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Sujets 'Poing-comme-net'

Cré Serge Joyal, va ! C’est un ex-politicien très ancré fédéraliste, un rare député-ministre car très cultivé, courtois et tout, lisse comme un marsouin quoi. Il lui arrive, retraité d’Ottawa, de pousser un fion, de lancer des idées saugrenues. Ainsi, il faudrait dire de gros  »Mercis » à nos protecteurs-du-français, les anglos! Ainsi, selon le jovialiste [...]

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Mes plus fidèles lecteurs me signalent une sorte de « chute de pression », me reprochent de m’adoucir, d’avoir changé de thèmes, d’être devenu plus… plus tolérant, comme plus léger. En fait, oui, c’est vrai, je cherche à me détacher d’un rôle ancien. Une pose qui m’était naturelle, celle de l’indignation. Qui me transformait en invité-béni-des-médias-à-débats. Petit personnage public bien utile aux tribunes à chicanes, en radio, télé, etc. Mais, que voulez-vous, on se lasse de jouer le rôle du « méchant jappeur » et du perpétuel gueulard. Le grand âge venu, oui, on en revient de protester sans cesse.

C’est que la vie passe vite.

C’est que, peu à peu, on réalise que l’homme ne varie guère. Je vois fort bien —ces temps-ci— de ces chaudes graves pathétiques, cruelles actualités. Si sinistres. Au loin, ces fous furieux que l’on dit kamikazes, leurs voitures (ou camions bourrés de dynamites) piégés. Je vois bien tous ces assassinés innocents (à Kaboul ou à Bagdad) au nom de prophète (monté au ciel à cheval et armé !) Mahomet. Et de son chef le grand Allah. Plus proche, je vois bien ces magouilleurs infâmes, ces tripatouilleurs dégueulasses, cruel pirates en cravate chic bien capables de détrousser ces riches bourgeois rêvant (il faut le dre ça aussi) de gains rapides. Richards en gros moyens, anglos du west island, que l’on conduit à la ruine totale avec un immoralisme éhonté.

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Tout jeune, j’entendais toutes ces moqueries sur Outremont. Jalousie ? On parlait de cette banlieue du centre-ville comme d’un ghetto snob. Mondain. D’un lieu de pédants. J’écoutais. Je ne savais rien. Les adultes, parents, voisins, amis de la famille répétaient les «scies» anciennes. Des propos de commères ? Je répétais volontiers dans mon Villeray les [...]

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À trois rues, un long chat gris, inconnu de moi, court vite la queue en l’air. Moins loin, un autre félin coureur, noir et blanc. Idylle ? Il file chez la belle Lalancette du Parc Lafontaine, Pauline. Qui se remet de son voyage en « lambulance.» Et vive madame Jodoin ! Tantôt, mon Parizeau-musqué, sous mon quai, qui me lorgne du coin de l’œil, méfiant, on dirait. Notre rivage est un marécage : spouich, spouich…. j’y suis à l’aise ayant appris que les Jasmin étaient —avant « le » grand voyage— des Cahier. Ou des Caillés et s’exilaient des marécages (nord-ouest du Poitou). C’est le maudit message d’un amateur d’archives. Courriel décevant. Cela m’a rabattu le caquet généalogique !

Des colibris ne se découragent pas de « tant d’eaux » et butinent du suc à nos corbeilles dégoulinantes. Oh, sur la longue galerie d’en arrière, certaines mésanges à-tête-noire se cachent dans nos stores de bambou enroulés ! Nidifient-elles ? Pas la saison? Petits cacas blancs partout en tous cas. Ce juillet parti, on se sentait tous des Noés bibliques virtuels. Encore de ces incessantes pluies en août et on s’échoue sur un Mont Ararat laurentiden, non ? Au parterre plantation par le vieil homme —vite essoufflé— des « spirées » de chez Botanix. Le dos tourné, mon blondinet jambe-de-bois qui fourre ses pattes et son groin dans la terre fraîche ! L’ai fait fuir et lui ai crié: « Non, non, ouste, aucune pinotte de caché là ! »

Grand soleil soudain vendredi dernier et Daniel, mon désormais valdavidien de fils qui part canoter avec sa belle à l’est de Tremblant. Au retour, on amène le couple à la pizza-sur-four-de-bois de Grand’pa rue de L’Église. Yam ! Ce journal intime improvisé vous annonce que l’artiste du lieu, Guy Montpetit, voulant fixer un antenne sur le toit d’un voisin ami, a chuté. S’est cassé les osé Sortira de l’hôpital bientôt. Un jeune de 70 ans ! Un avertissement. Savoir dire « non » si ma Raymonde ose (est toujours après moi !) me commander un grimpage imprudent.

