UN SOSIE DES USA, LE CANADA ?

Imaginez le choc : au beau milieu des Laurentides, une « chic-and-souelle » assemblée de bourgeois, anglos pour la plupart, se font dire en pleine face par un écrivain venu de France —« maudit » pays qu a refusé l’invasion buschienne de l’Irak, n’est-ce pas ? — que le Canada n’est pas un vrai pays. Que, sans ce Québec, il n’est qu’un sosie des USA.

Dans l’assemblée il y eut des huées ! Hénaurme scandale et pourquoi donc ? N’importe quelle observateur étranger en visite à Toronto —ou à Vancouver— constatera rapidement que les gens sont américanisés. Et jusqu’à l’os. Les hypocrites se couvrirent le visage de stupeur ! Ici même, au Québec, le fabuleux « Empire–du-sud » fait ses ravages, qui ne le voit pas ? Déjà qu’en Europe, en France aussi, oh oui !, le puissant « impérialisme culturel » des Amerloques se répand comme lierre, pire, est souvent encouragé publicisé. Tout l’Occident vit un colonialisme des USA qui est dévastateur si —en Espagne comme en Italie, en Allemagne comme en Russie— on estime les différences des cultures.

Imaginez le désastre pour les canadians! Car ils parlent la même langue, ont la même mentalité, mêmes us et coutumes. Ce 260 millions d’amerloqes ce sont leurs « cousins » et pas de la fesse gauche ! C’est pourquoi « Radio-Canada en anglais », la CBC, a si peu de public, qu’il n’y a guère de solide cinéma canadian, ni littérature, ni télévision populaire, rien. Je l’ai déjà publié, ne nous pétons pas les bretelles : si Paris était à New York, si la France (et ses 55 millions d’habitants) était juste au sud du Québec, nous serions dans le même pétrin. Jacques Attali a parlé vrai mais il ne fallait pas le dire. Pour avoir proféré une vérité vérifiable, giclèrent les cris d’horreur. Hypocrisie !

Il y a que l’on subventionne grassement un « Canada-Building », vaine construction, fictive, on le verra tôt ou tard. L’on doit faire face, dans toutes les provinces anglos : rien, mais rien, ne distingue fondamentalement les gens des deux côtés de la frontière. Il n’y a que le Québec, d’une langue autre, qui semble un vrai pays face au tout puissant voisin. Évidemment, cette vérité criante est embarrassante et a mis en « beau maudit » les aveuglés d’un beau-grand-libre-différent-singulier Canada ! Or, c’est un songe creux : les Canadians aiment, lisent, regardent, écoutent, copient, diffusent tout ce qui remue aux USA », sont totalement accros au moindre événement culturel s’y déroulant. Attali, en visite, voit clair, c’est un personnage public —ex-conseiller à l’Élysé, fondateur d’une banque européenne— qui ne vit pas au fond d’une province française, il a osé dire haut et fort, —sans tremblement à Tremblant— ce que plusieurs savent depuis très longtemps.

La situation ne va pas s’améliorer, Steven Harper ne fera rien pour corriger le tir. Le grand chef Conservateur, minoritaire qui se débat pour durer à Ottawa, est un sosie lui-même. Venu du courant évangéliste, il veut emmêler politique et religion comme son ami l’actuel Président W. Busch. Harper vient aussi du monde du pétrole, pas seulement du monde des chrétiens puritains. Tendance lourde partout tant que les Démocrates-USA s’y mettent malgré eux. Ainsi, nos Bleus se faisant ré-élire, vous verrez la boucle se bouclant définitivement. Les rêveurs du Country-Building, (avec ou sans argent sale, M. Gomery !) vont rugir davantage. Stérilement. L’on va constater avec M. Attali, que le Québec, seul, ressemble à un vrai pays ! « Quoi faire », dirait un certain Lénine ? Il n’y a rien à faire. Il n’était pas facile —un seul exemple— pour la Finlande de résister au puissant empire-URSS, mais il y avait la langue, noyau culturel fort. Insistons, les descendants de ces « loyalistes » ont la même langue que les « sécessionnistes » de 1775. Incontournable problème !

Maintenant que dire de tous ces émigrants venus de partout ? C’est pire encore car, de partout, ils sont tous venus vers l’AMERICAN-DREAM. Observez bien leurs antennes, toutes soucoupes tendues, tournées vers USA, guettant la moindre mode venu des « USA » mythiques ! Vers la fin de sa vie, même Papineau, constatant le farouche refus démocrate de Londres, osa souhaiter notre annexion à ce jeune géant, les USA. Des sondages parfois font voir ce désir latent, cette espérance mal dissimulée, cela qui mettrait fin à ce statut de « jumeaux séparés » que sont Canada et USA. Attali a parlé vrai.

UNE TOLÉRANCE D’AUGES À COCHONS ?

Trudeau légiférait : une chambre à coucher, c’est un lieu privé où la police n’a pas affaire. Correct. Mais voilà que nos « pères Noël » rouges —à collerette d’hermine— décrètent : le club pour psychopathes, pour sexoliques (sic) désaxés, c’est très tolérable. La porte du suprême législateur est maintenant grande ouverte. Une réalité : il y a eu toujours, depuis même avant l’Antiquité sans doute, des fornicateurs déboussolés.
Voici le poète Éluard bafoué avec son « Liberté j’écris ton nom partout ». Ces malades du sexe ne sont pas es hommes libres. Pas plus que ceux qui sont prisonniers d’autres vices, le jeu compulsif, l’alcoolisme sans frein ou le drogué désemparé. Pour toutes ces regrettables épaves, à plaindre évidemment, à soutenir par une solidarité indispensable, il existe des organisations de secours. Le temps est donc venu de fonder les « É.A », les échangistes anonymes. Est-ce que nos « sages » Pères Noël de la Cour suprême iraient jusqu’à encourager, promouvoir, protéger des « clubs privés » pour inviter à des rassemblements orgiaques toutes ces victimes d’un méchant sort, d’un destin atrophié ? Vous dites : « Non, mais non ! » Alors ? Inexplicable ce coup de pouce « suprême », d’une puante exécrable complaisance envers des organisateur intéressés, des calculateurs affairistes de ce vice qu’est l’échangisme sexuel.
Tout le monde connaît des êtres humains malchanceux en amour. Pas toujours des célibataires endurcis et vicieux mais des laiderons esseulés, des mâles dépourvus du moindre charisme, de toute séduction, des hommes sans charme aucun, bêtas inintelligents ou bénets incapables de faire la cour, attardés in-éduqués. De là, si souvent, le recours aux drogues, à l’alcoolisme. Tous les amoureux de la terre, plus nombreux que l’on pense, ne font évidemment pas de la bonne matière pour le cinéma, le roman, la télévision. Car c’est « le grand mal pris », le « hors norme », qui amène de la sensation, vieille règle admise au domaine dramaturgique. De là à installer ce héros déchus dans la légalité… Les amoureux —j’ai cette chance— plaignent ces « prisonniers d’un vice ». Une compassion bafouée évidemment par ces loques humaines, jaloux du bonheur des autres, masqués pitoyablement en hédonistes jouisseurs contentés.
Mais sortis —soulagés un moment— de ces bouges privés infects, de ces auges à cochons, à qui fera-t-on croire que ce « clubiste » est fier de lui ? Vraiment heureux ? À personne, allons. Comme pour le malheureux abonné compulsif à la pornographie, c’est une honte inavouable qui le ramène chez lui, une culpabilité atroce qui le raccompagne à son domicile, soyons-en certain. Le malsain voyeurisme et l’exhibitionnisme exacerbé sont les deux mamelles de ce bordélique commerce, petite industrie jusqu’ici clandestine. Ces cons de juges d’Ottawa autorisent désormais leur publicité et l’affichage ouvert. Plein de soi-disant modernistes en sont satisfaits : « Ce « plusse-beau-pays-au-monde » est d’une tolérance formidable » ! Ces libertinistes voudront déclarer demain : « Ouvrons de vrais bordels sans aucun masque, légalisons maintenant l’inceste aimable, la pédophilie contrôlée, la brutalité aux sadiques et aux femmes masochistes. Même la bestialité ? Oui, pourquoi pas ? » Ce sera, à ce train, la complète déréliction de nos sociétés dites progressistes. Les ravages prévisibles, les fatales conséquences ? Bof ! Discours de moralistes dépassés, sermons pour les bigots !
Trop de ceux qui ont « le bonheur de l’amour », égotistes, détournent le regard : « Si ces gens-là aiment ça, si des personnes humaines (?) aiment ça la conduite animale, le sinistre « je te renifle et je te monte, sacrée chienne» ! Le mot« liberté » est trafiquée ici, quand quelqu’un est tombé si bas, ce n’est plus une personne libre, c’est un cas qui relève de la pathologie. Pire qu’un cas de simple névrose, c’est une grave psychose. Tôt ou tard c’est connu, ça conduit à la clinique psychiatrique. Nous, payeurs d’impôts, de taxes, toute la collectivité solidaire, devront défrayer les —très chers— frais des longues réparations. Si on envoyait le factures aux Pères-Noël-juges ?
Oui, vite, le moins chrétien des hommes le souhaite, il faut fonder cette organisation des É. A., comme il y a les A. A., par charité laïque envers ces détraqués du sexe, là où la femme —folle soumise, inconsciente — n’est plus du tout un être humain mais un trou d’égout. Au lieu de jouer les « Pères Noël déliquescents » à Ottawa, ces sages, distraits par la mode-tolérance-tous-azimuts, devraient renforcer la police qui est, hélas, un bon vieux moyen éprouvé pour gêner un peu de tels businessmen. Retenir les cochons par la peur des cachots, contenir, ralentir ces inconscients qui s’imaginent trouver dans ces soues-à-porcs un fructueux fac-similé de l’amour. L’amour qui est l’essence incontournable de la merveilleuse sexualité humaine.

