CRÈCHE DE NOËL

Québécois, le christianisme fait partie intégrante de notre patrimoine culturel. Enrageant pour qui ? Pour quelques militants  « intégristes », irréligieux fanatiques. Bof, la caravane des croyants, comme celle des ex-croyants sensibles, se moquera de ces chiens hurleurs, non ? Catholiques québécois, sans honte niaise, résistons, levons-nous pour défendre notre héritage chrétien. Il y a bien plus laid, plus honteux, ailleurs dans le monde. Pour seul exemple, imaginez la douleur d’être descendants d’Allemands nazis, ou de Français collaborateurs volontiers du nazisme. Pas vrai ?

Comme tant des nôtres, je ne fréquente plus nos églises. Dans mon cas depuis un demi-siècle, ça empêche pas d’assumer notre passé religieux et même d’y conserver une nostalgie de bon aloi. On peut, sans adhérer à un dogme —à une gnose catho « romaine »—, d’apprécier des signes visibles de cet héritage. Ainsi, la crèche. J’y suis sensible à cette belle image d’un enfant-messie né dans une étable de Bethléem. Des savants chercheurs nous apprennent qu’il y a là une pure légende, comme un conte de fée. Ça se peut bien.

Une part de mythologie meuble toutes les religions, du prince indou, Bouddha, au cavalier militariste sanguinaire, le Jésus de l’Islam, Mahomet. L’être humain restera toujours sensible aux créations des grands poètes. Il m’arrive, ô Goethe, de croire à son diable Méphistophélès  ( dans Faust !) et à son diabolique pacte signé de sang. Fou hein ?

Chez moi, enfant, mon père interdisait l’arbre de Noël. « Danger d’incendie et, surtout, paganisme ! » Il insistait :  « Noël est l’anniversaire de la venue au monde de Jésus ». Devenu ado, je l’ai obligé à me laisser acheter au Marché Jean-Talon voisin, « un beau sapin »  ! Il bouillait…Chaque dernière semaine de décembre, papa nous laissait collaborer à  sa vaste installation d’une formidable crèche de Noël étalée tout du long de la fenêtre du salon. Fallait sortir du hangar le lot de papier-rocher, les paquets d’ouate et, bien entendu, les personnages : le bébé dans son ber de fausse paille, bambin blond aux yeux bleus, rien de bien sémite.

Nous avions une Marie bleue et un Joseph brun, des angelots avec ou sans trompette, des bergers et leurs moutons brouteurs. Pour les trois rois venus en pèlerinage, mon père installait (eh oui !) de statuettes importée de Chine. Il avait tenu commerce d’importations avant d’ouvrir son caboulot de La petite patrie, voir mon récit « Chinoiseries », (publié chez vlb). « Une installation » n’ayant rien à voir avec celles des concepteurs avant-gardistes. Un jour, le curé Lefebvre de Sainte Cécile, décida de monter une crèche vivante sur le parvis, rue De Castelnau, avec des personnages joués par des paroissiens…pas frileux. Foules aussitôt et ce fut un dur coup pour la popularité de la crèche d’Édouard Jasmin !

4 réponses sur “CRÈCHE DE NOËL”

  1. La nostalgie de Noel nous vient en vieilissant ;que nous ne voyons plus ses réjouissances avec nos yeux d’enfant.Bon ben .permettons-nous en cette période des Fêtes de voir avec les yeux et le coeur d’un enfant,cela n’est pas interdit encore malgré les pressions sociales de notre vie d’aujourd’hui.

    Joyeux Temps des Fêtes M. Jasmin à vous et votre famille.
    Longue vie à vous et garder votre fougue habituelle.
    Merci
    Alain Bouillon

  2. Claude Jasmin ouvre une fenêtre parfois grinçante, parfois troublante mais toujours joyeuse, sur des images d’une époque appartenant à mes parents. Images de Villeray surtout, images de grosses familles, de tricotés serrés, de froid cassant et de patinoires de fond de cour. Les bondieuseries d’hier, comme autant d’épouvantails brisés et de cauchemars d’enfants dégonflés par l’arrivée du jour, sont évoquées et décrites par le menu détail avec amour et chaleur. On en vient à regretter un temps que l’on a pas connu. Claude Jasmin est le gardien d’un temps révolu. Je le fréquente en le lisant avec nostalgie. J’aime à me rappeler mon costume d’enfant de coeur et l’encens qui m’étourdissait et me donnait la nausée pendant que monsieur le curé récitait le chemin de croix du vendredi soir. Il faut lire et relire Jasmin, il n’est pas romancier, il est historien; un historien qui nous raconte l’amour de nos familles et l’amour de notre pays. Merci Claude Jasmin.

  3. À M. Claude Jasmin Dans le fond, si j’ai bien lu, vous
    regrettez, comme moi, le côté magique et spirituel de ce temps des
    fêtes. La religion fut un besoin primordial et essentiel dans
    l’histoire de l’être humain. Pour prouver cette déclaration, basons
    nous sur le »croie ou meurt » de l’inquisition. Nous supposons, avec
    foi, que les inquisiteurs étaient les moins barbares de l’époque.
    Peut-être que la religion est encore un besoin pour certains. Pour
    ma part, l’église temporelle est une entreprise commerciale. Nous
    n’avions pas le droit de copier des images saintes et nous
    comprenons pourquoi. Monopole. De toutes façons, Noël, par habitude
    ou non, nous prédispose à la réflexion sur l’amour dans le
    monde….Hum! Enfin sur ce qui en reste!

  4. Bien d’accord avec vous, Monsieur Jasmin, mais, est-il nécessaire verser dans la haine des autres religions? Cette fois-ci l’Islam, en d’autres temps les Juifs. Les fanatismes religieux se nourrissent entre eux. Nos enfants et nos petits enfants méritent mieux que cela…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *