Le mercredi 13 novembre 2002

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Le titre (une trouvaille !)
« POING COMME NET »

1-
Reviens d’ «encore » quatre jours loin du clavier, du cher journal. Un mercredi bien gris. Ciel d’une chétive lumière novembrienne. 20 courriels (au diable le mot Mel) et devoir y répondre au moins brièvement. Bonne chaleur venue de tous ces « bons vœux » pour mon anniversaire de naissance. Tantôt au téléphone le jeune Beau-soleil bien « ennuagé », lui. Poursuite de 60,000 tomates au bout du nez. Semble se chercher des appuis, des défenseurs. Lui ai dit qu’on ne peut mettre sous copyright une idée, hélas. Mais qu’il se trouve vraiment bafoué et qu’éthiquement il a mille fois raison.
Il avait « parti » (édité aux « Intouchables ») les folleries « verbachimes » du Chrétien qui ne parle aucune des deux langues officielles. 50,000 copies ! Le jeune Beausoleil trouvait que deux livres, c’était assez. Mais on a voulu presser le citron. Brûlé et puis Lanctôt font fi de « son sens de la mesure » et, sous d’autres signatures, publient un tome 3. C’est très triste chez des gens de livres. Mercantilisme fréquent en ce domaine ? Ça arrive, oui. L’idéateur a fait publier une bonne lettre de colère. D’indignation. Les avocats ripostent donc ! Bon, je lui ferai « une lettre ouverte », n’ayant aucune chronique (Le Devoir ne répond pas ). Qui sera publiée ? Ça…
2-
Ce matin donc remontée en Laurentie. Gros petit-déj au « Petit poucet » de Val David, un ogre : deux foetus de poule, au miroir, mes chères bines, leur bonne confiture aux fraises, le pain de fesse…Yam ! Nous irons aux injections anti-grippes tantôt. Vendredi après-midi (et en soirée) qui vient :aller m’installer en kiosque (Trois-Pistoles éditions) Place Bonaventure. Le Salon aux 700 auteurs ! Hum !
Je me suis fait des copies de certains messages reçus. Y répondre au plus vite ? Énervé, je refuse des invitations (à conférencer) ici et là. Ma peur de dire « oui » et de décevoir ensuite. Débordement. Hier soir, le « Groupe des six », bonne bouffe au « Petit italien » de la rue Bernard. Tour de table longuet sur les coiffures par ces dames. André (Dubois) et moi :attentifs et sourires au bec ! Autre tour de table sur les bobos de nos compagnes. Longuet. Voilà mon « Grand sec d’Orléans » vantant le Mario Dumont. Tout pour nos faire enrager. On ne mord pas et il est déçu.
Ring, ring ! C’est la Francine L. de mes aquarelles-à-vendre. Pas en bonne santé du tout. Reviens d’une semaine chez… Castro. Éblouie ! « Mer si verte, mon cher ». Me recommande un hôtel choisie avec bonheur— « six piscines » Claude !— viendra dans dix jours nous visiter. Me rapportera l’invendue bannière de procession de Fête-Dieu, celle au Christ ultra-saignant. Bien.
3-
Dimanche midi le très bon poulet « de sa recette » chez ma fille, Éliane, rue Chambord. Mes cinq ex-gamins, devenus de grands jeunes hommes, à mes côtés. Le bonheur ! Chandelles soufflés d’un seul coup. Vœu exaucé donc. Que Dieu me prête vie encore longtemps. Danier, mon fils, en bonne forme. Un petit peu triste :son chien Zoé resté (ordre d’Éliane !) à la maison. Remise de mon « À coeur de jour ». Rituel annuel au fond ! Me rendrais-je à 100 bouquins avant de lever les pattes !
Vu le « 24 poses » à la télé de ARTV. Effrayant portrait (en 24 poses) d’un pauvre petut monde sans horizon généreux. Réalisme qui blesse. Vérité crue qui me remue toujours. Le désastre des « gens heureux de si peu » ! Avec un moret dans la cave à la fin de ces dialogues de crétins. Oh la la ! Une dramaturgie « d’icitte » et pourtant pas si éloignée de celle des grands Russes. Les âmes en peine.
Dany Laferrière (il a une couverture de presse fantastique en ayant simplement rajouté 120 pages à un livre ancien ) chez Bazzo à Cbf.fm. Il dira : « Si la princesse Diana, morte dans cet accident, avait aussi tué, dans sa rutilante voiture, un magrhébin de Paris, elle devenait un monstre effroyable de sa Jet Set ». Vrai. Un fil sépare l’héroïnisation et la diabolisation. Le hasard. Il parle de la Monica à Bill Clnton. Il dit des choses étonnantes. Ah si on invitait parfois un écrivain aux actualités ! Mais non. Chacun son ghetto. Sur le 11 septembre, Dany dit : « l’Événemenmt important c’est le Proche-Orient depuis 30 ans, pas le 11 seulement ». Si vrai. Mais (contradictoire) il dit aussi que les actualités (politiques ou autres) ne l’intéressent pas vraiment ! Bizarre affirmation.