MISÉRABLES FATALES ATTRACTIONS ?

J’ai déjà vu —à l’Usine-C— une comédienne-auteure,de Québec, se déguiser en militaire gradé, trichant sa voix de fille avec une machine au cou, se masturber frénétiquement sur scène et puis cueillir sa semence dans avec la pochette de son veston kaki… Salle muette je vous jure ! Les fantômes de l’usine de « Confiture Raymond » se taisaient au grenier. Eh oui, quoi faire, sur scène ou en images, pour s’attirer du public ? Pour renchérir sur les atroces violences des journaux télévisées ? J’avais publié à l’époque qu’un jour on verra sur une scène une actrice retirer son sanglant tampon hygiénique de sous sa jupe et… l’avaler ! Jusqu’où faudra-t-il aller pour meubler de monde une salle de spectacles ?
L’un écrivait que « les bons sentiments font de la mauvaise littérature »… Et ce sera l’escalade. En riant (le vieux Feydeau) ou en pleurant (comédies dramatiques modernes) des auteurs firent défiler, et sans cesse, le drame de l’adultère. Que de « Ciel mon mari ! ». À toutes les sauces. Jusqu’aux effets répétitifs, un temps, en théâtres d’été. Avec les temps actuels, la femme trompée ou le mari cocu, c’est « de la petite bière »; il faut fouiller plus graves tabous. Évidemment, ce n’est pas d’hier ce besoin de tragédie à partir des tabous. Un certain Grec d’avant le Christ y recourait : il a couché avec sa mère, il avait tué son père et, à la fin, il se crèvera les yeux ! Chœur de pleureuses convoqués.
Œdipe ne le savait pas. Ah bion ! Sygmund Freud en fera ses archétypes.
« Les bons sentiments… », en effet ! Récemment déferlait la vague de l’autofiction en littérature. On lut une Parisienne, directrice de chic revue d’art, déboussolée, d’un exhibitionnisme malsain, qui raconta volontiers ses habitudes pornographiques dans des parkings parisiens. Une Dame Millet ! Ou bien une pathétique psychosée —c’est bien pire que névrosée— détailler ses accidents incestueux de livre en livre, avec une complaisance aussi totale que morbide ! « Iousqu’on s’en va », hein malin Yvon Deschamps ? Réponse : il faut attirer l’monde. Au cinéma, à la télévision, surtout au théâtre si peu fréquenté, surtout, surtout à la littérature si peu lue. Attraction fatale ou crève ! L’inceste devient donc un thème fréquent. À la télé, Beaulieu en fit la trame de « L’héritage » avec un papa rongé de remords —Gilles Pelletier— face à sa Myriam —Gascon-fille— abusée. Voici que l’acteur-écrivain, Robert Lalonde, en jouerait avec pudeur de l’inceste « attractif ». Roman —ou récit— d’adolescent à l’abri d’un pensionnat, avec un papa tordu. Ces jours-ci, l’actrice-auteure, la romancière Marie Laberge, fait appel discrètement au bon vieux tabou incestueux avec son héroïne exilée en Italie, Charlotte, et un papa jadis aimé physiquement. À voir chez Duceppe.
Le « Vous allez venir voir ça ou b’in on va dire pourquoi ! » commande impérativement. Il faut batailler contre le popularisme des romans-savons de la télé, ses confessions, ses toc-shows paresseux, ses L’Écuyer ou Claire Lamarche, ses Janette Bertrand ou Véronique Cloutier. Pas un mince concurrent. Il faut absolument faire sortir des salons ces populations de fainéants. Les amener à lire. Haro !, haro sur les cochonneries tues trop longtemps, y a plus de tabous et vive la liberté ! Dans l’antiquité c’était souvent en mode poétique-allusif, esthétique-symbolique mais désormais, « on veut pas seulement l’apprendre, on veut le voir ». Attendons-nous à des illustrations de plus en plus…disons incarnées tel ce « show » du mouchoir de colonel inverti rempli de sperme à l’Usine-C ! La pornographie —esthétisée pour déjouer les censeurs à « cotations nuisibles pour le box office— meuble de cave en comble les « arts de divertissement ». Cela depuis un sacré bon bout de temps. Ciné, télé, etc. redondent en exhibition d’organes génitaux pour accouplements expéditifs. L’amour ? Pas le temps et je ne dis rien d’Internet infesté d’une érotomanie relevant d’obsession compulsive. On est donc en droit de nous questionner : quoi viendra bientôt pour scandaliser ? Faire que « tout le monde en parle » ? Vraiment étonner ? Il reste quoi désormais à montrer au domaine des tabous humains ? Mais oui !, il y a la bestialité ! Adieu bon saint François, le choix des bêtes est vaste, non ? Parions que ce sera le prochain thème à fatale attraction.
Au Québec, il y a 7 millions d’humains. Imaginons un pour cent de cas d’inceste. Cela fait quoi ?, un sur 10, 000 ? Donc environ 70, 000 victimes d’inceste. C’est 6 millions, 900 mille de non-incesteux. Gros chiffre. Pas un mot sur ces…épargnés du méchant sort ? Non. Silence. « Les bons sentiments… »,savez bien, c’est de la merde ! Alors, illustrons les marginaux. C’est pas rien après tout, voyez-vous la longueur du défilé ? 70, 000 abusés par inceste ! Du monde-à-messe… des écrans, des rideaux de scènes, aux couvertures des livres-chocs. Voilà bien le hic :depuis toujours, l’on projette de la lumière sur les exceptions. Ça vous apprendra gens ordinaires, les non « a-normes », d’avoir eu une enfance tranquille, ça vous apprendra masses insignifiantes ! Le malheur de tout cela ? À force de ne voir que « des cas », plein de braves gens en viennent à s’écrier : » Le monde va donc bien mal ! » « La terre est donc peuplé de monstres horribles » ! De candides citoyens en viennent à se barricader at home, ne vont plus au théâtre, ni chez les libraires, fuient le cinéma, restent assis béats, assommés, face aux abatteurs de tabous. On en voit fermer les yeux, ou aller se tartiner un sandwich, quand la télé jase du réel, de merde tyrannique. Au Pakistan ou à Kaboul. En Irak ou en Iran. Bonne nuit, messieurs dames, refermez bien la porte du frigo avant de grimper au lit ! Les chasseurs de tabous amènent cela. Car la licence tue la liberté !

