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L'un des auteurs québécois parmi les plus connus, Claude Jasmin est (ou a été) céramiste, acteur, marionnettiste, critique d'art, professeur d'histoire de l'art (moderne), pamphlétaire, chroniqueur de radio et de télé, peintre (aquarelliste), illustrateur, scénographe de télévision, etc.

Claude Jasmin (c) 2008 Marc Barrière

Claude Jasmin fait tout d'abord des textes dramatiques pour la radio, puis pour la télé et pour le cinéma. Il a fait beaucoup de journalisme et il publie un livre nouveau chaque année. Depuis 1960, Jasmin a donc publié plus d'une cinquantaine de livres, des romans et des récits surtout.

Jasmin poursuit encore et toujours l'expérience d'écrire avec ses journaux intimes chaque semaine en publiant depuis plus de sept ans un blogue (carnet) dans son site Web . On trouve ici son avis, ses opinions sur les actualités, des critiques de spectacles, de théâtre, de films ou de télé. En somme, il raconte son quotidien. Il parle de lui mais aussi des autres. Jasmin ne laisse personne indifférent, admirateurs ou contempteurs.

Ici, un grand nombre de textes publiés au fur et mesure: lettres ouvertes, projets de romans, humeurs, portraits, extraits... Voici un raccourci vers la liste de tous les textes publiés dans ce site Web. Vous pouvez aussi laisser traces, les commentaires sur les textes de Jasmin sont acceptés et publiés en autant qu'ils s'en tiennent au sujet et demeurent respectueux.

De passage sur cette page ou de retour, pour le plaisir ou pour le travail (l'école), bonne lecture et bonnes découvertes!

1-Tout, LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 17 novembre 2008

DE BEAUX LAMBEAUX DE BRUME

Le vieil homme qui se dit encore vert, hum, moi, s’arrache de sa couchette à la neuvième heure tous les matins.

À moins de pressantes affaires -le dentiste par exemple.

Après ?, la toilette. Après? Vite aller se procurer les « mauvaises » nouvelles du jour. Payer pour cette dope ! Mais si on veut rester bien informé pas vrai ? Ensuite, revenu de ma tabagie, sortir les céréales et des  fruits (un matin sur deux) ou bien mettre l’Œuf dans le poêlon. Avec confiture sucrée ! Enfin, s’installer pour en apprendre plus long que le téléjournal. Des matins comme ceux tout le monde. Pour rédiger ma chère chronique mes gazettes ne me servent guère. Vous l’aurez remarqué : j’ai décidé de bavarder sur la vie ordinaire, ne plus m’exciter en polémiques rageuses. Par la fenêtre cinq (oui, 5 ) cardinaux ! Si rouges ! On avait mis la mangeoire.  Avant-hier, au rivage, Raymonde a pu compter 44 canards ! Partent plus pour le sud, eux ? Restez, restez !

Ce lundi de cette semaine, roulant aux gazettes,  de grands lambeaux de brume à l’horizon au delà de la rue Morin.  Que c’est beau  dans le ciel vers Sainte Marguerite ! Paysages brouillés d’un romantisme tout nordique. Me suis souvenu de photos brumeuses montrant en des contrées lointaines. Scandinavie, Finlande ? Où donc, Islande ? Mes lambeaux, longues voiles toutes blanchies, disent : « Gens du nord, bientôt l’hiver. »

L’ÉBLOUISSANTE CLARTÉ DU NORD !

Toi qui me lit, enfant, ça va être ton dixième hiver ? Et toi dont les cheveux imitent déjà l’acier jeune, ton cinquantième hiver ? C’est mon 78 ième hiver ! J’ai posé jute et clôture de lattes devant le parterre. Faire ensuite  installer les pneus à neige sur ma Jetta. Il y a dix jours, à regret, je suis allé ranger nos vélos à la cave, le cœur lourd. Je devais aussi clouer du « tapis de coco » sur mon trottoir de bois. Avoir sorti des brosses, des grattoirs, des pelles ! Malgré tout, j’aime l’hiver. Je retrouve la blanche neige aimée, si belle en Laurentides, moins au centre-ville de la métropole. Je retrouverai cette aveuglante et si belle lumière. Elle -« aux pays d’en haut »- serait la plus brillante, la plus intense sur toute la terre. Affirmation des experts.. Hélas, cette éblouissante luminosité, exclusive aux nordiques, sera brève chaque jour. Et la chaleur, c’est entendu, ne sera plus au rendez-vous pour 100 jours, merde ! Bon. Oh hommes ! appelons nos fidèles compagnes : « Raymonde, dans quelle commode, dans quel tiroir, mes mitaines, mes foulards, mes gants fourrés ? Dans quel placard du logis trouver ma capote doublée à double tour ? »  L’hiver !