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Voilà que le chef édito stipendié du clan « Gesca et coetera », Alain Pratte, s’embarque dans un nouveau combat nommé «l’Idée fédéraliste». Quand vont-ils comprendre ? Qui est contre la vertu ? Le fédéralisme peut être en effet une bonne idée. Les patriotes actuels d’un «Québec-pays» n’ont rien contre.

Moi, j’aime cette idée. Je sais bien que le fédéralisme peut être fort commode et même fort avantageux en certaines contrées, certains territoires. Ces jeunes et vieux énervés de notre patriotisme finiront-ils par comprendre? La fédération actuelle au Canada ne peut pas, à nous, Québécois, donner bonne et juste part. Encore moins nous favoriser, nous avantager. C’est tout simple: une fédération efficace doit être constituée avec divers éléments (nations) de forces semblables. Sinon? Chicanes.

Faisons face à la réalité mossieur John —fils de Red— Charets et Cie: au Canada, nous serons bientôt vraiment des minoritaires. Au Québec, nous restons toujours 84%. Devenus ombrages à Ottawa, cette fédération n’aura pas à nous considérer comme partenaire important.

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Baptême

Me voici avec un fort groupe dans une église (Saint-Léopold à Fabreville), me voici avec du linge propre des souliers cirés pour assister à une fête chrétienne au nom d’un petit Antoine.

L’Antoine à Pierre-Luc, un neveu. Le nouveau petit Québécois ne sait pas trop ce qui se passe et pourtant c’est en son honneur toute cette mini-foule en «habits du dimanche». Le cérémoniaire en chasuble est un exilé du Togo. Sympa et animé.

Je me suis souvenu, vers 1965, d’un évêque, raciste mou et méprisant dur, venu de Saint-Jérôme dans l’église de Saint-Joseph. Ce coco de Frenette déclara en chaire: «La crise des vocations est bien grave. Mes frères (!) que diriez-vous de voir apparaître dans votre église un bon dimanche un bon gros nègre dans pas longtemps, hein? Hein?!»

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Je file, sortant de la clinique, pour mes journaux du matin, au garage Ultramar. Pas même un kilomètre n’est-ce pas ? Bang ! Un policer en voiture surgit : « Pas de ceinture bouclée m’sieur ? » Ce sera 120 « tomates » d’amendes ! Eh b’en ! Arnaque ? Cette ceinture à boucler…pas dans nos moeurs, nous, les aînés. On l’oublie. Mes petits-fils, eux, ne l’oublient jamais et, toujours, ils la bouclent ! Je rentre. Je lis dans le journal qu’en ville, c’est le même HAUT prix si tu lances ton mégot dans le caniveau ! Eh b’in, par ici le fric ! Gomme, baloune ou non, même amende ! On manque sans cesse de fric chez nos gouvernants ? Ainsi, le motocycliste -qui n’est pas toujours un motard criminalisé- en crache un coup pour son « faible », le deux-roues ! Bon, belle vision pour me calmer : au rivage du lac, je vois un couple de fiers nageurs, lui, coloré de vert, elle, moins. Jolis canards ! Oublier la facture policière.

Une compagne folle des actrices et des acteurs ( une ex-réalisateure de feuilletons télévisés) et me voilà entraîné aux théâtres. C’est cher. Grosses « amendes » là-aussi et pas de billets pour les pauvres. Les jeunes ? Oui, rabais « étudiants ». On a vu le Quat-sous tout neuf, Avenue des Pins, où se lisaient des poèmes comme « à tour de rôle ». Un simple récital régi par Louis Maufette. Ouenge ! Puis au TNM, un mélo simpliste se déroulant en Asie. Ce « Dragon bleu » du célèbre Lepage… est d’un vide peu commun mais présenté dans des habits scéniques à gadgets séduisants. Ouaille !

