« WHAT’S IN A NAME »

Oui, quoi donc ?, proclamait ce titre du « grand Bill » alias William Skakespeare. On sait tant de jolis patronymes qui étaient des sortes de sobriquets parmi les soldats envoyés (régiments divers) au Québec : les Laflamme, Lafleur, Laverdure, Laviolette etc. Ce « Jasmin » marquait des Caillier (ou Cahier, ou Cailler), du régiment de Callière, venu après celui de Repentigny. On «porte » un nom (sa croix à porter parfois), dit l’expression commune. Héritage involontaire et certains patronymes étaient- sont accablants, on le sait. Certains en changèrent très officiellement tant ce nom les ridiculisait : des Cruchon, des Labine, des Cocus, etc.

Est-ce courant, commun, mais le hasard a fait que j’ai toujours croisé des noms parfois étonnants. Enfant, mes copains de Villeray se nommaient Malboeuf (Tit-Jacques), Deveau (Roland), Moineau (Tit-Gilles), Lebeuf (Jean et PierreJ). Que de braves bêtes dans ma ruelle ! Imaginez alors nos horions ricaneurs : « Salut Le Veau », « Bonjour Gros bœuf », etc.

À Pointe-Calumet, l’été, les copains —curieux hasard— avaient pour patronymes, St-Onge, St-Charles, St-Cyr et St-André. À se croire en paradis ma foi ! Pourtant pas toujours des « petits saints » ! En cette villégiature populaire vivaient aussi, voisins, amis de ma mère, madame Maréchale, une femme forte et dominatrice, Cherubina S., une laide Italienne, mademoiselle Orifice (sic), une « vieille fille » surnommée « Dutrou » par papa-moqueur et ce Monsieur Surprenant (sic) qui l’était, osant draguer ma jolie maman, lire mon « Enfant de Villeray ». Aussi il y avait ce raide (Capitaine dans la police) M. Lafleur, fou de roses trémières (!) et de « law and order ».

Plus tard, étudiant en beaux-arts, des amis avaient pour noms, Lafortune (Roger), Lajoie (Roland), Labonté (Michel) et Lalumière (Guy). Ainsi va la vie, ainsi va le sort qui vous affuble d’un nom sans vous demander votre avis. Dans ma « petite patrie », Saint-Denis angle Jean-Talon, des marchands, involontairement cocasses, affichaient des noms comiques. Ainsi madame Bouré et sa boutique de « corsets et brassières », madame Larose, la fleuriste du coin, sans oublier cette madame Lalongé., du très fréquenté magasin « vêtements pour enfants » ! Qui, un jour, placardait sa vitrine d’un « Madame Lalongé s’agrandit » ! Et, en petits caractères : « Surveillez bien son ouverture ». Vrai ! Ah les patronymes drôles ! Comme ce monsieur T. Sansregrets , oui, oui, rue Hochelaga, « salons mortuaires ». Ou ceux de M. Guay ! Ou encore, ce docteur monsieur C. Attendu, un gynécologue du boulevard Pie IX !

Des auteurs se sont amusés à garnir de noms étonnants leurs personnages et pas toujours pour faire rire. Un petit bouquin fort divertissant serait à rédiger sur les trouvailles des grands, Hugo, Zola, Balzac. Même dans nos feuilletons populaires ( à la radio de jadis ou pour notre télé ), des scripteurs se forçaient les méninges, du prolifique Grignon, mon ex-voisin adèlois, à Mia Riddez, à Georges Dor avec ses gens, Pinson et Moineau.

Un enfant vient au monde, yeux en noir ou en bleu, cheveux rouges ou châtains, il devra porter (supporter parfois ) un nom et cela va l’identifier résolument. Parfois « faussement » symboliquement. Un M. Boucher sera chirurgien ou sergent de police. Un certain M. Sergent sera, lui, boucher-épicier. Un Saint-Georges mue en un tueur enfermé dans un pénitencier, un certain monsieur M. Vandal sera pourtant conservateur de musée ! Et une certaine mademoiselle Lavertu deviendra tenancière de bordel dans le Red Light. On a vu ça !

Claude Jasmin, été 2006 - photo Marc Barrière
Clin d’oeil de Jasmin

4 réponses sur “« WHAT’S IN A NAME »”

  1. Bonjour
    Je vous présente des amis,les familles
    Labelle Binette/Desjardins Fleury/Dupont Davignon/Jetté Lapierre/
    Morand Voyer/Hétu Guay/Lemoyne Allaire/Tétrault Cauchon/Legros Rathé/
    Legrand Brulé/Boileau Desfossé/Sanschagrin D,Amour/Lebeau Fyfe/
    Laporte Barré/Beausoleil Brillant/Leboeuf Haché/Viens Sansregret.
    Avec un bonjour rieur
    Réjeanne B

  2. j’ai aussi entendu ceux-ci: Ruth Ouellet, Marin Gouin. Et tout simplement le mien: Sylvain Boisvert ( dans le Larousse sylvain signifie génie protecteur des bois…)

    Il est toujours aussi intéressant de vous lire M.Jasmin, vous dégagez un véritable parfum vivifiant…
    p.s. pour vous avoir entendu à plusieurs occasions quand je vous lit j’ai votre voix en tête, c’est cool…

  3. Vos noms m’ont fait bien rire monsieur Jasmin, j’ai bien l’impression qu’on y avait pas pense beaucoup avant de les donner!!!!
    Et puis votre photo en passant…………….hum! que c’est beau l’ete, toujours un p’tit pincement de coeur quand on commence a sentir l’automne!!A la prochaine!

  4. C’est délirant! Je suis tellement heureux d’avoir trouver votre site. Je travaille présentement sur un sketche humouristique qui porte sur des noms comiques. Je connaissais deux frères qui portaient les noms Alex et Alain Terrieur. Mon père se nommait Yvon Messier. Trois de ses oncles ont perdu les jambes au Polio.

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