Revenir à mes moutons; oui, donc, il y avait ce matin-là ces longs lambeaux de brume à l’horizon de l’est. Un ciel plein de frêles tentures, comme déchiquetées. Un ciel en rideaux opalins troués. Mon ciel adèlois en parent exotique de ces fjords…Norvégiens, suédois ? Images des cahiers de rotogravures de La Presse, années 1930, 1940. Pliés dans le Chesterfield du salon, on lisait «  Reykjavík » éberlué. « Ça, c’est de l’autre côté du monde », enseignait papa. Nos jeunes becs ouverts sur les images d’ailleurs !

DES CRIS, DES RIRES SUR NOS PENTES !

Enfants des villes aux horizons obstrués, penchés au dessus de vieux numéros « jaunes » des National Geograhic magazine, je ne savais pas qu’un jour, à Sainte-Adèle, je verrais de ces lambeaux de brume entre les montagnes. Plein  mon pare-brise, de ce curieux ciel bariolé d’ouate grise.  Bientôt des frettes noère ? Quid du périlleux « réchauffement de la planète » ? Propos de savants désincarnés ? Les enfants, eux, ne craignent pas les bordées hénaurmes -voire l’hiver dernier. Mais moi : le toit de notre maison de, peut-être, 110 ans, craquera-t-il encore ? Bon. De modernes canons vont vite gonfler les pentes en énormes jolies meringues et les « petits » bourgeois viendront skier, j’entends déjà les joyeux rires et les cris de bonheur. Dans Villeray, aucune côte. Nous guettions, seulement l’ouverture de la patinoire rue Henri-Julien, collée au marché Jean Talon. Voilà qu’à huit ans, au parc Jarry, on voit un drôle de zigue. Il glissait ! C’était magique ! Avec deux cannes de bambou, sur deux planches de bois ciré. Papa explique : «Vous voyez là, un skieur, mes enfants ! » Puis il nous enseigna une affaire incroyable : « Dans l’nord, les petits enfants se rendent à l’école là-dessus, mais oui, en skis ». Notre silence. Et Marielle, ma quasi-jumelle, qui me souffle : « Les mensonges que papa nous conte, voir si ça se peut ! »

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1-Tout, Lectures, Poing-comme-net | 14 novembre 2008

SUR L’ÉLÉPHANT DE DAVID JASMIN-BARRIÈRE

Salut David,

Ici ton vieil homme qu’on dit « encore vert » ! Ma Raymonde a lu ton ÉLÉPHANT et, dimanche, ne saura trop quoi t’en dire. Tu dois la comprendre, autodidacte, jadis modeste secrétaire, elle a pu grimper jusqu’à « réalisateur de télé » à force du poignet…et de talent certes. Elle n’a pas eu donc comme toi, (comme moi) la chance d’être initiée aux textes modernes. N’a pas lu les Aragon, Char, Éluard (mon préféré) ou nos poètes modernes d’ici, les Giguère, Brault, Lapointe,etc.

Mais m’a dit être « impressionnée » du fait de cette publication chez L’HEXAGONE, la maison d’édition de tant de « grands » poètes d’ici. Quant à moi : j’ai (de nouveau, j’avais lu ton brouillon) apprécié. J’ai bien vu ton travail, la révision (correcteur chez VLM-Littérature ?) , ton peaufinage. J’ai senti un labeur solide avec cette finale version actuellement publiée.

EXEMPLES : Acte 1, : ton : « une grêle fumante mitraille les passants »… J’aime ça. C’est du fort !

Ou encore : « Je roule sur des rails aux étiquettes en mouvement ». J’aime beaucoup.

Ou : « …que l’aube aux pattes de canard me transforme en escargot », formidable imagerie !

