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LE BONHEUR…

C’est quoi le bonheur ? Souvent peu de choses. Des simples. Des chaudes. Voir, rue Morin,  un enfant courir au milieu du parc des Familles. Qui tombe. Des parents accourent. Le bambin se redresse et éclate de rire : « Avez-vous eu peur, oui ? » C’est peu, ce gros chat tout gris et bien rond qui traverse [...]

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À L’EAU CANARDS

Pour vite guérir de cette cuisse arthrosique, qui me fait tant souffrir, je veux recourir à l’hydro-thérapie. Baignades sur baignades donc. Médecine gratuite. Et que vois-je, au large, sur notre radeau ? Deux beaux canards. Côte à côte, le couple se livre à des parades (séduction ?) fort remuantes. Plumes piquées sur l’estomac, cous tendus, [...]

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Une envie subite : visiter des animaux. Où ? En ville ? Oui. Mais si, rue De Coubertin, métro Pie IX, tu voyages en une centaine de minutes (ou plus) de la forêt humide de l’Amazonie jusqu’aux glaciers de l’Antarctique ! Oui, oui. C’est une promenade fascinante si, comme ma Raymonde et moi, vous aimez les films docus de bêtes à la télé. À l’arrivée, accablante chaleur moite et vues imprenables sur de grouillants paresseux, singes à poils fauves orangés, voici des cascades d’eau, voilà des troncs d’arbres morts, toute une végétation touffue installée dans un ex-vélodrome. Au départ, climat tropical et, moins de deux heure plus tard, tu fais tes adieux à d’enjoués manchots glisseurs-sur-neige, tu vins de surprendre deux amoureux macareux aux trépignements durables en une fringale génitale !

Ce musée, collé près du stade olympique, est une fort agréable promenade naturaliste. Faut voir la joie des écoliers admirant certains oiseaux exotiques sortis de leur territoire, à portée de la main et de l’appareil-photo. Joie ! Faut parfois avoir le regard perspicace et attentif : ici, un lynx se cachait dans la fourche d’un arbre, là, un caïman se dissimulait dans les rochers de béton peinturlurés. Notre étonnement d’apercevoir un porc-épic (hérisson ?) dormant paisiblement juché au faite d’un arbre bien maigre !

Certains recoins sont de vastes aquariums et dans l’un on y a vu la sale gueule d’un laid piranha. Brrr… Des sortes de senties invitent à guetter …la vie. Le bonheur ! Le vif plaisir bien visible sur tous les visages des gens, ce midi-là, un beau jeudi ensoleillé. Soudain, on détecte un vison bien noir qui dort dans une vitrine discrète. Soudain, un jeune requin surgit d’entre ses voisins nageurs. Cris d’un enfant ! Sortant d’on ne sait jamais trop ou, une raie bondissante, avec son bec boudeur et son bizarre regard comme muni de lunettes à monture blanche ! Avançons lentement, aux aguets, des yeux tout le tour de la tête quoi ! Ce Biodôme nous mène d’étonnement grave en surprise inattendue. Oui, le bonheur.

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« OSTI DE FIF ? »

C’est le titre d’un livre de protestations d’un comédien, M.Jasmin Roy. Il publie un bouquin de lamentations complaintes racontant sa détresse, écolier efféminé moqué. Ses petits compagnons d’école l’ont rendu très malade. Au fond d’une dépression. Tempérament ultrasensible, un caractère extra délicat ? Qui, enfant, n’a jamais eu à subir les horions et les piques de ces gamins effrontés qui ont besoin de caricaturer, de cogner aussi parfois. Des frustrés souvent battus dans leurs grossiers foyers inamicaux. L’enfant un peu solide (pas nécessairement fort),déjà bien à l’aise dans ses contours, passera outre à ces tracasseries infantiles. Je ne compte plus les fois où des voyous en cour de récréation, rue De Gaspé dans Villeray, me traitèrent de « fifi ». Ça ne me touchait guère, je connaissais mes faiblesses et mes forces. Chance de posséder déjà une identité bien assise ? Ces jeunes insulteurs ne m’importunaient pas vraiment puisque je possédais un solide bon début d’identité. Ces matamores n’aimaient pas « mon genre », tant pis, riez, tiraillez-moi, j’allais mon chemin (des écoliers) devinant —comme pour toujours— qu’il y a des rivalités, des fossés, qui séparent la foule enfantine aux études primaires.

