations » plus ou moins heureuses, des imitations parfois lamentables, mais, ici et là, dans tous ces jolis villages, nous ralentissions très souvent pour nous mieux pâmer face à de véritables « chefs d’œuvre », des bâtiments d’une beauté renversante, souvent de véritables bijoux d’habitations de jadis, datant parfois de siècles ! Ah oui, Charles Trenet : « On a fait un beau voyage…au Canada », oui, ah oui, on récitait : « Heureux qui, comme Ulysse \ A fait un beau voyage ».