J’ai lu (où, où ?) que tous ces Cubains anti-Castro, se sauvant aux USA et faisant du démarchage pour faire durer l’embargo, sont d’ex-riches capitalistes cubains bien nostalgiques du bon vieux bordel antillais. Que Castro les a connus aux « écoles de petits bourgeois » de sa jeunesse. Que c’est ce vieux combat qui dure toujours. Que le pauvre peuple de Cuba doit payer les frais de cette antique « chicane de classes » du leur Leader Maximo. Horreur non ?
Laferrière parle de son retour de deuxième exil : Miami. Il va affronter l’hiver qu’il n’acceptait plus.
Émile Ollivier ( originaire aussi de Haïti) meurt dimanche dans la nuit. Crise cardiaque. Je l’avais un peu connu. Sobre, grand seigneur, prof instruit, rien du genre « cabotin joyeux » de Dany. Il a bien parlé du malheur d’être apatride. Disant —pas verbatim— qu’un exilé ne revenait jamais, jamais, de sa patrie originaire. Eh oui ! Et plein de monde autour qui ne supportent pas que nous parlions de la patrie que nous n’avons pas eu le malheur de devoir quitter. Ah ces déracineurs volontaires !
UnMardi, hier, je veux faire un petit tour chez Daniel, or, en roulant, distrait —je songeais à mon topo à livrer pour Chicoutimi-Radio— j’oublie sa rue Legendre et me retrouve à… Jarry sur Christophe-Colombn ! Bon. J’irai boire un café rue Henri-Julien à l’ombre de ma vielle église Sainte-Cécile. « L’Ambiance » —ex-snack-bar où on allait siroter un Coca-Cola, la messe trop longue— est un sympathique joli café. Deux jeunes filles écrivent, studieuses, sur des cahiers lignés. Romans à venir ?
Je lis un vieux « Voir ». Puis, je revois l’école de ma jeunesse rue De Gaspé. Cour d’école avec plein d’enfants d’immigrants, des gamins Noirs nombreux, pas un seul dans mon temps !, le site des Sourds et muets, rue Saint-Laurent, l’ex-Gare Jean-Talon… mon passé enfui quoi, et je rentre Chemin Bates.
Revenant de chez mon prothésistes à oreillettes, rue Fleury, arrêt chez Éliane, mardi : pas un chat ! J’ai la clé, besoin de pipi. Je monte voir les chambres…Oh misère ! Le carphanaüm habituel. Les portes se bloquent sur les fatras. J’admire l’aquarium géant du benjamin Gabriel : joliesse de ces eaux vertes à poissons rouges…et bleus !
Incroyable, mon amerloque grognon, Tod, sur un Mel. Popr marquer mon anniversaire, encore une fois, il me traîne dans la boue. Ça le démangeait ? Genre : « Falardeau, lui, pas un vendu, n’obtiendrait jamais une chronique au Devoir. Si vous l’avez, Jasmin, comprenez » !
Bien, j’ai compris que je ne suis pas un vendu car je suis assez certain de ne pas l’avoir !
Laferrière, lui, a annoncé chez Bazzo qu’il chroniquera régulièrement à « La Presse », le chanceux. Non mais quel « vendu » hen ? D.L. a dit que les sujets n’ont aucune importance dans les bouquins « que seul le style » restera …ou pas ! Drôle, je le voyais pas du tout en styliste appliqué. Cela, le talent ? Dany a vanté et « l’ambiguïté essentielle » et les contrats avec les gens. Il déplore ce Réjean Ducharme invisible, secret, réfugié loin du monde ! J’ai toujours aimé placoter avec lui (salons du livre), ce bon géant Noir est plein d’humour (chez Marc Labèche il fut cocasse), a un esprit caustique et souvent désarmant. Soudain il dit : « je déteste farouchement la familiarité. Parce qu’on aime ce que vous écrivez , on se croit tout permis. Il faut garder des distances sinon il n’y a plus vraie sincérité ». Je sais ce qu’il a voulu dire. Il y a des gens sans jugement là-dessus. Je l’aime et je ne serai pas trop familier avec lui, promis.
4-
Oh, courriel nouveau : promesse de Guy L. à CKAC. On me veut chez Paul Arcand le 20 décembre au matin pour « mon » rituel conte de Noël. Je sais déjà ce que je raconterai.
J’étais encore dans un cimetière lundi matin. Pas mal plus vaste que celui des Jasmin à Saint-Laurent. La SSJB de Montréal veut désormais joindre, à sa façon, le Jour du Souvenir, le 11 novembre quoi. Ne plus laisser aux fédérats seulement ce rappel de nos soldats morts outre-mer.