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Nous étions des jeunes métropolitains impatients, aspirants en tous domaines artistiques. On se demandait qui était cet orignal, frais sorti de communauté, descendu du Nord. Noiraud à mâchoire carrée, nommé Gaston Miron, ce défroqué mal vêtu, mal nourri, harangueur inlassable, nous paraissait un rejeton d’agriculteur naïf. Miron déambulateur infatigable, fut, pour sa pitance, commis de librairie ou zélé faiseur-de-paquets chez des éditeurs cathos. À nos yeux de citadins fiers-pet, cet hurluberlu nous semblait pas mal « habitant », mot injurieux en zone bohémienne, autour du Carré Saint-Louis.

Miron, fils de petit menuisier descendu de son village des Pays-d’en-haut, rêvait comme nous. Méfiance d’abord. ce verbeux Miron semblait « trop » Action catholique, un dadais mal dégrossi. Bon gigueur et bon joueur d’harmonica, gueulard animateur façon campagnarde, il nous captiva. Enfants-de-ville assez prétentieux on ne se moquait plus de lui en ces années 1950. Ces provinciaux « descendus-en-ville », se multitpliaient. Un Lapointe du Saguenay (relire « Le vierge incendié »), un Gilles Carle d’Abitibi, un Claude Caron de la vallée de la Gatineau. Au début, fier Miron, corbeau criard dans son sombre manteau ou imper noir, se démenait sans cesse partant vendre — « une piastre » l’exemplaire— des plaquettes de poésie, frappées « L’Hexagone ». Debout des heures dans le tramway-Saint-Denis, du Terminus-Viger aux confins de Montréal-Nord.

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Pâques dans Villeray

Je connais du monde qui va comme en pèlerinage là où ils ont né. Les uns montent loin, au Saguenay ou en Abitibi. D’autres filent vers l’est, notre Finistère à nous, Québécois, la Gaspésie. Certes, il y a, pour nos migrants, de bien longs voyages, revoir l’Italie ou le lointain Vietnam ! Certains n’ont pas [...]

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Ce comédien est étonnant. Originalité indéniable. Il a débuté avec un talk show à TVA (un show sournois..) qui n’était pas piqué des vers mais montra son culot à TQS (la fin du monde…). Puis, muni de partenaires fidèles, de collaborateurs doués, il fait montre chaque semaine, à la SRC, le soir, tard, d’un zest de génie. Je pèse le mot. Son feuilleton caricatural sur l’amour-en-haute-bourgeoisie, avec ses silhouettes enflées, sa galerie de portraits loufoques —si souvent inénarrables— a bien servi à illustrer les talents de Labrèche.

Maintenant à son faux talk-show hebdomadaire, c’est « le lieu » du surréalisme. Un monde rare dans la bonne et jamais surprenante sauce psyclologique qui envase nos émissions ordnaires. Labrèche est sur un mode apprécié des jeunesse. Rencontrant à La Moulerie un de ses chroniqueurs (Brassard), je lui ai dit qu’André Breton, le « pape », comme le dadaïste, Tristan Tazara, seraient fiers d’eux. Il a souri. Labrèche, alias « l’incontrôlable », offre aussi dans ses hilarantes apparitions comme incarnations, hélas ! des cochoncetés gratuites. Aussi des tirs « bas-de-ceinture ». Infantilisme ? C’est la rançon à payer —pauvres voyeurs de nous— pour obtenir les forts moments. Pas bégueule de nature, j’estime autant le vaudeville que le burlesque mais… le grotesque ! Méprisable. Et méprisant envers le public. Ça va vite un spectacle par semaine. Et puis le « bon jugement » est toujours une denrée rare. Il lui sera beaucoup pardonné à cause de ses trépidations visuelles, répétons le mot, « géniales » Non, pas facile de montrer tant d’éclats chaque semaine. Marc Labrèche le fait.

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BLANCHES GIBOULÉES

La Jocelyne « météo » Blouin était heureuse ce mercredi soir : « demain ?, tempête ! » Elle nargue parfois son Pat Roy à l’heure des nouvelle, le soir. On jurerais qu’elle aime les CIEUX (oui, comme dans « Notre Père qui êtes…) qui surprennent. « Demain, ça va tomber » et elle en a les dents sorties. Cette pythonisse doit habiter en condo dans un bloc, la démone, pas de pelle à manier !