Fabienne Larouche ne parle plus (titre d’une série-télé ?)

Parlons du scandale des producteurs de télé « privés ». Citoyens, voici qu’un syndicat (le Scfp-Ftq) vient de révéler, via l’Uqam, une grotesque farce qui s’accomplit avec votre argent public. Les compagnies « dites privées » sont dirigées par des « tout nus » ! Eh ! Ex-salarié à la scénographie de la télé publique, n’ayant hérité de nul parent riche, ni gagné à la loterie, je n’ai jamais eu l’audace de fonder une compagnie de production télé. J’avais pas les moyens, je m’imaginais qu’il fallait, viande à chien, beaucoup de « piastres » !
Jadis, Fabienne Larouche, alors modeste scénariste, tra Parlons du scandale des producteurs de télé « privés ». Citoyens, voici qu’un syndicat (le Scfp-Ftq) vient de révéler, via l’Uqam, une grotesque farce qui s’accomplit avec votre argent public. Les compagnies « dites privées » sont dirigées par des « tout nus » ! Eh ! Ex-salarié à la scénographie de la télé publique, n’ayant hérité de nul parent riche, ni gagné à la loterie, je n’ai jamais eu l’audace de fonder une compagnie de production télé. J’avais pas les moyens, je m’imaginais qu’il fallait, viande à chien, beaucoup de « piastres » !
Jadis, Fabienne Larouche, alors modeste scénariste, traita de gaspilleurs « morons » tous ces producteurs véreux. D’expérience —c’était avant de fonder sa compagnie— la belle Fabienne avait repéré des patrons odieux gardant pour (château, luxueux yachts, voyages, etc.) une bonne part du « pognon public ». Qui ne mettaient-à-l’image (du petit écran) qu’une bien mince part des sommes arrachés de nos taxes et impôts. Il y a autre chose maintenant :le syndicat qui offre cette recherche universitaire fait bien voir la fumisterie : les producteurs privés en télévision sont des imposteurs en quelque sorte, ne risquant pas leurs sous à eux mais l’argent du public. Ces quêteux se pavanent aux Gémeaux comme pachas !
« Une étude empêchée », affirme son auteur, M.Naciri, car
l’omerta des maffieux sévit chez ces quêteux-à-cheval, têteux du trésor commun, siphonneux de subventions aux divers paliers de gouvernement, voraces sangsues pendues aux tétines des taxés, nous tous. Résultat ? Tenez-vous bien, le rapport d’Ahmed Naciri sur ce système de « faux privés » contient cinq points :
1-
Dès les années 1980 venues, Ottawa coupait les budgets de CBC-Radio-Canada pour donner essor aux aspirants producteurs privés. Hum ! Résultat de pressions d’un lobby intéressé comme on peut le supposer ? Naciri dit qu’Ottawa imaginait que cette gente néo-productrice finirait « par voler de ses propres ailes ». Quelle candeur ! Vœux pieux ou utile prétexte afin d’installer en démarcheurs de nouveaux « dépendants » serviles, utiles au parti politique que vous savez. Ces parasites des systèmes, on le sait, ne mordent jamais la main nourricière. Mme Larouche parle moins depuis qu’elle « produit » elle-même ? Songez ici à ces publicitaires à commandites et leurs valets fonctionnaires. Un juge Gomery en découvrirait des vertes et des pas mûres en ce domaine.
2-
Une vingtaine d’années de cette création artificielle —entubages chers pour nos poches d’éternels cochons de payeurs— en 2005, Naciri écrit: « Ce modèle mis en place n’est toujours pas économiquement viable. » Combien a coûté au Québec ( avec sa part de 30%) cette expérience à ce jour ? Cette télé « faussement privée » avalait aussi bon an mal an durant plus de deux décennies 66% de ces budgets. Car il y a la partie anglophone. Un scandale d’une forme colossale ! La « patente » ne vole pas de ses propres ailes donc ! Un « flat ».
3-
L’étude de l’Uqam avance aussi :« toutes ces compagnies dites privées ne sont que des entreprises publiques déguisées. » Aïe ! Ces entreprises —en vérité— d’État, possédées par de simples individus, fonctionnent sans grands contrôles ou examens sérieux comme pour le réseau public. C’est privé, c’est privé. « Très très rares seraient ceux qui publient leurs comptes », dit Naciri. Nous savons qu’une heure subventionnée peut coûter 900,000 $ de NOTRE argent.
4-
Ces fier pet « producteurs privés » prennent de vrais risques ? Non. La complaisante machine à subventionner nommée « Sodec » à Québec, consultée par M. Naciri, lui répondra que : leur part de capitaux investis n’est pas même de 20 %, ni de 10%. Un petit 3,2 % !!! Et que dira « Téléfilm Canada », la grasse Sodec d’Ottawa ? À questionner. La promesse de télédiffuser amène environ 37 % de fric et un 40 % vient des co-pros et autres apports, un autre 20 % via les investissements (pour crédits du fisc ?). Reste donc ce rachitique 3 % provenant des poches de MM. les Producteurs, ainsi on peut parler de compagnies d’État masquées en « privés ».
5-
Le rapport dit aussi :« Les théories financières l’affirment : un gestionnaire qui apporte presque rien aux projets qu’ils dirige ressemblera à un joueur de loterie se disant tant mieux si ça marche (parfois qualité et succès sont là, l’on empoche alors des profits) et tant pis si ça sombre. Il n’a rien à perdre n’ayant pas risqué son argent. »
6-
Enfin, la recherche de M.Naciri révèle aussi que le contribuable québécois, vous et moi quoi, a craché (sans son assentiment bien entendu) presque 200 millions de nos dollars, ce qui est rapporté aussi par l’efficace chroniqueur télé Paul Cauchon. Le télédifuseur (TVA ou SRC), est mort de rire, il crachera 20 % seulement et, ainsi, aura mis à la porte, oui, rejeté à la rue, les travailleurs de ses studios désormais inactifs ou, formule chérie de la SRC, « loués aux privés », quelle ironie ! Virés donc, les techniciens, les artisans, les acteurs et actrices. On offrit (dès 1980) préretraites. Avec boni s’il le faut mais « qu’ils partent tous ! On ferme ! » L’État et assimilés, appuyé sur ces « rastaquouères du privé » proclame : « Jeunes à emplois précaires, jeunes pigistes fragiles, allez cogner aux portes des « privés » (qui sont en fait des « publics »). On a ainsi —dès 1980— émietté TVA, surtout Radio-Canada —où l’on entretient seulement services des nouvelles, contrôle politique en cas de crises québécoises. Même virage à TQS débutant, je l’ai vu en 1987-88. Idem à Télé Québec ces années-ci. Tout cela pour dissoudre quoi ? La permanence, la stabilité d’emploi, des carrières normales et, du même coup, se débarrasser des encombrants « vieux » syndicats. La devise d’Ottawa était : « Tout au privé », comme dans l’expression « Tout à l’égout », une dégueulasserie de plus.

