LUNDI PREMIER DÉCEMBRE 2014 – PROPOS LIBRES sur la facturation (?) d’ANGELA

LUNDI PREMIER DÉCEMBRE 2014

PROPOS LIBRES sur la facturation (?) d’ANGELA

Je veux maintenant attaquer un pan du projet Angela : l’Italie et moi

Je songeais avant de débuter à bien faire savoir et voir une sorte d’attrait chez moi (mystérieux) pour l’Italie et les Italiens.

Certes il y avait le quartier voisin.

Mais…c’était très fort, j’aimais démesurément la langue italienne.

Comment insérer tout cela dans ANGELA ? me dis-je.

J’y jonglais avant même de partir le récit….

.

Ma joie d’aller, par exemple, l’été, d’assister aux messes dans la paroisse voisine italienne. La parlure. Musique à mes oreilles.

Bizarre non ? Les sermons. (Que je tentais de décoder) Du feu…parfois, des menaces : j’entendais : «  peccatorés…flamma… per brularé… per éternella… in inferno et les démonés…etc.

Je songeais même à emmêler dans mon texte avec-sur-dans ANGELA…ce grand amour fou innocent et mes cours chez les Sulpiciens, sur ROME, sur les Césars, à ce collège de futurs prêtres…hum…

où pigewre…oùj’entendajks… : et cette affection totale pour l’ITALIE.

Parler donc de cette belle Angela et mon cours classique… quoi ! Nos traductions du latin; cette version-lecture de « DE BELLA GALLICA » du général Julius C.…hum… FOLIE ?

Comment faire ? Cela…

Je songeais à y mettre le FLAUBERT, non, c’est Stendhal je crois (voir Google vite) fou de l’Italie.

« La Duchesse de… « ou bien LE ROUGE ET LE NOIR. ( le titre?)

Comment…trouver un filon, comment raccorder tout ça avec naturel (et grâce!)…Me servir de papa et sa recherche du VATICAN sur notre vieux radio Marconi …il écoutait son cher pape parlant italien…pourtant.

Vrai que j’aimais écouter longuement =et comme en cachette des voisines italiennes (Mad Diodatti et mad. DiBlasioi) qui causaient sur leur balcon St Denis Street. Oui, une musique.

Buissonneau, mon premier employeur (aux Parcs de la Ville, La Roulotte) à 22 ans, avant la SRC, et qui vient de mourir. Merde.

Écrire un petit requiem. Retrouver mon texte de Radio-Québec.

Marco mon dévoué webmestre, va me retrouver ça, il est bon recherchiste.

De retour à tant de ces archives : déception…

et puis…NON, pas de Stendhal, (Ni Balzac, ni Flaubert) ni rien ! Pas de ses romans, et pas d’Italie littérature,,,pas de bribes de cette CHARTREUSE DE PARME. Ce récit bizarre, flou., louangé par tous de Gide, à Julien Green)

C’est trop complexe, trop écrit,

et ça n’irait pas avec cette limpidité (naïveté aussi )que je veux partout dans Angela.

Fin de cette idée d’une Italie d’auteur du 19 e siècle.

GARDER quoi

trouver quoi, de nouveaux thèmes; lieux, actions, etc.

En somme me replonger, et surtout ravoir 17 ans, ou 18 si on veut.

Je m’y frotte à la prochaine occasion.

Entendu tantôt à la radio : la mort encore, celle une ancienne du burlesque, du vieux music-hall, Murielle Millard. MA mère admirait son…chien.

Souvenir d’une visite à la maison : « Maman, j’ai passé la journée avec ta chère Millard, elle va chanter dans mes décors dimanche À Musiuc-Hall. . » Ma mère : « Chanceux, c’est un grosse vedette tu sais ! »

À y revenir…

ÉTAIT-CE LE BON VIEUX TEMPS ?


 

J’ai tant écrit sur mon enfance, ma jeunesse, que des gens me questionnent : «  Ah, «  La petite patrie », n’était-ce pas le vrai bon temps, tout allait bien mieux ? » Chaque fois, déception dans leurs yeux, car je dis : « Dans ce passé lointain tout n’allait pas si bien, souvent ça allait même plutôt mal. » Il est bien romantique de se convaincre que les temps anciens étaient un paradis. Que de frustrations, que de tabous niais, que d’empêchements à nous épanouir, à jouir des libertés vitales. Que de puritanisme idiot, des temps souvent frustrants.

Évidemment, des actualités font mal. Des modernismes (modes) sont bien cons et des valeurs valables (sic) furent jetées. Il n’empêche qu’il y a derrière nos frustrations contemporaines, un vrai progrès. Ici, ma spirituelle camarade Mimi (Legault) m’a bien fait rire (comme si souvent) en fustigeant les délires de nos fonctionnaires-en-éducation. Charabia, galimatias et jargon mis ensemble; un fait. Les parents d’écoliers se sentent bafoués préférant des bulletins de notes clairs, lisibles. Abus et bureaucratie tatillonne, stupide ?