Et puis, au Conservatoire (tout neuf là-aussi) , sur le Plateau, une prétentieuse pochade de l’Autrichien Thomas Bernardt, une courte fable tarabiscoté, suralimentée par (encore) les gadgets à projections du révérend père Marleau. Enfin, dans une ex-usine (Raymond-Confiture) du bas de la ville -« C »- une bande de joyeux drilles venus de Riga, ville de la Baltique, sans un seul mot, pantomime grouillamment pour illustrer une jeunesse communiste d’avant la chute de l’URSS (1990), totalement « colonisée » par les tounes d’un fameux duo de rockeurs-USA, Simon et Garfunkel. Ouen !

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Nous chérissons certains sons. Ici, les cloches de l’église, rue Lesage, à l’heure vespérale. Durant l’été, ces cris, rires,  appels, rumeur de la plage publique à quelques maisons d’ici. Jusqu’à neuf ans, « on-va-t-y-se-baigner-les-gars ? » me disait prendre une serviette et une savonnette pour aller nager au Bain publique -puant le javel- rue Saint Hubert [...]

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D’abord c’est sale. Partout. Rues et trottoirs recouverts d’un sable sali. Et puis rien encore aux branches des arbres; les pelouses, les jardins comme encore morts avec leurs lueurs jaunasses, funèbres. L’air plus doux maintenant nous fait pourtant espérer fort la venue -le retour- de la verdure.

Autre signe pré-printanier ? Les tournées d’inspection de chats comme réapparus. Il y a eu, je l’ai dit, celui tacheté de si jolis poils rouges; il y a aussi, le gros blanc aux zones orangées. SA première visite l’autre jour alors qu’il faisait nuit ! Ma surprise quand j’ai allumé la lampe jaune -qui chasse les moustiques. Tas muet dans son coin, gros paquet inerte sus une balustrade, sa fourrure à peine remuée sous le vent nocturne. Calme et gras félin…et qui veille ? Cette grosse bête, la queue et les pattes repliées sous le corps, bien assis au bout de la galerie, tête tournée vers le rivage, voit-elle à travers la noirceur ? Un galantin rendez-vous nocturne ?

Ou bien à quelle solitude familière se livre-t-il volontiers ? Ô le mystère du monde animal ! À quoi peut rêvasse un chat orange et blanc ? Enfin, j’ai revu mon cher vieux Valdombre toujours comme un peu ébouriffé. Il ne change pas. Il m’est revenu donc, toujours en faraud, illusionné. Il a fait le tour de la galerie, il a feint la force, ce port altier un peu ridicule, ce dos haussé, sa démarche d’officier nazi dans un film d’horreur… Tout de même, ces marques aux flancs, aux pattes, qui racontent fort bien qu’il n’en pas pour si longtemps mon tigre pour rire. Fin des mangeoires par ici, ces trois chats délivrés ainsi de fantasmes encombrants, reviennent donc constater…quoi donc ? Que ces maudits oiseaux ont fini de se foutre d’eux.

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Dans la saga « à n’en plus finir » de Grignon, Alexis symbolisait la liberté. Le beau gars qui plaisait à l’épouse « vendue » par son père. Un autre Alexis, auteur et acteur, élevé en petit bourgeois « bien propre sur lui » dans Outremont, élève d’une école (Querbes) avant-gardiste, tournera moins mal. Je lisais une entrevue de Nat Pétrowski et j’en apprenais. Sur le fils Alexis, pas sur mon Tit-Louis, son papa, camarade radiocanadien des années soixante.

Alexis Martin, surdoué pondeur de « Matroni et moi », une excellente pièce, moins bien sur film), s’ installa dans la maison de sa jeunesse. Il hésiterait à nettoyer le tombeau du papa mort. Qu’il fasse vte le ménage pour mener à bien son premier bouquin. Il racontera et son père -un des reporters emeritus de la SRC- et les débuts de la Révo tranquille, a-t-il confié à Nathalie. J’ai très hâte de lire cette biographie.

N’est-il pas étonnant que les changements libérateurs au Québec aient eu comme vigoureuse source (des débâcles) un corporation d’Ottawa ? À vocation fédéralisante ? Le fier Pet (d’Outremont lui aussi ) voyait notre normal nationalisme comme la pire « plaie d’Égypte ». Il criait, hystérique et plus menaçant que mille Harper) : « On va mettre la clé dans cette boîte qui est un nid de séparatistes ! » Un nid ? Euphémisme ! On peut le dire maintenant qu’on a vidé Radio-Canada de ses employés, que tout le monde ou presque est « à la pige ». Et donc fragilisé, « dehors » les syndicats !

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