ita de gaspilleurs « morons » tous ces producteurs véreux. D’expérience —c’était avant de fonder sa compagnie— la belle Fabienne avait repéré des patrons odieux gardant pour (château, luxueux yachts, voyages, etc.) une bonne part du « pognon public ». Qui ne mettaient-à-l’image (du petit écran) qu’une bien mince part des sommes arrachés de nos taxes et impôts. Il y a autre chose maintenant :le syndicat qui offre cette recherche universitaire fait bien voir la fumisterie : les producteurs privés en télévision sont des imposteurs en quelque sorte, ne risquant pas leurs sous à eux mais l’argent du public. Ces quêteux se pavanent aux Gémeaux comme pachas !
«
Une étude empêchée », affirme son auteur, M.Naciri, car l’omerta des maffieux sévit chez ces quêteux-à-cheval, têteux du trésor commun, siphonneux de subventions aux divers paliers de gouvernement, voraces sangsues pendues aux tétines des taxés, nous tous. Résultat ? Tenez-vous bien, le rapport d’Ahmed Naciri sur ce système de « faux privés » contient cinq points :
1-
Dès les années 1980 venues, Ottawa coupait les budgets de CBC-Radio-Canada pour donner essor aux aspirants producteurs privés. Hum ! Résultat de pressions d’un lobby intéressé comme on peut le supposer ? Naciri dit qu’Ottawa imaginait que cette gente néo-productrice finirait « par voler de ses propres ailes ». Quelle candeur ! Vœux pieux ou utile prétexte afin d’installer en démarcheurs de nouveaux « dépendants » serviles, utiles au parti politique que vous savez. Ces parasites des systèmes, on le sait, ne mordent jamais la main nourricière. Mme Larouche parle moins depuis qu’elle « produit » elle-même ? Songez ici à ces publicitaires à commandites et leurs valets fonctionnaires. Un juge Gomery en découvrirait des vertes et des pas mûres en ce domaine.
2-
Une vingtaine d’années de cette création artificielle —entubages chers pour nos poches d’éternels cochons de payeurs— en 2005, Naciri écrit: « Ce modèle mis en place n’est toujours pas économiquement viable. » Combien a coûté au Québec ( avec sa part de 30%) cette expérience à ce jour ? Cette télé « faussement privée » avalait aussi bon an mal an durant plus de deux décennies 66% de ces budgets. Car il y a la partie anglophone. Un scandale d’une forme colossale ! La « patente » ne vole pas de ses propres ailes donc ! Un « flat ».
3-
L’étude de l’Uqam avance aussi :« toutes ces compagnies dites privées ne sont que des entreprises publiques déguisées. » Aïe ! Ces entreprises —en vérité— d’État, possédées par de simples individus, fonctionnent sans grands contrôles ou examens sérieux comme pour le réseau public. C’est privé, c’est privé. « Très très rares seraient ceux qui publient leurs comptes », dit Naciri. Nous savons qu’une heure subventionnée peut coûter 900,000 $ de NOTRE argent.
4-
Ces fier pet « producteurs privés » prennent de vrais risques ? Non. La complaisante machine à subventionner nommée « Sodec » à Québec, consultée par M. Naciri, lui répondra que : leur part de capitaux investis n’est pas même de 20 %, ni de 10%. Un petit 3,2 % !!! Et que dira « Téléfilm Canada », la grasse Sodec d’Ottawa ? À questionner. La promesse de télédiffuser amène environ 37 % de fric et un 40 % vient des co-pros et autres apports, un autre 20 % via les investissements (pour crédits du fisc ?). Reste donc ce rachitique 3 % provenant des poches de MM. les Producteurs, ainsi on peut parler de compagnies d’État masquées en « privés ».
5-
Le rapport dit aussi :« Les théories financières l’affirment : un gestionnaire qui apporte presque rien aux projets qu’ils dirige ressemblera à un joueur de loterie se disant tant mieux si ça marche (parfois qualité et succès sont là, l’on empoche alors des profits) et tant pis si ça sombre. Il n’a rien à perdre n’ayant pas risqué son argent. »
6-
Enfin, la recherche de M.Naciri révèle aussi que le contribuable québécois, vous et moi quoi, a craché (sans son assentiment bien entendu) presque 200 millions de nos dollars, ce qui est rapporté aussi par l’efficace chroniqueur télé Paul Cauchon. Le télédifuseur (TVA ou SRC), est mort de rire, il crachera 20 % seulement et, ainsi, aura mis à la porte, oui, rejeté à la rue, les travailleurs de ses studios désormais inactifs ou, formule chérie de la SRC, « loués aux privés », quelle ironie ! Virés donc, les techniciens, les artisans, les acteurs et actrices. On offrit (dès 1980) préretraites. Avec boni s’il le faut mais « qu’ils partent tous ! On ferme ! » L’État et assimilés, appuyé sur ces « rastaquouères du privé » proclame : « Jeunes à emplois précaires, jeunes pigistes fragiles, allez cogner aux portes des « privés » (qui sont en fait des « publics »). On a ainsi —dès 1980— émietté TVA, surtout Radio-Canada —où l’on entretient seulement services des nouvelles, contrôle politique en cas de crises québécoises. Même virage à TQS débutant, je l’ai vu en 1987-88. Idem à Télé Québec ces années-ci. Tout cela pour dissoudre quoi ? La permanence, la stabilité d’emploi, des carrières normales et, du même coup, se débarrasser des encombrants « vieux » syndicats. La devise d’Ottawa était : « Tout au privé », comme dans l’expression « Tout à l’égout », une dégueulasserie de plus.

« DÉTECTS INC » ? INFECT !

Je n’ai pas encore visionné la deuxième émission de cette série télévisée au moment où j’écris ces lignes. La première fut assommante. Le mot est faible. Pire qu’ennuyeuse ! Un raté et d’envergure. Il serait étonnant que cela se redresse. Les dés, les atouts, sont jetés. Le crédit de l’inventeur d’une famille surréaliste, iconoclate, (« La p’tite vie »), Claude Meunier, était immense. Diffuseur et subventionneurs étaient disposés à lui accorder … le ciel. The sky. Adieu jugement, adieu pré-critique. Oui, pourquoi pas une autre chance à un tel coureur, à ce winner à forte indice d’écoute ? Résultat : une nullité sans pareil « si la tendance se maintient ».
De très bons acteurs —et actrices— disaient avec confiance « oui ». Bon crédit du Meunier. Vont-ils regretter amèrement de s’être embarqué sur un tel rafiot ? Un flop (annoncé) peut nuire longtemps à une carrière. Et cela ne manquera pas. C’est très injuste ? Oui. C’est triste pour des stars comme Sicotte, Girard et compagnie. Un Marc Messier vient de l’échapper belle, pris ailleurs. Il ne m’est jamais arrivé (modeste carrière de romancier) de vivre une débandade aussi vertigineuse. Un continent (la littérature est un humble artisanat ) sépare le monde de la littérature d’avec celui de la télévision, ce pays des populaires feuilletons à presque un million-de-piastres l’heure.
« Détect Inc » débutait fort mal. Cet amoncellement de clichés éculés (dixit aussi Nat Pétro, La presse), défilé de « situations » usées à la corde, courses de deux héros armés —dont Claude Meunier en personne— offre de stupides reflets sans vrai relief. Meunier a perdu sa touche magique ? Meunier a voulu changer de décor, délaisser le désinvolte farfelu d’un petit monde imaginaire aux cocasses invraisemblances. Erreur. Il s’est plongé dans la rédaction d’un microcosme sans aucun intérêt.
Il faudrait être vicieux pour se réjouir d’un tel aplatissement. Rien à faire pourtant : c’est raté dès l’envoi. A moins d’un énorme miracle ? Je le souhaiterais. Mais on n’a jamais vu un tel phénomène. À partir de prémisses à la dramatisation fausse, aucun virage en cours de randonnée n’est prévisible. C’est un plat indigeste, immangeable tout à fait. Le public restera-t–y fidèle à une telle ineptie ? Par reconnaissance pour l’ouvrage du passé ? On a le droit d’en douter au moment où les offres télévisuelles se multiplient. Avec notre argent public, nos taxes et impôts, les décideur se sont fourvoyés gravement. « La confiance aveugle » c’est exactement cela.
Si tu vas à un magasin, si on te refile un « citron », tu a des droits, exiger un remboursement, c’est ton fric. Qui donc osera —en recours collectif— exiger que l’on déduise de ses impôts ces sommes dépensées par les SODEC et TÉLÉFILM ? Hum… Ce « oui » erratique —accordé à un projet pourri— restera sans punition aucune. Personne ne va démissionner. On gage ? Ce n’est pas la première folle dépense de ces juges de projets à Québec, à Ottawa. À la SRC, le diffuseur de ce misérable « Détect Inc ». Le regard cruel, lucide, pour un « 24 poses, portraits », pour « LES VOISINS », pour « Appelez-moi Stéphane », avec ces deux limiers imbéciles, ne joue pas. Il y a des limites à la critique par le ridicule des travers de notre société aliénée, colonisée, tarée. « Les Bougons » (un reporter du Time l’a vu) font voir une médaille neuve : la malice des pauvres petites gens déboussolés, amoraux, grossiers, incultes. Les « misérables » d’un victorhugolisme actuel, nord-américain. Claude Meunier, lui, si son vaisseau sombre tout à fait aura du mal à se refaire une réputation. You are your last show, est un verdict inévitable. La vaillante troupe de ce navet se prendra dans des glaces morbides, et souffrira pas mal longtemps. Car combien d’émissions sont déjà, comme on dit, en boite ? Aïe, ça sent déjà mauvais dans la dépense froide ! Navrante aventure à l’horizon hertzien : Titanic Inc ? Mugissez les cornes de mer, agitez les fanions, tapez SOS, le phare énervé, rien à faire. « Détect Inc » va sombrer et c’est une mauvaise nouvelle pour le téléspectateur en mal de rigolades. Il n’avalera pas un tel brouet, un salmigondis aussi insignifiant.