Cependant foin de notre nostalgie automatique, répétons que les temps révolues ne furent pas si souvent heureux et loin d’être « parfait ». Chère Mimi, j’avais trente ans et deux jeunes écoliers à la maison, déjà je n’était plus apte à les aider (années 1960 et 1970), dans leçons et devoirs. Les systèmes

(pour français comme maths) étaient complètement changés. J’étais gêné de mon impuissance à collaborer à cette scolarité pourtant élémentaire. Ça m’humiliait. Caprice des bureaucrates en pédagogie nouvelle, fantaisies, ces « changeurs de méthodes » étaient-ils tous des incompétents ? Comment savoir, Mimi ?

J’ai toujours cru à la loyauté du monde, à l’honnêteté. Je suis un optimiste. Le cynique dira, naïf ? Je répétais à mes petits –fils : « Vous verrez, le monde est bon ». Je n’ai jamais été de ces un « professeurs-de-désespoir », que fustigeaient Nancy Huston. Avec raison. Malgré les sinistres « page-trois » des journaux, je vois la société faite surtout de gens sains, corrects pour la majorité. Tenez : à Drummondville, ces trois enfants assassinés et moi, je dis à ma compagne totalement consternée : « Tu sais, avec tant de détresses, de misères et de malheurs en ce monde, je suis étonné qu’on ne découvre pas des centaines de tués chaque jour. »

La vie vaut. Tenez, vu au TNM « La Reine Christine » la garçonne et voir l’ouvrage d’un authentique génie, François Barbeau; je me suis souvenu (1953) du grand efflanqué jeune homme, 18 ou 19 ans, lui, Barbeau avec, au bout du bras, sa machine portative Singer, à la Roulotte de Buissonneau. Vu aussi le talent de la « Cretonne » du « La p’tite vie », renversante d’émotions criées en « misérable » dans « Du bon monde », la pièce chez Duceppe. La vie vaut. Vu au cinéma Pine, la cohabitation d’un ado hindou avec un tigre du bengale, en plein océan Pacifique, en chaloupe de sauvetage, film titré « La vie de Pi. » Vu, aussi au Pine, le dernier James Bond avec ses cascades inimaginables. Par exemple sur les toits et dans le souk d’Istanbul. Dimanche, je sors de vues animées suffocantes : en province de France, une épouse cadenassée dans un « mariage d’argent », va tuer (lentement) l’ennuyeux mari ! Audrey Toutou y est très émouvante.

Malgré les fumistes et cuistres du Ministère de l’Éducation, la vie vaut car il y a aussi, tu le sais bien Mimi, tous ces livres qui nous attendent juste à côté du Tavernacle, un joli bar-café du Centre commercial adèlois.

GUY MESSIER : PIONNIER

 

 

Messier vient de mourir. Il a travaillé longtemps, comme fondateur organisateur pour  ce qui se nomma « la télé éducative ». Mais on doit se souvenir qu’il a cassé un temps chétif, quand —à part La Roulotte de Buissonneau— il n’y avait, pour la jeunesse, que des « séances de paroisse », un théâtre de pieux patronage et un ou deux pageants édifiants par année. C’est lui, Guy Messier, qui a rassemblé des talents neufs, un monde talentueux, avec qui Messier-le-pionnier a fondé «  Le Grenier », une troupe de théâtre bien à lui composée de  fougueux troubadours itinérants. C’était un sorte de coopérative, alors chacun gardait tous ses droits sur sa création. Ainsi, personne n’a su, par exemple, que c’était Guy qui fournira tant de « caractères » clownesques. Cela du populaire « Pirate Maboul » (Létouneau) jusqu’à cette Franfreluche (Kim Yaroshevskaïa, qu’on peut, ces jours-ci  admirer au Rideau Vert). Sans le jeune rassembleur et animateur Messier vers 1958, il n’y aurait pas eu ce vent neuf, cette ribambelle de personnages rocambolesques pour divertir sans moralisme gnan-gnan tant de jeunes téléspectateurs. Merci Guy !

 

Claude Jasmin

Écrivain, Ste Adèle.

 

 

VOTRE CHRONIQUEUR EN LARMES !

VOTRE CHRONIQUEUR EN LARMES !