J’ai estimé plein de passages de L’Éléphant

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Souvenirs | 3 novembre 2008

VIVE CLAUDE-HENRI GRIGNON !

         Même si je déplore le Grignon du virage-à-droite qui, vieux,  s’ajustait au bleu Tardivel en reniant les rouges audacieux, les Asselin, Fournier qu’il avait tant aimé. Lisez « Olivar Asselin, le pamphlétaire maudit », récit captivant exhumé -aux éditions Trois-Pistoles- par son neveu, Pïerre Grignon. Le prolifique feuilletoniste « très » confortablement installé  prit peur face aux progrès collectifs. [...]

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1-Tout, Lectures, Poing-comme-net, Portraits, Requiems, DEVOIR DE MÉMOIRE | 22 octobre 2008

MON DAVID À DOS D’ÉLÉPHANT ?

Ceux qui ont lu -ou qui liront- mon dernier bouquin de récits « Des branches de jasmin » seront-ils si surpris du fait ? L’aîné de mes cinq jeunes « mousquetaires », David, assiste à l’arrivée dans toutes nos librairies de son premier recueil de « mots ». Sa plaquette d’une écriture surréaliste se titre d’un seul mot, « L’éléphant », éditée chez L’Hexagone.

De mon gang d’ex-gamins, David est le seul « homme de lettres », il est fou des mots, ce qui me réjouit évidemment.

Cet enfant que je bourrais de contes et légendes, d’inventions loufoques, dont je garnissais la fantasmagorie de loups, d’hyènes, de mandragores et autres plantes reptiliennes… eh bien, voilà qu’il me sort un éléphant ! À son tour il invente. Librement. Devenu jeune adulte, quoi, le voilà donc, mon David, sur le dos de « sa » bête ? Un éléphant ! En hardi cornac ? Cela, dans des indes imaginaires, voyez une écriture libre, très libre. Rien à voir -vous verrez bien- avec la prose « petite semaine », celle d’un ex-pute, d’une ex-escorte à ministre, et tout le reste.


Lisez-moi ça ! Cela vous fera une récréation. Poétique. Si bienvenue quand les manchettes à faits divers de « page trois », ou aux rougeurs irakiennes, ou à économies-en-vrilles énervent. Un éléphant hors des actualités plates, ça fait du bien, c’est un peu d’ivoire aux dents pour nous défendre; chantez chorales « qu’un éléphant, ça trompe, ça trompe énormément ! »

David Jasmin-Barrière offre donc un « tout premier » (traducteur de métier, il travaille à son premier roman) bel et bref album d’images. Mon David en jeune équarisseur de verbes, en iconographe émerveillé qui veut émerveiller. Images sans crayons ni pinceaux. Juste ses mot pissés, sortis, crachés, éjectés de son carquois, mots légers ou lourds, c’est David en chasseur enfantin d’étranges métaphores, David en jeune polisseur de simples galets trouvés. Qu’il métamorphose en diamants pour rire sur la piste du cirque de vivre.

Bienvenue et mes saluts au nouveau venu dans l’heureuse galère des écritures libres.

Ton grand-père, Claude

[lien vers le communiqué de presse de l'Hexagone]

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1-Tout, LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Requiems, DEVOIR DE MÉMOIRE | 20 octobre 2008

MADELEINE DE SAINTE MADELEINE !

Madeleine, jeune, va à la messe à Sainte Madeleine, rue Outremont. Son papa, un courtier, est mort très prématurément. Alors sa maman, jeune veuve, est retournée vivre avec ses « vieux » parents dans rue Hutcheson, près de Van Horne. Certains dimanches, pour changer de routine, ma cousine Madeleine descend au sud par l’Avenue du Parc et se rend à la messe dans l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile End, rue Saint-Laurent et Laurier. Hélas, une maman veuve est souvent nerveuse, fragile, et veillera de trop près sur sa fille unique. Madeleine restera célibataire longtemps. Des flirts normaux -au Parc Saint-Viateur et ailleurs- mais Madeleine, une « jeune-vieille-fllle » ne ramène jamais au foyer de la rue Hutcheson un « cavalier » assez « smart » aux yeux de difficile mère, Maria. Qui est la soeur aînée de ma mère.