ANDRÉE RUFFO, UNE FOLLE ?

J’enrage quand on veut éteindre la lumière. J’enrage quand on agite les codes. Le code de déontologie face aux effrontés, le code d’éthique et tac quand l’énergumène s’ouvre la trappe quelque part. Nous avons entendu les râles des prudents installés. La juge Ruffo ? À la trappe!, vite ! Faisons la taire ! Il en pleut partout de ces bons apôtres en discrétion, corporatistes aux fesses serrées. Moi je l’aime cette folle, les naïfs et les candides dérangent la paix confidentielle des paresseux tranquilles. Des réfugié accroupis (Rimbaud) qui ne tolèrent pas les fervents.
Ils réussissent toujours ces cramponnés aux codes de bonne conduite. « Andrée Ruffo est une folle » : elle a osé protester, se scandaliser des lenteurs de la bureaucratie tortuesque. Celle de son propre clan. Quelle indélicatesse. Hon ! Ça ne se fait pas, cracher dans la soupe, mordre la main nourricière. Arrachez-lui sa toge à cette franche ! « Taisez-vous donc, maudite folle ! » Le ronron bureaucratique, qui ne protège pas l’diable la jeunesse mais engraisse les fonctionnaires chez Dame Justice, ne supporte pas les fous. Ceux qui disent tout haut que le roi-DPJ est tout nu !
J’enrage en observant la célérité des bonzes pour dégommer cette empêcheuse de tourner-en-rond. Je sais bien qu’elle a tort, je sais bien qu’elle aurait mieux fait de la boucler, je devine qu’elle nuit aux augustes procédures —entrelacs, arabesques inouïs— du système… Ah, le système ! Le public n’est pas fou. Il imagine facilement l’embarras face à Andrée Ruffo. Des profs, Garant de l’université Laval, si-ou-pla) ), des collègues, des supérieurs galonnés, tous crient : « elle est folle ! » En des termes savants, bien entendu. « Nous, le peuple », resterons étonnés quand on la jettera. « Quoi, en voilà une qui dénonce publiquement les lenteurs, la paperasserie, les délais, l’injustice faite aux enfants mal protégés …on sort le balai de l’éthique ? Puant ! « Non, non, elle sait pas se taire, on vous le dit c’est une maudite folle ». J’enrage. J’en ai connu des fous (et des folles) merveilleux qui osaient critiquer le sale modus vivendi ici et là. « La porte » ! J’ai vécu de ces expériences, en milieu télévision publique (on m’a montré la porte puis on se ravisait par peur du scandale), en milieu littéraire, journalistique. Chaque fois qu’un « bouffon » ( car les installés affublent de ce mot l’audacieux qui sort-du-rang) parle vrai, on dresse rapport. Le monde des rapports ! Il faut alors poster une anonyme enveloppe brune. Même à Washington, mossieu Nix-con ? « Critiquez mais en cachette, dénoncez mais intra muros ». Sinon extirpation du corps nocif ! Compris ? Non, la folle-Ruffo : « indélicatesses variées durant dix ans » ! Elle récidivise ? On lui montre la sortie. C’est toujours l’actualité du fabuliste génial Lafontaine : le « On le lui fit bien voir » du naïf qui ne craint pas de salir son nid, nid des planqués bien rémunérés, instructeurs du « taire et faire taire ».
J’enrage. J’aime les candides, j’aime la juge Ruffo et ses imprudences. Faut-y être niaise pour tourner le dos à la fructueuse « carrière ». Oh, les carrières « les deux- yeux-farmés-bin-dur » (Ducharme) ! Fermez-la et soyez ambitieux ! Laissez se rouiller les rouages des moutonniers. Elle est vivante Andrée Ruffo, elle refuse le placard des commodes abris. Elle est saine, elle n’a pas peur et « nous, le peuple », on voit bien qu’ils se débarrasseront de cette merveilleuse folle. Ça ira plus vite que de bien réparer les destins fragiles de la planète-délinquance. Le Conseil de la magistrature s’énerve : le juge Therrien a connu cette médecine, la juge Moreau-Bérubé aussi. Être juge comme une statue : interdit de faire une pub Via-Rail, candide niaise piégée, interdit de figurer à un Salon de naturopathie. Une statue, aussi bien dire une morte. Le mot « discipline » s’écrit bâillon ! L’ange en bête ! Inhumanité forcée. Les beaux mots d’impartialité, intégrité, indépendance est une mascarade pour intimider les francs-tireurs. Archi-connu comme tactique. Aimez la soumission, la déontologie. Sodome puriste, vous changera en statue de sel. Silence, la cour en comité : le 29 octobre le Conseil (à magistrats) recommandait la destitution de Ruffo ! J’enrage. Les pompiers-du-désordre-établi ont une hache près de la porte. Qui sera le prochain fou, la prochaine folle ? Dehors ! Dormez en paix citoyens, l’ordre veille…veille sur le désordre organisé. À quand la prochaine occasion d’entendre critiquer les trous-de-justice ? Quand la prochaine, le prochain fou, qui fera passer, avant la carrière, la vérité ? J’enrage…

SAUVER MON ÂME !