Dans sa petite chambre d’hôpital, ce dimanche, l’ami Paul Buissonneau me raconte d’où il sort. D’abord, à son loft du  Canal Lachine, ce coma subit. « Claude, quand  je finis par me réveiller à l’hôtel-dieu,—où suis-je ?— se faufilait  dans des rideaux bleus, une étrange silhouette, cheveux longs et barbe blanche ! Effaré, j’ai peur, suis-je mort, est-ce le bon Dieu en personne, ou un elfe magique ? Eh bien, j’apprendrai que,  chaque année, un itinérant vient jouer le Père Noël pour les patients. »
Anciens-jeunes si vous aviez vu, en jaquette, dimanche, à l’Institut gériatrique  —de biais avec l’Oratoire—, le célèbre « Picolo » de la télé. Paul fut mon « premier » patron —pour La Roulotte des parcs. Mon webmestre, Marc Barrière —allez voir à   à claudejasmin.com— a mis « en ouverture du site »  votre chroniqueur sur La Roulotte en collant noir, carabine de carton en mains, qui  joue en dansant, sur du Prokofiev, « Pierre et le loup ».
D’abord Paul nous raconte son effrayant calvaire et soudain, comme lui, avec lui, j’éclate en sanglots ! Raymonde toute bouleversée devant deux vieux compagnons en « bout de piste » de la vie. Mouchoirs de papier. Merci. Calmés tous les deux, Paul ouvre un cahier et lit un de ses contes. Folle passacaille sur l’amour ! Un texte émaillé de titres de toutes les chansons d’amour connues. Un bijou ! Ah oui, mon cher Paul va mieux. Ce devenu fervent « montréaliste » fit le tour du monde, alla au « Ed Sullivan’s show » à New York, accompagna l’inoubliable Édith Piaf avec des « Compagnon de la chanson ». Paul deviendra le fondateur du « Quat’ Sous ». Son étonnant don —vrai génie visuel— pour la mise en scène fit de lui un incontournable initiateur, annonçant ces Robert Lepage. Né plus tard, c’est certain, Paul aurait été « le cœur » du triomphant et planétaire «  Cirque du Soleil » Ce bûcheur, novateur, ce rigoureux gueuleur s’est épuisé. Sachez qu’un Jean-Louis Millette ou feu Claude Léveillée, et tant d’autres, répétaient : « Paul a été mon maître ».
À 86 ans, le voilà remis sur le piton et ce dimanche après-midi, « le vieux maître » a eu des éclat de rire tonitruants. « sois attentif, mon vieux, la vie c’est précieux, formidable » ! Yeux séchés, ce sera l’album imaginaire : par exemple, sa rue Mouffetard, lui en gamin de 13 ans, ouvrier. Et Paris sous les bombes ! Guerre finie, l’adolescent est apprenti acteur-chanteur. Surdoué, ce jeune « misérable » hugolien vaincra le mauvais sort, Cinq ans de gloire. 1950, amoureux d’une Québécoise, il s’expatrie et le voilà vendeur « à 15 piastres par semaine chez Archambault » quand le directeur des Parcs, Robillard, lui confie (!)  un camion municipal, qu’il  devra métamorphoser en théâtre ambulant pour enfants des étés-en-ville. Dès 1953, « Variety »,  un magazine super-prestigieux, lui tresse une couronne de fleurs !
Dans un modeste pavillon de briques (là où se dresse le Stade Olympique) Buissonneau nous faisait répéter ses premiers spectacles, de Orion le tueur —j’y jouais quatre rôles— aux  « Oiseaux de lune ». Aussi son inoubliable « Tour Eiffel qui tue ». Paul renouvelait un art du théâtre inédit et, un  jour, il achète une synagogue (Avenue des Pins). À payer avec ses cachets du « Picolo » de la télé-jeunesse.
Viendra donc ce terrible coma puis une sale bactérie « mangeuse »… la vision du ce lutin noélesque ! Mais la joie dimanche de lq revoir blagueur, par exemple évoquant ce gourou hindouiste, Rampa, auteur  du « Troisième oeil », Un voisin malcommode à Habitat’67 et qui l’engueule ! Excédé mon Paul lui gueulera : « Lobsang, je vais t’le péter, moi, ton troisième œil ! » On rit. Fous souvenirs. Que Dieu te prête longue vie,  je veux lire tes contes d’un ordre spécial. Vous ?

QUEL PRIX LA LIBERTÉ ?

Un courriel d’un fidèle lecteur : « Cher M. Jasmin, facile d’encourager les jeunes à l’engagement politique quand on est un décorateur retraité de Radio-Canada à la belle pension. »

Oh ben là !

Pour la première fois, publiquement, je vais détailler les promotions perdues. Des jeunes lecteurs appendront le prix de la liberté quand on s’engage. 1966, j’ai 35 ans et je veux  devenir journaliste permanent. J’offre ma candidature à La Presse, là où je suis pigiste depuis cinq ans. Me reçoit un boss, M. Desroches. Il me jette : « Non. Pas question ! » Pourquoi ? Pour cause de militantisme. La cheffe éditorialiste,  Renaude Lapointe, qui sera promue sénatrice à Ottawa, fut ma pire ennemie. Et de un.

Et de deux ? 1969, j’ai 38 ans, scénographe à Radio Canada, je veux devenir réalisateur. Pas à l’Information, pas fou, aux émissions pour enfants. J’avais fait La Roulotte de Buissonneau, travaillé trois ans au Service des Parcs. Claude Caron, chef de ces émissions,confiant, me nomme. Mon bonheur et je fais mes boites. Soudain Caron m’annonce que la Haute Direction refuse ma nomination. Pourquoi, pensez-vous ?

