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L'un des auteurs québécois parmi les plus connus, Claude Jasmin est (ou a été) céramiste, acteur, marionnettiste, critique d'art, professeur d'histoire de l'art (moderne), pamphlétaire, chroniqueur de radio et de télé, peintre (aquarelliste), illustrateur, scénographe de télévision, etc.

Claude Jasmin (c) 2008 Marc Barrière

Claude Jasmin fait tout d'abord des textes dramatiques pour la radio, puis pour la télé et pour le cinéma. Il a fait beaucoup de journalisme et il publie un livre nouveau chaque année. Depuis 1960, Jasmin a donc publié plus d'une cinquantaine de livres, des romans et des récits surtout.

Jasmin poursuit encore et toujours l'expérience d'écrire avec ses journaux intimes chaque semaine en publiant depuis plus de sept ans un blogue (carnet) dans son site Web . On trouve ici son avis, ses opinions sur les actualités, des critiques de spectacles, de théâtre, de films ou de télé. En somme, il raconte son quotidien. Il parle de lui mais aussi des autres. Jasmin ne laisse personne indifférent, admirateurs ou contempteurs.

Ici, un grand nombre de textes publiés au fur et mesure: lettres ouvertes, projets de romans, humeurs, portraits, extraits... Voici un raccourci vers la liste de tous les textes publiés dans ce site Web. Vous pouvez aussi laisser traces, les commentaires sur les textes de Jasmin sont acceptés et publiés en autant qu'ils s'en tiennent au sujet et demeurent respectueux.

De passage sur cette page ou de retour, pour le plaisir ou pour le travail (l'école), bonne lecture et bonnes découvertes!

LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 3 juillet 2009

MANGER, MANGER…

Plein d’oiseaux légers, des sittelles (?), voltigent autour de mon « bleuetier », spectaculaire vision de vivacité. En 1978, terrain du bas de l’escalier, entre nos lilas de l’ouest aux fleurs mauves et ceux de l’est aux fleurs blanches, il y avait plein de ces sauvages cerisiers. J’avais distinguer un jour un arbre aux feuilles bellement gravées de sillons, aux petits fruits pourpres. J’en ignorais l’espèce. Un sureau ? J’ai déraciné et déménagé (dans une haie) les cerisiers pour lui laisser toute la lumière. ET, rapidement, il a grossi. En juin, des fleurs jaunes surgissent et, à la mi-juillet, se forment plein de es grappes de petits fruits d’un bleu de… bleuet ! En bien peu de jours, les oiseaux videront notre cher arbuste de cette bouffe estimée. Manger, manger !

Or, drôle de hâte, quelle urgence, mon Dieu !, des oiseaux fleurètent dedans déjà ! Devinez qui s’amène pour chasser ces innocentes petites proies ? Lui, Jambe-de-bois. Mon fier acrobate, mon écureuil à la patte folle ! Faut le voir chasser, usant de stratégie qu’il croit astucieuse, tacticien zélé, il se cache, saute et sursaute, s’envole la queue comme une aile, revient et… tombe ! Ses dégringolades sont loufoques et m’empêchent de poursuivre mes lectures sur la galerie d’en arrière. C’est «Ringling and Brothers », c’est « Le Cirque du soleil » en miniature !

Manger, manger ! Pendant une absence, une certaine « Mathilde » (qui nous a laissé sa carte), au nom de l’urbanisme écologique, est venue mesurer « notre petit arpent du bon dieu » (titre de roman) au bord de l’eau. Elle a mis une enseigne au sol. En somme c’est une sorte d’expropriation sans aucune compensation, à l’avantage de toute la communauté. Perte, et rétroactive (est-ce légal cela ?), d’une part de la propriété. Achetée en 1973, « tel que vue ».

La loi, sertie d’amendes : On devra abandonner à mère-nature un gros paquet de mètres de notre territoire ! Le fantôme de l’ex-voisin, Séraphin, ricane dans le vieux saule : « La loâ c’é la loa, viande à chien ! » Bon. Ça de moins à entretenir. À tondre. Et ma Raymonde, la proprio, veut bien participer à la sauvegarde des rives, combattre la pollution du Rond (par phosphates, engrais, et cetera). Adieu donc pelouse ! Droit d’y planter des arbustes, tel le « myric beaumier » ou autres espèces semi-marines.