La chanson m’amusait, « Sauver mon âme ». Sans plus. Mon temps m’est compté et « le vieil homme » y songe pas mal plus sérieusement : oui, comment sauver nos âmes ? Je sors d’un millier de pages : « Mon père ». Un portrait extrêmement détaillé « d’un père d’autrefois », comme François Mauriac, avant de moirir, parlait d’ « Un Jeune homme d’autrefois ». Philippe de Gaulle, en vifs entretiens intelligents, fait comme « un modelage », coche d’argile après couche d’argile, très fin et très complet de son célèbre papa, le Général.
Un vieil ami, le réalisateur Jean Faucher — j’étais réticent— m’avait dit : « C’est très bon, lis le ». Vrai, c’est très bon. « Mon père » raconte les défauts et les talents du « Sauveur de la France libre », héraut, héros, d’une saga étonnante. Les deux tomes refermés, j’ai lu cela avec une joie rare, il reste cela : sauver son âme. Le seul et vrai et profond désir de l’homme de « l’appel du 18 juin 1940 », premier Résistant au nazisme déferlant dans sa patrie meurtrie, réfugié à Londres, craint et détesté et par Churchill et (surtout) par Roosevelt.
De Gaulle parle moins de la France que de la langue française. Il voit et prévoit les menaces. Il prophétise l’aplatventrisme actuel face à la novelle rome impérialiste qui déferle sur notre planète. Il le proclame : « l’âme d’une patrie c’est sa langue ». Affirme qu’il en va ainsi pour l’Italie comme pour l’Espagne…et comme pour les Étatsuniens ! Ces derniers n’ont rien à craindre bien évidemment. Mais nous ?
Chaque jour, comme tout le monde, je constate le recul. Les lâchetés partout. Il n’y a qu’à prêter l’oreille. Radio, télé, magazines, journaux, c’est, sans cesse, le mépris de notre popre jeune culture et c’est, sans cesse : « Place, place à l’american way of life ! Et sa langue tentaculaire. De Gaulle voulait « une Europe des patries », il faut vouloir « un monde des patries ». On ne parle pas d’enfermement dans nos murs. Au contraire. Les Québécois seraient très curieux des nouvelles (culturelles) du monde entier. Or, lisez bien : il n’y a que USA et USA ! Un colonialisme accepté —radio, télé, cinéma, journaux— un peu partout. Avec une docilité moutonnière abject. Comment sauver son âme ? Divers chroniqueurs, doués, n’en ont que pour New-York et Los Angeles-Hollywood, serviles courroies de transmissions, agents —même pas toujours stipendiés— très soumis. Comment sauver nos âmes ?
Ce manque de sauvegarde essentielle est néfaste. Nos adversaires, les énervés du normal patriotisme (solide et fort aux USA), s’écrient : « faut pas nous interner en ghettos » ! Quelle connerie ! Au contraire, nous sommes nombreux —pas assez— à vouloir mieux savoir sur les autres âmes, sur la Finlande et sur la Norvège, sur —avant tout bien entendu— nos frères d’âme et donc de langue, en Afrique française comme en Suisse ou en Belgique française. Assez de « seulement » les United States of America ! Sauvons notre âme ! Les soi-disant « universalistes » et cosmopolites déracinés, et autres « citoyens du monde » à la gomme, ne sont que les haut-parleurs d’un seul monde. Celui de l’empire dominant et dominateur, tout-puissant voisin du sud. Alors notre âme, notre langue, sont rapetissées. Toujours livrées dans nos médias en toutes petites portions congrues.
Longtemps méprisé par nos chantres d’antan, du « Paris, seul guide et bon-bec », parti-pris du temps snob d’avant notre révolution tranquille, les jeunes nouveaux chantres sont tapis désormais dans les plis de la bannière étoilée, dans les griffes de l’aigle étatsunien. Un nouveau confort de paresseux sans lucidité. Une lamentable et continuelle défaite pour notre âme collective.
Que les plus lucides entonnent l’avertissement solennel : avant peu de temps, le Québec (de ces pleutres) sera couché, bon chien. Avant longtemps, nos couards pourront se vanter d’une « perte d’âme » irrémédiable. Le Québec ne sera plus qu’une colonie de plus. Tel l’Ontario. Voir la sauce « american » de son Festival du film. Déboulade complaisante sans cesse dans l’hégémonie « all american ». Même Berlin, Paris, hélas, y résistent mal. Le fameux « papa » du jeune Philippe de Gaulle s’en énervait avec raison dès 1950, davantage encore dès 1960.
Et désespérément dès 1970. Un univers ainsi uniformisé, aux goûts, aux modes —chansons (rock ou non), télévisions, films— du géant que l’on sait, serait un univers sans âme.
La chanson « sauver mon âme » ne me fait plus sourire, ne m’amuse plus, elle est maintenant un SOS, un cri d’alarme. Vive la diversité! C’est un combat à mener de toute urgence, que les poltrons des médias, « courroies aux ordres de l’Empire, se fassent dénoncer, que l’on apprenne à les montrer du doigt, à souhaiter leur repentir, il en va de notre âme… à sauver.
( Lire sur l’âme : « De Gaulle, mon père », par Philippe de Gaulle, deux tomes, Plon éditeur)

Chacun sa guerre, silence dans les gradins

Poutine, un ex du KGB, pas d’accord, ne participe pas à la guerre en Irak de W. Bush. Il a la sienne. L’URSS tombant (1991), écroulement prévu, Moscou accordait l’indépendance à de nombreux satellites (forcés). Pas à tous. Pas aux Tchétchènes. Oh non ! le fédéralisme nouveau (21 républiques autonomes) ne pouvait tolérer cette…partition.
Ô Pétrole !
Aux nouvelles (radio, télé, presse) : l’Irak tous les jours et de rares bulletins sur cette guerre de Moscou à la Tchétchénie. Silence curieux, lâche, honteux. Ce terrifiant 11 septembre à New York a permis à Poutine de frapper en paix. Cette invasion buschienne en Irak permettait encore plus d’attaques, de négation à l’indépendance qu’ils avaient osé s’accorder.
Voici le temps des massacres.
Silence du monde entier ! « La cause tchétchène » ? Bah ! Bof ! Un cinéaste français (Léo Carax) a vilipendé publiquement son président Chirac : « Vous êtes un lâche ! » La complicité face à un génocide évident pue ! « Un peuple et en voie de disparition », explique Jocelyn Coulon.
Poutine rigole, dit à Bush (et aux observateurs occidentaux et ceux des Etats-Unis) : « Nous aussi, il nous faut combattre le terrorisme ». 130 otages dans un théâtre de Moscou ? On discute pas : gazés ! Aux suivants ! Un philosophe populaire de Paris, André Glucksmann : « La plaie tchétchène conduit à l’infernal, aux talibans cachés qui s’infiltrent, à Al-Qaeda…à de nouveaux Manhattan… » Silence toujours : pas de manifestants pour la Tchétchénie ravagée, tous dans les rues contre la guerre en Irak.
On se souvient : l’Arménie décapitée par les Turcs quand tout le monde regardait ailleurs « la vraie guerre » (1914-1918). . Séquelles honteuses qui empoisonnent la Turquie désormais. L’histoire, mais oui, se répète.
Tout l’Occcident —avec CNN-aux-caméras— scrute les péripéties guerrière du jour : Bagdad et alentours. À Grozny ? On a pas le temps ! Et l’horreur continue. De temps à autre, petits sursauts, par exemple dans Le Monde ou dans Libération. Grozny c’est tout de même moins loin de Londres, Washington (et Montréal) que Bagdad, non ? Les soldats des USA n’y sont pas. Aucun intérêt ! Ainsi va l’impérialisme constant, ainsi va ce curieux monde des manifs organisées, des « envoyés spéciaux », de l’ONU. « Pendant ce temps », comme disait les vieux films de western, meanwhile… une nation entière est aux prises avec toutes les horreurs d’un capitale farouchement fédéraliste dans ce cas.Grozny est en sang, massacrée, bombardée. Et ce soir, comme hier, comme demain, nous aurons les images fraîches du combat de M. Bush en Irak.
Cela a un nom : un crime. Croyez-vous, comme Milosevic, qu’une fois le génocide tchétchène terminé, le bon et brave M. Poutine devra comparaître un jour au tribunal international de La Haye ? Hum ! Le génial fabuliste Lafontaine, jadis, a parlé net : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour… ». À celui qui ose gueuler comme moi « Vive la Tchétchénie libre », le loustic rétorque : « Mais de qui, de quoi, tu parles ? Tu regardes pas le téléjournal ? »
La télévision est toute prise par « la vraie guerre » actuelle, en Irak. Il faut laisser en paix ce Poutine, il a tant de gros problèmes avec la liberté nouvelle, la presse que l’on censure, réduit au silence, la radio et la télé à contrôler. Foutez-lui la paix !
Alors, en toute quiétude, l’infernal ouvrage moscovite de fracasser un peuple, se poursuit. Un génocide arménien chasse l’autre quoi.
Réduits à rien, traqués sans cesse, dominés, manipulés, des patriotes tchétchènes se transformeront en guérilleros dangereux. Des âmes pieuses se scandaliseront quand ces désespérés passeront forcément à des attaques sanguinaires lamentables. Ils se voileront la face, ces sépulcres blanchis, iront crier aux tribunes : « Mon Dieu, en Tchétchénie, c’est encore pire que les Talibans meurtriers ! »
Car c’est cela, l’horreur chez les désespérés, qui monte, qui vient, Et dans ces bains de sang annoncés, on verra enfin CNN, et tous ses suiveurs, se précipiter à Grozny, aux furieuses barricades, aux charniers familiers… Et enfin, on parlera d’eux, on décrira —avec compétence bien sûr— leur totale désespérance.
Il sera tard, bien tard, trop tard peut-être.