1970, je récidive. Aux émissions dites de Variétés. Son directeur, Jacques Blouin, pas moins enthousiaste que Caron, me nomme réalisateur et je fais mes cartons de nouveau. Quelques jours plus tard, Blouin me fait part que la Haute Direction rejette sa nomination. Vous devinez la raison et de trois. En 1971, je réussis à convaincre Michelle Lasnier, cheftaine du secteur Émissions Féminines, c’est « oui ». Elle est ravie de sa nouvelle recrue et, comme on dit, je pacte mes petits une nouvelle fois. Humiliée, madame Lasnier m’annoncera le nouveau refus des grands patrons (Raymond David, Jacques Landry, Jean-Marie Dugas. Et de quatre.

Oui, La liberté a un prix, sinon où seraient les mérites de s’engager. Jeunes gens, vive la liberté, l’engagement, mais il y aura un prix. De là le silence de tant de nos intellectuels connus : la peur de perdre des subventions, des colloques à « voyages payés » par l’argent public. De là tant d’écrivains muets sur la place publique québécoise.

Et de cinq ? Je n’oublie pas l’automne de 1989, retraité, je veux devenir député du P.Q. dans Outremont. Les  timorés (Royer, Boileau) vont énerver Jacques Parizeau : « Dangereux, ce Jasmin qui vient de dénoncer le racisme inconscient des Juifs Hassidim ». Rejeté le candidat.

Oui, il y a un  prix à payer pour la liberté se s’exprimer, jeunes gens qui me lisez. Comme pour la vérité. Je reste, indépendant de tout parti, un indépendantiste libre.

MANGER, MANGER…

Plein d’oiseaux légers, des sittelles (?), voltigent autour de mon « bleuetier », spectaculaire vision de vivacité. En 1978, terrain du bas de l’escalier, entre nos lilas de l’ouest aux fleurs mauves et ceux de l’est aux fleurs blanches, il y avait plein de ces sauvages cerisiers. J’avais distinguer un jour un arbre aux feuilles bellement gravées de sillons, aux petits fruits pourpres. J’en ignorais l’espèce. Un sureau ? J’ai déraciné et déménagé (dans une haie) les cerisiers pour lui laisser toute la lumière. ET, rapidement, il a grossi. En juin, des fleurs jaunes surgissent et, à la mi-juillet, se forment plein de es grappes de petits fruits d’un bleu de… bleuet ! En bien peu de jours, les oiseaux videront notre cher arbuste de cette bouffe estimée. Manger, manger !

Or, drôle de hâte, quelle urgence, mon Dieu !, des oiseaux fleurètent dedans déjà ! Devinez qui s’amène pour chasser ces innocentes petites proies ? Lui, Jambe-de-bois. Mon fier acrobate, mon écureuil à la patte folle ! Faut le voir chasser, usant de stratégie qu’il croit astucieuse, tacticien zélé, il se cache, saute et sursaute, s’envole la queue comme une aile, revient et… tombe ! Ses dégringolades sont loufoques et m’empêchent de poursuivre mes lectures sur la galerie d’en arrière. C’est «Ringling and Brothers », c’est « Le Cirque du soleil » en miniature !

Manger, manger ! Pendant une absence, une certaine « Mathilde » (qui nous a laissé sa carte), au nom de l’urbanisme écologique, est venue mesurer « notre petit arpent du bon dieu » (titre de roman) au bord de l’eau. Elle a mis une enseigne au sol. En somme c’est une sorte d’expropriation sans aucune compensation, à l’avantage de toute la communauté. Perte, et rétroactive (est-ce légal cela ?), d’une part de la propriété. Achetée en 1973, « tel que vue ».

La loi, sertie d’amendes : On devra abandonner à mère-nature un gros paquet de mètres de notre territoire ! Le fantôme de l’ex-voisin, Séraphin, ricane dans le vieux saule : « La loâ c’é la loa, viande à chien ! » Bon. Ça de moins à entretenir. À tondre. Et ma Raymonde, la proprio, veut bien participer à la sauvegarde des rives, combattre la pollution du Rond (par phosphates, engrais, et cetera). Adieu donc pelouse ! Droit d’y planter des arbustes, tel le « myric beaumier » ou autres espèces semi-marines.

Au moment où je jongle à « comment régénérer » ce rivage devenu «  domaine public » ma foi, coup de fil de l’autre écrivaillon de la famille, mon David, à Ahuntsic. Ses « vieux » se sont exilés en Baie-des-Chaleurs pour « roulotter » à Bonaventure, dans notre finistère. « Allo Papi ? Des boule-à-mythes » (il rit), c’est bon ça, je suis pris avec toute une trâlée de mouffettes dans la cour, oopa, moman et leurs petits ! » J’approuve. Y songeant (à ces boules) pour Jambe-de-bois, l’assassin de nos si vives sitelles.

Voilà qu’au moment où je pars pour un achat de fraîches fraises et de « naturelles » tomates de notre maraîcher qui est revenu rue Valiquette proche de « La muse bouche », un resto couru, je songe au perpétuel silence sous le perron d’en avant. Mais où sont nos moufettes d’antan, poète ? Mystère.