J’ai beaucoup aimé Madeleine, ma belle cousine. Dans les années 1930, quand ma mère se trouvait démunie, entre deux bonnes -qui nous quittaient pour cause de mariage- c’est la belle grande cousine, Madeleine qui venait nous garder rue Saint-Denis. Elle était toujours souriante, enjouée, vive, débrouillarde pour inventer des jeux.

La semaine dernière, Madeleine est « disparue », comme dit, cocasse, la nécrologie. Ma cousine vient de quitter -à jamais- ce coquet appartement dans un de ces « Centres pour aînés » boulevard Gouin. Vaste lieu à hauts buildings nommé « la Colin Avenue du Québec ». Là où le canal floridien bien connue des Snow Birds est remplacé par la belle rivière des Prairies. La dernière fois que j’y étais allé, il y avait un soleil radieux et mille milliers de reflets éblouissants couraient sur l’eau tout au bout du boulevard Saint-Michel. Madeleine allait bien.

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1-Tout, LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Petite histoire derrière un livre, Souvenirs | 15 octobre 2008

SAINT-ADÈLE À NEW YORK !

On s’excitait, on en revenait pas personne !

À New York, le prestigieux magazine « TIME », une publication lue dans le monde entier, offre à son immense lectorat un article élogieux et ilustrée sur… oui, sur Sainte-Adèle ! Raison de cette fantastique publicité ? Le village avait passé commande à un dessinateur-caricaturiste coté, qui habitait rue Blondin, le grand-nabot, Robert Lapalme. Il fit la maquette du tableau éléphantesque, toute la côte Morin de bas en haut, en murale inouïe, fresque de plein-air géante. Le romancier de « La pente douce » à Québec, Lemelin, courriériste au dit-magazine avait alerté ses patrons et on est venu voir ça, on a cru bon d’en révéler l’initiative aux centaines de millions d’amerloques. Imaginez la fierté laurentienne. La manne de touristes.

L’année d’avant, croyez-le ou non, j’avais eu ma « bine » dans un numéro du « Variety », autre magazine ultra tout puissant des USA. En vérité, j’étais pas seul avec ma binette, il y avait toute la troupe de Paul Buissonneau. « Variety » voulait faire les éloges de notre théâtre ambulant, « La Roulotte ». Qui était une idée de Claude Robillard, drôle d’ingénieur, cultivé, imaginatif, qui dirigeait le Service des terrains de jeux. Les fous de « baseball-et- hockey-only » enrageaient en découvrant les initiatives de Robillard. Voyez-vous ça ?, des cours de danse, de théâtre, de marionnettes, de musique. Et aussi de peinture, j’en fus le propagateur de 22 à 25 ans, trois ans pour les « p’tits pauvres » des centres récréatifs, de Pointe St-Charles en passant par le faubourg-à-mélasse. En 1955, j’organisais une première : toute La Galerie-12 du Musée des Beaux-arts, , avec l’accord du directeur fut consacrée aux barbouillages de mes « créateurs en culottes courtes ». C’est mon ami Lafortune -celui de la « petite maison dans la vallée »- qui fit les affiche

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1-Tout, Poing-comme-net | 10 octobre 2008

DÉBATS DE CON ?

L’auteure Lise Payette, devenue columnist au Devoir, râlait dans sa colonne sur la platitude de ces débats télévisés. Elle a raconté son pépé qui la conduit, toute jeune, au Marché Atwater, proche de son Saint-Henri, natal. Là où elle a pu admirer un vrai tribun. Un orateur fougueux, emporté, au verbe incisif. C’était le cher bon gros maire (ardent nationaliste) de Montréal. Houde. Qui fut floué par le malin Duplessis. Camiiien Houde. En 1940, emprisonné en camp de concentration (eh oui !) en Ontario. Pour avoir encouragé nos gens à ne pas s’inscrire sur une liste « de conscrits » en devenir. Lise Payette a dit qu’elle avait appris, « drès là », rue Atwater, ce que c’était qu’un vrai tribun, un orateur sur hustings dynamique. Elle a raison, que d’ennuyeux discoureurs lors de ces ennuyeux débats télédiffusés ! On s’ennuie du verbe, par exemple, hautain et tranchant, cruel et mordant d’un Trudeau, ou de la parole nerveuse, chaude, lyrique, d’un René Lévesque. Sans parler du « roi des tribuns », feu Pierre Bourgault.