AU REVOIR BEAU-FRÈRE RENÉ !

René est parti vers l’au-delà à 8, le 8 avril 2004, jeudi.

Toute vie humaine est un roman.

Des centaines et des centaines de milliers de québécois ont vu revivre René à la télévision de ” La petite patrie ”, le dimanche soir. Cela durant deux ans, de septembre 1976 à juin 1978. J’avais baptisé René ” Roland ” (Patry) et c’est, un comédien débutant surdoué, l’acteur Michel Forget, qui l’imitait. Pardon qui l’incarnait, le personnifiait. Avec tant de talent que René m’avait dit ben être tout content. Fier même.

Oui, toute vie humaine est un roman. Un livre de non-fiction.

Une histoire. Il était une fois donc… à Saint-Rémy de Napierville, dans le sud-ouest du Québec, un très jeune garçon vigoureux qui va vivre un terrible choc. René fut subitement privé, comme soeurs et frères, de son papa. Un homme vaillant mort trop jeune. Un père, de son métier, boucher tout comme le grand-père Lefebvre d’une jeune fille, Lucille, qu’il ne connaît pas encore dans ses culottes courtes. Ce fut, on peut l’imaginer facilement, la détresse dans un foyer d’une petite ville. René est donc orphelin de père tout jeune, comme ce beau-père qu’il ne devine pas encore, l’Édouard de Lucille, orphelin de père lui aussi dans un rang de cultivateur à Vlile Saint-Laurent.

Au Paradis de la paix éternelle, ces deux-là, Édouard et René, viennent de se retrouver dans L’Éther et se font des confidences. De là-haut, ils regardent le ” ici-bas ”, cet après-midi. René nous observe, voit ses cendres. Edouard l’a pris par le cou et reconnaît son cher Pont-Viau. Vivants en esprit, ils se comprendront toujours les deux orphelins, pas vrai ? Durant des décennies, rue St Denis, jamais René et Edouard n’auront le moindre grief entre eux, la moindre chicane. Jamais.

Est-ce la solidarité muette des enfants orphelins ?

Et puis, revenons en arrière : la vie s’écoule, parfois tristement, souvent, très joyeusement. La mère de René fait ce qu’elle peut avec sa charge, veuve vaillante, qui déménage à Saint-Vincent de Paul au nord-est de Montréal. Le temps viendra où un clan, les Jasmin de Villeray, croisera, un autre clan, celui des Pitre de Saint-Vincent. René, sorte de jeune chevalier, voyage sur une Indian. La motocyclette emblématique du temps de l’après-guerre. Du début des années 1950. Il fallait le voir : portant de longs gants de motard à manchons noirs, la casquette d’aviateur en cuir, des lunettes fumées. René troublera pas mal sa future belle-mère Germaine au début. La mère-poule ne peut pas savoir encore quel bon coeur, quel grand coeur, se cache sous ce blouson de cuir noir. Lucille, sa fille aînée, réussira-t-elle à amadouer ce doux sauvage, ce Indian, au masque prudent. Au visage imperturbable, au fond, pour cacher sa vive sensibilité.

Suspense ! Le pieux beau-papa servira au ” soupirant ”, sa bière d’épinette, sa pitz, ses plus beaux hamburgers, moutarde-oignon, ses meilleurs ” Sunday ”. Et des cigarettes British Consol. René, mon beau-frère à moto fait souvent le jarre. Me tord les poignets. Les ouies aussi. Il veut tester si je suis vraiment un ado solide. Mais, surprise !, ce grand gaillard en cuir noir, qui parle trop vite, est aussi un romantique car il siffle et chante les tounes western de Willy Lamothe, —” Allo, allo, petit Michel ! ”. René chante aussi des airs du ténorino corse, Tino : ” Bohémienne aux grand yeux noirs ”, ” Marinella… ”, ou ” Veni, veni, veni, oh bonne, bonne mère ! ”
Voilà donc la mère-Germaine rassurée car un homme qui chante ne peut pas être un mauvais gars ! René aimait turlutter. Il aimait aussi les polars à 15 sous, les X-13 de M. Daigneault, qu’il entassera une fois marié dans son hangar.

On découvre donc ce René, comme on dit alors qu’il fréquente. Et, pour le bon motif. Il fera pétarader sa moto, les bons soirs et en week-end. Nous apprenons, les plus jeunes, à quoi peut servir un chesterfield. À part de grimper dessus comme moi, et mon jeune frère Raynald, jouant à Tarzan, ça sert donc aussi à échanger des… ” bascios d’amore ”.

” La vita est bella ” pour nos deux tourtereaux. René convolera en justes noces. Lucille, survivante courageuse, vous dira peut-être où ils allèrent e voyage de noces. Au retour et, à l’étage du 7068, un modeste nid pour les amoureux, deux salons-double et cuisine. René sera papa trois fois, d’abord de son cher Michel —honneur au ” allo allo petit Michel ”. Puis de Diane, la belle dynamique, rebelle à ses heures. Puis de Sylvie, la jolie benjamine si douce. Bien fini le motard !

René, si longtemps familier des outils de l’usine-Canadair, a ses propres outils. Dans la cour, René s’amuse sans cesse à faire souffrir toutes les organes de son char, le capot bien en l’air. Ses cris : ” Lucille ? Pitch-moi donc le tournevis, si-ou-pla ! ”

Le dimanche, rasé de frais, lotion répandue, il assiste à la messe sans être un rongeur de balustre, ça, jamais. Longtemps, les soirs d’été, René aime regarder luire les flammes de nos bûchers sur la plage. Ou bien aller pêcher la barbotte, la perchaude sur le lac des Deux-Montagnes.

C’est le roman d’un homme paisible. L’histoire d’un homme modeste qui ne pétait pas plus haut que le trou. Qui ne s’est jamais pris pour un autre. René Pitre a fait partie de ce que l’on nomme le monde ordinaire, ce vrai peuple québécois au coeur d’or. Celui que chantait Georges Dor. Souvenez-vous : “Y en a qui font les fanfarons… Qui jouent de l’accordéon… D’autres, de la guitare… Mais moi, je joue de nos amours… À coeur de jour”; René jouait de ses amours.

René n’a pas aidé à construire la Manic. Son ouvrage c’était sa famille, sa petite vie tranquille. C’est ce lent et long ouvrage de patience qui forme un pays, qui forme un peuple. René, on en témoignerait tous, était de bonne humeur à nos rencontres de Noël ou de Pâques rue St-Denis, comme, il y a pas si longtemps, à nos joyeuses réunions d’après mai 1987, l’année de nos morts. René s’amenait parmi nous avec son perpétuel beau sourire. Son tempérament enjoué, pas trop bavard, réservé même, jamais les baguettes en l’air. René savait écouter et, généreux, riait volontiers à nos follereries jasminiennes.

Nous l’aimions. Nous l’avons beaucoup aimé.

L’ancien petit orphelin de St-Rémy, le bras droit de sa mère-veuve, a vu grandir son Michel, sa Diane et sa Sylvie et les a vu quitter, un après l’autre, le nid de Chomedey…la vie, la vie !
Le camp de Pointe-Calumet disparut, l’âge d’or vint, s’empara de lui. De nous tous. Notre loi inexorable à tous les témoins âgés rassemblés ici aujourd’hui. Mais René, lui, hélas, un jour récent, un méchant jour, la vie, capable de cruauté, prit son masque de terreur sombre, l’assomma. D’un grand coup sec. Ce sera un lit d’hôpital à Sacré-Coeur. La détresse des siens, le désarroi de Lucille, l’épouse abandonnée malgré lui. Lui, l’abattu raidement en pleine bonne santé, capable de s’entraîner encore. Ce sera l’angoisse aussi pour chez Michel et Sylvie et l’anxiété ravageuse pour sa farouche Diane. Longue pause, dans son lit de paralysé. Immobilisé, muet, perdu. Jeudi le 8 , à 8 du soir, fin de son roman, fin du récit de vie.

