DÉBATTRE D’ABORD ?

Indépendantistes, libéraux ou conservateurs, peut-on être à la fois pour Landry et pour Parizeau ? Le bon « vieux Brière » et ses supporteurs enrageront, et tant pis, il semble à plusieurs (de mes entourages) que le jeune (!) Bernard Landry a bien prouvé ses capacités de chef de parti, à bien montré ses talents inouïs, a fort bien démontré qu’il serait un fameux chef lors d’une prochaine campagne électorale québécoises. Il est resté jeune, c’est tout à fait clair. Demandons-lui de mieux examiner calmement, avec les délégués-membres du parti, n’importe quel un sujet de débat, lors du congrès d’orientation du début de 2005, dans cinq mos quoi.
Jacques Parizeau a expliqué —avec claires raisons— que « la donne » référendaire est pipée. Qu’un autre référendum entre Québécois sera encore faussée. « Partie pas jouable », a-t-il dit dans La Presse. Vrai. Très vrai. Une loi québécoise (limite de 5 millions en dépenses) sera bafouée de nouveau par Ottawa anxieux. Et, ainsi, on se retrouverait, une fois de plus, plus ou moins proche du vain 50-50. Ce sera encore l’impasse face aux gigantesques fonds fédéraux —propagandes et commandites à gogo à coups de millions de piastres. Que faire, dirait Lénine. Débattons-en. Un débat (en congrès démocratique ) n’a rien à voir avec les trop pressées condamnations d’arguments, de propositions de solutions.
« Ça divisera… » dit le peureux prudent. Pis ? Il y aura vote. Avec, forcément, une majorité, mince ou grosse. Sujet de discussion démocratique: pour ou contre une élection référendaire suivie d’un référendum sur une constitution québécoise. « On passe au vote », dira le président d’assemblée après les discussions. L’on devra se rallier à une majorité. L’Important est d’abord d’en débattre entre militants, non ? Le chef d’un parti se doit de batailler pour la solution votée en un tel congrès. Et cela, sans faire ni menace, ni « chantage à la démission », ce que le regretté René Lévesque fit deux fois, hélas ! S’il me venait une forte idée (à moi ou à quelqu’un d’autre) et que je l’expose sur deux pages dans La Presse, est-ce que le chef du parti va  » l’écrapoutir » avant le congrès ? Ce serait fort décevant. Bernard Landry a le rôle précieux d’un chef ouvert à toutes les idées, à toutes les suggestions, à tous les membres d’un congrès. Certes il aura le droit, comme tout le monde en congrès, d’exposer son avis sur le projet élu. Une voix égale à celle des autres délégués, bien entendu avec le poids moral du chef. Mais tenter de condamner à mort une proposition pas encore débattue convenablement (donc avant le congrès) serait une bêtise, un déni de démocratie ouverte.

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