« POURTANT ELLE TOURNE », m’sieur Galilée ?

On a eu une sorte de canicule ma foi. Tant de jours de chaleur…quasi torride. Avec cette humidité lourde difficile à supporter parfois. Pourtant, jeudi, soulagement, ce jour-là, du vent. Bienvenue ! La veille, mercredi, petit souper à deux cœurs qui s’aiment, chez m’sieur le maire, rue Valiquette.

« Des moules et puis des frites » comme chante Jacques Brel. Bien bonnes. Le soir descendait. Ou il monte le soir, je n’sais plus ! Vin blanc. On sirote. On voit la rue qui s’anime. Marchant vers la rue Morin, des jeunes gens affublés de fleurdelisés —parfois avec capes, chapeaux, maquillages aussi— rient, se bousculent, parlent bien fort.

Là-haut, bientôt, au parc amphithéâtre Cardinal, ce sera la fête. Musiques et chansons. Animation. Et, à la fin, le classique bing bang, les artificiers du parc voisin.

Je disais donc « soulagement » le jeudi matin, lendemain de cette Saint-Jean adèloise.

V’là le bon vent ! V’là le joli vent ! Oh la la ! J’observais les nuages qui filaient à vive allure et c’était d’une beauté rare. Se sentir comme en croisière sur sa galerie !

Il y avait juste devant ce firmament bourré d’ouates célestes, un deuxième vif mouvement. Les nuages filaient de droite à gauche (d’est en ouest) et,  plus bas, un autre fort mouvement, celui-là  de haut en bas. C’était les longues branches des épinettes qu’agitaient ces fougueuses forces éoliennes du jour.

Plus près de moi encore, un troisième mouvement : le balancement des corbeilles à fleurs. Je ne vous mens pas, j’étais saisi, j’étais amusé, j’étais éberlué. Et même un peu déboussolé. Le paysage si mobile. Me voilà comme envahi d’instabilité et, à la fois, ravi. Je me suis souvenu du savant à lunette savante qui, menacé de mort, murmurait : » Et pourtant , elle tourne ». Ce beau jeudi, moi, le fou du vent, j’étais servi. Je n’en revenais pas, sur trois plans, tout bougeait. Vastes nuages, immenses feuillages d’arbres, paniers de pétunias suspendues… Quelle merveille ! Ô Galilée, pardonne aux mécréants de ton temps ! Oui, tout bouge, cher grand homme, tout tourne, tout s’agite et tout vit. J’en avais comme une envie de rire, c’était si beau au ciel et sur terre. Spectacle grandiose. Sans artificiers-bing-bang ! Sans musique « toc-rock », images d’une nature se déployant librement avec bruit d’ailes. J’étais, fou comme un balai, oui, fou.

2 réponses sur “« POURTANT ELLE TOURNE », m’sieur Galilée ?”

  1. Ah! l’été, l’été, comme c’est bon et doux!!!!
    Votre dernier texte était tellement beau et paresseux………….la paresse tranquille des journées chaudes……………..ça fait tellement de bien!!!
    bonne journée!!!

    ;o)

  2. J’aime mieux les artificiers du ciel que ceux qui allument des fusées faites en Chine et qui polluent l’atmosphère !
    Vive les éclairs et leur tonnerre bruyant et spectaculaire !

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