Que René Pitre repose en paix dans l’Éden des croyants. Nous garderons, tous, le très bon souvenir d’un grand gaillard solide, de ses sourires d’homme ouvert, timide et généreux.

René, va-t-en !

Là où tu le mérites bien.

Pars en paix, René !

Au paradis promis, un boucher resté jeune, va t’accueillir à bras ouverts et enfin pouvoir jouer au papa. Celui qu’il n’a pu être bien longtemps; René, tous les tiens, en esprits, t’attendent.
Sors d’ici, en cendres légères, René.

Là-haut, qui sait ?, tu auras une motocyclette Indian en or. Avec des routes en argent, patient modeste salarié de ton usine d’avions. Tu te baladeras au travers des étoiles en nous attendant, nous tous en bas.

Un jour, tous réunis, on ira allumer des feux célestes et, avec toi, on ira pêcher des poissons exotiques comme ceux de la mer caraïbe où tu n’es jamais allé en vacances.

Repose-toi bien en esprit, mon grand René, t’en avais assez fait. Paix à tes cendres.
Ton beauf’, Claude

lu le 14 avril 2004 lors du service de René Pitre à Laval

ANDRÉ CAILLOUX, MOUCHOIRS ET ÉPONGES

Par Claude Jasmin

Installation d’un jeune marié de vingt-deux ans, moi, dans un local peu approprié, à l’étage d’un ancien presbytère. Le célèbre Père Legault, fondateur de « Les Compagnons de Saint-Laurent » a été instamment prié de vider les lieux, rappelé au bercail par sa communauté, les Pères de Sainte-Croix. Suffit de « jouer » au directeur de troupe ! Le jeune marié installe quelques meubles indispensables dans ce vaste bureau abandonné avec « bay-window » donnant sur la rue Sherbrooke.

Ça me convient, le loyer n’est pas cher. Dans le bureau d’à côté, le père Rondeau semble chargé de « fermer les livres » de ce théâtre qui fut essentiel. Je l’entends commander, par téléphone, une nouvelle cargaison « d’ huile du frère André », fameux thaumaturge de l’Oratoire.

Il y a un enfant en gestation dans le ventre de la nouvelle mariée, mon épouse, Louise. Dans cette froide fin de décembre de 1952, je viens d’être « slacqué » d’une petite entreprise de « window-display ». Je suis un sans-emploi, fort inquiet.

Une rumeur a couru, répandue peut-être par les adversaires de son théâtre catho: « ce curé « dégommé » se serait écarté de ses vœux de chasteté ». Invérifiable. Des animateurs chevronnés, les Gascon, Roux, Hoffman, sont en train d’ installer solidement une relève, le fameux TNM.

Cette « chute » du père Legault a donc libéré l’ancienne église devenue théâtre, rue Sherbrooke, coin Delorimier. Notre jeune couple joint d’autres locataires. Adieu Émile Legault, et j’hérite de son immense pupitre, de son classeur métallique, du siège pivotant, de sa table de rangement. Il nous reste à y installer un « divan-lit », un coin cuisinette, ma bibliothèque de « poches », quatre planches et des briques. Au rez-de-chaussée, grosse famille d’émigrants, amateurs d’art, au dernier étage, la famille-Campeau, le papa fut machiniste, menuisier, monteur de décors, le débrouillard « homme à tout faire » et absolument indispensable au père Legault.

Je me cherche un job. Appoint indispensable, Louise Charlebois, membre de l’union des artistes, la jeune épousée, reçoit un indispensable cachet pour aller identifier un radio-roman. Tous les matins, on peut l’entendre à la radio publique : « Francine Louvain, bonjour ! »

Un comédien, venu de France, vit au presbytère. C’est un longiligne bonhomme, pas du tout à accent parisien, maigre, comme sans âge précis. Un ex-Compagnon de la Musique, muni d’une voix gutturale chaude, d’un bagou intarissable, qui fait florès déjà à la télévision débutante. Il se présente à nous tout sourire : « André Cailloux, troubadour ».

Ce n’est pas un voisin banal. Cailloux nous a adoptés dès notre arrivée avec une réelle affection. Il nous offre son aide pour emménager, —une lampe, une table de bout, un vase à fleur, un compotier. Il nous offre surtout son amitié. Enchantement d’avoir un tel voisin de chambre. Ce grand efflanqué à la parole gouailleuse abondante, aux sourires apaisants, à la verve toute philosophique, calme mon anxiété de jeune chômeur et prochain papa.

Tous les matins, brassant son œuf cru au lait dans un grand verre, le verbe déjà jubilant puisqu’il a une âme joyeuse, il vient faire son petit tour. Pour nous distraire, il fait des tours de magie : disparition surprenante de petites éponges ou classiques mouchoirs de soie qui se multiplient. L’ agréable visiteur du soir !

Cherchant sans cesse du travail, il collabore à ma quête d’emploi. Il a confiance en mes talents, son optimisme à tout crin me rassure. Il nous fait rire par ses souvenirs de France et, surtout, par ses anecdotes sur les coulisses frénétiques du nouveau médium effervescent.

Cailloux devient rapidement mieux qu’un aimable voisin, rue Sherbrooke, il est un l’ami, un protecteur distrayant, stimulant. À l’entendre, tous mes projets —offres de séries d’articles, théâtre de marionnettes, sculptures caricaturales — sont « excellents ». Je veux le croire. Il en est bien certain, « Ça ne sera pas long que je me dénicherai un créneau quelque part ».

En janvier 1953, inquiet de l’avenir —ma fille, Éliane, allait naître en juillet— la présence de ce voisin fureteur et désintéressé m’est un baume. Il surgit à tout moment, une histoire cocasse au bec. Il nous annonce la venue prochaine, de son Issoudun natal, d’un jeune cadet, Michel qui, nous assure-t-il, est bien meilleur prestigitateur. En effet, à la télé des enfants, ce bien-aimé « Michel-le-magicien » le prouvera.

Merci André pour ces six mois passés, en co-locataire, au presbytère. Dans un certain dénuement, il y a eu ce soleil, cet astre, modeste et brillant à la fois. Sans ce voisin d’étage généreux —« voulez-vous des œufs, du pain croûté, de la laitue, des fromages français, un peu de vin ?— notre existence de jeune couple démuni, aurait eu des couleurs autrement sombres.

Je l’ai revu si souvent, jamais je n’ai songé à lui dire ma gratitude. Merci pour ta présence affectueuse à un moment de ma vie où j’avais tellement besoin de croire —au moins un petit peu— que j’allais m’en sortir un jour.

La bonté naturelle, illuminante, de ce faux « Grand-père » captivera, on le sait, des générations d’enfants. Elle n’était pas feinte, oh non ! Ce vert vieillard, maquillé, déguisé n’était pas une fabrication, il était vraiment cet homme ouvert, curieux de tout, attentif aux autres. Je l’ai vu « perdre » beaucoup de temps à me conseiller, à tenter de réorienter un projet farfelu.

Le temps passa et l’étonnant jeune comédien à la voix « vieille », si chaude, est réellement devenu un vrai grand-papa. Il fondera, avec sa compagne, une sorte d’école maternelle originale, il fera des tournées, publiera des livres de contes.

Me questionnera-t-il : « Pourquoi, Claude, cette reconnaissance? » Je lui rappellerai la présence stimulante du voisin de l’ex-bureau du Père Legault, rue Sherbrooke, quand je mangeais de la « vache enragée ».

Je le connais, il dira ne plus du tout se souvenir d’avoir aidé —à part les enfants— qui que ce soit, ni moi, ni personne, tant il est modeste.