Au moment où je jongle à « comment régénérer » ce rivage devenu «  domaine public » ma foi, coup de fil de l’autre écrivaillon de la famille, mon David, à Ahuntsic. Ses « vieux » se sont exilés en Baie-des-Chaleurs pour « roulotter » à Bonaventure, dans notre finistère. « Allo Papi ? Des boule-à-mythes » (il rit), c’est bon ça, je suis pris avec toute une trâlée de mouffettes dans la cour, oopa, moman et leurs petits ! » J’approuve. Y songeant (à ces boules) pour Jambe-de-bois, l’assassin de nos si vives sitelles.

Voilà qu’au moment où je pars pour un achat de fraîches fraises et de « naturelles » tomates de notre maraîcher qui est revenu rue Valiquette proche de « La muse bouche », un resto couru, je songe au perpétuel silence sous le perron d’en avant. Mais où sont nos moufettes d’antan, poète ? Mystère.

La veille, au lac, j’ai vu la carpe rouge et or qui avalait goulûment les p’tits ménés sous le quai de Maurice-Voisin. Manger, manger ! Rentré pour luncher, à la télé, un de mes chers documentaires animaliers. Que voit-on ? Éternelle histoire de créatures, inférieures n’est ce pas?, se mangeant les uns, les autres. Meurtrières tarentules velues de l’Amazonie, tropicaux scorpions venimeux, serpents tueurs, l’anaconda capable de « faire bouchée » d’un homme…manger, manger ! J’entends gémir un oiseau dehors, Jambe-de-bois a-il frappé ? Cela me coupe l’appétit.

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1-Tout | 26 juin 2009

« POURTANT ELLE TOURNE », m’sieur Galilée ?

On a eu une sorte de canicule ma foi. Tant de jours de chaleur…quasi torride. Avec cette humidité lourde difficile à supporter parfois. Pourtant, jeudi, soulagement, ce jour-là, du vent. Bienvenue ! La veille, mercredi, petit souper à deux cœurs qui s’aiment, chez m’sieur le maire, rue Valiquette.

« Des moules et puis des frites » comme chante Jacques Brel. Bien bonnes. Le soir descendait. Ou il monte le soir, je n’sais plus ! Vin blanc. On sirote. On voit la rue qui s’anime. Marchant vers la rue Morin, des jeunes gens affublés de fleurdelisés —parfois avec capes, chapeaux, maquillages aussi— rient, se bousculent, parlent bien fort.

Là-haut, bientôt, au parc amphithéâtre Cardinal, ce sera la fête. Musiques et chansons. Animation. Et, à la fin, le classique bing bang, les artificiers du parc voisin.

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1-Tout | 26 juin 2009

LE CIEL À OUTREMONT !

Voilà mon cher beauf, devenu veuf, qui s’installe rue McMachin en ces tours à logements divers, le Manoir. Il me semble content. Il découvre, loin de son cher Saint-François Vincent de Salles, ce quartier que nous chérissons depuis 1986, Outremont-sur-arbres !

C’est par ses yeux neufs, son regard qui s’initie, ses mots qui nous résument ses impressions que Raymonde et moi, on re-découvre le coin. C’est classique. Tous, un jour, aux côtés d’un visiteur étranger, surpris, écoutant son discours, nous revoyons cela autour de nous avec des yeux neufs car : « la familiarité engendre du mépris ». Vieux proverbe pas nécessairement arable ! C’est si vrai.

Jacques donc, ce bon beauf, un prof au secondaire (à Terrebonne) de physique-chimie, retraité depuis peu et qui nous vante généreusement son nouveau gïte, Outremont : « C’est bien beau, très naturaliste, et si peu éloigné… de tout, du Plateau comme du Centre ville. » C’est vrai.

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1-Tout | 22 juin 2009

UN PÈRE AU JARDIN DE SA FILLE

Ce fut un beau dimanche.

Devoir aller au si joli jardin de sa fille et se laisser fêter. Allons-y. Se questionner en chemin : « ais-je été un bon père »?

