DÉFENSE DE DENISE BOMBARDIER

Pas facile de caricaturer sans exagérer. Les facéties du « Bye Bye 2008 » veulent faire rire et sont bien cruelle à l’occasion avec ces revues burlesques.

Qui signe dans ces ouvrages ? Véronique Cloutier ou Louis Morisette, son époux. Ou des engagés. Avard-bougon ou Mercier-gros-con ? Léger ? Qui encore ? Veut ou veut pas- on se livre davantage qu’on croit… pas du tout neutre. Freud l’affirme : Qui s’exprime, écrit, se livre ! Auteur d’une fantasmagorie ou d’un simple polar. Alors qui démasquer face à l’invention turpide d’une  Denise Bombardier névrosée, à quatre pattes à terre, léchant les souliers de Céline Dion ?

Qui ?  On projette…ce que l’on est. J’éviterai les ordinaires critiques sur ce show rituel. Je veux souligner un fait qui dépasse le niveau de l’opinion. Souligner l’abus d’un niais cliché, l’usage immodéré d’une fausse image : « Denise Bombardier est chiante, est « fraîche », b’en « stock up », insupportable d’intellectualisme, réactionnaire et méprisante…on continue ?

C’est tellement faux pour qui la connaît le moindrement. La Reine  n’est pas ma cousine et Denise pas davantage mais j’affirme  qu’elle a un humour hors du commun et est fort capable d’autodérision, croyez-moi. Pourquoi si souvent ces attaques ad hominem? Je vais vous le dire. Denise B. est une québécoise qui se désole de l’actuelle  -toujours relative-décadence.  Avec raison. Elle a la chance -et les envieux en bavent- de pouvoir  exprimer sa désolation à de puissants réseaux populaires, tels TVA ou à la radio 98,5. Aussi dans Le Devoir. Ses reproches sont motivés. Combien sommes-nous, accablés par le laxisme, le laisser-aller ? Pénible cette permissivité qui nous diminue collectivement… si cela enrichit des scripteurs déboussolés. Des noms ? Bof !

Ex-garnement, assez ex-voyou, dans Villeray, je ne suis pas sans péché. Pour les démagogues flatteurs, cette fière Bombardier qui proteste et s’insurge, est une vilaine « pisseuse » puritaine, une empêcheuse de péter et de roter en rond ! Pour ces drôles quiconque  cherche à s’améliorer, à évoluer, à grandir culturellement est un réactionnaire, un minable de droite, un renieur du Québec « si tant naturel ». Niaiserie des flagorneurs populistes et fort payante.

Veille du Jour de l’An, parodie navrante : Denise Bombardier, vautrée, suce les escarpins dorés d’une chanteuse célèbre. Quelle qualité de rire ici ? Car on peut, à la fois, rire et  avoir honte de rire bien souvent, pas vrai ? Voyez la raison de cette fine caricature : «  l’auteure populaire, D.B.,  écrit en ce moment une étude, un essai, sur la vedette mondiale. » Eh b’en, pis ? Ce sketch d’abruti (signé Avard, Mercier, Morissette, Cloutier ?) n’est pas une médisance mais une calomnie grotesque.

Les faits ? Céline Dion, la plus grande chanteuse populaire en Occident, vient d’ici, du Québec. Un tel auteur aurait bien  pu lui arriver de New York ou de Paris, de Los Angeles, non ? Pas vrai ? Pourquoi pas Denise Bombardier car entre celle qui vient du quartier Villeray et celle qui vient du village de Charlemagne, il y a évidemment des tas -de grands lots- de chauds points communs et cela donnera au monde entier un bouquin bien plus captivant que « Céline racontée, étudiée par un auteur de Berlin. Ou Madrid. Vrai ?

Alors ? À quoi rimait ce sketch du мебели« à quatre pattes » et « en suceuse de souliers, méchanceté? envie ? Illustrer cette prometteuse collaboration en laissant entendre un agenouillement crapuleux est une vision-de-con ! Aucun écrit n’est innocent, MM. Avard ou Mercier. Montrer à une revue-télé ultra populaire « une » qui se traîne aux pieds de la star relève d’une niaiserie sans aucun rapport avec les actualités.