La veille, au lac, j’ai vu la carpe rouge et or qui avalait goulûment les p’tits ménés sous le quai de Maurice-Voisin. Manger, manger ! Rentré pour luncher, à la télé, un de mes chers documentaires animaliers. Que voit-on ? Éternelle histoire de créatures, inférieures n’est ce pas?, se mangeant les uns, les autres. Meurtrières tarentules velues de l’Amazonie, tropicaux scorpions venimeux, serpents tueurs, l’anaconda capable de « faire bouchée » d’un homme…manger, manger ! J’entends gémir un oiseau dehors, Jambe-de-bois a-il frappé ? Cela me coupe l’appétit.

SAINT-ADÈLE À NEW YORK !

On s’excitait, on en revenait pas personne !

    À New York, le prestigieux magazine  « TIME », une publication lue dans le monde entier, offre à son immense lectorat un article élogieux et ilustrée sur… oui,  sur Sainte-Adèle ! Raison de cette fantastique publicité ? Le village avait passé commande à un dessinateur-caricaturiste coté, qui habitait rue Blondin, le grand-nabot, Robert Lapalme. Il fit la maquette du tableau éléphantesque,  toute la côte Morin de bas en haut, en murale inouïe, fresque de plein-air géante. Le romancier de « La pente douce » à Québec, Lemelin, courriériste au dit-magazine avait alerté ses patrons  et on est venu voir ça, on a cru bon d’en révéler l’initiative aux centaines de millions d’amerloques. Imaginez la fierté laurentienne. La manne de touristes.    

       L’année d’avant, croyez-le ou non, j’avais eu ma « bine » dans un numéro du « Variety », autre magazine ultra tout puissant des USA. En vérité, j’étais pas seul avec ma binette, il y avait toute la troupe de Paul Buissonneau. « Variety » voulait faire les éloges de notre théâtre ambulant, « La Roulotte ». Qui était une idée de Claude Robillard, drôle d’ingénieur, cultivé, imaginatif, qui dirigeait le Service des terrains de jeux. Les fous de « baseball-et- hockey-only » enrageaient en découvrant les initiatives de Robillard. Voyez-vous ça ?, des cours de danse, de théâtre, de marionnettes, de musique. Et aussi de peinture, j’en fus le propagateur de 22 à 25 ans, trois ans pour les « p’tits pauvres » des centres récréatifs, de Pointe St-Charles en passant par le faubourg-à-mélasse. En 1955, j’organisais une première : toute La Galerie-12 du Musée des Beaux-arts, , avec l’accord du directeur fut consacrée aux barbouillages de mes « créateurs en culottes courtes ». C’est mon ami Lafortune -celui de la « petite maison dans la vallée »- qui fit les affiches.

       Revenons au village pour dire que c’est de Saint-Adèle qu’est né en 1960 mon tout premier roman, « La corde au cou », roman se méritant le « Prix du Cercle de France ». Roman qui fit débuter -« pour trop longtemps » diront mes détracteurs- cette vie d’écrivain. Je vous explique qu’ en ce temps-là, 1960, il y avait une vie culturelle vive par ici dont, je l’ai dit déjà, l’âme ouvrière dévouée était Pauline Rochon. Décédée en exil consenti, à Ste-Augustine, Floride, très malade). Il y avait même un « Salon du livre » ! Une société « bourgeoise » active nichée au Sommet Bleu principalement (avec un club prestigieux), animait le tout. De ce groupe d’heureux bien nantis, l’active épouse du poète -qu’on disait « mondain »- le radioman (« La pension Velder »), Robert Choquette. Avec leur chalet joli du côté des cotes 40-80, derrière le vaste domaine du feu-Montclair, les Choquette collaboraient au Centre d’art.

      À l’été de 1959, je fus choisi pour faire la décoration de ce Salon-du-livre tenu au Curling (démoli depuis ) du Chantecler. J’avais décidé d’en faire un jardin naturaliste à l’aide d’allées bordées de centaines de jeunes sapins coupés. Mon aide était un ado plein d’entrain, fils d’un célèbre chrooner, Jean Lalonde. Petit Pierre sciait et clouait en chantonnant sans cesse et, bon sang, on lui trouvait volontiers une jolie voix. En guise de haltes en ce début d’été chaud,  madame Choquette m’amena à la piscine. « De mes bons amis, gloussa-t-elle, les richards Bronfmann ». Beau domaine feuillu et fleuri aux abords de la 117. Mais voyant sa mignonne héritière s’exciter de trop avec « le simple décorateur » que j’étais, -vilain matelas gonflable !- madame mit fin rapidement à ces haltes !

       J’avais mon thème. Le roman « La corde au cou » dès ses premières lignes, décrit cette piscine des « Driftman » (changeons les noms) à Sainte-Adèle. En ouverture de récit au « je » : l’assassinat -par mon héros- d’une jolie « mannequin », maîtresse infidèle. La suite de « La corde au cou » ? Facile. Après chaque jour de « décoration », je rentrais au terrain paternel de Pointe-Calumet en roulant -ô coccinelle !- par des chemins de campagne, l’autoroute finissant au nord de Blainville. Je « piquais » donc par des routes secondaires, Sainte-Monique, Saint-Augustin, Saint-Benoit, Saint Joseph-du-lac… débouchant au lac des Deux Montagnes. Ce sera les stations du fuyard « recherché ». Chemin de croix du jeune  assassin.

« Cu,i cui,  mon histoire est finie »,  disait maman-Fonfon !

claudejasmin.com

ENQUÊTEURS BOUCHARD-TAYLOR : UNE FOUTAISE ?

Il y a plus grave encore que le mépris tacite du cher Gérard Bouchard qui, lui, n’écoute jamais TVA ou TQS, il y a erreur de parcours. Car voulez-vous me dire quel grave danger en « accommodements » raciales court les provinces québécoises et leurs petites villes et villages ? Le pèlerinage annoncé de nos deux professeurs d’université en devient une farce. Quel pêrte de temps et d’argent public, non ? En dehors de la métropole et de deux grandes villes (Québec, Trois-Rivières), les migrants sont à peu près invisibles. La bêtise hérouxvillageoise va se continuer ? Allons, les nouveaux venus cherchent des emplois, non ? C’est à Montréal surtout qu’ils s’accumulent, forment des ghettos et en viennent (pas tous, certains) à vouloir des privilèges déconcertants parfois. C’est un fait têtu. L’organisation baladeuse Taylor-Bouchard est une façade, un procédé politique, un mirage pour contrer les populaires adéquistes. Le tout pour éviter aussi au régime Charest de mettre ses culottes.

Cette comédie ambulante, à la roulotte cocasse et chérante, va-t-elle se jouer à guichets fermés ? Doutons-en.

Deux intellos prestigieux acceptent donc de se prêter à ce show burlesque ? Bof, de bons cachets, de la pub, et puis, trois petits tours, rapport remis et ça fera une liasse de vains potinages de paroisse à installer sur une tablette aux côtés des autres enquêtes-bidon. Pauvres cochons de payeurs d’impôts, on vient encore de leur organiser un tour de passe-passe, « Tocus, pocus, abracadabra » !

E finita la coemedia un jour ! Nos deux fiers et très instruits bonshommes, vains commis-voyageurs, pourront réintégrer leurs domiciles, éviter TVA et TQS, et les émigrants, comme les juifs hassidiques -installés ici depuis cent ans pourtant-, vont continuer à faire dépolir des fenêtres ou à polir des couteaux-kirpan.

Claude Jasmin

écrivain, Sainte-Adèle

-à bien faible taux de migrants, duettistes folichons, ne venez pas ici.

