SUR JUSTIN TRUDEAU | SUR LE KOSOVO LIBRE !

Le fils-Trudeau dans un hebdo d’Extension-Park, méprise publiquement -ça y donne des boutons- le mot « nation ». Selon le reporter Bellavance (La Presse) Trudeau-junior déclare : « Nation, c’est une réalité dépassée depuis les années 1990 ». Quel con, justement, depuis 1990, la chute du soviétisme, surgissait une très longue liste de nations se débarrassant de la fédération nommée URSS.Victoire toute récente ? Les Kosovars dans les Balkans. Sans oublier toutes les nations qui se débarrassaient des colonialistes en Afrique depuis la fin de la guerre 1939-1945. Intelligent, Harper, chef des conservateurs n’a pas craint ni le mot ni le fait. Quel zéro, quel cancre en géopolitquece le p’tit Justin !

En un certain congrès, l’aspirant-chef, Ignatieff, acceptait le mot « nation ». Mais pas Steph Dion. L‘establisment libéral-contre toute attente- ouvrit les bras à l’inapte Dion. Ce bonhomme très probablement battu par Harper aux élections qui s’en viennent, il faudra que les Libéraux se dénichent un nouveau chef. Éliminé dans Papineau, l’innocent Justin s’en ira où ? En Ontario ? En British Columbia où il n’aura plus à s’énerver du mot nation car, en anglais, le mot devient subitement merveilleux. Cela se nomme Canada Nation Building.     

« Qui sont Québécois, seulement les de souche ? », se questionnait le fils de Pet. Bon. Des Maka Kotto, tant d’autres, vont lui répondre. Il s’interrogeait encore: « Cette notion de « nation » exacerbe trop les différences. » Qui souhaite la conformité ? Chaque citoyen est différent des autres, c’est formidable. Souhaite-t-il la meute des « semblables », des « pareils », des « mêmes » ?

 Au delà des caractères, des personnalités -et à part nos demi assimilés volontaires, amateurs de ghettos et profiteurs des divisions ethniques – il y a un grand nombre de « nouveaux venus » qui se voient membres à part entière de la nation québécoise francophone. Ils font bien de s’intégrer intelligemment à nous tous, 84 % de francophones.

À ce rouge congrès, l’aile orthodoxe s’est fourvoyée, les mots du reporter Bellavance. En beau maudit contre les mots « nation québécoise » et donc contre Ignatieff, l’aile a commis une trafique erreur. Leur chef nul, stagnant dans les sondages -de là, ces jours-ci, ses calculs et hésitations honteuses- craint l’abattoir aux urnes, avec raison. Harper réélu, au prochain concile des Rouges ce sera enfin l’admission du mot maudit. Et l’élection du Ignatieff, chef autrement plus charismatique. Élections donc à la mi-2008, oui mais le kioute Justin pourra-t-il calmer sa niaise frousse du mot en question ? L’Ignatieff discret, prudent, se trémousse déjà de hâte et on  verra donc -une « première » depuis Pet et Chrétien- un chef Libéral qui ne craindra ni le mot ni la chose.

Porte-parole du chef Harper, Dimitri Soudas, fustige ce Justin-anti-nation : « Avec lui, déclare Soudas, se poursuit l’attitude méprisante, trudeauiste, envers les Québécois. » Tel père, tel fils ?  Harper a dit, depuis son acceptation du « vilain » mot et cela jusqu’en Australie : « Je contribue à « l’Unité nationale ». Quoi ? Nationale ? Laquelle des deux nations car il a reconnu la nôtre ? Qu’il utilise alors l’expression « Unité fédérale ». Si Harper admet qu’il y a « deux nations » en cette fédération, il faut changer les étiquettes, c’est le mot fédéral -et non plus national- qui doit chapeauter les institutions fédérales car le Québec a ses propres institutions.   

Les mots ont un sens, oui ou non ?

Bon. En attendant de voir ce changement sur les plaques de bronze, regardons bien aller ce Justin : ou bien il va devoir accepter de faire face à une réalité incontournable, la nation québécoise… ou bien il va s’enfuir loin de cette nation, mot qu’il maudit.

J’y reviens, où ira-t-il faire carrière, en quelle contrée niveleuse ? À Moscou, à l’ombre poutineuse de l’actuel Kremlin, aplatisseur des Tchétchènes et autres nations ? À Belgrade,  auprès des Serbes négateurs du Kosovo libre ? À Edinburgh (Écosse), avec de ces louches loyalistes combattant les patriotes ? À Bruxelles, collaborateur des Wallons, nerveux  francophones effarouchés par le normal nationalisme flamand ? À Madrid -méfiante des Barcelone libres- à Madrid où l’on vient de dire « non » au fier Kosovo libre ?

Pas facile de nos jours de se dégotter un nid fédéraliste. Voilà ce qui arrive à ces déracinés volontaires, à ces apatrides consentants. Sans cesse -gens des 195 nations de l’ONU- faisons enrager ces petits cons mondains se disant sans racines et « citoyens-du-monde », petits-bourgeois étripés et fiers d’être sans patrie ! Écrions-nous « vive les nations ! »  

        

           

        

MON CHAT ET SA MARMOTTE !

Nouvelle série -Les belles histoires laurentiennes qui illustrent la « ma vie de par ici » et qui seront publiées dans le journal La Vallée.

(à monsieur Jean de Lafontaine)

L’hiver, mon gros chat-tigre ne vient plus guère roder chez moi. J’écris « mon » chat mais c’est une bête qui ne m’appartient pas, sauvageon félin qui surgit en jouant le fauve-à-la-chasse. Il n’a rien du « pet » aimable que l’on cajole. Je le sens misanthrope. Si je l’appelle, « minou, minou… », aucune réaction ! Mon chat symbolise d’évidence l’indépendance, la fierté des chats. De ma petite grève du lac, ou de mon haut balcon, je le vois presque chaque jour qui s’amène avec une auguste lenteur. S’il m’aperçoit, il ralentit ses pas calculés d’un carnassier à l’affût. Il hésite puis continue sa traque mystérieuse. Il lui arrive d’émettre quelques grognements alors je l’ai donc baptisé « Valdombre », en mémoire du farouche pamphlétaire, C.-H. Grignon, mon ex-voisin.

Valdombre se tapit dans mes haies, guette l’oiseau mais s’en retourne bredouille le plus souvent. Un jour je le verrai pourtant avec un mulot gigotant dans la gueule. Un autre jour, voilà mon Valdombre grimpé dans mon vieux saule. Pensez-vous qu’il appelait « au secours », non, juché à un carrefour de grosses branches, tête en l’air, il reniflait un joli merle, qu’on dit rouge de gorge, occupé à sortir quelque larve friande d’une écorce. Ayant voulu l’aider à redescendre de son perchoir, pour la première fois, je l’avais mieux vu, ouash !, pelage tigré tout déchiqueté, la queue mal en point, les oreilles écharognées, un œil plutôt amoché.

LES CHATS DE RUELLE !

Je découvrais un de ces chats-marcoux du temps de ma « petite patrie » et je me suis souvenu de nos cruelles « chasses aux chats » à coups de manches-de-moppes.

Ratissage, battues soutenues par nos parents : « Chassez-les, faut nettoyer la ruelle de ces « chats puants sans colliers ! » Remords, je souhaitais maintenant soutenir mon Valdombre-sur-saule, mal pris. Voyant mon bras tendu, Valdombre au pelage magané fit un saut étonnant, dédaignant superbement ce Saint-François d’occasion. Revenu sur le plancher des vaches, mon vieux poilu traversa le terrain des Boissonneau puis celui des Ouellet pour disparaître dans les herbages de ma lointaine voisine, Nicole Savard. Ira-t-il plus loin ? Jusque chez Jodoin, dépassant le domaine des Laniel, aboutissant aux condos-Villa Major ? Bête libertaire au vaste territoire.

Ses longs guets chez moi se déroulent le plus souvent en fins d’après-midi quand le soleil se dérobe derrière le Mont Loup-Garou. Une fois je le vois de très bon matin, dos courbé, toujours prudent, reins arqués, la patte chercheuse, le museau fouineur. Une proie ? Derrière un bosquet de jeunes sapins, soudain, paf ! Un saut griffu, éclatent des lueurs bleues et blanches parmi des ailes affolées ! Un geai bleu agonisa. Sachant ce bel oiseau prédateur des nids des autres, je m’en console.

D’OÙ SORT-IL , OÙ VIT-IL ?

Le saurai-je une bonne fois ? Valdombre est mon « sans-abri », vieux fugueur, mon délinquant. Valdombre est ce qui reste de « sauvage » dans notre nature peignée, arrosée, trop entretenue, il va de pair avec nos rats musqués d’un muret pierreux voisin, avec aussi ce grand héron gris, ou mes quelques canards « épisodiques ». Ou encore avec cet orignal qui nous rend visite certaines aubes automnales, venu s’abreuver au Lac Rond. Noble faux-tigre, indépendant raminagrobis, je l’imagine descendant mythique du chat « vénéré » en Egypte antique !

Viendra pourtant, fin de cet automne, une révélation. Que vois-je en un certain crépuscule ? Valdombre, face à face avec un gras siffleux, notre familière dodue marmotte, qu’on a surnommée Donalda. Qui a ses appartement souterrains chez mon voisin. Je fige ! Verrais-je un funeste combat ? Non, rien, Valdombre se frotte le museau au museau de Donalda ! Et puis, pfitt !, je vois, ébahi, le couple enjoué, qui disparaît dans le terrier de la marmotte ! Fera-t-il une sortie barométrique au printemps, Valdombre hiberne-t-il tout l’hiver ?

UNE FAUSSETÉ RÉPANDUE ?

Tourbillon futile que l’enquête à propos d’arrangements, commandée pour n’avoir pas voulu courageusement légiférer sur la laïcité de l’État.  Pleutre M. Charest. Parlons d’une  fausseté grave qui se répand,propagée par certains nouveaux venus, aussi par de vieux citoyens d’ici. Et vive le « racisme inverti », qui consiste à n’apprécier que les étrangers, à s’auto- mépriser. C’est très courant par les temps qui courent.

« Racisme inverti », une malade pernicieuse qui consiste, à l’inverse des « racistes ordinaires », à non plus à craindre les émigrants, -xénophobie-, au contraire il est celui, complexé, qui se méfie systématiquement de ses propres compatriotes. « Racisme inverti » est l’expression inventée par feu le solide écrivain, Paul Toupin. Un vice, disons le mot. Il est courant chez les peuples colonisés, longtemps dominés. Un exemple : avant l’indépendance, plein d’Algériens se méprisaient, craignaient leur propre liberté, répandaient des  calomnies sur eux-mêmes : « Incapables, on saura pas faire aussi bien que nos « bons maîtres », les Français. Algériens égalent légions d’imbéciles, nation de vauriens ! Classique attitude méprisable, cela dans toutes les ex-colonies aux moments de lutte pour se libérer du colonisateur.

Eh bien, lisez certains de nos gazetiers, des « collabos » qui nous insultent, en répandant ce fiel pernicieux. « Non à la liberté, on est tous des « pas bons! » Triste en diable. Bon, parlons donc de cette fausseté qui est dans l’ordre du « racisme inverti ». On lit, on entend, par exemple chez Bouchard et son acolyte anglo bilingue, ce « Sommes tous des émigrants ! » C’est faux ! La très grande majorité des Québécois, nous avons pour ancêtres, non pas des émigrants mais des « pionniers », de simples modestes.  Nuance importante. IL NE S’AGIT PAS DE CHICANER FUTILEMENT LES MOTS,  MAIS AFFIRMONS QU’ IL Y A UNE DIFFÉRENCE ÉNORME ENTRE DES GENS QUI S’EXILENT DANS DES PAYS DÉVELOPPÉS COMME TOUS NOS NOUVEAUX VENUS et ceux qui s’expatriaient vers des territoire sauvages, au sens strict et accepté du mot. Nos ancêtres, des courageux « apatrides volontaires », défrichaient, semaient, récoltaient. Fondaient une civilisation. Les honnêtes migrants l’admettent volontiers. Rien à voir avec ceux qui profite -ce n’est pas honteux- d’un lieu développé, d’un pays organisé. D’une ville bien installée, construite, depuis des siècles.

Ces « nouveaux venus », d’hier ou de 1800, de 1900 ou 2007 ne sont pas du tout des colons, des pionniers. Ils sont des émigrants et bienvenus. Il faut s’enrager d’entendre nos « raciste invertis » car vouloir amalgamer valeureux et audacieux « pionniers » et « émigrants » est une bêtise grave Et doit être dénoncée.

Tout comme il faut abolir la sotte expression de « deux solitudes » au Canada. Il n’y a pas du tout « deux solitudes », il y a deux nations, le Québec est un pays, les Québécois, une nation (pas un simple solitude ), même Harper en convient.

Il y aura toujours des sophiste pour avancer que même Adam et Ève étaient des émigrants quand ils furent chassés de l’Éden. C’est rigolo… mais la farce cesse quand on refuse de distinguer émigrants et colons. Eux qui traversèrent un océan et cela en des temps effroyablement rudes -sans cargos rapides ou avions à jet- pour « faire de la terre » en arrachant les souches à déterrer avec un soc de charrue antique. Tel mon ancêtre en 1700.

L’émigrant doit s’enligner, le pauvre, aux bureaux chics d’Émigration- Canada, doit jurer « fidélité à la Reine d’Angleterre » dans un joli parterre à fanions unifoliés. Un vaste monde les sépare. Les émigrants honnêtes en conviendront. Tant mieux si l’émigrant trouve, dès son arrivée, des aqueducs, des égouts, de l’électricité, des protections sociales organisés avec les fonds publics des générations de Québécois. Ô lampe à l’huile du temps des abatis ! Ô temps durs des valeureux prédécesseurs aux commencements du Québec !

Soi dit en passant, il n’est pas moins ridicule, nocif et semeur de fausses vilaines querelles que ce film (« Peuple invisible ») du chanteur Desjardins.  Sauf pour ces « missions » sulpiciennes, nos ancêtres n’enfermaient pas les autochtones d’ici.  C’était Ottawa -ni Québec, ni le PQ- qui décidait d’attenter à la moindre intégration.  Il installa ces maudites « réserves », ghettos pour les isoler. Ottawa gérait et gèrent encore les « statuts » des première nations. La tentative de « raciste inverti » du chanteur avec son complice cinéaste, est infantile, mal politisée. C’est démagogique de « monter » de pauvres amérindiens contre nous, les Québécois. Un sale job misérable. C’est un autre sujet, j’y reviendrai.

« POUR PIERRE CURZY »

Contrairement à mon jeune camarade l’écrivain V.-L. Beaulieu se rangeant sous la bannière du duplesssiste Mario Dumont, je suis pour la venue d’un parti carrément pour l’indépendance du Québec. Un parti rénové. Le PQ. Seul un nouveau venu peut changer efficacement l’image ancienne du P.Q., qui est -chaude actualité- en quête d’un neuf leader. Un chef qui serait un charismatique. Ni Pauline Marois, jadis femme admirable en gouvernement « provincialiste », acceptant hélas « le beau risque », ni Gilles Duceppe, « opérateur » efficace exilé à Ottawa, n’amèneront ce vent nouveau tant souhaité par tant d’indépendantistes. Il faut absolument parvenir à convaincre l’ex-directeur de l’U des A de se présenter à cette course à la chefferie. S’il accepte de se présenter je m’engage -avec tant d’autres n’en doutons pas- à travailler ferme à son élection, à sa victoire. Il est le seul candidat le plus capable de ranimer joyeusement la flamme attiédie. Lors d’une réunion récente -plus ou moins clandestine- d’une vingtaine de patriotes dans une salle de la SSJB, j’ai plaidé très fort en faveur d’un leader à dénicher qui saurait faire appel aux émotions, aux sentiments. Pas seulement à une idéologie calculatrice, démagogique, cartésienne, froide. À cette chaude séance, sans le nommer, c’est à Pierre Curzy que je songeais. Notre « nation » (selon Harper désormais) québécoise, -encore apatride hélas- aura son pays bien à elle quand viendra sur les hustings un leader qui aura le verbe d’un Pierre Bourgault, la chaleur communicative d’un René Lévesque (première manière), l’entêtement farouche d’un Jacques Parizeau. Pas avant. Pas autrement. Pierre Curzy possède toutes ces qualités.

M. Parizeau a eu tort de s’en aller alors qu’en réalité, on le sait tous maintenant – guettons le rapport du juge Grenier- nous avions gagné ce référendum « volé » de 1995. L’archi-prudent Lucien Bouchard a eu tort lui aussi de ne pas déclencher un référendum, il l’aurait gagné, S. Dion-le-partionnniste en convenait secrètement, vient-on d’apprendre. Le moment est donc venu -non seulement de reprendre le pouvoir avec un chef dynamique comme Pierre Curzy- mais aussi d’enfin nous gagner une patrie. Curzy saura gagner -avec émotions et sentiments- les faveurs de tous les nationalistes québécois. Il s’allierait même ces candides égarés, voteurs de l’ADQ, un parti engagé dans un naïf autonomisme pourtant bafoué avec Meech ou Charlottetown.

Avec Stephan Harper il y aura bientôt seulement 75 québécois aux Communes en face de plus de 2o0 fédéralistes canadians. Se tenant debout 24 heures en 24 ans d’activités politiques un Robert Bourassa écœuré, au moment de l’échec de Meech, osa son « Quoi qu’on fasse et quoiqu’on dise… » M. Parizeau, illusionné, alla lui serrer les mains. Un Pierre Curzy, lui, pourrait avoir l’honneur et la fierté d’aller au bout de la pensé de Boubou-le-mou. Pour voir arriver ce jour de libération nationale et la fin du « provincialisme » -donc de la gérance-à-tiraillements-perpétuels (sauce Charest)- appuyons ce renouveau fondamental, soutenons avec enthousiasme un Pierre Curzy.

Claude Jasmin

Sainte-Adèle

LETTRE OUVERTE À M. TONY BLAIR

LETTRE OUVERTE A M. TONY BLAIR
Claude Jasmin
écrivain

Monsieur, on peut comprendre qu’un étranger puisse ignorer l’histoire du Canada. Il n’en reste pas moins que cet étranger —de bonne foi peut-être— doit être très prudent quand il veut illustrer « un cas chez lui », l’indépendantisme de L’Écosse, par un cas lointain, Toronto plus fort que Montréal. Cas dont il ignore visiblement les tenants et aboutissants.

Déclarer, comme vous l’avez fait, que Édimbourg en Écosse deviendra un Montréal amoindri, du seul fait qu’il y a combat chez vous pour l’indépendance est une fausseté. Une erreur historique qui a fait sourire les gens d’ici.

Il n’y avait aucune « lutte nationale » importante, active, quand Montréal cessa peu à peu d’être « la métropole du Canada ». Pour rester tout de même la métropole du Québec.

N’importe quel historien sérieux —au Canada comme en Angleterre— aurait pu vous éclairer et vous empêcher de dire une bêtise. Toronto était une bourgade quand le Canada de 1867, date de la naissance de la Confédération, s’installait. Oui, cette ex-petite ville de l’Ontario a grandi rapidement, c’est évidemment une réalité. Elle était située géographiquement —par rapport à Montréal— pour gagner. Un fait important : Un très avantageux « Pacte de l’auto », signé avec les USA, fut un des puissants moteurs de l’important accroissement industriel ontarien. Ce fut une sorte de « boom » indiscutable, inévitable. Il y a eu que le middle-west étatsunien entra en vive concurrence avec les États des bords de l’Atlantique. La ville de Chicago rivalisa activement, bien pleinement, avec les actives villes de New York, Boston et allii.

Ce ne fut donc pas trop long que la jeune ville de Toronto —« voisine » de ce bouillonnement économique— en fut fort favorisée. Cela ne tarda pas longtemps pour que Montréal, pâtissante, située à l’est du phénoménal « boom », fut amoindri économiquement. Mais il lui restait son essentiel et dynamique port, le dernier en aval du fleuve Saint-Laurent. Viendra, fin des années 1950, le fabuleux projet du creusage d’un canal nommé « La voie du Saint-Laurent », Cela porta à Montréal un coup fatal. On l’oublie top facilement.

Monsieur Blair, vouloir relier comme cause de « dé-métropolisation » de Montréal le fougueux nationalisme des Québécois, à partir de 1970, et avec son projet indépendantiste, relève d’un ignorance crasse. Je regrette d’avoir à vous le dire. C’est un abus de discours politique considérable en vue de ralentir le normal mouvement des Écossais. Ils luttent, eux aussi, pour une patrie souveraine. Honte à vous, monsieur Blair ! Votre déclaration est une fumisterie.

Ce n’est pas avec une telle imposture, une aussi sotte comparaison —« Édimbourg-Montréal »— que vous pourrez empêcher la venue d’un pays qui fut trop longtemps une simple province assujettie à Londres. De nombreux Montréalais —toujours en cette métropole du Québec— s’écrient avec moi : « Vive l’Écosse libre ! »

Cet appui public, qui ira s’agrandissant n’en doutez pas, sera connu et publicisé en Écosse, tôt ou tard. Appui qui, modestement, va contribuer à supporter ceux qui luttent en Écosse, et ailleurs, toujours pour la liberté de toutes les nations. Bataille approuvée implicitement dans la constitution de l’Onu. Ce droit de chaque nation à se gérer librement elle-même.

À bon entendeur, monsieur Blair, salut !

AIMER LES MAUDITS BLOKES ?

Ce fut long. Maintenant j’aime bien nos chers blokes. Oui, ce fut long. Gamin, comme un peu partout en ville, c’était les chicanes connes, les vicieuses attaques, les furieuses batailles. Contre le gang à Collin, le gang à Gordon. Dans nos ruelles, on enrageait candidement, manichéens, contre ces maudits blokes de la paroisse Holy Family au nord de la Plaza St-Hubert. Plus tard, s’enlisait encore, toujours, cette haine féroce des « maudits anglais ». C’était un sentiment un peu confus, qui nous venait en forte part de notre manuel d’histoire ? On nous enseignait la perfidie des conquérants et nous avalions une potion qui nous devenait un poison. Le feu au cœur ! Le comportement des colonisateurs britanniques n’était que logique. Les Français de France envahissant un Canada tout en anglais n’auraient pas agi autrement. Ils auraient voulu constamment assimiler —de gré ou de force— les premiers colons, les diluer. Nous étions trop jeunes pour comprendre ce fait patent.

Comme il est facile d’errer. Mais oui, un racisme, une francophobie évidente, animait les « maudits anglais ». Ainsi, nous organisions un certain midi de 1960 un féroce sit-in au restaurant Murray proche de Radio-Canada, là où on refusait de nous servir en français. Pas un seul mot. Cette manif fit « la une » des quotidiens. Tenez, à cette époque, un réalisateur anglo au milieu d’une équipe de 10 francos, ne prononçait pas un seul mot de français ! Je fis une esclandre et, d’abord on me menaça : « la porte ! » Et puis, vite, on reconnut le bon sens et ce fieffé réalisateur nous délégua sa scripte aux réunions dite de production. Des jeunes vont-ils croire pareil racisme ? Voilà des sources de notre longue colère, jadis.

Les temps ont changé. Il y a eut les bombes des jeunes patriotes du FLQ clandestin. De généreux impatients. Qui risquaient leur propre avenir. Ce sera la délation et puis les emprisonnements. Pendant qu’ensuite l’on observait les soudaines « normales » promotions des nôtres —avec annonces payées dans les journaux— pas un seul promu songeait à envoyer au moins des oranges à ces jeunes mis aux cachots. À cause de la peur, la justice s’installa peu à peu. Puis, il y eut la victoire des nationalistes en 1976, un choc salutaire et ce sera la fin significative des humiliés muets, le début « des têtes levées » enfin. On sait que l’arrogante minorité fut bien obligé d’évoluer, d’ouvrir les yeux, ils étaient, veut veut pas, des minoritaires. Au référendum —volé par l’argent fédéral— de 1995, six des nôtres, sur dix, votaient en faveur de l’indépendance. Les quatre autres francophones ? Ils s’associant donc aux québécois anglos-de-souche et à leurs intégrés automatiques, les allophones. Que Jacques Parizeau baptisa « les ethniques ».

On a le devoir de respecter ceux qui croient encore au fédéralisme malgré l’échec de Meech et autres preuves de l’aveuglement des Canadians. Aujourd’hui on voit le Rouge chef Charest la main dans la main avec le Bleu chef Harper. Normal. Correct. Ce qui cloche aujourd’hui ? C’est de voir tant d’indépendantistes chipoter sur les faiblesses d’un jeune chef. C’est une honte pour moi de voir mon camarade l’écrivain Victor-Lévis Beaulieu tourner le dos au jeune Boisclair pour soutenir un adversaire mou, Mario Dumont, admirateur des Jeff Filion. C’est une trahison. D’une lourde bêtise. Dès 1970, René Lévesque, avec bon sens, rassemblait « pour la cause » un monde disparate. Des gens de droite comme de gauche. Alors, quel est le nom de cette impatience ? Trahison. Après l’installation d’une patrie, viendra normalement les nécessaires clivages entre conservateurs et libéraux québécois. Droite et gauche. Après pas avant.

Le vire-capot, quel qu’il soit, devient un traître à la cause, objectivement. Depuis quand le cortège militant, en marche pour la liberté nationale, doit-elle absolument contenir, avoir à sa tête, un chef parfait, impeccable, sans aucun défaut ? Foutaise et grave connerie. Les véritables résistants, Dieu merci, comprennent qu’il y n’y a que la victoire électorale, démocratique, qui est « le » but. Le seul. On voit trop de ces nationalistes puristes très occupés à des calculs d’une mesquinerie dangereuse, tout ligotés par des niaiseries —drogue d’un temps, homosexualité— et qui se cherchent un « messie » improbable, ce mythe infantile, un leader plus que parfait. Le mot « nation » M.Harper, ne me suffit pas. Je voterai pour un pays. Pour une patrie. Donc pour André Boisclair.

LA COMPLAINTE DU FOU ?

On croit rêver quand on lit ceci : « Au Québec actuel il est complètement interdit de parler « contre » l’idée d’un Québec libre. D’une province devenant un pays. Hen ? Quoi ? Tous les grands médias québécois, éditorialistes, chroniqueurs, ne cessent d’attaquer, de ridiculiser, de bafouer, de diffamer l’idée d’un Québec libre. Qui ne s’en aperçoit pas est un aveugle. Certes les ordinaires et compétents journalistes de ces grands médias —professionnels syndiqués— font bien leur travail de nouvellistes.

Mais les propriétaires, leurs dirigeants et leurs penseurs stipendiés, eux, contrôlent sans relâche l’opinion officielle.

L’indépendance du Québec, répètent-ils jour après jour, est une folie, un leurre débile, une bêtise, un risque futile, etc, etc.

Ce serait de bonne guerre si le Québec des souverainistes —60 % de francophones en 1995—, fidèles obligés de ces puissants médias, possédaient de tels médias. Comme il en va pour la gauche versus la droite, le combat des idées est complètement faussé au Québec. Les patriotes québécois doivent donc se contenter de pauvres publications qui survivent tant bien que mal.

D’où sort donc un Daniel Lapres, membre du Réseau Démocratique Canadien qui publiait dans La Presse, sérieux : « On ne peut plus critiquer l’indépendantisme sans payer le gros prix. » Quel prix ? Il se moque des gens ce monsieur, cet étonnant hurluberlu. Qui défend volontiers une Esther Delisle traitant de fascistes tous les nationalistes de jadis. Ma foi, il défendrait ce francophobe raciste, feu-Mordecaï Richler ?

Voici donc un néo-Daniel dans la fosse aux lions. Selon lui, ces « lions » sont des monstres « qui ont tout le pouvoir ». Oui, on croit rêver. Le fourbe Lapres se lamente : « On allume des bûchers contre nous, les fédéralistes. » Paranoïaque rare ! Mais, soudain, le chat sort du sac: le Daniel dit qu’il découvre trop de commentaires nationalistes, où ça ? Sur Internet, dit-il. B’en, il devait saisir que tous ces patriotes sont bien obligés de se réfugier là, tous les gros médias refusent de les publier. J’en sais long là-dessus. Non mais sur quelle planète vivent ces menteurs du type Lapres et leurs gens de ce bizarre « Réseau Démocratique Canadien ? » Même le plus sournois des patrons-contrôleurs des « opinions indépendantistes » doit rigoler car ces hommes d’argent et de pouvoir savent pertinemment qu’ils sont les farouches gardiens de l’orthodoxie anti-Québec-libre !

N’en doutez pas un instant, ami lecteur, un bon matin, si l’un des sbires du statu-quo fédéraliste, les Pratte, Dubuc, Gagnon, Lessard et Cie, osait appuyer la cause sacrée, croyez-moi, dès l’heure du lunch, il se retrouvera sur le trottoir de la rue Saint-Jacques avec son avis de congédiement. Sont-ils des esprits libres, ces haut-parleurs du boss ? Nenni ! Les combattants pour notre liberté doivent donc se contenter de très modestes médias comme Le Québécois, où j’écris, L’Action nationale ou Le Couac.. Nos très pauvres courroies de transmission n’ont aucunement la puissance des grands journaux et il faut une sacrée dose d’hypocrisie pour parler du « contrôle de la place publique par les souverainistes ». Je le redis, c’est un aliéné, un fou furieux qui sombre dans le complexe de persécution, dans une sorte de paranoïa qui confine à la folie.

La réalité est claire, nos adversaires la connaissent fort bien : même si 60% de leur lectorat —voir le vote au référendum de 1995— est « pro-Québec libre », ces derniers ne trouvent aucun grand média pour faire écho à leur orientation politique. Une grave anomalie ? Oui. « C’est une situation incroyable », me dit l’écrivain-journaliste de Suède, en visite chez moi. Mais oui !

Quoi faire ? Il y eut à l’automne de 1969 l’hebdo indépendantiste et socialiste « Québec-Presse ». J’en fus. Mal soutenu, peu financé par les centrales syndicales, leur fondateur collectif, le journal connut mévente sur mévente hélas ! Il ferma. À cette époque « Le Devoir » de 1974-75 sombrait dans le fédéralisme le plus crasse, ô ce cher Ryan !, et l’on fonda un grand quotidien, « Le Jour », c’était du temps de René Lévesque, Jacques Parizeau, Yves Michaud et Cie. L’on y embaucha imprudemment des gogauchistes enragés et quelques marxistes-léninistes bien énervés. Alors « la salle des rédacteurs » entra rapidement en féroce conflit avec ses directeurs.Ce fut une stupide bagarre idéologique. Les meneurs extrémistes voulurent mettre sous le boisseau « la » cause nationale, raison de la fondation de ce quotidien d’une tenue graphique impeccable. Stratégies et tactiques d’un réalisme intelligent furent condamnés par ces « purs » impuissants. Oser mettre à l’avant-scène un sorte de coopérative, au communaliste non fonctionnel, fut sa perte et le navrant naufrage du « Jour ».

Si les big boss actuels cessaient leur idiote forfanterie, par simple respect démocratique de leurs lectorats, s’ils accordaient une part « à l’autre option », je n’aurais plus à écrire tout ce qui précède. Cette malsaine situation fait que si un René-Daniel Dubois, un Michel Tremblay ou un Robert Lepage critique un peu, bang !, il y a aussitôt des grimpeurs aux créneaux pour les rabrouer durement. Ceci, lire plus haut, est le malheureux effet de cela !

QUE LIRONT LES ENFANTS DE NOS PETITS-ENFANTS ?

(Un texte inédit pour le mensuel « Le Québécois »)

Toute nation a droit à son pays. À son entière liberté. Tôt ou tard le Québec sera un pays comme les autres et un neuf manuel racontera « notre histoire » aux enfants du pays. Qui peut penser qu’en ce livre d’histoire l’on passera sous silence les noms des gens qui « collaboraient » avec les adversaires de notre liberté ? La trahison formera de bien lourds chapitres, c’est à n’en pas douter.

Les noms des publicitaires richement « stipendiés » pour empêcher notre souveraineté —ceux d’Option-Canada (1995) ou des « Commandites »— n’auront que quelques lignes car l’historien doit aller à l’essentiel. Quelle honte ce sera pour les descendants des politiciens quand les étudiants liront :

« Dans les années 1960, les adversaires de notre liberté se moquaient des jeunes patriotes québécois. Un tribun, Pierre Bourgault, malgré des dons d’orateur inouïs, arrivait mal à ctte époque à convaincre des foules d’indifférents. Son jeune mouvement pour notre indépendance —le RIN— piétinait. Mais, dans les années 1970, la lutte allait se faire avec des hommes aux notoriétés indiscutables —lire plus loin nos chapitres sur R. Lévesque, C. Laurin, etc.—, des gens d’une salutaire grandeur. Désormais, on allait secouer rudement les ennemis de notre liberté, les adversaires de notre souveraineté et ce sera le début d’une sorte de guerre implacable entre Ottawa et Québec.

Hélas, des Québécois vont se muer en farouches prédicateurs de statu quo, par exemple un Trudeau, un Chrétien, s’acharneront à « collaborer », pas d’autre mot, avec les établissements anglos. À Québec même, même « collaboration ». Plusieurs de ces politiciens, répétons-le, étaient pourtant des Québécois. Ils utiliseront tous les vieux arguments connus pour effrayer les plus fragiles des nôtres. Non sans succès hélas !

Ce sera une suite de campagnes électorales aux arguments d’une incroyable bassesse. Ces traîtres (pas d’autre mot) à notre nation en arriveront à utiliser volontiers de l’argent public, dilapidant le trésor national —une partie donc de nos économies de solidarité— pour freiner notre inévitable émancipation.

Par exemple, lors d’un référendum, en 1995, des moyens antidémocratiques furent de mise —en masse— et ce sera carrément un vol. Une sorte de viol (pas d’autre mot). De puissants moyens d’une propagande publicitaire dégoûtante. Lire plis loin les chapitres « Option-Canada » et « Enquête du juge Gomery ». Cinq millions en argent public s’ajoutèrent clandestinement au cinq millions autorisés par la loi électorale, argent sale mis entre les mains des « refuseurs de notre liberté ». Le Non à notre souveraineté de 1995 s’en trouva donc augmenté illégalement et notre victoire indubitable fut métamorphosée en échec, ce « vol » de démocratie —bien indiqué par un Jacques Parizeau— est marqué désormais au fer rouge, une immonde tromperie.

Aujourd’hui nous nous devons donc mémoriser les noms de tous ces scélérats, de Pierre Trudeau le premier, Jean Chrétien ensuite, Paul Martin, jusqu’à Stéphane Dion … La liste des « vendus » québécoise », hélas, est fort longue, pour notre plus grande honte.

Un chef du parti Conservateur, Stephan Harper, élu à Ottawa en 2005, sera l’avant-dernier politicien à tenter de contourner notre patriotisme. Malgré des concessions mineures (mal calculées) il va échouer lui aussi comme on le sait maintenant.

Tout jeune Québécois se doit donc de retenir les noms des combattants de notre liberté. Elle illustre que ces traîtres à notre liberté —déracinés chez eux— y trouvaient des intérêts exactement vénaux pour la plupart. Leurs batailles d’arrière-garde —que maintenant l’on sait livrées vainement— se faisaient d’une façon mesquine en vue de hochets purement matérialistes.

L’Histoire nous enseigne donc une fois de plus que rien ne peut empêcher la liberté d’une nation, qu’à la fin les masques tombent, que les retardateurs de souveraineté échouent tôt ou tard, enfin, que cette entreprise néfaste est toujours un combat perdu.

« Héros » des establishments au moment des luttes liberticides ils furent changés en vils agents de la servitude imposée. Les chapitres qui suivent font connaître à fond les noirs desseins de ces hommes —et quelques femmes— osant défier notre nécessaire combat.

Pour les innocents descendants de ces traîtres, l’historien préférerait taire les noms de cette horde de renégats mais l’Histoire nous refuse ce silence. Lisons donc les péripéties de ces funestes félons…

Voilà. Le jeune lecteur lira et… n’en reviendra pas. Les petits enfants des Chrétien, Dion, Bourassa, Charest et compagnie rougiront, auront-ils envie de changer de nom. En 2007, y songent-ils parfois ces fieffés combattants de notre liberté ?

Je suis bien heureux de n’avoir pas dans ma lignée de ces encombrants « collabos ».

RESPECTER UN ADVERSAIRE ?

Jadis, j’entendais mon père, qui était bleu, duplessiste donc comme la majorité d’alors, « les rouges papa » ? « Tous des fous dangereux ». Désormais, mieux renseignés, nous savons nuancer davantage. Chez les mieux informés, les citoyens normalement politisés, nous avons appris collectivement à trier, à choisir, à reconnaître les bonnes idées, même celles des adversaires.

Alors, l’esprit ouvert, lisons le récent bouquin d’André Pratte qui nous dit : « Un québécois sur trois hésite, vacille et je suis de ceux-là… J’ai aimé René Lévesque, aussi Lucien Bouchard (p.8). À Brébeuf, 9 sur 10 militaient pour l’indépendance du Québec mais moi je favorisais Robert Bourassa. » Pratte a aimé aussi le Claude Ryan « un observateur neutre et un défenseur des droits des individus. » Il est donc pour les « Chartres » qui font fi des collectivités, émiettent leur normal nationalisme. Son droit.

Il vante les L.-P. Lafontaine et G.-É. Cartier (ce docile « anglaisé », si colonisé qu’il causait en anglais à son chauffeur unilingue français (voir M. Lachance). Il conspue les Vallière et les Falardeau, son droit. Référendum de 1995 ? Il a honte des émigrants « citoyennisés » en vitesse » et de l’argent fédéral dépensé ici. Mais bon, il recommande de rester « calme et modéré ».Sa question centrale : « Le Québec étant devenu enfin une société prospère, ça donnerait quoi l’indépendance ? »

Et si le brillant Louis Bernard dit que « C’est l’étape naturelle et finale », Pratte ose affirmer : « Que ce ne serait que poser une vaine cerise inutile sur un beau sundae », ses mots (p 50) ! Ensuite, hélas, le voilà adoptant des arguments de peur : Le Canada, étant à l’enviable 10 ième rang de l’OCDE, un Québec devenant pays souverain, passerait au 25 ième rang. Alors, écrit-il, qui nous représentera dans le monde, au Quatar par exemple (p. 52) ? Il va plus loin dans la niaiserie : « Quelle pouvoir de chasse ridicule si le Québec n’a plus —dans le partage des avoirs— qu’un seul F-18 (p.75) ». Chasse à qui, à quoi ! Sans rire, cela l’inquiète !

À la page 57, il admet que nos émigrants viennent d’abord en « Amérique » (entendez aux USA) et qu’ils détestent donc de devoir s’intégrer à nous, une minorité. Puis, advenant notre souveraineté, il déplore notre coupure avec le pétrole de l’ouest alors que Chine et Inde vont devenir des clients si importants.

Il récuse cet abandon « albertain », favorise les larges unions des provinces (des états) sinonmenace-t-il, « perte de puissance ». Pourquoi pas alors ne pas nous fondre (nous unir) totalement avec les USA ?

Enfin, il jette sa carte fatale : « Le Canada sera furieux et farouche car coupé en deux ». La peur ! Toujours, les menaces. Soudain, il nous reproche d’ignorer le brillant Gordon Lightfoot ! Mais quoi, un Gilles Vigneault est-il reconnu chez les anglos ? Fait têtu : Il y a deux nations, deux cultures. Un bon point il reconnaît que c’est la peur —à nos frontières— des Amerloques voisins qui a fondé « la tolérance » envers nous ! Aïe, le noble motif ! Autre accès de lucidité ? Feu Trudeau s’opposant furieusement aux accords du Lac Meech a été une grave nuisance. Il va même jusqu’à railler une Michaele Jean et sa « fin des deux solitudes (p.89) ».

Surprenant : le procès-Gomery ? Bof, !, rien de scandaleux, « la pub politique, dit-il, cela se fait depuis Duplessis ». Pire ? Tous les médias seraient pro-souveraineté. Alors là, franchement… À la toute fin, Pratte souhaite « de l’émotion » en nouvelle histoire du Canada et il vante ces Jocelyn Létourneau (de Laval university), experts en révisionnisme. Ainsi Pratte nous raconte ces patriotes rebelles de l’Ontario en 1837, qui furent de fiers républicanistes anti-monarchistes », comme « de vils truands (son mot) montés des USA pour venir semer la discorde ».

Voyez–vous venir cette sauce « nouvelle histoire » ? Nos « Canadiens errants bannis de leur pays » (la chanson), exilés quand ils ne furent pas pendus, se battaient pour rien quoi. Ces vilains « sauciers » sont de même farine que ceux qui, en Europe ces temps-ci, tentent de vanter les merveilleux bienfaits des colonisations en Afrique. Ou en Indochine. Ou encore ceux qui osent répandre l’idée que « l’esclavagisme a permis la formidable musique de jazz ! »

Paradoxal, contradictoire auteur ? Malgré ses aveux sur l’illégitime argent fédéral et les émigrants changés vite en voteurs, c’est le soir du quasi « 50-50 » en 1995, entendant Parizeau dire la vérité, qu’il se convertira à Ottawa for ever.

Face au jeune chef André Boisclair à qui il répétait ( lors d’une rencontre de presse) « le Québec est devenu prospère grâce à la fédération » et qui osa lui rétorquer : « Eh bien, on fera mieux encore », Pratte est tout horrifié. Celui qui admet avoir voté « oui » à un Québec libre en 1980, a donc jeté son rêve au feu en 1995 et craint ce Québec sans ambassadeur au Quatar et avec un seul chasseur F-18 pour nous défendre ( de qui ?).

Oui, il faut respecter l’adversaire mais on a le droit d’exiger qu’il défende mieux la cause fédéraliste, non ?

MICHEL TREMBLAY EN RENÉGAT

Ce Tremblay qui déclare abandonner la cause nationale québécoise, un dimanche (au bord de sa piscine en Floride ?), est-il devenu un renégat ? Non. Même pas. Dès les débuts de notre combat et jusqu’à aujourd’hui , l’écrivain Tremblay était absent de la lutte. Jamais on n’a pu lire une phrase, un mot, dans ses interviews, aucun quelconque appui de sa part, à notre bataille pour l’indépendance. Son silence compacte montrait-il la prudence d’un carriériste (surdoué certes). L’argent, dit-il, est une chose horrible. Mais allez lire « Art, argent et arrangement » de Robert Yergeau aux Éditions David. Vous découvrirez tout l’argent quémandé et obtenu en maintes subventions d’Ottawa. Une petite fortune. Tremblay acceptait même de confier toutes ses archives à Ottawa qui offre bien davantage d’argent et de crédits d’impôts, plutôt qu’à notre a BN de Québec. Sa futile déclaration d’abandon illustre et un narcissique besoin de neutralité égocentrique et aussi un retour d’ascenseur à Ottawa ?

Comme citoyen, Tremblay est resté enfermé dans le vieux carcan d’antan, absolument interné dans l’époque du cléricalisme catho qui nous prêchait la méfiance de l’argent. Mon pauvre Michel romantique, tu te trompes et il faut espérer que l’argent sera un sujet de réflexion important chez les indépendantistes. Comme il l’était chez des Parizeau ou Landry, des économistes. Même le vieux savant Karl Marx savait son importance. Je recommanderais au tout nouveau chef André Boisclair de lire très attentivement « Éloge de la richesse » d’Alain Dubuc qui parle vrai en maints chapitres, fait mentir les attardés de « la haine de l’argent ». Le Tremblay devenu riche, le méritant bien, débarrassé du souci commun, vient ainsi de se ghettoïser misérablement. « Look who’s talking ? », dit New York. L’argent, Tremblay l’a maintenant mais ce serait mauvais pour le peuple. Installé dans son luxueux confort, bien mérité encore une fois, il fait mine de cracher sur l’argent. On se croirait en 1945 sous Duplessis quand « La grosse femme » et ses rejetons méprisaient l’argent, source de tous les maux ! Car mon Michel déclare : « La société québécoise est en train de perdre son âme », oh la la ! Vieux sermon connu du temps des curés en Buick en très chics presbytères ! Son tout frais « coup de jarnac » à la souveraineté fait pitié et on a envie de le recouvrir du « manteau de Noé » par compassion tant l’on admire son œuvre. Son infantile réflexion politique est d’une immaturité crasse. Retourné sous ses palmiers de Key West, croquant dans du « lime pie », Michel songera qu’il aurait dû garder le silence politique qui le caractérisait.

Claude Jasmin
Écrivain
Sainte-Adèle