Une écrivaine, très célèbre intervieweuse, rédige un livre sur sa « très illustre » compatriote. C’est correct. Qui a eu besoin de réduire ça en illuminée complaisante ? Dès 1935, feu-Fridolin montrait qu’une personne du Québec qui réussit… devient une salope, une vendue, une intrigante à quatre pattes.

5 réponses sur “DÉFENSE DE DENISE BOMBARDIER”

  1. Parfaitement d’accord avec tes propos. Denise B. est une de mes idoles, en littérature et/ou comme personne.
    Mais quand tu dis : Qui écrit se livre !.. je me demande si ça va jusqu’aux blogues ?
    Si oui, je me livre, tu te livres, on se livre !
    Ça devient gênant ! (Ce doit être pour ça que l’anonymat est si populaire…).

  2. Ils ont baffoué votre Denise et vous voilà tout à l’ envers. Moi, ils ont puisé si bas leur supposé humour ( nous ne devons plus en rire maintenant ) que j’ en veux aux coupables, les signeux de chèques en blanc. Les ti-comiques ont lancé leur ligne et ça a mordu, point’ à la ligne. Les directeurs ne font pas la différence entre les Ciniques ou RBO et ces nobodys irresponsables. C’ est dans les gestionnaires des programmes qu’ il nous faut tirer à boulet rouge.
    J’ avais eue un présentiment la fois où Avard est passé à TV pour en parler ; tout mal foutu, regard et paroles évasives d’ un faux itinérant à la mode. Je déteste énormément l’ imposture.
    L. Lefebvre, Joliette

  3. J’aime DENISE BOMBARDIER et j’aime MICHEL JASMIN, toutefois …
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    Cher Monsieur Jasmin,

    J’ai beaucoup d’estime et de respect pour madame Bombardier. Toutefois, j’ai souri à ce clin d’oeil lors du Bye Bye. En effet, dans le cadre de la rédaction du livre auquel vous faites référence, madame Bombardier, sur les ondes de TV5, a rencontré madame Céline Dion. Pour la première fois, j’ai vu une Denise Bombardier totalement obnubilée par sa vis-à-vis ; je ne la reconnaissais plus. Ce qui n’enlève pas à madame Bombardier toutes ses qualités, mais qui nous a montré son côté « groupie », elle qui est, par ailleurs, si rigoureuse. Ce ne peut être que ce moment que les auteurs du Bye Bye ont parodié, et non « l’ensemble de l’oeuvre » de madame Bombardier.

    Marc Labrèche s’est bien amusé de cette entrevue et l’a aussi caricaturée. Personne ne lui est tombé dessus. Au contraire.

    Bien sûr, cette année, il est de bon ton de « bitcher » le Bye Bye. Qu’est-ce que cela peut bien projeter ?

    H.N.

  4. Mr Jasmin, j’aime vous lire de temps en temps mais je dois avouer que votre texte-ci qui se veut l’avocat de votre amie Bombardier n’a rien de percutant(juste pour être poli), comme on dit je peux vous donner raison dans l’autre sens car les goûts sont dans la nature concernant cette blague. Votre amie qui se veut professionnelle, objective et rigoureuse en entrevue change complètement lorsque que c’est Céline qui est en face d’elle, le relever et ensuite en rire n’est pas dramatique Lorsque votre amie Bombardier fustigeait les humoristes sur leur niveau de language c’était ben! ben! correct, et lorsque le rôle est inversé comme bye bye l’a bien illustré… là! tout d’un coup ce n’est plus correct. J’ai l’impression que le bye bye a bousculé l’intouchable intelligentsia Québécois et cela dérange tellement qu’il faut s’entraider entre intellectuels pour ridiculiser à gros coups de verbes pompants les « nouveaux attardés » comme les Avard, Mercier.
    La dernière réligion qui s’en vient c’est celle des bien-pensants, ça s’en vient à 165km/h.

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