LE BOXEUR DE SAINT-HENRI

C’était la Fête du travail, c’était un cinq septembre, comme aujourd’hui ?, et congé pour beaucoup de monde. Mais pas pour nous, les jeunes étalagistes chez « Savage display ». Le boss m’avait fait confiance pour le « show room » chez « Tooke les chemises » à Saint-Henri. Une grosse manufacture. Je lui avais imaginé une belle vitrine avec comme « motif à chemises » une arène de boxe avec deux boxeurs, deux mannequins portant des chemises Took. Le boss avait dit : « Okay, oui, mais avec un seul boxeur dans l’arène, et triomphant, un « winner », les poings gantés levés et vêtu d’une belle chemise Tooke ».
Bon. On a nos outils, l’arène, les câbles, le beau mannequin de papier-maché, en route ! Un cinq septembre et pas de congé à Saint-Henri; l’usine est remplie de midinettes débordées, courbées. Je fonce au « show rom » avec les importants patrons et, en passant, je la vois dans une allée, courbée. Elle ? Oui, elle, Gisèle de la rue Agnès, cette si jolie brunette penchée sur sa machine à coudre. À coudre des poignets, des collets. Tout un été, nous nous étions tant aimés, tant embrassés et tant collés à Pointe-Calumet. Nous avions tant dansé sur « On the mood », surtout sur « Blue Moon », collés, collés.
Elle ici ! Celle que j’avais quitté assez lâchement; vous savez bien, on ne répond plus à ses téléphones, on joue les disparus. Oh mon Dieu , jeunesse bête quand je m’imaginais, niaiserie à vingt ans, en 1950, futur « grand artiste » qui ne pouvait donc plus fréquenter une simple ouvrière. Ma honte encore aujourd’hui. Je passe près d’elle dans son allée, les bras pleins de mes accessoires, je détourne la tête, je ne la connais plus ! Oui, ma honte encore aujourd’hui de cette « Fête du travail » bafouée. Nous installons vite, vite, l’arène pour rire, les faux câbles, le beau boxeur en belle chemise Tooke sous quatre puissants réflecteurs. Les acheteurs seront ravis. J’ai du génie ! J’irai loin, un jour, je ferai du « window display » jusqu’à New-York. À Paris peut-être ? Un « winner » comme mon beau boxeur de plâtre. Pourquoi non ?
Le boss de la manufacture me félicite de l’idée « boxeur-en-chemise ». Il est content. Mon employeur, M.Savage, est fier de moi. On ouvre une bouteille de mousseux bien pétillant. On trinque, cliquetis de nos verres. Les portes des ateliers s’ouvrent soudain, oh le vacarme des machines !, une contremaîtresse en sarrau bleu s’approche de notre groupe. Silence des fêtards, elle dit : « Euh, patron, je m’excuse de vous demander pardon, mais il y a une ouvrière, là-bas, vous voyez celle en chandail rose devant la troisième colonne, elle dit qu’elle connaît le décorateur, qu’elle aimerait bien le saluer, lui dire deux mots. » Silence plus pesant dans le chic « Show room ». On me regarde, l’air de dire : « Quoi, ce « créatif » doué fréquente donc de simples midinettes ? » Le patron répond : « Non, non, pas question de lui faire perdre du temps, on a assez de commandes en retard comme ça. Allez dire à cette fille que notre décorateur, avant de quitter, ira la saluer ». On m’observe en silence, et, j’en ai honte encore aujourd’hui, j’ai osé dire : « Votre ouvrière doit faire erreur, je ne la connais pas, moi, le chandail rose ». Mon boxeur triomphant sous les réflecteurs semblait me regarder avec curiosité. Ma gêne. J’ai vu la « foreman » en bleu se pencher sur Gisèle en rose, lui parler à l’oreille. Gisèle a levé la tête, m’a jeté un regard. Si triste que je me suis détourné.
Et puis le moment est venu de remballer nos outils. Monsieur Savage m’a dit : « Venez par ici, Claude, il y a un escalier derrière, on sera dehors plus vite ». J’ai hésité un instant. Nous nous étions tant aimé Gisèle de la rue Agnès et moi. Défilaient des images de plages dorées, de chaudes salles de danse, de savoureux embrassements et caresses dans les dunes chez Pommerleau, sous la lune. « Blue moon », tout un été d’amours juvéniles ! La porte des ateliers était restée ouverte, j’entendais les mugissement infernaux des machines à coudre, l’enterrement de la « Fête du travail ». J’étais mal. Le père Savage voyait-il mon malaise ?, il me dit en souriant : « À moins, Claude, que vous vouliez aller dire un mot à la midinette rose »? J’ai été lâche une dernière fois : « Mais non !, je vous le redis, je connais pas cette fille ». Un chien, dehors, éclata en furieux aboiements. Trahison stupide ! Il n’y a pas eu de coq pour chanter trois fois, il y a eu la sirène de l’heure du lunch. Des ouvrières se levaient. J’ai dit : « Boss, vite, faut y aller, on pourra plus grouiller dans minute, regardez-les toutes qui se lèvent, s’en viennent ! » Le chien de la ruelle aboya de nouveau. J’ai regardé mon boxeur de Saint-Henri, moins triomphant on dirait, il me paraissait maintenant un stupide fendant et vaniteux !
Je me sauvais. Je m’imaginais un génie fameux déjà. Mais bientôt, adieu « window display » !, pas de New York, pas de Paris, je ne serais que le modeste décorateur de La Roulotte de Buissonneau pour les enfants de « balconville » dans les parcs de la ville. J’avais renié une fille aimée, Gisèle. J’en fus tourmenté longtemps, mais quoi ?, aucune existence humaine n’est parfaite, me dis-je. N’empêche, à chaque « Fête du travail », à chaque 5 septembre, ce souvenir revenait me hanter. Je disais toit bas : « Pardonne-moi la belle Gisèle de chez Tooke à Saint-Henri, j’étais un grand dadais, un jeune prétentieux ridicule ». Et « Blue mon » jouait dans ma tête. Adieu lune bleu, adieu « Blue moon ».

« LA MER, BERGÈRE D’AZUR INFINIE» (TRENET)

Simon Durivage prépare une émission de télé sur « les plages, le Maine et nous autres les migrants estivaux ». Benoît son recherchiste me questionne avant studio. J’y jongle donc. En ce temps-là, nous allions à la mer dès les vacances arrivées, comme le pieux pèlerin musulman allait à la « pierre noire ». C’était sacré chaque été. La première fois, 1960, ce fut le popularissime Old Orchard. Comme pour vérifier, devenus jeunes adultes et des parents, les éloges de certains petits-bourgeois. Coup de foudre ! Piqûre inoculée. À jamais ? L’océan à perte de vue, la houle, ses vagues crénelées rugissantes de tous ses dynamiques rouleaux, les stimulantes odeurs de sel, d’iode, de varech. Oui, un coup de foudre. Rue Fern, au sud du site si populaire, on louait d’antiques logis meublés quittés par les « natives » réfugiés, eux, à Saco ou à Bidderford. Une colonie de nos artistes (de radio) avait adopté Bidderford Pool durant les années 40.
Ce sera pour nous, année après année, une sorte de descente vers le sud : les trois Kennebunks, puis Wells Beach où, les matins de lumière aveuglante, on admirait (1965) sur les dunes dégagées de la marée de jeunes phoques en lamentations et où on causait avec d’anciens émigrants francos encore capables de baragouiner du français. Et puis, sud toujours, Drake Island, Moody Beach. Et, terminus ?, ce Ogunquit bien aimé qui gardera longtemps nos faveurs, sa si belle longue plage, son fabuleux « marginal way », son faux tramway, son petit port à boutiques, Perkin’s Cove. Justement, on vient de me « cellulariser ». Voix de mon petit-fils, l’ange-Gabriel musicien. Il roulait, via la 91, avec ma file, sa mère, mon webmestre Marco, vers ce cher Wells-Ogunquit. Camping, cette année ils étrennent une jolie roulotte toute équipée. « Je voudrai voir la mer » (chanson) en septembre car je m’ennuie de celle « qu’on voit danser le long des golfs clairs ».

Ogunquit en fin de journée, été 2005

Mais les enfants grandis jugaient l’eau « bin frette » et nous descendrons encore plus au sud. Adieu Maine ! Découverte du Cap Cod. Massachusetts welcome ! Tout au bout du gigantesque hameçon de sable, visions de Provincetown, là où vécut O’Neil, Miller et Mailer et le prof Borduas frais congédié du duplessisme, vues de la vaste Plage Marconi où le génie italien fit des tests de radio primitive. Mille milliers de fleurs partout, des roses sauvages dans les clôtures des chemins, jolis patelins à maisons croûtées, où vécut longtemps la Blais romancière, coquettes demeures de bardeaux grisonnants. Et puis, été de 1980, proche du domaine des Kennedy, nous loueront le ferry boat vers Nantucket Island, un chalet marinier avec, sur le toit, le balcon-de-guet-à-baleines, Moby Dick a fui… Où te cachais-tu donc cher Melville ? Île-lieu d’écologie active, sévères règlements, un site de belle beauté surprotégée où nous retournerons de la Bande-des-Sept encore.
Mais dans les années ’70, go south family !, ce sera d’abord Margate, sa plage immense aux coquillages rares, les mini-crabes aux orteils, son éléphant coloré géant, « troyen », puis, fin des pérégrinations océanes, pauses d’été fréquentes aux trois Wildwoods (North, Crest, South) pour ses eaux chaudes (enfin, crient les jeunes ! ), son boardwalk à perte de vue, ses fous manèges. Tiens, Simon Jasmin, vingt ans, le déjà-gastronome, m’annonce qu’il partira pour Cape May…qui est le si joli point final « victorien » de ce New Jersey. Les enfants vieillis, partis, ce sera —cinq heures de route, c’est fameux !— le retour au Maine. Et l’annuel (toujours trop bref) séjour à Ogunquit. On louait souvent, dans une crique du Marginal Way, pas loin du Dolphin où gîtait chaque été René Lévesque et sa bande de joueurs-de-cartes. En 1900, il y eut là de célèbres courses d’automobiles et de voiliers, ce fut un village balnéaire fréquenté par les stars. Des artistes de renommée forte, cela va du fameux Rudolf Valentino à Mae West, de James Dean, Brando, à Buffet-le-mondain, du génie Pollock à l’immortel Henri Matisse, en passant par un jeune dénommé Pablo Picasso qui, dit la légende, râlait et s’ennuyait des corridas de Provence.
Nous, nous y croisions actrices et acteurs d’ici, décorateurs, costumiers et, souvent, le brillant Vittorio, l’inventeur du drôle bonhomme vert d’un certain festival ! J’en fis un roman un jour qui est en « poche » chez B.Q. aujourd’hui : « La duchesse d’Ogunquit » qui est un polar mais je m’emploie aussi à décrire avec minutie ce lieu.
De 1990 à 2000, méchants taux de change avec les USA obligent, ce sera des voyages dans nos provinces québécoises : la curieuse et trop secrète Haute-Mauricie, l’imposant Lac Saint-Jean, le renversant Saguenay, l’étonnante Abitibi et son voisin le Témiscamingue, l’époustouflante Gaspésie et l’attachante Acadie française, même la renversante Côte-Nord, etc. Ce sera l’excitante découverte de paysages étonnants, méconnus. Partout, il me manquait… la mer où je pourrais m’y baigner. Au rivage joli de Natasquan comme à celui de Saint-Irénée si beau, à celui émouvant de Sainte-Luce-sur-mer comme à celui, mirobolant, de Percé, c’était la paralysie (!) si l’on osait mettre pied à l’eau. J’irai donc en Maine revoir « la mer qu’on voit danser le long des golfs clairs », car « c’est une chanson d’amour, la mer ». Toujours Trenet !

Vélo sur la page d'Ogunquit, été 2005