Cela existe-il ? Je n’ai pas été un bon père. Je ne crois pas. Un « pas pire ». Oui. Je fus un père qui a fait ce qu’il a pu. Qui s’essayait à ce métier bizarre, si délicat, et si précieux sans aucun manuel de conduite disponible. Sans livre de conduite quoi. Comme pour tous les pères de la terre.

Mon père n’a pas été un bon père. Il a fait ce qu’il a pu. Lui aussi.

J’ai dit tout cela à mes enfants et petits-enfants, tout cela et autre chose au beau jardin d’Éliane, rue Chambord. Je disais qu’il y a des orphelins un peu partout. Que des enfants vécurent, trop jeunes, beaucoup trop jeunes, sans papa aucun sous le toit familial.

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Poing-comme-net | 19 juin 2009

VIVE LE FÉDÉRALISME !

Voilà que le chef édito stipendié du clan « Gesca et coetera », Alain Pratte, s’embarque dans un nouveau combat nommé «l’Idée fédéraliste». Quand vont-ils comprendre ? Qui est contre la vertu ? Le fédéralisme peut être en effet une bonne idée. Les patriotes actuels d’un «Québec-pays» n’ont rien contre.

Moi, j’aime cette idée. Je sais bien que le fédéralisme peut être fort commode et même fort avantageux en certaines contrées, certains territoires. Ces jeunes et vieux énervés de notre patriotisme finiront-ils par comprendre? La fédération actuelle au Canada ne peut pas, à nous, Québécois, donner bonne et juste part. Encore moins nous favoriser, nous avantager. C’est tout simple: une fédération efficace doit être constituée avec divers éléments (nations) de forces semblables. Sinon? Chicanes.

Faisons face à la réalité mossieur John —fils de Red— Charets et Cie: au Canada, nous serons bientôt vraiment des minoritaires. Au Québec, nous restons toujours 84%. Devenus ombrages à Ottawa, cette fédération n’aura pas à nous considérer comme partenaire important.

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1-Tout, Poing-comme-net | 10 juin 2009

Baptême

Me voici avec un fort groupe dans une église (Saint-Léopold à Fabreville), me voici avec du linge propre des souliers cirés pour assister à une fête chrétienne au nom d’un petit Antoine.

L’Antoine à Pierre-Luc, un neveu. Le nouveau petit Québécois ne sait pas trop ce qui se passe et pourtant c’est en son honneur toute cette mini-foule en «habits du dimanche». Le cérémoniaire en chasuble est un exilé du Togo. Sympa et animé.

Je me suis souvenu, vers 1965, d’un évêque, raciste mou et méprisant dur, venu de Saint-Jérôme dans l’église de Saint-Joseph. Ce coco de Frenette déclara en chaire: «La crise des vocations est bien grave. Mes frères (!) que diriez-vous de voir apparaître dans votre église un bon dimanche un bon gros nègre dans pas longtemps, hein? Hein?!»

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 31 mai 2009

SOUCOUPE SANG ET OR !

Le vent avait détaché mon pédalo, il m’attendait sur la plage municipale, en m’y rendant avec la chaloupe de Jean-Paul Voisin, je vois quoi rivage des Cobetto ? Une lumineuse soucoupe nageuse ! La jolie ronde carpe grosse comme une soucoupe, à ailerons de feu, aux couleurs de l’Espagne, jaune et rouge, or et sang !

Ce dimanche, assis au fond de la chapelle de la rue du Chantecler, venu en curieux, examinant l’unique vitrail, je repensais à cette flamboyante soucoupe, à cette flamboyance.

Un « lévite » de cette Église unie commentait avec modestie un acte des apôtres. J’étais bien.

Être vraiment attentif c’est bien mieux voir ces six (6) beaux gros bouleaux blancs; portail chez Simony en face de chez nous. C’est sourire en revoyant le beau dessin d’un placard avec l’écriveur Grignon buissonner dans l’herbe adèlois. Je songeais à sa prudence de timoré quand il nia dans ses textes (radio et télé) le nationalisme ultra fervent de son « gros curé » Labelle ! Quel menteur dénoncé par l’historien chez « Le Bigot », ce même dimanche matin.