Désormais que de tristes et ennuyeux baratineurs qui font ronfler. Cela du monocorde et nasillard Duceppe au sinistre « bonhomme sous Valium » (merci Chapleau !) Stephen Harper, ou encore ce plate « prof tournesol », S. Dion, jusqu’à cette écolo toutoune « green lady », massacrant notre langue. Oh l’écorche-oreille insupportable ce soir-là ! « Débats-télévisés-des-chefs » ?, ces mots signifient : « mort de la parole alerte », vive, captivante. Il y a eu « Dîner de con », il y a débat de con avec un arbitre, modérateur métronomique, qui calcule les minutes et les secondes, qui joue, la langue dans la joue, le père fouetteur ( S. Bureau ou un autre). Arbitre froid qui fait que ces machins égalitaires, ce equal time de mes deux…, ne lèvent jamais. On reverra tout cela bientôt puisque le rouge John Charest (fils de Red Charest) semble vouloir des élections québécoises dans… pas longtemps ! Souffrance, disait Fridolin-Gratien-Gélinas !

Ces sermonnages, sans cesse interrompus, artificiellement soutenus - à une table ou devant lutrins-, sont d’un soporifique : pas de coup de sang, coup de gueule. Aucune émotion. Aucune humaine vindicte. C’est bla-bla-bla froid. Zzzzzzzzz… dit le phylactère de B. D. La peste de ces débats vains ! Cette sortie fort bien faite par Madame Payette face à un maire-Houde, m’a fait me souvenir d’un autre marché public, le Jean-Talon. Vers 11 ans, en 1942, papa m’amena entendre les orateurs nationalistes du « Bloc populaire ». Un « bloc » d’avant Bouchard, celui de Maxime Raymond, sénateur nationaliste, fondateur et financier. J’entendis discourir à peine un André Laurendeau. Il parlait éraillé et avec son tout petit filet de voix. Et puis, se leva le célèbre patriote Bourrassa (qui n’est pas qu’un boulevard ou une station du Métro, les jeunes), Henri, par Robert qui se tint debout en 1990 (après l’échec de Meech) 24 heures en 24 ans de vie politique. Ce Bourassa avait prononcé quelques belles paroles, on l’entendait à peine car en 1942 il était devenu un petit vieillard maigrelet. Il m’avait semblé avoir cent vingt ans. Ces réunions à débats publics n’étaient pas faites pour les enfant, ça va de soi. Je n’étais pas précoce comme Lise ! Vint pourtant un moment qui m’excita : un des invités « s’empara du crachoir ». Clameurs soudaines et réveil du gamin distrait, le bonhomme (qui était-ce, diable ?) avec une gestuelle d’enflammé, des propos aux sarcasmes bien envoyés, des appels à la révolte, des cris calculés, des silences pas moins bien calculés, bref, un orateur parlait, un tribun, un vrai. Je ne revivrai cela qu’en 1961, je n’avais plus dix ans mais 30. Quel spectacle excitant, salle louée rue Fleury, en écoutant feu Pierre Bourgault débattre sur l’indépendance.

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1-Tout, Lettres ouvertes | 1 octobre 2008

LE RACISME INVERTI !

En milieu petit-bourgeois, chez de jeunes journalistes de La Presse, par exemple précis, une mode -à relent bien snob- s’installe. Le grand amour pour un cosmopolitisme qui s’étale au centre-ville. Rue Saint-Laurent par exemple. On en fait des articles enthousiastes genre : « Ah, que c’est bon de se retrouver comme noyés au beau milieu de races variées ! »

La jouissance d’un racisme à l’envers !