« Mais où sont nos neiges d’antan? » Silence les Ronsard, les Villon, on les a eu ! En fin de février et de ces giboulées-de-mars. Ce jeudi laurentidien tout enfoui de lourde ouate. Nos paysages en immaculée conception ! La veille, tu montes à ta chambre pour tenter de t’endormir —malgré ce « 24 h. chrono » qui énerve— coup d’œil dans la nuit et, oh ! sous les réverbères, la belle beauté ! À l’aube, ce sera époustouflant. Il n’y a plus de bas et de haut, ni firmament, ni sol !

Gigantesques meringues. Ma mini sapinière qui s’affaisse sous une charge de blanc-manger ! D’une fenêtre —qui encadre— le tableau d’une fabuleuse ancienne gravure japonaise ou un tableau du cher Yéronimus Bosch, vous savez bien, « Le Jardin des délices ». Lautrec chantait : « Le soleil est parti… », il reviendra ? Quand ? On fige devant le troupeau de ces blanches hermines et belettes et martres, mille milliers de blanches fourrures suspendues ! Voici Dieu à son haut-parleur : « Oyez l’Humanité, c’est votre dernière vision d’hiver ! » Hum, avant l’arrivée d’avril on ne sait jamais.

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Il y a peu, ces beaux jours en guise d’été indien en retard. La rue Bernard pleine de dîneurs aux tables de ses terrasses. Bonheur des yeux. On y alla, Raymonde et moi, un midi, pour le croque-monsieur de la Moulerie, un autre midi, pour le cher smoked meat de Lester, ses cornichons à l’aneth. Invités à souper à Mont-Royal sur Simcoe Circle chez l’ex-cynique, grand sec d’Orléans, André Dubois, mon amoureuse cherche un présent à offrir à Mimi divine cook. Elle file vers ce magasin de cadeaux pas loin de chez Lester. Que d’offres cocasses là ! Un lieu féerique. Un caverne d’Ali Baba ?

Le soleil donc. Partout. Courses…au marché si varié des Cinq-Saisons puis à la banque. Aussi à cet autre magasin-à-cadeaux, sosie du Mille-Feuilles de la Laurier, une papeterie inouïe côté sud de Bernard. Encore là, vaste choix aux rayons garnis d’inventions légères pour cadeaux divers. Dont un des jeux de société de mon designer de fils, Daniel. Des tablettes débordantes aux joyeuses inutilités bien agréables. Embarras du choix toujours et toujours, dehors, ce soleil d’été étonnant !

Qui va là, square Madeleine-Ferron ? Est-ce bien mon Tit-Louis, lui qui était avec nous tous au 42 Avenue des Pins en 1948, l’annexe de l’École du Meuble. Où il tambourinait sans cesse. Sur tout et sur tous. En maniaque fervent des rythmes. Eh bien, prévisible, Louis deviendra « le » célèbre timbalier —éméritus— de l’OSM. Louis Charbonneau, aujourd’hui retraité, a gardé même visage et même sourires. Je passerai acheter magazines et journaux chez l’aimable maghrébin-québécois en sous-sol du Manoir d’Outremont. Je donnerai de mes livres à Claude, la bibliothécaire du lieu et aussi on petit-déjeunera avec mon cher beauf’ Jacques, tous ravis de ce répit à jours chauds.

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Sans être un très grand spécialiste en art, j’en sais assez pour avertir les responsables de notre municipalité : stop, nous sommes à la frontière du ridicule ! Commandeurs de murale, vous foncez dans la caricature. L’art vénérable de la murale —voir, mondialement connues, celles du Mexique. Avec celle, avoisinant notre bureau de la poste —la grosse « pitoune » de draveur, ou, à mi-côte Morin, cette forge tronquée— vous nous enfoncez dans le grotesque; chères autorités municipales, assez ! Stop !

Il ne s’agit pas de montrer un art pointu, branché, abstrait ou d’avant-gardiste. Non, non. Il y a un « nouveau réalisme » en art pictural qui n’a rien à voir avec le paysage cul-cul. Il s’agit de ne pas faire honte plus longtemps aux Adélois le moindrement cultivés. La grande murale, avec un Curé-Labelle en gare (au carrefour du Boulevard) a le mérite de la modestie, de l’image « d’Épinal », (son dessin carencé, sa mauvaise perspective), relève de « l’art naïf ». Et en est sympathique.

Cet étrange projet (?) —urbain davantage que campagnard— s’enfonce dans un naturalisme hyper-répandue, le kioute « paysages ». Cul-cul, comme on dit. Pas de l’art plutôt une sorte de « petite industrie ». Préférons le graphisme un peu moderne, au Parc des Familles, du débonnaire

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