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Poing-comme-net, Souvenirs | 26 mai 2009

DEDANS LA VIE…

Je file, sortant de la clinique, pour mes journaux du matin, au garage Ultramar. Pas même un kilomètre n’est-ce pas ? Bang ! Un policer en voiture surgit : « Pas de ceinture bouclée m’sieur ? » Ce sera 120 « tomates » d’amendes ! Eh b’en ! Arnaque ? Cette ceinture à boucler…pas dans nos moeurs, nous, les aînés. On l’oublie. Mes petits-fils, eux, ne l’oublient jamais et, toujours, ils la bouclent ! Je rentre. Je lis dans le journal qu’en ville, c’est le même HAUT prix si tu lances ton mégot dans le caniveau ! Eh b’in, par ici le fric ! Gomme, baloune ou non, même amende ! On manque sans cesse de fric chez nos gouvernants ? Ainsi, le motocycliste -qui n’est pas toujours un motard criminalisé- en crache un coup pour son « faible », le deux-roues ! Bon, belle vision pour me calmer : au rivage du lac, je vois un couple de fiers nageurs, lui, coloré de vert, elle, moins. Jolis canards ! Oublier la facture policière.

Une compagne folle des actrices et des acteurs ( une ex-réalisateure de feuilletons télévisés) et me voilà entraîné aux théâtres. C’est cher. Grosses « amendes » là-aussi et pas de billets pour les pauvres. Les jeunes ? Oui, rabais « étudiants ». On a vu le Quat-sous tout neuf, Avenue des Pins, où se lisaient des poèmes comme « à tour de rôle ». Un simple récital régi par Louis Maufette. Ouenge ! Puis au TNM, un mélo simpliste se déroulant en Asie. Ce « Dragon bleu » du célèbre Lepage… est d’un vide peu commun mais présenté dans des habits scéniques à gadgets séduisants. Ouaille !

Et puis, au Conservatoire (tout neuf là-aussi) , sur le Plateau, une prétentieuse pochade de l’Autrichien Thomas Bernardt, une courte fable tarabiscoté, suralimentée par (encore) les gadgets à projections du révérend père Marleau. Enfin, dans une ex-usine (Raymond-Confiture) du bas de la ville -« C »- une bande de joyeux drilles venus de Riga, ville de la Baltique, sans un seul mot, pantomime grouillamment pour illustrer une jeunesse communiste d’avant la chute de l’URSS (1990), totalement « colonisée » par les tounes d’un fameux duo de rockeurs-USA, Simon et Garfunkel. Ouen !

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Poing-comme-net, Souvenirs | 6 mai 2009

D’OÙ, CET AMOUR DE LA PLAGE ?

Nous chérissons certains sons. Ici, les cloches de l’église, rue Lesage, à l’heure vespérale. Durant l’été, ces cris, rires,  appels, rumeur de la plage publique à quelques maisons d’ici. Jusqu’à neuf ans, « on-va-t-y-se-baigner-les-gars ? » me disait prendre une serviette et une savonnette pour aller nager au Bain publique -puant le javel- rue Saint Hubert [...]

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 2 mai 2009

RAPIDES, CASCADES ET REMOUS

Je m’installai en Laurentie, en villégiateur d’abord, 1973 et trois lieux me fascinent tout de suite. Les rapides au coin de la 117 où je m’achetais du bois à rénovation, au lieu dit

« Rivière aux mulets ». Disparu ce vieux « clos-de-bois » familial. Puis je découvrirai la Doncaster et ses trépignants rapides, son mur de béton, un barrage devenu inutile sans doute, disparu lui aussi. Enfin ce sera les cascades inouïes en aval de Val Morin sur la piste cyclable.

D’où nous vient cette fascination des eaux trépidantes ? Lointain besoin -de telles eaux vives- venu d’ancêtres qui appréciaient (ou craignaient ?) la sauvagerie d’un continent fraîchement adopté. Voilà que je découvre bien tard, une Rivière-du-Nord débordante en avril et mai, fous flots, impétueux remous. C’est du côté de l’ex-usine Roland. Pauline et Jean-Paul nous y menaient, ô, nos exclamations ! Réel plaisir à observer les féroces remuements de cette toute « démontée », ses îles noyées. Le paysage, sans soleil ce midi-là, se donnait des airs intimidants, énormes grondements.

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