Car le raciste ordinaire se méfie, lui, de tous étrangers, il est xénophobe comme de naissance et il fait des boutons dès que se pointe dans son entourage un personnage qui n’est pas de sa race ! L’autre racisme c’est quoi, c’est en effet « le raciste inverti », son contraire au raciste ordinaire et bien connu : il se méfie des siens ! De son monde. Oui, oui, il déteste les gens de « che-nous ». Aux yeux de ce chic et confortable « bobo », nous sommes -tous- plus ou moins crétins. Les Canadiens-français sont pour la plupart des gens stupides, arriérés. Les Québécois, bref, ne valent pas cher ! Voilà l’attitude habituelle du « raciste inverti ». C’est une grave maladie et cela ne se soigne pas. En certains secteurs de la jet-set on pourrait paraphraser le vieux Duplessis qui disait : « L’instruction, il y en a qui, comme la boisson, ne porte pas ça ». Souvent ils ont eu la chance de voyager et ils n’en sont jamais revenus; honteux, il décrètent donc : « nous sommes une nation de grossiers personnages mal embouchés, tous (sauf moa !) »

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1-Tout, LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 27 septembre 2008

DES NOUVELLES… BESTIAIRES ?

« Pis, comment vont toutes vos bestioles ? », me lance rigolarde une passante chez IGA. Combien de lecteurs (trices) se questionnent là-dessus, pensai-je. V’là des nouvelles : je ne vois plus nager mes rats sous notre quai. En voyage temporaire ou exilés à jamais ? Mais on m’a jasé de rats musqués se démenant au petit marais deltaïque que la Ville s’est gardé à la charge du lac. Voisin Maurice dit que des castors furent déplacés qui obstruaient la décharge du lac Rond proche de la kioute chapelle, cette mitaine pour des mariages à p’tits Simard ou des vieilles Miss-Richard.

L’autre après-midi, au bord de l’eau, passage furtif et bruyant de l’oiseau maigre et immense, le grand héron, le héron bleu ? Mon ignorance. Une image, je ne sais pourquoi, qui m’intimide chaque fois. J’ai aperçu, une première cette saison, mon vieux tigre, Valdombre. Il passait. Si lent. Avec ses grands airs de fauve en chasse, le ridicule sympa.

L’ACUPUNCTURE DU PORC-ÉPIC

Ma belle Carole nous apprend ceci : le chic et si noir Caniche Royal de son Paul est allé s’épivarder nuitamment sur le mont DePassillié voisin. Funeste rencontre d’une fille piquante et rampante et crouncht !, le museau vite couvert d’aguilles ! Celles de Miss Porc-épic ! Il rentra penaud et miauleur. Aïoyoille ! Ce mouton de luxe à la pelote de couturière fut vite conduit chez le vétérinaire pour une séance de… dé-s-acupuncture. Sortie des épingles !

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1-Tout, Lettres ouvertes | 23 septembre 2008

LES MAUDITS « ZARTISSES » ?

Étant une sorte d’autodidacte, m’étant débrouillé seul, sans aide de l’État, venant d’une chétive époque où l’on ne subventionnait guère -pas du tout le plus souvent - les artistes, oui, je reste tiède face aux actuelles protestations des artistes scandalisés. En passant, dire que la vieille candide Madame Bertrand (autodidacte elle aussi) n’a aucune crédibilité quand elle se porte -très farouchement- à la défense de son propre job ! Cette école privée à la subvention coupée -l’INIS- l’engage comme professeur-en-textes (sic). Une petite gène s.v.p. chère Janette ! D’autre part, d’entendre certains loustics fesser avec rage contre les artistes -tous des « pourris-gâtés-le-ventre-plein »- relève quasiment d’un racisme.

Bon, reste que « le milieu » passe aux attaques furibondes contre « Harper et Cie » et on découvre d’étranges visages. Un exemple : un vidéo-clip avec Michel Rivard, sur Internet, montre des jurés -anglos unilingues- qui méprisent les nôtres alors que les coupures harpériennes se font pourtant d’un océan l’autre. Dans une coulisse de studio télé -« Deux filles le matin » à TVA- j’ai osé aborder « un angle » de la situation avec un député péquiste et ex-président de l’Union des artistes. À savoir que des « jurys de petits copains » avec des bureaucrates complaisants (de mèche avec ces « chapelles » ardentes) subventionnent des artistes qui n’ont jamais réussi à se constituer le moindre public, à captiver une toute petite part de ces « cochons-de-payeurs de taxes ». Les ordinaires travailleurs. Ainsi on assiste, encourage -subvention après subvention- des gens dénués du moindre talent, qui sont et restent de parfaits inconnus. Et cela, souvent, depuis des décennies d’activités car « leurs entreprises d’art » ne captivent absolument personne. Mon cher Pierre Curzi grimpa sur ses ergots pour me chicaner.

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