C’est correct. Il fallait entendre mon président Guy Bouthiller —excellent prof d’Arcand, il me l’a dit, en sciences-politiques jadis— faire un étonnant raccordement : si le Canada de 1942-43 avait été nazifié, il n’y aurait plus eu « d’indépendance du Canada » et, partant, cette idée d’un Québec indépendant n’aurait pu naître et croître comme elle a cru. Vive donc nos braves vétérans !
J’applaudissais intérieurement cet habile détour stratégique et fort amusaant. Guy parle avec enflure, un min-DeGaulle. J’aime ça. J’aime cette vielle rhétorique à ronrons bien tournés. Si je me retenais pas des fois…j’y recourrais volontiers. La peur du ridicule ? Je devrais pas me retenir.
Au pied d’une grande croix de granit, plein de petits soldats boutonneux, plein d drapeaux au vent, très violent lundi midi, du tambour qui roule, une trompette qui pleure « The last call », de la cornemuse…Mes délices, mon goût des parades comme du temps des « Corps de clairons et tambours » des écoles. Je me sentais bien, redevenu un gamin malgré la pluie, les sentier boueux, les feuilles mortes partout.
Et puis ces vrais vieillards en avant-scène qui me rajeunissaient, à béquilles, à fauteuil roulant, couverts de belles médailles luisantes. J’ai tant voulu ces médailles, écolier ! « Salut…! », me fit Bernard Landry me tendant la main lui qui venait de donner une opinion très actuelle : pas de guerre sans l’aval de l’ONU, jamais la guerre si possible. J’étais fier de mon Premier ministre. Une fillette distribuait des colliers à fleur de lys marquées ‘Je me souviens ». À mon côté, une vieille « kouak » en uniforme kaki, médaillée, fit un « non » vigoureux à la distributrice, « une anglaise « me dis-je. Non, elle causa français avec le fils de feu le célèbre héros (campagne d’Italie), le Général Dollard Ménard, le seul haut-gradé de l’armée « canadian » à inviter, en 1980, les gens à voter « oui » à notre patrie. Il en a payé le prix !
Rigolo d’observer les quatre caméras des quatre réseaux, au coude à coude, bien collées, filmant tous… la même chose !
5-
Un lundi soir formidable. Tout petit restau ( La forchetta rue Laurier, « apporter vot’vin ») loué pour l’anniversaire de l’épouse de feu le fameux comédien Georges Groulx, Lucille Cousineau, « fille » du père Legault. 80 ans et en forme splendide ! Vint-cinq convives —dont l’amie Françoise Faucher, Hughette Oligny, Gilles Pelletier, Gabriel Gascon, Gérard Poirier, etc.— qui font de joyeux drilles. Piano loué, vieilles chansons françaises —reprises en chœur tonitruant— des fleurs en vingt bouquets différents, de brèves adresses. Que de rires joyeux ! Un souper hors du commun. Reconduisant Lucille à son chic « Sanctuaire », au bout de la rue Lajoie, Aile et moi avons les bras « fleuris » surchargés. Le concierge tout étonné de tant de bouquets veut actionner deux ascenseurs !
Le lendemain —gras « osso bouco », vin rouge de trop— pas trop en forme pour aller jaser « racines » à « Tous les matins », croyez-moi. La maquilleuse : « Vous avez les yeux petits à matin ! » Moi : « Oui, agrandissez-les moi sioupla ! »
6-
Samedi soir dernier, fameux film à Télé-Q. « Magnolia », signé Paul-Thomas Anderson, trois heures au moins. Du vrai Altman, avec du chassé-croisé étonnant, des liens qui se tissent peu à peu. À la fin, réunion étonnante d’un lot de protagonistes. Je reverrais volontiers ce film. Le louer un jour au vidéo-club du coin. En conclusion de tant de misères humaines, soudain, une pluie de…grenouilles. L’effet visuel est effroyable. Plaie d’Égypte en Californie ! Ah oui, ce « Magnolia » , classé « chef d’œuvre » exagérément reste un film vraiment hors de l’ordinaire. Et pas de ces pubs maudites aux huit minutes ! Youopi !
Dimanche, Daniel Marleau, se fait volontiers mon vaillant consolateur (ma tristesse de samedi quand je ne déniche pas une seule ligne dans les cahiers des gazettes-livres pour annoncer la sortie du tome 1 de mon journal). Celui-là, envie de le nommer Président —à vie— de mon fan-club…qui ne compterait qu’un membre, lui, Marleau.
Retour de l’École-Bouffe. J’y suis allé cum pedibus. Quatre rues…mais souffle court. Que des gâteaux ! Pris une tarte pas trop sucrée. Aile ne dit rien. Hâte de descendre à « son » souper et… au dessert ! Je suis en manque. Descendons. On ferme ! On ferme !

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